Tite (Crète, Ier siècle)

Tite, fils spirituel de Paul, de Jérusalem à la Crète : le Grec non circoncis de l'assemblée, l'homme de Corinthe, l'organisateur des Églises crétoises, premier évêque de l'île et fête du 26 janvier.

Ignispedia

Tite est le deuxième fils spirituel de saint Paul : un Grec que l'Apôtre emmène à Jérusalem au moment où se joue la liberté des païens face à la circoncision, puis son homme de confiance à Corinthe au plus fort de la crise, puis l'organisateur des Églises de Crète. Une lettre du Nouveau Testament lui est adressée, la lettre à Tite, qui compte parmi les textes les plus cités sur le ministère, la gratuité du salut et la discipline des communautés.

Tout ce que l'on sait de lui vient de l'Écriture reçue par l'Église : la lettre aux Galates, la deuxième aux Corinthiens, la lettre qui porte son nom et la deuxième à Timothée qui le montre partant pour la Dalmatie[1]. La tradition, relayée par Eusèbe de Césarée, en fait le premier évêque de Crète, mort dans l'île à un âge avancé[2]. Sa fête se célèbre le 26 janvier, avec celle de Timothée.

Sa figure porte un enjeu qui dépasse la biographie : Tite est l'homme des situations difficiles. C'est lui que Paul envoie là où personne d'autre ne peut aller, à Corinthe divisée puis en Crète païenne, avec cet ordre qui fonde toute organisation ecclésiale : achever ce qui reste à régler et établir des responsables dans chaque ville[3]. Lire Tite, c'est comprendre comment l'Église naissante se donne des pasteurs sans se perdre.

Tite dans le canon des Écritures

Un nom présent dans quatre lettres du Nouveau Testament

Tite n'apparaît jamais dans les Actes des Apôtres, qui ne le nomment pas une seule fois, mais il est l'un des collaborateurs de Paul les mieux documentés par les lettres elles-mêmes[4]. Son nom revient dans la lettre aux Galates, huit fois dans la deuxième aux Corinthiens, dans la lettre qui lui est adressée et dans la dernière lettre de Paul à Timothée, ce qui couvre vingt ans de mission, de Jérusalem à la Dalmatie[5].

La lettre qui porte son nom

La lettre à Tite compte trois chapitres. Dans l'ordre canonique, elle se lit au sein du corpus paulinien avec les deux lettres à Timothée, juste avant Philémon : ce sont les trois lettres pastorales, adressées non à des communautés mais à des pasteurs chargés d'Églises[6]. Son objet est unique dans le Nouveau Testament avec celui des lettres à Timothée : organiser la vie des communautés, désigner leurs responsables, réfuter les faux docteurs et rappeler que le salut est un don gratuit.

Le dossier scripturaire en un tableau

LivrePassageCe que le texte apprend sur Tite
Galates2, 1Emmené par Paul et Barnabé à Jérusalem, vers 48 ou 49
Galates2, 3Grec de naissance, non contraint à la circoncision
Galates2, 4 et 5Témoin du refus de Paul de céder aux faux frères
2 Corinthiens2, 13Paul le cherche à Troas et ne l'y trouve pas
2 Corinthiens7, 6 et 7Sa venue en Macédoine console Paul au fort de l'angoisse
2 Corinthiens7, 13 à 15Joie de Tite devant l'obéissance retrouvée des Corinthiens
2 Corinthiens8, 6Chargé d'achever la collecte pour les pauvres de Jérusalem
2 Corinthiens8, 16 et 17Son empressement spontané pour la mission de Corinthe
2 Corinthiens8, 23Nommé compagnon et collaborateur de Paul auprès des Corinthiens
2 Corinthiens12, 18Paul le donne en exemple de désintéressement
Tite3 chapitresLaissé en Crète, ordre des Églises, réfutation, gratuité du salut
2 Timothée4, 10Parti pour la Dalmatie, peu avant la mort de Paul

L'auteur et la datation reçus par l'Église

Paul, auteur de la lettre

La lettre se présente comme une lettre de Paul : « Paul, serviteur de Dieu, apôtre de Jésus Christ », écrit à « Tite, mon véritable enfant selon la foi qui nous est commune »[7]. La fin multiplie les détails circonstanciés impossibles à réduire à un décor : rejoindre Paul à Nicopolis pour l'hiver, Artémas ou Tychique envoyés en relais, Zénas le juriste et Apollos à équiper pour leur voyage[8]. Ces précisions sans portée doctrinale ont le ton d'une correspondance réelle, non d'un manifeste.

La date traditionnelle

La lecture reçue situe la lettre après la première captivité romaine de Paul (61 à 63) : l'Apôtre, libéré, aurait repris la route par la Crète, y aurait laissé Tite pour organiser les Églises, puis lui aurait écrit vers 63 ou 64, avant de gagner Nicopolis pour l'hiver[9]. Cette chronologie suppose ce que la tradition affirme par ailleurs : Paul libéré une première fois, reparti en mission, puis arrêté de nouveau. Eusèbe de Césarée rapporte cette libération, et Clément de Rome, dès la fin du Ier siècle, évoque Paul portant l'Évangile jusqu'aux limites de l'Occident[10].

