L'année liturgique

L'année liturgique est la manière dont l'Église déroule chaque année tout le mystère du Christ, de l'Avent au Christ Roi, autour de son centre : le mystère pascal célébré chaque dimanche et à Pâques.

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L'année liturgique est la manière dont l'Église catholique organise le temps pour y revivre, d'année en année, tout le mystère du Christ. Elle ne suit pas le calendrier civil : elle ne commence ni le 1ᵉʳ janvier ni à une date fixe, mais au premier dimanche de l'Avent, et elle se déroule comme une grande fresque qui va de l'attente du Messie jusqu'au don de l'Esprit, dans l'espérance du retour glorieux du Seigneur.

Cette année n'est pas un simple agenda de fêtes. Le concile Vatican II l'affirme avec force : en distribuant ainsi les mystères de la Rédemption « tout au long de l'année », l'Église rend présentes les œuvres de salut de son Seigneur, pour que les fidèles « puissent les atteindre et se remplir de la grâce du salut »[1]. Le temps cesse d'être une fuite vide : il devient le lieu où le salut se communique.

Tout, dans cette année, tourne autour d'un seul centre : le mystère pascal, c'est-à-dire la mort et la Résurrection du Christ. Le dimanche le célèbre chaque semaine ; le Triduum pascal le célèbre chaque année comme « le sommet de toute l'année liturgique »[2]. Autour de ce noyau se déploient deux cycles entrelacés — le temporal, qui suit les temps et les fêtes du Seigneur, et le sanctoral, qui honore la Vierge Marie et les saints — et cinq grands temps : l'Avent, Noël, le Carême, le Triduum et le temps pascal, et le temps ordinaire.

Cet article donne la vue d'ensemble de ce cycle : ce qu'est l'année liturgique, pourquoi elle a le Christ pour contenu, comment elle s'est formée, comment elle s'organise en temps, en degrés de fête et en couleurs, et ce qu'elle signifie pour la vie chrétienne. Le détail de chaque temps et de chaque jour est traité dans les articles dédiés — sur le dimanche, l'Avent, le carême, le Triduum pascal, le temps ordinaire, le calendrier des saints et les fêtes d'obligation.

Qu'est-ce que l'année liturgique ?

Avant d'en décrire les rouages, il faut saisir l'idée centrale. L'année liturgique n'est pas d'abord une organisation pratique du calendrier ecclésiastique : c'est une manière de croire au temps. Pour le christianisme, le temps n'est pas un cercle qui tourne à vide, mais une histoire orientée, dans laquelle Dieu agit. L'année liturgique est la traduction concrète de cette conviction.

Une année qui n'est pas celle du calendrier civil

La première surprise est que l'année chrétienne ne coïncide pas avec l'année civile. Elle ne s'ouvre pas au 1ᵉʳ janvier, ni à Pâques, ni à une date fixe, mais au premier dimanche de l'Avent — le dimanche le plus proche du 30 novembre, soit une date qui glisse entre le 27 novembre et le 3 décembre[3]. Elle se clôt près d'un an plus tard, le samedi qui précède l'Avent suivant, après la solennité du Christ Roi de l'univers[4].

Ce choix n'est pas arbitraire. En faisant commencer son année par un temps d'attente plutôt que par une fête, l'Église dit quelque chose de la condition chrétienne : avant de revivre la venue du Christ, elle se remet dans la posture du peuple qui l'espère. L'année ne s'ouvre pas sur un triomphe, mais sur un désir — celui de Celui qui vient. C'est l'objet propre de l'Avent, premier seuil de tout le cycle.

Sanctifier le temps : faire du temps un signe

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Le mot-clé de toute la doctrine liturgique sur l'année est sanctification du temps. Vatican II place la liturgie « dans le temps » comme un prolongement de l'œuvre du Christ : par les fêtes, l'Église « consacre à la mémoire des actes salvifiques de son divin Époux » les jours, les semaines et les saisons[5]. Le rythme naturel — le jour et la nuit, la semaine, l'année — n'est pas aboli mais assumé et chargé d'un sens nouveau.

« Notre Mère la sainte Église estime qu'il lui appartient de célébrer l'œuvre salvifique de son divin Époux par une commémoration sacrée, à jours fixes, tout au long de l'année. » — Concile Vatican II, constitution Sacrosanctum Concilium, § 102, 4 décembre 1963[6]

Le Catéchisme reprend cette idée jusque dans la prière de chaque jour : la liturgie des heures « sanctifie par la louange de Dieu » les différentes heures de la journée, tandis que l'année tout entière sanctifie le cours des saisons[7]. Le christianisme ne fuit donc pas le temps : il le transfigure, en faisant de chaque dimanche une Pâque et de chaque année une traversée du mystère du Christ.

Mémoire, présence, attente : l'« aujourd'hui » de la liturgie

Comment une fête peut-elle « rendre présent » un événement vieux de vingt siècles ? C'est ici que la liturgie chrétienne se distingue d'une simple commémoration. Pour comprendre l'enjeu, prenons une image : un anniversaire civil rappelle un fait passé qui ne reviendra pas ; la liturgie, elle, prétend faire toucher aujourd'hui la réalité célébrée.

