Chaque année, cinquante jours après Pâques, l'Église célèbre la Pentecôte : le jour où, selon le récit des Actes des Apôtres, « un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent » et où des « langues qu'on aurait dites de feu » se posèrent sur les disciples réunis : « Tous furent remplis d'Esprit Saint »[1]. Avec Noël et Pâques, la Pentecôte compte parmi les plus grandes solennités de l'année chrétienne : elle figure, avec Noël, l'Épiphanie et l'Ascension, au second rang de la table de préséance des jours liturgiques, après le Triduum pascal qui est le sommet de l'année liturgique[2]. Mais une question revient souvent : pourquoi cette fête est-elle si importante ?
La réponse tient en une phrase : la Pentecôte n'est pas un appendice ajouté à Pâques, elle en est l'achèvement. Le Catéchisme l'énonce avec précision : « Le jour de la Pentecôte … la Pâque du Christ s'accomplit dans l'effusion de l'Esprit Saint »[3]. Tout ce que le Christ a opéré — son incarnation, sa mort, sa résurrection, son ascension — visait à répandre l'Esprit sur les hommes et à les faire entrer dans la vie même de Dieu. Sans la Pentecôte, la Rédemption resterait extérieure ; avec elle, elle devient intérieure, gravée au cœur de chaque croyant.
Cet article répond à une autre question, plus décisive que le détail du récit (voir La Pentecôte et la naissance de l'Église) : qu'est-ce que la Pentecôte change — pour l'histoire du salut, pour l'Église, et pour la vie de chaque chrétien aujourd'hui ?
On verra que la Pentecôte révèle pleinement la Trinité, ouvre le Royaume, transforme des hommes craintifs en témoins, renverse Babel en rassemblant les peuples, inaugure une création nouvelle, et se prolonge dans chaque baptisé par la confirmation et les sept dons de l'Esprit. Loin d'être un souvenir, elle est un événement qui ne cesse pas.
Pourquoi la Pentecôte est-elle une si grande fête ?
Noël célèbre la venue du Fils dans la chair ; Pâques, sa victoire sur la mort ; la Pentecôte, le don de l'Esprit qui applique cette victoire à l'humanité. Ces fêtes ne sont pas des épisodes juxtaposés mais les temps d'un seul mouvement : Dieu se donne, Dieu sauve, Dieu habite. La Pentecôte est le terme de ce mouvement, ce pour quoi tout le reste a été fait.
L'achèvement du mystère pascal
Dans la liturgie, Pâques n'est pas un jour mais un temps de cinquante jours, et la Pentecôte en est le dernier. L'Église ne compte pas ces semaines comme une simple attente : elle les vit, selon les Normes universelles de l'année liturgique, comme « un jour de fête unique », ou mieux « un grand dimanche »[4] : une seule grande Pâque qui culmine dans l'effusion de l'Esprit. C'est pourquoi le Catéchisme parle de la Pentecôte comme du moment où « la Pâque du Christ s'accomplit »[5] : le ressuscité, monté auprès du Père, « répand à profusion l'Esprit » de sa plénitude[6].
Saint Pierre, le jour même, donne la clé de lecture. Devant la foule stupéfaite, il cite le prophète Joël : « Il arrivera dans les derniers jours, dit Dieu, que je répandrai mon Esprit sur toute créature »[7]. La Pentecôte n'est donc pas un prodige isolé : c'est l'accomplissement d'une promesse traversant tout l'Ancien Testament, le signe que les « derniers temps » — le temps de l'Église — ont commencé[8].
Cinquante jours : le sceau de la Pâque
Le nom même de la fête est un nombre : pentēkostē, « cinquantième ». Le livre des Actes le souligne d'emblée : « Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble »[9]. Ce cinquante n'est pas arbitraire. Il prolonge la fête juive de la Chavouot, célébrée sept semaines après la Pâque : d'abord fête des moissons[10], elle était devenue, dans la tradition juive, la fête qui faisait mémoire du don de la Loi au Sinaï — où le peuple était arrivé « le troisième mois » après la sortie d'Égypte (Ex 19, 1)[11]. Le parallèle est voulu : au Sinaï, Dieu donnait sa Loi sur des tables de pierre ; à la Pentecôte, il la grave dans les cœurs par son Esprit.
Entre Pâques et Pentecôte s'intercale, au quarantième jour, l'Ascension : le Christ se retire de la vue de ses disciples pour, dit-il, leur envoyer le Défenseur. Les neuf jours qui suivent — de l'Ascension (quarantième jour) à la Pentecôte (cinquantième jour) —, passés au Cénacle dans la prière avec Marie[12], forment ce que la tradition appelle volontiers la première neuvaine de l'histoire — l'attente confiante du don promis, modèle de la neuvaine annuelle avant la Pentecôte prescrite par Léon XIII à toute l'Église[13]. La Pentecôte vient sceller ce temps : elle est le point d'arrivée, le cinquantième jour où la plénitude pascale se déverse enfin sur l'Église.
