L'Eucharistie n'est pas un rite parmi d'autres : c'est le sacrement où le Christ se donne lui-même. Là où le baptême efface le péché et où la confirmation fortifie, l'Eucharistie ne communique pas seulement une grâce — elle contient « celui-là même qui est la source de toute grâce », le Christ vivant, Corps, Sang, âme et divinité, sous les humbles apparences du pain et du vin[1]. C'est pourquoi le concile Vatican II l'appelle « source et sommet de toute la vie chrétienne »[2] : tout part d'elle et tout y revient.
Le mot dit déjà beaucoup. Eucharistie vient du grec eucharistein, « rendre grâce » : à la dernière Cène, Jésus « prit du pain, rendit grâce, le rompit » et le donna en disant « Ceci est mon corps »[3]. Depuis ce soir-là, l'Église refait ce geste sans interruption, « jusqu'à ce qu'il vienne » (1 Co 11, 26). Saint Justin le décrivait déjà vers 155 ; sa structure n'a pas changé en deux mille ans[4].
Cet article présente le sacrement dans son ensemble : ses noms, son institution, sa matière et sa forme, ses trois dimensions inséparables — sacrifice, présence, communion —, son ministre, sa fécondité dans l'âme et dans l'Église, et son ouverture sur la gloire à venir. Les grandes questions disputées font l'objet d'articles spécialisés, renvoyés au fil du texte : la Présence réelle et la transsubstantiation, le caractère de sacrifice, la réponse à ceux qui n'y voient qu'un symbole, et l'adoration du Saint-Sacrement.
L'Eucharistie, « source et sommet » de la vie chrétienne
Le sacrement des sacrements
Parmi les sept sacrements, l'Eucharistie tient une place à part. Les autres sont ordonnés à elle comme à leur fin. Le Catéchisme cite ici le concile :
« L'Eucharistie est "source et sommet de toute la vie chrétienne". Les autres sacrements ainsi que tous les ministères ecclésiaux et les tâches apostoliques sont tous liés à l'Eucharistie et ordonnés à elle. Car la sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l'Église, c'est-à-dire le Christ lui-même, notre Pâque. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1324, citant Lumen gentium 11 et Presbyterorum ordinis 5[5]
La raison de cette primauté est simple et vertigineuse : les autres sacrements communiquent une grâce qui vient du Christ ; l'Eucharistie communique le Christ lui-même. Saint Thomas d'Aquin en tire la conséquence : l'Eucharistie est « comme la perfection de la vie spirituelle et la fin à laquelle tendent tous les sacrements »[6]. C'est pourquoi elle achève l'initiation chrétienne : le baptisé, « configuré plus profondément au Christ par la confirmation », participe enfin « au sacrifice même du Seigneur »[7]. Sur la place de l'Eucharistie dans l'ensemble du dispositif sacramentel, voir Pourquoi les catholiques ont-ils sept sacrements ?.
Pourquoi l'Eucharistie « contient » le Christ lui-même
Cette différence de nature fonde tout le reste. Le Catéchisme la formule en une phrase saisissante :
« Bref, l'Eucharistie est le résumé et la somme de notre foi : "Notre manière de penser s'accorde avec l'Eucharistie, et l'Eucharistie en retour confirme notre manière de penser." » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1327, citant saint Irénée, Contre les hérésies IV, 18, 5[8]
Jean-Paul II ouvrira son encyclique de 2003 sur la même intuition : « L'Église vit de l'Eucharistie. »[9] Ce n'est pas une formule pieuse mais une description exacte : l'Église naît de la Croix rendue présente sur l'autel, se nourrit du Corps livré, et tend vers le banquet du Royaume que l'Eucharistie anticipe déjà.
Un sacrement, trois dimensions inséparables
On ne comprend l'Eucharistie qu'en tenant ensemble trois aspects que le Catéchisme énumère et qui ne se laissent jamais séparer : « action de grâce et louange au Père ; mémorial sacrificiel du Christ et de son Corps ; présence du Christ par la puissance de sa Parole et de son Esprit »[10]. La tradition les ramasse en trois mots : sacrifice, présence, communion. Le même mystère est tour à tour offert (sacrifice), adoré (présence) et reçu (communion) — et ces trois faces s'appellent l'une l'autre.
| Dimension | Ce que c'est | Référence centrale | Article spécialisé |
|---|---|---|---|
| Sacrifice | Le mémorial qui rend présent l'unique sacrifice de la Croix | CEC § 1362-1367 ; Trente, sess. XXII | L'Eucharistie est-elle un sacrifice ? |
| Présence réelle | Le Christ tout entier, « vraiment, réellement, substantiellement », sous les espèces | CEC § 1373-1381 ; Trente, sess. XIII | La Présence réelle |
| Communion | Le Christ reçu en nourriture, qui unit au Christ et à l'Église | CEC § 1382-1401 | Bien recevoir la communion |
Cet article suit cet ordre, après avoir nommé le sacrement et rappelé son institution.
Les noms de l'Eucharistie : un trésor en plusieurs mots
« La richesse inépuisable de ce sacrement s'exprime dans les différents noms qu'on lui donne. Chacun de ces noms en évoque certains aspects », observe le Catéchisme[11]. Parcourir ces noms, c'est déjà parcourir le mystère.
Eucharistie : action de grâce
Le nom le plus courant dit l'essentiel. Eucharistie renvoie aux verbes grecs eucharistein (Lc 22, 19 ; 1 Co 11, 24) et eulogein (Mt 26, 26 ; Mc 14, 22), qui « rappellent les bénédictions juives qui proclament — surtout pendant le repas — les œuvres de Dieu : la création, la rédemption et la sanctification »[12]. Avant d'être présence et sacrifice, l'Eucharistie est le grand merci de l'humanité à son Créateur, porté par le Christ.
Repas du Seigneur, Cène, fraction du pain
D'autres noms enracinent le sacrement dans l'événement de la dernière Cène. On parle de Repas du Seigneur (1 Co 11, 20), par lien avec la Cène et avec « le repas des noces de l'Agneau » attendu dans la Jérusalem céleste (Ap 19, 9)[13]. On parle surtout de fraction du pain : c'est à ce geste que les disciples d'Emmaüs reconnaissent le Ressuscité (Lc 24, 13-35), et c'est par cette expression que les premiers chrétiens désignaient leurs assemblées (Ac 2, 42.46)[14].
Saint Sacrifice, sainte Messe
Parce qu'elle « actualise l'unique sacrifice du Christ Sauveur », l'Eucharistie est appelée Saint Sacrifice, ou saint sacrifice de la messe, « sacrifice de louange » (He 13, 15), « sacrifice pur » (Ml 1, 11)[15]. Le mot messe lui-même vient de l'envoi final (missio) : « la liturgie dans laquelle s'est accompli le mystère du salut se termine par l'envoi des fidèles afin qu'ils accomplissent la volonté de Dieu dans leur vie quotidienne »[16].
