Timothée (Lystre - Éphèse, Ier siècle)

Timothée, fils spirituel de Paul, de Lystre à Éphèse : compagnon de toutes les missions, destinataire des deux lettres pastorales, premier évêque d'Éphèse et martyr. Actes, témoins anciens, liturgie du 26 janvier, débat sur l'authenticité.

Ignispedia

Timothée est le fils spirituel de saint Paul : un jeune Juif de Lystre, élevé dans les Écritures par sa mère Eunice et sa grand-mère Loïs, devenu le compagnon inséparable de l'Apôtre pendant quinze ans, puis le gardien de l'Église d'Éphèse. Deux lettres du Nouveau Testament lui sont adressées, la première et la deuxième à Timothée, qui comptent parmi les textes les plus cités sur le ministère, la transmission de la foi et la fin de vie de Paul.

Tout ce que l'on sait de lui vient de l'Écriture reçue par l'Église : les Actes des Apôtres, dix lettres pauliniennes où son nom apparaît, et la lettre aux Hébreux qui annonce sa libération[1]. La tradition, relayée par Eusèbe de Césarée, en fait le premier évêque d'Éphèse, mort martyr vers 97[2]. Sa fête se célèbre le 26 janvier, avec celle de Tite.

Sa figure porte un enjeu qui dépasse la biographie : Timothée est l'homme de la transmission. C'est à lui que Paul confie le dépôt de la foi avec cet ordre qui fonde toute succession apostolique : transmettre à des hommes fidèles ce qui a été reçu[3]. Lire Timothée, c'est comprendre comment l'Évangile passe d'une génération à l'autre sans se perdre.

Timothée dans le canon des Écritures

Un nom présent dans onze livres du Nouveau Testament

Peu de compagnons de Paul sont aussi documentés que Timothée. Son nom apparaît dans les Actes, dans dix lettres du corpus paulinien et dans la lettre aux Hébreux, ce qui en fait l'un des personnages les mieux attestés de la première génération chrétienne après les apôtres eux-mêmes[4].

Les deux lettres qui portent son nom

La première lettre à Timothée compte six chapitres, la deuxième en compte quatre. Dans l'ordre canonique, elles se lisent avec la lettre à Tite, au sein du corpus paulinien, juste avant Philémon : ce sont les trois lettres pastorales, adressées non à des communautés mais à des pasteurs chargés d'Églises[5]. Leur objet est unique dans le Nouveau Testament : organiser la vie des communautés, désigner leurs responsables, réfuter les faux docteurs et transmettre intact le dépôt reçu.

Le dossier scripturaire en un tableau

LivrePassageCe que le texte apprend sur Timothée
Actes16, 1-3Origine de Lystre, mère juive croyante, père grec, bon témoignage, circoncision
Actes17, 14-15Resté à Bérée avec Silas pendant que Paul gagne Athènes
Actes18, 5Rejoint Paul à Corinthe avec Silas, au fort de la mission
Actes19, 22Envoyé de Corinthe en Macédoine avec Éraste
Actes20, 4Du voyage de retour vers Jérusalem, nommé parmi les compagnons
Romains16, 21Salue les Romains aux côtés de Paul, nommé compagnon de travail de l'Apôtre
1 Corinthiens4, 17 et 16, 10-11Envoyé à Corinthe comme enfant bien-aimé, à recevoir sans mépris
2 Corinthiens1, 1Co-expéditeur de la lettre, avec Paul
Philippiens1, 1 et 2, 19-24Co-expéditeur, puis l'éloge le plus personnel que Paul ait écrit d'un disciple
Colossiens1, 1Co-expéditeur de la lettre aux Colossiens
1 Thessaloniciens1, 1 et 3, 1-6Co-expéditeur, envoyé à Thessalonique, rapport qui console Paul
2 Thessaloniciens1, 1Co-expéditeur de la deuxième lettre
Philémon1Nommé « notre frère » en tête du billet à Philémon
Hébreux13, 23Timothée libéré de prison, visite projetée avec lui
1 Timothée6 chapitresLaissé à Éphèse, ordre de l'Église, réfutation des faux docteurs
2 Timothée4 chapitresDernière lettre de Paul, captif à Rome, testament spirituel

L'auteur et la datation reçus par l'Église

Paul, auteur des deux lettres

Les deux lettres se présentent comme des lettres de Paul : « Paul, apôtre du Christ Jésus », écrit à « Timothée, mon véritable enfant dans la foi »[6], puis à « Timothée, mon enfant bien-aimé »[7]. La deuxième multiplie les détails circonstanciés impossibles à réduire à un décor : le manteau oublié à Troas chez Carpos, les parchemins à rapporter, Alexandre le forgeron qui a fait beaucoup de mal, la première comparution où personne n'a assisté Paul[8]. Ces précisions sans portée doctrinale ont le ton d'une correspondance réelle, non d'un manifeste.

Les dates traditionnelles

La lecture reçue situe la première lettre en Macédoine, après la première captivité romaine de Paul (61 à 63) : l'Apôtre, libéré, aurait repris la route, laissé Timothée à Éphèse en partant pour la Macédoine, puis lui aurait écrit vers 63 ou 64[9]. La deuxième lettre est datée de Rome, d'une seconde captivité bien plus dure, vers 66 ou 67, peu avant le martyre de Paul sous Néron : Paul s'y sait déjà « offert en sacrifice » et demande à Timothée de venir avant l'hiver[10]. Cette chronologie suppose ce que la tradition affirme par ailleurs : Paul libéré une première fois, reparti en mission, puis arrêté de nouveau. Eusèbe de Césarée rapporte cette libération, et Clément de Rome, dès la fin du Ier siècle, évoque Paul portant l'Évangile jusqu'aux limites de l'Occident[11].

