L'Ascension du Seigneur est la solennité par laquelle l'Église célèbre le jour où Jésus ressuscité, après être apparu à ses disciples « pendant quarante jours » (Ac 1, 3), « s'éleva » sous leurs yeux sur le mont des Oliviers, « et une nuée vint le soustraire à leurs yeux » (Ac 1, 9)[1]. Fixée au quarantième jour après Pâques, qui tombe toujours un jeudi, elle proclame l'article du Credo « Il monta au ciel ; Il est assis à la droite du Père »[2]. Le Catéchisme y voit « l'événement à la fois historique et transcendant » par lequel l'humanité du Christ entre dans la gloire de Dieu[3].
C'est l'une des plus hautes fêtes du calendrier : elle se range avec Noël, l'Épiphanie et la Pentecôte au deuxième rang des jours liturgiques, juste après le Triduum pascal[4]. Elle est fête d'obligation dans l'Église latine[5] et jour férié en France ; dans les pays où elle n'est pas de précepte, elle est célébrée le septième dimanche de Pâques[6].
D'abord célébrée dans la joie des cinquante jours qui vont de Pâques à la Pentecôte, la mémoire de l'Ascension reçoit à la fin du IVᵉ siècle sa fête propre au quarantième jour ; vers 400, saint Augustin la compte parmi les solennités « pratiquées par toute la terre »[7]. Sa liturgie reprend la parole de saint Léon le Grand : l'Ascension du Christ est « notre propre élévation », car là où la Tête est entrée, le corps est appelé à la suivre[8].
La fête ouvre enfin les neuf jours de prière que les Apôtres vécurent au Cénacle « avec Marie la mère de Jésus » (Ac 1, 14), jusqu'à la Pentecôte. Autour d'elle se sont formés des usages de prière, comme les Rogations qui la précèdent et la neuvaine qui la suit, et des traditions civiques, comme la Sensa de Venise. Elle n'est pas le récit d'un départ, mais celui d'une présence d'un autre ordre : « je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » (Mt 28, 20)[9].
Une solennité au quarantième jour de Pâques
L'Ascension est d'abord une date. Les Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, promulguées par saint Paul VI en 1969, la fixent en une phrase : « L'Ascension du Seigneur se célèbre le quarantième jour après Pâques »[10]. Elle tombe au cœur du temps pascal, ces cinquante jours qui vont du dimanche de la Résurrection à la Pentecôte et que les mêmes normes demandent de célébrer « dans la joie et l'exultation, comme si c'était un jour de fête unique, ou mieux “un grand dimanche” »[11]. Sur ce temps, voir Pâques.
Le nom de la fête
Le Missel romain l'intitule In Ascensione Domini, « En l'Ascension du Seigneur ». Les plus anciens livres liturgiques romains, les sacramentaires dits léonien, gélasien et grégorien, emploient de préférence la forme Ascensa ; saint Augustin, qui dit couramment Ascensio, nomme aussi la fête Quadragesima, « le quarantième »[12]. Les Églises de tradition grecque l'appellent Analepsis, « élévation », du mot que saint Luc emploie pour annoncer l'événement (Lc 9, 51) ; l'Église arménienne, Hambardzoum[13]. En France, la langue courante dit simplement « le jeudi de l'Ascension ».
Quarante jours après Pâques : le calcul de la date
« Quarantième jour » se compte à la manière ancienne, en incluant le dimanche de Pâques : le jeudi de l'Ascension tombe trente-neuf jours après Pâques, dans la sixième semaine du temps pascal. Comme Pâques varie entre le 22 mars et le 25 avril, l'Ascension varie entre le 30 avril et le 3 juin[14]. La fête suit donc tout le calendrier mobile qui dépend de la date de Pâques. Le tableau suivant donne, pour les années qui viennent, la date de Pâques, celle du jeudi de l'Ascension, celle du dimanche de report et celle de la Pentecôte.
| Année | Pâques | Jeudi de l'Ascension | Septième dimanche de Pâques (report) | Pentecôte |
|---|---|---|---|---|
| 2026 | 5 avril | 14 mai | 17 mai | 24 mai |
| 2027 | 28 mars | 6 mai | 9 mai | 16 mai |
| 2028 | 16 avril | 25 mai | 28 mai | 4 juin |
| 2029 | 1ᵉʳ avril | 10 mai | 13 mai | 20 mai |
| 2030 | 21 avril | 30 mai | 2 juin | 9 juin |
| 2031 | 13 avril | 22 mai | 25 mai | 1ᵉʳ juin |
Les dates extrêmes sont rares : l'Ascension tombera le 3 juin en 2038, et pas avant 2285 le 30 avril[15].
Le jeudi ou le dimanche ? Le report au septième dimanche de Pâques
Le Code de droit canonique range l'Ascension parmi les dix jours de fête que l'Église latine doit observer « de précepte », en plus des dimanches : la Nativité, l'Épiphanie, l'Ascension, le Saint-Sacrement, Sainte Marie Mère de Dieu, l'Immaculée Conception, l'Assomption, saint Joseph, saints Pierre et Paul et la Toussaint[16]. Ces jours-là, les fidèles sont tenus de participer à la messe et de s'abstenir des travaux qui empêchent le culte dû à Dieu ; la messe anticipée du soir précédent satisfait au précepte[17].
Le même canon permet à une conférence des évêques, « avec l'approbation préalable du Saint-Siège », de supprimer certaines fêtes de précepte « ou les reporter au dimanche »[18]. Pour l'Ascension, les Normes universelles fixent la règle : là où elle n'est pas de précepte, elle est assignée au septième dimanche de Pâques, « comme à son jour propre »[19]. Le lectionnaire prévoit alors, pour le jeudi de la sixième semaine, des lectures de semaine[20], et le Missel un formulaire de rechange pour ce jour[21].
Les deux usages coexistent jusqu'à Rome. Le dimanche 4 mai 2008, Benoît XVI ouvrait ainsi le Regina Caeli : « On célèbre aujourd'hui dans différents pays, dont l'Italie, la solennité de l'Ascension du Christ au ciel, mystère de la foi que le livre des Actes des Apôtres place quarante jours après la résurrection (cf. Ac 1, 3-11), et c'est pour cela qu'au Vatican et dans certaines nations du monde elle a déjà été célébrée jeudi dernier »[22].
Les épiscopats ont fait des choix différents. En Italie, une loi de mars 1977 retira l'Ascension des jours fériés civils, et la fête passa aussitôt au dimanche : « la fête de l'Ascension, fixée au jeudi qui vient de passer, est transférée à ce dimanche », annonçait saint Paul VI au Regina Caeli du 22 mai 1977[23]. Le Saint-Siège avait confirmé la même mesure pour l'Espagne en mars de la même année[24]. Aux États-Unis, en 2026, seules les provinces ecclésiastiques de Boston, Hartford, New York, Omaha et Philadelphie célébraient encore l'Ascension le jeudi ; toutes les autres l'avaient reportée au dimanche[25]. À l'inverse, l'Angleterre et le pays de Galles, qui l'avaient transférée au dimanche en 2006, l'ont rendue au jeudi en 2017 : la Congrégation pour le culte divin accordait alors de la célébrer « en son jour propre, à savoir quarante jours après Pâques »[26].
Une fête d'obligation, et un jour férié en France
En France, l'Ascension est célébrée le jeudi même, comme le montre le calendrier liturgique français publié par l'AELF[27] : elle y garde donc son caractère de fête d'obligation, avec Noël, l'Assomption et la Toussaint[28]. Cette liste remonte au Concordat. Pie VII, par son légat le cardinal Caprara, réduisit en 1802 le nombre des fêtes chômées en France, parce que le pays avait besoin, « après tant d'événements et tant de guerres », de réparer ses pertes et que l'interdiction du travail rendait ce relèvement difficile ; l'indult du 9 avril 1802 ne garda, outre les dimanches, que « la Naissance de Notre-Seigneur Jésus-Christ, l'Ascension, l'Assomption de la très-sainte Vierge, la fête de tous les Saints »[29].
L'Ascension est aussi un jour férié. L'Église catholique en France rappelle que l'Ascension, l'Assomption, la Toussaint et Noël « sont fériés en application de l'arrêté du 29 germinal de l'an X (19 avril 1802) découlant du Concordat et l'article 42 de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation de l'Église et de l'État »[30]. Le Code du travail compte l'Ascension parmi les jours fériés légaux[31]. Le jeudi de l'Ascension est également férié selon la loi en Allemagne, dans les seize Länder, en Autriche, en Belgique, dans les vingt-six cantons suisses, aux Pays-Bas, en Suède et en Norvège[32].
Sur les fêtes de précepte en général, voir les fêtes d'obligation.
Le rang de l'Ascension dans le calendrier
Les Normes de 1969 classent tous les jours de l'année dans un « tableau des jours liturgiques selon l'ordre de préséance ». L'Ascension n'y figure pas parmi les simples solennités du Seigneur : elle occupe, avec la Nativité, l'Épiphanie et la Pentecôte, le deuxième rang du tableau, juste après le Triduum pascal, au même niveau que les dimanches de l'Avent, du Carême et du temps pascal, le mercredi des Cendres, les féries de la Semaine sainte du lundi au jeudi et les jours de l'octave de Pâques[33]. Aucune fête de saint ne peut donc la déplacer.
Comme toute solennité, sa célébration commence dès la veille au soir, aux premières vêpres ; certaines solennités ont en outre une messe propre de la veille, et l'Ascension en fait partie[34]. Sa couleur liturgique est le blanc, couleur du temps pascal et des fêtes du Seigneur qui ne concernent pas sa Passion[35]. « Les féries après l'Ascension jusqu'au samedi avant la Pentecôte inclusivement sont une préparation à la venue du Saint-Esprit Paraclet »[36].
Que rapportent les Écritures ?
Saint Luc raconte l'Ascension deux fois : au terme de son Évangile (Lc 24, 50-53) et au seuil des Actes des Apôtres (Ac 1, 1-11), que le concile de Trente, en dressant la liste des livres saints, désigne comme « écrits par l'évangéliste Luc »[37]. Le même événement ferme ainsi le récit de la vie de Jésus et ouvre celui de l'Église. Saint Marc le résume en une phrase (Mc 16, 19), saint Jean le fait annoncer par le Christ lui-même (Jn 3, 13 ; 6, 62 ; 20, 17), et les lettres des Apôtres le supposent partout[38].
La liturgie de la fête puise dans ces trois couches du Nouveau Testament : chaque année le récit des Actes, puis l'un des trois évangiles selon le cycle des lectures, enfin un psaume et une lettre apostolique qui en donnent le sens[39]. Ce qui suit présente les textes que la fête proclame ; l'étude exégétique du récit relève de l'article sur l'Ascension de Jésus.
Le récit des Actes : quarante jours, une nuée, deux hommes en blanc
Les Actes s'ouvrent sur un résumé des jours qui suivent Pâques : Jésus « s'est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu » (Ac 1, 3). Au cours d'un repas, il ordonne aux Apôtres de ne pas quitter Jérusalem et d'y attendre « la promesse du Père » : « vous, c'est dans l'Esprit Saint que vous serez baptisés d'ici peu de jours » (Ac 1, 4-5). À ceux qui l'interrogent sur le rétablissement du royaume pour Israël, il refuse de livrer un calendrier — « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité » (Ac 1, 7) — et leur confie une mission à l'échelle du monde : « vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu'aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8)[40].
« Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s'éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux. Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s'en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs, qui leur dirent : “Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d'auprès de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel.” » — Actes des Apôtres 1, 9-11[41]
Chaque détail du récit renvoie à l'Ancien Testament. La nuée est le signe de la présence de Dieu qui guidait Israël au désert (Ex 13, 22) et qui enveloppait les disciples à la Transfiguration (Lc 9, 34-35) ; le Catéchisme y lit « l'entrée irréversible de son humanité dans la gloire divine symbolisée par la nuée »[42]. Les deux hommes en vêtements blancs rappellent ceux qui, au matin de Pâques, se tenaient devant les femmes « en habit éblouissant » (Lc 24, 4). Les quarante jours reprennent le nombre des quarante jours de Moïse sur la montagne (Ex 24, 18), de la marche d'Élie jusqu'à l'Horeb (1 R 19, 8) et du jeûne de Jésus au désert (Mt 4, 2) : un temps complet de préparation, que l'Église retrouve aussi dans le Carême[43].
Le récit se clôt sur un lieu et une communauté. Les Apôtres reviennent à Jérusalem « depuis le lieu-dit “mont des Oliviers” qui en est proche », montent à la chambre haute, et « tous, d'un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères » (Ac 1, 12-14). La fête de l'Ascension ouvre ainsi les jours de prière qui mènent à la Pentecôte[44].
L'Évangile selon saint Luc : la bénédiction de Béthanie
Dans l'Évangile, la dernière rencontre commence par une leçon d'Écriture : le Ressuscité « ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures » et résume leur contenu — le Christ devait souffrir, ressusciter le troisième jour, et « la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem » (Lc 24, 45-47). Il leur annonce le don de l'Esprit sous une image de vêtement : « demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus d'une puissance venue d'en haut » (Lc 24, 49)[45].
« Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit. Or, tandis qu'il les bénissait, il se sépara d'eux et il était emporté au ciel. Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie. Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu. » — Évangile selon saint Luc 24, 50-53[46]
Trois traits de cette finale nourrissent la fête. Le geste des mains levées pour bénir est celui du grand prêtre qui, au sortir du sanctuaire, « levait les mains sur toute l'assemblée des fils d'Israël pour donner lui-même la bénédiction du Seigneur » (Si 50, 20) : Jésus quitte les siens en prêtre, et sa bénédiction ne se referme pas. Les disciples se prosternent, geste d'adoration réservé à Dieu. Enfin ils repartent « en grande joie », alors que leur Maître vient de disparaître à leurs yeux, et l'Évangile, commencé dans le Temple avec le service de Zacharie (Lc 1, 9), s'achève dans le Temple avec la louange des disciples (Lc 24, 53)[47].
Luc avait annoncé ce terme dès le milieu de son Évangile : « Comme s'accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem » (Lc 9, 51). Le mot grec traduit par « être enlevé au ciel », analèmpsis, n'apparaît qu'en ce seul verset du Nouveau Testament[48] ; c'est le même mot, Analepsis, qui désigne la fête dans les Églises de tradition grecque.
Saint Marc : « assis à la droite de Dieu »
La finale de l'Évangile selon saint Marc condense l'événement en une phrase qui deviendra un article du Credo :
« Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu. Quant à eux, ils s'en allèrent proclamer partout l'Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l'accompagnaient. » — Évangile selon saint Marc 16, 19-20[49]
Le Catéchisme ouvre précisément son exposé de l'Ascension par ce verset[50]. Cette finale (Mc 16, 9-20) appartient au texte que l'Église reçoit pour canonique : le concile de Trente a défini que les livres saints doivent être reçus « dans leur totalité, avec toutes leurs parties, tels qu'on a coutume de les lire dans l'Eglise catholique »[51], et la liturgie la proclame l'année B[52]. Elle unit deux mouvements que la fête ne sépare jamais : le Seigneur monte et s'assied, les disciples partent et annoncent — et le Seigneur « travaillait avec eux ».
Saint Matthieu ne raconte pas l'Ascension. Son Évangile s'achève sur une montagne de Galilée, où le Ressuscité déclare : « Tout pouvoir m'a été donné au ciel et sur la terre. Allez ! De toutes les nations faites des disciples [...]. Et moi, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » (Mt 28, 18-20). La liturgie le lit l'année A : le départ visible du Christ n'est pas son absence[53].
Ce que disent saint Jean et les lettres des Apôtres
Dans l'Évangile selon saint Jean, l'Ascension est annoncée par Jésus comme le retour de celui qui était venu : « nul n'est monté au ciel sinon celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme » (Jn 3, 13) ; « Et quand vous verrez le Fils de l'homme monter là où il était auparavant !... » (Jn 6, 62) ; « Je suis sorti du Père, et je suis venu dans le monde ; maintenant, je quitte le monde, et je pars vers le Père » (Jn 16, 28). Au matin de Pâques, il dit à Marie Madeleine : « je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu » (Jn 20, 17). Et il présente son départ comme un bien : « il vaut mieux pour vous que je m'en aille, car, si je ne m'en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l'enverrai » (Jn 16, 7)[54].
Les lettres apostoliques en tirent la théologie. L'hymne cité dans la première lettre à Timothée résume le mystère du Christ en six verbes, dont le dernier est « enlevé dans la gloire » (1 Tm 3, 16). La lettre aux Hébreux voit en Jésus « le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux » (He 4, 14), qui « est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu » (He 9, 24), « toujours vivant pour intercéder en leur faveur » (He 7, 25). Saint Pierre le dit « à la droite de Dieu, après s'en être allé au ciel », au-dessus des anges et des puissances (1 P 3, 22). Saint Paul en déduit une manière de vivre : « Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d'en haut : c'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu » (Col 3, 1)[55].
« C'est pourquoi l'Écriture dit : Il est monté sur la hauteur, il a capturé des captifs, il a fait des dons aux hommes. Que veut dire : Il est monté ? – Cela veut dire qu'il était d'abord descendu dans les régions inférieures de la terre. Et celui qui était descendu est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux pour remplir l'univers. » — Saint Paul, Lettre aux Éphésiens 4, 8-10[56]
Les psaumes de l'Ascension
Quatre psaumes donnent à la fête ses mots. Le psaume 46 (47) est le psaume de la messe, avec son refrain : « Dieu s'élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor » (Ps 46, 6)[57]. Le psaume 109 (110), « Siège à ma droite » (Ps 109, 1), est celui que saint Pierre applique au Christ glorifié dès le jour de la Pentecôte : « David, en effet, n'est pas monté au ciel, bien qu'il dise lui-même : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : “Siège à ma droite” » (Ac 2, 34). Le psaume 67 (68), « Tu es monté sur la hauteur, capturant des captifs » (Ps 67, 19), est celui que cite la lettre aux Éphésiens[58].
Le psaume 23 (24) a fourni aux Pères l'image la plus dramatique de la fête : « Portes, levez vos frontons, élevez-vous, portes éternelles : qu'il entre, le roi de gloire ! Qui est ce roi de gloire ? » (Ps 23, 7-8)[59]. Dès le milieu du IIᵉ siècle, saint Justin y voit l'entrée du Christ ressuscité au ciel, et les puissances célestes interrogeant celui qu'elles ne reconnaissent pas sous les traits d'un crucifié :
« Ce psaume ne peut s'entendre que de notre Christ, qui remonta vers les cieux après sa résurrection. Alors Dieu commanda aux princes de la milice céleste rangés par ordre d'ouvrir les portes du ciel, afin que le roi de gloire y fît son entrée [...]. Mais les puissances du ciel, ne le reconnaissant pas dans l'état pauvre, humble, abject où elles le voient, demandent et s'écrient : “Quel est donc ce roi de gloire ?” » — Saint Justin, Dialogue avec Tryphon, XXXVI, 5-6[60]
D'où vient la fête ? Du cinquantième au quarantième jour
L'Ascension a été confessée dès l'origine : l'hymne de la première lettre à Timothée chante déjà le Christ « enlevé dans la gloire » (1 Tm 3, 16), saint Justin la lit dans les psaumes au IIᵉ siècle[61], et le Symbole des Apôtres en fait un article de foi. Ce qui a changé au cours des quatre premiers siècles n'est pas la foi en l'événement, mais le jour où l'Église le fête. Pendant longtemps, l'Ascension a été célébrée à l'intérieur des cinquante jours qui suivent Pâques, et souvent le cinquantième jour lui-même, avec le don de l'Esprit ; à la fin du IVᵉ siècle seulement apparaît une fête propre, fixée au quarantième jour, conformément au récit des Actes (Ac 1, 3)[62].
Les premiers siècles : une mémoire au cœur des cinquante jours
Vers l'an 200, à Carthage, Tertullien conseille de baptiser à Pâques ou pendant la Pentecôte, mot qui désigne alors toute la période des cinquante jours. Il la décrit comme un temps où se pressent tous les mystères qui suivent la Résurrection, l'Ascension comprise :
« Ensuite, la Pentecôte est pour l'organisation des baptêmes un espace de temps très joyeux, durant lequel la résurrection du Seigneur s'est souvent manifestée parmi les disciples, la grâce de l'Esprit Saint a été inaugurée et l'espérance de la venue du Seigneur laissée entrevoir, parce que c'est alors, quand il eut été repris au ciel, que les anges dirent aux apôtres qu'il viendrait de la même manière qu'il était monté au ciel. » — Tertullien, Sur le baptême, 19, 2[63]
Plus d'un siècle plus tard, Eusèbe de Césarée explique que la cinquantaine « scelle », par son dernier jour, « le jour très solennel de l'Ascension du Christ »[64]. Racontant la mort de l'empereur Constantin, survenue le dernier jour de la Pentecôte de 337, soit le 22 mai[65], il précise que cette fête de sept semaines est « scellée » par le jour unique où, selon les Écritures, eurent lieu « l'enlèvement au ciel du commun Sauveur et la descente de l'Esprit Saint parmi les hommes »[66]. Un recueil syriaque de canons attribué aux Apôtres, la Doctrine des Apôtres, prescrit de même : « À l'achèvement des cinquante jours après sa résurrection, faites mémoire de son ascension vers son Père glorieux »[67].
À Jérusalem, vers 350, l'évêque Cyrille rappelle à ses catéchumènes qu'il a commenté l'Ascension la veille, un dimanche de Carême, parce que l'ordre des lectures en amenait le récit ; il ne mentionne aucune fête propre. Il désigne pourtant déjà le lieu : « La montagne des oliviers subsiste encore aujourd'hui, où la nue le reçut, lorsqu'il monta au Ciel à la vue des fidèles »[68].
