Dimanche des Rameaux

Le dimanche des Rameaux ouvre la Semaine sainte : l'Église y fait mémoire de l'entrée du Christ à Jérusalem, acclamé par une foule portant des palmes, bénit les rameaux, marche en procession puis lit le récit de la Passion.

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Le dimanche des Rameaux — en liturgie, le dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur — est le dimanche qui précède Pâques. Il ouvre la Semaine sainte et fait mémoire de l'entrée messianique du Christ à Jérusalem, acclamé par une foule qui agitait des branches et criait « Hosanna », quelques jours avant sa mort[1]. Dans la même célébration, l'Église proclame aussitôt le récit de la Passion : le triomphe du Roi et l'annonce de la Croix sont réunis en un seul jour[2].

La fête est née à Jérusalem. Vers 381-384, la pèlerine Égérie y décrit la foule qui descend du mont des Oliviers, enfants en tête, « qui de palmier, qui d'olivier », en chantant : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur »[3]. À Rome, où saint Léon le Grand prêchait déjà ce dimanche-là la « fête de la Passion du Seigneur », la bénédiction des rameaux et la procession ne sont arrivées que plus tard, après leur diffusion dans les Églises franques des VIIIᵉ-IXᵉ siècles[4].

La liturgie actuelle, fixée par le Missel de 1970, commémore l'entrée du Seigneur de trois manières — procession, entrée solennelle ou entrée simple —, se célèbre en rouge et lit la Passion selon Matthieu, Marc ou Luc selon l'année[5]. Les rameaux bénis — palmes, olivier, buis ou laurier selon les régions — sont rapportés dans les maisons, où ils ornent les croix jusqu'à l'année suivante[6].

Le sens du jour tient dans le contraste que le Catéchisme résume ainsi : le Roi de gloire entre dans sa ville « monté sur un ânon » ; « il ne conquiert pas la Fille de Sion […] par la ruse ni par la violence, mais par l'humilité qui témoigne de la Vérité »[7]. Le cri de la foule n'a jamais cessé d'être chanté : c'est l'Hosanna du Sanctus de chaque messe.

Qu'est-ce que le dimanche des Rameaux ?

Un nom double : les Rameaux et la Passion

Infographie — Les principaux noms du jour dans la tradition liturgique.

Le nom officiel du jour, dans le Missel romain promulgué par saint Paul VI, dit à lui seul tout le programme : Dominica in Palmis de Passione Domini, « dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur ». Les Normes universelles de l'année liturgique (1969) le définissent comme le sixième dimanche du Carême, « dans lequel commence la Semaine sainte »[8]. La double appellation n'est pas une invention moderne : le sacramentaire gélasien, l'un des plus anciens livres liturgiques romains, porte déjà en titre Dominica in palmis, De passione Domini ; l'historien de la liturgie Ferdinand Probst (1892), suivi par la Catholic Encyclopedia, tenait même la mention « de la Passion » pour le titre originel, celle des palmes ayant été ajoutée ensuite[9].

Le peuple chrétien a donné à ce dimanche bien d'autres noms, qui disent chacun un aspect de la fête[10] :

  • « jour des Palmes » (dies palmarum), déjà chez saint Isidore de Séville au VIIᵉ siècle ;
  • « dimanche Hosanna », d'après le cri de la foule ;
  • « Pâques fleuries » (Pascha floridum, en espagnol Pascua florida) : toute grande fête rappelait la Résurrection et pouvait recevoir le nom de « Pâque », et l'on bénissait ce jour-là des fleurs qu'on entrelaçait aux palmes ;
  • en Angleterre, « dimanche des Olives », « des Branches », « des Saules », « de l'If » ou « des Fleurs », selon les feuillages disponibles ;
  • dans l'Espagne wisigothique, « Capitilavium », « lavement de la tête », à cause du rite préparatoire au baptême accompli ce jour-là (voir plus bas).

Dans la liturgie de la Semaine sainte restaurée par Pie XII en 1955, il s'appelait « deuxième dimanche de la Passion, ou des Rameaux » (Dominica II Passionis seu in Palmis)[11]. Le Missel de 1970 a rendu au jour son double nom ancien, en unissant les Rameaux et la Passion dans le même titre.

Le portique de la Semaine sainte

Infographie — Des Rameaux à Pâques : le Triduum commence le Jeudi saint au soir.

Le dimanche des Rameaux ouvre la Semaine sainte, que les Normes universelles définissent ainsi : « La Semaine sainte est ordonnée à la commémoration de la Passion du Christ depuis son entrée messianique à Jérusalem »[12]. Le Catéchisme le dit en une phrase : « C'est par sa célébration, le dimanche des Rameaux, que la liturgie de l'Église ouvre la grande Semaine Sainte »[13]. Benoît XVI employait l'image d'un seuil monumental :

« Le Dimanche des Rameaux est le grand portique qui nous introduit dans la Semaine Sainte, la semaine où le Seigneur Jésus s'achemine vers le sommet de sa vie terrestre. Il monte à Jérusalem pour accomplir les Écritures et pour être suspendu sur le bois de la croix, le trône à partir duquel il régnera pour toujours […]. » — Benoît XVI, homélie du dimanche des Rameaux, place Saint-Pierre, 1ᵉʳ avril 2012[14]

Le mot même de « grande semaine » vient de Jérusalem : dès la fin du IVᵉ siècle, Égérie note que les chrétiens de la ville appellent ainsi la semaine pascale qui s'ouvre ce dimanche, septimana maior[15]. Le Carême, lui, continue jusqu'au Jeudi saint : il s'achève à la messe du soir de la Cène, où commence le Triduum pascal[16]. Du lundi au Jeudi saint inclus, les jours de cette semaine priment sur toute autre célébration[17]. La messe y lit l'onction de Béthanie le lundi (Jn 12, 1-11), l'annonce de la trahison de Judas et du reniement de Pierre le mardi (Jn 13, 21-33.36-38), le marché de Judas le mercredi (Mt 26, 14-25)[18], en marche vers le Jeudi saint, le Vendredi saint et la Vigile pascale.

Un dimanche de Carême qui prime sur toutes les fêtes

Liturgiquement, le dimanche des Rameaux reste un dimanche de Carême — le sixième —, et c'est ce qui fixe son rang. Les Normes universelles sont formelles : « les dimanches de l'Avent, du Carême et de Pâques ont préséance sur toutes les fêtes du Seigneur et sur toutes les solennités »[19]. Aucune fête de saint ni aucune solennité ne peut donc être célébrée ce jour-là, même lorsqu'elle tombe à la même date : c'est le Christ lui-même, montant vers sa Pâque, qui occupe toute la place.

Dans le classement liturgique, les Rameaux sont un dimanche de Carême, tandis que l'Épiphanie et Noël sont des solennités. Cette distinction de rang ne dispense pas de la messe : le dimanche est déjà, selon le Code de droit canonique repris par le Catéchisme, « le principal jour de fête de précepte ». L'obligation dominicale s'applique donc pleinement aux Rameaux[20].

Quand tombe le dimanche des Rameaux ?

Le dimanche des Rameaux précède toujours Pâques de sept jours. Il est donc mobile comme elle : Pâques ne pouvant tomber qu'entre le 22 mars et le 25 avril dans le calendrier grégorien, les Rameaux tombent entre le 15 mars et le 18 avril[21]. Les deux extrêmes sont rares : le dimanche des Rameaux n'est plus tombé un 15 mars depuis 1818 et n'y reviendra qu'en 2285 ; il a été célébré un 18 avril en 1943 et le sera de nouveau en 2038[22]. Le mécanisme du calcul — l'équinoxe fixé au 21 mars, la pleine lune pascale, le dimanche suivant — est expliqué dans l'article Pourquoi Pâques change-t-elle de date ?.

Le tableau ci-dessous donne les dates de 2026 à 2031, calculées selon le comput grégorien de l'Église latine.

AnnéeDimanche des RameauxDimanche de Pâques
202629 mars5 avril
202721 mars28 mars
20289 avril16 avril
202925 mars1ᵉʳ avril
203014 avril21 avril
20316 avril13 avril

Les Églises orthodoxes, qui calculent Pâques d'après le calendrier julien, célèbrent souvent l'entrée du Seigneur à Jérusalem à une autre date ; certaines années, comme en 2025, les deux calendriers coïncident et chrétiens d'Orient et d'Occident portent leurs rameaux le même jour[23].

L'événement célébré : l'entrée du Christ à Jérusalem

La liturgie de ce dimanche ne commémore pas une idée, mais un fait de la vie de Jésus : son arrivée à Jérusalem pour la dernière Pâque, quelques jours avant sa mort. Les quatre évangélistes le racontent, chacun avec ses accents, et la lecture qui ouvre la procession change selon l'année du lectionnaire (voir plus bas). L'étude détaillée de l'épisode — itinéraire, chronologie de la dernière semaine, portée historique — relève de l'article L'entrée de Jésus à Jérusalem ; on ne retient ici que ce que la liturgie des Rameaux en proclame et en reprend.

Les quatre récits évangéliques de l'entrée

Saint Jean situe la scène avec précision : « Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, qu'il avait réveillé d'entre les morts » (Jn 12, 1) ; puis : « Le lendemain, la grande foule venue pour la fête apprit que Jésus arrivait à Jérusalem » (Jn 12, 12)[24]. L'entrée suit donc le repas de Béthanie et le retentissement de la résurrection de Lazare : « La foule rendait témoignage, elle qui était avec lui quand il avait appelé Lazare hors du tombeau » (Jn 12, 17). C'est ce lien que l'Orient a gardé en célébrant, la veille des Rameaux, le « samedi de Lazare ».

Le tableau ci-dessous compare ce que chaque évangéliste retient de la scène, dans la traduction liturgique officielle.

ÉvangileMontureGestes de la fouleAcclamation rapportéeDétail propre
Matthieu 21, 1-11Une ânesse et son petit, tous deux amenésManteaux étendus ; branches coupées aux arbres« Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Hosanna au plus haut des cieux ! »Citation explicite de Zacharie ; toute la ville demande : « Qui est cet homme ? »
Marc 11, 1-10Un petit âne « sur lequel personne ne s'est encore assis »Manteaux ; feuillages coupés dans les champs« Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. »Jésus parcourt le Temple du regard puis repart à Béthanie
Luc 19, 28-40Un petit âne, lui aussi jamais montéManteaux étendus sur le chemin, sans branches« Béni soit celui qui vient, le Roi, au nom du Seigneur. Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux ! »« Si eux se taisent, les pierres crieront » ; puis Jésus pleure sur la ville
Jean 12, 12-16Un petit âne que Jésus « trouve »Branches de palmiers ; la foule sort à sa rencontre« Hosanna ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ! Béni soit le roi d'Israël ! »Lien avec Lazare ; les disciples ne comprennent qu'après la glorification

Sources : Mt 21, 1-11 ; Mc 11, 1-11 ; Lc 19, 28-42 ; Jn 12, 1-19, traduction liturgique AELF[25].

Infographie — Les quatre récits de l’entrée à Jérusalem : motifs communs et détails propres.

Seul saint Jean mentionne expressément des palmes : « Les gens prirent des branches de palmiers et sortirent à sa rencontre » (Jn 12, 13). Matthieu parle de « branches aux arbres », Marc de « feuillages coupés dans les champs », Luc des seuls manteaux[26]. Le nom latin de la fête, Dominica in Palmis, vient donc de Jean.

Le Catéchisme insiste sur l'initiative de Jésus : lui qui « s'était toujours dérobé aux tentatives populaires de le faire roi », cette fois il « choisit le temps et prépare les détails de son entrée messianique dans la ville de "David, son père" »[27]. L'entrée n'est ni un accident de foule ni un malentendu : c'est un geste messianique voulu, par lequel Jésus se présente comme le Roi-Messie au moment même où il monte vers sa Passion.

« Voici ton roi qui vient » : l'oracle de Zacharie

Matthieu et Jean citent expressément le prophète Zacharie. Le texte, dans sa forme complète, dit à la fois la royauté et la manière dont elle s'exerce :

« Exulte de toutes tes forces, fille de Sion ! Pousse des cris de joie, fille de Jérusalem ! Voici ton roi qui vient à toi : il est juste et victorieux, pauvre et monté sur un âne, un ânon, le petit d'une ânesse. Ce roi fera disparaître d'Éphraïm les chars de guerre, et de Jérusalem les chevaux de combat ; il brisera l'arc de guerre, et il proclamera la paix aux nations. » — Zacharie 9, 9-10[28]

Le contraste est voulu : le cheval est, dans l'Ancien Testament, la monture du combat, et Zacharie annonce précisément la fin des chars et des chevaux de guerre. Mais l'âne est aussi une monture royale en Israël. Pour faire reconnaître Salomon comme son héritier, David ordonne : « Vous placerez mon fils Salomon sur ma propre mule » (1 R 1, 33), et c'est « sur la mule du roi » que Salomon est conduit à Guihone pour y recevoir l'onction (1 R 1, 38)[29]. La bénédiction de Jacob sur Juda évoquait déjà celui qui « attache à la vigne son ânon » (Gn 49, 11)[30]. Benoît XVI a souligné que saint Luc compose le début du cortège « en partie littéralement sur le modèle du rite du couronnement » de Salomon, si bien que « la procession des Rameaux est également une procession du Christ Roi »[31].

En entrant ainsi, Jésus revendique la royauté de David et en révèle la nature : un roi « pauvre », qui désarme au lieu de conquérir. Le Catéchisme le dit d'une phrase : le Roi de gloire « ne conquiert pas la Fille de Sion, figure de son Église, par la ruse ni par la violence, mais par l'humilité qui témoigne de la Vérité »[32]. Le pape Léon XIV, pour son premier dimanche des Rameaux, a repris la même prophétie :

« En tant que Roi de la paix, Il entre à Jérusalem à dos d'âne, et non à cheval, accomplissant ainsi l'ancienne prophétie qui appelait à se réjouir de l'arrivée du Messie. » — Léon XIV, homélie du dimanche des Rameaux, place Saint-Pierre, 29 mars 2026[33]

Matthieu rend la prophétie par « plein de douceur, monté sur une ânesse et un petit âne » (Mt 21, 5) et précise que les disciples amenèrent « l'ânesse et son petit » (Mt 21, 7)[34]. On reviendra plus bas sur cette précision, souvent présentée comme une difficulté.

