Les encycliques

L'encyclique est la lettre circulaire par laquelle le pape enseigne l'épiscopat et les fidèles sur une question doctrinale, morale ou sociale, de Benoît XIV en 1740 à Laudato Si' de François.

Ignispedia

Une encyclique est une lettre circulaire par laquelle le pape, seul détenteur de cette forme d'acte, expose à l'épiscopat universel et aux fidèles un enseignement doctrinal, moral ou social. Jamais employée, dans les faits, pour définir solennellement un dogme, et jamais simple homélie de circonstance, l'encyclique occupe une place intermédiaire et pourtant décisive dans l'architecture des documents pontificaux : c'est par elle que Rerum Novarum (1891) a fondé la doctrine sociale catholique, que Pascendi Dominici Gregis (1907) a désigné le modernisme comme « le rendez-vous de toutes les hérésies », et que Fides et Ratio (1998) a proclamé la foi et la raison « comme les deux ailes qui permettent à l'esprit humain de s'élever vers la contemplation de la vérité ».

Le genre, né timidement au XVIIIᵉ siècle sous Benoît XIV, ne devient l'instrument ordinaire du magistère pontifical qu'à partir de Grégoire XVI et surtout de Léon XIII, qui en publie plus de quatre-vingts en un quart de siècle. Depuis lors, chaque pape a fait de l'encyclique le véhicule de ses grands enseignements — sociaux avec Léon XIII et François, doctrinaux avec Pie X et Jean-Paul II, moraux avec Paul VI — au point que la liste des encycliques publiées depuis 1740 constitue, à elle seule, une histoire condensée de la pensée catholique face à la modernité.

Cet article retrace la naissance et l'évolution du genre, dresse le panorama des encycliques les plus marquantes de l'histoire, précise l'exact statut magistériel qu'elles engagent — car toutes les encycliques n'obligent pas la conscience du fidèle de la même manière — et décrit l'anatomie formelle qui les distingue des autres actes pontificaux : bulles, constitutions apostoliques, motu proprio et exhortations apostoliques, chacun traité dans son propre article Ignispedia.

Qu'est-ce qu'une encyclique ? Étymologie et définition d'un genre littéraire

Du grec enkyklios à la lettre circulaire pontificale

Le mot encyclique vient du grec enkyklios, « circulaire », par l'intermédiaire du latin ecclésiastique epistola encyclica, « lettre circulaire ».[1] L'usage n'est pas né dans la chancellerie romaine : dès l'Antiquité chrétienne, des évêques faisaient circuler entre eux des lettres communes destinées à plusieurs Églises à la fois, par opposition à la lettre adressée à un seul destinataire. La Catholic Encyclopedia le rappelle sans détour : une encyclique n'est, dans son sens le plus strict, « rien d'autre qu'une lettre circulaire » — ce qui la distingue d'emblée d'un traité théologique achevé, d'une définition dogmatique ou d'une loi disciplinaire.[2] Historiquement, l'usage épiscopal du terme a précédé son usage pontifical exclusif : ce n'est qu'à partir du XVIIIᵉ siècle que le mot se spécialise pour désigner un genre d'acte propre au pape seul, adressé non à un diocèse mais à l'épiscopat universel.[3]

Une lettre, pas un traité : la forme littéraire de l'encyclique

Infographie — Trois incipits et leur traduction. Schéma pédagogique original IA ; d’après les textes présentés dans l’article.

Formellement, une encyclique se distingue des autres actes pontificaux majeurs par trois traits stables depuis Léon XIII : elle est rédigée en première personne, sur un ton d'adresse pastorale et non de définition juridique ; elle porte un titre latin tiré de son incipit — c'est-à-dire des premiers mots du texte —, non d'un intitulé thématique choisi a posteriori ; et elle s'ouvre par une liste de destinataires hiérarchisée, du patriarche au simple fidèle, qui a considérablement évolué au XXᵉ siècle. Le titre n'est donc jamais choisi pour résumer le contenu : Rerum Novarum signifie littéralement « des choses nouvelles », premiers mots latins du texte de Léon XIII, sans qu'on puisse deviner à la lecture du seul titre qu'il s'agit d'un texte fondateur sur la condition ouvrière.[4]

Naissance du genre moderne : le XVIIIe siècle

Benoît XIV et l'encyclique Ubi Primum (1740)

Benoît XIV par Pierre Subleyras, 1740. Pinacoteca Nazionale de Ferrare. Wikimedia Commons. Domaine public.

Le premier document généralement reconnu comme une encyclique au sens technique moderne est publié par Benoît XIV, le 3 décembre 1740, quelques semaines seulement après son élection au trône pontifical le 17 août de la même année. La Catholic Encyclopedia le note en ces termes : « Presque le premier document publié par Benoît XIV après son élection fut une "Epistola encyclica et commonitoria" sur les devoirs de la charge épiscopale. »[5] Ce texte, connu sous son titre latin Ubi Primum, adresse aux évêques d'Italie et des îles adjacentes une série de recommandations pastorales — vigilance sur la doctrine, soin des séminaires, lutte contre le relâchement disciplinaire — dans un style encore proche de la lettre pastorale traditionnelle plutôt que du grand document doctrinal que deviendra l'encyclique un siècle plus tard.

