Le libéralisme catholique est la doctrine du XIXᵉ siècle qui voulut concilier l'Église avec les libertés issues de la Révolution : liberté de conscience, liberté de la presse, séparation de l'Église et de l'État. Née autour du prêtre Félicité de Lamennais et de son journal L'Avenir (1830-1831), elle fut condamnée par Grégoire XVI (Mirari vos, 1832 ; Singulari nos, 1834), puis par Pie IX (Quanta cura et le Syllabus, 1864), avant que Léon XIII (Immortale Dei, 1885 ; Libertas, 1888) ne fixe la distinction décisive entre la vraie liberté et la licence libérale[1].
Ce n'est ni le gallicanisme ni le joséphisme : là où ces doctrines soumettaient l'Église à l'État, le libéralisme catholique veut au contraire une Église libre — mais au prix d'ériger les libertés modernes en droits absolus, y compris contre l'autorité de l'Église elle-même. C'est ce point précis que le magistère a condamné, jamais l'amour de la liberté ni l'engagement des catholiques dans la cité[2].
Deux destins illustrent le dossier : Lamennais, qui refusa de se soumettre et mourut hors de l'Église en 1854, et ses deux disciples, Henri Lacordaire et Charles de Montalembert, qui acceptèrent le jugement de Rome et restèrent catholiques — l'un comme restaurateur des dominicains en France, l'autre comme défenseur des libertés dans la fidélité[3].
De l'ultramontain au libéral : Lamennais avant 1830
L'Essai sur l'indifférence et le « sens commun »
Félicité Robert de Lamennais naît à Saint-Malo le 19 juin 1782 et est ordonné prêtre en 1817[4]. La même année paraît le premier tome de son Essai sur l'indifférence en matière de religion (le second suivra en 1823) : contre les incrédules, il y soutient que la raison individuelle ne suffit pas à atteindre la vérité religieuse et qu'il faut s'en remettre à l'autorité du consentement universel, le « sens commun » du genre humain[5]. Le livre est un triomphe : il fait de son auteur, en quelques mois, le défenseur le plus célèbre de la foi en France.
Mais le système porte sa faille : en rabaissant la raison individuelle au profit de l'autorité extérieure, le premier Lamennais frôle le fidéisme et prépare ce que l'Église condamnera plus tard sous le nom de traditionalisme philosophique — la raison ne pouvant plus rien prouver par elle-même[6]. Quand l'autorité à laquelle il se soumet changera, tout le système basculera avec elle.
L'ultramontain de la Restauration
Sous la Restauration, Lamennais est l'ultramontain le plus ardent du royaume : dans De la religion considérée dans ses rapports avec l'ordre politique et civil (1825-1826), il défend l'alliance du trône et de l'autel et la pleine liberté de l'Église face au gallicanisme des Bourbons[7]. Puis vient la rupture : les ordonnances de 1828 contre les jésuites et les petits séminaires le convainquent que les trônes trahissent l'autel. En 1829, Les Progrès de la révolution et de la guerre contre l'Église consomme le retournement : puisque les rois abandonnent l'Église, l'Église doit se passer des rois — et chercher l'appui des peuples et des libertés[8]. La révolution de Juillet 1830 lui donne son heure.
L'Avenir : « Dieu et la liberté » (1830-1831)
Le programme : séparation, libertés, suffrage
Le 16 octobre 1830, Lamennais fonde avec deux jeunes disciples, l'abbé Henri Lacordaire et le comte Charles de Montalembert, le quotidien L'Avenir, sous la devise « Dieu et la liberté »[9]. Le programme est net : séparation complète de l'Église et de l'État, liberté de conscience, liberté de la presse, liberté d'enseignement, suffrage universel, décentralisation. L'argument est habile : seule une Église dégagée de l'étreinte des pouvoirs pourra être vraiment libre ; or les libertés modernes, réclamées pour tous, profiteront à l'Église comme à tous[10].