Communion, Saint-Sacrement, viatique
Reçue, l'Eucharistie est Communion, parce qu'elle nous unit au Christ pour former « un seul corps » (1 Co 10, 16-17)[17]. Conservée et adorée, elle est le Très Saint Sacrement — « le sacrement des sacrements »[18]. Saint Ignace d'Antioche l'appelait déjà « médicament d'immortalité » et « pain des anges »[19]. Donnée au mourant, elle devient le viatique, pain du dernier passage.
| Nom | Aspect souligné | Source biblique |
|---|---|---|
| Eucharistie | Action de grâce au Père | Lc 22, 19 ; 1 Co 11, 24 |
| Repas / Cène du Seigneur | Mémorial du dernier repas | 1 Co 11, 20 |
| Fraction du pain | Reconnaissance du Ressuscité, communion fraternelle | Lc 24, 35 ; Ac 2, 42 |
| Saint Sacrifice / sainte Messe | Sacrifice du Christ et envoi | He 13, 15 ; Ml 1, 11 |
| Communion | Union au Christ et entre fidèles | 1 Co 10, 16-17 |
| Très Saint Sacrement | Présence à adorer | — |
| Viatique | Pain du dernier passage | — |
L'institution à la dernière Cène
« Faites cela en mémoire de moi »
Le sacrement n'est pas une invention de l'Église : il vient d'un ordre exprès du Christ, donné « la nuit où il était livré ». Le récit de l'institution nous est transmis quatre fois — par les trois synoptiques et par saint Paul[20]. Le Catéchisme cite la version de saint Luc :
« Puis, prenant du pain et rendant grâces, il le rompit et le leur donna, en disant : "Ceci est mon Corps, qui va être donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi." Il fit de même pour la coupe après le repas, disant : "Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon Sang, qui va être versé pour vous." » — Évangile selon saint Luc 22, 19-20 (cf. Mt 26 ; Mc 14 ; 1 Co 11, 23-26)[21]
Saint Paul, qui écrit vers 54, est le témoin le plus ancien de ces paroles ; il les a « reçues du Seigneur » et transmises (1 Co 11, 23). Sur la valeur probante de ce verbe « est » — « ceci EST mon corps », et non « ceci représente » —, voir l'article La Présence réelle, qui traite l'exégèse en détail.
Un commandement, pas seulement un souvenir
L'ordre « Faites cela en mémoire de moi » ne demande pas un simple exercice de mémoire affective. « Il vise la célébration liturgique, par les apôtres et leurs successeurs, du mémorial du Christ »[22]. Dès l'origine, l'Église y a été fidèle : les premiers chrétiens « se montraient assidus… à la fraction du pain » (Ac 2, 42), surtout « le premier jour de la semaine », le dimanche, jour de la Résurrection[23] [24]. De là découle l'obligation dominicale : voir Pourquoi la messe est-elle obligatoire le dimanche ?.
Jean 6 : l'annonce à Capharnaüm
Là où les synoptiques et Paul racontent l'institution, saint Jean rapporte le discours qui la prépare : à la synagogue de Capharnaüm, « le Christ se désigne comme le pain de vie, descendu du ciel »[25]. Ce discours divise déjà les disciples, comme l'annonce de la Passion les scandalisera :
« "Ce langage-là est trop fort ! Qui peut l'écouter ?" L'Eucharistie et la croix sont des pierres d'achoppement. C'est le même mystère, et il ne cesse d'être occasion de division. "Voulez-vous partir, vous aussi ?" : cette question du Seigneur retentit à travers les âges. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1336 (citant Jn 6, 60.67)[26]
Le réalisme du « mangez ma chair » est commenté en détail dans l'article Pourquoi l'Eucharistie n'est-elle pas seulement un symbole ?.
Les préfigurations de l'Ancienne Alliance
L'Eucharistie ne tombe pas du ciel sans préparation : toute l'Ancienne Alliance la pressentait. L'Église voit dans le geste de Melchisédech, « roi et prêtre », qui « apporta du pain et du vin » (Gn 14, 18), « une préfiguration de sa propre offrande »[27]. La manne au désert rappelle à Israël qu'il « vit du pain de la Parole de Dieu » (Dt 8, 3)[28]. La « coupe de bénédiction » du repas pascal juif (1 Co 10, 16) ajoute « une dimension eschatologique, celle de l'attente messianique »[29]. Et la multiplication des pains, comme l'eau changée en vin à Cana, « préfigurent la surabondance de cet unique pain de son Eucharistie »[30]. « Jésus a institué son Eucharistie en donnant un sens nouveau et définitif à la bénédiction du pain et de la coupe. »[31]
La matière et la forme du sacrement
Comme tout sacrement, l'Eucharistie comporte un signe sensible (la matière) et des paroles qui le déterminent (la forme). Le sujet est traité pour lui-même dans La matière et la forme des sacrements ; on en rappelle ici l'essentiel.
Le pain de blé et le vin de la vigne
La matière est fixée par le Christ lui-même : « les signes essentiels du sacrement eucharistique sont le pain de blé et le vin du vignoble »[32]. « Au cœur de la célébration il y a le pain et le vin qui, par les paroles du Christ et par l'invocation de l'Esprit Saint, deviennent le Corps et le Sang du Christ. »[33] Ces signes ne sont pas arbitraires : ils disent la bonté de la création, « fruit de la terre et de la vigne » et « du travail de l'homme », offert en action de grâce au Créateur[34]. Le rite latin emploie le pain azyme, à l'image du pain sans levain de la Pâque juive ; les rites orientaux, le pain levé — divergence légitime de discipline, sans incidence sur la validité.
Les paroles de la consécration
La forme du sacrement, ce sont les paroles du Christ que le prêtre redit « in persona Christi » : « le prêtre prononce les paroles de la consécration dites par Jésus pendant la dernière cène : "Ceci est mon corps livré pour vous… Ceci est la coupe de mon sang…" »[35]. Ce sont elles qui, « par la force des paroles et de l'action du Christ, et la puissance de l'Esprit Saint, rendent sacramentellement présents… son Corps et son Sang »[36].
L'épiclèse et le récit de l'institution
La prière eucharistique articule deux moments. Dans l'épiclèse, l'Église « demande au Père d'envoyer son Esprit Saint sur le pain et le vin, afin qu'ils deviennent… le Corps et le Sang de Jésus-Christ »[37]. Dans le récit de l'institution, les paroles du Christ opèrent ce qu'elles signifient. Saint Jean Chrysostome le dit sans détour :
« Ce n'est pas l'homme qui fait que les choses offertes deviennent Corps et Sang du Christ, mais le Christ lui-même qui a été crucifié pour nous. Le prêtre, figure du Christ, prononce ces paroles, mais leur efficacité et la grâce sont de Dieu. "Ceci est mon Corps", dit-il : cette parole transforme les choses offertes. » — Saint Jean Chrysostome, De proditione Judae 1, 6, cité au CEC § 1375[38]
Le sacrifice eucharistique
L'Eucharistie n'est pas seulement un repas : elle est d'abord un sacrifice — le mémorial qui rend présent l'unique sacrifice de la Croix. C'est l'objet propre de l'article Pourquoi l'Eucharistie est-elle un sacrifice ? ; on en donne ici la charpente.
