Pape Pie VI (Pius VI), né Giovanni Angelo Braschi à Cesena, en Romagne, le 25 décembre 1717, et mort prisonnier de la République française à Valence, dans la Drôme, le 29 août 1799, gouverne l'Église pendant près de vingt-cinq ans, du 15 février 1775 à sa mort. Le Saint-Siège le présente comme le 250e pape de l'Église catholique, élu après un long conclave qui succède à la mort de Clément XIV.[1][2]
Son pontificat est l'un des plus longs de l'histoire de la papauté, et l'un des plus tragiques. Pie VI hérite d'une Église attaquée de toutes parts par les princes éclairés : joséphisme autrichien, fébronianisme allemand, jansénisme toscan veulent réduire le Siège apostolique à une simple présidence d'honneur sur des Églises nationales soumises à l'État.[3][4] Bâtisseur fastueux, mécène du musée Pio-Clementino, assécheur des marais Pontins, Pie VI incarne d'abord la dernière splendeur de la Rome pontificale du XVIIIᵉ siècle.[5]
Mais la seconde moitié de son règne est emportée par la Révolution française. Il condamne la Constitution civile du clergé dans les brefs Quod aliquantum et Charitas de 1791, perd Avignon et le Comtat Venaissin annexés par la France, voit ses légations cédées au traité de Tolentino en 1797, puis Rome occupée et transformée en République romaine en 1798.[6][7] Arraché à sa ville, le vieux pape est traîné de Sienne à Florence, par-dessus les Alpes jusqu'à Valence, où il meurt à quatre-vingt-un ans.[8][9]
Beaucoup, en 1799, crurent voir mourir avec lui la papauté elle-même. Pie VI avait pourtant pris ses dispositions : par une ordonnance du 13 novembre 1798, il avait prévu que le conclave se réunirait, même hors de Rome, dans la ville où se trouverait alors le plus grand nombre de cardinaux.[10] Le conclave de Venise élit Pie VII le 14 mars 1800. Loin d'être le dernier pape, Pie VI fut la première grande victime pontificale de l'âge des révolutions — et le témoin que le Siège de Pierre survit à la chute des trônes.[11]
Pourquoi Pie VI compte-t-il ?
Le dernier grand pape de l'Ancien Régime
Pie VI est élu en 1775, dans un monde où le trône et l'autel paraissent encore solidaires. Quatorze ans plus tard, la prise de la Bastille ouvre une ère où les monarchies catholiques s'effondrent les unes après les autres. Pie VI est ainsi le pape charnière entre deux époques : il commence son pontificat comme un prince de la Renaissance tardive, mécène et bâtisseur, et le termine comme un prisonnier politique mené de citadelle en citadelle.[12][13]
Sa figure résume la fragilité de l'Église d'État du XVIIIᵉ siècle. Avant même la Révolution, le pouvoir spirituel du pape était grignoté par les souverains « éclairés » qui prétendaient gouverner leurs Églises nationales sans Rome. Pie VI passe la première moitié de son règne à défendre, contre les empereurs et les grands-ducs, le principe que l'Église n'est pas un service public de la monarchie.[14]
Un pontificat de près d'un quart de siècle
Pie VI règne vingt-quatre ans, six mois et quatorze jours — l'un des plus longs pontificats de l'histoire, et de loin le plus long du XVIIIᵉ siècle.[15] Cette durée exceptionnelle lui donne le temps d'imprimer sa marque sur Rome : il crée soixante-treize cardinaux au fil de vingt-trois consistoires[16], béatifie de nombreux serviteurs de Dieu sans procéder à aucune canonisation[17], et érige en 1789 le premier siège épiscopal des États-Unis, le diocèse de Baltimore.[18]
Mais cette longévité a aussi pesé contre lui. Octogénaire à l'heure de la Révolution, le pape affronte la tourmente avec un corps usé, dans une Rome qu'il ne peut plus défendre militairement. La même durée qui avait fait sa gloire fait, à la fin, sa vulnérabilité.