« Il vaut mieux pour vous que je m'en aille »
Une parole du Christ, au soir de la Cène, explique pourquoi la Pentecôte était nécessaire. Aux Apôtres attristés de son départ, Jésus déclare :
« Il vaut mieux pour vous que je m'en aille, car, si je ne m'en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l'enverrai. » — Évangile selon saint Jean, 16, 7[14]
Cette phrase est l'une des plus surprenantes de l'Évangile : comment le départ du Christ pourrait-il être un avantage ? La réponse est que la présence visible de Jésus, limitée à un lieu et à un temps, devait laisser place à une présence intérieure et universelle : celle de l'Esprit, qui peut habiter tous les cœurs à la fois. Jésus l'avait promis : « Je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous »[15], l'Esprit Saint qui « vous enseignera tout »[16]. La Pentecôte est l'accomplissement de cette promesse — et la raison pour laquelle l'Ascension n'est pas une perte mais un gain.
Que change réellement le don de l'Esprit Saint ?
Le don de l'Esprit n'ajoute pas seulement une grâce parmi d'autres : il transforme ceux qui le reçoivent. La meilleure preuve en est le contraste, à quelques semaines de distance, entre les Apôtres terrorisés du Vendredi saint et les Apôtres intrépides de la Pentecôte.
De la peur enfermée à l'audace du témoignage
Avant la Pentecôte, les disciples se tiennent là où « les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs » (Jn 20, 19, AELF). Pierre, quelques jours plus tôt, avait renié son Maître devant une servante. Après la Pentecôte, ce même Pierre se lève devant la foule de Jérusalem et proclame ouvertement le Christ crucifié et ressuscité — au péril de sa vie. Le résultat est immédiat : « Ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre furent baptisés. Ce jour-là, environ trois mille personnes se joignirent à eux »[17].
Ce renversement n'a pas d'explication humaine. Des hommes que rien n'avait préparés à affronter les autorités deviennent, en un instant, des témoins capables de prêcher, de guérir et, finalement, de mourir pour leur foi. C'est l'effet propre de l'Esprit, « force » venue d'en haut : « Vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit Saint qui descendra sur vous, et vous serez mes témoins » (Ac 1, 8, BJ). La Pentecôte fait des disciples ce qu'ils n'étaient pas : des apôtres, c'est-à-dire des envoyés.
Mais pourquoi une Pentecôte, si l'Esprit avait déjà été donné ? Le même Évangile rapporte que, dès le soir de Pâques, le Ressuscité avait soufflé sur ses disciples : « Recevez l'Esprit Saint » (Jn 20, 22)[18]. C'est qu'à la Pentecôte l'Esprit est « manifesté, donné et communiqué comme Personne divine »[19] : donné dans le secret du Cénacle le soir de Pâques, il est manifesté publiquement à la Pentecôte, où l'Église « se manifesta publiquement devant la multitude »[20].
La Trinité pleinement révélée, le Royaume ouvert
La Pentecôte a aussi une portée que l'on mesure mal : c'est le jour de la pleine révélation de Dieu. L'Esprit avait été donné dès le soir de Pâques[21], mais tant qu'il n'était pas manifesté « comme Personne divine »[22], la Trinité n'avait pas été dévoilée dans sa plénitude — et l'Église ne s'était pas encore « manifestée publiquement devant la multitude »[23]. Le Catéchisme l'affirme sans détour :
« En ce jour est pleinement révélée la Trinité Sainte. Depuis ce jour, le Royaume annoncé par le Christ est ouvert à ceux qui croient en Lui. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 732[24]
Deux choses se jouent donc à la Pentecôte. D'abord, l'humanité connaît enfin Dieu tel qu'il est : Père, Fils et Esprit. Ensuite, l'accès à Dieu est ouvert : par l'Esprit, les croyants « participent déjà à la communion de la Trinité Sainte »[25]. Ce que le péché avait fermé, la Pentecôte le rouvre. L'Esprit fait entrer le monde dans le « temps de l'Église », ce « Royaume déjà hérité, mais pas encore consommé »[26] où nous vivons depuis lors.
La loi nouvelle gravée dans les cœurs
Au Sinaï, la Loi était écrite sur la pierre, extérieure à l'homme et impuissante à le rendre bon. L'Écriture avait annoncé un changement : « Je mettrai mes lois dans leur pensée, je les graverai dans leur cœur »[27]. La Pentecôte accomplit cette prophétie. La loi nouvelle des chrétiens n'est plus d'abord un code mais une présence : l'Esprit lui-même habitant l'âme. Le Catéchisme, reprenant presque mot pour mot la grande thèse de saint Thomas d'Aquin, le formule ainsi :
« La Loi nouvelle est la grâce du Saint-Esprit donnée aux fidèles par la foi au Christ. Elle opère par la charité. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1966[28]
Saint Thomas avait posé le principe avec une netteté décisive : ce qu'il y a de principal dans la loi évangélique, ce ne sont pas ses préceptes écrits, mais « la grâce de l'Esprit Saint, donnée par la foi au Christ »[29]. Autrement dit, ce qui fait le chrétien n'est pas d'abord une morale à suivre, mais une vie reçue. Voilà ce que la Pentecôte inaugure : une obéissance qui jaillit du dedans, « la loi intérieure de la charité »[30], parce que « l'amour, Dieu l'a répandu dans nos cœurs par l'Esprit qui nous fut donné »[31].