En Espagne, au début du IVᵉ siècle, le canon 43 du concile d'Elvire corrige une « mauvaise coutume » touchant la Pentecôte. Quelques manuscrits anciens précisent que l'on doit célébrer « le cinquantième, non le quarantième » jour ; on y lit souvent la condamnation d'une communauté qui clôturait le temps pascal au quarantième jour, celui de l'Ascension. Le sens exact du canon reste discuté[69].
Jérusalem vers 383 : Bethléem au quarantième jour, l'Imbomon au cinquantième
La pèlerine Égérie, dont le voyage en Orient dura de 381 à 384, décrit l'année liturgique de Jérusalem avec précision[70]. Au quarantième jour après Pâques, un jeudi, toute l'Église part la veille pour Bethléem, où l'on célèbre les vigiles « dans l'église de Bethléem, dans laquelle se trouve la grotte où le Seigneur est né », puis la messe du jour, avec des prédications « appropriées au jour et au lieu »[71]. Égérie ne nomme pas l'Ascension à cette occasion.
C'est le cinquantième jour, le dimanche de la Pentecôte, qu'elle la mentionne. Le matin, on célèbre au mont Sion la descente de l'Esprit ; l'après-midi, tout le peuple monte au mont des Oliviers :
« On va d'abord à l'Imbomon, c'est-à-dire au lieu d'où le Seigneur est monté aux cieux. [...] On y lit aussi le passage de l'Évangile qui parle de l'ascension du Seigneur, et l'on relit le passage des Actes des Apôtres qui parle de l'ascension du Seigneur aux cieux après la résurrection. » — Égérie, Journal de voyage, XLIII, 5[72]
À Jérusalem, l'Ascension et la Pentecôte étaient donc encore célébrées le même jour, chacune avec ses lectures propres[73]. Pour la station de Bethléem au quarantième jour, le P. Paul Devos a proposé une explication : en 383, ce quarantième jour tombait le 18 mai, date à laquelle un manuscrit du lectionnaire arménien de Jérusalem place la mémoire des saints Innocents à Bethléem. Égérie aurait ainsi assisté à la fête des Innocents plutôt qu'à une fête de l'Ascension, dont le contenu restait attaché à la Pentecôte[74].
La fête du quarantième jour se répand
Dans les mêmes années, les Constitutions apostoliques, vaste recueil de discipline compilé en Syrie vers 380, donnent la règle qui s'imposera partout :
« Et de nouveau, comptant quarante jours à partir du premier dimanche, du dimanche jusqu'au cinquième jour, célébrez la fête de l'Ascension du Seigneur, en laquelle, ayant accompli toute l'économie et toute l'ordonnance, il remonta vers Dieu le Père qui l'avait envoyé, s'asseyant à la droite de la puissance et attendant que ses ennemis soient placés sous ses pieds. » — Constitutions apostoliques, V, 20, 2[75]
Le même recueil fixe la Pentecôte « dix jours après l'Ascension » et range l'Ascension parmi les jours où les esclaves doivent être exemptés de travail, « à cause de l'achèvement de l'économie selon le Christ »[76]. Les plus anciennes homélies pour la fête datent de ces années. Saint Grégoire de Nysse prononce en Cappadoce un sermon « pour le jour de l'Ascension du Christ » ; le cardinal Jean Daniélou le datait du 18 mai 388 et y voyait le premier témoin certain d'une Ascension distincte de la Pentecôte[77]. À Antioche, entre 386 et 397, saint Jean Chrysostome prêche pour ce « jour brillant et glorieux », que l'assemblée célèbre cette fois « hors de nos murs »[78] :
« Quelle est donc la fête que nous célébrons ? elle est grande et auguste, mes très-chers frères [...]. C'est aujourd'hui que Dieu s'est réconcilié avec le genre humain ; c'est aujourd'hui qu'une inimitié ancienne et une longue guerre ont été terminées ; c'est aujourd'hui qu'a été cimentée pour nous cette paix admirable que nous n'aurions jamais espérée. » — Saint Jean Chrysostome, Homélie pour le jour de l'Ascension, 2[79]
Vers 400, saint Augustin peut écrire que la fête est observée par toute l'Église. Répondant à un correspondant sur les coutumes qui ne viennent pas de l'Écriture, il distingue celles qui sont universelles :
« Quant aux choses non écrites, que nous conservons par tradition, et qui sont pratiquées par toute la terre, on doit comprendre qu'elles nous ont été recommandées et prescrites soit par les apôtres eux-mêmes, soit par les conciles généraux dont l'autorité est si profitable à l'Eglise : telle est la célébration solennelle et annuelle de la passion du Seigneur, de sa résurrection, de son ascension, de la descente de l'Esprit Saint. » — Saint Augustin, Lettre 54 à Januarius, 1, 1[80]
À Constantinople, l'historien Socrate, racontant l'élection de l'évêque Sisinnius en 426, signale qu'au faubourg d'Élaia, de l'autre côté du port, toute la population se rassemblait chaque année, selon une coutume ancienne, pour célébrer l'Ascension du Sauveur[81]. À Rome, au milieu du Vᵉ siècle, saint Léon le Grand ouvre son premier sermon de la fête en annonçant que « s'achève aujourd'hui [...] le nombre des quarante jours saints »[82]. En moins d'un siècle, le quarantième jour s'est imposé de la Syrie à l'Afrique et de Constantinople à Rome. L'auteur de l'article « Ascension » du Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie, dom Fernand Cabrol, notait que « le quarantième jour était une date trop naturelle pour que l'on puisse affirmer que partout l'on attendit aussi longtemps pour séparer l'Ascension de la Pentecôte »[83].
- Vers 200Tertullien et les cinquante jours
- 22 mai 337La Pentecôte de Constantin
Eusèbe de Césarée décrit le cinquantième jour comme celui de l'Ascension du Sauveur et de la descente de l'Esprit.
- Vers 350Cyrille de Jérusalem
Le récit de l'Ascension est lu un dimanche de Carême ; le mont des Oliviers est déjà désigné comme le lieu de l'événement.
- Vers 380Les Constitutions apostoliques
Première règle écrite : fêter l'Ascension le jeudi, quarante jours après le dimanche de Pâques.
- 383Égérie à Jérusalem
Station à Bethléem le quarantième jour ; lecture de l'Ascension à l'Imbomon l'après-midi de la Pentecôte.
- 386-397Grégoire de Nysse et Jean Chrysostome
Premières homélies conservées pour une fête de l'Ascension distincte de la Pentecôte, en Cappadoce et à Antioche.
- Vers 400Augustin, Lettre 54
L'Ascension compte parmi les solennités annuelles observées par toute l'Église.
- 440-461Léon le Grand à Rome
Deux sermons pour la fête, prêchée au terme des « quarante jours saints ».
Le mont des Oliviers, lieu de la fête
Les deux récits de saint Luc s'accordent sur le lieu. L'Évangile conduit les disciples « jusque vers Béthanie » (Lc 24, 50), village situé « près de l'endroit appelé mont des Oliviers » (Lc 19, 29), et les Actes les font revenir à Jérusalem « depuis le lieu-dit "mont des Oliviers" qui en est proche » (Ac 1, 12)[84].
La fête a d'abord eu un lieu. Vers 333, le pèlerin anonyme de Bordeaux note seulement sur le mont des Oliviers la basilique bâtie sur l'ordre de Constantin, à l'endroit où le Seigneur enseigna ses apôtres avant sa Passion[85]. Eusèbe de Césarée en attribue la construction à l'impératrice Hélène, qui éleva au sommet de la montagne un édifice « en mémoire de son ascension au ciel », au-dessus d'une grotte où, selon la tradition, le Sauveur avait instruit ses disciples[86]. C'est l'église qu'Égérie appelle l'Éléona, « dans laquelle est la grotte où le Seigneur, assis, enseignait les apôtres »[87].
Le lieu précis de l'Ascension, un peu plus haut, sur le point culminant de la colline, s'appelle l'Imbomon, sans doute du grec « sur la hauteur ». En 383, Égérie n'y mentionne aucune église ; entre cette date et 392, une riche Romaine, Poimenia, y fait bâtir l'église de l'Ascension[88]. Les écrivains latins des environs de l'an 400 rapportent qu'on y avait laissé à découvert la terre où s'étaient posés pour la dernière fois les pieds du Seigneur. Sulpice Sévère écrit que ce lieu « ne put être relié par un pavement au reste du sol » et que les empreintes y restaient visibles, bien que les pèlerins en emportent chaque jour la poussière[89] ; saint Paulin de Nole précise que, dans toute la basilique, ce seul endroit demeurait couvert d'herbe, de sorte qu'on pouvait dire avec le psaume : « nous avons adoré là où se sont tenus ses pieds »[90].
À la fin du VIIᵉ siècle, l'abbé irlandais Adomnán d'Iona décrit, d'après le récit du pèlerin Arculfe, une grande église ronde dont le centre restait ouvert sur le ciel, « afin que, du lieu où s'étaient posées pour la dernière fois les traces divines quand le Seigneur fut enlevé au ciel dans la nuée, la voie reste toujours ouverte et dirigée vers les cieux pour les yeux de ceux qui y prient ». Chaque année, la nuit de la fête de l'Ascension, on y ajoutait aux huit lampes ordinaires d'innombrables lumières, si bien que le mont des Oliviers semblait tout entier « non seulement illuminé, mais en feu »[91].
Le sanctuaire rebâti par les croisés fut abandonné par les Latins après la prise de Jérusalem par Saladin en 1187 ; un acte de 1188 en fit un bien de mainmorte islamique (waqf)[92]. L'édicule octogonal d'époque croisée, coiffé d'une coupole, abrite une pierre où la tradition reconnaît l'empreinte du pied droit de Jésus. Les chrétiens y reviennent chaque année pour la fête : en 1461 déjà, un pèlerin y signale le rassemblement des Latins, des Grecs et des Arméniens le jour de l'Ascension[93]. Aujourd'hui encore, c'est le seul jour de l'année où la messe peut y être célébrée. La veille au soir, le vicaire de la Custodie de Terre Sainte préside les premières vêpres ; les frères franciscains font trois fois le tour de l'édicule en chantant les litanies des saints ; les messes se succèdent toute la nuit, en plusieurs langues, dans et autour de la chapelle, jusqu'à la messe solennelle célébrée à l'aube en plein air. Les Églises orientales y célèbrent à leur tour l'Ascension à la date de leur propre calendrier, selon les règles du statu quo[94].
Que célèbre l'Ascension ?
Pour entrer dans ce que l'Église fête ce jour-là, deux mots du Catéchisme suffisent : l'Ascension est un événement « à la fois historique et transcendant »[95]. Historique, parce qu'il a eu lieu à un moment précis, en un lieu précis, devant des témoins qui l'ont raconté. Transcendant, parce qu'il fait passer l'humanité de Jésus — son corps ressuscité, ses plaies, sa nature d'homme — dans un domaine que les yeux ne peuvent suivre : celui de Dieu. Jésus s'est réellement élevé sous les yeux des Apôtres ; mais la nuée qui le dérobe à leur regard n'est pas le véhicule d'un voyage dans l'espace : elle marque le seuil de la gloire divine. Saint Thomas d'Aquin le disait déjà : la nuée « n'a pas fourni au Christ, lors de son ascension, une aide semblable à celle d'un véhicule. Elle apparut comme un signe de la divinité »[96].
« Il est monté aux cieux » : un article du Credo
Le Symbole des Apôtres confesse que le Christ « est monté aux cieux, est assis à la droite de Dieu le Père Tout-Puissant, d'où Il viendra juger les vivants et les morts » ; le Symbole de Nicée-Constantinople, chanté à la messe dominicale, dit : « Il monta au ciel ; Il est assis à la droite du Père. Il reviendra dans la gloire, pour juger les vivants et les morts ; et son règne n'aura pas de fin »[97]. La fête déploie donc, en un seul jour, trois articles de la foi : l'élévation, la session à la droite du Père, l'attente du retour.
Le Catéchisme situe l'événement au terme des quarante jours. Pendant ce temps, le Ressuscité mange et boit avec ses disciples, mais « sa gloire reste encore voilée sous les traits d'une humanité ordinaire » ; la dernière apparition « se termine par l'entrée irréversible de son humanité dans la gloire divine »[98]. C'est le sens de la parole à Marie Madeleine, « je ne suis pas encore monté vers le Père » (Jn 20, 17) : elle indique, dit le Catéchisme, « une différence de manifestation entre la gloire du Christ ressuscité et celle du Christ exalté à la droite du Père »[99].
Saint Thomas d'Aquin consacre une question entière de la Somme théologique à l'Ascension, en six articles : convenait-il que le Christ monte au ciel ? selon quelle nature ? par sa propre puissance ? au-dessus de tous les cieux ? au-dessus de toutes les créatures spirituelles ? quels en sont les effets ?[100] Sa première réponse est de bon sens : un corps entré dans la vie incorruptible appelle un séjour qui lui corresponde.
« Le [lieu] doit être proportionné à ce qui y réside. Le Christ, par sa résurrection, a commencé une vie immortelle et incorruptible. Or, le lieu où nous habitons est celui de la génération et de la corruption, mais le ciel est celui de l'incorruption. » — Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 57, a. 1[101]
Assis à la droite du Père : le règne du Christ commence
« Siéger à la droite » ne désigne pas une place dans l'espace. Le Catéchisme reprend la définition de saint Jean Damascène : « Par droite du Père nous entendons la gloire et l'honneur de la divinité, où celui qui existait comme Fils de Dieu avant tous les siècles comme Dieu et consubstantiel au Père, s'est assis corporellement après qu'il s'est incarné et que sa chair a été glorifiée »[102]. L'expression vient du psaume 109 (110), « Siège à ma droite », que saint Pierre applique au Christ dès la Pentecôte (Ac 2, 34-35).
Cette session est une intronisation. Elle « signifie l'inauguration du règne du Messie, accomplissement de la vision du prophète Daniel concernant le Fils de l'homme » (Dn 7, 14), et, à partir de ce moment, « les apôtres sont devenus les témoins du "Règne qui n'aura pas de fin" »[103]. Saint Thomas distingue deux sens du mot « s'asseoir » : le repos de celui qui « demeure éternellement incorruptible dans la béatitude du Père », et le pouvoir de celui qui « règne avec lui et tient de lui son pouvoir judiciaire, comme celui qui siège à la droite du roi l'assiste en régnant et en jugeant avec lui »[104]. Le règne inauguré à l'Ascension est celui que l'Église célèbre à la fin de l'année liturgique, en la solennité du Christ Roi.
Saint Grégoire le Grand, cité par saint Thomas, s'est arrêté sur une apparente contradiction : saint Marc voit le Christ « assis », le diacre Étienne, au moment de mourir, le voit « debout à la droite de Dieu » (Ac 7, 56).
« Siéger ou s'asseoir est l'attitude du juge, se tenir debout celle du combat ou du secours. S. Étienne, étant encore dans la peine du combat, a vu debout celui qui venait à son secours. » — Saint Grégoire le Grand, cité par saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 58, a. 1, ad 3[105]
Le grand prêtre entré dans le sanctuaire du ciel
La lettre aux Hébreux lit l'Ascension avec les gestes du culte d'Israël. Une fois par an, le grand prêtre franchissait le rideau du Saint des saints ; le Christ, lui, « n'est pas entré dans un sanctuaire fait de main d'homme, figure du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu » (He 9, 24), et il est « toujours vivant pour intercéder » en faveur de ceux qui s'avancent vers Dieu par lui (He 7, 25). Le Catéchisme en conclut : « Au ciel le Christ exerce en permanence son sacerdoce », il est « le centre et l'acteur principal de la liturgie qui honore le Père dans les cieux »[106].
Le même paragraphe relie la Croix et l'Ascension par la parole de Jésus : « Moi, une fois élevé de terre, j'attirerai tous les hommes à moi » (Jn 12, 32). « L'élévation sur la Croix signifie et annonce l'élévation de l'Ascension au ciel. Elle en est le début. »[107] Pour saint Thomas, la présence même du Christ devant le Père est une prière : « Sa présence même, par la nature humaine qu'il a introduite au ciel, est en effet une intercession pour nous. Dieu, qui a exalté de la sorte la nature humaine du Christ, aura aussi pitié de ceux pour lesquels le Fils de Dieu a assumé la nature humaine »[108]. Le Catéchisme résume : le Christ « intercède sans cesse pour nous comme le médiateur qui nous assure en permanence l'effusion de l'Esprit Saint »[109].
« Il vaut mieux pour vous que je m'en aille » : une absence qui fait grandir
L'Ascension retire aux disciples la présence visible de leur Maître. Jésus l'avait annoncée comme un gain : « il vaut mieux pour vous que je m'en aille, car, si je ne m'en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous » (Jn 16, 7). Saint Thomas explique pourquoi ce départ « nous a été plus utile que ne l'aurait été cette présence elle-même » : il fait grandir la foi, « qui a pour objet ce qu'on ne voit pas » ; il relève l'espérance, car « le Christ, en emmenant au ciel la nature humaine qu'il avait prise, nous a donné l'espoir d'y parvenir » ; il tourne la charité vers le ciel, et prépare le don de l'Esprit, « l'amour qui nous ravit vers les réalités du ciel »[110]. Le même article rappelle la promesse de Matthieu : le Christ, présent « par sa divinité », reste avec les siens « jusqu'à la consommation des siècles » (Mt 28, 20).
Saint Léon le Grand, pape de 440 à 461, a donné à cette idée sa formule la plus dense, que le Catéchisme reprend : « ce qui était visible en notre Sauveur est passé dans ses mystères »[111]. Les sacrements prolongent, dans l'Église, les gestes que le Christ accomplissait de ses mains. La foi, dit-il, en sort grandie :
« C'est alors, mes bien-aimés, que ce Fils d'homme fut connu, de façon plus haute et plus sainte, comme le Fils de Dieu. Lorsqu'il eut fait retour dans la gloire de son Père, il commença d'une manière mystérieuse, à être plus présent par sa divinité, alors qu'il était plus éloigné quant à son humanité. » — Saint Léon le Grand, Sermon 74 (deuxième sermon sur l'Ascension), 4[112]
« L'Ascension du Christ est notre élévation »
La fête ne regarde pas seulement le Christ : elle regarde l'homme. Saint Léon le dit dans son premier sermon sur l'Ascension, en une phrase que la liturgie romaine a reprise dans la prière d'ouverture de la messe du jour :
« Puisque l'ascension du Christ est notre propre élévation, et que là où la gloire de la Tête nous a précédés, l'espérance du corps est appelée à son tour, exultons, mes bien-aimés, d'une joie digne, et réjouissons-nous dans une pieuse action de grâce. Aujourd'hui, en effet, non seulement nous avons été confirmés dans la possession du paradis, mais nous avons même pénétré, dans le Christ, les hauteurs des cieux. » — Saint Léon le Grand, Sermon 73 (premier sermon sur l'Ascension), 4[113]
Le mot latin traduit par « élévation », provectio, désigne une promotion : la nature humaine, dans le Christ, est portée plus haut que les anges. Tertullien le disait déjà à ceux qui niaient la résurrection de la chair : le Christ « a reçu de nous les arrhes de la chair, et il a transporté dans le ciel le gage du dépôt tout entier » ; « Chair et sang, ayez donc confiance ; vous avez conquis et le ciel et le royaume de Dieu dans Jésus-Christ »[114]. La préface de l'Ascension, citée par le Catéchisme, le dit en termes de corps : le Christ seul a ouvert à l'homme l'accès à la maison du Père, « de sorte que nous, ses membres, nous ayons l'espérance de le rejoindre là où Lui, notre Tête et notre Principe, nous a précédés »[115]. Saint Thomas précise la logique : la Passion a ouvert le ciel en ôtant le péché, mais « l'ascension du Christ est la cause directe de la nôtre, parce qu'elle l'a commencée dans notre chef, auquel il faut que ses membres soient unis »[116]. Le pape François le disait avec une image de montagnard : le Christ « est comme un chef de cordée quand on escalade une montagne, qui est arrivé au sommet et qui nous guide à Lui en nous conduisant à Dieu »[117].
Saint Augustin en tire une règle de vie, que l'Église fait lire à l'office des lectures du jour de l'Ascension :
« Aujourd'hui notre Seigneur Jésus Christ monte au ciel ; que notre cœur y monte avec lui. [...] Lui ne s'est pas éloigné du ciel lorsqu'il en est descendu pour venir vers nous ; et il ne s'est pas éloigné de nous lorsqu'il est monté pour revenir au ciel. [...] Il est descendu du ciel par miséricorde, et lui seul y est monté, mais par la grâce nous aussi sommes montés en sa personne. » — Saint Augustin, Sermon pour l'Ascension, office des lectures de l'Ascension[118]
C'est l'écho fidèle de la consigne de saint Paul : « recherchez les réalités d'en haut : c'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu » (Col 3, 1), et de sa certitude : Dieu « nous a fait siéger aux cieux, dans le Christ Jésus » (Ep 2, 6).
« Il reviendra de la même manière »
La dernière parole du récit des Actes est une promesse : « Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d'auprès de vous, viendra de la même manière que vous l'avez vu s'en aller vers le ciel » (Ac 1, 11). L'Ascension ouvre donc un temps d'attente orienté : le Christ est entré dans le domaine de Dieu « d'où il reviendra », mais « qui entre-temps le cache aux yeux des hommes »[119]. Saint Léon en indique le terme : le Christ demeure à la droite du Père « jusqu'à ce que s'achèvent les temps divinement fixés pour multiplier les fils de l'Église », et il viendra juger les vivants et les morts « dans la chair même avec laquelle il est monté »[120]. Le refus de Jésus de livrer « les temps et les moments » (Ac 1, 7) interdit tout calcul : l'Ascension ne donne pas une date, elle donne une direction. Sur cette attente, voir le retour glorieux du Christ.
