L'Ancien Testament est, pour l'Église catholique, la première partie de la Bible : les quarante-six livres inspirés que Dieu a confiés à Israël avant la venue du Christ, reçus par les apôtres comme Écriture et lus chaque jour dans la liturgie. Il raconte l'histoire de l'Alliance entre Dieu et son peuple, depuis la Création et les patriarches jusqu'au retour de l'Exil de Babylone, dans l'attente du Messie promis. Les chrétiens ne le lisent pas comme un simple document du passé : ils y reconnaissent la parole de Dieu qui prépare l'Évangile, avec ses figures, ses prophéties et ses psaumes que le Christ lui-même a priés.
Le mot Testament traduit le latin testamentum, qui rend le grec diathèkè, c'est-à-dire l'alliance. Il y a donc deux Alliances et deux Testaments : l'Ancienne, scellée avec Moïse au Sinaï, et la Nouvelle, scellée dans le sang du Christ. L'Ancien Testament n'est pas périmé pour autant : saint Paul rappelle que « tout ce qui a été écrit à l'avance l'a été pour notre instruction »[1], et le concile Vatican II enseigne que « Dieu, l'inspirateur et l'auteur des livres de l'un et l'autre Testament, a sagement disposé que le Nouveau fût caché dans l'Ancien »[2]. Ignorer l'Ancien Testament, c'est se priver de la moitié de la Bible et rendre l'Évangile incompréhensible, car Jésus, Marie, les apôtres et toute la liturgie ne cessent de le citer.
L'article présente d'abord le nom, les quarante-six livres et leur ordre, puis la manière dont l'Église a reçu ce canon, les langues et les grands témoins du texte, les auteurs et la datation selon la tradition, le plan de l'histoire sainte en quatre temps, sa théologie centrée sur l'Alliance et le Christ annoncé, sa place dans la vie de l'Église, et enfin le débat avec l'exégèse historico-critique moderne. Les livres pris un par un sont traités dans leurs articles dédiés : Josué, les Juges, Samuel, les Rois, Esdras, Néhémie, les Chroniques, Ruth, Tobie, Judith, Esther, les Maccabées, les Proverbes, l'Ecclésiaste, la Sagesse, le Siracide, les Nombres et les douze petits prophètes. L'histoire détaillée de la fixation du canon se lit dans Le canon de l'Ancien Testament, les préfigurations du Christ dans Les figures du Christ dans l'Ancien Testament et les annonces messianiques dans Les prophéties annonçant Jésus dans l'Ancien Testament.
L'Ancien Testament, première partie de la Bible
Pourquoi le mot Ancien : un nom venu du Nouveau Testament
L'expression Ancien Testament vient de saint Paul lui-même. Dans sa deuxième lettre aux Corinthiens, il parle de « la lecture de l'Ancienne Alliance »[3], en grec palaia diathèkè. Le mot diathèkè signifie à la fois alliance et testament, et la vieille version latine l'a rendu par testamentum, d'où le français Testament. L'adjectif ancien ne veut donc pas dire dépassé : il désigne la première Alliance, celle que Dieu a conclue avec Israël par Moïse, par opposition à la Nouvelle Alliance conclue dans le Christ[4].
Dès le IIe siècle, les chrétiens utilisent couramment ce vocabulaire. Méliton de Sardes, vers 170, est le premier à dresser une liste des « livres de l'Ancienne Alliance »[5], et Tertullien oppose les deux Testaments pour répondre à Marcion, l'hérétique qui voulait jeter l'Ancien Testament aux orties[6]. L'Église a tranché net : on ne coupe pas la Bible en deux. Le Dieu créateur d'Adam, le Dieu qui a tiré Israël d'Égypte et le Père de Jésus Christ sont un seul et même Dieu, et c'est tout le sens du premier article du Credo[7].
Les quarante-six livres reçus par l'Église catholique
La Bible catholique compte quarante-six livres dans l'Ancien Testament : trente-neuf livres dits protocanoniques, reçus sans discussion par tous, et sept livres dits deutérocanoniques, à savoir Tobie, Judith, la Sagesse, le Siracide, Baruch et les deux livres des Maccabées, auxquels s'ajoutent les passages grecs de Daniel et d'Esther[8]. Le mot deutérocanonique ne signifie pas de second rang : il indique seulement que leur reconnaissance universelle est venue dans un second temps, alors que leur inspiration est tenue pour égale à celle de tous les autres[9].
Les autres traditions chrétiennes ne comptent pas pareil. La Bible hébraïque regroupe la même matière en vingt-quatre livres (les douze petits prophètes comptent pour un seul livre, Samuel, les Rois et les Chroniques ne sont pas dédoublés, Esdras et Néhémie forment un seul livre)[10]. Les bibles protestantes, à la suite de Luther, suivent le même contenu en trente-neuf livres séparés et rejettent les deutérocanoniques dans les apocryphes[11]. Les Églises orthodoxes reçoivent en général les mêmes livres que les catholiques, avec quelques livres supplémentaires selon les traditions[12]. Pour un catholique, la liste qui fait foi est celle que le concile de Trente a définie solennellement en 1546[13].
L'ordre des livres : quatre ensembles dans la Bible latine
L'Ancien Testament catholique se présente en quatre ensembles, selon l'ordre fixé par la Vulgate latine et repris par toutes les Bibles modernes[14] :
| Ensemble | Livres | Contenu |
|---|---|---|
| Le Pentateuque (5 livres) | Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome | La Création, les patriarches, la sortie d'Égypte, la Loi donnée au Sinaï |
| Les livres historiques (16 livres) | Josué, Juges, Ruth et Samuel, Rois, Chroniques, Esdras, Néhémie, Tobie, Judith, Esther, Maccabées | De l'entrée en Terre promise au IIe siècle av. J.-C. |
| Les livres poétiques et sapientiaux (7 livres) | Psaumes, Proverbes, Job, Cantique des cantiques, Ecclésiaste (Qohélet), Sagesse, Siracide | Prière, sagesse et méditation sur la vie humaine devant Dieu |
| Les livres prophétiques (18 livres) | Isaïe, Jérémie, Lamentations, Baruch, Ézéchiel, Daniel, Osée, Joël, Amos, Abdias, Jonas, Michée, Nahoum, Habaquq, Sophonie, Aggée, Zacharie, Malachie | La parole des prophètes, du VIIIe siècle au retour de l'Exil |
Cet ordre n'est pas chronologique : Ruth, dont l'histoire se passe au temps des Juges, est rangée avec les historiques, et les Chroniques recommencent toute l'histoire depuis Adam. La Bible hébraïque range les livres autrement, en trois parties, la Torah, les Prophètes et les Écrits[15]. Mais le contenu reçu est le même, et l'Église a gardé l'ordre grec puis latin parce que c'est celui que les apôtres et les Pères ont utilisé[16].
Le canon : comment l'Église a reçu ces livres
Israël gardait déjà les Écritures comme un trésor
Bien avant l'Église, Israël traitait ses livres saints avec un respect unique. L'historien juif Flavius Josèphe, à la fin du Ier siècle, écrit que les Juifs possèdent vingt-deux livres tenus pour divins, transmis sans qu'on y ajoute, retranche ou change rien[17]. Le quatrième livre d'Esdras, écrit juif de la fin du Ier siècle, parle de vingt-quatre livres offerts à la lecture publique[18]. Et le prologue grec du Siracide, vers 130 av. J.-C., mentionne déjà les trois parties des Écritures : la Loi, les Prophètes et les autres livres[19]. L'idée d'un canon fermé et vénéré est donc bien antérieure au christianisme.