Une réception sans rupture

Les deux lettres sont reçues très tôt comme Écriture de Paul, sans trace d'un débat sur leur origine dans l'Église ancienne. Seuls des hérétiques les rejettent, et pour des raisons doctrinales, non historiques : Marcion les exclut de son canon expurgé au milieu du IIe siècle, et Tertullien lui reproche cette incohérence, recevoir Philémon, lettre à un seul homme, et refuser les deux à Timothée et celle à Tite[12].

TémoinDate approximativeCe qu'il apporte au dossier
Polycarpe de SmyrneVers 110 à 140Sa lettre aux Philippiens reprend la sentence de 1 Tm 6, 7 sur le néant apporté en ce monde[13]
Irénée de LyonVers 180Cite les pastorales comme Écriture de Paul contre les gnostiques[14]
Fragment de MuratoriFin du IIe siècleRange « les deux à Timothée » parmi les lettres reçues pour régler la discipline de l'Église[15]
TertullienDébut du IIIe siècleAtteste que Marcion les retranche, preuve qu'elles circulaient comme pauliniennes[16]
Eusèbe de CésaréeVers 325Compte les lettres de Paul, pastorales incluses, parmi les écrits reconnus de tous[17]
Grands onciauxIVe siècleVaticanus et Sinaiticus contiennent les deux lettres[18]
Concile de Trente8 avril 1546Reçoit « les deux à Timothée » dans la liste des Écritures canoniques[19]

Lystre : une mère juive, un père grec

Eunice et Loïs

Timothée naît à Lystre, ville de Lycaonie en Asie Mineure, d'une mère juive devenue croyante, Eunice, et d'un père grec resté païen[20]. Sa grand-mère Loïs partage la foi de sa fille, et c'est cette lignée de femmes qui transmet à l'enfant à la fois les Écritures et la foi au Christ. Paul le rappelle dans sa dernière lettre avec une tendresse inhabituelle :

« J'ai souvenir de la foi sincère qui est en toi : c'était celle qui habitait d'abord Loïs, ta grand-mère, et celle d'Eunice, ta mère, et j'ai la conviction que c'est aussi la tienne. Voilà pourquoi, je te le rappelle, ravive le don gratuit de Dieu, ce don qui est en toi depuis que je t'ai imposé les mains. » (Saint Paul, 2 Timothée 1, 5-6)[21]

Dès son enfance, Timothée connaît donc les Saintes Écritures, capables de lui donner la sagesse en vue du salut[22]. Sa formation est celle d'un Juif de la diaspora, nourri de la Bible grecque, ouvert par son père au monde païen : un profil idéal pour la mission auprès des Grecs.

Le bon témoignage des frères

Quand Paul traverse Lystre lors de son deuxième voyage missionnaire, vers 49 ou 50, avec Silas, il y trouve un jeune disciple dont « les frères de Lystre et d'Iconium rendaient un bon témoignage »[23] :

« Il arriva ensuite à Derbé, puis à Lystres. Il y avait là un disciple nommé Timothée ; sa mère était une Juive devenue croyante, mais son père était Grec. À Lystres et à Iconium, les frères lui rendaient un bon témoignage. Paul désirait l'emmener ; il le prit avec lui et le fit circoncire à cause des Juifs de la région, car ils savaient tous que son père était Grec. » (Luc, Actes 16, 1-3)[24]

Le récit est sobre et ne dit rien de la conversion elle-même, qui remonte probablement au premier passage de Paul à Lystre, quelques années plus tôt. Ce qui compte aux yeux de Luc, c'est le témoignage public : l'Église locale garantit le jeune homme avant que Paul ne se l'attache.

Pourquoi Paul le fait circoncire

Le geste surprend : Paul, qui vient de faire triompher au concile de Jérusalem la liberté des païens face à la circoncision et qui refusera de circoncire Tite, Grec de deux parents païens, fait circoncire Timothée[25]. Il n'y a là aucune contradiction. Tite, incirconcis des deux côtés, aurait signifié par sa circoncision que la Loi reste nécessaire au salut. Timothée, Juif par sa mère aux yeux des Juifs, aurait été fermé aux synagogues s'il était resté incirconcis : Paul écarte un obstacle missionnaire, il ne pose pas une condition de salut. C'est l'application exacte de sa règle : se faire Juif avec les Juifs pour gagner les Juifs[26]. La liberté se garde pour l'essentiel, la souplesse se déploie pour l'annonce.

Le compagnon de toutes les routes

En quelques dates

  1. Vers 49 ou 50
    Recruté à Lystre
    deuxième voyage missionnaire

    Paul le prend avec lui après le témoignage des frères de Lystre et d'Iconium.

  2. Vers 50 ou 51
    Philippes, Thessalonique, Bérée
    la Macédoine

    Présent dès l'entrée en Europe, laissé à Bérée avec Silas, envoyé à Thessalonique.

  3. Vers 51 à 53
    Corinthe et Éphèse
    lettres et missions

    Rejoint Paul à Corinthe, co-expéditeur des deux lettres aux Thessaloniciens, missions en Macédoine.

  4. Vers 53 à 57
    Le troisième voyage
    Corinthe, Philippes, Rome

    Envoyé à Corinthe puis vers les Philippiens, nommé dans les salutations aux Romains.

  5. Vers 61 à 63
    La première captivité
    Rome

    Co-expéditeur des lettres de captivité : Philippiens, Colossiens, Philémon.

  6. Vers 63 ou 64
    Laissé à Éphèse
    première lettre

    Paul le laisse garder l'Église d'Éphèse et lui écrit de Macédoine.

  7. Vers 66 ou 67
    La dernière lettre
    Rome

    Paul, captif pour la seconde fois, lui adresse son testament spirituel.