Monter par sa propre puissance : Ascension, Assomption, enlèvements d'Hénoch et d'Élie
L'Écriture connaît d'autres élévations. Hénoch « disparut car Dieu l'avait enlevé » (Gn 5, 24) ; Élie « monta au ciel dans un ouragan », séparé d'Élisée par un char de feu (2 R 2, 11). La foi catholique confesse aussi que la Vierge Marie, au terme de sa vie terrestre, « a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste »[121]. Le vocabulaire de la fête souligne la différence : le Christ monte, Marie est élevée. Saint Thomas cite saint Grégoire le Grand :
« Il est dit d'Élie qu'il est monté au ciel dans un char ; c'est pour montrer avec évidence que celui qui n'est qu'un homme avait besoin d'un secours étranger. Quant à notre Rédempteur, il ne s'est élevé ni dans un char, ni avec l'aide des anges : lui qui a fait toutes choses, il a été porté au-dessus de toutes choses par sa propre puissance. » — Saint Grégoire le Grand, cité par saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 57, a. 3[122]
Le tableau suivant compare ces élévations, à partir des textes cités dans cet article et de la doctrine de l'Église.
| Personne | Texte | Comment l'élévation est décrite | Ce que l'Église en enseigne |
|---|---|---|---|
| Hénoch | Gn 5, 24 | « Dieu l'avait enlevé » | un juste pris par Dieu, sans récit détaillé |
| Élie | 2 R 2, 11 | « dans un ouragan », séparé par un char de feu | un homme de Dieu emporté par une force qui n'est pas la sienne |
| Jésus Christ | Ac 1, 9 ; Lc 24, 51 ; Mc 16, 19 | « il s'éleva », « emporté au ciel », « assis à la droite de Dieu » | monté « par sa propre puissance », d'abord divine (Thomas, q. 57, a. 3) ; article du Credo |
| La Vierge Marie | Pie XII, Munificentissimus Deus, 1950 | « élevée en corps et en âme à la gloire céleste » (latin assumptam, « prise ») | dogme de foi ; Marie est élevée par la puissance de Dieu, non par la sienne |
Pour le dogme marial, voir l'Assomption de la Vierge Marie et Pourquoi croire à l'Assomption ?.
Objections et réponses
« De toutes les grandes fêtes de l'année liturgique, aucune peut-être n'est aussi éloignée de la conscience moderne que la fête de l'Ascension du Christ », écrivait en 1967 le théologien Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI[123]. La fête rencontre en effet trois objections fréquentes. La première vient de la cosmologie moderne, la deuxième de la comparaison des récits de saint Luc, la troisième du simple bon sens : pourquoi se réjouir d'un départ ? Les réponses de l'Église ne retranchent rien au récit ; elles en précisent la portée.
Le ciel est-il au-dessus des nuages ?
L'objection est connue. Depuis que l'on sait que la Terre tourne dans un univers sans haut ni bas, le récit d'un homme qui s'élève jusqu'à disparaître dans une nuée semblerait supposer un monde à étages, avec un ciel posé au-dessus des nuages. L'Ascension ne serait alors qu'une image, tributaire d'une représentation dépassée du monde. L'exégète protestant Rudolf Bultmann lui a donné en 1941 sa forme la plus nette : « Quel sens cela a-t-il de confesser aujourd'hui "descendu aux enfers" ou "monté aux cieux", si celui qui confesse ne partage pas l'image du monde à trois étages qui sous-tend ces formules ? »[124]
L'Église n'a jamais enseigné que le ciel où siège le Christ soit une région de l'univers physique, située plus haut que l'atmosphère. Le Catéchisme parle de « l'entrée irréversible de son humanité dans la gloire divine symbolisée par la nuée et par le ciel »[125] : le mot « ciel » désigne ici le domaine de Dieu, et la nuée en est le signe, comme au Sinaï ou à la Transfiguration. Benoît XVI l'a expliqué en prêchant le jour de la fête :
« L'événement est décrit non pas comme un voyage vers le haut, mais plutôt comme une action de la puissance de Dieu, qui introduit Jésus dans l'espace de la proximité divine. [...] Le "ciel", ce mot ciel, n'indique pas un lieu au-dessus des étoiles, mais quelque chose de beaucoup plus fort et sublime : il indique le Christ lui-même, la Personne divine qui accueille pleinement et pour toujours l'humanité, Celui en qui Dieu et l'homme sont pour toujours inséparablement unis. L'être de l'homme en Dieu, tel est le ciel. » — Benoît XVI, homélie pour la solennité de l'Ascension, Cassino, 24 mai 2009[126]
Ces lignes reprennent presque mot pour mot l'article de 1967, où Joseph Ratzinger répondait à Bultmann : dans le grec des Actes, Jésus « fut élevé » (Ac 1, 9), puis « enlevé » (Ac 1, 11) ; écrit au passif, le récit décrit donc « une action de la puissance de Dieu », non un voyage aérien[127].
Il ne s'ensuit pas que le récit soit une simple image. Les Actes décrivent ce que les Apôtres ont vu : « tandis que les Apôtres le regardaient, il s'éleva » (Ac 1, 9). Quand il faut remplacer Judas, Pierre exige un témoin qui les ait accompagnés « depuis le commencement, lors du baptême donné par Jean, jusqu'au jour où il fut enlevé d'auprès de nous » (Ac 1, 21-22) : le jour de l'Ascension ferme la période dont les Apôtres doivent rendre témoignage. Saint Jean-Paul II, dans le cycle de catéchèses qu'il consacra au Credo, tenait ensemble les deux dimensions de l'événement :
« Nous avons déjà fait remarquer qu'il s'agit d'un "mystère", qui est objet de foi. Il complète le mystère même de l'Incarnation et il est l'accomplissement ultime de la mission messianique du Fils de Dieu venu sur la terre pour opérer notre Rédemption. C'est cependant aussi un "fait" que nous pouvons connaître à travers les éléments biographiques et historiques de Jésus rapportés par les Évangiles. » — Saint Jean-Paul II, audience générale du 12 avril 1989[128]
Le visible et l'invisible se rejoignent donc dans le même événement, que le Catéchisme dit « à la fois historique et transcendant »[129]. Le corps ressuscité de Jésus s'élève réellement sous les yeux des disciples ; ce qu'ils ne peuvent plus suivre, c'est son entrée dans la gloire du Père. La nuée n'a pas transporté le Christ comme un véhicule : elle a marqué, pour des yeux humains, le seuil de la gloire de Dieu, qu'aucun instrument n'observe.
Luc place-t-il l'Ascension le soir de Pâques ?
À lire d'un trait le dernier chapitre de l'Évangile selon saint Luc, l'Ascension semble suivre immédiatement l'apparition du soir de Pâques (Lc 24, 36-51). Il n'y aurait plus de quarante jours, et la date de la fête reposerait sur un récit que l'autre contredit.
Les deux récits ont pourtant le même auteur, qui renvoie lui-même de l'un à l'autre : « Cher Théophile, dans mon premier livre, j'ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le moment où il commença, jusqu'au jour où il fut enlevé au ciel » (Ac 1, 1-2). C'est dans ce second livre, et non dans le premier, que Luc précise la durée : « pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu » (Ac 1, 3). La finale de l'Évangile ne donne d'ailleurs aucune indication de jour pour la sortie vers Béthanie : « Puis Jésus les emmena au dehors » (Lc 24, 50). Saint Augustin avait déjà relevé la difficulté dans son traité sur l'accord des évangélistes : « Saint Luc, après avoir gardé le silence sur tout ce qui s'accomplit pendant les quarante jours qui suivirent la résurrection, passe immédiatement, sans en avertir, de la résurrection au jour de l'ascension »[130]. Saint Jean-Paul II a repris la même réponse dans la catéchèse déjà citée :
« À s'en tenir à ce texte de Luc, isolé des autres, on déduirait que Jésus est monté au ciel le jour même de la Résurrection, au terme de son apparition aux apôtres (cf. Lc 24, 36-49). Mais si l'on lit bien toute la page, on s'aperçoit que l'évangéliste veut résumer les derniers événements de la vie du Christ, dont il tenait à décrire la mission salvifique, achevée par sa glorification. [...] Quant à la question du temps, on ne voit pas pour quelle raison on pourrait nier que Jésus soit apparu aux siens à plusieurs reprises pendant quarante jours, comme l'affirment les Actes. » — Saint Jean-Paul II, audience générale du 12 avril 1989[131]
Le même pape relevait que le nombre quarante, qui dit dans la Bible une durée pleinement suffisante pour atteindre son but, est assumé par Jésus lui-même : quarante jours au désert avant son ministère, quarante jours d'apparitions avant de monter définitivement au ciel[132]. C'est sur cette donnée des Actes que l'Église a réglé son calendrier. La fête propre du quarantième jour, généralisée à la fin du IVᵉ siècle, suit expressément Ac 1, 3, comme le rappelaient les Constitutions apostoliques et saint Augustin ; les Normes universelles de 1969 le répètent en une phrase[133].
Pourquoi fêter un départ ?
Une fête suppose une joie. Or l'Ascension marque la fin de la présence visible de Jésus parmi les siens : célébrer un départ semble paradoxal, et l'on attendrait plutôt une mémoire empreinte de regret.
Le paradoxe est dans l'Évangile lui-même. Après avoir vu leur Maître disparaître, les Apôtres « retournèrent à Jérusalem, en grande joie » (Lc 24, 52). Le pape François s'est arrêté sur ce détail :
« En général, quand nous sommes séparés de nos parents, de nos amis, pour un départ définitif et surtout à cause de la mort, il y a en nous une tristesse naturelle, parce que nous ne verrons plus leur visage, nous n'entendrons plus leur voix, nous ne pourrons plus jouir de leur affection, de leur présence. En revanche, l'évangéliste souligne la profonde joie des apôtres. Mais pourquoi ? Justement parce que, avec le regard de la foi, ils comprennent que, bien que soustrait à leurs yeux, Jésus reste pour toujours avec eux, il ne les abandonne pas et, dans la gloire du Père, il les soutient, les conduit et intercède pour eux. » — François, audience générale du 17 avril 2013[134]
L'Ascension ne retire donc pas le Christ au monde ; elle change le mode de sa présence. Joseph Ratzinger le notait en 1967 : pour les disciples, elle ne signifiait pas « l'absence provisoire du Christ hors du monde », mais « la forme nouvelle, définitive et irrévocable de sa présence, par la participation à la puissance royale de Dieu »[135]. Le Ressuscité l'avait promis avant de partir : « je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » (Mt 28, 20). Saint Léon le Grand y voyait le moment où le Christ commence « à être plus présent par sa divinité, alors qu'il était plus éloigné quant à son humanité »[136]. Le pape Léon XIV, au Regina Caeli du dimanche 17 mai 2026, jour où de nombreux pays célébraient la fête, écartait de même l'idée d'un événement lointain : « nous sommes unis à Jésus, comme les membres à la tête, en un seul corps, et son ascension au Ciel nous attire aussi, avec Lui, vers la pleine communion avec le Père. [...] L'Ascension ne nous parle donc pas d'une promesse lointaine, mais d'un lien vivant »[137].
Comment l'Église célèbre-t-elle l'Ascension ?
Une messe de la veille et une messe du jour
Le Missel romain promulgué après le concile Vatican II, dans sa troisième édition typique (2002), donne à l'Ascension deux formulaires. La messe de la veille se célèbre « le soir qui précède la solennité, avant ou après les premières vêpres de l'Ascension » ; la messe du jour suit le jeudi. Toutes deux comportent le Gloria et le Credo, la préface de l'Ascension et, avec le Canon romain, un Communicantes propre ; une bénédiction solennelle peut conclure la célébration[138]. Le même Missel précise : « Là où la solennité de l'Ascension n'est pas de précepte, elle est assignée, comme à son jour propre, au septième dimanche de Pâques »[139].
La prière d'ouverture de la messe de la veille résume la fête en une symétrie :
« Dieu, ton Fils est monté aujourd'hui aux cieux en présence des Apôtres ; accorde-nous, selon sa promesse, de mériter de vivre, lui toujours avec nous sur la terre, et nous avec lui dans le ciel. » — Missel romain, messe de la veille de l'Ascension, collecte[140]
La messe du jour s'ouvre sur l'introït Viri Galilaei, la parole des anges aux Apôtres : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? » (Ac 1, 11). Sa prière d'ouverture, Fac nos, omnipotens Deus, reprend presque mot pour mot la phrase de saint Léon le Grand citée plus haut : « l'Ascension du Christ ton Fils est notre élévation, et là où la gloire de la Tête s'est avancée, l'espérance du corps est appelée elle aussi »[141]. La Liturgie des Heures en français en donne une adaptation libre : « Dieu qui élèves le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous à la joie et à l'action de grâce, car l'Ascension de ton Fils est déjà notre victoire : nous sommes les membres de son corps, il nous a précédés dans la gloire auprès de toi, et c'est là que nous vivons en espérance »[142]. L'antienne de communion est la dernière phrase de l'Évangile selon saint Matthieu, « Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde » ; la prière après la communion demande que l'élan de la piété chrétienne tende « là où notre nature est auprès de toi »[143].
Les lectures de la messe sur trois ans
Le lectionnaire romain fixe une règle simple, énoncée dans ses Praenotanda : la solennité garde comme première lecture le récit des Actes des Apôtres, complété par des lectures apostoliques sur le Christ exalté à la droite du Père, et chaque année du cycle lit l'évangile propre à l'évangéliste de l'année[144]. Le tableau suivant donne, pour chacune des trois années, les lectures de la messe du jour selon l'Ordo lectionum Missae de 1981 et le lectionnaire français publié par l'AELF.
| Lecture | Année A | Année B | Année C |
|---|---|---|---|
| Première lecture | Actes 1, 1-11 | Actes 1, 1-11 | Actes 1, 1-11 |
| Psaume | Ps 46 (47), refrain « Dieu s'élève parmi les ovations » | idem | idem |
| Deuxième lecture | Éphésiens 1, 17-23 | Éphésiens 1, 17-23, ou au choix Éphésiens 4, 1-13 | Éphésiens 1, 17-23, ou au choix Hébreux 9, 24-28 ; 10, 19-23 |
| Évangile | Matthieu 28, 16-20 « Tout pouvoir m'a été donné » | Marc 16, 15-20 « Il fut enlevé au ciel et s'assit à la droite de Dieu » | Luc 24, 46-53 « Tandis qu'il les bénissait, il était emporté au ciel » |
En France, l'AELF publie pour les années B et C la deuxième lecture au choix, propre à chaque année (Éphésiens 4 ; Hébreux 9-10)[145]. Là où l'Ascension est reportée au dimanche, le jeudi de la sixième semaine reçoit des lectures de semaine, à commencer par Actes 18, 1-8[146].
Les deux préfaces de l'Ascension
La préface, chant d'action de grâce qui ouvre la prière eucharistique, est propre à la fête. La première, De mysterio Ascensionis, est celle que le Catéchisme cite pour expliquer l'Ascension[147] :
« Car le Seigneur Jésus, Roi de gloire, vainqueur du péché et de la mort, est monté aujourd'hui au plus haut des cieux, sous le regard émerveillé des anges, lui, le Médiateur entre Dieu et les hommes, le Juge du monde et le Seigneur des puissances ; non pour s'éloigner de notre humble condition, mais pour que nous, ses membres, ayons l'assurance de le suivre là où lui, notre Tête et notre Principe, nous a précédés. » — Missel romain, préface I de l'Ascension[148]
La seconde, héritée du Missel antérieur à la réforme, tient en une phrase : après sa résurrection, le Christ « s'est manifesté à tous ses disciples, et il s'est élevé au ciel sous leurs yeux, pour nous rendre participants de sa divinité »[149]. Les deux préfaces se concluent sur la même image : à l'Ascension, « la joie pascale se répand » et « le monde entier exulte » sur toute la terre[150].
Le Communicantes propre et la bénédiction solennelle
Quand le prêtre emploie le Canon romain, la première prière eucharistique, il insère une mention propre de la fête dans le Communicantes, la prière qui unit l'assemblée à la Vierge Marie et aux saints. La traduction française en usage depuis 2021 dit : « Unis dans une même communion, nous célébrons le jour très saint où notre Seigneur, ton Fils unique, ayant pris notre nature avec sa faiblesse, la fit entrer dans ta gloire, à ta droite »[151].
La bénédiction solennelle propose trois souhaits, auxquels l'assemblée répond « Amen » : que Dieu bénisse les fidèles, lui dont le Fils « a pénétré en ce jour les hauteurs des cieux » et leur « a ouvert le passage pour monter là où il est » ; que le Christ, apparu à ses disciples après sa résurrection, leur apparaisse « favorable pour l'éternité » quand il viendra pour le jugement ; enfin qu'ils éprouvent dans la joie la vérité de sa promesse, qu'il demeure avec eux « jusqu'à la fin du monde »[152].
Le cierge pascal : autrefois éteint à l'Évangile, aujourd'hui allumé cinquante jours
Pendant des siècles, un geste rendait l'Ascension visible : à la messe du jour, après la lecture de l'Évangile, on éteignait le cierge pascal, allumé depuis la nuit de Pâques. Le Missel romain de 1962 le prescrit encore en une ligne : « L'Évangile dit, on éteint le cierge pascal »[153]. Une forme plus ancienne de la rubrique ajoutait qu'on ne le rallumait plus, sinon le samedi de la Pentecôte pour la bénédiction des fonts baptismaux[154]. Le symbole était limpide : le Christ, lumière du monde, quittait la vue des disciples.
La réforme liturgique a déplacé ce geste à la fin des cinquante jours. Le cierge pascal reste allumé pendant tout le temps pascal, Ascension comprise, et n'est éteint qu'au terme du dimanche de la Pentecôte[155]. La lettre circulaire de la Congrégation pour le culte divin sur la préparation et la célébration des fêtes pascales (1988) précise :
« Le cierge pascal, qui a sa place soit près de l'ambon, soit près de l'autel, sera allumé au moins à toutes les célébrations un peu solennelles de ce temps, que ce soit la messe, les Laudes ou les Vêpres, jusqu'au dimanche de la Pentecôte. Celui-ci terminé, on gardera le cierge pascal avec honneur au baptistère, et on l'allumera pour la célébration du baptême. » — Congrégation pour le culte divin, Paschalis sollemnitatis, n° 99[156]
Le changement exprime l'unité des cinquante jours : l'Ascension n'est pas la fin du temps pascal, mais l'une de ses étapes. Sur le sens de cette lumière, voir le symbolisme des cierges.
Dans le Missel romain antérieur à la réforme
Le Missel romain de 1962, dernière édition antérieure à la réforme liturgique, conserve plusieurs traits anciens de la fête. L'Ascension y est une fête de première classe, avec l'indication « Station à Saint-Pierre », qui désigne l'église où le pape célébrait autrefois avec le peuple de Rome : la basilique vaticane[157], là même où, au VIᵉ siècle, saint Grégoire le Grand avait prêché pour la fête[158]. La veille, le mercredi, avait sa messe propre de vigile, de deuxième classe, ouverte par l'introït Vocem iucunditatis (« Annoncez une voix d'allégresse »)[159].
Les chants grégoriens de la messe du jour tirent tous leurs paroles des Actes et des psaumes de l'Ascension. L'introït Viri Galilaei reprend la parole des anges (Ac 1, 11) ; l'Alléluia chante « Dieu monte parmi l'allégresse, et le Seigneur au son de la trompette » (Ps 46, 6) et « Il est monté sur la hauteur, il a emmené captive la captivité » (Ps 67, 19) ; l'offertoire reprend le même verset du psaume 46, et la communion, Psallite Domino, chante le Seigneur « qui monte au-dessus des cieux des cieux, vers l'orient » (Ps 67, 33-34)[160]. La collecte de ce missel, « que nous qui croyons qu'en ce jour ton Fils unique, notre Rédempteur, est monté aux cieux, nous habitions nous aussi en esprit dans les réalités célestes », est devenue la collecte de rechange du Missel de 2002, et sa préface, dotée d'une conclusion nouvelle, est devenue la préface II de l'Ascension[161].
Jusqu'en 1955, l'Ascension avait aussi une octave, huit jours de fête prolongée. Le décret Cum nostra hac aetate de la Congrégation des rites, du 23 mars 1955, ne conserve que les octaves de Noël, de Pâques et de la Pentecôte, et supprime toutes les autres ; il garde en revanche la vigile de l'Ascension parmi les vigiles « communes »[162]. Jusqu'à la vigile de la Pentecôte, les jours suivants restèrent des féries du temps pascal où l'on reprenait la messe de l'Ascension, sans Credo[163].
Dans la Liturgie des Heures
L'office de l'Ascension a ses hymnes latines propres : Iesu, nostra redemptio aux vêpres, Aeterne Rex altissime à l'office des lectures, Optatus votis omnium aux laudes ; dans les jours qui suivent, les vêpres chantent le Veni, Creator Spiritus, prière d'attente de l'Esprit[164]. Les hymnes françaises de la Liturgie des Heures sont des compositions originales, non des traductions[165].
L'antienne du Magnificat des vêpres du jour est l'O Rex gloriae, déjà en usage dans le Bréviaire romain tridentin, où elle occupait la même place[166]. Elle s'adresse au Christ qui monte « aujourd'hui, en vainqueur, au-dessus de tous les cieux » et lui demande de ne pas laisser les siens orphelins. La traduction liturgique française la rend ainsi :
« Roi de gloire, Dieu de l'univers, toi qui montes au plus haut des cieux, ne nous laisse pas orphelins, envoie-nous celui que le Père a promis, l'Esprit de vérité, alléluia. » — Liturgie des Heures, vêpres de l'Ascension, antienne du Magnificat[167]
L'office des lectures fait entendre le sermon de saint Augustin pour l'Ascension, « que notre cœur y monte avec lui »[168] ; dans les jours qui entourent la fête, il fait lire les deux sermons de saint Léon le Grand sur l'Ascension, le premier le mercredi qui la précède, le second le vendredi qui la suit[169]. Aux laudes, la première antienne reprend la parole des anges : « Hommes de Galilée, pourquoi fixer le ciel ? Vous avez vu Jésus monter au ciel ; c'est ainsi qu'il reviendra, alléluia »[170].