Le Catéchisme parle d'un « aujourd'hui » liturgique : en célébrant les mystères du Christ, l'Église ne récite pas un souvenir, elle entre dans une réalité toujours vivante, parce que le Christ ressuscité « est le même hier, aujourd'hui et à jamais » (He 13, 8)[8]. La fête tient ensemble trois temps : la mémoire de ce que le Christ a fait, sa présence efficace par les sacrements, et l'attente de son retour. C'est ce que la liturgie eucharistique condense dans l'acclamation : « Nous proclamons ta mort, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire. »

« L'année liturgique, entretenue et accompagnée avec dévotion par l'Église, n'est pas une représentation froide et sans vie des événements du passé, ni un simple souvenir d'une époque révolue. C'est plutôt le Christ lui-même qui vit toujours dans son Église. » — Pie XII, encyclique Mediator Dei, § 165, 20 novembre 1947[9]

Cette phrase de Pie XII est l'une des clés de toute la matière : l'année liturgique n'est pas un musée des fêtes anciennes, c'est le Christ qui continue son œuvre dans le temps de l'Église.

Année liturgique, cycle, calendrier : préciser le vocabulaire

Trois mots reviennent et se chevauchent, qu'il est utile de distinguer. L'année liturgique désigne le déroulement des temps et des fêtes sur douze mois. Le calendrier est le document concret qui fixe, jour par jour, la célébration assignée à chaque date (le Calendarium Romanum generale pour l'Église universelle, complété par des calendriers propres aux diocèses et aux ordres religieux)[10]. Le comput enfin est l'art de calculer les dates mobiles, à commencer par celle de Pâques, dont dépendent le Carême et la Pentecôte — un calcul savant traité à part dans Pourquoi Pâques change-t-elle de date ?. L'année liturgique combine ainsi des dates fixes (Noël au 25 décembre) et des dates mobiles (Pâques et tout ce qui en dépend).

Le centre de tout : le mystère pascal

On ne comprend pas l'année liturgique si on la voit comme une suite de fêtes juxtaposées. Elle a un cœur, et ce cœur commande tout le reste : la Pâque du Christ, c'est-à-dire son passage de la mort à la vie. Toutes les autres célébrations en dérivent ou y conduisent.

Pâques, « Fête des fêtes »

Pâques n'est pas une fête parmi d'autres : elle est la fête, celle dont les autres ne sont que le rayonnement. Le Catéchisme le dit dans une formule qui hiérarchise tout le calendrier.

« Pâques n'est pas simplement une fête parmi d'autres : elle est la "Fête des fêtes", "Solennité des solennités", comme l'Eucharistie est le Sacrement des sacrements. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1169[11]

De cette fête centrale découle la définition même que le Catéchisme donne de l'année : elle n'est pas une collection de mystères séparés, mais le déploiement d'un seul.

« L'année liturgique est le déploiement des divers aspects de l'unique mystère pascal. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1171[12]

C'est pourquoi la fenêtre des dates de Pâques entraîne avec elle le Carême, l'Ascension et la Pentecôte : déplacer le centre, c'est déplacer tout le cycle mobile. (L'Avent, lui, dépend de Noël, date fixe : il ne bouge pas avec Pâques.)

Le Triduum pascal, sommet de l'année

Si Pâques est le centre, le Triduum pascal en est le sommet liturgique : ces trois jours — du soir du Jeudi saint au soir du dimanche de la Résurrection — célèbrent la Cène, la Passion et la Résurrection comme un seul acte de salut. Les Normes universelles emploient une image lumineuse : le Triduum resplendit comme le point culminant de toute l'année.

« Puisque le Christ a accompli l'œuvre de la rédemption des hommes et de la parfaite glorification de Dieu principalement par son mystère pascal, le Triduum pascal de la Passion et de la Résurrection du Seigneur resplendit comme le sommet de toute l'année liturgique. » — Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 18[13]

La même norme ajoute une correspondance d'une grande clarté : « la prééminence que le dimanche a dans la semaine, la solennité de Pâques l'a dans l'année liturgique »[14]. Le détail de ces trois jours — Jeudi saint, Vendredi saint, Vigile pascale — est traité dans l'article Le Triduum pascal.

Pourquoi le Christ est le contenu de l'année

L'année liturgique est christocentrique : son contenu n'est pas une morale, ni une suite de saisons religieuses, mais une Personne. Les Normes universelles l'énoncent dès leur ouverture : « au cours de l'année, l'Église déploie tout le mystère du Christ, de l'Incarnation et la Nativité jusqu'à l'Ascension, jusqu'au jour de la Pentecôte, et jusqu'à l'attente de la bienheureuse espérance et de l'avènement du Seigneur »[15]. Chaque temps éclaire une facette de ce mystère unique : l'Avent l'attente, Noël l'Incarnation, le Carême la conversion, Pâques la victoire, la Pentecôte le don de l'Esprit. C'est pourquoi l'année, loin d'être un calendrier dévot, est une véritable catéchèse en acte : en la parcourant, le fidèle reçoit, année après année, la totalité de la foi.