Le mémorial qui rend présent
Le mot clé est mémorial. Dans la Bible, le mémorial « n'est pas seulement le souvenir des événements du passé, mais la proclamation des merveilles que Dieu a accomplies… Dans la célébration liturgique de ces événements, ils deviennent d'une certaine façon présents et actuels »[39]. Ainsi de la Pâque du Christ :
« Quand l'Église célèbre l'Eucharistie, elle fait mémoire de la Pâque du Christ, et celle-ci devient présente : le sacrifice que le Christ a offert une fois pour toutes sur la Croix demeure toujours actuel. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1364, citant Lumen gentium 3[40]
Le caractère sacrificiel est inscrit dans les paroles mêmes de l'institution : « mon Corps qui va être donné pour vous », « mon Sang qui va être versé »[41]. L'Eucharistie est donc un sacrifice « parce qu'elle représente (rend présent) le sacrifice de la croix, parce qu'elle en est le mémorial et parce qu'elle en applique le fruit »[42].
« Une seule et même victime »
La Croix et la messe ne sont pas deux sacrifices, mais un seul, offert de deux manières. Le concile de Trente l'a défini contre la Réforme :
« C'est une seule et même victime, c'est le même qui offre maintenant par le ministère des prêtres, qui s'est offert lui-même alors sur la Croix : seule la manière d'offrir diffère. » — Concile de Trente, session XXII (1562), Doctrina de ss. Missae sacrificio, c. 2 (DS 1743), cité au CEC § 1367[43]
La messe ne « refait » donc pas la Croix et ne s'y ajoute pas : elle la rend présente. « Ce même Christ, qui s'est offert lui-même une fois de manière sanglante sur l'autel de la Croix, est contenu et immolé de manière non sanglante » — voilà pourquoi « ce sacrifice est vraiment propitiatoire »[44].
Le sacrifice de l'Église, pour les vivants et les défunts
Parce que l'Église est le Corps du Christ, elle « participe à l'offrande de son Chef » : « avec Lui, elle est offerte elle-même tout entière »[45]. La vie, la louange, la souffrance, le travail des fidèles sont unis à l'offrande du Christ et « acquièrent une valeur nouvelle »[46]. Le sacrifice est offert en communion avec la Vierge et tous les saints, et « aussi pour les fidèles défunts qui sont morts dans le Christ et ne sont pas encore pleinement purifiés »[47]. Sainte Monique mourante ne demandait rien d'autre à son fils Augustin :
« Enterrez ce corps n'importe où ! Ne vous troublez pas pour lui d'aucun souci ! Tout ce que je vous demande, c'est de vous souvenir de moi à l'autel du Seigneur où que vous soyez. » — Sainte Monique, rapportée par saint Augustin, Confessions IX, 11, 27, citée au CEC § 1371[48]
La présence réelle et la transsubstantiation
Si la messe rend présent le sacrifice, c'est parce qu'elle rend présent le Christ lui-même. C'est le cœur du dogme eucharistique, traité en détail dans La Présence réelle et Qu'est-ce que la transsubstantiation ? ; voici le minimum à tenir.
« Vraiment, réellement, substantiellement »
Le Christ est présent de bien des manières — dans sa Parole, dans la prière de l'Église, dans les pauvres, dans le ministre. « Mais "au plus haut point sous les espèces eucharistiques" »[49]. Cette présence est unique :
« Dans le très saint sacrement de l'Eucharistie sont "contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang conjointement avec l'âme et la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, et, par conséquent, le Christ tout entier". » — Concile de Trente, session XIII (1551), DS 1651, cité au CEC § 1374[50]
On la dit « réelle », précise Paul VI, « non à titre exclusif, comme si les autres présences n'étaient pas réelles, mais par excellence, parce qu'elle est substantielle »[51].
La transsubstantiation
Comment ce pain devient-il ce Corps ? Par un changement que l'Église a nommé avec précision. Le terme transsubstantiatis apparaît pour la première fois dans un texte conciliaire au IVe concile du Latran (1215)[52] ; il est défini au concile de Trente :
« Par la consécration du pain et du vin s'opère le changement de toute la substance du pain en la substance du Corps du Christ notre Seigneur, et de toute la substance du vin en la substance de son Sang ; ce changement, l'Église catholique l'a justement et exactement appelé transsubstantiation. » — Concile de Trente, session XIII (1551), DS 1642, cité au CEC § 1376[53]
Ce qui change, c'est la substance — ce que la chose est en profondeur ; ce qui demeure, ce sont les espèces, les apparences sensibles (goût, aspect, dimensions). Saint Ambroise l'expliquait déjà par la toute-puissance de la parole créatrice : « la force de la bénédiction l'emporte sur celle de la nature »[54].
Le Christ tout entier sous chaque espèce
Conséquence importante : « le Christ est tout entier présent dans chacune des espèces et tout entier dans chacune de leurs parties, de sorte que la fraction du pain ne divise pas le Christ »[55]. Celui qui communie sous la seule espèce du pain reçoit donc « tout le fruit de grâce de l'Eucharistie »[56]. Et la présence « commence au moment de la consécration et dure aussi longtemps que les espèces eucharistiques subsistent »[57] — fondement de la réserve eucharistique et de l'adoration.
Le culte d'adoration dû à l'Eucharistie
Puisque le Christ est réellement là, l'Eucharistie « doit être honorée d'un culte d'adoration »[58]. On fléchit le genou, on garde les hosties consacrées au tabernacle, on les expose à la vénération et on les porte en procession[59]. Saint Thomas d'Aquin a chanté cette foi dans l'Adoro te devote :
« Je T'adore profondément, divinité cachée, vraiment présente sous ces apparences… La vue, le goût, le toucher ne T'atteignent pas : à ce qu'on entend dire seulement il faut se fier ; je crois tout ce qu'a dit le Fils de Dieu : rien de plus vrai que cette parole de la Vérité. » — Saint Thomas d'Aquin, hymne Adoro te devote, citée au CEC § 1381[60]
Sur la pratique et le sens de cette dévotion, voir L'adoration eucharistique et La procession du Saint-Sacrement.
La communion : recevoir le Christ
Le sacrifice et la présence sont tout entiers ordonnés à un terme : que le Christ soit reçu. « La célébration du sacrifice eucharistique est toute orientée vers l'union intime des fidèles au Christ par la communion. Communier, c'est recevoir le Christ lui-même qui s'est offert pour nous. »[61]
Une mystique italienne du XXe siècle a redit cette union avec l'image même de l'offertoire : dans des paroles que Véra Grita († 1969) dit avoir reçues de Jésus en février 1969, « Moi en toi, comme dans le saint Sacrifice où l'eau est unie au vin : une seule chose »[62]. L'image ne prouve rien par elle-même — c'est une révélation privée sans reconnaissance de l'Église — mais elle dit bien ce que la communion opère : le communiant ne s'ajoute pas au Christ de l'extérieur, il ne fait plus qu'un avec lui, comme l'eau mêlée au vin.