Pourquoi dit-on que la Pentecôte renverse Babel ?
L'un des sens les plus profonds de la Pentecôte est de réparer un drame des origines : la dispersion de Babel. La liturgie et les Pères de l'Église ont vu dans le don des langues l'exact contraire de la confusion des langues racontée au livre de la Genèse.
Babel : l'orgueil qui disperse
Au chapitre 11 de la Genèse, « tout le monde se servait d'une même langue » et les hommes entreprennent de bâtir une tour « dont le sommet pénètre les cieux » pour se faire « un nom » (Gn 11, 1-9, BJ)[32]. C'est le projet de l'orgueil : atteindre le ciel sans Dieu, par sa seule puissance. La sanction est à la mesure de la démesure : « confondons leur langage », dit Dieu, et les hommes, ne se comprenant plus, se dispersent sur toute la terre. Babel est le symbole de l'humanité divisée par son refus de Dieu — chacun enfermé dans sa langue, ses intérêts, son ambition.
Pentecôte : la charité qui rassemble
À la Pentecôte, le mouvement s'inverse. Des hommes de toutes nations — « Parthes, Mèdes et Élamites … »[33] — entendent les Apôtres « parler dans nos langues des merveilles de Dieu »[34]. La diversité des langues, qui à Babel séparait, devient ici le moyen d'une compréhension retrouvée. Saint Augustin a fixé ce contraste, d'abord dans son commentaire des Psaumes :
« Par des hommes orgueilleux, les langues ont été divisées ; par d'humbles Apôtres, elles ont été rassemblées. » — Saint Augustin, Explication du Psaume 54, 11[35]
Il y revient le jour de la Pentecôte : c'est la pieuse humilité des fidèles qui ramène à l'unité de l'Église la diversité des langues :
« De même que l'orgueil impie des hommes avait bâti contre le Seigneur une tour élevée, et que le genre humain avait justement été divisé par les langues, de même la pieuse humilité des fidèles a ramené à l'unité de l'Église la diversité de leurs langues ; afin que ce que la discorde avait dissipé, la charité le rassemble, et que les membres dispersés du genre humain, comme ceux d'un seul corps, soient attachés à leur unique Tête, le Christ, puis, ainsi réunis, fondus ensemble dans l'unité du corps saint par le feu de l'amour. » — Saint Augustin, Sermon 271 pour la Pentecôte[36]
Le point est capital : la Pentecôte ne supprime pas les langues, elle les unit. L'unité chrétienne n'est pas l'uniformité d'un empire ni le retour à une langue unique : c'est la communion de peuples divers dans une même foi et une même charité. Ce que la discorde avait éparpillé, l'Esprit le rassemble dans l'unique Corps du Christ[37].
Le tableau suivant résume le renversement opéré par la Pentecôte :
| Dimension | Babel (Genèse 11) | Pentecôte (Actes 2) |
|---|---|---|
| Principe spirituel | L'orgueil qui veut monter au ciel sans Dieu | La charité reçue de Dieu qui descend du ciel |
| Effet sur les langues | Confusion : on ne se comprend plus | Don : chacun entend dans sa langue |
| Effet sur les hommes | Dispersion sur toute la terre | Rassemblement dans une seule Église |
| Résultat | Division de l'humanité | Communion des peuples |
Une Église catholique par vocation
C'est pourquoi l'Église est catholique dès la Pentecôte (CEC 830)[38] — catholique, c'est-à-dire universelle. La Pentecôte lui imprime une vocation : annoncer l'Évangile à « toutes les nations sous le ciel »[39] présentes ce jour-là à Jérusalem. La mission de l'Église n'est pas un programme ajouté après coup : elle naît de la Pentecôte même. « La mission de l'Église ne s'ajoute pas à celle du Christ et de l'Esprit Saint, mais elle en est le sacrement »[40], écrit le Catéchisme. L'unique Esprit, « qui habite en tous », « les ramène tous à l'unité spirituelle »[41].
En quoi la Pentecôte fait-elle naître un monde nouveau ?
La Pentecôte n'est pas seulement une réparation : elle est un commencement. Les Pères y ont vu rien de moins que les prémices d'une création nouvelle, où l'Esprit fait pour l'âme ce que le souffle de Dieu fit, au matin du monde, pour la première créature.
Les prémices de l'Esprit et la nouvelle création
Le Catéchisme appelle l'Esprit reçu les « arrhes » ou les « prémices » de notre héritage (cf. Rm 8, 23 ; 2 Co 1, 21-22)[42]. Une prémice est le premier fruit qui annonce et garantit la moisson entière. Le don de l'Esprit à la Pentecôte est donc le gage de la gloire à venir : il introduit dès maintenant, dans le croyant, « la Vie même de la Trinité Sainte »[43]. C'est le principe d'une vie nouvelle : non pas une amélioration de l'ancienne, mais une naissance d'en haut.