  8. Vers 97
    Martyr à Éphèse
    selon la tradition

    Premier évêque de la ville, mis à mort pour le Christ sous Domitien ou Nerva.

Co-expéditeur de six lettres

Timothée est nommé en tête de six lettres de Paul, aux côtés de l'Apôtre : les deux aux Thessaloniciens, la deuxième aux Corinthiens, celles aux Philippiens, aux Colossiens et le billet à Philémon[27]. Cette mention n'est pas honorifique : dans les usages antiques, le co-expéditeur est associé à l'autorité de la lettre et souvent son porteur. Timothée est ainsi, dès les années 50, une figure connue de toutes les Églises pauliniennes, de la Macédoine à Rome.

Lettre co-signéeLieu et date reçusNote
1 ThessaloniciensCorinthe, vers 50 ou 51La plus ancienne lettre conservée de Paul
2 ThessaloniciensCorinthe, vers 51Confirmée par le rapport de Timothée
2 CorinthiensMacédoine, vers 55 à 57Timothée associé à la réconciliation
PhilippiensRome, vers 61 ou 62L'éloge personnel de 2, 19-24
ColossiensRome, vers 61 ou 62Avec l'envoi de Tychique et Onésime
PhilémonRome, vers 61 ou 62Nommé « notre frère » en tête du billet

Les missions confiées : Thessalonique, Corinthe, Philippes

Paul n'emploie Timothée que pour les missions délicates. À peine arrivé à Athènes, il le renvoie à Thessalonique affermir les nouveaux convertis dans la persécution, et le retour de l'envoyé console l'Apôtre : Timothée apporte de bonnes nouvelles de la foi et de la charité des Thessaloniciens, et Paul en rend grâce[28].

À Corinthe, Église divisée et tentée par les sagesses du monde, Paul envoie Timothée comme un autre lui-même :

« C'est pour cela que je vous ai envoyé Timothée, qui est mon enfant bien-aimé et fidèle dans le Seigneur ; il vous rappellera les voies que je trace dans le Christ Jésus, telles que je les enseigne partout dans toutes les Églises. » (Saint Paul, 1 Corinthiens 4, 17)[29]

Et comme Timothée est jeune et que les Corinthiens sont prompts au mépris, Paul ajoute cette consigne qui en dit long sur la douceur du disciple : que personne ne le méprise à son arrivée, qu'on le renvoie en paix, car il travaille comme Paul lui-même à l'œuvre du Seigneur[30].

Le sommet reste l'éloge aux Philippiens, écrit de captivité. Paul veut envoyer Timothée prendre des nouvelles, et il explique pourquoi lui plutôt qu'un autre :

« Dans le Seigneur Jésus, j'ai l'espoir de vous envoyer bientôt Timothée, pour que j'aie, moi aussi, la satisfaction de recevoir de vos nouvelles. Je n'ai en effet personne d'autre qui partage véritablement avec moi le souci de ce qui vous concerne. Car tous les autres se préoccupent de leurs propres affaires, non pas de celles de Jésus Christ. Mais lui, vous savez que sa valeur est éprouvée : comme un fils avec son père, il s'est mis avec moi au service de l'Évangile. » (Saint Paul, Philippiens 2, 19-22)[31]

« Comme un fils avec son père » : toute la relation tient dans cette image. Timothée n'est pas un secrétaire ni un coursier, c'est le fils engendré à l'Évangile, éprouvé par dix ans de routes communes.

Éphèse : la charge confiée

Reste à Éphèse

Après la première captivité romaine, Paul reprend la route vers l'Orient. À Éphèse, la plus grande ville d'Asie, l'Église grandit mais les faux docteurs s'y installent. En repartant pour la Macédoine, Paul y laisse Timothée avec une consigne nette :

« Comme je te l'ai recommandé en partant pour la Macédoine, reste à Éphèse pour interdire à certains de donner un enseignement différent ou de s'attacher à des récits mythologiques et à des généalogies interminables : cela ne porte qu'à de vaines recherches, plutôt qu'au dessein de Dieu qu'on accueille dans la foi. Le but de cette interdiction, c'est l'amour, la charité, qui vient d'un cœur pur, d'une conscience droite et d'une foi sans détours. » (Saint Paul, 1 Timothée 1, 3-5)[32]

La mission comporte deux versants inséparables : interdire l'erreur et garder la charité. Tout le reste de la lettre déploie ce programme.

Les faux docteurs : mythes, généalogies, fausse science

Les adversaires visés mêlent spéculations juives et nouveautés : récits mythologiques, généalogies interminables, prétention au titre de docteurs de la Loi sans en comprendre le sens[33]. Paul les nomme une seule fois : Hyménée et Alexandre, « livrés à Satan pour leur apprendre à ne plus blasphémer »[34]. Ailleurs, il décrit leurs procédés : interdire le mariage, proscrire des aliments que Dieu a créés bons, séduire par des « racontars de vieilles femmes »[35]. La parade n'est pas la polémique pour elle-même mais l'enseignement sain, répété comme un refrain : la saine doctrine, les paroles saines, l'enseignement sain. La fin de la lettre met en garde contre les raisonnements d'une prétendue science, formule que les Pères reliront contre toutes les gnôses[36].

L'ordre de la maison de Dieu

Le cœur de la lettre est un règlement de la communauté, le plus ancien que possède l'Église. Le responsable, l'épiscope, « doit être irréprochable, époux d'une seule femme, un homme sobre, raisonnable, équilibré, accueillant, capable d'enseigner »[37]. Les diacres sont soumis au même examen de dignité, les veuves véritables, celles qui n'ont plus de famille pour les soutenir et qui prient nuit et jour, sont inscrites au rôle de l'Église[38]. Les presbytres qui président bien méritent un double honneur, et Paul freine le zèle : ne pas imposer les mains à la légère, pour ne prendre part aux péchés de personne[39].

