La Pentecôte est la solennité par laquelle l'Église célèbre, cinquante jours après Pâques, le don de l'Esprit Saint aux Apôtres réunis à Jérusalem avec Marie (Ac 2, 1-11). Son nom vient du grec pentêkostê, « cinquantième » ; elle tombe toujours un dimanche, entre le 10 mai et le 13 juin — le 24 mai en 2026, le 16 mai en 2027 — et elle clôt le temps pascal, que l'Église vit comme « un jour de fête unique, ou mieux un grand dimanche »[1].
Elle se range au deuxième degré des jours liturgiques, avec Noël, l'Épiphanie et l'Ascension, juste après le Triduum pascal[2]. Elle accomplit une fête d'Israël, la fête des Semaines (Chavouot), célébrée sept semaines après la Pâque et que la tradition juive associait au don de la Loi au Sinaï[3] : c'est pendant cette fête de pèlerinage, devant une foule venue de toutes les nations, que l'Esprit fut répandu[4].
Les chrétiens l'ont vécue d'abord comme une cinquantaine de joie, sans jeûne et sans génuflexion — Tertullien l'appelle vers 200 un « espace très joyeux » —, puis comme une fête propre, que la pèlerine Égérie vit célébrer à Jérusalem à la fin du IVᵉ siècle[5]. Elle a reçu une vigile baptismale, une octave, des usages populaires d'Orient et d'Occident, et une liturgie d'une grande richesse : messe de la veille au soir avec quatre lectures au choix, séquence Veni, Sancte Spiritus, hymne Veni, Creator Spiritus, couleur rouge, cierge pascal éteint au soir de la fête.
Cet article présente la fête elle-même : sa date, ses racines, son histoire, sa liturgie, ses traditions et la voix des saints qui l'ont prêchée. Le récit des Actes et la naissance de l'Église sont exposés dans La Pentecôte et la naissance de l'Église ; la portée théologique du don de l'Esprit dans Pourquoi la Pentecôte est-elle importante ?.
Une solennité au cinquantième jour de Pâques
Le nom de la fête
Le mot « Pentecôte » est un nombre. Il vient du grec pentêkostê (sous-entendu hêmera, « jour »), « le cinquantième », que les Juifs de langue grecque employaient déjà pour la fête des Semaines (Tb 2, 1 ; 2 M 12, 32)[6] et que saint Luc reprend au début du chapitre 2 des Actes ; la Vulgate latine le transcrit : « Et cum compleretur dies Pentecostes », « quand arriva le jour de la Pentecôte »[7]. Le latin liturgique nomme la fête Dominica Pentecostes, « dimanche de la Pentecôte »[8].
Les langues européennes ont gardé ce nombre, parfois sans qu'on le reconnaisse : l'italien dit Pentecoste, l'espagnol Pentecostés, et l'allemand Pfingsten en dérive aussi[9]. L'anglais dit Whitsunday, « dimanche blanc », d'après les vêtements blancs que portaient les nouveaux baptisés de la vigile[10]. En Italie, on l'a appelée Pascha rosatum, la « Pâque des roses », à cause des pétales que l'on faisait pleuvoir des voûtes en souvenir des langues de feu[11]. Dans les Églises de tradition byzantine, le même dimanche est aussi la fête de la Sainte Trinité, et le russe l'appelle aussi Troïtsyn den', le « jour de la Trinité »[12].
Cinquante jours après Pâques : le calcul de la date
La Pentecôte n'a pas de date fixe : elle dépend de Pâques, dont elle est le cinquantième jour, le dimanche de Pâques étant compté comme le premier. Elle tombe donc quarante-neuf jours après Pâques, sept semaines jour pour jour, et toujours un dimanche[13]. Comme Pâques est célébrée par l'Église latine entre le 22 mars et le 25 avril, la Pentecôte se situe entre le 10 mai et le 13 juin[14]. Dix jours la séparent de l'Ascension, célébrée le quarantième jour.
Les Églises orthodoxes, qui calculent Pâques d'après le calendrier julien, célèbrent la Pentecôte le même jour que les catholiques environ une année sur trois ; les autres années, elle arrive une, quatre ou cinq semaines plus tard. La raison est celle du comput pascal, exposée dans l'article Pourquoi Pâques change-t-elle de date ? : la Pentecôte suit Pâques comme son ombre[15].
Le tableau suivant donne les dates de la Pentecôte pour les dix prochaines années, dans l'Église catholique et dans les Églises orthodoxes :
| Année | Pâques (Église catholique) | Pentecôte (Église catholique) | Pentecôte (Églises orthodoxes) |
|---|---|---|---|
| 2026 | 5 avril | 24 mai | 31 mai |
| 2027 | 28 mars | 16 mai | 20 juin |
| 2028 | 16 avril | 4 juin | 4 juin (même jour) |
| 2029 | 1er avril | 20 mai | 27 mai |
| 2030 | 21 avril | 9 juin | 16 juin |
| 2031 | 13 avril | 1er juin | 1er juin (même jour) |
| 2032 | 28 mars | 16 mai | 20 juin |
| 2033 | 17 avril | 5 juin | 12 juin |
| 2034 | 9 avril | 28 mai | 28 mai (même jour) |
| 2035 | 25 mars | 13 mai | 17 juin |
On lit ainsi que 2027, 2032 et 2035 réunissent une Pentecôte occidentale très précoce et une Pentecôte orientale très tardive, séparées de cinq semaines, tandis qu'en 2028, 2031 et 2034 les deux traditions fêtent l'Esprit Saint le même dimanche.
Le sceau des cinquante jours
La Pentecôte ne commence pas un nouveau temps liturgique : elle achève le temps pascal. Les Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, promulguées par Paul VI en 1969 avec le nouveau calendrier romain, en donnent la définition :
« Les cinquante jours à partir du dimanche de la Résurrection jusqu'au dimanche de Pentecôte sont célébrés dans la joie et l'exultation, comme un jour de fête unique, ou mieux “un grand dimanche”. » — Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 22[16]
Pour cette expression, les Normes renvoient en note à une lettre festale de saint Athanase d'Alexandrie[17]. Le numéro suivant précise que les dimanches de ce temps sont appelés deuxième, troisième, et jusqu'au septième dimanche de Pâques, et que « le dimanche de Pentecôte clôt cette période sacrée de cinquante jours »[18]. La Pentecôte vient donc le dimanche qui suit le septième dimanche de Pâques : elle ferme la « semaine de semaines » ouverte par la Résurrection. Les jours qui la précèdent depuis l'Ascension ont leur caractère propre : « les féries après l'Ascension, jusqu'au samedi avant la Pentecôte inclusivement, sont une préparation à la venue de l'Esprit-Saint Paraclet »[19].
Le lendemain, le calendrier change de visage : le temps ordinaire, interrompu par le Carême et le temps pascal, « commence de nouveau le lundi après le dimanche de Pentecôte » et court jusqu'à l'Avent[20]. Le dimanche suivant est celui de la Sainte Trinité, que les mêmes Normes fixent au « dimanche après la Pentecôte »[21]. Le pape Jean XXII (1316-1334) en avait prescrit la célébration à toute l'Église ; comme le notait l'historien de la liturgie Frederick Holweck, sa place n'est pas arbitraire, puisque c'est après la première Pentecôte que la doctrine de la Trinité fut proclamée au monde[22].
Le rang de la Pentecôte dans le calendrier
Le Tableau des jours liturgiques selon leur ordre de préséance, qui règle les rencontres entre célébrations, place au sommet le Triduum pascal, puis, au deuxième rang, « Nativité du Seigneur, Épiphanie, Ascension et Pentecôte », avec les dimanches de l'Avent, du Carême et de Pâques[23]. Comme toute solennité, elle « commence avec les premières vêpres, au soir du jour précédent », et elle fait partie de celles qui sont « enrichies d'une messe propre de vigile », célébrée la veille au soir[24].
Le lendemain : Marie, Mère de l'Église
Depuis 2018, le lundi qui suit la Pentecôte porte une mémoire obligatoire pour toute l'Église de rite romain : celle de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l'Église. Le pape François l'a fait inscrire au calendrier romain général par un décret de la Congrégation pour le culte divin daté du 11 février 2018, jour de Notre-Dame de Lourdes, et signé du cardinal Robert Sarah[25]. Le décret justifie le choix du jour par la scène qui précède immédiatement la Pentecôte :
« Guide prévoyante de l'Église naissante, Marie a donc commencé sa propre mission maternelle déjà au cénacle, priant avec les Apôtres dans l'attente de la venue de l'Esprit Saint (cf. Ac 1, 14). » — Congrégation pour le culte divin, décret Ecclesia Mater, 11 février 2018[26]
Le titre lui-même avait été proclamé par Paul VI le 21 novembre 1964, à la clôture de la troisième session du concile Vatican II ; une messe votive de Marie Mère de l'Église avait été proposée pour l'Année sainte de 1975, et plusieurs pays, dont la Pologne et l'Argentine, la célébraient déjà le lundi de Pentecôte[27]. Une notification du 24 mars 2018 a précisé que la rubrique du Missel permettant de reprendre ce jour-là la messe de la Pentecôte, là où les fidèles vont à la messe, reste en vigueur, mais que, « toutes choses égales par ailleurs », la mémoire de Marie Mère de l'Église doit être préférée[28].
Ce lundi est aussi le dernier reste d'une semaine autrefois chômée, dont l'histoire est retracée plus bas. En France, le lundi de Pentecôte demeure un jour férié inscrit au Code du travail. La loi du 30 juin 2004 en avait fait, à défaut d'accord, la « journée de solidarité » travaillée au profit de l'autonomie des personnes âgées ou handicapées ; depuis la loi du 16 avril 2008, ses modalités sont fixées par accord collectif ou, à défaut, par l'employeur, et le lundi de Pentecôte n'est plus qu'une possibilité parmi d'autres[29].
De la fête des Semaines à la Pentecôte chrétienne
La Pentecôte chrétienne a été précédée, dans le calendrier d'Israël, par une fête qui portait déjà le même nom grec et tombait le même jour de l'année : la fête des Semaines, en hébreu Chavouot. Le récit des Actes ne la remplace pas par une autre : il raconte ce qui est arrivé « quand arriva le jour de la Pentecôte » (Ac 2, 1)[30]. Le récit lui-même de l'événement et ses conséquences pour l'Église sont exposés dans La Pentecôte et la naissance de l'Église ; on s'attache ici à la fête et à son calendrier.
Chavouot, la fête des moissons et des prémices
La Loi de Moïse prescrit de compter sept semaines à partir de l'offrande de la première gerbe de la moisson, au temps de la Pâque, puis de célébrer une fête le cinquantième jour. Le livre du Lévitique en fixe le calcul et l'offrande :
« À partir du lendemain du sabbat, jour où vous aurez apporté votre gerbe avec le geste d'élévation, vous compterez sept semaines entières. Le lendemain du septième sabbat, ce qui fera cinquante jours, vous présenterez au Seigneur une nouvelle offrande. Vous apporterez de chez vous deux pains à offrir avec le geste d'élévation […], en prémices pour le Seigneur. » — Lévitique 23, 15-17[31]
Les autres livres de la Torah lui donnent ses noms : « fête de la Moisson », celle « des premiers fruits de ton travail » (Ex 23, 16) ; « fête des Semaines, des premiers fruits, de la moisson des blés » (Ex 34, 22) ; « jour des Prémices » (Nb 28, 26)[32]. Le Deutéronome en fait l'une des trois fêtes où « tous les hommes paraîtront devant la face du Seigneur » au lieu qu'il a choisi, avec la fête des Pains sans levain et celle des Tentes, et rappelle de ne pas oublier, dans la joie, « l'immigré, l'orphelin et la veuve »[33]. Le Lévitique ajoute au même chapitre la loi de la glanure : « Tu ne ramasseras pas les glanures de ta moisson : tu les laisseras au pauvre et à l'immigré »[34].
Dans les livres grecs de l'Ancien Testament, la fête reçoit le nom qui deviendra le sien chez les chrétiens. Le vieux Tobie raconte : « Lors de notre fête de la Pentecôte, qui est la sainte fête des Semaines, on me prépara un bon repas » (Tb 2, 1) ; le second livre des Maccabées montre Judas et les siens rentrer à Jérusalem « parce que la fête des Semaines était proche », puis reprendre le combat « après la fête appelée Pentecôte » (2 M 12, 31-32)[35]. Au Iᵉʳ siècle, l'historien juif Flavius Josèphe explique de même que le cinquantième jour, « qui est la Pentecôte », est « appelé par les Hébreux Asartha »[36] : c'est l'Atséret, l'« assemblée de clôture », nom que la Bible donne au dernier jour d'une fête (Dt 16, 8) et que la tradition rabbinique emploie pour désigner la fête des Semaines[37].
Le cinquantième jour et le don de la Loi au Sinaï
Le livre de l'Exode situe l'arrivée d'Israël au pied du Sinaï « le troisième mois qui suivit la sortie d'Égypte, jour pour jour » (Ex 19, 1)[38], c'est-à-dire précisément au temps de la fête des Semaines. La tradition juive a tiré la conséquence de cette coïncidence. Le livre des Jubilés, un écrit juif antérieur à l'ère chrétienne, fait de la fête des Semaines la fête où l'on renouvelle chaque année l'alliance[39] ; le Talmud de Babylone rapporte la parole de rabbi Éléazar sur la joie obligatoire de ce jour, « parce que c'est le jour où la Torah a été donnée »[40].
Saint Augustin, répondant vers 400 aux questions d'un correspondant nommé Janvier, fait le compte des jours de l'Exode : du quatorzième jour du premier mois, jour de la Pâque, au troisième jour du troisième mois, jour où la Loi fut donnée, il y a dix-sept jours, puis trente, puis trois, « cinquante en tout »[41]. Il en tire la correspondance qui fonde toute la lecture chrétienne de la fête :
« L'agneau est immolé, la pâque est célébrée, et cinquante jours après, la loi est donnée pour la crainte, écrite avec le doigt de Dieu. Le Christ est mis à mort, comme un agneau qu'on mène à la boucherie, selon les paroles d'Isaïe ; la vraie Pâque est célébrée, et, cinquante jours après, l'Esprit-Saint est donné pour l'amour, l'Esprit-Saint qui est le doigt de Dieu. » — Saint Augustin, Lettre 55 à Janvier, 16, 29 (vers 400)[42]
Le « doigt de Dieu » n'est pas une image gratuite : Augustin rapproche la parole de Jésus « si c'est par le doigt de Dieu que j'expulse les démons » (Lc 11, 20) de sa forme parallèle chez Matthieu, « si c'est par l'Esprit de Dieu que moi, j'expulse les démons » (Mt 12, 28)[43]. La même main qui écrivit la Loi sur la pierre l'écrit, à la Pentecôte, dans les cœurs.
Un demi-siècle plus tard, à Rome, saint Léon le Grand ouvre son premier sermon de la Pentecôte sur la même correspondance : ce jour, dit-il, « contient en lui de grands mystères, des anciens comme des nouveaux sacrements » ; car « de même qu'autrefois, pour le peuple hébreu libéré des Égyptiens, la Loi fut donnée sur le mont Sinaï le cinquantième jour après l'immolation de l'agneau, de même, après la passion du Christ, où fut immolé le véritable Agneau de Dieu, le cinquantième jour après sa résurrection, l'Esprit Saint descendit sur les apôtres et sur le peuple des croyants », si bien que « la seconde alliance a été fondée par le même Esprit qui avait institué la première »[44]. Saint Thomas d'Aquin en tire au XIIIᵉ siècle une règle générale du calendrier chrétien : les fêtes de l'ancienne Loi ont fait place à des fêtes nouvelles, « la Pâque est remplacée par la fête de la passion et de la résurrection du Christ ; la Pentecôte, don de la loi ancienne, par une autre Pentecôte, don de la loi de l'Esprit de vie »[45]. Le développement théologique de ce passage de la loi extérieure à la loi intérieure est exposé dans Pourquoi la Pentecôte est-elle importante ?.
La Pentecôte des Apôtres et de saint Paul
Les premiers disciples, juifs pour la plupart, ont continué de vivre au rythme de ce calendrier. Saint Luc rapporte que Paul, de retour de sa troisième mission, « se hâtait pour être, si possible, à Jérusalem le jour de la Pentecôte » (Ac 20, 16), et Paul écrit lui-même aux Corinthiens : « je resterai à Éphèse jusqu'à la Pentecôte » (1 Co 16, 8)[46]. Ces mentions désignent d'abord la fête juive ; elles montrent surtout que, dès la génération apostolique, la Pentecôte sert de repère dans l'année. La Catholic Encyclopedia notait déjà qu'aucun texte ne prouve une célébration chrétienne distincte au Iᵉʳ siècle, ce qui n'a rien d'étonnant : la fête, qui tombait un dimanche, était si étroitement liée à Pâques qu'elle en apparaissait comme le terme[47].
Comment la Pentecôte est-elle devenue une fête de l'Église ?
Pour les premiers chrétiens, la « Pentecôte » n'est pas d'abord un jour : c'est un temps. Le mot désigne la cinquantaine tout entière qui suit Pâques, avant de se resserrer sur son dernier jour. L'histoire de la fête suit ce mouvement, du IIᵉ siècle à la réforme du calendrier de 1969.
Un « espace très joyeux » de cinquante jours
Vers l'an 200, Tertullien, le premier auteur chrétien de langue latine, mentionne la Pentecôte comme une institution déjà établie. Dans son traité Sur le baptême, il explique pourquoi l'Église baptise de préférence à Pâques, puis pendant la Pentecôte, qu'il appelle un « espace très joyeux » :
« Ensuite, la Pentecôte est pour les baptêmes un espace de temps très joyeux : c'est alors que la résurrection du Seigneur s'est souvent manifestée parmi les disciples, que la grâce de l'Esprit Saint a été donnée et que l'espérance de la venue du Seigneur s'est laissé entrevoir. […] Du reste, tout jour est au Seigneur : toute heure, tout temps convient au baptême ; si cela importe à la solennité, cela ne change rien à la grâce. » — Tertullien, Sur le baptême, 19, 2-3 (vers 200)[48]
Le même auteur distingue, à l'intérieur de cet espace, le jour de la Pentecôte, « qui est proprement le jour de fête »[49]. Il en décrit aussi l'usage le plus visible : « Le dimanche, nous tenons pour une faute de jeûner ou de prier à genoux ; nous jouissons de la même exemption depuis le jour de Pâques jusqu'à la Pentecôte. »[50] Pendant cinquante jours, l'Église ne jeûne pas et prie debout, comme on le fait le jour de la Résurrection.
