Le joséphisme est la politique par laquelle Joseph II de Habsbourg-Lorraine, empereur de 1765 à 1790 et seul maître de ses États après la mort de Marie-Thérèse le 29 novembre 1780, a tenté de transformer l'Église catholique d'Autriche en un département de l'État : évêques fonctionnaires sous serment, décrets de Rome soumis au visa impérial, ordres contemplatifs supprimés et leurs biens fondus dans une caisse d'État, séminaires confisqués, liturgie réglementée jusqu'au nombre des cierges[1]. Dix ans d'un déluge de décrets — puis l'effondrement : à sa mort le 20 février 1790, « conscient de son échec », Joseph laisse « jusqu'à la monarchie elle-même en péril », la Hongrie en fermentation et la Belgique perdue[2].
Du point de vue catholique, le joséphisme n'est pas une simple réforme administrative manquée : c'est une erreur doctrinale sur la liberté de l'Église — l'idée que l'État, au nom du bonheur des sujets, serait l'administrateur-né du spirituel. La Catholic Encyclopedia le définit sans détour comme « le plus haut développement de l'appétit commun aux princes séculiers pour une Église épiscopale et territoriale »[3]. Ses thèses sœurs — primauté réduite à un primat d'honneur, Église gouvernée par le corps des fidèles — ont été condamnées proposition par proposition par Pie VI dans Auctorem fidei (28 août 1794)[4], et le concile Vatican I a défini en 1870 exactement le contraire de ce que le système supposait : une Église gouvernée par le pape et les évêques en communion avec lui, non par un empereur[5].
Cet article traite la pratique du pouvoir : ce que Joseph II a fait, avec quels hommes, quels chiffres et quels résultats. La théorie qui l'armait — la réduction fébronienne de la primauté — relève de l'article Fébronianisme ; la version française du système relève de Gallicanisme doctrinal et de Le gallicanisme (XVᵉ-XIXᵉ siècle) ; l'allié janséniste et le synode de Pistoie relèvent de Jansénisme. On y renvoie le lecteur au lieu de redoubler la matière.
Qu'est-ce que le joséphisme ?
Le mot lui-même dit tout : comme le gallicanisme vient de la Gaule et le fébronianisme de Febronius, le joséphisme vient de Joseph — non d'un théologien, mais d'un empereur. Ce n'est pas d'abord une thèse de faculté, c'est un régime appliqué à l'Église pendant dix ans, de 1780 à 1790, sur tout l'espace des Habsbourg : Autriche, Bohême, Moravie, Galicie, Hongrie, Belgique, Milanais[6].
Sa formule tient en une phrase, empruntée au conseiller aulique Joseph von Sonnenfels : « L'Église est un département de la police, qui doit servir les fins de l'État jusqu'à ce que les progrès des Lumières permettent de la relever par la police séculière »[7]. Autrement dit : la religion est utile — elle éduque les consciences là où le gendarme n'atteint pas — donc l'État la gère comme il gère les ponts et les écoles. Le canoniste Paul-Joseph Riegger fournit la base juridique : la suprématie de l'État sur l'Église dériverait d'un contrat originel (pactum unionis), en vertu duquel le gouvernement exercerait au nom de tous les individus « une certaine juridiction ecclésiastique, les Jura circa sacra »[8]. Son collègue Gmeiner ajoute le verrou : toute législation canonique contraire aux intérêts de l'État s'opposerait au droit naturel, donc à la volonté du Christ — l'Église n'aurait pas le droit de l'édicter ni l'État de l'accepter[9].
Le chancelier qui mit la théorie en décrets
L'homme qui « réduisit ces principes en pratique » s'appelle Wenzel Anton von Kaunitz, chancelier d'État pendant quarante ans à partir de 1753, « ami personnel de Voltaire, et ainsi champion zélé du gallicanisme »[10]. Sa maxime de gouvernement résume le programme :
« La suprématie de l'État sur l'Église s'étend à toutes les lois et pratiques ecclésiastiques inventées et établies par l'homme seul, et à tout ce que l'Église doit au consentement et à la sanction du pouvoir séculier. Par conséquent, l'État doit toujours avoir le pouvoir de limiter, modifier ou annuler ses concessions antérieures, chaque fois que la raison d'État, les abus ou le changement des circonstances l'exigent. » — Kaunitz, maxime rapportée par la Catholic Encyclopedia (traduction Ignispedia)[11]
Joseph « éleva ces propositions au rang de principes de gouvernement, et traita les institutions ecclésiastiques comme des services publics de l'État »[12]. Notons-le d'emblée, car l'erreur est commune : Marie-Thérèse n'était pas joséphiste. Pieuse et exacte à ses devoirs religieux, elle avait pris des mesures sévères contre certains désordres, mais « la plupart des mesures qui présageaient le joséphisme dans la dernière partie de son règne n'avaient pas son approbation » — Joseph ne voyait dans l'œuvre de sa mère que « demi-mesures et inconséquences » à porter à maturité « par des méthodes de serre chaude »[13].
Pourquoi « hérésie moderne » ?
Le joséphisme figure dans cette encyclopédie parmi les hérésies modernes non parce qu'un concile l'aurait condamné sous ce nom — aucun canon ne porte le mot — mais parce qu'il nie en acte deux vérités définies : que l'Église est une société visible gouvernée par le pape et les évêques de droit divin, et non par le prince ; et que le pouvoir des clés ne dérive ni du peuple ni de l'État. Quand ces négations s'écrivent en thèses — le pouvoir vient du corps des fidèles, le pape n'est qu'un « chef ministériel » — elles tombent sous les censures d'Auctorem fidei comme hérétiques ou schismatiques[14][15]. Le joséphisme est le bras séculier de ces thèses : il les applique sans les discuter.