« Car nous n'avons pas une myriade de livres en désaccord et en conflit entre eux, mais vingt-deux livres seulement, qui contiennent les annales de tous les temps et sont justement tenus pour divins. », Flavius Josèphe, Contre Apion I, 38[20]
Les premiers témoins chrétiens
Les chrétiens ont reçu ces livres des mains des Juifs sans les trier à leur goût. Méliton de Sardes, vers 170, rapporte la liste des livres de l'Ancienne Alliance après enquête en Palestine : il nomme tous les livres actuels sauf Esther, probablement absente de sa liste par accident de copie[21]. Origène, au IIIe siècle, compte vingt-deux livres, comme les lettres de l'alphabet hébreu[22]. Saint Athanase, dans sa lettre pascale de 367, donne la liste complète en distinguant déjà les livres canoniques et les livres bons à lire[23]. Les conciles africains d'Hippone en 393 et de Carthage en 397 et 419 inscrivent les quarante-six livres, deutérocanoniques compris, dans leurs canons officiels[24]. Saint Augustin défend cette liste contre les doutes, et saint Jérôme lui-même, qui aurait préféré le canon hébreu court, traduit Tobie, Judith et les additions grecques par obéissance à l'usage de l'Église[25].
Florence et Trente : la définition solennelle
Pendant tout le Moyen Âge, la liste ne bouge plus : les manuscrits latins copient les mêmes livres, la liturgie les lit, les théologiens les commentent. Le concile de Florence, en 1442, reprend la liste complète dans son décret pour les Jacobites[26]. Puis la Réforme protestante rejette les deutérocanoniques : le concile de Trente répond solennellement, le 8 avril 1546, par le décret De Canonicis Scripturis, qui énumère un par un tous les livres des deux Testaments et frappe d'anathème qui ne les recevrait pas comme sacrés et canoniques[27]. Le concile Vatican I, en 1870, confirme que l'Église tient ces livres pour sacrés et canoniques « non parce que, composés par la seule industrie humaine, ils auraient été ensuite approuvés par son autorité, mais parce que, écrits sous l'inspiration du Saint-Esprit, ils ont Dieu pour auteur »[28]. Le détail de cette histoire se lit dans Le canon de l'Ancien Testament.
Les langues et les grands témoins du texte
L'hébreu et un peu d'araméen
L'Ancien Testament a été écrit en hébreu biblique, la langue du peuple d'Israël, sauf quelques passages en araméen : un verset de Jérémie, une partie d'Esdras et l'essentiel de Daniel du chapitre 2 au chapitre 7[29]. L'araméen était la langue administrative de l'empire perse, et les Juifs de l'Exil l'ont adoptée au quotidien. Le texte hébreu nous est parvenu avec une fidélité extraordinaire grâce aux massorètes, ces scribes juifs qui, entre le VIe et le Xe siècle, ont fixé chaque lettre, chaque voyelle et chaque accent du texte[30]. Le manuscrit complet le plus célèbre est le codex de Léningrad, copié en 1008 ou 1009, qui sert de base à presque toutes les Bibles hébraïques imprimées[31]. Le codex d'Alep, plus ancien d'un siècle environ, a été mutilé lors des émeutes de 1947[32].
La Septante, la Bible des apôtres
Vers le milieu du IIIe siècle av. J.-C., les Juifs d'Alexandrie traduisent la Torah en grec, puis tout le reste des Écritures au cours des deux siècles suivants : c'est la Septante, du latin septuaginta, soixante-dix, d'après la Lettre d'Aristée qui raconte que soixante-douze traducteurs, six par tribu, furent convoqués par le roi Ptolémée II Philadelphe[33]. La Septante contient les livres deutérocanoniques et des passages plus développés de Daniel et d'Esther : c'est elle, et non le texte hébreu seul, que les apôtres citent le plus souvent[34]. Quand saint Paul écrit que « toute Écriture est inspirée de Dieu », c'est cette Bible grecque qu'ont en main ses lecteurs[35]. L'Église a donc toujours tenu la Septante en très haute estime, et le concile de Trente s'appuiera sur la Vulgate latine qui en avait recueilli l'héritage[36].
« La version des Septante est devenue la Bible de l'Église apostolique : c'est par elle que la plupart des citations de l'Ancien Testament sont entrées dans le Nouveau. », Commission biblique pontificale, L'interprétation de la Bible dans l'Église, 1993[37]
Les manuscrits de la mer Morte
En 1947, un berger bédouin découvre dans une grotte de Qumrân, au bord de la mer Morte, des jarres pleines de rouleaux : c'est le début de la plus grande découverte manuscrite du XXe siècle[38]. Onze grottes livrent environ neuf cents manuscrits, vieux de vingt et un à vingt-trois siècles, dont un exemplaire de chaque livre de l'Ancien Testament sauf Esther[39]. Le grand rouleau d'Isaïe, copié vers le IIe siècle av. J.-C., est quasiment identique au texte massorétique recopié mille ans plus tard : la preuve éclatante que la transmission juive puis chrétienne n'a pas déformé l'Écriture[40]. Qumrân a aussi rendu des fragments de Tobie en araméen et en hébreu, et du Siracide en hébreu, confirmant que ces livres ont bien des racines sémitiques anciennes et ne sont pas des inventions grecques tardives[41].
La Vulgate de saint Jérôme
À la fin du IVe siècle, le pape Damase Ier charge son secrétaire Jérôme de donner aux Latins une Bible fiable. Retiré à Bethléem, Jérôme apprend l'hébreu auprès de maîtres juifs et traduit directement depuis l'hébreu, contre l'habitude de son temps qui se contentait du grec : c'est la Vulgate, de vulgata editio, l'édition courante[42]. Il traduit aussi les deutérocanoniques, Tobie et Judith rapidement, les autres livres d'après le grec, par fidélité à l'usage liturgique de l'Église[43]. Pendant plus de mille ans, la Vulgate est la Bible de l'Occident : les moines la copient, les théologiens la commentent, les artistes l'illustrent. Le concile de Trente la déclare authentique pour l'usage public, et Clément VIII en promulgue l'édition officielle en 1592[44]. En 1979, Jean-Paul II promulgue la Néo-Vulgate, révisée d'après les meilleurs manuscrits, comme texte latin officiel de la liturgie[45].
Les autres versions anciennes
Autour de ces trois grands témoins gravitent des versions précieuses qui confirment le texte[46] :
| Version | Langue | Époque | Intérêt |
|---|---|---|---|
| Vetus Latina | Latin ancien | IIe au IVe siècle | Traduite du grec avant Jérôme, gardée dans la liturgie pour certains chants |
| Peshitta | Syriaque | IIe siècle | Bible des Églises d'Orient, traduite de l'hébreu |
| Targums | Araméen | Ier siècles av. et ap. J.-C. | Paraphrases lues à la synagogue, témoins de la lecture juive ancienne |
| Hexaples | Grec en six colonnes | Vers 240 | L'œuvre critique d'Origène, qui alignait l'hébreu et les révisions grecques |
| Versions copte, arménienne, éthiopienne | Langues orientales | IIIe au Ve siècle | Montrent jusqu'où la Bible était déjà portée |
- Ve au IIe siècle av. J.-C.Rédaction et rassemblement
Les livres sont écrits en hébreu, puis traduits en grec à Alexandrie : la Septante prend forme.
