Saint Paul (Saulus, puis Paulus), né à Tarse vers l'an 5-10 et mort martyr à Rome vers 64-67, est avec saint Pierre l'une des deux colonnes de l'Église des origines. Persécuteur acharné des premiers chrétiens, il est saisi par le Christ ressuscité sur le chemin de Damas, devient l'« Apôtre des nations » et porte l'Évangile de la Judée jusqu'au cœur de l'Empire romain.[1][2]
Il n'a connu Jésus ni dans sa prédication galiléenne, ni au tombeau vide ; et pourtant nul, après les Douze, n'a marqué la foi chrétienne aussi profondément. Ses treize lettres forment près du quart du Nouveau Testament et constituent le premier grand corpus théologique de l'Église : justification par la foi, christocentrisme, doctrine du Corps du Christ, hymne à la charité.[3][4]
Cet article relève de la série « Saints des origines et des Pères » : il traite la vie, la sainteté, la spiritualité et le culte de Paul. Les dossiers voisins — sa basilique tombale, le concile de Jérusalem, les persécutions de Néron — sont renvoyés par lien interne et non redoublés ici.
« Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi. » — Saint Paul, Lettre aux Galates 2, 20[5]
Pourquoi saint Paul compte-t-il ?
Le persécuteur devenu apôtre
Le paradoxe de Paul est inscrit dans sa propre mémoire : celui qui a tenu les vêtements des lapidateurs de saint Étienne et qui « ravageait l'Église » est devenu le plus infatigable des prédicateurs du Christ.[6][7] Loin de cacher ce passé, Paul en fait le socle de son message : si Dieu a pu sauver un persécuteur, sa grâce ne se mérite pas, elle se reçoit.
« Par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis, et sa grâce envers moi n'a pas été stérile. » — Saint Paul, Première lettre aux Corinthiens 15, 10[8]
L'Apôtre des nations
Avant Paul, la question brûlante de l'Église primitive est de savoir si l'on peut être chrétien sans devenir d'abord juif. Paul tranche par sa vie même : l'Évangile est offert à tous les peuples, sans passer par la circoncision ni par toute la Loi mosaïque. Cette conviction, scellée au concile de Jérusalem, fait de lui le missionnaire qui ouvre le christianisme au monde gréco-romain.[9][10]
Le premier théologien de l'Église
Benoît XVI l'a nommé « premier théologien » : non un système abstrait, mais une pensée jaillie de la rencontre du Christ et travaillée au feu des controverses missionnaires. Justification, grâce, liberté, Corps du Christ, eschatologie : les grandes catégories de la théologie chrétienne reçoivent chez Paul leur première formulation écrite.[11]
Origines : Tarse, Rome et Jérusalem
Un Juif de la diaspora, citoyen romain
Paul naît à Tarse, métropole prospère de Cilicie, « ville qui n'est pas sans renom » selon sa propre parole.[12] Il appartient à une famille juive fidèle, de la tribu de Benjamin, et porte d'abord le nom du premier roi d'Israël, Saül.[13] Particularité décisive : il est citoyen romain de naissance, privilège rare qui le protégera jusqu'au bout et lui vaudra, in fine, de mourir par le glaive et non sur la croix.[14][15]
Cette triple appartenance — juive par la foi, grecque par la culture de Tarse, romaine par la citoyenneté — fait de Paul l'homme-pont idéal pour porter l'Évangile d'un monde à l'autre.
Pharisien aux pieds de Gamaliel
Envoyé jeune à Jérusalem, Paul est formé « aux pieds de Gamaliel », le plus respecté des docteurs pharisiens de son temps, et reçoit une éducation rigoureuse dans la Loi des Pères.[16] Il se range parmi les pharisiens, le courant le plus zélé et le plus observant du judaïsme.[17] Cette formation n'est pas un détail : Paul connaît les Écritures de l'intérieur, et c'est cette même intelligence des Écritures qu'il retournera tout entière vers le Christ.