Une réception sans rupture

La lettre est reçue très tôt comme Écriture de Paul, sans trace d'un débat sur son origine dans l'Église ancienne. Seuls des hérétiques la rejettent, et pour des raisons doctrinales, non historiques : Marcion l'exclut de son canon expurgé au milieu du IIe siècle, et Tertullien s'étonne de ce retranchement inédit, recevoir Philémon, lettre à un seul homme, et refuser celle à Tite et les deux à Timothée[11].

TémoinDate approximativeCe qu'il apporte au dossier
Irénée de LyonVers 180Cite la lettre contre les gnostiques, notamment l'ordre d'écarter l'hérétique après deux avertissements[12]
Théophile d'AntiocheVers 181Cite les pastorales comme la parole divine[13]
Fragment de MuratoriFin du IIe siècleRange la lettre à Tite parmi les lettres reçues pour régler la discipline de l'Église[14]
TertullienDébut du IIIe siècleS'étonne que Marcion la retranche, preuve qu'elle circulait comme paulinienne[15]
TertullienDébut du IIIe siècleReprend l'ordre sur l'hérétique dans son traité de la prescription[16]
Clément d'AlexandrieDébut du IIIe siècleCommente le verset sur les Crétois et le passage sur la bonté du Sauveur[17]
Eusèbe de CésaréeVers 325Compte les lettres de Paul, pastorales incluses, parmi les écrits reconnus de tous[18]
Grands onciauxIVe siècleVaticanus et Sinaiticus contiennent la lettre[19]
Concile de Trente8 avril 1546Reçoit la lettre à Tite dans la liste des Écritures canoniques[20]

Le Grec que Paul emmène à Jérusalem

Quatorze ans après, la montée décisive

La première apparition de Tite se situe à un moment où tout se joue. Paul raconte aux Galates que, quatorze ans après sa première visite, il est monté de nouveau à Jérusalem, avec Barnabé, et qu'il avait aussi emmené Tite[21]. La lecture reçue identifie cette montée à l'assemblée de Jérusalem racontée au chapitre 15 des Actes, où se tranche la question qui divise l'Église naissante : faut-il imposer la circoncision et la Loi aux païens convertis[22]. Certains exégètes proposent d'y voir une visite antérieure, mais l'identification à l'assemblée de Jérusalem reste la lecture commune de la tradition[23].

Le cas vivant de la liberté des païens

Tite n'est pas un spectateur de cette assemblée : il en est la preuve vivante. Paul le dit sans détour :

« Tite, mon compagnon, qui est grec, n'a même pas été obligé de se faire circoncire. » (Saint Paul, Galates 2, 3)[24]

Face aux faux frères infiltrés qui voulaient réduire les païens en esclavage, Paul refuse de céder un seul instant, afin de maintenir la vérité de l'Évangile[25]. Tite repart incirconcis : le concile tranche dans le même sens, et Jacques, Pierre et Jean tendent la main à Paul et Barnabé en signe de communion[26].

Le contraste avec Timothée

Ce refus éclaire, par contraste, le cas de Timothée, que Paul fera circoncire quelques années plus tard à Lystre à cause des Juifs de la région. Les deux gestes ne se contredisent pas : à Jérusalem, circoncire Tite aurait signifié que le salut passe par la Loi, et Paul refuse ; à Lystre, circoncire Timothée, Juif par sa mère, lève un obstacle pour l'annonce aux Juifs, et Paul accepte[27]. Tite est ainsi, dès sa première apparition, le témoin vivant de la gratuité du salut, celui dont l'incirconcision maintenue a fait l'objet d'une décision d'Église.

L'homme de Corinthe

Remplacer Timothée au plus fort de la crise

Quelques années plus tard, Tite devient l'homme des missions impossibles. Paul l'envoie à Corinthe, où la communauté traverse une crise grave : un premier courrier n'a pas suffi, Timothée n'a pas pu y rétablir l'ordre, et Paul écrit dans les larmes une lettre sévère portée par Tite lui-même[28]. Chercher Tite à Troas sans l'y trouver plonge Paul dans une angoisse qu'il avoue : c'est dire la place que le délégué occupe dans son cœur[29].

La joie de Macédoine

Les retrouvailles en Macédoine comptent parmi les pages les plus humaines de Paul. À l'arrivée, dans la détresse, Dieu réconforte l'Apôtre par la venue de Tite :

« Dieu, lui qui réconforte les humbles, nous a réconfortés par la venue de Tite, et non seulement par sa venue, mais par le réconfort qu'il avait trouvé chez vous. » (Saint Paul, 2 Corinthiens 7, 6 et 7)[30]

Paul se réjouit encore davantage en voyant la joie de Tite lui-même, dont l'esprit a été pleinement tranquillisé par les Corinthiens[31]. La tendresse du délégué pour la communauté grandit au souvenir de son accueil : Tite n'est pas un contrôleur froid, c'est un pasteur qui s'attache.