En Orient : l'Analepsis
Dans les Églises de tradition byzantine, l'Ascension, appelée Analepsis, compte parmi les douze grandes fêtes de l'année, à côté de Pâques qui forme à elle seule « la fête des fêtes » ; elle est l'une des trois grandes fêtes du cycle pascal, avec l'entrée du Seigneur à Jérusalem et la Pentecôte[171]. La veille, l'Église clôt la fête de Pâques par son « apodose » ; la fête de l'Ascension se prolonge ensuite jusqu'à sa propre apodose, le vendredi qui précède la Pentecôte, et l'office de ce jour reprend, à quelques exceptions près, celui de la fête[172].
Le tropaire de la fête, chanté à chaque office, résume le récit de saint Luc :
« Tu es monté dans la Gloire, ô Christ notre Dieu, après avoir rempli de joie Tes disciples par la promesse du Saint Esprit. Ta bénédiction leur confirma que Tu es le Fils de Dieu, le Libérateur de l'univers ! » — Tropaire de l'Ascension (ton 4), liturgie byzantine[173]
Le kondakion insiste sur la présence qui demeure : « Ayant accompli pour nous l'Economie divine et ayant uni les habitants de la terre à ceux du ciel, Tu T'es élevé au ciel dans la gloire, Christ Dieu, sans Te séparer de nous, mais demeurant toujours parmi nous, et Tu dis à ceux qui T'aiment : “Je suis avec vous, et personne ne prévaudra contre vous.” »[174] Selon les années, la date de la fête diffère entre catholiques et orthodoxes, parce que leurs Pâques ne coïncident pas toujours : elles tombent le même jour en 2025, 2028, 2031 et 2034[175].
Dans l'Église apostolique arménienne, la fête porte le nom de Hambardzoum ; elle est aussi le jour du pèlerinage à Etchmiadzine, siège du catholicos, et rappelle le retour du catholicossat de Sis à Etchmiadzine en 1441[176]. La tradition populaire arménienne y rattache le vičak, un rite de bonne aventure préparé par des groupes de jeunes filles et accompagné de chants, que l'Arménie a inscrits sur sa liste du patrimoine culturel immatériel nécessitant une sauvegarde urgente[177].
Neuf jours avec Marie, vers la Pentecôte
L'Ascension ouvre une attente. Jésus a dit aux Apôtres : « demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez revêtus d'une puissance venue d'en haut » (Lc 24, 49) ; ils reviennent du mont des Oliviers, montent à la chambre haute, et « tous, d'un même cœur, étaient assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères » (Ac 1, 14)[178]. La liturgie fait de ces jours un temps propre : les Normes universelles précisent que « les féries après l'Ascension jusqu'au samedi avant la Pentecôte inclusivement sont une préparation à la venue du Saint-Esprit Paraclet »[179]. Du vendredi qui suit l'Ascension au samedi qui précède la Pentecôte, on compte neuf jours.
La première neuvaine, au Cénacle avec Marie
La tradition voit dans les jours qui séparent l'Ascension de la Pentecôte la première neuvaine, cette prière de neuf jours que l'Église a ensuite pratiquée pour se préparer aux fêtes. Pour la Catholic Encyclopedia, le Christ a donné lui-même « le meilleur modèle et le meilleur exemple » de toute neuvaine dans « la première neuvaine de la Pentecôte » : après que la jeune Église eut persévéré « neuf jours entiers » dans la prière, l'Esprit Saint vint « comme le fruit précieux de cette première neuvaine chrétienne »[180]. La Vierge y tient la place que lui donne le livre des Actes : au milieu des disciples, avant le don de l'Esprit.
La neuvaine de la Pentecôte, de Léon XIII à aujourd'hui
Le pape Léon XIII a fait de la neuvaine de la Pentecôte une pratique de toute l'Église. Dès 1895, il invitait les catholiques à prier « au moment de la neuvaine préparatoire aux solennités du saint jour de la Pentecôte », à l'exemple de la Vierge et des Apôtres, car « aucun temps ne paraît plus favorable que celui où jadis les apôtres, après l'Ascension du Seigneur, se réunirent, persévérant unanimement dans la prière avec Marie, Mère de Jésus »[181]. Deux ans plus tard, dans l'encyclique Divinum illud munus sur l'Esprit Saint, il en fit une règle :
« Nous décrétons donc et Nous ordonnons que dans tout le monde catholique, cette année et les suivantes, une neuvaine soit faite avant la Pentecôte dans toutes les églises paroissiales, et, si l'Ordinaire le juge bon, dans toutes les églises. » — Léon XIII, Divinum illud munus, 9 mai 1897[182]
Le Directoire sur la piété populaire et la liturgie (2001) rappelle que « durant les neuf jours qui séparent l'Ascension de la Pentecôte, les apôtres "d'un seul cœur participaient fidèlement à la prière, avec quelques femmes, dont Marie, la Mère de Jésus, et avec ses frères" », et observe qu'une telle neuvaine « est déjà présente dans le Missel et la Liturgie des Heures, surtout les Vêpres » ; il recommande donc, quand c'est possible, de la vivre par la célébration solennelle des vêpres[183]. Sur la fête du cinquantième jour elle-même, voir la Pentecôte et la Pentecôte et la naissance de l'Église.
La Journée mondiale des communications sociales
Le concile Vatican II a demandé, dans le décret Inter mirifica sur les moyens de communication sociale, que l'on organise « chaque année dans les diocèses, au jugement des évêques, une journée pendant laquelle les fidèles seront instruits de leurs devoirs en ce domaine et invités à prier pour cette cause et à verser leur obole »[184]. La première Journée mondiale des communications sociales a été célébrée le dimanche 7 mai 1967, avec un message de saint Paul VI[185]. Elle est fixée, dans la plupart des pays, sur la recommandation des évêques, au dimanche qui précède la Pentecôte[186] : là où l'Ascension est reportée au septième dimanche de Pâques, les deux célébrations tombent le même jour.
L'Ascension dans la piété et la culture
Les Rogations, trois jours de prière avant l'Ascension
Les trois jours qui précèdent l'Ascension ont longtemps porté un nom propre : les Rogations, du latin rogare, « demander ». Elles sont nées à Vienne, en Gaule, vers 470-475, au cours d'une année de calamités : tremblements de terre, incendies, bêtes sauvages errant dans la ville. L'évêque saint Mamert prescrivit alors un jeûne et des processions de prière, et l'usage gagna toute la Gaule[187]. Grégoire de Tours, à la fin du VIᵉ siècle, parle de ces Rogations « que nous célébrons avant le triomphe de l'ascension du Seigneur » et note qu'elles sont célébrées dans toutes les églises « avec componction du cœur et contrition d'esprit »[188].
Le témoin le plus proche des faits est Sidoine Apollinaire, qui écrivait à Mamert depuis l'Auvergne et dont le peuple arverne adopta à son tour les Rogations[189]. Il oppose les anciennes prières publiques, « vagues, tièdes, peu suivies », à celles que Mamert a instituées :
« Mais dans celles-ci, instituées par le saint pontife, on jeûne, on prie, on psalmodie, on pleure. Je t'invite à ces fêtes où s'abaissent les fronts, à ces pieuses réunions de citoyens qui se prosternent humblement. » — Sidoine Apollinaire, Lettres, V, 14[190]
Le premier concile d'Orléans, en 511, étend l'usage à toutes les églises du royaume franc : les litanies se célèbrent avant l'Ascension, le jeûne de trois jours prend fin à la fête, et pendant ces trois jours « tous les esclaves et toutes les servantes doivent être dispensés de tout travail, afin que tout le peuple puisse se réunir »[191]. Rome ne connaissait alors qu'une grande procession de prière, celle du 25 avril[192]. Le pape Léon III (795-816) y introduit les trois jours de litanies avant l'Ascension, avec trois processions : le lundi de Sainte-Marie-Majeure au Latran, le mardi de Sainte-Sabine à Saint-Paul, le mercredi de l'église de Jérusalem à Saint-Laurent-hors-les-Murs[193].
Depuis 1969, les Rogations ne sont plus fixées par le calendrier universel. Les Normes universelles confient aux conférences des évêques le soin d'en régler la date et la forme, pour prier « pour les fruits de la terre et le travail des hommes », selon les besoins de chaque région[194].
Le Christ hissé dans la voûte et le dragon des Rogations
Le Moyen Âge a voulu rendre la fête visible. Dans plusieurs églises, on faisait monter une statue du Christ par une ouverture de la voûte, et l'on faisait parfois descendre en même temps une figure du démon[195]. Le musée régional du Wurtemberg, à Stuttgart, conserve une de ces statues, sculptée vers 1430 : « Le jour de l'Ascension, cette figure du Christ était hissée au moyen d'une corde jusque dans la voûte de l'église, pendant l'office solennel, sous les yeux des fidèles »[196]. Le Musée national germanique de Nuremberg a acquis en 2023 une figure semblable, sortie vers 1505-1510 de l'atelier de Tilman Riemenschneider : son socle de nuées et les trous de fixation de son revers indiquent qu'elle était très probablement suspendue pour mettre en scène le récit de l'Ascension[197]. L'ouverture de la voûte, appelée « trou du ciel », servait aussi à faire descendre une colombe à la Pentecôte ; à Bad Windsheim, en Franconie, où l'église de l'hôpital en conserve une, l'abolition de ces mises en scène à l'époque de la Réforme lui fit perdre son usage[198].
Les processions des Rogations avaient leurs propres images. Au XIIIᵉ siècle, l'évêque Guillaume Durand rapporte qu'en certains lieux un dragon à longue queue « dressée et enflée » précédait la croix et les bannières les deux premiers jours ; le troisième, il suivait par derrière, « ayant la queue vide et aplatie ». Ce dragon, explique-t-il, « désigne le diable » ; or « dans le temps de la grâce, il a été vaincu par le Christ »[199]. Le jour de l'Ascension lui-même, des processions triomphales, avec torches et bannières, commémoraient l'entrée du Christ au ciel ; en Angleterre, la bannière au lion ouvrait la marche et celle du dragon la fermait, pour signifier le triomphe du Christ, en son ascension, sur le Malin[200].
Le livre de prière de l'Église d'Angleterre, en 1662, appelle encore l'Ascension Holy Thursday : il fixe les trois jours des Rogations « avant Holy Thursday, ou l'Ascension de notre Seigneur »[201]. Les processions anglaises dans les champs sont devenues le beating the bounds, le tour des limites de la paroisse, que les injonctions de la reine Élisabeth Iʳᵉ maintinrent en 1559 avec une action de grâce pour les fruits de la terre[202]. À Londres, la paroisse All Hallows by the Tower l'accomplit encore le jour de l'Ascension[203].
À Venise, la Sensa et les épousailles de la mer
La république de Venise a donné à l'Ascension, qu'elle appelait en vénitien la Sensa, l'une des cérémonies civiques les plus célèbres d'Europe. Elle part d'un fait d'armes. Selon la chronique de Jean Diacre, le doge Pierre II Orseolo voulut entendre la messe avec les siens, en la fête de l'Ascension, dans l'église Saint-Pierre d'Olivolo ; l'évêque Dominique lui remit un étendard triomphal, et la flotte appareilla le jour même vers la Dalmatie[204]. L'éditeur moderne de la chronique place ce départ le jour de l'Ascension de l'an 1000, le 9 mai, bien que le chroniqueur parle de la septième année du doge, soit 998[205]. L'expédition assura à Venise la prééminence sur l'Adriatique, et la tradition vénitienne y rattache la cérémonie du « mariage de la mer »[206].
Au XVIᵉ siècle, Francesco Sansovino décrit le rite. Le matin de l'Ascension, le doge et la Seigneurie montent sur le Bucentaure, la galère d'apparat de l'État, gagnent le Lido, où l'on célèbre une grand-messe à Saint-Nicolas, puis sortent à l'embouchure du port. Le clergé chante des psaumes, on bénit la mer « à cause des naufrages qui arrivent souvent », et le doge jette dans l'eau un anneau « en signe d'épousailles », en disant : « Nous t'épousons, mer, en signe de vraie et perpétuelle domination ». Le même jour s'ouvrait une foire publique de dix jours, appelée elle aussi la Sensa[207].
Sansovino attribue l'anneau au pape Alexandre III, qui l'aurait donné au doge Sebastiano Ziani en 1177, après une victoire navale sur Othon, fils de l'empereur Frédéric Iᵉʳ ; il invoque pour preuve les peintures de cette histoire au Vatican et dans la salle du Grand Conseil[208]. Le récit relève de la tradition vénitienne : les notices historiques consacrées au doge et au pape décrivent le congrès réuni à Venise en 1177 et l'accord qui en sortit, sans mentionner ni bataille navale ni anneau[209]. Le nom de Bucentaure apparaît dans les documents vénitiens en 1252 ; le dernier navire de ce nom, lancé en 1728, servit à la fête de mai 1729 et fut détruit par les Français en 1798[210].
L'Ascension dans l'art chrétien
L'une des plus anciennes images de la scène est une tablette d'ivoire sculptée à Rome ou à Milan vers l'an 400, dite « tablette Reider », aujourd'hui au Bayerisches Nationalmuseum de Munich. Elle réunit sur un même panneau le tombeau vide et l'Ascension : le Christ gravit une montagne et la main de Dieu, sortant d'une nuée, le saisit pour l'attirer au ciel, tandis que des disciples, à ses pieds, sont éblouis par la lumière[211]. Le même objet unit la Résurrection et l'Ascension, comme la liturgie des premiers siècles les unissait dans la joie des cinquante jours.
En 586, les Évangiles copiés par le scribe Rabbula au monastère de Saint-Jean de Beth Zagba, en Syrie, consacrent une page entière à l'Ascension (Florence, Biblioteca Medicea Laurenziana, Plut. I. 56, f. 13v)[212]. Le Christ y apparaît dans une mandorle portée par des anges ; en bas, au centre des Apôtres, la Vierge se tient debout, nimbée, les mains levées dans le geste de la prière[213]. Le récit des Actes ne mentionne pas Marie au mont des Oliviers, mais la montre aussitôt après, au Cénacle, au milieu des disciples en prière (Ac 1, 14) : l'image place la Mère de Jésus au cœur de l'Église qui attend l'Esprit.
L'enluminure médiévale a inventé une image saisissante : le Christ qui disparaît dans la nuée, dont on ne voit plus que le bas du corps. L'historien de l'art Meyer Schapiro en a fait une étude devenue classique ; Robert Deshman, qui en situe l'invention dans la théologie et la réflexion sur l'image du XIᵉ siècle, y reconnaît une méditation sur les limites de la vision corporelle, que l'Ascension oblige à dépasser[214]. La Renaissance revient à la vision entière du Christ en gloire : le retable que Le Pérugin peint de 1495 à 1498 pour les bénédictins de San Pietro de Pérouse, dont le panneau central et la lunette, donnés par le pape Pie VII en 1816, sont conservés au musée des Beaux-Arts de Lyon, ordonne toute la composition sur un axe qui va de la Vierge, sur la terre, au Christ dans sa mandorle, puis à Dieu le Père[215].
L'Ascension dans la voix des saints et des mystiques
Saint Augustin : « montons avec lui »
Saint Augustin a souvent prêché pour l'Ascension : la Nuova Biblioteca Agostiniana, édition italienne de ses œuvres complètes, range douze de ses sermons sous cette fête, dont l'un fut prononcé à Carthage, dans la basilique de Faustus[216]. Ils reviennent tous à la même conversion du regard : ce que les Apôtres ont vu, nous le croyons, et la fête n'est vraie que si le cœur monte avec le Seigneur.
« La résurrection du Seigneur est notre espérance ; son ascension, notre gloire. Nous célébrons aujourd'hui la solennité de l'Ascension ; si donc nous célébrons cette fête du Seigneur avec droiture, avec fidélité, avec dévotion, avec sainteté et avec piété, montons avec lui et tenons en haut notre cœur. [...] Il est descendu pour te guérir ; il est monté pour t'élever. Tu tombes si tu t'élèves toi-même ; tu restes élevé si c'est lui qui t'élève. » — Saint Augustin, Sermon 261, 1[217]
Dans un autre sermon, prêché à Hippone, il insiste sur le témoignage : « Aujourd'hui donc, c'est-à-dire le quarantième jour qui suit la résurrection, le Seigneur est monté au ciel. Nous ne l'avons pas vu, croyons-le. Ceux qui l'ont vu l'ont publié, ils ont répandu ce fait dans tout l'univers », et il conclut : « Aussi ce jour est-il une fête dans l'univers entier »[218]. À ceux que la date du retour du Christ inquiète, il répond par une règle de vie qui ferme la porte à tous les calculs :
« Quand arrivera-t-il ? Que t'importe ? Tiens-toi prêt pour le moment. [...] Vis comme si ce devait être aujourd'hui, et l'heure venue tu n'auras rien à craindre. » — Saint Augustin, Sermon 265, 4[219]
Saint Grégoire le Grand : les bonds du Christ et les pas de l'amour
Le pape saint Grégoire le Grand prêcha l'Ascension « au peuple, dans la basilique du bienheureux Pierre apôtre », sur l'évangile de saint Marc[220]. Il y commente les vêtements blancs des deux anges des Actes : à la naissance du Seigneur, les anges n'en portaient pas, car « la divinité paraissait humiliée » ; à l'Ascension, ils en portent, car « l'humanité est exaltée », et « celui qui dans sa naissance était apparu Dieu humble s'est montré, dans son ascension, homme élevé »[221]. Il voit dans la fête l'effacement de la condamnation d'Adam : « cette nature à qui il avait été dit : Tu es terre et tu retourneras à la terre, est aujourd'hui montée au ciel »[222].
Reprenant le Cantique des cantiques — « C'est lui, il vient… Il bondit sur les montagnes » (Ct 2, 8) —, il résume toute la vie du Christ en cinq bonds :
« Voulez-vous, frères très chers, connaître ces bonds ? Du ciel il vint dans le sein de sa mère, du sein dans la crèche, de la crèche sur la croix, de la croix au sépulcre, du sépulcre il revint au ciel. » — Saint Grégoire le Grand, Homélies sur les Évangiles, II, 29, 10[223]
La conclusion de l'homélie est une invitation à suivre le Seigneur là où l'on ne peut pas encore aller :
« Il faut que nous le suivions par le cœur là où nous croyons qu'il est monté avec son corps. [...] Et si nous sommes encore retenus ici par la faiblesse du corps, suivons-le du moins à pas d'amour. » — Saint Grégoire le Grand, Homélies sur les Évangiles, II, 29, 11[224]
L'évêque de Genève : monté au ciel et présent dans l'Eucharistie
Saint François de Sales, évêque de Genève, a laissé le plan d'un sermon pour la fête, daté par ses éditeurs du jour de l'Ascension 1607. Il y répond aux controverses de son temps sur la présence du Christ : les uns le disaient partout, les autres seulement au ciel, de sorte que, résume-t-il, « ceux-là nient qu'il soit monté, ceux-ci qu'il soit demeuré ». L'Église, poursuit-il, passe entre les deux : « Le Christ n'est ni partout, ni nulle part en ce monde, mais il est où il a voulu, dans le Sacrement de l'Eucharistie ». Il y avait là, pour ses contradicteurs, une impossibilité : « c'est un article de foi que Jésus "est monté aux cieux", il n'est donc pas dans l'Eucharistie ; mais l'Église dit : oui, il est là-haut, et il est dans l'Eucharistie. Toute la raison de l'acte est dans la toute-puissance de Celui qui agit »[225]. Sur ce mystère, voir l'Eucharistie.
Le même saint écrit à sainte Jeanne de Chantal, un jour de l'Ascension que ses éditeurs situent en 1612, une lettre qui est tout entière une action de grâce :
« Je vous donne la joie de quoi notre Sauveur est monté au Ciel, où il vit et règne, et veut qu'un jour nous vivions et régnions avec lui. Ô quel triomphe au Ciel et quelle douceur en la terre ! Que nos cœurs soient où est leur trésor, et que nous vivions au Ciel, puisque notre vie est au Ciel. Mon Dieu, ma Fille, que ce Ciel est beau, maintenant que le Sauveur y sert de soleil et la poitrine d'icelui, d'une source d'amour de laquelle les Bienheureux boivent à souhait ! » — Saint François de Sales, Lettre à la Mère de Chantal, Annecy, 31 mai 1612[226]
La lettre s'achève sur le corps du Christ glorifié, qui donna, « comme je pense, envie aux Anges d'avoir de pareils corps », et sur l'espérance des nôtres : « Ah ! que nos corps sont heureux d'attendre un jour la participation à tant de gloire, pourvu qu'ils servent bien à l'esprit en cette vie mortelle ! »[227]
Sainte Élisabeth de la Trinité : dix jours au Cénacle
Au carmel de Dijon, les jours qui séparent l'Ascension de la Pentecôte étaient vécus comme une retraite. Sainte Élisabeth de la Trinité l'écrit le jour même de la fête, en 1905, à un prêtre malade :
« C'est aujourd'hui que le divin Maître retourne à son Père, qui est notre Père, et qu'il va nous préparer une place en son héritage de gloire. [...] Nous avons ce matin notre dernière récréation, et nous entrons en retraite au Cénacle jusqu'à la Pentecôte. Pendant ces dix jours il me semble que je serai encore plus près de vous, puisque je serai plus en Lui. » — Sainte Élisabeth de la Trinité, lettre datée « Ascension 1905 »[228]
Un jour de l'Ascension où elle était déjà malade à l'infirmerie, sa prieure remarqua sa « physionomie toute transfigurée ». Selon le témoignage de celle-ci, la carmélite lui confia qu'une parole de l'Évangile lui avait été dite au fond de l'âme — « Si quelqu'un m'aime, mon Père l'aimera : nous viendrons en lui et nous ferons en lui notre demeure » — et qu'elle avait vu les trois Personnes divines « tenant en moi leur conseil d'amour ». Depuis ce jour, rapporte la prieure, elle appelait la Trinité son « Conseil tout-puissant »[229]. La fête du départ du Christ devenait ainsi, pour elle, celle de sa présence au plus intime de l'âme.