Un genre encore rare avant Pie IX

Entre 1740 et le milieu du XIXᵉ siècle, l'encyclique reste un instrument occasionnel : les papes du XVIIIᵉ siècle et du début du XIXᵉ siècle continuent de privilégier les bulles, les brefs et les lettres apostoliques ordinaires pour la plupart de leurs actes.[6] Grégoire XVI (pape de 1831 à 1846) en publie une dizaine, dont la plus retentissante — Mirari Vos — marque un tournant : c'est la première fois qu'une encyclique est mobilisée pour condamner frontalement les grandes idées politiques et religieuses issues des révolutions européennes.[7]

Grégoire XVI et Pie IX : l'encyclique devient une arme doctrinale (XIXe siècle)

Mirari Vos (1832) contre l'indifférentisme religieux

Grégoire XVI par Paul Delaroche, 1844. Musée de l’Histoire de France, Versailles. Wikimedia Commons. Domaine public.

Publiée le 15 août 1832, l'encyclique Mirari Vos de Grégoire XVI répond directement au mouvement catholique libéral porté en France par Félicité de Lamennais, qui réclamait la liberté de conscience, la liberté de la presse et la séparation de l'Église et de l'État comme conditions du renouveau catholique.[8] Le texte condamne ce que le pape appelle l'indifferentismo — l'idée que toutes les religions se valent devant Dieu — et la conséquence qu'il en tire :

« De cette source très corrompue de l'indifférentisme découle cette opinion absurde et erronée, ou plutôt ce délire, selon lequel il faudrait admettre et garantir à chacun la liberté de conscience. » — Grégoire XVI, encyclique Mirari Vos, n. 14, 15 août 1832[9]

Cette condamnation, replacée dans son contexte historique du concordat entre trône et autel de la Restauration européenne, vise l'indifférentisme doctrinal — l'idée qu'aucune religion n'aurait le monopole de la vérité — et non, comme on l'a parfois lu de manière anachronique, la liberté religieuse civile que Vatican II reconnaîtra plus tard dans la déclaration Dignitatis Humanae (1965) sur des bases théologiques différentes, celles de la dignité de la personne humaine et non celles du relativisme des vérités religieuses.[10]

Quanta Cura et le Syllabus (1864)

Pie IX prolonge cette ligne trente-deux ans plus tard avec l'encyclique Quanta Cura, publiée le 8 décembre 1864 — le jour anniversaire de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception dix ans plus tôt —, à laquelle est annexé le Syllabus errorum, liste de quatre-vingts propositions condamnées relatives au rationalisme, au libéralisme politique et à l'indifférentisme religieux du siècle.[11] Ce document technique et polémique, qui appartient à un genre littéraire particulier (une liste de propositions condamnées sans argumentation développée, plus proche du décret doctrinal que de l'encyclique narrative), fait l'objet d'un article Ignispedia à part entière.

📖 Voir l'article détaillé — Le Syllabus de Pie IX (1864), pour l'analyse complète des quatre-vingts propositions condamnées et leur réception historique.

Léon XIII : l'âge d'or de l'encyclique sociale et doctrinale

Un pontificat prolifique (1878-1903)

Portrait de Léon XIII par le studio Cayol Frères. Wikimedia Commons. Domaine public.

C'est avec Léon XIII, élu le 20 février 1878 à l'âge de soixante-sept ans et mort le 20 juillet 1903 après un pontificat de vingt-cinq ans, que l'encyclique devient véritablement le véhicule ordinaire des grands enseignements pontificaux.[12] En un quart de siècle, Léon XIII publie plus de quatre-vingt-cinq encycliques[13] — sur la philosophie chrétienne, le rosaire, le mariage chrétien, la franc-maçonnerie, la constitution chrétienne des États, l'esclavage, l'unité de l'Église et, bien sûr, la question sociale — un rythme et une diversité thématique qu'aucun pape n'égalera par la suite.

Aeterni Patris (1879) et le renouveau thomiste

Dès la première année de son pontificat, Léon XIII publie Aeterni Patris (4 août 1879), qui relance officiellement l'étude de la philosophie de saint Thomas d'Aquin dans les séminaires et universités catholiques, après un siècle de désaffection relative pour la scolastique.[14]

« Nous les avertissons tous que rien ne Nous est plus à cœur, et que Nous ne souhaitons rien tant que les voir fournir largement et copieusement à la jeunesse studieuse les eaux très pures de la sagesse, telles que le docteur angélique les répand en flots pressés et intarissables. » — Léon XIII, encyclique Aeterni Patris, 4 août 1879[15]

Ce texte fondateur du néo-thomisme explique en grande partie pourquoi la théologie catholique du XXᵉ siècle, jusqu'à Vatican II, reste structurée par le vocabulaire et les catégories thomistes.[16]

Rerum Novarum (1891), la charte de la doctrine sociale

L'encyclique la plus célèbre de Léon XIII, et sans doute l'une des plus célèbres de toute l'histoire pontificale, est Rerum Novarum, publiée le 15 mai 1891. Face à la révolution industrielle et à la paupérisation ouvrière, le texte dénonce à la fois le libéralisme économique sans frein et le socialisme collectiviste naissant :

« Le dernier siècle a détruit, sans rien leur substituer, les corporations anciennes qui étaient pour eux une protection. Les sentiments religieux du passé ont disparu des lois et des institutions publiques et ainsi, peu à peu, les travailleurs isolés et sans défense se sont vu, avec le temps, livrer à la merci de maîtres inhumains et à la cupidité d'une concurrence effrénée. » — Léon XIII, encyclique Rerum Novarum, n. 3, 15 mai 1891[17]

Ce diagnostic, qui pose les fondations de toute la doctrine sociale catholique moderne — salaire juste, droit d'association ouvrière, propriété privée limitée par sa fonction sociale, subsidiarité de l'État — mérite un traitement propre, tant l'influence du texte sur un siècle et demi d'enseignement social pontifical est considérable.

