Vendredi saint

Le Vendredi saint est le jour où l'Église fait mémoire de la Passion et de la mort du Christ sur la croix : seul jour de l'année sans messe, il réunit les fidèles vers 15 heures pour lire la Passion, prier pour le monde, adorer la Croix et communier.

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Le Vendredi saint est le jour où l'Église fait mémoire de la Passion et de la mort de Jésus-Christ sur la croix, le vendredi qui précède Pâques. Son nom liturgique est « Vendredi de la Passion du Seigneur ». C'est le seul jour de l'année où, dans le rite romain, aucune messe n'est célébrée : l'après-midi, vers trois heures, l'heure où le Christ expira, l'Église se rassemble pour la célébration de la Passion du Seigneur, qui comprend la lecture de la Passion selon saint Jean, une grande prière universelle, l'adoration de la Croix et la communion au Corps du Christ consacré la veille[1].

Premier des trois jours du Triduum pascal, le Vendredi saint n'est pas un jour de deuil sans espérance. L'Église y contemple « l'amour jusqu'à la fin » qui donne au sacrifice du Christ sa valeur de rédemption[2] ; elle y observe le jeûne pascal, que le concile Vatican II déclare « sacré »[3] ; et elle adore la Croix en chantant que « c'est par le bois de la Croix que la joie est venue dans le monde »[4].

Ses rites comptent parmi les plus anciens du christianisme. Dès la fin du IVᵉ siècle, la pèlerine Égérie décrit l'adoration du bois de la Croix au Golgotha[5] ; en 416, le pape Innocent Iᵉʳ atteste que la tradition de l'Église ne célèbre pas les sacrements ces jours-là[6]. Cet article présente le sens du jour, le témoignage des évangiles, l'histoire de sa liturgie, le déroulement de la célébration, les usages de l'Orient chrétien, la piété populaire et la lecture que les saints ont faite de ces heures.

Qu'est-ce que le Vendredi saint ?

Pour le dire simplement, le Vendredi saint est l'anniversaire liturgique de la Crucifixion. Chaque vendredi de l'année rappelle déjà la mort du Seigneur, et c'est pourquoi il est un jour de pénitence (voir Pourquoi le vendredi est-il pénitentiel ?). Mais un seul vendredi en porte la mémoire dans sa plénitude : celui qui précède immédiatement Pâques, puisque le Christ est mort la veille du sabbat et ressuscité le premier jour de la semaine. Comme Pâques est une fête mobile, qui ne tombe jamais avant le 22 mars ni après le 25 avril[7], le Vendredi saint se situe toujours entre le 20 mars et le 23 avril (voir Pourquoi Pâques change-t-elle de date ?).

Ce jour n'est ni une fête au sens ordinaire, ni un simple jour de tristesse. La liturgie l'appelle une « célébration » : l'Église ne pleure pas un mort, elle adore son Seigneur qui s'est livré, et elle sait déjà que ce vendredi ouvre sur le matin de Pâques.

Les noms du Vendredi saint, de Rome à Moscou

Le nom latin du jour a changé trois fois en quatre siècles. Le Missel romain de 1570 l'appelait Feria VI in Parasceve, « vendredi de la Préparation », reprenant le mot grec paraskeuè par lequel l'évangile désigne le jour qui précède le sabbat (Mc 15,42) ; les Grecs l'appliquaient à tous les vendredis, les Latins le réservèrent à celui-ci[8]. La réforme de 1955 le rebaptisa « vendredi de la Passion et de la Mort du Seigneur », formule reprise en 1963 par la constitution conciliaire sur la liturgie[9] ; le Missel issu de Vatican II a retenu « vendredi de la Passion du Seigneur », Feria VI in Passione Domini[10].

Les langues des fidèles insistent chacune sur une facette du même mystère. Le tableau suivant rassemble les principales appellations, dans la liturgie latine et dans l'usage courant.

Tradition ou langueNom du jourSens littéral
Missel romain de 1570Feria VI in Parascevevendredi de la Préparation
Réforme de 1955Feria VI in Passione et Morte Dominivendredi de la Passion et de la Mort du Seigneur
Missel romain actuelFeria VI in Passione Dominivendredi de la Passion du Seigneur
Liturgie byzantine (grec)Μεγάλη ΠαρασκευήGrand Vendredi (dit aussi « saint et grand »)
RusseВеликая ПятницаGrand Vendredi
Italien, espagnol, portugaisVenerdì Santo, Viernes Santo, Sexta-feira SantaVendredi saint
AllemandKarfreitagvendredi de la douleur
PolonaisWielki PiątekGrand Vendredi
AnglaisGood Fridayorigine discutée

Pour l'anglais Good Friday, les uns y voient une altération de « vendredi de Dieu », les autres un calque de l'allemand Gute Freitag, « bon vendredi » au sens de saint[11]. Qu'ils disent la Préparation, la grandeur, la sainteté ou la douleur, ces noms convergent : en 2026 encore, le Saint-Siège annonçait la célébration du 3 avril sous les titres de « Vendredi Saint, Passion du Seigneur », Karfreitag, Wielki Piątek Męki Pańskiej ou Sexta-feira Santa[12].

Le premier jour du Triduum pascal

Le Vendredi saint n'est pas isolé : il ouvre le Triduum pascal, les trois jours qui forment le sommet de toute l'année liturgique. Selon les Normes universelles de l'année liturgique, ce Triduum « commence avec la messe vespérale de la Cène du Seigneur, a son centre dans la Vigile pascale et se termine avec les vêpres du dimanche de la Résurrection »[13]. Comme le jour biblique commence au coucher du soleil, le premier jour du Triduum s'ouvre le jeudi soir, au Jeudi saint, et s'étend jusqu'au vendredi soir : c'est le jour du Seigneur crucifié, avant celui du Seigneur enseveli (Samedi saint) et celui du Seigneur ressuscité (Vigile pascale et dimanche de Pâques). Le Missel résume ainsi l'ensemble : l'Église célèbre « les mystères les plus grands de notre rédemption, en faisant mémoire […] de son Seigneur crucifié, enseveli et ressuscité »[14].

Le Vendredi saint dans le Triduum pascal — Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Ce rang a une conséquence pratique. Dans le tableau de préséance du calendrier romain, le Triduum occupe la première place, au-dessus de toutes les solennités ; aucune fête ne peut donc déplacer le Vendredi saint. C'est même l'inverse : lorsque la solennité de l'Annonciation (25 mars) tombe pendant la Semaine sainte, elle est « toujours transférée au lundi après le deuxième dimanche de Pâques »[15]. L'article Le Triduum pascal présente l'unité des trois jours ; celui-ci s'attache au premier d'entre eux.

Le seul jour de l'année sans messe

La rubrique qui ouvre le Vendredi saint dans le Missel est d'une grande sobriété : « Le Vendredi et le Samedi saints, selon une très ancienne tradition, l'Église ne célèbre pas les sacrements, à l'exception de la pénitence et de l'onction des malades »[16]. Il n'y a donc, ce jour-là, ni messe, ni baptême, ni mariage ; mais on peut se confesser, et les malades peuvent recevoir l'onction. La communion n'est distribuée aux fidèles que pendant la célébration de la Passion, avec une exception pleine de délicatesse : on peut, à n'importe quelle heure, la porter aux malades qui ne peuvent y participer[17].

Pourquoi cette absence ? Non parce que le sacrifice du Christ serait « suspendu », mais parce que l'Église, ce jour-là, le contemple dans son accomplissement historique. Dom Robert Le Gall l'explique : le sacrifice du Calvaire, « l'Église ne le renouvelle pas sacramentellement le Vendredi saint ; pour la communion, on utilise les hosties consacrées la veille », ce qui explique le nom traditionnel de « messe des Présanctifiés » donné à l'office[18]. La plus ancienne attestation de cette discipline vient d'une lettre du pape Innocent Iᵉʳ à l'évêque Decentius de Gubbio :

« Il est certain que les apôtres, pendant ces deux jours, furent dans la tristesse et se cachèrent par crainte des Juifs. Il ne fait donc aucun doute qu'ils jeûnèrent ces deux jours-là, au point que la tradition de l'Église veut que, pendant ces deux jours, les sacrements ne soient absolument pas célébrés. » — Saint Innocent Iᵉʳ, Lettre à Decentius, évêque de Gubbio, 19 mars 416[19]

Quinze siècles plus tard, la rubrique latine du Missel romain reprend presque mot pour mot la formule d'Innocent : l'Église, dit-elle, sacramenta penitus non celebrat, « ne célèbre absolument pas les sacrements »[20]. Une erreur fréquente consiste à croire qu'on ne peut pas communier le Vendredi saint : c'est l'inverse, puisque la communion est l'une des trois parties de la célébration, rendue d'ailleurs à tous les fidèles par la réforme de 1955[21].

Jeûne et abstinence : la pénitence du Vendredi saint

Le Code de droit canonique fixe la discipline : « l'abstinence et le jeûne seront observés le Mercredi des Cendres et le Vendredi de la Passion et de la Mort de Notre Seigneur Jésus Christ »[22]. L'abstinence, c'est s'abstenir de viande ; elle oblige à partir de quatorze ans révolus. Le jeûne oblige les fidèles majeurs « jusqu'à la soixantième année commencée »[23]. Concrètement, selon la constitution Paenitemini de Paul VI, il permet un seul repas complet dans la journée, sans interdire de prendre un peu de nourriture le matin et le soir[24]. Le Catéchisme range cette obligation parmi les commandements de l'Église : elle « assure des temps d'ascèse et de pénitence qui nous préparent aux fêtes liturgiques »[25]. Ceux que l'âge ou la santé dispensent ne sont pas pour autant exclus de l'esprit du jour : prière, privation choisie, aumône.

Jeûne et abstinence du Vendredi saint — Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Ce jeûne n'est pourtant pas d'abord une performance morale. Le concile Vatican II lui a donné un nom et une place à part :

« Cependant, le jeûne pascal, le vendredi de la passion et de la mort du Seigneur, sera sacré ; il devra être partout observé et, selon l'opportunité, être même étendu au Samedi saint pour que l'on parvienne avec un cœur élevé et libéré aux joies de la résurrection du Seigneur. » — Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, n° 110[26]

Le Missel en reprend l'esprit en parlant d'« un jeûne sacré, de tonalité pascale », pour qu'on parvienne « dans la liberté spirituelle » aux joies de la résurrection[27]. Le fondement est évangélique : « des jours viendront où l'Époux leur sera enlevé ; alors, ce jour-là, ils jeûneront »[28]. Le jeûne du Vendredi saint est celui de l'Épouse privée de son Époux, déjà tendue vers son retour. Pour la pratique et ses pièges, voir Comment grandir dans le jeûne, Les erreurs fréquentes concernant le jeûne et Que disent les saints sur le jeûne ; pour l'autre jour de jeûne de l'année, le Mercredi des Cendres.

Le premier Vendredi saint selon les évangiles

La liturgie du Vendredi saint repose sur un événement, non sur une idée : Jésus de Nazareth est mort crucifié sous Ponce Pilate, un vendredi, aux portes de Jérusalem. Les quatre évangiles concordent sur le jour de la semaine, et leur récit permet de suivre les heures de cette journée presque pas à pas.

Le jour de la Préparation

Les quatre évangélistes situent la mort de Jésus le « jour de la Préparation », c'est-à-dire la veille du sabbat. Marc écrit : « comme c'était le jour de la Préparation, qui précède le sabbat » ; Luc : « C'était le jour de la Préparation de la fête, et déjà brillaient les lumières du sabbat » ; Matthieu parle du « lendemain, après le jour de la Préparation » ; Jean précise enfin : « le jour de la Préparation (c'est-à-dire le vendredi) »[29]. Jean ajoute un détail qui a une grande portée : le vendredi matin, ceux qui amènent Jésus au Prétoire n'y entrent pas « pour éviter une souillure et pouvoir manger l'agneau pascal »[30]. Dans son récit, le Christ meurt donc au moment où l'on se prépare à immoler les agneaux de la Pâque.

