Saint Wolfgang de Ratisbonne (vers 934-994)

Saint Wolfgang de Ratisbonne (vers 934-994), moine bénédictin devenu évêque de Ratisbonne, réforma les monastères de Bavière et forma le futur empereur Henri II. Canonisé en 1052 par Léon IX, il est fêté le 31 octobre.

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Saint Wolfgang de Ratisbonne (en allemand Wolfgang von Regensburg), né vers 934 à Pfullingen et mort le 31 octobre 994 à Pupping, est un moine bénédictin devenu évêque de Ratisbonne. Réformateur de la vie monastique en Bavière, missionnaire auprès des Magyars, il est aussi le tuteur du futur empereur Henri II. Canonisé en 1052 par le pape Léon IX, il est fêté le 31 octobre.[1][2][3]

Son biographe, Otloh de Saint-Emmeram, rédige vers 1050 une Vita sancti Wolfkangi qui reste la source principale de sa vie. L'œuvre, écrite une cinquantaine d'années après la mort de Wolfgang, mêle le témoignage de la mémoire monastique de Ratisbonne et les conventions de la sainteté médiévale. Les faits majeurs (études, épiscopat, réformes, mort) sont bien établis ; les motifs de conversion, les détails intérieurs et les prodiges relèvent de l'hagiographie.[4][5]

Formation d'un clerc souabe (vers 934-968)

Wolfgang naît vers 934 à Pfullingen, en Souabe, dans une famille noble. Il fait ses études à l'abbaye de Reichenau, sur le lac de Constance, puis à Würzburg et à Trèves, où il se lie d'amitié avec Henri de Babenberg. En 956, Henri devient archevêque de Trèves et y appelle son ami, qui enseigne à l'école cathédrale jusqu'à la mort d'Henri en 964.[6][7]

En 971, après son ordination sacerdotale, Wolfgang part en Hongrie pour une mission d'évangélisation auprès des Magyars, installés en Pannonie depuis leur défaite du Lechfeld (955). C'est à la demande de saint Ulrich et de l'empereur Otton le Grand qu'il est envoyé les évangéliser, les annales d'Einsiedeln le désignant comme l'homme le plus apte à cette tâche. Rappelé dès 972 pour devenir évêque de Ratisbonne, il ne reste qu'un an en mission. L'épisode est connu surtout par Otloh ; son étendue réelle reste difficile à mesurer.[8][9]

Après la mort d'Henri de Babenberg, Wolfgang entre comme moine bénédictin à Einsiedeln en 964. Il est ordonné prêtre en 968 par saint Ulrich, évêque d'Augsbourg. Pendant ces années, il remplit des fonctions d'enseignement et de direction spirituelle dans la région alpine.[10][11]

Évêque de Ratisbonne (972-994)

Le jour de Noël 972, Wolfgang est consacré évêque de Ratisbonne par l'archevêque Frédéric de Salzbourg. Ratisbonne est alors une des villes les plus importantes de Bavière, siège d'un évêché riche et d'abbayes anciennes.[12][13][14]

Son épiscopat est marqué par une réforme de la vie monastique. Wolfgang soumet l'abbaye de Saint-Emmeram à la règle de saint Benoît, réforme Obermünster et Niedermünster (deux maisons de religieuses de Ratisbonne), et fonde vers 983 le Mittelmünster. Il réforme ainsi l'ensemble des communautés monastiques de sa ville épiscopale.[15][16]

Il est aussi le tuteur du jeune Henri, futur empereur Henri II, fils du duc de Bavière Henri le Querelleur. C'est par ce lien que la Bavière et la famille ducale restent attachées à la mémoire de Wolfgang.[17]

Réformes monastiques et gouvernement pastoral

La réforme de Saint-Emmeram est l'acte central de son épiscopat : Wolfgang y introduit la observance bénédictine et y place des moines formés selon la règle. Les deux maisons de religieuses, Obermünster et Niedermünster, reçoivent elles aussi un cadre régulier. Le Mittelmünster, fondé vers 983, complète cet ensemble.[18]

Comme évêque, Wolfgang parcourt son diocèse, prêche, administre les sacrements et veille à la discipline ecclésiastique. Otloh le montre soucieux des pauvres et de la vie intérieure, mais la Vita suit les conventions de l'hagiographie épiscopale de l'époque, et il faut lire ces portraits avec la prudence qui s'impose pour un texte rédigé vers 1050.[19][20]

Retraite, mort et sépulture

Vers la fin de sa vie, Wolfgang souhaite se retirer dans la solitude. La tradition raconte qu'il jette sa crosse dans le lac de Wolfgangsee et que là où elle flotte, il bâtit son ermitage. Cet épisode, qui a donné son nom au lac, appartient au récit hagiographique ; le fait même de la retraite ermitique est attesté par Otloh.[21][22]