Le Livre du Ciel : partir et rester
La Servante de Dieu Luisa Piccarreta (1865-1947) suivait l'année liturgique jour après jour, et plusieurs pages du Livre du Ciel sont datées de la fête elle-même[230]. Le 29 mai 1924, jour de l'Ascension, elle écrit : « Je réfléchissais à la montée au Ciel de mon doux Jésus au jour de sa glorieuse Ascension ainsi qu'à la peine des apôtres qui furent ainsi privés d'un si grand bien »[231]. La réponse qu'elle consigne retourne le sens de cette peine : la privation de la présence visible a fait des disciples des apôtres.
« Mais quand ils M'ont vu monter au Ciel, la douleur de me perdre déchira le voile. Et ils Me reconnurent comme le vrai Fils de Dieu, avec une telle certitude que l'intense douleur de ne plus Me voir parmi eux leur insuffla la Fermeté dans le bien et la Force de tout souffrir par Amour de Celui qu'ils avaient perdu. [...] Leur douleur les transforma et forma en eux le vrai caractère d'apôtres. Ce qu'ils ne purent obtenir en ma Présence, ils l'obtinrent par la souffrance de la privation de ma Présence. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 16, 29 mai 1924[232]
Le 20 mai 1936, veille de la fête, elle note : « Après quoi j'accompagnai l'Ascension de Jésus au Ciel ». La parole qu'elle reçoit tient ensemble le départ et la présence, comme le faisait saint Léon : le Christ laisse ses souffrances et ses exemples « comme une semence », il demeure dans les cœurs, et il demeure dans l'Eucharistie[233].
« Je peux dire que J'ai laissé mes Souffrances, mes Exemples et ma Vie elle-même comme une semence qui grandit pour former le Royaume de ma Divine Volonté. De sorte que je partais et restais en même temps. Je restais en vertu de mes Souffrances. Je restais dans leur cœur pour être aimé. [...] Je suis donc resté dans le Très Saint Sacrement afin de toujours pouvoir Me donner à eux et qu'ils puissent Me recevoir continuellement pour trouver le repos, le soulagement et le remède à tous leurs besoins. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 34, 20 mai 1936[234]
Le même passage regarde la Mère de Jésus au milieu des disciples : « Le plus beau symbole est celui de ma Maman présente parmi mes disciples pour assister à mon départ vers le Ciel. Elle est ainsi la Reine de mon Église pour l'aider, la protéger et la défendre. »[235] Dans La Vierge Marie dans le Royaume de la Volonté Divine, recueil de méditations pour le mois de mai, c'est la Vierge elle-même qui raconte : « Les quarante jours terminés, Jésus instruisit ses apôtres et, leur laissant sa Mère comme guide et éducatrice, Il leur promit la descente du Saint-Esprit. » La méditation du jour se conclut sur une pratique simple : « tu feras trois génuflexions en mémoire de l'Ascension de mon Fils dans les Cieux et tu prieras pour qu'Il te fasse t'élever avec Lui dans la Volonté Divine »[236].
Le dimanche 12 mai 1929, trois jours après la fête, le Livre du Ciel relie enfin l'Ascension au cœur de la doctrine de la Divine Volonté : le don par lequel Dieu veut que sa volonté devienne la vie même de l'homme, « sur la terre comme au ciel », et non plus seulement une règle que l'homme s'efforce de suivre[237]. Jésus y explique qu'il est monté au ciel avec une humanité redevenue telle qu'elle était sortie des mains du Créateur, pour se présenter au Père comme « la Tête de tous » et lui demander ce que l'homme avait perdu[238].
« Je suis monté au ciel afin d'accomplir, avec ma première tâche, ma seconde tâche qui est de demander et de donner le Royaume de ma Divine Volonté sur la terre. [...] Il était par conséquent nécessaire que Je monte au ciel avec mon Humanité glorifiée pour être capable d'acquérir à nouveau le Royaume de mon Fiat pour mes frères et mes enfants. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 26, 12 mai 1929[239]
La « première tâche » est la Rédemption — « Je l'ai rachetée avec ma mort », dit Jésus de l'humanité dans le même passage ; la seconde est l'accomplissement de la prière que le Christ a enseignée : « que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». Le « Fiat » de la citation est ce même mot : en latin, fiat, « que cela soit », est la parole par laquelle Dieu crée (« Fiat lux », Gn 1, 3), et le Notre Père dit fiat voluntas tua. Lue à la lumière de ces pages, l'intercession du Christ glorifié, « toujours vivant pour intercéder » (He 7, 25), a un objet précis : que la volonté du Père règne dans les hommes comme elle règne au ciel. « Il y a environ deux mille ans que cette Humanité prie », ajoute le même passage : dans cette lumière, l'Ascension n'est pas seulement la fin de la vie visible de Jésus ; elle ouvre le temps où son humanité glorifiée prie pour la venue de ce Royaume[240].
Pour aller plus loin
- Pâques — la solennité dont l'Ascension marque le quarantième jour, et le temps pascal tout entier.
- Pentecôte — le cinquantième jour, vers lequel conduit la neuvaine ouverte par l'Ascension.
- La Pentecôte et la naissance de l'Église et Pourquoi la Pentecôte est-elle importante ? — le don de l'Esprit promis le jour de l'Ascension.
- L'Ascension de Jésus — l'événement lui-même, du point de vue de l'Écriture et de la vie de Jésus.
- Le retour glorieux du Christ (la Parousie) — la promesse des anges : « il viendra de la même manière ».
- Christ Roi — la royauté du Christ inaugurée à l'Ascension, célébrée à la fin de l'année liturgique.
- L'année liturgique et Les fêtes d'obligation — la place de l'Ascension dans le calendrier et le précepte.
- Noël (25 décembre), Épiphanie (6 janvier) et La Fête-Dieu — les autres solennités du Seigneur nommées ici pour leur rang et leur précepte.
- Vigile pascale (nuit de Pâques) — la nuit du feu nouveau et du cierge pascal, présent aux célébrations jusqu'à la Pentecôte.
- L'Assomption de la Vierge Marie et Pourquoi croire à l'Assomption ? — l'autre élévation au ciel que confesse l'Église.
- Pourquoi le carême dure-t-il quarante jours ? — la symbolique biblique du nombre quarante.
- Le symbolisme des cierges — le cierge pascal et la lumière du temps de Pâques.
- La liturgie orientale — l'Analepsis dans les Églises d'Orient.
- La musique grégorienne — le chant du Viri Galilaei et de l'O Rex gloriae.
- Saint Léon le Grand, saint Augustin d'Hippone, saint Grégoire le Grand, saint Jean Chrysostome, saint Grégoire de Nysse et saint Cyrille de Jérusalem — les Pères qui ont prêché la fête.
- Saint Thomas d'Aquin — la question de la Somme théologique consacrée à l'Ascension.
- Saint François de Sales (1567-1622) — l'Ascension et la présence du Christ dans l'Eucharistie.
- La Divine Volonté, Luisa Piccarreta (1865-1947) et La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté — pour approfondir la lecture de la fête dans les écrits de Luisa.
Sources principales
- Bible, traduction liturgique officielle (AELF) : Actes 1, 1-14 ; Luc 24, 44-53 ; Marc 16, 15-20 ; Matthieu 28, 16-20 ; Éphésiens 1, 17-23 et 4, 1-13 ; Hébreux 9, 24-28 et 10, 19-23 ; psaumes 46, 23, 67 et 109.
- Catéchisme de l'Église catholique, § 659-667 et 1115.
- Code de droit canonique (1983), can. 1246-1248.
- Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, 1969, dans le Missale Romanum, editio typica tertia, 2002.
- Missale Romanum, editio typica tertia, 2002, « In Ascensione Domini » ; Missale Romanum de 1962 ; Ordo lectionum Missae, 1981 ; Liturgie des Heures (AELF).
- Tertullien, Sur le baptême ; Eusèbe de Césarée, Vie de Constantin et Sur la solennité pascale ; Constitutions apostoliques, éd. F. X. Funk, 1905.
- Égérie, Journal de voyage, éd. et trad. P. Maraval, Sources chrétiennes 296, Paris, Cerf, 1982.
- Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèses, XIV ; saint Jean Chrysostome, Homélie pour le jour de l'Ascension ; saint Grégoire de Nysse, Sermon pour l'Ascension du Christ.
- Saint Augustin, Sermons 261-265 et 263/A ; Lettre 54.
- Saint Léon le Grand, Sermons 73 et 74 ; saint Grégoire le Grand, Homélies sur les Évangiles, II, 29.
- Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 57-58.
- Fernand Cabrol, art. « Ascension », Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie, t. I/2, Paris, 1907.
- Denys Pringle, The Churches of the Crusader Kingdom of Jerusalem. A Corpus, vol. III, Cambridge University Press, 2007.
- Léon XIII, bref Provida Matris caritate, 1895 ; encyclique Divinum illud munus, 1897.
- Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, 2001.
- Saint Jean-Paul II, audience générale du 12 avril 1989 ; Benoît XVI, homélie du 24 mai 2009 et Regina Caeli du 4 mai 2008 ; François, audience générale du 17 avril 2013 ; Léon XIV, Regina Caeli du 17 mai 2026 (vatican.va).
- Indult du cardinal Caprara, 9 avril 1802 ; Code du travail, art. L3133-1.
- Francesco Sansovino, Venetia città nobilissima et singolare, Venise, 1581.
- Joseph Ratzinger, « Christi Himmelfahrt », Geist und Leben 40, 1967.
- Saint François de Sales, Œuvres, éd. d'Annecy, t. VIII et XV ; sainte Élisabeth de la Trinité, Souvenirs, 1913.
- Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tomes 16, 26 et 34 ; La Vierge Marie dans le Royaume de la Volonté Divine.
Notes et références
Bible, traduction officielle liturgique de l'Association épiscopale liturgique pour les pays francophones (AELF), texte consulté dans l'édition numérique « La Bible catholique intégrale (traduction AELF) » et sur aelf.org. Toutes les citations bibliques de cet article suivent cette traduction ; les psaumes sont numérotés selon la liturgie (grecque et latine), avec la numérotation hébraïque entre parenthèses.
1 9 38 40 41 43 44 45 46 47 49 54 55 56 58 59 84 178Catéchisme de l'Église catholique, présentation synoptique du Symbole des Apôtres et du Symbole de Nicée-Constantinople, texte français officiel (vatican.va, FRA0013).
2 97Catéchisme de l'Église catholique, § 660 : « Ceci indique une différence de manifestation entre la gloire du Christ ressuscité et celle du Christ exalté à la droite du Père. L'événement à la fois historique et transcendant de l'Ascension marque la transition de l'une à l'autre. »
3 95 99 129Voir la note sur le n° 59 des Normes universelles de l'année liturgique : l'Ascension figure au rang I, 2 du tableau des préséances.
4Code de droit canonique (1983), can. 1246, traduction française publiée par le Saint-Siège (vatican.va) : « § 1. [...] Et de même doivent être observés les jours de la Nativité de Notre Seigneur Jésus Christ, de l'Épiphanie, de l'Ascension et du très Saint Corps et Sang du Christ, le jour de Sainte Marie Mère de Dieu, de son Immaculée Conception et de son Assomption, de saint Joseph, des saints Apôtres Pierre et Paul et enfin de tous les Saints. § 2. Cependant, la conférence des Évêques peut, avec l'approbation préalable du Saint-Siège, supprimer certaines fêtes de précepte ou les reporter au dimanche. »
5 16 18Normes universelles de l'année liturgique, n° 7. Traduction Ignispedia. Texte original : « Ubi autem sollemnitates Epiphaniae, Ascensionis et Ss.mi Corporis et Sanguinis Christi non sunt de praecepto servandae, assignentur dominicae tamquam diei proprio, hac ratione : [...] b) Ascensio, dominicae VII Paschae ».
6 19Saint Augustin, Lettre 54 (à Januarius), 1, 1 (vers 400), trad. M. Poujoulat, Œuvres complètes de saint Augustin, Bar-le-Duc, 1864 (« conciles généraux » rend plenariis conciliis, « conciles pléniers »). Texte original : « Illa autem quae non scripta, sed tradita custodimus, quae quidem toto terrarum orbe servantur, datur intellegi vel ab ipsis Apostolis, vel plenariis conciliis [...] commendata atque statuta retineri, sicuti quod Domini passio et resurrectio et ascensio in coelum, et adventus de coelo Spiritus Sancti, anniversaria solemnitate celebrantur ».
7 80Saint Léon le Grand, Sermon 73, 4 (PL 54). Traduction Ignispedia. Texte original : « Quia igitur Christi ascensio, nostra provectio est, et quo praecessit gloria capitis, eo spes vocatur et corporis, dignis, dilectissimi, exsultemus gaudiis, et pia gratiarum actione laetemur. Hodie enim non solum paradisi possessores firmati sumus, sed etiam coelorum in Christo superna penetravimus ».
8 113Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n° 25-26, approuvées par saint Paul VI avec le motu proprio Mysterii paschalis du 14 février 1969, traduction française publiée par le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle de la Conférence des évêques de France, « Le Temps pascal, de Pâques à la Pentecôte » (liturgie.catholique.fr, où le passage est numéroté par erreur 24-25) : « L'Ascension du Seigneur se célèbre le quarantième jour après Pâques sauf si elle est reportée au 7ᵉ dimanche de Pâques, là où elle n'est pas fête de précepte ». Texte original (Missale Romanum, 2002) : « Quadragesima die post Pascha celebratur Ascensio Domini, nisi, ubi non est de praecepto servanda, VII dominica Paschae fuerit assignata (cf. n. 7). »
10 133Normes universelles de l'année liturgique, n° 22, même traduction (SNPLS, liturgie.catholique.fr), qui ajoute la référence à saint Athanase. Texte original : « Quinquaginta dies a dominica Resurrectionis ad dominicam Pentecostes in laetitia et exsultatione celebrantur sicut unus dies festus, immo "magna dominica". »
11Fernand Cabrol, art. « Ascension (Fête) », Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie, t. I/2, Paris, Letouzey et Ané, 1907 (exemplaire numérisé, archive.org) : noms anciens (Ascensa dans les sacramentaires léonien, gélasien et grégorien ; Quadragesima chez saint Augustin) ; sur Égérie XLIII : « Ce passage prouve, sans réplique, l'union des deux fêtes au même jour, chacune avec son objet spécial » ; conclusion : « le quarantième jour était une date trop naturelle pour que l'on puisse affirmer que partout l'on attendit aussi longtemps pour séparer l'Ascension de la Pentecôte ».
12 62 73 83Saint-Siège d'Etchmiadzine, « Feast of the Ascension Celebrated in the Mother See of Holy Etchmiadzin », 10 mai 2018 (armenianchurch.org) : la fête de l'Ascension (Hambardzman ton) est aussi le jour de pèlerinage de Sainte-Etchmiadzine et commémore le retour du catholicossat de Sis à Etchmiadzine en 1441.
13 176Calcul selon l'algorithme du comput grégorien (Meeus, Jones et Butcher), vérifié pour les années 1583 à 4099 et contrôlé sur les dates publiées par l'AELF pour 2023 à 2026 : Pâques varie du 22 mars au 25 avril, le jeudi de l'Ascension (Pâques + 39 jours) du 30 avril au 3 juin.
14 15Code de droit canonique (1983), can. 1247 et 1248 § 1 (vatican.va) : « Le dimanche et les autres jours de fête de précepte, les fidèles sont tenus par l'obligation de participer à la Messe » ; « Satisfait au précepte de participer à la Messe, qui assiste à la Messe célébrée selon le rite catholique le jour de fête lui-même ou le soir du jour précédent. »
17Ordo lectionum Missae, 1981, n° 294 (jeudi de la 6ᵉ semaine de Pâques) : « In regionibus ubi celebratio Ascensionis Domini ad Dominicam septimam Paschae transfertur hodie adhibentur lectiones quae sequuntur : Act 18, 1-8 ».
20 146Missale Romanum, editio typica tertia, Typis Vaticanis, 2002, « In Ascensione Domini » (exemplaire numérique de la Church Music Association of America). Traduction Ignispedia. Textes originaux : « Ubi sollemnitas Ascensionis non est de praecepto servanda, assignatur, tamquam diei proprio, dominicae VII Paschae » ; « Ad Missam in Vigilia. Haec Missa adhibetur vespere pridie sollemnitatis sive ante sive post I Vesperas Ascensionis » ; le jeudi de la 6ᵉ semaine comporte un formulaire « In regionibus ubi sollemnitas Ascensionis fit dominica sequenti ».
21 138 139Benoît XVI, Regina Caeli, place Saint-Pierre, dimanche 4 mai 2008, traduction française publiée par le Saint-Siège (vatican.va). Texte original : « oggi si celebra in vari Paesi, tra cui l'Italia, la solennità dell'Ascensione di Cristo al cielo, mistero della fede che il Libro degli Atti degli Apostoli colloca quaranta giorni dopo la risurrezione (cfr At 1,3-11), ed è perciò che in Vaticano e in alcune Nazioni del mondo esso è già stato celebrato giovedì scorso ».
22Saint Paul VI, Regina Caeli, solennité de l'Ascension, dimanche 22 mai 1977, texte italien publié par le Saint-Siège (vatican.va). Traduction Ignispedia. Texte original : « Poi il calendario: la festa dell'Ascensione, fissata per il giovedì, testé trascorso, è trasferita a questa Domenica successiva ». La loi italienne n° 54 du 5 mars 1977 (Gazzetta Ufficiale n° 63 du 7 mars 1977), art. 1, avait disposé : « I seguenti giorni cessano di essere considerati festivi agli effetti civili: Epifania; S. Giuseppe; Ascensione; Corpus Domini; SS. Apostoli Pietro e Paolo. »
23Conférence épiscopale espagnole, Commission permanente, note « La fiesta del Corpus trasladada a domingo », 25 avril 1990. Traduction Ignispedia. Texte original : « El presente acuerdo de la CEE de trasladar al domingo siguiente la solemnidad del Cuerpo y de la Sangre de Cristo tiene un precedente en marzo de 1977, cuando la Santa Sede confirmó el traslado de la solemnidad de la Ascensión del Señor al domingo VII de Pascua ».
24Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB), Liturgical Calendar for the Dioceses of the United States of America 2026. Traduction Ignispedia. Texte original : « Thursday, May 14, is the Solemnity of the Ascension of the Lord in the ecclesiastical provinces of Boston, Hartford, New York, Omaha, and Philadelphia. All other ecclesiastical provinces of the United States of America have transferred this Solemnity to the following Sunday, May 17 ».
25Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, décret Prot. N. 180/17, 4 août 2017, et Conférence des évêques d'Angleterre et du pays de Galles, décret du 1er septembre 2017, en vigueur le 3 décembre 2017, textes publiés par le Liturgy Office (liturgyoffice.org.uk). Traduction Ignispedia. Texte original de la traduction anglaise officielle du décret romain : « the celebration of the solemnity of the Ascension of the Lord will be celebrated on its particular day, namely, forty days after Easter » ; le décret des évêques rappelle qu'en 2006 la conférence avait transféré au dimanche l'Épiphanie, l'Ascension et le Saint-Sacrement.
26AELF, lectures de la messe de l'Ascension du Seigneur des jeudis 18 mai 2023 (année A), 9 mai 2024 (année B), 29 mai 2025 (année C) et 14 mai 2026 (année A), calendrier liturgique de France (aelf.org et api.aelf.org) : Ac 1, 1-11 ; Ps 46 (47), 2-3. 6-7. 8-9, refrain « Dieu s'élève parmi les ovations, le Seigneur, aux éclats du cor » ; Ep 1, 17-23 (A), Ep 4, 1-13 (B), He 9, 24-28 ; 10, 19-23 (C) ; Mt 28, 16-20 (A), Mc 16, 15-20 (B), Lc 24, 46-53 (C). Couleur liturgique : blanc ; degré : « Solennité du Seigneur ».
27 39 52 53 57 145Sur la liste des quatre fêtes d'obligation hors dimanche observées en France (Noël, Ascension, Assomption, Toussaint), issue de la réduction des fêtes chômées qui suivit le Concordat de 1801, voir l'article Ignispedia Les fêtes d'obligation.
28Indult du cardinal J.-B. Caprara, légat a latere de Pie VII, Paris, 9 avril 1802, rendu exécutoire en France par l'arrêté des consuls du 29 germinal an X (19 avril 1802), texte français reproduit par G. de Champeaux, Le droit civil ecclésiastique français ancien et moderne, t. II, Paris, A. Courcier, p. 168-170 (exemplaire numérisé, archive.org).
29Église catholique en France (Conférence des évêques de France), « Pourquoi le 15 août est-il férié ? », 12 août 2025, eglise.catholique.fr.
