La solennité du Sacré-Cœur de Jésus est la fête que l'Église latine célèbre le vendredi qui suit le deuxième dimanche après la Pentecôte pour célébrer l'amour du Christ, dont le Cœur ouvert par la lance sur la croix est le signe[1]. Le Catéchisme le dit en une phrase : Jésus « nous a tous aimés d'un cœur humain », et son Cœur sacré, « transpercé par nos péchés et pour notre salut », est le signe éminent de cet amour[2]. C'est une solennité du Seigneur : le prêtre porte le blanc, et l'on dit le Credo[3][4].
Sa date suit celle de Pâques, soixante-huit jours plus tard : 12 juin 2026, 4 juin 2027, 23 juin 2028. Elle tombe au jour même qu'avait demandé le Christ à sainte Marguerite-Marie Alacoque, à Paray-le-Monial : « le premier vendredi d'après l'octave du saint Sacrement », c'est-à-dire le lendemain de l'octave de la Fête-Dieu telle qu'on la comptait alors[5]. Le samedi suivant, l'Église fait mémoire du Cœur immaculé de Marie[6].
La fête est née en France avant d'atteindre Rome. Saint Jean Eudes obtint en 1670 de l'évêque de Rennes la première fête du Cœur de Jésus officiellement autorisée[7] ; cinq ans plus tard, à Paray, le Christ demandait une fête de réparation[8][9]. Rome resta d'abord réservée — refus en 1697, en 1727 et en 1729[10] — avant que le pape Clément XIII n'accorde, en 1765, un office et une messe propres aux évêques de Pologne et à une archiconfrérie romaine[11]. Pie IX étendit la fête à toute l'Église le 23 août 1856[12] ; Léon XIII l'éleva au premier rang en 1889, et Pie XI y attacha en 1928 un acte de réparation récité chaque année dans toutes les églises du monde[13][14].
Ce vendredi est aussi, selon les mots de Benoît XVI, la « journée traditionnellement consacrée à la prière pour la sanctification des prêtres »[15]. La spiritualité du Sacré-Cœur elle-même — l'Écriture, les révélations de Paray, les promesses, la Divine Miséricorde — est exposée dans L'Amour infini de Dieu dans le Sacré-Cœur et la Divine Miséricorde ; on retrace ici la fête, son histoire, sa liturgie et son sens. Le pape Léon XIV, le 12 juin 2026, la résumait d'une image : en ce jour, « le Cœur de Jésus se laisse contempler par nous comme le cœur de l'histoire »[16].
Quand l'Église fête-t-elle le Sacré-Cœur ?
Le nom de la fête et son rang
Le Missel romain promulgué par saint Paul VI intitule la messe Sacratissimi Cordis Iesu, « du Très Sacré Cœur de Jésus », et la place parmi les solennités du Seigneur qui suivent la Pentecôte, avec la Sainte Trinité et le Saint-Sacrement[17]. Les livres liturgiques francophones disent plus simplement « Sacré-Cœur de Jésus » ; le calendrier de l'AELF lui donne le degré de « Solennité du Seigneur » et la couleur blanche[18]. La messe a ses textes propres : une antienne d'ouverture tirée du psaume 32, deux collectes au choix, une préface consacrée au Cœur ouvert, deux antiennes de communion, et le Credo après l'homélie[19].
Ce rang est l'aboutissement d'une ascension de deux siècles. Accordée d'abord comme un privilège à quelques Églises en 1765, la fête fut prescrite à toute l'Église en 1856 au rang de « double majeur », élevée à la première classe en 1889, dotée d'une octave en 1928, puis rangée parmi les solennités par le calendrier de 1969 (voir ci-dessous l'histoire de la fête)[20][21][22][23].
Comment se calcule la date ?
Le calendrier fixe la solennité au « vendredi après le deuxième dimanche après la Pentecôte »[24]. Le plus simple est de compter à partir de Pâques : la Pentecôte vient sept semaines après Pâques, le dimanche de la Sainte Trinité une semaine plus tard, la Fête-Dieu le jeudi suivant — ou le dimanche suivant, là où elle n'est pas de précepte, comme en France[25][26] —, et le Sacré-Cœur le vendredi de la semaine d'après, soixante-huit jours après Pâques[27]. La fête peut donc tomber entre le 29 mai, quand Pâques est au plus tôt le 22 mars, et le 2 juillet, quand Pâques est au plus tard le 25 avril[28].
Le tableau suivant donne, pour les dix prochaines années, la date de Pâques, celle de la Pentecôte, celle du Sacré-Cœur et celle de la mémoire du Cœur immaculé de Marie, le lendemain.
| Année | Pâques | Pentecôte | Sacré-Cœur (vendredi) | Cœur immaculé de Marie (samedi) |
|---|---|---|---|---|
| 2026 | 5 avril | 24 mai | 12 juin | 13 juin |
| 2027 | 28 mars | 16 mai | 4 juin | 5 juin |
| 2028 | 16 avril | 4 juin | 23 juin | 24 juin |
| 2029 | 1ᵉʳ avril | 20 mai | 8 juin | 9 juin |
| 2030 | 21 avril | 9 juin | 28 juin | 29 juin |
| 2031 | 13 avril | 1ᵉʳ juin | 20 juin | 21 juin |
| 2032 | 28 mars | 16 mai | 4 juin | 5 juin |
| 2033 | 17 avril | 5 juin | 24 juin | 25 juin |
| 2034 | 9 avril | 28 mai | 16 juin | 17 juin |
| 2035 | 25 mars | 13 mai | 1ᵉʳ juin | 2 juin |
Les dates de 2026 et de 2027 sont confirmées par le calendrier liturgique officiel des pays francophones ; les autres découlent du même calcul[29]. En 2028 et en 2030, la mémoire du Cœur immaculé tombe le jour d'une autre solennité, la Nativité de saint Jean-Baptiste (24 juin) puis les saints Pierre et Paul (29 juin)[30].
Pourquoi un vendredi ?
Le vendredi est le jour de la Passion. L'évangile de l'année B le rappelle en ouvrant le récit du coup de lance : « Comme c'était le jour de la Préparation (c'est-à-dire le vendredi), il ne fallait pas laisser les corps en croix durant le sabbat » (Jn 19, 31) ; puis « un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l'eau » (Jn 19, 34)[31]. La fête du Cœur transpercé tombe donc le jour de la semaine où il fut ouvert, comme le Vendredi saint et comme chaque vendredi de l'année, que l'Église garde comme jour de pénitence.
Le choix de ce vendredi-là vient de Paray-le-Monial. Dans la révélation que sainte Marguerite-Marie situe « un jour de son octave », c'est-à-dire pendant l'octave de la Fête-Dieu, le Christ demanda que « le premier vendredi d'après l'octave du saint Sacrement soit dédié à une fête particulière pour honorer mon Cœur, en communiant ce jour-là et en lui faisant réparation d'honneur »[32]. La fête se trouvait ainsi attachée à l'Eucharistie : elle venait clore les huit jours d'adoration du Saint-Sacrement et réparer les offenses faites au Christ « pendant le temps qu'il a été exposé sur les autels »[33]. Saint Jean Eudes avait choisi une autre date, le 20 octobre[34] ; c'est le jour de Paray que Rome retint en 1856, en fixant la fête à la « feria VI post Octavam SSmi. Corporis », le vendredi après l'octave du Saint-Sacrement[35].
Le lendemain, la mémoire du Cœur immaculé de Marie
Le calendrier romain place au samedi suivant la mémoire du Cœur immaculé de Marie, « le samedi après le deuxième dimanche après la Pentecôte »[36]. Les deux célébrations se suivent parce que leur histoire est commune : l'office de 1929 appelle saint Jean Eudes « l'auteur du culte liturgique des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie »[37], et Pie XII demandait d'associer étroitement le culte du Cœur de Jésus à celui du « cœur très aimant de sa céleste mère »[38]. Ce rapprochement ne met pas les deux cœurs au même rang : on adore le Cœur de Jésus, on vénère celui de Marie, qui conduit à lui (voir Quelle est la différence entre adoration et vénération ?).
Quand le Sacré-Cœur rencontre une autre solennité
Comme sa date varie, la fête croise parfois une solennité à date fixe. Le vendredi 24 juin 2022, elle tomba le jour de la Nativité de saint Jean-Baptiste : le calendrier liturgique francophone garda le Sacré-Cœur au vendredi et célébra saint Jean-Baptiste la veille, le jeudi 23 juin, avec sa messe de la veille au soir et sa messe du jour[39]. La même rencontre avec saint Jean-Baptiste se reproduira le 24 juin 2033 et le 24 juin 2044 ; celle avec les saints Pierre et Paul, le 29 juin 2057 et le 29 juin 2068[40].
D'où vient la fête du Sacré-Cœur ?
La fête n'est pas descendue de Rome vers les diocèses : elle est montée des séminaires, des monastères et des évêques vers Rome, qui l'a reçue lentement, en pesant chaque pas. Près d'un siècle sépare la première fête diocésaine, à Rennes en 1670, de la première concession pontificale, en 1765 ; il fallut ensuite quatre-vingt-onze ans pour que Pie IX la prescrive à toute l'Église[41][42][43]. Saint Paul VI y voyait pourtant une rapidité remarquable : la fête liturgique était entrée dans l'usage « à peine soixante-quinze ans après la mort de l'humble Visitandine », sainte Marguerite-Marie, morte en 1690[44].
La fête en quelques dates
- 1670Rennes, la première fête
- Juin 1675La demande de Paray-le-Monial
- 21 juin 1686Première fête de la communauté de Paray
Les visitandines de Paray célèbrent le Sacré-Cœur au jour demandé[49].
- 1697Rome accorde une autre messe
Au lieu d'une fête propre, la Congrégation des rites accorde aux visitandines la messe des Cinq Plaies[50].
- 1720Marseille dans la peste
Mgr de Belsunce institue la fête dans son diocèse et consacre la ville au Sacré-Cœur le 1ᵉʳ novembre[51].
- 1727-1729Deux nouveaux refus
« Non proposita » le 12 juillet 1727, puis « Negative » le 30 juillet 1729[52].
- 6 février 1765Clément XIII accorde la fête
Office et messe propres pour les évêques de Pologne et l'archiconfrérie romaine du Sacré-Cœur[53].
- 28 août 1794Pie VI défend le culte
La constitution Auctorem fidei condamne les attaques du synode de Pistoie contre la dévotion au Sacré-Cœur[54].
- 23 août 1856Pie IX étend la fête à toute l'Église
La fête est prescrite partout, le vendredi après l'octave du Saint-Sacrement[55].
