Les rites liturgiques catholiques désignent l'ensemble des patrimoines liturgiques, théologiques, spirituels et disciplinaires par lesquels les vingt-quatre Églises particulières de droit propre (Ecclesiae sui iuris) qui composent l'Église catholique célèbrent le mystère du Christ en pleine communion avec le successeur de Pierre. Le rite romain — celui de l'Église latine, dont relèvent environ 98 % des catholiques du monde[3] — n'est que l'un d'entre eux. À ses côtés vivent le rite ambrosien (archidiocèse de Milan), le rite hispano-mozarabe (cathédrale de Tolède), les rites des ordres religieux (cartusien, dominicain, prémontré, carmélitain — dont le statut actuel, vivant ou historique, est précisé infra), un rite local comme le rite lyonnais (aujourd'hui d'usage restreint), et l'usage Divine Worship des ordinariats personnels d'anciens anglicans (au sein du rite romain, 2015), et surtout les cinq grandes traditions orientales — alexandrine, antiochienne, arménienne, chaldéenne et byzantine — qui rassemblent à elles seules vingt-trois Églises sui iuris distinctes[4][5].
Cette pluralité de rites n'est pas une concession faite à des sensibilités régionales : elle est une donnée constitutive de la catholicité de l'Église. Le concile Vatican II l'affirme dans des termes que tout le magistère postérieur n'a fait que confirmer : « la sainte Mère l'Église considère comme égaux en droit et en dignité tous les rites légitimement reconnus, et […] veut, à l'avenir, les conserver et les favoriser de toutes manières »[6]. Le Code des canons des Églises orientales (CCEO), promulgué par saint Jean-Paul II le 18 octobre 1990, fournit la définition canonique la plus précise du mot rite : « le patrimoine liturgique, théologique, spirituel et disciplinaire qui se distingue par la culture et les circonstances historiques des peuples »[7]. Comprendre les rites liturgiques catholiques, c'est donc saisir comment une même foi s'exprime dans plusieurs grammaires sacramentelles sans pour autant se diviser.
Concrètement, un catholique latin assistant à la messe à Paris, un maronite à Bsharré, un syro-malabar au Kerala, un ukrainien gréco-catholique à Lviv, un fidèle de l'ordinariat anglican à Londres et un catholique célébrant selon l'usage zaïrois du rite romain à Kinshasa participent tous au même sacrifice eucharistique institué par le Christ le Jeudi saint. Ils confessent la même foi, reçoivent les sept mêmes sacrements valides, reconnaissent l'autorité du même successeur de Pierre et professent la foi définie par les conciles reconnus par l'Église catholique — la liste latine en compte vingt-et-un, de Nicée I (325) à Vatican II[8]. Mais ils le font dans des langues différentes (latin, syriaque, arabe, slavon, malayalam, grec, arménien, anglais traditionnel, copte, guèze), avec des gestes différents, des ornements différents, des chants différents, et selon des calendriers liturgiques partiellement distincts. L'unité catholique n'est pas l'uniformité latine : elle est la communion vivante d'une multitude de traditions apostoliques[9][10].
Cet article expose successivement : la définition canonique du rite, le principe magistériel d'égale dignité (Sacrosanctum Concilium, Orientalium Ecclesiarum, CCEO), les rites latins (rite romain dans ses formes actuelles, rite ambrosien, rite hispano-mozarabe, usage zaïrois du rite romain, usage Divine Worship des ordinariats personnels au sein du rite romain), les rites des ordres religieux et le rite lyonnais (usage actuel, restreint ou historique selon les cas — voir infra), un panorama des cinq traditions orientales avec renvoi vers l'article spécialisé Les Églises catholiques orientales, puis l'histoire longue de la diversité et de l'unification liturgiques — de la formation des grands rites antiques à la réforme tridentine (1570), au mouvement liturgique (XIXᵉ-XXᵉ s.), à la réforme conciliaire (1969) et aux débats actuels autour de Traditionis custodes (2021). Un tableau synoptique final récapitule l'ensemble des rites liturgiques aujourd'hui en usage dans l'Église catholique.
Qu'est-ce qu'un rite liturgique catholique ?
La définition canonique du mot « rite »
Dans le vocabulaire ecclésial occidental, le mot rite a longtemps eu deux acceptions différentes. Au sens étroit, un rite désigne la forme rituelle d'une célébration : on parle du rite du baptême, du rite du mariage, du rite de l'élévation à la messe. Au sens large, un rite désigne l'ensemble du patrimoine liturgique, théologique, spirituel et disciplinaire d'une Église particulière — c'est en ce sens qu'on parle du rite romain, du rite byzantin, du rite copte ou du rite maronite. C'est cette seconde acception, technique et canonique, qui structure tout l'article.
La définition officielle la plus précise est celle du Code des canons des Églises orientales (CCEO), promulgué par saint Jean-Paul II par la constitution apostolique Sacri Canones le 18 octobre 1990 et entré en vigueur le 1ᵉʳ octobre 1991[11]. Le canon 28 § 1 dispose :
« Le rite est le patrimoine liturgique, théologique, spirituel et disciplinaire qui se distingue par la culture et les circonstances historiques des peuples et qui s'exprime par la manière propre à chaque Église de droit propre de vivre la foi. » — CCEO, canon 28 § 1[12]
Quatre dimensions sont donc constitutives d'un rite au sens canonique : liturgique (l'eucologie — c'est-à-dire les textes de prière de la liturgie —, les sacrements, les heures, les calendriers), théologique (la spiritualité doctrinale propre — par exemple l'accent mis par les Pères grecs sur Dieu Père, Fils et Saint-Esprit, avec une grande place donnée à l'Esprit Saint, là où la tradition latine insiste davantage sur le Christ et sur les règles qui organisent la vie de l'Église), spirituelle (les écoles de prière, la mystique propre, les formes d'ascèse) et disciplinaire (le droit canonique propre, les usages pastoraux, les modes d'élection des évêques, la discipline du clergé — par exemple le clergé marié dans la plupart des Églises orientales). Un rite au sens catholique n'est donc jamais un simple cérémonial extérieur : c'est un mode entier d'être chrétien, hérité d'une grande Église apostolique (Rome, Antioche, Alexandrie, Jérusalem, Constantinople, Édesse).
Rite, Église particulière et tradition liturgique : trois notions à distinguer
Trois notions techniques se chevauchent dans le vocabulaire catholique actuel et doivent être soigneusement distinguées.
Une Église sui iuris (de droit propre) est une communauté de fidèles unie par une hiérarchie selon le droit, que l'autorité suprême de l'Église — c'est-à-dire le pape — reconnaît expressément ou tacitement comme étant de droit propre (CCEO can. 27). L'Église catholique compte aujourd'hui vingt-quatre Églises sui iuris : l'Église latine d'une part, et vingt-trois Églises catholiques orientales d'autre part[13]. Chacune a son droit canonique propre, son chef (pape pour l'Église latine, patriarches et archevêques majeurs pour les Églises orientales), son synode et son territoire historique.
Une tradition liturgique est un patrimoine rituel large dont peuvent dépendre plusieurs Églises sui iuris. L'Église catholique reconnaît six grandes traditions liturgiques : la latine (au sein de laquelle vivent le rite romain, le rite ambrosien et le rite hispano-mozarabe), et les cinq traditions orientales — alexandrine (rite copte, rite éthiopien, rite érythréen), antiochienne occidentale ou syriaque occidentale (rite maronite, rite syriaque, rite syro-malankar), arménienne, chaldéenne ou syriaque orientale (rite chaldéen, rite syro-malabar), et byzantine (14 Églises sui iuris utilisent la liturgie byzantine, de l'ukrainienne grecque-catholique à l'italo-albanaise)[14][15].
Un rite au sens étroit désigne enfin la forme liturgique particulière d'une de ces Églises sui iuris. Ainsi, dans la tradition antiochienne occidentale, le rite maronite et le rite syriaque sont des rites distincts, bien que cousins. Dans la tradition latine, le rite romain et le rite ambrosien sont des rites distincts, qui partagent leur racine occidentale mais ont chacun leur propre missel et leur propre office. Cette terminologie — clarifiée depuis le décret conciliaire Orientalium Ecclesiarum (1964) et le CCEO (1990) — permet d'éviter les confusions, fréquentes dans les ouvrages anciens, qui assimilaient rite et Église.
Pourquoi tant de rites différents pour une même foi ?
La diversité des rites n'est pas un accident de l'histoire ni un compromis politique. Elle reflète, sur le plan liturgique, ce que le dogme christologique affirme sur le plan incarnationnel : le Verbe de Dieu ne s'est pas fait homme « en général » mais bien à Bethléem, dans une famille juive, sous le règne d'Hérode et le recensement de Quirinius, parlant l'araméen, priant les psaumes hébreux. L'Incarnation est culturellement située — c'est ce qu'on appelle parfois le scandale du concret. De même, la liturgie chrétienne ne s'est pas répandue dans le monde antique en restant abstraite : elle a pris langue et corps dans chaque grande Église apostolique, à Jérusalem d'abord, puis à Antioche (où « on appela pour la première fois les disciples chrétiens », Ac 11, 26), à Alexandrie, à Rome, à Édesse, à Constantinople — chaque ville majeure développant son propre schéma eucharistique, son propre calendrier, ses propres anaphores (prières eucharistiques), ses propres chants[16].