Les racines : Vienne à l'école des Lumières
Le système ne naît pas en 1780 d'un caprice impérial. La Catholic Encyclopedia en fait remonter les commencements en Autriche au XIIIᵉ siècle pour l'administration des biens d'Église, « nettement marqués au XVIᵉ siècle » — puis nourris, dans la seconde moitié du XVIIIᵉ, « par la diffusion des idées fébroniennes et jansénistes, fondées sur des principes gallicans », des notions « nullement nouvelles pour de larges cercles de catholiques allemands ni pour la cour de Vienne »[16].
| Acteur | Rôle | Apport au système |
|---|---|---|
| Kaunitz (1711-1794), chancelier 1753-1792 | Bras politique | Traduit la théorie en décrets ; suprématie de l'État révocable à volonté |
| Van Swieten (1700-1772), médecin de la cour | Éducation | Janséniste, président de la commission impériale de l'éducation |
| Martini (1726-1800), professeur de droit naturel | Formation du prince | Imprègne Joseph de physiocratie, « droits de l'homme », bien-être du peuple |
| Sonnenfels (1732-1817), conseiller aulique | Doctrine | « L'Église est un département de la police » |
| Riegger (1711-1775), canoniste | Droit | Jura circa sacra dérivés du pactum unionis |
| Gmeiner (canoniste) | Verrou juridique | Le canon contraire à l'État serait contraire à la volonté du Christ |
| Rautenstrauch (1734-1785), bénédictin défroqué | Université | Studienplan de 1776, matrice des séminaires d'État |
| Hontheim-Febronius (1701-1790) | Matrice théologique | De statu ecclesiae (1763) : primauté réduite — voir Fébronianisme |
Le jeune Joseph reçoit cette formation de plein fouet : le précepteur soldat, le jésuite pédant qui « le priva de tout goût pour la religion et les études sérieuses », Martini qui l'enflamme pour la physiocratie, et surtout deux modèles — Voltaire et son « royal adepte », Frédéric II de Prusse, dont les victoires et le talent de gouvernement obsèdent le prince humilié par la supériorité intellectuelle de l'Allemagne protestante[17]. Frédéric, qui le connaissait bien, résuma la méthode de son admirateur en une formule restée célèbre :
« Il fait le second pas avant le premier. » — Frédéric II, à propos de Joseph II[18]
Le programme : l'Église comme département de l'État
Co-régent bridé par sa mère depuis 1765, Joseph voyage — Italie, France, terres de la Couronne — rencontre deux fois Frédéric, puis Catherine II en 1780, et devient enfin libre à la mort de Marie-Thérèse[19]. Il se jette alors sur l'Église avec l'idée fixe de la centralisation : souder Allemands, Slaves, Hongrois, Belges et Italiens « en une nation compacte », niveler et centraliser « les grandes et les petites choses dans toutes les directions et dans la plus grande hâte »[20].
Couper Rome : le placet et le serment
Première série de mesures, la plus décisive : isoler l'Église d'Autriche de Rome.
- Les diocèses sont ramenés à la frontière autrichienne : les évêques étrangers sont exclus, ce qui simplifie le chevauchement souvent confus des autorités diocésaines — Salzbourg et Passau perdent leurs territoires autrichiens, « coupant le dernier lien qui unissait l'Autriche à l'Empire »[21].
- L'annonce des décrets pontificaux — et même de tous les décrets ecclésiastiques — est soumise à l'approbation impériale : c'est le placet (placitum regium)[22].
- Les décisions sur les empêchements de mariage sont renvoyées aux évêques, et le mariage lui-même devient par l'Ehepatent (1783) un contrat civil hors juridiction de l'Église[23].
- La communication des évêques avec Rome et celle des ordres religieux avec leurs généraux à l'étranger sont interdites, en partie pour des raisons d'économie politique[24].
- Toutes les exemptions de la juridiction épiscopale sont abolies, et les évêques sont mis « en dépendance de l'État » par un serment obligatoire[25].
- L'acceptation des titres pontificaux et la fréquentation du Collège germanique à Rome sont interdites ; un collège allemand rival est fondé à Pavie contre l'institution romaine[26].
En 1783, à Rome même, Joseph « menaça personnellement d'établir une Église d'État indépendante »[27] : le schisme n'est plus une hypothèse d'école, c'est un moyen de pression brandi par un empereur catholique.
La tolérance de 1781 : ce qu'elle fut vraiment
Le 13 octobre 1781 paraît l'édit de tolérance : les protestants des confessions d'Augsbourg et helvétique obtiennent « une liberté limitée du culte »[28] ; les orthodoxes sont admis au bénéfice du texte, et le Toleranzpatent du 2 janvier 1782 ouvre progressivement écoles et métiers aux juifs (abolition de la taxe par tête et du chapeau juif dès 1781)[29]. Joseph accorde aussi la liberté de parole et abolit la censure — ce qui « lâche un flot de pamphlets des plus pernicieux, surtout dans la polémique ecclésiastique »[30].
Faut-il s'en réjouir ou s'en indigner ? Ni l'un ni l'autre sans nuance : l'Église ne réclame pas la persécution des dissidents, et la fin des vexations contre les juifs est un bien. Mais la tolérance joséphiste n'est pas la Dignitatis humanae avant l'heure : c'est une tolérance d'État utilitaire, accordée par le même pouvoir qui enchaîne l'Église catholique — la carotte pour les minorités, le bâton pour Rome. Le prince qui libère les cultes est celui qui colle du papier sur le bréviaire.
