Les erreurs fréquentes concernant la communion fréquente

La communion fréquente est le désir le plus cher du Christ et de l'Église, et l'une des pratiques les plus longtemps découragées : on la croit une banalisation du sacrement, un privilège des parfaits, une récompense des bons, ou bien on communie machinalement sans état de grâce. Passage en revue des contresens les plus courants — du rigorisme janséniste au laxisme — et de ce que l'Église enseigne vraiment depuis saint Pie X : non pas une récompense des parfaits, mais un remède pour les faibles, ouvert à tous les fidèles qui s'approchent en état de grâce et d'un cœur droit.

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La communion fréquente est la réception habituelle — jusqu'à quotidienne — du Corps et du Sang du Christ dans la sainte communion. C'est le désir le plus cher du Christ et de l'Église ; c'est aussi l'une des pratiques les plus longtemps découragées, et aujourd'hui encore l'une des plus mal comprises. Pendant des siècles, on a tenu pour pieux de communier rarement, par crainte d'indignité ; à l'inverse, on communie parfois aujourd'hui machinalement, sans examen ni préparation. Entre ces deux excès, la vérité catholique s'est trouvée à plusieurs reprises trahie.

Le tournant décisif porte une date et un nom : le 20 décembre 1905, le décret Sacra Tridentina Synodus de saint Pie X rouvre la communion fréquente et quotidienne à tous les fidèles, « de tout ordre et de toute condition », contre le poison du rigorisme janséniste qui en avait éloigné les âmes sous prétexte de respect[4] [5]. Le pape ne pose que deux conditions : l'état de grâce et la droite intention[6]. Ni perfection, ni longues pénitences, ni sentiment : la communion fréquente est offerte aux pécheurs qui se convertissent, parce qu'elle est « un remède pour les faibles, non une récompense pour les parfaits »[7].

Douze erreurs, trois racines — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Cet article recense les erreurs les plus fréquentes sur la communion fréquente, regroupées selon qu'elles portent sur la dignité requise, sur les conditions de la réception, ou sur la fréquence et ses fruits. Pour chacune, il énonce l'erreur dans sa formulation courante, montre pourquoi elle séduit, pourquoi elle est fausse, puis rappelle ce que l'Église enseigne vraiment, citations à l'appui. Il ne s'agit ni d'un guide pratique — pour les moyens concrets d'y grandir, voir Comment grandir dans la communion fréquente —, ni d'un florilège — pour la voix propre des saints, Que disent les saints sur la communion fréquente —, ni d'un exposé de la présence réelle — L'Eucharistie : la présence réelle. Ici, on déblaie le terrain : on apprend à reconnaître les fausses idées pour mieux recevoir le vrai trésor.

Pourquoi la communion fréquente est-elle si mal comprise ?

L'ombre longue du jansénisme

Pour comprendre les contresens sur la communion fréquente, il faut remonter à une blessure historique. Au XVIIᵉ siècle, le jansénisme — courant rigoriste né autour de l'abbaye de Port-Royal — exalta une telle exigence de pureté avant la communion qu'il en éloigna pratiquement les fidèles. Son ouvrage emblématique, De la fréquente communion d'Antoine Arnauld (1643), demandait de longues pénitences et le report de l'absolution, et présentait la communion espacée comme la marque d'un plus grand respect[8]. L'effet fut durable : pendant deux siècles et demi, communier une fois l'an, à Pâques, parut à beaucoup la norme du bon chrétien, et communier souvent une présomption de tiède.

Or ce « respect » était un piège. Le décret de saint Pie X le nomme sans détour :

« Le poison du jansénisme, qui, sous prétexte de rendre à l'Eucharistie l'honneur et la révérence qui lui sont dus, avait infecté l'esprit même des bons. » — Saint Pie X, décret Sacra Tridentina Synodus, préambule (1905)[9]

C'est cette ombre qui plane encore sur la plupart des erreurs traitées plus bas. « Il faut être digne », « mieux vaut rarement mais bien », « la communion est une récompense » : autant de formules qui ont l'air de la piété, mais qui sont en réalité les survivances d'un rigorisme que l'Église a explicitement condamné. Reconnaître la racine janséniste de ces objections, c'est déjà à moitié les désamorcer.

Un sacrement pris entre le rigorisme et le laxisme

Entre rigorisme et laxisme — infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'autre difficulté est qu'il existe deux erreurs symétriques, et qu'à fuir l'une on tombe souvent dans l'autre. D'un côté, le rigorisme : exiger une pureté que personne n'atteint, et donc s'abstenir. De l'autre, le laxisme : communier sans examen, en état de péché grave, « parce qu'on est à la messe ». La vérité catholique tient les deux bouts : elle écarte la peur excessive et la légèreté.

De la communion rare à la communion fréquente — infographie originale Ignispedia créée par IA.