Pour Vatican II, cette diversité est si essentielle qu'elle ne saurait être réduite à une tolérance accordée aux Églises non-romaines : elle est désirée, protégée et honorée par l'Église universelle comme un trésor[17]. Le décret Orientalium Ecclesiarum va même plus loin : il affirme explicitement que les Églises d'Orient comme d'Occident ont le droit et le devoir de se gouverner selon leurs propres disciplines particulières : « Celles-ci, en effet, se recommandent par leur vénérable ancienneté, s'accordent mieux avec les habitudes de leurs fidèles et semblent plus adaptées pour assurer le bien des âmes »[18]. Saint Jean-Paul II a résumé cette intuition par une image devenue célèbre, dans son encyclique œcuménique Ut Unum Sint :
« C'est dans cette perspective que prend son sens le plus profond une expression que j'ai plusieurs fois employée : l'Église doit respirer avec ses deux poumons ! » — Saint Jean-Paul II, Ut Unum Sint, § 54, 25 mai 1995[19]
L'égale dignité des rites : un principe magistériel ferme
L'idée que tous les rites légitimement reconnus sont égaux en droit et en dignité n'est pas un slogan œcuménique récent : c'est un principe doctrinal stable du magistère catholique au moins depuis Léon XIII (1894), confirmé par Pie XII (1947), proclamé par Vatican II (1963-1965), codifié par Jean-Paul II (1990), et réaffirmé par tous ses successeurs. Ce principe a des conséquences canoniques très concrètes : aucun rite ne peut être contraint à adopter les usages d'un autre, et l'Église latine — bien que de très loin la plus nombreuse — n'a aucune supériorité de dignité sur les Églises orientales.
Sacrosanctum Concilium § 4 et § 38 : la charte conciliaire
La constitution Sacrosanctum Concilium, promulguée par le concile Vatican II le 4 décembre 1963 comme premier document du concile, contient l'affirmation fondamentale :
« Enfin, obéissant fidèlement à la Tradition, le saint Concile déclare que la sainte Mère l'Église considère comme égaux en droit et en dignité tous les rites légitimement reconnus, et qu'elle veut, à l'avenir, les conserver et les favoriser de toutes manières ; et il souhaite que, là où il en est besoin, on les révise entièrement avec prudence dans l'esprit d'une saine tradition et qu'on leur rende une nouvelle vigueur en accord avec les circonstances et les nécessités d'aujourd'hui. » — Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, § 4, 4 décembre 1963[20]
Cette phrase contient en germe toute la doctrine catholique sur les rites liturgiques. Elle pose trois principes : (1) l'égale dignité des rites légitimement reconnus — aucune hiérarchie de prestige entre rite romain, rite ambrosien, rite byzantin ou rite maronite ; (2) la volonté pastorale de les conserver et favoriser activement ; (3) la légitimité d'une révision prudente lorsqu'elle est nécessaire, mais toujours dans la fidélité à la saine tradition. Le § 38 précise un peu plus loin la marge d'adaptation légitime au sein même du rite romain :
« Pourvu que soit sauvegardée l'unité substantielle du rite romain, on admettra des différences légitimes et des adaptations à la diversité des assemblées, des régions, des peuples, surtout dans les missions, même lorsqu'on révisera les livres liturgiques ; et il sera bon d'avoir ce principe devant les yeux pour aménager la structure des rites et établir les rubriques. » — Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, § 38, 4 décembre 1963[21]
C'est précisément ce paragraphe qui permettra, vingt-cinq ans plus tard, l'approbation par la Congrégation pour le Culte Divin du Missale Romanum pro Dioecesibus Zairensibus (1988) — premier missel inculturé officiellement approuvé au sein du rite romain[22].
Orientalium Ecclesiarum (1964) : la charte des rites orientaux
Le concile complète sa doctrine liturgique par un décret entièrement consacré aux Églises d'Orient en pleine communion avec Rome : Orientalium Ecclesiarum, promulgué le 21 novembre 1964 — c'est-à-dire pendant la troisième session, presque un an après Sacrosanctum Concilium[23]. Le décret affirme dès son ouverture :
« La sainte Église catholique qui est le Corps mystique du Christ, est composée des fidèles qui sont organiquement unis dans l'Esprit Saint par la même foi, les mêmes sacrements et le même gouvernement, et qui, en se fondant en diverses communautés dont la cohésion est assurée par la hiérarchie, constituent des Églises particulières ou rites. Entre ces Églises existe une admirable communion, de sorte que la diversité dans l'Église, loin de nuire à son unité, la met en valeur. » — Concile Vatican II, décret Orientalium Ecclesiarum, § 2, 21 novembre 1964[24]
Le § 3 va plus loin et désamorce d'emblée toute tentation de latinisation : les Églises orientales catholiques ne sont pas une catégorie inférieure dans l'Église universelle, elles n'ont rien à rattraper sur le modèle latin, elles ne doivent pas être assimilées à des « rites secondaires » : « ces Églises particulières […] sont donc égales en dignité, de sorte qu'aucune d'entre elles ne l'emporte sur les autres en raison de son rite »[25]. Et le § 5 fixe la règle d'or de toute pastorale orientale post-conciliaire :
« L'histoire, les traditions et les nombreuses institutions ecclésiastiques attestent hautement combien les Églises orientales ont mérité de l'Église universelle. C'est pourquoi, non seulement le Concile témoigne à ce patrimoine ecclésiastique et spirituel l'estime et la louange qui lui sont dues, mais encore il le considère fermement comme le patrimoine de toute l'Église du Christ. » — Concile Vatican II, Orientalium Ecclesiarum, § 5[26]
Le CCEO (1990) : la codification du droit propre
Ce que le concile avait posé en principe, le Codex Canonum Ecclesiarum Orientalium (CCEO) le codifie en droit, dans un corpus de 1 546 canons promulgué par saint Jean-Paul II le 18 octobre 1990 via la constitution apostolique Sacri Canones[27]. Ce code, distinct du Code de droit canonique latin de 1983, s'applique à toutes les Églises catholiques orientales sans exception. Il est complété, dans chaque Église sui iuris, par des constitutions particulières votées par son synode propre.
Les canons 27 à 41 du CCEO posent les définitions fondamentales : qu'est-ce qu'une Église sui iuris (can. 27), qu'est-ce qu'un rite (can. 28 § 1, cité plus haut), comment on appartient à une Église de droit propre (can. 29-31), comment on peut transférer son appartenance à une autre Église sui iuris (can. 32-38, le transfert étant juridiquement strict). Le canon 39 rappelle, comme une charte intangible, le devoir des patriarches, hiérarques et tous les fidèles orientaux de conserver soigneusement leur rite propre, contre toute tentation de latinisation insidieuse.
Le CIC 1983 : appartenance personnelle et transfert de rite
Pour l'Église latine, le Code de droit canonique promulgué par saint Jean-Paul II le 25 janvier 1983 régit en parallèle les modalités d'appartenance personnelle à un rite et celles du transfert entre rites. Le canon 111 § 1 dispose qu'un enfant est, par le baptême, inscrit à l'Église de ses parents (ou de son père en cas de désaccord) ; le § 3 (numérotation issue de De concordia inter codices, 2016) ouvre, à quatorze ans accomplis, la liberté au candidat au baptême de choisir entre l'Église latine et toute autre Église sui iuris. Le canon 112 prévoit les trois cas de transfert canonique entre Églises de droit propre : (1) avec l'autorisation du Siège apostolique, (2) par mariage d'un conjoint qui passe à l'Église de son conjoint, (3) pour les enfants de moins de quatorze ans lorsque les parents transfèrent leur propre appartenance[28]. Ces canons ont été légèrement modifiés par le motu proprio De concordia inter codices de François, du 31 mai 2016, qui harmonise les dispositions du CIC et du CCEO en cas de mariages mixtes inter-rites.
L'appartenance à un rite est donc, dans la doctrine catholique, personnelle (et non simplement géographique ou paroissiale) : on naît dans tel rite par le baptême ou la profession, et on y reste sauf transfert canonique régulier. Un Français qui assiste à la liturgie maronite tous les dimanches reste un fidèle de rite romain s'il a été baptisé tel, et inversement. Cette stabilité juridique est ce qui protège, à l'échelle du monde, la survie des petites Églises orientales dans la diaspora.
Les rites latins
Bien que l'expression « rite latin » soit souvent employée au singulier — par opposition aux « rites orientaux » — il existe en réalité plusieurs rites distincts au sein de l'unique Église latine. Tous descendent de la liturgie latine antique, élaborée entre Rome, Milan et l'Hispanie wisigothique du IVᵉ au VIIᵉ siècle. Tous ont en commun la langue latine comme langue liturgique historique, le calendrier liturgique romain dans ses grandes lignes, et le même dépôt sacramentel. Mais leurs eucologies (textes de prière), leurs gestes, leurs calendriers propres et leurs systèmes de chant ont divergé suffisamment pour qu'on parle aujourd'hui de plusieurs rites au sens canonique.
Le rite romain : tronc commun de l'Occident catholique
Le rite romain est, de très loin, le rite liturgique le plus pratiqué de toute la chrétienté : il rassemble environ 1,37 milliard de fidèles, soit plus de 98 % des catholiques du monde[29]. Il tire son nom de la liturgie de l'Église de Rome, élaborée progressivement entre le IIIᵉ et le VIIᵉ siècle, codifiée dans les grands sacramentaires romains (Léonien, Gélasien, Grégorien — vers 590-750), puis diffusée dans tout l'Occident carolingien sous l'impulsion de Charlemagne, qui demande à Adrien Iᵉʳ un sacramentaire « pur » et impose son usage dans tout l'empire.