Les moines inutiles : la grande suppression
Le cœur financier du système, c'est la sécularisation. Un premier édit sur les « institutions oisives » (1780) interdit les ordres contemplatifs : ne subsistent que les ordres voués à l'enseignement, aux soins et aux autres œuvres pratiques[31]. En 1782, la suppression frappe « d'abord seulement les ordres contemplatifs » — puis, le Religionsfonds une fois créé, « les riches prélatures » deviennent à partir de 1783 « l'objet principal de ses suppressions »[32].
Les chiffres, sans exagération
La Catholic Encyclopedia donne les chiffres exacts et met en garde contre les exagérations courantes : sur les 915 monastères (762 d'hommes, 153 de femmes) existant en 1780 en Autriche allemande — y compris Bohême, Moravie et Galicie — 388 furent fermés (280 d'hommes, 108 de femmes)[33]. À l'échelle de tout l'Empire, plus de 700 maisons finissent supprimées et le nombre des religieux chute de 65 000 à 27 000[34]. Joseph appelait les moines « les sujets les plus dangereux et les plus inutiles de tout État » et, selon l'édit, des « créatures à tête rasée que le petit peuple adore à genoux »[35].
| Province / ensemble | Maisons avant | Maisons fermées | Part |
|---|---|---|---|
| Autriche allemande + Bohême + Moravie + Galicie (1780) | 915 (762 h, 153 f) | 388 (280 h, 108 f) | 42 % |
| Tout l'Empire (1780-1790) | — | plus de 700 | environ un tiers |
| Religieux de l'Empire | 65 000 | 27 000 restants | −58 % |
| Religionsfonds constitué | — | 35 000 000 florins | — |
| Ex-religieux à pensionner | ≤ 10 000 | 150-200 florins/an chacun | — |
Le Religionsfonds : la caisse unique
L'idée maîtresse — « l'État est l'administrateur des biens temporels de l'Église » — s'incarne dans une loi fondant en un seul grand fonds pour les besoins du culte public tous les biens des églises, maisons religieuses et fondations : le Religionsfonds[36]. Pas seulement les biens des maisons supprimées ni les biens paroissiaux : tous les biens ecclésiastiques — maisons subsistantes, chapelles, confréries, bénéfices, toutes les fondations existantes sans exception — sont réputés en faire partie[37].
Le fonds devient « la mesure pivot autour de laquelle tournent toutes les autres réformes »[38]. En pratique : les biens monastiques sont capitalisés à grande perte, le capital de chaque église et fondation publiquement inventorié, converti en obligations d'État et versé au fonds — plaçant du même coup « au service du trésor lourdement grevé » l'épargne ecclésiastique, dont Joseph se méfiait[39]. Les dots de messes, autels, oratoires, chapelles, confréries, processions et pèlerinages interdits y sont versées ; le fonds s'engage à honorer les messes fondées « partout où le fait de la fondation peut être prouvé »[40]. Les bénéfices sans charge d'âmes, les prébendes au-delà d'un nombre fixé, les dotations d'évêchés plafonnées, les revenus des bénéfices vacants : tout y passe[41].
Le bilan que dresse la Catholic Encyclopedia est sévère : le Religionsfonds « ne fut pas l'acte magnanime en faveur des besoins religieux du peuple qu'on a voulu y voir ». Formé « en consolidant presque toute la propriété de l'Église », il n'assuma « que des obligations qu'il était de toute façon du devoir de l'État de remplir » — d'autant que les institutions supprimées soulageaient déjà l'État d'une partie de ces charges. Détourné dès l'origine vers d'autres réformes comme l'enseignement, saigné par les subsides de guerre, il finit au XIXᵉ siècle par avoir besoin de l'aide de l'État, les obligations où il était placé étant tombées « au cinquième de leur valeur nominale »[42]. Ajoutons le coût social invisible : les institutions ecclésiastiques — confréries, chapelles rurales — « avaient été jusque-là les seuls prêteurs » ; paysans, artisans et mécaniciens se retrouvèrent « à la merci d'usuriers juifs et étrangers », beaucoup « aussitôt ruinés par les demandes soudaines »[43]. Un impôt écrasant sur les revenus frappe en outre dès 1788 les ordres subsistants et le clergé séculier[44].
Faut-il tout condamner en bloc ? L'honnêteté oblige à deux nuances : d'innombrables œuvres d'art furent détruites ou bradées chez les fripiers et à la Monnaie, d'innombrables bibliothèques « impitoyablement dispersées »[45] — mais le fonds finança aussi des centaines de paroisses nouvelles, les églises filiales et chapelles supprimées permettant de créer un maillage où nulle église paroissiale ne serait à plus d'une heure de marche d'aucun paroissien, avec une église pour 700 âmes[46]. Le zèle pastoral n'excuse pas la spoliation ; la spoliation n'annule pas les paroisses. Les deux sont vrais ensemble.
Le clergé fabriqué par l'État : les séminaires généraux
Si l'argent est le pivot, le clergé est le but : « l'Église d'État atteint son expression la plus complète dans l'organisation paroissiale. L'État entreprend de former et rémunérer le clergé, de présenter aux bénéfices et de régler le culte divin »[47]. Les réformes universitaires de Marie-Thérèse et le Studienplan de Rautenstrauch (1776), avec le manuel de droit canon de Riegger, « ouvrirent la voie à la création des séminaires théologiques généraux »[48].
En 1783, toutes les écoles monastiques et maisons d'études diocésaines sont supprimées ; Joseph fonde douze séminaires généraux : Vienne, Graz, Prague, Olmütz, Presbourg, Pest, Innsbruck, Fribourg, Lemberg (deux : rites grec et latin), Louvain et Pavie[49]. Ce sont des internats (Konvikte) rattachés aux universités, cinq ans d'études suivis d'un an en maison de formation épiscopale (Priesterhaus) ou en monastère ; « les principes des directeurs étaient libéraux, conformes à la théologie rationaliste de l'État »[50]. Les novices, éduqués aux frais de l'État dans ces séminaires, « perdaient pour la plupart leur vocation monastique » — d'où la vive opposition des fondations (Stifte) et des monastères[51].