Il meurt le 31 octobre 994, dans la chapelle Saint-Othmar à Pupping (Haute-Autriche), alors qu'il voyageait sur le Danube vers Pöchlarn. Son corps est rapporté à Ratisbonne et inhumé dans l'abbaye de Saint-Emmeram.[23][24][25]

Canonisation et culte

En 1052, le pape Léon IX canonise Wolfgang. La bulle est datée du 7 octobre 1052. La canonisation intervient à peine cinquante-huit ans après la mort, ce qui témoigne de la vigueur du culte local et de l'appui des évêques et des ducs de Bavière.[26][27]

Saint Wolfgang est fêté le 31 octobre, anniversaire de sa mort. Son culte s'est répandu en Bavière, en Autriche et dans les pays alpins. Plusieurs églises et lieux portent son nom, dont le lac et le bourg de Saint-Wolfgang (Salzkammergut) et la basilique qui y abrite un célèbre retable de Michael Pacher (1481).[28][29]

Le retable de Michael Pacher (1481) à Saint-Wolfgang, en Autriche. Photo Wikimedia Commons.

L'iconographie de saint Wolfgang le montre le plus souvent en évêque, avec la mitre et la crosse. Des scènes de sa vie (la crosse jetée dans le lac, l'ordination, la mort à Pupping) figurent dans l'art régional. Le retable de Michael Pacher à Saint-Wolfgang en est le chef-d'œuvre, avec plusieurs panneaux consacrés à la vie du saint.[30]

Note sur les sources

La source biographique principale est la Vita sancti Wolfkangi d'Otloh de Saint-Emmeram, rédigée vers 1050 (MGH SS IV, 524-542). Otloh écrit à Ratisbonne même, dans la communauté de Saint-Emmeram, une cinquantaine d'années après la mort de Wolfgang ; il dispose de la mémoire monastique locale, mais son texte est aussi une œuvre d'édification. Les Acta Sanctorum (novembre, tome I) et les historiens modernes de Bavière ont repris et discuté cette vie.[31][32][33]

Ce que l'on ne peut pas affirmer avec certitude : l'année exacte de la naissance (vers 934 est une estimation), l'ampleur réelle de la mission magyare, la raison exacte du retrait de Wolfgang de son évêché (la Vita parle d'un désir de solitude, sans que nous sachions s'il y a eu pression politique), et les détails de l'épisode de la crosse. Nous n'avons ajouté aucun détail au dossier.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Otloh de Saint-Emmeram, Vita sancti Wolfkangi (Vie de saint Wolfgang), rédigée vers 1050, dans Monumenta Germaniae Historica, Scriptores, t. IV, p. 524-542. Source biographique principale : naissance vers 934 à Pfullingen, études à Reichenau, Würzburg et Trèves, amitié avec Henri de Babenberg, séjour à Trèves 956-964, entrée à Einsiedeln en 964, ordination sacerdotale en 968 par saint Ulrich, mission magyare en 971, consécration épiscopale à Ratisbonne le jour de Noël 972, réformes de Saint-Emmeram, Obermünster, Niedermünster et fondation du Mittelmünster vers 983, tutelle du futur Henri II, retraite ermitique, mort le 31 octobre 994 à Pupping, sépulture à Saint-Emmeram.

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  2. Wikipédia (FR), « Wolfgang de Ratisbonne » : fr.wikipedia.org. Notice : évêque de Ratisbonne 972-994, réformes monastiques, fondation du Mittelmünster (983), tutelle d'Henri II, mort le 31 octobre 994 à Pupping, canonisation par Léon IX en 1052, fête le 31 octobre, retable de Michael Pacher à Saint-Wolfgang.

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  3. Wikipédia (EN), "Wolfgang of Regensburg" : en.wikipedia.org. Notice : born c. 934 Pfullingen ; Reichenau, Würzburg, Trier (956, Henri de Babenberg) ; Hungarian mission after 955 ; Benedictine Einsiedeln 964 ; priest 968 by Ulrich ; bishop of Regensburg Christmas 972-994 ; reforms (St. Emmeram, Ober/Niedermünster, Mittelmünster 983) ; tutor of Henry II ; hermit (Wolfgangsee) ; died 31 October 994 at Pupping ; buried St. Emmeram ; canonized 1052 by Leo IX (bull 7 October 1052) ; feast 31 October ; biography by Otloh of St. Emmeram c. 1050.

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  4. Bollandistes, Acta Sanctorum, Novembris t. I (1887) : vie de saint Wolfgang de Ratisbonne, leçons, discussion des sources et des dates.

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