Hosanna : un cri de supplication devenu louange

Infographie — Du psaume 117 au Sanctus : le parcours de l’acclamation Hosanna.

Le cri de la foule vient du psaume 117 (118), l'un des grands chants de fête d'Israël :

« Donne, Seigneur, donne le salut ! Donne, Seigneur, donne la victoire ! Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient ! De la maison du Seigneur, nous vous bénissons ! Dieu, le Seigneur, nous illumine. Rameaux en main, formez vos cortèges jusqu'auprès de l'autel. » — Psaume 117 (118), 25-27[35]

Benoît XVI y voyait « d'antiques paroles de bénédiction des pèlerins, qui deviennent, dans ce contexte, une proclamation messianique »[36]. Hosanna transcrit l'hébreu du verset 25 ; le Catéchisme en donne le sens : « "Hosanna" veut dire "sauve donc !", "donne le salut !" »[37]. Saint Jérôme l'expliquait déjà au pape Damase, à Rome, vers 383 : osi signifie « sauve », et anna est « l'interjection de celui qui supplie » ; on disait donc proprement osianna, que l'usage a contracté en osanna[38]. Le même Jérôme ajoute que Matthieu, « qui écrivit l'Évangile en langue hébraïque », avait noté « osanna barrama », c'est-à-dire « hosanna au plus haut des cieux »[39]. Saint Isidore de Séville reprendra la même explication deux siècles plus tard[40].

Ce qui était une supplication — « sauve-nous, de grâce » — devient dans la bouche de la foule une acclamation adressée à celui qui vient sauver. Saint Augustin le remarquait : Hosanna, « comme disent quelques-uns qui connaissent la langue hébraïque, est une exclamation de prière ; elle indique un sentiment plutôt qu'une chose précise »[41]. Le même psaume contient d'ailleurs, au verset 27, l'image d'un cortège « rameaux en main » jusqu'à l'autel : la liturgie chrétienne n'a eu qu'à le prendre au mot.

L'Église n'a jamais cessé de chanter ce cri. L'acclamation « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » « est reprise par l'Église dans le "Sanctus" de la liturgie eucharistique pour ouvrir le mémorial de la Pâque du Seigneur »[42]. À chaque messe, avant la consécration, les fidèles reprennent donc l'Hosanna des Rameaux : le Christ qui entrait à Jérusalem pour s'offrir vient sur l'autel pour rendre présent le même sacrifice.

Manteaux, palmes et rameaux : des gestes royaux et pascals

Infographie — Monture royale, manteaux et palmes : les références bibliques des gestes.

Les gestes de la foule rappellent plusieurs motifs bibliques précis.

  • Les manteaux étendus reprennent l'intronisation d'un roi : quand Jéhu est proclamé roi d'Israël, ses compagnons « se hâtèrent de prendre chacun son vêtement et les étendirent sous ses pieds », puis crièrent : « Jéhu est roi ! » (2 R 9, 13)[43].
  • Les palmes appartiennent à la fête juive des Tentes : « Vous prendrez des fruits d'un arbre magnifique, des rameaux de palmier, des branches d'arbres touffus et de saules des torrents, et vous vous réjouirez pendant sept jours en présence du Seigneur votre Dieu » (Lv 23, 40)[44].
  • Elles saluent aussi un libérateur : Simon Maccabée entre dans la citadelle de Jérusalem « avec des acclamations et des branches de palmier », parce qu'« un grand ennemi avait été brisé et jeté hors d'Israël » (1 M 13, 51) ; et, à la purification du Temple, les Juifs portent « des thyrses, des rameaux verdoyants et des palmes » en chantant des hymnes (2 M 10, 7)[45].
  • Dans l'Apocalypse, enfin, la foule immense des élus se tient devant l'Agneau « avec des palmes à la main » et crie : « Le salut appartient à notre Dieu qui siège sur le Trône et à l'Agneau ! » (Ap 7, 9-10)[46]. Les palmes de Jérusalem annoncent celles du Ciel.

La procession des Rameaux rassemble ces fils : l'intronisation d'un roi, la joie des Tentes, la victoire sur l'ennemi, la liturgie céleste de l'Agneau. Saint Augustin en tirait la clé du jour :

« Les branches de palmier sont les louanges et sont l'emblème de la victoire ; car, en mourant, le Seigneur allait vaincre la mort, et, par sa croix, triompher du diable, prince de la mort. » — Saint Augustin, Traités sur l'Évangile de saint Jean, LI, 2[47]

La procession célèbre une royauté réelle, et une victoire qui passera par la Croix.

Naissance de la fête à Jérusalem

La procession des Rameaux n'est pas née d'une idée pieuse tardive : elle est née sur les lieux mêmes de l'événement, dans l'Église de Jérusalem du IVᵉ siècle, qui avait pris l'habitude de célébrer chaque mystère du Christ à l'endroit où il s'était accompli.

Le palmier de la vallée selon Cyrille de Jérusalem

Vers le milieu du IVᵉ siècle, l'évêque saint Cyrille de Jérusalem prêche aux futurs baptisés de la ville ses célèbres Catéchèses. Dans la dixième, il énumère les « témoins » qui rendent témoignage au Christ : le bois de la Croix, retrouvé à Jérusalem et dont les parcelles se sont répandues dans le monde entier, le jardin de Gethsémani, le rocher du Golgotha, le tombeau et la pierre qui le fermait. Au milieu de cette liste, il nomme un arbre :

« […] le palmier qui est dans cette vallée, et qui donna de ses branches pour les répandre par où il devait passer, et être béni du peuple. » — Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèse X, 19[48]

Le détail est précieux : pour les chrétiens de Jérusalem, l'entrée du Christ n'était pas un récit lointain, mais un fait dont on montrait encore le témoin, « dans cette vallée », aux portes de la ville.

La procession du mont des Oliviers décrite par Égérie

Infographie — L’itinéraire d’Égérie vers 381-384. Parcours schématique et évocations architecturales, sans reconstitution archéologique.

Une génération plus tard, une grande dame venue d'Occident — de Galice ou du sud de la Gaule —, Égérie, visite les lieux saints entre 381 et 384 et adresse à des correspondantes d'Occident un journal de voyage d'une précision exceptionnelle[49]. Le seul manuscrit connu, conservé à Arezzo et découvert en 1884, a sauvé, avec la fin du récit de voyage, une description jour après jour de la liturgie de Jérusalem[50]. C'est le plus ancien récit détaillé de la procession des Rameaux.

Le samedi, à Béthanie. La veille, à la septième heure (vers une heure de l'après-midi), toute la communauté se rend au Lazarium, le sanctuaire de la résurrection de Lazare, à Béthanie. Un prêtre y lit le passage de saint Jean : « Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie » — et l'on considère que la Pâque est ainsi « annoncée »[51].

Le dimanche, au mont des Oliviers. Égérie note que ce dimanche ouvre ce que l'on appelle à Jérusalem la « grande semaine »[52]. Le matin, la messe dominicale est célébrée comme d'habitude dans la grande église du Golgotha, le Martyrium ; l'archidiacre y annonce le rendez-vous de l'après-midi. À la septième heure, tout le peuple et l'évêque montent à l'Éléona, l'église du mont des Oliviers bâtie sur la grotte où le Seigneur enseignait[53] ; on y chante hymnes et antiennes et l'on y lit l'Écriture. À la neuvième heure (vers trois heures), on monte à l'Imbomon, le lieu de l'Ascension[54]. Puis vient le moment attendu :

« Quand la onzième heure commence, on lit ce passage de l'évangile où des enfants avec des rameaux et des palmes vinrent à la rencontre du Seigneur en disant : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. » Aussitôt après, l'évêque se lève ainsi que tout le peuple, puis, du sommet du mont des Oliviers, on fait tout le chemin à pied. Tout le peuple va devant l'évêque avec des hymnes et des antiennes, en répondant toujours : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur. » Et tous les enfants du pays, jusqu'à ceux qui ne peuvent pas marcher parce qu'ils sont trop jeunes et que leurs parents portent sur leurs épaules, tous tiennent des rameaux, qui de palmier, qui d'olivier ; et ainsi on escorte l'évêque de la même manière qu'a été escorté alors le Seigneur. » — Égérie, Journal de voyage 31, 2-3, trad. Pierre Maraval[55]

La foule descend ainsi du sommet du mont jusqu'à la ville, puis traverse toute la ville jusqu'à l'Anastasis, la rotonde du Saint-Sépulcre ; tous à pied, même les dames de qualité et les notables, et l'on avance « lentement, lentement, pour que le peuple ne se fatigue pas », si bien qu'on n'arrive qu'à la tombée du jour. Là, on célèbre l'office du soir (le lucernaire), puis une prière devant la Croix, avant de renvoyer le peuple[56].

Une liturgie célébrée sur les lieux mêmes

Trois traits de cette liturgie ont traversé les siècles.

  • Le lieu commande le texte. Égérie répète, à chaque étape, que les hymnes, les antiennes et les lectures sont « adaptés au jour et au lieu »[57]. On lit l'entrée à Jérusalem au sommet du mont des Oliviers, puis on la refait à pied : c'est le principe même de la procession des Rameaux, qui fait des fidèles les acteurs du récit qu'ils viennent d'entendre.
  • L'évêque tient la place du Christ. On l'escorte « de la même manière qu'a été escorté alors le Seigneur » : le cortège ne rejoue pas une scène de théâtre, il accompagne celui qui représente le Christ au milieu de son peuple. Des siècles plus tard, les franciscains de Terre sainte feront encore monter le Père Custode sur un ânon pour la procession[58].
  • Les enfants sont au premier rang. Égérie les voit, jusqu'aux plus petits portés sur les épaules, tenir palmes et rameaux d'olivier. L'Évangile de Matthieu les montrait déjà criant « Hosanna au fils de David ! » dans le Temple, et Jésus citant le psaume : « De la bouche des enfants, des tout-petits, tu as fait monter une louange » (Mt 21, 15-16)[59]. Les antiennes latines de la procession chanteront à leur tour les Pueri Hebraeorum, les « enfants des Hébreux ».

La procession partait du mont des Oliviers et aboutissait au tombeau du Christ : elle allait, littéralement, de l'acclamation à la Passion et à la Résurrection. Le dimanche des Rameaux portait déjà, dès sa naissance, les deux faces que la liturgie romaine unit aujourd'hui dans son nom.

Comment la fête s'est répandue en Orient et en Occident

En Orient : la fête des Palmes et le samedi de Lazare

L’Entrée à Jérusalem, icône russe anonyme du XVe siècle, cathédrale de l’Annonciation de Moscou. Domaine public

Dans les Églises de rite byzantin, l'entrée du Seigneur à Jérusalem compte parmi les grandes fêtes de l'année. Les Grecs l'appellent la « fête des Palmes » (heortê tôn baïôn, ou baïophoros, « le port des palmes »), et parfois « dimanche de Lazare », parce que la veille est consacrée à la résurrection de Lazare : la liturgie orientale a gardé l'ordre exact du récit de saint Jean, Béthanie puis Jérusalem[60]. Les empereurs byzantins, rapporte la Catholic Encyclopedia, distribuaient ce jour-là des branches de palmier et de petits présents à leurs dignitaires et à leurs serviteurs[61].

À Jérusalem même, le parcours s'est allongé. Au IXᵉ siècle, le moine Épiphane mentionne, à environ un mille du lieu de l'Ascension, l'endroit où Jésus monta sur l'ânon, près d'un olivier dont on coupait chaque année une branche pour entrer en procession dans la ville au « jour des Palmes » : c'est l'origine du départ actuel de la procession, à Bethphagé[62]. Les particularités de la liturgie byzantine sont présentées dans l'article La liturgie orientale, et l'iconographie de la fête dans Les icônes byzantines.

En Espagne : le « jour des Palmes » d'Isidore de Séville

L'Espagne wisigothique connaît la fête au VIIᵉ siècle. Saint Isidore de Séville († 636) en donne le nom et le sens dans ses Étymologies :

« On l'appelle jour des Palmes parce que ce jour-là notre Seigneur et Sauveur, comme l'avait chanté le prophète, s'avançant vers Jérusalem, s'assit, dit-on, sur un ânon. Alors la multitude du peuple, marchant à sa rencontre avec des branches de palmiers, cria : « Hosanna, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d'Israël. » Le peuple appelle aussi ce jour Capitilavium, parce qu'il est alors d'usage de laver la tête des enfants qui doivent recevoir l'onction, de peur qu'ils ne s'approchent de l'onction salis par l'observance du Carême. » — Saint Isidore de Séville, Étymologies, VI, XVIII, 13-14[63]

Ce « lavement de la tête » rappelle que le dimanche des Rameaux était une étape de la préparation au baptême, conféré dans la nuit de Pâques. En Espagne, en Gaule et à Milan, c'est aussi ce dimanche qu'on remettait aux catéchumènes le texte du Symbole de la foi, qu'ils allaient professer au baptême[64].

À Rome : la fête de la Passion du Seigneur

Infographie — Jalons de la fête en Orient et en Occident. Carte schématique ; les dates désignent des attestations distinctes.

À Rome, la couleur du jour était d'abord celle de la Passion. Le pape saint Léon le Grand (440-461) a laissé une série de sermons « sur la Passion du Seigneur » ; l'un d'eux porte dans la tradition manuscrite la mention Dominico die habitus, « prononcé un dimanche », et s'ouvre ainsi :

« Nous célébrons, bien-aimés, cette fête tant désirée, que l'univers entier voit toujours venir avec joie, la fête de la Passion du Seigneur. » — Saint Léon le Grand, Sermon 62 (Sur la Passion du Seigneur, XI)[65]

Le sermon s'achève en renvoyant la suite de l'explication au mercredi suivant[66] : la Passion se prêchait donc à Rome le dimanche qui ouvre la Semaine sainte, puis le mercredi. Le même texte commente des détails qui n'appartiennent qu'au récit de saint Matthieu — la mort de Judas qui s'étrangle, le cri « Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! » —, ce qui s'accorde avec la lecture de la Passion selon Matthieu que la liturgie romaine a gardée ce jour-là pendant des siècles[67]. La station pontificale se tenait à la basilique du Latran, où le pape présida les cérémonies jusqu'en 1870[68].