Le cas de Louvain tourne au désastre politique : le séminaire général y « fut finalement la cause d'une guerre civile et de la révolte de la Belgique », après condamnation de ses doctrines par le cardinal de Franckenberg[52]. Ajoutons la mise au point historiographique de la Catholic Encyclopedia : les récits de dépravation effroyable colportés par l'ancienne littérature catholique (Theiner, Brunner, Brück, Stöckl) sont « en partie des exagérations de fautes et de bévues bien réelles », mais « pour une part considérable fondés sur des faux inventés pour attiser les flammes couvantes de la révolution belge » — des séminaires dénoncés comme les pires, comme Fribourg et Vienne, se révélèrent « parmi les meilleurs », et l'on rapporta « les abus les plus effroyables » d'un séminaire de Rottenberg au Tyrol « alors qu'il n'y eut jamais de séminaire en ce lieu »[53]. L'honnêteté catholique exige de ne pas repasser ces faux : le vrai suffit. Vraies ou fausses, ces accusations — « mais surtout l'épuisement du Religionsfonds » — précipitèrent la suppression des séminaires en 1790[54].
Le culte réglementé : le « Frère Sacristain »
C'est ici que le système devient presque comique, s'il n'était tragique : l'édit de tolérance de 1781 accorde à toutes les confessions « le libre exercice de leur religion et les droits civils » — et dans le même temps, « une série de règlements mesquins sur le culte divin prescrivent le nombre des cierges, la longueur et le style des sermons, les prières et les cantiques »[55]. Autels superflus, vêtements et images trop somptueux : à enlever. Bréviaire : « divers passages devaient recevoir du papier collé par-dessus ». Questions dogmatiques : exclues de la chaire — d'où l'on annoncera en revanche « toutes les proclamations du gouvernement »[56].
Frédéric le Grand, qui avait le mot cruel, baptisa son collègue empereur « Notre Frère le Sacristain » — et la Catholic Encyclopedia note que Joseph « croyait sincèrement créer ainsi un culte purifié, sans jamais prêter attention au mécontentement de son peuple ni aux sarcasmes des non-catholiques »[57]. Retenons la leçon : le césaro-papisme ne se contente jamais d'encadrer l'Église de l'extérieur ; il finit toujours par prêcher à sa place, jusque dans le sermon du dimanche.
Pie VI à Vienne (1782) : le pape qui se déplace pour rien
L'alarme est si grande à Rome que Pie VI prend une décision exceptionnelle : aller en personne à Vienne. Parti de Rome le 27 février 1782, magnifiquement reçu par l'empereur, il n'obtient rien — « son voyage fut infructueux » et « la suppression des riches prélatures » continue de plus belle[58]. Joseph « se montra bon catholique » dans les formes et « refusa de se laisser influencer » sur le fond[59]. L'épisode compte dans l'histoire du pontificat : jamais un pape n'était allé ainsi au-devant d'un souverain pour le supplier d'épargner l'Église — voir l'article Pie VI. Et l'année suivante, c'est Joseph qui, à Rome, menace de schisme : l'humilité du pape n'a pas désarmé l'empereur, elle a seulement mesuré l'obstination.
Les enfants du joséphisme : Pistoie et Ems (1786)
Le joséphisme essaime au-delà de l'Autriche, la même année 1786, sur deux fronts. On ne fait ici que les situer : le détail appartient aux articles voisins.
- Pistoie : Léopold de Toscane, frère de Joseph et grand-duc depuis 1765, « menait la politique ecclésiastique de son frère » — s'arrogeant « en pratique l'autorité suprême sur toutes les matières ecclésiastiques de ses domaines »[60]. Sa circulaire du 26 janvier 1786 en 57 articles soumet aux évêques son plan de réforme ; l'évêque Scipione de' Ricci réunit le synode de Pistoie (1786), dont les décrets, « quintessence du gallicanisme et de l'hérésie janséniste », seront réprouvés par la bulle Auctorem fidei (1794)[61]. Voir Jansénisme.
- Ems : le 25 août 1786, les représentants des trois électeurs ecclésiastiques (Mayence, Cologne, Trèves) et du prince-évêque de Salzbourg signent la Ponctuation d'Ems en 23 articles, qui visait à rendre les archevêques allemands « pratiquement indépendants de Rome »[62]. Voir Fébronianisme.
Ajoutons le chaînon romain : dès le 28 novembre 1786, Pie VI condamne par le bref Super soliditate le manuel fébronien d'Eybel, relais autrichien de la doctrine[63]. L'étau doctrinal se resserre ; le bras séculier, lui, ne desserre pas.
L'effondrement (1790) et la longue survie
En 1790, tout craque ensemble : la Hongrie fermente, la Belgique est perdue, les autres provinces sont « en état de violent mécontentement »[64]. Joseph, « après un règne de dix ans et pleinement conscient de son échec, termina sa malheureuse et solitaire existence » le 20 février 1790[65]. Son frère Léopold II, monté sur le trône, révoque l'essentiel — dont les séminaires généraux — tout en gardant ce qui peut l'être ; le concordat toscan de 1851 règle ensuite le cas de la Toscane[66].
