L'Évangile selon saint Luc est, dans l'ordre reçu par l'Église, le troisième livre du Nouveau Testament : vingt-quatre chapitres, le plus long des quatre évangiles, qui racontent Jésus de Nazareth depuis l'annonce faite à Zacharie dans le Temple jusqu'à l'Ascension sur le mont des Oliviers. La tradition l'attribue à Luc, le médecin bien-aimé, compagnon de saint Paul, qui aurait enquêté avec soin auprès des témoins oculaires avant de dédier son récit ordonné à Théophile, au début des années 60. C'est l'évangile de la miséricorde : le Bon Samaritain, le fils perdu et retrouvé, Zachée descendu de son sycomore, le bon larron accueilli le soir même dans le paradis et les disciples d'Emmaüs ne se lisent que chez lui.
Son trait propre tient en une formule : l'historien de la tendresse du Christ. Prologue en grec soigné, rédigé selon les usages des historiens grecs, goût des dates et des titres officiels, cantiques qui rythment les deux premiers chapitres, attention constante aux pauvres, aux femmes, aux Samaritains et aux publicains. Avec les Actes des Apôtres, du même auteur et dédiés au même Théophile, il forme un diptyque qui pèse à lui seul plus du quart du Nouveau Testament, davantage qu'aucun autre auteur sacré, Paul compris. L'article présente d'abord le livre tel que l'Église le reçoit, sa place dans le canon, son auteur, son destinataire, sa datation, ses témoins anciens, son texte, son plan, sa théologie, son accomplissement des Écritures et sa présence dans la liturgie, puis le débat avec l'exégèse historico-critique moderne. La synthèse des vingt-sept livres se lit dans Le Nouveau Testament, le premier évangile dans L'Évangile selon saint Matthieu, le second dans L'Évangile selon saint Marc, et la vie de l'évangéliste dans Saint Luc l'Évangéliste.
La place de Luc dans le canon des Écritures
Le troisième évangile, le plus long des quatre
Dans toutes les Bibles catholiques, l'ordre reçu place Luc en troisième position, entre Marc et Jean[1]. Le livre compte vingt-quatre chapitres et 1 151 versets, et surtout environ 19 500 mots dans le grec original, ce qui en fait le plus long des quatre évangiles et même le plus long livre du Nouveau Testament, devant Matthieu et les Actes[2]. Joints aux Actes, qui en sont la suite directe, les deux tomes représentent près de vingt-huit pour cent du Nouveau Testament par le nombre de mots : aucun auteur, pas même Paul avec ses treize lettres, n'occupe une telle place dans le corpus apostolique[3].
Luc dans les listes reçues
Le troisième évangile figure dans toutes les listes qui jalonnent la réception du canon. Le tableau suivant reprend les étapes communes aux quatre évangiles, détaillées dans Le canon du Nouveau Testament.
| Étape | Date | Ce qui est attesté pour Luc |
|---|---|---|
| Fragment de Muratori, troisième livre | vers 170 à 200 | L'évangile selon Luc, composé par Luc le médecin après l'Ascension, dans l'ordre reçu[4] |
| Saint Irénée, tableau des quatre | vers 180 | Luc, compagnon de Paul, consigna dans un livre l'Évangile prêché par celui-ci[5] |
| Eusèbe, livres reconnus | vers 325 | Les quatre évangiles au nombre des écrits universellement reçus[6] |
| Saint Athanase, 39e lettre festale | Pâques 367 | Liste complète des 27 livres, quatre évangiles selon Matthieu, Marc, Luc et Jean[7] |
| Concile d'Hippone, canon 36 | 393 | Catalogue des Écritures lues à l'église, quatre évangiles inclus[8] |
| IIIe concile de Carthage, canon 47 | 28 août 397 | Même catalogue pour l'Afrique, avec consultation de l'Église d'outre-mer[9] |
| Concile de Florence, bulle Cantate Domino | 4 février 1442 | Liste des livres reçus, confirmée pour les Jacobites[10] |
| Concile de Trente, session IV | 8 avril 1546 | Définition solennelle du canon avec anathème, les quatre évangiles en tête[11] |
Jamais, dans aucune liste ancienne, le troisième évangile n'est attribué à un autre auteur que Luc, ni contesté comme écrit hérétique : les hésitations patristiques portent sur sept brèves lettres, jamais sur les évangiles[12]. Le magistère moderne confirme cette réception : le concile Vatican II enseigne que toujours et partout, l'Église a tenu et tient l'origine apostolique des quatre Évangiles[13], et le Catéchisme de l'Église catholique rappelle que les Évangiles sont le cœur de toutes les Écritures[14].
L'auteur reçu par l'Église : Luc le médecin
Les portraits croisés des lettres de Paul
Le Nouveau Testament nomme Luc trois fois, toujours aux côtés de Paul. Dans la lettre aux Colossiens, Paul transmet la salutation de Luc, le médecin bien-aimé, juste après avoir énuméré ceux de la circoncision qui l'ont consolé, ce qui fait de Luc, par contraste, un chrétien d'origine païenne[15]. Dans la brève lettre à Philémon, Luc figure parmi les compagnons d'œuvre de l'Apôtre captif[16]. Et dans la seconde lettre à Timothée, écrite depuis la prison romaine à l'approche du martyre, Paul confie que Luc est seul avec lui, tous les autres étant partis en mission ou ayant fait défection[17].
« Vous avez la salutation d'Épaphra, mon compagnon de captivité dans le Christ Jésus, de Marc, d'Aristarque, de Démas et de Luc, mes compagnons d'œuvre. » (Lettre à Philémon, 22 à 24, AELF) [18]
« Luc est seul avec moi. » (Deuxième lettre à Timothée, 4, 11, AELF) [19]
Ces trois mentions dessinent un homme instruit, fidèle dans l'épreuve, présent dans l'entourage paulinien à des dates et des lieux différents : la fidélité du témoin vaut ici certificat d'historien.
Les sections en nous : le compagnon de voyage
Les Actes des Apôtres, second tome de l'œuvre de Luc, changent brusquement de personne à trois reprises : à Troas, sur la route de Philippes, puis de Philippes à Jérusalem, et enfin de Césarée à Rome, le récit passe au nous, comme si l'auteur montait lui-même dans le bateau[20]. Ce détail stylistique, relevé depuis l'Antiquité, désigne un compagnon réel des voyages de Paul, présent par intermittence : exactement le profil que les lettres donnent à Luc[21]. L'auteur du troisième évangile est donc, de l'intérieur même du texte, un homme de la génération apostolique qui a côtoyé Paul sur les routes de la mission.
Antioche, le médecin, le païen devenu frère
La tradition ancienne précise le portrait. Eusèbe écrit que Luc est originaire d'Antioche de Syrie et médecin de formation, qu'il vécut longtemps avec Paul et fréquenta assidûment les autres apôtres[22]. Saint Jérôme résume d'un trait : Luc, médecin d'Antioche, disciple de l'apôtre Paul et compagnon de tous ses voyages[23]. Le prologue dit anti-marcionite, composé vers 160 à 180 pour défendre le troisième évangile contre l'hérétique Marcion, ajoute que Luc, Syrien d'Antioche et médecin, suivit Paul puis composa son évangile en Achaïe sous l'impulsion de l'Esprit[24]. Trois sources indépendantes, trois fois les mêmes trois traits : Antioche, la médecine, Paul.