- 1889-1899Léon XIII
- 1928-1929Pie XI
- 1955-1970De la fin de l'octave à la solennité
Avant la fête : le Cœur ouvert et la piété du Moyen Âge
Le culte n'a pas commencé au XVIIᵉ siècle. Dès l'évangile de saint Jean, le côté ouvert du Christ est une source : « il en sortit du sang et de l'eau » (Jn 19, 34). Les Pères y ont vu la naissance de l'Église et des sacrements, et le Moyen Âge a appris à passer par la plaie pour atteindre le Cœur. L'office composé en 1929 pour la fête résume ce chemin :
« Dès le Moyen Âge, quand les fidèles commencèrent à être touchés d'une piété plus tendre envers la très sainte humanité du Sauveur, les âmes contemplatives avaient coutume de pénétrer par cette plaie jusqu'au Cœur lui-même, blessé par amour des hommes. » — Office du Sacré-Cœur, deuxième nocturne, leçon IV, approuvé en 1929[62]
Pie XII nommait parmi ces précurseurs saint Bonaventure, saint Albert le Grand, sainte Gertrude et sainte Catherine de Sienne[63]. Saint Bonaventure reste présent dans la fête elle-même : c'est sa méditation de L'Arbre de vie que l'Église lit aujourd'hui à l'office des lectures de la solennité (voir plus bas). Les visions de sainte Gertrude d'Helfta et de sainte Mechtilde de Hackeborn, au XIIIᵉ siècle, et toute la préhistoire de la dévotion sont présentées dans l'article L'Amour infini de Dieu dans le Sacré-Cœur et la Divine Miséricorde. Pendant ces siècles, le Cœur de Jésus était prié, contemplé, chanté ; il n'avait pas encore de jour à lui dans le calendrier.
Saint Jean Eudes et la première fête (1670)
Le premier jour de fête vint de Normandie et de Bretagne. Prédicateur de missions, fondateur de la congrégation de Jésus et Marie, saint Jean Eudes (1601-1680) honorait depuis longtemps le Cœur de Marie, et peu à peu, dans sa dévotion, le Cœur de Jésus prit une place distincte[64]. Le pape François a rappelé la démarche décisive :
« Après avoir mené avec ses missionnaires, à Rennes, une mission très fervente, il réussit à faire approuver par l'évêque de ce diocèse la célébration de la fête du Cœur adorable de Notre Seigneur Jésus-Christ. C'était la première fois que cette fête était officiellement autorisée dans l'Église. » — François, encyclique Dilexit nos, n° 113, 24 octobre 2024[65]
La première célébration solennelle eut lieu au grand séminaire de Rennes le 31 août 1670 ; Coutances suivit le 20 octobre, date à laquelle la fête des communautés eudistes resta désormais attachée[66]. Le père Eudes avait composé pour elle un office et une messe propres, et plusieurs évêques de l'Ouest les approuvèrent pour leur diocèse en l'espace de dix-huit mois et demi, comme le montre le relevé suivant des approbations épiscopales.
| Diocèse | Évêque qui approuve la fête | Date de l'approbation |
|---|---|---|
| Rennes | Charles-François de La Vieuville | 8 mars 1670 |
| Coutances | Charles-François de Loménie de Brienne | 20 juillet 1670 |
| Évreux | Henri Cauchon de Maupas du Tour | 8 octobre 1670 |
| Rouen | François de Harlay de Champvallon | 3 février 1671 |
| Bayeux | François de Nesmond | 16 mars 1671 |
| Lisieux | Léonor-François Goyon de Matignon | 24 septembre 1671 |
Ces six approbations, relevées par l'historien jésuite Nicolaus Nilles d'après les actes épiscopaux, précèdent de quelques années les grandes apparitions de Paray-le-Monial, qui commencèrent à la fin de 1673[67][68]. C'est pourquoi l'office de 1929 donne à saint Jean Eudes le titre d'« auteur du culte liturgique des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie »[69], et pourquoi Pie XII pouvait souligner que la fête ne repose pas d'abord sur une révélation privée (voir plus bas). La fête eudiste restait cependant une fête locale, à date fixe, sans le lien avec l'Eucharistie que Paray allait lui donner.
En mai 2025, pour le centenaire de la canonisation de saint Jean Eudes avec celles du saint curé d'Ars et de sainte Thérèse de Lisieux, Léon XIV le proposait aux évêques de France comme un maître à faire connaître, en relayant le testament de François sur le Sacré-Cœur : « Un fleuve qui ne s'épuise pas, qui ne passe pas, qui s'offre toujours de nouveau à qui veut aimer, continue de jaillir de la blessure du côté du Christ. Seul son amour rendra possible une nouvelle humanité » (Dilexit nos, n° 219)[70] :
« Saint Jean Eudes n'est-il pas le premier à avoir célébré le culte liturgique des Cœurs de Jésus et de Marie […] » — Léon XIV, message aux évêques de France, 28 mai 2025[71]
Paray-le-Monial : la demande d'une fête (1675)
À la Visitation de Paray-le-Monial, en Bourgogne, sainte Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690) recevait depuis la fin de 1673 des grâces qu'elle consigna plus tard dans son autobiographie[72]. La révélation qui fonde la date de la fête eut lieu pendant l'octave de la Fête-Dieu de 1675, « probablement le 16 juin » selon le théologien jésuite Jean Bainvel[73]. Elle la raconte ainsi :
« Étant une fois devant le saint Sacrement, un jour de son octave, je reçus de mon Dieu des grâces excessives de son amour, et me sentis touchée du désir de quelque retour, et de lui rendre amour pour amour […]. Alors me découvrant son divin Cœur : « Voilà ce Cœur qui a tant aimé les hommes, qu'il n'a rien épargné jusqu'à s'épuiser et se consommer pour leur témoigner son amour ; et pour reconnaissance je ne reçois de la plupart que des ingratitudes, par leurs irrévérences et leurs sacrilèges, et par les froideurs et les mépris qu'ils ont pour moi dans ce Sacrement d'amour. […] C'est pour cela que je te demande que le premier vendredi d'après l'octave du saint Sacrement soit dédié à une fête particulière pour honorer mon Cœur, en communiant ce jour-là, et en lui faisant réparation d'honneur par une amende honorable, pour réparer les indignités qu'il a reçues pendant le temps qu'il a été exposé sur les autels. Je te promets aussi que mon Cœur se dilatera pour répandre avec abondance les influences de son divin amour sur ceux qui lui rendront cet honneur, et qui procureront qu'il lui soit rendu. » » — Sainte Marguerite-Marie Alacoque, Autobiographie, § 92[74]
Trois éléments de la fête actuelle sont déjà là : le jour (le vendredi qui suit l'octave du Saint-Sacrement), la communion, et la réparation. Le Christ ajouta qu'elle devait s'adresser au « serviteur » qu'il lui avait envoyé : le jésuite saint Claude La Colombière, qui lui ordonna de mettre le récit par écrit et le recopia lui-même dans le journal de sa retraite faite à Londres en 1677[75][76]. La spiritualité de ces révélations — les autres paroles du Christ, les promesses, l'Heure sainte, les premiers vendredis — est développée dans L'Amour infini de Dieu dans le Sacré-Cœur et la Divine Miséricorde.
Les premières fêtes de Paray (1685-1686)
La demande resta d'abord sans effet. Dix ans plus tard, maîtresse des novices, Marguerite-Marie saisit une occasion : la fête de sainte Marguerite, le 20 juillet 1685, tombait un vendredi[77].
« Je priai nos sœurs novices, dont j'avais le soin pour lors, que tous les petits honneurs qu'elles avaient dessein de me rendre en faveur de ma fête, elles les fissent au sacré Cœur de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Ce qu'elles firent de bon cœur, en faisant un petit autel, sur lequel elles mirent une petite image de papier crayonnée avec une plume. » — Sainte Marguerite-Marie Alacoque, Autobiographie, § 94[78]
L'initiative lui valut d'être accusée « de vouloir introduire une dévotion nouvelle », et on lui défendit de mettre en évidence des images du sacré Cœur ; elle rapporte avoir entendu alors : « Ne crains rien, je régnerai malgré mes ennemis et tous ceux qui s'y voudront opposer »[79]. L'année suivante, la communauté entière changea d'attitude : sœur des Escures inaugura le culte « au jour même désigné par Notre-Seigneur, c'est-à-dire le vendredi après l'octave du saint Sacrement, 21 juin 1686 »[80]. Ce fut la première célébration du Sacré-Cœur à la date que l'Église universelle allait retenir.
Rome hésite : la messe des Cinq Plaies (1697)
Les monastères de la Visitation, où la dévotion se répandait, demandèrent bientôt à Rome une messe propre. En 1697, la supplique fut portée par une reine en exil, Marie-Béatrice d'Este, épouse de Jacques II d'Angleterre, réfugiée à Saint-Germain-en-Laye ; le cardinal de Janson en fut le rapporteur[81]. Le promoteur de la foi, Prosper Bottini, objecta la nouveauté d'une telle fête, contraire à la discipline ecclésiastique. La Congrégation des rites choisit alors une voie moyenne : pour le jour que la Visitation consacrait au Cœur de Jésus, elle accorda la messe des Cinq Plaies, déjà en usage, et non une messe nouvelle[82]. Selon Jean Bainvel, le Saint-Siège avait accordé dès 1693 des indulgences aux confréries du Sacré-Cœur, mais il refusait encore une fête commune à tous, avec messe et office propres[83].
Marseille dans la peste (1720-1722)
C'est une épidémie qui fit sortir le culte des cloîtres. En 1720, la peste ravageait Marseille. Le 22 octobre, l'évêque, Mgr Henri-François-Xavier de Belsunce, institua par mandement une fête du Sacré-Cœur dans tout son diocèse :
« Nous avons ordonné et nous ordonnons dans tout notre diocèse un jour de fête en l'honneur du très saint Cœur de Jésus, fête qui sera célébrée désormais chaque année le vendredi qui suit l'octave du très saint Sacrement, jour où cette même fête est déjà observée dans quelques autres diocèses de ce royaume. » — Mgr de Belsunce, évêque de Marseille, mandement du 22 octobre 1720, d'après la version latine publiée par N. Nilles (traduction Ignispedia)[84]
Le 1ᵉʳ novembre 1720, la ville et le diocèse furent publiquement consacrés au Sacré-Cœur ; l'évêque attesta ensuite que la peste avait reculé à partir de ce jour[85]. Le 28 mai 1722, alors que la contagion menaçait de nouveau, les échevins de Marseille — Jean-Pierre Moustier, Balthazar Dieudé, Pierre Remuzat et Jean-Baptiste Saint-Michel — firent un vœu perpétuel : chaque année, le jour de la fête, assister à la messe au premier monastère de la Visitation, y communier et offrir un cierge de quatre livres en réparation des fautes commises dans la ville ; ils le prononcèrent à la cathédrale le jeudi 4 juin 1722, jour de la Fête-Dieu[86]. Aix, Arles, Carpentras et Avignon suivirent entre 1720 et 1722[87]. Pour Jean Bainvel, la peste de Marseille offrit sans doute la première occasion d'une consécration solennelle et d'un culte public hors des communautés religieuses[88].