La bénédiction des rameaux gagne l'Occident

Les trois plus anciens sacramentaires romains ne mentionnent ni bénédiction des rameaux ni procession ; la plus ancienne prière qui s'y rapporte apparaît dans le sacramentaire grégorien tel qu'on l'utilisait en France aux IXᵉ-Xᵉ siècles, et elle bénit encore ceux qui portent les palmes, non les palmes elles-mêmes[69]. Le liturgiste Edmond Martène n'en trouvait aucune trace avant les VIIIᵉ-IXᵉ siècles, et l'historien Pelliccia désignait Amalaire de Metz († vers 850) comme le premier auteur à en parler[70]. L'ordre de la formation semble donc clair : on a d'abord porté des palmes pendant l'office, puis on a organisé la procession, et enfin on a béni les rameaux[71].

La chronologie ci-dessous résume la formation de la fête, de Jérusalem à la liturgie actuelle.

  1. vers 350
    Le palmier de la vallée
    saint Cyrille de Jérusalem

    Dans sa dixième Catéchèse, l'évêque de Jérusalem compte parmi les témoins du Christ « le palmier qui est dans cette vallée », qui fournit les branches de l'entrée à Jérusalem.

  2. 381-384
    La procession du mont des Oliviers
    journal d'Égérie

    Samedi au Lazarium de Béthanie ; dimanche, lecture de l'entrée au sommet du mont des Oliviers, puis descente à pied, rameaux de palmier et d'olivier en main, jusqu'à l'Anastasis.

  3. 440-461
    La fête de la Passion à Rome
    saint Léon le Grand

    Le pape prêche la Passion du Seigneur le dimanche qui ouvre la Semaine sainte, et achève son enseignement le mercredi.

  4. avant 636
    Le jour des Palmes et le Capitilavium
    saint Isidore de Séville

    Les Étymologies expliquent le nom du jour et le lavement de la tête des enfants préparés au baptême.

  5. vers 820-821
    Gloria, laus et honor
    Théodulf d'Orléans

    L'évêque exilé à Angers compose l'hymne qui accompagnera pendant douze siècles le retour de la procession.

  6. IXe-Xe siècle
    Première prière sur les porteurs de palmes
    sacramentaire grégorien en usage en France

    La bénédiction des rameaux et la procession se diffusent dans les Églises franques avant de gagner Rome.

  7. 16 novembre 1955
    Maxima redemptionis nostrae mysteria
    Pie XII

    La Semaine sainte restaurée donne à ce dimanche le nom de « deuxième dimanche de la Passion, ou des Rameaux » et simplifie la bénédiction.

  8. 1970
    Le Missel de saint Paul VI
    dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur

    Trois formes de commémoraison de l'entrée, célébration en rouge, Passion selon Matthieu, Marc ou Luc selon l'année.

  9. 1985-2020
    Les Journées mondiales de la jeunesse
    saint Jean-Paul II, François

    Le dimanche des Rameaux devient la Journée de la jeunesse ; à partir de 2021, sa célébration diocésaine est transférée au dimanche du Christ Roi.

Le Moyen Âge : hymnes, portes fermées et Palmesel

Gloria, laus et honor : l'hymne de Théodulf d'Orléans

L'hymne qui accompagne depuis douze siècles le retour de la procession est l'œuvre de Théodulf, né en Espagne vers 760, poète et théologien de la cour de Charlemagne, évêque d'Orléans vers 798[72]. Accusé en 818 d'avoir pris part au complot de Bernard d'Italie contre Louis le Pieux, il fut déposé et exilé à Angers, où il mourut le 18 décembre 821[73]. Le Dictionary of Hymnology de John Julian, qui fait autorité en la matière, juge que l'attribution de l'hymne à Théodulf est « hors de tout doute raisonnable » et qu'il est « très probable » qu'il l'ait écrite durant sa captivité à Angers, vers 820 ou 821[74].

Le poème complet compte soixante-dix-huit vers ; les missels n'en ont retenu que les six premiers distiques, avec leur refrain[75]. Le Missel de 1970 l'a conservé sous le titre d'« hymne au Christ Roi »[76]. Le refrain et le cinquième distique disent tout le sens du jour :

« Gloire, louange et honneur à toi, Christ Roi, Rédempteur, pour qui la fleur de l'enfance fit monter un pieux Hosanna. […] Eux t'offraient l'hommage de leur louange alors que tu allais souffrir ; nous, voici que nous chantons pour toi qui règnes. » — Théodulf d'Orléans, Gloria, laus et honor, vers 1-2 et 9-10[77]

Une belle légende entoure l'hymne : le dimanche des Rameaux 821, l'empereur Louis le Pieux, passant en procession sous la fenêtre de la cellule de l'évêque captif, l'aurait entendu chanter ces vers et l'aurait aussitôt libéré. L'anecdote est rapportée notamment par le théologien Josse Clichtove dans son Elucidatorium (1516) ; mais, note Julian, elle n'est pas contemporaine des faits, Louis le Pieux ne semble plus être venu à Angers après 818, et Théodulf mourut dans cette ville sans avoir retrouvé son siège[78]. L'histoire est donc une légende tardive ; l'hymne, lui, est bien de Théodulf.

Au Moyen Âge, l'usage était d'en confier le chant à des enfants, en écho au puerile decus, la « fleur de l'enfance », du premier vers : à Salisbury, sept garçons le chantaient depuis un lieu élevé près du portail sud ; à York, depuis une tribune dressée au-dessus de la porte ; à Hereford, depuis le sommet des portes de la ville ; à Tours et à Rouen, à la porte de la cité[79].

Les portes fermées et la croix qui frappe

Infographie — Les cinq temps du rite de la porte fermée dans le Missel romain ancien.

Dans le rite romain fixé au XVIᵉ siècle, le retour de la procession prenait la forme d'un petit drame. Deux ou quatre chantres entraient dans l'église et en fermaient la porte ; tournés vers le cortège resté dehors, ils chantaient le Gloria, laus, que le prêtre et le peuple reprenaient de l'extérieur. Puis « le sous-diacre frappe la porte avec la hampe de la croix » ; la porte s'ouvre aussitôt, et la procession entre en chantant le répons Ingrediente Domino : « Quand le Seigneur entra dans la ville sainte, les enfants des Hébreux, annonçant la résurrection de la vie, criaient avec des rameaux de palmier : Hosanna au plus haut des cieux »[80].

Le geste renvoyait au psaume de l'entrée royale — « Portes, levez vos frontons, élevez-vous, portes éternelles : qu'il entre, le roi de gloire ! » (Ps 23 [24], 7)[81] —, que la procession chante encore aujourd'hui. Benoît XVI en a donné une lecture saisissante :

« Dans l'ancienne liturgie du Dimanche des Rameaux, le prêtre, parvenu devant l'église, frappait puissamment avec un bras de la croix de la procession à la porte encore fermée, qui s'ouvrait alors. C'était une belle image du mystère de Jésus lui-même qui, avec le bois de sa croix, avec la force de son amour qui se donne, a frappé du côté du monde à la porte de Dieu […]. Avec la croix, Jésus a ouvert toute grande la porte de Dieu, la porte entre Dieu et les hommes. A présent, celle-ci est ouverte. Mais de l'autre côté également, le Seigneur frappe avec sa croix : il frappe aux portes du monde, aux portes de nos cœurs […]. » — Benoît XVI, homélie du dimanche des Rameaux, 1ᵉʳ avril 2007[82]

Le Christ porté en procession

Palmesel de Franconie, XVe siècle, tilleul peint, The Met Cloisters, inv. 55.24 ; plateau et roues modernes. Photo Metropolitan Museum of Art, CC0.

Pour rendre visible celui qu'on acclamait, le Moyen Âge fit porter dans la procession un signe de sa présence : un crucifix dévoilé, le livre des Évangiles, et souvent le Saint-Sacrement[83]. En Angleterre, deux prêtres portaient l'hostie dans une châsse ajourée jusqu'à une tente dressée dans le cimetière ; la procession, palmes et fleurs en main, faisait quatre stations où l'on chantait l'Évangile, puis, à la porte de l'église, les prêtres élevaient la châsse de sorte que tous entrent en passant dessous[84]. On attribue généralement l'introduction du Saint-Sacrement dans la procession des Rameaux au bienheureux Lanfranc († 1089), pour son abbaye du Bec[85]. L'intuition est profonde : celui que la foule de Jérusalem acclamait en chair est présent dans l'Eucharistie, et la procession suit le même Seigneur.

Le Palmesel, l'âne de bois des pays germaniques

Dans les pays germaniques, on alla plus loin encore : une statue de bois représentant le Christ assis sur un âne était portée dans la procession, et parfois jusque dans l'église. On en voit encore dans les musées de Bâle, de Zurich, de Munich et de Nuremberg[86]. Ces Palmesel (« ânes des Rameaux ») faisaient des enfants et du peuple les acteurs d'une véritable catéchèse en mouvement : on ne racontait pas seulement l'entrée à Jérusalem, on la voyait passer dans les rues de sa ville.

La piété populaire fit aussi des rameaux bénis un signe qu'on emportait chez soi. En Bavière, de grands saules couverts de chatons, ornés de fleurs et de rubans, tenaient lieu de palmes ; en Basse-Bavière, des garçons parcouraient les rues en chantant le Pueri Hebraeorum, ce qui leur valut le surnom de Pueribuben ; en certains lieux d'Allemagne et de France, on enguirlandait de rameaux bénits la croix du cimetière, en signe de la victoire du Christ[87]. L'Église veille à ce que ces usages restent des signes de foi, non des talismans — on y reviendra plus bas.

Du Missel de 1570 au Missel de 1970

Le rite de 1570 : une « messe sèche » avant la messe

Infographie — Les rites des Rameaux avant 1955, après la réforme de 1955 et dans le Missel de 1970.

Le Missel romain promulgué par saint Pie V en 1570 et réédité jusqu'au XXᵉ siècle donnait à la bénédiction des rameaux une ampleur exceptionnelle : elle formait « presque une messe entièrement distincte », ce qu'on appelait la « messe sèche des Rameaux », parce qu'elle suivait le déroulement d'une messe — lectures, évangile, préface, Sanctus — sans consécration[88]. Elle s'ouvrait par l'antienne Hosanna filio David, se poursuivait par une oraison, une lecture de l'Exode, un graduel et l'évangile de l'entrée à Jérusalem selon saint Matthieu, puis une préface et le Sanctus[89].

La lecture choisie était pleine de sens : « En ces jours-là, les fils d'Israël vinrent à Élim, où il y avait douze sources et soixante-dix palmiers, et ils campèrent près des eaux » (Ex 15, 27)[90]. Les palmes du désert, au terme de la sortie d'Égypte, annonçaient celles de la vraie Pâque. Suivaient cinq oraisons de bénédiction, qui rappelaient la colombe rapportant à Noé le rameau d'olivier et donnaient la clé des deux feuillages : la palme signifie la victoire sur le prince de la mort, l'olivier la venue de l'onction spirituelle apportée par le Christ[91]. Les rameaux étaient aspergés d'eau bénite, encensés, puis distribués au chant des Pueri Hebraeorum, avant la procession et le rite de la porte décrit plus haut[92]. Une antienne de la procession résumait tout :

« Les foules vont au-devant du Rédempteur avec des fleurs et des palmes, et rendent au vainqueur triomphant les hommages qui lui sont dus : les nations proclament de leur bouche le Fils de Dieu, et les voix tonnent jusqu'aux nues à la louange du Christ : Hosanna au plus haut des cieux. » — Missel romain (éd. typique de 1920), antienne Occurrunt turbae[93]

La messe elle-même se célébrait en violet ; son sommet était le chant de la Passion selon saint Matthieu, partagé entre trois ministres et commençant dès le récit de la Cène, les fidèles tenant leurs rameaux en main[94][95]. Deux pièces de cette messe sont passées dans le Missel actuel : l'hymne de l'épître aux Philippiens (Ph 2, 5-11, aujourd'hui 2, 6-11) et, mot pour mot, la collecte qui demande de suivre l'exemple d'humilité du Sauveur[96].

La réforme de la Semaine sainte (1955)

La restauration de la Semaine sainte décidée par Pie XII — décret Maxima redemptionis nostrae mysteria du 16 novembre 1955, dont l'histoire générale est retracée dans l'article Le Triduum pascal — a notablement simplifié ce dimanche. Le jour prit le nom de « deuxième dimanche de la Passion, ou des Rameaux »[97]. La « messe sèche » fut supprimée et remplacée par une brève bénédiction des rameaux avant la messe, et les ornements de la procession passèrent du violet au rouge[98].

Le Missel de 1970 : « dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur »

Le Missel promulgué par saint Paul VI a achevé cette évolution en rendant au jour son double nom et en énonçant clairement son but : « En ce jour, l'Église fait mémoire de l'entrée du Christ Seigneur à Jérusalem pour accomplir son mystère pascal »[99]. La célébration entière se fait en rouge, la procession garde ses antiennes, les psaumes 23 et 46 et le Gloria, laus, et la Passion est lue selon les trois évangiles synoptiques, au rythme du cycle de trois ans[100]. Le rite de la porte frappée par la croix n'a pas été repris : le cortège entre dans l'église au chant du répons Ingrediente Domino[101].

Le tableau ci-dessous compare, point par point, le rite du Missel tridentin (en usage jusqu'en 1955) et celui du Missel de 1970.

Élément du riteMissel de 1570 (en usage jusqu'en 1955)Missel de 1970
Nom du jourDominica in PalmisDominica in Palmis de Passione Domini
CouleurVioletRouge
Bénédiction des rameaux« Messe sèche » : lecture (Ex 15, 27-16, 7), évangile, préface, Sanctus, cinq oraisonsUne oraison au choix, puis aspersion d'eau bénite
Évangile de l'entréeMatthieu 21, 1-9, chaque annéeMatthieu, Marc (ou Jean) ou Luc selon l'année A, B ou C
Entrée dans l'églisePorte fermée, Gloria, laus, porte frappée par la croix, Ingrediente DominoProcession avec Gloria, laus et Ingrediente Domino, sans rite de la porte
Formes possiblesProcessionProcession, entrée solennelle ou entrée simple
PassionSelon Matthieu, chantée par trois ministresSelon Matthieu, Marc ou Luc, forme longue ou brève, à plusieurs voix
Pièces communesCollecte Omnipotens sempiterne Deus… humilitatis exemplum ; épître Ph 2, 5-11Même collecte ; Ph 2, 6-11

Sources : Missale Romanum, éd. typique 1920, « Dominica in Palmis » ; Missale Romanum cum lectionibus, 1977, « Dominica in Palmis de Passione Domini »[102][103].