« Si vous ne mangez pas la chair du Fils de l'homme »
L'invitation du Christ est pressante :
« En vérité, en vérité, je vous le dis, si vous ne mangez la Chair du Fils de l'homme et ne buvez son Sang, vous n'aurez pas la vie en vous. » — Jésus, Évangile selon saint Jean 6, 53, cité au CEC § 1384[63]
Les dispositions requises : état de grâce, examen, jeûne
Recevoir le Christ exige une préparation. Saint Paul avertit gravement :
« Quiconque mange ce pain ou boit cette coupe du Seigneur indignement aura à répondre du Corps et du Sang du Seigneur. Que chacun donc s'éprouve soi-même… car celui qui mange et boit sans discerner le Corps, mange et boit sa propre condamnation. » — Saint Paul, 1 Corinthiens 11, 27-29, cité au CEC § 1385[64]
De là une règle constante de l'Église : « Celui qui veut recevoir le Christ dans la Communion eucharistique doit se trouver en état de grâce. Si quelqu'un a conscience d'avoir péché mortellement, il ne doit pas accéder à l'Eucharistie sans avoir reçu préalablement l'absolution dans le sacrement de Pénitence. »[65] La communion suppose donc le recours à la confession quand la conscience accuse un péché grave. S'y ajoutent le jeûne eucharistique prescrit (cf. CIC, can. 919) et une attitude corporelle de respect[66]. Devant la grandeur du don, le fidèle reprend la parole du centurion : « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri. »[67]
Fréquence et obligation
L'Église « fait obligation aux fidèles… de recevoir au moins une fois par an l'Eucharistie, si possible au temps pascal » — c'est le minimum, la « communion pascale »[68]. Mais elle « recommande vivement de recevoir la sainte Eucharistie les dimanches et les jours de fête, ou plus souvent encore, même tous les jours »[69]. On peut communier deux fois le même jour, en participant chaque fois à la messe[70]. Sur les conditions d'une communion fréquente bien comprise, voir Grandir dans la communion fréquente et Les erreurs fréquentes sur la communion fréquente.
Les fruits de la communion
Le Catéchisme déploie les effets de la communion en quelques fruits liés :
- Elle accroît l'union au Christ. « Qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en moi et moi en lui » (Jn 6, 56). Ce que la nourriture fait pour le corps, la communion le réalise dans l'âme : elle « conserve, accroît et renouvelle la vie de grâce reçue au Baptême »[71] [72].
- Elle sépare du péché. Le Corps livré et le Sang versé « en rémission des péchés » purifient : la communion « efface les péchés véniels » et « préserve des péchés mortels futurs », car « plus nous progressons dans son amitié, plus il nous est difficile de rompre avec Lui »[73] [74] [75]. Attention : elle n'est pas le sacrement du pardon des péchés mortels — « ceci est propre au sacrement de la Réconciliation »[76].
- Elle fait l'unité de l'Église. « Puisqu'il n'y a qu'un pain, à nous tous nous ne formons qu'un corps » (1 Co 10, 17). L'Eucharistie « renouvelle, fortifie, approfondit » l'incorporation à l'Église réalisée au baptême[77].
- Elle engage envers les pauvres. « Pour recevoir dans la vérité le Corps et le Sang du Christ livrés pour nous, nous devons reconnaître le Christ dans les plus pauvres »[78].
Le même envoi vers le monde se retrouve dans des paroles que Véra Grita († 1969) dit avoir reçues de Jésus : « Portez-moi avec vous, portez-moi dehors : que ma Présence Eucharistique répande sur l'humanité Foi, Amour, Paix »[79]. Là encore, une révélation privée sans reconnaissance de l'Église, citée comme illustration et non comme preuve : la communion reçue ne s'arrête pas au communiant, elle le renvoie porter le Christ sur les chemins, dans les rues et les familles.
| Fruit de la communion | Référence | Limite à connaître |
|---|---|---|
| Union intime au Christ | CEC § 1391-1392 | Suppose la foi et l'état de grâce |
| Rémission des péchés véniels | CEC § 1393-1394 | N'efface pas les péchés mortels |
| Préservation des péchés mortels futurs | CEC § 1395 | Effet, non garantie automatique |
| Unité du Corps de l'Église | CEC § 1396 | Engage la charité fraternelle |
| Gage de la gloire à venir | CEC § 1402-1405 | Présence encore « voilée » |
Le ministre de l'Eucharistie
« In persona Christi » : seul le prêtre consacre
La consécration n'est pas au pouvoir de tout baptisé : « Seuls les prêtres validement ordonnés peuvent présider l'Eucharistie et consacrer le pain et le vin pour qu'ils deviennent le Corps et le Sang du Seigneur. »[80] L'évêque ou le prêtre agit « in persona Christi capitis », « en représentant » le Christ, qui est « l'acteur principal » et « le grand prêtre de la Nouvelle Alliance » présidant invisiblement chaque célébration[81]. C'est pourquoi la validité de la messe tient au sacrement de l'Ordre reçu par le célébrant : voir Le ministre ordinaire et extraordinaire, L'intention du ministre et La validité des sacrements.
L'évêque, le pape, l'assemblée
Toute Eucharistie est célébrée en communion avec toute l'Église. « L'évêque du lieu est toujours responsable de l'eucharistie, même lorsqu'elle est présidée par un prêtre » ; le pape y est nommé « comme signe et serviteur de l'unité »[82]. Saint Ignace d'Antioche le disait dès le début du IIe siècle :
« Que cette eucharistie seule soit regardée comme légitime, qui se fait sous la présidence de l'évêque ou de celui qu'il en a chargé. » — Saint Ignace d'Antioche, Lettre aux Smyrniotes 8, 1, citée au CEC § 1369[83]
L'assemblée, elle, n'est pas spectatrice : tous « ont leur part active dans la célébration… le peuple tout entier dont l'Amen manifeste la participation »[84].
L'Eucharistie « fait l'Église »
Sacrement de l'unité, lien de la charité
L'un des plus anciens cris d'admiration devant l'Eucharistie est celui de saint Augustin :
« Ô sacrement de la piété ! Ô signe de l'unité ! Ô lien de la charité ! » — Saint Augustin, In Evangelium Ioannis 26, 6, 13, cité au CEC § 1398[85]
L'Eucharistie ne nourrit pas seulement des individus : elle construit le Corps. « Si vous êtes le corps du Christ et ses membres, c'est votre sacrement qui est placé sur la table du Seigneur… Sois donc un membre du Christ pour que soit vrai ton Amen », prêchait Augustin à ses fidèles[86].
La question œcuménique
Cette unité rend d'autant plus douloureuses les divisions entre chrétiens. L'Église reconnaît que « les Églises orientales… ont de vrais sacrements — principalement, en vertu de la succession apostolique : le Sacerdoce et l'Eucharistie », ce qui rend possible, en certaines circonstances, une communion « in sacris »[87]. En revanche, « les communautés ecclésiales issues de la Réforme… en raison surtout de l'absence du sacrement de l'Ordre, n'ont pas conservé la substance propre et intégrale du mystère eucharistique » : l'intercommunion n'y est donc pas possible[88]. Une nécessité grave peut toutefois ouvrir, sous conditions, l'accès des sacrements à d'autres chrétiens qui en font la demande et professent la foi catholique sur ce point[89].