Le métier éclaire l'œuvre. On a souvent relevé que Luc décrit les guérisons avec un vocabulaire plus précis que ses frères : la belle-mère de Simon saisie d'une forte fièvre, l'homme couvert de lèpre, les dix lépreux, la femme courbée depuis dix-huit ans, l'hydropique guéri un jour de sabbat[25]. Sans en faire une démonstration à lui seul, ce faisceau convient parfaitement au médecin d'Antioche que la tradition désigne.
La personne appartient à son article
Luc l'homme, sa fête au 18 octobre, son symbole du veau, son patronage des médecins et des peintres, tout cela est raconté dans Saint Luc l'Évangéliste. Ici, c'est le livre qui compte : un médecin païen de naissance, devenu le plus grand historien du Nouveau Testament, qui offre à l'Église près du tiers de ses Écritures apostoliques.
Le destinataire et le projet : Théophile et le diptyque
Un récit ordonné pour un homme honorable
Le troisième évangile est le seul, avec son second tome, à s'ouvrir par une dédicace en règle. Luc adresse son prologue à Théophile, qualifié de très honorable, titre que les Actes réservent aux procurateurs romains Félix et Festus[26]. Ami du Christ par son nom même, qui signifie ami de Dieu, patron qui a peut-être commandé ou financé l'ouvrage, catéchumène de rang qu'il faut affermir : les hypothèses abondent, et toutes gardent le même socle, un destinataire réel, cultivé, déjà instruit, à qui Luc promet la solidité des enseignements reçus[27].
« Afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as reçus. » (Évangile selon saint Luc, 1, 4, AELF) [28]
Luc annonce sa méthode en quatre mots : il s'est informé exactement de tout depuis les origines, il a consulté ceux qui furent dès le commencement témoins oculaires et serviteurs de la Parole, et il en écrit pour Théophile un récit ordonné[29]. Beaucoup avaient déjà entrepris de composer un récit, précise-t-il sans les dénigrer : son apport propre sera l'ordre, l'exhaustivité vérifiée et la certitude[30]. La spécialiste Loveday Alexander a montré que ce prologue suit les conventions des préfaces de l'historiographie grecque, avec le vocabulaire technique de l'enquête : Luc se présente en historien, et demande à être jugé comme tel[31].
Deux tomes, une seule œuvre
Le prologue des Actes reprend la dédicace : dans mon premier livre, Théophile, j'ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le commencement jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel[32]. Même destinataire, même style, même théologie, mêmes transitions : la critique ancienne comme la moderne reconnaissent dans l'évangile et les Actes une seule œuvre en deux volumes, le premier centré sur Jésus, le second sur l'Esprit qui pousse l'Église de Jérusalem à Rome[33]. Comprendre le troisième évangile sans les Actes serait lire une première moitié de phrase : l'Ascension qui clôt l'évangile ouvre les Actes, et la promesse de l'Esprit qui s'y achève s'y accomplit à la Pentecôte.
Ce diptyque fait de Luc, païen de naissance, le premier auteur du Nouveau Testament par le volume, devant Paul lui-même : paradoxe fécond, l'homme venu du dehors est celui à qui Dieu confie le plus de pages pour raconter le Christ et son Église.
Luc derrière Paul : les témoins anciens
- vers 160 à 180Le prologue contre MarcionLuc d'Antioche, médecin, en Achaïe
Le plus ancien portrait conservé donne déjà les trois traits reçus : Antioche, la médecine, Paul[34].
- vers 170 à 200Le fragment de Muratorile troisième livre selon Luc
La plus ancienne liste romaine nomme Luc le médecin comme auteur du troisième évangile[35].
- vers 180Irénée et le tableau des quatrel'évangile prêché par Paul
Luc, compagnon de Paul, consigna dans un livre l'Évangile prêché par celui-ci[36].
- vers 208Tertullien face à Marcionl'Église avait Luc avant l'hérétique
- vers 230 à 250Clément et Origène à Alexandriel'ordre reçu des quatre
Les maîtres alexandrins transmettent l'ordre Matthieu, Marc, Luc, Jean et la filiation paulinienne[38].
- IVe siècleEusèbe et Jérômele dossier patristique au complet
L'historien et le bibliste recueillent et confirment toute la tradition antérieure[39].
Le fragment de Muratori : le troisième livre
Le plus ancien catalogue romain des Écritures, conservé par un fragment latin copié au VIIe siècle mais composé vers 170 à 200, s'ouvre, pour la partie conservée, sur ces mots : le troisième livre de l'évangile, celui selon Luc[40]. Il précise que Luc le médecin, après l'Ascension du Christ, quand Paul l'eut pris avec lui comme compagnon zélé de la loi, composa son récit en son propre nom, selon la conviction commune[41]. L'ordre manque au début, mutilé, mais Luc troisième et Jean quatrième correspondent exactement au canon reçu : les deux livres perdus étaient Matthieu et Marc.
Irénée : l'évangile prêché par Paul
Vers 180, saint Irénée de Lyon donne le tableau des quatre qui ne variera plus : après Matthieu chez les Hébreux et Marc l'interprète de Pierre, Luc, le compagnon de Paul, consigna dans un livre l'Évangile prêché par celui-ci, puis Jean composa le sien à Éphèse[42].
« Luc, compagnon de Paul, consigna dans un livre l'Évangile prêché par celui-ci. » (Saint Irénée, Contre les hérésies, III, 1, 1) [43]
Irénée revient ailleurs sur le lien entre Paul et Luc : Paul lui-même montre que Luc fut non seulement son compagnon mais son collaborateur, quand il écrit que Luc, le médecin bien-aimé, est seul avec lui[44]. La boucle est fermée : les lettres, l'évangile et le témoin disent la même chose.
Marcion : le témoin hostile qui date le livre
Vers 140, l'hérétique Marcion de Sinope rompt avec l'Église et se compose un canon amputé : dix lettres de Paul et un seul évangile, celui de Luc, expurgé de tout ce qui sent l'Ancien Testament[45]. Le choix de l'adversaire est un aveu : pour fonder sa rupture, Marcion a besoin du troisième évangile, donc celui-ci circule déjà comme Écriture d'autorité. Tertullien, qui réfute Marcion vers 208 en commentant Luc chapitre par chapitre, retourne l'argument : l'Église possédait l'évangile de Luc bien avant que Marcion ne le mutile, et c'est la version catholique, complète, qui est l'originale[46]. Un faux ne précède pas le vrai : la fraude suppose le texte reçu.
Clément, Origène, Eusèbe, Jérôme : le chœur unanime
À Alexandrie, Clément puis Origène, cités par Eusèbe, transmettent l'ordre reçu des quatre et rattachent le troisième au compagnon de Paul[47]. Eusèbe de Césarée range les quatre évangiles parmi les écrits universellement reconnus et redonne le portrait : Luc, d'Antioche, médecin, compagnon de Paul et familier des autres apôtres[48]. Saint Jérôme, vers 393, clôt le dossier antique : Luc, médecin d'Antioche, disciple de Paul et compagnon de tous ses voyages[49]. De Rome à Lyon, d'Alexandrie à Césarée, sur plus de deux siècles, aucun témoin ne propose un autre auteur, aucune Église ne connaît un autre troisième évangile.
La datation traditionnelle : le diptyque avant la tempête
La fin des Actes, arrêt sur image vers 62
Le plus fort argument de datation est interne et tient en un constat : les Actes s'achèvent sur Paul captif à Rome, prêchant en toute assurance pendant deux années entières, sans dire un mot de la suite[50]. Ni la mort de Paul, ni celle de Pierre, ni la persécution de Néron en 64, ni surtout la ruine de Jérusalem en 70 n'y sont mentionnées comme accomplies[51]. Or l'évangile précède les Actes : si le second tome s'arrête vers 62, le premier est antérieur, ce qui place la rédaction du troisième évangile au début des années 60, pendant la captivité romaine ou césaréenne de Paul, quand Luc, seul avec l'Apôtre, disposait du loisir d'enquêter et d'écrire[52].