Au milieu du IIIᵉ siècle, Origène range la Pentecôte parmi les quatre observances régulières des chrétiens, avec le dimanche, le jour de la Préparation (le vendredi) et la Pâque, en répondant au philosophe païen Celse. Il en tire une leçon spirituelle qui annonce toute la piété de la fête :
« Celui qui peut dire dans la vérité : Nous sommes ressuscités avec Jésus-Christ […], celui-là est toujours dans des jours de Pentecôte, surtout lorsque, montant dans la chambre haute avec les apôtres de Jésus, il s'applique à l'oraison et à la prière pour se rendre digne de ce souffle impétueux qui vient du ciel […] et d'avoir quelque part à ces langues de feu dont Dieu fait la distribution. » — Origène, Contre Celse, VIII, 22 (vers 248)[51]
Prier debout : du concile de Nicée à saint Basile
L'usage de ne pas s'agenouiller pendant la cinquantaine était devenu une règle commune au début du IVᵉ siècle. Le premier concile œcuménique, réuni à Nicée en 325, l'impose à toutes les Églises dans son dernier canon :
« Parce qu'il y en a qui fléchissent le genou le dimanche et aux jours de la Pentecôte, afin que tout soit observé de la même manière dans toutes les Églises, il a plu au saint concile que l'on adresse à Dieu ses prières debout. » — Concile de Nicée I (325), canon 20[52]
Un demi-siècle plus tard, saint Basile de Césarée en donne la raison. La cinquantaine est formée de sept semaines de sept jours, auxquelles s'ajoute un jour qui est à la fois le cinquantième et le premier : elle tourne sur elle-même comme un cercle et devient une image de l'éternité. Prier debout, c'est montrer que l'esprit est déjà tourné vers le monde à venir :
« Toute Pentecôte est, elle aussi, un rappel de la résurrection que nous attendons, dans l'éternité. Car ce jour unique et premier dont nous parlions, sept fois multiplié par sept, parachève le total des sept semaines de la sainte Pentecôte. Elle commence en effet par le premier jour et finit par le même, en se déroulant cinquante fois dans l'intervalle, en cinquante jours semblables. Aussi est-elle une imitation de l'éternité. » — Saint Basile de Césarée, Sur le Saint-Esprit, XXVII, 66 (vers 375)[53]
Vers 400, saint Augustin dresse un état des lieux en répondant à son correspondant Janvier. Pour lui, « ces deux fêtes, Pâques et la Pentecôte, reposent très fermement sur les Écritures » ; l'Alléluia est chanté partout pendant les cinquante jours, même si certaines Églises le chantent aussi en d'autres temps ; quant à l'usage de prier debout pendant ces jours et tous les dimanches, il avoue ne pas savoir s'il est observé partout[54].
Le cinquantième jour devient une fête
Au IVᵉ siècle, le dernier jour de la cinquantaine prend un relief propre. Eusèbe de Césarée, racontant la mort de l'empereur Constantin, survenue « le dernier de tous ces jours » de la Pentecôte de 337, appelle cette fête « la plus grande des fêtes », « honorée de sept semaines et scellée par une unité », et la qualifie de « fête des fêtes » ; il précise qu'on y commémorait alors à la fois « l'ascension aux cieux de notre commun Sauveur et la descente de l'Esprit Saint parmi les hommes »[55]. La fête de l'Ascension ne se détachera de ce cinquantième jour pour se fixer au quarantième qu'à la fin du siècle, une histoire racontée dans l'article Ascension du Seigneur.
En Espagne, vers l'an 300, le concile d'Elvire corrige une « mauvaise coutume » : « il a plu de corriger, selon l'autorité des Écritures, une mauvaise institution, afin que tous nous célébrions le jour de la Pentecôte ». Plusieurs manuscrits anciens précisent qu'il faut tenir le cinquantième jour « et non le quarantième » ; certaines contrées, explique l'historien des conciles Charles-Joseph Hefele, clôturaient le temps pascal à l'Ascension au lieu de la Pentecôte, et l'interprétation exacte du canon reste discutée[56].
Vers 380, en Syrie, les Constitutions apostoliques donnent la règle complète. Elles font parler les Apôtres eux-mêmes : « Dix jours après l'Ascension, ce qui fait le cinquantième jour depuis le premier dimanche, célébrez une grande fête ; car en ce jour, à la troisième heure, le Seigneur Jésus nous a envoyé le don du Saint-Esprit » ; et elles ajoutent : « après avoir célébré la fête de la Pentecôte, fêtez encore une semaine, et ensuite jeûnez, car il est raisonnable de se réjouir du don de Dieu, et de jeûner après ce relâche »[57]. On y trouve déjà les deux usages qui marqueront la fête en Occident : une semaine de fête, ancêtre de l'octave, puis un jeûne.
À la même époque, saint Jean Chrysostome, prêchant un jour de Pentecôte, situe la fête au terme de tout le cycle qui l'a précédée :
« Comme, dans la nature les saisons se succèdent les unes aux autres, de même, dans l'Église, les fêtes qui se remplacent nous occupent successivement des différents mystères. Après avoir célébré la croix de Notre-Seigneur Jésus-Christ, sa passion, sa résurrection, son ascension glorieuse, nous sommes enfin arrivés aujourd'hui au comble de tous les biens, à la principale de toutes les fêtes, au fruit des promesses du Fils de Dieu […]. » — Saint Jean Chrysostome, Deuxième homélie sur la Pentecôte, 1[58]
Là où la traduction française dit « la principale de toutes les fêtes », le grec est plus imagé encore : Chrysostome parle de « la métropole même des fêtes », la ville-mère dont toutes les autres dépendent[59].
Jérusalem à la fin du IVᵉ siècle : la Pentecôte d'Égérie
Le témoignage le plus complet de l'Antiquité vient d'une pèlerine venue d'Occident, Égérie, qui séjourna à Jérusalem à la fin du IVᵉ siècle, sous le règne de Théodose, et décrivit pour ses « sœurs » restées au pays la liturgie de la ville sainte[60]. Elle note d'abord que « de Pâques jusqu'au cinquantième jour, c'est-à-dire la Pentecôte, personne ici ne jeûne », pas même les ascètes[61]. Puis elle raconte le cinquantième jour, « jour de très grande fatigue pour le peuple »[62].
La journée commence au chant du coq par une vigile au tombeau du Christ, l'Anastasis. Au matin, la messe dominicale est célébrée dans la grande basilique du Golgotha, le Martyrium, mais « accélérée » pour se terminer avant la troisième heure : à ce moment, tout le peuple conduit l'évêque en chantant jusqu'à Sion, de manière à y être « à la troisième heure pleine » — l'heure même où, selon les Actes, Pierre prit la parole (Ac 2, 15). Là, on lit « le passage des Actes des Apôtres où l'Esprit descendit, de sorte que toutes les langues comprenaient ce qui était dit », car c'est en ce lieu, explique-t-elle, que la multitude était rassemblée avec les Apôtres après la Passion[63].
L'archidiacre annonce alors le programme de l'après-midi, et la ville se vide :
« Tout le peuple retourne chacun chez soi pour se reposer, et aussitôt après le repas on monte au mont des Oliviers, c'est-à-dire à l'Éléona, chacun comme il peut, de telle sorte qu'il ne reste dans la ville aucun chrétien qui n'y aille. » — Égérie, Journal de voyage, 43, 4[64]
Sur la montagne, on lit à l'Imbomon, le lieu d'où le Seigneur monta au ciel, l'Évangile et les Actes de l'Ascension ; on célèbre les vêpres dans l'église de l'Éléona, bâtie sur la grotte où Jésus enseignait ses disciples ; puis la foule redescend « tout doucement, tout doucement », pour que personne ne se fatigue, et arrive à la porte de la ville à la nuit, accueillie par les cierges de l'Église. Après des stations au Martyrium, à l'Anastasis et devant la Croix, on retourne à Sion, et chacun ne rentre chez soi que « vers le milieu de la nuit »[65]. Le lendemain, note-t-elle, « tous jeûnent selon la coutume » : la cinquantaine est close[66].
La seconde nuit baptismale
Dès l'origine, la Pentecôte a partagé avec Pâques le privilège du baptême. Tertullien en donnait la raison : c'est le temps où la grâce de l'Esprit a été donnée[67]. À la fin du IVᵉ siècle, Rome en fait une règle. En 385, le pape Sirice répond à l'évêque Himère de Tarragone, qui se plaignait qu'on baptise à Noël, à l'Épiphanie ou aux fêtes des martyrs : ce privilège, écrit-il, « la Pâque du Seigneur avec sa Pentecôte le revendique, chez nous et dans toutes les Églises » ; ce sont « les seuls jours de l'année » où il convient de conférer le baptême à ceux qui viennent à la foi, après au moins quarante jours de préparation, d'exorcismes, de prières et de jeûnes[68].
Saint Léon le Grand, écrivant en 447 aux évêques de Sicile, explique pourquoi la Pentecôte est admise aux côtés de Pâques. Elle en est « comme la suite et l'achèvement », et elle tombe toujours le jour de la Résurrection ; elle tend ainsi la main à ceux que la maladie, la longueur du voyage ou les difficultés de la navigation ont empêchés d'être baptisés à Pâques. Il en donne la preuve apostolique : le jour même de la Pentecôte, à la prédication de Pierre, environ trois mille personnes furent baptisées (Ac 2, 41)[69].
La vigile de la Pentecôte devint ainsi une seconde Vigile pascale. Dans le premier Missel romain imprimé, à Milan en 1474, elle comporte encore six prophéties de l'Ancien Testament, empruntées au samedi saint — le sacrifice d'Abraham, le passage de la mer Rouge, le cantique de Moïse, Isaïe, Baruch et la vision des ossements d'Ézéchiel —, chacune suivie d'une oraison qui parle du baptême, puis la descente processionnelle aux fonts baptismaux au chant du psaume Sicut cervus, « Comme un cerf altéré cherche l'eau vive »[70]. Le nom anglais de la fête, Whitsunday, garde le souvenir des vêtements blancs de ces baptisés de la nuit[71].
L'octave et les Quatre-Temps de Pentecôte
À Rome, au milieu du Vᵉ siècle, la joie des cinquante jours se prolongeait encore, comme en Syrie, par un temps de pénitence. Saint Léon le Grand ouvre ainsi l'un de ses sermons : « La fête d'aujourd'hui, consacrée par la descente du Saint-Esprit, est suivie, comme vous le savez, d'un jeûne solennel » ; il en attribue l'institution à l'Esprit lui-même, qui aurait enseigné aux Apôtres cette discipline « afin que les âmes sanctifiées par le jeûne deviennent plus aptes à recevoir les charismes »[72]. Ce jeûne est l'origine des Quatre-Temps de Pentecôte : les mercredi, vendredi et samedi qui suivent la fête, que le pape Grégoire VII (1073-1085) fixa pour toute l'Église avec les trois autres séries de l'année, en décembre, au début du Carême et en septembre[73].
La fête elle-même s'est peu à peu prolongée en octave. Le commentaire joint au calendrier de 1969 situe cette évolution au VIIᵉ siècle, lorsque la Pentecôte commença d'être célébrée pour elle-même comme l'anniversaire de la descente de l'Esprit[74] ; en Occident, l'usage resta longtemps variable, puisqu'au XIᵉ siècle encore l'abbé Bernon de Reichenau († 1048) discutait de l'opportunité d'une octave[75]. Autrefois, la semaine entière était chômée et les tribunaux ne siégeaient pas ; un concile tenu à Constance en 1094 limita ce repos aux trois premiers jours, le repos du mardi fut aboli en 1771, et celui du lundi fut supprimé pour toute l'Église par saint Pie X en 1911[76].
Du Missel de 1570 à la réforme de 1969
Le Missel romain promulgué en 1570 par saint Pie V fixa pour quatre siècles la forme de la fête : la séquence Veni, Sancte Spiritus au jour et pendant l'octave, l'introït Spiritus Domini, la vigile avec ses prophéties et la bénédiction des fonts, les Quatre-Temps dans l'octave[77].
Au XXᵉ siècle, la réforme des rubriques commença par simplifier. Le décret Cum nostra hac aetate du 23 mars 1955 supprima toutes les octaves sauf celles de Noël, de Pâques et de la Pentecôte, et fit de la vigile de la Pentecôte l'une des deux vigiles privilégiées de l'année avec celle de Noël, en précisant qu'on n'y changerait rien[78]. C'est une instruction du 16 novembre 1955, publiée avec la réforme de la Semaine sainte, qui retira à cette vigile ses prophéties, la bénédiction de l'eau baptismale et les litanies : la messe commença désormais par l'introït Cum sanctificatus fuero, comme une messe ordinaire[79]. Dans le Missel de 1962, la Pentecôte est une fête « de première classe avec octave de première classe », avec station à Saint-Pierre ; chaque jour de l'octave a sa station romaine, les mercredi, vendredi et samedi sont des Quatre-Temps, et le temps pascal ne s'achève qu'après la messe du samedi[80]. Sa collecte, reprise par la piété populaire dans la prière Veni, Sancte Spiritus, demande à Dieu, qui « en ce jour a instruit les cœurs des fidèles par la lumière de l'Esprit Saint », de donner « de goûter ce qui est droit et de nous réjouir toujours de sa consolation »[81].
La réforme du calendrier promulguée par Paul VI en 1969 a rendu à la Pentecôte sa fonction première de sceau des cinquante jours : l'octave a été supprimée, les jours entre l'Ascension et la Pentecôte ont reçu des textes propres, et la messe de la vigile, qui se célébrait autrefois le samedi matin, ne peut plus être dite que le soir, « comme la première messe du jour de la Pentecôte »[82]. Les Quatre-Temps, laissés à l'appréciation des conférences épiscopales, ont disparu de beaucoup de calendriers[83]. La forme prolongée de la vigile, recommandée depuis 1988, a reçu en 2008 son ordonnance dans un supplément du Missel romain[84], et la mémoire de Marie, Mère de l'Église, a été inscrite au lendemain de la fête en 2018[85].
Comment l'Église célèbre-t-elle la Pentecôte ?
La lettre circulaire de 1988 sur la préparation et la célébration des fêtes pascales résume ce que l'Église fait mémoire ce jour-là : « le don de l'Esprit-Saint aux Apôtres, les origines de l'Église, et le commencement de sa mission à toutes les langues, peuples et nations »[86]. La Pentecôte possède, dans le Missel romain, deux messes propres : une messe de la veille au soir et une messe du jour. Elle a sa séquence obligatoire, son hymne, sa préface et son Communicantes propres, et elle se termine par un geste qui ferme le temps pascal : l'extinction du cierge pascal.
La messe de la veille au soir
La messe de la vigile se célèbre « le samedi soir, avant ou après les premières vêpres du dimanche de la Pentecôte »[87]. Son antienne d'ouverture donne le ton : « L'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l'Esprit qui habite en nous » (cf. Rm 5, 5 ; 8, 11). Sa première oraison est l'une des plus belles définitions liturgiques de la fête : elle s'adresse au Dieu « qui a voulu que le sacrement de la Pâque fût contenu dans le mystère de cinquante jours », et lui demande que « les divisions des langues », dispersées parmi les nations, soient « rassemblées par le don céleste en une seule confession de ton nom »[88].
Le lectionnaire propose pour cette messe un choix de quatre premières lectures de l'Ancien Testament, qui forment ensemble une petite histoire du salut vue depuis la Pentecôte[89]. Babel (Gn 11, 1-9) montre les hommes qui veulent se faire un nom avec une tour dont le sommet soit dans les cieux ; c'est là, dit le texte, que « le Seigneur embrouilla la langue des habitants de toute la terre ». Le Sinaï (Ex 19, 3-8a.16-20b) montre la montagne « toute fumante, car le Seigneur y était descendu dans le feu », au son du cor, le jour où Israël devient « un royaume de prêtres, une nation sainte ». Les ossements desséchés d'Ézéchiel (Ez 37, 1-14) reprennent vie à l'appel du prophète : « Viens des quatre vents, esprit ! Souffle sur ces morts, et qu'ils vivent ! » Enfin la prophétie de Joël (Jl 3, 1-5a) annonce : « Sur mes serviteurs et mes servantes je répandrai mon Esprit en ces jours-là » — le texte même que Pierre citera le jour de la Pentecôte.
Suivent le psaume 103 (104), avec son refrain « Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre ! », la lettre aux Romains sur l'Esprit qui « intercède par des gémissements inexprimables » (Rm 8, 22-27), et l'Évangile de la fête des Tentes : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi, et qu'il boive […]. De son cœur couleront des fleuves d'eau vive », que l'évangéliste commente : « En disant cela, il parlait de l'Esprit Saint qu'allaient recevoir ceux qui croiraient en lui » (Jn 7, 37-39)[90].
La vigile prolongée
Depuis 1988, l'Église encourage à faire de cette messe une véritable veillée. La lettre circulaire de la Congrégation pour le culte divin sur la célébration des fêtes pascales le demande en ces termes :
« On favorisera une célébration prolongée de la messe de la veille au soir : cette Veillée n'a pas un caractère baptismal comme la Veillée pascale, mais celui d'une prière instante, à l'exemple des apôtres et des disciples, qui participaient d'un seul cœur à la prière avec Marie, Mère de Jésus, dans l'attente de l'Esprit Saint. » — Congrégation pour le culte divin, lettre circulaire Paschalis sollemnitatis, 16 janvier 1988, n° 107[91]
La même lettre en décrit le déroulement : on peut unir à la messe les premières vêpres et proclamer plusieurs des lectures proposées par le lectionnaire, chacune suivie de son psaume, d'un temps de prière silencieuse et d'une oraison[92]. L'édition du Missel romain de 2008 en a fixé l'ordonnance dans un supplément : après une monition qui invite à écouter la Parole « à l'exemple des Apôtres et des disciples qui, avec Marie, Mère de Jésus, persévéraient dans la prière », les quatre lectures de l'Ancien Testament sont proclamées avec leurs oraisons, puis on chante le Gloria, et la messe se poursuit avec l'épître aux Romains[93]. L'oraison qui suit le récit du Sinaï résume toute la fête : « Dieu qui, dans l'éclat du feu, as donné à Moïse sur le mont Sinaï la loi ancienne, et qui, en ce jour, as manifesté l'alliance nouvelle dans le feu de l'Esprit », accorde-nous d'être toujours brûlants de cet Esprit que tu as répandu sur tes Apôtres[94].
La messe du jour et ses lectures sur trois ans
La messe du jour s'ouvre par le verset du livre de la Sagesse qui servait déjà de chant d'entrée à cette messe dans le premier Missel romain imprimé, à Milan en 1474[95] : « L'Esprit du Seigneur remplit l'univers : lui qui tient ensemble tous les êtres, il sait se faire comprendre en toute langue, alléluia » (cf. Sg 1, 7)[96]. Sa première lecture est toujours le récit d'Actes 2, 1-11, et son psaume le psaume 103 (104) ; l'épître et l'Évangile varient selon le cycle de trois ans :
| Année liturgique | Deuxième lecture | Évangile | Exemple de date |
|---|---|---|---|
| Année A | 1 Corinthiens 12, 3b-7.12-13 : « C'est dans un unique Esprit que nous tous avons été baptisés pour former un seul corps » | Jean 20, 19-23 : « Recevez l'Esprit Saint » | 24 mai 2026 |
| Année B | Galates 5, 16-25 : « Le fruit de l'Esprit » | Jean 15, 26-27 ; 16, 12-15 : « L'Esprit de vérité vous conduira dans la vérité tout entière » | 16 mai 2027 |
| Année C | Romains 8, 8-17 : « Tous ceux qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu » | Jean 14, 15-16.23b-26 : « L'Esprit Saint vous enseignera tout » | 8 juin 2025 |
Le choix des Évangiles est remarquable : aucun n'est tiré du récit de Luc. L'Église fait entendre, le jour où elle lit Actes 2, les promesses de l'Esprit faites par Jésus au soir de la Cène (années B et C) et le souffle du Ressuscité au soir de Pâques (année A)[97]. La fête relie ainsi la promesse, le premier don et l'effusion publique.