C'est pourquoi saint Pie X a fixé une mesure exacte, ni trop haute ni trop basse : « il suffit » d'être « exempt de péché mortel, avec le propos de ne plus jamais pécher »[10]. Pas davantage : l'absence de tout péché véniel serait souhaitable, mais n'est pas requise. Pas moins non plus : l'état de grâce, lui, est indispensable, car « celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit sa propre condamnation »[11]. Tout l'enjeu de cet article est de tenir cette ligne de crête : relever les âmes que le rigorisme a découragées, sans encourager la communion sacrilège que le laxisme banalise.

Les erreurs sur la dignité requise

« Communier souvent, c'est banaliser le sacrement »

Première objection, héritée en droite ligne du jansénisme : recevoir l'Eucharistie chaque jour ferait perdre le sens du sacré ; à force de communier, on s'habituerait, on perdrait la crainte révérencielle, et l'on traiterait à la légère le plus grand des mystères. On espace donc la communion « pour mieux la respecter ». L'erreur séduit parce qu'elle se pare de délicatesse : elle paraît défendre l'honneur de Dieu.

Mais la logique est fausse. On ne respecte pas un remède en le prenant moins souvent qu'il ne le faut, ni un pain en jeûnant. Le Christ n'a pas institué l'Eucharistie comme une relique à contempler de loin, mais comme une nourriture à recevoir : « Ma chair est la vraie nourriture […]. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi »[12]. Et il l'a placée au cœur de la prière quotidienne : « Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour »[13], que la Tradition lit comme le pain eucharistique. Saint Ambroise tranche l'objection d'un mot :

« Si c'est un pain quotidien, pourquoi le prends-tu seulement après un an ? […] Reçois chaque jour ce qui te profite chaque jour. » — Saint Ambroise, Des sacrements, V, 4, 26[14]

La vraie révérence n'est donc pas de s'abstenir, mais de venir souvent et bien préparé. La familiarité avec Dieu n'use pas le sacré : elle l'approfondit. Ce qui banaliserait l'Eucharistie, ce n'est pas de la recevoir chaque jour avec foi, c'est de la recevoir sans préparation ni action de grâce — défaut réel, traité plus bas, mais qui se corrige par une meilleure disposition, non par l'éloignement.

« Il faut être pur et digne pour communier souvent »

Variante plus profonde, et la plus typiquement janséniste : la communion fréquente serait réservée à ceux qui ont atteint une grande pureté ; tant qu'on se sent pécheur, imparfait, tiède, mieux vaudrait s'abstenir et attendre de « devenir digne ». L'erreur séduit parce qu'elle flatte l'humilité : qui suis-je pour m'approcher si souvent ?

Or aucune dignité personnelle ne rend jamais « digne » de recevoir Dieu : la liturgie elle-même fait dire à tous, le saint comme le pécheur, « Seigneur, je ne suis pas digne de te recevoir ». La seule disposition exigée n'est pas la perfection, mais l'état de grâce. Saint Pie X l'a établi en termes d'une précision juridique :

« Bien qu'il soit très souhaitable que ceux qui communient fréquemment et chaque jour soient exempts des péchés véniels, au moins pleinement délibérés, il suffit néanmoins qu'ils soient exempts des fautes mortelles, avec le propos de ne plus jamais pécher. » — Saint Pie X, Sacra Tridentina, décret 3 (1905)[15]

Attendre d'être « digne » pour communier souvent, c'est inverser l'ordre : on ne devient pas pur pour communier, on communie pour devenir pur. Saint François de Sales l'avait dit avec finesse : il faut que deux sortes de personnes communient souvent, « les forts, afin qu'ils ne deviennent point faibles, et les faibles, afin qu'ils deviennent forts »[16]. La communion n'est pas la médaille des arrivés ; elle est le pain de ceux qui marchent. Sur les moyens de progresser dans cette disposition, voir Comment grandir dans la communion fréquente.

« La communion est une récompense pour les bons, pas un remède pour les pécheurs »

Erreur jumelle, mais qui touche la finalité du sacrement : l'Eucharistie serait un prix décerné à la vertu, le couronnement des justes ; le pécheur, lui, devrait d'abord se corriger par ses propres forces avant d'y avoir droit. On fait alors de la communion l'aboutissement de la sainteté, non son moyen. L'erreur séduit parce qu'elle paraît logique : on ne donne pas le trophée avant la course.