Pendant tout le Moyen Âge, le rite romain coexiste avec de nombreux usages locaux (Sarum à Salisbury, usage de Paris, de Lyon, de Tolède, etc.) qui constituent autant de variantes diocésaines du tronc romain. La réforme tridentine (1545-1563) décide de mettre fin à cette fragmentation. Conformément aux décrets du concile de Trente, saint Pie V, dominicain et frère prêcheur, promulgue le 14 juillet 1570 par la bulle Quo primum tempore le Missale Romanum unifié, dont l'usage devient obligatoire dans toute l'Église latine[30]. Pie V accorde toutefois une exception majeure : les liturgies locales attestées depuis plus de deux cents ans (donc antérieures à 1370) peuvent conserver leur usage propre. Cette clause sauve le rite ambrosien (Milan), le rite hispano-mozarabe (Tolède), le rite lyonnais, le rite cartusien, le rite dominicain, le rite carmélitain et le rite prémontré.
Le Missel romain tridentin de 1570 sera révisé à plusieurs reprises (Clément VIII 1604, Urbain VIII 1634, Léon XIII 1884, Pie X 1911, Pie XII 1956 pour la Semaine sainte, Jean XXIII 1962), mais sa structure essentielle demeurera inchangée pendant près de quatre cents ans. C'est ce missel, dans sa dernière édition typique sous Jean XXIII (1962), qui constitue aujourd'hui ce qu'on appelle l'usage romain ancien.
Le rite romain dans ses formes actuelles : 2002 et 1962
Depuis la réforme conciliaire promulguée par Paul VI, l'unique rite romain existe en pratique sous deux formes liturgiques principales :
- La forme aujourd'hui ordinaire du rite romain, célébrée selon le Missel romain promulgué par Paul VI par la constitution apostolique Missale Romanum du 3 avril 1969[31], dont l'editio typica tertia (troisième édition typique) a été publiée par saint Jean-Paul II en 2002 et révisée en 2008. Cette forme est, depuis 2021, la « seule expression de la lex orandi du rite romain » (« la règle de la prière ») selon les termes mêmes du motu proprio Traditionis custodes ;
- L'usage romain ancien, célébré selon le Missel romain de 1962 (dernière édition typique pré-conciliaire, sous Jean XXIII). Largement libéralisé par Benoît XVI dans son motu proprio Summorum Pontificum du 7 juillet 2007 — qui en faisait alors la « forme extraordinaire » du même unique rite romain[32] — cet usage a été fortement restreint depuis le 16 juillet 2021 par le motu proprio Traditionis custodes du pape François[33].
La forme ordinaire se distingue de la forme ancienne par plusieurs traits majeurs : (1) trois nouvelles prières eucharistiques ajoutées au Canon Romain historique (qui devient la Prière eucharistique I) — la Prière eucharistique II inspirée d'Hippolyte de Rome (IIIᵉ s.), la III rédigée à neuf, la IV inspirée des anaphores orientales ; (2) un lectionnaire considérablement enrichi (cycle dominical sur trois ans, cycle férial sur deux ans) ; (3) un ordo missae simplifié, avec rétablissement de la prière universelle et possibilité de la communion sous les deux espèces pour les fidèles ; (4) l'usage facultatif de la langue vernaculaire à côté du latin — usage qui s'est en pratique généralisé partout. La structure essentielle de la messe (rites d'entrée, liturgie de la Parole, liturgie eucharistique, rites de conclusion) reste néanmoins identique à celle du Canon romain.
Traditionis custodes (2021) : la « lex orandi » unique (la règle de la prière)
Quatorze ans après Summorum Pontificum, le pape François publie le 16 juillet 2021 le motu proprio Traditionis custodes sur l'usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970. L'article 1 contient une affirmation centrale qui révise sensiblement la doctrine de Benoît XVI :
« Les livres liturgiques promulgués par les saints Pontifes Paul VI et Jean-Paul II, conformément aux décrets du Concile Vatican II, sont l'unique expression de la lex orandi du Rite Romain. » — Pape François, motu proprio Traditionis custodes, art. 1, 16 juillet 2021[34]
L'article 8 du même motu proprio abroge explicitement Summorum Pontificum et Universae Ecclesiae : « les normes, instructions, concessions et coutumes antérieures non conformes au présent motu proprio sont abrogées »[35]. Concrètement, le motu proprio rend désormais la célébration selon le Missel de 1962 soumise à une autorisation explicite de l'évêque diocésain (et non plus possible de son propre droit — iure proprio — pour tout prêtre), restreint les lieux de célébration, et donne mandat à l'évêque de vérifier que les groupes attachés à l'ancien missel reconnaissent la validité et la légitimité des réformes conciliaires. Les Responsa ad dubia publiés le 18 décembre 2021 par la Congrégation pour le Culte Divin (datés du 4 décembre 2021) précisent l'application : la confirmation et les autres sacrements selon le rituel de 1962 sont retirés, et l'évêque ne peut pas accorder ces célébrations dans les églises paroissiales sans autorisation expresse du Saint-Siège[36].
Cette décision, présentée par François comme un acte de gouvernement pastoral destiné à protéger l'unité de l'Église contre les tentations sédévacantistes ou anti-conciliaires, a suscité une forte controverse : nombreux fidèles attachés à l'ancien missel y voient une rupture avec la doctrine de Summorum Pontificum, où Benoît XVI avait écrit que « ce qui était sacré pour les générations passées reste sacré et grand aussi pour nous ». La discussion canonique et théologique reste ouverte. À la date de rédaction (octobre 2026, sous le pontificat de Léon XIV), aucun acte modifiant Traditionis custodes n'a été publié : le cadre en vigueur demeure donc celui de l'unicité du rite romain, dont l'expression normative est le Missel de 2002[37].
Le rite ambrosien : la liturgie de saint Ambroise à Milan
Le rite ambrosien est la liturgie latine particulière célébrée dans la majeure partie de l'archidiocèse de Milan (Italie du Nord), dans quelques paroisses des diocèses limitrophes de Bergame, Côme, Lodi et Novare, et dans le diocèse suisse de Lugano (Tessin) qui dépend historiquement de Milan. L'archidiocèse de Milan compte environ 5 millions de catholiques, ce qui en fait le deuxième rite latin par le nombre — très loin derrière le rite romain mais devant tous les autres rites latins ou orientaux particuliers[38].
Le rite ambrosien tire son nom de saint Ambroise (340-397), évêque de Milan de 374 à 397, docteur de l'Église, baptiseur de saint Augustin la nuit de Pâques 387. Ambroise n'est pas l'auteur unique du rite — qui s'est élaboré progressivement entre le IVᵉ et le VIIIᵉ siècle à Milan, puis dans les diocèses suffragants — mais il en est la figure tutélaire. Le rite a connu plusieurs vagues de romanisation au cours du Moyen Âge (notamment sous saint Charles Borromée au XVIᵉ siècle), mais a toujours résisté à l'absorption totale par le rite romain. La clause ouverte par saint Pie V en 1570 (Quo primum : préservation des rites attestés depuis plus de deux cents ans) lui a permis de survivre intégralement à l'unification tridentine.
Sur le plan liturgique, le rite ambrosien se distingue du rite romain par plusieurs traits remarquables :
- Un calendrier liturgique propre : le Carême ambrosien commence le dimanche qui suit le mercredi des Cendres romain — autrement dit, le mercredi des Cendres n'existe pas en rite ambrosien, et Milan connaît cinq jours de « carnaval prolongé » (jusqu'au sabato grasso) que le reste du monde catholique ne connaît pas ;
- Un Triduum pascal sensiblement différent : la Vigile pascale ambrosienne et l'office du Vendredi saint conservent des structures archaïques héritées de la liturgie syrienne ancienne ;
- Un chant liturgique propre (le chant ambrosien), distinct du grégorien, qui survit dans plusieurs basiliques milanaises ;
- Une eucologie propre : préfaces, oraisons et anaphores ambrosiennes ont leurs formules particulières ;
- Trois lectures dominicales depuis l'Antiquité — une innovation que la réforme romaine n'a adoptée qu'en 1969.
À la suite de Vatican II, le cardinal Giovanni Colombo, archevêque de Milan, promulgue le 11 avril 1976 sous l'autorité de Paul VI le Missel ambrosien réformé, qui adapte au rite ambrosien les principes de Sacrosanctum Concilium (langue vernaculaire, lectionnaire enrichi, simplification de l'ordo) tout en préservant les particularités essentielles de la tradition milanaise[39].
Le rite ambrosien est donc, encore aujourd'hui, un rite vivant, célébré chaque dimanche par des millions de fidèles italiens et tessinois, dans l'unique cas au monde d'une grande métropole catholique où un rite latin non-romain est la liturgie ordinaire de la cathédrale et des paroisses.
Le rite hispano-mozarabe : la liturgie wisigothique de Tolède
Le rite hispano-mozarabe est l'héritier direct de la liturgie wisigothique célébrée dans la péninsule ibérique du Vᵉ au XIᵉ siècle, avant l'arrivée du rite romain imposé par les rois castillans et leurs alliés clunisiens. Il a sa codification doctrinale au IVᵉ concile de Tolède (633), présidé par saint Isidore de Séville, qui fixe l'unité liturgique du royaume wisigothique. La liturgie hispanique est alors d'une richesse remarquable : elle conserve une grande variété d'anaphores eucharistiques (les Illationes, équivalentes des préfaces romaines) et un lectionnaire à trois lectures dominicales dès l'origine.