Trois indices internes qui regardent avant 70
Premièrement, Jésus pleure sur Jérusalem et annonce sa ruine avec une précision que Luc rapporte sans le moindre écho d'accomplissement : les jours viendront où tes ennemis t'environneront de retranchements, écrit-il, sans ajouter que cela eut lieu[53]. Après 70, un faussaire aurait triomphé, un témoin aurait pleuré autrement : le silence du narrateur sur l'événement accompli sent l'avant, non l'après.
Deuxièmement, le prologue respire encore le temps des témoins oculaires vivants, consultables, interrogeables : Luc écrit pour affermir Théophile en s'appuyant sur leur parole présente, non sur leur mémoire lointaine[54]. Une génération plus tard, cette enquête-là aurait été impossible.
Troisièmement, Marcion utilise déjà Luc vers 140 comme une autorité établie qu'il faut expurger : entre la composition et l'hérétique, il faut le temps d'une diffusion dans tout l'Empire, de Rome à Sinope[55]. Une rédaction au début des années 60 laisse cinquante ans à cette diffusion ; une rédaction vers 85 n'en laisse que vingt-cinq, bien courts pour un livre devenu norme.
Les tenants modernes d'une date haute
Cette lecture n'est pas une nostalgie traditionaliste : des exégètes de métier l'ont défendue avec des arguments techniques. John A. T. Robinson, anglican de Cambridge, conclut en 1976 que tout le Nouveau Testament, Luc compris, tient avant 70[56]. John W. Wenham consacre en 1991 un volume entier à redater les trois synoptiques dans les années 50 et 60[57]. Colin Hemer, spécialiste de l'Antiquité gréco-romaine, montre en 1989 que la couleur locale des Actes suppose une rédaction proche des événements[58]. Martin Hengel défend un Luc historien enraciné dans la première génération[59]. Et l'introduction de référence de Carson et Moo juge les années 60 parfaitement défendables, le Temple encore debout au moment où Luc écrit[60].
Le texte : le plus beau grec du Nouveau Testament, solidement transmis
Une langue d'historien, un vocabulaire de médecin
De l'aveu commun, Luc écrit le meilleur grec du Nouveau Testament : prologue en période soignée, vocabulaire riche de plus de 2 000 mots distincts, tournures classiques qui tranchent sur la rudesse de Marc et même sur l'hébreu de recouvrement de Matthieu[61]. Le contraste avec les cantiques des deux premiers chapitres, teintés de sémitismes, montre un auteur qui manie deux registres : l'historien hellénistique dans le prologue, le traducteur fidèle des traditions judéo-chrétiennes dans le récit de l'enfance[62]. Le style, à lui seul, confirme le portrait : un païen cultivé, formé aux écoles grecques, devenu l'historien du Christ.
Les manuscrits : du papyrus aux grandes onciales
| Témoin | Date | Contenu pour Luc |
|---|---|---|
| Papyrus 75, codex Bodmer | vers 175 à 225 | La quasi-totalité de Luc 3 à 24, plus ancien exemplaire conservé du troisième évangile[63] |
| Papyrus 4, Paris | vers 200 | Fragments de Luc 1 à 6, dont l'Annonciation et la Nativité[64] |
| Papyrus 45, Chester Beatty | vers 250 | Les quatre évangiles dont Luc, en codex[65] |
| Papyrus 69, Oxyrhynque | IIIe siècle | Fragment de la Passion selon Luc, chapitre 22[66] |
| Codex Vaticanus | IVe siècle | Texte complet, très proche du papyrus 75[67] |
| Codex Sinaiticus | IVe siècle | Texte complet du troisième évangile[68] |
| Codex de Bèze | vers 400 | Texte occidental des évangiles et des Actes, témoin des variantes anciennes[69] |
Le papyrus 75, vendu en 2006 et remis à Benoît XVI le 22 janvier 2007 pour la Bibliothèque vaticane, mérite l'arrêt : copié à peine un siècle après l'original, son texte rejoint presque mot pour mot celui du Vaticanus, copié deux siècles plus tard[70]. Deux cents ans de copies, et le texte n'a presque pas bougé : la transmission du troisième évangile est d'une stabilité remarquable. Les versions anciennes confirment la diffusion : Vieille Latine dès le IIe siècle, Peshitta syriaque, versions coptes[71]. Au total, près de 5 800 manuscrits grecs et plus de 24 000 témoins en toutes langues portent le Nouveau Testament : aucun livre antique ne dispose d'un tel dossier[72].
Le plan du livre : de Nazareth à l'Ascension, en sept actes
| Partie | Chapitres | Contenu |
|---|---|---|
| Le prologue | 1, 1 à 4 | Dédicace à Théophile, méthode de l'enquête, promesse de certitude[73] |
| L'enfance | 1, 5 à 2, 52 | Annonciation, Nativité, bergers, présentation, Jésus douze ans au Temple[74] |
| La préparation | 3 à 4, 13 | Baptiste, baptême, généalogie, tentation au désert[75] |
| En Galilée | 4, 14 à 9, 50 | Nazareth, appel des Douze, miracles, paraboles du Royaume[76] |
| La montée | 9, 51 à 19, 27 | Le grand voyage vers Jérusalem, cœur propre à Luc[77] |
| À Jérusalem | 19, 28 à 23, 56 | Entrée messianique, Temple, Cène, Passion, croix, sépulcre[78] |
| Le jour de Pâques | 24 | Tombeau vide, Emmaüs, apparition aux Onze, Ascension[79] |
L'enfance selon Luc : deux chapitres sans équivalent
Matthieu raconte l'enfance en Joseph, Luc la raconte en Marie : l'Annonciation, la Visitation, le Magnificat, la nuit de Bethléem, les bergers, la présentation au Temple, Syméon et Anne, Jésus perdu puis retrouvé à douze ans, tout ce trésor ne se lit que dans ces deux premiers chapitres[80]. Luc y déploie quatre cantiques qui rythment encore la prière de l'Église : le Benedictus de Zacharie, le Magnificat de Marie, le Gloria des anges et le Nunc dimittis de Syméon[81]. Nul autre évangéliste ne donne à la naissance du Christ une telle ampleur liturgique.
« Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur. » (Évangile selon saint Luc, 1, 46 à 47, AELF) [82]
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu'il aime. » (Évangile selon saint Luc, 2, 14, AELF) [83]
La montée vers Jérusalem : dix chapitres de route
Au chapitre 9, le livre pivote : Jésus prit la ferme résolution de se rendre à Jérusalem, et s'ouvre alors une longue section de route, de 9, 51 à 19, 27, où l'enseignement domine le miracle[84]. C'est là que Luc place l'essentiel de son bien propre : le Bon Samaritain, Marthe et Marie, le Notre Père transmis dans sa forme brève, l'ami importun, le riche insensé, la brebis, la drachme et le fils perdus, Lazare et le mauvais riche, Zachée, les dix lépreux[85]. Dix chapitres pour monter à Jérusalem : la géographie devient théologie, chaque étape rapproche de la croix.