La raison de cet ordre est donnée dans une phrase qui définit l'Église pour les siècles à venir :

« Je t'écris avec l'espoir d'aller te voir bientôt. Mais au cas où je tarderais, je veux que tu saches comment il faut se comporter dans la maison de Dieu, c'est-à-dire la communauté, l'Église du Dieu vivant, elle qui est le pilier et le soutien de la vérité. Assurément, il est grand, le mystère de notre religion : c'est le Christ, manifesté dans la chair, justifié dans l'Esprit, apparu aux anges, proclamé dans les nations, cru dans le monde, enlevé dans la gloire ! » (Saint Paul, 1 Timothée 3, 15-16)[40]

L'Église est une maison avant d'être une institution : on y entre, on y est nourri, on y apprend à se tenir. Et cette maison tient parce qu'elle porte la vérité, non l'inverse.

Jeune, mais modèle

Timothée est jeune pour une telle charge, et Paul le sait. Loin de l'en excuser, il en fait une exigence redoublée :

« Que personne n'ait lieu de te mépriser parce que tu es jeune ; au contraire, sois pour les croyants un modèle par ta parole et ta conduite, par ta charité, ta foi et ta pureté. En attendant que je vienne, applique-toi à lire l'Écriture aux fidèles, à les encourager et à les instruire. Ne néglige pas le don de la grâce en toi, qui t'a été donné au moyen d'une parole prophétique, quand le collège des Anciens a imposé les mains sur toi. » (Saint Paul, 1 Timothée 4, 12-14)[41]

Le passage révèle que Timothée a été établi par une prophétie accompagnée de l'imposition des mains du collège des Anciens : une ordination au sens plein, dont Paul lui demande de « raviver le don » dans sa dernière lettre[42]. L'autorité ne vient pas de l'âge mais du don reçu et de la vie qui l'atteste : parole, conduite, charité, foi, pureté. Cinq témoins que nulle jeunesse n'invalide.

Dieu Sauveur et l'unique médiateur

La première lettre est aussi l'une des plus dogmatiques de Paul. Elle ordonne de prier « pour tous les hommes, pour les rois et tous ceux qui détiennent l'autorité », parce que Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité »[43]. Suit la raison centrale : un seul Dieu, un seul médiateur entre Dieu et les hommes, le Christ Jésus, qui s'est livré en rançon pour tous[44]. La lettre se clôt sur une doxologie que la liturgie n'a jamais cessé de reprendre :

« Mais toi, homme de Dieu, fuis tout cela ; recherche la justice, la piété, la foi, la charité, la persévérance et la douceur. Mène le bon combat, celui de la foi, empare-toi de la vie éternelle ! C'est à elle que tu as été appelé, c'est pour elle que tu as prononcé ta belle profession de foi devant de nombreux témoins. [...] Celui qui le fera paraître aux temps fixés, c'est Dieu, Souverain unique et bienheureux, Roi des rois et Seigneur des seigneurs ; lui seul possède l'immortalité, habite une lumière inaccessible ; aucun homme ne l'a jamais vu, et nul ne peut le voir. À lui, honneur et puissance éternelle. Amen. » (Saint Paul, 1 Timothée 6, 11-12 et 15-16)[45]

« Homme de Dieu » : le titre que l'Ancien Testament donnait aux prophètes passe ici au pasteur chrétien.

Le testament de Paul

Une seconde captivité à Rome

Le décor de la deuxième lettre n'a plus rien de la première captivité, où Paul logeait à ses frais et recevait librement[46]. Ici, il est enchaîné comme un malfaiteur, abandonné par presque tous en Asie, défendu seul à sa première comparution[47]. Onésiphore a dû le chercher activement à Rome pour le trouver, et Paul bénit sa maison pour ce courage[48]. La lettre est traversée par l'urgence : « efforce-toi de venir avant l'hiver », la mer fermera les routes, et Paul veut revoir Timothée avant la fin[49].

Les détails matériels donnent au texte son relief de vérité : le manteau laissé à Troas chez Carpos à rapporter avec les livres, « surtout les parchemins »[50] ; Trophime laissé malade à Milet, Éraste resté à Corinthe ; Alexandre le forgeron dont il faut se garder[51]. Aucun de ces traits ne sert une thèse : ils sont la correspondance d'un homme qui range ses affaires avant de mourir.

La chaîne de la transmission

Au centre de la lettre se trouve l'ordre qui a structuré toute l'Église : le dépôt reçu ne s'arrête pas à Timothée, il doit passer à d'autres, qui le passeront à d'autres :

« Toi donc, mon enfant, trouve ta force dans la grâce qui est en Jésus Christ. Ce que tu m'as entendu dire en présence de nombreux témoins, confie-le à des hommes dignes de foi qui seront capables de l'enseigner aux autres, à leur tour. » (Saint Paul, 2 Timothée 2, 1-2)[52]

Quatre maillons sont nommés en une phrase : Paul, Timothée, les hommes dignes de foi, les autres à leur tour. C'est la première formulation scripturaire de la succession apostolique : la fidélité n'est pas la répétition d'un texte, c'est la formation d'hommes capables. Le même chapitre file la métaphore militaire et sportive : le soldat ne s'embarrasse pas des affaires de la vie civile, l'athlète n'est couronné que s'il a lutté selon les règles, le laboureur doit être le premier à goûter aux fruits[53].

Paul confie aussi à Timothée le « dépôt » : « garde le dépôt de la foi dans toute sa beauté, avec l'aide de l'Esprit Saint qui habite en nous »[54]. Le mot grec, parathêkê, désigne le bien confié en garde à un dépositaire qui devra le rendre intact. La Tradition y verra le nom même de la Révélation transmise.