Les refus de 1727 et de 1729 : les objections de Prosper Lambertini
Une nouvelle supplique fut présentée à Rome au milieu des années 1720 par le roi de Pologne Auguste II, les évêques de Cracovie et de Marseille et les visitandines, puis appuyée en 1727 par le roi d'Espagne Philippe V[89]. Le jésuite Joseph de Gallifet, auteur d'un traité latin sur le culte du Sacré-Cœur, défendait la cause. Le promoteur de la foi était alors Prosper Lambertini, le futur pape Benoît XIV. Il fit valoir deux objections : la révélation faite à Marguerite-Marie n'avait été ni examinée juridiquement ni confirmée par un miracle ; et les postulateurs fondaient leur demande sur une thèse incertaine. Il le rapporta lui-même plus tard :
« Les postulateurs posaient comme certain que le cœur est, comme ils disent, le principe sensible de toutes les vertus et de toutes les affections, et comme le centre de toutes les joies et de toutes les douleurs intérieures ; mais cela engage une question philosophique, que l'Église s'est prudemment abstenue et s'abstient de trancher. C'est pourquoi j'ai respectueusement insinué qu'il ne fallait pas accéder à la demande. » — Prosper Lambertini (Benoît XIV), De servorum Dei beatificatione, rapporté par N. Nilles[90]
La Congrégation répondit « Non proposita » le 12 juillet 1727 — une formule qui invitait les postulateurs à renoncer —, puis simplement « Negative » le 30 juillet 1729[91]. Ce refus ne portait pas sur l'amour du Christ ni sur la légitimité de la dévotion : il visait une fondation philosophique fragile. Saint Alphonse de Liguori le comprit ainsi et en tira une espérance (voir plus bas, « Le cœur n'est pas le siège des sentiments »).
1765 : Clément XIII accorde la fête à la Pologne et à Rome
La cause aboutit sous Clément XIII. Les évêques du royaume de Pologne et l'archiconfrérie du Sacré-Cœur érigée à Rome demandèrent un office et une messe propres. Le cardinal Giovanni Francesco Albani rapporta la cause, le promoteur de la foi Cajetan Forti fut entendu, et la Congrégation des rites revint sur sa décision de 1729[92]. Son décret, dont le pape approuva la teneur le 6 février 1765, donne les raisons de cette décision :
« Sachant que le culte du Cœur de Jésus est déjà répandu dans presque toutes les parties du monde catholique, avec la faveur de leurs évêques, et souvent honoré par le Siège apostolique de milliers de brefs d'indulgences accordés à d'innombrables confréries érigées sous le titre du Cœur de Jésus, et comprenant que par la célébration de cette messe et de cet office on ne fait rien d'autre qu'amplifier un culte déjà établi et renouveler symboliquement la mémoire de ce divin amour par lequel le Fils unique de Dieu a pris la nature humaine et, s'étant fait obéissant jusqu'à la mort, a dit qu'il se donnait aux hommes en exemple comme doux et humble de cœur… » — Congrégation des rites, décret pour la Pologne, approuvé par Clément XIII le 6 février 1765[93]
La Congrégation précisa qu'en accordant la fête elle ne tranchait rien des opinions des philosophes : l'objection de 1729 était ainsi levée sans être contredite[94]. Le texte de Pie XII est plus net encore : le Saint-Siège a approuvé la fête liturgique avant d'approuver les écrits de sainte Marguerite-Marie, « sans tenir compte exactement d'aucune révélation privée de Dieu, mais en accédant avec bienveillance aux demandes des fidèles »[95]. La séance de la Congrégation est datée du 26 janvier 1765 dans les actes publiés par Nilles, du 25 janvier dans l'encyclique de Pie XII ; l'approbation pontificale du 6 février est attestée par les deux[96][97].
L'office fut approuvé le 11 mai 1765, avec la messe Miserebitur (« Il aura pitié »)[98]. La même année, à la demande de la reine — Marie Leszczyńska, épouse de Louis XV —, la fête fut reçue « presque officiellement » par l'épiscopat de France[99] ; saint Paul VI rappelait qu'elle fut accueillie par le roi, les évêques et les fidèles de Pologne, par les visitandines, par la ville de Rome, par les évêques et la reine de France et par les jésuites[100].
1794 : Pie VI défend le culte contre le synode de Pistoie
Le jansénisme, qui se défiait d'une piété jugée trop affective, attaqua la dévotion. Un synode réuni à Pistoie, en Toscane, la rangea parmi les dévotions nouvelles et dangereuses, et accusa ceux qui l'honoraient d'adorer une chair séparée de la divinité. Le 28 août 1794, Pie VI condamna ces propositions dans la constitution Auctorem fidei : la doctrine qui rejette la dévotion au très saint Cœur de Jésus, « entendue de cette dévotion telle qu'elle a été approuvée par le Siège apostolique », est déclarée « fausse, téméraire, pernicieuse »[101]. La raison théologique tient en une phrase :
« Les fidèles adorent le Cœur de Jésus en tant qu'il est le Cœur de Jésus, c'est-à-dire le cœur de la personne du Verbe, auquel il est inséparablement uni. » — Pie VI, constitution Auctorem fidei, 28 août 1794 : doctrine opposée à la proposition 63 du synode de Pistoie[102]
On n'adore donc pas un organe pour lui-même : on adore la personne du Fils de Dieu, à qui ce cœur appartient, comme on adorait son corps déposé au tombeau pendant les trois jours de sa mort, sans qu'il fût séparé de la divinité[103]. Cette précision doctrinale, opposée aux objections du jansénisme, garde la fête de tout soupçon d'idolâtrie ; Pie XII la reprendra en 1956 (voir plus bas, « Que célèbre la solennité du Sacré-Cœur ? »).
1856 : Pie IX étend la fête à toute l'Église
En 1856, les évêques de France, réunis à Paris autour du cardinal Patrizi, préfet de la Congrégation des rites, alors légat du pape en France, demandèrent que la fête soit étendue à l'Église entière[104]. Le décret Urbis et Orbis du 23 août 1856 constate que, depuis la concession de Clément XIII, presque aucun diocèse n'avait manqué de demander le privilège de la fête, et Pie IX la prescrivit partout au rite double majeur, le vendredi après l'octave du Saint-Sacrement, avec l'office de 1765 et la messe Miserebitur[105]. Le décret en donne le motif :
« Désirant offrir aux fidèles de nouveaux encouragements à aimer et à aimer en retour le Cœur blessé de Celui qui nous a aimés et nous a lavés de nos péchés dans son sang… » — Congrégation des rites, décret Urbis et Orbis, 23 août 1856[106]
L'office de 1929 décrit la suite par une image que Pie XII reprit en 1956 : « Depuis lors, le culte du Sacré-Cœur, comme un fleuve débordant, renversant tous les obstacles, s'est répandu dans le monde entier »[107][108].
Léon XIII : la première classe (1889) et la consécration du genre humain (1899)
Léon XIII éleva la fête au rite de première classe par un décret du 28 juin 1889[109]. Dix ans plus tard, par l'encyclique Annum sacrum du 25 mai 1899, il décida de consacrer le genre humain tout entier au Sacré-Cœur. Il prescrivit des prières publiques les 9, 10 et 11 juin dans l'église principale de chaque ville, avec les litanies du Sacré-Cœur approuvées par son autorité, et la récitation de l'acte de consécration le dernier jour[110]. Le premier de ces trois jours, le vendredi 9 juin 1899, était le jour même de la fête[111]. Le pape expliquait pourquoi une consécration convenait au Cœur du Christ :
« Puisqu'il y a dans le Sacré-Cœur un symbole et une image sensible de l'amour infini de Jésus-Christ, qui nous pousse à nous aimer les uns les autres, il est juste et convenable que nous nous consacrions à son très Sacré-Cœur — acte qui n'est rien d'autre qu'une offrande et un engagement envers Jésus-Christ, puisque tout honneur, toute vénération et tout amour rendus à ce divin Cœur sont réellement et véritablement rendus au Christ lui-même. » — Léon XIII, encyclique Annum sacrum, n° 8, 25 mai 1899[112]
Pie XI : l'octave et l'acte de réparation (1928-1929)
Par l'encyclique Miserentissimus Redemptor du 8 mai 1928, Pie XI donna à la fête son rang le plus haut avant la réforme du calendrier. Il l'éleva au rite double de première classe avec octave et ordonna qu'on y récite chaque année, dans toutes les églises du monde, un même acte de réparation :
« Nous décrétons et ordonnons que chaque année, en la fête du Très Sacré Cœur de Jésus — que Nous avons fait élever à cette occasion au rang de double de première classe avec octave —, dans toutes les églises du monde, on récite solennellement, dans les mêmes termes, selon le modèle joint à cette lettre, une même prière expiatoire ou protestation, afin que toutes nos fautes soient pleurées et que soient réparés les droits violés du Christ, Roi suprême et Seigneur très aimant. » — Pie XI, encyclique Miserentissimus Redemptor, n° 20, 8 mai 1928[113]
Le 29 janvier 1929, le pape approuva un office et une messe entièrement nouveaux, composés par une commission spéciale ; la fête recevait une octave privilégiée du troisième ordre, était déclarée fête primaire et assimilée aux fêtes chômées[114]. La nouvelle messe s'ouvrait sur le verset du psaume 32 que le Missel garde aujourd'hui, et que la liturgie des Heures traduit ainsi : « Les projets de son cœur subsistent d'âge en âge » (Ps 32, 11)[115][116][117]. Pie XI rappelait aussi que la consécration du genre humain avait été « comme confirmée » par la solennité du Christ Roi, qu'il avait instituée par l'encyclique Quas primas[118].
Du centenaire de 1956 à la réforme du calendrier
La réforme des rubriques de 1955 simplifia le calendrier : la Congrégation des rites ne garda que les octaves de Noël, de Pâques et de la Pentecôte, et les jours de « l'octave supprimée du Sacré-Cœur de Jésus » redevinrent des jours ordinaires[119]. L'année suivante, pour le centenaire du décret de Pie IX, Pie XII publia l'encyclique Haurietis aquas (15 mai 1956), qui reste la grande synthèse doctrinale du magistère sur le Sacré-Cœur ; il y demandait que ce centenaire soit marqué partout par des actes publics d'adoration, d'action de grâce et de réparation[120][121].
En 1965, pour le deuxième centenaire de la concession de 1765, saint Paul VI adressa aux évêques du monde la lettre apostolique Investigabiles divitias Christi. Il y constatait avec tristesse que le culte du Sacré-Cœur s'était « un peu affaibli chez certains », et demandait que le Cœur de Jésus soit honoré d'abord par une participation plus intense au sacrement de l'autel, puisque son « plus grand don est précisément l'Eucharistie »[122]. Le calendrier romain de 1969 confirma la fête au plus haut rang, celui des solennités du Seigneur, au vendredi qui suit le deuxième dimanche après la Pentecôte[123].
Le tableau suivant résume les étapes qui ont fixé le rang de la fête dans le calendrier de l'Église latine.
| Année | Acte | Rang ou statut de la fête |
|---|---|---|
| 1765 | Décret de la Congrégation des rites, approuvé par Clément XIII | Fête accordée aux évêques de Pologne et à l'archiconfrérie romaine |
| 1856 | Décret Urbis et Orbis de Pie IX | Fête de toute l'Église, rite double majeur |
| 1889 | Décret de Léon XIII | Rite de première classe |
| 1928-1929 | Miserentissimus Redemptor et décret de Pie XI | Première classe avec octave privilégiée ; fête primaire ; acte de réparation annuel |
| 1955 | Décret général sur les rubriques (Pie XII) | Octave supprimée |
| 1969-1970 | Calendrier romain et Missel de saint Paul VI | Solennité du Seigneur |
En deux siècles, une fête née d'une mission en Bretagne et d'une demande reçue dans un monastère de Bourgogne est ainsi devenue l'une des solennités du Seigneur de l'Église universelle[124][125].