Cet Esprit rend l'homme capable de porter du fruit — ce qu'il ne pouvait faire par ses seules forces :
« C'est par cette puissance de l'Esprit que les enfants de Dieu peuvent porter du fruit … le fruit de l'Esprit qui est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 736[44]
Saint Basile résume l'effet de ce don : « Par communion avec lui, l'Esprit Saint rend spirituels, rétablit au Paradis, ramène au Royaume des cieux et à l'adoption filiale, donne la confiance d'appeler Dieu Père. »[45] La Pentecôte ne restaure pas seulement ce qu'Adam avait perdu — une sainteté originelle qui était déjà une « participation à la vie divine »[46] : avec saint Léon le Grand, l'Église confesse que la grâce du Christ nous a valu des biens « meilleurs » que ceux que l'envie du démon avait fait perdre[47].
L'Esprit, âme de l'Église
Si la Pentecôte fait naître un monde nouveau, c'est parce qu'elle donne à l'Église son principe vital. Saint Augustin a comparé le rôle de l'Esprit dans l'Église à celui de l'âme dans le corps :
« Ce que l'âme est au corps de l'homme, l'Esprit Saint l'est au Corps du Christ, qui est l'Église. » — Saint Augustin, Sermon 267 pour la Pentecôte[48]
L'image est exacte : un corps sans âme est un cadavre. L'Église, sans l'Esprit, ne serait qu'une institution humaine, une organisation parmi d'autres. C'est l'Esprit reçu à la Pentecôte qui la rend vivante, qui la « bâtit », « anime » et « sanctifie »[49], qui unifie ses membres divers en un seul Corps. Saint Cyrille d'Alexandrie le dit dans le même sens : « Cet Esprit unique et indivisible ramène par lui-même à l'unité ceux qui sont distincts entre eux … et fait que tous apparaissent comme une seule chose. »[50] Voilà pourquoi la Pentecôte est, à juste titre, appelée la naissance de l'Église.
Quelle importance pour ma vie chrétienne aujourd'hui ?
La Pentecôte n'est pas un événement réservé aux Apôtres ni enfermé dans le passé. Par les sacrements, le même Esprit qui descendit au Cénacle est donné à chaque chrétien. La fête concerne donc directement ma vie — au baptême, à la confirmation, et dans la conduite quotidienne.
La confirmation, ma Pentecôte personnelle
Le sacrement de la confirmation est précisément le prolongement de la Pentecôte dans la vie du baptisé. Dès les Actes, les Apôtres communiquent l'Esprit aux nouveaux croyants par l'imposition des mains[51]. C'est pourquoi le Catéchisme, citant le pape Paul VI, présente la confirmation comme le sacrement qui « perpétue, en quelque sorte, dans l'Église, la grâce de la Pentecôte »[52]. Son effet est sans ambiguïté :
« L'effet du sacrement de Confirmation est l'effusion spéciale de l'Esprit Saint, comme elle fut accordée jadis aux Apôtres au jour de la Pentecôte. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1302[53]
La confirmation n'augmente pas seulement une grâce intérieure : elle donne « une force spéciale de l'Esprit Saint pour répandre et défendre la foi … en vrais témoins du Christ »[54]. En d'autres termes, ce que la Pentecôte fit pour Pierre — le faire passer de la peur au témoignage — la confirmation le fait pour chaque chrétien. C'est, au sens propre, ma Pentecôte personnelle.
Les sept dons de l'Esprit Saint
Avec l'Esprit viennent ses dons, ces « dispositions permanentes qui rendent l'homme docile à suivre les impulsions de l'Esprit Saint »[55]. La tradition, à la suite du prophète Isaïe (Is 11, 1-2), en compte sept :
« Les sept dons du Saint-Esprit sont la sagesse, l'intelligence, le conseil, la force, la science, la piété et la crainte de Dieu. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1831[56]
Ces dons ne sont pas des décorations spirituelles : ils « complètent et mènent à leur perfection les vertus »[57] du chrétien. Là où les vertus humaines avancent par l'effort et la raison, les dons rendent l'âme docile à une motion plus haute, celle de l'Esprit lui-même. C'est par eux que la vie chrétienne cesse d'être un simple volontarisme moral pour devenir une conduite par l'Esprit — exactement le mode de vie que la Pentecôte a inauguré. La liturgie de la fête les implore : la séquence Veni Sancte Spiritus demande à l'Esprit : « À tous ceux qui ont la foi et qui en toi se confient, donne tes sept dons sacrés »[58].