Toute Écriture est inspirée

C'est à Timothée, nourri des Écritures depuis l'enfance, que Paul adresse la phrase la plus décisive du Nouveau Testament sur l'Écriture elle-même[55] :

« Toute Écriture est inspirée de Dieu. » (Saint Paul, 2 Timothée 3, 16)[56]

La lettre précise l'usage de cette Écriture inspirée : enseigner, réfuter, redresser, former à la justice, afin que l'homme de Dieu soit accompli, équipé pour toute œuvre bonne[57]. L'Église y lit l'affirmation de son inerrance : ce que Dieu inspire ne trompe pas[58].

Le bon combat

La lettre s'achève sur le testament proprement dit, trois versets que les chrétiens ont appris par cœur et que les liturgies des défunts reprennent volontiers :

« Moi, en effet, je suis déjà offert en sacrifice, le moment de mon départ est venu. J'ai mené le bon combat, j'ai achevé ma course, j'ai gardé la foi. Je n'ai plus qu'à recevoir la couronne de la justice : le Seigneur, le juste juge, me la remettra en ce jour-là, et non seulement à moi, mais aussi à tous ceux qui auront désiré avec amour sa Manifestation glorieuse. » (Saint Paul, 2 Timothée 4, 6-8)[59]

Paul n'y parle plus en apôtre qui commande mais en coureur qui a fini sa course : le combat, la course, la foi gardée. Puis viennent les saluts, où perce la solitude : « Luc est seul avec moi. Amène Marc avec toi, il m'est très utile pour le ministère »[60]. Le même Marc que Paul avait refusé d'emmener quinze ans plus tôt, et que Barnabé avait relevé, est devenu utile : la dernière ligne pastorale de Paul répare l'ancienne blessure.

La théologie des lettres à Timothée

Le dogme qui organise

Les lettres pastorales ne sont pas de simples consignes administratives : elles tirent l'organisation de l'Église du mystère de Dieu lui-même. Chaque règle y est adossée à une affirmation sur Dieu, le Christ ou le salut. Le tableau suivant en donne la carte.

ThèmeVersetsPortée
Dieu Sauveur universel1 Tm 2, 3-4 ; 4, 10Dieu veut le salut de tous, fondement de la prière pour tous
L'unique médiateur1 Tm 2, 5-6Un seul Dieu, un seul médiateur, le Christ livré en rançon
L'Église maison de Dieu1 Tm 3, 15-16Communauté visible, pilier de la vérité, mystère du Christ
La piété qui promet1 Tm 4, 8-9La religion concerne tout, vie présente et vie future
Le danger des richesses1 Tm 6, 9-10 et 17-19L'amour de l'argent, racine de tous les maux ; l'aumône comme trésor
La manifestation future1 Tm 6, 14-15 ; 2 Tm 4, 1 et 8Le Christ jugera vivants et morts, couronne aux fidèles
L'Écriture inspirée2 Tm 3, 16-17Toute Écriture inspirée, utile pour former l'homme de Dieu
La succession fidèle2 Tm 2, 2 ; 1, 14Le dépôt gardé, transmis à des hommes capables

On y retrouve tout Paul en concentré : la grâce qui précède (2 Tm 1, 9), la mort détruite et la vie manifestée par l'Évangile (2 Tm 1, 10), la justification du pécheur dont Paul se dit le premier (1 Tm 1, 15-16). Rien d'un affadissement : une synthèse de fin de vie, dictée à un fils.

L'évêque d'Éphèse selon la tradition

Le premier siège d'Éphèse

La lettre ne dit pas que Timothée est évêque au sens institutionnel postérieur, mais l'Église ancienne n'a jamais douté qu'il ait gouverné l'Église d'Éphèse après Paul. Eusèbe de Césarée l'enregistre comme un fait reçu :

« Timothée, à ce qu'on rapporte, fut le premier à recevoir l'épiscopat du diocèse d'Éphèse. » (Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 4)[61]

Le lien avec Éphèse éclaire aussi la fin de l'Apôtre Jean : quand Jean s'établit à Éphèse, Timothée y a déjà gardé l'Église pendant trente ans. La tradition fait ainsi se succéder sur le même siège le fils spirituel de Paul et le disciple bien-aimé.

Le martyre vers 97

Une Passion grecque du Ve siècle, attribuée à un successeur de Timothée, raconte sa fin : sous l'empereur Domitien, lors d'une fête païenne où le cortège idolâtrique traversait Éphèse, Timothée s'y opposa en prêchant le Christ et fut roué de coups par la foule, puis achevé. Le récit place sa mort un 22 janvier, sous le principat de Nerva, successeur de Domitien, soit vers 97[62]. Comme pour la plupart des martyrs apostoliques, le Nouveau Testament se tait sur cette mort : les Actes s'arrêtent à Rome vers 63 et suivent Paul, non Timothée. Le silence n'est pas une objection, c'est la limite du récit lucanien, qui ignore aussi la mort de Pierre, de Paul et de presque tous les apôtres[63].

Les reliques à Constantinople

Au IVe siècle, les restes attribués à Timothée reposaient dans son sanctuaire d'Éphèse. Vers 356, sous l'empereur Constance II, ils furent solennellement transférés à Constantinople avec ceux des saints André et Luc, et déposés sous l'autel de l'église des Saints-Apôtres, la nécropole impériale voulue par Constantin[64]. Saint Jérôme et saint Jean Chrysostome attestent cette présence, et les récits rapportent les manifestations qui accompagnaient la vénération. On perd la trace des reliques après le sac de Constantinople en 1204, lors duquel d'innombrables trésors d'Orient prirent le chemin de l'Occident[65].

