Saint Geoffroy d'Amiens (mort le 8 novembre 1115)

Saint Geoffroy d'Amiens, dit Godefroy, évêque d'Amiens de 1104 à 1115, né vers 1065 à Moulincourt et mort le 8 novembre 1115 à Soissons. Abbé de Nogent-sous-Coucy qu'il relève, réformateur du clergé et défenseur de la Commune d'Amiens, il est fêté le 8 novembre.

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Saint Geoffroy d'Amiens, dit aussi Godefroy (vers 1065, Moulincourt, Soissonnais ; 8 novembre 1115, Soissons), est un religieux bénédictin français, évêque d'Amiens de 1104 à sa mort. Abbé d'un monastère en difficulté, devenu l'un des grands réformateurs de son diocèse, il eut beaucoup à souffrir pour établir la paix dans les luttes entre les seigneurs et le peuple de la cité, ainsi que pour réformer les mœurs du clergé et du peuple.[1][2]

La notice de Nominis, qui s'appuie sur l'ordo du diocèse d'Amiens, le situe ainsi : « Geoffroy 1er, de 1104 à 1115 », parmi les cent trois évêques de la liste épiscopale. Il est fêté le 8 novembre.[3][4]

Un moine devenu évêque

Jeunesse et formation

Geoffroy naît vers 1065 à Moulincourt, dans le Soissonnais. Il est le troisième enfant de Frodon, seigneur de Moulincourt, et d'Élisabeth. Pris en charge tout jeune par son oncle, évêque de Soissons, il est élevé à l'abbaye du Mont Saint-Quentin, près de Péronne. À l'âge de 25 ans, il est ordonné prêtre par l'évêque de Noyon.[5]

Il entre ensuite dans la vie monastique. Nominis le présente comme un homme qui a « formé à la vie monastique dès l'âge de cinq ans », et qui se trouve ensuite à la tête d'un monastère dépérissant où ne restent que six moines. En peu d'années, ce monastère (Nogent, que Nominis situe « dans la Marne » et que Wikipédia nomme Nogent-sous-Coucy) devient l'un des plus florissants.[6][7]

Abbé de Nogent-sous-Coucy

Le récit de cette restauration monastique est l'un des traits marquants de la vie de Geoffroy : un abbé de trente ans qui relève une communauté de six moines, la ramène à la discipline, et en fait un foyer de vie. C'est cette réputation qui le signale à l'archevêque de Reims.[8]

À l'insistance de l'évêque de Reims, Geoffroy accepte d'être évêque d'Amiens. Le diocèse est alors traversé par des conflits ouverts : le clergé est à la solde des grands seigneurs, la ville s'agite autour de la Commune d'Amiens, et les mœurs ecclésiastiques laissent beaucoup à désirer.[9][10]

Évêque d'Amiens (1104-1115)

Une nomination conciliaire

En 1104, Geoffroy est nommé évêque d'Amiens lors du concile de Troyes, avec l'accord du roi des Francs Philippe Iᵉʳ. Il est sacré évêque à Reims par l'archevêque Manassès. La notice de Nominis le nomme « Geoffroy 1er », de 1104 à 1115.[11][12]

Dès le début de son épiscopat, il s'occupe des droits du diocèse : en 1106, il se rend en Italie et obtient du pape Pascal II que l'abbaye de Saint-Valery-sur-Somme relève de l'évêque d'Amiens. Il participe au second concile de Troyes, le 11 mai 1107, contre les simoniaques.[13]

Un évêque en mouvement

La carrière de Geoffroy est itinérante, comme celle des grands évêques de son temps. En 1108, il fait retraite au Mont Saint-Quentin. En 1109, il se rend de nouveau en Italie, à Rome puis à Bari, où il se recueille sur la tombe de saint Nicolas de Myre. En 1112, il remplace le légat du pape au concile de Vienne, où Henri V est excommunié.[14]

En novembre 1114, il revient à Amiens. Le contexte est explosif : en 1113, les bourgeois de la ville se sont érigés en Commune d'Amiens. Geoffroy soutient la Commune contre le comte, avec l'appui de Louis VI le Gros. En 1114, Thomas de Marle ravage les possessions de l'évêque. Ces luttes, que Nominis résume d'un trait (« Commune d'Amiens »), sont le quotidien d'un évêque qui doit à la fois protéger son Église et tenir la paix de la cité.[15][16]

Retraite, retour, et mort à Soissons

Épuisé, privé d'amis, Geoffroy veut gagner la Grande Chartreuse. Les Amiénois réclament son retour ; le concile de Reims tranche, et Geoffroy reprend ses fonctions un an après. Une intervention militaire du roi, le dimanche des Rameaux, 11 avril 1115, remet un peu d'ordre.[17][18]

Malade, Geoffroy se retire à l'abbaye Saint-Crépin de Soissons, où il meurt le 8 novembre 1115. Nominis ajoute un trait frappant : aucun membre du clergé d'Amiens ne vient rechercher son corps. Il meurt « au bout de quelques mois » après son retour, selon la notice.[19][20]

Mémoire et vénération

Fête et calendrier

La mémoire de saint Geoffroy d'Amiens est portée au 8 novembre, date de sa mort à Soissons. Nominis et Wikipédia FR s'accordent sur cette date. Le calendrier du diocèse d'Amiens le nomme « Geoffroy 1er » dans la liste épiscopale.[21][22]

Un réformateur, pas un thaumaturge

La tradition ne lui attribue aucun miracle marquant, ni aucun prodige de grande ampleur. Sa sainteté, aux yeux de ses contemporains et de la mémoire diocésaine, tient à quatre traits que les sources s'accordent à retenir :

TraitCe que disent les sources
Réformateur monastiqueIl relève un monastère de six moines et le rend florissant (Nominis)
Défenseur des pauvres et de la paixIl établit la paix entre les seigneurs et le peuple de la cité (Nominis)
Réformateur du clergéIl lutte contre les mœurs du clergé et les simoniaques (Nominis, concile de Troyes de 1107)
Évêque de la CommuneIl soutient la Commune d'Amiens contre le comte, avec Louis VI le Gros (Wikipédia FR)

C'est un portrait d'évêque de son temps, entre clôture monastique et place publique, entre Rome et la Somme.