Mais c'est précisément renverser l'intention du Christ, qui a institué son sacrement « comme un antidote ». Le concile de Trente le définit ainsi :

« [Le Christ a voulu] que ce sacrement fût reçu comme l'aliment spirituel des âmes […] et comme un antidote qui nous délivre des fautes quotidiennes et nous préserve des péchés mortels. » — Concile de Trente, session XIII (1551), chapitre 2[17]

Un antidote ne se réserve pas aux bien-portants : il se donne aux malades. Le pape François a redit cette vérité ancienne en une formule devenue célèbre :

« L'Eucharistie, bien qu'elle soit la plénitude de la vie sacramentelle, n'est pas une récompense réservée aux parfaits, mais un remède généreux et un aliment pour les faibles. » — Pape François, exhortation Evangelii gaudium, § 47 (2013)[18]

Cela ne signifie évidemment pas que l'on puisse communier en état de péché mortel — l'antidote suppose la vie, et le péché grave la tue (voir plus bas). Mais pour le juste imparfait, pour le pécheur relevé par l'absolution, pour l'âme faible qui lutte, la communion fréquente n'est pas une présomption : elle est le remède même que le Médecin a prescrit. Saint Ignace d'Antioche, dès le début du IIᵉ siècle, l'appelait déjà « le remède d'immortalité, l'antidote pour ne pas mourir »[19].

« Mieux vaut communier rarement mais bien que souvent et mal »

Objection plus subtile, et la plus difficile à déloger parce qu'elle contient une demi-vérité : la qualité de la disposition compte plus que le nombre des communions ; mieux vaudrait donc espacer pour communier avec plus de ferveur. On oppose alors la quantité à la qualité, comme si elles s'excluaient. L'erreur séduit parce qu'elle a l'air d'un sain réalisme spirituel.

Il est vrai que les dispositions comptent : le concile de Trente enseigne que le fruit du sacrement est d'autant plus grand que celui qui le reçoit est mieux disposé, et le décret de saint Pie X demande « une préparation soignée » et « une action de grâce convenable »[20]. Mais il est faux d'en conclure que la rareté produit la ferveur. C'est l'inverse : c'est en s'approchant souvent que l'âme se réchauffe, comme le feu entretenu plutôt que rallumé. Espacer volontairement la communion « pour mieux faire » aboutit le plus souvent à communier moins, et non mieux. Saint François de Sales soumet d'ailleurs la fréquence concrète, non à une règle abstraite de rareté, mais au discernement :

« Communiez souvent, le plus souvent que vous pourrez, avec l'avis de votre père spirituel. » — Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, IIᵉ partie, ch. 20-21[21]

Remède, pas récompense — infographie originale Ignispedia créée par IA.

La bonne formule n'est donc pas « rarement mais bien », mais « souvent et toujours mieux ». La fréquence n'est pas l'ennemie de la qualité : elle en est le terrain. Le vrai remède contre la communion machinale n'est pas d'en réduire le nombre, mais d'en soigner la préparation (voir Quelle est la bonne manière de recevoir la communion ?).

Les erreurs sur les conditions de la communion

« Du moment que je suis pratiquant, je peux toujours communier »

Voici l'erreur opposée, et la plus grave aujourd'hui : celle du laxisme. On communie par habitude, parce qu'on est à la messe et que « tout le monde y va », sans jamais se demander si l'on est en état de grâce. La conscience du péché mortel s'émousse ; on s'approche du sacrement le cœur partagé, voire en rupture avec Dieu. L'erreur séduit parce qu'elle est confortable : elle évite l'examen et la confession.

Or l'unique condition que le rigorisme exagérait, le laxisme la supprime — et c'est la seule qui soit vraiment obligatoire. Saint Paul a posé l'avertissement une fois pour toutes :

« Que chacun donc s'examine soi-même avant de manger de ce pain et de boire à cette coupe ; car celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit sa propre condamnation. » — Première lettre aux Corinthiens 11, 28-29[22]

Le Catéchisme en tire la règle pratique : « Quiconque a conscience d'avoir commis un péché mortel ne doit pas s'approcher de la sainte communion, même s'il éprouve une grande contrition, sans avoir reçu auparavant l'absolution sacramentelle »[23]. Le droit canonique le confirme : celui qui se sait en état de péché grave « ne communiera pas […] sans recourir auparavant à la confession sacramentelle »[24]. Communier souvent est un bien immense ; communier indignement est un sacrilège. La fréquence ne dispense jamais de l'état de grâce : elle le suppose. C'est pourquoi la communion fréquente va de pair avec la confession régulière, qui en restaure la condition (voir Les erreurs fréquentes concernant la contrition).

« Il faut se confesser avant chaque communion »

Erreur inverse, et fréquente chez les âmes scrupuleuses : on croirait que toute communion exige une confession préalable ; au moindre péché véniel, on n'ose plus s'approcher sans être passé au confessionnal. On finit par communier rarement, faute de pouvoir se confesser aussi souvent. L'erreur séduit parce qu'elle imite le respect — et l'on retombe, par un autre chemin, dans le découragement janséniste.