À partir de 1080-1085, sous Alphonse VI de Castille et Grégoire VII, la liturgie hispanique est progressivement supplantée par le rite romain dans l'ensemble de la péninsule reconquise, sauf à Tolède où subsistent six paroisses mozarabes qui conservent l'ancien usage. C'est cet îlot que sauve, quatre siècles plus tard, le cardinal Francisco Jiménez de Cisneros (1436-1517), archevêque de Tolède et régent de Castille. Cisneros fait imprimer en 1500 un Missale Mixtum (Missel mozarabe imprimé) et un Breviarum Gothicum, et fonde la Capilla Mozárabe (chapelle mozarabe) dans la cathédrale de Tolède, dotée d'un chapitre propre chargé de célébrer quotidiennement la liturgie mozarabe[40].
À la suite de Vatican II, l'archevêque de Tolède Mgr Marcelo González Martín (cardinal en 1973) entreprend une restauration scientifique et pastorale du rite mozarabe, dans l'esprit de Sacrosanctum Concilium et d'Orientalium Ecclesiarum. Il fait constituer en 1982 une commission liturgique réunissant philologues, théologiens et liturgistes, qui aboutit à la publication, le 18 décembre 1991, du Missale Hispano-Mozarabicum, volume I (Ordo Missæ et temporal eucologique), suivi entre 1991 et 1995 du Liber Commicus (lectionnaire) et des autres livres liturgiques nécessaires[41]. Depuis 1992, la célébration du rite mozarabe est en outre autorisée hors de Tolède dans plusieurs paroisses désignées à travers l'Espagne.
Quoique numériquement très modeste — quelques milliers de fidèles attachés à la Capilla Mozárabe de Tolède et aux paroisses désignées — le rite hispano-mozarabe a la plus haute valeur patrimoniale : c'est l'unique survivance vivante de la grande liturgie latine pré-romaine de l'Antiquité tardive, parente proche des liturgies gallicane (abolie au IXᵉ siècle) et celtique (éteinte au XIIᵉ).
Les rites des ordres religieux
Outre les grands rites diocésains, l'Occident catholique a vu naître au Moyen Âge des rites propres à certains ordres religieux. Tous remontent au XIIᵉ-XIIIᵉ siècle, époque où chaque grande famille religieuse cherchait à codifier sa liturgie propre dans un esprit d'identité spirituelle. La clause de Pie V en 1570 (rites attestés depuis plus de deux cents ans) a permis leur survie. Quatre rites religieux principaux ont coexisté avec le rite romain dans l'Occident moderne : le rite cartusien, le rite dominicain, le rite prémontré et le rite carmélitain. Leur statut actuel diffère : seul le cartusien demeure en usage intégral ; le dominicain ne subsiste qu'à usage restreint, tandis que le prémontré (abandonné en 1970) et le carmélitain (supplanté après Vatican II) sont des formes historiques.
Le rite cartusien : la liturgie austère des chartreux
Le rite cartusien est la liturgie propre des chartreux, ordre fondé par saint Bruno en 1084 à la Grande Chartreuse (massif de la Chartreuse, France). Codifié au cours du XIIᵉ siècle, il se caractérise par une sobriété extrême voulue par la spiritualité érémitique chartreusienne : pas de polyphonie, pas d'orgue ni d'instruments de musique, chant monastique cartusien très dépouillé (apparenté au grégorien primitif), absence de procession (sauf le Jeudi saint et la Fête-Dieu), office quotidien d'une longueur exceptionnelle (jusqu'à six à huit heures de prière chorale). Le rite cartusien est l'unique rite religieux médiéval encore intégralement vivant dans l'Occident catholique : il continue d'être célébré dans toutes les chartreuses (une vingtaine de maisons de moines et de moniales dans le monde), notamment à la Grande Chartreuse, à la Chartreuse de Sélignac, et à la Chartreuse de Serra San Bruno en Calabre[42]. Le rite a été adapté aux directives du concile Vatican II tout en conservant ses caractéristiques essentielles.
Le rite dominicain : un missel codifié au XIIIᵉ siècle
Le rite dominicain est la liturgie propre de l'Ordre des Frères Prêcheurs (dominicains), fondé par saint Dominique en 1216. Le rite est fixé au milieu des années 1250 sous le maître général Humbert de Romans (correction approuvée en 1254-1256), qui en établit le « Prototype » — un corpus liturgique manuscrit dont l'exemplaire est conservé aux archives générales de l'Ordre à Rome (ms. XIV L1)[43]. Le rite dominicain présente plusieurs particularités notables : un ordo missae plus sobre que le rite romain tridentin — au bas de l'autel, ni Introibo ni psaume Judica me comme dans le romain, mais une formule propre (Confitemini Domino quoniam bonus) —, des chants propres (notamment pour le Salve Regina qui clôt chaque journée), et une structure mariale forte (l'Ordre étant placé sous le patronage particulier de la Vierge)[44]. Le rite dominicain a été célébré sans interruption du XIIIᵉ siècle jusqu'au chapitre général de River Forest en 1968, qui décide l'adoption du rite romain réformé pour l'ensemble de l'Ordre. Depuis Summorum Pontificum (2007), il a connu une restauration partielle dans plusieurs prieurés, et il continue d'être célébré par la Fraternité Saint-Vincent-Ferrier (indult de 1988) et par les pères dominicains attachés à la liturgie traditionnelle de l'Ordre.
Le rite prémontré et le rite carmélitain
Le rite prémontré était la liturgie propre des chanoines réguliers de Prémontré, ordre fondé par saint Norbert en 1120 à l'abbaye de Prémontré (Aisne, France). En usage pendant huit siècles, il a été abandonné en 1970 au profit du rite romain réformé.
Le rite carmélitain était la liturgie propre du Carmel (ancien et déchaussé), élaborée à partir du XIIᵉ siècle dans les ermitages du mont Carmel en Terre sainte et codifiée après l'installation des carmes en Europe occidentale. Issu de l'usage du Saint-Sépulcre de Jérusalem (la règle du Carmel, vers 1210, prescrivait aux ermites de suivre l'usage approuvé de l'Église patriarcale de Jérusalem)[45], il a été largement supplanté par le rite romain après Vatican II.
Le rite lyonnais : la liturgie de la primatiale des Gaules
Le rite lyonnais est la liturgie propre de l'archidiocèse de Lyon, l'un des plus anciens sièges épiscopaux des Gaules — saint Pothin y est attesté évêque dès la deuxième moitié du IIᵉ siècle, et son successeur saint Irénée (vers 130-202), docteur de l'Église et auteur de l'Adversus Haereses, en est la grande figure tutélaire. Le rite, attesté depuis le IXᵉ siècle, est de structure romano-franque mais conserve des particularités cérémonielles propres : nombreux cérémoniaires en chappes lors des messes pontificales, autels avec sept cierges (au lieu de six), procession d'encens distincte, gestes liturgiques codifiés dans le cérémonial de l'archevêque[46].
Le rite lyonnais a connu un fort recul après Vatican II et la réforme romaine de 1969-1970, qui l'a quasiment supplanté dans la vie paroissiale ordinaire. Il survit aujourd'hui à titre principalement honorifique : célébrations pontificales solennelles à la Primatiale Saint-Jean de Lyon (cathédrale, siège du primat des Gaules), célébrations hebdomadaires en rite traditionnel à l'église Saint-Georges de Lyon, et conservation d'éléments cérémoniels dans plusieurs grandes liturgies diocésaines.
L'usage zaïrois du rite romain : le Missel romain pour les diocèses du Zaïre (1988)
Le Missale Romanum pro Dioecesibus Zairensibus — Missel romain pour les diocèses du Zaïre (devenu République démocratique du Congo en 1997) — est le seul usage inculturé officiellement approuvé par le Saint-Siège dans l'esprit de Sacrosanctum Concilium § 38 (adaptations légitimes à la diversité des peuples). Il a été approuvé par la Congrégation pour le Culte Divin le 30 avril 1988 au terme d'une élaboration commencée dès les années 1960 par la Conférence épiscopale du Zaïre[47].
Sur le plan canonique, l'usage zaïrois n'est pas un rite distinct au sens strict du CCEO can. 28 : c'est un usage du rite romain, dans lequel plusieurs éléments propres à la culture congolaise et africaine ont été intégrés sans toucher à la structure essentielle de la messe ni à la validité sacramentelle. Ces adaptations comprennent notamment : l'invocation des ancêtres dans la foi (les saints africains canonisés, mais aussi les figures évangélisatrices locales) durant le rite d'entrée, le rite pénitentiel placé après l'homélie (et non avant la liturgie de la Parole), le signe de paix immédiatement après le rite pénitentiel, l'usage des percussions africaines (tam-tam, balafon, mbira) et de la danse liturgique notamment lors de l'apport des offrandes, et des chants composés dans la grande tradition mélodique congolaise.
Le pape François a célébré pour la première fois cette messe à Saint-Pierre de Rome le 1ᵉʳ décembre 2019, 1ᵉʳ dimanche de l'Avent et 25ᵉ anniversaire de la création de la chapellenie de la communauté congolaise à Rome ; il l'a célébrée à nouveau le 3 juillet 2022, toujours à Saint-Pierre de Rome avec la communauté congolaise — le voyage apostolique en RDC prévu début juillet 2022 ayant été reporté pour raisons de santé[48]. Ces célébrations papales ont été interprétées comme un signe fort de réception de l'usage zaïrois par le magistère central, et comme une invitation à d'autres Conférences épiscopales (notamment au Cameroun, au Burkina Faso et à Madagascar) à élaborer leurs propres adaptations légitimes.