Saul le persécuteur
Le zèle du jeune pharisien le dresse contre la secte naissante des disciples de Jésus. Il approuve la mise à mort de saint Étienne, le premier martyr, et se lance dans une persécution méthodique : il « entrait dans les maisons, traînait hommes et femmes et les jetait en prison ».[18] Lui-même résumera plus tard, sans rien atténuer :
« Vous avez entendu parler de ma conduite passée dans le judaïsme : je persécutais à outrance l'Église de Dieu et je la ravageais. » — Saint Paul, Lettre aux Galates 1, 13[19]
La rencontre du chemin de Damas
Le récit des Actes
Sur la route de Damas, où il se rend muni de lettres pour arrêter les chrétiens, Saul est terrassé par une lumière venue du ciel. Une voix l'interpelle : « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? » — « Qui es-tu, Seigneur ? » — « Je suis Jésus, que tu persécutes. »[20] Le persécuteur se relève aveugle ; trois jours plus tard, à Damas, le disciple Ananie lui impose les mains, il recouvre la vue et reçoit le baptême.
Les Actes des Apôtres jugent l'événement si fondateur qu'ils le racontent trois fois (chapitres 9, 22 et 26), fait unique dans le livre.[21][22][23]
L'interprétation de Paul : mort et résurrection
Paul lui-même n'a jamais décrit cet instant comme un simple changement d'opinion. Pour lui, ce fut une rencontre objective avec le Ressuscité, reçue comme la dernière des apparitions pascales : « en dernier lieu, il m'est aussi apparu, à moi l'avorton ».[24] Benoît XVI insiste sur ce point :
« Ce tournant dans sa vie, cette transformation de tout son être ne fut pas le fruit d'un processus psychologique, d'une maturation ou d'une évolution intellectuelle et morale, mais il vint de l'extérieur : ce ne fut pas le fruit de sa pensée, mais de la rencontre avec Jésus Christ. En ce sens, ce ne fut pas simplement une conversion, une maturation de son "moi", mais ce fut une mort et une résurrection pour lui-même : il mourut à sa vie et naquit à une autre vie nouvelle avec le Christ ressuscité. » — Benoît XVI, audience générale du 3 septembre 2008[25]
Ce que Paul comptait pour des gains, il l'a tenu désormais pour rien à cause du Christ :
« Ce qui était pour moi un gain, je l'ai considéré comme une perte à cause du Christ. [...] À cause de lui j'ai tout perdu, et je considère tout comme des ordures, afin de gagner le Christ. » — Saint Paul, Lettre aux Philippiens 3, 7-8[26]
Les années cachées : Arabie, Damas et Tarse
Contrairement à une image d'apôtre lancé aussitôt sur les routes, Paul connaît de longues années de retrait. Il part en Arabie, revient à Damas, ne « monte » à Jérusalem que trois ans plus tard, n'y voit que Pierre et Jacques, puis se retire des années à Tarse.[27] Ce temps caché, loin d'être perdu, est celui où sa théologie mûrit dans le silence avant d'éclater dans la mission.
L'Apôtre des nations : les voyages missionnaires
Antioche et le premier voyage
C'est à Antioche de Syrie — où les disciples reçoivent pour la première fois le nom de « chrétiens » — que Paul, appelé par Barnabé, entre dans la grande mission.[28] Vers 45-49, Paul et Barnabé parcourent Chypre puis l'Asie Mineure (Pisidie, Lycaonie), fondant des communautés et essuyant déjà persécutions et lapidations.[29][30]
Le concile de Jérusalem (vers 49)
Le succès auprès des païens soulève une crise : faut-il leur imposer la circoncision et la Loi de Moïse ? Réunis à Jérusalem, Pierre, Jacques, Paul et Barnabé tranchent : les païens convertis ne sont pas soumis au joug de la Loi mosaïque. Ce concile de Jérusalem, première assemblée de l'Église, valide la mission de Paul et libère l'Évangile pour les nations.[31][32]
Deuxième voyage : l'Évangile passe en Europe
Lors du deuxième voyage (vers 50-52), une vision à Troas — « Passe en Macédoine et viens à notre secours » — fait franchir à Paul le seuil de l'Europe.[33] À Philippes, il fonde sa communauté la plus chère ; à Athènes, il prêche le « Dieu inconnu » devant l'Aréopage ; à Corinthe, il demeure dix-huit mois et noue avec cette Église turbulente un lien décisif.[34][35]
« J'ai planté, Apollos a arrosé, mais c'est Dieu qui donnait la croissance. » — Saint Paul, Première lettre aux Corinthiens 3, 6[36]
Troisième voyage : Éphèse
Le troisième voyage (vers 53-57) a pour centre Éphèse, où Paul demeure près de trois ans et rayonne sur toute la province d'Asie, jusqu'à l'émeute des orfèvres de Diane.[37] De là, ou de cette période, partent plusieurs de ses plus grandes lettres.