Or l'Église distingue nettement. La confession sacramentelle n'est obligatoire avant la communion que pour le péché mortel, non pour les péchés véniels :

« La confession des fautes quotidiennes (péchés véniels) n'est pas strictement nécessaire, mais elle est néanmoins vivement recommandée par l'Église. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1458[25]

Pour les fautes véniles, la communion elle-même est un remède : reçue avec foi, elle « fortifie la charité […] et cette charité vivifiée efface les péchés véniels »[26]. Un acte de contrition, le Je confesse à Dieu de la messe, le Seigneur, je ne suis pas digne suffisent à disposer l'âme. Exiger une confession avant chaque communion, c'est ajouter à la loi de l'Église un fardeau qu'elle ne met pas, et reconstruire l'obstacle même que saint Pie X a voulu abattre. La confession fréquente est un trésor pour qui veut grandir ; elle n'est pas une condition de chaque communion.

« Si je ne ressens rien, ma communion est ratée »

Erreur affective, et grande cause de découragement : on jugerait la valeur de la communion à ce qu'on éprouve. Une communion « réussie » serait celle où l'on a senti la paix, la douceur, la présence ; une communion « ratée », celle où l'on est resté sec, distrait, froid. L'erreur séduit parce qu'au début Dieu donne souvent des consolations sensibles qui aident à venir.

État de grâce et droite intention — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Mais la communion agit par la foi, non par le sentiment. Le Christ se donne tout entier, qu'on le ressente ou non ; son action dans l'âme — union, purification, force — ne dépend pas de l'émotion du moment, mais de la réalité du sacrement reçu en état de grâce. L'âme sèche qui communie par fidélité ne reçoit pas moins que l'âme consolée : souvent elle reçoit plus purement, parce qu'elle cherche Dieu pour lui-même et non pour ses douceurs. Sainte Thérèse d'Avila conseillait, après la communion, de « fermer les yeux du corps et d'ouvrir ceux de l'âme »[27] — c'est-à-dire de s'attacher à la présence crue, non à la sensation. Le même contresens, appliqué à la prière, est analysé dans Les erreurs fréquentes concernant l'oraison. La sécheresse n'est pas un échec : c'est souvent la communion de la foi nue.

Les erreurs sur la fréquence et ses fruits

« Communier tous les jours, c'est une exagération réservée aux prêtres et aux moines »

Erreur de réduction, très répandue : la communion quotidienne serait l'affaire du clergé, des religieux, des âmes consacrées ; le laïc, le parent, le travailleur, devraient s'en tenir au dimanche, voire à Pâques. On admire de loin ceux qui « ont le temps et la vocation », et l'on se croit dispensé. L'erreur séduit parce qu'elle est commode et qu'elle a l'apparence de l'humilité.

Or le décret de saint Pie X a précisément brisé cette barrière. La communion fréquente et quotidienne est ouverte à tous, sans distinction d'état :

« Que la réception fréquente et même quotidienne de la très sainte Eucharistie […] soit ouverte à tous les fidèles, de tout ordre et de toute condition, de sorte que personne, s'il est en état de grâce et s'approche de la sainte table avec une intention droite et pieuse, ne puisse en être écarté. » — Saint Pie X, Sacra Tridentina, décret 1 (1905)[28]

Ce « de tout ordre et de toute condition » vise expressément les laïcs, les mariés, les gens du commun, contre l'idée que la communion fréquente serait un luxe de cloître. Saint Pie X poussa la même logique jusqu'aux enfants, qu'il admit à la communion dès l'âge de raison par le décret Quam singulari (1910)[29], ce qui lui valut le titre de « pape de l'Eucharistie »[30]. L'Église ne se contente pas de permettre la communion fréquente : elle la « recommande vivement […], voire chaque jour »[31]. Loin d'être une exagération, la communion quotidienne est le désir même du Christ pour l'âme ordinaire qui le veut.

« À force de communier, cela devient une routine vide »

Objection réaliste, et qui touche un danger véritable : la répétition peut engendrer la mécanisation ; on communie « par habitude », distraitement, sans renouveler son cœur. On en conclut qu'il vaudrait mieux espacer pour retrouver de la ferveur. L'erreur séduit parce qu'elle part d'un constat juste — le risque de routine existe.

Mais le remède n'est pas la rareté, c'est la droite intention renouvelée. Saint Pie X, qui ouvrait la communion à tous, a justement précisé la disposition qui la garde vivante :

« La droite intention consiste en ceci : que celui qui s'approche de la sainte table le fasse non par routine, par vanité ou par respect humain, mais pour satisfaire au bon plaisir de Dieu, s'unir plus étroitement à lui par la charité, et porter remède à ses faiblesses et à ses défauts. » — Saint Pie X, Sacra Tridentina, décret 2 (1905)[32]

La routine n'est donc pas une conséquence inévitable de la fréquence : elle est un défaut d'intention, qui se corrige en ravivant le motif — non en réduisant le nombre. Une brève préparation, un regard de foi, un acte d'amour avant de s'approcher suffisent à rompre le pli machinal. C'est ce que le curé d'Ars obtenait de ses paroissiens en leur faisant « aviser » le tabernacle. La communion quotidienne d'un saint n'est jamais une routine : c'est un rendez-vous toujours neuf. Sur la manière concrète d'entretenir cette ferveur, voir Comment grandir dans la communion fréquente.