Divine Worship : l'usage des ordinariats personnels au sein du rite romain (2015)
Le 4 novembre 2009, à la demande de plusieurs groupes d'anglicans traditionnels souhaitant entrer en pleine communion avec Rome sans renoncer à leurs traditions liturgiques et spirituelles propres, Benoît XVI signe la constitution apostolique Anglicanorum Coetibus (datée du 4 novembre 2009), qui crée la structure canonique des « ordinariats personnels » :
« Sans exclure les célébrations de la liturgie selon le rite romain, l'ordinariat a la faculté de célébrer l'Eucharistie et les autres sacrements, la liturgie des heures et les autres célébrations liturgiques selon les livres liturgiques propres à la tradition anglicane qui auront été approuvés par le Saint-Siège, de manière à ce que soient maintenues au sein de l'Église catholique les traditions liturgiques, spirituelles et pastorales de la Communion anglicane, comme un don précieux qui nourrit la foi des membres de l'ordinariat et comme un trésor à partager. » — Benoît XVI, constitution apostolique Anglicanorum Coetibus, § III, 4 novembre 2009[49]
Trois ordinariats personnels ont été érigés à ce jour : l'Ordinariat personnel de Notre-Dame de Walsingham (Royaume-Uni, érigé le 15 janvier 2011), l'Ordinariat personnel de la Chaire de Saint-Pierre (États-Unis et Canada, érigé le 1ᵉʳ janvier 2012), et l'Ordinariat personnel de Notre-Dame de la Croix du Sud (Australie et Japon, érigé le 15 juin 2012). Au total, ces trois ordinariats rassemblent quelques milliers de fidèles, plusieurs centaines de prêtres (souvent des anciens pasteurs anglicans mariés ordonnés prêtres catholiques par dispense) et plusieurs dizaines de paroisses[50].
Pour leur usage liturgique, la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements et la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, par l'intermédiaire de la commission interdicastère Anglicanae Traditiones, ont approuvé en 2015 le Divine Worship: The Missal, mis en usage à partir du 1ᵉʳ dimanche de l'Avent, 29 novembre 2015[51]. Ce missel n'est pas un rite distinct au sens canonique strict : il est une forme du rite romain dans laquelle ont été intégrés des éléments propres au Book of Common Prayer anglican (en particulier l'anglais sacral hiératique du XVIᵉ-XVIIᵉ siècle, les collectes de Thomas Cranmer purifiées de toute ambiguïté doctrinale, certains formulaires de bénédiction et certains chants), tout en garantissant la validité sacramentelle et la continuité doctrinale avec l'Église catholique.
Les rites orientaux : les cinq grandes traditions
L'Église catholique compte, outre l'Église latine, vingt-trois Églises catholiques orientales sui iuris en pleine communion avec Rome. Toutes utilisent l'une des cinq grandes traditions liturgiques orientales héritées du premier millénaire chrétien. Ces traditions et leurs Églises sui iuris font l'objet d'un article dédié dans Ignispedia — voir Les Églises catholiques orientales. On se contente ici d'un rappel synoptique centré sur la dimension liturgique.
La tradition alexandrine
Issue de la liturgie de saint Marc à Alexandrie, cette tradition liturgique est portée par trois Églises catholiques orientales d'Afrique du Nord-Est : l'Église copte catholique (Égypte, environ 195 000 fidèles), l'Église éthiopienne catholique (environ 75 000), et l'Église érythréenne catholique (environ 170 000). Toutes utilisent le rite alexandrin dans ses formes coptes (en copte et arabe) ou éthiopiennes (en guèze, langue liturgique éthiopienne classique). La liturgie de saint Marc, complétée par les anaphores de Cyrille, Basile et Grégoire, est l'une des plus hiératiques et des plus anciennes de la chrétienté.
La tradition antiochienne (syriaque occidentale)
Trois Églises sui iuris en relèvent : l'Église maronite (Liban, environ 3,5 millions de fidèles[52], unique Église orientale sans Église orthodoxe homologue[53]), l'Église syriaque catholique (environ 195 000) et l'Église syro-malankare (Inde, environ 460 000). Toutes utilisent la liturgie antiochienne ouest-syriaque dans sa forme classique de la Sainte Qurbana célébrée en syriaque — forme tardive de l'araméen, langue parlée par le Christ — et progressivement aussi en arabe ou en malayalam selon les pays.
La tradition arménienne
L'Église arménienne catholique (environ 740 000 fidèles, dispersés entre l'Arménie, le Liban, la Syrie, la France, les États-Unis et l'Amérique latine) est l'héritière directe de la liturgie arménienne élaborée à partir du Vᵉ siècle dans le royaume arménien — que la tradition tient pour le premier royaume du monde à avoir embrassé officiellement le christianisme (date traditionnelle : 301, sous l'évangélisation de saint Grégoire l'Illuminateur ; les historiens modernes proposent aussi 314, après l'édit de Milan)[54]. La liturgie arménienne est célébrée en arménien classique (grabar) et présente des traits archaïques uniques (par exemple, l'usage du vin pur sans eau dans le calice, héritage de l'usage liturgique le plus ancien de la Cappadoce).
La tradition chaldéenne (syriaque orientale)
Deux Églises sui iuris en sont héritières : l'Église chaldéenne catholique (issue en 1553 de l'Église de l'Orient, environ 630 000 fidèles en Irak et diaspora) et l'Église syro-malabare (Inde, environ 4,5 millions de fidèles, descendants directs des chrétiens de saint Thomas). Leur liturgie eucharistique principale, la Sainte Qurbana, employait à l'origine la Liturgie d'Addaï et Mari, l'une des plus anciennes anaphores chrétiennes conservées — Addaï et Mari étant considérés par la tradition comme deux des Soixante-douze disciples du Christ. Fait notable : par les Lignes directrices pour l'admission à l'Eucharistie entre l'Église chaldéenne et l'Église assyrienne de l'Orient (décision de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi du 17 janvier 2001, approuvée par Jean-Paul II et rendue publique le 26 octobre 2001), le Saint-Siège a reconnu la validité de l'anaphore d'Addaï et Mari — y compris sans récit explicite des paroles de l'institution — aux seules fins de l'admission eucharistique réciproque, en cas de nécessité pastorale, entre ces deux Églises[55].
La tradition byzantine
C'est de loin la tradition la plus nombreuse en Églises sui iuris : quatorze Églises y appartiennent, dont les plus importantes sont l'ukrainienne grecque-catholique (environ 4,5 millions de fidèles), la grecque-melkite (environ 1,6 million, principalement au Liban, en Syrie, en Israël-Palestine et en diaspora), la roumaine grecque-catholique (environ 510 000), la ruthène catholique (environ 420 000) et l'hongroise grecque-catholique (environ 290 000). Toutes utilisent la Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome (la plus fréquente), de saint Basile le Grand (pour les jours solennels) ou de saint Grégoire le Grand (Présanctifiés, célébrée certains jours du Grand Carême), célébrées en grec, en arabe, en slavon d'Église, en ukrainien, en roumain, en hongrois ou en italo-albanais selon les Églises[56].
La liturgie byzantine est, par sa structure, sa durée (souvent plus d'une heure et demie pour la Divine Liturgie dominicale), sa richesse symbolique (iconostase, processions, encens en abondance, chants antiphoniques) et sa théologie pneumatologique (l'épiclèse à l'Esprit Saint y est centrale), profondément différente de la liturgie latine. Elle illustre, mieux qu'aucune autre, ce que Vatican II appelle l'égale dignité des rites : un fidèle melkite ou ukrainien gréco-catholique ne célèbre pas une « variante » du rite romain, il célèbre une autre forme apostolique entière de l'unique mystère eucharistique du Christ.
Une longue histoire : de la diversité antique à l'unification tridentine
L'histoire des rites liturgiques catholiques est inséparable de l'histoire de la diffusion du christianisme. Elle est marquée par trois grands moments : la formation des grands rites antiques (Iᵉʳ-VIIIᵉ siècle), l'unification tridentine (1570) qui standardise le rite romain en Occident, et la réforme conciliaire du XXᵉ siècle (1969-1970) qui aboutit aux missels actuels.
La diversité du premier millénaire
Aux premiers siècles, la liturgie chrétienne ne connaît aucune uniformité internationale. Chaque grande Église apostolique — Jérusalem, Antioche, Alexandrie, Rome, Édesse, Constantinople — développe sa propre eucologie, son propre calendrier et son propre lectionnaire, dans la fidélité substantielle à la tradition apostolique et au canon des Écritures. Les anaphores eucharistiques — c'est-à-dire les prières eucharistiques au sens technique — se multiplient : l'anaphore de saint Jacques à Jérusalem, l'anaphore de saint Marc à Alexandrie, l'anaphore d'Hippolyte de Rome (vers 215, plus tard à l'origine de la Prière eucharistique II du Missel de Paul VI), l'anaphore d'Addaï et Mari à Édesse (Iᵉʳ-IIᵉ s., encore en usage chez les chaldéens et syro-malabars), l'anaphore de saint Basile le Grand en Cappadoce (IVᵉ s.), l'anaphore de saint Jean Chrysostome à Antioche puis Constantinople (IVᵉ-Vᵉ s., toujours la plus utilisée dans tout le monde byzantin), et bien d'autres.