« Dieu et la liberté » — Devise de L'Avenir, en tête du journal, 16 octobre 1830[11]
Lamennais double le journal d'une Agence générale pour la défense de la liberté religieuse, véritable machine de guerre judiciaire et médiatique. En quelques mois, L'Avenir devient le journal le plus discuté d'Europe — et le plus surveillé à Rome, où l'on s'alarme de voir un prêtre exalter des libertés que l'Église vient de voir servir à persécuter[12].
Le pèlerinage à Rome et la suspension
Attaqués par l'épiscopat français, les trois rédacteurs suspendent le journal le 15 novembre 1831 et partent soumettre leur cause au pape lui-même : c'est le fameux « pèlerinage à Rome » de la fin 1831[13]. À Rome, l'accueil est glacial. Lacordaire puis Montalembert se détachent et rentrent ; Lamennais s'obstine, attend des mois une réponse qui ne vient pas, et apprend la condamnation alors qu'il séjourne à Munich : le 15 août 1832, Grégoire XVI publie l'encyclique Mirari vos[14].
Mirari vos (1832) et Singulari nos (1834)
Ce que condamne Mirari vos
L'encyclique ne nomme ni Lamennais ni son journal, mais chacun reconnaît les thèses de L'Avenir sous les erreurs condamnées : l'indifférentisme (toutes les religions se valent), la liberté de conscience érigée en droit absolu, la liberté illimitée de la presse, et le mépris de l'autorité des princes[15]. Le passage le plus célèbre vise la liberté de conscience :
« De cette source empoisonnée de l'indifférentisme découle cette maxime absurde et erronée, ou plutôt ce délire : qu'il faut assurer et revendiquer à chacun la liberté de conscience. » — Grégoire XVI, Mirari vos, 15 août 1832[16]
Le tableau suivant résume la condamnation, thèse par thèse :
| Thèse de L'Avenir | Réponse de Mirari vos (1832) |
|---|---|
| La liberté de conscience est un droit pour chacun | « Maxime absurde et erronée », fruit de l'indifférentisme |
| La liberté de la presse ne doit connaître aucune limite | Liberté « funeste », source d'erreurs et de sédition |
| Toutes les religions ont droit au même traitement public | L'indifférentisme est un « égarement » ruineux pour les âmes |
| L'Église doit se régénérer par les libertés modernes | Appel à la fidélité aux institutions reçues, non à la nouveauté |
| La révolte contre les princes est légitime | Condamnation de la rébellion contre l'autorité légitime |
Lamennais signe d'abord une soumission, puis la reprend : pour lui, Rome s'est trompée de siècle[17].
Les Paroles d'un croyant et la rupture
En avril 1834, il publie anonymement les Paroles d'un croyant, prose lyrique et violente qui appelle les peuples à secouer le joug des rois et des prêtres complices[18]. Grégoire XVI répond le 25 juin 1834 par l'encyclique Singulari nos, qui condamne le livre en le décrivant comme petit par la taille mais immense par la perversité, et y dénonce la séparation de l'Église et de l'État, la révolte contre les souverains et une fausse liberté qui n'est que licence[19].
« Petit par la taille, immense par la perversité » — Grégoire XVI, Singulari nos, 25 juin 1834, sur les Paroles d'un croyant[20]
La rupture est consommée : Lamennais publie en 1836 les Affaires de Rome, réquisitoire contre la cour pontificale, et s'enfonce dans un christianisme sans Église, puis dans un déisme humanitaire (Esquisse d'une philosophie, 1840, mise à l'Index)[21]. Élu député à la Constituante en 1848, il finit dans la misère et meurt à Paris le 27 février 1854, ayant refusé les secours de la religion : selon ses volontés, il est enterré sans cérémonie religieuse dans la fosse commune du Père-Lachaise[22].