La question de la date exacte de la Cène par rapport au calendrier juif de la Pâque a suscité de nombreux travaux ; elle relève de l'article Jeudi saint et du dossier La Passion selon les quatre évangiles. Pour le Vendredi saint, l'essentiel est acquis : Jésus meurt la veille du sabbat, pendant le temps de la Pâque, et Jean souligne que ses os ne furent pas brisés, « pour que s'accomplisse l'Écriture : Aucun de ses os ne sera brisé »[31]. C'est précisément la loi de l'agneau pascal dans l'Exode : « Vous ne briserez aucun de ses os »[32]. Saint Paul tire la conclusion que toute la liturgie du jour déploie : « notre agneau pascal a été immolé : c'est le Christ »[33].

Troisième ou sixième heure ? L'accord de Marc et de Jean

Les évangiles comptent les heures à la manière antique, à partir du lever du jour. Le tableau suivant met en regard les indications horaires qu'ils donnent, avec leur équivalent approximatif.

Heure antiqueÉquivalent approximatifCe que rapportent les évangilesRéférence
Troisième heure9 heures« lorsqu'on le crucifia »Mc 15,25
Vers la sixième heurevers midiPilate présente Jésus : « Voici votre roi »Jn 19,14
De la sixième à la neuvième heurede midi à 15 heuresl'obscurité se fait sur toute la terreMt 27,45 ; Mc 15,33 ; Lc 23,44
Neuvième heurevers 15 heuresle cri « Mon Dieu, mon Dieu… », puis la mort de JésusMt 27,46 ; Mc 15,34-37
Avant le coucher du soleilfin d'après-midila mise au tombeau, avant le sabbatMc 15,42 ; Jn 19,42
Le premier Vendredi saint : les heures et les lieux — Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Une objection classique relève une contradiction : Marc dit que Jésus fut crucifié à la troisième heure, alors que Jean le montre encore devant Pilate « vers la sixième heure »[34]. Saint Augustin a consacré à cette question un chapitre entier de son traité De l'accord des évangélistes, dont le titre annonce déjà la conclusion : l'absence de tout désaccord entre Marc et Jean. Sa réponse tient en deux observations. D'abord, Jean n'écrit pas « la sixième heure », mais « vers la sixième heure » : la cinquième heure était achevée et la sixième commencée, et l'Écriture a l'habitude de compter en nombres ronds, sans fractions, surtout pour le temps. Ensuite, Marc n'a pas seulement écrit « c'était la troisième heure », il a ajouté « lorsqu'on le crucifia » : il désigne l'heure où la foule cria « Crucifie-le ! », là où la condamnation fut réellement portée, avant que les soldats n'exécutent la sentence[35]. Les deux récits se complètent au lieu de se contredire.

La liturgie a gardé la trace de ces heures. La célébration de la Passion a lieu « vers trois heures »[36], l'heure de la mort du Christ ; et la dévotion des Trois Heures, de midi à quinze heures, suit l'obscurité de la sixième à la neuvième heure (voir plus bas).

En quelle année le Christ est-il mort ?

L'Église n'a jamais défini la date de la Crucifixion, et plusieurs réponses restent possibles. La plus ancienne tradition latine donne le 25 mars, sous le consulat des deux Géminus, c'est-à-dire en l'an 29 de notre ère. Tertullien l'écrit dès le début du IIIᵉ siècle : le Christ souffrit « sous Tibère César, sous le consulat de Rubellius Géminus et de Fufius Géminus, au mois de mars, au temps de la Pâque, le huitième jour des calendes d'avril »[37]. Saint Augustin reprend la même donnée :

« Jésus-Christ est mort le huit des calendes d'avril, sous le consulat des deux Géminus. » — Saint Augustin, La Cité de Dieu, XVIII, 54[38]

Les historiens modernes raisonnent à partir des données astronomiques : le 14 nisan, jour de la Préparation de la Pâque selon Jean, devait tomber un vendredi. John P. Meier retient que, entre 29 et 34, seules deux années répondent probablement à cette condition, 30 (vendredi 7 avril) et 33 (vendredi 3 avril), et il penche pour le 7 avril 30[39]. Colin Humphreys et Graeme Waddington, dans la revue Nature en 1983, concluent au contraire : « Les indices désignent le vendredi 3 avril de l'an 33 comme la date de la mort de Jésus-Christ »[40]. Ces reconstructions sont sérieuses, mais aucune ne s'impose absolument. Ce qui est certain, et que confessent tous les témoins, c'est le fait lui-même et son sens.

Pourquoi l'Église lit la Passion selon saint Jean

Le dimanche des Rameaux, l'Église lit la Passion selon Matthieu, Marc ou Luc ; le Vendredi saint, toujours celle de saint Jean. Déjà Égérie rapporte qu'à Jérusalem, à la neuvième heure, on lisait « le passage de l'évangile de Jean où il rendit l'esprit »[41], et le Missel de 1570 faisait chanter la Passion selon saint Jean comme troisième lecture[42]. Ce choix correspond à la couleur propre de ce récit. Jean y montre un Christ souverain, qui porte lui-même sa croix, règne depuis le bois où Pilate a fait écrire « Jésus le Nazaréen, roi des Juifs », et achève son œuvre en disant : « Tout est accompli »[43]. Dom Robert Le Gall définit en ce sens le Vendredi saint comme le « jour solennel où l'Église célèbre le chef-d'œuvre de l'Amour du Christ pour son Père et pour nous »[44].

C'est aussi chez Jean que se trouve le coup de lance, suivi d'un témoignage appuyé : « Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique »[45]. La tradition a reconnu dans ce témoin le disciple bien-aimé, présent au pied de la Croix avec Marie. Du côté ouvert sortent le sang et l'eau, dans lesquels les Pères ont vu le baptême et l'Eucharistie, et l'Église sa propre naissance : le Directoire sur la piété populaire rappelle que, le Vendredi saint, l'Église « évoque sa propre origine, en se souvenant qu'elle est issue du Cœur transpercé du Sauveur »[46], et le Catéchisme cite le Concile : « c'est du côté du Christ endormi sur la croix qu'est né l'admirable sacrement de l'Église tout entière »[47].

Histoire de la liturgie du Vendredi saint

La célébration actuelle n'est pas une invention récente : elle assemble des couches venues de Jérusalem, de Rome et de la Gaule, qui se sont superposées pendant plus de quinze siècles. La suivre, c'est voir l'Église prier de la même manière, avec les mêmes gestes, d'Égérie à Léon XIV.

Jérusalem, fin du IVᵉ siècle : Égérie au Golgotha

Le premier témoin est une pèlerine venue d'Occident, Égérie, qui a laissé le récit de la Semaine sainte vécue à Jérusalem à la fin du IVᵉ siècle. Son texte, longtemps connu sous le titre de Peregrinatio Sylviae, « le pèlerinage de Sylvia », a depuis été rendu à sa véritable autrice[48]. Au petit matin du vendredi, raconte-t-elle, les fidèles vont prier sur le mont Sion, devant la colonne où le Seigneur avait été flagellé. Puis vient la vénération du bois de la Croix, sur le lieu même du Calvaire :

« On place pour l'évêque une chaire au Golgotha, derrière la Croix ; devant lui, une table couverte d'un linge ; les diacres se tiennent autour de la table. On apporte un coffret d'argent doré, où se trouve le saint bois de la Croix ; on l'ouvre, on l'en retire, et l'on pose sur la table le bois de la Croix et le titre. […] Tout le peuple passe un à un, fidèles comme catéchumènes : chacun s'incline vers la table, baise le saint bois et passe. » — Égérie, Journal de voyage, 37, 1-2 (traduction Ignispedia)[49]

Chapelle du Golgotha dans la basilique du Saint-Sépulcre, Jérusalem — Maxim Massalitin, CC BY-SA 2.0. Source : Wikimedia Commons.

Égérie note un détail savoureux : les diacres gardent le bois de près, parce qu'on raconte qu'un jour quelqu'un y a mordu pour en emporter un fragment. Chacun touche la Croix et le titre du front, puis des yeux, et les embrasse, sans y porter la main. De la sixième à la neuvième heure, le peuple se tient ensuite devant la Croix, en plein air, pour une longue liturgie de la Parole : psaumes, lettres des apôtres, évangiles et prophètes qui annoncent la Passion. Égérie en dégage le sens :

« Ainsi, pendant ces trois heures, on enseigne à tout le peuple que rien n'est arrivé qui n'ait été annoncé auparavant, et que rien n'a été annoncé qui ne se soit entièrement accompli. » — Égérie, Journal de voyage, 37, 6 (traduction Ignispedia)[50]

Elle ajoute que l'émotion est telle, à chaque lecture et à chaque prière, que personne, petit ou grand, ne peut retenir ses larmes « de ce que le Seigneur a souffert cela pour nous ». On trouve déjà là, en germe, les éléments de l'office romain : l'adoration du bois, les trois heures de lectures, la Passion selon saint Jean à la neuvième heure. Sur l'Église de Jérusalem à cette époque, voir aussi saint Cyrille de Jérusalem.

Rome : un office de lectures et de prières, sans consécration

Les dix grandes intercessions du Vendredi saint — Infographie originale Ignispedia créée par IA.

À Rome, le Vendredi saint a conservé une forme de prière plus ancienne encore que la messe elle-même. Les premiers Ordines romani, vers l'an 800, décrivent un office composé de lectures, de chants et d'une longue série d'oraisons. Louis Duchesne y reconnaissait « l'ordre exact des anciennes synaxes sans liturgie », c'est-à-dire des assemblées de prière où l'on écoutait l'Écriture et où l'on priait, sans célébrer l'Eucharistie[51]. La messe ordinaire a précisément fusionné cette liturgie de la Parole avec la célébration eucharistique ; le Vendredi saint est resté le témoin de l'état antérieur. En ce sens, assister à cet office, c'est entrer dans l'une des plus anciennes formes de la prière chrétienne publique.

Les oraisons solennelles, prière de l'Église pour le monde entier

Le cœur de cet office romain est une série de grandes intercessions. Au Vᵉ siècle, un recueil de textes pontificaux attribué à saint Prosper d'Aquitaine, joint à une lettre du pape Célestin Iᵉʳ, en fait même un argument doctrinal : la manière dont l'Église prie montre ce qu'elle croit.

« Considérons aussi les mystères des prières sacerdotales qui, transmises par les apôtres, sont célébrées de manière uniforme dans le monde entier et dans toute l'Église catholique, afin que la loi de la prière établisse la loi de la foi. […] Les prêtres demandent et prient pour que la foi soit donnée aux incroyants, que les idolâtres soient délivrés des erreurs de leur impiété, que la lumière de la vérité apparaisse aux Juifs, le voile ôté de leur cœur, que les hérétiques reviennent à la foi catholique, que les schismatiques reçoivent l'esprit d'une charité ravivée, que les remèdes de la pénitence soient accordés à ceux qui sont tombés, et qu'enfin, les catéchumènes étant conduits aux sacrements de la régénération, la cour de la miséricorde céleste leur soit ouverte. » — Indiculus attribué à saint Prosper d'Aquitaine, ch. 8 (Vᵉ siècle, traduction Ignispedia)[52]

C'est de ce texte que vient l'adage lex orandi, lex credendi. Le liturgiste Paul De Clerck, qui a étudié toutes les formes anciennes de la prière universelle latine, observe que le plus vénérable de ces formulaires « est celui qui s'est maintenu depuis lors le vendredi saint ; formulaire très ample, qui fait suivre neuf (aujourd'hui dix) invitations à prier, et les oraisons correspondantes »[53]. Chaque intention suit un schéma en trois temps : une invitation à prier pour une intention précise ; un temps de prière silencieuse, à genoux, encadré par les appels Flectamus genua (« fléchissons le genou ») et Levate (« levez-vous ») ; enfin l'oraison du prêtre, qui recueille la prière de tous. Ces prières n'étaient pas propres au Vendredi saint à l'origine ; elles y ont été gardées, pense-t-on, parce qu'il convenait que l'Église prie pour toutes les catégories d'hommes le jour où le Christ est mort pour tous[54].