Vivre selon l'Esprit : les fruits
Si les dons disposent l'âme, les fruits en sont la maturité visible. Saint Paul les énumère dans l'épître aux Galates, et le Catéchisme les recueille comme « des perfections que forme en nous le Saint-Esprit comme des prémices de la gloire éternelle »[59] :
« Le fruit de l'Esprit est charité, joie, paix, patience, longanimité, bonté, bénignité, mansuétude, fidélité, modestie, continence, chasteté. » — Épître aux Galates, 5, 22-23, d'après la Vulgate, citée au Catéchisme § 1832[60]
Le texte grec de saint Paul en énumère neuf ; la Vulgate latine, suivie ici par le Catéchisme, en distingue douze. Telle est l'importance la plus concrète de la Pentecôte : elle ne se mesure pas à l'émotion d'un jour, mais à une vie transformée. Le chrétien qui se laisse conduire par l'Esprit devient capable d'aimer, de pardonner, de tenir bon dans l'épreuve — non par ses propres forces, mais parce qu'« un Esprit qui fait de vous des fils » habite en lui et lui fait crier « Abba ! Père ! »[61]. C'est la preuve même de la filiation : « Dieu a envoyé l'Esprit de son Fils dans nos cœurs »[62].
Pourquoi l'Église attend-elle encore une « nouvelle Pentecôte » ?
La Pentecôte de Jérusalem n'a pas épuisé le don de l'Esprit. L'Église la considère non comme un événement clos mais comme une source permanente, et elle ne cesse d'en implorer le renouvellement.
Une Pentecôte qui ne cesse pas
Le Catéchisme insiste sur la continuité du don : par la venue de l'Esprit, « et elle ne cesse pas », le monde entre dans le temps de l'Église[63]. Chaque baptême, chaque confirmation, chaque eucharistie, chaque ordination prolonge le geste du Cénacle : « C'est par les sacrements de l'Église que le Christ communique aux membres de son Corps son Esprit Saint et Sanctificateur. »[64] La Pentecôte n'est donc pas derrière nous comme un anniversaire : elle est autour de nous et en nous, partout où l'Esprit agit.
« Renouvelle tes merveilles en notre temps »
C'est dans cette espérance que l'Église prie. En convoquant le concile Vatican II, le pape Jean XXIII adressa à Dieu cette supplication restée célèbre :
« Renouvelle en notre temps tes merveilles comme par une nouvelle Pentecôte. » — Jean XXIII, constitution apostolique Humanae Salutis, 25 décembre 1961[65]
Cette prière exprime le désir constant de l'Église : que l'Esprit reçu autrefois soit donné de nouveau, avec une force renouvelée, pour évangéliser chaque époque. Elle rejoint la séquence chantée à la messe de Pentecôte, qui demande à l'Esprit de venir purifier, guérir et embraser :
« Viens, Esprit Saint, en nos cœurs, et envoie du haut du ciel un rayon de ta lumière … Lave ce qui est souillé, baigne ce qui est aride, guéris ce qui est blessé. » — Séquence Veni Sancte Spiritus, liturgie de la Pentecôte[66]
Vivre la Pentecôte, ce n'est donc pas commémorer un passé : c'est se tenir, comme les Apôtres au Cénacle avec Marie, dans l'attente confiante d'un Esprit qui veut toujours venir. Cette prière ouvre aussi un horizon : une effusion nouvelle de l'Esprit préparant l'ère de paix où son Règne sera vécu universellement (voir Le Règne de l'Esprit : la vie dans la Divine Volonté vécue universellement) — sans fixer ni date ni modalité : la fin des temps n'est pas la fin du monde.
Ce qu'il faut retenir
La Pentecôte est importante parce qu'elle achève ce que Noël et Pâques avaient commencé : Dieu, après s'être donné dans la chair et avoir vaincu la mort, vient enfin habiter le cœur de l'homme. Elle accomplit la Pâque dans l'effusion de l'Esprit[67], révèle pleinement la Trinité et ouvre le Royaume[68].
Son importance se déploie à plusieurs niveaux. Pour l'histoire du salut, elle inaugure les derniers temps et la loi nouvelle, « la grâce du Saint-Esprit » gravée dans les cœurs[69]. Pour l'Église, elle est sa naissance — et l'Esprit qu'elle donne est son âme[70] —, le renversement de Babel par la charité[71], le commencement de sa mission universelle. Pour chaque chrétien, elle se prolonge dans la confirmation[72], dans les sept dons[73] et dans les fruits de l'Esprit[74] qui transforment la vie.
Enfin, la Pentecôte n'est pas un souvenir mais une source qui ne cesse pas[75]. C'est pourquoi l'Église prie sans relâche pour « une nouvelle Pentecôte »[76] : non qu'il faille un autre Esprit, mais parce que le même Esprit veut, en chaque âge et en chaque cœur, renouveler ses merveilles.
Pour aller plus loin
- La Pentecôte et la naissance de l'Église — le récit détaillé des Actes, l'étymologie de la fête et le rôle de Marie au Cénacle.
- L'Esprit Saint, les charismes et les dons spirituels — l'action de l'Esprit dans la vie de l'Église, ses dons et ses charismes.