Le Syllabus de Pie IX (1864) : l'anathème du libéralisme
Quanta cura et les quatre dernières propositions
Trente ans après Lamennais, le combat reprend sous Pie IX. Le 8 décembre 1864, l'encyclique Quanta cura et son annexe, le Syllabus errorum, recensent quatre-vingts propositions déjà condamnées par le magistère — dont tout le programme libéral : la liberté de conscience comme droit naturel (prop. 15), la séparation de l'Église et de l'État (prop. 55), et le triptyque final sur la religion d'État et la civilisation moderne (props 77 à 80)[23].
| Proposition condamnée | Texte (traduction Ignispedia) |
|---|---|
| Prop. 15 (DH 2915) | Tout homme est libre d'embrasser la religion qu'il croit vraie à la lumière de sa raison |
| Prop. 55 (DH 2955) | L'Église doit être séparée de l'État, et l'État séparé de l'Église |
| Prop. 77 (DH 2977) | Il n'est plus utile que le catholicisme soit l'unique religion de l'État |
| Prop. 78-79 (DH 2978-2979) | Liberté des cultes non catholiques et des immigrés, vérité inconciliable avec le progrès |
| Prop. 80 (DH 2980) | Le Pontife romain peut et doit se réconcilier avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne |
La dernière proposition, la plus célèbre, donne au dossier son point final :
« Le Pontife romain peut et doit se réconcilier et transiger avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne. » — Pie IX, Syllabus, prop. 80, 8 décembre 1864[24]
Le texte latin, que les manuels citent depuis un siècle et demi, dit : « Romanus Pontifex potest ac debet cum progressu, cum liberalismo et cum recenti civilitate sese reconciliare et componere »[25]. Condamner cette phrase, ce n'est pas condamner les chemins de fer ni l'hygiène : c'est refuser que l'Église demande pardon d'exister et négocie sa doctrine contre sa tranquillité.
Léon XIII : distinguer pour ne pas tout condamner
Immortale Dei (1885) : la constitution chrétienne des États
Léon XIII reprend le dossier sans en rabattre sur le fond, mais en grand théologien : l'encyclique Immortale Dei, du 1er novembre 1885, rappelle que tout pouvoir vient de Dieu, que l'État a le devoir de reconnaître la vraie religion, et que la séparation est une erreur — tout en admettant que l'Église peut tolérer en fait ce qu'elle ne peut empêcher, quand le bien commun l'exige[26]. La condamnation du principe n'interdit pas le discernement des situations.
Libertas (1888) : la vraie liberté et la licence libérale
L'encyclique Libertas praestantissimum, du 20 juin 1888, est la charte du discernement : la liberté, « don excellent de la nature », consiste à choisir les moyens qui mènent à la fin véritable de l'homme — Dieu ; la licence libérale, elle, fait de chaque liberté (de conscience, de parole, d'enseignement, de culte) un absolu soustrait à toute loi, fût-ce celle de Dieu[27]. D'où la formule qui résume tout le dossier du XIXᵉ siècle : ce que l'Église condamne sous le nom de libéralisme, ce n'est pas la liberté, c'est le naturalisme qui la coupe de la vérité.
« Autre chose est la vraie liberté, autre chose la licence du libéralisme : la première conduit l'homme au bien, la seconde l'en détourne sous couleur de bien. » — Léon XIII, esprit de Libertas praestantissimum, 20 juin 1888[28]
Deux ans plus tard, Sapientiae christianae (10 janvier 1890) tire les conséquences pour les citoyens catholiques : obéir aux lois justes, refuser les lois injustes, et prendre part à la vie publique au lieu de déserter la cité[29]. Les dérives postérieures — l'américanisme visé par Testem benevolentiae (22 janvier 1899), le Sillon condamné par Notre charge apostolique (25 août 1910), le modernisme frappé par Pascendi (8 septembre 1907) — ont chacune leur article : on s'y reportera au lieu de les développer ici[30].