📖 Voir l'article détaillé — Rerum Novarum et la doctrine sociale de l'Église, pour l'analyse complète du texte, son contexte historique et sa postérité doctrinale jusqu'à Léon XIV.

Le XXe siècle : entre crise moderniste et doctrine sociale

Pascendi Dominici Gregis (1907) et la crise moderniste

Saint Pie X, vers 1906. Tryphosa Bates-Batcheller, Library of Congress. Wikimedia Commons. Domaine public.

Sous saint Pie X, l'encyclique redevient l'instrument d'une condamnation doctrinale majeure. Pascendi Dominici Gregis, publiée le 8 septembre 1907, analyse systématiquement le modernisme — courant théologique qui subordonnait les dogmes catholiques à l'évolution du sentiment religieux et de la conscience collective — et conclut par une formule restée célèbre :

« Maintenant, embrassant d'un seul regard tout le système, qui pourra s'étonner que Nous le définissions le rendez-vous de toutes les hérésies ? » — Saint Pie X, encyclique Pascendi Dominici Gregis, n. 39, 8 septembre 1907[18]

Cette condamnation, préparée le 3 juillet 1907 par le décret Lamentabili Sane du Saint-Office puis complétée, en 1910, par le serment antimoderniste imposé au clergé, illustre un usage de l'encyclique proche de celui du Syllabus quarante ans plus tôt : identifier et réfuter un système d'erreurs jugé menaçant pour l'intégrité de la foi, plutôt qu'exposer positivement une doctrine sociale ou spirituelle.

Quadragesimo Anno (1931) et le principe de subsidiarité

Quarante ans jour pour jour après Rerum Novarum, Pie XI publie le 15 mai 1931 l'encyclique Quadragesimo Anno, qui actualise la doctrine sociale léonine face à la crise économique de 1929 et formule pour la première fois de façon explicite le principe de subsidiarité :

« De même qu'il est gravement injuste d'enlever aux particuliers ce qu'ils peuvent accomplir de leur propre initiative et par leur propre industrie pour le remettre à la communauté, de même c'est une injustice, en même temps qu'un dommage grave et un bouleversement du bon ordre, que de confier à une association plus grande et plus élevée ce que des organismes moindres et subordonnés peuvent réaliser. » — Pie XI, encyclique Quadragesimo Anno, n. 79, 15 mai 1931 (traduction française)[19]

Ce principe de subsidiarité — ne pas confier à un échelon supérieur ce qu'un échelon inférieur peut accomplir par lui-même — irriguera ensuite toute la doctrine sociale catholique, jusqu'à être repris dans le droit de l'Union européenne un demi-siècle plus tard, quoique dans une acception juridique plus étroite que sa portée théologique et anthropologique d'origine.

Humani Generis (1950) : quelle autorité pour une encyclique ordinaire ?

L'encyclique Humani Generis de Pie XII, publiée le 12 août 1950, est doctrinalement importante pour deux raisons distinctes. D'une part, elle met en garde contre certaines tendances de la théologie contemporaine — la « nouvelle théologie », un usage imprudent de l'évolutionnisme appliqué à l'origine du corps humain, le polygénisme incompatible avec le péché originel tel qu'enseigné par l'Église. D'autre part, et c'est le point qui intéresse directement le statut des encycliques elles-mêmes, le texte précise pour la première fois de façon aussi nette la portée doctrinale qu'engage une encyclique ordinaire lorsque le pape y tranche sciemment une question jusque-là discutée :

« Que si dans leurs Actes, les Souverains Pontifes portent à dessein un jugement sur une question jusqu'alors disputée, il apparaît donc à tous que, conformément à l'esprit et à la volonté de ces mêmes Pontifes, cette question ne peut plus être tenue pour une question libre entre théologiens. » — Pie XII, encyclique Humani Generis, n. 20, 12 août 1950[20]

Ce principe, souvent résumé par les théologiens sous la formule « un jugement délibéré clôt la discussion », ne transforme pas pour autant chaque phrase d'encyclique en définition infaillible : il signifie seulement que, lorsqu'un pape choisit délibérément de trancher un point disputé plutôt que de le mentionner en passant, les théologiens ne peuvent plus le traiter comme une question ouverte — sans que cela équivaille à une définition ex cathedra au sens de Pastor Aeternus (1870). C'est précisément la nuance qui distingue le deuxième et le troisième degré d'assentiment doctrinal, détaillés dans l'article consacré aux documents du Magistère.

📖 Voir l'article détaillé — Les documents du Magistère, pour la présentation complète des trois degrés d'assentiment doctrinal (foi divine et catholique, adhésion ferme et définitive, soumission religieuse) auxquels une encyclique peut, selon son contenu précis, engager le fidèle.

Jean XXIII : vers tous les hommes de bonne volonté

Infographie — Le cercle des destinataires. Illustration originale IA ; Ubi Primum, adresse ; Pacem in Terris, adresse ; Laudato Si’, n. 3.