Le dimanche, premier noyau de l'année

Avant même qu'existe une « année » liturgique, les chrétiens avaient le dimanche. C'est le germe de tout le reste : la cellule originelle d'où le cycle annuel s'est développé. On ne peut donc comprendre l'année sans partir de ce jour.

Le jour du Seigneur, « jour de fête primordial »

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Dès les origines, les chrétiens se rassemblent « le premier jour de la semaine » — le jour de la Résurrection — pour la fraction du pain (Ac 20, 7 ; 1 Co 16, 2). Ce jour reçoit très tôt le nom de jour du Seigneur (dies dominica, d'où « dimanche »)[16]. Les Normes universelles lui donnent un rang absolu.

« Le premier jour de chaque semaine, appelé jour du Seigneur ou dimanche, l'Église, par une tradition apostolique qui tire son origine du jour même de la Résurrection du Christ, célèbre le mystère pascal. C'est pourquoi le dimanche doit être tenu pour le jour de fête primordial. » — Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 4[17]

Vatican II tire la conséquence : le dimanche est « le fondement et le noyau de toute l'année liturgique », le jour de fête primordial qu'il faut « proposer et inculquer à la piété des fidèles »[18]. Aucune fête ordinaire ne peut donc le supplanter : les dimanches de l'Avent, du Carême et de Pâques l'emportent même sur les fêtes du Seigneur[19].

La semaine comme petite année

Le dimanche fait de la semaine une miniature de l'année : chaque huitième jour est une petite Pâque. C'est en dédoublant et en amplifiant ce noyau hebdomadaire que l'Église a fini par célébrer, une fois l'an, la grande Pâque annuelle, puis tout le cycle des mystères autour d'elle. Le rapport entre le dimanche et l'année est donc celui de la graine à l'arbre : l'année n'ajoute rien d'autre au dimanche que son plein déploiement. Le sens, l'histoire et les obligations propres du jour du Seigneur sont développés dans l'article Le dimanche.

Les deux cycles : le temporal et le sanctoral

L'année liturgique se lit sur deux portées simultanées, comme une partition à deux voix. La première suit le Christ ; la seconde suit ceux qui l'ont suivi. On les appelle traditionnellement le propre du temps et le propre des saints.

Le propre du temps (de tempore)

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Le temporal, ou propre du temps (proprium de tempore), regroupe les dimanches et les temps liturgiques qui célèbrent les mystères du Seigneur : Avent, Noël, Carême, Triduum, temps pascal, temps ordinaire, et les grandes fêtes du Christ (Épiphanie, Ascension, Pentecôte, Trinité, Saint-Sacrement, Christ Roi). C'est l'ossature de l'année : la trame chronologique du mystère pascal déployé.

Le propre des saints (de sanctis)

Le sanctoral, ou propre des saints (proprium de sanctis), est l'ensemble des fêtes fixées à une date du calendrier civil pour honorer la Vierge Marie et les saints, le plus souvent au jour de leur mort — leur dies natalis, leur « naissance au ciel ». Le concile en donne la raison : en célébrant les saints, l'Église « proclame le mystère pascal en ceux qui ont souffert et ont été glorifiés avec le Christ »[20]. Les saints ne font donc pas concurrence au Christ : ils sont le mystère pascal vérifié dans des vies humaines. Le fonctionnement détaillé de ce calendrier des saints — degrés, calendriers propres, canonisations — est traité dans Le calendrier des saints.

La préséance : le temps avant les saints

Que se passe-t-il quand une fête de saint tombe un jour important du temporal ? La règle, posée par Vatican II, est nette : le propre du temps doit garder « la place qui lui revient au-dessus des fêtes des saints », afin que « tout le cycle des mystères du salut soit dûment célébré »[21]. Concrètement, une mémoire de saint qui tombe un dimanche de l'Avent, du Carême ou de Pâques, ou pendant le Triduum, s'efface ou est reportée. Le tableau des préséances règle, degré par degré, ces rencontres de dates.

Marie dans l'année liturgique

La Vierge Marie occupe une place singulière, à la charnière des deux cycles. Le concile explique que, dans le cycle annuel, l'Église « vénère avec un amour particulier la bienheureuse Marie, Mère de Dieu, unie par un lien indissoluble à l'œuvre salvifique de son Fils »[22]. Certaines de ses fêtes appartiennent au temporal (la Mère de Dieu au 1ᵉʳ janvier, l'Annonciation au 25 mars, neuf mois avant Noël), d'autres au sanctoral (l'Assomption le 15 août, l'Immaculée Conception le 8 décembre)[23]. En elle, dit le concile, l'Église « contemple avec joie, comme dans une image très pure, ce qu'elle-même désire et espère être tout entière »[24].

Les temps liturgiques, un par un

Le temporal se compose de cinq grands temps, chacun éclairant une dimension du mystère du Christ. Voici leur enchaînement ; le détail de chacun est renvoyé à son article propre, pour éviter de redoubler ici ce qui est développé ailleurs.