« Communier souvent suffit : le sacrement fait tout »

Erreur de présomption, à l'opposé de la précédente : puisque le sacrement agit « par lui-même » (ex opere operato), il suffirait de communier souvent pour devenir saint, sans effort personnel ni conversion. On attend de la fréquence un résultat quasi automatique. L'erreur séduit parce qu'elle s'appuie sur une vérité — l'efficacité objective du sacrement — pour en tirer une conséquence fausse.

Il est vrai que les sacrements produisent leur grâce « par le fait même » qu'ils sont accomplis ; mais cette grâce porte d'autant plus de fruit que les dispositions sont meilleures. Le décret de saint Pie X l'énonce sans ambiguïté :

« Bien que les sacrements de la Loi nouvelle produisent leur effet par le fait même qu'ils sont accomplis (ex opere operato), ils produisent néanmoins un effet d'autant plus grand que les dispositions de celui qui les reçoit sont meilleures ; c'est pourquoi il faut veiller à ce qu'une préparation soignée précède la sainte communion, et qu'une action de grâce convenable la suive. » — Saint Pie X, Sacra Tridentina, décret 4 (1905)[33]

Le sacrement agit, l’âme coopère — infographie originale Ignispedia créée par IA.

La communion fréquente n'est donc pas une machine à sainteté qui dispenserait de coopérer : elle est une source dont le débit dépend de l'ouverture du cœur. Recevoir le Christ chaque jour sans jamais lutter contre ses péchés, sans prière ni charité, c'est laisser le remède sans effet. Le sacrement fait sa part — il donne réellement le Christ ; il attend la nôtre — l'accueil d'une âme qui se convertit. C'est l'union des deux qui sanctifie.

« La communion spirituelle ne sert à rien »

Les trois manières de recevoir — infographie originale Ignispedia créée par IA.

Dernière erreur, par défaut cette fois : seule compterait la communion sacramentelle ; le désir d'union au Christ, quand on ne peut pas communier réellement — par empêchement, distance, ou parce qu'on a déjà communié —, serait sans valeur. On néglige alors la communion spirituelle comme un pis-aller inutile. L'erreur séduit parce qu'elle paraît défendre le réalisme du sacrement.

Saint Pie X (1835-1914), le pape de l’Eucharistie, auteur de Sacra Tridentina Synodus (1905). Photographie du domaine public, Wikimedia Commons.

Mais le concile de Trente distingue expressément trois manières de recevoir l'Eucharistie : sacramentellement seulement (les pécheurs, qui reçoivent l'hostie sans le fruit), spirituellement seulement (ceux qui, « mangeant en désir ce pain céleste, par une foi vive qui opère par la charité, en ressentent le fruit et l'utilité »), et les deux à la fois (les bien disposés)[34]. La communion spirituelle — ce désir ardent d'unir son âme au Christ — produit donc, par la foi et la charité, un fruit réel. Les saints l'ont pratiquée sans cesse : sainte Thérèse d'Avila, saint Alphonse de Liguori la recommandaient à toute heure. Elle ne remplace pas la communion sacramentelle, qu'elle prépare et prolonge, mais elle nourrit l'âme entre deux communions et étend à toute la journée le désir de l'Eucharistie. Loin d'être inutile, elle est le souffle qui maintient le cœur tourné vers la table sainte (voir Que disent les saints sur la communion fréquente).

L'erreur et la vérité, en un coup d'œil

Le tableau ci-dessous récapitule les contresens parcourus : à gauche, l'erreur dans sa formulation courante ; au centre, ce qui la rend fausse ; à droite, ce que l'Église enseigne réellement, avec sa source. Il se lit ligne par ligne, comme un antidote rapide aux idées reçues.