Le pape emporté par la Révolution
La postérité de Pie VI est inséparable de son agonie. Aucun pape depuis le Moyen Âge n'avait été arraché à Rome et emmené captif au-delà des Alpes. Sa mort à Valence, le 29 août 1799, fait de lui le dernier pape en date mort hors d'Italie.[19]
Cette fin pathétique a longtemps écrasé le jugement sur son règne. On a vu en lui un pape dépassé, lent à réagir, prisonnier d'un faste suranné et d'un népotisme d'un autre âge. Le jugement mérite d'être nuancé. Sur le terrain doctrinal — la condamnation du synode de Pistoie, le refus de la Constitution civile du clergé — Pie VI a tenu une ligne ferme qui sera intégralement confirmée par le magistère postérieur. Sa faiblesse fut politique et militaire, non doctrinale.[20][21]
Les sources principales
Notices ecclésiales et biographiques
La liste officielle du Saint-Siège range Pie VI parmi les souverains pontifes, sous son nom séculier de Giovanni Angelo Braschi, avec un pontificat allant du 15 février 1775 au 29 août 1799.[22] La synthèse moderne de référence en langue anglaise reste l'article de Michael Ott dans la Catholic Encyclopedia de 1911, qui retrace la carrière curiale, l'élection, les conflits avec les princes et la captivité finale.[23]
L'Encyclopædia Britannica confirme la chronologie et qualifie l'ensemble de pontificat « tragique », dominé par les luttes défensives contre les monarques pénétrés des Lumières puis contre la Révolution.[24] L'Enciclopedia dei Papi de la Treccani fournit la notice italienne la plus détaillée, appuyée sur les actes pontificaux et la correspondance diplomatique de la période.[25]
Sources de la période révolutionnaire
Pour les actes doctrinaux, les documents sont conservés et accessibles : les brefs Quod aliquantum (10 mars 1791) et Charitas (13 avril 1791) contre la Constitution civile du clergé, et surtout la constitution Auctorem fidei du 28 août 1794, dont les condamnations figurent au recueil de référence du magistère, le Denzinger-Hünermann.[26][27][28]
Pour la captivité, les archives françaises elles-mêmes témoignent : l'acte de décès dressé à Valence nomme le défunt « Jean Ange Braschy Pie VI pontife de Rome », et l'itinéraire de la déportation est documenté étape par étape, de Sienne à la citadelle de Valence.[29] Les chroniques contemporaines, comme les souvenirs de la portraitiste Élisabeth Vigée Le Brun, ajoutent des détails de premier ordre sur la personne du pape.[30]
De Giannangelo Braschi à l'élection de 1775
Une naissance à Cesena
Giovanni Angelo Braschi naît à Cesena, dans la marche de Romagne, le 25 décembre 1717 — jour de Noël, ce que la tradition romaine ne manquera pas de relever. Il est l'aîné des huit enfants du comte Marco Aurelio Tommaso Braschi et d'Anna Teresa Bandi, famille noble mais désargentée.[31][32] Une incertitude subsiste sur la date exacte : la Catholic Encyclopedia indique le 27 décembre, mais les sources italiennes et l'historiographie récente retiennent majoritairement le 25 décembre.[33][34]
Élève des jésuites de Cesena, le jeune Braschi obtient en 1734 un doctorat in utroque iure — en droit civil et canonique — et poursuit ses études à l'université de Ferrare.[35] Sa formation est celle d'un juriste et d'un administrateur, non d'un théologien : ce trait marquera tout son gouvernement.
La carrière curiale : trésorier puis cardinal
La fortune de Braschi se fait au service de la Curie. Secrétaire et conclaviste du cardinal Tommaso Ruffo dès le conclave de 1740, il devient l'un des secrétaires de Benoît XIV en 1753, puis chanoine de Saint-Pierre.[36] Longtemps fiancé, il renonce au mariage et reçoit l'ordination sacerdotale le 21 décembre 1758.[37]
En 1766, Clément XIII le nomme trésorier de la Chambre apostolique — l'un des postes financiers les plus puissants de l'État pontifical. Cette charge lui vaut autant d'ennemis que d'influence : ses réformes financières dérangent, et c'est en partie pour l'écarter que Clément XIV le crée cardinal-prêtre de Sant'Onofrio al Gianicolo le 26 avril 1773, l'invitant à se retirer comme abbé commendataire à l'abbaye de Subiaco.[38][39]
Le conclave de 1774-1775
À la mort de Clément XIV — le pape qui avait supprimé la Compagnie de Jésus en 1773 — s'ouvre un conclave long et tendu. L'enjeu central est la question jésuite : faut-il un pape favorable ou hostile à la Compagnie supprimée ? Les couronnes Bourbon (Espagne, Portugal, France), qui avaient arraché la suppression, redoutent un retour en arrière.[40]
Braschi, réputé modéré, est élu le 15 février 1775. Il prend le nom de Pie VI et reçoit la consécration épiscopale ainsi que le couronnement le 22 février 1775, des mains des cardinaux Albani.[41][42] Sur la question jésuite, il adopte une position d'équilibre : il ne révoque pas la suppression — il ne le peut guère, politiquement — mais ordonne la libération de l'ancien général Lorenzo Ricci, emprisonné au château Saint-Ange. Le vieux jésuite meurt avant que le décret ne l'atteigne. Pie VI tolérera ensuite la survie de la Compagnie en Russie blanche et en Prusse, là où les souverains non catholiques refusaient d'appliquer la suppression.[43][44]
Un pape réformateur et bâtisseur
L'assèchement des marais Pontins
L'œuvre temporelle qui a le plus marqué les contemporains est l'assèchement des marais Pontins, immense étendue insalubre au sud de Rome, hantée par la malaria depuis l'Antiquité. Pie VI y engage des ingénieurs hollandais et des sommes considérables, fait creuser des canaux, restaurer la Via Appia et approfondir les ports de Terracina et d'Anzio.[45][46] L'entreprise, partiellement réussie, lui vaut un surnom moqueur de bâtisseur acharné.
Cet acharnement édilitaire s'étend à d'autres marécages — près de Città della Pieve, de Pérouse, de Spolète — effectivement asséchés.[47][48] Pie VI veut être un prince réformateur, soucieux du bien commun de ses sujets autant que du prestige de Rome.