Repères chronologiques
- vers 5-10Naissance à Tarse
- vers 33-36Chemin de Damas
- vers 45-49Premier voyage missionnaire
Avec Barnabé, depuis Antioche : Chypre et l'Asie Mineure[40].
- vers 49Concile de Jérusalem
- vers 50-52Deuxième voyage : l'Europe
Philippes, Thessalonique, Athènes (l'Aréopage), Corinthe[42].
- vers 53-57Troisième voyage : Éphèse
Près de trois ans à Éphèse ; grandes lettres aux Corinthiens et aux Romains[43].
- vers 57-60Arrestation et captivité de Césarée
Arrêté à Jérusalem, détenu deux ans à Césarée, il en appelle à César[44].
- vers 60-61Voyage à Rome et naufrage
Transféré à Rome après le naufrage de Malte ; captivité romaine surveillée[45].
- vers 64-67Martyre à Rome
Décapité sous Néron sur la voie d'Ostie ; enseveli là où s'élèvera sa basilique[46].
Les épîtres : le premier corpus théologique chrétien
Le corpus paulinien
La tradition attribue à Paul treize lettres du Nouveau Testament, auxquelles s'ajoute, par attribution ancienne et débattue, l'épître aux Hébreux. Elles se répartissent classiquement ainsi :
| Groupe | Lettres | Thème dominant |
|---|---|---|
| Grandes épîtres | Romains, 1-2 Corinthiens, Galates | Justification par la foi, vie de l'Église |
| Épîtres de la captivité | Éphésiens, Philippiens, Colossiens, Philémon | Christ, tête du Corps ; joie dans l'épreuve |
| Épîtres aux Thessaloniciens | 1-2 Thessaloniciens | Espérance, retour du Christ |
| Épîtres pastorales | 1-2 Timothée, Tite | Organisation et garde de l'Église |
Ces lettres ne sont pas des traités abstraits : ce sont des interventions vivantes, dictées au feu de l'action, pour répondre aux crises concrètes des communautés. C'est ce qui leur donne leur force et leur chaleur.[47][48]
La justification par la foi
Le cœur de la prédication paulinienne, surtout dans Romains et Galates, est que l'homme est justifié non par les œuvres de la Loi mais par la foi en Jésus-Christ, don gratuit de la grâce.[49][50] L'Église catholique tient fermement que cette foi justifiante n'est pas une simple confiance sans fruits : elle est une foi « qui opère par la charité » (Galates 5, 6), inséparable de l'amour et des œuvres bonnes qu'elle engendre.[51][52] Contre toute lecture qui opposerait Paul à Jacques, la tradition catholique lit les deux ensemble : la foi vivante est une foi agissante.
Le Christ, centre de tout
Toute la pensée de Paul est aimantée par une seule réalité : le Christ, mort et ressuscité. « Pour moi, vivre c'est le Christ » (Philippiens 1, 21).[53] Benoît XVI résume cette unité :
« Pour nous aussi le christianisme n'est pas une nouvelle philosophie ou une nouvelle morale. Nous ne sommes chrétiens que si nous rencontrons le Christ. » — Benoît XVI, audience générale du 3 septembre 2008[54]
L'Église, Corps du Christ
À Paul l'Église doit l'une de ses images les plus profondes : celle du Corps, dont le Christ est la tête et les baptisés les membres, divers et solidaires. « Vous êtes le corps du Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. »[55] Cette doctrine, reprise dans Éphésiens et Colossiens, fonde la communion de l'Église bien au-delà d'une simple association d'individus.