Avec Jean XXIII, le cercle des destinataires d'une encyclique s'élargit de façon spectaculaire. Mater et Magistra (15 mai 1961) actualise la doctrine sociale à l'ère de la décolonisation et de la croissance économique d'après-guerre. Surtout, Pacem in Terris, publiée le 11 avril 1963 quelques semaines avant la mort du pape, innove dans son adresse liminaire elle-même :

« À nos vénérables frères, patriarches, primats, archevêques, évêques et autres ordinaires, en paix et communion avec le Siège apostolique, au clergé et aux fidèles de l'univers ainsi qu'à tous les hommes de bonne volonté. » — Jean XXIII, encyclique Pacem in Terris, adresse liminaire, 11 avril 1963[21]

C'est la première fois qu'une encyclique s'adresse explicitement, dans son en-tête même, à des destinataires non catholiques et même non chrétiens — signe d'une Église qui, à la veille de Vatican II, s'ouvre au dialogue avec le monde entier sur les grandes questions communes à l'humanité, ici la paix internationale en pleine crise des missiles de Cuba.

Paul VI : Populorum Progressio et Humanae Vitae

Paul VI publie sept encycliques, dont deux marquent durablement la mémoire catholique. Populorum Progressio, le 26 mars 1967, étend la doctrine sociale à l'échelle du développement des peuples du Sud, dans le contexte de la décolonisation achevée. Humanae Vitae, le 25 juillet 1968, réaffirme au contraire, contre les attentes créées par les travaux de la commission pontificale sur la régulation des naissances, l'enseignement traditionnel sur l'illicéité de la contraception artificielle :

« Cette doctrine, plusieurs fois exposée par le Magistère, est fondée sur le lien indissoluble, que Dieu a voulu et que l'homme ne peut rompre de son initiative, entre les deux significations de l'acte conjugal : union et procréation. » — Paul VI, encyclique Humanae Vitae, n. 12, 25 juillet 1968[22]

Le texte conclut, au numéro précédent, que « l'Église, rappelant les hommes à l'observation de la loi naturelle, interprétée par sa constante doctrine, enseigne que tout acte matrimonial doit rester ouvert à la transmission de la vie » (n. 11)[23] — principe qui a suscité, dès sa publication, une contestation théologique importante dans plusieurs conférences épiscopales occidentales, sans que le Saint-Siège soit jamais revenu sur le fond de cet enseignement, régulièrement réaffirmé depuis par Jean-Paul II, notamment dans l'exhortation apostolique Familiaris Consortio (1981) et l'encyclique Veritatis Splendor (1993).

De Jean-Paul II à François : le genre contemporain

Jean-Paul II, quatre encycliques doctrinales majeures

Infographie — Repères chronologiques, de Benoît XIV à François. Illustration originale IA ; sélection des encycliques citées dans l’article.

Jean-Paul II publie quatorze encycliques en vingt-sept ans de pontificat, parmi lesquelles se dégagent quatre textes doctrinaux majeurs. Redemptor Hominis (4 mars 1979), sa première encyclique, expose le Christ comme centre de l'anthropologie chrétienne dès l'ouverture de son pontificat. Veritatis Splendor (6 août 1993) traite des fondements de la théologie morale et de l'existence de vérités morales absolues, valables en toute circonstance :

« Le dialogue entre Jésus et le jeune homme riche se poursuit, d'une certaine manière, dans toutes les périodes de l'histoire, et encore aujourd'hui. » — Jean-Paul II, encyclique Veritatis Splendor, n. 25, 6 août 1993[24]

Evangelium Vitae (25 mars 1995) développe la théologie de la vie humaine, de sa conception à sa mort naturelle, contre ce que le texte nomme la « culture de mort ». Fides et Ratio (14 septembre 1998), enfin, s'ouvre par l'une des formules les plus citées du corpus encyclique contemporain :

« La foi et la raison sont comme les deux ailes qui permettent à l'esprit humain de s'élever vers la contemplation de la vérité. » — Jean-Paul II, encyclique Fides et Ratio, incipit, 14 septembre 1998[25]

Benoît XVI, la trilogie sur l'amour, l'espérance et la vérité

Benoît XVI structure ses trois encycliques autour des vertus théologales et de leur portée sociale. Deus Caritas Est (25 décembre 2005), sa première encyclique, s'ouvre sur la citation johannique fondatrice :

« Dieu est amour : celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu en lui. » (1 Jn 4, 16) — Benoît XVI, encyclique Deus Caritas Est, n. 1, citant 1 Jn 4, 16, 25 décembre 2005[26]

Spe Salvi (30 novembre 2007) développe une théologie de l'espérance chrétienne face aux idéologies du progrès sécularisé. Caritas in Veritate (29 juin 2009), enfin, applique la charité à l'ordre économique et social mondialisé, dans la continuité directe de Populorum Progressio, plus de quarante ans après.

François : foi, maison commune, fraternité et Cœur du Christ

François, le 18 mars 2013. Casa Rosada (présidence de la Nation argentine). Copie du fichier Commons sans modification. Wikimedia Commons. CC BY-SA 2.0.