Mais « bien qu'en général le système joséphiste s'effondrât, ses principes essentiels demeurent » : l'effort d'union des terres autrichiennes en est un fruit, et « l'attitude de l'État du XIXᵉ siècle envers l'Église » en est un autre[67]. Concrètement, la législation joséphiste survit par lambeaux jusqu'au Concordat du 18 août 1855, qui « balaya toute la législation joséphiste » et reconnut dès son article premier « tous les droits et prérogatives que l'Église catholique tient du droit canon »[68]. Soixante-cinq ans après la mort de l'empereur : mesure la ténacité d'un système qui se croyait provisoire.
- 1763Febronius publiela matrice théorique
Hontheim, sous le pseudonyme de Febronius, fait paraître le De statu ecclesiae : primauté réduite, concile et princes promus. Voir Fébronianisme.
- 29 novembre 1780Joseph seul maîtremort de Marie-Thérèse
Co-régent bridé depuis 1765, Joseph devient libre d'appliquer son programme de centralisation et de « serre chaude »[69].
- 13 octobre 1781Édit de toléranceluthériens, calvinistes, orthodoxes
Liberté limitée du culte pour les deux confessions protestantes reconnues à Westphalie et pour les orthodoxes[70] ; Toleranzpatent juif le 2 janvier 1782[71].
- 1782Pie VI à Viennele voyage infructueux
Le pape se déplace en personne ; suppressions et séminaires d'État continuent. Voir Pie VI.
- 1783L'année du rouleau compresseurséminaires, confréries, Ehepatent
- 1786Pistoie, Ems, Super soliditatel'essaim et la riposte
- 20 février 1790Mort de Joseph IIl'aveu d'échec
- 28 août 1794Pie VI : Auctorem fidei85 propositions condamnées
Les thèses sœurs du système — pouvoir venu du corps, pape « chef ministériel » — censurées une par une[79].
- 18 août 1855Concordat d'Autricheabrogation de la législation joséphiste
L'article premier reconnaît tous les droits que l'Église tient du droit canon[80].
Le jugement de l'Église : pourquoi c'est une erreur
Le joséphisme ne se réfute pas d'abord par ses résultats — les ruines, les révoltes, les faux séminaires — mais par son principe : l'État serait, de par un contrat originel, le tuteur-né de la religion. Or l'Église tient de son Fondateur, et non d'une concession du prince, le droit de se gouverner : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » (Mt 16, 18). Vatican I l'a défini contre toutes les variantes du système : le pape possède une primauté de juridiction « ordinaire, suprême, plénière, immédiate et universelle », et ses définitions ex cathedra sont irréformables « par elles-mêmes, et non en vertu du consentement de l'Église »[81]. Vatican II ajoute le verrou collégial : le collège des évêques n'a d'autorité qu'« avec sa tête, le pontife romain, et jamais sans cette tête »[82]. Le droit en vigueur tire les conséquences : le can. 331 (pouvoir suprême du pape), les cann. 336-341 (le collège et son chef), le can. 751 (le schisme, c'est « le refus de soumission au Pontife Suprême »), le can. 752 (la soumission religieuse due même au magistère non définitif)[83].
| Thèse joséphiste | Ce qu'elle nie | Réponse du magistère |
|---|---|---|
| L'État administre les biens et les lois de l'Église (pactum unionis, Jura circa sacra) | La société visible gouvernée de droit divin par pasteurs propres | Pastor aeternus (1870) : juridiction universelle immédiate du pape ; Concordat de 1855, art. 1 : droits tenus du droit canon[84][85] |
| Décrets de Rome soumis au placet ; évêques sous serment ; communications interdites | La communion hiérarchique avec Pierre et entre pasteurs | Lumen Gentium 22 : jamais sans la tête ; CIC can. 751 : le refus de soumission, c'est le schisme[86][87] |
| Séminaires et culte fabriqués par l'État ; dogme exclu de la chaire | La mission d'enseigner reçue du Christ, non déléguée par l'empereur | CIC can. 752 : soumission religieuse au magistère authentique ; Auctorem fidei props II-III : pouvoir non dérivé du corps[88][89] |
| Moines « inutiles » supprimés par décret d'utilité | Le conseil évangélique comme bien propre de l'Église | L'État juge l'utilité publique, non la fécondité surnaturelle ; spoliation « répréhensible » même quand « moins choquante » que d'autres[90] |
Discerner les résidus aujourd'hui
Le système est mort ; ses réflexes survivent sous des formes diffuses :
- L'étatisme ecclésial : attendre de l'État — subventions, statuts, labels — qu'il organise la vie de l'Église, puis s'étonner qu'il y mette ses conditions. La juste coopération (concordats, Gaudium et Spes 76) devient joséphiste quand l'argent public achète le silence doctrinal[91].
- Le placet d'humeur : trier les décisions romaines selon leur conformité supposée à l'esprit du temps, comme Joseph triait les décrets pontificaux selon la raison d'État. Le critère tranche tous les cas : l'appel à Rome reste-t-il ouvert, et la décision romaine tranche-t-elle ?
- Le pastoralisme utilitaire : juger les ordres contemplatifs, les vocations, les œuvres à leur « utilité sociale mesurable » — exactement le critère de l'édit sur les « institutions oisives ». L'Église, elle, mesure autrement : « Marie a choisi la meilleure part » (Lc 10, 42).
Inversement, tout ce qui n'est pas le système n'est pas le système : la création de paroisses là où il en manque, la formation sérieuse du clergé, la fin des vexations contre les minorités et une saine autonomie du temporel appartiennent à la vie normale de l'Église et même à son devoir. Le joséphisme ne consistait pas à bien administrer — il consistait à administrer à la place de l'Église, contre elle quand elle résistait, sans elle quand elle se taisait.