L'adoration de la Croix, les Impropères et le Vexilla Regis

Le rite de l'adoration de la Croix, né à Jérusalem, est entré dans la liturgie latine aux VIIᵉ et VIIIᵉ siècles. Les Églises qui possédaient une relique de la vraie Croix pouvaient reproduire le geste décrit par Égérie ; les autres utilisèrent une croix qui représentait le bois du Calvaire, d'où la formule restée en usage : « Voici le bois de la Croix »[55]. Le Directoire sur la piété populaire rattache ce culte à la découverte de la sainte Croix, qui « remonte selon la tradition à la première moitié du IVᵉ siècle » et suscita la diffusion de ses reliques dans le monde entier[56].

Les Impropères, ou « reproches », se sont joints au rite plus tard. Ils sont absents des anciens Ordines romains ; on en trouve des éléments dans des documents gallicans du IXᵉ siècle, où ils alternent avec le Trisagion (« Dieu saint, Dieu fort, Dieu immortel »), et ils n'apparaissent dans un Ordo romain qu'au XIVᵉ siècle. Le fait que le Trisagion soit encore chanté en grec montre toutefois qu'il était entré dans l'office romain avant le IXᵉ siècle[57]. Leur source est le prophète Michée : « Mon peuple, que t'ai-je fait ? En quoi t'ai-je fatigué ? Réponds-moi. Est-ce parce que je t'ai fait monter du pays d'Égypte… ? »[58] Dans la liturgie, c'est le Christ en croix qui parle à son peuple ; l'Église y a toujours entendu une parole adressée à chacun des fidèles (voir plus bas, « Qui a crucifié Jésus ? »).

Reliquaire de la sainte Croix de Poitiers — auteur inconnu, domaine public. Source : Wikimedia Commons.

Les hymnes du jour viennent de Poitiers. Vers 568, sainte Radegonde reçut de l'empereur Justin II une parcelle de la vraie Croix pour son monastère ; le poète Venance Fortunat, chargé de remercier l'empereur, composa pour l'occasion une série de poèmes, dont le Vexilla Regis prodeunt et le Pange lingua de la Croix[59]. Le Vexilla Regis fut chanté pour la première fois le 19 novembre 569, lors de la procession qui porta la relique de Tours à Sainte-Croix de Poitiers ; le Missel de 1570 le faisait chanter le Vendredi saint pendant le transfert du Saint-Sacrement[60]. Au Xᵉ siècle, on lui ajouta la strophe O crux ave, spes unica, que cite le Catéchisme : « Salut, ô Croix, notre unique espérance »[61][62]. Le Pange lingua de Fortunat accompagne aujourd'hui encore l'adoration, avec son refrain :

« Croix fidèle, arbre unique, noble entre tous ! Nulle forêt n'en produit de tel avec ces feuilles, ces fleurs et ces fruits ! Douceur du bois, douceur du clou, qui porte un si doux fardeau ! » — Venance Fortunat, hymne Crux fidelis (Pange lingua), traduction liturgique française[63]

La liturgie du Vendredi saint à travers les siècles — Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Une strophe du même hymne résume toute la théologie de la Croix : « le Créateur choisit lui-même un arbre pour réparer la malédiction de l'arbre »[64]. Pour la fête de la Croix en septembre, voir Exaltation de la Sainte Croix.

La « messe des Présanctifiés »

La troisième partie de l'office, la communion, porte depuis le Moyen Âge un nom paradoxal : la « messe des Présanctifiés ». Ce n'est pas une messe au sens strict, puisqu'il n'y a pas de consécration ; on y reçoit les hosties consacrées la veille, d'où le nom de « présanctifiées ». Duchesne y voyait « simplement la communion séparée de la célébration eucharistique proprement dite », et notait que cet usage, très répandu en Orient où il se pratique chaque jour de Carême sauf le samedi et le dimanche, a été limité en Occident au seul Vendredi saint[65]. Les anciens Ordines romains supposent que tous les assistants communiaient ; au début du XXᵉ siècle, seul le célébrant le faisait encore[66]. Dans la liturgie byzantine, la Liturgie des Présanctifiés est d'ailleurs l'office ordinaire des jours de semaine du Grand Carême (voir La liturgie orientale).

De saint Pie V à Léon XIV : cinq siècles de réformes

Au Moyen Âge, pour diverses raisons, les offices de la Semaine sainte furent peu à peu anticipés, jusqu'à être célébrés le matin, au détriment de leur sens[67]. Le Missel de saint Pie V (1570) fixa cet état : office du matin, ornements noirs, autel nu, lectures du prophète Osée et de l'Exode, Passion selon saint Jean chantée à un pupitre nu, oraisons solennelles, adoration de la Croix et messe des Présanctifiés où seul le célébrant communiait[68]. Dans les oraisons, l'invitation à fléchir le genou était omise pour les Juifs, qualifiés de perfidi[69][70].

Le XXᵉ siècle a restauré l'ancien équilibre. Le décret Maxima redemptionis nostrae mysteria de la Congrégation des Rites (16 novembre 1955), approuvé par Pie XII, rendit l'office à l'après-midi, « vers trois heures », sous le nom de « Passion et Mort du Seigneur », et rétablit la communion de tous les fidèles, « comme ce fut l'usage pendant de nombreux siècles »[71]. En 1959, Jean XXIII supprima l'adjectif perfidis dans la prière pour les Juifs[72]. Le Missel promulgué par Paul VI (constitution apostolique du 3 avril 1969, édition typique du 26 mars 1970)[73] a donné sa forme actuelle à la célébration : ornements rouges, lectures d'Isaïe, de l'épître aux Hébreux et de saint Jean, dix intentions entièrement révisées. La chronologie suivante résume ces étapes.

  1. Fin du IVᵉ siècle
    Égérie à Jérusalem

    Adoration du bois de la Croix au Golgotha, puis trois heures de lectures sur la Passion devant la Croix ; à la neuvième heure, lecture de saint Jean.

  2. 19 mars 416
    Lettre d'Innocent Iᵉʳ à Decentius

    Le pape atteste que la tradition de l'Église ne célèbre pas les sacrements le vendredi et le samedi saints.

  3. Vᵉ siècle
    L'Indiculus et la loi de la prière

    Les grandes intercessions, célébrées « dans le monde entier », deviennent un argument de foi : la loi de la prière établit la loi de la croyance.

  4. 19 novembre 569
    Premier chant du Vexilla Regis

    Venance Fortunat compose l'hymne pour la procession de la relique de la Croix envoyée par Justin II à sainte Radegonde, à Poitiers.

  5. VIIᵉ-VIIIᵉ siècle
    L'adoration de la Croix entre dans la liturgie latine

    Le rite de Jérusalem est adopté en Occident ; une croix représente le bois du Calvaire.

  6. Vers 800
    Les premiers Ordines romani

    Lectures, chants et oraisons forment l'office romain, suivi de la communion de tous aux dons consacrés la veille.

  7. IXᵉ-XIVᵉ siècle
    Impropères et Trisagion

    Les reproches du Christ, tirés de Michée, apparaissent dans des documents gallicans du IXᵉ siècle, puis dans un Ordo romain au XIVᵉ siècle.

  8. 1570
    Missel de saint Pie V

    Feria VI in Parasceve : office du matin, ornements noirs, messe des Présanctifiés où seul le célébrant communie.

  9. 16 novembre 1955
    Décret Maxima redemptionis nostrae mysteria

    Pie XII rend l'office à l'après-midi, vers 15 heures, et rétablit la communion de tous les fidèles.

  10. 1959
    Jean XXIII retouche la prière pour les Juifs

    Le mot perfidis est supprimé de l'invitation à prier.

  11. 1969-1970
    Missel de Paul VI

    Vendredi de la Passion du Seigneur : ornements rouges, nouvelles lectures, dix intentions révisées.

  12. 4 février 2008
    Nouvelle oraison pour le Missel de 1962

    Benoît XVI remplace la prière pour les Juifs de l'ancien Missel par un texte nouveau.

  13. 3 avril 2026
    Premier Vendredi saint de Léon XIV

    Le pape se prosterne devant l'autel de la basilique Saint-Pierre ; la prière universelle compte onze intentions ; le soir, il porte lui-même la croix au Colisée.

La célébration de la Passion du Seigneur, pas à pas

Les trois parties de la célébration de la Passion du Seigneur — Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'office du Vendredi saint est d'une grande simplicité de lignes. Il comporte, selon le Missel, « trois parties : la liturgie de la Parole ; l'adoration de la sainte Croix ; la sainte Communion »[74]. Il commence et se termine dans le silence, sans salutation ni envoi : l'Église entre dans cette célébration comme on entre dans une chambre mortuaire, et elle en sort de même, en attendant la Vigile.

L'heure, l'autel nu et la prostration

« L'après-midi de ce jour, vers trois heures, à moins qu'une raison pastorale ne fasse choisir une heure plus tardive, on célèbre la Passion du Seigneur »[75]. L'heure n'est pas indifférente : elle est celle où le Christ expira. L'autel, dépouillé depuis le soir du Jeudi saint, doit être « complètement dépouillé, sans croix, ni chandeliers, ni nappe »[76]. Le prêtre et le diacre, revêtus d'ornements rouges, la couleur du sang versé et de l'amour (voir Le symbolisme des couleurs liturgiques), s'avancent en silence vers l'autel et, après l'avoir salué, « se prosternent face contre terre ou se mettent à genoux » ; tous prient en silence un moment, à genoux[77].

La prostration est le geste le plus fort de toute la liturgie latine : on ne le retrouve guère qu'aux ordinations. Le 3 avril 2026, pour son premier Vendredi saint, Léon XIV s'est ainsi étendu à terre devant l'autel de la Confession de Saint-Pierre, entré en procession sans calotte ni anneau[78][79]. Le prêtre dit ensuite, sans l'invitation habituelle « Prions le Seigneur », l'une des deux oraisons d'ouverture :

« Souviens-toi, Seigneur, de ta miséricorde, sanctifie ceux qui veulent te servir et protège-les toujours, car c'est pour eux que ton Fils Jésus Christ a institué par son sang répandu le sacrement pascal. » — Missel romain, Vendredi saint, prière d'ouverture[80]

La liturgie de la Parole : Isaïe, les Hébreux et saint Jean

Les lectures sont les mêmes chaque année. Le tableau suivant les présente dans l'ordre, avec le fil qui les relie.

MomentTexteCe qu'il annonce ou proclame
Première lectureIsaïe 52,13–53,12le Serviteur souffrant, « broyé à cause de nos fautes »
PsaumePsaume 30 (31)« Ô Père, en tes mains je remets mon esprit »
Deuxième lectureHébreux 4,14-16 ; 5,7-9le grand prêtre qui compatit et devient cause du salut éternel
Acclamationcf. Philippiens 2,8-9le Christ « obéissant jusqu'à la mort, et la mort de la croix »
ÉvangileJean 18,1–19,42la Passion, du jardin du Cédron au tombeau neuf

La première lecture est le quatrième chant du Serviteur, que la foi chrétienne a toujours lu comme une prophétie de la Passion. On l'entend avec une netteté saisissante le Vendredi saint :

« En fait, c'étaient nos souffrances qu'il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu'il était frappé, meurtri par Dieu, humilié. Or, c'est à cause de nos révoltes qu'il a été transpercé, à cause de nos fautes qu'il a été broyé. Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : par ses blessures, nous sommes guéris. » — Isaïe 53, 4-5[81]

Le psaume reprend la parole que Luc met sur les lèvres du Christ mourant : « Ô Père, en tes mains je remets mon esprit »[82]. L'épître aux Hébreux montre ensuite le Christ qui, « pendant les jours de sa vie dans la chair, offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort », et qui, « conduit à sa perfection, est devenu pour tous ceux qui lui obéissent la cause du salut éternel »[83]. Sur le prophète lui-même, voir Isaïe.

La Passion selon saint Jean est proclamée « de la même manière que le dimanche des Rameaux » : sans cierges ni encens, sans salutation ni signe de croix sur le livre, la partie du Christ étant réservée si possible au prêtre[84] (voir Dimanche des Rameaux). Au récit de la mort, tous fléchissent le genou et font silence. Après la lecture, « le prêtre fait une brève homélie, à la fin de laquelle il peut inviter les fidèles à rester quelque temps en silence »[85]. À Saint-Pierre, l'homélie est confiée par tradition au prédicateur de la Maison pontificale ; le 3 avril 2026, ce fut le P. Roberto Pasolini, capucin[86][87].