La collecte, dans la traduction du Missel romain de 2021, demande que l'œuvre du premier jour continue : « Seigneur Dieu, dans le mystère de la fête que nous célébrons aujourd'hui, tu sanctifies ton Église entière chez tous les peuples et dans toutes les nations ; répands les dons de l'Esprit Saint sur l'immensité du monde, et continue dans le cœur des croyants l'œuvre divine entreprise au début de la prédication évangélique. »[98]
La préface, le Communicantes et le renvoi
La préface propre, « Le mystère de la Pentecôte », résume la fête en une phrase : en « achevant le sacrement pascal », Dieu a « aujourd'hui » donné l'Esprit Saint, « qui, au commencement de l'Église naissante, a donné à tous les peuples la connaissance de Dieu, et a uni la diversité des langues dans la confession d'une seule foi » ; c'est pourquoi, « dans l'effusion des joies pascales, le monde entier exulte sur toute la terre »[99]. Lorsque le prêtre emploie la première prière eucharistique, il dit un Communicantes propre : l'Église y déclare célébrer « le jour très saint de la Pentecôte, où l'Esprit Saint apparut aux Apôtres en langues de feu »[100]. À la fin de la messe, le diacre renvoie l'assemblée avec le double alléluia, Ite, missa est, alleluia, alleluia, pour la dernière fois de l'année[101].
La séquence Veni, Sancte Spiritus
Après la deuxième lecture, la messe du jour comporte une séquence, un poème rythmé et rimé chanté avant l'acclamation de l'Évangile. Le Missel romain actuel n'en rend que deux obligatoires : « La séquence, qui est facultative sauf aux jours de Pâques et de la Pentecôte, est chantée avant l'Alléluia », précise la Présentation générale du Missel romain[102]. Celle de la Pentecôte, le Veni, Sancte Spiritus, compte dix courtes strophes de trois vers, toutes rimées en latin sur la même finale -ium ; le Moyen Âge l'appelait la « séquence d'or »[103]. Sa traduction liturgique française s'ouvre ainsi :
« Viens, Esprit Saint, en nos cœurs et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière. Viens en nous, père des pauvres, viens, dispensateur des dons, viens, lumière de nos cœurs. Consolateur souverain, hôte très doux de nos âmes, adoucissante fraîcheur. Dans le labeur, le repos ; dans la fièvre, la fraîcheur ; dans les pleurs, le réconfort. » — Séquence de la Pentecôte, Veni, Sancte Spiritus, traduction liturgique AELF[104]
La suite fait de la séquence une prière de guérison — « Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé. Assouplis ce qui est raide, réchauffe ce qui est froid, rends droit ce qui est faussé » — avant de demander pour « tous ceux qui ont la foi » les « sept dons sacrés », « le salut final » et « la joie éternelle »[105].
Son auteur n'est pas connu avec certitude. Guillaume Durand, évêque de Mende à la fin du XIIIᵉ siècle, l'attribuait au roi de France Robert II le Pieux, mort en 1031 ; vers 1220, le moine Ekkehard de Saint-Gall l'attribuait au pape Innocent III ; un auteur anglais des environs de 1210 nommait l'archevêque de Cantorbéry Étienne Langton. Les manuscrits ne la font pas apparaître avant la fin du XIIᵉ siècle, ce qui écarte le roi Robert ; le pape Innocent III, qui régna de 1198 à 1216, en reste l'auteur le plus probable[106][107]. Elle a d'abord coexisté avec une séquence plus ancienne, Sancti Spiritus adsit nobis gratia, avant de la supplanter : le Missel réformé de 1570 l'assigna au jour de la Pentecôte et à son octave[108].
L'hymne Veni, Creator Spiritus
L'autre chant emblématique de la fête est une hymne de l'office, le Veni, Creator Spiritus, « Viens, Esprit créateur ». Ses plus anciens manuscrits connus datent du Xᵉ siècle[109]. L'éditeur des Analecta Hymnica, Guido Maria Dreves, la range parmi les hymnes de Raban Maur († 856), abbé de Fulda puis archevêque de Mayence ; l'hymnologue Clemens Blume l'a suivi, et la Catholic Encyclopedia appuie cette attribution sur l'accentuation particulière du mot Paraclitus, propre à cet auteur[110]. Le Dictionary of Hymnology de John Julian jugeait au contraire les indices trop minces pour conclure : l'attribution à Raban reste probable sans être prouvée[111]. Celles qui la donnent à saint Ambroise, à saint Grégoire le Grand ou à Charlemagne n'ont pas de fondement solide[112].
L'hymne fut d'abord chantée aux vêpres ; l'usage de la chanter à tierce, la troisième heure, serait né à Cluny, en mémoire de la descente de l'Esprit « à la troisième heure du jour » (Ac 2, 15)[113]. Le bréviaire romain la prescrivait aux premières et secondes vêpres et à tierce de la Pentecôte et de son octave. Elle est devenue l'invocation de l'Esprit pour les grands actes de l'Église : élection des papes, consécration des évêques, ordinations, dédicaces d'églises, conciles et synodes ; au concile de Reims de 1049, présidé par le pape Léon IX, on la chanta à l'ouverture de la troisième session[114].
Ses deux premières strophes disent qui est l'Esprit qu'on invoque :
« Viens, Esprit créateur, visite l'âme de tes fidèles, emplis de la grâce d'en haut les cœurs que tu as créés. Toi qu'on nomme le Conseiller, don du Dieu Très-Haut, source vive, feu, charité, onction spirituelle. » — Hymne Veni, Creator Spiritus, strophes 1 et 2, traduction publiée par le Saint-Siège dans la Lettre aux prêtres de saint Jean-Paul II pour le Jeudi saint 1998[115]
L'Église a attaché à ce chant une faveur particulière : le Manuel des indulgences accorde l'indulgence plénière au fidèle qui, dans une église ou un oratoire, assiste dévotement à son chant ou à sa récitation solennelle le jour de la Pentecôte — ou le 1ᵉʳ janvier, pour implorer l'aide de Dieu sur l'année entière —, aux conditions habituelles de la confession, de la communion et de la prière aux intentions du pape[116]. Le même recueil enrichit d'une indulgence partielle la participation à une neuvaine publique avant la Pentecôte[117].
Le rouge, le cierge pascal et le double alléluia
La couleur liturgique de la Pentecôte est le rouge. La Présentation générale du Missel romain le prescrit pour quelques jours seulement : « On emploie le rouge le dimanche de la Passion et le Vendredi saint, le dimanche de la Pentecôte, aux célébrations de la Passion du Seigneur, aux fêtes de la naissance au ciel des Apôtres et des Évangélistes, et aux célébrations de martyrs. »[118] Le même rouge habille donc la Croix, le témoignage des martyrs et le feu de l'Esprit ; la Catholic Encyclopedia y voyait, pour la Pentecôte, le symbole de l'amour de l'Esprit Saint ou des langues de feu[119].
Le soir de la fête, un geste ferme les cinquante jours. Le Missel romain le décrit dans une rubrique placée après la messe du jour : « Le temps pascal achevé, on éteint le cierge pascal, qu'il convient de conserver avec honneur dans le baptistère, afin que, allumé lors de la célébration du baptême, il serve à allumer les cierges des baptisés. »[120] L'Ordo des diocèses de France le rappelle à la date du 24 mai 2026 : « Après Pentecôte, le cierge pascal est placé auprès des fonts baptismaux. »[121] Le grand cierge allumé dans la nuit de Pâques, qui a brillé à toutes les célébrations solennelles du temps pascal, quitte ainsi le chœur pour rejoindre les fonts : la lumière de la Résurrection devient la lumière de chaque baptême.
Le renvoi de la messe porte lui aussi la marque de la fête : le diacre chante Ite, missa est, alleluia, alleluia, et l'assemblée répond Deo gratias, alleluia, alleluia[122] ; en français, « Allez dans la paix du Christ, alléluia, alléluia »[123]. Ce double alléluia, entendu à Pâques et pendant son octave, retentit à la Pentecôte pour la dernière fois de l'année ; il ne reviendra qu'à la Vigile pascale suivante. Une dernière rubrique prévoit que, là où le lundi ou le mardi après la Pentecôte sont des jours où les fidèles doivent ou ont coutume d'aller à la messe, on peut reprendre la messe du dimanche de la Pentecôte ou dire une messe de l'Esprit Saint[124].
La Pentecôte dans la Liturgie des Heures
L'office divin de la Pentecôte s'ouvre, comme pour toute solennité, aux premières vêpres du samedi soir et s'achève aux vêpres du dimanche. Son antienne invitatoire, qui ouvre la prière du jour, reprend le livre de la Sagesse : « Alléluia. L'Esprit du Seigneur emplit l'univers : venez, adorons notre Dieu. Alléluia ! » (cf. Sg 1, 7)[125]. C'est le même verset, Spiritus Domini replevit orbem terrarum, qui ouvre la messe du jour, comme il le faisait déjà dans le premier Missel romain imprimé, en 1474[126].
L'office des lectures fait entendre, après le chapitre 8 de l'épître aux Romains (« Ceux-là sont fils de Dieu, qui sont conduits par l'Esprit de Dieu »), une page de saint Irénée de Lyon, évêque mort vers 202, tirée de son traité Contre les hérésies. Cette page relie la Pentecôte à l'unité des peuples et au baptême :
« C'est l'Esprit, au dire de Luc, qui est descendu après l'Ascension du Seigneur sur les Apôtres à la Pentecôte, et qui a pouvoir sur tous les peuples pour les introduire à la vie et leur ouvrir la nouvelle Alliance. C'est pourquoi, s'unissant à toutes les langues, ils chantaient une hymne à Dieu. L'Esprit ramenait à l'unité toutes les races éloignées, et offrait au Père les prémices de tous les peuples. » — Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 17, 2, lecture de l'office du jour de la Pentecôte[127]
Irénée poursuit par une image : de même que la farine sèche ne devient pas une seule pâte sans eau, « pas davantage nous tous, ne pouvions devenir un en Jésus Christ sans l'eau qui vient du ciel » ; nos corps reçoivent l'unité par l'eau du baptême, « nos âmes l'ont reçue de l'Esprit »[128].
Aux laudes, l'antienne du cantique de Zacharie reprend la parole du Ressuscité au soir de Pâques, « Recevez l'Esprit Saint : tout homme à qui vous remettrez ses péchés, ils lui seront remis. Alléluia » ; aux vêpres, l'antienne du Magnificat résume la fête : « Aujourd'hui l'Esprit se manifeste aux disciples : sur eux, il répand les dons de sa grâce, et les envoie proclamer les louanges de Dieu, alléluia ! »[129]. L'oraison de l'office, traduction de la même collecte latine que celle de la messe, demande que Dieu « continue dans le cœur des croyants l'œuvre d'amour » entreprise « au début de la prédication évangélique »[130].
La Pentecôte dans les Églises d'Orient
Les Églises de tradition byzantine, orthodoxes et catholiques, célèbrent elles aussi la Pentecôte le cinquantième jour après Pâques, avec une physionomie propre. C'est l'une des douze grandes fêtes de l'année byzantine, et elle est indissociablement celle de la Sainte Trinité : l'Encyclopédie orthodoxe russe rappelle qu'on l'appelle aussi « jour de la Sainte-Trinité », à la différence de la tradition catholique qui consacre à la Trinité le dimanche suivant[131], et l'archidiocèse grec orthodoxe d'Amérique y voit « le point culminant de la révélation de la Sainte Trinité »[132]. Le dimanche est consacré à la descente de l'Esprit et à la Trinité ; le lendemain, lundi du Saint-Esprit, honore particulièrement la troisième Personne ; et le dimanche suivant est celui de Tous les saints, « car la descente du Saint-Esprit nous permet de nous élever au-dessus de notre état déchu et de parvenir à la sainteté »[133].
Le tropaire de la fête, son chant propre, en dit le sens en une phrase :
« Béni es-Tu Christ notre Dieu, qui a rendu très-sages les pêcheurs, leur envoyant le Saint-Esprit, et qui par eux, a pris au filet l'univers, Ami des hommes, gloire à Toi ! » — Tropaire de la Pentecôte, ton 8, office byzantin (traduction française de l'office slavon)[134]
Le kondakion, l'autre chant propre du jour, remonte au VIᵉ siècle : saint Romain le Mélode l'a composé, et il comptait à l'origine un prélude et douze strophes[135]. Il reprend le contraste de Babel : « Lorsque Tu descendis en confondant les langues, ô Très-Haut, Tu divisas les peuples, lorsque Tu distribuas les langues de feu, Tu appelas tous les hommes à l'unité, et tous d'une seule voix, nous glorifions le très-saint Esprit ! »[136]
Les vêpres de la génuflexion
Le soir même de la Pentecôte, aussitôt après la Liturgie, les Églises byzantines célèbrent un office unique dans l'année : les vêpres de la génuflexion (Gonyklisia). Pendant cinquante jours, depuis Pâques, on a prié debout, selon l'usage que le concile de Nicée avait fixé ; ce soir-là, pour la première fois, l'assemblée se met à genoux[137]. La présentation française de l'office le dit simplement : « L'année liturgique ne connaît pas de vêpres plus émouvantes. »[138] La Catholic Encyclopedia signalait déjà au début du XXᵉ siècle cet « office extraordinaire de la génuflexion, accompagné de longues prières poétiques et de psaumes »[139].
On parle couramment de « trois prières ». En réalité, le diacre invite trois fois l'assemblée à s'agenouiller (« Encore et encore, fléchissant les genoux, prions le Seigneur »), et chaque agenouillement regroupe plusieurs oraisons : sept au total selon l'usage grec[140], huit selon l'Encyclopédie orthodoxe, qui y joint des prières de l'ancienne vêpre byzantine[141]. La première, adressée au Père, demande le pardon des péchés et l'entrée dans le Royaume, « particulièrement en ce jour de la Pentecôte »[142]. La tradition byzantine tardive a attribué ces prières à saint Basile le Grand ; d'autres les donnent à saint Sophrone de Jérusalem, et leur auteur reste incertain[143][144]. Leur berceau est peut-être Jérusalem : le lectionnaire de la Ville sainte des Vᵉ-VIᵉ siècles, conservé en traduction arménienne, prévoit déjà le jour de la Pentecôte un triple agenouillement au mont des Oliviers, ce qui, selon l'Encyclopédie orthodoxe, pourrait indiquer l'origine de l'office[145].
Au troisième agenouillement, la prière se tourne vers les morts. L'Esprit est donné à toute la création, et l'Église ose demander pour les défunts ce que la fête apporte aux vivants :
« Toi qui en cette fête toute-parfaite et salvatrice as daigné recevoir les supplications dans la prière pour ceux qui sont retenus dans les enfers, nous donnant le grand espoir que leur soient envoyés le soulagement et la consolation qui viennent de Toi ! Écoute-nous, Tes humbles serviteurs qui Te prient, donne le repos aux âmes de Tes serviteurs défunts, dans le lieu de lumière, dans le lieu verdoyant, dont se sont éloignés toute souffrance, toute affliction et soupir […]. » — Prière du troisième agenouillement, vêpres de la Pentecôte, office byzantin (traduction française publiée à Genève en 2022)[146]
Le catéchisme de l'Église gréco-catholique ukrainienne en donne la clé : dans ces prières, « l'Église invoque l'Esprit Saint pour qu'il descende sur toute la création et sur toute l'humanité, vivants et défunts », car « dans l'Esprit vivifiant, il n'y a ni mort ni division »[147].
La veille et la semaine qui suit
La Pentecôte byzantine n'a pas d'avant-fête : la veille, on fait mémoire de tous les défunts[148]. Ce samedi est l'un des deux « samedis des âmes » (psychosabbata) de l'année, avec celui qui précède le dimanche du Jugement dernier[149]. L'Église orthodoxe en Amérique résume l'intention du jour : « Aujourd'hui nous faisons mémoire de tous les chrétiens pieux et orthodoxes qui se sont endormis dans le Seigneur, et nous rappelons aussi le redoutable jour du Jugement. »[150] Le catéchisme gréco-catholique ukrainien range lui aussi ce samedi parmi les jours de « commémoraison universelle, ou générale, des défunts », et il décrit la paroisse rassemblée au cimetière, pendant les jours de Pâques et de la Pentecôte, pour prier sur les tombes et partager avec les défunts la joie de la Résurrection[151].
La fête se prolonge ensuite par une après-fête de six jours, close le samedi suivant[152], et toute cette semaine est sans jeûne[153]. Le dimanche de Tous les saints referme le Pentecostaire, le « livre des cinquante jours » que les Slaves appellent Triode fleuri, ouvert aux matines de Pâques[154]. L'usage est ancien : une homélie de saint Jean Chrysostome en l'honneur de tous les martyrs du monde entier montre que leur mémoire se célébrait déjà une semaine après la Pentecôte[155] ; selon l'Église orthodoxe en Amérique, c'est l'empereur Léon VI le Sage (886-911) qui consacra ce dimanche à Tous les saints[156].
Le lendemain commence, dans les Églises byzantines, le jeûne des Apôtres, l'un des quatre grands jeûnes de l'année, qui court jusqu'à la fête des saints Pierre et Paul, le 29 juin (le 12 juillet pour les Églises qui suivent l'ancien calendrier)[157]. Sa durée dépend donc de la date de Pâques : en 2026, l'Église orthodoxe en Amérique le faisait aller du 8 au 28 juin ; en 2027, selon le même calendrier, il ne durera qu'un jour[158]. Les coptes, eux, le commencent dès le lundi qui suit la Pentecôte et le poursuivent jusqu'à la veille de la fête des Apôtres, le 5 abib (12 juillet)[159][160]. L'Encyclopédie orthodoxe voit la première attestation certaine d'un jeûne après la Pentecôte dans la règle des Constitutions apostoliques citée plus haut : une semaine de fête, puis le jeûne[161].
Coptes, syriaques, arméniens et maronites : l'Esprit adoré à genoux
Les autres Églises d'Orient ont gardé, chacune à sa manière, le geste qui marque la fin des cinquante jours. Le séminaire arménien Saint-Nersès le note : une cérémonie de génuflexion caractérise la Pentecôte « dans l'Église arménienne et dans toutes les autres Églises orientales anciennes »[162].
Chez les coptes, l'Église entière se met à genoux pour les prières de la Sagda, la « prosternation ». Elles sont dites à la neuvième heure du dimanche de Pentecôte : l'Esprit est pourtant descendu à la troisième heure (Actes 2, 15), mais l'Église a choisi l'heure où le Christ, notre Pâque, fut immolé sur la Croix (Matthieu 27, 50). Les Pères les ont réparties en trois parties « d'après le nom de la Sainte Trinité », et la troisième se dit près de l'autel[163].
Dans l'Église syriaque orthodoxe, l'office de l'agenouillement, le Syom Burke, prend place pendant la liturgie. Ses trois parties s'adressent au Père, au Fils et au Saint-Esprit, et le diacre y clame : « Prions le Seigneur et agenouillons-nous. » Le célébrant asperge ensuite l'autel, le clergé et l'assemblée avec un bouquet de feuilles de noyer trempé dans l'eau pure ; les gouttes signifient les dons de l'Esprit descendu au Cénacle, et le prêtre chante : « Que le Saint-Esprit vienne et descende sur chacun de vous. »[164]
Pour les Arméniens, pendant les cinquante jours, « chaque jour est dimanche », selon le mot de saint Jean d'Odzoun (VIIIᵉ siècle). Le jour de la Pentecôte, le prêtre interrompt la prière eucharistique du Badarak, la divine liturgie, avant les paroles « Prenez, mangez », pour lire trois prières venues de l'ancienne liturgie de Jérusalem, chacune adressée à une Personne de la Trinité ; après chacune, les fidèles se prosternent trois fois. Attribuées à saint Jean Chrysostome, ces prières font de la génuflexion un acte d'adoration plus que de pénitence, et le bénédictin Charles Renoux a supposé que les versions arménienne et byzantine dérivent d'un modèle commun[165].