Sous des formes différentes, le cœur du jour n'a pas changé : l'acclamation du Roi par des rameaux, puis la lecture de sa Passion. La continuité se lit jusque dans les textes, puisque la prière d'ouverture de la messe est restée mot pour mot celle du Missel de saint Pie V.

La célébration aujourd'hui

Trois manières de commémorer l'entrée du Seigneur

Infographie — Procession, entrée solennelle et entrée simple : trois formes prévues par le Missel.

Toutes les messes de ce dimanche font mémoire de l'entrée du Seigneur à Jérusalem, mais pas de la même manière. Le Missel prévoit trois formes[104][105] :

  1. la procession, la forme principale : les fidèles se rassemblent, rameaux en main, dans une église secondaire ou en un autre lieu, hors de l'église où l'on se rend ; elle n'a lieu qu'une seule fois, avant la messe qui réunit le plus de monde, même si celle-ci a lieu le samedi soir ou le dimanche soir ;
  2. l'entrée solennelle, lorsque la procession ne peut se faire à l'extérieur : les fidèles, rameaux en main, sont réunis à la porte ou à l'intérieur de l'église ; le prêtre bénit les rameaux en un lieu d'où la plus grande partie de l'assemblée peut suivre le rite, puis gagne l'autel avec les ministres et quelques fidèles ; cette entrée peut être répétée à une ou deux autres messes très fréquentées ;
  3. l'entrée simple, à toutes les autres messes : on chante l'antienne « Six jours avant la Pâque solennelle, quand le Seigneur entrait dans la ville de Jérusalem, les enfants vinrent à sa rencontre, portant à la main des rameaux de palmier », avec le psaume 23.

Là où ni procession ni entrée solennelle ne sont possibles, le Missel recommande une célébration de la Parole de Dieu sur l'entrée messianique et la Passion du Seigneur, le samedi soir ou le dimanche[106]. La lettre Paschalis sollemnitatis (1988) précise que ces formes de remplacement ne sont pas prévues « simplement par commodité », mais pour les situations où la procession est impossible, et demande aux pasteurs de préparer cette procession en l'honneur du Christ Roi pour qu'elle ait « une grande signification spirituelle » dans la vie des fidèles[107].

La bénédiction des rameaux et la procession

Le prêtre et le diacre, revêtus des ornements rouges de la messe, rejoignent l'assemblée pendant qu'on chante « Hosanna au fils de David ! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le Roi d'Israël : Hosanna au plus haut des cieux ! »[108]. Après la salutation, une brève monition donne le sens de toute la journée :

« Frères très chers, depuis le début du Carême, nous avons préparé nos cœurs par la pénitence et les œuvres de charité ; aujourd'hui, nous voici rassemblés pour ouvrir, avec toute l'Église, la célébration du mystère pascal de notre Seigneur, c'est-à-dire de sa passion et de sa résurrection : c'est pour l'accomplir qu'il est entré dans sa ville de Jérusalem. Faisant donc mémoire de cette entrée salutaire avec foi et dévotion, suivons le Seigneur, afin que, devenus par la grâce participants de sa croix, nous ayons part à sa résurrection et à sa vie. » — Missel romain, dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, monition d'ouverture[109]

Le prêtre dit ensuite l'une des deux oraisons de bénédiction ; la première demande que « nous qui escortons dans la joie le Christ Roi, nous puissions par lui parvenir à la Jérusalem éternelle », la seconde que « nous qui présentons aujourd'hui des rameaux au Christ triomphant » portions « en lui le fruit des bonnes œuvres »[110]. Il asperge les rameaux d'eau bénite, sans rien dire, puis le diacre proclame l'évangile de l'entrée à Jérusalem. Une dernière invitation lance la marche : « Imitons, frères très chers, les foules qui acclamaient Jésus, et avançons en paix »[111].

La procession s'ébranle derrière l'encens, s'il est employé, et la croix ornée, portée entre deux cierges allumés ; le prêtre suit avec les ministres, puis les fidèles avec leurs rameaux. On chante le psaume 23 — « Portes, levez vos frontons… qu'il entre, le roi de gloire ! » — encadré par l'antienne Pueri Hebraeorum, « les enfants des Hébreux, portant des rameaux d'olivier, vinrent au-devant du Seigneur », puis le psaume 46 et l'hymne de Théodulf, Gloria, laus et honor. À l'entrée dans l'église retentit le répons Ingrediente Domino, et le prêtre, arrivé à l'autel, conclut la procession par la collecte de la messe[112].

La messe : le Serviteur, le psaume 21 et l'hymne aux Philippiens

Infographie — Isaïe, le psaume, l’hymne aux Philippiens et la Passion selon l’année liturgique.

Tout change alors de ton. La collecte, restée la même depuis des siècles, fait passer de l'acclamation à la Croix :

« Dieu éternel et tout-puissant, pour montrer au genre humain quel abaissement il doit imiter, tu as voulu que notre Sauveur, dans un corps semblable au nôtre, subisse la mort de la croix : accorde-nous cette grâce de retenir les enseignements de sa passion et d'avoir part à sa résurrection. » — Oraison du dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, traduction liturgique française (Liturgie des Heures)[113]

Les trois lectures qui précèdent la Passion forment une progression[114] :

  • Isaïe 50, 4-7, le troisième chant du Serviteur : « J'ai présenté mon dos à ceux qui me frappaient, et mes joues à ceux qui m'arrachaient la barbe. Je n'ai pas caché ma face devant les outrages et les crachats » ;
  • le psaume 21 (22), dont le refrain est le cri que Jésus poussera sur la croix : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46), et qui décrit par avance les mains et les pieds percés, les vêtements tirés au sort ;
  • l'hymne de l'épître aux Philippiens (Ph 2, 6-11) : le Christ « s'est abaissé, devenant obéissant jusqu'à la mort, et la mort de la croix. C'est pourquoi Dieu l'a exalté ».

L'abaissement et l'exaltation : l'hymne aux Philippiens résume à lui seul le mouvement du jour, qui va de l'Hosanna à la Croix, et de la Croix à la gloire.

La Passion proclamée à plusieurs voix

La lecture de la Passion « occupe une place spéciale » : selon l'usage traditionnel, elle est chantée ou lue par trois personnes, qui tiennent la partie du Christ, celle du narrateur et celle du peuple[115]. Elle est proclamée par des diacres ou des prêtres, ou par des lecteurs laïcs, la partie du Christ étant alors réservée au prêtre ; on la lit sans cierges ni encens, sans la salutation ni les signes de croix sur le livre[116][117]. Au moment où le récit rapporte la mort du Seigneur, toute l'assemblée fléchit le genou et s'arrête un moment en silence[118]. Pour le bien des fidèles, la Passion doit être proclamée en entier, et les lectures qui la précèdent ne doivent pas être omises[119]. À Jérusalem, dans la basilique du Saint-Sépulcre, trois frères de la Custodie de Terre sainte la chantent encore en latin, selon une tradition qui s'est répandue à partir du XIᵉ siècle[120].

Les lectures selon les années A, B et C

Le lectionnaire dominical suit un cycle de trois ans : l'évangile de la procession et le récit de la Passion changent chaque année, tandis que les trois autres lectures restent les mêmes. Le tableau ci-dessous donne la répartition pour le cycle 2026-2028.

Année liturgiqueÉvangile de la processionRécit de la Passion (forme longue)Dimanche des Rameaux
Année AMatthieu 21, 1-11Matthieu 26, 14 – 27, 6629 mars 2026
Année BMarc 11, 1-10 ou Jean 12, 12-16Marc 14, 1 – 15, 4721 mars 2027
Année CLuc 19, 28-40Luc 22, 14 – 23, 569 avril 2028

Sources : Missale Romanum cum lectionibus, 1977 ; lectures AELF du 29 mars 2026[121][122].

Chaque récit de la Passion existe aussi en forme brève — par exemple Matthieu 27, 11-54 pour l'année A, ou Marc 15, 1-39 pour l'année B —, que le prêtre peut choisir pour une raison pastorale[123][124].

Pourquoi le rouge ?

Le violet du Carême cède la place, ce jour-là, au rouge. La Présentation générale du Missel romain le prescrit expressément : « On emploie le rouge le dimanche de la Passion et le Vendredi saint, le dimanche de la Pentecôte, aux célébrations de la Passion du Seigneur, aux fêtes de la naissance au ciel des Apôtres et des Évangélistes, et aux célébrations de martyrs »[125]. C'est la couleur du sang versé et de l'amour qui se donne jusqu'au bout : le Roi qu'on acclame avec des palmes est celui qui va verser son sang. La signification des couleurs liturgiques dans l'ensemble de l'année est présentée dans l'article L'année liturgique.

Les rameaux dans la piété populaire

Buis, olivier, laurier ou palmier

Les rameaux portés ce jour-là varient selon les pays. En France, on bénit du buis, de l'olivier, du laurier ou des palmes, selon les régions[126] ; le buis, toujours vert, y est le plus répandu[127]. L'ancien Cérémonial des évêques suggérait, là où l'on ne trouve pas de palmes, d'attacher au moins aux branches d'olivier de petites fleurs ou de petites croix faites de palme[128]. Au début du XXᵉ siècle, on distribuait à Rome des rameaux d'olivier au peuple, tandis que le clergé portait des palmes séchées et tressées en formes variées[129]. À Jérusalem, le patriarche latin bénit habituellement, dans l'édicule du Saint-Sépulcre, des palmes venues de Jéricho et des rameaux d'olivier du couvent franciscain de Saint-Sauveur[130].

Cette diversité n'est pas un détail folklorique : elle répond à la diversité des évangiles eux-mêmes — palmes chez Jean, branches d'arbres chez Matthieu, feuillages des champs chez Marc — et à l'antique double symbole que les oraisons de bénédiction expliquaient : la palme de la victoire, l'olivier de l'onction, rappel du rameau rapporté par la colombe de Noé[131].

Garder ses rameaux : ce que l'Église demande

Infographie — Le rameau béni, la croix de la maison et les cendres : un signe de foi au fil de l’année.

Une fois bénis et portés en procession, les rameaux sont rapportés à la maison. La lettre Paschalis sollemnitatis en donne le sens : ils serviront à la maison de rappel de la victoire du Christ que l'on a célébrée dans la procession[132]. En France, la coutume veut qu'on en orne les croix des maisons, « geste de vénération et de confiance envers le Crucifié », selon les mots de la Conférence des évêques[133]. Autrefois, on les plaçait aussi dans les granges et dans les champs[134].

L'Église encourage cet usage, mais elle en rappelle le sens pour qu'il ne dérive pas vers la superstition. Le Directoire sur la piété populaire et la liturgie (2001) le dit avec netteté :

« Il est nécessaire que les fidèles soient correctement instruits au sujet de la véritable signification de cette célébration, afin qu'ils en saisissent toute sa portée. Par exemple, il conviendra de leur redire que le plus important est de participer à la procession elle-même, et qu'il ne suffit donc pas de se procurer la palme ou le rameau d'olivier ; de plus, ceux-ci ne doivent pas être conservés en guise d'amulettes […]. La palme et le rameau d'olivier doivent avant tout être conservés comme un témoignage de la foi dans le Christ, le roi messianique, et dans sa victoire pascale. » — Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, n° 139[135]

Le rameau bénit est ce que l'Église appelle un sacramental : un signe sacré qui, « par la prière de l'Église », prépare à recevoir la grâce et dispose à y coopérer, sans la conférer à la manière des sacrements[136]. C'est la foi dans le Roi crucifié et ressuscité qui lui donne son sens, comme à tous les sacramentaux.

Des rameaux aux cendres

Le rameau bénit n'est pas destiné à être jeté. Le Missel prévoit que, le Mercredi des Cendres, on bénit et impose des cendres « faites de rameaux d'olivier ou d'autres arbres, bénis l'année précédente »[137]. Les rameaux de l'Hosanna deviennent ainsi, un an plus tard, les cendres du Mercredi des Cendres qui ouvre le Carême suivant : la louange d'un jour se change en humilité, et le chemin du Carême reconduit à la joie des Rameaux, puis de Pâques.

À Jérusalem, de Bethphagé à Sainte-Anne

Procession des Rameaux à Jérusalem, 14 avril 2019. Photo Bahnfrend, CC BY-SA 4.0, sans recadrage.

À Jérusalem, la procession d'Égérie a connu une longue histoire. Le sanctuaire de Bethphagé, sur le versant oriental du mont des Oliviers, commémore le début de l'entrée messianique de Jésus ; en 1870, un habitant y trouva une pierre ornée de peintures de l'époque des croisés représentant la résurrection de Lazare et l'entrée triomphale, et l'on y bâtit un petit sanctuaire, restauré dans sa forme actuelle en 1954[138]. La procession, disparue à la fin du royaume latin, fut reprise par les franciscains aux XVIᵉ-XVIIᵉ siècles, le Père Custode de Terre sainte monté sur un ânon représentant le Christ ; depuis 1933, elle a retrouvé toute sa solennité et elle est présidée par le patriarche latin de Jérusalem[139].

Selon le parcours habituel, les fidèles se rassemblent à Bethphagé pour entendre l'évangile de l'entrée, puis descendent le mont des Oliviers, par le monastère de l'Ascension et le jardin de Gethsémani, jusqu'à l'église Sainte-Anne, près de la porte des Lions, avec des palmes et des rameaux d'olivier tressés en guirlandes[140][141]. En 2025, malgré la guerre et le petit nombre de pèlerins étrangers, environ quatre mille fidèles, pour la plupart chrétiens de Jérusalem et de Galilée, y ont pris part[142]. En 2026, le patriarcat latin a dû annuler la procession en raison de la guerre et l'a remplacée par un temps de prière pour la ville[143].