L'hymne à la charité
Au milieu d'une lettre de correction adressée aux Corinthiens, Paul interrompt l'argument pour le plus célèbre de tous ses textes, l'hymne du chapitre 13 — sommet spirituel où il subordonne tous les dons, jusqu'au martyre, à l'amour :
« Quand je parlerais les langues des hommes et des anges, si je n'ai pas la charité, je ne suis qu'un airain qui résonne. [...] La charité ne passera jamais. » — Saint Paul, Première lettre aux Corinthiens 13, 1.8[56]
La spiritualité de saint Paul
« Ce n'est plus moi qui vis »
Au cœur de la sainteté de Paul, il y a une substitution : sa vie propre cède la place à celle du Christ en lui. La formule des Galates — « Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi » (Ga 2, 20) — n'est pas une métaphore pieuse mais la description de son existence réelle, jusque dans ses chaînes.[57] La sainteté paulinienne n'est pas l'effort de l'homme se perfectionnant, mais le Christ prenant toute la place.
La folie de la Croix
Paul refuse de prêcher un Évangile décoratif. Il met au centre ce que le monde tient pour un scandale et une folie : un Messie crucifié.
« Nous, nous prêchons un Christ crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, [...] puissance de Dieu et sagesse de Dieu. » — Saint Paul, Première lettre aux Corinthiens 1, 23-24[58]
L'écharde dans la chair : la force dans la faiblesse
Paul confie avoir reçu une mystérieuse « écharde dans la chair », une épreuve dont il a trois fois supplié d'être délivré. La réponse du Christ devient l'une des clés de toute spiritualité chrétienne de l'épreuve :
« Ma grâce te suffit, car ma puissance se déploie dans la faiblesse. [...] Quand je suis faible, c'est alors que je suis fort. » — Saint Paul, Deuxième lettre aux Corinthiens 12, 9-10[59]
Le bon combat
À la fin de sa vie, dans ce que la tradition lit comme son testament à Timothée, Paul regarde la mort en face avec la sérénité de l'athlète parvenu au but :
« J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi. Désormais m'est réservée la couronne de justice. » — Saint Paul, Deuxième lettre à Timothée 4, 7-8[60]
Arrestation, captivité et voyage à Rome
Arrestation à Jérusalem et captivité de Césarée
De retour à Jérusalem vers 57-58, Paul est arrêté à la suite d'une émeute dans le Temple. Comme citoyen romain, il échappe au lynchage et à la flagellation et est transféré à Césarée, où il demeure prisonnier environ deux ans sous les procurateurs Félix puis Festus.[61][62]
L'appel à César et le naufrage
Pour échapper à un procès biaisé à Jérusalem, Paul use de son droit de citoyen et en appelle à César : « J'en appelle à l'empereur. »[63] Embarqué vers Rome, il subit un terrible naufrage à Malte, raconté avec une précision saisissante par les Actes.[64] Il atteint enfin Rome vers 60-61.