30Code du travail, article L3133-1, texte consulté sur le site du ministère du Travail (code.travail.gouv.fr, version en vigueur depuis le 10 août 2016) : « Les fêtes légales ci-après désignées sont des jours fériés : 1° Le 1er janvier ; 2° Le lundi de Pâques ; 3° Le 1er mai ; 4° Le 8 mai ; 5° L'Ascension ; [...] 8° L'Assomption ; 9° La Toussaint ; [...] 11° Le jour de Noël. »
31Allemagne : tableau officiel des jours fériés légaux dans les seize Länder (Behörde für Schule und Berufsbildung, Hambourg, état de septembre 2018), ligne « Christi Himmelfahrt » ; Autriche : Arbeitsruhegesetz, § 7, al. 2 (« Christi Himmelfahrt ») ; Belgique : SPF Emploi, Travail et Concertation sociale, page « Jours fériés » (loi du 4 janvier 1974 relative aux jours fériés) ; Suisse : SECO, « Jours fériés en Suisse », état au 12 décembre 2024 (Ascension assimilée au dimanche dans les 26 cantons) ; Pays-Bas : Algemene termijnenwet, art. 3 (« de Hemelvaartsdag ») ; Suède : loi 1989:253 sur les jours fériés généraux, § 1-2 (« Kristi himmelsfärdsdag sjätte torsdagen efter påskdagen ») ; Norvège : loi de 1995 sur les jours fériés, § 2 (« Kristi Himmelfartsdag »).
32Normes universelles de l'année liturgique, n° 59, tableau des jours liturgiques selon l'ordre de préséance, rang I : « 1. Triduum paschale Passionis et Resurrectionis Domini. 2. Nativitas Domini, Epiphania, Ascensio et Pentecostes. Dominicae Adventus, Quadragesimae et Paschae. Feria IV Cinerum. Feriae Hebdomadae sanctae, a feria II ad feriam V inclusive. Dies infra octavam Paschae. 3. Sollemnitates Domini, beatae Mariae Virginis, et Sanctorum in Calendario generali inscriptae ».
33Normes universelles de l'année liturgique, n° 11. Texte original : « Sollemnitates inter dies praecipuos adnumerantur, quorum celebratio incipit a I Vesperis, die praecedenti. Nonnullae sollemnitates etiam Missa propria vigiliae ditantur, vespere diei praecedentis adhibenda, si Missa horis vespertinis celebratur. »
34Présentation générale du Missel romain (Institutio generalis Missalis Romani, 2002), n° 346 a : « Color albus adhibetur in Officiis et Missis temporis paschalis et Nativitatis Domini ; insuper in celebrationibus Domini, quae non sint de eius Passione ».
35Normes universelles de l'année liturgique, n° 26, même traduction. Texte original : « Feriae post Ascensionem usque ad sabbatum ante Pentecosten inclusive ad adventum praeparant Spiritus Sancti Paracliti. »
36 179Concile de Trente, session IV (8 avril 1546), décret sur la réception des livres saints et des traditions, dans H. Denzinger, Enchiridion symbolorum, n° 1503-1504 (trad. française de l'édition numérique de la bibliothèque) : le Nouveau Testament comprend « les Actes des Apôtres écrits par l'évangéliste Luc » (DS 1503) ; « Si quelqu'un ne reçoit pas ces livres pour sacrés et canoniques dans leur totalité, avec toutes leurs parties, tels qu'on a coutume de les lire dans l'Eglise catholique et qu'on les trouve dans la vieille édition de la Vulgate latine [...] : qu'il soit anathème » (DS 1504).
37 51Catéchisme de l'Église catholique, § 659 : pendant les quarante jours, la gloire du Ressuscité « reste encore voilée sous les traits d'une humanité ordinaire » ; « La dernière apparition de Jésus se termine par l'entrée irréversible de son humanité dans la gloire divine symbolisée par la nuée (cf. Ac 1, 9 ; cf. aussi Lc 9, 34-35 ; Ex 13, 22) et par le ciel (cf. Lc 24, 51) où il siège désormais à la droite de Dieu ».
42 50 98 125Texte grec de Lc 9, 51 (éd. Nestle, 1904) : « Ἐγένετο δὲ ἐν τῷ συμπληροῦσθαι τὰς ἡμέρας τῆς ἀναλήμψεως αὐτοῦ ». Le nom ἀνάλημψις (analèmpsis) n'a qu'une seule occurrence dans le Nouveau Testament, ce verset ; le verbe apparenté ἀναλαμβάνω, « enlever, prendre en haut », désigne l'Ascension en Mc 16, 19 ; Ac 1, 2.11.22 et 1 Tm 3, 16 (concordance de Strong, n° 353 et 354).
48Saint Justin, Dialogue avec le juif Tryphon, XXXVI, 5-6 (vers 155-160), trad. A.-E. de Genoude (1843), texte reproduit par la Bibliothek der Kirchenväter de l'Université de Fribourg (CPG 1076). La même lecture du psaume 23 (24) se trouve dans la Première Apologie, 51.
60 61Tertullien, De baptismo (Traité du baptême), 19, 2 (vers 200-206), texte latin de The Latin Library et de l'édition bilingue d'E. Evans, Tertullian's Homily on Baptism, Londres, SPCK, 1964 ; édition et traduction française de référence : R. F. Refoulé et M. Drouzy, Sources chrétiennes 35, Paris, Cerf, 1952. Traduction Ignispedia. Texte original : « exinde pentecoste ordinandis lavacris laetissimum spatium est, quo et domini resurrectio inter discipulos frequentata est et gratia spiritus sancti dedicata et spes adventus domini subostensa, quod tunc in caelos recuperato eo angeli ad apostolos dixerunt sic venturum quemadmodum et in caelos conscendit, utique in pentecoste. » Chez Tertullien, pentecoste désigne toute la période des cinquante jours.
63Eusèbe de Césarée, Sur la solennité pascale (De sollemnitate paschali), 5 (vers 325-335), texte grec d'après A. Mai (PG 24). Traduction Ignispedia. Texte original : « ὑπερακοντίσας δὲ τὰς ἑπτὰ ἑβδομάδας, μονάδι τῇ μετὰ ταύτας ὑστάτῃ τὴν πανέορτον ἡμέραν τῆς Χριστοῦ ἀναλήψεως ἐπισφραγίζεται ».
64Calcul de comput (calendrier julien) : Pâques tombait le 3 avril 337, le cinquantième jour le 22 mai 337, date traditionnelle de la mort de Constantin.
65Eusèbe de Césarée, Vie de Constantin, IV, 64, texte grec éd. I. A. Heikel, Eusebius Werke I, GCS 7, Leipzig, 1902, p. 144 ; traduction française de référence : M.-J. Rondeau, Sources chrétiennes 559, Paris, Cerf, 2013. Traduction Ignispedia. Texte original : « ἑβδομάσι μὲν ἑπτὰ τετιμημένης, μονάδι δ᾽ ἐπισφραγιζομένης, καθ᾽ ἣν τὴν εἰς οὐρανοὺς ἀνάληψιν τοῦ κοινοῦ σωτῆρος τήν τε τοῦ ἁγίου πνεύματος εἰς ἀνθρώπους κάθοδον γεγενῆσθαι λόγοι περιέχουσι θεῖοι ».
66Doctrine des Apôtres (Doctrina Apostolorum), recueil syriaque de canons, canon 9, publié par W. Cureton, Ancient Syriac Documents, Londres, 1864 ; traduction Ignispedia d'après la traduction anglaise de B. P. Pratten, Ante-Nicene Fathers, vol. 8 : « At the completion of fifty days after His resurrection make ye a commemoration of His ascension to His glorious Father. » La datation du recueil (IIIᵉ ou IVᵉ siècle) est discutée.
67Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèses baptismales, XIV, 23-24 (Carême, vers 350), trad. J. Grancolas, Les Catéchèses de saint Cyrille de Jérusalem, Paris, 1715, p. 358-359 (orthographe modernisée). Cyrille rappelle que le récit de l'Ascension avait été lu le dimanche précédent « en expliquant l'Écriture qu'on lisait ce jour-là ».
68Concile d'Elvire (début du IVᵉ siècle), canon 43, texte de A. W. W. Dale, The Synod of Elvira, Londres, 1882 : « Pravam institutionem emendari placuit iuxta auctoritatem scripturarum, ut cuncti diem Pentecostes celebremus » ; variantes de quelques manuscrits : « non quadragesimam », « post Pascha quinquagesima teneatur, non quadragesima ». Voir C.-J. Hefele, Histoire des conciles, trad. et notes H. Leclercq, t. I/1, Paris, 1907, p. 245-247, qui juge l'interprétation du canon « fort controversée ».
69Le voyage d'Égérie se situe de 381 à 384 d'après les travaux de P. Devos, à commencer par « La date du voyage d'Égérie », Analecta Bollandiana 85 (1967), p. 165-194, selon le compte rendu de P.-H. Poirier, Laval théologique et philosophique 41/2 (1985), p. 267-268. Édition et traduction de référence : P. Maraval, Égérie. Journal de voyage (Itinéraire), Sources chrétiennes 296, Paris, Cerf, 1982.
70Égérie, Journal de voyage (Itinerarium), XLII, texte latin de The Latin Library ; édition et traduction de référence : P. Maraval, Sources chrétiennes 296, 1982. Traduction Ignispedia. Texte original : « Die autem quadragesimarum post pascha, id est quinta feria, pridie omnes post sexta, id est quarta feria, in Bethleem uadunt propter uigilias celebrandas. Fiunt autem uigiliae in ecclesia in Bethleem, in qua ecclesia spelunca est, ubi natus est Dominus. Alia die autem, id est quinta feria quadragesimarum, celebratur missa ordine suo, ita ut et presbyteri et episcopus praedicent dicentes apte diei et loco ».
71Égérie, Journal de voyage, XLIII, 3-5. Traduction Ignispedia. Texte original : « primum itur in Imbomon, id est in eo loco, unde ascendit Dominus in caelis [...]. Legitur etiam et ille locus de euangelio, ubi dicit de ascensu Domini ; legitur et denuo de actus apostolorum, ubi dicit de ascensu Domini in celis post resurrectionem. »
72P. Devos, « Égérie à Bethléem. Le 40ᵉ jour après Pâques à Jérusalem, en 383 », Analecta Bollandiana 86 (1968), p. 87-108 ; hypothèse résumée par D. Stökl Ben Ezra, « An Ancient List of Christian Festivals in Toledot Yeshu », Harvard Theological Review 102/4 (2009), p. 481-496, n. 47 (doi 10.1017/S0017816009000960), qui renvoie au manuscrit P du lectionnaire arménien (éd. A. Renoux, Patrologia Orientalis 36/2, 1971). Calcul : Pâques 383 tombait le 9 avril, le quarantième jour le jeudi 18 mai.
74Constitutions apostoliques, V, 20, 2 et 4 ; VIII, 33, 4, texte grec éd. F. X. Funk, Didascalia et Constitutiones Apostolorum, vol. 1, Paderborn, 1905, p. 293-295 ; édition et traduction française de référence : M. Metzger, Sources chrétiennes. Traduction Ignispedia. Texte original : « καὶ πάλιν ἀπὸ τῆς πρώτης κυριακῆς ἀριθμήσαντες τεσσαράκοντα ἡμέρας, ἀπὸ κυριακῆς μέχρι πέμπτης ἑορτάσατε τὴν ἑορτὴν τῆς ἀναλήψεως τοῦ κυρίου, καθ᾽ ἣν πληρώσας πᾶσαν οἰκονομίαν καὶ διάταξιν ἀνῆλθεν πρὸς τὸν ἀποστείλαντα αὐτὸν θεὸν καὶ πατέρα, καθίσας ἐκ δεξιῶν τῆς δυνάμεως » (V, 20, 2) ; « τὴν ἀνάληψιν ἀργείτωσαν διὰ τὸ πέρας τῆς κατὰ Χριστὸν οἰκονομίας » (VIII, 33, 4). Datation : J. B. Peterson, art. « Apostolic Constitutions », Catholic Encyclopedia, vol. 1, 1907 : compilation « about the year 380 », en Syrie, probablement à Antioche.
75 76E. D. Moutsoulas, « Les sermons pascaux de Grégoire de Nysse », Theologia (Athènes), 1980, fasc. 2, p. 336-337, résumant J. Daniélou, « La chronologie des sermons de Grégoire de Nysse », Revue des sciences religieuses 29 (1955), p. 346-372, et « Grégoire de Nysse et l'origine de la fête de l'Ascension », dans Kyriakon. Festschrift Johannes Quasten, 1970 : « C'est le premier Sermon que nous avons sur la fête de l'Ascension et, en même temps, le premier témoignage certain de la distinction de cette fête de celle de la Pentecôte » ; « Daniélou croit que le Sermon a été prononcé le 18 mai 388 ». Le sermon (In ascensionem Christi oratio, éd. E. Gebhardt, Gregorii Nysseni Opera IX, Leyde, 1967, p. 323-327) commente les psaumes 22 et 23.
77Saint Jean Chrysostome, Homélie pour le jour de l'Ascension (In ascensionem D. N. Iesu Christi), PG 50, 441-452 ; édition critique N. Rambault, Sources chrétiennes 562, Paris, Cerf, 2014 ; trad. M. Jeannin, Œuvres complètes de saint Jean Chrysostome, t. 3, Bar-le-Duc, 1864, p. 251-257. Date : Antioche, entre 386 et 397 (base The Cult of Saints in Late Antiquity, Oxford, fiche E02297 ; D. Garic, Pappas Patristic Institute, 2022).
78 79Socrate le Scolastique, Histoire ecclésiastique, VII, 26 (rédigée vers 440 ; élection de Sisinnius en 426), d'après la trad. anglaise d'A. C. Zenos, Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 2 : « in it from an ancient custom the whole population annually assembled for the celebration of our Saviour's ascension ».
81Saint Léon le Grand, Sermon 73 (premier sermon sur l'Ascension), 1 (PL 54). Traduction Ignispedia. Texte original : « Post beatam et gloriosam resurrectionem Domini nostri Jesu Christi [...] quadragenarius hodie, dilectissimi, sanctorum dierum expletus est numerus ». Édition scientifique : Léon le Grand, Sermons, t. III, Sources chrétiennes 74 bis, Paris, Cerf.
82Itinéraire du pèlerin de Bordeaux (333), éd. P. Geyer, Itinera Hierosolymitana saeculi IIII-VIII, CSEL 39, Vienne, 1898, p. 23 : « Inde ascendis in montem Oliueti, ubi dominus ante passionem apostolos docuit. Ibi facta est basilica iussu Constantini. » Le pèlerin rattache une petite colline voisine à la Transfiguration, non à l'Ascension.
85Eusèbe de Césarée, Vie de Constantin, III, 41-43, texte grec éd. I. A. Heikel, GCS 7, Leipzig, 1902, p. 95-96. Traduction Ignispedia. Texte original (III, 43) : « ἡ μὲν βασιλέως μήτηρ τῆς εἰς οὐρανοὺς πορείας τοῦ τῶν ὅλων σωτῆρος ἐπὶ τοῦ τῶν ἐλαιῶν ὄρους τὴν μνήμην ἐπηρμέναις οἰκοδομίαις ἀνύψου » ; Eusèbe ajoute que, selon la tradition, le Sauveur avait initié ses disciples aux mystères dans cette grotte même.
86Égérie, Journal de voyage, XLIII, 6. Traduction Ignispedia. Texte original : « itur ad illam ecclesiam, quae et ipsa in Eleona est, id est in qua spelunca sedens docebat Dominus apostolos ».
87Denys Pringle, The Churches of the Crusader Kingdom of Jerusalem. A Corpus, vol. III, The City of Jerusalem, Cambridge University Press, 2007, n° 284, « Church of the Ascension, or the Saviour, in the Abbey of the Mount of Olives », p. 72-75 : l'Imbomon (« hillock ») identifié au lieu de l'Ascension à la fin du IVᵉ siècle ; église bâtie « by 392 » grâce à Poemenia (d'après la Vie de Pierre l'Ibère de Jean Rufus et P. Devos, « La servante de Dieu Poemenia », Analecta Bollandiana 87, 1969, p. 189-208) ; abandon par les Latins en 1187 ; waqf enregistré le 20 octobre 1188 selon Mujir al-Din ; rassemblement des Latins, des Grecs et des Arméniens le jour de l'Ascension signalé en 1461. Sur le nom d'Imbomon, la Custodie de Terre Sainte retient comme hypothèse la plus probable le grec en bômô, « sur la hauteur » (custodia.org, 9 mai 2024).
88 92 93Sulpice Sévère, Chroniques, II, 33, 6-8 (vers 403), texte latin de The Latin Library ; édition et traduction française de référence : G. de Senneville-Grave, Sources chrétiennes 441, Paris, Cerf, 1999. Traduction Ignispedia. Texte original : « illud mirum, quod locus ille, in quo postremum institerant divina vestigia, cum in caelum Dominus nube sublatus, continuari pavimento cum reliqua stratorum parte non potuit [...]. quin etiam calcati Deo pulveris adeo perenne documentum est, ut vestigia impressa cernantur ».
89Saint Paulin de Nole, Lettre 31, 4 (à Sulpice Sévère), éd. W. von Hartel, CSEL 29, Vienne, 1894, p. 271-272. Traduction Ignispedia. Texte original : « itaque in toto basilicae spatio solus in sui cespitis specie uirens permanet [...] ut uere dici possit : adorauimus ubi steterunt pedes eius » (Ps 131, 7 selon la Vulgate).
90Adomnán d'Iona, De locis sanctis, I, 23, 3 et 20, d'après le récit du pèlerin Arculfe, éd. D. Meehan, Adamnan's De Locis Sanctis, Scriptores Latini Hiberniae 3, Dublin, 1958 (texte du Corpus of Electronic Texts, University College Cork). Traduction Ignispedia. Textes originaux : « ut de illo loco in quo postremum diuina institerant uestigia cum in caelum Dominus in nube sublatus est uia semper aperta et ad ethera caelorum directa oculis in eodem loco exorantium pateat » ; « mons Oliueti non solum inluminari sed etiam ardere totus uidetur ».
91Custodie de Terre Sainte, comptes rendus de la fête de l'Ascension au mont des Oliviers, 30 mai 2019, 21 mai 2020, 9 mai 2024 et 29 mai 2025 (custodia.org) : seul jour de l'année où l'eucharistie peut être célébrée dans la chapelle ; entrée solennelle du vicaire custodial et premières vêpres ; procession des frères chantant les litanies des saints autour de l'édicule ; messes toute la nuit ; messe solennelle à l'aube en plein air ; célébration des Églises « at the end of their respective Easter period, in the respect of the status quo » ; pierre « where tradition recognizes the right footprint of Jesus ».
94Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 57, a. 4, ad 3, trad. Cerf (1984). Texte original : « nubes illa non praebuit adminiculum Christo ascendenti per modum vehiculi, sed apparuit in signum divinitatis, secundum quod gloria Dei Israel apparebat super tabernaculum in nube. »
96Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 57, prologue, trad. française des Éditions du Cerf (1984). Texte original : « Deinde considerandum est de ascensione Christi. Et circa hoc quaeruntur sex. Primo, utrum fuerit conveniens Christum ascendere. Secundo, secundum quam naturam conveniat sibi ascensio. Tertio, utrum propria virtute ascenderit. Quarto, utrum ascenderit super omnes caelos corporeos. Quinto, utrum ascenderit super omnes spirituales creaturas. Sexto, de effectu ascensionis. » (Corpus Thomisticum).
100Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 57, a. 1, réponse, trad. Cerf (1984), où le mot « lieu » est restitué (l'édition numérique porte la coquille « lie »). Texte original : « Respondeo dicendum quod locus debet esse proportionatus locato. Christus autem per resurrectionem vitam immortalem et incorruptibilem inchoavit. Locus autem in quo nos habitamus, est locus generationis et corruptionis, sed locus caelestis est locus incorruptionis. »
101Catéchisme de l'Église catholique, § 663, citant saint Jean Damascène, De la foi orthodoxe, IV, 2 (PG 94, 1104C).
102Catéchisme de l'Église catholique, § 664, citant Dn 7, 14 et le Symbole de Nicée-Constantinople.
103Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 58, a. 1, réponse et ad 1, trad. Cerf (1984) ; en ad 1, Thomas reprend saint Jean Damascène : « ce n'est pas au sens local que nous parlons de la droite de Dieu [...]. La droite du Père, c'est la gloire et l'honneur de la divinité ».
104Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 58, a. 1, ad 3, trad. Cerf (1984), citant saint Grégoire le Grand, Homélies sur les Évangiles, II, 29, 7. Texte original de Grégoire : « sedere judicantis est, stare vero pugnantis vel adjuvantis. [...] Stephanus vero in labore certaminis positus stantem vidit, quem adjutorem habuit ».
105Catéchisme de l'Église catholique, § 662. Le texte français publié sur vatican.va intervertit deux renvois bibliques : la citation « entré dans un sanctuaire fait de mains d'hommes [...] mais dans le ciel » est He 9, 24, et « étant toujours vivant pour intercéder » est He 7, 25 (la version anglaise officielle donne ces renvois exacts).
106 107Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 57, a. 6, réponse, trad. Cerf (1984). Texte original : « Ipsa enim repraesentatio sui ex natura humana, quam in caelum intulit, est quaedam interpellatio pro nobis, ut, ex quo Deus humanam naturam sic exaltavit in Christo, etiam eorum misereatur pro quibus filius Dei humanam naturam assumpsit. »
108Catéchisme de l'Église catholique, § 667 : « Jésus-Christ, étant entré une fois pour toutes dans le sanctuaire du ciel, intercède sans cesse pour nous comme le médiateur qui nous assure en permanence l'effusion de l'Esprit Saint. »
109Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 57, a. 1, ad 3, trad. Cerf (1984). Texte original : « Sed ipsa ascensio Christi in caelum, qua corporalem suam praesentiam nobis subtraxit, magis fuit utilis nobis quam praesentia corporalis fuisset. Primo quidem, propter fidei augmentum, quae est de non visis. [...] Secundo, ad spei sublevationem. [...] Tertio, ad erigendum caritatis affectum in caelestia. [...] Et quia spiritus sanctus est amor nos in caelestia rapiens, ideo dominus dicit discipulis, Ioan. XVI, expedit vobis ut ego vadam. »
110Catéchisme de l'Église catholique, § 1115, citant saint Léon le Grand, Sermon 74, 2 (PL 54, 398A). Texte original : « Quod itaque Redemptoris nostri conspicuum fuit, in sacramenta transivit ».