Des Rameaux aux Journées mondiales de la jeunesse

Pendant plus de trois décennies, le dimanche des Rameaux fut aussi la Journée mondiale de la jeunesse. Saint Jean-Paul II avait daté sa lettre aux jeunes du monde, Dilecti amici, écrite pour l'Année internationale de la jeunesse, du « 31 mars 1985, Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur »[144]. Les Journées mondiales de la jeunesse, instituées à cette époque, furent dès lors célébrées chaque année dans les diocèses ce dimanche-là ; en 2013, le pape François s'exclamait devant la foule de la place Saint-Pierre : « depuis 28 ans le Dimanche des Rameaux est la Journée de la Jeunesse ! », et saluait les jeunes qui portent « la Croix pèlerine à travers tous les continents »[145].

Le 22 novembre 2020, lors de la messe du Christ Roi marquant le passage de la croix des JMJ, sur la route de Lisbonne 2023, François a annoncé : « Trente-cinq ans après l'institution des JMJ […], j'ai décidé de transférer, à partir de l'année prochaine, la célébration diocésaine des JMJ du Dimanche des Rameaux au Dimanche du Christ Roi »[146]. Depuis 2021, la journée diocésaine de la jeunesse se célèbre donc à la solennité du Christ Roi — qui achève l'année liturgique en proclamant la même royauté que les Rameaux acclamaient.

Le sens spirituel du dimanche des Rameaux

Un Roi qui s'abaisse

Le premier enseignement du jour porte sur la royauté du Christ. La foule l'acclame comme « roi d'Israël » ; mais quelle sorte de roi ? Saint Augustin, commentant l'entrée à Jérusalem devant ses fidèles, répondait :

« Jésus-Christ n'était pas roi d'Israël pour exiger des tributs, pour former des armées et combattre des ennemis visibles : il était roi d'Israël pour gouverner les âmes, préparer les biens éternels et conduire au royaume des cieux ceux qui croient et espèrent en lui et qui l'aiment. Le Fils de Dieu égal au Père, le Verbe par qui toutes choses ont été faites, a voulu être roi d'Israël, mais c'est par condescendance et non pour s'élever : c'est de sa part une marque de bonté, et non pas une augmentation de pouvoir. Car celui qu'on appelait, sur la terre, roi des Juifs, est dans les cieux le Seigneur des anges. » — Saint Augustin, Traités sur l'Évangile de saint Jean, LI, 4[147]

Le même Augustin appelle le Christ « le docteur de l'humilité » : « il ne perd pas sa nature divine, quand il nous enseigne l'humilité »[148]. C'est la clé de la collecte de la messe, qui demande de suivre « l'exemple d'humilité » du Sauveur, et de l'hymne aux Philippiens, qui chante le Christ « obéissant jusqu'à la mort, et la mort de la croix ». Le Roi qui entre à Jérusalem ne prend pas le pouvoir : il se donne. Sur l'humilité comme chemin de vie intérieure, voir Comment grandir dans l'humilité.

« C'est nous-mêmes qu'il faut abaisser devant lui »

Duccio, L’Entrée à Jérusalem, panneau de la Maestà, 1308-1311, Sienne. Domaine public

Que faire, aujourd'hui, de ce récit ? Un Père de l'Église grec, saint André de Crète († 740), a donné la réponse que l'Église lit chaque année à l'office des lectures de ce dimanche :

« Alors, courons avec lui qui se hâte vers sa passion ; imitons ceux qui allèrent au-devant de lui. Non pas pour répandre sur son chemin, comme ils l'ont fait, des rameaux d'olivier, des vêtements ou des palmes. C'est nous-mêmes qu'il faut abaisser devant lui, autant que nous le pouvons, par l'humilité du cœur et la droiture de l'esprit, afin d'accueillir le Verbe qui vient, afin que Dieu trouve place en nous, lui que rien ne peut contenir. » — Saint André de Crète, Homélie pour le dimanche des Rameaux[149]

Et plus loin, avec une audace toute baptismale :

« Notre vêtement, c'est sa grâce, ou plutôt c'est lui tout entier que nous avons revêtu : Vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ. C'est nous-mêmes que nous devons, en guise de vêtements, déployer sous ses pas. […] Nous aussi, en ce jour, disons avec les enfants, en agitant les rameaux qui symbolisent notre vie : Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d'Israël ! » — Saint André de Crète, Homélie pour le dimanche des Rameaux[150]

Les rameaux se fanent ; les vies offertes demeurent. Le vrai rameau des Rameaux, c'est le fidèle lui-même, étendu devant le Christ par l'humilité et la confiance.

La Croix, trône du Roi

Le paradoxe du jour tient dans la juxtaposition de deux scènes : l'acclamation du matin et le récit de la Passion à la messe. Les papes récents l'ont formulé avec force. Benoît XVI rappelait que « nous sommes appelés justement à suivre notre Roi qui choisit comme trône la croix »[151]. Le pape François, pour son premier dimanche des Rameaux, l'a dit en une phrase devenue célèbre :

« Jésus entre à Jérusalem pour mourir sur la Croix. Et c'est justement ici que resplendit son être de Roi selon Dieu : son trône royal est le bois de la Croix ! » — Pape François, homélie du dimanche des Rameaux, 24 mars 2013[152]

L'hymne de Théodulf le chantait déjà : la foule de Jérusalem louait celui qui « allait souffrir » ; l'Église chante « pour toi qui règnes »[153]. Entre les deux, il y a la Croix. C'est parce que le Roi a régné depuis la Croix que les palmes de la procession peuvent être, dès aujourd'hui, les palmes de la victoire.

La joie qui ouvre la Semaine sainte

Il serait faux de faire des Rameaux un jour triste. La procession est d'abord une fête. Benoît XVI la définissait comme « tout d'abord un joyeux témoignage que nous rendons à Jésus Christ, dans lequel le Visage de Dieu nous a été rendu visible et grâce auquel le cœur de Dieu nous est ouvert à tous »[154]. François en tirait le premier mot de sa prédication :

« Et c'est la première parole que je voudrais vous dire : joie ! Ne soyez jamais des hommes et des femmes tristes : un chrétien ne peut jamais l'être ! Ne vous laissez jamais prendre par le découragement ! » — Pape François, homélie du dimanche des Rameaux, 24 mars 2013[155]

Cette joie ne nie pas la Passion : elle la traverse. Le dimanche des Rameaux enseigne à entrer dans la Semaine sainte non avec crainte, mais avec la confiance des enfants de Jérusalem qui criaient Hosanna devant celui qui venait les sauver.

« Hosanna » et « Crucifie-le » : le cœur humain entre deux cris

Infographie — Les deux cris de la Semaine sainte et la fidélité du disciple.

Quelques jours après l'entrée triomphale, une foule crie à Pilate : « Crucifie-le ! » (Mc 15, 13). Le contraste frappe tous les lecteurs de l'Évangile, et Benoît XVI y voyait le point central de la fête :

« Ce n'est pas par hasard que, quelques jours après, la foule de Jérusalem, au lieu d'acclamer Jésus, criera à Pilate : « Crucifie-le ! ». Et les disciples eux-mêmes, ainsi que les autres qui l'avaient vu et écouté, resteront muets et perdus. En effet, la plupart étaient restés déçus par la manière dont Jésus avait décidé de se présenter comme Messie et Roi d'Israël. C'est justement en cela que se trouve pour nous aussi le point central de la fête d'aujourd'hui. » — Benoît XVI, homélie du dimanche des Rameaux, 1ᵉʳ avril 2012[156]

La question posée n'est donc pas d'abord celle des foules de Jérusalem, mais la nôtre : « Pour nous, qui est Jésus de Nazareth ? Quelle idée du Messie avons-nous, quelle idée de Dieu avons-nous ? », demandait le même pape[157]. Le dimanche des Rameaux place chaque fidèle entre deux cris, et l'invite à choisir celui qui dure : l'Hosanna de la confiance, repris jusqu'à la Croix.

Le dimanche des Rameaux dans la vie des mystiques

Des âmes que Dieu a associées de près à sa Passion ont contemplé l'entrée à Jérusalem et reçu, en ce dimanche, des paroles qui en éclairent le sens. Ces écrits sont des révélations privées : selon le Catéchisme, elles n'ont pas pour rôle d'« améliorer » ou de « compléter » la Révélation définitive du Christ, « mais d'aider à en vivre plus pleinement à une certaine époque de l'histoire »[158]. C'est à ce titre qu'elles sont citées ici, chacune avec sa source exacte.

Anne-Catherine Emmerich et le voile de Séraphia

Anne-Catherine Emmerich, portrait de Gabriel von Max, 1885. Domaine public

La bienheureuse Anne-Catherine Emmerich (1774-1824), religieuse augustine de Dülmen, a été béatifiée par saint Jean-Paul II le 3 octobre 2004 ; le pape rappelait alors que « la passion douloureuse de Notre Seigneur Jésus Christ », elle « l'a vécue dans son corps »[159]. Ses visions furent recueillies et mises en forme par le poète Clemens Brentano, qui les lui relisait jusqu'à ce qu'elle les approuve entièrement[160]. Elle y relie la Véronique du chemin de croix à l'entrée de Jésus à Jérusalem. Cette femme, dont elle donne le nom de Séraphia, avait déjà honoré le Seigneur au jour de son triomphe :

« Lors de l'entrée triomphale du dimanche des Rameaux, je la vis détacher son voile et l'étendre sur le chemin où passait le Sauveur. Ce fut ce même voile qu'elle apporta à Jésus pendant cette marche plus triste, mais plus triomphale encore, pour effacer les traces de ses souffrances, ce voile qui donna à celle qui le possédait un nouveau nom, le nom glorieux de Véronique. » — Anne-Catherine Emmerich, La Douloureuse Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, ch. XXXIV[161]

La même mystique rapporte que, le Vendredi saint, on conduisit Jésus chez Pilate en parodiant « son entrée royale du Dimanche des Rameaux », en jetant sous ses pieds des pierres et des haillons au lieu de manteaux[162]. Les deux scènes se répondent : le voile étendu sous les pas du Roi devient le linge qui essuie la Face du Crucifié. La « marche plus triste » du Calvaire est, dit-elle, « plus triomphale encore ».

Maria Valtorta : les deux voix de la vie du Christ

Dans L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, Maria Valtorta (1897-1961) rapporte une parole de Jésus sur l'inconstance des foules qui éclaire le dimanche des Rameaux :

« Il suffit de dire la vérité et d'être bon pour être haï par la foule après le premier moment d'enthousiasme. La vérité est reproche et avertissement. […] De là viennent les "crucifie-le" après que l'on a dit "hosanna". Ma vie de Maître est pleine de ces deux voix. Et la dernière a été "crucifie-le". » — Maria Valtorta, L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, t. 9, « Introductions diverses », II[163]

Dans la même dictée, Jésus ajoute que sa Mère, le soir du Vendredi saint, « a entendu de nouveau en elle tous les hosannas mensongers, devenus des cris de mort pour son Enfant »[164]. Le contraste des deux cris, que la liturgie place côte à côte en ce dimanche, devient ici la douleur de Marie.

Luisa Piccarreta : le Roi acclamé et le Royaume de la Divine Volonté

Infographie — Trois passages du Livre du Ciel : 31 mars 1901, 16 avril 1905 et 26 octobre 1926.

Dans les cahiers de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta (1865-1947), réunis sous le titre du Livre du Ciel, deux entrées sont datées du dimanche des Rameaux : le 31 mars 1901 et le 16 avril 1905. Une troisième, le 26 octobre 1926, médite l'entrée à Jérusalem en dehors du jour de la fête. Le 31 mars 1901, Luisa écrit : « Je voyais que l'Église fêtait le dimanche des Rameaux » ; et Jésus lui dit :

« Que d'instabilité, que d'inconstance ! Aujourd'hui ils ont crié "hosanna !" en me proclamant leur Roi. Un autre jour ils crieront "crucifiez-le, crucifiez-le !" Ma fille, la chose qui me déplaît le plus, c'est l'inconstance et l'instabilité. Car cela est le signe que la vérité n'habite pas l'âme. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 4, 31 mars 1901[165]

Et il conclut par une promesse : « Quand la véritable lumière de la Vérité entre dans une âme et prend possession de son cœur, cette âme n'est pas sujette à l'inconstance »[166]. L'Hosanna qui ne se change pas en « Crucifie-le » est celui d'un cœur habité par la vérité.

Le dimanche des Rameaux 16 avril 1905, la parole porte sur la royauté elle-même :

« Aujourd'hui, c'est le dimanche des Rameaux au cours duquel J'ai été acclamé comme Roi. Tous doivent aspirer à un royaume. Pour acquérir le Royaume éternel, il est nécessaire que la créature acquière la domination sur elle-même en dominant ses passions. L'unique moyen d'atteindre ce but, c'est la souffrance. Car souffrir, c'est régner. En souffrant avec patience, la créature se remet elle-même en ordre en se faisant reine d'elle-même et du Royaume éternel. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 6, 16 avril 1905[167]

C'est la même logique que la liturgie du jour : le Roi acclamé règne par la Croix, et le disciple qui le suit, en unissant ses peines aux siennes, règne avec lui.

Vingt ans plus tard, le 26 octobre 1926, Jésus relit toute sa vie publique à la lumière de ce qui est le cœur des écrits de Luisa : le don de vivre dans la Divine Volonté, c'est-à-dire non seulement faire la volonté de Dieu, mais laisser sa Volonté vivre et agir en nous, comme en Adam avant la chute. Chaque miracle, lui dit-il, visait à rendre aux hommes ce Royaume ; et l'entrée à Jérusalem aussi :

« Et même lorsque, triomphant, J'entrais à Jérusalem parmi le triomphe des foules, entouré d'honneur et de gloire, c'était le triomphe de ma Volonté que J'établissais dans le peuple. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 20, 26 octobre 1926[168]

La foule criait : « Béni soit le Règne qui vient » (Mc 11, 10). Dans le Livre du Ciel, ce Règne est celui que le Christ nous a appris à demander dans le Notre Père : le « troisième Fiat » — l'œuvre par laquelle Dieu veut rendre aux hommes sa Volonté, après la Création et la Rédemption — « amènera sur la terre la réalisation du "que ta Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel" »[169]. La parole de 1926 relie ainsi l'acclamation des Rameaux à cette demande du Notre Père. La différence entre faire la volonté de Dieu et vivre dans sa Volonté est présentée dans l'article Quelle différence entre faire la volonté de Dieu et vivre dans la Divine Volonté ?, et l'espérance de ce Règne dans Pourquoi parler d'un règne de la Divine Volonté sur la terre ?.