La grande prière universelle

La liturgie de la Parole s'achève par la prière universelle, qui garde au Vendredi saint sa forme la plus solennelle. Le diacre, ou à défaut un ministre laïc, annonce chaque intention ; tous prient un moment en silence ; puis le prêtre, les mains étendues, dit l'oraison. Selon la tradition, le diacre peut inviter à prier à genoux, et l'agenouillement de tous est suivi de l'invitation « Levons-nous »[88]. En cas de grave nécessité publique, l'évêque diocésain peut autoriser ou imposer une intention spéciale[89].

Les dix intentions forment un mouvement concentrique : elles partent de l'Église, s'élargissent aux autres chrétiens, au peuple juif, aux croyants des autres religions, aux incroyants, aux responsables politiques, et s'achèvent sur tous ceux qui souffrent. Le tableau suivant les énumère dans l'ordre du Missel.

N°Intention (traduction liturgique française)Titre latin
IPour la sainte ÉglisePro sancta Ecclesia
IIPour le papePro Papa
IIIPour le clergé et le peuple fidèlePro omnibus ordinibus gradibusque fidelium
IVPour les catéchumènesPro catechumenis
VPour l'unité des chrétiensPro unitate christianorum
VIPour les JuifsPro Iudaeis
VIIPour ceux qui ne croient pas au ChristPro iis qui in Christum non credunt
VIIIPour ceux qui ne croient pas en DieuPro iis qui in Deum non credunt
IXPour les responsables des pouvoirs publicsPro rempublicam moderantibus
XPour ceux qui sont dans l'épreuvePro tribulatis
Les grandes intercessions du Vendredi saint à Heiligenkreuz, le 21 mars 2008 — Melchior2006, domaine public. Source : Wikimedia Commons.

Cette prière est l'une des plus belles leçons de la liturgie : le jour où le Christ meurt « pour la multitude », l'Église se tient au pied de la Croix pour le monde entier. Le 3 avril 2026, la célébration présidée par Léon XIV compta onze intentions : une dixième, « pour ceux qui souffrent de la guerre » (Pro bello laborantibus), avait été insérée avant la prière pour ceux qui sont dans l'épreuve[90].

La prière pour les Juifs

Aucune intention n'a une histoire aussi chargée. Dans le Missel de 1570, l'Église priait pro perfidis Judaeis, et elle omettait pour eux l'invitation à fléchir le genou ; la Catholic Encyclopedia de 1909 rapporte l'explication qu'on en donnait, le souvenir des soldats qui s'étaient agenouillés devant le Christ par dérision[91]. Jean XXIII supprima le mot perfidis en 1959[92]. Le Missel actuel prie ainsi :

« Prions pour les Juifs à qui le Seigneur notre Dieu a parlé en premier : qu'il leur donne de progresser dans l'amour de son nom et dans la fidélité à son alliance. […] Donne au peuple que tu as choisi en premier de parvenir à la plénitude de la rédemption. » — Missel romain, Vendredi saint, prière universelle, VI[93]

Le Catéchisme cite cette oraison pour définir le lien unique de l'Église avec le peuple juif, « à qui Dieu a parlé en premier » : la foi juive, à la différence des autres religions non chrétiennes, « est déjà réponse à la révélation de Dieu dans l'Ancienne Alliance »[94]. La prière n'a rien perdu de son orientation vers le Christ : elle demande pour Israël la « plénitude de la rédemption », selon l'espérance de saint Paul (Rm 11,25-26). Pour la forme extraordinaire du rite romain, Benoît XVI a remplacé en 2008 l'ancienne oraison par un texte nouveau, qui demande à Dieu d'éclairer les cœurs « pour qu'ils reconnaissent Jésus-Christ, Sauveur de tous les hommes », et que, « la plénitude des nations entrant dans ton Église, tout Israël soit sauvé »[95]. Sur le cadre conciliaire, voir Nostra aetate.

La présentation et l'adoration de la Croix

La deuxième partie commence par la présentation de la Croix, sous l'une de deux formes. Dans la première, la Croix est apportée voilée de violet et dévoilée en trois temps : le prêtre en découvre le sommet, puis le bras droit, puis la totalité, en l'élevant chaque fois. Dans la seconde, elle est portée non voilée depuis la porte de l'église, avec trois stations : à la porte, au milieu de l'église, à l'entrée du sanctuaire[96]. Chaque fois retentit le même dialogue, et tous s'agenouillent en silence :

« Voici le bois de la Croix, qui a porté le salut du monde. — Venez, adorons ! » — Missel romain, Vendredi saint, présentation de la Croix[97][98]

Le prêtre s'avance le premier pour l'adoration, « après avoir enlevé la chasuble et, éventuellement », ses chaussures ; clergé, ministres et fidèles suivent en procession et rendent hommage à la Croix par une génuflexion ou un autre signe, par exemple en l'embrassant. On ne présente qu'une seule croix : si la foule est trop nombreuse, le prêtre l'élève quelques instants pour l'adoration silencieuse de tous[99]. Pendant ce temps, on chante l'antienne « Ta croix, Seigneur, nous l'adorons, et ta sainte résurrection, nous la chantons : c'est par le bois de la Croix que la joie est venue dans le monde », les Impropères, le Crux fidelis ou d'autres chants adaptés ; là où la tradition s'y prête, on peut chanter le Stabat Mater ou un chant faisant mémoire de la compassion de la Vierge Marie[100] (voir Le Stabat Mater). Les Impropères font entendre le Christ :

Adorer la Croix : le signe et le Crucifié — Infographie originale Ignispedia créée par IA.

« Ô mon peuple, que t'ai-je fait ? En quoi t'ai-je contristé ? Réponds-moi ! T'ai-je fait sortir du pays d'Égypte pour qu'à ton Sauveur tu fasses une croix ? » — Impropères du Vendredi saint, traduction liturgique française[101]

Adorer une croix, est-ce de l'idolâtrie ?

L'objection est ancienne : l'adoration n'est-elle pas due à Dieu seul ? La réponse l'est tout autant. Un texte médiéval attribué à Alcuin la formule ainsi : « Nous nous prosternons de corps devant la croix, d'esprit devant le Seigneur. Nous vénérons la croix par laquelle nous avons été rachetés, et nous prions celui qui nous a rachetés »[102]. Saint Thomas d'Aquin précise que l'hommage rendu au bois ne s'arrête pas au bois : la vraie Croix est honorée parce qu'elle représente le Christ étendu sur elle et parce qu'elle a été touchée par ses membres et inondée de son sang ; l'hommage passe donc au Christ lui-même.

« Pour ce double motif nous devons lui rendre le même culte de latrie qu'au Christ lui-même. C'est pourquoi nous invoquons la croix, et nous la prions comme le Crucifié en personne. » — Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 25, a. 4[103]

Le mouvement de l'adoration va donc de l'image au Crucifié, comme le regard va d'un portrait à la personne aimée. Le Directoire sur la piété populaire appelle le Vendredi saint « le jour par excellence de "l'Adoration de la sainte Croix" »[104]. Pour les distinctions de vocabulaire, voir Quelle est la différence entre dulie, hyperdulie et latrie ? et Adoration et vénération.

La communion, puis le silence

Pour la troisième partie, on met sur l'autel la nappe, le corporal et le Missel. Le diacre ou le prêtre, revêtu du voile huméral, va chercher le Saint-Sacrement au lieu où il a été déposé la veille et revient à l'autel par le chemin le plus direct, pendant que tous se tiennent debout en silence. Après le Notre Père, les fidèles communient ; on peut chanter le psaume 21, celui qui commence par « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? ». Les hosties restantes sont ensuite portées dans un lieu préparé hors de l'église, ou, si les circonstances le demandent, au tabernacle[105].

La prière après la communion rappelle que ce jour de mort est déjà ouvert sur la vie : « tu nous as renouvelés par la mort et la résurrection bienheureuse de ton Christ » ; et la prière sur le peuple demande la bénédiction pour « ton peuple qui a célébré la mort de ton Fils dans l'espérance de sa propre résurrection »[106]. Il n'y a pas de renvoi : « tous, après avoir fait la génuflexion à la Croix, se retirent en silence ». L'autel est dépouillé, mais on y laisse la Croix avec deux ou quatre chandeliers ; et ceux qui ont participé à la célébration ne disent pas les vêpres[107]. Pour la communion hors de l'office et ses conditions, voir La communion spirituelle.

Le Grand et Saint Vendredi dans l'Orient chrétien

Les Églises orthodoxes et les Églises catholiques de rite byzantin vivent ce jour avec une liturgie très différente de celle de Rome, mais animée de la même foi. Le nom même le dit : c'est le « Grand et Saint Vendredi ».

Les matines des douze évangiles et les Heures royales

Les matines du Grand Vendredi sont généralement célébrées dès le jeudi soir. On y lit douze passages des évangiles, tous consacrés à la Passion, depuis le discours après la Cène (Jn 13,31) jusqu'à la garde du tombeau (Mt 27,62-66)[108]. Au cours de cet office, lors de la procession du Crucifié, l'Église byzantine chante le quinzième antiphone, l'un des textes les plus célèbres de toute la liturgie orientale :

« Aujourd'hui est suspendu au bois celui qui suspendit la terre sur les eaux. Il est couronné d'épines, le Roi des anges. Il est revêtu d'une pourpre dérisoire, celui qui revêt le ciel de nuées. Il reçoit un soufflet, celui qui au Jourdain délivra Adam. Il est cloué par des clous, l'Époux de l'Église. Il est percé d'une lance, le Fils de la Vierge. Nous adorons ta Passion, ô Christ. Montre-nous aussi ta glorieuse résurrection. » — Triodion byzantin, matines du Grand Vendredi, 15ᵉ antiphone (traduction Ignispedia)[109]

Le vendredi lui-même, il n'y a pas de divine liturgie : l'Église russe en donne cette raison, « le Grand Vendredi, il n'y a pas de liturgie, parce qu'en ce jour le Seigneur lui-même s'est offert en sacrifice »[110]. On célèbre à la place les Heures royales, un office de psaumes, de prophéties, d'épîtres et d'évangiles de la Passion[111][112].

L'Épitaphios et les Lamentations

Épitaphios brodé par Despoineta — Despoineta, Google Art Project, domaine public. Source : Wikimedia Commons.

L'après-midi, aux vêpres, les prêtres soulèvent de l'autel, « comme du Golgotha », l'Épitaphios (en russe Plachtchanitsa), un grand linceul brodé qui représente le Christ étendu au tombeau, et le portent au milieu de l'église, où les fidèles viennent le vénérer[113]. Le soir, les matines du Samedi saint, célébrées par anticipation le vendredi, font alterner les versets du psaume 118 (119) avec des strophes de lamentation, puis le linceul est porté en procession autour de l'église[114]. Dès 1909, la Catholic Encyclopedia décrivait cette procession funèbre où l'image du Christ est portée sur une civière et offerte à la vénération des fidèles[115]. Le repos du Christ au tombeau est le sujet de l'article Samedi saint ; sur les rites orientaux, voir La liturgie orientale et Que dit l'Église sur les orthodoxes ?.

Quand l'Annonciation tombe le Vendredi saint

Le calendrier offre parfois une rencontre saisissante : le 25 mars, fête de l'Annonciation, peut tomber un Vendredi saint. Les deux grandes traditions l'honorent de manière opposée. Dans le rite romain, la fête est « toujours transférée » après l'octave de Pâques, au lundi qui suit le deuxième dimanche de Pâques[116]. Dans le Typikon russe actuel, au contraire, la fête prime : la divine liturgie de saint Jean Chrysostome est célébrée même le Grand Vendredi, jointe aux vêpres[117]. Le métropolite Tikhon, primat de l'Église orthodoxe en Amérique, le résumait en 2025 : « si elle tombe le Grand Vendredi, il y a une liturgie vespérale »[118]. L'Occident protège le silence du Vendredi saint ; l'Orient célèbre l'Incarnation jusqu'au cœur de la Passion. Voir Annonciation du Seigneur.