- Ier siècleLe temps des apôtres
Tobie en araméen dort déjà dans les grottes de Qumrân ; le Nouveau Testament cite la Septante.
- IIe au Ve siècleLes versions se multiplient
Vetus Latina, Peshitta, Targums, Hexaples d'Origène, puis la Vulgate de Jérôme à Bethléem.
- VIe au Xe siècleLes massorètes verrouillent le texte
Voyelles, accents et comptages de lettres fixent l'hébreu : codex d'Alep, puis codex de Léningrad en 1008.
- 1947Qumrân confirme la fidélité
Des manuscrits vieux de plus de deux mille ans montrent un texte quasi identique à celui des Bibles d'aujourd'hui.
Les auteurs et la datation selon la tradition
Moïse et le Pentateuque
La tradition juive et chrétienne attribue le Pentateuque à Moïse, le libérateur d'Égypte et le législateur du Sinaï. Le Talmud de Babylone l'affirme nettement : « Moïse a écrit son livre »[47]. Le Nouveau Testament le confirme : Jésus dit aux Juifs « si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c'est de moi qu'il a écrit »[48], et sur la route d'Emmaüs il explique « en commençant par Moïse » tout ce qui le concernait dans les Écritures[49]. Cela n'exclut pas des retouches postérieures : la tradition elle-même note que les huit derniers versets du Deutéronome, qui racontent la mort de Moïse, ont été écrits par Josué[50]. L'époque des faits se situe au XVe siècle av. J.-C. selon la chronologie interne de la Bible, car le premier livre des Rois compte quatre cent quatre-vingts ans entre la sortie d'Égypte et la quatrième année de Salomon[51].
« Si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, car c'est de moi qu'il a écrit. », Jésus, Évangile selon saint Jean 5, 46[52]
Les prophètes écrivains
Les grands livres prophétiques portent le nom de ceux qui ont reçu la parole : Isaïe à Jérusalem au VIIIe siècle, Jérémie avant et pendant l'Exil, Ézéchiel parmi les déportés de Babylone, Daniel à la cour des rois de Babylone et de Perse[53]. Le Talmud précise que Jérémie a écrit son livre, les Rois et les Lamentations, et qu'Ézéchias et ses scribes ont mis par écrit Isaïe, les Proverbes, le Cantique et l'Ecclésiaste[54]. Les douze petits prophètes, d'Osée à Malachie, forment un seul rouleau, le Livre des Douze, déjà cité comme tel par le Siracide vers 180 av. J.-C.[55]. Jésus lui-même traite Daniel comme un vrai prophète quand il annonce « l'abomination de la désolation dont a parlé le prophète Daniel »[56].
Les sages, les chantres et les conteurs
Le psautier est appelé les psaumes de David parce que le roi-poète en est l'auteur principal selon la tradition : soixante-treize psaumes portent son nom en tête[57]. Les livres de sagesse viennent de Salomon, réputé le plus sage des hommes : les Proverbes, l'Ecclésiaste et le Cantique lui sont attribués, et le Sagesse se présente comme sa prière[58]. Les livres historiques ont leurs auteurs reçus : Josué pour son livre, Samuel pour les Juges et Samuel, Esdras pour les Chroniques et son livre[59]. Les récits de Ruth, Tobie, Judith et Esther sont anonymes, comme beaucoup de récits antiques, ce qui n'a jamais empêché l'Église de les recevoir comme des histoires vraies et inspirées[60].
Tableau des attributions reçues
| Livre ou groupe | Auteur selon la tradition | Témoin ancien |
|---|---|---|
| Pentateuque | Moïse | Talmud, Baba Batra 15a ; Jn 5, 46 |
| Josué et fin du Deutéronome | Josué | Talmud, Baba Batra 15a |
| Juges, Samuel, Ruth | Samuel | Talmud, Baba Batra 15a |
| Rois, Jérémie, Lamentations | Jérémie | Talmud, Baba Batra 15a |
| Chroniques, Esdras, Néhémie | Esdras | Talmud, Baba Batra 15a |
| Psaumes principaux | David | Titres des psaumes ; Ac 2, 25-30 |
| Proverbes, Ecclésiaste, Cantique | Salomon | Pr 1, 1 ; Qo 1, 1 ; Ct 1, 1 |
| Isaïe | Isaïe fils d'Amots | Is 1, 1 ; Jn 12, 38-41 |
| Daniel | Daniel | Mt 24, 15 : « le prophète Daniel » |
| Job | Moïse selon le Talmud | Talmud, Baba Batra 15a |
La chronologie reçue : d'Adam au retour d'exil
La Bible donne elle-même ses repères, et la tradition les a toujours lus comme une histoire réelle[61] :
| Étape | Date reçue | Repère biblique |
|---|---|---|
| La Création et Adam | Vers 4000 av. J.-C. | Les généalogies de Genèse 5 et 11 |
| Le Déluge | Au temps de Noé, dixième génération après Adam | Gn 6 à 9 |
| Abraham en Canaan | Vers 2000 av. J.-C. | Gn 12 ; Ex 12, 40 |
| La sortie d'Égypte | Vers 1446 av. J.-C. | 1 R 6, 1 : 480 ans avant Salomon |
| David roi à Jérusalem | Vers 1000 av. J.-C. | 2 S 5 |
| Le Temple de Salomon | Vers 966 av. J.-C. | 1 R 6, 1 |
| La chute de Samarie | 722 av. J.-C. | 2 R 17 |
| La chute de Jérusalem et l'Exil | 587 av. J.-C. | 2 R 25 |
| L'édit de Cyrus et le retour | 538 av. J.-C. | Esd 1 |
Le plan de l'histoire sainte : quatre temps
Premier temps : la Création et les patriarches
Tout commence par Dieu seul, qui crée le ciel et la terre, puis l'homme à son image : « Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme »[62]. Adam et Ève, nos premiers parents, rompent l'amitié divine par le péché originel, mais Dieu promet aussitôt un Sauveur à la femme dont la descendance écrasera le serpent[63]. Après le Déluge au temps de Noé, Dieu choisit Abraham, lui promet une descendance nombreuse et une terre, scelle alliance avec lui, puis renouvelle la promesse à Isaac, à Jacob et à Joseph en Égypte[64]. Le détail se lit dans La Genèse.
« Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa, il les créa homme et femme. », Livre de la Genèse 1, 27[65]
Deuxième temps : Moïse, l'Exode et l'Alliance du Sinaï
Devenue esclave en Égypte, la descendance d'Abraham crie vers Dieu, qui suscite Moïse : les dix plaies, la Pâque, le passage de la mer Rouge, la manne, l'eau du rocher, puis au Sinaï le don de la Loi et l'Alliance scellée dans le sang[66]. Les cinq livres du Pentateuque racontent ces quarante années de désert où Dieu éduque son peuple comme un père[67]. Le Décalogue, résumé plus tard par le Christ dans le double commandement de l'amour, structure toute la morale biblique[68]. Le détail se lit dans L'Exode, Le Lévitique, Les Nombres et Le Deutéronome.
« Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l'Unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. », Livre du Deutéronome 6, 4-5[69]
Troisième temps : la Terre promise, les rois et les prophètes
Après quarante ans au désert, Josué introduit Israël en Terre promise, puis vient le temps des Juges, ces libérateurs suscités par Dieu à chaque apostasie[70]. Le peuple réclame un roi : Saül, puis David, l'homme selon le cœur de Dieu, qui fixe la capitale à Jérusalem, puis Salomon, qui bâtit le Temple[71]. Après le schisme, les deux royaumes oscillent entre fidélité et idolâtrie, et Dieu envoie les prophètes : Élie et Élisée face à Achab, Isaïe à Jérusalem, Jérémie jusqu'à la catastrophe[72]. En 722, Samarie tombe aux mains des Assyriens ; en 587, Jérusalem tombe aux mains de Babylone et le Temple est détruit : c'est l'Exil[73]. Le détail se lit dans Josué, les Juges, Samuel, les Rois et les Chroniques.
Quatrième temps : l'Exil et le retour, dans l'attente du Messie
L'Exil n'est pas la fin : c'est le creuset où Israël, dépouillé du Temple et du roi, apprend à vivre de la seule Parole[74]. Daniel et Ézéchiel prophétisent au milieu des déportés, et Cyrus, proclamé oint du Seigneur par Isaïe, autorise le retour en 538[75]. Esdras le scribe restaure la Loi, Néhémie relève les murs de Jérusalem, et les derniers prophètes, Aggée, Zacharie et Malachie, préparent l'attente[76]. Puis la voix prophétique se tait pendant près de quatre siècles, jusqu'au soulèvement des Maccabées qui purifie le Temple profané : c'est la fête de la Dédicace que Jésus lui-même célèbre à Jérusalem[77]. Et le peuple attend le Messie[78].
La théologie : une seule Alliance qui prépare le Christ
Un seul Dieu qui se révèle et qui agit
Le premier message de l'Ancien Testament est d'une simplicité vertigineuse pour son temps : il n'y a qu'un seul Dieu, créateur du ciel et de la terre, qui n'est pas une force aveugle mais une personne qui parle, promet et se met en colère contre le mal[79]. Son nom révélé à Moïse dans le buisson ardent, « JE SUIS QUI JE SUIS », dit à la fois sa proximité et son mystère[80]. Il n'est pas le dieu d'un seul sanctuaire : il tire Israël d'Égypte, il juge les nations, il conduit Cyrus sans que Cyrus le connaisse[81]. Et il annonce par ses prophètes qu'un jour toutes les nations afflueront vers Jérusalem[82].
La Loi, les sacrifices et le Temple
La Loi donnée au Sinaï n'est pas un fardeau arbitraire : c'est le statut de l'Alliance, la charte du peuple choisi, avec le Décalogue, les lois sociales et les prescriptions du culte[83]. Les sacrifices, le sacerdoce d'Aaron et le Temple de Jérusalem disent une grande vérité par des signes : le péché sépare de Dieu, et Dieu seul peut rouvrir le chemin[84]. L'épître aux Hébreux expliquera que tout ce culte était « l'ombre des biens à venir » : le vrai grand prêtre et la vraie victime, c'est le Christ[85]. Lire le Lévitique sans cette clé, c'est manquer son propos ; le lire avec elle, c'est découvrir le plan du salut dessiné à l'avance[86].
« La Loi, en effet, ne possédant que l'ombre des biens à venir, et non l'image exacte des réalités, ne peut jamais, par les mêmes sacrifices indéfiniment répétés, mener à la perfection ceux qui s'en approchent. », Épître aux Hébreux 10, 1[87]
Les figures du Christ : l'Ancien annonce le Nouveau
Adam, Abel, Noé, Melchisédech, Isaac, Joseph, Moïse, Josué, David, Salomon, Jonas : l'Ancien Testament est peuplé de figures, des personnes et des événements réels qui dessinent par avance le visage du Christ[88]. Melchisédech, roi et prêtre qui offre le pain et le vin, annonce le sacerdoce du Christ[89]. L'agneau pascal, dont on ne brise aucun os, annonce l'Agneau de Dieu[90]. Le serpent d'airain dressé par Moïse, regardé pour être guéri, annonce la croix, et Jésus lui-même le dit à Nicodème[91]. Jonas trois jours dans le poisson annonce la Résurrection, et Jésus en fait le signe donné à sa génération[92]. Le détail de ces préfigurations se lit dans Les figures du Christ dans l'Ancien Testament.
Les prophéties du Messie : un portrait dessiné d'avance
Plus précises encore sont les prophéties directes : le Messie naîtra d'une vierge selon Isaïe, à Bethléem selon Michée, il sera le Serviteur souffrant qui porte nos péchés, le Fils de l'homme de Daniel à qui sont données la royauté et la gloire, le berger rejeté pour trente pièces d'argent selon Zacharie[93]. Le psaume 21 décrit d'avance la crucifixion, « ils ont percé mes mains et mes pieds », et le psaume 109 annonce un Seigneur assis à la droite de Dieu[94]. Les Évangiles montrent Jésus qui accomplit ces textes un par un, jusque dans les détails que nul imposteur ne pourrait arranger[95]. Le détail se lit dans Les prophéties annonçant Jésus dans l'Ancien Testament.
« Il fallait que s'accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. », Jésus, Évangile selon saint Luc 24, 44[96]
L'Ancien Testament dans la vie de l'Église
La messe et le lectionnaire
Un catholique qui va à la messe du dimanche entend l'Ancien Testament chaque semaine : la première lecture est presque toujours tirée de l'Ancien Testament, sauf au temps pascal où les Actes des Apôtres la remplacent[97]. Le lectionnaire déploie ainsi, sur trois années A, B et C, les grands récits et les grandes prophéties, toujours choisis en écho avec l'Évangile du jour[98]. La vigile pascale, la plus belle nuit de l'année, propose sept lectures de l'Ancien Testament, de la Création au retour d'Exil : toute l'histoire du salut défile avant l'Alléluia[99]. Le Carême fait résonner l'Exode, les prophètes et les récits de conversion, et les jours de semaine suivent l'Ancien Testament en lecture semi-continue[100].
La Liturgie des Heures et les psaumes
Les prêtres, les religieux et des milliers de laïcs prient chaque jour avec le psautier : les cent cinquante psaumes sont répartis sur quatre semaines dans la Liturgie des Heures[101]. C'est la prière même du Christ, qui sur la croix commence le psaume 21, « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné », et achève sa vie sur les mots du psaume 30, « entre tes mains je remets mon esprit »[102]. Les cantiques de l'Ancien Testament ponctuent aussi l'office : le cantique de Moïse après la mer Rouge, celui d'Anne la mère de Samuel, celui des trois enfants dans la fournaise[103]. Prier avec ces textes, c'est entrer dans la prière d'Israël portée à sa perfection par le Christ et l'Église.