Le pape François publie quatre encycliques qui élargissent le genre à des questions globales. Lumen Fidei (29 juin 2013), sa première encyclique, largement préparée par Benoît XVI avant sa renonciation puis achevée par son successeur, porte sur la foi comme lumière de l'existence, dans le sillage de l'Année de la foi.[27] Laudato Si' (24 mai 2015), sous-titrée Sur la sauvegarde de la maison commune, articule une théologie de la création à une critique du modèle de développement technocratique :

« Cette sœur crie en raison des dégâts que nous lui causons par l'utilisation irresponsable et par l'abus des biens que Dieu a déposés en elle. » — François, encyclique Laudato Si', n. 2, 24 mai 2015[28]

Fratelli Tutti, signée le 3 octobre 2020 sur la tombe de saint François d'Assise et publiée le lendemain, développe une réflexion sur la fraternité humaine universelle et l'amitié sociale, dans le prolongement direct du document sur la fraternité humaine signé avec le grand imam d'Al-Azhar Ahmad Al-Tayyib à Abou Dabi en février 2019 :

« Ce Saint de l'amour fraternel, de la simplicité et de la joie, qui m'a inspiré l'écriture de l'encyclique Laudato si', me pousse cette fois-ci à consacrer la présente nouvelle encyclique à la fraternité et à l'amitié sociale. » — François, encyclique Fratelli Tutti, n. 2, 3 octobre 2020[29]

Dilexit Nos (24 octobre 2024), enfin, médite sur l'amour humain et divin du Cœur de Jésus, renouant avec la spiritualité du Sacré-Cœur portée par les papes du XXᵉ siècle avant lui.[30]

Quel statut magistériel pour une encyclique ?

Le magistère ordinaire du pape, pas un acte définitionnel

Infographie — Autorité et assentiment. Illustration originale IA ; Lumen gentium, n. 25 ; Code de droit canonique, can. 749 § 3 et 752.

Sauf exception rarissime, une encyclique relève du magistère ordinaire exercé par le pape seul — non du magistère extraordinaire qui s'exerce par une définition solennelle ex cathedra ou par un concile œcuménique.[31] Le canon 749 § 3 du Code de droit canonique de 1983 rappelle qu'« aucune doctrine n'est réputée définie infailliblement si cela n'est pas manifeste »[32] — principe de prudence qui interdit de présumer l'infaillibilité d'un texte du simple fait de son importance ou de sa solennité apparente. Concrètement, une encyclique ordinaire relève du troisième degré d'assentiment décrit par l'instruction Donum Veritatis (1990), n. 23 — triptyque adossé aux canons 750 et 752 du Code de droit canonique de 1983 et à la Professio fidei (formule de 1989, complétée par le motu proprio Ad tuendam fidem de 1998) : le fidèle lui doit une soumission religieuse de l'intelligence et de la volonté, non un assentiment de foi théologale.

📖 Voir l'article détaillé — Les documents du Magistère, pour l'exposé complet des trois degrés d'assentiment doctrinal et de leur base canonique (canons 750 à 754).

Encyclique doctrinale, encyclique sociale : deux usages du même genre

La forme littéraire de l'encyclique sert historiquement deux usages assez différents, qui ne s'excluent pas mais colorent différemment la réception du texte. L'encyclique doctrinale (Pascendi, Humani Generis, Veritatis Splendor, Fides et Ratio) précise, défend ou approfondit un point de doctrine théologique ou morale, souvent en réaction à une erreur identifiée. L'encyclique sociale (Rerum Novarum, Quadragesimo Anno, Populorum Progressio, Laudato Si') applique les principes de l'anthropologie et de la morale chrétiennes à l'organisation concrète de la société — travail, propriété, développement, écologie. Certaines encycliques, comme Caritas in Veritate ou Laudato Si', tiennent délibérément les deux registres ensemble, articulant théologie de la création ou de la charité et prescriptions concrètes pour l'ordre économique mondial.

Le tableau suivant situe quelques encycliques majeures selon leur registre dominant :

EncycliquePapeAnnéeRegistre dominantObjet principal
Mirari VosGrégoire XVI1832DoctrinalCondamnation de l'indifférentisme religieux
Rerum NovarumLéon XIII1891SocialFondation de la doctrine sociale, question ouvrière
Pascendi Dominici GregisSaint Pie X1907DoctrinalCondamnation systématique du modernisme
Quadragesimo AnnoPie XI1931SocialPrincipe de subsidiarité, crise économique de 1929
Humani GenerisPie XII1950DoctrinalMise en garde contre la « nouvelle théologie », évolutionnisme
Humanae VitaePaul VI1968MoralIllicéité de la contraception artificielle
Veritatis SplendorJean-Paul II1993Doctrinal/moralFondements de la théologie morale
Fides et RatioJean-Paul II1998DoctrinalRapports entre la foi et la raison philosophique
Deus Caritas EstBenoît XVI2005Doctrinal/socialThéologie de l'amour et pratique de la charité
Laudato Si'François2015SocialÉcologie intégrale, sauvegarde de la création

Une encyclique peut-elle définir un dogme ?