L'erreur courantePourquoi c'est fauxCe que l'Église enseigne
Communier souvent banalise le sacrementL'Eucharistie est une nourriture, non une relique à contempler de loin« Reçois chaque jour ce qui te profite chaque jour » (saint Ambroise)[35]
Il faut être pur et digne pour communier souventOn ne devient pas pur pour communier, on communie pour devenir pur« Il suffit qu'ils soient exempts des fautes mortelles » (Pie X, décret 3)[36]
La communion est une récompense des bonsC'est un antidote, donné aux malades« Non une récompense des parfaits, mais un remède pour les faibles » (pape François)[37]
Mieux vaut rarement mais bienC'est en s'approchant souvent que l'âme se réchauffe« Communiez souvent, le plus souvent que vous pourrez » (saint François de Sales)[38]
Pratiquant, je peux toujours communierLe péché mortel rend la communion sacrilège« Que chacun s'examine […] avant de manger de ce pain » (1 Co 11, 28)[39]
Il faut se confesser avant chaque communionLa confession n'est requise que pour le péché mortelLa confession des véniels « n'est pas strictement nécessaire » (CEC § 1458)[40]
Si je ne ressens rien, c'est ratéLa communion agit par la foi, non par le sentiment« Ouvrir les yeux de l'âme » après la communion (sainte Thérèse d'Avila)[41]
La communion quotidienne est réservée au clergéElle est ouverte à tous les baptisés« À tous les fidèles, de tout ordre et de toute condition » (Pie X, décret 1)[42]
À force de communier, c'est une routine videLa routine est un défaut d'intention, pas une fatalité de la fréquenceCommunier « non par routine […] mais pour plaire à Dieu » (Pie X, décret 2)[43]
Communier souvent suffit, le sacrement fait toutLa grâce porte plus de fruit selon les dispositionsEffet « d'autant plus grand que les dispositions sont meilleures » (Pie X, décret 4)[44]
La communion spirituelle ne sert à rienPar la foi et la charité, elle produit un fruit réelTrois manières de recevoir : sacramentelle, spirituelle, les deux (Trente, sess. XIII, ch. 8)[45]

La vraie communion fréquente, en un mot

Au terme de ce parcours, la vraie communion fréquente se laisse définir par contraste avec tout ce qu'elle n'est pas. Elle n'est pas une banalisation du sacrement, mais sa réception comme pain quotidien de l'âme ; pas un privilège des parfaits, mais le remède des faibles ; pas une récompense de la vertu, mais l'antidote du pécheur qui se relève ; pas un « rarement mais bien », mais un « souvent et toujours mieux » ; pas un droit acquis qui dispenserait de l'état de grâce, mais un don qui le suppose ; pas un fardeau de confessions multipliées, mais une réception qui efface elle-même les fautes véniles ; pas une émotion à ressentir, mais un acte de foi qui tient dans la sécheresse ; pas une affaire de prêtres et de moines, mais le bien de tout baptisé ; pas une routine machinale, mais un rendez-vous d'amour toujours neuf ; pas une machine à sainteté qui ferait tout sans nous, mais une source dont le fruit dépend de notre accueil ; pas une pratique qui mépriserait le désir, mais l'union réelle que la communion spirituelle prolonge.

En un mot de saint Pie X, qui a libéré les âmes de l'ombre janséniste : que la communion fréquente « soit ouverte à tous les fidèles, de tout ordre et de toute condition »[46] — pourvu qu'ils s'approchent en état de grâce et d'un cœur droit. Tout le reste — les fausses idées que cet article a passées en revue — n'en sont que les contrefaçons ou les malentendus.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Sacrée Congrégation du Concile, décret Sacra Tridentina Synodus, 20 décembre 1905, approuvé par saint Pie X, décret 1 : « Frequens et quotidiana sumptio sanctissimae Eucharistiae, ut votum Christi Domini et Ecclesiae catholicae maxime exoptatum, omnibus fidelibus, cujusvis ordinis et conditionis, ita pateat, ut nemo, qui in statu gratiae sit et recta piaque mente ad sacram mensam accedat, prohiberi possit. » — « Que la réception fréquente et même quotidienne de la très sainte Eucharistie, désir suprême du Christ Seigneur et de l'Église catholique, soit ouverte à tous les fidèles, de tout ordre et de toute condition, de sorte que personne, s'il est en état de grâce et s'approche de la sainte table avec une intention droite et pieuse, ne puisse en être écarté. » Texte intégral : Acta Sanctae Sedis, vol. 38 (1905), p. 400-406.

    1 4 28 42 46
  2. Pape François, exhortation apostolique Evangelii gaudium (24 novembre 2013), § 47 (vatican.va) : « L'Eucharistie, bien qu'elle constitue la plénitude de la vie sacramentelle, n'est pas un prix destiné aux parfaits, mais un remède généreux et un aliment pour les faibles » (« the Eucharist […] is not a prize for the perfect but a powerful medicine and nourishment for the weak »). François y renvoie à saint Ambroise et à saint Cyrille d'Alexandrie sur l'Eucharistie remède.