« Dans les psaumes, celui qui prie trouve comme une école de prière : il y apprend à louer, à supplier, à rendre grâce et à se repentir. », Saint Augustin, Enarrationes in Psalmos, cité par le Catéchisme[104]
Lire l'Ancien Testament comme un chrétien
L'Église ne lit pas l'Ancien Testament au premier degré ni comme un recueil de contes : elle y cherche le sens que Dieu y a mis, littéral et spirituel. Le Catéchisme rappelle les quatre sens de l'Écriture : le sens littéral, fondement indispensable, puis les trois sens spirituels, allégorique, moral et anagogique[105]. Concrètement, cela veut dire : prendre au sérieux ce que l'auteur sacré a vraiment voulu dire, avec l'aide de l'histoire et des langues, puis lire chaque passage dans l'unité de toute la Bible, dans la Tradition vivante et à la lumière du Christ[106]. Les passages difficiles, violences, imprécations, lois oubliées, ne sont ni censurés ni adorés : ils se comprennent dans la pédagogie progressive de Dieu, qui éduque son peuple pas à pas vers la plénitude révélée dans le Christ[107]. Vatican II résume la règle d'or : « l'Ancien Testament reçoit dans le Nouveau sa pleine lumière, et le Nouveau s'éclaire par l'Ancien »[108].
Ce que propose l'exégèse moderne, et ses limites
L'hypothèse documentaire et les datations tardives
Depuis deux siècles, une partie de l'exégèse universitaire propose de tout redater. Le médecin français Jean Astruc remarque en 1753 que la Genèse alterne les noms divins Élohim et YHWH, et y voit des mémoires assemblés[109]. L'Allemand Julius Wellhausen, en 1878, systématise l'idée : le Pentateuque serait un montage tardif de quatre sources, et Moïse n'en aurait rien écrit[110]. Dans la foulée, Isaïe est partagé entre deux ou trois auteurs, Daniel est ramené au IIe siècle av. J.-C. au temps d'Antiochus IV Épiphane, et les récits des origines sont lus comme des légendes pieuses[111]. Ces thèses occupent une large place dans les manuels, et un lecteur catholique doit les connaître pour ne pas les découvrir par surprise[112].
Mais ce ne sont pas des résultats de laboratoire : ce sont des reconstructions interprétatives, révisables et révisées sans cesse. Leurs auteurs eux-mêmes se contredisent sur le découpage des sources et les dates, et chaque génération corrige la précédente[113]. L'Église, elle, n'a jamais fait de ces hypothèses le cadre de sa lecture : Léon XIII, en 1893, rappelle que l'inspiration s'étend à toutes les parties de l'Écriture sans exception[114], Pie XII, en 1943, autorise l'usage prudent des méthodes critiques tout en maintenant l'historicité des récits[115], et Benoît XVI montre dans son Jésus de Nazareth que la foi et l'histoire sérieuse n'ont pas à s'excommunier[116].
« Une exégèse qui n'est plus une théologie ne peut plus expliquer l'Écriture comme parole de Dieu ; elle la dissout en paroles humaines du passé. », Benoît XVI, Jésus de Nazareth, t. 1, Flammarion 2007, avant-propos[117]
Cinq fragilités de méthode
Première fragilité : le présupposé anti-surnaturel. Si l'on décide d'avance qu'une prophétie vraie est impossible, alors tout texte qui prédit juste est forcément postérieur à l'événement : Daniel doit dater du IIe siècle puisqu'il annonce avec précision les persécutions d'Antiochus[118]. Or c'est la conclusion qui fait la datation, pas l'inverse. Relevons que le philosophe païen Porphyre, dès le IIIe siècle, datait déjà Daniel de l'époque des Maccabées, et que saint Jérôme lui répondait point par point dans son Commentaire sur Daniel : le débat n'est pas neuf, et l'objection non plus[119].
Deuxième fragilité : les datations circulaires. On date un texte par le milieu d'idées qu'on lui suppose, puis on date le milieu par le texte : l'Ecclésiaste serait tardif parce que son vocabulaire paraît tardif, et le vocabulaire est jugé tardif parce qu'on le trouve dans l'Ecclésiaste[120]. Troisième fragilité : l'argument du silence. L'absence d'Esther à Qumrân ou le silence des annales perses sur tel détail de cour sont brandis comme des preuves, alors que les archives antiques sont lacunaires par nature et que Qumrân ne conserve qu'une bibliothèque partielle[121].
Quatrième fragilité : la confusion entre possibilité littéraire et preuve historique. Qu'un récit utilise des procédés littéraires, chiffres symboliques, répétitions, dialogues composés, ne prouve pas qu'il invente : les historiens antiques écrivaient ainsi, et les récits bibliques portent par ailleurs des marques d'enracinement précis, poids, mesures, titres de fonctionnaires, topographie vérifiée[122]. Cinquième fragilité : le mépris de principe pour la Tradition. Les témoignages juifs, patristiques et liturgiques sont écartés d'office comme pieux, tandis que la dernière hypothèse en date est accueillie comme scientifique : c'est un double standard, pas une méthode[123].
L'archéologie confirme plus souvent qu'elle n'infirme
Loin de démolir la Bible, les fouilles lui donnent régulièrement raison contre le scepticisme. La stèle de Tel Dan, découverte en 1993, nomme la « maison de David » : un roi que certains manuels traitaient de personnage légendaire entre dans l'épigraphie du IXe siècle av. J.-C.[124]. Les amulettes de Ketef Hinnom, près de Jérusalem, portent la bénédiction sacerdotale des Nombres et datent du VIIe siècle av. J.-C. : le texte que l'on disait tardif circulait déjà avant l'Exil[125]. Un sceau du roi Ézéchias, mis au jour à l'Ophel de Jérusalem et publié en 2015, confirme le cadre historique des récits d'Ézéchias face à Sennachérib[126]. Et Qumrân, comme on l'a vu, prouve la fidélité de la transmission sur plus de mille ans[127]. Aucune de ces découvertes ne prouve la foi, qui reste un acte libre, mais ensemble elles montrent que tenir les récits bibliques pour historiquement enracinés est parfaitement raisonnable[128].
Pourquoi la lecture traditionnelle reste défendable
Au bout du compte, le lecteur dispose de deux dossiers. D'un côté, une chaîne ininterrompue de témoins : les scribes juifs qui comptaient les lettres, Josèphe, le Nouveau Testament qui cite Moïse, Isaïe et Daniel comme des auteurs réels, les Pères qui ont vécu plus près des événements que n'importe quel professeur d'aujourd'hui, les conciles, la liturgie qui prie ces textes depuis deux mille ans[129]. De l'autre, des hypothèses ingénieuses mais fragiles, qui se corrigent entre elles à chaque décennie et reposent sur des présupposés que rien n'oblige à partager[130]. L'Église n'interdit pas la recherche : elle demande seulement qu'on appelle une hypothèse une hypothèse, et qu'on ne traite pas la foi de vingt siècles comme une crédulité d'enfant[131]. « Une partie de l'exégèse contemporaine propose » telle datation tardive : soit, qu'elle apporte ses preuves, et que la Tradition apporte les siennes. À ce procès loyal, la Tradition ne craint pas de comparaître[132].
Pour aller plus loin
L'Ancien Testament se lit d'abord dans la Bible elle-même, chaque jour, avec les lectures de la messe et les psaumes de l'office : c'est là qu'il porte son fruit. Pour approfondir, le lecteur pourra poursuivre avec Le canon de l'Ancien Testament pour la fixation de la liste, Les figures du Christ dans l'Ancien Testament pour les préfigurations, Les prophéties annonçant Jésus dans l'Ancien Testament pour les annonces messianiques, puis livre par livre avec la Genèse, l'Exode, Josué, les Juges, Samuel, les Rois, Esdras, Néhémie, les Chroniques, Ruth, Tobie, Judith, Esther, les Maccabées, les Nombres, le Lévitique, le Deutéronome, les Psaumes, les Proverbes, Job, le Cantique des cantiques, l'Ecclésiaste, la Sagesse, le Siracide, Isaïe, Daniel et les douze petits prophètes.