L'Avent : le temps de la venue

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L'année s'ouvre par l'Avent (du latin adventus, « venue »), quatre semaines de double attente : mémoire de la première venue du Christ à Noël, et désir de son retour glorieux à la fin des temps[25]. Sa couleur est le violet, tempéré par le rose du dimanche Gaudete. Sens, histoire et liturgie de ce temps sont développés dans Pourquoi l'Avent existe-t-il ?.

Le temps de Noël : l'Incarnation manifestée

Le temps de Noël s'ouvre à la nuit du 24 au 25 décembre et célèbre la manifestation du Fils de Dieu fait homme : la Nativité, la Sainte Famille, Marie Mère de Dieu, l'Épiphanie (la manifestation aux nations) et le Baptême du Seigneur, qui clôt le temps[26]. La couleur dominante en est le blanc, couleur de la joie et de la lumière. La question de la date du 25 décembre est, elle, l'objet d'un article propre.

Le carême : la montée vers Pâques

Le Carême ouvre, le Mercredi des Cendres, une marche pénitentielle de quarante jours vers Pâques : jeûne, prière et partage, à l'image des quarante jours du Christ au désert. Sa couleur est le violet ; on y supprime l'Alleluia et le Gloria. La signification du nombre quarante et le décompte des jours sont expliqués dans Pourquoi le carême dure-t-il quarante jours ?.

Le Triduum et le temps pascal : « un seul grand dimanche »

Le Triduum pascal (voir Le Triduum pascal) ouvre le temps pascal, cinquante jours de joie qui vont de Pâques à la Pentecôte. Les Normes universelles donnent à cette période une définition saisissante.

« Les cinquante jours qui vont du dimanche de la Résurrection au dimanche de la Pentecôte sont célébrés dans la joie et l'exultation comme un seul jour de fête, bien plus comme un seul "grand dimanche". » — Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 22[27]

C'est le temps de l'Alleluia retrouvé, du cierge pascal, des récits d'apparitions du Ressuscité ; il culmine au don de l'Esprit Saint à la Pentecôte, qui clôt le cycle pascal.

Le temps ordinaire : le mystère du Christ dans sa plénitude

Restent les trente-trois ou trente-quatre semaines qui n'appartiennent à aucun temps fort : c'est le temps ordinaire (per annum), réparti en deux blocs — entre le Baptême du Seigneur et le Carême, puis de la Pentecôte au Christ Roi. Loin d'être un « temps mort », il a un objet précis selon les Normes : on n'y célèbre « aucun aspect particulier du mystère du Christ, mais le mystère du Christ lui-même dans sa plénitude, surtout les dimanches »[28]. Sa couleur est le vert, couleur de l'espérance et de la croissance. Ce temps souvent méconnu fait l'objet de l'article Le temps ordinaire.

Le tableau suivant récapitule la structure d'ensemble du temporal, avec la durée approximative et la couleur dominante de chaque temps.

Temps liturgiqueCe qu'il célèbreDébutDurée approximativeCouleur
AventL'attente de la double venue du Christ1ᵉʳ dimanche de l'Avent22 à 28 joursViolet (rose au 3ᵉ dim.)
Temps de NoëlL'Incarnation et la manifestation du Sauveur24 décembre au soir2 à 3 semainesBlanc
Temps ordinaire (I)Le mystère du Christ dans sa plénitudeAprès le Baptême du Seigneur4 à 9 semainesVert
CarêmeLa conversion, montée pénitentielle vers PâquesMercredi des Cendres40 jours (hors dimanches)Violet
Triduum pascalLa Cène, la Passion et la RésurrectionJeudi saint au soir3 joursRouge / blanc
Temps pascalLa Résurrection et le don de l'EspritDimanche de Pâques50 joursBlanc (rouge à la Pentecôte)
Temps ordinaire (II)Le mystère du Christ dans sa plénitudeAprès la Pentecôte23 à 28 semainesVert

La hiérarchie des célébrations

Toutes les fêtes n'ont pas le même poids. Pour ordonner les rencontres de dates et donner à chaque mystère son relief, l'Église classe les jours selon des degrés. Cette hiérarchie, simplifiée par la réforme de 1969, structure tout le calendrier.

Solennités, fêtes, mémoires

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Depuis les Normes universelles de 1969, les célébrations se répartissent en trois rangs principaux[29]. Les solennités sont les jours les plus élevés (Pâques, Noël, l'Ascension, la Pentecôte, l'Épiphanie, la Trinité, le Saint-Sacrement, l'Immaculée Conception, l'Assomption, la Toussaint, saint Joseph, les saints Pierre et Paul…) : elles commencent dès la veille au soir, comme le dimanche, et comportent le Gloria et le Credo. Les fêtes (par exemple la Présentation du Seigneur, la Transfiguration, les apôtres, les évangélistes) se célèbrent dans les limites d'un jour. Les mémoires enfin, obligatoires ou facultatives, font simplement mémoire d'un saint sans interrompre la trame du temps.

Le tableau ci-dessous présente ces degrés, leur portée et un exemple, pour que le lecteur situe d'un coup d'œil ce que recouvre chaque rang.