Le musée Pio-Clementino et le mécénat
Pie VI est l'un des grands mécènes de la Rome néoclassique. Il achève et amplifie le musée Pio-Clementino au Vatican, commencé sous son prédécesseur, pour accueillir les chefs-d'œuvre antiques exhumés des fouilles romaines ; l'inventaire en paraît en 1792.[49] Il fait ériger des obélisques antiques, ajoute une nouvelle sacristie monumentale à la basilique Saint-Pierre, dresse un monument devant le palais du Quirinal et restaure la cathédrale Sainte-Scholastique de Subiaco.[50][51]
Ce faste a son revers. L'ampleur des dépenses, conjuguée aux pertes territoriales et aux ponctions révolutionnaires, laissera les finances pontificales exsangues à la fin du règne — alors même que Pie VI s'était d'abord distingué par des réformes financières.[52]
Le népotisme Braschi-Onesti
Pie VI relève une pratique que la papauté du XVIIIᵉ siècle croyait éteinte : le népotisme. Il comble de faveurs ses neveux, en particulier Luigi Braschi-Onesti, fait duc et richement doté, et Romualdo Braschi-Onesti, élevé au cardinalat.[53] Ce dernier est souvent décrit comme l'avant-dernier véritable « cardinal-neveu » de l'histoire : avec Pie VI, l'institution même du népotisme pontifical s'éteint.[54]
Le népotisme de Pie VI a nourri l'hostilité des Lumières et des révolutionnaires, qui y voyaient la preuve de la corruption du gouvernement pontifical. Il a aussi affaibli moralement le pape au moment où il devait affronter les accusations de l'esprit nouveau.
L'érection du siège de Baltimore (1789)
Loin des marais Pontins, Pie VI pose un acte d'une portée durable : il organise la jeune Église des États-Unis d'Amérique, jusque-là rattachée au vicaire apostolique de Londres. En 1789, il érige le diocèse de Baltimore, premier siège épiscopal du pays, et y fait nommer John Carroll.[55][56] À l'heure où l'Église perd l'Europe des Lumières, elle prend pied dans le Nouveau Monde — un déplacement de gravité que Pie VI ne pouvait mesurer, mais qu'il a rendu possible.
Face au joséphisme et aux Lumières catholiques
Joseph II et l'Église d'État
Le grand adversaire de la première moitié du règne est l'empereur Joseph II, fils de Marie-Thérèse, archétype du despote éclairé. Sa politique religieuse — le joséphisme — prétend soumettre l'Église à l'État : édit de tolérance d'octobre 1781, suppression de centaines de monastères jugés « inutiles », mise des séminaires sous contrôle public, interdiction faite aux évêques de communiquer librement avec Rome.[57][58]
Pour Pie VI, l'enjeu n'est pas la tolérance civile en elle-même, mais la prétention de l'État à régenter la vie interne de l'Église, à fermer les couvents, à former le clergé et à couper les liens avec le successeur de Pierre. C'est l'autonomie spirituelle de l'Église qui est en cause.
Le voyage à Vienne (1782)
Pie VI prend alors une décision spectaculaire : se rendre en personne à Vienne pour fléchir l'empereur. Aucun pape n'avait quitté l'Italie pour une telle démarche depuis des siècles. Il part de Rome le 27 février 1782 et arrive à Vienne le 22 mars 1782.[59] L'accueil des foules est triomphal — mais l'empereur reste de marbre.
Pie VI repart le 22 avril 1782 sans avoir rien obtenu que de vagues promesses ; selon une tradition tenace, Joseph II fait supprimer un monastère quelques heures à peine après le départ du pape.[60] Le voyage, échec diplomatique retentissant, montre les limites de la diplomatie pontificale face à un souverain résolu.
Le fébronianisme et le congrès d'Ems (1786)
La même contestation gronde en Allemagne sous le nom de fébronianisme, du pseudonyme « Justinus Febronius » derrière lequel se cachait l'évêque auxiliaire de Trèves, Johann Nikolaus von Hontheim. La thèse fébronienne réduit la primauté du pape à une présidence d'honneur et exalte l'autorité des évêques et des Églises nationales.[62]
Hontheim s'était rétracté, mais ses idées avaient gagné les princes-électeurs ecclésiastiques. En 1786, les archevêques de Mayence, Trèves, Cologne et l'archevêque de Salzbourg se réunissent au congrès d'Ems et adoptent une « Ponctuation » réclamant une large autonomie face à Rome.[63] Pie VI parvient cependant à contenir le mouvement, qui se dissout faute d'unité entre les prélats allemands eux-mêmes et faute de soutien des évêchés inférieurs, soucieux de leurs garanties romaines.
Le synode de Pistoie et la bulle Auctorem fidei (1794)
Scipione de' Ricci et le jansénisme toscan
Le plus grave assaut doctrinal vient de Toscane. Le grand-duc Pierre-Léopold — futur empereur Léopold II — y mène, avec l'évêque de Pistoie et Prato Scipione de' Ricci, un programme de « réforme » d'inspiration janséniste, fébronienne et gallicane.[64] Une lettre circulaire du grand-duc, le 26 janvier 1786, en pose le cadre ; Ricci convoque alors un synode diocésain à Pistoie, qui se tient à partir du 18 septembre 1786.[65]
Le synode adopte un programme audacieux : limitation de la primauté pontificale au profit de l'autorité épiscopale, liturgie en langue vulgaire, réduction des dévotions populaires — indulgences, processions, et notamment le culte du Sacré-Cœur visé par la sensibilité janséniste —, suppression de la plupart des ordres religieux et interdiction des vœux avant quarante ans.[66]
Les 85 propositions condamnées
Le synode de Pistoie suscite à Rome une réaction prudente mais ferme. Après huit ans d'examen, Pie VI publie le 28 août 1794 la constitution apostolique Auctorem fidei, qui condamne quatre-vingt-cinq propositions tirées des actes du synode, qualifiées d'erronées, téméraires, scandaleuses ou hérétiques selon les cas.[67]
Parmi les thèses censurées figure l'idée que l'Église ne serait infaillible que « dans la mesure où elle se conforme à l'Écriture et à la vraie tradition » — formule qui, sous couvert de fidélité, soumettait en réalité le magistère vivant à l'appréciation privée. Sont aussi condamnées la conception de l'autorité épiscopale comme indépendante du pape, la prétention à réformer unilatéralement la liturgie et les dévotions, et l'attaque contre le culte du Sacré-Cœur.[68][69] Scipione de' Ricci avait démissionné de son siège dès 1791 ; il se soumettra à l'autorité pontificale en 1805.[70]
La portée doctrinale d'Auctorem fidei
Auctorem fidei est l'acte magistériel majeur du pontificat. Il dépasse de loin la querelle toscane : il fixe pour longtemps la réponse catholique au gallicanisme, au fébronianisme et au jansénisme tardif, en réaffirmant la primauté de juridiction du pape, l'unité du magistère et la légitimité des dévotions populaires authentiques.[71] Ses condamnations entreront au recueil de Denzinger comme une référence stable de la doctrine sur l'Église, l'épiscopat et la liturgie.[72]
Le contraste est saisissant : tandis que Pie VI perd pied sur le terrain politique, il remporte sur le terrain doctrinal une victoire qui sera pleinement ratifiée par le magistère ultérieur, jusqu'au concile Vatican I de 1870. La fragilité de l'homme d'État n'a pas entamé la fermeté du docteur.