La captivité romaine
À Rome, Paul vit deux ans dans une captivité surveillée, logé à part avec un soldat de garde, mais libre de prêcher : les Actes des Apôtres s'achèvent sur cette image d'un prisonnier qui annonce le Royaume « avec une entière assurance et sans obstacle ».[65] La tradition admet généralement une libération, un possible voyage vers l'Occident, puis une seconde arrestation menant au martyre.[66][67]
Le martyre
Les sources anciennes
Le martyre de Paul à Rome est l'un des faits les mieux attestés de l'histoire chrétienne primitive. Dès les années 90, Clément de Rome écrit aux Corinthiens que Paul, « après avoir enseigné la justice au monde entier et être parvenu à l'extrémité de l'Occident, rendit témoignage devant les gouvernants ».[68] Au début du IIe siècle, le prêtre romain Gaius désigne les « trophées » des apôtres au Vatican et sur la voie d'Ostie ; Tertullien rappelle que Paul, citoyen romain, fut exécuté par le glaive ; et au IVe siècle, Eusèbe de Césarée situe sa mort à la fin du règne de Néron.[69][70]
La décapitation sur la voie d'Ostie
En tant que citoyen romain, Paul ne pouvait être crucifié comme Pierre : il fut décapité, mort réputée plus digne. La tradition localise l'exécution aux Aquae Salviae, au sud de Rome, lieu vénéré aujourd'hui sous le nom de Tre Fontane (« Trois Fontaines »).[71] Benoît XVI rappelle le sens de cette fin :
« Après avoir prêché la justice au monde entier, et après être parvenu à l'extrémité de l'Occident, il subit le martyre devant les gouvernants. » — Benoît XVI citant Clément de Rome, audience générale du 4 février 2009[72]
Le tombeau et la basilique
Le corps de Paul fut enseveli non loin du lieu de son supplice, sur la voie d'Ostie. Sur sa tombe s'élèvera l'une des grandes basiliques de Rome : Saint-Paul-hors-les-Murs. Les fouilles menées sous le maître-autel ont confirmé l'existence d'un sarcophage antique vénéré de longue date comme celui de l'Apôtre. Le dossier archéologique du tombeau est traité dans l'article dédié : Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs.[73]
Culte, canonisation et mémoire
Un saint des origines
Paul n'a pas fait l'objet d'un procès de canonisation au sens moderne — cette procédure est postérieure de plusieurs siècles. Comme les apôtres et les premiers martyrs, il appartient aux saints reconnus par la tradition immémoriale et le culte universel de l'Église, dès les premiers siècles.[74] Sa fête, partagée avec Pierre, au 29 juin, est l'une des plus anciennes du calendrier romain ; le 25 janvier célèbre à part la Conversion de saint Paul.
Patron et figure universelle
Paul est invoqué comme patron des théologiens, des missionnaires et de la presse catholique, et il partage avec Pierre le patronage de la ville de Rome. La célébration solennelle de l'« Année paulinienne » (2008-2009), pour le bimillénaire présumé de sa naissance, a manifesté l'actualité de sa figure pour toute l'Église.[75]
Paul dans l'art
L'iconographie chrétienne fixe très tôt les traits de Paul : un homme au front dégarni, à la barbe sombre, tenant le glaive de son martyre et le livre ou le rouleau de ses lettres. Ces attributs le distinguent immédiatement de Pierre et de ses clés, et font de lui, dans l'imaginaire catholique, l'apôtre de la Parole et du combat de la foi.
Un portrait littéraire ancien va dans le même sens sans s'y réduire : dans les Actes de Paul et de Thècle, récit apocryphe du IIe siècle, un disciple décrit Paul avec « une tête chauve, un long et large nez, des sourcils noirs, épais et joints, de larges épaules, des jambes torses » ; les auteurs du Dictionnaire des personnages de l'Évangile selon Maria Valtorta rapprochent ce signalement de la description attribuée à Maria Valtorta, sans en faire une identité démontrée : ce rapprochement se lit à son degré propre de révélation privée reçue.[76]
Pour aller plus loin
- Saint Pierre — l'autre colonne de Rome, co-patron de la ville et compagnon de fête au 29 juin.
- Saint Étienne — le premier martyr, à la lapidation duquel le jeune Saul assistait.
- Saint Luc l'Évangéliste — compagnon de Paul et auteur des Actes des Apôtres, principale source de sa vie.
- Le concile de Jérusalem — la première assemblée de l'Église, qui valide la mission de Paul aux nations.
- Les persécutions de Néron — le cadre de son martyre romain.
- Basilique Saint-Paul-hors-les-Murs — le tombeau de l'Apôtre et son dossier archéologique.