Comment l'Église célèbre-t-elle le Sacré-Cœur ?
La messe de la solennité
La messe actuelle reprend l'introït composé en 1929 : « Les projets de son cœur subsistent d'âge en âge : il délivre leur âme de la mort, il les garde en vie aux jours de famine » (Ps 32, 11.19)[126][127]. Le psaume parle de Dieu ; la liturgie l'applique au Cœur du Christ, dont l'amour ne change pas avec les générations. La collecte, que la liturgie des Heures reprend à chaque office du jour, demande que cet amour soit reçu comme une source :
« Seigneur notre Père, en vénérant le Cœur de ton Fils bien-aimé, nous disons les merveilles de ton amour pour nous ; fais que nous recevions de cette source divine une grâce plus abondante. » — Collecte de la solennité, traduction liturgique de l'AELF[128][129]
Le Missel propose une seconde collecte, qui donne à la fête sa note de réparation : « Dieu qui, dans le Cœur de ton Fils blessé par nos péchés, daignes nous prodiguer avec miséricorde les trésors infinis de ton amour, accorde-nous, en lui offrant l'hommage fervent de notre piété, de lui présenter aussi une juste réparation »[130]. La prière sur les offrandes demande au Père de regarder « l'amour inexprimable du Cœur de ton Fils bien-aimé », afin que l'offrande devienne « l'expiation de nos fautes »[131]. Après l'homélie, on dit le Credo[132].
Le cœur théologique de la messe est sa préface. Elle relie en une seule phrase la croix, le côté ouvert, les sacrements et le Cœur du Sauveur :
« Élevé sur la croix dans un amour admirable, il s'est livré pour nous ; de son côté transpercé, il a répandu le sang et l'eau d'où jaillissent les sacrements de l'Église, afin que tous, attirés vers le Cœur ouvert du Sauveur, puisent sans cesse avec joie aux sources du salut. » — Préface de la solennité du Sacré-Cœur, Missale Romanum (1970), traduction Ignispedia[133]
Les derniers mots de la préface reprennent Isaïe : « Dans l'allégresse, vous puiserez de l'eau aux sources du salut » (Is 12, 3) — le verset même qui a donné son titre à l'encyclique de Pie XII, Haurietis aquas[134]. Pour la communion, le Missel offre deux antiennes : « Si quelqu'un a soif, qu'il vienne à moi et qu'il boive ; celui qui croit en moi, des fleuves d'eau vive couleront de son sein » (Jn 7, 37-38), ou « Un des soldats avec sa lance lui perça le côté, et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau » (Jn 19, 34)[135]. La prière après la communion tire la conséquence pratique de la fête : que le « sacrement de la charité » nous fasse brûler d'un saint amour, afin que, sans cesse attirés vers le Fils, « nous apprenions à le reconnaître en nos frères »[136].
La messe d'avant 1970
La messe que saint Paul VI a conservée n'est pas la première. Le décret de 1856 imposait à toute l'Église la messe Miserebitur, approuvée en 1765 avec l'office de la Pologne ; son nom vient de son premier mot latin, « Il aura pitié »[137]. En 1929, Pie XI la remplaça par une messe nouvelle, Cogitationes Cordis eius, et par un office complet pour la fête et pour chaque jour de son octave[138]. Le Missel de 1962 la donne aussi comme messe votive du Sacré-Cœur, avec l'épître de saint Paul aux Éphésiens (Ep 3, 8-19) et l'évangile du coup de lance (Jn 19, 31-37) : deux lectures que le lectionnaire actuel a gardées pour l'année B[139][140]. Le titre même de la lettre de Paul VI pour le bicentenaire de 1765, Investigabiles divitias Christi, « l'insondable richesse du Christ », est tiré de cette épître (Ep 3, 8)[141].
Les lectures de la messe sur trois ans
Depuis la réforme liturgique, la messe de la solennité a trois séries de lectures, une pour chaque année du cycle dominical. Le tableau suivant les rassemble, d'après le lectionnaire de l'AELF.
| Année | Première lecture | Psaume ou cantique | Deuxième lecture | Évangile |
|---|---|---|---|---|
| A (2026, 2029, 2032) | Dt 7, 6-11 | Ps 102 | 1 Jn 4, 7-16 | Mt 11, 25-30 |
| B (2027, 2030, 2033) | Os 11, 1.3-4.8c-9 | Is 12 | Ep 3, 8-12.14-19 | Jn 19, 31-37 |
| C (2028, 2031, 2034) | Ez 34, 11-16 | Ps 22 | Rm 5, 5b-11 | Lc 15, 3-7 |
Chaque année montre un visage différent du même amour : l'élection gratuite et la douceur du Christ en A, le cœur de Dieu bouleversé et le côté ouvert en B, le berger qui cherche sa brebis en C[142].
Année A : « Je suis doux et humble de cœur »
Le Deutéronome rappelle à Israël la raison de son élection : « C'est par amour pour vous […] que le Seigneur vous a fait sortir par la force de sa main » (Dt 7, 8). Saint Jean donne la clé de toute la fête : « Voici en quoi consiste l'amour : ce n'est pas nous qui avons aimé Dieu, mais c'est lui qui nous a aimés » (1 Jn 4, 10). L'évangile est le seul passage où Jésus parle lui-même de son cœur :
« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Prenez sur vous mon joug, devenez mes disciples, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos pour votre âme. » — Évangile selon saint Matthieu 11, 28-29, traduction liturgique de l'AELF[143]
C'est cette parole que le décret de 1765 citait déjà : le Fils de Dieu s'est donné aux hommes en exemple comme « doux et humble de cœur »[144]. Le 12 juin 2026, Léon XIV commentait les mêmes lectures : « Il y a vie quand on donne la vie » ; et il citait la confession de foi de la lettre de saint Jean, « Nous avons reconnu l'amour que Dieu a pour nous, et nous y avons cru » (1 Jn 4, 16)[145].
Année B : « Mon cœur se retourne contre moi »
La première lecture est l'un des sommets de l'Ancien Testament sur la tendresse de Dieu. Le Seigneur y parle comme un père qui a appris à marcher à son enfant, qui le soulevait « tout contre sa joue » et se penchait pour le faire manger ; devant l'infidélité d'Israël, il renonce au châtiment :
« Non ! Mon cœur se retourne contre moi ; en même temps, mes entrailles frémissent. Je n'agirai pas selon l'ardeur de ma colère, je ne détruirai plus Israël, car moi, je suis Dieu, et non pas homme : au milieu de vous je suis le Dieu saint, et je ne viens pas pour exterminer. » — Livre d'Osée 11, 8-9, traduction liturgique de l'AELF[146]
Le cantique d'Isaïe (Is 12) annonce les « sources du salut ». Saint Paul assure aux Éphésiens qu'ils connaîtront « ce qui surpasse toute connaissance : l'amour du Christ » (Ep 3, 19), et l'évangile rapporte le coup de lance et le témoignage de celui qui a vu : « Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils ont transpercé » (Jn 19, 37)[147].
Année C : la brebis retrouvée
Ézéchiel annonce que Dieu lui-même cherchera ses brebis dispersées : « C'est moi qui ferai paître mon troupeau, et c'est moi qui le ferai reposer » (Ez 34, 15). Saint Paul en tire la preuve décisive : « la preuve que Dieu nous aime, c'est que le Christ est mort pour nous, alors que nous étions encore pécheurs » (Rm 5, 8). L'évangile de la brebis perdue s'achève sur la joie du berger : « Réjouissez-vous avec moi, car j'ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue ! » (Lc 15, 6)[148]. Le 27 juin 2025, Léon XIV y voyait « une invitation à vivre la charité pastorale avec le même grand cœur que le Père », pour que personne ne se perde[149].
La liturgie des Heures du Sacré-Cœur
L'office du jour est tout entier tourné vers le côté ouvert. À l'office des lectures, après le passage de l'épître aux Romains sur l'amour dont rien ne peut nous séparer (Rm 8, 28-39), l'Église lit une page de saint Bonaventure tirée de L'Arbre de vie[150] :
« Pour que, du côté du Christ endormi sur la Croix, surgisse l'Église, et pour que soit accomplie la parole de l'Écriture : Ils contempleront celui qu'ils ont transpercé, la sagesse divine a bien voulu que la lance d'un soldat ouvre et transperce ce côté. Il en sortit du sang et de l'eau, et c'était le prix de notre salut qui s'écoulait ainsi. Jailli de sa source, c'est-à-dire du plus profond du cœur du Christ, il donne aux sacrements de l'Église le pouvoir de conférer la vie de la grâce. » — Saint Bonaventure, L'Arbre de vie, lecture de l'office du Sacré-Cœur, traduction liturgique de l'AELF[151]
Le répons qui suit chante : « J'ai vu la source devenir un fleuve immense, alléluia ! »[152]. Les hymnes françaises du jour reprennent les mêmes images — « Sa gloire humiliée, son cœur transpercé, montrent la voie » à l'office des lectures, « le sang jailli du Cœur de Jésus Christ, vie des baptisés » aux vêpres —, et les laudes reprennent à l'intercession la parole de saint Jean : « Regardons celui que nous avons transpercé »[153]. Aux vêpres, l'antienne du Magnificat résume la fête en une phrase : « Le Seigneur nous porte dans ses bras, il nous tient sur son cœur, il se souvient de son amour, alléluia »[154].
L'acte de réparation
Depuis Pie XI, la fête a son acte propre : la prière de réparation qu'il avait jointe à son encyclique de 1928 et qu'il demandait de réciter chaque année ce jour-là dans toutes les églises[155]. Elle commence ainsi :
« Très doux Jésus, dont l'amour répandu sur les hommes est payé avec tant d'ingratitude, par tant d'oubli, de négligence et de mépris, nous voici prosternés devant tes autels : nous voulons réparer par un hommage particulier une si coupable indifférence et les outrages dont ton Cœur très aimant est partout l'objet. » — Pie XI, acte de réparation joint à l'encyclique Miserentissimus Redemptor, 1928, traduction Ignispedia[156]
La prière ne s'arrête pas aux fautes : elle s'achève par une offrande et une demande de persévérance, « par l'intercession de la bienheureuse Vierge Marie Réparatrice », afin que tous parviennent un jour à la patrie où le Christ règne avec le Père et l'Esprit[157]. Elle répond à la demande reçue à Paray — faire au Cœur de Jésus « réparation d'honneur » le jour de sa fête[158] — et au sens que Pie XI donnait à la réparation (voir plus bas, « Une fête de la réparation »). Les articles Comment grandir dans la réparation et Que disent les saints sur la réparation prolongent ce point.