Face à la Révolution française
La Constitution civile du clergé
L'épreuve décisive vient de France. La Révolution nationalise les biens du clergé (2 novembre 1789), supprime les vœux monastiques perpétuels (février 1790), puis vote la Constitution civile du clergé (12 juillet 1790), qui réorganise l'Église de France comme une administration d'État : évêques et curés élus par les citoyens — y compris non catholiques —, diocèses redécoupés sur les départements, rupture du lien ordinaire avec Rome.[73][74]
L'Assemblée impose bientôt aux clercs un serment de fidélité à la Constitution, qui scinde le clergé français entre jureurs (« constitutionnels ») et réfractaires. Pie VI, dont la réponse se fait attendre, est accusé par les historiens d'avoir laissé son clergé dans l'embarras durant de longs mois — silence qui livra bien des consciences au désarroi.[75]
Les brefs Quod aliquantum et Charitas (1791)
Le pape rompt enfin le silence. Le 10 mars 1791, le bref Quod aliquantum condamne la Constitution civile du clergé ainsi que les principes de la Déclaration des droits de l'homme en matière de liberté religieuse et d'égalité des cultes.[76] Pie VI y rappelle qu'il a longtemps temporisé avant d'en venir à la sentence :
« Nous n'avons pas encore jusqu'ici lancé les foudres de l'Église. » — Pie VI, bref Quod aliquantum, 10 mars 1791[77]
Le 13 avril 1791, le bref Charitas déclare illégitimes les consécrations d'évêques constitutionnels, suspend les prêtres jureurs et somme le clergé de revenir à l'unité.[78] Ces deux textes consomment la rupture entre Rome et la France révolutionnaire ; le nonce Antonio Dugnani est rappelé, et les relations diplomatiques cessent.[79]
La perte d'Avignon et du Comtat Venaissin
La riposte française est immédiate. En 1791, l'Assemblée vote l'annexion d'Avignon et du Comtat Venaissin : Avignon, achetée en 1348 par Clément VI, était possession pontificale depuis plus de quatre siècles, et le Comtat Venaissin, cédé au Saint-Siège en 1273/1274, depuis plus de cinq siècles — deux souverainetés qui forment le département de Vaucluse.[80][81] Pie VI perd ainsi, du jour au lendemain, une part de son patrimoine temporel — préfiguration des amputations bien plus vastes qui suivront.
L'assassinat de Bassville (1793) et Louis XVI, « martyr » selon Pie VI
La tension dégénère en violence. En janvier 1793, une émeute romaine vise le palais Mancini, siège de l'Académie de France, et le ghetto juif ; le secrétaire de légation Nicolas-Jean Hugou de Bassville y est assassiné.[82] La Convention exploite le crime pour dresser un nouveau grief contre Rome ; la Catholic Encyclopedia reconnaît que la responsabilité de la Curie dans le désordre ne fut pas nulle.[83]
Le même mois, le 21 janvier 1793, Louis XVI monte à l'échafaud. Le 17 juin 1793, devant les cardinaux réunis en consistoire secret, Pie VI prononce l'allocution Quare lacrymae : il y salue dans le roi déchu, en ses propres termes, un martyr de la foi, frappé selon lui pour son refus de sanctionner durablement la Constitution civile du clergé.[84] La papauté et la République sont désormais en guerre ouverte de légitimité.
L'effondrement : de Tolentino à la captivité
L'invasion française et le traité de Tolentino (1797)
En 1796, le jeune général Napoléon Bonaparte envahit l'Italie et écrase les forces pontificales. Un premier armistice est conclu à Bologne le 25 juin 1796, au prix lourd de millions de francs et de l'occupation de la Romagne.[85] L'année suivante, Pie VI, sans armée, doit signer le traité de Tolentino le 19 février 1797.
Les conditions sont écrasantes : cession définitive d'Avignon, du Comtat Venaissin, et des légations de Bologne, Ferrare et de la Romagne ; versement de quinze millions de francs ; livraison à la France de centaines d'œuvres d'art et de manuscrits arrachés aux collections romaines.[86][87] L'État pontifical, mutilé et ruiné, n'est plus qu'un survivant en sursis.