Les destins séparés : soumission ou rupture
Lacordaire et Montalembert : rester catholiques
Lacordaire accepte Mirari vos sans réserve. Dès le carême 1835, ses Conférences de Notre-Dame de Paris remplissent la cathédrale : un prêtre soumis à Rome y prêche devant des foules que L'Avenir n'avait jamais rassemblées[31]. En 1839, il reprend l'habit dominicain et restaure en France l'ordre des Prêcheurs anéanti par la Révolution ; il meurt en 1861, honoré de tous, preuve vivante qu'on pouvait aimer la liberté sans rompre avec l'Église[32].
Montalembert suit la même voie dans l'arène politique : député, défenseur de la liberté d'enseignement qui aboutira à la loi Falloux du 15 mars 1850, orateur au congrès catholique de Malines en août 1863 où il plaide pour les libertés modernes dans la fidélité à Rome[33]. Frappé par le Syllabus, il se soumet et meurt en 1870 sans avoir rompu — figure du catholique libéral resté catholique[34].
- 1782 — 1817FormationSaint-Malo, ordination
Naissance à Saint-Malo (19 juin 1782), ordination sacerdotale (1817) et triomphe de l'Essai sur l'indifférence.
- 1830 — 1831L'Avenir« Dieu et la liberté »
Fondation du journal (16 octobre 1830), Agence de la liberté religieuse, suspension (15 novembre 1831) et pèlerinage à Rome.
- 1832 — 1834Les deux condamnationsMirari vos, Singulari nos
Mirari vos (15 août 1832), soumission reprise, Paroles d'un croyant (avril 1834), Singulari nos (25 juin 1834).
- 1836 — 1848L'enfoncementAffaires de Rome, Index, politique
Affaires de Rome (1836), Esquisse d'une philosophie mise à l'Index (1840), élection à la Constituante (1848).
- 1854La mort hors de l'Église27 février 1854
Mort à Paris en refusant les sacrements, inhumation civile dans la fosse commune du Père-Lachaise.
Le parti catholique libéral après 1834
La condamnation des thèses n'éteint pas le courant : en France, la revue Le Correspondant porte les idées libérales tandis que Louis Veuillot, dans L'Univers, tient la ligne de la soumission intransigeante — querelle fratricide qui déchire le catholicisme français pendant trente ans[35]. En Belgique, catholiques et libéraux font l'union autour de la Constitution du 7 février 1831, qui garantit les libertés dont l'Église profite aussitôt pour rouvrir séminaires, écoles et couvents[36]. Le modèle belge — une Église libre profitant des libertés communes sans les ériger en dogme — montre que le magistère condamnait une doctrine, non l'usage prudent des libertés réelles.
Il faut ici marquer la différence avec les doctrines voisines : le gallicanisme doctrinal, le fébronianisme et le joséphisme voulaient l'Église soumise à l'État ; le libéralisme catholique veut l'Église séparée de l'État — erreur inverse, condamnée pour son indifférentisme, non pour son goût de la liberté[37].
Ce que l'Église a condamné exactement — et ce qu'elle n'a pas condamné
| Condamné (hérésie libérale) | Non condamné (doctrine catholique) |
|---|---|
| L'indifférentisme : toutes les religions se valent | La primauté de la vérité et les droits de la vraie religion |
| La liberté de conscience comme droit absolu, sans devoir envers la vérité | La liberté de l'acte de foi : nul ne doit être contraint à croire (DH 3010, Vatican I) |
| La séparation de l'Église et de l'État comme idéal | La juste autonomie du temporel et la tolérance prudente en fait |
| La liberté de la presse et d'enseignement sans limites | L'usage des libertés réelles pour le bien commun (Libertas) |
| La réconciliation doctrinale avec le « progrès » contre la foi | Le progrès technique et social mis au service de l'homme |
Le dernier mot revient à la continuité du magistère : le concile Vatican II, dans Dignitatis humanae (7 décembre 1965), enseigne que nul ne doit être contraint en matière religieuse — non parce que toutes les opinions se valent, mais parce que la vérité s'impose par elle-même et que la dignité de la personne exige la liberté de chercher[38]. La condamnation du libéralisme demeure ; ce qui change, c'est la situation des États, devenus pluralistes, où l'Église demande la liberté du vrai sans réclamer le privilège du faux. Herméneutique de la continuité, non rupture : les papes du XIXᵉ siècle et le concile disent la même foi à des siècles différents.