L'organisateur de la collecte

Paul confie ensuite à Tite l'œuvre la plus délicate : achever chez les Corinthiens la collecte pour les pauvres de Jérusalem, promise lors de l'assemblée[32]. Il loue son empressement avec une chaleur rare :

« Je rends grâce à Dieu qui a mis dans le cœur de Tite le même empressement à votre égard : il a accueilli notre demande, et il a été tellement empressé qu'il est parti chez vous spontanément. » (Saint Paul, 2 Corinthiens 8, 16 et 17)[33]

Et il le présente aux Églises sans réserve : « En ce qui concerne Tite, c'est mon compagnon et mon collaborateur auprès de vous »[34]. Plus tard, Paul le donnera en exemple de désintéressement : ni lui ni Tite n'ont exploité les Corinthiens[^desinteresse}.

  1. Vers 48 ou 49
    Jérusalem avec Paul et Barnabé
    la liberté des païens

    Emmené à l'assemblée de Jérusalem, Tite repart incirconcis : le cas vivant de la gratuité du salut.

  2. Vers 55 à 57
    Les missions de Corinthe
    crise, lettre sévère, collecte

    Porteur de la lettre sévère, artisan de la réconciliation, organisateur de la collecte pour Jérusalem.

  3. Vers 63
    Laissé en Crète
    organiser les Églises

    Paul le laisse dans l'île pour achever l'organisation et établir des Anciens dans chaque ville.

  4. Vers 63 ou 64
    La lettre à Tite
    Nicopolis en vue

    Paul lui écrit avant de gagner Nicopolis pour l'hiver : ordre des Églises, réfutation, gratuité du salut.

  5. Vers 66 ou 67
    Parti pour la Dalmatie
    dernière mention

    Paul, captif à Rome pour la seconde fois, signale son départ : Tite évangélise la rive adriatique.

  6. Après 67
    Retour et mort en Crète
    selon la tradition

    Premier évêque de l'île, il y achève sa vie à un âge avancé et y est enseveli.

Un homme de confiance, pas un second couteau

TraitPassageCe qu'il révèle
Discernement2 Co 2, 13Paul avoue son angoisse de ne pas le trouver à Troas
Consolation2 Co 7, 6 et 7Sa venue relève Paul au plus bas de la détresse
Tendresse pastorale2 Co 7, 15Son affection grandit au souvenir de l'accueil des Corinthiens
Initiative2 Co 8, 17Il part spontanément, au-delà de la demande
Compagnonnage2 Co 8, 23Nommé compagnon et collaborateur de l'Apôtre
Désintéressement2 Co 12, 18Donné en exemple contre tout soupçon d'exploitation

La Crète : organiser les Églises

L'île et sa capitale

La Crète du Ier siècle est une province romaine dont la capitale administrative est Gortyne, au sud de l'île, ville de vétérans et carrefour entre l'Orient et Rome[35]. Paul y a fait escale lors de son voyage de captivité vers Rome, aux Beaux-Ports, sans pouvoir y annoncer longuement l'Évangile[36]. Quand il y laisse Tite, après sa première captivité, des communautés existent déjà dans plusieurs villes, mais sans organisation achevée : c'est cette œuvre inachevée que le délégué doit finir.

Établir des Anciens dans chaque ville

L'ordre de mission tient en une phrase, citée au seuil de la lettre :

« Je m'adresse à toi, Tite, mon véritable enfant selon la foi qui nous est commune : à toi, la grâce et la paix de la part de Dieu le Père et du Christ Jésus notre Sauveur. Si je t'ai laissé en Crète, c'est pour que tu finisses de tout organiser et que, dans chaque ville, tu établisses des Anciens comme je te l'ai commandé moi-même. » (Saint Paul, Tite 1, 4 et 5)[37]

Suit le portrait du responsable : sans reproche, époux d'une seule femme, enfants croyants, intendant de Dieu ni arrogant ni coléreux ni brutal ni avide, mais accueillant, ami du bien, raisonnable, juste, saint, maître de lui, attaché à la parole digne de foi pour exhorter et réfuter[38]. La liste mêle vie familiale, caractère et doctrine : l'Église naissante ne sépare jamais ce qu'un homme est de ce qu'il enseigne.

Les Crétois et leur prophète

La lettre ne cache pas la difficulté du terrain. Paul cite un auteur crétois lui-même :

« L'un d'entre eux, un de leurs prophètes, l'a bien dit : Crétois toujours menteurs, mauvaises bêtes, gloutons fainéants ! Ce témoignage est vrai. Pour cette raison, réfute-les vigoureusement, afin qu'ils retrouvent la santé de la foi. » (Saint Paul, Tite 1, 12 et 13)[39]

Le vers cité vient d'Épiménide de Cnossos, sage crétois du VIe siècle avant Jésus Christ, repris aussi par le poète Callimaque[40]. Paul retourne contre les faux docteurs, surtout d'origine juive, le témoignage de leur propre culture : les récits légendaires et les prescriptions judaïsantes n'ont rien à faire dans les Églises[41].