- Comment expliquer la Trinité simplement ? — le mystère trinitaire pleinement révélé à la Pentecôte.
- Pourquoi les catholiques ont-ils sept sacrements ? — la confirmation et les sacrements comme canaux permanents de l'Esprit.
- Pourquoi la résurrection de Jésus est-elle essentielle ? — le sommet pascal que la Pentecôte vient accomplir.
Notes et références
Actes des Apôtres, 2, 1-11 (traduction liturgique AELF, citée à la lettre) : « Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble. Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent … Alors leur apparurent des langues qu'on aurait dites de feu … Tous furent remplis d'Esprit Saint. » Le grec dit littéralement « le jour de la Pentecôte s'accomplissant » (en tô symplêrousthai tên hêmeran tês pentêkostês) : « au terme des cinquante jours » est le rendu de l'AELF, non une glose de l'article. La liste des peuples (Parthes, Mèdes, Élamites…) figure en Ac 2, 9-11.
1 9 33 39Normes universelles de l'année liturgique, n. 18 : le Triduum pascal de la Passion et de la Résurrection du Seigneur « est le sommet de l'année liturgique » (texte anglais officiel : « the high point of the entire liturgical year »). Table de préséance des jours liturgiques : la Pentecôte figure au second rang, avec la Nativité du Seigneur, l'Épiphanie et l'Ascension.
2Catéchisme de l'Église catholique, § 731 : « Le jour de la Pentecôte (au terme des sept semaines Pascales), la Pâque du Christ s'accomplit dans l'effusion de l'Esprit Saint qui est manifesté, donné et communiqué comme Personne divine : de sa Plénitude, le Christ, Seigneur, répand à profusion l'Esprit » (cf. Ac 2, 33-36). Texte contrôlé mot à mot sur l'édition française officielle (vatican.va, IntraText).
3 5 6 19 22 67Normes universelles de l'année liturgique, n. 22 : les cinquante jours du temps pascal sont célébrés « comme un jour de fête unique », ou mieux « un grand dimanche » (texte anglais officiel : « as one feast day, indeed as one 'great Sunday' »).
4Actes des Apôtres, 2, 17 (AELF), citant Joël, 3, 1-2 : « Il arrivera dans les derniers jours, dit Dieu, que je répandrai mon Esprit sur toute créature. » Pierre interprète la Pentecôte comme l'accomplissement de la prophétie de Joël.
7Catéchisme de l'Église catholique, § 732 : « En ce jour est pleinement révélée la Trinité Sainte. Depuis ce jour, le Royaume annoncé par le Christ est ouvert à ceux qui croient en Lui … Par sa venue, et elle ne cesse pas, l'Esprit Saint fait entrer le monde dans les "derniers temps", le temps de l'Église, le Royaume déjà hérité, mais pas encore consommé. »
8 24 25 26 63 68 75Chavouot, d'abord fête des moissons : Ex 23, 16 ; Ex 34, 22 ; Lv 23, 15-17 ; Dt 16, 9-10.
10Benoît XVI, homélie de la Pentecôte, 15 mai 2005 : « Pour Israël, la Pentecôte, de fête des moissons, était devenue la fête qui faisait mémoire de l'établissement de l'alliance au Sinaï » (traduction française de l'article ; texte anglais : « For Israel, Pentecost – celebration of the harvest – had become the celebration marking the conclusion of the Covenant on Mt Sinai »).
11Actes des Apôtres, 1, 3 (AELF) : le Ressuscité se présente vivant « pendant quarante jours » ; 1, 13-14 (AELF) : montés au Cénacle, « tous, d'un même cœur, étaient assidus à la prière, avec … Marie, la mère de Jésus ».
12Léon XIII, encyclique Divinum illud munus sur le Saint-Esprit, 9 mai 1897, n. 13 : décret d'une neuvaine annuelle avant la Pentecôte dans toutes les églises paroissiales — sans la formule de « première neuvaine ».
13Évangile selon saint Jean, 16, 7 (AELF) : « Il vaut mieux pour vous que je m'en aille, car, si je ne m'en vais pas, le Défenseur ne viendra pas à vous ; mais si je pars, je vous l'enverrai. »
14Évangile selon saint Jean, 14, 16 (AELF) : « Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous. » Le terme grec Paraclet (Παράκλητος) signifie avocat, défenseur, consolateur.
15Évangile selon saint Jean, 14, 26 (AELF) : « Le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »
16Actes des Apôtres, 2, 41 (AELF) : « Ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre furent baptisés. Ce jour-là, environ trois mille personnes se joignirent à eux. » Cf. aussi Ac 2, 38 : « Vous recevrez alors le don du Saint-Esprit. »
17Catéchisme de l'Église catholique, § 730 : le soir de Pâques, le Ressuscité donne l'Esprit Saint en « soufflant » sur ses disciples (Jn 20, 22 : « Recevez l'Esprit Saint »).
18 21Catéchisme de l'Église catholique, § 767 : à la Pentecôte, « l'Église se manifesta publiquement devant la multitude » et commença la diffusion de l'Évangile parmi les nations.