« Car le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. » (Évangile selon saint Luc, 19, 10, AELF) [86]
Emmaüs et l'Ascension : la finale reçue
Le dernier chapitre est un sommet. Les femmes au tombeau vide, Pierre qui court et se penche, les deux disciples sur la route d'Emmaüs dont les cœurs brûlent et qui reconnaissent le Seigneur à la fraction du pain, l'apparition aux Onze, puis la bénédiction sur le mont des Oliviers : tandis qu'il les bénissait, il se sépara d'eux et fut enlevé au ciel[87].
« Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? » (Évangile selon saint Luc, 24, 26, AELF) [88]
La théologie de Luc : l'Évangile de la miséricorde
Aujourd'hui : le salut offert sans délai
Le mot qui signe Luc est aujourd'hui. Aujourd'hui vous est né un Sauveur dans la ville de David, chantent les anges[89]. Aujourd'hui s'accomplit ce passage de l'Écriture, déclare Jésus dans la synagogue de Nazareth[90]. Aujourd'hui le salut est arrivé pour cette maison, dit-il à Zachée descendu de son arbre[91]. Aujourd'hui avec moi tu seras dans le paradis, promet-il au larron repentant[92]. Quatre aujourd'hui qui disent la même théologie : le salut n'est pas remis à plus tard, il advient à l'instant où le cœur s'ouvre[93].
Les paraboles propres : Samaritain, fils perdu, Lazare
Luc garde à lui seul les paraboles les plus célèbres du Christ. Le tableau suivant les rassemble avec leur pointe.
| Parabole ou récit propre | Référence | La pointe de miséricorde |
|---|---|---|
| Le Bon Samaritain | 10, 25 à 37 | Le prochain n'est pas celui qu'on choisit, c'est celui dont on se fait proche[94] |
| L'ami importun | 11, 5 à 8 | Dieu cède à la prière persévérante[95] |
| Le riche insensé | 12, 16 à 21 | L'avarice thésaurise pour une nuit qu'on ne verra pas[96] |
| La brebis, la drachme, le fils perdus | 15 | Le ciel se réjouit pour un seul pécheur qui se convertit[97] |
| L'économe infidèle | 16, 1 à 13 | L'argent, même trompeur, doit servir l'éternité[98] |
| Lazare et le mauvais riche | 16, 19 à 31 | Le festin d'ici-bas se paie dans l'au-delà, et l'Écriture suffit pour croire[99] |
| Le juge inique | 18, 1 à 8 | Si un mauvais juge cède, Dieu fera justice à ses élus[100] |
| Le pharisien et le publicain | 18, 9 à 14 | Le justifié n'est pas celui qui s'élève, mais celui qui se frappe la poitrine[101] |
« Va, et toi aussi, fais de même. » (Évangile selon saint Luc, 10, 37, AELF) [102]
« Il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit. » (Évangile selon saint Luc, 15, 7, AELF) [103]
« Il fallait bien festoyer et se réjouir, car ton frère que voilà était mort, et il est revenu à la vie. » (Évangile selon saint Luc, 15, 32, AELF) [104]
Les visages de la tendresse : pauvres, femmes, Samaritains
Luc est l'évangéliste des laissés-pour-compte. Les pauvres ouvrent le ministère : l'Esprit m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, lit Jésus en Isaïe[105], et les Béatitudes lucaniennes, plus rudes que celles de Matthieu, bénissent les pauvres et menacent les riches de quatre malheurs[106]. Les femmes tiennent une place sans égale : Élisabeth, Marie, Anne la prophétesse, la veuve de Naïm dont le fils unique ressuscite, la pécheresse pardonnée qui pleure sur les pieds du Christ, les femmes qui assistent Jésus de leurs biens, Marthe et Marie, la femme courbée, les filles de Jérusalem sur le chemin de croix[107]. Les Samaritains, méprisés des Juifs, deviennent modèles : le Samaritain secourt, le lépreux samaritain seul revient rendre grâce[108]. Et les publicains entrent dans le Royaume : Lévi appelé et fêté, Zachée restituant au quadruple, le publicain du Temple justifié[109].
La prière, l'Esprit, la joie : trois fils d'or
Trois motifs traversent tout le livre. La prière : Luc montre Jésus priant à chaque tournant, baptême, choix des Douze, Transfiguration, agonie, croix, et il est le seul à transmettre certaines consignes, veillez et priez, demandez et vous recevrez[110]. L'Esprit Saint : conçu de l'Esprit, poussé au désert par l'Esprit, exultant sous l'Esprit, Jésus promet l'Esprit à ceux qui prient, et le second tome racontera l'effusion[111]. La joie : de l'Annonciation à l'Ascension, où les disciples repartent vers Jérusalem remplis de joie, Luc est l'évangile du Magnificat et de l'allégresse retrouvée[112].
L'accomplissement des Écritures
Nazareth : le manifeste d'Isaïe
Dans la synagogue de Nazareth, Jésus déroule le rouleau d'Isaïe et lit : l'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction, il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, puis il déclare que cet oracle s'accomplit aujourd'hui[113]. Tout le programme lucanien tient dans ce passage : l'onction de l'Esprit, les pauvres, l'aujourd'hui. Luc cite moins que Matthieu, une vingtaine de citations directes, mais son récit entier est tissé d'échos : chaque étape de la montée accomplit une figure, chaque miracle reprend un geste d'Élie ou d'Élisée, les cantiques de l'enfance chantent avec les psaumes[114].
« L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. » (Évangile selon saint Luc, 4, 18, AELF) [115]
Les figures accomplies, de l'enfance à la croix
| Figure de l'Ancien Testament | Accomplissement chez Luc | Portée |
|---|---|---|
| Isaïe 61, 1 à 2, l'oint aux pauvres | Luc 4, 18 à 21, lecture de Nazareth[116] | Le manifeste du ministère |
| Malachie 3, 1, le messager devant la face | Luc 1, 17 et 7, 27, Jean le Baptiste[117] | Le précurseur promis |
| Psaume 2, 7, tu es mon fils | Luc 3, 22, la voix au baptême[118] | La filiation proclamée |
| Élie et la veuve de Sarepta | Luc 4, 25 à 26, rappel à Nazareth[119] | Le salut offert aux païens |
| Élisée et Naaman le Syrien | Luc 4, 27, même discours[120] | L'ouverture aux nations |
| Isaïe 53, le serviteur souffrant | Luc 22, 37, compté parmi les criminels[121] | La Passion annoncée |
| Psaume 31, 6, en tes mains mon esprit | Luc 23, 46, dernière parole en croix[122] | La mort remise au Père |
| Osée 6, 2, le troisième jour | Luc 24, 7 et 46, il ressuscitera[123] | La Résurrection promise |
Jésus lui-même donne la clé sur la route d'Emmaüs : ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l'Écriture, ce qui le concernait[124]. Le troisième évangile est le livre où le Ressuscité fait lui-même le cours d'Écriture sainte.
Luc dans la liturgie de l'Église
L'évangile de l'année C
Le lectionnaire dominical répartit les synoptiques sur trois ans : Matthieu l'année A, Marc l'année B, Luc l'année C[125]. L'année C fait donc entendre le troisième évangile dans ses grandes pages : le Baptême du Seigneur avec la prière de Jésus, la Transfiguration, les paraboles de la miséricorde au cœur du Carême, et la Passion selon Luc le dimanche des Rameaux, avec le bon larron et le centurion qui glorifie Dieu[126]. L'Ascension proclame la finale de Luc, et la nuit de Noël chante le recensement d'Auguste, la mangeoire et les bergers[127].