111Saint Léon le Grand, Sermon 74, 4, traduction de la Liturgie des Heures (AELF), office des lectures du vendredi après l'Ascension. Texte original : « Tunc igitur, dilectissimi, filius hominis, Dei Filius, excellentius sacratiusque innotuit, cum in paternae majestatis gloriam se recepit et ineffabili modo coepit esse Divinitate praesentior, qui factus est humanitate longinquior. »
112 136Tertullien, De la résurrection de la chair (De resurrectione mortuorum), 51, 2-3, trad. E.-A. de Genoude, Œuvres de Tertullien, Paris, 1852. Texte original : « Quemadmodum enim nobis arrabonem spiritus reliquit, ita et a nobis arrabonem carnis accepit et vexit in caelum, pignus totius summae illuc quandoque redigendae. Securae estote, caro et sanguis : usurpastis et caelum et regnum dei in Christo. » Joseph Ratzinger cite cette phrase en conclusion de son article de 1967, avec un renvoi erroné au De carne Christi.
114Catéchisme de l'Église catholique, § 661, citant la préface de l'Ascension du Missel romain : « Le Christ seul a pu ouvrir cet accès à l'homme, "de sorte que nous, ses membres, nous ayons l'espérance de le rejoindre là où Lui, notre Tête et notre Principe, nous a précédés" ».
115 147Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 57, a. 6, ad 2, trad. Cerf (1984). Texte original : « Ascensio autem Christi est directe causa ascensionis nostrae, quasi inchoando ipsam in capite nostro, cui oportet membra coniungi. »
116François, audience générale, place Saint-Pierre, mercredi 17 avril 2013, catéchèse sur l'article du Credo « il est monté au ciel », traduction française publiée par le Saint-Siège (vatican.va). Textes originaux : « Lui è come un capo cordata quando si scala una montagna, che è giunto alla cima e ci attira a sé conducendoci a Dio » ; « In genere quando siamo separati dai nostri familiari, dai nostri amici, per una partenza definitiva e soprattutto a causa della morte, c'è in noi una naturale tristezza, perché non vedremo più il loro volto, non ascolteremo più la loro voce, non potremo più godere del loro affetto, della loro presenza. Invece l'evangelista sottolinea la profonda gioia degli Apostoli. Ma come mai? Proprio perché, con lo sguardo della fede, essi comprendono che, sebbene sottratto ai loro occhi, Gesù resta per sempre con loro, non li abbandona e, nella gloria del Padre, li sostiene, li guida e intercede per loro. »
117 134Saint Augustin, Sermon 263/A pour l'Ascension (sermon Mai 98), 1-2 (PLS 2, 494-495), traduction de la Liturgie des Heures (AELF), office des lectures du jour de l'Ascension. Texte original : « Hodie Dominus noster Iesus Christus ascendit in caelum ; ascendat cum illo cor nostrum. [...] Ille de caelo non recessit, cum ad nos inde descendit ; nec a nobis recessit, cum in caelum rursus ascendit. [...] Descendit itaque de caelo per misericordiam, nec ascendit nisi ipse, cum et nos in ipso per gratiam. »
118 168Catéchisme de l'Église catholique, § 665 : « L'ascension du Christ marque l'entrée définitive de l'humanité de Jésus dans le domaine céleste de Dieu d'où il reviendra (cf. Ac 1, 11), mais qui entre-temps le cache aux yeux des hommes (cf. Col 3, 3). »
119Saint Léon le Grand, Sermon 74 (deuxième sermon sur l'Ascension), 2 (PL 54). Traduction Ignispedia. Texte original : « quadragesimo post resurrectionem die coram discipulis elevatus in coelum, corporalis praesentiae modum fecit, mansurus in Patris dextera, donec tempora multiplicandis Ecclesiae filiis divinitus praestituta peragantur, et ad judicandos vivos et mortuos in eadem carne in qua ascendit adveniat ».
120Pie XII, constitution apostolique Munificentissimus Deus, 1ᵉʳ novembre 1950, § 44, traduction reprise de l'article Ignispedia Pourquoi croire à l'Assomption ?. Texte original (vatican.va) : « Immaculatam Deiparam semper Virginem Mariam, expleto terrestris vitae cursu, fuisse corpore et anima ad caelestem gloriam assumptam. »
121Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 57, a. 3, sed contra, trad. Cerf (1984), citant saint Grégoire le Grand, Homélies sur les Évangiles, II, 29, 5. Thomas conclut : « si le Christ est monté au ciel, c'est par sa propre puissance ; tout d'abord, par la puissance divine ; en second lieu, par la puissance de l'âme glorifiée qui meut le corps comme elle le veut », et précise que le Christ est aussi monté « élevé et pris par le Père » (ad 1), la puissance du Père et du Fils étant la même.
122Joseph Ratzinger, « Christi Himmelfahrt », Geist und Leben 40 (1967), cahier 2, p. 81-85 (PDF de la revue, geist-und-leben.de). Traductions Ignispedia. Textes originaux : « Von den Hochfesten des Kirchenjahres liegt vielleicht keines dem modernen Bewußtsein so fern wie das Fest der Himmelfahrt Christi » (p. 81) ; « Der Vorgang der ‚Himmelfahrt' wird im Passiv dargestellt: Er wurde ‚emporgehoben' heißt es zuerst (V. 9), ‚aufgenommen' etwas später (V. 11). Das Geschehen ist also als eine Machttat Gottes geschildert, der Jesus in den Raum seiner Nähe einbezieht, nicht als eine Flugreise nach oben » (p. 82) ; « So bedeutete ‚Himmelfahrt' für sie nicht das, als was wir sie gewöhnlich mißverstehen: die einstweilige Abwesenheit Christi von der Welt; sie bedeutete ihnen vielmehr die neue, endgültige und unaufhebbare Form seiner Anwesenheit durch die Teilnahme an Gottes königlicher Macht » (p. 83). L'homélie de Benoît XVI à Cassino, le 24 mai 2009, reprend presque mot pour mot les pages 82-83 de cet article.
123 127 135Rudolf Bultmann, « Neues Testament und Mythologie » (1941), cité par J. Ratzinger, « Christi Himmelfahrt », Geist und Leben 40 (1967), p. 81. Traduction Ignispedia. Texte original : « Welchen Sinn hat es, heute zu bekennen: ‚niedergefahren zur Hölle' oder ‚aufgefahren gen Himmel', wenn der Bekennende das diesen Formulierungen zugrundeliegende Weltbild von den drei Stockwerken nicht teilt? »
124Benoît XVI, homélie pour la solennité de l'Ascension du Seigneur, visite pastorale à Cassino et au Mont-Cassin, place Miranda, dimanche 24 mai 2009, traduction française publiée par le Saint-Siège (vatican.va ; typographie normalisée). Texte original : « L'evento è descritto non come un viaggio verso l'alto, bensì come un'azione della potenza di Dio, che introduce Gesù nello spazio della prossimità divina. [...] Il "cielo", questa parola cielo, non indica un luogo sopra le stelle, ma qualcosa di molto più ardito e sublime: indica Cristo stesso, la Persona divina che accoglie pienamente e per sempre l'umanità, Colui nel quale Dio e uomo sono per sempre inseparabilmente uniti. L'essere dell'uomo in Dio, questo è il cielo. »
126Saint Jean-Paul II, audience générale du mercredi 12 avril 1989, § 1-3, dans le cycle de catéchèses sur le Credo, texte italien publié par le Saint-Siège (vatican.va ne donne pas de version française de cette audience). Traduction Ignispedia. Textes originaux : « Abbiamo già fatto notare che si tratta di un "mistero", che è oggetto di fede. Esso integra il mistero stesso dell'Incarnazione ed è il compimento ultimo della missione messianica del Figlio di Dio venuto sulla terra per operare la nostra Redenzione. È tuttavia anche un "fatto" che possiamo conoscere attraverso gli elementi biografici e storici di Gesù, riferiti dai Vangeli. » (§ 1) ; « Stando a questo testo di Luca, isolato dagli altri, si dedurrebbe che Gesù ascese al cielo il giorno stesso della Risurrezione, a conclusione della sua apparizione agli apostoli (cf. Lc 24, 36-49). Ma se si legge bene l'intera pagina, ci si avvede che l'Evangelista vuole sintetizzare gli avvenimenti finali della vita di Cristo, del quale gli premeva descrivere la missione salvifica, conclusa con la sua glorificazione. » (§ 2) ; « Quanto al problema del tempo, non si vede per quale ragione si potrebbe negare che Gesù sia apparso ai suoi ripetutamente per quaranta giorni, come affermano gli Atti. Il simbolismo biblico del numero quaranta, inteso ad indicare una durata pienamente sufficiente per il raggiungimento dello scopo desiderato, è accettato da Gesù, che già si era ritirato per quaranta giorni nel deserto prima di dare inizio al suo ministero, e ora per quaranta giorni appare sulla terra prima di salire definitivamente al cielo. » (§ 3)
128 131 132Saint Augustin, De l'accord des évangélistes (De consensu evangelistarum), III, 25, 83, trad. de l'abbé Raulx, Œuvres complètes de saint Augustin, t. V, Bar-le-Duc, L. Guérin, 1867, p. 245 (ponctuation corrigée). Texte original : « Lucas autem praetermissis omnibus quae per quadraginta dies agi ab illo cum discipulis potuerunt illi primo diei resurrectionis eius, quando in Hierusalem pluribus apparuit, coniungit tacite novissimum diem, quo ascendit in caelum ». Au même chapitre (III, 25, 77), Augustin conclut que le Seigneur fut enlevé au ciel « quadragesimo scilicet die post diem resurrectionis eius », « le quarantième jour qui suivit sa résurrection ».
130Léon XIV, Regina Caeli, place Saint-Pierre, dimanche 17 mai 2026, traduction française publiée par le Saint-Siège (vatican.va). Texte original : « A Gesù, infatti, noi siamo uniti, come membra al capo, in un unico corpo, e il suo ascendere al Cielo attira anche noi, con Lui, verso la piena comunione con il Padre. [...] L'Ascensione, allora, non ci parla di una promessa lontana, ma di un legame vivo ».
137Missale Romanum, 2002, messe de la veille de l'Ascension, collecte. Traduction Ignispedia. Texte original : « Deus, cuius Filius hodie in caelos, Apostolis astantibus, ascendit, concede nobis, quaesumus, ut secundum eius promissionem et ille nobiscum semper in terris et nos cum eo in caelo vivere mereamur. »
140Missale Romanum, 2002, messe du jour de l'Ascension. Traductions Ignispedia. Textes originaux : introït « Viri Galilaei, quid admiramini aspicientes in caelum ? Quemadmodum vidistis eum ascendentem in caelum, ita veniet, alleluia » (Ac 1, 11) ; collecte « Fac nos, omnipotens Deus, sanctis exsultare gaudiis, et pia gratiarum actione laetari, quia Christi Filii tui ascensio est nostra provectio, et quo processit gloria capitis, eo spes vocatur et corporis » (le sermon de saint Léon porte praecessit, le Missel processit) ; antienne de communion « Ecce ego vobiscum sum omnibus diebus usque ad consummationem saeculi, alleluia » (Mt 28, 20) ; prière après la communion « ut illuc tendat christianae devotionis affectus, quo tecum est nostra substantia ».
141 143Liturgie des Heures, oraison de l'Ascension (laudes, office des lectures et vêpres), traduction AELF : « Dieu qui élèves le Christ au-dessus de tout, ouvre-nous à la joie et à l'action de grâce, car l'Ascension de ton Fils est déjà notre victoire : nous sommes les membres de son corps, il nous a précédés dans la gloire auprès de toi, et c'est là que nous vivons en espérance. »
142Ordo lectionum Missae, editio typica altera, Typis Polyglottis Vaticanis, 1981, Praenotanda, n° 102. Traduction Ignispedia. Texte original : « Ascensionis sollemnitas retinet ut primam lectionem eventus narrationem secundum Actus Apostolorum, qui textus lectionibus apostolicis de Christo ad dexteram Patris exaltato complentur. Pro lectione autem Evangelii unusquisque cyclus praebet textum proprium secundum varietatem ipsius evangelistae. » Formulaire de la messe : n° 58 (2ᵉ lecture Ep 1, 17-23 chaque année ; au choix Ep 4, 1-13 ou 4, 1-7. 11-13 l'année B, He 9, 24-28 ; 10, 19-23 l'année C).
144Missale Romanum, 2002, préfaces de l'Ascension I et II (De mysterio Ascensionis). Traductions Ignispedia. Texte original de la préface I : « Quia Dominus Iesus, Rex gloriae, peccati triumphator et mortis, mirantibus Angelis, ascendit (hodie) summa caelorum, Mediator Dei et hominum, Iudex mundi Dominusque virtutum ; non ut a nostra humilitate discederet, sed ut illuc confideremus, sua membra, nos subsequi quo ipse, caput nostrum principiumque, praecessit. Quapropter, profusis paschalibus gaudiis, totus in orbe terrarum mundus exsultat. » ; préface II : « Qui post resurrectionem suam omnibus discipulis suis manifestus apparuit, et ipsis cernentibus est elevatus in caelum, ut nos divinitatis suae tribueret esse participes. »
148 149 150Missel romain, Prière eucharistique I, Communicantes propre de l'Ascension, traduction française de la troisième édition typique (en usage depuis l'Avent 2021), d'après la transcription d'iBreviary. Texte original : « Communicantes, et diem sacratissimum celebrantes, quo Dominus noster, unigenitus Filius tuus, unitam sibi fragilitatis nostrae substantiam in gloriae tuae dextera collocavit ».
151Missale Romanum, 2002, Benedictiones in fine Missae, n° 7 « In Ascensione Domini ». Traduction Ignispedia. Texte original : « Benedicat vos omnipotens Deus, cuius Unigenitus hodierna die caelorum alta penetravit, et vobis, ubi est ipse, ascendendi aditum reseravit. [...] Concedat ut, sicut Christus post resurrectionem suam visus est discipulis manifestus, ita vobis in iudicium veniens appareat pro aeternitate placatus. [...] Et qui eum consedere Patri in sua creditis maiestate, ipsum usque in finem saeculi vobiscum permanere secundum eius promissionem laeti valeatis experiri. »
152Missale Romanum, editio typica 1962, In Ascensione Domini, p. 352 : « Dicto Evangelio, exstinguitur cereus paschalis » ; forme antérieure de la rubrique (transcription Divinum Officium) : « Dicto Evangelio exstinguitur Cereus paschalis, nec ulterius accenditur, nisi in Sabbato Pentecostes ad benedictionem Fontis ». Traductions Ignispedia.
153 154Missale Romanum, 2002, fin de la messe du dimanche de Pentecôte : « Absoluto tempore paschali, exstinguitur cereus paschalis, quem praestat intra baptisterium honorifice servari ».
155Congrégation pour le culte divin, lettre circulaire Paschalis sollemnitatis sur la préparation et la célébration des fêtes pascales, 16 janvier 1988, n° 99, traduction française publiée en supplément à Célébrer n° 390 (2012), diffusée par le diocèse de Paris (dioceseparis.fr).
156Missale Romanum, 1962, p. 351 : « TEMPUS ASCENSIONIS — IN ASCENSIONE DOMINI — I classis — Statio ad S. Petrum ».
157Saint Grégoire le Grand, Homélies sur les Évangiles, II, 29 (PL 76), « Habita ad populum in basilica beati Petri apostoli, in Ascensione Domini » ; édition critique et traduction de référence : R. Étaix, G. Blanc et B. Judic, Sources chrétiennes 522, Paris, Cerf, 2008. Traductions Ignispedia. Textes originaux : « Quia nascente Domino videbatur divinitas humiliata ; ascendente vero Domino, est humanitas exaltata. [...] qui in nativitate sua apparuit Deus humilis, in Ascensione sua ostensus est homo sublimis » (§ 9) ; « Illa enim natura cui dictum est : Terra es, et in terram ibis, hodie in coelum ivit. [...] De coelo venit in uterum, de utero venit in praesepe, de praesepe venit in crucem, de cruce venit in sepulcrum, de sepulcro rediit in coelum » (§ 10) ; « oportet ut illuc sequamur corde, ubi eum corpore ascendisse credimus. [...] sequamur tamen eum passibus amoris » (§ 11).
158 220 221 222 223 224Missale Romanum, 1962, p. 349 : « In vigilia Ascensionis — II classis », introït « Vocem iucunditatis annuntiate » (Is 48, 20).
159Missale Romanum, 1962, p. 351-352, messe de l'Ascension. Traductions Ignispedia. Textes originaux : Alléluia « Ascendit Deus in iubilatione, et Dominus in voce tubae. [...] Dominus in Sina in sancto, ascendens in altum, captivam duxit captivitatem » ; offertoire « Ascendit Deus in iubilatione » ; communion « Psallite Domino, qui ascendit super caelos caelorum ad Orientem, alleluia » ; collecte « Concede, quaesumus, omnipotens Deus : ut, qui hodierna die Unigenitum tuum Redemptorem nostrum ad caelos ascendisse credimus ; ipsi quoque mente in caelestibus habitemus », reprise comme collecte de rechange dans le Missale Romanum de 2002.
160 161Sacrée Congrégation des rites, décret général Cum nostra hac aetate sur la simplification des rubriques, 23 mars 1955, Acta Apostolicae Sedis 47 (1955), p. 218-224, n° 9, 11 et 17. Textes originaux : « Vigiliae communes sunt : vigilia festorum Ascensionis Domini, Assumptionis B. M. V., S. Ioannis Baptistae, Ss. Petri et Pauli, S. Laurentii » ; « Celebrantur tantum octavae Nativitatis Domini, Paschatis et Pentecostes, suppressis omnibus aliis » ; « Dies a festo Ascensionis Domini usque ad vigiliam Pentecostes exclusive fiunt feriae tempore paschali [...] Missa de eodem festo sine Credo ».
162 163Anselmo Lentini, Te decet hymnus. L'innario della « Liturgia Horarum », Cité du Vatican, Typis Polyglottis Vaticanis, 1984, n° 122-125 : Iesu, nostra redemptio (vêpres de l'Ascension), Aeterne rex altissime (office des lectures), Optatus votis omnium (laudes), Veni, creator Spiritus (vêpres des jours qui suivent l'Ascension).
164AELF, Liturgie des Heures de l'Ascension : hymnes « Entré dans la gloire » (office des lectures), « Nous te chantons, Ressuscité » (laudes), « Ô Fils de Dieu ressuscité » (vêpres), « Homme ! Ne te tourmente pas ! » (premières vêpres), toutes éditées par le CNPL.
165Antienne O Rex gloriae, Bréviaire romain, office In Ascensione Domini, antienne du Magnificat des secondes vêpres (transcription Divinum Officium). Texte original : « O Rex gloriae, Domine virtutum, qui triumphator hodie super omnes caelos ascendisti, ne derelinquas nos orphanos ; sed mitte promissum Patris in nos, Spiritum veritatis, alleluia. »
166Liturgie des Heures, vêpres de l'Ascension, antienne du Magnificat, traduction AELF (vêpres du 14 mai 2026).
167AELF, office des lectures du mercredi de la 6ᵉ semaine de Pâques (extraits du Sermon 73 de saint Léon le Grand) et du vendredi après l'Ascension (extraits du Sermon 74), 13 et 15 mai 2026.
169Liturgie des Heures, laudes de l'Ascension, première antienne, traduction AELF.
170Thomas Hopko, The Orthodox Faith, vol. II, Worship, chap. « The Church Year », Orthodox Church in America (oca.org) : « There are twelve major feast days of the Church [...] and, from the Paschal cycle, the feast of the Lord's entry into Jerusalem, the feast of the Lord's Ascension and the feast of Pentecost. Easter is not counted among the twelve major feasts of the Church since it is considered by itself as "the feast of feasts." » Traduction Ignispedia pour l'expression citée.
171Patriarcat œcuménique, Typikon 2026 (ec-patr.net) : 20 mai, apodose de Pâques ; 21 mai, « Ἡ Ἀνάληψις τοῦ Κυρίου » ; 29 mai, « Ἀπόδοσις τῆς Ἑορτῆς τῆς Ἀναλήψεως τοῦ Κυρίου », dont l'office est chanté comme le jour de la fête, à quelques exceptions près ; 31 mai, Pentecôte.