20 23Lettre aux Hébreux, 8, 10 (Bible de Jérusalem) : « Je mettrai mes lois dans leur pensée, je les graverai dans leur cœur » — texte cité au Catéchisme § 1965 (« He 8, 8-10 ; cf. Jr 31, 31-34 »). Jérémie 31, 33 porte, lui : « Je mettrai ma Loi au plus profond d'eux-mêmes ; je l'inscrirai sur leur cœur » (traduction liturgique AELF).
27Catéchisme de l'Église catholique, § 1966 : « La Loi nouvelle est la grâce du Saint-Esprit donnée aux fidèles par la foi au Christ. Elle opère par la charité, elle use du Sermon du Seigneur pour nous enseigner ce qu'il faut faire, et des sacrements pour nous communiquer la grâce de le faire. »
28 69Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ia-IIae, q. 106, a. 1 : « Ce qui est principal dans la loi du Nouveau Testament, et en quoi consiste toute sa vertu, c'est la grâce de l'Esprit Saint, donnée par la foi au Christ » (id quod est potissimum in lege novi testamenti … est gratia Spiritus Sancti, quæ datur per fidem Christi). Édition de référence : trad. J. Tonneau, La loi nouvelle (Ia-IIae, q. 106-108), Éditions du Cerf, 1981. C'est la thèse reprise textuellement par le Catéchisme, § 1966.
29Catéchisme de l'Église catholique, § 1965 : « La Loi nouvelle ou Loi évangélique … est aussi l'œuvre de l'Esprit Saint et, par lui, elle devient la loi intérieure de la charité » (cf. Jr 31, 31-34 ; He 8, 8-10).
30Catéchisme de l'Église catholique, § 733 : « "Dieu est Amour" (1 Jn 4, 8.16) et l'Amour est le premier don, il contient tous les autres. Cet amour, "Dieu l'a répandu dans nos cœurs par l'Esprit qui nous fut donné" (Rm 5, 5). »
31Livre de la Genèse, 11, 1-9 (Bible de Jérusalem) : « Tout le monde se servait d'une même langue » ; les hommes bâtissent « une tour dont le sommet pénètre les cieux » pour se faire « un nom » ; Dieu dit : « confondons leur langage », et les disperse. La tradition patristique lit la Pentecôte comme l'inversion de Babel.
32Actes des Apôtres, 2, 11 (AELF) : « Tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. »
34Saint Augustin, Explication du Psaume 54, 11. Texte latin : « Per superbos homines divisae sunt linguae, per humiles Apostolos congregatae sunt linguae » — « Par des hommes orgueilleux, les langues ont été divisées ; par d'humbles Apôtres, elles ont été rassemblées » (traduction française de l'article d'après le latin ; cf. trad. anglaise NPNF : « Through proud men, divided were the tongues; through humble Apostles, united were the tongues »).
35Saint Augustin, Sermon 271 (pour le jour de la Pentecôte), Patrologia Latina t. 38, col. 1245-1246. C'est la pieuse humilité des fidèles (humilis fidelium pietas — les fidèles, non les Apôtres) qui ramène à l'unité de l'Église la diversité des langues, pour que les membres dispersés soient réunis et « fondus dans l'unité du corps saint par le feu de l'amour » (dilectionis igne conflarentur) ; cf. trad. anglaise Edmund Hill, Works of Saint Augustine, Sermons III/7 (New City Press). Le corps de l'article en donne une traduction française fidèle.
36 37 71Catéchisme de l'Église catholique, § 830 : « Là où est le Christ Jésus, là est l'Église catholique » (saint Ignace d'Antioche, Smyrn. 8, 2) ; l'Église « était, en ce sens fondamental, catholique au jour de la Pentecôte ».
38Catéchisme de l'Église catholique, § 738 : « La mission de l'Église ne s'ajoute pas à celle du Christ et de l'Esprit Saint, mais elle en est le sacrement. » Le paragraphe cite saint Cyrille d'Alexandrie, In Johannem 12 (PG 74, 560-561) sur l'unité opérée par l'unique Esprit.
40 41Catéchisme de l'Église catholique, § 735 : l'Esprit donne les « arrhes » ou les « prémices » de notre héritage (cf. Rm 8, 23 ; 2 Co 1, 21-22) : « la Vie même de la Trinité Sainte qui est d'aimer "comme il nous a aimés" ».
42 43Catéchisme de l'Église catholique, § 736, citant Galates 5, 22-23 : « C'est par cette puissance de l'Esprit que les enfants de Dieu peuvent porter du fruit … le fruit de l'Esprit qui est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi. »
44Saint Basile de Césarée, Traité du Saint-Esprit (De Spiritu Sancto), 15, 36 (PG 32, 132), cité au Catéchisme § 736. Sources Chrétiennes n° 17 bis, Éditions du Cerf.
45Catéchisme de l'Église catholique, § 375 : la sainteté originelle d'Adam et Ève était déjà une « participation à la vie divine ».