Nicopolis et la Dalmatie

La fin de la lettre ouvre sur la suite : dès qu'Artémas ou Tychique arrivera en relais, Tite devra rejoindre Paul à Nicopolis, où l'Apôtre a décidé de passer l'hiver[42]. L'identification la plus courante voit dans cette Nicopolis la ville d'Épire fondée par Auguste après Actium, point de passage naturel entre la Macédoine et l'Italie. Zénas le juriste et Apollos recevront de quoi poursuivre leur voyage[43].

La dernière mention de Tite se lit dans la dernière lettre de Paul : « Tite pour la Dalmatie »[44]. La tradition y voit le point de départ de l'évangélisation de la rive orientale de l'Adriatique, que Tite aurait abordée depuis Nicopolis avant de regagner la Crète[45].

La lettre à Tite, plan du livre

Une lettre courte, trois chapitres denses

Avec ses trois chapitres et quarante-six versets, la lettre à Tite est la plus brève des pastorales. Sa construction est limpide : après l'adresse qui donne l'ordre de mission, chaque chapitre traite un front, les responsables, puis tous les âges de la communauté, puis la vie chrétienne face au monde, avant les consignes personnelles et la bénédiction[46].

PartieVersetsContenu
Adresse et ordre de mission1, 1 à 5Paul serviteur et apôtre, Tite véritable enfant, finir l'organisation, établir des Anciens
Les responsables et les opposants1, 6 à 16Portrait de l'Ancien, réfractaires surtout judaïsants, sentence d'Épiménide
L'enseignement selon les âges2, 1 à 15Vieillards, femmes âgées et jeunes, jeunes gens, esclaves, puis la grâce manifestée
La vie chrétienne et sa source3, 1 à 11Soumission aux autorités, douceur envers tous, bain du baptême, mise en garde contre l'hérétique
Consignes et salutations3, 12 à 15Nicopolis pour l'hiver, Zénas et Apollos, salutations, bénédiction

Ce qui la distingue des lettres à Timothée

Les trois pastorales partagent le même souci de transmission, mais la lettre à Tite a son accent propre : là où les lettres à Timothée détaillent longuement la lutte contre les faux docteurs d'Éphèse et le testament d'un mourant, la lettre à Tite est un ordre de mission tourné vers l'action, plus bref, plus direct, avec une insistance unique sur les bonnes œuvres et sur la gratuité baptismale[47]. Les deux disciples, fêtés ensemble le 26 janvier, éclairent chacun une face de la méthode de Paul : garder une Église ancienne pour l'un, en fonder de jeunes pour l'autre.

La théologie de la lettre

La grâce manifestée pour tous

Le cœur doctrinal de la lettre bat au chapitre 2. Après les consignes données à chaque âge, Paul fonde toute la morale sur l'apparition de la grâce :

« Car la grâce de Dieu s'est manifestée pour le salut de tous les hommes. Elle nous apprend à renoncer à l'impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété, attendant que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ. » (Saint Paul, Tite 2, 11 à 13)[48]

Ce passage, lu chaque année à la messe de la nuit de Noël, porte l'une des confessions les plus fortes du Nouveau Testament sur le Christ, appelé ensemble grand Dieu et Sauveur[49]. La morale n'y est jamais un effort solitaire : elle est l'école de la grâce, qui apprend à vivre en attendant.

Le bain qui régénère

Le chapitre 3 déploie la même gratuité du côté du baptême. Après le rappel de ce que nous étions autrefois, insensés et remplis de haine, vient l'annonce :

« Mais lorsque Dieu, notre Sauveur, a manifesté sa bonté et son amour pour les hommes, il nous a sauvés, non pas à cause de la justice de nos propres actes, mais par sa miséricorde. Par le bain du baptême, il nous a fait renaître et nous a renouvelés dans l'Esprit Saint. Cet Esprit, Dieu l'a répandu sur nous en abondance, par Jésus Christ notre Sauveur, afin que, rendus justes par sa grâce, nous devenions en espérance héritiers de la vie éternelle. » (Saint Paul, Tite 3, 4 à 7)[50]

Ce texte, lu à la messe de l'aurore de Noël, fonde la doctrine catholique du baptême comme renaissance gratuite, sans mérite préalable, avec l'effusion abondante de l'Esprit[51]. Le Catéchisme s'y réfère pour la régénération baptismale et l'appel universel au salut[52].

Les bonnes œuvres comme fruit

La lettre revient avec insistance sur les belles œuvres : ceux qui ont mis leur foi en Dieu doivent être les premiers pour faire le bien, apprendre à répondre aux nécessités urgentes et produire du fruit[53]. L'ordre est capital : les œuvres ne sauvent pas, elles suivent ; elles sont le fruit, jamais la racine. C'est la réponse paulinienne aux deux erreurs contraires, le salut par la Loi des judaïsants et l'indifférence morale des beaux parleurs.