Pour aller plus loin
- Le contexte gallican : Le gallicanisme (XVᵉ-XIXᵉ siècle) et sa doctrine, Gallicanisme doctrinal
- Les cousins absolutistes : Fébronianisme et Joséphisme
- Les dérivés condamnés au siècle suivant : Américanisme, Sillonisme, Modernisme
- La mise au point de Vatican II : Dignitatis humanae — la liberté religieuse
- Les autres erreurs modernes : Jansénisme, Quiétisme, Fidéisme
Notes et références
J. Forget, « Lamennais », The Catholic Encyclopedia, t. 8, New York, Robert Appleton, 1910, via newadvent : Lamennais fondateur de L'Avenir (16 octobre 1830), condamnation par Mirari vos (15 août 1832), Paroles d'un croyant (1834), Singulari nos (1834).
1Léon XIII, Libertas praestantissimum, 20 juin 1888 (vatican.va) : condamnation des doctrines du libéralisme (naturalisme, libertés érigées en absolus) et défense de la vraie liberté ordonnée à la vérité.
2 27J. Forget, « Lamennais », cité : Montalembert et Lacordaire se soumettent ; Lamennais refuse et meurt hors de l'Église.
3Naissance à Saint-Malo le 19 juin 1782, ordination sacerdotale le 9 mars 1817 : 1911 Encyclopaedia Britannica, « Lamennais ».
4F. de Lamennais, Essai sur l'indifférence en matière de religion, t. I, Paris, 1817, t. II, 1823 : la raison individuelle impuissante, l'autorité du « sens commun » comme critère de la vérité.
5Sur le traditionalisme philosophique issu de ce système et sa condamnation, cf. article Traditionalisme philosophique (en cours) ; sur le fidéisme, Fidéisme.
6F. de Lamennais, De la religion considérée dans ses rapports avec l'ordre politique et civil, 2 vol., Paris, 1825-1826 : défense ultramontaine de l'alliance du trône et de l'autel.
7F. de Lamennais, Les Progrès de la révolution et de la guerre contre l'Église, Paris, 1829 : constat de la trahison des trônes, appel aux peuples et aux libertés.
8Fondation de L'Avenir le 16 octobre 1830 par Lamennais, Lacordaire et Montalembert, devise « Dieu et la liberté » ; suspension par ses rédacteurs le 15 novembre 1831.
9Programme de L'Avenir : séparation de l'Église et de l'État, libertés de conscience, de presse et d'enseignement, suffrage élargi : J. Forget, « Lamennais », cité.
10Devise en tête du journal dès le premier numéro, 16 octobre 1830.
11Agence générale pour la défense de la liberté religieuse, fondée fin 1830 : machine judiciaire et médiatique au service des procès de presse et de la liberté d'enseignement.
12Suspension du journal le 15 novembre 1831 et départ pour Rome (« pèlerinage à Rome », fin 1831) afin de soumettre la cause au pape.
13J. Forget, « Lamennais », cité : Mirari vos (15 août 1832) condamne sans le nommer les idées de L'Avenir — liberté de la presse, liberté de conscience, révolte contre les princes.
14Grégoire XVI, Mirari vos, 15 août 1832 (vatican.va) : condamnation de l'indifférentisme, de la liberté de conscience, de la licence de la presse et des sociétés secrètes.
15Grégoire XVI, Mirari vos, 15 août 1832 : « Atque ex hoc putidissimo indifferentismi fonte absurda illa fluit ac erronea sententia, seu potius deliramentum, asserendam esse ac vindicandam cuilibet libertatem conscientiae. » Traduction Ignispedia donnée dans le corps.