La fête du 26 janvier

Le calendrier romain célèbre les saints Timothée et Tite ensemble, le 26 janvier, au lendemain de la Conversion de saint Paul : la liturgie rapproche ainsi le maître et ses deux fils dans l'ordre des jours comme ils le furent dans l'œuvre[66]. Avant la réforme de 1969, Timothée était fêté seul le 24 janvier. L'Orient le célèbre le 22 janvier, date retenue par sa Passion. Le Martyrologe romain le nomme évêque d'Éphèse et martyr[67].

L'usage liturgique

Le 26 janvier : les lectures

Pour la mémoire des saints Timothée et Tite, la messe proclame en première lecture l'ouverture de la deuxième lettre : « J'ai souvenir de la foi sincère qui est en toi », 2 Tm 1, 1-8, suivie du psaume 88 et d'un évangile de Marc[68]. La mémoire associe ainsi les deux disciples jusque dans la prière de l'Église, comme ils furent associés dans l'œuvre.

Ordinations, funérailles, catéchèse des pasteurs

La formation des pasteurs puise aux pastorales depuis toujours. Le portrait de l'épiscope en 1 Tm 3 est médité dans les séminaires : irréprochable, sobre, accueillant, capable d'enseigner[69]. L'ordre de « raviver le don » de 2 Tm 1, 6 est rappelé aux ordinands comme un avertissement que le don reçu doit être ranimé sans cesse[70]. Et le « bon combat » de 2 Tm 4, 6-8 accompagne la prière pour les prêtres défunts : la course achevée, la foi gardée[71].

Le patron des maux d'estomac

Un détail de la première lettre a valu à Timothée un patronage inattendu : Paul lui conseille de prendre un peu de vin pour son estomac et ses faiblesses fréquentes[72]. Les sanctoraux en ont fait le protecteur invoqué contre les maux d'estomac et les troubles intestinaux[73]. Le trait est touchant : le grand organisateur d'Éphèse était un homme de santé fragile, et Paul, qui ressuscitait les morts, lui prescrit un remède de bon sens plutôt qu'un miracle.

Ce que propose l'exégèse moderne, et ses limites

L'hypothèse d'un disciple qui écrit au nom de Paul

Depuis le XIXe siècle, une partie de l'exégèse contemporaine propose que les lettres pastorales ne soient pas de Paul lui-même mais d'un disciple écrivant en son nom au début du IIe siècle, peut-être vers 100 ou 120[74]. Les arguments avancés sont connus : un vocabulaire comptant de nombreux mots absents des autres lettres, un style plus solennel et moins impétueux, une organisation des ministères qui semblerait supposer une Église déjà structurée, et une polémique contre des erreurs qui ressembleraient au gnosticisme du IIe siècle. Dans cette lecture, un membre de « l'école paulinienne » aurait habillé ses consignes d'une autorité apostolique, pratique que l'Antiquité aurait tolérée.

L'hypothèse doit être exposée loyalement : elle est défendue par des exégètes sérieux et partagée dans beaucoup de manuels. Mais elle reste une reconstruction, et ses fragilités sont substantielles.

Des statistiques sur un corpus trop bref

Les comptages de vocabulaire portent sur des lettres très courtes, adressées à des pasteurs sur des sujets inédits : il est normal qu'un auteur varie son lexique quand il change de destinataire et de matière. Les mêmes méthodes appliquées à d'autres corpus antiques attribuent à plusieurs auteurs des œuvres dont l'unicité est certaine. Surtout, Paul dictait : Tertius se nomme comme secrétaire dans l'épître aux Romains, et le style d'une lettre dictée doit beaucoup à la main qui tient le stylet[75]. Quand « Luc seul est avec moi », comme l'écrit 2 Tm 4, 11, le médecin cultivé, auteur d'un grec soigné, n'est jamais loin[76].

Une réception trop précoce pour un faux tardif

Si les pastorales étaient l'œuvre d'un faussaire du IIe siècle, il faudrait expliquer leur réception fulgurante et sans débat : reprises par Polycarpe dès 110 ou 140, citées comme Paul par Irénée vers 180, inscrites au canon romain du fragment de Muratori, défendues comme pauliniennes par Tertullien contre Marcion[77]. Aucune Église ne s'est jamais plainte de recevoir sous le nom de Paul des lettres qu'elle n'aurait pas connues, et aucun manuscrit du corpus paulinien ne circule sans elles : les grands onciaux du IVe siècle les contiennent comme les autres[78]. Les premiers chrétiens n'acceptaient pas les faux pieux en matière d'Écriture : quand un écrit au nom de Paul était repéré, comme la fausse correspondance avec les Corinthiens, il était écarté.

Des détails sans fonction pour un faussaire

Un auteur du IIe siècle inventant une lettre de Paul aurait forgé des scènes édifiantes, pas accumulé des notations invérifiables et sans portée : un manteau oublié à Troas, des parchemins à rapporter, Trophime laissé malade à Milet, Éraste resté à Corinthe, vingt personnes saluées par leur nom, dont certaines inconnues par ailleurs[79]. Ces traits n'enseignent rien et ne prouvent rien : ils sont la marque du vécu, gênante pour une fiction. De même, l'objection tirée de l'incompatibilité avec les Actes suppose que tout se joue avant 63 ; elle tombe si Paul, libéré, a repris la route, comme l'affirme la tradition ancienne[80].

Une datation qui tourne en rond

Le raisonnement qui date les lettres après 100 repose souvent sur un présupposé : les ministères ordonnés et la lutte contre la gnose appartiendraient au IIe siècle, donc tout texte qui en parle est tardif. Puis ces textes tardifs servent à prouver que les ministères et la gnose sont tardifs. Le cercle est visible : on date par la théorie, puis on prouve la théorie par la date. Or les Actes montrent déjà des Anciens établis dans chaque Église dès les années 40, et les germes des erreurs combattues, généalogies juives et ascétisme, appartiennent au Ier siècle[81]. Rien n'oblige à vieillir les lettres d'un siècle pour expliquer leur contenu.