Les fêtes mariales et le 18 octobre
Aucun évangéliste ne nourrit autant le calendrier marial : l'Annonciation du 25 mars proclame le dialogue de l'ange et de Marie, la Visitation du 31 mai chante le Magnificat, et l'Annonciation comme la Nativité irriguent l'Avent et le Temps de Noël[128]. Le 18 octobre, fête de saint Luc, la messe unit les deux tomes : la première lecture rappelle que Luc est seul avec Paul captif, et l'évangile envoie les soixante-douze comme des agneaux au milieu des loups[129].
Les commentateurs : Ambroise, Bède et la Chaîne
Les Pères ont commenté Luc avec prédilection. Saint Ambroise, vers 389, consacre au troisième évangile sa grande Exposition, dix livres qui font de lui le premier commentateur latin de Luc[130]. Saint Bède le Vénérable, au VIIIe siècle, rédige à son tour une Exposition sur Luc, nourrie des Pères grecs et latins[131]. Saint Thomas d'Aquin, vers 1263, compile pour le troisième évangile sa Chaîne d'or, guirlande de citations patristiques demandée par le pape Urbain IV[132]. Et le magistère moderne couronne cette lecture : la constitution Dei Verbum enseigne la vérité historique des évangiles, rédigés à partir de la prédication apostolique sous l'inspiration de l'Esprit[133], et l'instruction de la Commission biblique de 1964 précise les trois étapes, vie de Jésus, prédication des apôtres, rédaction des évangélistes, que le Catéchisme reprend[134].
Ce que propose l'exégèse moderne, et ses limites
La question synoptique : Marc, Q et la matière propre
Depuis le XIXe siècle, une partie de l'exégèse contemporaine propose que Luc ait composé son évangile à partir de Marc, d'un recueil de paroles de Jésus dit source Q et de sa matière propre dite L : c'est l'hypothèse des deux sources, systématisée par Streeter en 1925 avec quatre sources, Marc, Q, M et L[135]. Sur ce schéma, Luc écrit en dernier parmi les synoptiques, vers 80 à 90, après la ruine de Jérusalem, en réordonnant ses sources pour ses communautés[136]. L'hypothèse se présente souvent comme acquise : elle reste une reconstruction, dont aucune source ne parle et qu'aucun manuscrit ne montre.
La source Q : un document sans manuscrit
Q n'existe nulle part : aucun manuscrit, aucun catalogue, aucune citation patristique, contenu variable selon les reconstructions[137]. L'exégète Mark Goodacre a montré en 2002 que les accords mineurs entre Matthieu et Luc contre Marc s'expliquent mieux si Luc connaissait Matthieu : l'hypothèse la plus économique supprime Q au lieu de l'ajouter[138]. Premier ne veut pas dire tardif : que Luc vienne après Marc, comme l'ordre des manuscrits le donne unanimement, ne prouve aucune date, haute ou basse[139].
Le recensement de Quirinius : une difficulté, pas une réfutation
Luc date la Nativité par le recensement de Quirinius, gouverneur de Syrie, et l'objection allègue qu'on ne connaît qu'un seul gouvernorat de Quirinius, en 6 après Jésus-Christ[140]. La réponse tient en trois points : la carrière de Quirinius en Orient est longue et mal documentée, une première mission extraordinaire en Syrie reste plausible ; le mot grec peut désigner un enregistrement par serment antérieur au recensement fiscal de 6 ; et Luc, dont l'exactitude sur les titres obscurs se vérifie partout ailleurs, mérite le bénéfice du doute sur le point obscur[141]. Une difficulté honnête n'est pas une preuve de fiction, surtout chez un auteur pris en défaut nulle part ailleurs.
L'exactitude vérifiée : politarches, proconsul, premier de Malte
C'est le point fort du dossier lucanien. Colin Hemer a inventorié la couleur locale des Actes : Philippe colonie romaine avec ses préteurs, Thessalonique et ses politarches, Chypre et son proconsul Sergius Paulus, Éphèse et ses néocores, Malte et son premier de l'île, titres exacts confirmés par les inscriptions, dont certains, comme politarchs, sont inconnus de la littérature grecque conservée et n'ont survécu que dans la pierre macédonienne[142]. L'inscription de Delphes sur le proconsul Gallion date le séjour de Paul à Corinthe vers 51 et 52, en plein accord avec la chronologie des Actes[143]. Un faussaire du IIe siècle n'aurait pas connu ces titulatures locales disparues : l'exactitude suppose la proximité[144].
Les datations tardives et leurs présupposés
Pourquoi alors dater Luc vers 80 à 90 ? Trois ressorts, tous fragiles. Le présupposé anti-prophétique : Jésus n'ayant pas pu annoncer vraiment la ruine du Temple, tout texte qui la prédit est postérieur à 70[145]. L'argument du silence : Luc ne mentionnant ni la mort de Paul ni la ruine, on suppose qu'il écrit longtemps après, sans expliquer pourquoi un auteur tardif tairait des événements qui serviraient sa cause[146]. Les datations circulaires : on date les sources tard, donc Luc est tard, donc les sources sont tardes[147]. Retirez le présupposé, et l'édifice retombe sur ses pieds : un historien de la première génération, écrivant avant la tempête.
Pourquoi la position traditionnelle reste défendable
Six faisceaux convergent : des témoins nommés sur deux siècles, unanimes sur Luc, sans concurrent[148] ; des indices internes qui regardent avant 70, fin des Actes, témoins vivants, retranchements annoncés sans écho d'accomplissement[149] ; un adversaire, Marcion, qui suppose le livre déjà norme vers 140[150] ; une exactitude locale invérifiable sans proximité[151] ; une transmission stable dès le papyrus 75[152] ; et le magistère, de Dei Verbum à Benoît XVI, qui lit les évangiles comme histoire enracinée, non comme mythe tardif[153]. La tradition n'est pas un refuge pieux : c'est l'hypothèse qui explique le plus de faits avec le moins d'auxiliaires.
Pour aller plus loin
- L'ensemble du corpus : Le Nouveau Testament et Le canon du Nouveau Testament
- Les deux autres synoptiques : L'Évangile selon saint Matthieu et L'Évangile selon saint Marc
- L'évangéliste : Saint Luc l'Évangéliste, et les apôtres Saint Pierre et Saint Paul
- La Bible et sa lecture : La Bible, Comment lire la Bible catholiquement ?, La Vulgate et Les manuscrits de la Bible
- Le quatrième évangile, les Actes, les épîtres et l'Apocalypse font l'objet d'articles dédiés, en cours de rédaction : on s'y reportera pour chaque livre, afin de ne pas confondre ce qui appartient à Luc et ce qui appartient à ses frères.
Notes et références
Luc troisième dans l'ordre canonique reçu de toutes les Bibles catholiques. Traduction œcuménique de la Bible (TOB), Cerf, 2010, introduction au Nouveau Testament.
1Vingt-quatre chapitres, 1 151 versets, environ 19 500 mots grecs : le plus long livre du Nouveau Testament. Nestle-Aland, 28e édition, 2012 ; comptages repris par la Jesus Film Project, Gospel of Luke facts.
2Luc et les Actes réunis, près de vingt-huit pour cent du Nouveau Testament en mots grecs, devant le corpus paulinien. Statistiques usuelles des introductions, voir Carson et Moo, An Introduction to the New Testament, Zondervan, 1992, 2e éd. 2005.
3Fragment de Muratori, composé vers 170 à 200, conservé par un manuscrit latin du VIIe siècle : le troisième livre de l'évangile, celui selon Luc. Édition et traduction usuelles, voir Metzger, The Canon of the New Testament, Oxford, 1987.