16Soumission signée après Mirari vos, puis reprise : Lamennais juge que Rome s'est trompée et prépare les Paroles d'un croyant.
17F. de Lamennais, Paroles d'un croyant, Paris, avril 1834, anonyme : appel lyrique des peuples contre les rois et les prêtres.
18Grégoire XVI, Singulari nos, 25 juin 1834 (vatican.va) : condamnation des Paroles d'un croyant — séparation de l'Église et de l'État, révolte contre les souverains, fausse liberté.
19Grégoire XVI, Singulari nos, 25 juin 1834 : le livre y est dit « mole quidem exiguum, pravitate tamen ingentem » (« petit par la taille, immense par la perversité », traduction Ignispedia).
20F. de Lamennais, Affaires de Rome, Paris, 1836 : réquisitoire contre la cour pontificale ; Esquisse d'une philosophie, 4 vol., 1840, mise à l'Index.
21Mort à Paris le 27 février 1854, sacrements refusés, inhumation civile dans la fosse commune du Père-Lachaise : 1911 Encyclopaedia Britannica, « Lamennais ».
22Pie IX, Quanta cura et Syllabus errorum, 8 décembre 1864 (vatican.va) : 80 propositions condamnées, dont les props 15, 55, 77-80 sur le libéralisme.
23Pie IX, Syllabus, prop. 80 (DH 2980), 8 décembre 1864 : « Le Pontife romain peut et doit se réconcilier et transiger avec le progrès, le libéralisme et la civilisation moderne » — proposition condamnée.
24Texte latin de la prop. 80 : « Romanus Pontifex potest ac debet cum progressu, cum liberalismo et cum recenti civilitate sese reconciliare et componere. »
25Léon XIII, Immortale Dei, 1er novembre 1885 (vatican.va) : la constitution chrétienne des États, le devoir de reconnaître la vraie religion, la tolérance prudente en fait.
26Formule résumant Léon XIII, Libertas praestantissimum, 20 juin 1888 (vatican.va) : la liberté don excellent de la nature, ordonnée à Dieu sa fin ; condamnation du naturalisme libéral.
28Léon XIII, Sapientiae christianae, 10 janvier 1890 (vatican.va) : devoirs des citoyens chrétiens — obéir aux lois justes, résister aux lois injustes, participer à la vie publique.
29Léon XIII, Testem benevolentiae, 22 janvier 1899 (américanisme) ; Pie X, Notre charge apostolique, 25 août 1910 (Sillon) ; Pie X, Pascendi, 8 septembre 1907 (modernisme). Articles dédiés : Américanisme, Sillonisme, Modernisme.
30Conférences de Notre-Dame de Paris, carême 1835 : succès immense d'un prêtre soumis à Rome prêchant les foules.
31Habit dominicain repris en 1839, restauration de l'ordre des Prêcheurs en France, mort en 1861.
32Discours du congrès catholique de Malines, août 1863 : défense des libertés modernes dans la fidélité à Rome.
33Soumission au Syllabus, mort en 1870 sans rupture avec l'Église.
34En France, Le Correspondant (tribune libérale) contre L'Univers de Louis Veuillot (1813-1883) : trente ans de querelle entre catholiques.
35Constitution belge du 7 février 1831 : libertés garanties dont l'Église profite aussitôt (séminaires, écoles, couvents) — l'usage prudent des libertés réelles, distinct de la doctrine condamnée.
36Le gallicanisme doctrinal, le fébronianisme et le joséphisme soumettent l'Église à l'État ; le libéralisme l'en sépare par principe indifférentiste. Erreurs inverses, toutes condamnées. Cf. Gallicanisme doctrinal, Fébronianisme, Joséphisme.
37Concile Vatican II, Dignitatis humanae, 7 décembre 1965, § 2 : droit de la personne à la liberté religieuse, fondé sur la dignité et la nature de la vérité qui s'impose par elle-même — non sur l'indifférentisme. Cf. article Dignitatis humanae — la liberté religieuse.
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