Le Vendredi saint dans la piété populaire

Autour de la liturgie, le Vendredi saint a suscité une floraison de dévotions : chemins de croix, processions, heures de méditation, représentations de la Passion. L'Église les encourage, à une condition que le Directoire sur la piété populaire énonce nettement :

La croix du Colisée à Rome — Jebulon, CC0. Source : Wikimedia Commons.

« Dans le projet pastoral du Vendredi Saint, il faudra donc veiller à accorder la première place à la Liturgie solennelle qui doit être célébrée, tout en la mettant particulièrement en valeur ; il sera donc nécessaire de montrer aux fidèles qu'aucun pieux exercice ne peut être préféré à cette célébration et se substituer à elle. » — Directoire sur la piété populaire et la liturgie, n° 143[119]

Le chemin de croix, du Colisée aux paroisses

« Parmi les pieux exercices destinés à vénérer la Passion du Seigneur, peu sont aussi estimés par les fidèles que la Via Crucis », note le Directoire. Il en retrace l'origine dans les dévotions médiévales du pèlerinage en Terre sainte ; la forme actuelle à quatorze stations est attestée dès la première moitié du XVIIᵉ siècle et fut surtout diffusée par saint Léonard de Port-Maurice, mort en 1751[120] (voir Saint Léonard de Port-Maurice et Le chemin de croix dans l'art).

À Rome, le chemin de croix du Vendredi soir se déroule au Colisée. Pour l'Année sainte 1750, Benoît XIV y fit ériger quatorze édicules et une grande croix, et le 19 septembre 1756 l'amphithéâtre fut consacré à la mémoire de la Passion du Christ et des martyrs. Jean XXIII rétablit ce chemin de croix en 1959, et Paul VI le reprit en 1964[121]. Le 3 avril 2026, Léon XIV a porté lui-même la croix à toutes les stations[122].

Les Trois Heures d'agonie et les sept paroles du Christ

La dévotion des Trois Heures fait méditer, de midi à trois heures, les sept dernières paroles du Christ en croix, entrecoupées de silences, de prières et de chants. Elle est née à Lima, au Pérou : le jésuite Alonso Messía, mort en 1732 à soixante-dix-sept ans, l'aurait instituée après le tremblement de terre du 20 octobre 1687, comme un acte public d'expiation ; elle prolongeait les réunions d'une confrérie, l'« École du Christ », qui méditait la Passion chaque vendredi[123]. Elle gagna Rome, où on la pratiquait chaque Vendredi saint à l'église du Gesù, de midi à trois heures, avec une indulgence plénière accordée par Pie VI en 1789, puis le monde entier[124]. Elle retrouve, à quatorze siècles de distance, les trois heures de lectures qu'Égérie avait vues à Jérusalem entre la sixième et la neuvième heure[125].

Le regroupement des « sept paroles » est lui-même ancien : une prière transmise parmi les œuvres de Bède le Vénérable, qui semble dater du VIIIᵉ siècle, est, selon Herbert Thurston, la plus ancienne tentative connue de les numéroter et de les regrouper[126]. Le tableau suivant les donne dans leur ordre traditionnel, avec leur évangile.

N°Parole du Christ en croixÉvangile
1« Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu'ils font. »Lc 23,34
2« Amen, je te le dis : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »Lc 23,43
3« Femme, voici ton fils. » — « Voici ta mère. »Jn 19,26-27
4« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? »Mt 27,46 ; Mc 15,34
5« J'ai soif. »Jn 19,28
6« Tout est accompli. »Jn 19,30
7« Père, entre tes mains je remets mon esprit. »Lc 23,46
Les sept paroles du Christ en croix — Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Selon un mot du cardinal Bellarmin rapporté par Herbert Thurston, ces sept paroles sont un abrégé de tout ce que le Christ a fait et souffert pendant les trente-trois années de sa vie terrestre[127][128]. La quatrième, le premier verset du psaume 21 (22), n'est pas un cri de désespoir : le Christ prie le psaume qui s'achève en action de grâce.

Processions, représentations de la Passion et Vierge des douleurs

En beaucoup de pays, le soir du Vendredi saint est marqué par la procession de la « mort du Christ », qui représente le petit groupe des disciples portant le corps de Jésus jusqu'au tombeau ; le Directoire en loue l'atmosphère d'austérité, de silence et de prière, mais demande qu'elle ne soit pas insérée dans la liturgie elle-même[129]. Les représentations de la Passion, souvent confiées à des confréries, sont encouragées si elles restent des manifestations de piété sincère, « non dominées par des éléments folkloriques » ; les fidèles doivent y apprendre la différence entre une représentation, qui rappelle un événement passé, et l'action liturgique, qui en est la présence mystérieuse. Le Directoire ajoute : « il faut rejeter toutes les pratiques pénitentielles consistant à se faire clouer sur une croix »[130].

Jésus miséricordieux, tableau peint en 1934 — Eugeniusz Kazimirowski, domaine public. Source : Wikimedia Commons.

Le même document recommande de ne pas oublier « la mémoire des douleurs de la Bienheureuse Vierge Marie » : le Planctus Mariae, lamentation de la Mère au pied de la Croix, et l'heure de la Desolata, appelée El pésame en Amérique latine, où les fidèles tiennent compagnie à Marie restée seule après la mort de son Fils ; cette dévotion, précise-t-il, doit aider, « dans la foi en la résurrection », à comprendre la grandeur de l'amour rédempteur auquel la Mère est associée[131].

L'heure de la Miséricorde

Au XXᵉ siècle, le Vendredi saint est devenu le point de départ d'une dévotion répandue dans le monde entier. Sainte Faustine Kowalska, canonisée en 2000, rapporte dans son Petit Journal que le Vendredi saint 1935, à trois heures de l'après-midi, elle entendit ces paroles : « Je désire que cette image soit honorée publiquement », et vit Jésus agonisant sur la Croix, de son Cœur sortant les deux rayons représentés sur l'image[132]. Le Vendredi saint 1936, à trois heures, Jésus crucifié lui dit : « J'ai soif », et elle vit à nouveau sortir de son côté les deux rayons[133]. La neuvaine à la Miséricorde divine commence ce jour-là, pour s'achever à la fête de la Miséricorde, le deuxième dimanche de Pâques[134]. Surtout, Jésus a demandé à sainte Faustine de faire mémoire, chaque jour, de l'heure de sa mort :

« À trois heures, implore Ma Miséricorde, tout particulièrement pour les pécheurs. Et ne fût-ce que pour un bref instant, plonge-toi dans Ma Passion, en particulier au moment où j'ai été abandonné lors de Mon agonie. C'est là une heure de grande Miséricorde pour le monde entier. » — Jésus à sainte Faustine Kowalska, Petit Journal, n° 1320[135]

Dans un autre passage, il précise qu'« à cette heure, la grâce a été donnée au monde entier : la miséricorde l'emporta sur la justice »[136]. Ces paroles relèvent de la révélation privée : elles n'ajoutent rien à la foi de l'Église, mais elles font entrer le fidèle d'aujourd'hui dans l'heure même que la liturgie choisit pour célébrer la Passion. Voir Sainte Faustine Kowalska et L'Amour infini de Dieu dans le Sacré-Cœur et la Divine Miséricorde.

La quête pour la Terre sainte

Le Vendredi saint est aussi un jour de charité. Par l'exhortation apostolique Nobis in animo du 25 mars 1974, Paul VI a demandé que, dans toutes les églises, une fois l'an, « le Vendredi saint ou un autre jour désigné par l'Ordinaire du lieu », une collecte soit faite avec des prières pour les chrétiens de Terre sainte ; elle est destinée à l'entretien des Lieux saints, mais d'abord aux œuvres pastorales, caritatives, éducatives et sociales de l'Église sur place[137]. Paul VI renouvelait ainsi des dispositions de ses prédécesseurs, en particulier Léon XIII et Jean XXIII. Le jour où le monde entier se tourne vers Jérusalem, l'Église soutient ceux qui vivent sur la terre même de la Passion.

Le sens spirituel du Vendredi saint

Tout ce qui précède, noms, heures, gestes, dévotions, converge vers une seule question : que s'est-il passé sur la Croix, et qu'est-ce que cela change pour nous ?

« Tout est accompli » : la Croix, sacrifice pascal

Saint Jean rapporte la dernière parole du Christ : « Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : "Tout est accompli." Puis, inclinant la tête, il remit l'esprit »[138]. Ce n'est pas le constat d'un échec, mais la signature d'une œuvre achevée. Le Catéchisme l'explique : la mort du Christ est à la fois « le sacrifice Pascal qui accomplit la rédemption définitive des hommes par l'Agneau qui porte le péché du monde » et « le sacrifice de la Nouvelle Alliance qui remet l'homme en communion avec Dieu »[139]. Et il en donne la raison profonde :

« C'est "l'amour jusqu'à la fin" (Jn 13,1) qui confère sa valeur de rédemption et de réparation, d'expiation et de satisfaction au sacrifice du Christ. Il nous a tous connus et aimés dans l'offrande de sa vie. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 616[140]

L'Agneau pascal et le Christ : les correspondances bibliques — Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le même paragraphe ajoute qu'aucun homme, fût-il le plus saint, ne pouvait porter les péchés de tous : seule la Personne divine du Fils, qui « embrasse toutes les personnes humaines », rend possible un sacrifice rédempteur pour tous[141]. Le concile de Trente l'a défini : « par sa sainte passion, sur le bois de la Croix, il nous a mérité la justification »[142]. Ce sacrifice est unique : « le Christ s'est offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude »[143]. Chaque messe le rend présent sans le répéter (voir Pourquoi l'Eucharistie est-elle un sacrifice ?) ; le Vendredi saint, l'Église se tient devant ce sacrifice tel qu'il s'est accompli une fois pour toutes. Pour une présentation d'ensemble, voir Qu'est-ce que la rédemption ? et Est-il possible que Dieu soit mort sur une croix ?.

Qui a crucifié Jésus ? La réponse du Catéchisme

Les Impropères, « Ô mon peuple, que t'ai-je fait ? », ont été parfois entendus comme une accusation portée contre le seul peuple juif. L'Église a toujours enseigné autre chose. Le Catéchisme rappelle, avec le concile Vatican II, que ce qui a été commis durant la Passion « ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps », et que Jésus lui-même, en pardonnant sur la croix, a fait droit à leur ignorance[144]. Puis il retourne la question vers les chrétiens :

« L'Église, dans le Magistère de sa foi et dans le témoignage de ses saints, n'a jamais oublié que "les pécheurs eux-mêmes furent les auteurs et comme les instruments de toutes les peines qu'endura le divin Rédempteur". […] Et les démons, ce ne sont pas eux qui L'ont crucifié ; c'est toi qui avec eux L'as crucifié et Le crucifies encore, en te délectant dans les vices et les péchés. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 598, citant le Catéchisme romain et saint François d'Assise[145]

Le « peuple » des Impropères, c'est donc chacun de ceux qui les chantent. Mais la même Croix porte la réponse : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu'ils font »[146]. Le Vendredi saint est le jour où le péché de tous est mis à nu, et celui où le pardon est offert à tous.

La Croix, chaire du Maître

Les docteurs de l'Église ont vu dans la Croix non seulement un autel, mais une chaire. Commentant la parole du Christ à sa Mère et au disciple, saint Augustin écrit :

« Le bois auquel se trouvaient cloués ses membres mourants était comme une chaire où notre Maître se faisait entendre et nous donnait ses leçons. » — Saint Augustin, Traités sur l'évangile de saint Jean, 119, 2[147]

Saint Thomas d'Aquin, prêchant sur le Credo, développe l'image : toutes les vertus s'y enseignent.

« Car la passion du Christ nous fournit un modèle valable pour toute notre vie. En effet, celui qui veut mener la vie parfaite n'a rien d'autre à faire qu'à mépriser ce que le Christ a méprisé sur la croix et à désirer ce que le Christ a désiré. Car aucun exemple de vertu n'est absent de la croix. […] Si tu cherches un exemple d'humilité, regarde le crucifié. » — Saint Thomas d'Aquin, Conférences sur le Credo, art. 4[148]

La Crucifixion Mond, avec Marie et saint Jean au pied de la Croix, vers 1502-1503 — Raphaël, National Gallery, domaine public. Source : Wikimedia Commons.