Questions fréquentes sur le dimanche des Rameaux

Pourquoi lit-on la Passion le jour des Rameaux ?

Parce que ce dimanche réunit deux traditions également anciennes. Jérusalem, dès le IVᵉ siècle, faisait mémoire de l'entrée du Seigneur par une procession ; Rome, au Vᵉ siècle, célébrait ce même dimanche comme la « fête de la Passion du Seigneur »[170][171]. La liturgie romaine a gardé les deux, et l'Église demande expressément qu'on en montre l'unité : ce dimanche « unit le présage du triomphe du Christ Roi et l'annonce de sa Passion », et « le lien entre ces deux aspects du mystère pascal » doit être « montré et expliqué dans la célébration et dans la catéchèse »[172][173]. L'acclamation n'a de sens que par la Croix vers laquelle elle conduit ; la Croix n'est pas un échec, puisque celui qui y monte est le Roi acclamé. De fait, toute l'assemblée du dimanche entend ainsi le récit entier de la mort du Seigneur au seuil des jours saints.

Ceux qui criaient « Hosanna » ont-ils crié « Crucifie-le » ?

Les évangiles ne le disent pas. Saint Jean précise que ceux qui accueillirent Jésus étaient « la grande foule venue pour la fête » — des pèlerins — et ceux qui avaient vu la résurrection de Lazare (Jn 12, 12.17-18). Saint Matthieu note qu'à l'arrivée du cortège, « toute la ville » demandait : « Qui est cet homme ? » (Mt 21, 10). Devant Pilate, ce sont « les grands prêtres et les anciens » qui « poussèrent les foules » à réclamer Barabbas et la mort de Jésus (Mt 27, 20 ; Mc 15, 11)[174]. Rien n'oblige donc à identifier purement et simplement les deux foules : à la Pâque, Jérusalem accueillait des multitudes.

La tradition spirituelle a pourtant raison de rapprocher les deux cris, parce qu'ils se rencontrent dans le cœur humain. Benoît XVI y voyait la déception de ceux qui attendaient un autre Messie[175], et, dans le Livre du Ciel, Jésus le dit des fidèles mêmes qui fêtent les Rameaux : « Aujourd'hui ils ont crié "hosanna !" en me proclamant leur Roi. Un autre jour ils crieront "crucifiez-le, crucifiez-le !" »[176] (voir plus haut). La question du jour est celle de la fidélité de chacun.

Pourquoi Matthieu parle-t-il d'une ânesse et d'un ânon ?

Pietro Lorenzetti, L’Entrée à Jérusalem, vers 1320, basilique inférieure d’Assise : l’ânesse et son petit. Domaine public

Matthieu rapporte que Jésus demanda aux disciples d'amener « une ânesse attachée et son petit avec elle », et qu'ils « amenèrent l'ânesse et son petit, disposèrent sur eux leurs manteaux, et Jésus s'assit dessus » (Mt 21, 2.7) ; Marc et Luc ne parlent que du petit âne, « sur lequel personne ne s'est encore assis », et Jean d'« un petit âne » (Mc 11, 2 ; Lc 19, 30 ; Jn 12, 14)[177]. Il n'y a là aucune contradiction : Marc, Luc et Jean nomment l'animal que Jésus monta, un ânon, que Marc et Luc disent encore jamais monté ; Matthieu précise en plus que sa mère fut amenée avec lui, ce qui est le plus naturel pour un jeune animal qui n'a jamais porté personne. Saint Augustin le notait déjà — « l'un et l'autre furent amenés au Seigneur » — et y lisait un sens spirituel : l'ânon, que personne n'avait monté, figure les nations païennes appelées à la foi, et l'ânesse le peuple d'Israël qui « reconnut la crèche du Sauveur »[178]. Matthieu souligne ainsi l'accomplissement mot pour mot de la prophétie de Zacharie, qui parle d'« un âne, un ânon, le petit d'une ânesse » (Za 9, 9). L'étude détaillée de cette question appartient à l'article L'entrée de Jésus à Jérusalem.

Que faire des rameaux bénis de l'année passée ?

On les garde à la maison, souvent à la croix ou au crucifix, comme « un témoignage de la foi dans le Christ, le roi messianique, et dans sa victoire pascale », et non comme une amulette[179]. Quand vient le Carême suivant, les rameaux de l'année précédente trouvent leur usage liturgique : le Missel prévoit qu'on en fasse les cendres bénies et imposées le Mercredi des Cendres[180].

Pour aller plus loin

Articles Ignispedia connexes

Sources principales

  • Égérie, Journal de voyage (Itinéraire), éd. et trad. Pierre Maraval, Sources chrétiennes 296, Paris, Cerf, 1982 (rééd. 1997, 2002), ch. 29-31.
  • Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèses, X, 19 (trad. J. Grancolas, Paris, 1715).
  • Saint Léon le Grand, Sermon 62 (De Passione Domini XI), PL 54.
  • Saint Augustin, Traités sur l'Évangile de saint Jean, LI (trad. Poujoulat et Raulx, Bar-le-Duc, 1864, t. X).
  • Saint Jérôme, Lettre 20 au pape Damase, PL 22.
  • Saint Isidore de Séville, Étymologies, VI, XVIII et XIX.
  • Saint André de Crète, Homélie IX pour le dimanche des Rameaux, PG 97, 990-994 (Liturgie des Heures, office des lectures).
  • Missale Romanum, éd. typique 1920 (« Dominica in Palmis ») et Missale Romanum cum lectionibus (1977) (« Dominica in Palmis de Passione Domini »).
  • Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier (1969), n° 5, 28, 30-31.
  • Congrégation pour le culte divin, lettre circulaire Paschalis sollemnitatis (16 janvier 1988), n° 27-33 ; Directoire sur la piété populaire et la liturgie (2001), n° 139.
  • Catéchisme de l'Église catholique, § 559-560.
  • Benoît XVI, homélies du dimanche des Rameaux (2007, 2012) ; François, homélies du 24 mars 2013 et du 22 novembre 2020 ; Léon XIV, homélie du 29 mars 2026.
  • J. Julian (dir.), A Dictionary of Hymnology, 2ᵉ éd., Londres, 1907, art. « Gloria laus et honor ».
  • F. Mershman, art. « Palm Sunday », The Catholic Encyclopedia, vol. 11, New York, 1911.

Notes et références

  1. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, promulguées par saint Paul VI (motu proprio Mysterii paschalis, 14 février 1969), n° 30 et 31, dans Missale Romanum cum lectionibus, éd. iuxta typicam alteram, Libreria Editrice Vaticana, 1977, vol. I, p. 140-141. Texte original : « Dominica sexta, in qua initium sumit Hebdomada sancta, dicitur "Dominica in palmis de Passione Domini" » (n° 30) ; « Hebdomada sancta ordinatur ad recolendam Passionem Christi ab eius ingressu messianico in Ierusalem » (n° 31). Traduction de l'article.

    1 8 12
  2. Congrégation pour le culte divin, lettre circulaire Paschalis sollemnitatis sur la préparation et la célébration des fêtes pascales, 16 janvier 1988, n° 28, texte anglais reproduit par l'Adoremus Bulletin (adoremus.org). Texte : « Holy Week begins on Passion (or Palm) Sunday, which joins the foretelling of Christ's regal triumph and the proclamation of the passion. The connection between both aspects of the paschal mystery should be shown and explained in the celebration and catechesis of this day. » Traduction de l'article.

    2 173
  3. Égérie, Journal de voyage (Itinéraire), 31, 2-3, éd. et trad. Pierre Maraval, Sources chrétiennes 296, Paris, Cerf, 1982 (rééd. 2002), p. 275 ; traduction reproduite par J. Houle, c.s.v., « De l'usage des rameaux », Catéchèse / Ressources, 5 avril 2011. Texte latin : Itinerarium Egeriae XXXI, 2-3, Bibliotheca Augustana.

    3 55
  4. Francis Mershman, art. « Palm Sunday », The Catholic Encyclopedia, vol. 11, New York, Robert Appleton Company, 1911 (newadvent.org). Texte original : « In the three oldest Roman Sacramentaries no mention is found of either the benediction of the palms or the procession. The earliest notice is in the "Gregorianum" used in France in the ninth and tenth centuries. In it is found among the prayers of the day one that pronounces a blessing on the bearers of the palms but not on the palms. […] It seems certain that the bearing of palms during services was the earlier practice, then came the procession, and later the benediction of the palms. » Sur Martène (De antiquis ecclesiae ritibus) et Pelliccia citant Amalaire (De ecclesiasticis officiis I, 10), voir le même article.

    4 69 70 71
  5. Missale Romanum cum lectionibus, ex decreto Concilii Vaticani II instauratum, auctoritate Pauli PP. VI promulgatum, éd. iuxta typicam alteram, Libreria Editrice Vaticana, 1977, vol. II, « Dominica in Palmis de Passione Domini », n° 1-11, p. 224-233 : ornements rouges (« sacris vestibus coloris rubri pro Missa requisitis »), antienne Hosanna filio David, invitation « Imitemur, fratres carissimi, turbas acclamantes Iesum, et procedamus in pace », psaumes 23 et 46, Hymnus ad Christum Regem (Gloria, laus), répons Ingrediente Domino.

    5 100 101 103 108 111 112
  6. Conférence des évêques de France, « Qu'est-ce que le Dimanche des rameaux ? », site Église catholique en France (eglise.catholique.fr), rubrique « Semaine sainte et Pâques » : rameaux « de buis, d'olivier, de laurier ou de palmier, selon les régions » ; « La tradition chrétienne veut que l'on emporte, après la messe, les rameaux bénis, pour en orner les croix dans les maisons : geste de vénération et de confiance envers le Crucifié. »

    6 126 133
  7. Catéchisme de l'Église catholique, § 559 (« L'entrée messianique de Jésus à Jérusalem »), texte français officiel, 1992 (éd. typique latine 1997).

    7 27 32 37 42
  8. F. Mershman, art. « Palm Sunday », The Catholic Encyclopedia, vol. 11, 1911 : « The name Dominica in palmis, De passione Domini occurs in the "Gelasianum", but only as a superscription and Probst ("Sacramentarien und Ordines", Münster, 1892, 202) is probably correct in suspecting the first part to be an addition, and the De passione Domini the original inscription. »

    9
  9. F. Mershman, art. « Palm Sunday », The Catholic Encyclopedia, vol. 11, 1911 (noms Dominica in Palmis, Dies Palmarum, Dominica Hosanna, Pascha floridum, Pâques fleuries, Pascua florida, Dominica florida ; en Angleterre Olive ou Branch Sunday, Sallow ou Willow, Yew ou Blossom Sunday) ; pour dies palmarum et Capitilavium : saint Isidore de Séville, Étymologies, VI, XVIII, 13-14.

    10
  10. Officium Hebdomadae Sanctae iuxta ordinem instauratum […], a Vesperis Sabbati ante Dominicam II Passionis seu in Palmis usque ad Missam Sabbati in albis, 1956 ; Ordo Hebdomadae Sanctae instauratus, Turin, Marietti, 1956 (notices du fonds Internet Archive). La réforme fut promulguée par le décret général Maxima redemptionis nostrae mysteria de la Sacrée Congrégation des Rites, 16 novembre 1955.

    11 97
  11. Catéchisme de l'Église catholique, § 560.

    13
  12. Benoît XVI, homélie de la célébration du dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, XXVIIᵉ Journée mondiale de la jeunesse, place Saint-Pierre, 1ᵉʳ avril 2012, texte français officiel (vatican.va).

    14 36
  13. Égérie, Itinerarium XXX, 1 : « dominica, qua intratur in septimana paschale, quam hic appellant septimana maior » ; XXX, 2 : l'archidiacre annonce « Hodie omnes hora septima in Eleona parati simus » ; XXX, 3 : l'église « quae est in Eleona, id est in monte Oliveti, ubi est spelunca illa, in qua docebat Dominus » (Bibliotheca Augustana).

    15 52 53
  14. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier (1969), n° 28 : « Tempus Quadragesimae decurrit a feria IV Cinerum ad Missam in Cena Domini exclusive » (Missale Romanum cum lectionibus, 1977, vol. I, p. 140).

    16
  15. Congrégation pour le culte divin, Paschalis sollemnitatis, 16 janvier 1988, n° 27 : « The days of Holy Week, from Monday to Thursday inclusive, have precedence over all other celebrations. »

    17
  16. Association épiscopale liturgique pour les pays francophones (AELF), lectures de la messe du lundi, du mardi et du mercredi saints (30 mars, 31 mars et 1ᵉʳ avril 2026) : Jn 12, 1-11 ; Jn 13, 21-33.36-38 ; Mt 26, 14-25 (aelf.org).

    18
  17. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier (1969), n° 5 : « dominicae vero Adventus, Quadragesimae et Paschae super omnia festa Domini et super omnes sollemnitates praecedentiam habent » (Missale Romanum cum lectionibus, 1977, vol. I, p. 136). Traduction de l'article.

    19
  18. Catéchisme de l'Église catholique, § 2177, citant le Code de droit canonique (1983), can. 1246 § 1 : « Le dimanche, où, de par la tradition apostolique, est célébré le mystère pascal, doit être observé dans l'Église tout entière comme le principal jour de fête de précepte. »

    20
  19. Dates calculées selon le comput grégorien de la date de Pâques (algorithme dit « anonyme grégorien », publié notamment par J. Meeus, Astronomical Algorithms, 1991), le dimanche des Rameaux précédant Pâques de sept jours. Sur la fenêtre du 22 mars au 25 avril et ses extrêmes (22 mars : 1818 et 2285 ; 25 avril : 1943 et 2038), voir l'article Pourquoi Pâques change-t-elle de date ?.

    21 22
  20. Judith Sudilovsky, « 4,000 process in Jerusalem for Palm Sunday amid Israeli bombardment of Gaza », OSV News, 14 avril 2025 (procession du 13 avril 2025 ; photographies de Debbie Hill) : « even the gray skies that threatened rain didn't dampen the spirit of the 4,000 participants » ; « Most of them were Christians from Jerusalem and the Galilee » ; « as in 2025 the festivals of all the Orthodox and Catholic churches converge » ; parcours de Bethphagé au monastère de l'Ascension, à Gethsémani et à l'église Sainte-Anne.