Les maronites, Église catholique de tradition syriaque, ouvrent avec la Pentecôte la plus longue saison de leur année liturgique. Ils y adorent la Trinité à genoux, le genou gauche fléchi pour le Père, le droit pour le Fils, les deux pour l'Esprit, avant la bénédiction et l'aspersion d'eau bénite[166].
La fête verte
Dans les Églises slaves, la Pentecôte est aussi la fête de la verdure. Le P. Thomas Hopko, dans l'exposé de la foi publié par l'Église orthodoxe en Amérique, décrit l'église « décorée de fleurs et des feuilles vertes de l'été, pour montrer que le Souffle divin de Dieu vient renouveler toute la création » ; l'icône de la Trinité, les trois anges apparus à Abraham, est souvent placée ce jour-là au centre de l'église[167]. Les gréco-catholiques ukrainiens en tirent le nom populaire de la fête, Zeleni Sviata, la « fête verte », et leur catéchisme assigne aux ornements la couleur verte pour la Pentecôte[168]. Chez les catholiques byzantins de tradition ruthène, on choisit de préférence des branches de tilleul ; le vert du feuillage, reçu comme « symbole de la vie divine que nous apporte le Saint-Esprit », explique les ornements verts portés pendant la fête et son après-fête[169].
En Russie, les jeunes bouleaux dont on ornait églises et maisons ont même occupé le Saint-Synode. Un périodique pastoral de 1889, cité par l'encyclopédie Azbuka very, rappelle que cette ornementation venait « non des règles de l'Église, mais de la coutume populaire » : le Synode avait interdit en 1875 d'y employer de jeunes bouleaux, en permettant fleurs, arbustes et branches, et le consistoire de Novgorod demandait pourtant au clergé de maintenir l'antique coutume de la verdure[170]. L'usage des ornements verts est lui-même assez récent : le Typikon ne fixe pas les couleurs, et l'usage aujourd'hui répandu en Russie ne s'est formé que dans la seconde moitié du XXᵉ siècle[171]. La Pentecôte orientale garde ainsi les deux visages de la fête : l'adoration de la Trinité à genoux, et la création qui reverdit sous le souffle de l'Esprit.
Neuf jours au Cénacle : la préparation et la prière de la Pentecôte
La Pentecôte a sa préparation propre, que la tradition regarde comme la première des neuvaines : pour la Catholic Encyclopedia, c'est dans « la première neuvaine de la Pentecôte » que le Christ a donné à l'Église le modèle de toutes les autres[172]. Après l'Ascension, les disciples revinrent à Jérusalem et montèrent à la chambre haute : « Tous, d'un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères » (Ac 1, 14)[173]. Du vendredi qui suit l'Ascension au samedi qui précède la Pentecôte, on compte neuf jours, que la liturgie consacre à « une préparation à la venue de l'Esprit-Saint Paraclet »[174]. Le pape Léon XIII, qui l'avait recommandée en 1895 pour hâter l'unité des chrétiens, en a fait deux ans plus tard une règle pour toute l'Église : « Nous décrétons donc et Nous ordonnons que dans tout le monde catholique, cette année et les suivantes, une neuvaine soit faite avant la Pentecôte dans toutes les églises paroissiales »[175]. Cette histoire est racontée dans l'article Ascension du Seigneur, qui ouvre ces neuf jours.
Le Directoire sur la piété populaire et la liturgie, publié en 2001 par la Congrégation pour le culte divin, souligne le prix de la veillée qui les couronne :
« Il convient de noter l'importance de la célébration de la Messe de la Vigile, spécialement dans l'église cathédrale et aussi dans les paroisses ; de fait, celle-ci revêt le caractère d'une prière intense et persévérante de la communauté chrétienne tout entière, en s'inspirant de l'exemple des apôtres réunis dans une prière unanime avec la Mère du Seigneur. » — Directoire sur la piété populaire et la liturgie, n° 156 (2001)[176]
Le même texte relève les formes que prend, dans la vie des fidèles, la mémoire de la fête : on invoque l'Esprit avec les chants mêmes de la Pentecôte, le Veni, Creator et le Veni, Sancte Spiritus, ou par de brèves supplications comme Emitte Spiritum tuum et creabuntur, « Envoie ton Esprit et ils seront créés » (Ps 103, 30), surtout au début d'un travail ou dans l'épreuve ; le troisième mystère glorieux du Rosaire fait méditer la descente de l'Esprit ; et les fidèles se savent marqués de cet Esprit depuis leur confirmation. Il note encore que, « dans certaines communautés, la Pentecôte est célébrée comme “une journée de la souffrance pour les missions” »[177]. Car la Pentecôte, qui commence par une prière de neuf jours, s'achève par un envoi : ceux qui priaient au Cénacle en sortent pour annoncer « les merveilles de Dieu » dans toutes les langues (Ac 2, 11)[178].
La Pentecôte dans la piété et la culture
La fête ne s'est jamais vécue seulement à l'autel. Pour dire le vent, le feu et la joie du don de l'Esprit, les chrétiens ont fait entrer dans les églises des fleurs, des trompettes et des colombes, et les peintres ont cherché à montrer un événement que les Apôtres eux-mêmes n'avaient perçu qu'à travers des signes.
Fleurs, trompettes et colombes
L'usage de fleurir la fête est ancien. Saint Jean Chrysostome demandait déjà à ses auditeurs de la célébrer « en décorant nos âmes de toutes les vertus, plutôt qu'en ornant de fleurs l'entrée de nos maisons, et en revêtant nos murs de tapis superbes » : on décorait donc les maisons ce jour-là, et le prédicateur rappelait seulement ce qui comptait davantage[179].
Au XIIIᵉ siècle, Guillaume Durand, évêque de Mende, décrit dans son Rational des divins offices, écrit en 1286, ce que l'on faisait de son temps dans les églises le jour de la Pentecôte :
« […] pour représenter ce bruit, dans certaines églises on sonne de la trompette, pendant le chant de la séquence ou prose ; car l'Esprit saint est venu comme un vent impétueux […]. En ce jour aussi on lance des feux d'en haut, parce que l'Esprit saint descendit sur les disciples en forme de langues de feu. On jette aussi diverses fleurs pour marquer la joie et la diversité des langues et des vertus. On lâche encore des colombes dans l'Eglise pour désigner l'envoi même du Saint-Esprit. » — Guillaume Durand, Rational des divins offices, VI, 107, 11[180]
Les livres liturgiques des diocèses précisaient ces gestes. L'Ordinaire de l'Église de Rouen, que cite le traducteur de Durand, prescrivait qu'au moment où l'on entonnait le Veni Creator, les serviteurs du trésorier, postés dans les galeries basses du clocher, jettent « des feuilles de chêne, des nieules (sorte d'oublies) et des étoupes enflammées en grande quantité » ; à partir du Gloria, on laissait voler vers le chœur de petits oiseaux, et l'on ne s'arrêtait qu'à l'Évangile[181]. En France, rapporte encore la Catholic Encyclopedia, on sonnait de la trompette pendant l'office pour rappeler le bruit du vent violent qui accompagna la descente de l'Esprit[182]. Ces usages disent une foi qui voulait que la fête se voie, s'entende et se respire.
La pluie de roses du Panthéon
À Rome, ce langage des fleurs a trouvé un lieu célèbre : le Panthéon, ancien temple païen consacré au culte chrétien le 13 mai 609 sous le nom de Sainte-Marie-aux-Martyrs[183]. Au XIIᵉ siècle déjà, le chanoine Benoît de Saint-Pierre y signale une station pontificale le « dimanche de la Rose » : le pape devait y chanter la messe et prêcher sur la venue de l'Esprit Saint, « car du haut du temple on jette des roses en figure de ce même Esprit Saint ». Ce dimanche était alors celui qui suit l'Ascension, une semaine avant la Pentecôte[184].
Aujourd'hui, c'est le jour même de la Pentecôte que la pluie de roses tombe sur la basilique. Après la messe solennelle, vers midi, les pompiers de Rome laissent tomber par l'oculus, l'ouverture d'environ neuf mètres qui perce le sommet de la coupole, des milliers de pétales de roses rouges ; la coutume a été rétablie en 1995[185].
Le nom de « Pâque des roses » donné à la fête en Italie et en Espagne reçoit deux explications. Pour Frederick Holweck, il vient des pétales que l'on répandait des voûtes en souvenir des langues de feu[186] ; pour le glossaire de Du Cange, plus simplement, de la saison, la Pentecôte tombant « au temps des roses »[187]. L'italien parle encore de pasqua rosa[188].
Peindre l'invisible : de Rabbula au Kosmos
Le récit des Actes ne nomme pas Marie au moment où l'Esprit descend ; il la montre quelques versets plus tôt, priant avec les Apôtres au Cénacle (Ac 1, 14). Les peintres ont réuni les deux scènes. Dans un tétraévangile syriaque copié en février 586 par un scribe nommé Rabbula, au monastère de Beth Mar Yuḥanon de Beth Zagba, en Syrie, et conservé aujourd'hui à la bibliothèque Laurentienne de Florence, la page de la Pentecôte place déjà Marie au centre, debout parmi les apôtres[189]. Les spécialistes discutent seulement pour savoir si le cahier d'images appartenait dès l'origine au manuscrit daté ; l'ancienneté de ces miniatures, sans doute du VIᵉ siècle, n'est pas en cause[190].
L'icône byzantine a fixé un autre schéma. Le Guide de la peinture de Denys de Fourna, recueil de prescriptions des iconographes grecs traduit en français en 1845, le décrit ainsi :
« La descente du Saint-Esprit. Une maison. Les douze apôtres assis en cercle. Au-dessous d'eux, une petite voûte au milieu de laquelle un homme âgé tient à deux mains, devant lui, une nappe dans laquelle il y a douze cartels roulés ; il porte une couronne sur la tête. Au-dessus de lui, cette inscription : le monde. Dans le haut de la maison, le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe ; tout autour, une grande lumière. Douze langues de feu s'échappent de cette colombe et se reposent sur chacun des apôtres. » — Denys de Fourna, Guide de la peinture, trad. Paul Durand[191]
Ce vieillard couronné, le Kosmos, est le monde qui attend l'Évangile. Pour l'archéologue Adolphe-Napoléon Didron, qui publia cette traduction, il annonce que les apôtres vont se disperser par toute la terre ; les douze rouleaux sont la prédication écrite en douze langues, « dont chaque apôtre va prendre la sienne », et cette figure est « tout à fait propre aux Byzantins »[192]. Au monastère de Chilandar, au mont Athos, le prophète Joël, qui avait annoncé « Je répandrai mon esprit sur toute chair », tient sa place, couronné lui aussi et portant les douze rouleaux[193]. Une icône du monastère Saint-Néophyte, près de Paphos, peinte en 1544 par Joseph Chourris, en donne un exemple daté[194].
De la pluie de roses au vieillard couronné, l'art chrétien a cherché à dire la même chose : un feu qui ne détruit pas, une joie qui déborde des églises, et un monde entier qui attend de recevoir, chacun dans sa langue, la Parole que l'Esprit fait annoncer.
Objections et réponses
La fête suscite quelques questions récurrentes. Elles touchent à son origine, à la cohérence des Évangiles qu'elle proclame et à l'évolution de son calendrier ; chacune a une réponse précise.
La Pentecôte n'est-elle qu'une fête juive reprise par les chrétiens ?
Objection. La Pentecôte existait avant le christianisme : c'était une fête agricole d'Israël, celle des moissons. Les chrétiens n'auraient fait que la recouvrir d'un nouveau sens.
Réponse. Le lien avec la fête juive n'est pas une reconstruction tardive : il est écrit dans le texte fondateur lui-même, qui date le don de l'Esprit du « jour de la Pentecôte » (Ac 2, 1)[195]. Les premiers chrétiens étaient des Juifs qui continuaient d'observer cette fête : saint Paul se hâte d'être à Jérusalem « le jour de la Pentecôte » (Ac 20, 16) et reste à Éphèse « jusqu'à la Pentecôte » (1 Co 16, 8)[196]. L'Église ne prétend pas avoir inventé la date : elle confesse que le même Dieu a donné sa Loi à Israël et son Esprit à l'Église, et que la première fête préparait la seconde. C'est ce que lisent les Pères, de saint Augustin à saint Léon le Grand, et ce que dit déjà saint Irénée lorsqu'il voit l'Esprit offrir au Père « les prémices de tous les peuples » — le vocabulaire même de la fête des moissons, porté à sa plénitude[197]. Une moisson accomplie n'est pas une fête volée : c'est une promesse tenue.
Jean et Luc se contredisent-ils sur le don de l'Esprit ?
Objection. Selon saint Jean, le Christ ressuscité souffle sur les disciples et leur dit « Recevez l'Esprit Saint » dès le soir de Pâques (Jn 20, 22) ; selon saint Luc, l'Esprit descend cinquante jours plus tard (Ac 2). Les deux récits seraient incompatibles.
Réponse. La liturgie de la Pentecôte répond d'elle-même : le jour de la fête, l'année A, elle proclame les deux textes à la suite, Actes 2 en première lecture et Jean 20, 19-23 comme Évangile[198]. L'Église les tient ensemble parce qu'ils décrivent deux moments d'un même don. Saint Augustin, prêchant le jour de l'Ascension, part du verset que l'Église proclame à la messe de la veille de la Pentecôte : « il ne pouvait y avoir l'Esprit puisque Jésus n'avait pas encore été glorifié » (Jn 7, 39)[199] : glorifié deux fois, par la Résurrection et par l'Ascension, le Christ a donné deux fois l'Esprit, une première fois en soufflant sur ses disciples, une seconde fois « dix jours » après l'Ascension, « à la solennité de la Pentecôte ». Il ajoute avec une humilité remarquable qu'il ne connaît pas la raison certaine de ce double don, puis propose la sienne :
« J'estime donc, mais ce n'est qu'une estimation, que l'Esprit Saint a été donné deux fois pour que nous soient recommandés les deux préceptes de la charité. […] Reçois l'Esprit Saint sur la terre, et tu aimes ton frère ; reçois-le du ciel, et tu aimes Dieu. » — Saint Augustin, Sermon 265, pour l'Ascension, 8, 9[200]
Le Catéchisme reprend la même articulation sans opposer les textes : le Christ a réalisé sa promesse de l'Esprit « d'abord le jour de Pâques (Jn 20, 22) et ensuite, de manière plus éclatante le jour de la Pentecôte »[201]. Un don intérieur au cercle des Apôtres, puis une effusion publique, devant les nations : la différence des récits est celle des deux temps d'une même largesse.
Pourquoi l'octave de la Pentecôte a-t-elle disparu ?
Objection. Pendant des siècles, la Pentecôte a eu son octave, comme Pâques et Noël. En la supprimant en 1969, l'Église aurait diminué la fête de l'Esprit Saint.
Réponse. La norme elle-même ne garde plus d'octave qu'à Pâques et à Noël, « les très grandes solennités »[202]. Le commentaire que le Conseil chargé de la réforme liturgique joignit en 1969 au nouveau calendrier — un commentaire que le volume présente lui-même comme non officiel — en donne la raison, et elle va dans le sens inverse de l'objection. La structure native du temps pascal, explique-t-il, est de durer cinquante jours : il commence à la Vigile pascale et s'achève le dimanche de la Pentecôte, « comme l'atteste la tradition antique et universelle de l'Église, qui a toujours célébré l'espace de la Pentecôte comme un seul jour de fête » ; c'était encore l'usage de la liturgie romaine au temps de saint Léon le Grand. L'octave n'est apparue qu'au VIIᵉ siècle, « lorsque la fête de la Pentecôte commença d'être célébrée uniquement comme l'anniversaire de la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres » et que son lien vital avec le temps pascal fut oublié. Les études contemporaines sur le mystère pascal ayant remis en lumière « le lien intime entre le don de l'Esprit Saint et la résurrection et l'ascension du Seigneur », beaucoup souhaitèrent la suppression de l'octave, « ce qui fut fait »[203]. Supprimer l'octave, c'était rendre à la Pentecôte sa place de sceau des cinquante jours ; en contrepartie, les jours qui séparent l'Ascension de la Pentecôte ont reçu des textes propres qui rappellent les promesses du Christ sur l'effusion de l'Esprit[204]. Le Missel romain de 1962, qui conserve l'octave, garde la mémoire de l'usage antérieur.
Pourquoi la Pentecôte n'est-elle pas toujours fêtée le même jour en Orient et en Occident ?
Objection. Si la Pentecôte commémore un événement unique, il serait logique que tous les chrétiens la célèbrent le même jour.
Réponse. La Pentecôte dépend entièrement de Pâques : elle tombe quarante-neuf jours après. Or les Églises orthodoxes calculent la date de Pâques avec le calendrier julien, tandis que l'Église catholique emploie le calendrier grégorien. Les deux Pentecôtes coïncident donc chaque fois que Pâques coïncide — en 2025, 2028, 2031 et 2034 — et diffèrent d'une, quatre ou cinq semaines les autres années (voir le tableau plus haut). La divergence ne porte ni sur la foi ni sur le sens de la fête, mais sur un calcul astronomique ; elle est exposée dans Pourquoi Pâques change-t-elle de date ?.
La Pentecôte dans la voix des saints et des papes
Les saints n'ont pas seulement commenté le récit des Actes : ils ont vécu la fête, l'ont préparée et l'ont attendue comme un jour où Dieu donne.
Saint Bernard : « la solennité du Saint-Esprit »
Au XIIᵉ siècle, saint Bernard de Clairvaux ouvre ainsi son premier sermon pour le jour de la Pentecôte, prêché à ses moines. Il y donne la raison profonde de la fête : on célèbre les saints, il faut plus encore célébrer Celui qui les fait saints.
« Nous célébrons aujourd'hui, mes très chers frères, la solennité du Saint-Esprit : elle appelle toute notre joie, elle est digne de toute notre dévotion, car le Saint-Esprit est en Dieu quelque chose de doux ; c'est la bonté de Dieu, et il est Dieu tout ensemble. Si donc nous célébrons les fêtes des saints, à plus juste titre faut-il solenniser celui qui les a rendus saints. […] C'est donc aujourd'hui le jour où l'Esprit-Saint d'invisible s'est rendu visible. » — Saint Bernard de Clairvaux, Premier sermon pour la fête de la Pentecôte, 1[205]
À la fin de son dernier sermon pour l'Ascension, il indiquait aussi comment se disposer à la fête : « surtout aux approches de ce grand jour de fête, livrons-nous tous ensemble avec plus de ferveur, d'instance, de confiance et de persévérance à la prière »[206].
Saint François de Sales : « il ne faut entendre qu'à recevoir »
Le jour de la Pentecôte 1611, le 22 mai, l'évêque de Genève écrit d'Annecy à Jeanne de Chantal, avec qui il a fondé la Visitation l'année précédente. Il voulait lui faire un cadeau ; il se ravise :
« Ah ! que je voudrois bien vous faire quelque don, ma chere Fille ; mays, outre que je suis si pauvre, il n'est pas convenable qu'au jour auquel le Saint Esprit fait ses presens, nous nous amusions a vouloir faire les nostres ; il ne faut entendre qu'a recevoir au jour de cette grande largesse. […] Ce feu sacré qui change tout en soy, veuille bien transmüer nostre cœur, affin qu'il ne soit plus qu'amour et qu'ainsy nous ne soyons plus aymans, mais amour. » — Saint François de Sales, lettre à sainte Jeanne de Chantal, Annecy, 22 mai 1611 (jour de la Pentecôte)[207]
Neuf ans plus tard, il transmet à une religieuse ce qu'il vient d'écrire aux carmélites « sur les dispositions pour bien recevoir le Saint Esprit a cette grande feste de la Pentecoste », et l'invite à ne pas se décourager de ses fautes, « car souvent ce divin Esprit est plus liberal de ses dons a ceux qui luy ont esté plus avares de leur cœur »[208]. La fête, chez lui, est toute confiance : on n'y apporte rien, on y reçoit tout.