La République romaine et l'enlèvement (1798)
Le sursis est bref. En décembre 1797, une émeute à Rome cause la mort du général français Léonard Duphot, fournissant le prétexte attendu.[88] Le général Berthier entre dans Rome sans résistance le 10 février 1798 et proclame la République romaine le 15 février 1798. On somme Pie VI de renoncer à toute souveraineté temporelle.[89]
Le vieux pape refuse. Le 20 février 1798, il est arraché au Vatican et conduit hors de Rome.[90] Selon une anecdote souvent reprise mais sans source primaire établie, à l'octogénaire qui demandait à mourir dans sa ville, son escorte aurait répondu qu'on peut mourir partout.[91]
Le calvaire de la déportation
Commence alors un long calvaire. De Rome, Pie VI est mené à Sienne, puis à la chartreuse de Galluzzo, près de Florence, où il séjourne de juin 1798 au printemps 1799.[92] La guerre franco-toscane le contraint à reprendre la route : Parme, Plaisance, Turin, puis la traversée des Alpes — un pape de quatre-vingt-un ans, malade, porté sur une civière par-dessus les cols enneigés.[93][94]
Il passe par Briançon, Grenoble, et atteint enfin la citadelle de Valence, dans la Drôme, prison de ses derniers jours. Tout au long de ce chemin de croix, les foules accourent, contre l'attente des autorités, pour recevoir la bénédiction du pape prisonnier : la captivité, voulue comme une humiliation, devient malgré elle un triomphe spirituel.[95]
La mort à Valence (29 août 1799)
Pie VI meurt à Valence le 29 août 1799 — 12 fructidor an VII du calendrier républicain —, à quatre-vingt-un ans, après vingt-quatre ans, six mois et quatorze jours de pontificat.[96] L'acte de décès dressé par l'administration française le nomme sobrement « Jean Ange Braschy Pie VI pontife de Rome ».[97]
Son corps embaumé n'est pas inhumé aussitôt : ce n'est qu'après le retournement politique de Bonaparte qu'il reçoit une sépulture, d'abord à Valence, avant d'être rapatrié à Rome fin 1801, à la faveur du Concordat de 1801.[98][99] Une partie de ses entrailles demeurera en France : déposées en 1811 à la cathédrale Saint-Apollinaire de Valence, où un monument commémoratif rappellerait, selon les seules relations secondaires, que ses entrailles furent rendues aux Français tandis que Rome gardait son corps — teneur rapportée dont le texte exact reste à vérifier aux archives de Valence.[100]
Le pape qui ne devait pas avoir de successeur
La crainte du « dernier pape »
La mort de Pie VI, prisonnier d'une République qui se voulait l'ennemie de toute royauté spirituelle, parut à beaucoup sceller la fin de la papauté elle-même. Rome était occupée, les États pontificaux démembrés, le Sacré Collège dispersé. Les ennemis de l'Église annonçaient que Pie VI serait le dernier pape ; certains catholiques eux-mêmes tremblaient.[101]
Or cette crainte était sans fondement. Pie VI avait pris ses précautions : par son ordonnance du 13 novembre 1798, il avait prévu que le conclave se tiendrait, faute de pouvoir siéger à Rome, dans la ville où se trouverait alors le plus grand nombre de cardinaux.[102] L'institution survivait à l'homme.
Le conclave de Venise et Pie VII
Les cardinaux se rassemblent sous la protection autrichienne, à Venise, au monastère bénédictin de San Giorgio Maggiore. Le conclave s'ouvre le 30 novembre 1799 et, après plus de trois mois, élit le 14 mars 1800 le cardinal Barnaba Chiaramonti, évêque d'Imola, qui prend le nom de Pie VII — choisi par piété filiale envers son prédécesseur mort en exil.[103] Ce sera le dernier conclave tenu hors de Rome.
Pie VII affrontera Napoléon, sera lui aussi déporté en France, mais reviendra triomphalement à Rome en 1814 et verra la chute de l'Empire. Loin d'avoir enterré la papauté, Pie VI lui avait ouvert l'âge des papes victimes des révolutions.
Le retour du corps et la postérité
Rapatrié à Rome, le corps de Pie VI reçoit des funérailles solennelles à Saint-Pierre, célébrées par Pie VII le 19 février 1802.[104] Le grand sculpteur Antonio Canova lui dédie une célèbre statue à genoux, placée devant la Confession de Saint-Pierre. En 1949, par décret de Pie XII, sa dépouille est déposée dans un sarcophage antique des grottes vaticanes, avec une inscription évoquant son exil injuste.[105][106]
La postérité a longtemps oscillé entre deux images : le prince fastueux et népotiste de l'Ancien Régime finissant, et le vieillard emporté par la Révolution et mort en exil. Les deux sont vraies. Mais c'est la seconde qui a fixé sa place dans la mémoire de l'Église : Pie VI, première grande victime pontificale de l'âge des révolutions, témoin que le Siège de Pierre ne meurt pas avec les royaumes.