« Gage de la gloire future » : la dimension eschatologique
L'Eucharistie n'est pas seulement tournée vers le passé (la Croix) et le présent (la présence) : elle ouvre l'avenir. Une antique antienne le chante :
« Ô banquet sacré où le Christ est notre aliment, où est ravivé le souvenir de sa passion, où la grâce emplit notre âme, où nous est donné le gage de la vie à venir. » — Antienne O sacrum convivium (office du Saint-Sacrement, attribué à saint Thomas d'Aquin), citée au CEC § 1402[90]
Chaque messe est « anticipation de la gloire céleste »[91], tournée vers « le vin nouveau » du Royaume (Mt 26, 29) et vers le retour du Seigneur que l'Église appelle : « Marana tha — Viens, Seigneur Jésus » (1 Co 16, 22 ; Ap 22, 20)[92]. Saint Ignace d'Antioche y voyait déjà le « remède d'immortalité, antidote pour ne pas mourir, mais pour vivre en Jésus-Christ pour toujours »[93]. De cette espérance des cieux nouveaux, « nous n'avons pas de gage plus sûr, de signe plus manifeste que l'Eucharistie »[94]. C'est pourquoi elle accompagne le chrétien jusqu'au seuil de la mort, où elle lui est donnée comme viatique.
L'Eucharistie au cœur de la vie spirituelle
La Fête-Dieu et le génie de saint Thomas d'Aquin
La foi en la présence réelle a façonné la piété de tout un peuple. Au XIIIe siècle, à la suite des visions de sainte Julienne de Cornillon à Liège, et après le miracle eucharistique de Bolsena (1263), le pape Urbain IV institua par la bulle Transiturus de hoc mundo (1264) la fête du Saint-Sacrement, la Fête-Dieu, étendue à toute l'Église et fixée au jeudi après l'octave de la Pentecôte[95]. C'est à saint Thomas d'Aquin qu'Urbain IV confia l'office de la fête : on lui doit la séquence Lauda Sion, le Pange lingua (dont est tiré le Tantum ergo) et le Verbum supernum prodiens (dont est tiré le O salutaris), et l'Adoro te devote[96] — sommet de la théologie eucharistique faite prière. L'histoire des miracles eucharistiques, signes donnés à la foi, est rassemblée dans Les miracles eucharistiques.
Ce que disent les saints
Les saints n'ont cessé de vivre de ce sacrement. Jean-Paul II résumait l'appel de l'Église au culte eucharistique :
« L'Église et le monde ont un grand besoin du culte eucharistique. Jésus nous attend dans ce sacrement de l'amour. Ne refusons pas le temps pour aller Le rencontrer dans l'adoration… Que ne cesse jamais notre adoration. » — Jean-Paul II, lettre Dominicæ cenæ 3, citée au CEC § 1380[97]
La parole des saints sur ce mystère est rassemblée dans Que disent les saints sur l'adoration eucharistique ; la dimension d'amour et d'intimité est développée dans L'Amour infini de Dieu dans l'Eucharistie et La relation avec Jésus dans l'Eucharistie.
Repères historiques du dogme eucharistique
- Vers l'an 30 — JérusalemL'institution à la dernière Cène
Jésus, « la nuit où il était livré », institue l'Eucharistie : « Ceci est mon corps… Faites cela en mémoire de moi » (1 Co 11, 23-25).
- Vers 54 — épître de saint PaulLe plus ancien témoignage écrit
Saint Paul transmet aux Corinthiens le récit reçu « du Seigneur » (1 Co 11, 23-26) : la foi eucharistique est apostolique.
- Vers 155 — RomeSaint Justin décrit la messe
Dans sa Première Apologie, Justin décrit à l'empereur le déroulement de l'Eucharistie : Parole, action de grâce, communion — la structure qui demeure.
- 1215 — IVe concile du LatranLe mot « transsubstantiation »
Premier emploi officiel du terme transsubstantiatis dans un texte conciliaire pour dire le changement opéré à la consécration.
- 1263-1264 — Bolsena / OrvietoLe miracle de Bolsena et la Fête-Dieu
Après le miracle eucharistique de Bolsena, Urbain IV institue la Fête-Dieu par la bulle Transiturus. Saint Thomas d'Aquin en compose l'office.
- 1551 — concile de Trente, sess. XIIILa présence réelle et la transsubstantiation définies
Contre la Réforme, Trente définit que le Christ est présent « vraiment, réellement, substantiellement » (DS 1651) et confirme le mot transsubstantiation (DS 1642).
- 1562 — concile de Trente, sess. XXIILe sacrifice de la messe défini
Trente définit la messe comme « vrai et propre sacrifice » : une seule victime que la Croix, « seule la manière d'offrir diffère » (DS 1743).
- 1962-1965 — Vatican II« Source et sommet »
Lumen gentium 11 et Sacrosanctum concilium situent l'Eucharistie comme « source et sommet de toute la vie chrétienne » et renouvellent la liturgie.
- 2003 — Jean-Paul II« L'Église vit de l'Eucharistie »
L'encyclique Ecclesia de Eucharistia rappelle le lien indissoluble entre l'Eucharistie et l'Église.
L'Eucharistie et la Divine Volonté
Dans la spiritualité de la Divine Volonté vécue par la servante de Dieu Luisa Piccarreta, l'Eucharistie tient une place centrale : le Christ qui se donne en nourriture est le modèle même de l'âme qui veut « vivre dans la Divine Volonté », c'est-à-dire laisser l'agir divin prendre la place de l'agir propre. La communion quotidienne fut, dans la vie de Luisa, le centre absolu de son existence cachée[98]. Loin d'être un thème marginal, l'Eucharistie est ainsi le lieu où s'accomplit, sacramentellement, ce que le Livre du Ciel appelle l'union des deux volontés, l'humaine et la divine. Jésus le lui dit lui-même, reliant l'Eucharistie et la Croix comme les deux faces d'un même don :
« Si l'Eucharistie est un gage de gloire future, la croix est la monnaie avec laquelle acheter cette gloire. […] L'Eucharistie est le baume qui prévient la corruption ; elle donne l'immortalité à l'âme et au corps. La croix, de son côté, embellit l'âme […]. La croix et l'Eucharistie sont pour ainsi dire complémentaires. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 3, 1er mai 1900[99]
Pour aller plus loin
- La Présence réelle eucharistique — pourquoi le pain devient vraiment le Corps du Christ, et la réponse aux objections.
- Pourquoi l'Eucharistie n'est-elle pas seulement un symbole ? — le réalisme de Jean 6 et des paroles de l'institution.
- Qu'est-ce que la transsubstantiation ? — substance et espèces, Latran IV et Trente.
- Pourquoi l'Eucharistie est-elle un sacrifice ? — la messe comme mémorial de la Croix.
- L'adoration eucharistique — le sens et la pratique du culte du Saint-Sacrement.
- Les miracles eucharistiques — Lanciano, Bolsena, Buenos Aires : les signes donnés à la foi.
- La matière et la forme des sacrements — pain, vin et paroles de la consécration.
- Le viatique — l'Eucharistie donnée au mourant.
- Pourquoi les catholiques ont-ils sept sacrements ? — la place de l'Eucharistie dans l'ensemble sacramentel.