Un jour de prière pour les prêtres
Le vendredi du Sacré-Cœur est aussi devenu, selon les mots de Benoît XVI, la « journée traditionnellement consacrée à la prière pour la sanctification des prêtres ». C'est ce jour-là, le 19 juin 2009, qu'il ouvrit une « Année sacerdotale » pour le cent cinquantième anniversaire de la mort du saint curé d'Ars, dont il citait la parole célèbre[159] :
« Le Sacerdoce, c'est l'amour du cœur de Jésus. » — Saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars, cité par Benoît XVI, lettre du 16 juin 2009[160]
Le 27 juin 2025, en la solennité, Léon XIV célébra la messe du Jubilé des prêtres et conféra l'ordination sacerdotale ; il ouvrait son homélie par ces mots : « Aujourd'hui, solennité du Sacré-Cœur de Jésus, Journée pour la sanctification des Prêtres, nous célébrons avec joie cette Eucharistie à l'occasion du Jubilé des prêtres »[161]. Il en donnait aussitôt le sens :
« Parler du Cœur du Christ dans ce contexte, c'est parler de tout le mystère de l'incarnation, de la mort et de la résurrection du Seigneur, qui nous a été confié de manière particulière afin que nous le rendions présent dans le monde. » — Léon XIV, homélie de la messe avec ordinations sacerdotales, 27 juin 2025[162]
Que célèbre la solennité du Sacré-Cœur ?
La fête ne célèbre pas un événement de la vie du Christ, comme Noël ou l'Ascension : elle contemple ce qui les explique tous, l'amour avec lequel il a vécu, souffert et donné sa vie. Le Catéchisme le formule à propos de la prière de l'Église : elle « vénère et honore le Cœur de Jésus, comme elle invoque son Très saint Nom. Elle adore le Verbe incarné et son Cœur qui par amour des hommes, s'est laissé transpercer par nos péchés »[163].
L'amour du Verbe fait chair, signifié par son Cœur
Le point de départ est l'Incarnation. Le Fils de Dieu a pris une nature humaine complète, avec un vrai corps et un vrai cœur ; le Catéchisme en tire la conséquence : « Il nous a tous aimés d'un cœur humain »[164]. Pie XII donnait deux raisons pour lesquelles l'Église rend au Cœur du Rédempteur le culte d'adoration dû à Dieu seul. La première est que ce Cœur, « la plus noble part de sa nature humaine, est uni hypostatiquement à la personne du Verbe divin » : on l'adore comme on adore la personne même du Fils de Dieu incarné. La seconde est qu'il est, plus que tout autre membre de son corps, « un signe ou symbole naturel de son immense charité envers le genre humain »[165].
Ce symbole renvoie à un triple amour : l'amour divin que le Fils partage avec le Père et l'Esprit, l'amour spirituel de son âme humaine, et l'amour sensible de son corps, qui a réellement éprouvé l'affection, la compassion et la douleur[166]. Pie XII précisait la portée exacte de ce culte :
« Le fidèle, en rendant un culte au Cœur de Jésus, adore avec l'Église un signe et comme un mémorial de l'amour divin. » — Pie XII, encyclique Haurietis aquas, 15 mai 1956 (DS 3925)[167]
Il ajoutait que la vérité de ce symbole « repose tout entière sur la vérité fondamentale de l'union hypostatique »[168]. La solennité n'honore donc pas un sentiment, ni une image pieuse : elle adore Dieu fait homme, dans ce qui en lui manifeste le plus visiblement qu'il nous a aimés. C'est la même raison que donnait Léon XIII pour la consécration : tout honneur rendu à ce Cœur « est réellement et véritablement rendu au Christ lui-même »[169].
Une fête de la Rédemption
Parce qu'elle a lieu un vendredi et que son évangile de l'année B est celui du coup de lance, la fête prolonge la contemplation du Vendredi saint. Ses textes ne regardent pas la croix comme un échec, mais comme une source : la préface voit jaillir du côté transpercé « les sacrements de l'Église », et saint Bonaventure, à l'office des lectures, voit l'Église surgir du côté du Christ « endormi sur la Croix »[170][171]. La blessure n'est pas fermée : le Cœur reste ouvert, et la fête invite à y entrer. C'est le sens de la prière après la communion, qui demande d'être « sans cesse attirés » vers le Fils[172].
Une fête eucharistique
La date même de la fête la rattache à l'Eucharistie. Elle vient clore, le vendredi, la semaine qui suit la Fête-Dieu, et la demande reçue à Paray visait précisément les offenses faites au Christ « dans ce Sacrement d'amour » : on devait, ce jour-là, communier et réparer les indignités qu'il avait reçues « pendant le temps qu'il a été exposé sur les autels »[173]. Saint Paul VI tirait de là sa principale recommandation pour le bicentenaire de 1765 : honorer le Cœur de Jésus par une participation plus intense au sacrement de l'autel, puisque son « plus grand don est précisément l'Eucharistie », et parce que cette dévotion « consiste essentiellement dans l'adoration et dans la réparation » et « est fondée surtout dans l'auguste mystère de l'Eucharistie »[174]. La messe du jour, la communion, l'adoration eucharistique et la prière devant le Saint-Sacrement sont ainsi au centre de la fête (voir L'Eucharistie).
Une fête de la réparation : rendre amour pour amour
La réparation est le mot le plus caractéristique de la fête, et le plus facile à mal comprendre. Pour Pie XI, elle n'est pas d'abord une dette de crainte, mais une manière d'aimer : elle achève l'union au Christ que la consécration commence.
« De même que la consécration proclame et affermit l'union avec le Christ, ainsi l'expiation commence cette même union en effaçant les fautes, la perfectionne en faisant participer aux souffrances du Christ, et la consomme en offrant des victimes pour nos frères. Tel fut le dessein de Jésus miséricordieux lorsqu'il voulut nous découvrir son Cœur, portant les insignes de sa Passion et montrant les flammes de son amour : que, voyant d'un côté la malice infinie du péché et admirant de l'autre la charité infinie du Rédempteur, nous détestions plus vivement le péché et rendions plus ardemment amour pour amour. » — Pie XI, encyclique Miserentissimus Redemptor, n° 11, 8 mai 1928[175]
L'expression « rendre amour pour amour » est celle de sainte Marguerite-Marie elle-même : c'est en voulant « rendre amour pour amour » qu'elle reçut la demande de la fête[176]. Le Christ y ajoutait une promesse, qui donne à la fête son vrai ton : « mon Cœur se dilatera pour répandre avec abondance les influences de son divin amour sur ceux qui lui rendront cet honneur »[177]. La réparation n'enferme pas dans la culpabilité : elle répond à un amour qui se plaint de n'être pas aimé, et elle se fait avec confiance. Les articles Comment grandir dans la réparation et Les erreurs fréquentes concernant la réparation en développent la pratique.
La fête dans la piété des fidèles
Communier, adorer, réparer
Les pratiques propres au jour découlent toutes de la demande de Paray : la communion, la réparation, l'adoration. Pie XI rappelait que l'Église avait approuvé et enrichi de nombreuses grâces la « communion réparatrice » et l'« Heure sainte », une heure entière de prière de réparation[178]. Ces dévotions se pratiquent aussi tout au long de l'année, notamment les premiers vendredis du mois ; leur histoire et les promesses qui leur sont attachées sont présentées dans L'Amour infini de Dieu dans le Sacré-Cœur et la Divine Miséricorde et dans l'article consacré à sainte Marguerite-Marie Alacoque.
Les consécrations au Sacré-Cœur
La fête a souvent été le jour choisi pour se consacrer au Sacré-Cœur, c'est-à-dire se donner à lui et se placer sous sa protection. Marseille l'avait fait en 1720, et ses échevins s'étaient engagés à revenir chaque année, le jour de la fête, au monastère de la Visitation (voir plus haut)[179]. La consécration du genre humain voulue par Léon XIII en 1899 donna à ces actes une dimension universelle ; l'office composé en 1929 en mesurait les fruits :
« Cette consécration, accomplie avec un rite solennel dans toutes les églises du monde catholique, apporta à cette dévotion un immense accroissement, et y conduisit non seulement les peuples, mais aussi les familles, qui se vouent en nombre innombrable au divin Cœur et se soumettent à son règne de roi. » — Office du Sacré-Cœur, deuxième nocturne, leçon VI, approuvé en 1929[180]
Ces consécrations ne sont pas des formules magiques : Léon XIII les définissait comme une offrande et un engagement envers Jésus-Christ lui-même[181]. Elles ont donné à la piété catholique deux de ses grands lieux, le sanctuaire de Paray-le-Monial, où saint Paul VI voyait « affluer de toutes parts les foules pieuses des pèlerins »[182], et la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, à Paris.
Six objections sur la fête du Sacré-Cœur, et leurs réponses
Depuis la première supplique de 1697, la fête a rencontré des objections sérieuses, venues de canonistes, de théologiens et de philosophes. Les voici dans leur forme la plus forte, chacune suivie de sa réponse.
Objection 1 — « Une dévotion sentimentale, indigne d'une solennité de l'Église »
L'objection. L'image d'un cœur rayonnant évoque une émotion douce plutôt qu'un mystère de la foi. Les grandes fêtes de l'Église célèbrent des événements — la naissance du Christ, sa mort, sa résurrection — ou des vérités — la Trinité, l'Eucharistie — ; consacrer une solennité à un cœur semble faire passer le sentiment avant le dogme, et une iconographie parfois mièvre a renforcé ce soupçon. Saint Paul VI lui-même constatait en 1965 que ce culte s'était « un peu affaibli chez certains »[183].
Réponse. L'objet de la fête n'est pas une émotion, mais l'amour du Verbe incarné dans toute son étendue : l'amour divin du Fils, l'amour de son âme humaine et l'amour sensible de son corps, que Pie XII présentait comme un triple amour signifié par le Cœur[184]. Les lectures de la solennité le montrent : elles parlent de l'élection d'Israël, de la tendresse de Dieu dans Osée, du Christ « doux et humble de cœur », du côté transpercé et du berger qui cherche sa brebis[185]. Léon XIV le disait en 2025 : « parler du Cœur du Christ […], c'est parler de tout le mystère de l'incarnation, de la mort et de la résurrection du Seigneur »[186]. Paul VI, dans la même lettre où il regrettait le déclin du culte, en donnait la définition la plus sobre : cette dévotion « consiste essentiellement dans l'adoration et dans la réparation » et « est fondée surtout dans l'auguste mystère de l'Eucharistie »[187]. La qualité inégale de certaines images n'atteint pas la fête : sa préface est l'un des textes les plus doctrinaux du Missel[188].
Objection 2 — « Adorer un cœur de chair, c'est de l'idolâtrie »
L'objection. L'adoration est due à Dieu seul. Un organe du corps humain, même celui du Christ, est une créature ; lui rendre un culte d'adoration revient à diviniser de la matière. C'était l'accusation des jansénistes du synode de Pistoie : les fidèles adoreraient la chair du Christ séparée de sa divinité[189].
Réponse. L'Église adore la personne, non l'organe isolé. Pie VI l'a dit en condamnant Pistoie : les fidèles adorent le Cœur de Jésus « en tant qu'il est le Cœur de Jésus, c'est-à-dire le cœur de la personne du Verbe, auquel il est inséparablement uni », de même que le corps du Christ mort, resté uni à la divinité, était adorable dans le tombeau[190]. Pie XII en donnait la raison : ce Cœur est uni hypostatiquement à la personne du Fils, et on lui doit donc « le même culte d'adoration dont l'Église honore la personne même du Fils de Dieu incarné »[191]. Léon XIII concluait : tout honneur rendu à ce Cœur « est réellement et véritablement rendu au Christ lui-même »[192]. La distinction entre adorer Dieu et vénérer une créature est expliquée dans Quelle est la différence entre adoration et vénération ?.