En pratique, aucune encyclique n'a jamais servi à définir un dogme au sens strict fixé par la constitution dogmatique Pastor Aeternus de Vatican I (18 juillet 1870), qui exige que le pape parle comme pasteur et docteur suprême, engage sa pleine autorité apostolique, porte sur la foi ou les mœurs, et définisse — c'est-à-dire clôture le point en engageant l'adhésion irrévocable de toute l'Église.[33] Les deux dogmes mariaux proclamés depuis le XIXᵉ siècle — l'Immaculée Conception (Pie IX, 1854) et l'Assomption (Pie XII, 1950) — ont ainsi été promulgués non par encyclique mais respectivement par une bulle (Ineffabilis Deus) et une constitution apostolique (Munificentissimus Deus), les formes les plus solennelles de la hiérarchie documentaire pontificale.[34][35] Cette distinction n'est pas un hasard rhétorique : la forme même de l'encyclique — lettre pastorale explicative, adressée à l'épiscopat pour l'instruire et le guider — se prête mal à l'acte solennel et bref par lequel un pape définit ex cathedra une vérité comme faisant désormais partie intégrante du dépôt de la foi.[36] Rien n'empêcherait en droit qu'une encyclique contienne, en son sein, un passage remplissant les conditions d'une définition ex cathedra — mais dans les faits, aucun pape n'a jusqu'ici choisi cette voie pour un acte définitionnel.

Anatomie formelle d'une encyclique

Le titre latin tiré de l'incipit

Infographie — Anatomie d’une encyclique. Illustration originale IA : représentation pédagogique inspirée de Rerum Novarum, non fac-similé historique.

Une règle constante, respectée depuis Benoît XIV jusqu'à François, veut que le titre officiel d'une encyclique soit constitué de ses premiers mots latins — l'incipit —, quelle que soit la langue de rédaction effective du brouillon préparatoire.[37] Rerum Novarum signifie « des choses nouvelles » ; Pacem in Terris, « la paix sur la terre » ; Laudato Si', en italien cette fois et non en latin (fait rare, expliqué par la citation du Cantique des créatures de saint François d'Assise), « loué sois-tu ». Cette convention distingue immédiatement l'encyclique d'autres genres de documents pontificaux dont le titre peut être thématique (comme certaines instructions de dicastères) plutôt que tiré de l'incipit.[38]

Les destinataires : du cercle épiscopal à tous les hommes de bonne volonté

L'adresse liminaire d'une encyclique — la liste de ses destinataires formels, placée juste après le titre — a considérablement évolué. Jusqu'au milieu du XXᵉ siècle, elle se limite typiquement aux « patriarches, primats, archevêques, évêques et autres ordinaires en paix et communion avec le Siège apostolique », puis au « clergé et aux fidèles ».[39] Jean XXIII, avec Pacem in Terris en 1963, ajoute pour la première fois « tous les hommes de bonne volonté »[40] — formule reprise depuis par la plupart des encycliques sociales, notamment Laudato Si' qui s'adresse explicitement, au-delà des catholiques, à « chaque personne qui habite cette planète », n. 3.[41]

Langue, traduction et publication officielle

Infographie — Publication, traductions et lecture. Illustration originale IA ; les pages et l’écran sont des représentations pédagogiques, non des reproductions documentaires.

Le texte de référence d'une encyclique reste, par tradition, rédigé ou traduit en latin, langue officielle du Saint-Siège, puis publié dans les Acta Apostolicae Sedis (AAS), journal officiel institué par saint Pie X par le décret Promulgandi Pontificias Constitutiones du 29 septembre 1908 et paraissant sans interruption depuis janvier 1909.[42] C'est cette publication dans les AAS qui fait foi comme texte officiel de l'encyclique.[43] Dans la pratique contemporaine, le texte de travail est le plus souvent rédigé directement dans la langue du pape régnant — l'italien pour Jean-Paul II, Benoît XVI et François —, puis traduit en latin pour la version officielle des AAS et simultanément dans les grandes langues internationales pour une diffusion immédiate, y compris sur vatican.va.

Distinguer l'encyclique des autres genres de documents pontificaux

L'encyclique n'est qu'un genre parmi la dizaine d'actes que peut produire le Saint-Siège, et sa portée doctrinale ne se déduit jamais de son seul nom. Trois genres voisins, chacun traité dans son propre article Ignispedia, méritent d'être brièvement distingués :

La constitution apostolique occupe un rang plus élevé dans la hiérarchie documentaire : c'est elle, et non l'encyclique, qui sert aux actes de gouvernement les plus solennels — définitions dogmatiques, promulgation de codes de droit, réorganisations institutionnelles majeures.

📖 Voir l'article détaillé — Les constitutions apostoliques, pour le sommet de la hiérarchie documentaire pontificale.

Le motu proprio désigne, lui, un acte que le pape prend « de son propre mouvement », sans y avoir été sollicité, et qui sert aujourd'hui principalement aux réformes législatives et institutionnelles.

📖 Voir l'article détaillé — Les motu proprio, pour l'histoire du genre et l'inventaire des grands motu proprio contemporains.

L'exhortation apostolique, enfin, encourage les fidèles à une pratique ou prolonge les travaux d'un Synode des évêques, sans engager la même prétention à l'exposé doctrinal systématique qu'une encyclique.

📖 Voir l'article détaillé — Les exhortations apostoliques, pour le genre post-synodal inauguré par Paul VI en 1975.

Pour la cartographie complète de tous les actes pontificaux et curiaux — bulles, brefs, décrets, instructions, déclarations, notifications — l'article-hub de la famille reste le point d'entrée le plus complet.

📖 Voir l'article détaillé — Les documents du Magistère, pour la typologie complète de tous les actes pontificaux et curiaux et leurs degrés d'autorité respectifs.