Pourquoi la lecture traditionnelle reste défendable

Contre l'hypothèse pseudépigraphique tiennent ensemble : l'auto-attribution constante des lettres, la réception précoce et unanime comme lettres de Paul, l'absence de tout témoin ancien d'une attribution concurrente, la cohérence avec la fin de vie de l'Apôtre telle que la tradition la rapporte, et des détails personnels inexplicables dans une fiction. Les grands commentateurs catholiques, comme Ceslas Spicq dans son commentaire de 1969, et protestants conservateurs, comme William Mounce, ont défendu pied à pied cette authenticité, verset par verset[82]. L'Église, qui reçoit l'Écriture comme inspirée et sans erreur, lit ces lettres comme la parole de Paul à son fils, et le fidèle qui les ouvre y entend encore un apôtre qui transmet, non une école qui imagine[83].

Pour aller plus loin

Tite, l'autre fils spirituel de Paul chargé de la Crète, fait l'objet d'un article en cours de rédaction : les deux disciples, fêtés ensemble le 26 janvier, éclairent chacun la méthode de l'Apôtre auprès des Églises païennes.

Notes et références

  1. Actes 16 à 20 ; Rm 16, 21 ; 1 Co 4, 17 et 16, 10-11 ; 2 Co 1, 1 ; Ph 1, 1 et 2, 19-24 ; Col 1, 1 ; 1 Th 1, 1 et 3, 1-6 ; 2 Th 1, 1 ; Phm 1 ; He 13, 23. TOB 2010, et AELF pour les passages cités mot à mot.

    1 4
  2. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 4 : Timothée premier à recevoir l'épiscopat d'Éphèse (New Advent, newadvent.org/fathers/250103.htm). Citation traduite par Ignispedia.

    2 61
  3. 2 Tm 2, 1-2 : confier à des hommes dignes de foi. AELF, https://www.aelf.org/bible/2Tm/2.

    3 52
  4. 1 Tm : 6 chapitres ; 2 Tm : 4 chapitres. Ordre canonique après les lettres aux communautés, avec Tite, avant Philémon. TOB 2010, notices d'introduction.

    5
  5. 1 Tm 1, 1-2 : Paul, apôtre, à Timothée, mon véritable enfant dans la foi. AELF, https://www.aelf.org/bible/1Tm/1.

    6
  6. 2 Tm 1, 1-2 : Paul à Timothée, mon enfant bien-aimé. AELF, https://www.aelf.org/bible/2Tm/1.

    7
  7. 2 Tm 4, 13-15 : manteau de Troas, parchemins, Alexandre le forgeron ; 4, 16 : première défense sans soutien ; 4, 20 : Trophime malade à Milet, Éraste à Corinthe. AELF, https://www.aelf.org/bible/2Tm/4.

    8 51 79
  8. 1 Tm 1, 3-5 : rester à Éphèse, interdire l'enseignement différent, le but qui est la charité. AELF, https://www.aelf.org/bible/1Tm/1.

    9 32 33
  9. 2 Tm 4, 6-8 : offrande, bon combat, couronne de justice. AELF, https://www.aelf.org/bible/2Tm/4.

    10 59 71
  10. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, II, 22 : Paul libéré de sa première captivité, puis de nouveau arrêté et martyrisé. Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens, 5 : Paul portant l'Évangile jusqu'aux limites de l'Occident. Éd. Sources chrétiennes.

    11 80
  11. Tertullien, Contre Marcion, livre V : Marcion reçoit Philémon, lettre à un seul homme, et refuse les deux lettres à Timothée et celle à Tite. Éd. Sources chrétiennes.

    12 16
  12. Polycarpe de Smyrne, Lettre aux Philippiens, 4 : écho de 1 Tm 6, 7 et 10 sur l'argent et le néant apporté en ce monde. Éd. Sources chrétiennes.

    13
  13. Irénée de Lyon, Contre les hérésies : les pastorales citées comme Écriture de Paul contre les gnostiques, notamment 1 Tm 1, 4 et 6, 20. Éd. Sources chrétiennes.

    14
  14. Fragment de Muratori, lignes 37-38 : les deux lettres à Timothée reçues pour régler la discipline de l'Église. Texte latin vérifié (earlychristianwritings.com). Datation la plus courante : fin du IIe siècle.

    15 77
  15. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 3 et III, 25 : les lettres de Paul, pastorales incluses, parmi les écrits reconnus de tous. Éd. Sources chrétiennes.

    17
  16. Codex Vaticanus et Codex Sinaiticus, IVe siècle : les deux lettres figurent dans le corpus paulinien.

    18 78
  17. Concile de Trente, session IV, décret sur les Écritures canoniques, 8 avril 1546 : les deux lettres à Timothée dans la liste reçue. Denzinger, n. 1502-1504.

    19
  18. Ac 16, 1-3. AELF, https://www.aelf.org/bible/Ac/16.

    20 23 24
  19. 2 Tm 1, 5-6 : Loïs, Eunice, raviver le don, imposition des mains. AELF, https://www.aelf.org/bible/2Tm/1.

    21 42 70
  20. 2 Tm 3, 14-15 : les Saintes Écritures connues depuis l'enfance. AELF, https://www.aelf.org/bible/2Tm/3.

    22 55
  21. Ac 16, 3 ; Ga 2, 3 : Tite, Grec, non contraint à la circoncision ; 1 Co 9, 20-22 : se faire tout à tous pour l'annonce. AELF.

    25 26
  22. 1 Th 1, 1 ; 2 Th 1, 1 ; 2 Co 1, 1 ; Ph 1, 1 ; Col 1, 1 ; Phm 1 ; Rm 16, 21. TOB 2010.