Pour aller plus loin
- La matrice théorique : Fébronianisme
- La version française du système : Gallicanisme doctrinal, Le gallicanisme (XVᵉ-XIXᵉ siècle)
- L'allié janséniste et Pistoie : Jansénisme
- Le pape qui alla à Vienne : Pie VI
- Les héritiers du XIXᵉ siècle : Libéralisme catholique condamné, Modernisme
Notes et références
Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », New York, Robert Appleton, 1910, via newadvent.org/cathen/08508b.htm, section « Ecclesiastical policy : Its development » : Joseph « traita les institutions ecclésiastiques comme des services publics de l'État » (traduction Ignispedia).
1Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité, section « Historical importance » : « After a reign of ten years and fully aware of his failure, he ended his unhappy and lonely existence (20 February, 1790), leaving even the monarchy itself in peril. Hungary was in a ferment; Belgium had just been lost » (traduction Ignispedia).
2 65 77Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : le joséphisme « n'est rien d'autre que le plus haut développement de l'appétit commun aux princes séculiers pour une Église épiscopale et territoriale » — « nothing else than the highest development of the craving common among secular princes after an episcopal and territorial church » (traduction Ignispedia).
3« Auctorem Fidei », The Catholic Encyclopedia, t. 1, New York, Robert Appleton, 1907, via newadvent : bulle du 28 août 1794, « 85 articles tirés du synode de Pistoie catalogués et condamnés ».
4 79Concile Vatican I, constitution dogmatique Pastor aeternus, 18 juillet 1870 (DH 3050-3075) : primauté de juridiction ordinaire, suprême, plénière, immédiate et universelle (ch. 1-3) ; définitions ex sese, non autem ex consensu Ecclesiae, irreformabiles (ch. 4, DH 3074).
5 81 84Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : foyer de l'entreprise — Autriche, Bohême, Moravie, Galicie, Hongrie, Belgique, Italie (Milanais, Pavie, Toscane du frère Léopold) (traduction Ignispedia).
6Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « The Church is a department of police, which must serve the aims of the State until such time as the enlightenment of the people permit of its relief by the secular police » (Sonnenfels) (traduction Ignispedia).
7Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : Riegger « dériva la suprématie de l'État sur l'Église de la théorie d'un contrat originel (pactum unionis), en vertu duquel le Gouvernement exerce au nom de tous les individus une certaine juridiction ecclésiastique, les Jura circa sacra » (traduction Ignispedia).
8Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : théorie de Gmeiner — « toute législation canonique qui entre en conflit avec les intérêts de l'État s'oppose au droit naturel, et donc à la volonté du Christ » (traduction Ignispedia).
9Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « Prince Kaunitz, the chancellor of state, who directed Austrian politics for forty years from 1753, was a personal friend of Voltaire, and thus a zealous champion of Gallicanism » (traduction Ignispedia).
10Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « The supremacy of the State over the Church extends to all ecclesiastical laws and practices devised and established solely by man [...] the State must always have the power to limit, alter, or annul its former concessions, whenever reasons of state, abuses, or altered circumstances demand it » (traduction Ignispedia).
11Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « Joseph raised these propositions to principles of government, and treated ecclesiastical institutions as public departments of the State » (traduction Ignispedia).
12Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « Maria Theresa has been incorrectly represented as favouring Josephinism. Most of the measures that presaged Josephinism in the latter part of her reign had not her approval » ; et Joseph ne voyait dans ses réformes que « half measures and inconsistencies » à porter à maturité « by hot-house methods » (traduction Ignispedia).
13Pie VI, Auctorem fidei, prop. II, 28 août 1794 : le pouvoir donné par Dieu à l'Église pour être communiqué aux pasteurs, « en ce sens que de la communauté des fidèles dérive dans les pasteurs le pouvoir de ministère » — hérétique. Traduction Ignispedia sur le texte vérifié.
14 89Pie VI, Auctorem fidei, prop. III, 28 août 1794 : le pontife romain « chef ministériel », ne recevant pas du Christ en Pierre mais de l'Église son pouvoir — hérétique. Traduction Ignispedia sur le texte vérifié.
15Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : commencements traçables au XIIIᵉ siècle, « clearly marked in the sixteenth, especially so far as the administration of church property was concerned », puis « fostered in the second half of the eighteenth century by the spread of Febronian and Jansenist ideas, based on Gallican principles » (traduction Ignispedia).
16Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité, section « Development of character » : Martini « found in him an eager student of physiocracy », enthousiasme pour « the rights of man » ; influence des Lumières françaises, « especially in the persons of Voltaire and his royal adept, Frederick the Great » (traduction Ignispedia).
17Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « Frederick II said of Joseph: "He takes the second step before the first" » (traduction Ignispedia).
18Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : après 1765 Joseph n'administre que « the business routine and the military affairs » ; voyages en Italie, France, terres de la Couronne ; deux rencontres avec Frédéric, Catherine II en 1780 ; à la mort de sa mère, « Joseph was free » (traduction Ignispedia).
19 69Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : souder les peuples en « one compact nation », « level and centralize great and small things in every direction and in the greatest haste » (traduction Ignispedia).
20Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « Bishoprics, religious orders, and benefices were limited by the Austrian boundary. Non-Austrian bishops were excluded » ; en retranchant les territoires autrichiens de Salzbourg et Passau, « he severed the last tie which united Austria with the empire » (traduction Ignispedia).
21Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « The announcement of papal, in fact of all ecclesiastical, decrees, was made dependent on imperial approval (see PLACET) » (traduction Ignispedia).
22Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « decisions on impediments to marriage were referred to the bishops » ; « Church courts were abolished and marriage was defined as a civil contract outside the jurisdiction of the Church » ; « In his Ehepatent Joseph created the Austrian marriage law » (traduction Ignispedia).
23 74Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « the communication of the bishops with Rome, and of the religious orders with their generals in foreign countries, was forbidden, partly from considerations of political economy » (traduction Ignispedia).
24Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « he abolished all exemptions from episcopal authority and by an obligatory oath brought the bishops into dependence on the State » (traduction Ignispedia).
25Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « The acceptance of papal titles and attendance at the German College in Rome were forbidden, and a German College was established at Pavia in opposition to the Roman institution » (traduction Ignispedia).
26Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « In 1783, while at Rome, Joseph personally threatened that he would establish an independent state-church » (traduction Ignispedia).
27German History in Documents and Images : édit de tolérance du 13 octobre 1781 étendu aux luthériens et calvinistes (les deux confessions reconnues à Westphalie) et aux orthodoxes ; Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « The Edict of Toleration of 1781 granted to all denominations the free exercise of their religion and civil rights ».
28 70Jewish Encyclopedia (1901), art. « Toleranzpatent » : Toleranzpatent du 2 janvier 1782 — suppression progressive des restrictions, écoles ouvertes aux juifs ; taxe par tête et insigne juif abolis dès 1781.
29 71Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « he abolished the censorship and permitted freedom of speech, a measure which loosed a flood of pamphlets of the most pernicious kind, especially in ecclesiastical polemics » (traduction Ignispedia).
30« Edict on Idle Institutions », Wikipédia : édit promulgué en 1780 proscrivant les ordres contemplatifs ; seuls subsistent les ordres voués à l'enseignement, aux soins et aux œuvres pratiques.
31Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « The suppression of the religious houses in 1782 affected at first only the contemplative orders » ; « In the foreground stood "the wealthy prelacies", which from 1783 were the chief object of his suppressions » (traduction Ignispedia).
32Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « Of the 915 monasteries (762 for men, and 153 for women) existing in 1780 in German Austria (including Bohemia, Moravia, and Galicia), 388 (280 for men, 108 for women) were closed — figures which are often greatly exaggerated ».
33Citizendium, art. « Joseph II » : « he suppressed a third of the monasteries (over 700 were closed) and reduced the number of monks and nuns from 65,000 to 27,000 » ; même ordre de grandeur chez Hungarian Conservative (« Understanding the Religious Reforms of Joseph II »).
34« Edict on Idle Institutions », Wikipédia : Joseph appelait les moines « the most dangerous and useless subjects in every state » et des « shaven-headed creatures whom the common people worship on bended knees ».
35Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « The State is the administrator of the temporal property of the Church. Joseph embodied this idea in a law merging the funds of all churches, religious houses, and endowments within his territories, into one great fund [...] called the Religionsfonds » (traduction Ignispedia).
36Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « all ecclesiastical property — the still remaining religious houses, chapels, confraternities, and benefices, and all existing religious endowments whatsoever — was held to be part of the new fund » (traduction Ignispedia).
37Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « This fund was the pivot measure around which all other reforms turned » (traduction Ignispedia).
38Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « The capital of every church and foundation had to be described publicly, converted into national bonds, and invested in the "religious fund" » (traduction Ignispedia).
39Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : les dots de messes, autels, oratoires, chapelles, confréries, processions, pèlerinages et dévotions interdites vont au fonds, « which undertook to satisfy the provisions for Masses, wherever the fact of endowment could be proved » (traduction Ignispedia).
40Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « Benefices without cure of souls, prebends in the larger churches, and all canonries above a fixed number [...] were forfeited to the "religious fund" » ; « A maximum was fixed for the endowment of bishoprics, the surplus being turned over » ; revenus des bénéfices vacants reversés (traduction Ignispedia).
41Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « The Religionsfonds was not the magnanimous act in favour of the religious needs of the people that it is held to have been » ; « the national bonds, in which the "religious fund" had been chiefly invested, had sunk to one-fifth of their face value » (traduction Ignispedia).
42Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « the ecclesiastical institutions (e.g. the confraternities, chapels and churches in the country districts) had been the only moneylenders. Peasants, mechanics, and artisans were now placed at the mercy of usurious Jews and foreigners » (traduction Ignispedia).
43Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « From 1788 it [a tax] was imposed on the still existing religious orders and on the secular clergy » — impôt « meant to divert into the coffers of the "religious fund" all revenues [...] not absolutely necessary for the support of life » (traduction Ignispedia).
44Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « Countless works of art were destroyed or found their way to second-hand dealers or the mint, numberless libraries were pitilessly scattered » (traduction Ignispedia).
45Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « No parish church was to be over an hour's walk from any parishioner; and a church was to be provided for every 700 souls » ; les monastères subsistants « bore the main burden of the parochial organization » (traduction Ignispedia).
46Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « The state-church reached its fullest expression in the parochial organization. The State undertook to train and remunerate the clergy, to present to livings, and to regulate Divine service » (traduction Ignispedia).
47Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « The academic reforms of Maria Theresa (Studienreform) and of Rautenstrauch (Studienplan) in 1776, and the introduction of Riegger's "Manual of Canon Law", paved the way for the creation of the general theological seminaries » (traduction Ignispedia).
48Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « Joseph founded twelve: at Vienna, Graz, Prague, Olmütz, Presburg, Pesth, Innsbruck, Freiburg, Lemberg (two for Galicia, Greek and Latin Rites), Louvain, and Pavia. In 1783 all the monastic schools and diocesan houses of studies were suppressed » (traduction Ignispedia).
49 72Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « The principles of the seminary directors were Liberal, in keeping with the rationalistic theology of the State » ; « Five years of study in the seminary were followed by one in the bishop's training-house (Priesterhaus) or in a monastery » (traduction Ignispedia).
50Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « Sharp opposition arose, especially on the part of the ecclesiastical foundations (Stifte) and the monasteries. The novices, educated at their expense in the general seminaries, for the most part lost their monastic vocation » (traduction Ignispedia).
51Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « at Louvain the general seminary was eventually the cause of a civil war and of the revolt of Belgium » ; doctrines du séminaire condamnées par le cardinal de Franckenberg (cf. Catholic Encyclopedia, art. « Mechlin » : Joseph II « created the General Seminary of Louvain (1786), the doctrines of which were condemned by Cardinal de Frankenberg »).
52Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : les récits de dépravation (Theiner, Brunner, Brück, Stöckl) « are in part exaggerations of faults and blunders that were real enough; to a considerable extent, however, they are based on forgeries invented for the purpose of stirring up the smouldering flames of the Belgian Revolution » ; « Seminaries like those of Freiburg and Vienna [...] it has been since proved that they were among the best » ; « The most appalling abuses were reported of a seminary at Rottenburg in the Tyrol, though there was never a seminary in the place » (traduction Ignispedia).
53Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « These accusations, true or false, but chiefly the exhaustion of the "religious fund", hastened their suppression in 1790 » (traduction Ignispedia).
54 78Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « at the same time a series of petty regulations concerning Divine service prescribed the number of the candles, the length and style of the sermons, the prayers, and hymns. All superfluous altars and all gorgeous vestments and images were to be removed; various passages in the Breviary were to have paper pasted over them » (traduction Ignispedia).
55Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « dogmatic questions were excluded from the pulpit, from which, on the other hand, all government proclamations were to be announced » (traduction Ignispedia).
56Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « "Our Brother the Sacristan", as Frederick the Great named Joseph, sincerely believed that in doing this he was creating a purified Divine service, and never heeded the discontent of his people and the sneers of non-Catholics » (traduction Ignispedia).
57Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « The journey of Pius VI to Vienna was fruitless » ; McClintock-Strong Cyclopedia, art. « Josephinism » : « in January 1782, pope Pius VI went in person to Vienna » ; parti de Rome le 27 février 1782, reçu avec magnificence, sans résultat sur les réformes.
58« Pope Pius VI : Reign and Legacy » (résumé de la Catholic Encyclopedia, art. « Pius VI ») : Joseph « received the pope politely, and showed himself a good Catholic, but refused to be influenced ». Voir l'article Pie VI.
59Catholic Encyclopedia, art. « Auctorem Fidei », t. 1, 1907, cité : « Leopold II, Grand duke of Tuscany (1765-90), pursued the ecclesiastical policy of his brother, Joseph II of Austria; i.e. he practically arrogated to himself supreme authority over all ecclesiastical matters within his dominions » (traduction Ignispedia).
60« Jansenism », The Catholic Encyclopedia (via TraditionalCatholic.net) : le synode de Pistoie (1786), dont les décrets sont « at once the quintessence of Gallicanism and of the heresy of Jansenism », réprouvés par Auctorem fidei (1794) ; McClintock-Strong, art. « Pistoja, Synod of » : circulaire de Léopold du 26 janvier 1786 en 57 articles. Voir Jansénisme.
61Catholic Encyclopedia, art. « Congress of Ems », cité : le 25 août 1786, les représentants signent la « Punctation of Ems », « consisting of twenty-three articles which aimed at making the German archbishops practically independent of Rome » (traduction Ignispedia). Voir Fébronianisme.
62 75Pie VI, bref Super soliditate, 28 novembre 1786 : condamnation du manuel fébronien d'Eybel (Introductio in jus ecclesiasticum). Cf. article Gallicanisme doctrinal.
63 76Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « Hungary was in a ferment; Belgium had just been lost; other provinces were in a state of violent discontent » (traduction Ignispedia).
64« Concordat », Wikipédia (d'après la Catholic Encyclopedia) : le concordat toscan de 1851 abolit la législation ecclésiastique de Léopold II, « nearly the same as that of Joseph II in Austria ».
66Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « But though in general the Josephinist system collapsed, its essential principles remain: the efforts for union among all the lands of Austria are one result of the system; another is the attitude of the nineteenth-century State towards the Church » (traduction Ignispedia).
67« Concordat » / « Austria », Wikipédia (d'après la Catholic Encyclopedia) : Concordat signé le 18 août 1855 — « did away with the whole Josephine legislation, and recognized, in its first article, all the rights and prerogatives which the R. C. Church derived from the canon law ».
68 80 85Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « the suppression of the confraternities (1783) was likewise a financial failure. They were looked upon as sources of superstition and religious fanaticism; half their property was allotted to educational purposes, the other half was given over [...] to a new "Single Charitable Association" » (traduction Ignispedia).
73Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen Gentium, § 22, 21 novembre 1964 : le collège épiscopal n'a d'autorité que « simul cum capite suo Romano Pontifice et numquam sine hoc capite » (avec sa tête, le pontife romain, et jamais sans cette tête).
82 86CIC 1983, cann. 331, 333, 336-341 (vatican.va) : le pape chef du Collège, pouvoir suprême et universel ; le collège n'agit qu'avec son chef et jamais sans lui. Cf. article Gallicanisme doctrinal.
83CIC 1983, can. 751 (vatican.va) : « On appelle [...] schisme, le refus de soumission au Pontife Suprême ou de communion avec les membres de l'Église qui lui sont soumis. »
87CIC 1983, can. 752 (vatican.va) : soumission religieuse de l'intelligence et de la volonté due aux doctrines du Pontife Suprême ou du Collège, même sans proclamation par acte décisif.
88Catholic Encyclopedia, art. « Joseph II », cité : « The secularization under Joseph, if less offensive than other well-known secularizations, is nevertheless reprehensible » (traduction Ignispedia).
90Concile Vatican II, constitution pastorale Gaudium et Spes, § 76, 7 décembre 1965 : juste autonomie des réalités terrestres ; refus d'une autonomie qui ferait de la communauté politique l'arbitre des questions religieuses.
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