DegréCe qu'il signaleÉtendue liturgiqueExemples
SolennitéLes plus grands mystères du salutCommence la veille au soir ; Gloria et CredoPâques · Noël · Pentecôte · Assomption
FêteUn mystère ou un saint majeurLimitée au jour ; Gloria sans CredoTransfiguration · saint Jean · Présentation
Mémoire obligatoireUn saint inscrit au calendrier universelOraison et lectures propresSaint Augustin · sainte Thérèse d'Avila
Mémoire facultativeUn saint que l'on peut célébrer ou nonAu choix du célébrantNombreux saints du calendrier
FérieUn jour sans célébration propreSuit le temps liturgiqueLes jours « ordinaires » de semaine

Les fêtes d'obligation

Parmi les solennités, certaines sont, pour les fidèles, des fêtes de précepte (ou « fêtes d'obligation ») : des jours où la participation à la messe et le repos sont prescrits comme le dimanche. Leur liste, fixée par le droit canonique et adaptée pays par pays par les conférences épiscopales, fait l'objet de l'article Les fêtes d'obligation et n'est pas détaillée ici.

Les couleurs liturgiques

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À chaque temps et à chaque fête correspond une couleur d'ornements — le vêtement du prêtre, les parements de l'autel. Loin d'être décoratives, ces couleurs sont un langage : elles disent d'un coup d'œil le sens du jour. Le système actuel, hérité du Moyen Âge et codifié par le missel romain, retient quatre couleurs principales et deux exceptionnelles[30].

  • Le blanc (ou l'or) exprime la joie, la lumière et la gloire : il habille Noël, Pâques, les fêtes du Seigneur non martyriales, de la Vierge, des anges et des saints non martyrs.
  • Le rouge, couleur du sang et du feu, marque les fêtes de la Passion (Vendredi saint, Rameaux), la Pentecôte et l'Esprit Saint, les fêtes des Apôtres et des martyrs.
  • Le vert, couleur de l'espérance et de la croissance, est celui du temps ordinaire.
  • Le violet signifie la pénitence et l'attente : c'est la couleur de l'Avent et du Carême, et l'une des couleurs possibles pour les défunts.
  • Le rose, atténuation du violet, est autorisé deux fois l'an : aux dimanches Gaudete (3ᵉ de l'Avent) et Laetare (4ᵉ du Carême), pour annoncer la joie prochaine.
  • Le noir peut encore être employé pour les messes des défunts et le 2 novembre, bien que le blanc ou le violet lui soient souvent préférés depuis la réforme.

Cette grammaire des couleurs n'est donc pas un ornement : elle est un catéchisme visuel, qui apprend au fidèle à lire d'un regard le temps où il entre.

Comment l'année liturgique s'est formée

L'année liturgique n'est pas tombée toute faite : elle est le fruit d'une longue croissance de près de vingt siècles, partie d'un seul jour — le dimanche — pour aboutir au calendrier que nous connaissons. En retracer les grandes étapes aide à comprendre pourquoi elle a la forme actuelle.

Du dimanche pascal au cycle annuel

Au commencement, il n'y a que le dimanche, Pâque hebdomadaire. Puis, dès le IIᵉ siècle, apparaît une Pâque annuelle, dont la date suscite la célèbre « querelle pascale » entre l'Asie Mineure et Rome, tranchée dans son principe par le concile de Nicée (325)[31]. Autour de cette Pâque annuelle se cristallisent d'abord un temps de préparation (l'embryon du Carême) et un temps de joie (les cinquante jours jusqu'à la Pentecôte). Le cycle de Noël, attesté à Rome au IVᵉ siècle, se forme indépendamment, autour du 25 décembre. C'est l'addition progressive de ces noyaux qui donne naissance à l'année.

  1. Iᵉʳ-IIᵉ siècle
    Le dimanche, Pâque hebdomadaire

    Les chrétiens se rassemblent « le premier jour de la semaine » pour la fraction du pain (Ac 20, 7). Le dimanche est le noyau originel de tout le cycle.

  2. IIᵉ siècle
    L'apparition d'une Pâque annuelle

    Une célébration annuelle de la Pâque se répand. La date provoque la « querelle quartodécimane » entre l'Asie et Rome.

  3. 325
    Le concile de Nicée fixe le principe de la date de Pâques

    Nicée établit que Pâques sera célébrée partout le même dimanche, après l'équinoxe de printemps, indépendamment du calendrier juif.

  4. IVᵉ siècle
    Le cycle de Noël se forme à Rome

    La Nativité est célébrée au 25 décembre ; l'Épiphanie, d'origine orientale, lui répond. Les deux cycles — pascal et de Noël — coexistent.

  5. VIᵉ-XIᵉ siècle
    L'Avent et la structure romaine

    L'Avent, né des jeûnes de la Gaule, est intégré et ramené à quatre semaines. Les sacramentaires fixent la trame des temps.

  6. 1568-1570
    La réforme tridentine de saint Pie V

    Après le concile de Trente, le bréviaire (1568) et le missel (1570) romains unifient le calendrier et élaguent un sanctoral devenu envahissant.

  7. 1969
    La réforme de Paul VI

    Le motu proprio Mysterii paschalis promulgue les Normes universelles et le nouveau calendrier romain, recentrés sur le mystère pascal et le dimanche.