46Catéchisme de l'Église catholique, § 412, citant saint Léon le Grand, serm. 73, 4 : la grâce du Christ nous a valu des biens « meilleurs » que ceux que l'envie du démon avait fait perdre.
47Saint Augustin, Sermon 267 (pour le jour de la Pentecôte), 4, Patrologia Latina t. 38, col. 1231. Texte latin : « Quod est anima corpori hominis, hoc est Spiritus Sanctus corpori Christi, quod est Ecclesia. » — « Ce que l'âme est au corps de l'homme, l'Esprit Saint l'est au Corps du Christ, qui est l'Église. »
48 70Catéchisme de l'Église catholique, § 747 : « L'Esprit Saint que le Christ, Tête, répand dans ses membres, bâtit, anime et sanctifie l'Église. »
49Saint Cyrille d'Alexandrie, Commentaire sur l'Évangile de Jean (In Johannem), livre 12 (PG 74, 560-561), cité au Catéchisme § 738 : l'unique Esprit « ramène par lui-même à l'unité ceux qui sont distincts entre eux … et fait que tous apparaissent comme une seule chose en lui-même ».
50Catéchisme de l'Église catholique, § 1288, citant Paul VI, constitution apostolique Divinæ Consortium Naturæ (15 août 1971) : par l'imposition des mains, les Apôtres communiquaient le don de l'Esprit, geste reconnu comme l'origine de la confirmation « qui perpétue, en quelque sorte, dans l'Église, la grâce de la Pentecôte » (cf. Ac 8, 15-17 ; 19, 5-6 ; He 6, 2).
51 52Catéchisme de l'Église catholique, § 1302 : « Il ressort de la célébration que l'effet du sacrement de Confirmation est l'effusion spéciale de l'Esprit Saint, comme elle fut accordée jadis aux Apôtres au jour de la Pentecôte. »
53 72Catéchisme de l'Église catholique, § 1303 : la confirmation « nous accorde une force spéciale de l'Esprit Saint pour répandre et défendre la foi par la parole et par l'action en vrais témoins du Christ ». Le paragraphe cite saint Ambroise, De mysteriis 7, 42 (PL 16, 402-403) sur le sceau spirituel et les sept dons.
54Catéchisme de l'Église catholique, § 1830 : « La vie morale des chrétiens est soutenue par les dons du Saint-Esprit. Ceux-ci sont des dispositions permanentes qui rendent l'homme docile à suivre les impulsions de l'Esprit Saint. »
55Catéchisme de l'Église catholique, § 1831 : « Les sept dons du Saint-Esprit sont la sagesse, l'intelligence, le conseil, la force, la science, la piété et la crainte de Dieu. Ils appartiennent en leur plénitude au Christ, Fils de David (cf. Is 11, 1-2). Ils complètent et mènent à leur perfection les vertus de ceux qui les reçoivent. »
56 57 73Séquence Veni Sancte Spiritus (« Viens, Esprit Saint »), chant liturgique de la messe de la Pentecôte, attribuée traditionnellement à Étienne Langton (XIIIᵉ siècle). Traduction liturgique française officielle : « Viens, Esprit Saint, en nos cœurs … À tous ceux qui ont la foi et qui en toi se confient, donne tes sept dons sacrés. » Texte sur le site de l'Église catholique en France (eglise.catholique.fr).
58 66Catéchisme de l'Église catholique, § 1832 : « Les fruits de l'Esprit sont des perfections que forme en nous le Saint-Esprit comme des prémices de la gloire éternelle. » La tradition en énumère douze d'après Galates 5, 22-23 (Vulgate) : « charité, joie, paix, patience, longanimité, bonté, bénignité, mansuétude, fidélité, modestie, continence, chasteté. »
59 60 74Épître aux Romains, 8, 14-15 (AELF) : « Tous ceux qui se laissent conduire par l'Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu. Vous n'avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves … mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c'est en lui que nous crions "Abba !", c'est-à-dire : Père ! »
61Épître aux Galates, 4, 6 (AELF) : « Et voici la preuve que vous êtes des fils : Dieu a envoyé l'Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie "Abba !", c'est-à-dire : Père ! » Cf. Catéchisme § 742.
62Catéchisme de l'Église catholique, § 739 : « Parce que l'Esprit Saint est l'Onction du Christ, c'est le Christ, la Tête du Corps, qui le répand dans ses membres pour les nourrir, les guérir, les organiser … les vivifier, les envoyer témoigner. C'est par les sacrements de l'Église que le Christ communique aux membres de son Corps son Esprit Saint. »
64Jean XXIII, constitution apostolique Humanae Salutis (convocation du concile Vatican II), 25 décembre 1961, prière finale. Texte latin : « Renova aetate hac nostra per novam veluti Pentecostem mirabilia tua. » — « Renouvelle en notre temps tes merveilles comme par une nouvelle Pentecôte. » Publié dans les Acta Apostolicae Sedis 54 (1962), p. 5-13 (prière p. 13).
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