Chronologie
- 25 décembre 1717Naissance à CesenaRomagne, États pontificaux
Giovanni Angelo Braschi naît, aîné des huit enfants du comte Marco Aurelio Braschi.[107]
- 21 décembre 1758Ordination sacerdotaleaprès le renoncement au mariage
Braschi est ordonné prêtre après avoir longtemps hésité entre le mariage et l'état clérical.[108]
- 1766Trésorier de la Chambre apostoliquesous Clément XIII
Il prend en charge l'une des plus puissantes fonctions financières de l'État pontifical.[109]
- 26 avril 1773Création cardinalicecardinal de Sant'Onofrio
Clément XIV le crée cardinal et l'invite à se retirer à Subiaco.[110]
- 15 février 1775Élection au pontificatil prend le nom de Pie VI
Élu après un long conclave dominé par la question jésuite, il est couronné le 22 février.[111]
- 27 février - 22 avril 1782Voyage à Vienneface à Joseph II
Pie VI se rend en personne auprès de l'empereur pour endiguer le joséphisme, sans rien obtenir.[112]
- 18 septembre 1786Synode de PistoieScipione de' Ricci
Le synode toscan adopte un programme janséniste et fébronien condamné plus tard par Rome.[113]
- 1789Érection du diocèse de Baltimorepremier siège des États-Unis
Pie VI organise l'Église des jeunes États-Unis et nomme John Carroll à Baltimore.[114]
- 10 mars 1791Bref Quod aliquantumcondamnation de la Constitution civile
Le pape condamne la Constitution civile du clergé et la Déclaration des droits de l'homme.[115]
- 13 avril 1791Bref Charitasrupture avec l'Église constitutionnelle
Pie VI déclare illégitimes les évêques constitutionnels et suspend les prêtres jureurs.[116]
- 1791Perte d'Avignonannexion par la France
La France annexe Avignon (pontificale depuis 1348) et le Comtat Venaissin (pontifical depuis 1273/1274).[117]
- janvier 1793Assassinat de Bassvilleémeute romaine
Le diplomate français Hugou de Bassville est tué à Rome ; la Convention en fait un grief.[118]
- 28 août 1794Constitution Auctorem fidei85 propositions condamnées
Pie VI condamne solennellement les thèses du synode de Pistoie.[119]
- 19 février 1797Traité de Tolentinodémembrement de l'État pontifical
Sous la pression de Bonaparte, Pie VI cède ses légations et quinze millions de francs.[120]
- 15 février 1798République romaineoccupation de Rome
Berthier proclame la République ; Pie VI refuse de renoncer à sa souveraineté.[121]
- 20 février 1798Enlèvement de Romedébut de la captivité
Le pape octogénaire est arraché au Vatican et conduit vers la Toscane.[122]
- 29 août 1799Mort à Valenceprisonnier de la République
Pie VI meurt en exil à la citadelle de Valence, après plus de vingt-quatre ans de pontificat.[123]
- 14 mars 1800Élection de Pie VIIconclave de Venise
Loin d'être le dernier pape, Pie VI a préparé l'élection de son successeur à San Giorgio Maggiore.[124]
Pour aller plus loin
- Pape Clément XIV — prédécesseur de Pie VI, le pape qui supprima la Compagnie de Jésus en 1773.
- Pape Pie VII — successeur de Pie VI, élu à Venise en 1800, affronta lui aussi Napoléon et la déportation.
- Le concile Vatican I (1869-1870) — qui définira la primauté et l'infaillibilité pontificales, confirmant la ligne d'Auctorem fidei contre le fébronianisme et le gallicanisme.
- Pape Pie VIII — pape de la première moitié du XIXᵉ siècle, héritier de l'Église sortie des révolutions.
- Pape Léon XIII — qui pensera à nouveau les rapports de l'Église et des États modernes nés de la Révolution.
Notes et sources
Notes et références
Saint-Siège, page « Pontifes — Souverains Pontifes » sur vatican.va, entrée exacte : « 250 Pie VI 15,22.II.1775 29.VIII.1799 Giannangelo Braschi Cesena (Italie) ». URL : https://www.vatican.va/content/vatican/fr/holy-father.index.html.
1 22 42 111Michael Ott, « Pope Pius VI », The Catholic Encyclopedia, vol. 12, Robert Appleton Company, New York, 1911 ; transcription New Advent : naissance à Cesena le 27 décembre 1717, famille noble appauvrie, formation jésuite, trésorier sous Clément XIII, cardinal en 1773, élection du 15 février 1775, libération de Lorenzo Ricci, joséphisme et voyage de Vienne (27 février - 22 avril 1782), concordat de 1784 pour Milan et Mantoue, fébronianisme et congrès d'Ems, synode de Pistoie et Auctorem fidei, Révolution française, armistice de Bologne (25 juin 1796), paix de Tolentino (19 février 1797), République romaine, déportation et mort à Valence le 29 août 1799. URL : https://www.newadvent.org/cathen/12131a.htm.
2 3 8 14 23 33 39 40 43 48 51 52 58 59 60 61 62 63 74 79 83 85 87 94 95 112Encyclopædia Britannica, « Pius VI » : né à Cesena le 25 décembre 1717, élu le 15 février 1775, plus long pontificat du XVIIIᵉ siècle, conflit avec Joseph II (édit de tolérance d'octobre 1781, voyage à Vienne en 1782 sans concession), Révolution française et Constitution civile du clergé condamnée le 10 mars 1791, traité de Tolentino du 19 février 1797, occupation de Rome et République romaine en 1798, mort à Valence en 1799 ; pontificat qualifié de « tragique ». URL : https://www.britannica.com/biography/Pius-VI.