À Rome même, le Canon Romain prend sa forme définitive entre le IVᵉ et le VIIᵉ siècle (la mention des saints du Canon — Lin, Clet, Clément… — est attribuée à saint Grégoire le Grand, pape de 590 à 604). Il sera la seule anaphore eucharistique du rite romain pendant plus de mille trois cents ans, jusqu'à ce que la réforme de Paul VI lui adjoigne trois nouvelles prières eucharistiques en 1969.
En Occident, à côté de Rome, vivent les liturgies gallicane (en Gaule, jusqu'au IXᵉ siècle quand Charlemagne impose le rite romano-franc), celtique (en Irlande et chez les Bretons insulaires, jusqu'au XIIᵉ siècle), mozarabe (en Hispanie wisigothique, supplantée au XIᵉ siècle sauf à Tolède) et ambrosienne (à Milan, qui survit jusqu'à aujourd'hui). C'est l'unique période de l'histoire occidentale où coexistent quatre grands rites latins distincts sur le sol européen.
Le concile de Trente et Quo primum (1570) : l'unification du rite romain en Occident
Le grand concile de Trente (1545-1563), réuni pour répondre à la Réforme protestante, demande à l'Église romaine une réforme liturgique qui mette fin à la fragmentation médiévale des usages diocésains. Saint Pie V, dominicain élu pape en 1566, exécute la décision conciliaire et promulgue par la bulle apostolique Quo primum tempore du 14 juillet 1570 le Missale Romanum unifié :
Saint Pie V y décrète que, dans toutes les églises du monde chrétien, la messe ne sera désormais plus chantée ni récitée selon aucun autre formulaire que celui du Missel ainsi promulgué — à l'exception, déjà mentionnée, des liturgies attestées depuis plus de deux cents ans[57].
La bulle réserve toutefois — comme déjà mentionné — l'exception majeure des rites attestés depuis plus de deux cents ans : grâce à cette clause, le rite ambrosien, le rite hispano-mozarabe, le rite lyonnais, le rite cartusien, le rite dominicain, le rite carmélitain et le rite prémontré survivent à l'unification. Le Missel romain tridentin connaîtra des révisions ponctuelles sous Clément VIII (1604), Urbain VIII (1634), Léon XIII (1884), saint Pie X (1911), Pie XII (1956, réforme de la Semaine sainte) et saint Jean XXIII (1962), mais sa structure fondamentale restera inchangée pendant quatre siècles.
Le mouvement liturgique (XIXᵉ-XXᵉ siècle)
À partir du milieu du XIXᵉ siècle, un grand mouvement de renouveau liturgique traverse l'Église catholique. Né en France avec la restauration de l'abbaye Saint-Pierre de Solesmes par Dom Prosper Guéranger en 1833, prolongé par les grands foyers belges (Mont-César avec Dom Lambert Beauduin, à partir de 1909), allemands (Maria Laach, Klosterneuburg), et français (Centre de Pastorale Liturgique, fondé à Paris en 1943), ce mouvement vise à redécouvrir la liturgie comme source et sommet de la vie chrétienne, au-delà de la simple rubrique extérieure. Saint Pie X lui ouvre la voie magistériellement par son motu proprio Tra le sollecitudini du 22 novembre 1903 sur la musique sacrée, qui appelle les fidèles à « prendre une part plus active à l'office ecclésiastique ». Quarante-quatre ans plus tard, Pie XII lui donne sa charte doctrinale dans l'encyclique Mediator Dei du 20 novembre 1947, première encyclique pontificale entièrement consacrée à la liturgie[58].
Pour un panorama détaillé de ce mouvement décisif, voir Le mouvement liturgique (1832-1963).
Vatican II et la réforme du Missel romain (1969)
Le concile Vatican II (1962-1965) accueille toutes les intuitions du mouvement liturgique et les promulgue dans la constitution Sacrosanctum Concilium du 4 décembre 1963, premier document du concile. La constitution demande une révision des livres liturgiques romains « afin d'apparaître plus clairement » le sens des rites et de permettre une participation active des fidèles (actuosa participatio).
L'application est confiée à un Consilium ad exsequendam Constitutionem de Sacra Liturgia présidé par le cardinal Lercaro puis le cardinal Gut, et fortement animé par Mgr Annibale Bugnini. Le 3 avril 1969, Paul VI promulgue par la constitution apostolique Missale Romanum le Missel romain restauré, qui entre progressivement en usage à partir de l'Avent 1969 (anglais et autres langues vernaculaires suivront en 1970)[59]. Les éditions typiques se succèdent : 1970, 1975 (revue) et 2002 (sous Jean-Paul II, troisième édition typique actuellement en vigueur, légèrement révisée en 2008).
Benoît XVI, François et les débats actuels
Benoît XVI publie le 7 juillet 2007 le motu proprio Summorum Pontificum, qui qualifie le Missel de 1962 de « forme extraordinaire » du rite romain et en libéralise largement l'usage : tout prêtre peut le célébrer sans autorisation spéciale, et tout groupe stable de fidèles peut le demander à son curé. Le motu proprio défend l'idée d'une continuité organique entre les deux formes du même unique rite romain. Dans sa lettre d'accompagnement aux évêques (même date), Benoît XVI écrit : « Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste grand et sacré pour nous »[60].
Quatorze ans plus tard, François publie Traditionis custodes (16 juillet 2021) qui abroge Summorum Pontificum et restreint significativement l'usage du Missel de 1962 (cf. supra). Cette décision a ouvert une controverse intense dans le monde catholique, qui se poursuit à la date de rédaction (octobre 2026), après notamment les Responsa ad dubia du 4 décembre 2021 (publiés le 18 décembre 2021)[61]. En juillet 2026, le cardinal Arthur Roche, préfet du Dicastère pour le Culte divin, a déclaré dans un entretien accordé à l'hebdomadaire britannique The Tablet (publié le 29 juillet 2026) que, selon lui, Léon XIV n'entendait ni modifier Traditionis custodes ni revenir à Summorum Pontificum. En août 2026, Léon XIV lui-même a confirmé ce cadre par un message adressé au cardinal Roche et aux participants du colloque liturgique de l'abbaye de Mount Angel (Oregon), rappelant le respect dû aux rites promulgués par Paul VI et Jean-Paul II — sans modifier Traditionis custodes[62]. Sur ce dossier comme sur d'autres, l'herméneutique de la continuité rappelée par Benoît XVI dans son fameux discours du 22 décembre 2005 à la Curie romaine reste la boussole magistérielle: les réformes liturgiques de Vatican II et leurs applications postconciliaires ne sont pas une rupture avec la liturgie romaine antérieure, mais un développement organique appelé à intégrer le meilleur de la tradition.
Tableau synoptique des rites liturgiques catholiques
Le tableau ci-dessous récapitule les principaux rites liturgiques en usage actuel dans l'Église catholique, classés par grande tradition liturgique, avec leur Église sui iuris de référence, leur forme actuelle et leurs fidèles estimés. Il n'est pas exhaustif (en particulier, les nombreuses Églises byzantines minoritaires de la diaspora sont regroupées sous l'entrée commune « autres byzantines catholiques » ; les rites des ordres religieux qui ne sont plus en usage liturgique régulier ne figurent pas).
| Tradition liturgique | Rite particulier | Église sui iuris | Forme actuelle | Fidèles (estim.) |
|---|---|---|---|---|
| Latine | Rite romain (forme ordinaire) | Église latine | Missel romain 2002 (Paul VI / Jean-Paul II) | ≈ 1,37 milliard[63] |
| Latine | Rite romain (usage romain ancien) | Église latine | Missel romain 1962 (Jean XXIII) — encadré par Traditionis custodes 2021 | usage très minoritaire, sans registre central publié (autorisations diocésaines, cf. TC art. 2) |
| Latine | Rite ambrosien | Église latine (archidiocèse de Milan) | Missel ambrosien 1976 (card. Colombo) | ≈ 5 millions |
| Latine | Rite hispano-mozarabe | Église latine (archidiocèse de Tolède) | Missale Hispano-Mozarabicum 1991 (Mgr González Martín) | quelques milliers |
| Latine | Rite cartusien | Église latine (Ordre des Chartreux) | Rite cartusien adapté après Vatican II | quelques centaines de moines et moniales (ordre de grandeur) |
| Latine | Rite dominicain (usage restreint) | Église latine (Ordre des Prêcheurs) | Rite dominicain « Prototype » d'Humbert de Romans (1256), usage restreint (quelques prieurés, Fraternité Saint-Vincent-Ferrier) | usage restreint |
| Latine | Rite lyonnais | Église latine (archidiocèse de Lyon) | Survivance liturgique à la Primatiale Saint-Jean | usage limité |
| Latine | Usage zaïrois (au sein du rite romain) | Église latine (diocèses de RD Congo) | Missale Romanum pro Dioecesibus Zairensibus 1988 | en usage dans les diocèses de la RD Congo (aucune statistique centrale des usagers publiée) |
| Latine | Usage Divine Worship (ordinariats personnels, au sein du rite romain) | Église latine (trois ordinariats) | Divine Worship: The Missal 2015 | quelques milliers |
| Alexandrine | Rite copte | Église copte catholique | Liturgie copte (saint Marc, Cyrille, Basile, Grégoire) | ≈ 195 000 |
| Alexandrine | Rite éthiopien | Église éthiopienne catholique | Liturgie en guèze | ≈ 75 000 |
| Alexandrine | Rite éthiopien (forme érythréenne) | Église érythréenne catholique | Liturgie en guèze | ≈ 170 000 |
| Antiochienne occidentale (syriaque occ.) | Rite maronite | Église maronite | Liturgie maronite en syriaque et arabe | ≈ 3,5 millions |
| Antiochienne occidentale | Rite syriaque | Église syriaque catholique | Liturgie ouest-syriaque | ≈ 195 000 |
| Antiochienne occidentale | Rite syro-malankar | Église syro-malankare (Inde) | Liturgie ouest-syriaque adaptée | ≈ 460 000 |
| Arménienne | Rite arménien | Église arménienne catholique | Liturgie arménienne en grabar | ≈ 740 000 |
| Chaldéenne (syriaque or.) | Rite chaldéen | Église chaldéenne catholique | Sainte Qurbana (Addaï et Mari : validité reconnue en 2001 pour l'admission eucharistique avec l'Église assyrienne) | ≈ 630 000 |
| Chaldéenne | Rite syro-malabar | Église syro-malabare (Inde) | Sainte Qurbana en malayalam et syriaque | ≈ 4,5 millions |
| Byzantine | Rite byzantin | Église grecque-melkite catholique | Divine Liturgie en arabe et grec | ≈ 1,6 million |
| Byzantine | Rite byzantin (slavon) | Église ukrainienne grecque-catholique | Divine Liturgie en ukrainien et slavon | ≈ 4,5 millions |
| Byzantine | Rite byzantin | Église roumaine grecque-catholique | Divine Liturgie en roumain | ≈ 510 000 |
| Byzantine | Rite byzantin | Église ruthène catholique | Divine Liturgie en slavon | ≈ 420 000 |
| Byzantine | Rite byzantin | Autres Églises byzantines catholiques (hongroise, slovaque, italo-albanaise, bulgare, biélorusse, macédonienne, albanaise, russe, grecque, Križevci) | Divine Liturgie selon les langues nationales | total non consolidé officiellement (chiffres par Église : CNEWA, Annuario Pontificio) |
Lecture du tableau — Les cinq grandes traditions orientales rassemblent ensemble environ 18 millions de fidèles ; le rite romain dans toutes ses formes environ 1,37 milliard[64]. La diversité liturgique catholique reste donc, en nombre, massivement déséquilibrée au profit du rite romain : c'est précisément pourquoi le magistère depuis Léon XIII insiste tant sur le devoir de préserver activement les rites orientaux contre toute latinisation, et de valoriser les rites latins minoritaires (ambrosien, mozarabe) contre toute tentation d'uniformisation romaine forcée.