Objection 3 — « Une révélation privée ne peut pas imposer une fête à toute l'Église »
L'objection. La Révélation publique est close ; les révélations privées n'obligent personne. Or la fête porte la date demandée à une religieuse de Paray : en l'étendant à toute l'Église, Rome semble avoir rendu obligatoire, au moins dans la liturgie, ce qui relève d'une révélation particulière.
Réponse. Pie XII a répondu expressément : le Saint-Siège a approuvé la fête liturgique avant d'approuver les écrits de sainte Marguerite-Marie, « sans tenir compte exactement d'aucune révélation privée de Dieu, mais en accédant avec bienveillance aux demandes des fidèles »[193]. Le décret de 1765 ne parle pas de Paray : il fonde la fête sur un culte déjà reçu presque partout et sur l'Évangile, le Fils de Dieu « doux et humble de cœur »[194]. La première fête, celle de saint Jean Eudes en 1670, est d'ailleurs antérieure aux grandes révélations de Paray[195]. Pie XII précisait enfin que ces révélations « n'ont rien apporté de nouveau dans la doctrine catholique » : leur importance est d'avoir invité de façon extraordinaire à contempler l'amour miséricordieux de Dieu[196]. Paray a donné à la fête sa date et son accent de réparation ; son contenu est celui de l'Évangile.
Objection 4 — « Rome l'a refusée trois fois : c'est donc une dévotion douteuse »
L'objection. La Congrégation des rites a refusé la fête en 1697, en 1727 et en 1729, et l'un de ses adversaires les plus fermes fut Prosper Lambertini, l'un des plus grands canonistes de son siècle, devenu pape sous le nom de Benoît XIV. Une dévotion que Rome a écartée si longtemps ne peut pas être aussi sûre qu'on le dit.
Réponse. Les refus ne portaient pas sur l'amour du Christ ni sur la légitimité du culte : dès 1693, des indulgences étaient accordées aux confréries du Sacré-Cœur, et en 1697 Rome accordait aux visitandines la messe des Cinq Plaies pour leur jour du Sacré-Cœur[197][198]. Lambertini objectait l'absence d'examen juridique de la révélation et une thèse philosophique incertaine sur le cœur[199]. Quand la demande fut présentée autrement, la Congrégation revint sur sa décision et précisa qu'en accordant la fête elle ne définissait rien des opinions des philosophes[200][201]. Cette lenteur est un signe de sérieux, non de défiance : Rome avait de même hésité pendant des siècles avant d'étendre à toute l'Église la fête de la Sainte Trinité, au motif que la Trinité était déjà louée chaque jour[202].
Objection 5 — « Le cœur n'est pas le siège des sentiments : la science a rendu cette fête caduque »
L'objection. La physiologie moderne situe la pensée et les émotions dans le cerveau. Une fête fondée sur l'idée que l'amour loge dans le cœur reposerait sur une anatomie dépassée — et c'était déjà le point fragile relevé en 1727 : les postulateurs faisaient reposer leur demande sur la thèse incertaine que le cœur serait le siège des affections.
Réponse. L'Église n'a jamais lié la fête à une théorie physiologique : en 1765, elle déclara précisément ne rien définir des opinions des philosophes, et parla de renouveler « symboliquement » la mémoire de l'amour divin[203][204]. Saint Alphonse de Liguori, docteur de l'Église, avait tiré de l'échec de 1729 une espérance fondée sur un argument plus solide :
« L'espérance que nous avons de voir un jour accordée cette concession pour le Cœur du Seigneur, nous ne l'appuyons pas sur l'opinion des anciens, mais sur l'opinion commune des philosophes, anciens comme modernes, selon laquelle le cœur humain, même s'il n'était pas le siège des affections, est le principe de la vie […]. Si donc le cœur est l'une des sources premières de la vie humaine, on ne peut douter que le cœur n'ait une part première dans les affections de l'homme. » — Saint Alphonse de Liguori, Neuvaine du Cœur de Jésus, introduction, cité par N. Nilles (traduction Ignispedia)[205]
Pie XII ajoutait que le Christ, ayant pris un vrai corps, a été « doué d'un cœur physique et semblable au nôtre ; puisque, sans cette partie très excellente du corps, il ne peut y avoir de vie d'homme, même pour ce qui concerne les affections »[206]. Le langage de l'Écriture va dans le même sens : quand Dieu dit dans Osée « Mon cœur se retourne contre moi » (Os 11, 8), le cœur désigne le plus intime de la personne, et c'est en ce sens que la fête l'entend.
Objection 6 — « Une fête de la culpabilité, qui fait peur au lieu de consoler »
L'objection. Le vocabulaire de la fête — réparation, expiation, outrages, ingratitudes, amende honorable — semble charger les fidèles d'une culpabilité diffuse et présenter un Dieu qui se plaint. Une telle fête risquerait de nourrir la crainte plutôt que la confiance.
Réponse. La réparation est ici une réponse d'amour. Pie XI en donnait le but : que, admirant « la charité infinie du Rédempteur », nous rendions « plus ardemment amour pour amour »[207]. La demande de Paray venait du même mouvement — Marguerite-Marie voulait « rendre amour pour amour » — et elle s'achevait par une promesse : « mon Cœur se dilatera pour répandre avec abondance les influences de son divin amour »[208]. La liturgie de la fête ne parle pas de menace : la collecte demande « une grâce plus abondante » puisée à « cette source divine », et l'antienne des vêpres chante : « Le Seigneur nous porte dans ses bras, il nous tient sur son cœur »[209]. La plainte du Cœur de Jésus est celle d'un amour qui veut être aimé ; Léon XIV la résumait en 2026 : « son Cœur est la source de la miséricorde »[210].
La voix des saints et des papes
Saint Claude La Colombière : « publier ce que vous attendez de vos serviteurs »
Le jésuite, alors supérieur de la petite résidence de la Compagnie de Jésus à Paray, reçut le récit de la grande révélation et en fit sa propre mission[211]. Pendant sa retraite à Londres, en 1677, il écrivit :
« J'ai reconnu que Dieu voulait que je le servisse en procurant l'accomplissement de ses désirs touchant la dévotion qu'il a suggérée à une personne à qui il se communique fort confidemment, et pour laquelle il a bien voulu se servir de ma faiblesse ; je l'ai déjà inspirée à bien des gens en Angleterre. […] Que ne puis-je, mon Dieu, être partout, et publier ce que vous attendez de vos serviteurs et amis ! » — Saint Claude La Colombière, Retraite spirituelle, Londres, 1677[212]
Il avait recopié dans ce même journal le récit de sainte Marguerite-Marie, avec la demande d'une fête[213]. Sa vie est présentée dans Saint Claude La Colombière (1641-1682).
Dans les écrits de Luisa Piccarreta : un seul cœur avec le Cœur de Jésus
La Servante de Dieu Luisa Piccarreta (1865-1947), à qui Jésus a dicté pendant des décennies les cahiers du Livre du Ciel, y rapporte un grand nombre de paroles sur le Cœur de Jésus. L'une d'elles relie ce Cœur au don qu'elle a reçu mission de faire connaître, celui de vivre dans la Divine Volonté — non pas seulement faire la volonté de Dieu, mais vivre de sa Volonté même, au point que Dieu agit dans l'âme. Un jour où elle se plaignait de l'absence de Jésus, il lui répondit avec tendresse :
« Ma fille, celui qui vit dans ma Volonté est tellement identifié à Moi que son cœur et mon Cœur ne font qu'un. Comme toutes les âmes qui sont sauvées le sont par ce Cœur, ces âmes sauvées s'envolent vers leur salut à travers les battements de ce Cœur. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 11, 28 juillet 1915[214]
Il s'agit d'une révélation privée, reçue comme telle. Elle prolonge la demande de Paray dans une direction propre : rendre amour pour amour ne consiste pas seulement à offrir des actes de réparation, mais à laisser le Cœur du Christ battre dans le sien, jusqu'à désirer avec lui le salut de tous. Le don lui-même est présenté dans Qu'est-ce que le don de vivre dans la Divine Volonté ?.
Les papes devant le Cœur de Jésus
De Léon XIII à Léon XIV, les papes ont fait de cette fête un rendez-vous de l'Église entière. Pie XII souhaitait que tous ceux qui travaillent à établir le Règne du Christ voient dans la dévotion au Cœur de Jésus « la source et le symbole de l'unité, du salut et de la paix »[215]. Benoît XVI rappelait en 2006 que les paroles d'Isaïe qui ouvrent Haurietis aquas n'avaient, cinquante ans plus tard, « rien perdu de leur signification »[216]. Le 12 juin 2026, au terme de son voyage en Espagne, Léon XIV célébrait la solennité au bord de la mer, dans le port de Santa Cruz de Tenerife, et concluait par une invitation à lever les yeux :
« Tournons notre regard vers le Christ crucifié : son Cœur est la source de la miséricorde, seule capable de sauver l'humanité qui a besoin de pardon et de réconciliation pour parvenir à une paix véritable et durable. » — Léon XIV, remerciements à l'issue de la messe de Santa Cruz de Tenerife, 12 juin 2026[217]
Pour aller plus loin
Articles Ignispedia connexes
- L'Amour infini de Dieu dans le Sacré-Cœur et la Divine Miséricorde — la spiritualité du Sacré-Cœur, les révélations de Paray, les promesses, Haurietis aquas et Dilexit nos
- Sainte Marguerite-Marie Alacoque (1647-1690), Saint Claude La Colombière (1641-1682) et Saint Jean Eudes (1601-1680) — les trois saints qui ont préparé la fête
- Sanctuaire de Paray-le-Monial et Sanctuaire de Montmartre — les deux grands lieux du Sacré-Cœur en France
- La Fête-Dieu (Corpus Christi) et Solennité de la Sainte Trinité — les deux solennités qui précèdent le Sacré-Cœur
- L'année liturgique et Le temps ordinaire — la place de la fête dans le cycle de l'Église
- Vendredi saint et Pourquoi le vendredi est-il pénitentiel ? — le jour du Cœur transpercé
- L'Eucharistie et L'adoration eucharistique — le sacrement au cœur de la fête
- Comment grandir dans la réparation et Que disent les saints sur la réparation
- Clément XIII, Pie VI, Pie IX, Léon XIII, Pie XI et Pie XII — les papes de la fête
- Luisa Piccarreta (1865-1947) et Qu'est-ce que le don de vivre dans la Divine Volonté ?
Sources principales
- Missale Romanum, editio typica, Cité du Vatican, 1970 (messe du Sacré-Cœur, p. 378-379) ; Lectionnaire romain et Liturgie des Heures, traduction liturgique de l'AELF.
- Sainte Marguerite-Marie Alacoque, Autobiographie, dans Vie et Œuvres de la bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque, 3ᵉ éd. par Mgr F.-L. Gauthey, t. II, Paris, Poussielgue / J. de Gigord, 1915.
- Saint Claude La Colombière, Retraite spirituelle (Londres, 1677), dans Œuvres, t. VII, Avignon, Seguin aîné, 1832.
- Nicolaus Nilles, S.J., De rationibus festorum Sacratissimi Cordis Jesu et purissimi Cordis Mariae, 5ᵉ éd., t. I, Innsbruck, 1885 (actes de la Congrégation des rites de 1697 à 1856).