4 12 24 57Wikipédia en français, article « Pie VI » (consulté en juin 2026), sections vérifiées « Grandes réalisations » (musée et inventaire de 1792, sacristie, obélisques) et « Incarcération à Valence, mort et funérailles » (itinéraire, acte de décès, inscription des entrailles) : naissance le 25 décembre 1717 à Cesena, fils du comte Marco Aurelio Tommaso Braschi et d'Anna Teresa Bandi, ordination le 21 décembre 1758, trésorier en 1766, cardinal de Sant'Onofrio le 26 avril 1773, élection le 15 février 1775, voyage à Vienne en 1782, brefs Quod aliquantum (10 mars 1791) et Caritas (13 avril 1791), annexion d'Avignon et du Comtat Venaissin en 1791, assassinat de Hugou de Bassville en janvier 1793, traité de Tolentino du 19 février 1797, assassinat du général Duphot en décembre 1797, République romaine le 15 février 1798, enlèvement le 20 février 1798, itinéraire Sienne - chartreuse de Galluzzo - Parme - Turin - Briançon - Grenoble - Valence, mort le 29 août 1799 (12 fructidor an VII) à 81 ans après 24 ans, 6 mois et 14 jours de pontificat, assèchement des marais Pontins, musée Pio-Clementino, sacristie de Saint-Pierre, inscription des entrailles à la cathédrale de Valence. URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pie_VI.
5 6 9 13 15 29 31 34 37 38 45 49 50 73 75 81 82 88 91 92 93 96 97 99 100 107 108 109 110 118 123Traité de Tolentino, 19 février 1797 : Pie VI, vaincu militairement par Bonaparte, cède définitivement à la France Avignon, le Comtat Venaissin et les légations de Bologne, Ferrare et de la Romagne, verse quinze millions de francs et livre de nombreuses œuvres d'art et manuscrits. Voir Michael Ott, « Pope Pius VI », Catholic Encyclopedia, vol. 12, 1911 ; et Wikipédia en français, article « Pie VI ». URL : https://www.newadvent.org/cathen/12131a.htm.
7 86 120Conclave de 1799-1800, tenu à Venise au monastère bénédictin de San Giorgio Maggiore sous protection autrichienne du 30 novembre 1799 au 14 mars 1800, après la mort de Pie VI en exil et l'occupation de Rome ; élection du cardinal Barnaba Chiaramonti, évêque d'Imola, qui prend le nom de Pie VII ; dernier conclave tenu hors de Rome, rendu possible par l'ordonnance du 13 novembre 1798 par laquelle Pie VI avait prévu que le conclave se réunirait, faute de pouvoir siéger à Rome, dans la ville où se trouverait le plus grand nombre de cardinaux. Voir Michael Ott, « Pope Pius VII », The Catholic Encyclopedia, vol. 12, Robert Appleton Company, New York, 1911 : « According to an ordinance issued by Pius VI, 13 Nov., 1798, the city where the largest number of cardinals was to be found at the time of his death was to be the scene of the subsequent election ». URL : https://www.newadvent.org/cathen/12132a.htm ; et Wikipedia en anglais, article « 1799–1800 papal conclave » (« ordinance issued by Pius VI in 1798 »). URL : https://en.wikipedia.org/wiki/1799%E2%80%931800_papal_conclave.
10 11 101 102 103 124Wikipedia en anglais, « Cardinals created by Pius VI » : 73 cardinaux créés en 23 consistoires ; tableau synoptique « List of creations of cardinals » (Pie VI, 1775-1799 : 23 consistoires, 73 cardinaux). URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Cardinals_created_by_Pius_VI ; https://en.wikipedia.org/wiki/List_of_creations_of_cardinals. Total de 73 confirmé par Salvador Miranda, The Cardinals of the Holy Roman Church, d'après la Hierarchia catholica : « Pius VI (1775-1799) - created 73 cardinals ». URL : http://cardinals.fiu.edu/consistories-xviii.htm.
16Wikipedia en anglais, article « Pope Pius VI », sections vérifiées « Other activities » (assèchements de Città della Pieve, Pérouse et Spolète), « Arrest and death under Napoleon » (itinéraire de la déportation) et « Reburial » (transfert de 1949) : naissance le 25 décembre 1717 à Cesena, doctorat in utroque iure en 1734, carrière curiale sous Benoît XIV et Clément XIII, cardinal le 26 avril 1773, élection le 15 février 1775, libération de Lorenzo Ricci, survie des jésuites en Russie blanche et en Prusse, érection du diocèse de Baltimore en 1789 (John Carroll), Joseph II et le voyage de Vienne, synode de Pistoie et Auctorem fidei du 28 août 1794 (85 propositions), Constitution civile du clergé, perte d'Avignon, Louis XVI salué comme martyr le 17 juin 1793, traité de Tolentino, République romaine, déportation et mort à Valence le 29 août 1799 (durée du pontificat, mort à Valence, dernier pape mort hors d'Italie à ce jour), 73 cardinaux créés, népotisme Braschi-Onesti, statue de Canova, transfert de la dépouille aux grottes vaticanes par Pie XII en 1949. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Pius_VI. Formulation « en date » volontairement révisable : un décès futur hors d'Italie rendrait la phrase caduque ; situation arrêtée en octobre 2026.
17 18 19 32 35 36 41 44 46 47 53 54 55 89 90 98 105 114 121 122Pie VI, constitution apostolique Auctorem fidei, 28 août 1794, condamnant 85 propositions tirées du synode de Pistoie (1786) comme erronées, téméraires, scandaleuses ou hérétiques selon les cas ; texte de référence du magistère contre le gallicanisme, le fébronianisme et le jansénisme tardif, repris au Denzinger-Hünermann (DH 2600-2700). Voir la notice « Synod of Pistoia » sur Wikipedia : https://en.wikipedia.org/wiki/Synod_of_Pistoia.
20 28 67 68 71 72 119Pie VI, bref Charitas (Caritas), 13 avril 1791, déclarant illégitimes les consécrations d'évêques constitutionnels, suspendant les prêtres ayant prêté le serment et appelant le clergé français à l'unité ; rupture des relations diplomatiques avec la France révolutionnaire et rappel du nonce Antonio Dugnani. Voir Wikipédia en français, article « Pie VI ». URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pie_VI.