    27
  23. 1 Th 3, 1-2 et 6 : envoi depuis Athènes, retour et consolation de Paul. TOB 2010.

    28
  24. 1 Co 4, 17 : Timothée, enfant bien-aimé et fidèle. AELF, https://www.aelf.org/bible/1Co/4.

    29
  25. 1 Co 16, 10-11 : accueil sans mépris, renvoi en paix. TOB 2010.

    30
  26. Ph 2, 19-24 : l'envoi projeté, l'éloge du disciple. AELF, https://www.aelf.org/bible/Ph/2.

    31
  27. 1 Tm 1, 18-20 : la consigne, Hyménée et Alexandre. AELF.

    34
  28. 1 Tm 4, 1-5 : esprits trompeurs, mariage interdit, aliments refusés ; 4, 7 : récits mythologiques écartés. AELF, https://www.aelf.org/bible/1Tm/4.

    35
  29. 1 Tm 6, 20-21 : garder le dépôt contre les bavardages et la prétendue science. TOB 2010.

    36
  30. 1 Tm 3, 1-7 : l'épiscope irréprochable ; 3, 8-13 : les diacres. AELF, https://www.aelf.org/bible/1Tm/3.

    37 69
  31. 1 Tm 5, 3-16 : les veuves véritables inscrites au rôle de l'Église. TOB 2010.

    38
  32. 1 Tm 5, 17-22 : double honneur, imposition des mains sans précipitation. TOB 2010.

    39
  33. 1 Tm 3, 14-16 : la maison de Dieu, pilier de la vérité, mystère du Christ. AELF, https://www.aelf.org/bible/1Tm/3.

    40
  34. 1 Tm 4, 12-16 : modèle malgré la jeunesse, don reçu par prophétie et imposition des mains. AELF, https://www.aelf.org/bible/1Tm/4.

    41
  35. 1 Tm 2, 1-4 : prières pour tous, les rois, le salut de tous. AELF, https://www.aelf.org/bible/1Tm/2.

    43
  36. 1 Tm 2, 5-6 : un seul médiateur, rançon pour tous. AELF.

    44
  37. 1 Tm 6, 11-16 : homme de Dieu, bon combat, Souverain unique. AELF, https://www.aelf.org/bible/1Tm/6.

    45
  38. Ac 28, 30-31 : le récit s'achève sur Paul vivant à Rome, sans la mort d'aucun apôtre. TOB 2010.

    46 63
  39. 2 Tm 1, 15 : tous ceux d'Asie détournés ; 4, 16 : première défense sans soutien. AELF.

    47
  40. 2 Tm 1, 16-18 : Onésiphore cherché et trouvé à Rome. AELF.

    48
  41. 2 Tm 4, 9 et 21 : rejoindre vite, venir avant l'hiver. AELF.

    49
  42. 2 Tm 4, 13 : manteau de Troas, livres, surtout les parchemins. AELF.

    50
  43. 2 Tm 2, 3-6 : soldat, athlète, laboureur. AELF.

    53
  44. 2 Tm 1, 12-14 : le dépôt gardé avec l'Esprit Saint. AELF.

    54
  45. 2 Tm 3, 16 : toute Écriture inspirée de Dieu. Traduction œcuménique de la Bible (TOB), Cerf, 2010.

    56
  46. 2 Tm 3, 16-17 : enseigner, réfuter, redresser, former. AELF, https://www.aelf.org/bible/2Tm/3.

    57
  47. Vatican I, Dei Filius (Denzinger 1787) : Dieu auteur de l'Écriture ; Vatican II, Dei Verbum, 11 : inspiration et vérité sans erreur.

    58 83
  48. 2 Tm 4, 11 : Luc seul présent, Marc utile pour le ministère. AELF.

    60 76
  49. Passion grecque dite Acta Timothei (BHG 1847), Ve siècle : opposition au cortège païen d'Éphèse, mort un 22 janvier sous Nerva (96-98).

    62
  50. Translation vers 356, sous Constance II, à la basilique des Saints-Apôtres de Constantinople, avec André et Luc. Alban Butler, Vies des saints, 24 janvier, d'après Jérôme, Chrysostome, Théodore le Lecteur et Philostorge.

    64
  51. Vénérées aux Saints-Apôtres jusqu'au sac de Constantinople en 1204, après lequel on en perd la trace.

    65
  52. Calendrier romain général, 26 janvier : mémoire commune des saints Timothée et Tite, au lendemain de la Conversion de saint Paul (Calendarium Romanum, 1969). Avant 1969 : Timothée seul le 24 janvier. Orient : 22 janvier.

    66
  53. Martyrologium Romanum, 26 janvier : Timothée, évêque d'Éphèse et martyr. Typis Vaticanis, 2004.

    67
  54. Lectionnaire romain, 26 janvier saints Timothée et Tite : 2 Tm 1, 1-8 ; Ps 88 ; Mc 3, 22-30. AELF, https://www.aelf.org/2026-01-26/romain/messe.

    68
  55. 1 Tm 5, 23 : un peu de vin pour l'estomac et les faiblesses. TOB 2010.

    72
  56. Sanctoraux : Timothée invoqué contre les maux d'estomac et les troubles intestinaux.

    73
  57. Hypothèse pseudépigraphique : disciple du début du IIe siècle, vers 100-120, école paulinienne. Introductions critiques, TOB 2010.

    74
  58. Rm 16, 22 : Tertius, le secrétaire, salue les Romains. TOB 2010.

    75
  59. Ac 14, 23 : des Anciens établis dans chaque Église dès le premier voyage. TOB 2010.

    81
  60. Ceslas Spicq, Les Épîtres pastorales, 2 vol., Gabalda (Études bibliques), Paris, 1969 ; William D. Mounce, The Pastoral Epistles, Word Biblical Commentary 46, Nelson, 2000.

    82