    2 7 18 37
  3. Sacra Tridentina Synodus, décret 2 : « Recta autem intentio in eo consistit, ut qui ad sacram mensam accedit, non ex consuetudine, aut vanitate, aut humanis rationibus, sed ut Dei beneplacito satisfaciat, arctius cum eo caritate coniungatur, et divino illo pharmaco suis infirmitatibus ac defectibus medeatur. » — communier non par routine, vanité ou respect humain, mais pour plaire à Dieu, s'unir à lui par la charité et remédier à ses faiblesses.

    3 6 32 43
  4. Sacra Tridentina Synodus, préambule : « Iansenismi autem venenum, quod, sub specie debiti honoris ac reverentiae Eucharistiae exhibendae, etiam bonorum mentes pervaserat… » — « le poison du jansénisme qui, sous prétexte de rendre à l'Eucharistie l'honneur et la révérence qui lui sont dus, avait infecté l'esprit même des bons », en multipliant les obstacles à la communion fréquente.

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  5. Antoine Arnauld (1612-1694), De la fréquente communion, Paris, 1643 : ouvrage emblématique du jansénisme, qui exigeait de longues pénitences et un report de l'absolution avant de communier, éloignant les fidèles de la communion fréquente. Le mouvement janséniste fut condamné à plusieurs reprises (bulle Cum occasione, 1653 ; Unigenitus, 1713).

    8
  6. Sacra Tridentina Synodus, décret 3 : « Quamvis maxime expediat ut frequenter et quotidie communicantes a peccatis venialibus, saltem plene deliberatis, eorumque affectu immunes sint, sufficit nihilominus ut a mortalibus culpis vacui sint, cum proposito nunquam in posterum peccandi. » — bien qu'il soit très souhaitable que ceux qui communient fréquemment soient exempts des péchés véniels au moins pleinement délibérés, il suffit néanmoins qu'ils soient exempts des fautes mortelles, avec le propos de ne plus jamais pécher.

    10 15 36
  7. Première lettre de saint Paul aux Corinthiens 11, 27-29, traduction liturgique officielle (AELF) : « Celui qui mange le pain ou boit la coupe du Seigneur indignement aura à répondre du corps et du sang du Seigneur. Que chacun donc s'examine soi-même avant de manger de ce pain et de boire à cette coupe ; car celui qui mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit sa propre condamnation. » Fondement scripturaire de l'exigence de l'état de grâce.

    11 22 39
  8. Évangile selon saint Jean 6, 55-56, traduction liturgique officielle (AELF) : « Ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. »

    12
  9. Évangile selon saint Matthieu 6, 11, traduction liturgique officielle (AELF) : « Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour. » La Tradition (Ambroise, Augustin, CEC § 2837) lit ce « pain » comme l'Eucharistie, « remède d'immortalité ».

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  10. Saint Ambroise (vers 340-397), Des sacrements (De Sacramentis), V, 4, 26 : « Si panis quotidianus est, cur post annum illum sumis ? […] Accipe quotidie, quod quotidie tibi prosit. » — « Si c'est un pain quotidien, pourquoi le prends-tu seulement après un an ? […] Reçois chaque jour ce qui te profite chaque jour. » Argument patristique classique en faveur de la communion quotidienne ; saint Augustin (Sermon 57, 7) lit pareillement le « pain quotidien » du Notre Père comme l'Eucharistie. Sources citées par le CEC, § 2837.

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  11. Saint François de Sales (1567-1622), Introduction à la vie dévote (1609), IIᵉ partie, ch. 21 (« Comment il faut communier ») : deux sortes de personnes doivent communier souvent — « les forts, afin qu'ils ne deviennent point faibles, et les faibles, afin qu'ils deviennent forts ».

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  12. Concile de Trente, session XIII (11 octobre 1551), Décret sur le très saint sacrement de l'Eucharistie, chapitre 2 (« La raison de l'institution de ce très saint sacrement ») : le Christ a voulu que l'Eucharistie soit reçue « comme l'aliment spirituel des âmes (Mt 26 ; Mc 14 ; Lc 22 ; 1 Co 11), par lequel sont nourris et fortifiés ceux qui vivent de la vie de Celui qui a dit : "Celui qui me mange vivra par moi" (Jn 6, 58), et comme un antidote qui nous délivre des fautes quotidiennes et nous préserve des péchés mortels » (et antidotum, quo liberemur a culpis quotidianis et a peccatis mortalibus praeservemur). Texte vérifié (EWTN ; Hanover Historical Texts ; Denzinger 1638).

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  13. Saint Ignace d'Antioche (mort vers 107), Lettre aux Éphésiens, 20, 2 : l'Eucharistie est « le remède d'immortalité, l'antidote pour ne pas mourir, mais pour vivre à jamais en Jésus Christ » (pharmakon athanasias, antidotos tou mê apothanein). Cité par le Catéchisme de l'Église catholique, § 1405.