Pour aller plus loin
Cet article s'inscrit dans un ensemble Ignispedia consacré à la liturgie, à l'unité et à la diversité catholiques :
- Les Églises catholiques orientales — les 23 Églises sui iuris en pleine communion avec Rome
- Le mouvement liturgique (1832-1963) — du Solesmes de Dom Guéranger à Sacrosanctum Concilium
- Le grand schisme d'Orient — la rupture symbolique de 1054 entre Rome et Constantinople
- La controverse des rites chinois (1610-1939) — l'inculturation jésuite et les longs débats romains
- La Présence réelle eucharistique — la doctrine commune à tous les rites catholiques
- Ceux qui se disent catholiques mais rejettent l'autorité actuelle — le débat ecclésial autour de Traditionis custodes
Notes et références
Chiffres donnés comme ordres de grandeur (estimations), revérifiés le 4 octobre 2026. Par Église orientale : compilation en ligne CNEWA, dossier « The Eastern Catholic Churches » (cnewa.org), qui agrège les données de l'Annuario Pontificio (millésime de référence ~2016-2017). Total mondial : Annuarium Statisticum Ecclesiae 2022 (LEV, 2024) — 1 389 573 000 catholiques fin 2022 (agence Fides) ; le rite romain en regroupe environ 98 %, soit ≈ 1,37 milliard, et les vingt-trois Églises orientales ≈ 18 millions (≈ 1,3 %). Aucune re-collation page à page de l'édition papier de l'Annuario Pontificio 2023 n'a été possible avant publication : les chiffres par Église restent des estimations datées.
1 3 4 9 13 14 29 52 56 63 64Léon XIV n'a publié, à la date de rédaction (octobre 2026), aucun acte modifiant Traditionis custodes — relevé refait le 4 octobre 2026 : ses motu proprio (Mutua Concordia, 29 août 2026, sur les can. 106 et 126 du CCEO ; textes financiers et salariaux de septembre 2026) ne touchent pas à ce dossier, et le texte de 2021 est inchangé sur vatican.va. Acte primaire confirmant le cadre : message de Léon XIV au cardinal Roche et aux participants du colloque liturgique de l'abbaye de Mount Angel (Oregon), août 2026, rappelant le respect dû « aux rites promulgués par le pape saint Paul VI et le pape saint Jean-Paul II » (rapporté par EWTN/CNA le 15 août 2026 et le Catholic Herald). À cela s'ajoute la déclaration du cardinal Arthur Roche, préfet du Dicastère pour le Culte divin, en entretien avec Maggie Fergusson dans l'hebdomadaire britannique The Tablet (publié le 29 juillet 2026) : « Pope Leo is not going to change Traditionis Custodes, and he's not going back to Summorum Pontificum » — propos relayés de façon concordante par The Catholic Herald, OSV News/Reuters et le National Catholic Register (l'original Tablet étant payant, la presse secondaire concordante est citée comme telle). Il s'agit d'une déclaration du préfet du dicastère, non d'un acte pontifical.
2 37 62Concile œcuménique Vatican II, décret Orientalium Ecclesiarum sur les Églises orientales catholiques, 21 novembre 1964, texte officiel français sur vatican.va. Le décret comporte 30 numéros répartis en six sections (Églises particulières ou rites ; conservation du patrimoine spirituel des Églises orientales ; patriarches orientaux ; discipline des sacrements ; culte divin ; rapports avec les frères des Églises séparées). Citations (§§ 2, 3 et 5) collationnées mot à mot sur cette édition le 4 octobre 2026.
5 15 18 23 24 25 26Concile œcuménique Vatican II, constitution Sacrosanctum Concilium sur la sainte liturgie, § 4, 4 décembre 1963, texte officiel français sur vatican.va — citation collationnée mot à mot sur cette édition le 4 octobre 2026.
6 20Code des canons des Églises orientales (CCEO), canon 28 § 1, promulgué par saint Jean-Paul II via la constitution apostolique Sacri Canones le 18 octobre 1990, entré en vigueur le 1ᵉʳ octobre 1991. Texte français consultable sur droitcanonique.fr. Le CCEO compte 1 546 canons. Citation du can. 28 § 1 collationnée mot à mot sur cette édition (texte latin-français) le 4 octobre 2026.
7 11 12 27Sur la liste des vingt-et-un conciles œcuméniques reconnus par l'Église catholique (de Nicée I, 325, à Vatican II, 1962-1965), voir l'index des conciles œcuméniques sur vatican.va. Ce décompte en vingt-et-un conciles est celui de la tradition latine : historiquement, plusieurs traditions orientales n'en comptaient que les trois premiers (traditions syriaque, copte, arménienne) ou les sept premiers (tradition byzantine) ; en entrant ou en restant en pleine communion avec Rome, leurs Églises professent la foi définie par l'ensemble des conciles reconnus par l'Église catholique.
8Saint Jean-Paul II, lettre encyclique Ut Unum Sint sur l'engagement œcuménique, § 54, 25 mai 1995, texte officiel français sur vatican.va. L'image des « deux poumons » est plus ancienne (formulée par le poète russe Viatcheslav Ivanov, puis reprise par Jean-Paul II dès 1983), mais sa promulgation magistérielle officielle est Ut Unum Sint 54.
10 19Sur la formation des grands rites antiques, voir notamment Robert F. Taft, S.J., Liturgy of the Hours in East and West, Pueblo Publishing, Collegeville, 1986 ; A.-G. Martimort (dir.), L'Église en prière, 4 vol., Desclée, Paris, 1983-1984 ; Aimé-Georges Martimort, L'Église en prière. Introduction à la liturgie, Desclée, 1961.
16Léon XIII, constitution apostolique Orientalium Dignitas, 30 novembre 1894. Texte fondateur de la politique romaine moderne de protection des rites orientaux contre la latinisation. Voir aussi Praeclara gratulationis publicae (20 juin 1894) sur l'union des Églises.
17Concile œcuménique Vatican II, constitution Sacrosanctum Concilium, § 38, 4 décembre 1963, vatican.va. Le § 37 affirme en complément que « L'Église, dans les domaines qui ne touchent pas la foi ou le bien de toute la communauté, ne désire pas, même dans la liturgie, imposer la forme rigide d'un libellé unique » (texte officiel français vatican.va, collationné en octobre 2026).
21Congrégation pour le Culte Divin, approbation du Missale Romanum pro Dioecesibus Zairensibus (Missel romain pour les diocèses du Zaïre), 30 avril 1988 — date confirmée par l'étude académique A History and Analysis of the Missel Romain pour les Dioceses du Zaire (« approval came on 30 April 1988 »). Sur l'usage par le pape François : célébrations à la basilique Saint-Pierre le 1ᵉʳ décembre 2019 (1ᵉʳ dimanche de l'Avent, 25ᵉ anniversaire de la création de la chapellenie congolaise à Rome) et le 3 juillet 2022[^zaire-2022-cna].
22 47Code de droit canonique (CIC), canons 111-112, promulgué par saint Jean-Paul II le 25 janvier 1983, modifié par le motu proprio De concordia inter codices du pape François du 31 mai 2016. Texte officiel français sur vatican.va et droitcanonique.fr.