Notes et références
Benoît XVI, catéchèses de l'Année paulinienne, audiences générales du 2 juillet 2008 et suivantes, L'Apôtre Paul : Tarse, citoyenneté romaine, formation pharisienne, mission auprès des nations, Année paulinienne pour le bimillénaire de la naissance. Texte intégral sur vatican.va : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2008/documents/hf_ben-xvi_aud_20080702.html.
1 15 75« Paul (saint) », notices encyclopédiques catholiques de référence (Catholic Encyclopedia, New Advent, et synthèses académiques) : biographie d'ensemble, captivité romaine, libération probable, seconde arrestation, martyre sous Néron, culte immémorial.
2 67 70 74Benoît XVI, audience générale du 15 octobre 2008, Saint Paul, premier théologien de l'Église : Paul comme premier penseur chrétien, lettres nées de l'action missionnaire, justification, christocentrisme. URL : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2008/documents/hf_ben-xvi_aud_20081015.html.
3 11 47 52Synthèse sur le corpus paulinien : treize lettres canoniques attribuées à Paul, plus l'épître aux Hébreux d'attribution ancienne et discutée ; répartition en grandes épîtres, épîtres de la captivité, lettres aux Thessaloniciens et épîtres pastorales.
4 48Saint Paul, Épître aux Galates 2, 16-20 : justification par la foi en Jésus-Christ et non par les œuvres de la Loi ; « Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi ».
5 50 57Actes des Apôtres 8, 1-3 : Saul approuve la mort d'Étienne et ravage l'Église, entrant dans les maisons pour jeter en prison hommes et femmes.
6 18Saint Paul, Épître aux Galates 1, 13-19 : la conduite passée de Paul dans le judaïsme, sa persécution de l'Église, la révélation du Fils, l'Arabie, Damas, la montée à Jérusalem trois ans après auprès de Pierre (Céphas) et de Jacques.
7 19 27Saint Paul, Première épître aux Corinthiens 15, 8-10 : le Christ ressuscité apparaît à Paul « comme à l'avorton » ; « par la grâce de Dieu, je suis ce que je suis ».
8 24Benoît XVI, audience générale du 27 août 2008, Les voyages de saint Paul : Antioche, les trois voyages missionnaires, le passage en Europe, le concile de Jérusalem. URL : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2008/documents/hf_ben-xvi_aud_20080827.html.
9 30 32Sur Paul « Apôtre des nations » et l'ouverture du salut aux païens sans la circoncision : voir l'enjeu du concile de Jérusalem et la Lettre aux Galates ; cf. concile de Jérusalem.
10Actes des Apôtres 21, 27-39 : émeute dans le Temple, arrestation de Paul ; il se présente comme Juif de Tarse, « citoyen d'une ville qui n'est pas sans renom ».
12 61Saint Paul, Épître aux Philippiens 3, 4-8 : circoncis le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, pharisien quant à la Loi ; tout cela tenu pour rien à cause du Christ.
13 17 26 38Actes des Apôtres 22, 3.25-29 : Paul formé « aux pieds de Gamaliel » ; il fait valoir sa citoyenneté romaine de naissance pour échapper à la flagellation.
14 16 22Actes des Apôtres 9, 1-19 : le chemin de Damas, « Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ? », la cécité, Ananie, le baptême. Récit repris en Ac 22 et Ac 26.
20 21 39Actes des Apôtres 26 : Paul raconte sa conversion devant le roi Agrippa, troisième récit du chemin de Damas.
23Benoît XVI, audience générale du 3 septembre 2008, La conversion de Paul : la rencontre du chemin de Damas comme événement venu « de l'extérieur », « mort et résurrection » plutôt que conversion morale, christocentrisme. URL : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2008/documents/hf_ben-xvi_aud_20080903.html.
25 54Actes des Apôtres 11, 25-26 : Barnabé va chercher Saul à Tarse et l'amène à Antioche ; c'est là que les disciples reçoivent pour la première fois le nom de « chrétiens ».