L'hérétique après deux avertissements

La fermeté disciplinaire a sa règle, brève et célèbre : « Quant à l'hérétique, après un premier et un second avertissement, écarte-le, sachant qu'un tel homme est perverti et pécheur : il se condamne lui-même »[54]. C'est ce verset qu'Irénée et Tertullien reprendront contre les gnostiques, preuve que la lettre servait déjà d'arme doctrinale à la fin du IIe siècle[55].

ThèmePassage cléPortée
Grâce universelle2, 11 à 13Salut offert à tous, attente de la manifestation glorieuse
Baptême régénérant3, 4 à 7Renaissance gratuite par miséricorde, effusion de l'Esprit
Ministère ordonné1, 5 à 9Anciens dans chaque ville, vie et doctrine inséparables
Bonnes œuvres2, 14 et 3, 8 et 14Fruit de la foi, réponse aux nécessités, vie utile
Vie dans le monde3, 1 et 2Soumission aux autorités, douceur envers tous les hommes
Discipline3, 10 et 11Écart de l'hérétique obstiné après deux avertissements

Le premier évêque de Crète

Le témoignage d'Eusèbe

Après les Écritures, le témoin le plus ancien de la destinée de Tite est Eusèbe de Césarée, qui écrit dans son Histoire ecclésiastique :

« Timothée, rapporte-t-on, fut le premier à recevoir l'épiscopat de la communauté d'Éphèse, et Tite celui des Églises de Crète. » (Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 4)[56]

La formule, sobre et placée parmi les successions apostoliques, fait de Tite le premier maillon de l'Église crétoise, comme Timothée l'est pour Éphèse. Une tradition ancienne, relayée par la Catholic Encyclopedia de 1913, précise qu'il demeura en Crète après la mort de Paul et y mourut à plus de quatre-vingt-dix ans[57].

Gortyne, sa basilique, ses reliques

L'ancien Martyrologe romain, qui le célébrait le 4 janvier, résumait ainsi sa fin : consacré évêque de l'île par l'Apôtre, il accomplit fidèlement le devoir de la prédication, acheva saintement sa vie et fut enseveli dans l'église même dont l'Apôtre l'avait fait le digne ministre[58]. À Gortyne, première ville de sa charge, une basilique dédiée à saint Tite s'élève dès les premiers siècles chrétiens, dont les ruines témoignent encore aujourd'hui[59].

Ses reliques suivent le destin de la chrétienté orientale : transférées à Constantinople, puis pour partie à Venise, le chef du saint regagne la Crète en 1966 et repose désormais dans l'église Saint-Tite d'Héraklion, où les fidèles le vénèrent comme patron de la ville et de l'île[60]. L'Orient le compte parmi les soixante-dix disciples et le fête le 25 août[61].

Usage liturgique

Le 26 janvier avec Timothée

Depuis le calendrier romain promulgué en 1969, Tite est célébré le 26 janvier, au lendemain de la Conversion de saint Paul, dans une mémoire commune avec Timothée, tous deux évêques et disciples de l'Apôtre[62]. Auparavant, sa fête se tenait le 6 février, comme évêque et confesseur, avec les textes propres que Dom Guéranger commente dans son Année liturgique[63].

Tite dans le lectionnaire

La lettre à Tite irrigue la prière de l'Église bien au-delà de sa fête. Son deuxième chapitre résonne dans la nuit de Noël, son troisième à l'aurore du même jour, plaçant la gratuité du salut au cœur de la célébration de la Nativité[64]. Les communautés qui méditent l'ordre des ministères y trouvent le bréviaire de tout pasteur : choisir des responsables irréprochables, enseigner avec solidité, réfuter avec vigueur, et tout porter par la douceur envers tous les hommes.

Pour aller plus loin

  • Saint Paul apôtre : l'Apôtre qui emmène Tite à Jérusalem, l'envoie à Corinthe et le laisse en Crète
  • Timothée : l'autre fils spirituel de Paul, fêté avec Tite le 26 janvier, gardien de l'Église d'Éphèse
  • Barnabé : le compagnon de la montée à Jérusalem, aux côtés de Paul et de Tite
  • Saint Pierre apôtre : l'Apôtre de la circoncision, tendant la main aux envoyés vers les nations
  • Étienne, premier martyr : le premier témoin, avant les missions où Tite servira
  • Saint Jean l'Évangéliste : l'Apôtre qui achèvera le siècle apostolique à Éphèse

Ce que propose l'exégèse moderne, et ses limites

L'hypothèse pseudépigraphique

Une partie de l'exégèse contemporaine propose que la lettre à Tite, comme les deux à Timothée, n'aurait pas été écrite par Paul lui-même mais par un disciple du début du IIe siècle, vers 100 ou 120, dans une école paulinienne qui aurait habillé son enseignement des souvenirs de l'Apôtre[65]. Les indices avancés sont connus : un vocabulaire différent des grandes lettres, avec de nombreux mots absents par ailleurs ; une organisation ecclésiale qui semblerait trop développée pour les années 60 ; des adversaires qui ressembleraient aux gnostiques du IIe siècle ; et l'impossibilité d'insérer un voyage en Crète et un hiver à Nicopolis dans la trame des Actes, qui s'achèvent sur Paul captif à Rome[66].