- Jean Bainvel, S.J., « Devotion to the Sacred Heart of Jesus », The Catholic Encyclopedia, vol. VII, New York, 1910.
- Pie VI, constitution Auctorem fidei (1794), prop. 62-63 ; Léon XIII, encyclique Annum sacrum (1899) ; Pie XI, encyclique Miserentissimus Redemptor (1928) et décret du 29 janvier 1929, Acta Apostolicae Sedis 21 (1929) ; Pie XII, encyclique Haurietis aquas (1956).
- Saint Paul VI, lettre apostolique Investigabiles divitias Christi (1965) ; Benoît XVI, lettres du 15 mai 2006 et du 16 juin 2009 ; François, encyclique Dilexit nos (2024) ; Léon XIV, homélies du 27 juin 2025 et du 12 juin 2026.
- Catéchisme de l'Église catholique, n° 478 et 2669.
Notes et références
Missale Romanum ex decreto Sacrosancti Œcumenici Concilii Vaticani II instauratum auctoritate Pauli PP. VI promulgatum, editio typica, Cité du Vatican, Typis Polyglottis Vaticanis, 1970, « Calendarium Romanum generale », solennités du Seigneur du temps ordinaire : « Feria VI post dominicam secundam post Pentecosten : Sacratissimi Cordis Iesu » et « Sabbato post dominicam secundam post Pentecosten : Immaculati Cordis B. Mariae Virginis ».
1 6 17 23 36 61 123 125Catéchisme de l'Église catholique, n° 478, citant Pie XII, encyclique Haurietis aquas (DS 3924).
2 164AELF (Association épiscopale liturgique pour les pays francophones), calendrier liturgique : « Sacré-Cœur de Jésus », « Solennité », degré « Solennité du Seigneur », couleur « blanc », le 24 juin 2022, le 16 juin 2023, le 7 juin 2024, le 27 juin 2025, le 12 juin 2026 et le 4 juin 2027.
3 18 140Missale Romanum, editio typica, 1970, « Feria VI post dominicam II post Pentecosten. Sacratissimi Cordis Iesu. Sollemnitas », p. 378-379 : antienne d'ouverture (Ps 32, 11.19), deux collectes au choix, rubrique « Dicitur Credo », prière sur les offrandes, préface propre, deux antiennes de communion (Jn 7, 37-38 ; Jn 19, 34) et prière après la communion.
4 19 24 116 126 132 135Sainte Marguerite-Marie Alacoque, Autobiographie, § 92, dans Vie et Œuvres de la bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque, publication du monastère de la Visitation de Paray-le-Monial, 3ᵉ éd. par Mgr François-Léon Gauthey, t. II, Paris, Poussielgue / J. de Gigord, 1915, p. 102-103.
5 8 32 33 47 74 158 173 176 177 208François, encyclique Dilexit nos sur l'amour humain et divin du Cœur de Jésus-Christ, 24 octobre 2024, n° 113, texte français officiel (vatican.va), citant une biographie de saint Jean Eudes publiée à Bogotá en 1943 (Rafael García Herreros, p. 42) : « C'était la première fois que cette fête était officiellement autorisée dans l'Église. »
7 45 65 195Jean Bainvel, S.J., « Devotion to the Sacred Heart of Jesus », The Catholic Encyclopedia, vol. VII, New York, Robert Appleton Company, 1910, p. 163 et suiv., section « History of the devotion » (texte sur newadvent.org) ; traduction de l'article. La « grande apparition » eut lieu « during the octave of Corpus Christi, 1675, probably on 16 June » ; l'autobiographie de sainte Marguerite-Marie ne donne ni l'année ni le jour.
9 48 68 72 73 211Nicolaus Nilles, S.J., De rationibus festorum Sacratissimi Cordis Jesu et purissimi Cordis Mariae, 5ᵉ éd., t. I, Innsbruck, Libraria academica Wagneriana, 1885, p. 12-14 (1697 : la messe des Cinq Plaies accordée aux Visitandines au lieu d'une fête propre) et p. 40-41 (réponses « Non proposita » du 12 juillet 1727 et « Negative » du 30 juillet 1729).
10 50 52 91N. Nilles, ouvr. cité, t. I, p. 151-153, qui reproduit le décret de la Congrégation des rites pour la Pologne et son approbation par Clément XIII « hac die 6. Februarii 1765 ».
11 42 53 92 93 96 144 194 200 203N. Nilles, ouvr. cité, t. I, p. 167-168 : décret Urbis et Orbis du 23 août 1856, signé du cardinal Patrizi, préfet de la Congrégation des rites ; traduction Ignispedia. Texte original : « Officium Sanctissimi Cordis Jesu pro Regno Poloniae et Clero Urbis a S. R. C. probatum die 11. Maji anni 1765 cum respondente Missa Miserebitur in universa Ecclesia quotannis celebrari mandavit sub ritu duplici majori feria VI. post Octavam SSmi. Corporis ».
12 20 35 43 55 98 104 105 106 124 137Léon XIII, encyclique Annum sacrum, 25 mai 1899, n° 2 (traduction anglaise du Saint-Siège, vatican.va ; original latin dans Acta Sanctae Sedis 31 [1898-1899], p. 646-651) : rappel du décret du 28 juin 1889 qui éleva la fête au rite de première classe. Texte anglais : « this We did especially by the Decree given on June 28, 1889, by which We raised the Feast under that name to the dignity of the first class ».
13 21 56 109Pie XI, encyclique Miserentissimus Redemptor sur le devoir de réparation envers le Sacré-Cœur, 8 mai 1928, n° 20 (numérotation de la traduction anglaise du Saint-Siège, vatican.va) ; traduction Ignispedia. Texte original : « decernimus ac mandamus ut quotannis, in festo Sacratissimi Cordis Iesu – quod quidem hac occasione ad gradum duplicis primae classis cum octava evehi iussimus – in templis omnibus, qua late patet terrarum orbis, […] precatio piacularis seu protestatio, ut aiunt, sollemniter recitetur ».
14 58 113 155Benoît XVI, Lettre pour l'indiction d'une Année sacerdotale à l'occasion du 150ᵉ anniversaire du dies natalis du saint curé d'Ars, 16 juin 2009, texte français officiel (vatican.va).
15 159 160Léon XIV, homélie de la messe au port de Santa Cruz de Tenerife, vendredi 12 juin 2026, voyage apostolique en Espagne, texte français officiel (vatican.va).
16 145Congrégation des rites, décret Urbis et Orbis approuvant l'office et la messe propres de la fête et de son octave, audience du 29 janvier 1929, Acta Apostolicae Sedis 21 (1929), p. 77 (fac-similé, vatican.va) : la fête est élevée « ad ritum duplicem primae classis, cum octava privilegiata tertii ordinis », déclarée fête primaire et « feriatis festis aequiparandum ».
22 59 114 115 138Missale Romanum, 1970, p. 371, rubrique qui suit la messe du Saint-Sacrement : « Ubi sollemnitas Ss.mi Corporis et Sanguinis Christi non est de praecepto servanda, assignatur, tamquam diei proprio, dominicae post Ss.mam Trinitatem » (là où la solennité n'est pas de précepte, elle est fixée au dimanche après la Sainte Trinité).
25AELF, calendrier liturgique pour la France : dimanche 7 juin 2026, « Le Saint Sacrement du corps et du sang du Christ », solennité ; vendredi 12 juin 2026, « Sacré-Cœur de Jésus », solennité ; samedi 13 juin 2026, « Cœur immaculé de la bienheureuse Vierge Marie », couleur « blanc ».
26Dates calculées selon le comput grégorien : le Sacré-Cœur tombe soixante-huit jours après Pâques, donc entre le 29 mai (Pâques le 22 mars) et le 2 juillet (Pâques le 25 avril). Les dates de 2022 à 2027 sont confirmées par le calendrier liturgique de l'AELF. Coïncidences calculées : vendredi 24 juin 2033 et 24 juin 2044 (Nativité de saint Jean-Baptiste) ; vendredi 29 juin 2057 et 29 juin 2068 (saints Pierre et Paul) ; pour la mémoire du Cœur immaculé, samedi 24 juin 2028 et samedi 29 juin 2030.
27 28 29 30 40Lectionnaire romain, traduction liturgique de l'AELF, évangile de l'année B de la solennité, Jn 19, 31-37 (messes du 7 juin 2024 et du 4 juin 2027).
31J. Bainvel, art. cité (1910), section « History of the devotion » ; traduction de l'article. Texte original : « on 31 August, 1670, the first feast of the Sacred Heart was celebrated with great solemnity in the Grand Seminary of Rennes. Coutances followed suit on 20 October, a day with which the Eudist feast was thenceforth to be connected ».
34 41 46 64 66Office du Sacré-Cœur approuvé en 1929, deuxième nocturne, leçon IV, Acta Apostolicae Sedis 21 (1929) (fac-similé, vatican.va) ; traduction Ignispedia. Texte original : « opera imprimis sancti Joannis Eudes, qui auctor liturgici cultus Sacrorum Cordium Jesu et Mariae haud immerito nuncupatur ».
37 69Pie XII, encyclique Haurietis aquas, 15 mai 1956, dans H. Denzinger et A. Schönmetzer, Enchiridion symbolorum (DS), n° 3926, traduction française.
38AELF, calendrier liturgique pour la France, 2022 : jeudi 23 juin 2022, « Nativité de saint Jean Baptiste », solennité, avec la messe de la veille au soir et la messe du jour ; vendredi 24 juin 2022, « Sacré-Cœur de Jésus », solennité.
39Saint Paul VI, lettre apostolique Investigabiles divitias Christi aux évêques du monde catholique pour le deuxième centenaire de l'institution de la fête liturgique du Sacré-Cœur, 6 février 1965, texte italien du Saint-Siège (vatican.va) ; traduction Ignispedia. Textes originaux : « dopo appena settantacinque anni dalla morte dell'umile Suora Visitandina, entrassero in uso la festa liturgica e particolari riti in onore del Ss. Cuore di Gesù » ; « il culto al S. Cuore, che - lo diciamo con dolore - si è in alcuni un po' affievolito » ; « sia onorato il Cuore di Gesù, il cui dono più grande è appunto l'Eucaristia ». La lettre énumère l'accueil fait à la fête par le roi, les évêques et les fidèles de Pologne, les visitandines, la ville de Rome, « dai Vescovi e dalla Regina della Nazione Francese » et les jésuites.
44 100 122 141 174 182 183 187Vie et Œuvres de la bienheureuse Marguerite-Marie Alacoque, éd. Gauthey citée, t. II, p. 320, note 2 de l'éditeur sur un billet de Marguerite-Marie à sœur des Escures : la religieuse « inaugura dans la Communauté le culte si cher à notre Bienheureuse : ce fut au jour même désigné par Notre-Seigneur, c'est-à-dire le vendredi après l'octave du saint Sacrement, 21 juin 1686 ».