Notes et références
Rm 15, 4 : « tout ce qui a été écrit à l'avance l'a été pour notre instruction ». TOB, éd. Cerf-Bibli'O, 2010.
1Concile Vatican II, constitution dogmatique Dei Verbum, 18 novembre 1965, n. 16. AAS 58 (1966).
22 Co 3, 14 : « la lecture de l'Ancienne Alliance », en grec palaia diathèkè. TOB 2010.
3He 8, 8-13, citant Jr 31, 31-34 : la Nouvelle Alliance promise. TOB 2010.
4Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique IV, 26, 13-14 : Méliton de Sardes, liste des livres de l'Ancienne Alliance, vers 170. Sources Chrétiennes 55, Cerf.
5Marcion, excommunié à Rome en 144 ; Tertullien, Contre Marcion, livres I à V, vers 207-208. Sources Chrétiennes 365, Cerf.
6Symbole de Nicée-Constantinople (381) : « Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre ». Denzinger 150.
7Tobie, Judith, 1 et 2 Maccabées, Sagesse, Siracide, Baruch, plus les suppléments grecs de Daniel et d'Esther. Liste du concile de Trente, session IV, 8 avril 1546. Denzinger 1502-1504.
8Le préfixe deutéro- marque la date de la reconnaissance universelle, non un degré d'inspiration : Trente frappe d'anathème qui ne reçoit pas ces livres « comme sacrés et canoniques ». Denzinger 1505.
9Bible hébraïque : 24 livres (Torah 5, Prophètes 8, Écrits 11). Même matière que les 39 livres protestants, comptés différemment.
10Luther, traduction de 1534 : les deutérocanoniques relégués en appendice comme « apocryphes ». Les confessions protestantes suivent ce canon court.
11Les Églises orthodoxes reçoivent les deutérocanoniques catholiques, avec selon les traditions 3 Esdras, 3 et 4 Maccabées, le psaume 150 surnuméraire ou l'Ode.
12Concile de Trente, session IV, décret De Canonicis Scripturis, 8 avril 1546 : énumération complète des livres. Denzinger 1501-1505.
13Ordre repris de la Vulgate : Pentateuque, historiques, sapientiaux, prophètes. Cf. préfaces de saint Jérôme et usage du lectionnaire romain.
14Torah (Loi), Nevi'im (Prophètes : Josué, Juges, Samuel, Rois, Isaïe, Jérémie, Ézéchiel, les Douze) et Ketouvim (Écrits).
15Le Nouveau Testament cite l'Ancien selon l'ordre et le texte de la Septante : cf. les concordances de la TOB 2010 et l'usage patristique constant.
16Flavius Josèphe, Contre Apion I, 38-41 : vingt-deux livres divins, transmis sans addition ni retranchement. Texte établi, Les Belles Lettres, Budé.
174 Esdras 14, 44-46 : vingt-quatre livres publics et soixante-dix réservés aux sages. Trad. Cerf, La Bible : Écrits intertestamentaires, Pléiade 1987.
18Prologue du Siracide, vers 130 av. J.-C. : « la Loi, les Prophètes et les autres livres ». TOB 2010.
19Flavius Josèphe, Contre Apion I, 38. Trad. Budé, Les Belles Lettres.
20Eusèbe, Histoire ecclésiastique IV, 26, 14 : liste de Méliton, sans Esther dans les copies conservées. Sources Chrétiennes 55.
21Origène, fragment sur les Psaumes, cité par Eusèbe, Histoire ecclésiastique VI, 25, 1-2 : vingt-deux livres comme les lettres hébraïques. Sources Chrétiennes 41.
22Saint Athanase, Lettre pascale 39, Pâques 367 : liste des livres canoniques et des livres à lire. PG 26.
23Concile d'Hippone (393), canon 36 ; conciles de Carthage (397, canon 47 ; 419, canon 29) : listes complètes incluant les deutérocanoniques. Denzinger, notes aux canons africains.
24Saint Jérôme, préfaces à Tobie et à Judith : traductions rapides par obéissance à l'usage de l'Église ; Prologus Galeatus sur le canon hébreu. PL 28-29.
25Concile de Florence, Décret pour les Jacobites, 4 février 1442 : liste complète des Écritures. Denzinger 1334-1336.
26Trente, session IV, 8 avril 1546 : « Si quelqu'un ne reçoit pas comme sacrés et canoniques ces livres eux-mêmes, intégralement avec toutes leurs parties, qu'il soit anathème ». Denzinger 1505.
27Concile Vatican I, constitution Dei Filius, chapitre 2, 24 avril 1870 : les livres ont Dieu pour auteur. Denzinger 1787.
28Jr 10, 11 ; Esd 4, 8 à 6, 18 et 7, 12-26 ; Dn 2, 4b à 7, 28. TOB 2010.
29Scribes de Tibériade, écoles de Ben Asher et Ben Naphtali, VIe au Xe siècle : vocalisation, accents, massora (comptes de lettres et gardes du texte).
30Codex de Léningrad (Saint-Pétersbourg, Firkovitch B 19 A), copié en 1008-1009 : base de la Biblia Hebraica Stuttgartensia (1977) et de la plupart des traductions modernes.
31Codex d'Alep, vers 930, école de Ben Asher : mutilé en 1947, conservé pour trois cinquièmes au Sanctuaire du Livre, Jérusalem.
32Lettre d'Aristée à Philocrate, IIe siècle av. J.-C. : soixante-douze traducteurs convoqués par Ptolémée II Philadelphe (285-246). Trad. Cerf 1962.
33Environ trois cents citations de l'Ancien Testament dans le Nouveau, dont les deux tiers suivent la Septante contre le texte hébreu. Concordances de la TOB 2010.
342 Tm 3, 16 : « Toute Écriture est inspirée de Dieu ». TOB 2010.
35Trente déclare la Vulgate authentique, elle-même traduite pour l'essentiel sur l'hébreu mais nourrie de la Septante pour les deutérocanoniques. Denzinger 1506.
36Commission biblique pontificale, L'interprétation de la Bible dans l'Église, 15 avril 1993, I.A : la Septante, Bible de l'Église apostolique. Libreria Editrice Vaticana 1993.
37Première grotte découverte fin 1947 par des bédouins Taamireh ; onze grottes fouillées entre 1949 et 1956. Présentation d'ensemble : TOB 2010, introduction aux manuscrits.
38Environ neuf cents manuscrits : tous les livres de l'Ancien Testament sauf Esther y sont attestés, en hébreu, en araméen et quelques-uns en grec.
39Grand rouleau d'Isaïe (1QIs-a), copié vers le IIe siècle av. J.-C. : texte quasi identique au massorétique malgré mille ans d'écart. Sanctuaire du Livre, Jérusalem.
40Fragments araméens et hébreux de Tobie (grotte 4) et fragments hébreux du Siracide : racines sémitiques anciennes des deutérocanoniques. Discoveries in the Judaean Desert, vol. XIX.
41Saint Jérôme, installé à Bethléem en 386, traduit l'Ancien Testament sur l'hébreu entre 390 et 405, à la demande du pape Damase Ier (lettre de 382). Cf. ses préfaces, PL 28.