4Saint Irénée, Contre les hérésies, III, 1, 1, vers 180 : Luc, compagnon de Paul. Sources Chrétiennes n. 211, Cerf, 1974.
5Eusèbe, Histoire ecclésiastique, III, 25 : les quatre évangiles au nombre des écrits universellement reçus. Sources Chrétiennes n. 31, Cerf, 1952.
6Saint Athanase, 39e lettre festale, Pâques 367 : les quatre évangiles selon Matthieu, Marc, Luc et Jean. Monergism.
7Concile d'Hippone, 393, canon 36 : catalogue des Écritures. Schaff, History, vol. III.
8IIIe concile de Carthage, 28 août 397, canon 47 : même catalogue. Schaff, History, vol. III.
9Concile de Florence, bulle Cantate Domino, 4 février 1442 : liste des livres reçus. Denzinger.
10Concile de Trente, session IV, 8 avril 1546, décret De canonicis Scripturis : définition solennelle avec anathème. Denzinger.
11Eusèbe distingue livres reconnus, discutés et rejetés : les hésitations ne portent que sur sept brèves lettres. Histoire ecclésiastique, III, 25. Sources Chrétiennes n. 31.
12Concile Vatican II, constitution Dei Verbum, § 18, 18 novembre 1965 : l'origine apostolique des quatre Évangiles. Texte français sur vatican.va.
13Catéchisme de l'Église catholique, § 125 : les Évangiles, cœur de toutes les Écritures. Édition Mame-Plon, Paris, 1992.
14Col 4, 10 à 14 : après ceux de la circoncision, Paul salue Luc, le médecin bien-aimé. AELF.
15Phm 23 à 24 : Luc parmi les compagnons d'œuvre de Paul captif. AELF.
162 Tm 4, 11 : à l'approche du martyre, Paul écrit que Luc est seul avec lui. AELF.
17Lettre à Philémon, 22 à 24, traduction liturgique. AELF, aelf.org.
18Deuxième lettre à Timothée, 4, 11, traduction liturgique : Luc est seul avec moi. AELF, aelf.org.
19Ac 16, 10 à 17 : premier passage au nous à Troas ; Ac 20, 5 à 21, 18 : second passage, de Philippes à Jérusalem ; Ac 27, 1 à 28, 16 : troisième passage, de Césarée à Rome. AELF.
20Le nous intermittent désigne un compagnon réel présent par intermittence, profil exact de Luc dans les lettres. Fitzmyer, The Gospel According to Luke, Anchor Bible, Doubleday, 1981, vol. I.
21Eusèbe, Histoire ecclésiastique, III, 4 : Luc, originaire d'Antioche, médecin, compagnon de Paul et familier des apôtres. Sources Chrétiennes n. 31.
22Saint Jérôme, Des hommes illustres, 7, en 393 : Luc, médecin d'Antioche, disciple de Paul. Texte latin : Lucas medicus Antiochensis, sectator apostoli Pauli, et omnis peregrinationis eius comes. New Advent, Fathers.
23Prologue dit anti-marcionite au troisième évangile, vers 160 à 180 : Luc, Syrien d'Antioche, médecin, disciple des apôtres puis compagnon de Paul, composa son évangile en Achaïe sous l'impulsion de l'Esprit. Cité par Fitzmyer, Anchor Bible, vol. I.
24Lc 4, 38, forte fièvre ; Lc 5, 12, couvert de lèpre ; Lc 13, 11, femme courbée depuis dix-huit ans ; Lc 14, 2, hydropique ; Lc 17, 12, dix lépreux. Vocabulaire relevé par les commentateurs médicaux, voir Hobart, The Medical Language of St. Luke, Dublin, 1882.
25Lc 1, 3 : très honorable Théophile ; même titre pour Félix en Ac 23, 26 et Festus en Ac 26, 25. AELF.
26Patron, magistrat, catéchumène de rang : les hypothèses gardent le même socle, un destinataire réel et instruit. Marshall, The Gospel of Luke, NIGTC, Eerdmans, 1978.
27Évangile selon saint Luc, 1, 4, traduction liturgique. AELF, aelf.org.
28Lc 1, 2 à 3 : témoins oculaires et serviteurs de la Parole, enquête exacte depuis les origines, récit ordonné. AELF.
29Lc 1, 1 : beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements accomplis parmi nous. AELF.
30Loveday Alexander, The Preface to Luke's Gospel, SNTSMS 78, Cambridge University Press, 1993 : le prologue suit les conventions de l'historiographie grecque.
31Ac 1, 1 à 2 : dans mon premier livre, Théophile, jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel. AELF.
32Même destinataire, même style, même théologie : l'évangile et les Actes forment une seule œuvre en deux volumes. Bock, Luke, BECNT, Baker, 1994, vol. I.
33Prologue anti-marcionite, vers 160 à 180. Fitzmyer, Anchor Bible, vol. I.
34Fragment de Muratori, vers 170 à 200. Metzger, The Canon of the New Testament, Oxford, 1987.
35Irénée, Contre les hérésies, III, 1, 1 ; III, 14, 1. Sources Chrétiennes.
36Tertullien, Contre Marcion, livre IV, vers 208. Sources Chrétiennes.
37Clément cité par Eusèbe, Histoire ecclésiastique, VI, 14 ; Origène cité par Eusèbe, VI, 25. Sources Chrétiennes.
38Eusèbe, Histoire ecclésiastique, III, 4 ; III, 25 ; Jérôme, Des hommes illustres, 7. Sources Chrétiennes.
39Fragment de Muratori : le troisième livre de l'évangile, celui selon Luc. Texte anglais : The third book of the Gospel is that according to Luke. Metzger, The Canon of the New Testament, Oxford, 1987.
40Même fragment : Luc le médecin, après l'Ascension, quand Paul l'eut pris avec lui, composa en son propre nom. Texte anglais : Luke, the well-known physician, after the ascension of Christ, when Paul had taken with him as one zealous for the law, composed it in his own name, according to the general belief. Metzger, 1987.
41Saint Irénée, Contre les hérésies, III, 1, 1 : Matthieu, Marc, Luc compagnon de Paul, Jean à Éphèse. Sources Chrétiennes n. 211.
42Même passage. Texte anglais : Luke also, the companion of Paul, recorded in a book the Gospel preached by him. New Advent, Fathers.
43Saint Irénée, Contre les hérésies, III, 14, 1 à 2 : Paul montre que Luc fut son collaborateur. Sources Chrétiennes.
44Marcion, vers 140 : un seul évangile, celui de Luc expurgé, et dix lettres de Paul. Tertullien, Contre Marcion, livre IV ; Harnack, Marcion, 1921.
45Tertullien, Contre Marcion, IV, 2 à 5 : l'Église possédait Luc avant Marcion, et la version complète est l'originale. Sources Chrétiennes.
46Origène, cité par Eusèbe, Histoire ecclésiastique, VI, 25 : l'ordre des quatre et le troisième selon Luc. Sources Chrétiennes.
47Eusèbe, Histoire ecclésiastique, III, 4 : Luc d'Antioche, médecin, compagnon de Paul, familier des apôtres. Texte grec : Loukas to men genos ôn tôn ap Antiocheias, tên epistêmên iatros. Sources Chrétiennes n. 31.
48Saint Jérôme, Des hommes illustres, 7 : Luc, médecin d'Antioche, disciple de Paul et compagnon de tous ses voyages. New Advent, Fathers.