Les fragilités de l'hypothèse

Cette reconstruction, pour sérieuse qu'elle soit, repose sur des présupposés fragiles. D'abord l'argument du vocabulaire : une lettre courte à un collaborateur intime sur l'organisation pratique n'a aucune raison de ressembler à une grande lettre doctrinale aux Romains, et Paul utilisait des secrétaires, comme Tertius qui salue lui-même les Romains à la fin de la lettre[67]. Ensuite l'argument ecclésial : les Actes montrent déjà des Anciens établis dans chaque Église dès le premier voyage, et les listes de qualités morales ne décrivent aucune monarchie épiscopale tardive[68]. Ensuite l'argument des adversaires : les judaïsants et les beaux parleurs de Crète n'ont rien des systèmes gnostiques du IIe siècle, que la lettre ignore entièrement. Enfin l'argument des Actes : Luc achève son récit sur Paul vivant à Rome sans raconter la mort d'aucun apôtre, et une libération suivie de nouvelles missions reste la lecture la plus naturelle de cette fin ouverte, confirmée par Eusèbe et Clément de Rome[69].

Surtout, la datation tardive se heurte à la réception précoce : Théophile d'Antioche cite déjà ces lettres comme parole divine vers 181, Irénée les manie contre les gnostiques, et le fragment de Muratori les tient pour l'instrument de la discipline ecclésiale[70]. Faire écrire vers 120 un texte déjà autorité vingt ou soixante ans plus tard suppose une adoption étonnamment rapide pour un faux. Les grands défenseurs de l'authenticité, comme Ceslas Spicq dans son commentaire de 1969 et William Mounce dans le Word Biblical Commentary, ont montré que chaque objection trouve une réponse interne cohérente[71].

Pourquoi la lecture traditionnelle reste défendable

Le lecteur qui a suivi le dossier comprend pourquoi l'Église maintient Paul pour auteur et les années 63 ou 64 pour date : les détails circonstanciés sans fonction doctrinale, Nicopolis, Artémas, Zénas, les saluts, ont le grain de la vie réelle et non du pastiche ; les témoins anciens, unanimes jusqu'à Marcion qui confirme par son rejet même que ces lettres circulaient comme pauliniennes, ne laissent aucune trace d'un débat d'origine ; et l'inerrance reçue de l'Écriture, définie par Vatican I et rappelée par Vatican II, interdit de traiter une lettre qui se donne pour paulinienne comme une pieuse fiction[72]. Une partie de l'exégèse contemporaine propose autre chose : le dossier, lui, permet de tenir la tradition sans naïveté.

Notes et références

  1. Ga 2, 1 à 5 ; 2 Co 2, 13 ; 7, 6 et 7 et 13 à 15 ; 8, 6 et 16 à 24 ; 12, 18 ; Tt 1 à 3 ; 2 Tm 4, 10. TOB 2010, et AELF pour les passages cités mot à mot.

    1 5
  2. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 4 : Timothée premier à recevoir l'épiscopat d'Éphèse, Tite celui des Églises de Crète (New Advent, newadvent.org/fathers/250103.htm). Citation traduite par Ignispedia.

    2 56
  3. Tt 1, 5 : finir d'organiser, établir des Anciens dans chaque ville. AELF, https://www.aelf.org/bible/Tt/1.

    3 9
  4. Les Actes des Apôtres, 28 chapitres, ne nomment jamais Tite, alors que les lettres le montrent aux premières places de Jérusalem à la Dalmatie. TOB 2010.

    4
  5. Tt : 3 chapitres et 46 versets. Ordre canonique avec les deux lettres à Timothée, avant Philémon. TOB 2010, notices d'introduction.

    6
  6. Tt 1, 1 à 5 : Paul serviteur et apôtre, Tite véritable enfant, laissé en Crète pour organiser et établir des Anciens. AELF, https://www.aelf.org/bible/Tt/1.

    7 37
  7. Tt 3, 12 et 13 : Nicopolis pour l'hiver, Artémas ou Tychique, Zénas et Apollos. AELF, https://www.aelf.org/bible/Tt/3.

    8
  8. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, II, 22 : Paul libéré de sa première captivité, puis de nouveau arrêté et martyrisé. Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens, 5 : Paul portant l'Évangile jusqu'aux limites de l'Occident. Éd. Sources chrétiennes.

    10
  9. Tertullien, Contre Marcion, livre V, 21 : Marcion reçoit Philémon, lettre à un seul homme, et refuse la lettre à Tite et les deux à Timothée. Catholic Encyclopedia, 1913, article Epistles to Timothy and Titus. Éd. Sources chrétiennes pour Tertullien.

    11 15
  10. Irénée de Lyon, Contre les hérésies, I, 16, 3 : reprise de Tt 3, 10 sur l'hérétique à écarter. Référence relevée par la McClintock and Strong Cyclopedia, article Titus, Epistle to. Éd. Sources chrétiennes.

    12 55
  11. Théophile d'Antioche, vers 181 : cite les pastorales comme la parole divine, theios logos. Catholic Encyclopedia, 1913, article Epistles to Timothy and Titus.