    23 140 142
  21. Jn 12, 1.12.17, traduction liturgique officielle (AELF, 2013).

    24
  22. Mt 21, 1-11 ; Mc 11, 1-11 ; Lc 19, 28-42 ; Jn 12, 12-19, traduction liturgique officielle de la Bible (AELF, 2013).

    25 26 177
  23. Za 9, 9-10, traduction liturgique officielle (AELF, 2013).

    28
  24. 1 R 1, 33 et 38, traduction liturgique officielle (AELF, 2013).

    29
  25. Gn 49, 11, traduction liturgique officielle (AELF, 2013).

    30
  26. Benoît XVI, homélie de la messe du dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, XXIIᵉ Journée mondiale de la jeunesse, place Saint-Pierre, 1ᵉʳ avril 2007 (vatican.va) : « Dans l'Evangile de Luc, le récit du début du cortège près de Jérusalem est composé en partie littéralement sur le modèle du rite du couronnement avec lequel, selon le Premier Livre des Rois, Salomon fut institué comme héritier de la royauté de David (cf. 1 R 1, 33-35). Ainsi, la procession des Rameaux est également une procession du Christ Roi. »

    31
  27. Léon XIV, homélie du dimanche des Rameaux, place Saint-Pierre, 29 mars 2026, texte français officiel (vatican.va).

    33
  28. Mt 21, 5.7, traduction liturgique officielle (AELF, 2013).

    34
  29. Ps 117 (118), 25-27, traduction liturgique officielle (AELF).

    35
  30. Saint Jérôme, Lettre 20, au pape Damase, écrite à Rome entre 382 et 385, PL 22, texte latin (Wikisource, « Epistolae (Hieronymus)/2 », d'après Migne, 1845). Texte original : « OSI ergo salvifica interpretatur ; ANNA interjectio deprecantis est. Si ex duobus his velis compositum verbum facere, dices OSIANNA, sive ut nos loquimur, OSANNA, media vocali littera elisa » ; « Matthaeus, qui Evangelium Hebraeo sermone conscripsit, ita posuit, OSANNA BARRAMA, id est, Osanna in excelsis ». Traduction de l'article.

    38 39
  31. Saint Isidore de Séville, Étymologies, VI, XIX, 22-23, texte latin (Wikisource, Etymologiarum libri XX, livre VI) : « Osi enim salvifica interpretatur ; anna interiectio est, motum animi significans sub deprecantis affectu. »

    40
  32. Saint Augustin, Traités sur l'Évangile de saint Jean, LI, 2-4, dans Œuvres complètes de saint Augustin, trad. sous la dir. de M. Poujoulat et de l'abbé Raulx, Bar-le-Duc, 1864, t. X, p. 675-676 (bibliotheque-monastique.ch). Texte original (Tractatus in Iohannis Evangelium 51, 2, augustinus.it) : « Rami palmarum laudes sunt, significantes victoriam ; quia erat Dominus mortem moriendo superaturus, et tropaeo crucis de diabolo mortis principe triumphaturus. Vox autem obsecrantis est : Hosanna. »

    41 47 147 148
  33. 2 R 9, 13, traduction liturgique officielle (AELF, 2013).

    43
  34. Lv 23, 40, traduction liturgique officielle (AELF, 2013).

    44
  35. 1 M 13, 49-51 et 2 M 10, 6-7, traduction liturgique officielle (AELF, 2013).

    45
  36. Ap 7, 9-10, traduction liturgique officielle (AELF, 2013).

    46
  37. Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèse X, 19, dans Les Catéchèses de saint Cyrille de Jérusalem, avec des notes et des dissertations dogmatiques, trad. J. Grancolas, Paris, Laurent Le Conte, 1715, p. 229 (orthographe modernisée). Le texte grec parle du palmier de la vallée qui fournit les branches aux enfants qui acclamaient le Christ.

    48
  38. Sources chrétiennes, notice du volume SC 296 : Égérie, Journal de voyage (Itinéraire), introduction, texte critique, traduction et notes par Pierre Maraval, Paris, Cerf, décembre 1982, 385 p., ISBN 9782204069908 (site officiel sourceschretiennes.mom.fr) : voyage « de 381 à 384 » ; manuscrit unique d'Arezzo (Codex Aretinus VI, 3, XIᵉ siècle), découvert en 1884, conservant la période du 16 décembre 383 à juin 384 et la description de la liturgie de Jérusalem (ch. 24-49) ; origine de l'auteur : « sud de la Gaule ou Galice ? ».

    49 50
  39. Égérie, Itinerarium XXIX, 3-6 (Bibliotheca Augustana) : « Omnes hodie hora septima in Lazario parati simus » ; lecture de « Cum venisset Iesus in Bethania ante sex dies paschae » (Jn 12, 1) ; « Lecto ergo eo loco et annuntiata pascha fit missa ».

    51
  40. Égérie, Itinerarium XXXI, 1-4 (Bibliotheca Augustana). Texte original : « Hora ergo septima omnis populus ascendet in monte Oliveti, id est in Eleona […] ; dicuntur ymni et antiphonae apte diei ipsi vel loco, lectiones etiam similiter. Et cum ceperit se facere hora nona, subitur cum ymnis in Inbomon, id est in eo loco, de quo ascendit Dominus in caelis » (§ 1) ; « sed et si quae matrone sunt aut si qui domini, sic deducunt episcopum respondentes et sic lente et lente, ne lassetur populus, porro iam sera pervenitur ad Anastase. Ubi cum ventum fuerit, quamlibet sero sit, tamen fit lucernare, fit denuo oratio ad Crucem et dimittitur populus » (§ 4). Traductions des passages non cités d'après P. Maraval : traduction de l'article.

    54 56 57 170
  41. Custodie de Terre sainte, page du sanctuaire de Bethphagé (custodia.org) : témoignage du moine Épiphane (IXᵉ siècle) ; pierre peinte d'époque croisée découverte en 1870 ; sanctuaire restauré en 1954 ; « The procession that commemorates the event had ceased to exist by the end of the Crusader reign. It was taken up again in the 16th to 17th century by the Franciscans, with the Father Custos seated on the foal of an ass, representing Christ. Since 1933, the procession has been able to reclaim its very solemn nature, and is presided over by the Latin Patriarch of Jerusalem. »

    58 62 138 139
  42. Mt 21, 15-16, citant Ps 8, 3, traduction liturgique officielle (AELF, 2013).

    59
  43. F. Mershman, art. « Palm Sunday », The Catholic Encyclopedia, vol. 11, 1911 : « The Greeks celebrate the day with great solemnity ; they call it kyriake or heorte ton baion or heorte baiophoros or also Lazarus Sunday, because on the day before they have the feast of the resuscitation of Lazarus. The emperors used to distribute branches of palm and small presents among their nobles and domestics. »

    60 61
  44. Saint Isidore de Séville, Étymologies, VI, XVIII (« De reliquis festivitatibus »), 13-14, texte latin (Wikisource, Etymologiarum libri XX, livre VI). Texte original : « Dies Palmarum ideo dicitur, quia in eo Dominus et Salvator noster, sicut Propheta cecinit, Hierusalem tendens asellum sedisse perhibetur. Tunc gradiens cum ramis palmarum multitudo plebium obviam ei clamaverunt : "Osanna, benedictus qui venit in nomine Domini rex Israel." Vulgus autem ideo hunc diem Capitilavium vocant, quia tunc moris est lavandi capita infantium, qui unguendi sunt, ne observatione quadragesimae sordidata ad unctionem accederent. » Traduction de l'article.

    63
  45. F. Mershman, art. « Palm Sunday », The Catholic Encyclopedia, vol. 11, 1911 : « During the early centuries of the Church this sacrament was conferred solemnly only in the night of Holy Saturday, the text of the creed had been made known to the catechumens on the preceding Palm Sunday. This practice was followed in Spain (Isidore, "De off. eccl.", I, 27), in Gaul (P.L., LXXII, 265), and in Milan (Ambrose, Ep. xx). »

    64
  46. Saint Léon le Grand, Sermon 62 (autrefois 60), De Passione Domini XI, « Dominico die habitus », PL 54, texte latin (Wikisource, « Sermones - Migne/7 ») : incipit « Desiderata nobis, dilectissimi, et universo optabilis mundo adest festivitas Dominicae passionis » ; conclusion : « haec sermonis portio in quartam sabbati reservetur » (la suite est réservée au mercredi). Traduction française anonyme publiée sur nouvl.evangelisation.free.fr ; le sermon cite Mt 27, 25 et rapporte la mort de Judas selon Mt 27, 5.

    65 66 67 171
  47. F. Mershman, art. « Palm Sunday », The Catholic Encyclopedia, vol. 11, 1911 : « The Roman Missal marks the station at St. John Lateran (see STATIONS) and before September, 1870, the pope performed the ceremonies there. »

    68
  48. Art. « Theodulf », The Catholic Encyclopedia, vol. 14, New York, 1912 (newadvent.org) : né en Espagne vers 760, évêque d'Orléans vers 798, déposé en 818 et exilé à Angers, mort à Angers le 18 décembre 821 ; hymne Gloria, laus et honor (Analecta hymnica L, 160 sq.) ; œuvres dans PL 105, 187-380.

    72 73
  49. John Julian (dir.), A Dictionary of Hymnology, 2ᵉ éd., Londres, John Murray, 1907, art. « Gloria laus et honor » (J. Mearns), p. 426. Texte original : « That this hymn was written by St. Theodulph seems beyond all reasonable doubt. That it was written by him while imprisoned in the cloister, at Angers, about 820 or 821, is highly probable. » ; sur la légende rapportée par Clichtove (Elucidatorium, 1516, f. 316) : « The story is not, however, a contemporary one ; and moreover it seems clear that Louis the Pious was never in Angers after 818. It is also almost certain that St. Theodulph was never really restored to his see, but that he d. at Angers in 821. » ; texte complet de 78 vers dans E. Dümmler, Poetae latini aevi Carolini, I, p. 558 ; usages de Sarum, York, Hereford, Tours et Rouen, ibid.

    74 75 78 79
  50. Missale Romanum cum lectionibus, 1977, vol. II, « Dominica in Palmis de Passione Domini », n° 9, p. 231-232 : « Hymnus ad Christum Regem » (six distiques du Gloria, laus).

    76
  51. Théodulf d'Orléans, Gloria, laus et honor, v. 1-2 et 9-10, texte du Missale Romanum, éd. typique 1920, « Dominica in Palmis », p. 178, repris au Missel de 1970 : « Gloria, laus et honor tibi sit, Rex Christe, Redemptor : cui puerile decus prompsit Hosanna pium. […] Hi tibi passuro solvebant munia laudis : nos tibi regnanti pangimus ecce melos. » Traduction de l'article.

    77 153
  52. Missale Romanum ex decreto Concilii Tridentini restitutum, éd. typique vaticane approuvée le 25 juillet 1920, « Dominica in Palmis », p. 177-178 (Internet Archive). Rubrique : « In reversione Processionis, duo vel quatuor Cantores intrant in ecclesiam, et clauso ostio, stantes versa facie ad Processionem, incipiunt Gloria, laus […]. Postea Subdiaconus hastili Crucis percutit portam : qua statim aperta, Processio intrat ecclesiam, cantando : Ingrediente Domino in sanctam civitatem, Hebraeorum pueri resurrectionem vitae pronuntiantes, cum ramis palmarum : Hosanna, clamabant, in excelsis. » Traduction de l'article.

    80
  53. Ps 23 (24), 7, traduction liturgique officielle (AELF).

    81
  54. Benoît XVI, homélie du dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, place Saint-Pierre, 1ᵉʳ avril 2007 (vatican.va).

    82
  55. F. Mershman, art. « Palm Sunday », The Catholic Encyclopedia, vol. 11, 1911 : « Sometimes an uncovered crucifix, or the gospel-book, and often the Blessed Sacrament, was carried in [pro]cession. In many parts of England a large and beautiful tent was prepared in the churchyard. […] The introduction of the Blessed Sacrament into the Palm Sunday procession is generally ascribed to Bl. Lanfranc who ordered the ceremony for his Abbey of Bec. »

    83 84 85
  56. F. Mershman, art. « Palm Sunday », The Catholic Encyclopedia, vol. 11, 1911, d'après K. A. H. Kellner, Heortologie : « a figure of Christ seated on an ass, carved out of wood was carried in the procession and even brought into the church. Such figures may still be seen in the museums of Basle, Zurich, Munich, and Nürnberg. »

    86
  57. F. Mershman, art. « Palm Sunday », The Catholic Encyclopedia, vol. 11, 1911 : croix du cimetière ornée de palmes bénites en Allemagne et en France ; Pueribuben de Basse-Bavière (Theologisch-praktische Quartalschrift, 1892, 81) ; palmes gardées « in prominent places in the house, in the barns, and in the fields » ; Caeremoniale episcoporum II, xxi, 2 (petites fleurs ou croix de palme attachées aux branches d'olivier) ; « In Rome olive branches are distributed to the people, while the clergy carry palms frequently dried and twisted into various shapes. In parts of Bavaria large swamp willows, with their catkins, and ornamented with flowers and ribbons, were used. »

    87 128 129 134
  58. P. Aaron Williams, « Holy Weeks Past and Present », Adoremus Bulletin, 11 mars 2021 (adoremus.org). Texte original : avant 1955, « the rite for the blessing and distribution of Palms constitutes nearly an entirely separate Mass (or a so-called "Dry Mass of the Palms") » ; Passion « read by three assisting ministers, which includes the account of the Last Supper from St. Matthew » ; après 1955, « The reformed (i.e., post-1955) rite eliminates the "dry Mass" entirely and replaces it with a brief rite of blessing of palms before the Mass » ; « Red vestments are worn for the procession rather than the violet of the pre-reformed rite. »

    88 94 98
  59. F. Mershman, art. « Palm Sunday », The Catholic Encyclopedia, vol. 11, 1911 : antienne Hosanna, oraison, épître Ex 15, 27-16, 7, graduel, évangile de l'entrée selon Matthieu, oraison, préface, Sanctus et Benedictus ; « The prayers make reference to the dove bringing back the olive branch to Noah's ark […] ; they say that the branches of palms signify victory over the prince of death and the olive the advent of spiritual unction through Christ » ; aspersion, encensement, distribution au chant du Pueri Hebraeorum ; Passion selon Matthieu « during which all hold the palms in their hands ».