172Tropaire de l'Ascension (ton 4), traduction de la paroisse orthodoxe Notre-Dame-Joie-des-Affligés-et-Sainte-Geneviève, Paris (ndjasg.free.fr). Texte original : « Ἀνελήφθης ἐν δόξῃ, Χριστὲ ὁ Θεὸς ἡμῶν, χαροποιήσας τοὺς Μαθητάς, τῇ ἐπαγγελίᾳ τοῦ ἁγίου Πνεύματος· βεβαιωθέντων αὐτῶν διὰ τῆς εὐλογίας, ὅτι σὺ εἶ ὁ Υἱός τοῦ Θεοῦ, ὁ λυτρωτὴς τοῦ κόσμου. »
173Kondakion de l'Ascension (ton plagal 2), même traduction (ndjasg.free.fr). Texte original : « Τὴν ὑπὲρ ἡμῶν πληρώσας οἰκονομίαν, καὶ τὰ ἐπὶ γῆς ἑνώσας τοῖς οὐρανίοις, ἀνελήφθης ἐν δόξῃ, Χριστὲ ὁ Θεὸς ἡμῶν, οὐδαμόθεν χωριζόμενος, ἀλλὰ μένων ἀδιάστατος, καὶ βοῶν τοῖς ἀγαπῶσί σε· Ἐγώ εἰμι μεθ' ὑμῶν, καὶ οὐδεὶς καθ' ὑμῶν. »
174Calcul des dates de Pâques selon le comput grégorien (Église catholique) et le comput julien converti en dates grégoriennes (Églises orthodoxes) : les deux Pâques coïncident en 2025, 2028, 2031 et 2034, et avec elles l'Ascension (29 mai 2025, 25 mai 2028, 22 mai 2031, 18 mai 2034).
175Ministère arménien de l'Éducation, de la Science, de la Culture et des Sports, listes du patrimoine culturel immatériel de l'Arménie (int-heritage.am) : « Ascension day » parmi les fêtes nationales ; « "Vichak" (ritual) Songs » sur la liste du patrimoine nécessitant une sauvegarde urgente. Voir aussi H. H. Matikyan et H. H. Harutyunyan, « Some Characteristics of Shirakian Songs (Khaghiks) », Shirak Centre of Armenological Studies of NAS RA, Scientific Works 28/2 (2025), p. 143-152 (doi 10.52971/18294316-2025.28.2-143), sur les chants de divination vijak liés à la fête de Hambardzum ; sur la préparation du vičak par des groupes de sept jeunes filles, compte rendu de la faculté d'histoire de l'université d'État d'Erevan, 9 mai 2024 (ysu.am).
177Joseph Hilgers, art. « Novena », The Catholic Encyclopedia, vol. 11, New York, Robert Appleton, 1911 (newadvent.org). Traduction Ignispedia. Texte original : « the best model and example was given by Christ Himself to the Church in the first Pentecost novena. He Himself expressly exhorted the Apostles to make this preparation. And when the young Church had faithfully persevered for nine full days in it, the Holy Ghost came as the precious fruit of this first Christian novena ».
180Léon XIII, bref Provida Matris caritate, 5 mai 1895, Acta Sanctae Sedis 27 (1894-1895), p. 645-647 ; trad. française dans Lettres apostoliques de S. S. Léon XIII, encycliques, brefs, etc., t. IV, Paris, Maison de la Bonne Presse, p. 207 et 209. Texte original : « Cuiusmodi officio pietatis nullum videtur accommodatius esse tempus, quam quo olim Apostoli, post Domini ascensum in caelum, simul constiterunt perseverantes unanimiter in oratione cum Maria Matre Iesu » ; « proximis novendialibus ad sacrae Pentecostes sollemnia ».
181Léon XIII, encyclique Divinum illud munus, 9 mai 1897, Acta Sanctae Sedis 29 (1896-1897), p. 644-658 ; trad. française dans Lettres apostoliques de S. S. Léon XIII, t. V, Paris, Maison de la Bonne Presse, p. 163. Texte original (vatican.va) : « Decernimus igitur et mandamus ut per orbem catholicum universum, hoc anno itemque annis in perpetuum consequentibus, supplicatio novendialis ante Pentecostem in omnibus curialibus templis et, si Ordinarii locorum utile iudicarint, in aliis etiam templis sacrariisve fiat. »
182Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie. Principes et orientations, 17 décembre 2001, n° 155 « La neuvaine de la Pentecôte », texte français publié par le Saint-Siège (vatican.va).
183Concile Vatican II, décret Inter mirifica sur les moyens de communication sociale, 4 décembre 1963, n° 18, traduction française publiée par le Saint-Siège (vatican.va).
184Saint Paul VI, message pour la Iʳᵉ Journée mondiale des communications sociales, « I mezzi di comunicazione sociale », daté du 1ᵉʳ mai 1967 (vatican.va) : la Journée « sera célébrée pour la première fois dimanche 7 mai ».
185Conseil pontifical pour les communications sociales, communiqué du 29 septembre 2005 (vatican.va) : la Journée mondiale des communications sociales, « la seule célébration mondiale demandée par le concile Vatican II », est célébrée « dans la plupart des pays, sur la recommandation des évêques du monde, le dimanche avant la Pentecôte ». Traduction Ignispedia. Texte original : « is marked in most countries, on the recommendation of the bishops of the world, on the Sunday before Pentecost ».
186Grégoire de Tours, Histoire des Francs, II, 34, d'après une homélie d'Avit de Vienne, trad. F. Guizot, Collection des mémoires relatifs à l'histoire de France, Paris, 1823. Texte original : « has ipsas rogationes, quas ante ascensionis dominicae triumphum caelebramus, a Mamerto ipsius Viennensis urbis episcopo [...] instatutas fuisse, dum urbis illa multis terreretur prodigiis » ; « Quae usque nunc in Dei nomine per omnes eclesias in conpunctione cordis et contritione spiritus caelebratur ». Date de l'institution : vers 470 selon L. Duchesne, vers 475 selon le commentaire du Calendarium Romanum de 1969.
187 188Sidoine Apollinaire, Lettres, VII, 1 (au pape Mamert), même traduction, t. II, p. 155-159 : « notre seule espérance est dans les Rogations que tu as instituées ; le peuple Arverne vient de les adopter ».
189Sidoine Apollinaire, Lettres, V, 14 (à Aper), 2-3, trad. J.-F. Grégoire et F.-Z. Collombet, Œuvres de C. Sollius Apollinaris Sidonius, t. II, Lyon et Paris, 1836, p. 45-47. Texte original : « in his autem, quas suprafatus summus sacerdos nobis et protulit pariter et contulit, ieiunatur oratur, psallitur fletur. »
190Premier concile d'Orléans (511), canon 27, texte latin éd. F. Maassen, MGH, Concilia aevi Merovingici, Hanovre, 1893, p. 8 ; trad. C.-J. Hefele et H. Leclercq, Histoire des conciles, t. II/2, Paris, 1908, p. 1014. Texte original : « Rogationes, id est laetanias, ante ascensionem Domini ab omnibus ecclesiis placuit celebrari, ita ut praemissum triduanum ieiunium in Domenicae ascensionis festivitate solvatur ; per quod triduum servi et ancellae ab omni opere relaxentur, quo magis plebs universa conveniat. »
191Louis Duchesne, Le Liber pontificalis, t. II, Paris, 1892, p. 40, n. 58 : « Avant la fusion des usages romains avec les usages gallicans, l'église de Rome ne connaissait d'autre litanie fixe, ordinaire, que la grande litanie du 25 avril ».
192Liber pontificalis, vie de Léon III, § XLIII, éd. L. Duchesne, t. II, 1892, p. 12. Traduction Ignispedia. Texte original : « constituit ut ante tres dies Ascensionis dominicae letanias celebrarentur, scilicet feria secunda, egrediente pontifice cum omni clero et cuncto populo, cum hymnis et canticis spiritalibus, ab ecclesia beatae Dei genetricis ad Praesepem, pergant ad ecclesiam Salvatoris, quae appellatur Constantiniana ; feria III exeuntes ab ecclesia beatae Savinae martyris, pergentes ad beatum Paulum apostolum ; feria IIII exeuntes ab ecclesia Hierusalem pergentes ad ecclesiam beati Laurentii martyris foris muros. »
193Normes universelles de l'année liturgique, n° 45-47 (Calendarium Romanum, Typis Polyglottis Vaticanis, 1969, p. 17). Traduction Ignispedia. Texte original du n° 45 : « In Rogationibus et Quattuor anni Temporibus, Ecclesia solet pro variis hominum necessitatibus, imprimis vero pro fructibus terrae et hominum laboribus, Dominum exorare, eique publice gratias referre » ; le n° 46 confie aux conférences des évêques la date et la forme de ces célébrations.
194J. Wynne, « Feast of the Ascension », The Catholic Encyclopedia, vol. 1, New York, Robert Appleton, 1907 (newadvent.org). Traduction Ignispedia. Texte original : « triumphal processions with torches and banners outside the churches to commemorate the entry of Christ into heaven. Rock records the English custom of carrying at the head of the procession the banner bearing the device of the lion and at the foot the banner of the dragon, to symbolize the triumph of Christ in His ascension over the evil one. In some churches the scene of the Ascension was vividly reproduced by elevating the figure of Christ above the altar through an opening in the roof of the church. In others, whilst the figure of Christ was made to ascend, that of the devil was made to descend. »
195 200Landesmuseum Württemberg, Stuttgart, « Himmelfahrts-Christus », bois polychrome, vers 1430, inv. WLM 12157, notice en ligne (museum-digital Baden-Württemberg, objet 340). Traduction Ignispedia. Texte original : « Am Himmelfahrtstag wurde diese Christusfigur im festlichen Gottesdienst vor den Augen der Gläubigen an einem Seil in das Kirchengewölbe hinaufgezogen. »
196Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg, communiqué de presse du 10 juillet 2023 sur l'acquisition d'un « Himmelfahrtschristus » de l'atelier de Tilman Riemenschneider, vers 1505-1510. Texte original : « Sehr wahrscheinlich handelt es sich um ein „handelndes Bildwerk", das zum szenischen Nachspielen des biblischen Berichts von der Himmelfahrt Christi eingesetzt wurde. Dazu passt die Wolkenplinthe, die Riemenschneider ausschließlich für Bildwerke verwendete, die hängend präsentiert wurden. »
197A. Thurnwald, « Herabgeschwebt aus dem Himmelsloch », objet du mois, Fränkisches Freilandmuseum Bad Windsheim – Museum Kirche in Franken, 20 mai 2019. Texte original : « Ein solches „Heilig-Geist-Loch" oder „Himmelsloch" ist im Chor unserer Spitalkirche noch heute zu sehen. Mit der Abschaffung solcher Inszenierungen in der Reformationszeit verlor es seine praktische Bedeutung. »
198Guillaume Durand, évêque de Mende, Rationale divinorum officiorum (vers 1286-1291), VI, 102, 9, trad. Ch. Barthélemy, Rational ou manuel des divins offices, t. IV, Paris, L. Vivès, 1854, p. 279.
199The Book of Common Prayer (1662), « A Table of the Vigils, Fasts and Days of Abstinence to be observed in the year », texte publié par l'Église d'Angleterre (churchofengland.org). Traduction Ignispedia. Texte original : « The three Rogation Days, being the Monday, Tuesday, and Wednesday before Holy Thursday, or the Ascension of our Lord. »
201Injonctions de la reine Élisabeth Iʳᵉ (1559), n° XVIII-XIX, dans H. Gee et W. J. Hardy, Documents Illustrative of English Church History, Londres, Macmillan, 1896, doc. LXXVIII, p. 426-427 : les « perambulations used heretofore in the days of rogations » sont conservées, avec une exhortation à rendre grâce « for the increase and abundance of His fruits upon the face of the earth ».
202Paroisse anglicane All Hallows by the Tower, Londres, livret « Ascension Day — The Ceremony of Beating the Bounds », jeudi 14 mai 2026.
203Jean Diacre, Istoria Veneticorum, éd. G. Monticolo, Cronache veneziane antichissime, Fonti per la storia d'Italia 9, Rome, 1890, p. 156-157. Traduction Ignispedia. Texte original : « septimoque sui ducatus anno asensionis Domini festo cum suis in sancti Petri Olivolensis ecclesia ad missarum ministeria percipienda convenire voluit ; cui Dominicus eiusdem loci episcopus triumphale vexillum contulit, et una classem consendentes illo die Equilensem portum intraverunt ». Note 1 de l'éditeur : « La spedizione cominciò il 9 maggio (festa dell'Ascensione) del 1000 ». Selon le comput julien, Pâques tombait le 31 mars en l'an 1000 et l'Ascension le 9 mai ; en 998, Pâques tombait le 17 avril et l'Ascension le 26 mai.
204 205G. Gullino, « Orseolo, Pietro II », Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 79, Rome, Istituto della Enciclopedia Italiana, 2013 (treccani.it). Texte original : « Pertanto il giorno dell'Ascensione dell'anno 1000 (benché talune fonti anticipino la data al 998), il doge s'imbarcò alla volta della Dalmazia [...] tuttavia costituì una decisiva preminenza dell'influenza politica veneziana sull'area adriatica, sancita dalla cerimonia dello sposalizio del mare, che la tradizione fa risalire appunto a tale contesto ».
206Francesco Sansovino, Venetia città nobilissima et singolare, Venise, 1581, livre XII, « Dell'andate publiche », f. 199r-v. Traduction Ignispedia. Texte original : « La mattina adunque dell'Ascensione, poco dopo terza, il Principe con la Signoria monta sul Bucintoro [...] si conduce al lido, & smontato a San Nicolò, si celebra una messa grande. Indi risaliti in Bucintoro, escono fuori su la bocca del mare, & quivi cantati dal clero alcuni Salmi, & fatte diverse altre orationi, il Principe getta nell'acqua uno anello in segno di sponsalitio, & in gettando dice queste parole. Desponsamus te Mare, in signum veri perpetuique dominij. [...] Oltre a ciò si benedisce il mare per rispetto de i naufragij che avengono spesso » ; sur la foire : « nel giorno dell'Ascensione [...] & giorno nel quale, con 9. altri giorni appresso, si fa la fiera publica, chiamata da tutti la Sensa ».
207 208M. Pozza, « Ziani, Sebastiano », Dizionario Biografico degli Italiani, vol. 100, Rome, Istituto della Enciclopedia Italiana, 2020 ; « Alessandro III », Enciclopedia dei Papi, Rome, Istituto della Enciclopedia Italiana (treccani.it).
209G. Lorenzetti, « Bucintoro », Enciclopedia Italiana, Rome, Istituto della Enciclopedia Italiana, 1930 (treccani.it) : la plus ancienne mention du nom dans les documents vénitiens date de la promissione du doge Renier Zeno, en 1252 ; le dernier Bucentaure, lancé le 12 janvier 1728, sert à la fête de mai 1729 et est « fatta distruggere nel 1798 dai Francesi ».
210Bayerisches Nationalmuseum, Munich, « Resurrection and Ascension of Christ, known as the "Reider-panel" », ivoire, Rome ou Milan, vers 400, inv. MA 157, notice du musée (bayerisches-nationalmuseum.de).
211Évangéliaire syriaque dit de Rabbula, achevé en 586 au monastère de Saint-Jean de Beth Zagba (Syrie), Florence, Biblioteca Medicea Laurenziana, ms. Plut. I. 56, f. 13v (Ascension) ; notice de la Smithsonian Institution, National Museum of Asian Art, exposition « In the Beginning: Bibles Before the Year 1000 ».
212Description de la miniature : V. E. Jones, « Christ ascending into Ezekiel's vision », Art & Theology, 5 mai 2016 (artandtheology.org), qui relève la Vierge debout, de face, nimbée, en orante, au centre du registre inférieur.
213Robert Deshman, « Another Look at the Disappearing Christ: Corporeal and Spiritual Vision in Early Medieval Images », The Art Bulletin 79/3 (1997), p. 518-546, doi 10.1080/00043079.1997.10786796 ; l'auteur y reprend l'article classique de Meyer Schapiro sur ce motif et situe l'innovation dans la théologie et la théorie de l'image du XIᵉ siècle.
214Musée des Beaux-Arts de Lyon, notice « L'Ascension du Christ », Le Pérugin (Pietro Vannucci), 1495-1498, panneau central et lunette du retable du maître-autel de l'église bénédictine San Pietro de Pérouse, huile sur bois transposée sur toile, 325 × 265 cm, don du pape Pie VII, 1816 (mba-lyon.fr).
215Saint Augustin, Sermons 261 à 265, 263/A (Mai 98) et 265/A à 265/F, rangés sous « Ascensione » dans la table des sermons de la Nuova Biblioteca Agostiniana (augustinus.it) ; texte latin des sermons 261 à 265 et 263/A : PL 38, 1202-1224 ; PLS 2, 494-497 et 591-593. Le Sermon 261 porte le titre « Sermo habitus Carthagine in basilica Fausti » ; le Sermon 262 fut prêché à Hippone, dans la basilique Leontiana.
216Saint Augustin, Sermon 261, 1 (PL 38, 1202-1203), trad. de l'abbé Raulx, Œuvres complètes de saint Augustin, t. VII, Bar-le-Duc, L. Guérin, 1868, p. 339. Texte original : « Resurrectio Domini, spes nostra ; ascensio Domini, glorificatio nostra. [...] ascendamus cum illo, et sursum cor habeamus. [...] Descendit, ut sanaret te ; ascendit, ut levaret te. Cades, si levaveris te ; manes, si levaverit te. »
217Saint Augustin, Sermon 262, 3 (PL 38, 1207-1209), trad. Raulx, t. VII, p. 344. Texte original : « Hodierno ergo die, hoc est, quadragesimo post resurrectionem suam, Dominus ascendit in coelum. Non vidimus : sed credamus. Qui viderunt praedicaverunt, et orbem terrarum impleverunt. [...] Ecce celebratur hodiernus dies toto orbe terrarum. »
218Saint Augustin, Sermon 265, 4 (PL 38, 1218-1224), trad. Raulx, t. VII, p. 355. Texte original : « Quando venturum sit, quid ad te ? Quando venerit, praepara te. [...] Sic vive, quasi hodie venturum sit ; et non timebis, cum venerit. »
219Saint François de Sales, Sermon LXXII, « Plan d'un sermon pour la fête de l'Ascension », 24 mai 1607, date proposée par les éditeurs (Pâques tombant le 15 avril 1607, le 24 mai était bien le jour de l'Ascension), dans Œuvres de saint François de Sales, édition complète publiée par les religieuses de la Visitation du premier monastère d'Annecy, t. VIII, Sermons, vol. II, Annecy, J. Niérat, 1897, p. 20-25, traduction française des éditeurs. Textes originaux : « Illi non ascendisse, isti non remansisse. At Ecclesia Catholica transiens per medium illorum ibat, neque ubique nec nullibi in mundo, sed in Sacramento Eucharistiae, ubi Christus voluit » ; « articulus est fidei "ascendit ad cælos", ergo non est in Eucharistia ; at Ecclesia : et est hic et est in Eucharistia. Tota ratio facti est omnipotentia facientis ».
225Saint François de Sales, Lettre DCCLXXXI, à la Mère de Chantal, Annecy, [31 mai 1612], dans Œuvres de saint François de Sales, éd. d'Annecy, t. XV, Lettres, vol. V, 1908, p. 221-222 (orthographe modernisée ; date restituée par les éditeurs, l'Ascension tombant le 31 mai en 1612). Texte original : « Je vous donne la joye dequoy nostre Sauveur est monté au Ciel, ou il vit et regne, et veut qu'un jour nous vivions et regnions avec luy. O quel triomphe au Ciel et quelle douceur en la terre ! Que nos cœurs soyent ou est leur thresor, et que nous vivions au Ciel, puis que nostre vie est au Ciel. Mon Dieu, ma Fille, que ce Ciel est beau, maintenant que le Sauveur y sert de soleil et la poitrine d'iceluy, d'une source d'amour de laquelle les Bienheureux boivent a souhait ! [...] Jamais la terre ne vit le jour de l'eternité sur son rond jusques a cette sainte feste, que Nostre Seigneur, glorifiant son cors, donna, comme je pense, envie aux Anges d'avoir de pareilz cors [...]. Ah ! que nos cors sont heureux d'attendre un jour la participation a tant de gloire, pourveu qu'ilz servent bien a l'esprit en cette vie mortelle ! »
226 227Sainte Élisabeth de la Trinité, lettre au chanoine A., datée « Ascension 1905 », dans Souvenirs, Dijon, Carmel de Dijon, 1913, p. 318.
228Souvenirs de sainte Élisabeth de la Trinité, Dijon, Carmel de Dijon, 1913, chapitre « Tout près du sanctuaire », p. 218-219 : récit de la prieure du carmel, qui rapporte les paroles de la carmélite.
229Sur la vie de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta, sa cause de béatification et le statut de ses écrits, voir les articles Ignispedia Luisa Piccarreta (1865-1947) et Les écrits de Luisa sont-ils approuvés par l'Église ?. Les écrits cités ici sont des révélations privées : ils nourrissent la méditation de la fête sans s'ajouter à l'enseignement du magistère.
230L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 16, 29 mai 1924 — la souffrance des apôtres après l'Ascension de Jésus et le bien résultant de cette souffrance, édition française « GE – La Volonté Divine – Lumen Luminis » (traduction de Guy Harvey revue sur le manuscrit italien, pour usage privé), p. 166-167.
231 232L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 34, 20 mai 1936 — l'Ascension ; comment il monta aux cieux et resta sur la terre, même édition, p. 27-29.
233 234 235Luisa Piccarreta, La Vierge Marie dans le Royaume de la Volonté Divine. Méditations pour les 31 jours du mois de mai, jour 29 (« Les apparitions de Jésus. Les apôtres fugitifs se rassemblent auprès de Marie, Arche de salut et de pardon. Jésus part pour le Ciel »), édition française présentée par le P. J. Gary, Fraternité des Fils de la Volonté Divine, p. 133-136. Le livre a été écrit en 1932 par obéissance à son confesseur, Don Benedetto Calvi, qui le publia en italien.
236Sur la différence entre faire la volonté de Dieu et vivre dans la Divine Volonté, voir les articles Ignispedia La Divine Volonté et Quelle différence entre faire la volonté de Dieu et vivre dans la Divine Volonté ?.
237L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 26, 12 mai 1929 — l'Ascension ; la raison pour laquelle Jésus n'a pas laissé le Royaume de la Divine Volonté sur la terre, même édition, p. 27-29.
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