    13
  12. Fragment de Muratori : Paul a écrit par affection une lettre à Philémon, une à Tite et deux à Timothée, tenues pour sacrées dans l'Église catholique pour régler la discipline ecclésiastique. Trad. Metzger vérifiée (earlychristianwritings.com). Datation la plus courante : fin du IIe siècle.

    14 70
  13. Tertullien, Traité de la prescription contre les hérétiques, 6 : reprise de Tt 3, 10 et 11. Référence relevée par la McClintock and Strong Cyclopedia, article Titus, Epistle to. Éd. Sources chrétiennes.

    16
  14. Clément d'Alexandrie, Stromates : commentaires de Tt 1, 12 et de Tt 3, 3 et 4. Références relevées par la McClintock and Strong Cyclopedia, article Titus, Epistle to. Éd. Sources chrétiennes.

    17
  15. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 3 et III, 25 : les lettres de Paul, pastorales incluses, parmi les écrits reconnus de tous. Éd. Sources chrétiennes.

    18
  16. Codex Vaticanus et Codex Sinaiticus, IVe siècle : la lettre figure dans le corpus paulinien.

    19
  17. Concile de Trente, session IV, décret sur les Écritures canoniques, 8 avril 1546 : la lettre à Tite dans la liste reçue. Denzinger, n. 1502 à 1504.

    20
  18. Ga 2, 1 : quatorze ans après, montée à Jérusalem avec Barnabé, Tite emmené. AELF, https://www.aelf.org/bible/Ga/2.

    21
  19. Ac 15 : l'assemblée de Jérusalem tranche la question de la circoncision des païens. TOB 2010.

    22
  20. L'identification de la visite de Ga 2 à l'assemblée d'Ac 15 est la lecture reçue ; certains exégètes proposent une visite antérieure. Débat présenté sans trancher le cadre traditionnel. TOB 2010, notes d'introduction.

    23
  21. Ga 2, 3 : Tite mon compagnon, Grec, non obligé à la circoncision. AELF, https://www.aelf.org/bible/Ga/2.

    24
  22. Ga 2, 4 et 5 : faux frères infiltrés, refus de se soumettre pour garder la vérité de l'Évangile. AELF, https://www.aelf.org/bible/Ga/2.

    25
  23. Ga 2, 9 : Jacques, Pierre et Jean, colonnes, tendent la main à Paul et Barnabé. AELF, https://www.aelf.org/bible/Ga/2.

    26
  24. Ac 16, 3 ; Ga 2, 3 : Timothée circoncis à cause des Juifs, Tite Grec non contraint ; 1 Co 9, 20 à 22 : se faire tout à tous pour l'annonce. AELF.

    27
  25. 2 Co 2, 1 à 4 : visite dans la tristesse, lettre écrite dans les larmes ; Tite porteur et précurseur. TOB 2010.

    28
  26. 2 Co 2, 12 et 13 : porte ouverte à Troas, esprit sans repos faute d'y trouver Tite, départ pour la Macédoine. TOB 2010.

    29
  27. 2 Co 7, 6 et 7 : Dieu réconforte par la venue de Tite et le réconfort trouvé chez les Corinthiens. AELF, https://www.aelf.org/bible/2Co/7.

    30
  28. 2 Co 7, 13 à 15 : joie de Tite, esprit tranquillisé, tendresse grandie au souvenir de l'obéissance. AELF, https://www.aelf.org/bible/2Co/7.

    31
  29. 2 Co 8, 6 : Tite, qui a commencé l'œuvre généreuse, chargé d'aller jusqu'au bout ; Ga 2, 10 : promesse du souvenir des pauvres. AELF, https://www.aelf.org/bible/2Co/8.

    32
  30. 2 Co 8, 16 et 17 : grâce pour l'empressement mis au cœur de Tite, parti spontanément. AELF, https://www.aelf.org/bible/2Co/8.

    33
  31. 2 Co 8, 23 : Tite mon compagnon et mon collaborateur auprès de vous. AELF, https://www.aelf.org/bible/2Co/8.

    34
  32. Gortyne, au sud de la Crète, capitale de la province romaine de Crète et Cyrénaïque, ville des vétérans et du proconsul. Notices historiques courantes, confirmées par les fouilles de l'agora et du prétoire.

    35
  33. Ac 27, 8 : escale aux Beaux-Ports de Crète lors du voyage de captivité vers Rome. TOB 2010.

    36
  34. Tt 1, 6 à 9 : l'Ancien sans reproche, intendant de Dieu, portrait moral et doctrinal. AELF, https://www.aelf.org/bible/Tt/1.

    38
  35. Tt 1, 12 et 13 : le prophète crétois, Crétois toujours menteurs, témoignage vrai, réfutation vigoureuse. AELF, https://www.aelf.org/bible/Tt/1.

    39
  36. Épiménide de Cnossos, sage crétois du VIe siècle avant Jésus Christ, auteur du vers repris aussi par Callimaque. TOB 2010, notes.