Le foisonnement du sanctoral et la réforme tridentine

Missale Romanum, Christophe Plantin, 1572. Photo : Paul Hermans — Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0. Version redimensionnée.

Au fil des siècles, le sanctoral s'était tellement développé que les fêtes de saints finissaient par recouvrir la plupart des dimanches et féries, étouffant le temporal. La réforme de saint Pie V, après le concile de Trente — le bréviaire romain de 1568 et le missel de 1570 —, a unifié le calendrier de l'Église latine et réduit ce sanctoral surabondant pour rendre au propre du temps sa visibilité[32]. C'est la première grande mise en ordre de l'année à l'échelle universelle.

De Pie X à Pie XII : le retour au dimanche

Au début du XXᵉ siècle, le souci de redonner au dimanche et au temporal leur primauté revient avec force. Saint Pie X réforme le bréviaire et la place des dimanches (1911)[33], et le mouvement liturgique, né dans les abbayes bénédictines, prépare les esprits à une réforme de fond. Pie XII en pose les principes doctrinaux dans Mediator Dei (1947), où il définit l'année liturgique non comme un souvenir, mais comme le Christ vivant dans son Église[34]. Le rôle de ce courant est développé dans l'article sur le mouvement liturgique.

Vatican II et la réforme de Paul VI (1969)

Le concile Vatican II consacre le chapitre V de Sacrosanctum Concilium à l'année liturgique (§ 102-111). Il demande de réviser le calendrier pour que « le propre du temps reçoive la place qui lui revient au-dessus des fêtes des saints » et que « le cycle entier des mystères du salut soit célébré comme il se doit »[35]. Cette révision aboutit, le 14 février 1969, au motu proprio Mysterii paschalis de Paul VI, qui promulgue les Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier et le calendrier romain général : c'est le cadre encore en vigueur aujourd'hui[36]. La réforme recentre l'année sur le mystère pascal et le dimanche, simplifie la hiérarchie des fêtes et crée le « temps ordinaire ».

Une année qui n'est pas un musée : la théologie du cycle

Reste la question décisive : pourquoi vivre selon ce calendrier plutôt que selon le seul calendrier civil ? La réponse touche au cœur de la foi chrétienne sur le temps et sur le salut.

Le Christ qui vit dans son Église

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La doctrine la plus profonde sur l'année liturgique tient en une phrase de Pie XII déjà citée : ce cycle « n'est pas une représentation froide et sans vie des événements du passé », mais « le Christ lui-même qui vit toujours dans son Église »[37]. Autrement dit, en parcourant l'année, le fidèle ne se contente pas d'apprendre l'histoire du salut : il y est inséré. Les mystères du Christ, dit encore Pie XII, sont « toujours présents et agissants », non d'une manière vague, mais selon la doctrine catholique : sources de grâce et modèles de perfection chrétienne[38]. Vatican II prolonge exactement cette idée : en faisant mémoire des mystères de la Rédemption, l'Église « ouvre aux fidèles les richesses des actions salvifiques et des mérites de son Seigneur, de telle sorte qu'ils soient en quelque manière rendus présents en tout temps »[39].

Dom Guéranger : « la manifestation de Jésus-Christ »

Dom Prosper Guéranger, gravure de Claude-Ferdinand Gaillard, 1874. Wikimedia Commons, domaine public.

Le grand héraut de cette spiritualité, au XIXᵉ siècle, est dom Prosper Guéranger (1805-1875), restaurateur de l'ordre bénédictin en France et auteur d'une monumentale Année liturgique en quinze volumes, qui a nourri des générations de fidèles. Il y résume tout l'enjeu en une formule.

« L'Année Ecclésiastique que nous nous proposons de développer dans cet ouvrage n'est autre que la manifestation de Jésus-Christ et de ses mystères dans l'Église et dans l'âme fidèle. » — Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique, Préface générale[40]

Pour Guéranger, prier avec l'Église au rythme de son année, c'est entrer dans la prière la plus pure qui soit, car la prière publique de l'Église est « la plus agréable à l'oreille et au cœur de Dieu, et, partant, la plus puissante »[41]. L'année liturgique n'est donc pas un cadre extérieur : elle est une école de prière et une pédagogie du salut.

Vivre l'année liturgique aujourd'hui

Concrètement, vivre l'année liturgique, c'est laisser le calendrier de l'Église rythmer sa propre vie spirituelle : attendre vraiment à l'Avent, jeûner au Carême, exulter cinquante jours après Pâques, honorer la Vierge et les saints à leurs fêtes, sanctifier chaque dimanche comme une Pâque. C'est aussi prier la liturgie des heures, qui sanctifie les heures du jour comme l'année sanctifie les saisons (voir La liturgie des heures). Le fidèle qui suit ce cycle, année après année, reçoit la totalité du mystère du Christ — non comme une leçon, mais comme une vie partagée. C'est en ce sens que la liturgie peut être appelée, selon le mot de Vatican II, « le sommet vers lequel tend l'action de l'Église, et en même temps la source d'où découle toute sa vertu »[42].