42Saint Jérôme, préfaces : Tobie traduit en une journée, Judith rapidement, les autres livres d'après le grec liturgique, par fidélité à l'Église. PL 29.
43Trente, session IV, 8 avril 1546 : la Vulgate déclarée authentique pour l'usage public ; édition sixto-clémentine promulguée par Clément VIII en 1592. Denzinger 1506.
44Jean-Paul II, constitution apostolique Scripturarum Thesaurus, 25 avril 1979 : la Néo-Vulgate, texte latin officiel de la liturgie. AAS 71 (1979).
45Tableau établi d'après les introductions de la TOB 2010 et de la Bible de Jérusalem, éd. Cerf 2000.
46Talmud de Babylone, traité Baba Batra 14b-15a : « Moïse a écrit son livre ». Éd. Vilna ; trad. anglaise Soncino.
47Jn 5, 46-47 : « c'est de moi qu'il a écrit ». TOB 2010.
48Lc 24, 27 : « en commençant par Moïse ». TOB 2010.
49Talmud, Baba Batra 15a : les huit derniers versets de la Torah écrits par Josué. Même référence que ci-dessus.
501 R 6, 1 : la quatrième année de Salomon, 480 ans après la sortie d'Égypte, soit vers 966 puis vers 1446 av. J.-C. TOB 2010.
51Jn 5, 46. TOB 2010.
52Is 1, 1 ; Jr 1, 1-3 ; Ez 1, 1-3 ; Dn 1, 1-7 : les livres ouvrent sur le nom et le temps du prophète. TOB 2010.
53Talmud, Baba Batra 15a : Jérémie a écrit son livre, les Rois et les Lamentations ; le collège d'Ézéchias a mis par écrit Isaïe, les Proverbes, le Cantique et l'Ecclésiaste.
54Si 49, 10, vers 180 av. J.-C. : éloge des « douze prophètes » comme un ensemble déjà constitué. TOB 2010.
55Mt 24, 15 : « l'abomination de la désolation dont a parlé le prophète Daniel ». TOB 2010.
56Soixante-treize psaumes portent en titre « de David » ; Ac 2, 25-30 et Rm 4, 6 le citent comme auteur. TOB 2010.
57Pr 1, 1 ; Qo 1, 1 ; Ct 1, 1 ; Sg 9 : la Sagesse comme prière de Salomon. 1 R 5, 9-14 sur sa sagesse. TOB 2010.
58Talmud, Baba Batra 15a : Josué son livre, Samuel les Juges et Samuel, Esdras les Chroniques et son livre.
59Ruth, Tobie, Judith, Esther et Job sont anonymes, comme la plupart des récits du Proche-Orient ancien : l'anonymat n'est ni un aveu de fiction ni un obstacle à la réception ecclésiale.
60L'Église a toujours lu ces chiffres comme une histoire : cf. les chronologies des Pères (Eusèbe, Chronique) et le Martyrologe romain à Noël, qui date la Nativité d'après la Création et le Déluge.
61Gn 1, 27. TOB 2010.
62Gn 3, 15, le protévangile : la descendance de la femme écrasera la tête du serpent. TOB 2010 ; CEC 410-411.
63Gn 12, 1-3 ; 15 ; 17 : vocation, promesse et alliance avec Abraham, renouvelées à Isaac (Gn 26), à Jacob (Gn 28) et accomplies en Joseph (Gn 37 à 50). TOB 2010.
64Gn 1, 27. TOB 2010.
65Ex 3 à 15 : vocation de Moïse, plaies, Pâque, mer Rouge ; Ex 19-20 : l'Alliance du Sinaï ; Ex 25 à 40 : la Demeure. TOB 2010.
66Dt 8, 5 : « comme un père éduque son enfant » ; quarante ans au désert (Nb 14, 33-34). TOB 2010.
67Ex 20, 1-17 ; Dt 5, 6-21 ; résumé par le Christ en Mt 22, 37-40. TOB 2010.
68Dt 6, 4-5, le Shema Israël, prière quotidienne du judaïsme et premier commandement selon Mc 12, 29-30. TOB 2010.
69Jg 2, 11-19 : le cycle apostasie, oppression, cri, libérateur, repos. TOB 2010.
702 S 5, 1-10 (Jérusalem) ; 2 S 7 (promesse dynastique) ; 1 R 6 (le Temple). TOB 2010.
711 R 17 à 2 R 10 (Élie, Élisée) ; Is 1 à 39 ; Jr 1 à 52 : trois figures du prophétisme face aux rois. TOB 2010.
722 R 17, 1-23 (Samarie, 722) ; 2 R 25, 1-21 (Jérusalem, 587). TOB 2010.
73Ps 136 (135) : « Sur les bords des fleuves de Babylone » ; Ez 36, 24-28 : le cœur nouveau promis aux exilés. TOB 2010.
74Is 44, 28 à 45, 1 : Cyrus appelé « oint » du Seigneur ; Esd 1, 1-4 : l'édit de 538. TOB 2010.
75Esd 7 à 10 (Esdras et la Loi) ; Ne 1 à 13 (Néhémie et les murs) ; Ag 1-2, Za 1 à 14, Ml 1 à 3 : les derniers prophètes. TOB 2010.
761 M 4, 36-59 : la purification du Temple et la Dédicace ; Jn 10, 22 : Jésus à Jérusalem pour cette fête. TOB 2010.
77Ml 3, 1 ; Dn 7, 13-14 : l'attente du Messie à la fin de l'Ancien Testament. TOB 2010.
78Dt 6, 4 ; Is 43, 10-11 ; 45, 5-7 : l'unicité de Dieu proclamée face aux idoles des nations. TOB 2010.
79Ex 3, 14 : « JE SUIS QUI JE SUIS », le nom révélé à Moïse. TOB 2010 ; CEC 213-214.
80Is 45, 1-7 : Cyrus conduit sans connaître Dieu ; Am 9, 7 ; Jon 3-4 : les nations jugées et épargnées. TOB 2010.
81Is 2, 2-4 ; Mi 4, 1-3 : les nations affluant vers Jérusalem aux derniers jours. TOB 2010.
82Ex 19, 5-6 : « vous serez pour moi un royaume de prêtres » ; Dt 4, 5-8 : la sagesse des nations devant la Loi. TOB 2010.
83Lv 16 (le jour des Expiations) ; Ps 50 (49), 7-15 : Dieu ne se nourrit pas des sacrifices. TOB 2010.
84He 10, 1 : la Loi comme « ombre des biens à venir » ; He 7 à 9 : le sacerdoce du Christ supérieur à celui d'Aaron. TOB 2010.
85Avec la clé du Nouveau Testament, le Lévitique dessine le salut : victime sans tache, sang versé, médiation sacerdotale. Cf. He 9, 11-14. TOB 2010.
86He 10, 1. TOB 2010.
87Rm 5, 14 : Adam « figure de celui qui devait venir » ; 1 Co 10, 11 : les événements arrivés « en figure ». TOB 2010 ; CEC 128-130.
88Gn 14, 18-20 : Melchisédech offre le pain et le vin ; Ps 109 (110), 4 ; He 7, 1-17 : son sacerdoce annonce celui du Christ. TOB 2010.
89Ex 12, 46 : « vous n'en briserez aucun os » ; Jn 19, 36 : accompli dans l'Agneau pascal. TOB 2010.