21 27 78 116Enciclopedia dei Papi, « Pio VI », Istituto della Enciclopedia Italiana (Treccani) : notice de référence en langue italienne sur le pontificat de Giannangelo Braschi, appuyée sur les actes pontificaux et la correspondance diplomatique de 1775-1799. URL : https://www.treccani.it/enciclopedia/pio-vi/.
25Pie VI, bref Quod aliquantum, 10 mars 1791, condamnant la Constitution civile du clergé ainsi que les principes de liberté et d'égalité religieuses de la Déclaration des droits de l'homme ; le pape y souligne avoir longtemps temporisé (« Nous n'avons pas encore jusqu'ici lancé les foudres de l'Église »). Voir Wikipédia en français, articles « Pie VI » et « Quod aliquantum ». URL : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pie_VI.
26 76 77 115Élisabeth Vigée Le Brun, Souvenirs, Paris, Charpentier et Cie, 1869, t. I, chap. IV, p. 178-179 (éd. originale : Paris, H. Fournier, 1835-1837) : l'abbé Maury, pas encore cardinal, vient lui dire que le pape veut qu'elle fasse son portrait ; elle le désire infiniment mais refuse, « car il fallait que je fusse voilée pour peindre le Saint-Père, et la crainte de ne pouvoir ainsi rien faire dont je fusse contente m'obligea à refuser cet honneur. J'en eus bien du regret, car Pie VI était encore un des plus beaux hommes qu'on pût voir ». Texte en ligne : https://archive.org/details/souvenirsdemadam01vige_0.
30Archidiocèse de Baltimore, page officielle d'histoire « Father John Carroll Appointed First Bishop of Baltimore (1789) » : le 6 novembre 1789, Pie VI nomme John Carroll premier évêque catholique des États-Unis et fait de Baltimore le siège du premier diocèse. URL : https://www.archbalt.org/the-archdiocese/our-history/father-john-carroll-appointed-first-bishop-of-baltimore-1789/. Confirmé par la Catholic Review (hebdomadaire de l'archidiocèse) : « on Nov. 6, 1789, Pope Pius elevated him to bishop... the pope established the Diocese of Baltimore ». URL : https://catholicreview.org/meet-the-first-american-bishop/.
56Wikipedia en anglais, article « Synod of Pistoia » : synode convoqué par Scipione de' Ricci, évêque de Pistoie et Prato, sous le patronage du grand-duc Pierre-Léopold de Toscane ; circulaire grand-ducale du 26 janvier 1786, convocation du 31 juillet, tenue à partir du 18 septembre 1786 ; programme janséniste, fébronien et gallican (limitation de la primauté pontificale, liturgie en langue vulgaire, critique des indulgences et du culte du Sacré-Cœur, suppression des ordres religieux, vœux interdits avant 40 ans) ; 85 propositions condamnées par Auctorem fidei le 28 août 1794 ; démission de Ricci en 1791, soumission en 1805. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Synod_of_Pistoia.
64 65 66 69 70 113The Catholic Encyclopedia, article « Avignon » : Clément VI achète la ville le 9 juin 1348 à Jeanne Ire de Naples pour 80 000 florins ; le Comtat Venaissin est restitué au Saint-Siège en 1274. Voir aussi Encyclopædia Britannica, « Comtat-Venaissin », et Wikipedia, « 1791 Avignon–Comtat Venaissin status referendum » (Comtat cédé en 1273, Avignon achetée en 1348). URL : https://studylight.org/encyclopedias/eng/tce/a/avignon.html ; https://www.britannica.com/place/comtat-venaissin ; https://en.wikipedia.org/wiki/1791_Avignon%E2%80%93Comtat_Venaissin_status_referendum.
80 117Pie VI, allocution Quare lacrymae, consistoire secret du 17 juin 1793, sur la mort de Louis XVI : le pape y salue dans le roi, en ses propres termes, un martyr de la foi, frappé pour son refus de sanctionner durablement la Constitution civile du clergé. Texte italien sur vatican.va ; traduction anglaise sur The Josias. URL : https://www.vatican.va/content/pius-vi/it/documents/allocuzione-quare-lacrymae-17-giugno-1793.pdf et https://thejosias.com/2015/01/29/pius-vi-quare-lacrymae/.
84Vatican News, Andrea Tornielli, « The last time a Pope celebrated the funeral of his predecessor was in 1802 », 4 janvier 2023 : exhumation en décembre 1801, entrée triomphale du corps à Rome le 17 février 1802, funérailles solennelles à Saint-Pierre en présence de Pie VII ; Wikipédia en français, article « Pie VI », section « Incarcération à Valence, mort et funérailles » : funérailles conduites par Pie VII le 19 février 1802. URL : https://www.vaticannews.va/en/pope/news/2023-01/pope-celebrates-funeral-predecessor-1802-pius-vii.print.html.
104Wikipedia en anglais, article « Pope Pius VI », section Reburial : par décret de Pie XII, en 1949, les restes sont transférés à la chapelle de la Madone sous Saint-Pierre (grottes vaticanes) dans un sarcophage antique en marbre ; l'inscription murale dirait, en traduction anglaise : « The mortal remains of Pius VI, consumed in unjust exile, by order of Pius XII [...] in 1949 ». Teneur rapportée par la seule notice secondaire, texte mural non vérifié in situ. URL : https://en.wikipedia.org/wiki/Pope_Pius_VI.
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