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Concile Vatican II, constitution sur la sainte liturgie Sacrosanctum Concilium, § 102, promulguée le 4 décembre 1963. Texte intégral sur vatican.va. Le paragraphe ajoute que l'Église, « rappelant ainsi les mystères de la Rédemption, ouvre aux fidèles les richesses des actions salvifiques et des mérites de son Seigneur, de telle sorte qu'ils soient en quelque manière rendus présents en tout temps, et que les fidèles puissent les atteindre et se remplir de la grâce du salut ».

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  2. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier (Normae universales de anno liturgico et de calendario), promulguées par Paul VI le 14 février 1969 (motu proprio Mysterii paschalis), n° 18. Texte de référence : Missel romain, troisième édition typique (Universal Norms on the Liturgical Year and the Calendar, 2011). Original : « the sacred Paschal Triduum of the Passion and Resurrection of the Lord shines forth as the high point of the entire liturgical year ». La norme ajoute : « the pre-eminence that Sunday has in the week, the Solemnity of Easter has in the liturgical year ».

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  3. Le premier dimanche de l'Avent est le dimanche qui tombe le 30 novembre ou qui en est le plus proche (Normes universelles, n° 40) ; il oscille donc entre le 27 novembre et le 3 décembre selon les années. L'année liturgique commence à ses premières vêpres et s'achève le samedi soir précédant l'Avent suivant.

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  4. La solennité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, Roi de l'univers, instituée par Pie XI dans l'encyclique Quas primas (11 décembre 1925), a été placée par la réforme de 1969 au dernier dimanche du temps ordinaire, juste avant l'Avent : elle clôt ainsi l'année liturgique en orientant tout le cycle vers le règne final du Christ.

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  5. Catéchisme de l'Église catholique, § 1174-1178, Mame/Plon, 1992, sur la liturgie des heures qui « est destinée à devenir la prière de tout le Peuple de Dieu » et sanctifie le cours du jour.

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  6. Catéchisme de l'Église catholique, § 1165. Le Catéchisme y cite l'« aujourd'hui » de la liturgie comme participation à l'éternité du Christ ressuscité, « le même hier, aujourd'hui et à jamais » (He 13, 8).

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  7. Pie XII, encyclique Mediator Dei, 20 novembre 1947, § 165. Texte sur vatican.va. Traduction française du passage cité ; original anglais de l'édition vaticane : « the liturgical year, devotedly fostered and accompanied by the Church, is not a cold and lifeless representation of the events of the past, or a simple and bare record of a former age. It is rather Christ Himself who is ever living in His Church. Here He continues that journey of immense mercy which He lovingly began in His mortal life. »

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  8. Le calendrier romain général (Calendarium Romanum generale), promulgué avec les Normes universelles en 1969, fixe les célébrations de l'Église universelle. Il est complété par des calendriers propres (diocèses, nations, ordres religieux) qui ajoutent leurs saints et fêtes particulières, sans contredire le calendrier général.

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  9. Catéchisme de l'Église catholique, § 1169, Mame/Plon, 1992.

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  10. Catéchisme de l'Église catholique, § 1171, Mame/Plon, 1992. Le même paragraphe précise que se rattachent au mystère pascal le cycle de l'Incarnation (Annonciation, Noël, Épiphanie) qui « commémore le commencement de notre salut ».

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  11. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 1, et motu proprio Mysterii paschalis (Paul VI, 14 février 1969). Original : « throughout the course of the year the Church unfolds the entire mystery of Christ ». Le texte reprend Sacrosanctum Concilium § 102 en énonçant le déploiement du mystère du Christ « de l'Incarnation et la Nativité jusqu'à l'Ascension, jusqu'au jour de la Pentecôte, et jusqu'à l'attente de la bienheureuse espérance et de l'avènement du Seigneur ».

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  12. Le mot français dimanche vient du latin dies dominica, « jour du Seigneur ». L'expression elle-même remonte à Ap 1, 10 (« le jour du Seigneur ») et aux plus anciens témoins chrétiens (Didachè, saint Ignace d'Antioche, saint Justin). Voir Catéchisme de l'Église catholique, § 1166-1167.

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  13. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 4. Original : « On the first day of each week, which is known as the Day of the Lord or the Lord's Day, the Church, by an apostolic tradition that draws its origin from the very day of the Resurrection of Christ, celebrates the Paschal Mystery. Hence, Sunday must be considered the primordial feast day. »

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  14. Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, § 106 : le jour dominical est « le jour de fête primordial qu'il faut proposer et inculquer à la piété des fidèles […], car il est le fondement et le noyau de toute l'année liturgique ».

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  15. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 5 : en raison de son importance particulière, la célébration du dimanche ne cède le pas qu'aux solennités et aux fêtes du Seigneur ; les dimanches de l'Avent, du Carême et de Pâques ont la préséance sur toutes les fêtes du Seigneur et sur toutes les solennités.

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  16. Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, § 104 : l'Église a introduit dans le cycle annuel la mémoire des martyrs et des autres saints, « pour proclamer le mystère pascal en ces saints qui ont souffert avec le Christ et sont glorifiés avec lui ».