90Nb 21, 8-9 : le serpent d'airain ; Jn 3, 14 : « comme Moïse éleva le serpent ». TOB 2010.
91Jon 2, 1 ; Mt 12, 39-40 : Jonas trois jours dans le poisson, signe de la Résurrection. TOB 2010.
92Is 7, 14 (la vierge) ; Mi 5, 1 (Bethléem) ; Is 52, 13 à 53, 12 (le Serviteur) ; Dn 7, 13-14 (le Fils d'homme) ; Za 11, 12-13 (trente pièces). TOB 2010.
93Ps 21, 17 (Vulgate ; 22, 17 en hébreu) : « ils ont percé mes mains et mes pieds » ; Ps 109, 1 (Vulgate ; 110 en hébreu) : « Siège à ma droite ». TOB 2010.
94Mt 1, 22-23 ; 2, 5-6 ; 26, 14-16 ; 27, 34-46 ; Lc 24, 25-27 : les Évangiles montrent l'accomplissement jusque dans les détails. TOB 2010.
95Lc 24, 44. TOB 2010.
96Lectionnaire romain, Ordo Lectionum Missae, 1969 : première lecture vétérotestamentaire le dimanche, remplacée par les Actes au temps pascal. AELF.
97Années A, B et C : la première lecture est choisie en fonction de l'Évangile, sauf au temps ordinaire où l'Ancien Testament est lu en continu. AELF.
98Missel romain, vigile pascale : sept lectures (Gn 1, Gn 22, Ex 14, Is 54, Is 55, Ba 3, Ez 36), jamais moins de trois en cas de nécessité. AELF.
99Lectionnaire du Carême : Exode, Deutéronome, prophètes et récits de conversion en première lecture des jours de semaine. AELF.
100Liturgie des Heures, Présentation générale n. 121-125 : le psautier réparti sur quatre semaines. AELF-DDB 1980.
101Mt 27, 46 (Ps 21, 2 en Vulgate, 22 en hébreu) ; Lc 23, 46 (Ps 30, 6 en Vulgate, 31 en hébreu) : le Christ prie les psaumes sur la croix. TOB 2010.
102Ex 15 (Moïse) ; 1 S 2 (Anne) ; Dn 3, 52-90 (les trois enfants) : cantiques de l'office du dimanche et des fêtes. AELF.
103Saint Augustin, Enarrationes in Psalmos : les psaumes comme école de prière ; Catéchisme de l'Église catholique 2588-2589. Mame-Plon 1998.
104CEC 115-119 : les quatre sens de l'Écriture (littéral, allégorique, moral, anagogique), avec la parole de saint Thomas d'Aquin. Mame-Plon 1998.
105CEC 111-114 : lire l'Écriture dans la Tradition, l'unité du dessein divin et l'analogie de la foi. Mame-Plon 1998.
106CEC 122 : l'économie de l'Ancien Testament est ordonnée à préparer la venue du Christ ; Dieu éduque progressivement son peuple. Mame-Plon 1998.
107Dei Verbum 16 : « l'Ancien Testament reçoit dans le Nouveau sa pleine lumière » ; CEC 129. AAS 58 (1966).
108Jean Astruc, Conjectures sur les mémoires originaux dont il paraît que Moïse s'est servi pour composer le livre de la Genèse, Bruxelles, 1753.
109Julius Wellhausen, Prolegomena zur Geschichte Israels, Berlin, Reimer, 1878 : la théorie des quatre sources du Pentateuque.
110Manuels critiques courants : second Isaïe exilique, Daniel du IIe siècle, Pentateuque postexilique. Cf. les introductions de la TOB 2010, qui exposent ces hypothèses avant de laisser le lecteur juger.
111Pie XII, Divino Afflante Spiritu, 30 septembre 1943 : encourager l'étude critique sérieuse, sans en faire un dogme. AAS 35 (1943).
112Les partages des sources et les datations varient d'un manuel à l'autre et d'une décennie à l'autre : signe d'hypothèses de travail, non de résultats établis.
113Léon XIII, Providentissimus Deus, 18 novembre 1893 : l'inspiration et l'inerrance s'étendent à tout le texte sacré. Acta Leonis XIII.
114Pie XII, Divino Afflante Spiritu, 1943 : usage prudent des méthodes, maintien de l'historicité des récits et de l'autorité de la Vulgate. AAS 35 (1943).
115Benoît XVI, Jésus de Nazareth, t. 1, Flammarion, Paris, 2007 : la méthode historico-critique comme instrument, non comme maîtresse de la lecture.
116Benoît XVI, Jésus de Nazareth, t. 1, avant-propos, Flammarion, 2007.
117Si la prédiction précise est jugée impossible par principe, tout texte prédictif est automatiquement antidaté : le raisonnement présuppose sa conclusion.
118Porphyre de Tyr, Contre les chrétiens, IIIe siècle (fragments) : Daniel daté des Maccabées ; saint Jérôme, Commentaire sur Daniel, prologue et livre I : réponse point par point. Sources Chrétiennes 602 (Jérôme).
119On déclare le vocabulaire de l'Ecclésiaste tardif parce qu'on le trouve dans un livre déclaré tardif : le critère et la conclusion tournent en rond.
120Qumrân ne conserve qu'une bibliothèque sectaire partielle ; les annales royales antiques sont lacunaires : le silence d'une source incomplète ne prouve rien.
121Les conventions littéraires antiques (chiffres ronds, discours composés, répétitions) coexistent avec l'enracinement historique : Hérodote, les annales assyriennes et la Bible partagent ces procédés.
122La Tradition est suspecte par principe parce que croyante, l'hypothèse est scientifique par principe parce que sceptique : le critère n'est pas la preuve, mais le camp.
123Stèle de Tel Dan, fouilles d'Avraham Biran, 1993 : inscription araméenne du IXe siècle nommant la « maison de David » (bytdwd). Musée d'Israël, Jérusalem.
124Amulettes d'argent de Ketef Hinnom, fouilles de Gabriel Barkay, 1979 : bénédiction de Nb 6, 24-26, VIIe siècle av. J.-C., plus vieux texte biblique connu. Musée d'Israël.
125Bulle au nom d'Ézéchias roi de Juda, fouilles de l'Ophel sous la direction d'Eilat Mazar, publiée en 2015 : cadre historique d'Ézéchias confirmé. Ophel Excavations.
126Le grand rouleau d'Isaïe (1QIs-a), IIe siècle av. J.-C., quasi identique au massorétique : la transmission n'a pas déformé le texte en mille ans.
127Tel Dan, Ketef Hinnom, le sceau d'Ézéchias et Qumrân convergent : rien n'oblige un esprit raisonnable à tenir les récits pour inventés.
128Scribes juifs, Josèphe, Nouveau Testament, Pères, conciles, liturgie bimillénaire : une chaîne de réception ininterrompue, plus proche des faits que toute reconstruction moderne.
129Sources découpées différemment selon les écoles, dates oscillant de plusieurs siècles, présupposés rarement explicités : l'édifice critique se révise lui-même en permanence.
130L'Église encourage l'exégèse sérieuse (Divino Afflante Spiritu ; Dei Verbum 12) et refuse seulement qu'une hypothèse se fasse passer pour un verdict définitif.
131À preuves égales et présupposés explicites, la lecture traditionnelle soutient la comparaison : c'est tout ce que demande un procès loyal.
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