28Actes des Apôtres 13-14 : premier voyage missionnaire depuis Antioche, Chypre, l'Asie Mineure, prédications, persécutions et lapidation à Lystre.
29 40Actes des Apôtres 15, 1-29 : le concile de Jérusalem ; les païens convertis ne sont pas soumis à la circoncision ni au joug de la Loi mosaïque.
31 41Actes des Apôtres 16, 6-10 : la vision de Troas, « Passe en Macédoine et viens à notre secours », l'entrée de l'Évangile en Europe.
33 42Actes des Apôtres 17, 16-34 : discours de Paul à l'Aréopage d'Athènes sur le « Dieu inconnu ».
34Actes des Apôtres 18, 1-11 : les dix-huit mois de Paul à Corinthe, Aquila et Priscille.
35Saint Paul, Première épître aux Corinthiens 3, 6 : « J'ai planté, Apollos a arrosé, mais c'est Dieu qui donnait la croissance. »
36Actes des Apôtres 19 : le séjour de près de trois ans à Éphèse, le rayonnement sur l'Asie, l'émeute des orfèvres de Diane.
37 43Actes des Apôtres 25, 10-12 : Paul en appelle à César ; « tu en as appelé à l'empereur, tu iras devant l'empereur ».
44 63Actes des Apôtres 28, 16.30-31 : Paul à Rome, en résidence surveillée avec un soldat de garde, annonçant le Royaume « avec une entière assurance et sans obstacle ».
45 65Benoît XVI, audience générale du 4 février 2009, Le martyre et l'héritage de Paul : martyre à Rome entre 64 et 68 sous Néron, décapitation du citoyen romain, voie d'Ostie, témoignages de Clément de Rome, de Gaius et d'Eusèbe de Césarée, tombeau et basilique. URL : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2009/documents/hf_ben-xvi_aud_20090204.html.
46 66 69 71 72 73Saint Paul, Épître aux Romains 3, 21-28 : la justice de Dieu manifestée par la foi en Jésus-Christ, indépendamment des œuvres de la Loi.
49Saint Paul, Épître aux Galates 5, 6 : « la foi qui opère par la charité » (fides quae per caritatem operatur).
51Saint Paul, Épître aux Philippiens 1, 21 : « Pour moi, vivre c'est le Christ, et mourir m'est un gain. »
53Saint Paul, Première épître aux Corinthiens 12, 12-27 : l'Église comparée à un corps unique aux membres multiples ; « Vous êtes le corps du Christ ».
55Saint Paul, Première épître aux Corinthiens 13, 1-13 : l'hymne à la charité ; sans la charité, tous les dons ne sont rien ; « la charité ne passera jamais ».
56Saint Paul, Première épître aux Corinthiens 1, 18-25 : la prédication de la Croix, scandale et folie, puissance et sagesse de Dieu.
58Saint Paul, Deuxième épître aux Corinthiens 12, 7-10 : l'écharde dans la chair ; « Ma grâce te suffit, car ma puissance se déploie dans la faiblesse ».
59Deuxième épître à Timothée 4, 6-8 : « J'ai combattu le bon combat, j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi » ; la couronne de justice. Lettre lue par la tradition comme le testament de Paul.
60Actes des Apôtres 24, 27 : Paul retenu deux ans prisonnier à Césarée sous Félix puis Festus.
62Actes des Apôtres 27 : la tempête et le naufrage sur la route de Rome, avant l'hivernage à Malte (Ac 28, 1-10).
64Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens (1 Clément), chap. 5, vers 95-96 : Paul, après avoir enseigné la justice au monde entier et atteint l'extrémité de l'Occident, rendit témoignage devant les gouvernants avant de quitter ce monde. Texte cité par Benoît XVI dans l'audience du 4 février 2009.
68René Laurentin, François-Michel Debroise et Jean-François Lavère, Dictionnaire des personnages de l'Évangile selon Maria Valtorta, Éditions Salvator, 2012, p. 346
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