Notes et références
Catéchisme de l'Église catholique, § 1324, citant Lumen gentium 11 et Presbyterorum ordinis 5 : « L'Eucharistie est "source et sommet de toute la vie chrétienne". Les autres sacrements ainsi que tous les ministères ecclésiaux et les tâches apostoliques sont tous liés à l'Eucharistie et ordonnés à elle. Car la sainte Eucharistie contient tout le trésor spirituel de l'Église, c'est-à-dire le Christ lui-même, notre Pâque. »
1 2 5Catéchisme de l'Église catholique, § 1328 : sur le nom Eucharistie, des verbes grecs eucharistein (Lc 22, 19 ; 1 Co 11, 24) et eulogein (Mt 26, 26 ; Mc 14, 22), « qui rappellent les bénédictions juives qui proclament — surtout pendant le repas — les œuvres de Dieu : la création, la rédemption et la sanctification. »
3 11 12Catéchisme de l'Église catholique, § 1345, citant saint Justin Martyr, Première Apologie 65 et 67 (vers 155) : description du déroulement de la célébration eucharistique adressée à l'empereur Antonin le Pieux, « restée la même jusqu'à nos jours. »
4Catéchisme de l'Église catholique, § 1374, citant saint Thomas d'Aquin (Somme théologique III, q. 73, a. 3), le concile de Trente (DS 1651) et Paul VI (Mysterium fidei 39) : « sont contenus vraiment, réellement et substantiellement le Corps et le Sang conjointement avec l'âme et la divinité de notre Seigneur Jésus-Christ, et, par conséquent, le Christ tout entier. »
6 50 51Catéchisme de l'Église catholique, § 1322, Mame/Plon, 1992 (texte officiel français, vatican.va) : « La Sainte Eucharistie achève l'initiation chrétienne. Ceux qui ont été élevés à la dignité du sacerdoce royal par le baptême et configurés plus profondément au Christ par la confirmation, ceux-là, par le moyen de l'Eucharistie, participent avec toute la communauté au sacrifice même du Seigneur. »
7Catéchisme de l'Église catholique, § 1327, citant saint Irénée de Lyon, Adversus hæreses IV, 18, 5 : « Bref, l'Eucharistie est le résumé et la somme de notre foi : "Notre manière de penser s'accorde avec l'Eucharistie, et l'Eucharistie en retour confirme notre manière de penser." »
8Jean-Paul II, lettre encyclique Ecclesia de Eucharistia (17 avril 2003), n° 1, vatican.va : « L'Église vit de l'Eucharistie (Ecclesia de Eucharistia vivit). Cette vérité n'exprime pas seulement une expérience quotidienne de foi, mais elle renferme en synthèse le cœur du mystère de l'Église. »
9Catéchisme de l'Église catholique, § 1358 : « Il nous faut donc considérer l'Eucharistie comme action de grâce et louange au Père, comme mémorial sacrificiel du Christ et de son Corps, comme présence du Christ par la puissance de sa Parole et de son Esprit. »
10Catéchisme de l'Église catholique, § 1329 : noms Repas du Seigneur (1 Co 11, 20), Fraction du pain (Mt 26, 26 ; Lc 24, 13-35 ; Ac 2, 42.46), Assemblée eucharistique (synaxis, 1 Co 11, 17-34).
13 14Catéchisme de l'Église catholique, § 1330 : Mémorial, Saint Sacrifice / saint sacrifice de la messe, « sacrifice de louange » (He 13, 15), « sacrifice pur » (Ml 1, 11) ; Sainte et divine Liturgie, Très Saint Sacrement, « le sacrement des sacrements. »
15 18Catéchisme de l'Église catholique, § 1332 : Sainte Messe, du latin missio (envoi), « afin qu'ils accomplissent la volonté de Dieu dans leur vie quotidienne. »
16Catéchisme de l'Église catholique, § 1331 : Communion (1 Co 10, 16-17) ; « les choses saintes » (ta hagia) ; « pain des anges, pain du ciel, médicament d'immortalité » (saint Ignace d'Antioche, Aux Éphésiens 20, 2), viatique.
17 19Catéchisme de l'Église catholique, § 1338 : « Les trois évangiles synoptiques et S. Paul nous ont transmis le récit de l'institution de l'Eucharistie ; de son côté, S. Jean rapporte les paroles de Jésus dans la synagogue de Capharnaüm… Le Christ se désigne comme le pain de vie, descendu du ciel (cf. Jn 6). »
20 25Catéchisme de l'Église catholique, § 1339, citant Lc 22, 19-20 (cf. Mt 26, 17-29 ; Mc 14, 12-25 ; 1 Co 11, 23-26) : « Ceci est mon Corps, qui va être donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi… Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon Sang, qui va être versé pour vous. »
21Catéchisme de l'Église catholique, § 1341 : le commandement « Faites ceci en mémoire de moi » « vise la célébration liturgique, par les apôtres et leurs successeurs, du mémorial du Christ, de sa vie, de sa mort, de sa résurrection et de son intercession auprès du Père. »
22Catéchisme de l'Église catholique, § 1342, citant Ac 2, 42.46 : les premiers chrétiens « se montraient assidus à l'enseignement des apôtres, fidèles à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. »
23Catéchisme de l'Église catholique, § 1343 : « C'était surtout "le premier jour de la semaine", c'est-à-dire le jour du dimanche, le jour de la résurrection de Jésus, que les chrétiens se réunissaient "pour rompre le pain" (Ac 20, 7). »
24Catéchisme de l'Église catholique, § 1336, citant Jn 6, 60.67-68 : « Ce langage-là est trop fort ! Qui peut l'écouter ?… L'Eucharistie et la croix sont des pierres d'achoppement. C'est le même mystère, et il ne cesse d'être occasion de division. "Voulez-vous partir, vous aussi ?" »
26Catéchisme de l'Église catholique, § 1333 : « Au cœur de la célébration de l'Eucharistie il y a le pain et le vin qui, par les paroles du Christ et par l'invocation de l'Esprit Saint, deviennent le Corps et le Sang du Christ. » L'Église voit dans le geste de Melchisédech (Gn 14, 18) « une préfiguration de sa propre offrande » (Canon romain).