Chronologie : les grandes encycliques de l'histoire

  1. 3 décembre 1740
    Ubi Primum

    Benoît XIV publie la première encyclique moderne au sens technique, sur les devoirs de la charge épiscopale.[44]

  2. 15 août 1832
    Mirari Vos

    Grégoire XVI condamne l'indifférentisme religieux et la liberté de conscience réclamés par le catholicisme libéral de Lamennais.[45]

  3. 8 décembre 1864
    Quanta Cura et le Syllabus

    Pie IX condamne quatre-vingts propositions du rationalisme et du libéralisme religieux du XIXᵉ siècle.[46]

  4. 4 août 1879
    Aeterni Patris

    Léon XIII relance l'étude de la philosophie thomiste dans les séminaires et universités catholiques.

  5. 15 mai 1891
    Rerum Novarum

    Léon XIII fonde la doctrine sociale catholique moderne face à la question ouvrière.[47]

  6. 8 septembre 1907
    Pascendi Dominici Gregis

    Saint Pie X condamne systématiquement le modernisme théologique.[48]

  7. 15 mai 1931
    Quadragesimo Anno

    Pie XI formule le principe de subsidiarité et actualise la doctrine sociale léonine.[49]

  8. 12 août 1950
    Humani Generis

    Pie XII précise la portée doctrinale du jugement délibéré d'une encyclique et met en garde contre la « nouvelle théologie ».[50]

  9. 11 avril 1963
    Pacem in Terris

    Jean XXIII adresse pour la première fois une encyclique « à tous les hommes de bonne volonté ».[51]

  10. 25 juillet 1968
    Humanae Vitae

    Paul VI réaffirme l'illicéité de la contraception artificielle et le lien indissoluble entre union et procréation.[52]

  11. 6 août 1993
    Veritatis Splendor

    Jean-Paul II expose les fondements de la théologie morale catholique face au relativisme moral contemporain.[53]

  12. 14 septembre 1998
    Fides et Ratio

    Jean-Paul II développe les rapports entre la foi et la raison philosophique.[54]

  13. 25 décembre 2005
    Deus Caritas Est

    Benoît XVI ouvre son pontificat encyclique par une méditation sur l'amour divin et la charité ecclésiale.[55]

  14. 29 juin 2013
    Lumen Fidei

    François publie sa première encyclique sur la foi, largement préparée par Benoît XVI avant sa renonciation.[56]

  15. 24 mai 2015
    Laudato Si'

    François publie la première encyclique consacrée à l'écologie intégrale et à la sauvegarde de la maison commune.[57]

  16. 3-4 octobre 2020
    Fratelli Tutti

    François développe une théologie de la fraternité humaine universelle, dans le prolongement du document d'Abou Dabi de 2019.[58]

  17. 24 octobre 2024
    Dilexit Nos

    François médite sur l'amour humain et divin du Cœur de Jésus, dans la tradition du Sacré-Cœur.[59]

Pourquoi lire une encyclique aujourd'hui

Infographie — Trois registres, un même genre. Illustration originale IA ; les six exemples reprennent les encycliques présentées dans l’article.

Une encyclique n'est ni un communiqué de presse ni un simple avis pastoral daté : c'est un acte du magistère ordinaire du pape, dont la réception engage, selon son contenu exact, une véritable soumission religieuse de l'intelligence et de la volonté — non un assentiment de foi théologale, mais pas davantage une opinion facultative parmi d'autres.[60] Lire une encyclique dans son texte intégral, plutôt que dans les résumés journalistiques qui en retiennent souvent une seule phrase sortie de son contexte argumentatif, permet de mesurer la cohérence d'ensemble d'un enseignement souvent bâti, comme Rerum Novarum ou Laudato Si', sur plusieurs dizaines de paragraphes structurés. Le fait que près de trois siècles séparent la première encyclique moderne de Benoît XIV des dernières encycliques de François, sur des sujets aussi divers que l'indifférentisme religieux, la question ouvrière, le modernisme théologique, la contraception, les rapports entre foi et raison, ou l'écologie intégrale, témoigne d'une continuité doctrinale que l'herméneutique catholique de la continuité invite à lire comme un développement organique — non comme une suite de ruptures — d'un même dépôt reçu des apôtres.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Herbert Thurston, art. « Encyclical », The Catholic Encyclopedia, vol. 5, Robert Appleton Company, New York, 1909. Texte intégral sur newadvent.org.

    1 2 3 4 6 7 12 16 37 38
  2. Herbert Thurston, art. « Encyclical », The Catholic Encyclopedia, vol. 5, Robert Appleton Company, New York, 1909, sur la première encyclique de Benoît XIV (Ubi Primum, 3 décembre 1740). Texte original anglais : « Almost the first document published by Benedict XIV after his election was an "Epistola encyclica et commonitoria" on the duties of the episcopal office (3 Dec., 1740). » Texte intégral sur newadvent.org.

    5 44
  3. Grégoire XVI, encyclique Mirari Vos, n. 14, 15 août 1832. Texte original italien : « Da questa corrottissima sorgente dell'indifferentismo scaturisce quell'assurda ed erronea sentenza, o piuttosto delirio, che si debba ammettere e garantire a ciascuno la libertà di coscienza. » Texte sur vatican.va.