Sainte Thérèse de Lisieux : deux Pentecôtes
La vie de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus est marquée par deux dimanches de Pentecôte. Le 13 mai 1883, jour de la Pentecôte, ses sœurs prient devant la statue de la Vierge placée près du lit de l'enfant malade ; la fillette voit la Vierge lui sourire et se trouve guérie[209]. Quatre ans plus tard, elle choisit ce même jour pour demander à son père la permission d'entrer au Carmel :
« Pour faire ma grande confidence je choisis le jour de la Pentecôte, toute la journée je suppliai les Sts Apôtres de prier pour moi, de m'inspirer les paroles que j'allais avoir à dire... N'était-ce pas eux en effet qui devaient aider l'enfant timide que Dieu destinait à devenir l'apôtre des apôtres par la prière et le sacrifice ?... Ce ne fut que l'après-midi en revenant des vêpres que je trouvai l'occasion de parler à mon petit Père chéri. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit A, fol. 50 r° (Pentecôte, 29 mai 1887)[210]
Louis Martin pleure, ne dit pas un mot pour la détourner de sa vocation, et lui donne une petite fleur blanche cueillie au mur du jardin[211]. Dix ans après, quelques mois avant sa mort, Thérèse rapproche elle-même cette date d'une grâce reçue par son frère spirituel, l'abbé Bellière : « c'est aussi le jour de cette belle fête (il y a 10 ans) que j'ai obtenu, non de mon directeur, mais de mon père la permission de me faire apôtre au Carmel »[212]. La petite voie y est déjà tout entière : une enfant timide qui, le jour où l'Esprit fit des Apôtres, demande aux Apôtres de prier pour elle.
Marie des Vallées : le déluge de feu de l'Esprit
Au XVIIᵉ siècle, en Normandie, la mystique Marie des Vallées (1590-1656), dont saint Jean Eudes fut le confident, a laissé une méditation qui part du chant d'entrée de la Pentecôte, Spiritus Domini replevit orbem terrarum, « l'Esprit du Seigneur remplit l'univers ». Elle rapporte que le Seigneur lui donna ces paroles, et elle les entend de « ces temps auxquels le Saint-Esprit mettra le feu de l'Amour divin par toute la terre »[213] :
« Car il y a trois déluges et qui tous trois sont tristes et qui sont envoyés pour détruire le péché. Le premier déluge, c'est celui du Père éternel qui a été le déluge d'eau. Le second, c'est le déluge du sang du Fils de Dieu. Le troisième, c'est le déluge du Saint-Esprit qui sera un déluge de feu. Mais il sera triste parce qu'il trouvera beaucoup de résistance et quantité de bois vert qui sera difficile à brûler. » — Marie des Vallées, Vie admirable de Marie des Vallées, livre II, chap. 70[214]
Ce feu est « le feu de l'Amour divin », qui détruit le péché en embrasant la terre : celui-là même que l'Église demande à chaque Pentecôte (« Allume en eux le feu de ton amour », chante l'acclamation de l'Évangile)[215]. Cette lecture trinitaire de l'histoire — le Père et l'eau, le Fils et le sang, l'Esprit et le feu — rejoint, deux siècles et demi plus tard, celle des trois Fiat de la Création, de la Rédemption et de la Sanctification dans les écrits de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta, présentée dans l'article La Divine Volonté. Il s'agit d'écrits mystiques privés, qui nourrissent la prière de la fête sans s'ajouter à l'enseignement de l'Église.
Les papes et la fête : de Jean XXIII à Léon XIV
Les papes du XXᵉ siècle ont fait de la Pentecôte le jour où l'Église demande d'être renouvelée. Jean XXIII, dès avril 1959, demandait que la neuvaine qui précède la fête soit faite « avec plus de ferveur », afin qu'« une sorte de nouvelle Pentecôte sourie à la famille chrétienne » ; et la prière pour le concile, qui montait alors chaque jour de toutes les parties du monde, en reprend la formule : « Renouvelle en notre temps tes merveilles comme par une nouvelle Pentecôte »[216]. Le 20 mai 1963, deux semaines avant sa mort, il adressait encore aux évêques une exhortation sur la neuvaine : « Durant les neuf jours qui précèdent la très sainte fête de la Pentecôte, l'Église notre Mère se rassemble en suppliante pour attendre la venue de l'Esprit Saint Paraclet. »[217]
Le 30 mai 1998, veille de la Pentecôte, saint Jean-Paul II réunit place Saint-Pierre les mouvements ecclésiaux et les communautés nouvelles : « Comme alors les Apôtres, nous nous trouvons nous aussi rassemblés dans un grand cénacle de Pentecôte, aspirant à l'effusion de l'Esprit. »[218] Benoît XVI, en 2009, mettait en garde contre une fête réduite à un rite :
« Si nous ne voulons pas que Pentecôte se réduise à un simple rite ou à une commémoration, même suggestive, mais qu'elle soit un événement actuel de salut, nous devons nous préparer dans une attente religieuse au don de Dieu, par l'écoute humble et silencieuse de sa Parole. » — Benoît XVI, homélie de la Pentecôte, 31 mai 2009[219]
Le pape François proposait d'en faire une prière de chaque matin : « Dire, au réveil : Viens, Esprit Saint, viens dans mon cœur, viens dans ma journée »[220]. Et le pape Léon XIV, le 24 mai 2026, a résumé en une phrase ce que dit le calendrier de l'Église :
« Aujourd'hui le temps pascal trouve en cette solennité de la Pentecôte, son accomplissement. […] C'est pourquoi la Pentecôte est une fête pascale et la fête du corps du Christ, que nous sommes par grâce. » — Léon XIV, homélie de la messe de la Pentecôte, basilique Saint-Pierre, 24 mai 2026[221]
Pour aller plus loin
Articles Ignispedia connexes
- La Pentecôte et la naissance de l'Église — le récit d'Actes 2, la prédication de Pierre, Marie au Cénacle et la naissance visible de l'Église.
- Pourquoi la Pentecôte est-elle importante ? — ce que change le don de l'Esprit : la Trinité révélée, Babel renversée, la loi nouvelle, la confirmation, les dons et les fruits.
- L'Esprit Saint, les charismes et les dons spirituels — l'action de l'Esprit dans la vie de l'Église et du chrétien.
- Pâques et Ascension du Seigneur — la solennité qui ouvre les cinquante jours et celle de leur quarantième jour.
- Vigile pascale (nuit de Pâques) — la première nuit baptismale de l'année, modèle de l'ancienne vigile de Pentecôte.
- Sainte Trinité — la solennité du dimanche qui suit la Pentecôte.
- L'année liturgique, Le temps ordinaire et Le dimanche — la place de la Pentecôte dans le cycle de l'année.
- Pourquoi Pâques change-t-elle de date ? — le comput pascal, dont dépend la date de la Pentecôte.
- La confirmation et Le baptême — les sacrements que la Pentecôte a longtemps vus conférer pendant sa vigile.
- La liturgie orientale et Les icônes byzantines — la Pentecôte des Églises d'Orient.
- La musique grégorienne — le chant du Veni Creator et de la séquence Veni, Sancte Spiritus.
- Saint Irénée de Lyon, saint Basile le Grand, saint Jean Chrysostome, saint Augustin d'Hippone et saint Léon le Grand — les Pères qui ont expliqué la fête des cinquante jours.
- Saint Bernard de Clairvaux, saint François de Sales, sainte Jeanne de Chantal, sainte Thérèse de Lisieux et saint Jean Eudes — les saints dont la Pentecôte a marqué la vie et la prière.
- Léon XIII, saint Jean XXIII, saint Jean-Paul II, Benoît XVI et le pape François — les papes de la neuvaine et de la « nouvelle Pentecôte ».
- La théologie de l'icône — pour lire l'icône byzantine de la descente de l'Esprit.
- La Divine Volonté et Luisa Piccarreta (1865-1947) — pour approfondir la lecture de la fête dans les écrits de la Servante de Dieu.
Sources principales
- Bible, traduction liturgique officielle (AELF) : Exode 19 ; Lévitique 23, 15-22 ; Deutéronome 16, 9-12 ; Tobie 2, 1 ; 2 Maccabées 12, 31-32 ; Actes 1, 14 ; 2, 1-11 et 20, 16 ; 1 Corinthiens 16, 8 ; Jean 20, 19-23.
- Catéchisme de l'Église catholique, § 1287.
- Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier (Paul VI, Mysterii paschalis, 14 février 1969) et Calendarium Romanum, 1969 ; Sacrée Congrégation des Rites, décret Cum nostra hac aetate et instruction du 16 novembre 1955.
- Missale Romanum de 1474, de 1570 et de 1962 ; Missale Romanum, editio typica tertia, 2002 (et Supplementum de 2008) ; Missel romain, traduction française de 2021 ; Présentation générale du Missel romain ; lectionnaire et Liturgie des Heures (AELF).
- Congrégation pour le culte divin, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, 2001, et décret Ecclesia Mater, 11 février 2018 ; Pénitencerie apostolique, Enchiridion indulgentiarum, 1999.
- Livre des Jubilés ; Flavius Josèphe, Antiquités juives, III ; Talmud de Babylone, Pesahim 68b.
- Tertullien, Sur le baptême et La Couronne ; Origène, Contre Celse, VIII ; conciles d'Elvire (canon 43) et de Nicée (canon 20) ; Eusèbe de Césarée, Vie de Constantin, IV ; saint Basile, Sur le Saint-Esprit ; Constitutions apostoliques, V ; Égérie, Journal de voyage ; saint Jean Chrysostome, Homélies sur la Pentecôte ; saint Augustin, Lettre 55 et Sermon 265 ; pape Sirice, lettre à Himère (385) ; saint Léon le Grand, Lettre 16 et Sermons 75 et 78 ; saint Irénée, Contre les hérésies, III, 17.
- Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, Iᵃ-IIᵃᵉ, q. 102-103 ; Guillaume Durand, Rational des divins offices, VI, 107.
- Léon XIII, bref Provida Matris caritate (1895) et encyclique Divinum illud munus (1897) ; saint Jean XXIII, saint Jean-Paul II, Benoît XVI, François et Léon XIV (homélies et messages de la Pentecôte).
- Frederick G. Holweck, « Pentecost (Whitsunday) », et Hugh T. Henry, « Veni Creator Spiritus » et « Veni Sancte Spiritus », The Catholic Encyclopedia, 1912 ; John Julian, A Dictionary of Hymnology, 1907 ; G. M. Dreves, C. Blume et H. M. Bannister, Analecta hymnica, t. 50 et 54.
- Pravoslavnaïa entsiklopedia (Moscou), articles « Пятидесятница », « Вселенские субботы », « Всех святых неделя » et « Петров пост » ; Office de la Pentecôte, édition bilingue slavon-français, Genève, 2022 ; Synode de l'Église gréco-catholique ukrainienne, Christ – Our Pascha, 2016.
- Denys de Fourna, Guide de la peinture, trad. P. Durand, dans A.-N. Didron, Manuel d'iconographie chrétienne, Paris, 1845 ; L. Van Rompay, « Rabbula Gospels », Gorgias Encyclopedic Dictionary of the Syriac Heritage.
- Code du travail, art. L3133-1 ; lois n° 2004-626 du 30 juin 2004 et n° 2008-351 du 16 avril 2008.
Notes et références
Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier (approuvées par Paul VI, motu proprio Mysterii paschalis, 14 février 1969), n° 22 ; texte français reproduit par ceremoniaire.net (« Normes universelles de l'Année liturgique et du Calendrier »). La note du n° 22 renvoie à saint Athanase, Lettre festale (PG 26, 1366). Texte anglais officiel : « The fifty days from the Sunday of the Resurrection to Pentecost Sunday are celebrated in joy and exultation as one feast day, indeed as one 'great Sunday'. These are the days above all others in which the Alleluia is sung. »
1 16 17Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, Tableau des jours liturgiques selon leur ordre de préséance, I, 2 : « Nativité du Seigneur, Épiphanie, Ascension et Pentecôte. Dimanches de l'Avent, du Carême et de Pâques » (texte anglais officiel : « The Nativity of the Lord, the Epiphany, the Ascension, and Pentecost. Sundays of Advent, Lent, and Easter »).
2 23Talmud de Babylone, traité Pesahim, 68b, édition William Davidson (Koren-Steinsaltz), sefaria.org : rabbi Éléazar enseigne que pour Atséret, la fête de Chavouot, la joie du repas est requise, « parce que c'est le jour où la Torah a été donnée » (« It is the day on which the Torah was given »).
3 37 40Lectionnaire romain, solennité de la Pentecôte, messe de la veille au soir et messe du jour (année A), traduction liturgique AELF, aelf.org, 23-24 mai 2026.
4 30 89 90 104 105 178 198 199 215Tertullien, Sur le baptême (De baptismo), 19, 2-3, éd. et trad. anglaise d'E. Evans, Tertullian's Homily on Baptism, Londres, SPCK, 1964 (tertullian.org) ; traduction de l'article. Texte original : « exinde pentecoste ordinandis lavacris laetissimum spatium est, quo et domini resurrectio inter discipulos frequentata est et gratia spiritus sancti dedicata et spes adventus domini subostensa […] diem significat et pentecostes, qui est proprie dies festus. ceterum omnis dies domini est: omnis hora, omne tempus habile baptismo: si de sollemnitate interest, de gratia nihil refert. » Certains témoins anciens lisent latissimum (« très large ») au lieu de laetissimum (« très joyeux ») ; Hefele-Leclercq suit cette leçon.
5 48 49 67Tobie 2, 1 et 2 Maccabées 12, 31-32, traduction AELF.
6 35Actes des Apôtres 2, 1, texte de la Nova Vulgata (vatican.va) : « Et cum compleretur dies Pentecostes, erant omnes pariter in eodem loco » ; traduction AELF : « Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours après Pâques, ils se trouvaient réunis tous ensemble ».
7 195Missale Romanum, editio typica tertia, Cité du Vatican, 2002, « Dominica Pentecostes — Ad Missam in Vigilia » : rubrique « Hæc Missa adhibetur vespere sabbati sive ante sive post I Vesperas dominicæ Pentecostes » ; collecte : « Omnipotens sempiterne Deus, qui paschale sacramentum quinquaginta dierum voluisti mysterio contineri, præsta, ut, gentium facta dispersione, divisiones linguarum ad unam confessionem tui nominis cælesti munere congregentur » (traduction de l'article).
8 87 88Frederick G. Holweck, « Pentecost (Whitsunday) », The Catholic Encyclopedia, vol. 15, New York, Robert Appleton Company, 1912 (newadvent.org) ; traduction de l'article. Passages cités : « Whitsunday is so called from the white garments which were worn by those who were baptised during the vigil; Pentecost ("Pfingsten" in German), is the Greek for "the fiftieth" » ; « In Italy it was customary to scatter rose leaves from the ceiling of the churches to recall the miracle of the fiery tongues; hence in Sicily and elsewhere in Italy Whitsunday is called Pascha rosatum » ; « In France it was customary to blow trumpets during Divine service, to recall the sound of the mighty wind which accompanied the Descent of the Holy Ghost » ; « At Vespers of Pentecost in the Oriental Churches the extraordinary service of genuflexion, accompanied by long poetical prayers and psalms, takes place » ; « On Pentecost the Russians carry flowers and green branches in their hands » ; « Formerly the law courts did not sit during the entire week, and servile work was forbidden. A Council of Constance (1094) limited this prohibition to the first three days of the week. The Sabbath rest of Tuesday was abolished in 1771, and in many missionary territories also that of Monday; the latter was abrogated for the entire Church by Pius X in 1911 » ; sur l'octave : « in the West it was not kept with an octave until at quite a late date. It appears from Berno of Reichenau (d. 1048) that it was a debatable point in his time whether Whitsunday ought to have an octave » ; sur les origines : « the passage in 1 Corinthians 16:8 probably refers to the Jewish feast ».
9 10 11 47 71 75 76 119 139 182 186Entsiklopeditcheskiï slovar' Brockhaus-Efron (Saint-Pétersbourg), t. XXVa, 1898, articles « Пятидесятница » (Pentecôte) et « Троицын день » (Jour de la Trinité), ru.wikisource.org : la fête est passée dans l'Église « сохранив то же самое название, заменяемое иногда и другими — день св. Троицы, сошествие Св. Духа и пр. » (« en gardant le même nom, remplacé parfois par d'autres : jour de la Sainte-Trinité, Descente du Saint-Esprit, etc. ») ; « Троицын день, иначе Пятидесятница » (« Jour de la Trinité, autrement dit Pentecôte »). Traduction de l'article.
12La date de Pâques est le dimanche qui suit la pleine lune ecclésiastique tombant le 21 mars ou après ; elle ne peut donc tomber avant le 22 mars ni après le 25 avril, et la Pentecôte, quarante-neuf jours plus tard, entre le 10 mai et le 13 juin (voir l'article Ignispedia sur le calcul de la date de Pâques). Dates du tableau calculées par l'algorithme grégorien publié par Jean Meeus, Astronomical Algorithms, 2ᵉ éd., Richmond (Virginie), Willmann-Bell, 1998, chap. 8 « Date of Easter », et contrôlées sur le lectionnaire AELF (Pentecôte du 8 juin 2025, du 24 mai 2026 et du 16 mai 2027).
13 14Orthodox Church in America, 2026 OCA Desk Calendar, tableau « Paschal Cycle: 2026–2030 » (oca.org) : Pentecôte orthodoxe le 31 mai 2026, le 20 juin 2027, le 4 juin 2028, le 27 mai 2029 et le 16 juin 2030, en regard de la « Western Easter » (5 avril 2026, 28 mars 2027, 16 avril 2028, 1er avril 2029, 21 avril 2030). Années 2031-2035 : comput julien (Meeus, op. cit., même chapitre), converti dans le calendrier grégorien.
15Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 23 : « Les dimanches de ce temps sont considérés comme des dimanches de Pâques et, après le dimanche de la Résurrection, on les désigne comme les IIe, IIIe, IVe, Ve, VIe, VIIe dimanches de Pâques ; le dimanche de Pentecôte clôt cette période sacrée de cinquante jours. »
18Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 26.
19 174Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 44 : le temps per annum « commence de nouveau le lundi après le dimanche de Pentecôte et s'achève avant les premières vêpres du premier dimanche de l'Avent ».
20Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 6 c : « le dimanche après la Pentecôte, on célèbre la solennité de la Sainte Trinité ».
21Frederick G. Holweck, « Trinity Sunday », The Catholic Encyclopedia, vol. 15, New York, Robert Appleton Company, 1912 (newadvent.org) : « John XXII (1316-1334) ordered the feast for the entire Church on the first Sunday after Pentecost. […] Since it was after the first great Pentecost that the doctrine of the Trinity was proclaimed to the world, the feast becomingly follows that of Pentecost. »
22Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 11 : « Les solennités sont au nombre des jours principaux, dont la célébration commence avec les premières vêpres, au soir du jour précédent. Certaines solennités sont enrichies d'une messe propre de vigile, que l'on prend la veille au soir, si la messe est célébrée le soir. »
24Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, décret Ecclesia Mater sur la célébration de la bienheureuse Vierge Marie Mère de l'Église dans le calendrier romain général, 11 février 2018, signé par le cardinal Robert Sarah, préfet ; texte français et commentaire du cardinal Sarah publiés par le Bureau de presse du Saint-Siège, bulletin du 3 mars 2018 (press.vatican.va).