49Ac 28, 30 à 31 : Paul demeura deux années entières dans son logement et prêchait en toute assurance. AELF.
50Aucun écrit du Nouveau Testament ne mentionne la ruine de 70 comme accomplie. Robinson, Redating the New Testament, SCM Press, 1976.
51Les Actes s'arrêtant vers 62, l'évangile qui les précède se place au début des années 60, captivité de Césarée ou de Rome. Wenham, Redating Matthew, Mark and Luke, Hodder and Stoughton, 1991.
52Lc 19, 43 à 44 : tes ennemis t'environneront de retranchements, sans écho d'accomplissement. AELF.
53Lc 1, 2 : ceux qui furent dès le commencement témoins oculaires, encore consultables au moment où Luc écrit. AELF ; Alexander, 1993.
54Marcion suppose Luc déjà norme vers 140 : une rédaction au début des années 60 laisse le temps d'une diffusion impériale. Harnack, Marcion, 1921.
55John A. T. Robinson, Redating the New Testament, Londres, SCM Press, 1976 : Luc et les Actes avant 70.
56John W. Wenham, Redating Matthew, Mark and Luke, Londres, Hodder and Stoughton, 1991, 319 p. : les trois synoptiques dans les années 50 et 60.
57Colin J. Hemer, The Book of Acts in the Setting of Hellenistic History, Mohr Siebeck, 1989 : la couleur locale suppose une rédaction proche des événements.
58Martin Hengel, Acts and the History of Earliest Christianity, Fortress, 1979 : Luc historien de la première génération.
59D. A. Carson et Douglas J. Moo, An Introduction to the New Testament, Grand Rapids, Zondervan, 1992, 2e éd. 2005 : les années 60 défendables, Temple encore debout.
60Prologue en période classique, plus de 2 000 mots distincts, le grec le plus pur du Nouveau Testament. Marshall, The Gospel of Luke, NIGTC, Eerdmans, 1978.
61Sémitismes des cantiques de l'enfance contre grec classique du prologue : Luc manie les sources avec fidélité. Fitzmyer, Anchor Bible, vol. I.
62Papyrus 75, codex Bodmer XIV et XV, vers 175 à 225 : Luc 3 à 24 presque entier et Jean. Nestle-Aland, 28e édition, 2012, Verzeichnis. Vendu en 2006, arrivé à la Bibliothèque vaticane le 22 novembre 2006 et remis à Benoît XVI le 22 janvier 2007.
63Papyrus 4, Bibliothèque nationale de France, vers 200 : fragments de Luc 1 à 6. Nestle-Aland, 28e édition, 2012, Verzeichnis.
64Papyrus 45, codex Chester Beatty, vers 250, évangiles dont Luc. Nestle-Aland, 28e édition, 2012, Verzeichnis.
65Papyrus 69, Oxyrhynque, IIIe siècle : fragment de Luc 22. Nestle-Aland, 28e édition, 2012, Verzeichnis.
66Codex Vaticanus, IVe siècle, Bibliothèque vaticane : texte complet de Luc, très proche du papyrus 75.
67Codex Sinaiticus, IVe siècle, British Library : texte complet de Luc.
68Codex de Bèze, vers 400, Cambridge : texte occidental des évangiles et des Actes. Metzger, The Text of the New Testament, Oxford, 1964, 4e éd. 2005.
69L'accord presque mot pour mot entre le papyrus 75 et le Vaticanus, à deux siècles de distance, prouve la stabilité de la transmission. Metzger, A Textual Commentary on the Greek New Testament, 1971.
70Vieille Latine dès le IIe siècle, Peshitta syriaque, versions coptes. Metzger, The Early Versions of the New Testament, Oxford, 1977.
71Environ 5 800 manuscrits grecs, 10 000 latins, plus de 24 000 témoins en toutes langues. Aland, inventaires de Münster ; Metzger, The Text of the New Testament, Oxford, 1964, 4e éd. 2005.
72Lc 1, 1 à 4 : dédicace, enquête, récit ordonné. AELF.
73Lc 1, 5 à 2, 52 : de l'annonce à Zacharie à Jésus douze ans au Temple. AELF.
74Lc 3 à 4, 13 : Baptiste, baptême, généalogie remontant à Adam, tentation. AELF.
75Lc 4, 14 à 9, 50 : Nazareth, Douze, miracles, semeur et lampe. AELF.
76Lc 9, 51 à 19, 27 : le grand voyage, cœur propre à Luc, jusqu'à Zachée et aux mines. AELF.
77Lc 19, 28 à 23, 56 : rameaux, veillée au Temple, Cène, Gethsémani, procès, croix, sépulcre. AELF.
78Lc 24 : tombeau vide, Emmaüs, Onze, Ascension au mont des Oliviers. AELF.
79Annonciation, Visitation, Magnificat, bergers, présentation, Syméon, Anne, douze ans : deux chapitres sans équivalent. Brown, The Birth of the Messiah, Doubleday, 1977, 2e éd. 1993.
80Benedictus en Lc 1, 68 à 79 ; Magnificat en 1, 46 à 55 ; Gloria en 2, 14 ; Nunc dimittis en 2, 29 à 32. AELF.
81Évangile selon saint Luc, 1, 46 à 47, traduction liturgique. AELF, aelf.org.
82Évangile selon saint Luc, 2, 14, traduction liturgique. AELF, aelf.org.
83Lc 9, 51 : la ferme résolution de monter à Jérusalem ouvre dix chapitres de route. AELF.
84Samaritain, Marthe et Marie, Notre Père bref, ami importun, riche insensé, perdus de Luc 15, Lazare, Zachée, lépreux : le bien propre concentré dans la montée. Bock, Luke, BECNT, vol. II.
85Évangile selon saint Luc, 19, 10, traduction liturgique. AELF, aelf.org.
86Lc 24, 1 à 53 : femmes, Pierre, Emmaüs, Onze, bénédiction et enlèvement au ciel. AELF.
87Évangile selon saint Luc, 24, 26, traduction liturgique. AELF, aelf.org.
88Lc 2, 11 : aujourd'hui vous est né un Sauveur dans la ville de David. AELF.
89Lc 4, 21 : aujourd'hui s'accomplit ce passage de l'Écriture que vous venez d'entendre. AELF.
90Lc 19, 9 : aujourd'hui le salut est arrivé pour cette maison. AELF.
91Lc 23, 43 : aujourd'hui avec moi tu seras dans le paradis. AELF.
92Quatre aujourd'hui qui structurent la sotériologie lucanienne : Noël, Nazareth, Zachée, le larron. Bovon, L'Évangile selon saint Luc, Labor et Fides, 1991, vol. I.
93Lc 10, 25 à 37 : le prochain dont on se fait proche. AELF.
94Lc 11, 5 à 8 : l'ami importun de minuit. AELF.
95Lc 12, 16 à 21 : le riche insensé de la nuit même. AELF.
96Lc 15 : brebis, drachme et fils perdus, joie du ciel pour un pécheur converti. AELF.
97Lc 16, 1 à 13 : l'économe infidèle et l'argent trompeur. AELF.
98Lc 16, 19 à 31 : Lazare et le mauvais riche, Moïse et les Prophètes suffisent. AELF.
99Lc 18, 1 à 8 : le juge inique et la veuve, prier sans se décourager. AELF.
100Lc 18, 9 à 14 : le pharisien et le publicain, le justifié qui se frappe la poitrine. AELF.
101Évangile selon saint Luc, 10, 37, traduction liturgique. AELF, aelf.org.