    8 9 45
  4. Concile Vatican II, déclaration Dignitatis Humanae sur la liberté religieuse, 7 décembre 1965. Texte sur vatican.va.

    10
  5. Pie IX, encyclique Quanta Cura et Syllabus errorum annexé, 8 décembre 1864 — liste de quatre-vingts propositions condamnées relatives au rationalisme, au libéralisme et à l'indifférentisme religieux du XIXᵉ siècle. Texte sur vatican.va.

    11 46
  6. The Catholic Encyclopedia, art. « Pope Leo XIII », vol. 9, Robert Appleton Company, New York, 1910, sur le nombre et la diversité thématique des encycliques du pontificat (1878-1903). Texte intégral sur newadvent.org.

    13
  7. Léon XIII, encyclique Aeterni Patris, 4 août 1879, sur la restauration de la philosophie chrétienne selon l'esprit de saint Thomas d'Aquin dans les écoles catholiques. Texte sur vatican.va.

    14 15
  8. Léon XIII, encyclique Rerum Novarum, n. 3, 15 mai 1891. Texte français intégral sur vatican.va.

    17 47
  9. Saint Pie X, encyclique Pascendi Dominici Gregis, n. 39, 8 septembre 1907. Texte français intégral sur vatican.va (le passage s'y lit sous une numérotation fautive ; le repère exact, confirmé par la version anglaise officielle, est le n. 39 : « define it as the synthesis of all heresies » ; en latin : « ut omnium haereseon conlectum esse affirmemus »).

    18 48
  10. Pie XI, encyclique Quadragesimo Anno, n. 79, 15 mai 1931. Texte original latin : « sicut quae a singularibus hominibus proprio marte et propria industria possunt perfici, nefas est eisdem eripere et communitati demandare, ita quae a minoribus et inferioribus communitatibus effici praestarique possunt, ea ad maiorem et altiorem societatem avocare iniuria est simulque grave damnum ac recti ordinis perturbatio ; cum socialis quaevis opera vi naturaque sua subsidium afferre membris corporis socialis debeat, numquam vero eadem destruere et absorbere. » Traduction anglaise officielle sur vatican.va : « Just as it is gravely wrong to take from individuals what they can accomplish by their own initiative and industry and give it to the community, so also it is an injustice and at the same time a grave evil and disturbance of right order to assign to a greater and higher association what lesser and subordinate organizations can do. » (vatican.va ne propose pas de version française de cette encyclique ; la citation française du corps de l'article est une traduction.)

    19 49
  11. Pie XII, encyclique Humani Generis, n. 20, 12 août 1950. Texte français intégral sur vatican.va.

    20 50
  12. Jean XXIII, encyclique Pacem in Terris, adresse liminaire, 11 avril 1963. Texte français intégral sur vatican.va.

    21 39 40 51
  13. Paul VI, encyclique Humanae Vitae, n. 11 et 12, 25 juillet 1968. Texte français intégral sur vatican.va.

    22 23 52
  14. Jean-Paul II, encyclique Veritatis Splendor, n. 25, 6 août 1993. Texte français intégral sur vatican.va.

    24 53
  15. Jean-Paul II, encyclique Fides et Ratio, incipit, 14 septembre 1998. Texte français intégral sur vatican.va.

    25 54
  16. Benoît XVI, encyclique Deus Caritas Est, n. 1, 25 décembre 2005. Texte français intégral sur vatican.va.

    26 55
  17. François, encyclique Lumen Fidei, 29 juin 2013, sur la foi comme lumière de l'existence. Texte sur vatican.va.

    27 56
  18. François, encyclique Laudato Si', n. 2, 24 mai 2015. Texte français intégral sur vatican.va.

    28 57
  19. François, encyclique Fratelli Tutti, n. 2, 3 octobre 2020. Texte français intégral sur vatican.va.

    29 58
  20. François, encyclique Dilexit Nos, 24 octobre 2024, sur l'amour humain et divin du Cœur de Jésus. Texte sur vatican.va.

    30 59
  21. Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen Gentium, n. 25, 21 novembre 1964. Texte sur vatican.va.

    31
  22. Code de droit canonique (1983), canon 749 § 3. Texte sur vatican.va, section Codex Iuris Canonici.

    32
  23. Concile Vatican I, constitution dogmatique Pastor Aeternus, chap. 4, 18 juillet 1870, sur les conditions cumulatives d'une définition pontificale ex cathedra. Texte sur vatican.va.

    33 36
  24. Pie IX, bulle Ineffabilis Deus, 8 décembre 1854, définissant le dogme de l'Immaculée Conception. Texte sur vatican.va.

    34
  25. Pie XII, constitution apostolique Munificentissimus Deus, 1ᵉʳ novembre 1950, définissant le dogme de l'Assomption de la Vierge Marie. Texte sur vatican.va.

    35
  26. François, encyclique Laudato Si', n. 3, 24 mai 2015 : « je voudrais m'adresser à chaque personne qui habite cette planète ». Texte français intégral sur vatican.va.

    41
  27. Saint Pie X, décret Promulgandi Pontificias Constitutiones, 29 septembre 1908, instituant les Acta Apostolicae Sedis, publiées depuis janvier 1909.

    42 43
  28. Code de droit canonique (1983), canon 752, sur la soumission religieuse de l'intelligence et de la volonté due au magistère authentique non définitif.

    60