25 26 27 85Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, Notification sur la mémoire de la bienheureuse Vierge Marie, Mère de l'Église, 24 mars 2018 (vatican.va) : « Nevertheless, all else being equal, the Obligatory Memorial of the Blessed Virgin Mary, Mother of the Church is to be preferred. »
28Code du travail, art. L3133-1 (« Les fêtes légales ci-après désignées sont des jours fériés : […] 6° Le lundi de Pentecôte »), version en vigueur depuis le 10 août 2016 (code.travail.gouv.fr) ; loi n° 2004-626 du 30 juin 2004 relative à la solidarité pour l'autonomie des personnes âgées et des personnes handicapées, art. 2 (ancien art. L. 212-16 : « en l'absence de convention ou d'accord, la journée de solidarité est le lundi de Pentecôte »), texte initial reproduit dans le dossier documentaire de la décision du Conseil constitutionnel n° 2011-148/154 QPC ; loi n° 2008-351 du 16 avril 2008 relative à la journée de solidarité (texte définitif, senat.fr) ; Code du travail, art. L3133-11 et L3133-12 (modalités fixées par accord ou, à défaut, par l'employeur) ; service-public.gouv.fr (DILA), « Jours fériés » : lundi de Pentecôte, 25 mai 2026.
29Lévitique 23, 15-22, traduction liturgique AELF : compte des sept semaines, offrande des deux pains levés « en prémices pour le Seigneur », et loi de la glanure (v. 22).
31 34Exode 23, 16 (« la fête de la Moisson, celle des premiers fruits de ton travail ») ; Exode 34, 22 (« la fête des Semaines, des premiers fruits, de la moisson des blés ») ; Nombres 28, 26 (« le jour des Prémices, quand vous apporterez au Seigneur la nouvelle offrande de céréales pour la fête des Semaines »), traduction AELF.
32Deutéronome 16, 9-12 et 16, traduction AELF : « Tu compteras sept semaines […]. Puis tu célébreras la fête des Semaines en l'honneur du Seigneur ton Dieu » ; « avec toi se réjouiront […] l'immigré, l'orphelin et la veuve qui sont au milieu de toi » ; « Trois fois par an – à la fête des Pains sans levain, à la fête des Semaines et à la fête des Tentes –, tous les hommes paraîtront devant la face du Seigneur ton Dieu ».
33Flavius Josèphe, Antiquités juives, III, 10, 6 (§ 252), trad. anglaise de W. Whiston (penelope.uchicago.edu) ; texte grec, éd. B. Niese (Perseus). Texte de la traduction : « On the fiftieth day, which is Pentecost, but is called by the Hebrews Asartha ».
36Exode 19, 1, traduction AELF.
38Livre des Jubilés, 6, 17-21, trad. anglaise de R. H. Charles (sacred-texts.com) : la fête des Semaines célébrée « once a year, to renew the covenant every year » ; « it is the feast of weeks and the feast of first-fruits ». Le commentaire de Charles précise que le livre rattache la fête à l'alliance de Noé, et que le judaïsme postérieur l'a associée au don de la Loi au Sinaï.
39Saint Augustin, Lettre 55, 16, 30, texte latin de la Nuova Biblioteca Agostiniana (augustinus.it) ; traduction de l'article. Texte original : « Numera itaque a quartodecimo primi mensis die, quo factum est Pascha, usque ad diem tertium tertii mensis, et invenies decem et septem dies primi mensis, triginta secundi, tres tertii, qui fiunt quinquaginta. »
41Saint Augustin, Lettre 55 (seconde réponse aux questions de Janvier, vers 400), 16, 29, trad. française des Lettres de saint Augustin reproduite par la Bibliothek der Kirchenväter (Université de Fribourg, bkv.unifr.ch). Texte anglais : Nicene and Post-Nicene Fathers, 1ʳᵉ série, vol. 1, Buffalo, 1886 (newadvent.org).
42 43Saint Léon le Grand, Sermon 75 (premier sermon pour la Pentecôte), 1, Patrologie latine, t. 54, col. 400-401 (texte latin : earlychurchtexts.com ; trad. anglaise de C. L. Feltoe, Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 12, 1895, newadvent.org) ; traduction de l'article. Texte original : « magna mysteria in se et veterum sacramentorum continens et novorum […]. Sicut enim Hebraeo quondam populo ab Aegyptiis liberato, quinquagesimo die post immolationem agni lex data est in monte Sina; ita post passionem Christi, qua verus Dei Agnus occisus est, quinquagesimo a resurrectione ipsius die in apostolos plebemque credentium Spiritus sanctus illapsus est: ut facile diligens Christianus agnoscat initia veteris Testamenti evangelicis ministrasse principiis, et ab eodem Spiritu conditum foedus secundum, a quo primum fuerat institutum. »
44Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, Iᵃ-IIᵃᵉ, q. 103, a. 3, ad 4, trad. française des Éditions du Cerf (1984) ; voir aussi q. 102, a. 4, ad 10 (la Pentecôte de l'ancienne Loi rappelait le don de la Loi et signifiait la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres). Texte latin (éd. léonine, corpusthomisticum.org) : « Festo Pentecostes, in quo fuit data lex vetus, succedit festum Pentecostes in quo fuit data lex spiritus vitae. »
45Actes des Apôtres 20, 16 et 1 Corinthiens 16, 8, traduction AELF.
46 196Tertullien, De la couronne du soldat (De corona), 3, 4 ; traduction de l'article. Texte original : « Die dominico ieiunium nefas ducimus, uel de geniculis adorare. Eadem immunitate a die Paschae in Pentecosten usque gaudemus. »
50Origène, Contre Celse, VIII, 22 (vers 248), traduction française ancienne reproduite par remacle.org (« Origène : contre Celse, livre VIII ») ; édition de référence : M. Borret, Sources chrétiennes 150, Paris, Cerf, 1969. Texte grec : « τὰ περὶ τῶν παρ' ἡμῖν κυριακῶν ἢ παρασκευῶν ἢ τοῦ Πάσχα ἢ τῆς Πεντηκοστῆς δι' ἡμερῶν γινόμενα » (« ce que nous observons à jours fixes : les dimanches, les préparations, la Pâque ou la Pentecôte »).
51Concile de Nicée I (325), canon 20 ; traduction de l'article. Texte grec : « Ἐπειδή τινές εἰσιν ἐν τῇ Κυριακῇ γόνυ κλίνοντες, καὶ ἐν ταῖς τῆς Πεντηκοστῆς ἡμέραις· ὑπὲρ τοῦ πάντα ἐν πάσῃ παροικίᾳ φυλάττεσθαι, ἑστῶτας ἔδοξε τῇ ἁγίᾳ Συνόδῳ τὰς εὐχὰς ἀποδιδόναι τῷ Θεῷ. » Traduction anglaise : Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 14 (newadvent.org).
52Saint Basile de Césarée, Sur le Saint-Esprit (De Spiritu Sancto), XXVII, 66 (vers 375), traduction française de la bibliothèque de Benoît (« Traité sur l'Esprit Saint », orthodoxievco.net) ; édition de référence : B. Pruche, Sources chrétiennes 17 bis, Paris, Cerf, 1968.
53Saint Augustin, Lettre 55, 17, 32, texte latin (augustinus.it) ; traduction de l'article. Texte original : « Haec de Scripturis firmissime tenentur, id est Pascha et Pentecostes. […] Ut autem Alleluia per illos solos dies quinquaginta in Ecclesia cantetur, non usquequaque observatur […]; ipsis autem diebus ubique. Ut autem stantes in illis diebus et omnibus dominicis oremus, utrum ubique servetur ignoro. »
54Eusèbe de Césarée, Vie de Constantin, IV, 64, 1-2 ; texte grec (Wikisource, éd. I. A. Heikel) ; traduction de l'article. Texte original : « ἐπὶ τῆς μεγίστης συνετελεῖτο ἑορτῆς, τῆς δὴ πανσέπτου καὶ παναγίας πεντηκοστῆς, ἑβδομάσι μὲν ἑπτὰ τετιμημένης μονάδι δ' ἐπισφραγιζομένης, καθ' ἣν τὴν εἰς οὐρανοὺς ἀνάληψιν τοῦ κοινοῦ σωτῆρος τήν τε τοῦ ἁγίου πνεύματος εἰς ἀνθρώπους κάθοδον γεγενῆσθαι λόγοι περιέχουσι θεῖοι […] ἐπὶ τῆς ὑστάτης ἁπασῶν ἡμέρας, ἣν δὴ ἑορτὴν ἑορτῶν οὐκ ἄν τις διαμάρτοι καλῶν ». Pâques tombant le 3 avril 337 (calendrier julien), ce dernier jour de la cinquantaine était le 22 mai 337.
55Concile d'Elvire (vers 300 ; date discutée), canon 43, « De celebratione Pentecostes », texte latin (la.wikisource.org, Concilia Hispaniae) ; traduction de l'article. Texte original : « Pravam institutionem emendari placuit juxta auctoritatem Scripturarum, ut cuncti diem Pentecostes celebremus, ne si quis non fecerit novam haeresem induxisse notetur. » Variantes de quelques manuscrits : « non quadragesimam » ; « post Pascha quinquagesima teneatur, non quadragesima ». Voir C.-J. Hefele, Histoire des conciles, trad. et notes de H. Leclercq, t. I/1, Paris, Letouzey et Ané, 1907, p. 245-246 (archive.org), qui note : « L'interprétation de ce canon est fort controversée. » Sur la date, H. Leclercq (ibid., p. 212, note 3) : « Vers l'an 300, sans qu'il soit possible de préciser à une année près » ; Hefele le plaçait à l'automne de 305 ou 306.
56Constitutions apostoliques, V, 20 (vers 380), trad. anglaise des Ante-Nicene Fathers, vol. 7 (newadvent.org) ; texte grec et latin dans l'éd. F. X. Funk, Didascalia et Constitutiones Apostolorum, Paderborn, 1905 (archive.org) ; traduction de l'article. Texte de la traduction anglaise : « But after ten days from the ascension, which from the first Lord's day is the fiftieth day, keep a great festival: for on that day, at the third hour, the Lord Jesus sent on us the gift of the Holy Ghost […]. Therefore, after you have kept the festival of Pentecost, keep one week more festival, and after that fast; for it is reasonable to rejoice for the gift of God, and to fast after that relaxation ».
57Saint Jean Chrysostome, Deuxième homélie sur la Pentecôte, 1 et 3, trad. de l'abbé Auger revue, dans Œuvres complètes de saint Jean Chrysostome, trad. M. Jeannin, t. III, Bar-le-Duc, L. Guérin, 1864, p. 259-272 (fr.wikisource.org). Texte grec (Patrologia graeca 50) : « σήμερον δὲ λοιπὸν εἰς αὐτὸ τὸ τέλος ὑπηντήσαμεν τῶν ἀγαθῶν, εἰς αὐτὴν τὴν μητρόπολιν ἐφθάσαμεν τῶν ἑορτῶν, εἰς αὐτὸν τὸν καρπὸν παρεγενόμεθα τῆς τοῦ Κυρίου ἐπαγγελίας » (« aujourd'hui nous sommes parvenus au terme même des biens, nous sommes arrivés à la métropole même des fêtes, nous touchons au fruit même de la promesse du Seigneur », traduction de l'article).
58 59 179Sur la date : M. L. McClure et C. L. Feltoe, The Pilgrimage of Etheria, Londres, SPCK, 1919, introduction (archive.org), qui situe le voyage « towards the end of the fourth century, i.e. in the reign of Theodosius (†395) » ; la pèlerine s'adresse à ses lectrices en les appelant « dominae sorores » (Itinerarium 46, 1).
60Égérie, Journal de voyage (Itinerarium Egeriae), 41, texte latin (thelatinlibrary.com) ; traduction de l'article. Texte original : « A pascha autem usque ad quinquagesima, id est pentecosten, hic penitus nemo ieiunat, nec ipsi aputactitae qui sunt. » Édition et traduction française de référence : P. Maraval, Égérie, Journal de voyage (Itinéraire), Sources chrétiennes 296, Paris, Cerf, 1982.
61Égérie, Journal de voyage, 43, 1-9 (texte latin, thelatinlibrary.com ; trad. anglaise de M. L. McClure et C. L. Feltoe, The Pilgrimage of Etheria, Londres, SPCK, 1919) ; traduction de l'article. Extraits du texte original : « Quinquagesimarum autem die, id est dominica, qua die maximus labor est populo » (43, 1) ; « sed hora tertia plena in Syon sint » (43, 2) ; « legitur ille locus de actus apostolorum, ubi descendit spiritus, ut omnes linguae intellegerent, quae dicebantur » (43, 3) ; « Reuertitur ergo omnis populus unusquisque in domum suam resumere se, et statim post prandium ascenditur mons Oliueti, id est in Eleona, unusquisque quomodo potest, ita ut nullus christianus remaneat in ciuitate, qui non omnes uadent » (43, 4) ; « sic uenitur lente et lente » (43, 6) ; « hora noctis forsitan media » (43, 9).
62 63 64 65Égérie, Journal de voyage, 44, 1 : « Iam autem de alia die quinquagesimarum omnes ieiunant iuxta consuetudinem sicut toto anno ».
66Pape Sirice, Lettre décrétale à Himère, évêque de Tarragone (Directa ad decessorem, 385), chap. II, 3, texte latin (la.wikisource.org, d'après la Patrologie latine, t. 13, col. 1134-1135) ; traduction de l'article. Texte original : « cum hoc sibi privilegium et apud nos, et apud omnes ecclesias, dominicum specialiter cum Pentecoste sua Pascha defendat; quibus solis per annum diebus, ad fidem confluentibus generalia baptismatis tradi convenit sacramenta, his dumtaxat electis, qui ante quadraginta vel eo amplius dies nomen dederint, et exorcismis, quotidianisque orationibus atque ieiuniis fuerint expiati ».
68Saint Léon le Grand, Lettre 16 à tous les évêques de Sicile, datée du 21 octobre, sous le consulat de Calepius et d'Ardabur (« Calepio et Ardabure viris clarissimis consulibus »), soit en 447 selon la traduction des Nicene and Post-Nicene Fathers, chap. 4-5, trad. anglaise dans les Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 12 (newadvent.org) ; traduction de l'article d'après ce texte : « the solemn season of Pentecost, hallowed by the coming of the Holy Ghost is also allowed, being as it were, the sequel and completion of the Paschal feast. And while other festivals are held on other days of the week, this festival (of Pentecost) always occurs on that day, which is marked by the Lord's resurrection: holding out, so to say, the hand of assisting grace and inviting those, who have been cut off from the Easter feast by disabling sickness or length of journey or difficulties of sailing, to gain the purpose that they long for through the gift of the Holy Spirit ».
69Missale Romanum Mediolani, 1474, éd. R. Lippe, Henry Bradshaw Society, t. XVII, Londres, 1899, « In vigilia Pentecostes » : six prophéties (Temptavit Deus Abraham ; Factum est in vigilia matutina ; Scripsit Moyses ; Apprehendent septem mulieres ; Audi Israel mandata vitae ; Facta est super me manus Domini), dont la rubrique précise qu'elles sont dites, avec leurs traits, « de Sabbato sancto », puis « descendendo ad fontes cantatur tractus Sicut cervus » (archive.org).
70Saint Léon le Grand, Sermon 78 (premier sermon sur le jeûne de la Pentecôte), 1, texte latin (la.wikisource.org, d'après la Patrologie latine, t. 54) ; traduction de l'article. Texte original : « Hodiernam, dilectissimi, festivitatem descensione sancti Spiritus consecratam sequitur, ut nostis, solemne jejunium […]. Non ambigimus inter caetera coelestis sacramenta doctrinae, hanc spiritalis continentiae disciplinam de Paracleti magisterio primitus fuisse conceptam: ut sanctificatae jejunio mentes conferendis sibi charismatibus fierent aptiores. »
72Francis Mershman, « Ember Days », The Catholic Encyclopedia, vol. 5, New York, Robert Appleton Company, 1909 (newadvent.org) : « They were definitely arranged and prescribed for the entire Church by Pope Gregory VII (1073-1085) for the Wednesday, Friday, and Saturday after 13 December (S. Lucia), after Ash Wednesday, after Whitsunday, and after 14 September (Exaltation of the Cross). » Traduction de l'article.
73Calendarium Romanum ex decreto sacrosancti œcumenici concilii Vaticani II instauratum, editio typica, Cité du Vatican, Typis Polyglottis Vaticanis, 1969, Commentarius in annum liturgicum instauratum, « Tempus paschale », p. 56-57 (archive.org) ; traduction de l'article. Texte original : « Structura nativa temporis paschalis est ut spatio quinquaginta dierum perduret […]. Incipit ergo Vigilia paschali et explicit dominica Pentecostes, sicut testatur traditio antiqua et universalis Ecclesiae, quae semper ut unum diem festum celebravit spatium Pentecostes […]. Et hic quidem mos erat liturgiae romanae, S. Leonis Magni temporibus. Cum vero dies festus Pentecostes unice ut dies anniversarius descensus Spiritus Sancti in Apostolos celebrari coeptus est (saec. VII) et unio vitalis diei Pentecostes cum tempore paschali in oblivionem cecidit, ipse dies festus Pentecostes octava est ornatus. Investigatio de mysterio paschali quae nostra aetate facta est, comperire permisit intimum nexum inter donum Spiritus Sancti et resurrectionem et ascensionem Domini, ita ut a multis optaretur suppressio octavae Pentecostes: quod factum est. […] Octava Pentecostes, ut dictum est, supprimitur; attamen feriae currentes inter sollemnitatem Ascensionis et sollemnitatem Pentecostes peculiare momentum acquirunt: formulariis enim propriis ditantur quibus in mentem revocantur promissiones Christi relate ad effusionem Spiritus Sancti. » Le commentaire renvoie à la collecte de la vigile, déjà présente dans le Sacramentaire gélasien (éd. Mohlberg, n° 637), à Tertullien (De oratione 23, 2) et à saint Basile (De Spiritu Sancto 27, 66).
74 82 203 204Hugh T. Henry, « Veni Sancte Spiritus et emitte coelitus », The Catholic Encyclopedia, vol. 15, New York, Robert Appleton Company, 1912 (newadvent.org) : la « séquence d'or » de dix strophes ; attributions à Robert II (d'après Guillaume Durand), à Hermann Contract, à Étienne Langton (auteur anglais des environs de 1210) et à Innocent III (Ekkehard V, Vita S. Notkeri, vers 1220) ; présence dans des manuscrits des XIᵉ-XIIᵉ siècles mais d'une main postérieure, d'où une datation après le milieu du XIIᵉ siècle ; remplacement progressif de la séquence Sancti Spiritus adsit nobis gratia ; Missel de 1570 qui l'assigne à la Pentecôte et à son octave.
77 103 106 108Sacrée Congrégation des Rites, décret général De rubricis ad simpliciorem formam redigendis (« Cum nostra hac aetate »), 23 mars 1955, Acta Apostolicae Sedis 47 (1955), p. 218-224, tit. II, n. 2, 8, 11-12 et 17 (vatican.va, archives des AAS) ; traduction de l'article. Textes originaux : « Vigiliae privilegiatae sunt : vigilia Nativitatis Domini et vigilia Pentecostes » (n. 8) ; « Celebrantur tantum octavae Nativitatis Domini, Paschatis et Pentecostes, suppressis omnibus aliis » (n. 11) ; « In vigilia Pentecostes, nihil innovetur » (n. 17).