Dans le même commentaire, Thomas relève que, par le côté ouvert du Christ, s'est ouverte la porte du Paradis, et que c'est ce jour-là, la porte étant ouverte, que le larron demanda son pardon et l'obtint[149]. Saint Paul avait tout dit en une phrase : « que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste ma seule fierté »[150]. Voir Saint Augustin d'Hippone et Saint Thomas d'Aquin.

Le cri « J'ai soif » dans la vie des saints

Parmi les sept paroles, le cri « J'ai soif » a particulièrement saisi les saints, qui y ont entendu la soif des âmes. Sainte Thérèse de Lisieux raconte comment, adolescente, en regardant une image du Christ en croix, elle résolut de recueillir le sang qui tombait de ses mains :

« Le cri de Jésus sur la Croix retentissait aussi continuellement dans mon cœur : "J'ai soif !" Ces paroles allumaient en moi une ardeur inconnue et très vive… Je voulais donner à boire à mon Bien-Aimé et je me sentais moi-même dévorée de la soif des âmes. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit A, f° 45 v°[151]

Le Vendredi saint 1946, le jeune rédemptoriste vietnamien Marcel Van, aujourd'hui Serviteur de Dieu, note dans ses colloques une demande de Jésus pour ce jour précis :

« Ô mon petit frère, reste aujourd'hui près de la croix, embrasse mes pieds et ne cesse de répéter : "Ô Jésus, je t'aime pour les prêtres qui ne t'aiment pas. Fais que ton Amour pénètre librement au plus intime du cœur des prêtres." » — Jésus à Marcel Van, Colloques, 19 avril 1946, Vendredi saint[152]

Voir Sainte Thérèse de Lisieux et Serviteur de Dieu Marcel Van.

La Passion vécue dans la Divine Volonté

Une autre voix, celle de Luisa Piccarreta (1865-1947), laïque de Corato dans les Pouilles et Servante de Dieu, fait entrer plus avant encore dans l'intériorité de ces heures : c'est dans les trente-six volumes du Livre du Ciel, écrits par obéissance au cours des longues années qu'elle passa alitée, que se trouve ce que Jésus lui a dit de la vie « dans la Divine Volonté ». Il faut d'abord préciser l'expression. Faire la volonté de Dieu, c'est lui obéir : deux volontés, dont l'une se soumet à l'autre. Vivre dans la Divine Volonté, c'est recevoir en don que la volonté de Dieu vive et agisse dans l'âme comme sa propre vie, une seule volonté pour deux (voir Quelle différence entre faire la volonté de Dieu et vivre dans la Divine Volonté ?).

Le Vendredi saint 1901, Luisa se trouve, en esprit, au Calvaire pendant la crucifixion :

« Pendant que Jésus souffrait la crucifixion, je voyais en Lui, je ne sais comment, toutes les générations passées, présentes et futures. Et comme Jésus contient en Lui toutes les générations, Il éprouvait toutes les offenses commises par chacun de nous et Il souffrait pour tous en général et pour chacun en particulier. » — L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 4, 5 avril 1901[153]

Ce regard rejoint exactement l'enseignement du Catéchisme : « Jésus nous a tous et chacun connus et aimés durant sa vie, son agonie et sa passion et il s'est livré pour chacun de nous »[154]. Treize ans plus tard, le Vendredi saint 1914, Jésus, après lui avoir fait partager les douleurs de la couronne d'épines, lui parle du lieu où il veut régner : « Sur la terre, Je suis partout, mais mon Centre, la place où Je dresse mon Trône pour régner, où mon Cœur palpite, est l'âme qui vit dans ma Volonté »[155]. Dans sa méditation des Heures de la Passion, Luisa entend le cri de la soif comme une demande adressée à chaque âme : « J'ai soif de ta volonté, de tes affections, de tes désirs, de ton amour » ; et devant le « Tout est consommé », elle écrit : « L'Amour est parvenu à son terme »[156]. Voir Les Heures de la Passion, Luisa Piccarreta et La Divine Volonté.

Du Vendredi saint à Pâques : « montre-nous ta glorieuse résurrection »

Le Vendredi saint ne se comprend pas sans ce qui le suit. Toute sa liturgie est traversée par la lumière de Pâques : l'antienne de l'adoration chante ensemble la Croix et la résurrection, et affirme que « c'est par le bois de la Croix que la joie est venue dans le monde » ; la prière sur le peuple parle d'une mort célébrée « dans l'espérance de sa propre résurrection »[157] ; l'Orient conclut son antiphone par la même supplication : « Montre-nous aussi ta glorieuse résurrection »[158]. Le Christ l'avait annoncé : « Et moi, quand j'aurai été élevé de terre, j'attirerai à moi tous les hommes »[159].

Le soir venu, l'Église dépouille l'autel et laisse la Croix seule, entourée de quelques lumières. Commence alors le grand silence du Samedi saint, où le Christ repose au tombeau, jusqu'à la Vigile pascale qui, dans la nuit, fera éclater l'alléluia de Pâques. Le Vendredi saint est le jour de la mort ; il est déjà, pour qui regarde la Croix avec les yeux de la foi, le premier jour de la vie nouvelle.

Pour aller plus loin

Articles connexes

Sources principales

  • Missel romain, « Vendredi saint. La Passion du Seigneur » (traduction liturgique française, 2021 ; édition typique latine, 2002).
  • Congrégation pour le culte divin, Directoire sur la piété populaire et la liturgie (2001), n° 127-145.
  • Égérie, Journal de voyage (Itinéraire), 36-37.
  • Saint Augustin, De l'accord des évangélistes, III, 13 ; Traités sur l'évangile de saint Jean, 119.
  • Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 25 ; Conférences sur le Credo, art. 4.
  • Catholic Encyclopedia, art. « Good Friday » (1909), « Vexilla Regis » (1912).

Notes et références

  1. Missel romain, nouvelle traduction française (2021), « Vendredi saint. La Passion du Seigneur », rubriques n° 1-5, 11 et 13, reproduites par le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle, « Le Triduum pascal selon les rubriques de la nouvelle traduction du Missel romain », liturgie.catholique.fr, 3 mars 2026 (https://liturgie.catholique.fr/celebrer-dans-le-temps/du-careme-au-temps-pascal/la-semaine-sainte/307220-le-triduum-pascal-selon-les-rubriques-de-la-nouvelle-traduction-du-missel-romain/). Texte de la rubrique n° 1 : « Le Vendredi et le Samedi saints, selon une très ancienne tradition, l'Église ne célèbre pas les sacrements, à l'exception de la pénitence et de l'onction des malades. » Rubrique n° 4 : « L'après-midi de ce jour, vers trois heures, à moins qu'une raison pastorale ne fasse choisir une heure plus tardive, on célèbre la Passion du Seigneur. Cette action comporte trois parties : la liturgie de la Parole, l'adoration de la sainte Croix, la sainte Communion. »

    1 16 17 36 74 75 76 77 84 85
  2. Catéchisme de l'Église catholique, § 613 (le sacrifice pascal et le sacrifice de la Nouvelle Alliance), § 616 (« l'amour jusqu'à la fin » ; la Personne divine du Fils rend possible le sacrifice rédempteur pour tous) et § 617 (concile de Trente, DS 1529 : « Par sa sainte passion, sur le bois de la Croix, Il nous a mérité la justification » ; hymne Vexilla Regis : « Salut, O Croix, notre unique espérance »).

    2 62 139 140 141 142
  3. Concile Vatican II, constitution Sacrosanctum Concilium, 4 décembre 1963, n° 110 (texte français, vatican.va). Texte latin : « Sacrum tamen esto ieiunium paschale, feria VI in Passione et Morte Domini ubique celebrandum… »

    3 9 26
  4. Missel et lectionnaire de la Passion du Seigneur, livret paroissial reproduisant la traduction liturgique française du Missel romain (2021), avril 2022 (https://abpaul.fr/wp-content/uploads/sites/66/2022/04/missel-et-lectionnaire-office-de-la-passion.pdf) : Triduum pascal, n° 1 (« son Seigneur crucifié, enseveli et ressuscité » ; « un jeûne sacré, de tonalité pascale ») ; Vendredi saint, n° 6 (prières d'ouverture), n° 14-16 (prière universelle, « Prions à genoux… Levons-nous », intention spéciale « pour une grave nécessité publique »), intention VI « Pour les Juifs », n° 17-23 (présentation et adoration de la Croix, « Voici le bois de la Croix, qui a porté le salut du monde. R/ Venez, adorons ! », « une seule croix »), chants (antienne Crucem tuam, Impropères, Crux fidelis, Stabat Mater), n° 25-37 (communion, psaume 21, prière après la communion, prière sur le peuple, sortie en silence, Croix et chandeliers laissés sur l'autel, pas de vêpres pour les participants).

    4 14 27 63 64 80 88 89 93 96 97 99 100 101 105 106 107 157
  5. Égérie, Itinerarium (Journal de voyage), 37, 1-3, texte latin (The Latin Library) : « ponitur cathedra episcopo in Golgotha post Crucem […] ponitur ante eum mensa sublinteata ; stant in giro mensa diacones et affertur loculus argenteus deauratus, in quo est lignum sanctum crucis, aperitur et profertur, ponitur in mensa tam lignum crucis quam titulus […] ut unus et unus omnis populus ueniens, tam fideles quam cathecumini, acclinantes se ad mensam osculentur sanctum lignum et pertranseant. Et quoniam nescio quando dicitur quidam fixisse morsum et furasse de sancto ligno… » Éditions : P. Maraval, Égérie. Journal de voyage, Paris, Cerf, « Sources chrétiennes » 296, 1982 ; trad. anglaise M. L. McClure et C. L. Feltoe, Londres, SPCK, 1919.

    5 49
  6. Saint Innocent Iᵉʳ, lettre à Decentius, évêque de Gubbio, 19 mars 416 (éd. R. Cabié, La lettre du pape Innocent Iᵉʳ à Décentius de Gubbio, Louvain, 1973 ; PL 20, 555-556 ; texte consulté sur benedictus.mgh.de) : « Nam utique constat apostolos biduo isto et in merore fuisse, et propter metum Iudeorum se occuluisse. Quod utique non dubium est in tantum eos ieiunasse biduo memorato, ut traditio ecclesiae habeat isto biduo sacramenta penitus non celebrari. »

    6 19
  7. United States Naval Observatory, « The Date of Easter » (https://aa.usno.navy.mil/faq/easter) : « Easter can never occur before March 22 or later than April 25. » Le Vendredi saint tombe donc entre le 20 mars et le 23 avril.

    7
  8. Thomas Gilmartin, « Good Friday », The Catholic Encyclopedia, vol. 6, New York, Robert Appleton Company, 1909 (https://www.newadvent.org/cathen/06643a.htm) : « The "Peregrinatio Sylviae" (the real name is Etheria) contains a description of the ceremony as it took place in Jerusalem towards the close of the fourth century » ; nom Feria VI in Parasceve ; ornements noirs ; ordre des lectures et oraisons « found in our earliest Roman Ordines, dating from about A.D. 800 », « the exact order of the ancient synaxes without a liturgy » (Duchesne) ; génuflexion omise pour les Juifs ; adoration de la Croix « introduced into the Latin Liturgy in the seventh or eighth century » et originaire de Jérusalem ; Impropères absents des anciens Ordines romains, attestés dans des documents gallicans du IXᵉ siècle (Martène), « in a Roman Ordo, for the first time, in the fourteenth century » ; Pseudo-Alcuin : « Prosternimur corpore ante crucem, mente ante Dominum. Veneramur crucem, per quam redempti sumus, et illum deprecamur, qui redemit » ; messe des Présanctifiés : « not a Mass in the strict sense of the word, as there is no consecration » ; « formerly all present communicated » ; Apokathelosis dans l'Église grecque.