28Saint Pie V, bulle apostolique Quo primum tempore promulguant le Missel romain tridentin, 14 juillet 1570. Texte latin officiel reproduit en tête de toutes les éditions du Missel romain tridentin jusqu'en 1962 ; le passage est ici paraphrasé en français. Pour une édition critique latine de référence, voir Missale Romanum ex decreto sacrosancti Concilii Tridentini restitutum, S. Pii V Pontificis Maximi iussu editum, Rome, 1570 (princeps).
30 57Paul VI, constitution apostolique Missale Romanum promulguant le Missel romain restauré selon les décrets du concile Vatican II, 3 avril 1969, texte officiel français sur vatican.va. Le Missel romain ainsi promulgué comporte les quatre prières eucharistiques principales : Canon Romain (Prière eucharistique I), Prière eucharistique II (inspirée d'Hippolyte de Rome), Prière eucharistique III (rédigée à neuf), Prière eucharistique IV (inspirée des anaphores orientales).
31 59Benoît XVI, lettre apostolique en forme de motu proprio Summorum Pontificum, 7 juillet 2007, texte officiel français sur vatican.va. Le motu proprio a été abrogé par Traditionis custodes art. 8 (16 juillet 2021). La citation (« générations précédentes… ») est tirée de la lettre d'accompagnement aux évêques (même date), texte officiel français sur vatican.va — collationnée mot à mot sur cette édition le 4 octobre 2026.
32 60Pape François, lettre apostolique en forme de motu proprio Traditionis custodes sur l'usage de la liturgie romaine antérieure à la réforme de 1970, art. 1 et art. 8, 16 juillet 2021, texte officiel français sur vatican.va.
33 34 35Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, Responsa ad dubia sur certaines dispositions de la lettre apostolique en forme de motu proprio Traditionis custodes, signature datée du 4 décembre 2021, publication effective le 18 décembre 2021. Texte officiel français sur vatican.va.
36 61Sur le chiffre des fidèles : Catholic World Report, « Why the serious drop in priestly vocations in Europe's largest diocese? », 5 mai 2023 (« Milan is the largest diocese in Europe (roughly 5 million Catholics) ») ; estimation dérivée de l'Annuario Pontificio pour 2023 : 4 942 000 catholiques. Sur l'histoire du rite : Cesare Alzati, Ambrosian Liturgy, dans The Encyclopedia of Christianity, vol. 1, Eerdmans-Brill, 1999, pp. 50-52.
38Cardinal Giovanni Colombo, archevêque de Milan (1963-1979), promulgation du nouveau Missel ambrosien sous l'autorité du pape Paul VI, 11 avril 1976. Le Missel ambrosien réformé suit Sacrosanctum Concilium tout en préservant les particularités de la tradition milanaise (calendrier propre, Triduum pascal spécifique, eucologie ambrosienne, chant ambrosien).
39Sur la fondation de la Capilla Mozárabe et le travail liturgique de Cisneros, voir Joseph Pérez, Cisneros, el cardenal de España, Taurus, Madrid, 2014 ; Juan Meseguer Fernández, O.F.M., El cardenal Cisneros y su época, 2 vol., Editorial Católica, Madrid, 1979-1980. Voir aussi la notice « Capilla Mozárabe » sur le site officiel de la cathédrale de Tolède : catedralprimada.es.
40Mgr Marcelo González Martín (cardinal-archevêque de Tolède de 1972 à 1995), Missale Hispano-Mozarabicum, vol. I, Conferencia Episcopal Española / Arzobispado de Toledo, présenté le 18 décembre 1991. Le Liber Commicus (lectionnaire) et les autres livres ont été publiés entre 1991 et 1995. Voir aussi Janini, José, Liber missarum de Toledo, 2 vol., Toledo, 1982-1983 (édition critique du Missale Mixtum de Cisneros 1500).
41Site officiel de l'Ordre des Chartreux : chartreux.org (maisons de moines et de moniales dans le monde, de l'ordre d'une vingtaine). Sur l'histoire de la liturgie cartusienne, voir Augustin Devaux, O.Cart., La liturgie cartusienne, dans Liturgia Cartusiensis, Salzburg, 1995.
42Catholic Encyclopedia (1913), article « Order of Preachers » : « The final correction (1256) was the work of Humbert of Romans... The prototype of this monumental work is preserved at Rome in the general archives of the order » ; voir aussi Philip Gleeson, O.P., « Dominican liturgical manuscripts from before 1254 », Archivum Fratrum Praedicatorum (législation approbatrice introduite en 1254 ; exemplaire du Prototype conservé aux archives générales de l'Ordre, ms. XIV L1). Sur l'ouverture de la messe dominicaine (ni Introibo ad altare Dei ni psaume Judica me, mais Confitemini Domino quoniam bonus), voir la Catholic Encyclopedia (« The psalm Judica was not said ») et la notice « Dominican Rite » (Wikipedia EN, consultée en octobre 2026).
43 44Catholic Encyclopedia (1913), article « The Carmelite Order » : « The Calced Carmelites still adhere to the liturgy of the church of the Holy Sepulchre at Jerusalem » ; voir aussi l'article « Carmelite Rite » (la règle, rédigée vers 1210, prescrivait aux ermites du Mont-Carmel de suivre la coutume approuvée de l'Église, c'est-à-dire ici l'Église patriarcale de Jérusalem).
45Les particularités cérémonielles (sept cierges, gestes codifiés) sont décrites par Jean-Marie Sauget, Le rite lyonnais, dans Études liturgiques, Lyon, 1958. Sur la pratique actuelle (Primatiale Saint-Jean, paroisses), voir le site officiel du diocèse de Lyon : lyon.catholique.fr.
46Catholic News Agency, « Pope Francis celebrates Mass in the Congolese rite: 'Peace begins with us' », 3 juillet 2022 : messe selon l'usage du Zaïre célébrée par le pape François en la basilique Saint-Pierre avec la communauté congolaise de Rome (chants, applaudissements et danses congolaises), en lieu et place du voyage en RDC et au Soudan du Sud reporté pour raisons de santé. Compte rendu concordant : ACI Africa, 3 juillet 2022.
48Benoît XVI, constitution apostolique Anglicanorum Coetibus sur l'institution d'ordinariats personnels pour les anciens anglicans entrant en pleine communion avec l'Église catholique, 4 novembre 2009, texte officiel français sur vatican.va. La constitution comporte une introduction historique et 13 articles.
49Sites officiels des trois ordinariats : ordinariate.org.uk (Walsingham, érigé le 15 janvier 2011, premier ordinaire Mgr Keith Newton), ordinariate.net (Chaire de Saint-Pierre, États-Unis et Canada, érigé le 1ᵉʳ janvier 2012, premier ordinaire Mgr Jeffrey Steenson), ordinariate.org.au (Notre-Dame de la Croix du Sud, Australie et Japon, érigé le 15 juin 2012, premier ordinaire Mgr Harry Entwistle).
50Commission interdicastère Anglicanae Traditiones (Congrégation pour la Doctrine de la Foi + Congrégation pour le Culte Divin), Divine Worship: The Missal, approuvé en 2015, mis en usage à partir du 1ᵉʳ dimanche de l'Avent, 29 novembre 2015. Voir aussi le site officiel des ordinariats : ordinariate.org.uk, ordinariate.net (USA-Canada), ordinariate.org.au (Australie).
51Sur l'absence d'homologue orthodoxe : Catholic Theological Society of America, Proceedings (« The Maronite Church is the only Eastern Catholic Church which has no non-Catholic counterpart », Boston College e-journal) ; EWTN / Catholic World Report, « The 23 Eastern Catholic Churches: Ancient Traditions in Communion With Rome », 20 septembre 2026 (« The Maronite Church is the only Eastern Catholic Church that has never broken communion with Rome »).
53Date traditionnelle de la conversion officielle de l'Arménie : 301 (baptême du roi Tiridate III par saint Grégoire l'Illuminateur, tenu par l'Église apostolique arménienne) — voir Encyclopaedia Britannica 1911, article « Gregory the Illuminator » (date traditionnelle du martyre des vierges hripsimiennes : 5 octobre 301). Les historiens modernes proposent des dates allant de 284 à 314/325 au plus tard — voir « Christianization of Armenia », Wikipedia EN consultée en octobre 2026. L'Arménie donne 301 comme date nationale de conversion (The Tablet, « Early adopters », 2019).
54Congrégation pour la Doctrine de la Foi, Guidelines for Admission to the Eucharist between the Chaldean Church and the Assyrian Church of the East (décision du 17 janvier 2001, approuvée par Jean-Paul II, texte daté du 20 juillet 2001, rendue publique dans L'Osservatore Romano le 26 octobre 2001) ; présentation et contexte sur cnewa.org. La reconnaissance porte sur la validité de l'anaphore dans ce cadre œcuménique précis (nécessité pastorale, admission réciproque) ; elle ne constitue pas une autorisation générale d'omettre le récit de l'institution.
55Pie XII, lettre encyclique Mediator Dei sur la sainte liturgie, 20 novembre 1947 — première encyclique pontificale entièrement consacrée à la liturgie (qualifiée de « first papal encyclical devoted specifically and entirely to the liturgy » par la Society for the Renewal of the Sacred Liturgy, revue Adoremus, 2017 ; texte latin : Mediator Dei et hominum, vatican.va). Le texte officiel français n'est pas en ligne sur vatican.va (seules les versions allemande, anglaise, italienne, latine et portugaise sont disponibles) ; pour le texte de référence, voir Acta Apostolicae Sedis 39 (1947), pp. 521-595, et les éditions françaises de référence (Pierre Téqui, Bonne Presse).
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