78Sacrée Congrégation des Rites, Instructio de Ordine hebdomadae sanctae instaurato rite peragendo, 16 novembre 1955, n. 16, AAS 47 (1955), p. 846 ; traduction de l'article. Texte original : « In vigilia Pentecostes, omissis Lectionibus seu Prophetiis, et aquae baptismalis benedictione ac litaniis, Missa etiam conventualis, vel solemnis aut cantata, incipitur more solito […] ab introitu Cum sanctificatus fuero ».
79Missale Romanum, editio typica 1962 (archive.org) : « Dominica Pentecostes — I classis cum octava I classis — Statio ad S. Petrum » ; stations de l'octave (lundi à Saint-Pierre-aux-Liens, mardi à Sainte-Anastasie, mercredi des Quatre-Temps à Sainte-Marie-Majeure, jeudi à Saint-Laurent-hors-les-Murs, vendredi des Quatre-Temps aux Saints-Douze-Apôtres, samedi des Quatre-Temps à Saint-Pierre), et rubrique finale du samedi : « Post Missam exspirat tempus paschale » ; Rubricae generales de 1960, n. 30, 64, 66 et 76. Collecte du jour (traduction de l'article) : « Deus, qui hodierna die corda fidelium Sancti Spiritus illustratione docuisti: da nobis in eodem Spiritu recta sapere; et de eius semper consolatione gaudere ».
80 81Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 45-46 (texte latin du Missale Romanum 2002 : « Ut Rogationes et Quattuor anni Tempora diversis locorum et fidelium necessitatibus aptari possint, quoad tempus et rationem illa celebrandi a Conferentiis Episcoporum ordinentur oportet ») ; le commentaire joint au Calendarium Romanum de 1969 précise que les messes des Quatre-Temps passent du Propre du temps aux messes votives.
83Missale Romanum, editio typica tertia emendata, 2008, Supplementum, « Ad Missam in Vigilia Pentecostes — Missa vigiliae in forma protracta », p. 1271-1274, cité d'après Maurizio Barba, Missale Romanum. Processi evolutivi nella terza edizione emendata del 2008, Edizioni VivereIn, 2015, p. 56-57 (ordonnance déjà approuvée en 1988, Notitiae 24, 1988, p. 156-159) ; traduction de l'article. Oraison après la lecture de l'Exode : « Deus, qui in fulgure ignis in monte Sinai legem antiquam Moysi dedisti et fœdus novum in igne Spiritus hoc die manifestasti, praesta, quaesumus, ut illo iugiter Spiritu ferveamus, quem Apostolis tuis ineffabiliter infudisti, et novus Israel, ex omni populo congregatus, mandatum aeternum tui amoris laetanter accipiat. »
84 93 94Ordo de la messe et de la liturgie des heures 2025-2026, année A, Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle, Conférence des évêques de France (liturgie.catholique.fr), p. 49-50, dimanche 24 mai 2026 (« Pentecôte », citant la lettre circulaire Paschale solemnitatis de 1988, n° 107) et lundi 25 mai 2026.
86 121 123Congrégation pour le culte divin, lettre circulaire Paschalis sollemnitatis sur la préparation et la célébration des fêtes pascales, 16 janvier 1988, n° 107 et note 114, traduction française de la Congrégation (texte publié par Célébrer et mis en ligne par le diocèse de Paris).
91 92Missale Romanum Mediolani, 1474, éd. R. Lippe, Henry Bradshaw Society, t. XVII, Londres, 1899, « In die Pentecostes. Statio ad sanctum Petrum », introït : « Spiritus domini repleuit orbem terrarum alleluia. et hoc quod continet omnia scientiam habet uocis. alleluia. alleluia. alleluia. » (archive.org).
95 126Missale Romanum, 2002, « Ad Missam in die » : antienne d'ouverture « Spiritus Domini replevit orbem terrarum, et hoc quod continet omnia scientiam habet vocis, alleluia » (Sg 1, 7) ; collecte « Deus, qui sacramento festivitatis hodiernæ universam Ecclesiam tuam in omni gente et natione sanctificas, in totam mundi latitudinem Spiritus Sancti dona defunde, et, quod inter ipsa evangelicæ prædicationis exordia operata est divina dignatio, nunc quoque per credentium corda perfunde » ; renvoi « Ite, missa est, alleluia, alleluia ». Traduction française du Missel romain (2021) d'après Prions en Église, messe du 24 mai 2026.
96 98 101 122Lectionnaire romain, solennité de la Pentecôte, messe du jour : année A (24 mai 2026), année B (16 mai 2027) et année C (8 juin 2025), traduction liturgique AELF, aelf.org.
97Missale Romanum, 2002, préface « De mysterio Pentecostes » ; traduction de l'article. Texte original : « Tu enim, sacramentum paschale consummans, quibus, per Unigeniti tui consortium, filios adoptionis esse tribuisti, hodie Spiritum Sanctum es largitus; qui, principio nascentis Ecclesiæ, et cunctis gentibus scientiam indidit deitatis, et linguarum diversitatem in unius fidei confessione sociavit. Quapropter, profusis paschalibus gaudiis, totus in orbe terrarum mundus exsultat. »
99Missale Romanum, 2002, Prière eucharistique I (Canon romain), Communicantes propres, « In dominica Pentecostes » ; traduction de l'article. Texte original : « Communicantes, et diem sacratissimum Pentecostes celebrantes, quo Spiritus Sanctus Apostolis in igneis linguis apparuit ».
100Présentation générale du Missel romain (Institutio generalis Missalis Romani, 2002), n° 64, texte français (vatican.va). Texte latin : « Sequentia, quæ præter quam diebus Paschæ et Pentecostes, est ad libitum, cantatur ante Alleluia ».
102John Julian (dir.), A Dictionary of Hymnology, éd. révisée, Londres, John Murray, 1907, art. « Veni Sancte Spiritus, Et emitte coelitus » : « The Sequence is clearly not earlier than about the beginning of the 13th cent. It is certainly neither by Robert II. nor by Hermannus Contractus. The most probable author is Innocent III. » Même conclusion chez C. Blume et H. M. Bannister, Analecta hymnica, t. 54, Leipzig, 1915, n° 153 (« Ascribitur Innocentio Papae III »), qui relèvent dans un manuscrit de Saint-Gall une main du XIIIᵉ siècle : « Innocentius papa III fecit hanc sequentiam ». Traduction de l'article.
107John Julian (dir.), A Dictionary of Hymnology, éd. révisée, Londres, John Murray, 1907, art. « Veni Creator Spiritus, Mentes tuorum visita » : « Nor has the hymn yet been found in any mss. earlier than the latter part of the 10th cent. » ; sur l'auteur : « The evidence is too scanty to draw a positive conclusion. The hymn is clearly not the work of St. Ambrose nor of Charles the Great. Nor is there sufficient evidence to allow us to ascribe it either to Gregory the Great, to Rhabanus Maurus, or to any of the ecclesiastics connected with the court of Charles the Fat. » Les manuscrits du Xᵉ siècle (Mont-Cassin, Freising, Trèves, Bénévent…) sont recensés par G. M. Dreves, Analecta hymnica, t. 50, Leipzig, 1907, n° 144. Traduction de l'article.
109 111Hugh T. Henry, « Veni Creator Spiritus », The Catholic Encyclopedia, vol. 15, New York, Robert Appleton Company, 1912 (newadvent.org) : « Dreves (Analecta Hymnica, L, 195) places the hymn in the section he devotes to Rabanus Maurus (d. 856), Abbot of Fulda and Archbishop of Mainz » ; Frere et « Blume (1908) » suivent cette attribution ; argument de l'accentuation de Paracletus sur la pénultième, « in accordance with precedent found in Rabanus » ; attributions à Charlemagne (récit d'Ekkehard V, « legendary »), à saint Ambroise et à saint Grégoire « without real evidence » ; « The hymn was probably first assigned to Vespers » ; « Its use at Terce is said to have begun at Cluny » ; au concile de Reims de 1049, sous Léon IX, « it was sung at the commencement of the third session » ; usage « at such solemn functions as the election of popes, the consecration of bishops, the ordination of priests, the dedication of churches, the celebration of synods or councils » ; au Bréviaire romain, « Vespers (I and II) and Terce of Pentecost and throughout the octave ». Traduction de l'article.
110 112 113 114Saint Jean-Paul II, Lettre aux prêtres pour le Jeudi saint 1998, 25 mars 1998 (vatican.va, texte français), qui cite le texte latin et sa traduction : « Veni Creator Spiritus, / Mentes tuorum visita, / Imple superna gratia, / Quae tu creasti pectora. […] Qui diceris Paraclitus, / Altissimi donum Dei, / Fons vivus, ignis, caritas / Et spiritalis unctio. »
115Pénitencerie apostolique, Enchiridion indulgentiarum. Normae et concessiones, 4ᵉ éd., 1999 (vatican.va, texte latin), concession 26, § 1, 1° (« Plenaria indulgentia conceditur christifideli qui, in ecclesia vel oratorio, devote interfuerit sollemni cantui vel recitationi hymni Veni, Creator, vel prima anni die ad divinam opem pro totius anni decursu implorandam; vel in sollemnitate Pentecostes »), concession 22, 1° (« Partialis indulgentia conceditur christifideli qui, 1° novendiali pio exercitio, publice peracto, devote interfuerit (e.g. ante sollemnitatem Nativitatis Domini vel Pentecostes vel Immaculatae Conceptionis B. M. V.) ») et norme 20, § 1 (conditions de l'indulgence plénière) ; traduction de l'article.
116 117Présentation générale du Missel romain, n° 346 b, texte français (vatican.va).
118Missale Romanum, 2002, rubriques qui suivent la messe du jour de la Pentecôte ; traduction de l'article. Texte original : « Absoluto tempore paschali, exstinguitur cereus paschalis, quem præstat intra baptisterium honorifice servari, ut ex eo, in Baptismatis celebratione accenso, cerei baptizatorum illuminentur. Ubi feria II vel etiam III post Pentecosten sunt dies quibus fideles debent vel solent Missam frequentare, resumi potest Missa dominicæ Pentecostes, vel dici potest Missa de Spiritu Sancto. » Voir aussi la rubrique de la Vigile pascale (n° 70) : « Cereus paschalis accenditur in omnibus celebrationibus liturgicis sollemnioribus huius temporis » (« Le cierge pascal est allumé à toutes les célébrations liturgiques plus solennelles de ce temps »).
120 124Liturgie des Heures, office de la solennité de la Pentecôte : antienne invitatoire, office des lectures, laudes et vêpres, traduction liturgique francophone (AELF), aelf.org, 24 mai 2026.
125 129 130Saint Irénée de Lyon (mort vers 202), Contre les hérésies, livre III, chapitre 17, § 2 ; traduction de la Liturgie des Heures, office des lectures du dimanche de la Pentecôte (AELF). Même passage dans la traduction de M. de Genoude, Les Pères de l'Église, t. III, Paris, Sapia, 1838, livre III, ch. XVII ; texte anglais dans Ante-Nicene Fathers, vol. 1, Buffalo, 1885 (newadvent.org).
127 128 197Pravoslavnaïa entsiklopedia (Encyclopédie orthodoxe, Moscou), article « Пятидесятница » (Pentecôte), pravenc.ru : la fête est l'une des douze grandes fêtes et « il est aussi d'usage de l'appeler jour de la Sainte-Trinité (à la différence de la tradition catholique, où la Sainte Trinité est honorée le dimanche suivant la Pentecôte) » (traduction de l'article).
131Greek Orthodox Archdiocese of America, « The Feast of Holy Pentecost » (goarch.org) : « The Feast is also seen as the culmination of the revelation of the Holy Trinity » ; « On the day of the Feast a Vespers service is conducted that includes the kneeling prayers. […] The practice of kneeling has been suspended during the Paschal season » ; lectures de la Liturgie : Actes 2, 1-11 et Jean 7, 37-52 ; 8, 12. Traduction de l'article.
132 137Orthodox Church in America, « Synaxis of All Saints » et « Postfeast of Pentecost — Day of the Holy Spirit » (oca.org, vies des saints, 1ᵉʳ et 7 juin 2026) : « The Descent of the Holy Spirit makes it possible for us to rise above our fallen state and to attain sainthood […]. Therefore, it is fitting to commemorate All Saints on the first Sunday after Pentecost » ; « It was this emperor who decreed that the Sunday after Pentecost be dedicated to All Saints » (l'empereur Léon VI le Sage, 886-911) ; « This whole week is fast-free, and the Leave-taking of Pentecost occurs on Saturday ». Traduction de l'article.
133 153 156Office de la Pentecôte, bilingue slavon-français, publié par orthodoxie.com (2022) : tropaire et kondakion de la fête (ton 8), présentation des « vêpres de la génuflexion » et première prière de l'agenouillement.
134 136 138 142 146Pravoslavnaïa entsiklopedia, t. 59, article « Пятидесятница », section « Гимнография » (pravenc.ru) : le kondakion « ῞Οτε καταβὰς τὰς γλώσσας συνέχεε » a été « составлен в VI в. прп. Романом Сладкопевцем и изначально состоял из проимия и 12 икосов » (« composé au VIᵉ siècle par saint Romain le Mélode, il comprenait à l'origine un prélude et douze strophes ») ; l'encyclopédie renvoie à l'édition des Sources chrétiennes, n° 283, p. 180-206. Traduction de l'article.
135Hiéromoine Gennadios Manolis, « Οι ευχές του Εσπερινού της Γονυκλισίας την Κυριακή της Πεντηκοστής » (« Les prières des vêpres de la génuflexion le dimanche de la Pentecôte »), Orthodoxia News Agency, 31 mai 2026 : sept prières en trois groupes, chaque agenouillement étant annoncé par « Έτι και έτι, κλίναντες τα γόνατα, του Κυρίου δεηθώμεν » ; quant à leur auteur, « certains soutiennent qu'elles sont l'œuvre de Basile le Grand, d'autres que leur auteur est saint Sophrone de Jérusalem ». Traduction de l'article.
140 144A. A. Loukachevitch, article « Пятидесятница » (Pentecôte), Pravoslavnaïa entsiklopedia, t. 59, p. 145-158 (pravenc.ru, 2025) : « Коленопреклоненные молитвы, читаемые на вечерне в день П., вместе с молитвами древней визант. вечерни (из песненного последования) образуют цикл из 8 молитв, объединенных в 3 группы » (« Les prières de l'agenouillement forment, avec des prières de l'ancienne vêpre byzantine, un cycle de huit prières en trois groupes ») ; « В поздней визант. традиции молитвы коленопреклонения приписывались свт. Василию Великому » (« Dans la tradition byzantine tardive, les prières de l'agenouillement étaient attribuées à saint Basile le Grand ») ; d'après la traduction arménienne de l'ancien lectionnaire de Jérusalem (Vᵉ-VIᵉ siècles ; éd. Ch. Renoux), après l'assemblée du mont des Oliviers « совершается 3-кратное коленопреклонение (не исключено, что это указывает на иерусалимское происхождение чина коленопреклонных молитв […]) » (« s'accomplit un triple agenouillement ; il n'est pas exclu que cela indique l'origine hiérosolymitaine de l'office des prières de l'agenouillement »). Traduction de l'article.
141 143 145Synode de l'Église gréco-catholique ukrainienne, Christ – Our Pascha. Catechism of the Ukrainian Catholic Church, Kyiv-Edmonton, 2016, 2ᵉ éd. 2018, § 269-270, 521 et 639 : « In the kneeling prayers of Pentecost, the Church invokes the Holy Spirit to descend upon all creation and upon all humankind, living and deceased » ; « Within the life-giving Spirit, there is no death or division. Therefore, at the feast of Pentecost we visit the graves of the departed » ; « This is truly a feast of life—the Green Feast or ‘Feast of Greenery,’ known in Ukrainian as Zeleni Sviata » ; le samedi avant la Pentecôte compte parmi les jours de « “universal, or general, commemoration of the deceased” » et « During the days of Pascha and Pentecost, the parish community gathers at the cemetery to pray at the graves of the departed » ; « green for Pentecost ». Traduction de l'article.
147 151 168Pravoslavnaïa entsiklopedia, t. 59, article « Пятидесятница », section sur le Typikon studite (pravenc.ru) : « Праздник П. получает 6-дневное попразднство, отдание - в субботу после П. Предпразднства у П. нет, вместо этого в субботу совершается поминовение усопших » (« La Pentecôte reçoit une après-fête de six jours, close le samedi après la Pentecôte. La Pentecôte n'a pas d'avant-fête : à sa place, le samedi, on fait mémoire des défunts »). Traduction de l'article.
148 152Pravoslavnaïa entsiklopedia, t. 9, article « Вселенские субботы » (Samedis œcuméniques), p. 565-566 (pravenc.ru) : en grec psychosabbata, ces deux samedis, consacrés à la mémoire de tous les chrétiens orthodoxes défunts, se placent « перед неделей о Страшном суде (1-я В. с., мясопустная) и перед неделей Пятидесятницы (2-я, Троицкая) » (« avant le dimanche du Jugement dernier et avant le dimanche de la Pentecôte »). Traduction de l'article.
149Orthodox Church in America, « Memorial Saturday » (oca.org, vies des saints, 30 mai 2026) : « Today we remember all pious and Orthodox Christians who have fallen asleep in the Lord, and also recall the dread Day of Judgment. May Christ our God be merciful to them, and to us. » Traduction de l'article.
150Sotirios A. Vlavianos, « Pentekostarion », dans J. A. McGuckin (dir.), The Encyclopedia of Eastern Orthodox Christianity, Wiley-Blackwell : « The Pentekostarion (meaning “the book of the fifty days”), alternatively known as the “Flowery Triodion” (still known as such in the Slavonic tradition) » ; « The Pentecost season begins with Orthros (Matins) on Easter Sunday and lasts up until the Sunday of All Saints ». Voir aussi Metropolitan Cantor Institute (archéparchie byzantine catholique de Pittsburgh), « The Pentecostarion ». Traduction de l'article.
154Pravoslavnaïa entsiklopedia, t. 9, article « Всех святых неделя » (Dimanche de Tous les saints), p. 706-707 (pravenc.ru) : une homélie de saint Jean Chrysostome pour la mémoire de tous les martyrs du monde entier indique que cette fête « совершается через неделю после праздника Пятидесятницы » (« se célèbre une semaine après la fête de la Pentecôte ») ; texte grec : Patrologia graeca 50, col. 705-712. Traduction de l'article.
155Pravoslavnaïa entsiklopedia, t. 56, article « Петров пост » (Jeûne de Pierre), p. 253-255 (pravenc.ru) : l'un des quatre jeûnes de plusieurs jours, du lundi après le dimanche de Tous les saints jusqu'à la mémoire des apôtres Pierre et Paul, « 29 июня ст. ст. (12 июля н. ст.) » ; « Первое несомненное указание на непродолжительный пост после Пятидесятницы находится в Апостольских постановлениях (ок. 380 г.) » (« La première indication certaine d'un bref jeûne après la Pentecôte se trouve dans les Constitutions apostoliques, vers 380 ») ; chez les coptes, « возобладала практика начинать пост сразу после Пятидесятницы и продолжать его до 11 июля » (« a prévalu l'usage de commencer le jeûne aussitôt après la Pentecôte et de le poursuivre jusqu'au 11 juillet »), d'après M. S. A. Mikhail, Oriens Christianus 98, 2015, p. 1-20. Traduction de l'article.