    8 11 42 48 51 54 55 57 65 66 68 69 91 102 115
  9. Missale Romanum, editio typica tertia, Cité du Vatican, 2002, « Feria VI in Passione Domini », n° 1 : « Hac et sequenti die, Ecclesia, ex antiquissima traditione, sacramenta, praeter Paenitentiae et Infirmorum Unctionis, penitus non celebrat » ; présentation de la Croix : « Ecce lignum Crucis, in quo salus mundi pependit. R. Venite, adoremus » ; n° 20 : le Stabat Mater peut être chanté in memoriam compassionis beatae Mariae Virginis. Transcription consultée sur documentacatholicaomnia.eu.

    10 20 98
  10. Saint-Siège, calendrier des célébrations, 3 avril 2026, pages de l'événement Passio Domini en plusieurs langues (press.vatican.va) : « Vendredi Saint « Passion du Seigneur » – Célébration de la Passion du Seigneur » ; « Karfreitag – Feier vom Leiden und Sterben Christi » ; « Wielki Piątek Męki Pańskiej » ; « Sexta-feira Santa "Paixão do Senhor" » ; « Viernes Santo – Celebración de la Pasión del Señor ».

    12
  11. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier (1969), n° 18-20, 59 (table de préséance : le Triduum pascal au premier rang) et 60 ; traduction anglaise officielle (Liturgy Office, Angleterre et pays de Galles) : n° 19 « The Paschal Triduum of the Passion and Resurrection of the Lord begins with the evening Mass of the Lord's Supper, has its centre in the Easter Vigil, and closes with Vespers (Evening Prayer) of the Sunday of the Resurrection » ; n° 60 « As to the Solemnity of the Annunciation of the Lord, whenever it falls on any day of Holy Week, it shall always be transferred to the Monday after the Second Sunday of Easter. »

    13 15 116
  12. Dom Robert Le Gall, Dictionnaire de liturgie, Chambray-lès-Tours, CLD, s.v. « Vendredi saint », repris dans le lexique de liturgie.catholique.fr (https://liturgie.catholique.fr/lexique/vendredi-saint/).

    18 44
  13. Sacrée Congrégation des Rites, décret général Maxima redemptionis nostrae mysteria, 16 novembre 1955, AAS 47 (1955), p. 838-847, et Instruction du même jour ; traduction anglaise, catholicculture.org : office « in the afternoon, and indeed about 3 p.m. » ; « as was the custom for many centuries, all who desire and who are properly prepared, may also come to Holy Communion » ; « toward the end of the middle ages – all these liturgical solemnities were pushed back to the morning hours ».

    21 67 71
  14. Code de droit canonique (1983), can. 1249-1253, texte français sur vatican.va ; can. 1251 : « l'abstinence et le jeûne seront observés le Mercredi des Cendres et le Vendredi de la Passion et de la Mort de Notre Seigneur Jésus Christ » ; can. 1252 : abstinence à partir de quatorze ans révolus, jeûne pour tous les fidèles majeurs jusqu'à la soixantième année commencée.

    22 23
  15. Paul VI, constitution apostolique Paenitemini, 17 février 1966, II § 3 (texte latin : « abstinentia vero et ieiunium, feria quarta Cinerum… et feria sexta in Passione et Morte Christi Iesu ») et III § 2 (traduction anglaise, vatican.va) : « The law of fasting allows only one full meal a day, but does not prohibit taking some food in the morning and evening. »

    24
  16. Catéchisme de l'Église catholique, § 1438 (les temps et jours de pénitence : « le temps du carême, chaque vendredi en mémoire de la mort du Seigneur ») et § 2043 (quatrième commandement de l'Église : « Aux jours de pénitence fixés par l'Église, les fidèles sont tenus par l'obligation de s'abstenir de viande et d'observer le jeûne »).

    25
  17. Marc 2,20 (traduction AELF).

    28
  18. Marc 15,42 ; Luc 23,54 ; Matthieu 27,62 ; Jean 19,31 et 19,42 ; Jean 18,28 : « Ceux qui l'avaient amené n'entrèrent pas dans le Prétoire, pour éviter une souillure et pouvoir manger l'agneau pascal » (traduction AELF).

    29 30
  19. Jean 19,36 ; Exode 12,46 : « Vous ne briserez aucun de ses os » ; voir aussi Ex 12,5-6.13.22 et Jn 19,29 (la branche d'hysope) ; 1 Corinthiens 5,7 : « Car notre agneau pascal a été immolé : c'est le Christ » ; 1 Pierre 1,19 (traduction AELF).

    31 32 33
  20. Marc 15,25 : « C'était la troisième heure (c'est-à-dire : neuf heures du matin) lorsqu'on le crucifia » ; Jean 19,14 : « C'était le jour de la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure, environ midi » ; Mc 15,33-34 ; Mt 27,45-46 ; Lc 23,44-46 (traduction AELF).

    34
  21. Saint Augustin, De consensu evangelistarum (De l'accord des évangélistes), III, 13, 40-42 ; traduction anglaise de S. D. F. Salmond, Nicene and Post-Nicene Fathers, I, vol. 6, 1888 (https://www.newadvent.org/fathers/1602313.htm) : titre du chapitre « Of the Hour of the Lord's Passion, and of the Question Concerning the Absence of Any Discrepancy Between Mark and John in the Article of the Third Hour and the Sixth » ; « For he says not the sixth hour, but about the sixth hour » ; « the Scriptures have the well-known habit of dealing simply with the round numbers, without mention of fractions, especially in matters of time » ; « it was the third hour when the Jews cried out that the Lord should be crucified ».

    35
  22. Tertullien, Adversus Iudaeos, VIII, 18 (éd. H. Tränkle, 1964) : « sub Tiberio Caesare, consulibus Rubellio Gemino et Rufio [Fufio] Gemino mense Martio temporibus paschae, die octavo Kalendarum Aprilium » ; traduction française d'E.-A. de Genoude (1852), sur tertullian.org. Les deux Géminus furent consuls en l'an 29.

    37
  23. Saint Augustin, De civitate Dei, XVIII, 54 : « Mortuus est ergo Christus duobus Geminis consulibus octauum Kalendas Aprilis » (The Latin Library) ; traduction française reprise de l'édition en ligne des œuvres de saint Augustin (abbaye Saint-Benoît de Port-Valais) : « Jésus-Christ est mort le huit des calendes d'avril, sous le consulat des deux Géminus », soit le 25 mars.

    38
  24. John P. Meier, A Marginal Jew. Rethinking the Historical Jesus, vol. 1, New York, Doubleday, « Anchor Bible Reference Library », 1991, p. 402 et 407.

    39
  25. Colin J. Humphreys et W. Graeme Waddington, « Dating the Crucifixion », Nature, 306 (22 décembre 1983), p. 743-746, doi:10.1038/306743a0 : « The evidence points to Friday 3 April AD 33 as the date when Jesus Christ died. »

    40
  26. Égérie, Itinerarium, 37, 5-7 : « Et sic per illas tres horas docetur populus omnis nichil factum esse, quod non prius dictum sit, et nichil dictum esse, quod non totum completum sit » ; « nullus est neque maior neque minor, qui non illa die illis tribus horis tantum ploret, quantum nec extimari potest, Dominum pro nobis ea passum fuisse » ; à la neuvième heure, « legitur iam ille locus de euangelio cata Iohannem, ubi reddidit spiritum ».

    41 50 125
  27. Jean 19,17-19 et 19,28-30 : « Quand il eut pris le vinaigre, Jésus dit : "Tout est accompli." Puis, inclinant la tête, il remit l'esprit » (traduction AELF).

    43 138
  28. Jean 19,34-35 : « un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l'eau. Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique » (traduction AELF).

    45
  29. Directoire sur la piété populaire et la liturgie, n° 142-143 (procession de la « mort du Christ » ; primauté de la liturgie ; « la procession évoquant la "mort du Christ" ne doit pas être insérée dans le cadre solennel de la Liturgie du Vendredi Saint »).

    46 119 129
  30. Catéchisme de l'Église catholique, § 766, citant Sacrosanctum Concilium, n° 5.

    47
  31. Praeteritorum Sedis Apostolicae episcoporum auctoritates (dit Indiculus), ch. 8, attribué à saint Prosper d'Aquitaine, joint à la lettre du pape Célestin Iᵉʳ aux évêques des Gaules (vers 431) (PL 51, 209-210 ; Denzinger-Schönmetzer 246) : « obsecrationum quoque sacerdotalium sacramenta respiciamus, quae ab apostolis tradita, in toto mundo atque in omni catholica Ecclesia uniformiter celebrantur, ut legem credendi lex statuat supplicandi […] ut infidelibus donetur fides, ut idololatrae ab impietatis suae liberentur erroribus, ut Judaeis, ablato cordis velamine, lux veritatis appareat, ut haeretici catholicae fidei perceptione resipiscant, ut schismatici spiritum redivivae charitatis accipiant, ut lapsis poenitentiae remedia conferantur, ut denique, catechumenis ad regenerationis sacramenta perductis, coelestis misericordiae aula reseretur. » Sur la datation (au plus tard fin du Vᵉ siècle) : Journal of Theological Studies, 21 (avril 1920), p. 219.

    52
  32. Paul De Clerck, « La prière universelle, l'intercession de tous les fidèles pour la venue du Royaume », liturgie.catholique.fr (PDF) ; du même auteur, La « prière universelle » dans les liturgies latines anciennes. Témoignages patristiques et textes liturgiques, Münster, Aschendorff, 1977.

    53
  33. Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements, Directoire sur la piété populaire et la liturgie, décret du 17 décembre 2001, n° 127-128 (texte français, vatican.va : https://www.vatican.va/roman_curia/congregations/ccdds/documents/rc_con_ccdds_doc_20020513_vers-direttorio_fr.html).

    56 104
  34. Michée 6,3-4 (traduction AELF).

    58
  35. Paul Lejay, « Venantius Honorius Clementianus Fortunatus », The Catholic Encyclopedia, vol. 6, 1909 (https://www.newadvent.org/cathen/06149a.htm) : « About 568 Radegunde received from Emperor Justin a particle of the True Cross […] two, the "Vexilla Regis Prodeunt" and the "Pange Lingua" (II, 6, 2), have been adopted by the Church. »

    59
  36. Hugh T. Henry, « Vexilla Regis Prodeunt », The Catholic Encyclopedia, vol. 15, New York, Robert Appleton Company, 1912 (https://www.newadvent.org/cathen/15396a.htm) : hymne de Venance Fortunat, « first sung in the procession (19 Nov., 569) when a relic of the True Cross, sent by the Emperor Justin II from the East at the request of St. Radegunda, was carried in great pomp from Tours to her monastery of Saint-Croix at Poitiers » ; strophes 7 et 8 remplacées au Xᵉ siècle (« O Crux ave… »).

    60 61
  37. Boston College, Center for Christian-Jewish Learning, « 1962 Latin Missal » : la prière du Vendredi saint « does not contain the notorious phrase "the perfidious Jews" (which was removed by Pope John XXIII in 1959) ».

    70 72 92
  38. Paul VI, constitution apostolique Missale Romanum, 3 avril 1969 ; Sacrée Congrégation pour le culte divin, décret de promulgation de l'édition typique, Prot. n. 166/70, « die 26 martii anni 1970, Feria V in Cena Domini », en tête du Missale Romanum (éd. 2002).

    73
  39. Office des célébrations liturgiques du Souverain Pontife, Celebrazione della Passione del Signore presieduta dal Santo Padre Leone XIV, basilique Saint-Pierre, 3 avril 2026, livret (https://www.vatican.va/content/dam/liturgy/pdf/2026/20260403-libretto-venerdi-passione.pdf) : « Il Santo Padre, giunto davanti all'altare, si prostra a terra » ; « Il Predicatore della Casa Pontificia tiene l'omelia » ; oraison universelle en onze intentions, dont « X. Pro bello laborantibus » et « XI. Pro tribulatis ».

    78 86 90
  40. Augustins récollets, « El Papa León preside por primera vez la celebración de la Pasión del Señor en la basílica de San Pedro », recoletos.org, 3 avril 2026 (version anglaise) : « the Holy Father entering in procession, without zucchetto or ring, and prostrating himself before the Altar of the Confession » ; « The homily was delivered by the preacher of the Papal Household, Friar Roberto Pasolini, OFMCap ».