27 33 34Catéchisme de l'Église catholique, § 1334 : le pain et le vin dans l'Ancienne Alliance, les pains azymes de la Pâque, la manne (Dt 8, 3), la « coupe de bénédiction » (1 Co 10, 16) et sa dimension eschatologique. « Jésus a institué son Eucharistie en donnant un sens nouveau et définitif à la bénédiction du pain et de la coupe. »
28 29 31Catéchisme de l'Église catholique, § 1335 : les multiplications des pains (Mt 14, 13-21 ; 15, 32-39) et l'eau changée en vin à Cana (Jn 2, 11) « préfigurent la surabondance de cet unique pain de son Eucharistie. »
30Catéchisme de l'Église catholique, § 1412 : « Les signes essentiels du sacrement eucharistique sont le pain de blé et le vin du vignoble, sur lesquels est invoquée la bénédiction de l'Esprit Saint et le prêtre prononce les paroles de la consécration dites par Jésus pendant la dernière cène. »
32 35Catéchisme de l'Église catholique, § 1353 : l'épiclèse (demande de l'Esprit Saint sur le pain et le vin) et le récit de l'institution, où « la force des paroles et de l'action du Christ, et la puissance de l'Esprit Saint, rendent sacramentellement présents sous les espèces du pain et du vin son Corps et son Sang. »
36 37Catéchisme de l'Église catholique, § 1375, citant saint Jean Chrysostome (De proditione Judae 1, 6 : PG 49, 380) et saint Ambroise (De mysteriis 9, 50.52 : PL 16, 405-406) : « Ce n'est pas l'homme qui fait que les choses offertes deviennent Corps et Sang du Christ, mais le Christ lui-même… "Ceci est mon Corps" : cette parole transforme les choses offertes. »
38 54Catéchisme de l'Église catholique, § 1363 : « Dans le sens de l'Écriture Sainte le mémorial n'est pas seulement le souvenir des événements du passé, mais la proclamation des merveilles que Dieu a accomplies pour les hommes (cf. Ex 13, 3). Dans la célébration liturgique de ces événements, ils deviennent d'une certaine façon présents et actuels. »
39Catéchisme de l'Église catholique, § 1364, citant Lumen gentium 3 et He 7, 25-27 : « Le sacrifice que le Christ a offert une fois pour toutes sur la Croix demeure toujours actuel… "Toutes les fois que le sacrifice de la croix… se célèbre sur l'autel, l'œuvre de notre rédemption s'opère." »
40Catéchisme de l'Église catholique, § 1365, citant Lc 22, 19-20 et Mt 26, 28 : « Le caractère sacrificiel de l'Eucharistie est manifesté dans les paroles mêmes de l'institution : "Ceci est mon Corps qui va être donné pour vous" et "Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon Sang, qui va être versé pour vous." »
41Catéchisme de l'Église catholique, § 1366, citant le concile de Trente (DS 1740) : l'Eucharistie est un sacrifice « parce qu'elle représente (rend présent) le sacrifice de la croix, parce qu'elle en est le mémorial et parce qu'elle en applique le fruit. »
42Catéchisme de l'Église catholique, § 1367, citant le concile de Trente, session XXII (1562), Doctrina de ss. Missae sacrificio, c. 2 (DS 1743) : « C'est une seule et même victime, c'est le même qui offre maintenant par le ministère des prêtres, qui s'est offert lui-même alors sur la Croix : seule la manière d'offrir diffère… ce sacrifice est vraiment propitiatoire. »
43 44Catéchisme de l'Église catholique, § 1368 : « L'Eucharistie est également le sacrifice de l'Église. L'Église, qui est le Corps du Christ, participe à l'offrande de son Chef. Avec Lui, elle est offerte elle-même tout entière… La vie des fidèles, leur louange, leur souffrance, leur prière, leur travail, sont unis à ceux du Christ… et acquièrent ainsi une valeur nouvelle. »
45 46Catéchisme de l'Église catholique, § 1371, citant le concile de Trente (DS 1743) et saint Augustin, Confessions IX, 11, 27 : le sacrifice eucharistique offert « pour les fidèles défunts qui sont morts dans le Christ et ne sont pas encore pleinement purifiés » ; parole de sainte Monique : « souvenez-vous de moi à l'autel du Seigneur. »
47 48Catéchisme de l'Église catholique, § 1373, citant Sacrosanctum concilium 7, Rm 8, 34, Mt 18, 20, Mt 25, 31-46 : le Christ présent de multiples manières, « mais au plus haut point sous les espèces eucharistiques. »
49IVe concile du Latran (1215), constitution Firmiter credimus (cap. 1, De fide catholica), premier emploi officiel du verbe transsubstantiatis dans un texte d'un concile œcuménique pour désigner le changement opéré à la consécration. Le terme sera repris et défini au concile de Trente (DS 1642). Cf. CEC § 1376.
52Catéchisme de l'Église catholique, § 1376, citant le concile de Trente, session XIII (1551), DS 1642 : « par la consécration du pain et du vin s'opère le changement de toute la substance du pain en la substance du Corps du Christ… ce changement, l'Église catholique l'a justement et exactement appelé transsubstantiation. »
53Catéchisme de l'Église catholique, § 1377, citant le concile de Trente (DS 1641) : « La présence eucharistique du Christ commence au moment de la consécration et dure aussi longtemps que les espèces eucharistiques subsistent. Le Christ est tout entier présent dans chacune des espèces et tout entier dans chacune de leurs parties. »
55 57Catéchisme de l'Église catholique, § 1390, citant l'IGMR 240 : « Grâce à la présence sacramentelle du Christ sous chacune des espèces, la communion à la seule espèce du pain permet de recevoir tout le fruit de grâce de l'Eucharistie. »
56(source introuvable : cec-1418)
58Catéchisme de l'Église catholique, § 1378, citant Paul VI (Mysterium fidei 56) : le culte d'adoration rendu à l'Eucharistie « non seulement durant la messe, mais aussi en dehors de sa célébration : en conservant avec le plus grand soin les hosties consacrées… en les portant en procession. »
59Catéchisme de l'Église catholique, § 1381, citant saint Thomas d'Aquin (Somme théologique III, q. 75, a. 1) et l'hymne Adoro te devote : « Je T'adore profondément, divinité cachée, vraiment présente sous ces apparences… La vue, le goût, le toucher ne T'atteignent pas : à ce qu'on entend dire seulement il faut se fier ; je crois tout ce qu'a dit le Fils de Dieu. »
60Catéchisme de l'Église catholique, § 1382 : « La célébration du sacrifice eucharistique est toute orientée vers l'union intime des fidèles au Christ par la communion. Communier, c'est recevoir le Christ lui-même qui s'est offert pour nous. »
61Véra Grita, Porte-moi avec toi ! L'Œuvre des Tabernacles Vivants dans les manuscrits originaux de Véra Grita, textes présentés par François-Marie Léthel et Roberto Carelli, trad. Morand Wirth, Elledici, Turin, 2017, p. 285. Paroles présentées comme dites par Jésus (février 1969) : « Moi en toi, comme dans le saint Sacrifice où l'eau est unie au vin : une seule chose. » Révélation privée sans reconnaissance de l'Église, citée comme illustration et non comme preuve doctrinale.
62Catéchisme de l'Église catholique, § 1384, citant Jn 6, 53 : « Si vous ne mangez la Chair du Fils de l'homme et ne buvez son Sang, vous n'aurez pas la vie en vous. »
63Catéchisme de l'Église catholique, § 1385, citant 1 Co 11, 27-29 : exhortation de saint Paul à l'examen de conscience ; « Celui qui est conscient d'un péché grave doit recevoir le sacrement de la Réconciliation avant d'accéder à la communion. »
64Catéchisme de l'Église catholique, § 1415 : « Celui qui veut recevoir le Christ dans la Communion eucharistique doit se trouver en état de grâce. Si quelqu'un a conscience d'avoir péché mortellement, il ne doit pas accéder à l'Eucharistie sans avoir reçu préalablement l'absolution dans le sacrement de Pénitence. »
65Catéchisme de l'Église catholique, § 1387, citant le Code de droit canonique, can. 919 : « Pour se préparer convenablement à recevoir ce sacrement, les fidèles observeront le jeûne prescrit dans leur Église. L'attitude corporelle (gestes, vêtement) traduira le respect, la solennité, la joie de ce moment. »
66Catéchisme de l'Église catholique, § 1386, citant Mt 8, 8 : « Domine, non sum dignus… — Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir, mais dis seulement une parole et je serai guéri. »
67Catéchisme de l'Église catholique, § 1389, citant CIC can. 920 : « L'Église fait obligation aux fidèles… de recevoir au moins une fois par an l'Eucharistie, si possible au temps pascal… Mais l'Église recommande vivement de recevoir la sainte Eucharistie les dimanches et les jours de fête, ou plus souvent encore, même tous les jours. »
68 69Catéchisme de l'Église catholique, § 1388, citant Sacrosanctum concilium 55 et CIC can. 917 : il est conforme au sens de l'Eucharistie que les fidèles communient lorsqu'ils participent à la messe ; ils peuvent recevoir la communion deux fois le même jour.