    89 91 92 95 131
  60. Missale Romanum, éd. typique 1920, « Dominica in Palmis », lecture « Exodi 15, 27 ; 16, 1-7 » : « In diebus illis : Venerunt filii Israel in Elim, ubi erant duodecim fontes aquarum et septuaginta palmae : et castrametati sunt juxta aquas. » Traduction de l'article.

    90
  61. Missale Romanum, éd. typique 1920, « Dominica in Palmis », antienne de la procession : « Occurrunt turbae cum floribus et palmis Redemptori obviam : et victori triumphanti digna dant obsequia : Filium Dei ore gentes praedicant : et in laudem Christi voces tonant per nubila : Hosanna in excelsis. » Traduction de l'article.

    93
  62. Missale Romanum, éd. typique 1920, « Dominica in Palmis », messe : introït « Domine, ne longe » (Ps 21) ; oraison « Omnipotens sempiterne Deus, qui humano generi, ad imitandum humilitatis exemplum, Salvatorem nostrum carnem sumere et crucem subire fecisti : concede propitius ; ut et patientiae ipsius habere documenta et resurrectionis consortia mereamur » ; épître Ph 2, 5-11. Même collecte dans Missale Romanum cum lectionibus, 1977, vol. II, n° 21, p. 234.

    96 102
  63. Missale Romanum cum lectionibus, 1977, vol. II, « Dominica in Palmis de Passione Domini », n° 1, p. 224 : « Hac die Ecclesia recolit ingressum Christi Domini in Ierusalem ad consummandum suum paschale mysterium. Quare in omnibus Missis memoria fit huiusmodi ingressus Domini, et quidem per processionem vel introitum sollemnem ante Missam principalem, per introitum simplicem ante alias Missas. Introitus tamen sollemnis, non vero processio, iterari potest ante unam alteramve Missam, quae cum magno populi concursu celebrari solet. » Traduction de l'article.

    99 104
  64. Congrégation pour le culte divin, Paschalis sollemnitatis, 16 janvier 1988, n° 29 (texte anglais, Adoremus Bulletin) : « The procession may take place only once, before the Mass that has the largest attendance, even if this should be in the evening of either Saturday or Sunday. […] The palms should be taken home, where they will serve as a reminder of the victory of Christ, which they celebrated in the procession. Pastors should make every effort to ensure that this procession in honor of Christ the King be so prepared and celebrated that it is of great spiritual significance in the life of the faithful. The Missal […] gives two other forms, not simply for convenience, but to provide for those situations when it will not be possible to have the procession. » Traduction de l'article.

    105 107 132
  65. Missale Romanum cum lectionibus, 1977, vol. II, « Dominica in Palmis de Passione Domini », n° 19, p. 234 ; voir aussi Paschalis sollemnitatis, n° 31.

    106
  66. Missale Romanum cum lectionibus, 1977, vol. II, n° 5, p. 224-225 : « Fratres carissimi, postquam iam ab initio Quadragesimae corda nostra paenitentia et operibus caritatis praeparavimus, hodierna die congregamur, ut cum tota Ecclesia praeludamus paschale Domini nostri mysterium, eius nempe passionem atque resurrectionem, ad quod implendum ipse ingressus est civitatem suam Ierusalem. Quare cum omni fide et devotione memoriam agentes huius salutiferi ingressus, sequamur Dominum, ut, per gratiam consortes effecti crucis, partem habeamus resurrectionis et vitae. » Traduction de l'article ; la traduction liturgique officielle se trouve dans le Missel romain en langue française.

    109
  67. Missale Romanum cum lectionibus, 1977, vol. II, n° 6, p. 225 : « Omnipotens sempiterne Deus, hos palmites tua benedictione sanctifica, ut nos, qui Christum Regem exsultando prosequimur, per ipsum valeamus ad aeternam Ierusalem pervenire » ; « Auge fidem in te sperantium, Deus, et supplicum preces clementer exaudi, ut, qui hodie Christo triumphanti palmites exhibemus, in ipso fructus tibi bonorum operum afferamus. » Traduction de l'article.

    110
  68. Oraison du dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, traduction liturgique française de la Liturgie des Heures (AELF), office du 29 mars 2026 ; texte latin identique au Missale Romanum de 1920 et de 1970 (voir la note sur la collecte).

    113
  69. Missale Romanum cum lectionibus, 1977, vol. II, « Dominica in Palmis de Passione Domini », p. 225-254 : évangiles de la procession (A : Mt 21, 1-11 ; B : Mc 11, 1-10 ou Jn 12, 12-16 ; C : Lc 19, 28-40) ; Is 50, 4-7 ; Ps 21 (R/ Deus, Deus meus, quare me dereliquisti ?) ; Ph 2, 6-11 ; Passion : A Mt 26, 14-27, 66 ; B Mc 14, 1-15, 47 (forme brève 15, 1-39) ; C Lc 22, 14-23, 56. Textes français : traduction liturgique AELF (Is 50, 6 ; Ps 21, 2.17.19 ; Ph 2, 8-9 ; Mt 27, 46).

    114 121 123
  70. Congrégation pour le culte divin, Paschalis sollemnitatis, 16 janvier 1988, n° 33 : « The passion narrative occupies a special place. It should be sung or read in the traditional way, that is, by three persons who take the part of Christ, the narrator, and the people. The passion is proclaimed by deacons or priests, or by lay readers. In the latter case, the part of the Christ should be reserved to the priest. The proclamation of the passion should be without candles and incense ; the greeting and the signs of the cross are omitted […]. For the spiritual good of the faithful, the passion should be proclaimed in its entirety, and the readings that precede it should not be omitted. » Deux coquilles de la reproduction en ligne (« sings » pour signs, « proceed » pour precede) sont corrigées dans la citation. Traduction de l'article.

    115 117 119
  71. Missale Romanum cum lectionibus, 1977, vol. II, n° 22, p. 236 : « Historia Passionis Domini legitur absque luminaribus et absque incenso, sine salutatione et signatione libri. Legitur autem a diacono vel, ipso deficiente, a sacerdote » ; au récit de la mort du Seigneur : « Hic genuflectitur, et pausatur aliquantulum. »

    116 118
  72. Custodie de Terre sainte, « Palm Sunday in Jerusalem led by the Patriarch » (custodia.org) : bénédiction dans l'édicule du Saint-Sépulcre des « palms from Jericho and the olive branches brought from the Franciscan Convent of St Saviour » ; « According to the ancient tradition which spread from the 11th century, the text was sung in Latin by three friars of the Custody of the Holy Land, who took the three roles […] Jesus, the chronicler and the crowd. »

    120 130
  73. AELF, lectures de la messe du dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, 29 mars 2026 : Passion selon saint Matthieu, Mt 26, 14 – 27, 66, ou forme brève Mt 27, 11-54.

    122 124
  74. Présentation générale du Missel romain, 3ᵉ éd. typique (2002), n° 346, texte français (vatican.va).

    125
  75. J. Houle, c.s.v., « De l'usage des rameaux », Catéchèse / Ressources (Viateurs du Canada), 5 avril 2011 : « En France, le laurier, l'olivier et surtout le buis sont d'usage courant. »

    127
  76. Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie. Principes et orientations, décembre 2001, n° 139, « Les palmes et les rameaux d'olivier ou d'autres arbres » (vatican.va).

    135 172 179
  77. Catéchisme de l'Église catholique, § 1667 et 1670 : les sacramentaux « ne confèrent pas la grâce de l'Esprit saint à la manière des sacrements, mais par la prière de l'Église ils préparent à recevoir la grâce et disposent à y coopérer ».

    136
  78. Missale Romanum cum lectionibus, 1977, vol. II, « Feria quarta Cinerum » : « In Missa huius diei benedicuntur et imponuntur cineres, facti de ramis olivarum, sive aliarum arborum, anno praecedenti benedictis. » Traduction de l'article.

    137 180
  79. Custodie de Terre sainte, « The procession of the palms » (custodia.org) : rassemblement à Bethphagé, lecture de Lc 19, 37-38, descente du mont des Oliviers « holding branches of olive trees and palms woven together », arrivée à l'église Sainte-Anne, près de la porte des Lions.

    141
  80. Patriarcat latin de Jérusalem, message du cardinal Pierbattista Pizzaballa sur la Semaine sainte, 22 mars 2026, texte officiel : « The traditional Palm Sunday procession, which goes up to Jerusalem from the Mount of Olives, […] is canceled. It will be replaced by a moment of prayer for the city of Jerusalem » ; voir aussi l’homélie prononcée à Gethsémani le 29 mars 2026.

    143
  81. Saint Jean-Paul II, lettre apostolique Dilecti amici aux jeunes du monde à l'occasion de l'Année internationale de la jeunesse, « Donné à Rome, près de Saint-Pierre, le 31 mars 1985, Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur » (vatican.va).

    144
  82. Pape François, homélie du dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, XXVIIIᵉ Journée mondiale de la jeunesse, place Saint-Pierre, 24 mars 2013 (vatican.va).

    145 152 155
  83. Pape François, homélie de la messe à l'occasion du passage de la croix des JMJ, basilique Saint-Pierre, solennité du Christ Roi, 22 novembre 2020 (vatican.va).

    146
  84. Saint André de Crète, Homélie IX pour le dimanche des Rameaux (Oratio IX in ramos palmarum), PG 97, 990-994, traduction liturgique française de la Liturgie des Heures, office des lectures du dimanche des Rameaux (AELF, office du 29 mars 2026), titre : « Gloire au Christ vainqueur de la mort ».

    149 150
  85. Benoît XVI, homélie du dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, place Saint-Pierre, 1ᵉʳ avril 2012 (vatican.va).

    151 156 157 175
  86. Benoît XVI, homélie du dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur, place Saint-Pierre, 1ᵉʳ avril 2007 (vatican.va).

    154
  87. Catéchisme de l'Église catholique, § 67 : « Au fil des siècles il y a eu des révélations dites "privées", dont certaines ont été reconnues par l'autorité de l'Église. Elles n'appartiennent cependant pas au dépôt de la foi. Leur rôle n'est pas d'"améliorer" ou de "compléter" la Révélation définitive du Christ, mais d'aider à en vivre plus pleinement à une certaine époque de l'histoire. »

    158
  88. Saint Jean-Paul II, homélie de la messe de béatification de Pierre Vigne, Joseph-Marie Cassant, Anna Katharina Emmerick, Maria Ludovica De Angelis et Charles d'Autriche, place Saint-Pierre, 3 octobre 2004 (vatican.va), n° 5, texte français tel que publié par le Saint-Siège : « La Bienheureuse Anna Katharina Emmerick, a crié "la passion douloureuse de Notre Seigneur Jésus Christ" et elle l'a vécue dans son corps. »

    159
  89. Edward Graham, art. « Ven. Anne Catherine Emmerich », The Catholic Encyclopedia, vol. 5, New York, Robert Appleton Company, 1909 (newadvent.org) : née le 8 septembre 1774 à Flamsche, près de Coesfeld, morte à Dülmen le 9 février 1824 ; La Douloureuse Passion parut en 1833 à Sulzbach. Texte original : « He took down briefly in writing the main points, and, as she spoke the Westphalian dialect, he immediately rewrote them in ordinary German. He would read what he wrote to her, and change and efface until she gave her complete approval. »

    160
  90. Anne-Catherine Emmerich, La Douloureuse Passion de N.-S. Jésus-Christ, trad. abbé de Cazalès, ch. XXXIV, « Véronique et le suaire » (texte de livres-mystiques.com).

    161
  91. Anne-Catherine Emmerich, La Douloureuse Passion de N.-S. Jésus-Christ, trad. abbé de Cazalès, ch. XV, « Jésus est conduit à Pilate » : « On avait ameuté beaucoup de populace, pour parodier en quelque sorte son entrée royale du Dimanche des Rameaux. […] on jetait sous ses pieds des pierres, des morceaux de bois, de sales haillons. »

    162
  92. Maria Valtorta, L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, tome 9, « Introductions diverses », II (« Il suffit de dire la vérité pour être haïs »), dictée de Jésus, éd. française du Centro Editoriale Valtortiano.

    163 164
  93. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 4, 31 mars 1901 — « Inconstance et instabilité. – Dimanche de Rameaux ». Édition GE-La Volonté Divine – Lumen Luminis (pour usage privé), p. 78-79. Le 31 mars 1901 était bien le dimanche des Rameaux (Pâques le 7 avril 1901).

    165 166 176
  94. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 6, 16 avril 1905 — « Souffrir, c'est régner – le dimanche des Rameaux ». Édition GE-La Volonté Divine – Lumen Luminis (pour usage privé), p. 93-94. Le 16 avril 1905 était bien le dimanche des Rameaux (Pâques le 23 avril 1905).

    167
  95. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 20, 26 octobre 1926 — « Tous les actes de Jésus avaient pour but le Royaume du divin Fiat ». Édition GE-La Volonté Divine – Lumen Luminis (pour usage privé), p. 51-52.

    168
  96. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 24 janvier 1921 — « Le troisième ‘Fiat’ doit mener à leur achèvement les ‘Fiats’ de la Création et de la Rédemption ». Édition GE-La Volonté Divine – Lumen Luminis (pour usage privé), p. 197-198.

    169
  97. Jn 12, 12.17-18 ; Mt 21, 10 ; Mt 27, 20 ; Mc 15, 11.13, traduction liturgique officielle (AELF, 2013).

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  98. Saint Augustin, Traités sur l'Évangile de saint Jean, LI, 5, trad. Poujoulat et Raulx, Bar-le-Duc, 1864, t. X, p. 676. Texte original : « Sed pullum asinae in quo nemo sederat […] intellegimus populum Gentium, qui Legem Domini non acceperat. Asinam vero (quia utrumque iumentum Domino adductum est) plebem eius quae veniebat ex populo Israel, non indomitam plane, sed quae praesepe Domini agnovit. »

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