157 160 161Orthodox Church in America, 2026 Desk Calendar (« Apostles’ Fast … June 8–June 28 ») et tableau « Lenten and Paschal Cycle » (oca.org) : début du jeûne le 8 juin 2026 (21 jours) et le 28 juin 2027 (1 jour).
158St-Takla.org (église copte orthodoxe Saint-Takla-Haymanot d'Alexandrie), Dictionary of Coptic Orthodox Church Terms, « Apostles' Feast » : « We celebrate this feast on the 5th of Abib (12th of July) » ; « The Apostles' fasting extends from Monday that follows Pentecost till the day before the feast of the Apostles. » Traduction de l'article.
159St. Nersess Armenian Seminary, « Pentecost in the Armenian Church: Three Pentecost Prayers », 10 mai 2011 (prières traduites par le P. Daniel Findikyan) : « One characteristic of the Feast of Pentecost in the Armenian Church and all other ancient eastern churches is a ceremony of "Genuflexion" or kneeling down » ; selon saint Jean d'Odzoun, pendant les cinquante jours, « every day is Sunday » ; le prêtre « interrupts the Eucharistic Prayer (before the words, Arek, gerek... (Take, eat...) and reads three prayers which come to us from the ancient liturgy of Jerusalem » ; les prières sont « attributed to […] St. John Chrysostom » et la génuflexion y est « an act of adoration and worship » ; hypothèse de Ch. A. Renoux sur « a common model » des versions arménienne et byzantine. Traduction de l'article.
162 165Diocèse copte orthodoxe des États-Unis du Sud, questions-réponses n° 894, « Prostration » (suscopts.org) : « It is the custom to pray the Prostration (Sagda) prayers on the ninth hour of Pentecost Sunday although the Holy Spirit descended upon the apostles on the third hour (Acts 2:15) » ; « the Church has arranged to pray the Prostration prayers at the ninth hour to point to the Lord Jesus Christ our Passover who was slain at this same time (Mt 27:50) » ; « The Church fathers arranged these prayers into three parts based on the name of the Holy Trinity ». Voir aussi St-Takla.org, « Bowing Ritual » : « Special prayers are recited while the whole church are kneeling on the day of the Pentecost ». Traduction de l'article.
163George A. Kiraz (dir.), Syriac Orthodox Resources, « Feast: Pentecost » (1998), résumé du Ma
164dedono: The Book of the Church Festivals (1984) : « The service is called in Syriac Syom Burke "kneeling". It consists of three parts: The first is addressed to the Father, the second to the Son and the third to the Holy Spirit » ; « Let us beseech the Lord and kneel down » ; aspersion avec « a bundle of walnut leaves », dont les gouttes « signify the gifts of the Holy Spirit that descended upon the disciples in the Upper Room » ; « May the Holy Spirit come and descend upon each one of you ». Traduction de l'article.Our Lady of Lebanon (Harris Park, Sydney ; co-cathédrale de l'éparchie maronite d'Australie), billet « A New Beginning » (archivé en 2017) : « the Glorious Season of Pentecost which is also the longest season in the liturgical year » ; « We kneel on the left knee to adore the Father, on the right knee to adore the Son and on both knees to adore the Holy Spirit », puis « the blessing and sprinkling with holy water ». Traduction de l'article.
166Thomas Hopko, The Orthodox Faith, vol. II, « Worship », chapitre « Pentecost: The Descent of the Holy Spirit » (oca.org) : « The church building is decorated with flowers and the green leaves of the summer to show that God’s divine Breath comes to renew all creation as the “life-creating Spirit.” » ; « Often on this day the icon of the Holy Trinity—particularly that of the three angelic figures who appeared to Abraham […]—is placed in the center of the church. » Traduction de l'article.
167Archéparchie byzantine catholique de Pittsburgh, « Byzantine Catholics and the Feast of Pentecost » (archpitt.org, archivé en 2017) : « the custom of adorning the churches and homes with green foliage (preferably linden branches) and grass » ; « The green color of the foliage was accepted by our people as a symbol of divine life brought to us by the Holy Spirit. For this reason also, the clergy wear green vestments for the liturgical services on Pentecost and its postfestive period. » Traduction de l'article.
169Azbuka very (encyclopédie orthodoxe en ligne), article « Пятидесятница », citant le périodique Rukovodstvo dlia sel'skikh pastyreï (1889, n° 19) : « Украшение молодыми деревцами берез и других пород установлено не церковными правилами, а народным обычаем. Святейший Синод запретил (Указ 1875 г. 23 мая) употреблять для этого украшения молодые деревца березы, а дозволил употребление цветов, кустарных и полукустарных растений и ветвей дерев » ; le consistoire de Novgorod demanda de maintenir « древний обычай украшения в день Святыя Троицы церквей и домов зеленью » (« l'antique coutume d'orner de verdure les églises et les maisons le jour de la Sainte-Trinité »). Traduction de l'article ; le décret et le périodique n'ont pas été consultés directement.
170Azbuka very, article « Цвет облачения » (Couleur des ornements) : « Типикон строго не оговаривает цвет облачения » (« le Typikon ne prescrit pas strictement la couleur des ornements ») ; « Современная широко распространенная практика сформировалась только во 2-й половине XX века » (« la pratique moderne, largement répandue, ne s'est formée que dans la seconde moitié du XXᵉ siècle ») ; pour la Pentecôte et son après-fête, « зеленый » (le vert). Traduction de l'article.
171Joseph Hilgers, « Novena », The Catholic Encyclopedia, vol. 11, New York, Robert Appleton Company, 1911 (newadvent.org) : « for every novena of preparation, as also for every novena of prayer, not only the best explanation but also the best model and example was given by Christ Himself to the Church in the first Pentecost novena » ; « the Holy Ghost came as the precious fruit of this first Christian novena ». Traduction de l'article.
172Actes des Apôtres 1, 12-14, traduction liturgique AELF.
173Léon XIII, encyclique Divinum illud munus sur le Saint-Esprit, 9 mai 1897 (Acta Sanctae Sedis 29, 1896-1897, p. 644-658 ; vatican.va, textes latin, anglais et espagnol, sans traduction française officielle) ; traduction française citée : Lettres apostoliques de S. S. Léon XIII. Encycliques, brefs, etc., t. V, Paris, Maison de la Bonne Presse, s. d., p. 163. Texte original : « Decernimus igitur et mandamus ut per orbem catholicum universum, hoc anno itemque annis in perpetuum consequentibus, supplicatio novendialis ante Pentecostem in omnibus curialibus templis et, si Ordinarii locorum utile iudicarint, in aliis etiam templis sacrariisve fiat. » L'encyclique rappelait le bref Provida Matris caritate (5 mai 1895), qui avait recommandé des prières pour l'unité des chrétiens aux solennités de la Pentecôte.
175Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie. Principes et orientations, 17 décembre 2001, n° 155-156, texte français (vatican.va).
176 177Guillaume Durand, Rationale divinorum officiorum, VI, 107, 11, éd. Naples, J. Dura, 1859, p. 617 ; trad. Charles Barthélemy, Rational ou Manuel des divins offices de Guillaume Durand, t. IV, Paris, Louis Vivès, 1854, ch. CVII « Du saint jour de la Pentecôte », p. 310-311 (archive.org ; appel de note du traducteur omis). Texte original : « ideo ad hoc repraesentandum in nonnullis Ecclesiis clanguntur tubae, dum Sequentia dicitur. […] Tunc etiam ex alto ignis projicitur, quia Spiritus sanctus descendit in discipulos in igneis linguis, et etiam flores varii, ad denotandum gaudium et diversitatem linguarum et virtutum. Columbae etiam per Ecclesiam dimittuntur, in quo ipsa Spiritus sancti missio designatur. » Sur la date de l'ouvrage, A. Fortescue, « Durandus », The Catholic Encyclopedia, vol. 5, 1909 : « It was written in 1286. »
180Ordinaire manuscrit de l'Église de Rouen, chapitre de la fête de la Pentecôte, cité et traduit par Ch. Barthélemy, Rational ou Manuel des divins offices de Guillaume Durand, t. IV, Paris, 1854, p. 311, note a (l'Ordinaire lui-même n'a pas été consulté). Texte latin cité : « Et dum incipitur Veni Creator, projicientur per familiares Thesaurarii existentes in deambulatoriis inferioribus turris […] folia quercuum, nebulas et stupas ardentes in magna quantitate. Et a Gloria in excelsis, emittent volare versus chorum aves parvas […] nec cessabunt, nisi dum dicetur evangelium. »
181Basilique Sainte-Marie-aux-Martyrs (Panthéon), page « Vita liturgica » (pantheonroma.org) : « La Basilica del Pantheon è una chiesa consacrata al culto cattolico dal 13 maggio 609 » ; nom de la basilique : Turismo Roma, « Pentecoste al Pantheon » (2025). Traduction de l'article.
183Benoît, chanoine de Saint-Pierre, Liber politicus (achevé peu avant 1143), § 59-63, éd. P. Fabre et L. Duchesne, Le Liber censuum de l'Église romaine, t. II, Paris, 1910, p. 156-157 (archive.org) : « Dominica de Rosa stacio ad sanctam Mariam Rotundam, ubi pontifex honorifice debet cantare missam et in predicatione dicere de adventu Spiritus sancti, quia de altitudine templi mittuntur rose in figura ejusdem Spiritus sancti. » Ce dimanche figure entre l'Ascension (§ 60) et la Pentecôte (§ 63, station à Saint-Pierre). Date de l'ouvrage : H. Thurston, « Ordines Romani », The Catholic Encyclopedia, vol. 11, 1911. Traduction de l'article.
184Turismo Roma (portail touristique officiel de Roma Capitale), « Pentecoste al Pantheon — Pioggia di petali di rose », 8 juin 2025 : « Dopo la celebrazione liturgica, i Vigili del Fuoco, intorno a mezzogiorno, lasciano cadere dall'Oculus al centro della cupola − un'apertura dal diametro circolare di circa 9 metri − migliaia di petali di rose rosse » ; « dal 1995, anno in cui è stata ripristinata ». Traduction de l'article. La même page prête au rite des origines vieilles de deux mille ans, ce qu'aucune source historique n'établit.
185Du Cange, Glossarium mediae et infimae latinitatis, éd. Niort, L. Favre, 1883-1887, t. 6, art. « Pascha » (ducange.enc.sorbonne.fr) : « Pascha Rosata : ita Pentecosten appellant Itali, quod eo fere tempore rosae floreant » ; « Pentecosten vero Pascha rosada seu Rosaceum, quia incidere solet in tempus rosarum » ; et, d'après la vie de sainte Rose : « Ipso dein festivissimo Pentecostes die, qui Hispanis aeque ut Italis Rosarum Pascha dicitur ». Traduction de l'article.
187Vocabolario Treccani, art. « pasqua » (treccani.it) : « p. rosa, meno com. p. di rose, o delle rose, ant. p. rosata, la Pentecoste (in Sicilia, p. di fiori) ».
188Lucas Van Rompay, « Rabbula Gospels », dans S. P. Brock et al. (dir.), Gorgias Encyclopedic Dictionary of the Syriac Heritage, éd. électronique (gedsh.bethmardutho.org) : manuscrit syriaque des quatre Évangiles, Florence, Bibliothèque Laurentienne, Pluteus I, 56 ; colophon donnant le scribe, Rabbula, la date (« Febr. 586 ») et le lieu, « the Monastery of Beth Mar Yuḥanon of Beth Zagba » ; Pentecôte au f. 14v ; débat sur l'appartenance originelle du cahier d'enluminures, dont l'ancienneté (« probably 6th cent. ») n'est pas mise en cause. Sur Marie au centre : Université d'Aberdeen, St Albans Psalter Project, commentaire de la p. 55 : « Mary at the centre of Pentecost is depicted in the 6th-century Rabula gospels (Florence, Bibliotheca Medicea Laurenziana, MS. Plut. I, 56), where all the figures are standing in an open area ». Traduction de l'article.
189 190Denys de Fourna, Guide de la peinture, trad. Paul Durand, dans A.-N. Didron, Manuel d'iconographie chrétienne grecque et latine, Paris, Imprimerie royale, 1845, IIᵉ partie, p. 205-206 (archive.org ; graphie de l'OCR rétablie). Note de Didron : « La personnification du monde, sous la figure d'un vieillard couronné, est là pour annoncer qu'après la descente du Saint-Esprit les apôtres vont se disperser dans toute la terre pour instruire, convertir et baptiser toutes les nations. Les douze rouleaux que le Monde tient dans son giron sont la prédication de l'Evangile écrite en douze langues différentes, et dont chaque apôtre va prendre la sienne. Cette personnification du monde, le jour de la Pentecôte, est tout à fait propre aux Byzantins » ; à Chilandar, « on a remplacé le Monde par le prophète Joël », « prophète de la descente du Saint-Esprit ».
191 192 193APSIDA (base d'iconographie de l'Université de technologie de Chypre), notice « The Pentecost » (Πεντηκοστή), monastère Saint-Néophyte (Paphos), 1544, « Έργον Ιωσήφ Χούρρη » : « Στο μέσον η αλληγορία του κόσμου με μορφή γέροντος που φορά βασιλικό διάδημα και κρατά ανοικτό λευκό ύφασμα με δώδεκα κλειστά ειλητάρια » (« au milieu, l'allégorie du monde sous la forme d'un vieillard portant un diadème royal et tenant ouvert un tissu blanc avec douze rouleaux fermés », traduction de l'article).
194Saint Augustin, Sermon 265 (pour le jour de l'Ascension), 7, 8 et 8, 9, texte latin de la Nuova Biblioteca Agostiniana (augustinus.it, « Sermo 265 ») ; traduction de l'article. Texte original : « Posteaquam ascendit, decem diebus ibi factis misit Spiritum Sanctum: ipse est sollemnis futurus Pentecostes. […] Quaerat a me aliquis, Quare bis dedit Spiritum Sanctum? […] Si dicam me scire quare bis dederit, mentiar vobis. Nescio. […] Ergo arbitror, sed arbitror, ideo bis datum esse Spiritum Sanctum, ut commendarentur duo praecepta charitatis. […] Spiritum Sanctum accipe in terra, et diligis fratrem: accipe de coelo, et diligis Deum. »
200Catéchisme de l'Église catholique, § 1287, texte français (vatican.va).
201Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 12 : « La célébration des très grandes solennités de Pâques et de Noël se poursuit pendant huit jours de suite. Chacune de ces octaves est régie par ses lois propres » (texte latin du Missale Romanum 2002 : « Summarum sollemnitatum Paschæ et Nativitatis celebratio per octo dies continuos protrahitur »).
202Saint Bernard de Clairvaux, Premier sermon pour la fête de la Pentecôte (« Comment l'Esprit-Saint exerce en nous une triple opération »), 1, dans Œuvres de saint Bernard, t. III, Bar-le-Duc, Louis Guérin, 1870, p. 529-530 (archive.org) ; coquilles de la numérisation corrigées. Texte latin : Sermones in die Pentecostes, I.
205Saint Bernard de Clairvaux, Cinquième sermon pour l'Ascension du Seigneur, 15, dans Œuvres de saint Bernard, t. III, Bar-le-Duc, 1870, p. 528-529 (archive.org).
206Saint François de Sales, lettre DCXCII à la Mère de Chantal, Annecy, [22 mai 1611], Œuvres de saint François de Sales, édition complète dite d'Annecy, t. XV (Lettres, vol. V), p. 45 (orthographe de l'édition conservée) ; texte reproduit par jesusmarie.free.fr et dans la bibliothèque de Benoît (Lettres choisies). La date, restituée par l'éditeur, est celle du dimanche de la Pentecôte 1611.
207Saint François de Sales, lettre MDCLIV à une religieuse, Annecy, [fin mai 1620], Œuvres, édition d'Annecy, t. XIX (Lettres, vol. IX), p. 136 (jesusmarie.free.fr).
208Archives du Carmel de Lisieux, « Sainte Thérèse de Lisieux », biographie (archives.carmeldelisieux.fr) : « Le 13 mai 1883, jour de la Pentecôte, Marie, Léonie et Céline se tournent vers la statue de la Vierge placée près du lit de Thérèse. Thérèse prie, elle aussi, et voit alors la Vierge lui sourire : elle est définitivement guérie. » Thérèse raconte la scène dans le Manuscrit A, fol. 30 r°, sans y nommer la Pentecôte.
209Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit A (1895), fol. 49 v°-50 v°, transcription des Archives du Carmel de Lisieux (archives.carmeldelisieux.fr).
210 211Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Lettre 247 (LT 247) à l'abbé Maurice Bellière, Carmel de Lisieux, 21 juin 1897, Archives du Carmel de Lisieux (archives.carmeldelisieux.fr).
212Marie des Vallées (1590-1656), dans Vie admirable de Marie des Vallées, manuscrit dit « de Gaston de Renty », livre second, chap. 70 (« En quel sens la gloire de Notre Seigneur est la chose la plus triste du monde, et de trois sortes de déluge »), transcription de Marrika Devoucoux (jesusmarie.free.fr), dont la note attribue la rédaction à saint Jean Eudes ; même texte dans la bibliothèque de Benoît (Marie des Vallées, Vie et écrits). Édition critique : Jean Eudes, La Vie admirable de Marie des Vallées et son Abrégé, éd. D. Tronc et J. Racapé, 2013. Les paroles attribuées au Christ se limitent, dans ce chapitre, au verset Spiritus Domini replevit orbem terrarum ; l'explication des trois déluges appartient au récit de Marie.
213 214Saint Jean XXIII, message du 27 avril 1959 sur les prières du mois de mai pour le concile, Acta Apostolicae Sedis 51 (1959), p. 316 : « Praesertim vero novendiales supplicationes, quae ante Pentecosten, ubique terrarum fieri solent […], studiosiore cum voluntate habeantur […], ut nova quaedam Pentecoste arrideat christianae familiae » ; prière pour le concile, Sacrée Pénitencerie, 23 septembre 1959, AAS 51 (1959), p. 832, reprise dans la constitution Humanae salutis du 25 décembre 1961, n° 23, AAS 54 (1962), p. 13 : « Renova aetate hac nostra per novam veluti Pentecostem mirabilia tua ». Traductions de l'article (pas de version française officielle sur vatican.va).
216Saint Jean XXIII, exhortation apostolique Novem per dies, « de proximis Pentecostes novendialibus pie celebrandis », 20 mai 1963 (vatican.va) ; traduction de l'article. Texte original : « Novem per dies, qui sacratissimo festo Pentecostes praeeunt, Mater Ecclesia supplex coalescit, ut Sancti Spiritus Paracliti praestoletur adventum. »
217Saint Jean-Paul II, discours aux mouvements ecclésiaux et aux communautés nouvelles, place Saint-Pierre, 30 mai 1998, n° 1 (vatican.va) ; traduction de l'article. Texte original italien : « Come allora gli Apostoli, anche noi ci troviamo raccolti in un grande cenacolo di Pentecoste, anelando all'effusione dello Spirito. »
218Benoît XVI, homélie de la solennité de la Pentecôte, basilique Saint-Pierre, 31 mai 2009 (vatican.va, texte français).
219Pape François, homélie de la solennité de la Pentecôte, 20 mai 2018 (vatican.va, texte français).
220Léon XIV, homélie de la messe de la solennité de la Pentecôte, basilique Saint-Pierre, 24 mai 2026 (vatican.va, texte français).
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