    40
  37. Tt 1, 10 et 11 et 14 à 16 : réfractaires surtout du judaïsme, maisons bouleversées, récits légendaires. AELF, https://www.aelf.org/bible/Tt/1.

    41
  38. Tt 3, 12 : rejoindre Paul à Nicopolis pour l'hiver, Artémas ou Tychique en relais. AELF, https://www.aelf.org/bible/Tt/3.

    42
  39. Tt 3, 13 : équiper Zénas le juriste et Apollos pour leur voyage. AELF, https://www.aelf.org/bible/Tt/3.

    43
  40. 2 Tm 4, 10 : Tite parti pour la Dalmatie. AELF, https://www.aelf.org/bible/2Tm/4.

    44
  41. La tradition voit dans ce départ le début de l'évangélisation de la Dalmatie, province romaine de la rive adriatique, avant le retour de Tite en Crète. Degré : tradition postérieure, sobrement rapportée.

    45
  42. Tt 1 à 3 : 46 versets, adresse, trois fronts, consignes, salutations. TOB 2010, plan de la lettre.

    46
  43. 1 Tm 6 chapitres, 2 Tm 4 chapitres, Tt 3 chapitres : la plus brève, ordre de mission tourné vers l'action. TOB 2010.

    47
  44. Tt 2, 11 à 13 : grâce manifestée pour tous, vie raisonnable et pieuse, bienheureuse espérance. AELF, https://www.aelf.org/bible/Tt/2.

    48
  45. Lectionnaire romain, messe de la nuit de Noël : deuxième lecture, Tt 2, 11 à 14. AELF, https://www.aelf.org/bible/Tt/2.

    49 64
  46. Tt 3, 4 à 7 : bonté manifestée, salut par miséricorde, bain du baptême, Esprit répandu en abondance. AELF, https://www.aelf.org/bible/Tt/3.

    50
  47. Lectionnaire romain, messe de l'aurore de Noël : deuxième lecture, Tt 3, 4 à 7. AELF, https://www.aelf.org/bible/Tt/3.

    51
  48. Catéchisme de l'Église catholique, 1215 et 1262 : le bain de la régénération et la justification gratuite au baptême, avec Tt 3, 5.

    52
  49. Tt 2, 14 ; 3, 8 et 14 : peuple ardent à faire le bien, premiers pour les belles œuvres, fruit et nécessités. AELF.

    53
  50. Tt 3, 10 et 11 : l'hérétique écarté après deux avertissements, condamné par lui-même. AELF, https://www.aelf.org/bible/Tt/3.

    54
  51. Catholic Encyclopedia, 1913, article Epistles to Timothy and Titus : selon la tradition ancienne, Tite demeura en Crète après la mort de Paul et y mourut à plus de quatre-vingt-dix ans.

    57
  52. Ancien Martyrologe romain, au 4 janvier : en Crète, naissance au ciel de saint Tite, consacré évêque de l'île par saint Paul, fidèle prédicateur, enseveli dans l'église dont l'Apôtre l'avait fait le ministre.

    58
  53. Basilique Saint-Tite de Gortyne, premiers siècles chrétiens : sanctuaire élevé sur le lieu de sa charge, ruines visibles encore aujourd'hui.

    59
  54. Enseveli à Gortyne, reliques transférées à Constantinople puis pour partie à Venise ; le chef rendu à la Crète en 1966, vénéré dans l'église Saint-Tite d'Héraklion, patron de la ville et de l'île.

    60
  55. Tradition orientale : Tite compté parmi les soixante-dix disciples, fêté le 25 août.

    61
  56. Calendrier romain général, 26 janvier : mémoire commune des saints Timothée et Tite, au lendemain de la Conversion de saint Paul (Calendarium Romanum, 1969). Avant 1969 : Tite seul le 6 février.

    62
  57. Ancien calendrier romain, 6 février : saint Tite évêque et confesseur. Dom Guéranger, L'Année liturgique, 6 février.

    63
  58. Hypothèse pseudépigraphique : disciple du début du IIe siècle, vers 100 ou 120, école paulinienne. Introductions critiques, TOB 2010.

    65
  59. Vocabulaire propre, organisation développée, adversaires gnostiques supposés, voyage en Crète absent des Actes. Introductions critiques, TOB 2010.

    66
  60. Rm 16, 22 : Tertius, le secrétaire, salue les Romains. TOB 2010.

    67
  61. Ac 14, 23 : des Anciens établis dans chaque Église dès le premier voyage. TOB 2010.

    68
  62. Ac 28, 30 et 31 : le récit s'achève sur Paul vivant à Rome, sans la mort d'aucun apôtre. TOB 2010.

    69
  63. Ceslas Spicq, Les Épîtres pastorales, 2 vol., Gabalda (Études bibliques), Paris, 1969 ; William D. Mounce, The Pastoral Epistles, Word Biblical Commentary 46, Nelson, 2000.

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  64. Vatican I, Dei Filius (Denzinger 1787) : Dieu auteur de l'Écriture ; Vatican II, Dei Verbum, 11 : inspiration et vérité sans erreur.

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