Hommages

La ville d'Amiens lui garde une mémoire visible : une rue porte son nom, et une statue de l'évêque Geoffroy figure sur l'hôtel de ville, face à celle de Louis VI le Gros. L'iconographie ancienne le représente en évêque, avec crosse et mitre ; le panneau du Maître de Meßkirch (Donaueschingen, Allemagne) en est l'image la plus connue.[23][24]

Note sur les sources

Les sources de la vie de Geoffroy sont modernes et diocésaines, plutôt qu'anciennes : l'ordo du diocèse d'Amiens (pages 7 et 8), qui donne la liste épiscopale et les dates ; Albéric de Calonne, Histoire de la ville d'Amiens, tome 1, 1899 ; Ronald Hubscher, Histoire d'Amiens, 1986 ; De Sachy, Histoire des Évesques d'Amiens, 1770, page 63. La notice Wikipédia FR est une ébauche, ce qui signale une documentation encore partielle.[25][26]

Aucune Vie ancienne de Geoffroy n'a été identifiée dans les sources consultées. Le récit de sa vie repose donc sur les chroniques de l'évêché et sur l'historiographie amiénoise, et non sur une hagiographie primitive.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Nominis (Conférence des évêques de France), « Saint Geoffroy d'Amiens, Évêque d'Amiens (+ 1115) ou Godefroy », notice du 8 novembre : nominis.cef.fr. Notice consultée le 11 octobre 2026 : monastère dépérissant avec six moines, choisi comme abbé ; en peu d'années Nogent « dans la Marne » devient l'un des plus florissants ; à l'insistance de l'évêque de Reims, accepte d'être évêque d'Amiens ; clergé à la solde des grands seigneurs ; « Commune d'Amiens » ; privé d'amis, gagne la Grande Chartreuse ; forcé de revenir, reprend ses fonctions un an après ; meurt au bout de quelques mois à l'abbaye Saint-Crépin de Soissons ; aucun membre du clergé d'Amiens ne vient rechercher son corps. Source citée : ordo du diocèse d'Amiens, pages 7 et 8 (« Cent trois évêques... Geoffroy 1er, de 1104 à 1115 »). Illustration citée : Saint Geoffroy par le Maître de Meßkirch, Donaueschingen (Wikimedia Commons). Résumé Nominis : « Formé à la vie monastique dès l'âge de cinq ans, abbé de Nogent-sous-Coucy, devenu évêque d'Amiens, il eut beaucoup à souffrir pour établir la paix dans les luttes entre les seigneurs et le peuple de la cité, ainsi que pour réformer les mœurs du clergé et du peuple. Il mourut à Soissons, au retour d'un voyage à Reims. »

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  2. Wikipédia (FR), « Geoffroy d'Amiens » (ébauche) : fr.wikipedia.org. Notice encyclopédique : né vers 1065 à Moulincourt (bourg du Soissonnais) ; mort le 8 novembre 1115 à Soissons (vers 50 ans) ; Ordre de Saint-Benoît ; évêque d'Amiens de 1104 à sa mort ; fêté le 8 novembre. Détails : troisième enfant de Frodon seigneur de Moulincourt et d'Élisabeth ; pris en charge par son oncle évêque de Soissons ; éduqué à l'abbaye du Mont Saint-Quentin près de Péronne ; ordonné prêtre à 25 ans par l'évêque de Noyon ; abbé de Nogent-sous-Coucy ; 1104 nommé évêque d'Amiens au concile de Troyes avec l'accord de Philippe Iᵉʳ ; sacré à Reims par l'archevêque Manassès ; 1106 Italie, obtient de Pascal II que Saint-Valery-sur-Somme relève de l'évêque d'Amiens ; 11 mai 1107 second concile de Troyes contre les simoniaques ; 1108 retraite au Mont Saint-Quentin ; 1109 Rome puis Bari (tombe de saint Nicolas de Myre) ; 1112 remplace le légat du pape au concile de Vienne (excommunication d'Henri V) ; novembre 1114 retour à Amiens ; contexte communal : 1113 les bourgeois s'érigent en commune, Geoffroy la soutient contre le comte, avec Louis VI le Gros ; 1114 Thomas de Marle ravage les possessions de l'évêque ; Geoffroy veut se retirer à la Grande Chartreuse ; sur réclamation des Amiénois, décision du concile de Reims, revient en 1115 ; intervention militaire du roi dimanche des Rameaux 11 avril 1115 ; malade, se retire à l'abbaye Saint-Crépin de Soissons où il meurt le 8 novembre 1115. Hommage : rue à Amiens, statue sur l'hôtel de ville (face à Louis VI le Gros). Références : Albéric de Calonne, Histoire de la ville d'Amiens, t. 1, 1899 ; Ronald Hubscher, Histoire d'Amiens, 1986 ; De Sachy, Histoire des Évesques d'Amiens, 1770, p. 63. Bibliographie : Guérard, Essai sur saint Geoffroy, 1843 ; Dusevel 1848 ; Guillermou, Le Livre des saints et des prénoms, 1976.

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