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  14. Sacra Tridentina Synodus, décret 4 : « Cum vero sacramenta novae Legis, etsi effectum suum ex opere operato habeant, maiorem tamen producant effectum, quo meliores sunt dispositiones suscipientis, idcirco curandum est, ut sedula ad sacram communionem praeparatio illam praecedat, et congrua gratiarum actio, pro uniuscuiusque viribus, conditione et officiis, subsequatur. » — bien que les sacrements de la Loi nouvelle aient leur effet ex opere operato, ils produisent un effet d'autant plus grand que les dispositions sont meilleures ; une préparation soignée doit donc précéder la communion, et une action de grâce convenable la suivre.

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  15. Saint François de Sales, Introduction à la vie dévote, IIᵉ partie, ch. 20-21 : « Communiez souvent, le plus souvent que vous pourrez, avec l'avis de votre père spirituel. » L'auteur subordonne la fréquence concrète au discernement du directeur, selon l'état de chaque âme — non à une règle de rareté.

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  16. Catéchisme de l'Église catholique, § 1385, Mame/Plon, 1992 (vatican.va) : « Pour répondre à cette invitation, nous devons nous préparer à un moment aussi grand et aussi saint. […] Quiconque a conscience d'avoir commis un péché mortel ne doit pas s'approcher de la sainte communion, même s'il éprouve une grande contrition, sans avoir reçu auparavant l'absolution sacramentelle. » Cf. 1 Co 11, 27-29.

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  17. Code de droit canonique (1983), can. 916 : « Qui a conscience d'être en état de péché grave ne célébrera pas la messe ni ne communiera au Corps du Seigneur sans recourir auparavant à la confession sacramentelle », à moins d'une raison grave et de l'impossibilité de se confesser, avec alors l'obligation de faire un acte de contrition parfaite incluant le propos de se confesser au plus tôt.

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  18. Catéchisme de l'Église catholique, § 1457-1458, Mame/Plon, 1992 : selon le précepte de l'Église, tout fidèle parvenu à l'âge de discrétion est tenu de confesser ses péchés graves au moins une fois l'an ; mais « sans être strictement nécessaire, la confession des fautes quotidiennes (péchés véniels) est néanmoins vivement recommandée par l'Église ». La confession sacramentelle préalable n'est donc obligatoire avant la communion que pour le péché mortel (cf. § 1385).

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  19. Catéchisme de l'Église catholique, § 1394, Mame/Plon, 1992 : « Comme la nourriture corporelle sert à restaurer les forces perdues, l'Eucharistie fortifie la charité qui, dans la vie quotidienne, tend à s'affaiblir ; et cette charité vivifiée efface les péchés véniels. » Fondement du caractère « médicinal » de la communion à l'égard des fautes légères.

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  20. Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), Chemin de la perfection, ch. 34 : « Après avoir reçu le Seigneur, puisque vous avez la Personne même présente, efforcez-vous de fermer les yeux du corps et d'ouvrir ceux de l'âme, et regardez au-dedans de votre cœur. » Conseil sur l'action de grâce après la communion, qui repose sur la foi et non sur la sensation.

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  21. Sacrée Congrégation des Sacrements, décret Quam singulari, 8 août 1910, sous saint Pie X : fixe l'admission des enfants à la première communion à l'« âge de raison » (environ 7 ans), contre l'usage qui la repoussait à 12-14 ans. Acta Apostolicae Sedis, vol. 2 (1910).

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  22. Saint Pie X (1835-1914), surnommé le « pape de l'Eucharistie » pour avoir promu la communion fréquente et quotidienne (Sacra Tridentina Synodus, 1905) et la communion précoce des enfants (Quam singulari, 1910). Parole qui lui est rapportée : « La sainte communion est le chemin le plus court et le plus sûr pour aller au Ciel. »

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  23. Catéchisme de l'Église catholique, § 1389, Mame/Plon, 1992 : « L'Église fait obligation aux fidèles […] de recevoir au moins une fois l'an l'Eucharistie […]. Mais l'Église recommande vivement aux fidèles de recevoir la sainte Eucharistie les dimanches et les jours de fête, ou plus souvent encore, voire chaque jour. »

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  24. Concile de Trente, session XIII (1551), Décret sur l'Eucharistie, chapitre 8 (« De l'usage de cet admirable sacrement ») : les Pères distinguent trois manières de recevoir l'Eucharistie — « les uns la reçoivent sacramentellement seulement, à savoir les pécheurs ; d'autres spirituellement seulement, ceux qui, mangeant en désir ce pain céleste qui leur est proposé, par une foi vive opérant par la charité (Ga 5, 6), en ressentent le fruit et l'utilité ; les troisièmes enfin la reçoivent à la fois sacramentellement et spirituellement, ceux qui s'éprouvent et se préparent d'avance, de manière à s'approcher de cette table divine revêtus de la robe nuptiale ». Fondement de la doctrine de la communion spirituelle.

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