102Évangile selon saint Luc, 15, 7, traduction liturgique. AELF, aelf.org.
103Évangile selon saint Luc, 15, 32, traduction liturgique. AELF, aelf.org.
104Lc 4, 18 : porter la Bonne Nouvelle aux pauvres ; Lc 6, 20 : heureux vous les pauvres. AELF.
105Lc 6, 20 à 26 : quatre béatitudes et quatre malheurs, plus rudes que Matthieu. AELF.
106Élisabeth et Marie en Lc 1 ; Anne en 2, 36 à 38 ; veuve de Naïm en 7, 11 à 17 ; pécheresse en 7, 36 à 50 ; femmes pourvoyant en 8, 1 à 3 ; Marthe et Marie en 10, 38 à 42 ; femme courbée en 13, 10 à 17 ; filles de Jérusalem en 23, 27 à 31. AELF.
107Samaritain secourable en 10, 33 ; lépreux samaritain reconnaissant en 17, 16 ; village samaritain en 9, 52. AELF.
108Lévi en 5, 27 à 32 ; Zachée en 19, 1 à 10 ; publicain justifié en 18, 14. AELF.
109Jésus en prière au baptême en 3, 21, au choix des Douze en 6, 12, à la Transfiguration en 9, 29, à Gethsémani en 22, 41, en croix en 23, 46 ; demandez en 11, 9. AELF.
110Conçu de l'Esprit en 1, 35, poussé au désert en 4, 1, exultant en 10, 21, promis à ceux qui prient en 11, 13. AELF.
111Joie de l'Annonciation en 1, 14 à la joie de l'Ascension en 24, 52, en passant par la joie du ciel en 15, 7. AELF.
112Lc 4, 18 à 21 : lecture d'Isaïe 61 et accomplissement aujourd'hui. AELF.
113Une vingtaine de citations directes chez Luc, mais un récit entier tissé d'échos scripturaires. Fitzmyer, Anchor Bible, vol. I.
114Évangile selon saint Luc, 4, 18, traduction liturgique. AELF, aelf.org.
115Is 61, 1 à 2 ; Lc 4, 18 à 21 : le manifeste de Nazareth. AELF.
116Ml 3, 1 ; Lc 1, 17 et 7, 27 : le messager devant la face, Jean. AELF.
117Ps 2, 7 ; Lc 3, 22 : toi, tu es mon Fils bien-aimé. AELF.
1181 R 17, 8 à 16 ; Lc 4, 25 à 26 : la veuve de Sarepta. AELF.
1192 R 5 ; Lc 4, 27 : Naaman le Syrien. AELF.
120Is 53, 12 ; Lc 22, 37 : compté parmi les criminels. AELF.
121Ps 31, 6 ; Lc 23, 46 : en tes mains je remets mon esprit. AELF.
122Os 6, 2 ; Lc 24, 7 et 46 : ressusciter le troisième jour. AELF.
123Lc 24, 26 à 27 : souffrir pour entrer dans la gloire, Moïse et les Prophètes interprétés. AELF.
124Lectionnaire dominical : année A Matthieu, année B Marc, année C Luc. Présentations du lectionnaire.
125Dimanche des Rameaux, année C : la Passion selon Luc, 22, 14 à 23, 56. Lectionnaire romain.
126Nuit de Noël : Lc 2, 1 à 14, recensement, mangeoire, bergers. Lectionnaire romain.
127Annonciation du 25 mars : Lc 1, 26 à 38 ; Visitation du 31 mai : Lc 1, 39 à 56. Lectionnaire romain.
128Missel romain, 18 octobre, saint Luc : 2 Tm 4, 10 à 17 et Lc 10, 1 à 9, l'envoi des soixante-douze. AELF.
129Saint Ambroise, Exposition sur l'évangile de Luc, vers 389, dix livres. Sources Chrétiennes n. 45 et 52, Cerf.
130Saint Bède le Vénérable, Exposition sur Luc, VIIIe siècle. Patrologie latine, vol. 92.
131Saint Thomas d'Aquin, Chaîne d'or sur Luc, vers 1263, compilation demandée par Urbain IV. Éditions Marietti.
132Concile Vatican II, constitution Dei Verbum, § 19, 18 novembre 1965 : la vérité historique des Évangiles. Texte français sur vatican.va.
133Commission biblique pontificale, instruction sur la vérité historique des évangiles, 21 avril 1964. Enchiridion Biblicum.
134B. H. Streeter, The Four Gospels : A Study of Origins, Macmillan, Londres, 1925 : quatre sources, Marc, Q, M, L.
135Raymond E. Brown, An Introduction to the New Testament, Doubleday, 1997 : Luc vers 80 à 90.
136Q sans manuscrit, sans catalogue, sans citation patristique, contenu variable selon les reconstructions. Goodacre, The Case Against Q, Trinity Press, 2002.
137Mark Goodacre, The Case Against Q, Trinity Press, 2002 : les accords mineurs montrent que Luc connaît Matthieu.
138Wenham, Redating Matthew, Mark and Luke, Hodder and Stoughton, 1991 : premier ne veut pas dire tardif.
139Lc 2, 1 à 2 : Quirinius gouverneur de Syrie ; un seul gouvernorat connu en 6 après Jésus-Christ. Objection classique, voir Brown, The Birth of the Messiah, Doubleday, 1977, 2e éd. 1993.
140Carrière orientale longue, enregistrement par serment antérieur, exactitude habituelle de Luc : trois réponses convergentes. Fitzmyer, Anchor Bible, vol. I ; Nolland, Luke, WBC, Word Books, 1989, vol. I.
141Philippe colonie et préteurs en Ac 16, 12 et 20 ; politarches en 17, 6 ; proconsul en 13, 7 ; néocores en 19, 35 ; premier de l'île en 28, 7. Hemer, The Book of Acts in the Setting of Hellenistic History, Mohr Siebeck, 1989.
142Inscription de Delphes, rescrit de Claude : Gallion proconsul d'Achaïe vers 51 et 52, en plein accord avec Ac 18, 12 à 17. Hemer, 1989.
143Titulatures locales disparues, inconnues de la littérature conservée : l'exactitude suppose la proximité des événements. Hemer, 1989.
144Leighton Pullan, The Books of the New Testament : l'argument repose sur la supposition que le Seigneur n'a pas pu prévoir l'événement prédit. SermonIndex.
145Faire du silence sur 70 une preuve de date tardive inverse la charge : un auteur tardif aurait triomphé de l'accomplissement. Robinson, Redating the New Testament, SCM Press, 1976.
146Présupposé anti-prophétique, argument du silence, datations circulaires : les trois fragilités récurrentes. Goodacre, p. 165 à 168, exemple de pétition de principe.
147Prologue anti-marcionite, Muratori, Irénée, Tertullien, Clément, Origène, Eusèbe, Jérôme : deux siècles de témoignages nommés. Sources Chrétiennes.
148Fin des Actes vers 62, témoins oculaires vivants, retranchements annoncés sans écho. Robinson, 1976 ; Wenham, 1991.
149Marcion suppose Luc déjà norme vers 140. Tertullien, Contre Marcion, livre IV.
150Politarches, proconsul, Gallion, premier de Malte : l'exactitude invérifiable sans proximité. Hemer, 1989.
151Papyrus 75 et Vaticanus presque identiques à deux siècles de distance. Metzger, A Textual Commentary, 1971.
152Benoît XVI, Jésus de Nazareth, 3 volumes, 2007, 2011, 2012 : les évangiles comme histoire enracinée. Flammarion pour le français.
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