70Catéchisme de l'Église catholique, § 1391, citant Jn 6, 56-57 : « La communion accroît notre union au Christ… "Qui mange ma Chair et boit mon Sang demeure en moi et moi en lui." »
71Catéchisme de l'Église catholique, § 1392, citant Presbyterorum ordinis 5 : la communion « conserve, accroît et renouvelle la vie de grâce reçue au Baptême », pain du pèlerinage jusqu'au viatique.
72Catéchisme de l'Église catholique, § 1393, citant saint Ambroise (De sacramentis 4, 28 : PL 16, 446) : « La communion nous sépare du péché… l'Eucharistie ne peut pas nous unir au Christ sans nous purifier en même temps des péchés commis. »
73Catéchisme de l'Église catholique, § 1394, citant le concile de Trente (DS 1638) : « comme la nourriture corporelle sert à restaurer la perte des forces, l'Eucharistie fortifie la charité… et cette charité vivifiée efface les péchés véniels. »
74Catéchisme de l'Église catholique, § 1395 : « Par la même charité qu'elle allume en nous, l'Eucharistie nous préserve des péchés mortels futurs… L'Eucharistie n'est pas ordonnée au pardon des péchés mortels. Ceci est propre au sacrement de la Réconciliation. »
75 76Catéchisme de l'Église catholique, § 1396, citant 1 Co 10, 16-17, 1 Co 12, 13 et saint Augustin (Sermon 272 : PL 38, 1247) : « L'unité du Corps mystique : l'Eucharistie fait l'Église… Sois donc un membre du Christ pour que soit vrai ton Amen. »
77 86Catéchisme de l'Église catholique, § 1397, citant Mt 25, 40 et saint Jean Chrysostome (In 1 Cor. hom. 27, 4 : PG 61, 229-230) : « L'Eucharistie engage envers les pauvres : pour recevoir dans la vérité le Corps et le Sang du Christ livrés pour nous, nous devons reconnaître le Christ dans les plus pauvres. »
78Véra Grita, Porte-Moi avec toi !, textes présentés par François-Marie Léthel et Roberto Carelli, trad. Morand Wirth (Elledici, Turin, 2017), p. 161. Paroles présentées comme dites par Jésus : « Portez-moi avec vous, portez-moi dehors : que ma Présence Eucharistique répande sur l'humanité Foi, Amour, Paix. » Révélation privée sans reconnaissance de l'Église, citée comme illustration et non comme preuve doctrinale.
79Catéchisme de l'Église catholique, § 1411 : « Seuls les prêtres validement ordonnés peuvent présider l'Eucharistie et consacrer le pain et le vin pour qu'ils deviennent le Corps et le Sang du Seigneur. »
80Catéchisme de l'Église catholique, § 1348 : « A sa tête le Christ lui-même qui est l'acteur principal de l'Eucharistie. Il est le grand prêtre de la Nouvelle Alliance… C'est en Le représentant que l'évêque ou le prêtre (agissant "in persona Christi capitis") préside l'assemblée… le peuple tout entier dont l'Amen manifeste la participation. »
81 84Catéchisme de l'Église catholique, § 1369, citant saint Ignace d'Antioche, Aux Smyrniotes 8, 1, et Presbyterorum ordinis 2 : responsabilité de l'évêque et du pape sur l'Eucharistie ; « Que cette eucharistie seule soit regardée comme légitime, qui se fait sous la présidence de l'évêque ou de celui qu'il en a chargé. »
82 83Catéchisme de l'Église catholique, § 1398, citant saint Augustin (In Evangelium Ioannis tractatus 26, 6, 13) et Sacrosanctum concilium 47 : « Ô sacrement de la piété ! Ô signe de l'unité ! Ô lien de la charité ! »
85Catéchisme de l'Église catholique, § 1399, citant Unitatis redintegratio 15 et CIC can. 844 § 3 : les Églises orientales « ont de vrais sacrements — principalement, en vertu de la succession apostolique : le Sacerdoce et l'Eucharistie », rendant possible une certaine communion in sacris.
87Catéchisme de l'Église catholique, § 1400, citant Unitatis redintegratio 22 : « Les communautés ecclésiales issues de la Réforme… en raison surtout de l'absence du sacrement de l'Ordre, n'ont pas conservé la substance propre et intégrale du mystère eucharistique. »
88Catéchisme de l'Église catholique, § 1401, citant CIC can. 844 § 4 : en cas de nécessité grave, les ministres catholiques peuvent administrer les sacrements à d'autres chrétiens qui les demandent librement, professent la foi catholique sur ces sacrements et ont les dispositions requises.
89Catéchisme de l'Église catholique, § 1402, citant l'antienne O sacrum convivium (office du Saint-Sacrement) : « Ô banquet sacré où le Christ est notre aliment, où est ravivé le souvenir de sa passion, où la grâce emplit notre âme, où nous est donné le gage de la vie à venir. »
90 91Catéchisme de l'Église catholique, § 1403, citant Mt 26, 29, 1 Co 16, 22 et Ap 22, 20 : le regard tourné vers « le vin nouveau dans le Royaume » et l'appel « Marana tha — Viens, Seigneur Jésus. »
92Catéchisme de l'Église catholique, § 1405, citant Lumen gentium 3 et saint Ignace d'Antioche (Aux Éphésiens 20, 2) : « De cette grande espérance… nous n'avons pas de gage plus sûr, de signe plus manifeste que l'Eucharistie… remède d'immortalité, antidote pour ne pas mourir, mais pour vivre en Jésus-Christ pour toujours. »
93 94Bulle Transiturus de hoc mundo du pape Urbain IV (1264), instituant la fête du Saint-Sacrement (Fête-Dieu) pour l'Église universelle, fixée au jeudi après l'octave de la Pentecôte, à la suite des visions de sainte Julienne de Cornillon (Liège) et du miracle eucharistique de Bolsena (1263). Saint Thomas d'Aquin composa l'office de la fête (séquence Lauda Sion, hymnes Pange lingua, Adoro te devote).
95 96Catéchisme de l'Église catholique, § 1380, citant Jean-Paul II, lettre Dominicæ cenæ 3 (1980) : « L'Église et le monde ont un grand besoin du culte eucharistique. Jésus nous attend dans ce sacrement de l'amour… Que ne cesse jamais notre adoration. »
97L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 3, 1er mai 1900 : « Si l'Eucharistie est un gage de gloire future, la croix est la monnaie avec laquelle acheter cette gloire. La croix et l'Eucharistie sont pour ainsi dire complémentaires… L'Eucharistie est le baume qui prévient la corruption. Elle est comme ces herbes aromatiques qui, lorsque les cadavres en sont oints, ils sont préservés de la corruption. Elle donne l'immortalité à l'âme et au corps. » Sur la place centrale de l'Eucharistie et de la communion quotidienne dans la vie de la servante de Dieu Luisa Piccarreta (1865-1947), voir le dossier biographique Luisa Piccarreta et Le Livre du Ciel.
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