    79 87
  41. Isaïe 52,13–53,12, ici 53,4-5, traduction liturgique officielle (AELF).

    81
  42. AELF, lectures de la messe du vendredi 3 avril 2026, Vendredi saint (https://www.aelf.org/2026-04-03/romain/messe) : Is 52,13–53,12 ; Ps 30 (31), refrain « Ô Père, en tes mains je remets mon esprit » (cf. Lc 23,46) ; He 4,14-16 ; 5,7-9 ; acclamation cf. Ph 2,8-9 ; Jn 18,1–19,42.

    82
  43. Épître aux Hébreux 5,7-9, traduction liturgique officielle (AELF).

    83
  44. Catéchisme de l'Église catholique, § 839, citant l'oraison universelle VI du Vendredi saint (« à qui Dieu a parlé en premier »), Rm 9,4-5 et Rm 11,29.

    94
  45. Secrétairerie d'État, Note concernant les nouvelles dispositions du pape Benoît XVI pour les célébrations liturgiques du Vendredi saint, 4 février 2008 (vatican.va) : « Oremus et pro Iudaeis. Ut Deus et Dominus noster illuminet corda eorum, ut agnoscant Iesum Christum salvatorem omnium hominum. […] ut plenitudine gentium in Ecclesiam Tuam intrante omnis Israel salvus fiat. »

    95
  46. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 25, a. 4 (« Doit-on rendre un culte de latrie à la croix du Christ ? »), traduction française, Paris, Cerf, 1984 (édition numérique docteurangelique.free.fr, 2008), p. 2482 ; en sens contraire, l'hymne : « Salut, ô croix, unique espérance ! »

    103
  47. Église orthodoxe en Amérique (OCA), The Orthodox Faith, vol. II, Worship, « Holy Friday » et « Holy Saturday » (https://www.oca.org/orthodoxy/the-orthodox-faith/worship/the-church-year/holy-friday) : « Matins of Holy Friday are generally celebrated on Thursday night », avec « twelve selections from the Gospels, all of which are accounts of the passion of Christ » (de Jn 13,31–18,1 à Mt 27,62-66) ; « There is no Divine Liturgy on Good Friday ».

    108 112 114
  48. Triodion, matines du Grand et Saint Vendredi, 15ᵉ antiphone, texte grec : « Σήμερον κρεμᾶται ἐπί ξύλου ὁ ἐν ὕδασι τήν γῆν κρεμάσας. Στέφανον ἐξ ἀκανθῶν περιτίθεται ὁ τῶν ἀγγέλων βασιλεύς. Ψευδῆ πορφύραν περιβάλλεται ὁ περιβάλλων τόν οὐρανόν ἐν νεφέλαις. Ράπισμα κατεδέξατο ὁ ἐν Ἰορδάνῃ ἐλευθερώσας τόν Ἀδάμ. Ἥλοις προσηλώθη ὁ Νυμφίος τῆς Ἐκκλησίας. Λόγχη ἐκεντήθη ὁ Υἱός τῆς Παρθένου. Προσκυνοῦμεν σου τά πάθη, Χριστέ. Δεῖξον ἡμῖν καί τήν ἔνδοξόν σου ἀνάστασιν » (greekdownloads.wordpress.com, 21 avril 2022).

    109 158
  49. « Великий Пяток Страстной седмицы », Pravoslavie.ru, 10 avril 2015 (http://www.pravoslavie.ru/1701.html) : « В Великую Пятницу Литургии не бывает, потому что в этот день Сам Господь принес Себя в жертву, а совершаются Царские Часы » ; aux vêpres, les célébrants soulèvent la Plachtchanitsa de l'autel, « как бы с Голгофы », et la portent au milieu de l'église.

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  50. S. A. Vaniukov, M. S. Jeltov et K. Ch. Felmy, section liturgique de l'article « Благовещение Пресвятой Богородицы », Pravoslavnaïa Entsiklopedia, t. 5, Moscou, p. 254-268 (https://www.pravenc.ru/text/149269.html) : dans le Typikon russe actuel, « служится полная литургия свт. Иоанна Златоуста (в т. ч. и в Великую пятницу) », célébrée avec les vêpres en semaine de Carême et de Semaine sainte.

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  51. Métropolite Tikhon, « Reflection on the Feast of the Annunciation », OCA, 25 mars 2025 (https://www.oca.org/reflections/metropolitan-tikhon/reflection-feast-annunciation2025) : « If it falls on Great Friday, there is a Vesperal Liturgy. »

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  52. Directoire sur la piété populaire et la liturgie, n° 131-132 : la Via Crucis, « dans sa forme actuelle, déjà attestée dans la première moitié du XVIIᵉ siècle […] constituée de quatorze stations ; cette dévotion […] fut surtout diffusée par saint Leonardo da Porto Maurizio († 1751) ».

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  53. Vatican News, « Via Crucis al Colosseo : la storia e le parole dei Pontefici », 15 avril 2022 (https://www.vaticannews.va/it/papa/news/2022-04/via-crucis-colosseo-storia-pontefici.html) : « Nell'Anno Santo del 1750, indetto da Papa Benedetto XIV, vengono erette in questo luogo 14 edicole e una grande croce » ; consécration du 19 septembre 1756 ; « nel 1959, Giovanni XXIII ripristina il rito della Via Crucis al Colosseo, poi ripreso da Paolo VI nel 1964 ».

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  54. Catholic News Agency / National Catholic Register, « 2026 Good Friday at the Vatican », 3 avril 2026 (https://www.ncregister.com/cna/2026-good-friday-at-the-vatican) : « The Pope personally carried the cross through every station of the Good Friday Way of the Cross at the Colosseum ».

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  55. Alonso Messía (Mesía), S.J., The Devotion of the Three Hours' Agony on Good Friday, éd. Herbert Thurston, S.J., Londres, Sands & Co., 1899, introduction historique, p. 5 et 9-12 (confrérie de l'Escuela de Cristo ; mort du P. Messía en 1732 à soixante-dix-sept ans ; tremblement de terre de Lima du 20 octobre 1687 ; édition anglaise de 1806 : dévotion pratiquée chaque Vendredi saint à l'église du Gesù, à Rome, de midi à trois heures, avec indulgence plénière de Pie VI, 1789 ; mot du cardinal Bellarmin sur les sept paroles ; prière des sept paroles transmise dans les œuvres de Bède le Vénérable). Textes originaux : « It has been well said by Cardinal Bellarmine, that the Seven Words spoken by our Saviour in the three hours of His agony are a compendium of all that He did and suffered during the thirty-three years that He lived upon earth » ; « The prayer found in the works of Venerable Bede, and belonging seemingly to the eighth century […] has been inserted as the earliest known attempt to number and group together the dying utterances of our Lord upon the Cross » (préface de H. Thurston, 1899).

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  56. Les sept paroles selon la traduction AELF : Luc 23,34 ; 23,43 ; Jean 19,26-27 ; Matthieu 27,46 et Marc 15,34 (citant le Ps 21 [22], 2) ; Jean 19,28 ; 19,30 ; Luc 23,46.

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  57. Directoire sur la piété populaire et la liturgie, n° 144 (représentations de la Passion ; « il faut rejeter toutes les pratiques pénitentielles consistant à se faire clouer sur une croix ») et n° 145 (Planctus Mariae, heure de la Desolata, El pésame).

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  58. Sainte Faustine Kowalska, Petit Journal, n° 414 (Vendredi saint 1935), traduction française, numérotation standard.

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  59. Sainte Faustine Kowalska, Petit Journal, n° 648 (Vendredi saint 1936) : « À trois heures, je vis le Seigneur Jésus crucifié, qui me regarda et dit : "J'ai soif". Soudain je vis sortir de son côté deux rayons, tels qu'ils sont sur cette image. »

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  60. Sainte Faustine Kowalska, Petit Journal, n° 796 (chapelet à réciter pendant neuf jours avant la fête de la Miséricorde : « La neuvaine doit commencer le Vendredi Saint ») et n° 1209 (neuvaine à la Miséricorde divine : « On la commence le Vendredi Saint »).

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  61. Sainte Faustine Kowalska, Petit Journal, n° 1320 et n° 1572 (« à cette heure, la grâce a été donnée au monde entier – la miséricorde l'emporta sur la justice »), numérotation standard vérifiée sur saint-faustina.org.

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  62. Paul VI, exhortation apostolique Nobis in animo, 25 mars 1974, n° 1 (texte italien, vatican.va) : « una volta l'anno – il Venerdì Santo o in altro giorno designato dall'ordinario del luogo –, insieme alle particolari preghiere per i nostri fratelli della Chiesa di Terra Santa, si raccolga una colletta » ; destinée aux Lieux saints, « ma prima di tutto » aux « opere pastorali, assistenziali, educative e sociali » ; le texte renouvelle les normes des prédécesseurs, « in particolare quelle emanate da Leone XIII e da Giovanni XXIII ».

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  63. Épître aux Hébreux 9,28 (traduction AELF).

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  64. Catéchisme de l'Église catholique, § 597, citant la déclaration Nostra aetate, n° 4 : « Ce qui a été commis durant la passion ne peut être imputé ni indistinctement à tous les Juifs vivant alors, ni aux Juifs de notre temps. »

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  65. Catéchisme de l'Église catholique, § 598, citant le Catéchisme romain (I, 5, 11) et saint François d'Assise (Admonitions, 5, 3).

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  66. Saint Augustin, Tractatus in Iohannis evangelium, 119, 2 : « tamquam lignum illud ubi erant fixa membra morientis, etiam cathedra fuerit magistri docentis » (augustinus.it) ; traduction française de M. Poujoulat et J.-J. Raulx, Œuvres complètes de saint Augustin, t. XI, 1864, p. 137.

    147
  67. Saint Thomas d'Aquin, Expositio in Symbolum Apostolorum (Conférences sur le Credo), art. 4 ; traduction officielle de la Liturgie des Heures, office des lectures du 28 janvier (AELF, https://www.aelf.org/2026-01-28/romain/lectures). Texte latin (corpusthomisticum.org) : « Aperto enim latere Christi, aperta est ianua Paradisi » ; « sed hodie, scilicet quando aperta est ianua, latro veniam petit et invenit ».

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  68. Galates 6,14 (traduction AELF).

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  69. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit A, f° 45 v°, dans Manuscrits autobiographiques ; texte en ligne des Archives du Carmel de Lisieux (https://archives.carmeldelisieux.fr/archive/manuscrit-a/).

    151
  70. Marcel Van, Colloques avec Jésus, Marie et Thérèse de l'Enfant-Jésus, colloque du 19 avril 1946 (Vendredi saint), dans Œuvres complètes, t. 2, trad. P. Antonio Boucher, C.Ss.R., préface du cardinal Christoph Schönborn, Versailles, Amis de Van Éditions, 2022, p. 253-254.

    152
  71. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 4, 5 avril 1901 — au Calvaire, Luisa voit toutes les générations en Jésus crucifié (Vendredi saint 1901 ; Pâques tombait le 7 avril). Édition GE-La Volonté Divine – Lumen Luminis (pour usage privé), p. 79.

    153
  72. Catéchisme de l'Église catholique, § 478.

    154
  73. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 11, 10 avril 1914 — la couronne d'épines ; Jésus trouve son Centre terrestre dans l'âme qui vit dans sa Volonté (Vendredi saint 1914). Édition GE-La Volonté Divine – Lumen Luminis (pour usage privé), p. 107-108.

    155
  74. L. Piccarreta, Les 24 Heures de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, vingt-deuxième heure (de 14 heures à 15 heures), édition GE-La Volonté Divine / Lumen Luminis (pour usage privé), p. 177 (« J'ai soif de ta volonté, de tes affections, de tes désirs, de ton amour ») et p. 179 (« Ô mon Jésus, tu as déjà tout épuisé. Il ne te reste rien d'autre. L'Amour est parvenu à son terme »).

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  75. Jean 12,32 (traduction AELF).

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