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  17. Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, § 108 : « Les esprits des fidèles seront tournés en premier lieu vers les fêtes du Seigneur […]. Le propre du temps recevra la place qui lui revient au-dessus des fêtes des saints, pour que le cycle entier des mystères du salut soit célébré comme il se doit. »

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  18. Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, § 103, sur la place de la bienheureuse Vierge Marie dans le cycle annuel : « En célébrant ce cycle annuel des mystères du Christ, la sainte Église vénère avec un amour particulier la bienheureuse Marie, Mère de Dieu, unie par un lien indissoluble à l'œuvre salvifique de son Fils ; en elle, elle admire et exalte le fruit le plus excellent de la Rédemption, et, comme dans une image très pure, elle contemple avec joie ce qu'elle-même désire et espère être tout entière. »

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  19. Le calendrier romain général distingue les fêtes mariales rattachées au temporal (Marie Mère de Dieu, 1ᵉʳ janvier ; Annonciation, 25 mars, neuf mois avant Noël) et celles du sanctoral (Assomption, 15 août ; Immaculée Conception, 8 décembre ; Nativité de Marie, 8 septembre ; etc.). Voir Calendarium Romanum generale, 1969, et Catéchisme de l'Église catholique, § 1172, sur la mémoire de la Vierge Marie « indissolublement liée à l'œuvre de son Fils ».

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  20. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 39 : l'Avent a une double caractéristique — préparation à Noël, mémoire de la première venue, et tournée vers l'attente du retour du Christ à la fin des temps. Le détail (durée, antiennes « O », couleur) est traité dans l'article consacré à l'Avent.

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  21. Le temps de Noël va de la nuit de la Nativité (24-25 décembre) au dimanche du Baptême du Seigneur inclus. Il comprend la solennité de la Nativité, la fête de la Sainte Famille, la solennité de Marie Mère de Dieu (1ᵉʳ janvier), la solennité de l'Épiphanie et la fête du Baptême du Seigneur. Voir Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 32-38.

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  22. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 22. Original : « The fifty days from the Sunday of the Resurrection to Pentecost Sunday are celebrated in joy and exultation as one feast day, indeed as one 'great Sunday'. These are the days above all others in which the Alleluia is sung. »

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  23. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 43. Original : « there remain in the yearly cycle thirty-three or thirty-four weeks in which no particular aspect of the mystery of Christ is celebrated, but rather the mystery of Christ itself is honoured in its fullness, especially on Sundays. This period is known as Ordinary Time. » Le n° 44 précise les bornes du temps ordinaire (du lundi après le Baptême du Seigneur au Mardi gras, puis du lundi après la Pentecôte au samedi avant l'Avent).

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  24. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 10-15, qui distinguent les solennités, les fêtes et les mémoires (obligatoires ou facultatives), et règlent leur célébration. Le tableau des jours liturgiques et de leur préséance figure en annexe des Normes.

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  25. Sur les couleurs liturgiques, voir la Présentation générale du Missel romain (Institutio generalis Missalis Romani), n° 345-347, qui fixe l'usage du blanc, du rouge, du vert et du violet, ainsi que l'emploi exceptionnel du rose (dimanches Gaudete et Laetare) et du noir (messes des défunts).

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  26. Le concile de Nicée (325) a posé le principe d'une date commune de Pâques — un dimanche, après l'équinoxe de printemps, indépendamment du calendrier juif — sans en fixer lui-même la formule de calcul, qui fut élaborée ensuite, notamment à Alexandrie. Le détail de cette histoire et du comput pascal est traité dans l'article sur la date de Pâques.

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  27. Après le concile de Trente (1545-1563), saint Pie V promulgue le Breviarium Romanum (1568) et le Missale Romanum (1570), qui unifient la liturgie de l'Église latine et réduisent un sanctoral devenu surabondant afin de rendre au propre du temps sa juste place. Voir l'article « Ecclesiastical Year », The Catholic Encyclopedia, vol. 5, Robert Appleton Company, New York, 1909.

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  28. Saint Pie X, constitution apostolique Divino afflatu (1ᵉʳ novembre 1911) et réforme du bréviaire romain : il redistribue le psautier sur la semaine et restitue aux dimanches et féries leur préséance liturgique, amorçant le retour au primat du temporal qui aboutira à la réforme de 1969. Voir l'article sur le mouvement liturgique.

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  29. Dom Prosper Guéranger (1805-1875), L'Année liturgique, Préface générale (premier volume, L'Avent, 1841). Abbaye de Solesmes / Société Saint-Jean-l'Évangéliste, Desclée. Guéranger, restaurateur de l'abbaye bénédictine de Solesmes, est l'une des grandes figures du renouveau liturgique du XIXᵉ siècle.

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  30. Dom Prosper Guéranger, L'Année liturgique, Préface générale : « La prière de l'Église est donc la plus agréable à l'oreille et au cœur de Dieu, et, partant, la plus puissante. »

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  31. Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, § 10 : la liturgie est « le sommet auquel tend l'action de l'Église, et en même temps la source d'où découle toute sa vertu ». Ce principe vaut éminemment pour l'année liturgique, déploiement dans le temps de l'action liturgique de l'Église.

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