49 80N. Nilles, ouvr. cité, t. I, p. 78-86, qui reproduit en latin le mandement de Mgr de Belsunce du 22 octobre 1720 (« imperavimus, et imperamus in universa Dioecesi nostra diem festum in honorem Sacrosancti Cordis Jesu; Quod festum deinceps celebrabitur quotannis feria sexta proxime sequenti Octavam sanctissimi Sacramenti »), la consécration publique de la ville et du diocèse le 1ᵉʳ novembre 1720, la délibération des échevins du 28 mai 1722 et le vœu prononcé le 4 juin 1722, jour de la Fête-Dieu, ainsi que les décrets d'Aix, d'Arles (14 juillet 1721), de Carpentras (17 novembre 1721) et le vœu d'Avignon (4 novembre 1722).
51 84 85 86 87 179Pie VI, constitution Auctorem fidei, 28 août 1794, propositions 62 et 63 du synode de Pistoie (DS 2662-2663), texte latin dans H. Denzinger, Enchiridion symbolorum, éd. de 1911, n° 1562-1563 ; traduction Ignispedia. Textes originaux : « 62. Doctrina, quae devotionem erga sacratissimum Cor Iesu reicit inter devotiones, quas notat velut novas, erroneas aut saltem periculosas; intellecta de hac devotione, qualis est ab Apostolica Sede probata: — falsa, temeraria, perniciosa, piarum aurium offensiva, in Apostolicam Sedem iniuriosa » ; prop. 63 : « quasi fideles Cor Iesu adorarent cum separatione vel praecisione a divinitate, dum illud adorant ut est cor Iesu, cor nempe personae Verbi, cui inseparabiliter unitum est, ad eum modum, quo exsangue corpus Christi in triduo mortis sine separatione aut praecisione a divinitate adorabile fuit in sepulcro ».
54 101 102 103 189 190Léon XIII, encyclique Annum sacrum, 25 mai 1899, n° 14 (traduction anglaise du Saint-Siège, vatican.va) ; texte original : « edicimus ut diebus nono, decimo, undecimo proximi mensis Iunii, in suo cuiusque urbis atque oppidi templo principe statae supplicationes fiant, perque singulos eos dies ad ceteras preces Litaniae Sanctissimi Cordis adiiciantur auctoritate Nostra probatae: postremo autem die formula Consecrationis recitetur ».
57 110Congrégation des rites, Decretum generale de rubricis ad simpliciorem formam redigendis, 23 mars 1955, Acta Apostolicae Sedis 47 (1955), p. 218 et suiv. (fac-similé, vatican.va), n° 11 : « Celebrantur tantum octavae Nativitatis Domini, Paschatis et Pentecostes, suppressis omnibus aliis » ; n° 18 : « Dies octavae suppressae Corporis Christi et octavae item suppressae Ss. Cordis Iesu, fiunt feriae per annum ».
60 119Office du Sacré-Cœur approuvé en 1929, deuxième nocturne, leçon IV, Acta Apostolicae Sedis 21 (1929) (fac-similé, vatican.va) ; traduction Ignispedia. Texte original : « At inde a medio aevo, cum teneriore quadam erga Sanctissimam Salvatoris Humanitatem religione fideles affici coepti sunt, animae contemplativae per plagam illam ad ipsum Cor, amore hominum vulneratum, penetrare fere solebant. »
62Pie XII, encyclique Haurietis aquas, 15 mai 1956, n° 94 (numérotation de la traduction anglaise du Saint-Siège, vatican.va), qui nomme parmi les promoteurs du culte saint Bonaventure, saint Albert le Grand, sainte Gertrude et sainte Catherine de Sienne.
63N. Nilles, ouvr. cité, t. I, p. 85-86 : évêques qui approuvèrent la fête du Sacré-Cœur avec office et messe propres « partim rogante Patre Joanne Eudes » — Rennes (8 mars 1670), Coutances (20 juillet 1670), Évreux (8 octobre 1670), Rouen (3 février 1671), Bayeux (16 mars 1671), Lisieux (24 septembre 1671) ; Nilles renvoie à A. Le Doré, Le Père Eudes, premier apôtre des Sacrés-Cœurs, ch. 7.
67Léon XIV, message à la Conférence des évêques de France à l'occasion du 100e anniversaire de la canonisation de saint Jean Eudes, saint Jean-Marie Vianney et sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face, 28 mai 2025, texte français officiel (vatican.va). La citation de François est tirée de l'encyclique Dilexit nos, 24 octobre 2024, n° 219 (texte français officiel, vatican.va), relayée dans ce message ; la phrase sur saint Jean Eudes y appartient à une énumération des trois saints, d'où la coupe marquée par […] : le texte original porte un point-virgule à cet endroit.
70 71Sainte Marguerite-Marie Alacoque, Autobiographie, § 93, éd. Gauthey citée, t. II, p. 103 : le Christ lui dit « de m'adresser à son serviteur qu'il m'avait envoyé pour l'accomplissement de ce dessein. Et l'ayant fait, il m'ordonna de mettre par écrit ce que je lui avais dit touchant le sacré Cœur de Jésus-Christ ».
75Saint Claude La Colombière, Retraite spirituelle « faite à Londres, en 1677 », dans Œuvres du R. P. Claude de La Colombière, t. VII, Retraite et lettres spirituelles, Avignon, Seguin aîné, 1832 : « je l'obligeai de mettre par écrit ce qu'elle m'avait dit, que j'ai bien volontiers décrit moi-même dans le journal de mes retraites », suivi du récit de la révélation de l'octave du Saint-Sacrement.
76 213Calcul selon le calendrier grégorien : le 20 juillet 1685 tombait un vendredi ; l'édition Gauthey intitule ce passage « La fête du 20 juillet 1685 ».
77Sainte Marguerite-Marie Alacoque, Autobiographie, § 94-95, éd. Gauthey citée, t. II, p. 103-104.
78 79N. Nilles, ouvr. cité, t. I, p. 12-14 (actes du pontificat d'Innocent XII). Texte original : « Orta in Sacrorum Rituum Congregatione anno 1697 est petitio institutionis Festi cum Missa propria in honorem Sanctissimi Cordis Domini Nostri Jesu Christi pro Ecclesia Monialium Visitationis Beatissimae Virginis, postulante Maria, Angliae Regina exule […] Prosper autem Bottinius, Archiepiscopus Myrensis, tum fidei Promotor, opposuit novitatem Festi adversantem Ecclesiasticae disciplinae. Quare tunc S. R. C. prudenti temperamento usa mediam iniit viam […] ut pro die, qui in Ordine Visitationis Cordi Jesu esset sacer, Missam quinque vulnerum concederet » ; Nilles renvoie à Benoît XIV, De servorum Dei beatificatione, livre IV, partie 2, ch. 31, n° 19.
81 82 198J. Bainvel, art. cité (1910), section « History of the devotion » ; traduction de l'article. Texte original : « the Holy See, which in 1693 imparted indulgences to the Confraternities of the Sacred Heart and, in 1697, granted the feast to the Visitandines with the Mass of the Five Wounds, but refused a feast common to all, with special Mass and Office […] The Marseilles plague, 1720, furnished perhaps the first occasion for a solemn consecration and public worship outside of religious communities […] However, in 1765, it finally yielded and that same year, at the request of the queen, the feast was received quasi officially by the episcopate of France ».
83 88 99 197N. Nilles, ouvr. cité, t. I, p. 26-36 : suppliques d'Auguste, roi de Pologne, des évêques de Cracovie et de Marseille et des visitandines, puis de Philippe V, roi d'Espagne (lettre du Buen Retiro, 10 mars 1727).
89N. Nilles, ouvr. cité, t. I, p. 40-41, rapportant les animadversions du promoteur de la foi Prosper Lambertini, que celui-ci reprit dans son traité De servorum Dei beatificatione ; traduction Ignispedia. Texte original : « statui tanquam certum a Postulatoribus, cor esse, ut vocant principium sensibile omnium virtutum et affectionum quasique centrum voluptatum et dolorum omnium interiorum; sed id quaestionem philosophicam involvere, a qua definienda Ecclesia prudenter abstinuerit atque abstineat. Unde reverenter, inquit, insinuavi non esse petitioni annuendum ». Nilles renvoie aussi au traité du P. Joseph de Gallifet, De cultu sacrosancti Cordis Dei ac Domini nostri Jesu Christi, livre II, ch. 1.
90 199N. Nilles, ouvr. cité, t. I, p. 151 : parmi les motifs de la Congrégation, « ex datis declarationibus constare, per concessionem petitionis nihil de philosophorum sententiis definiri » (il ressort des déclarations données qu'en accordant la demande, rien n'est défini des opinions des philosophes).
94 201 204Pie XII, encyclique Haurietis aquas, n° 98 (traductions anglaise et italienne du Saint-Siège, vatican.va) ; traduction Ignispedia. Texte anglais : « the Apostolic See approved the liturgical feast before it approved the writings of St. Margaret Mary; for without exactly taking account of any private revelation from God, but rather graciously acceeding to the petitions of the faithful, the Sacred Congregation of Rites - by a decree of the 25th of January 1765, which was approved by Our predecessor, Clement XIII, on the 6th of February of the same year - granted the liturgical celebration of the feast to the Polish Bishops and to what was called the Archconfraternity of the Sacred Heart of Jesus at Rome » ; texte italien : « indipendentemente da ogni rivelazione privata, ma soltanto assecondando i voti dei fedeli ».
95 97 193Office du Sacré-Cœur approuvé en 1929, deuxième nocturne, leçon VI, Acta Apostolicae Sedis 21 (1929) (fac-similé, vatican.va) ; traduction Ignispedia. Texte original : « Exinde, cultus Sacratissimi Cordis, quasi flumen exundans, prolatis impedimentis omnibus, per totum se orbem effudit ».
107Pie XII, encyclique Haurietis aquas, n° 99 (traduction anglaise du Saint-Siège, vatican.va), qui cite la liturgie de la fête : « From that time the devotion to the Sacred Heart, like a stream in flood sweeping aside all obstacles, spread out over the whole world ».
108Calcul selon le comput grégorien : Pâques tombait le 2 avril 1899, la fête du Sacré-Cœur (soixante-huit jours plus tard) le vendredi 9 juin 1899, et le dernier jour du triduum prescrit, le 11 juin 1899, un dimanche.
111Léon XIII, encyclique Annum sacrum, n° 8 (traduction anglaise du Saint-Siège, vatican.va) ; traduction Ignispedia. Texte original : « symbolum atque expressa imago infinitae Iesu Christi caritatis, quae movet ipsa nos ad amandum mutuo, ideo consentaneum est dicare se Cordi eius augustissimo: quod tamen nihil est aliud quam dedere atque obligare se Iesu Christo, quia quidquid honoris, obsequii, pietatis divino Cordi tribuitur, vere et proprie Christo tribuitur ipsi ».
112 169 181 192Liturgie des Heures, solennité du Sacré-Cœur de Jésus, traduction liturgique de l'AELF, 12 juin 2026 : office des lectures (Rm 8, 28-39 ; saint Bonaventure, L'Arbre de vie), laudes et vêpres (répons « Les projets de son cœur subsistent d'âge en âge » ; antienne du Magnificat « Le Seigneur nous porte dans ses bras, il nous tient sur son cœur, il se souvient de son amour, alléluia »).
117 127 128 150 151 152 153 154 171 209Pie XI, encyclique Miserentissimus Redemptor, n° 5-6 (traduction anglaise du Saint-Siège, vatican.va) : rappel de l'encyclique Quas primas et de la consécration « per sacram Christi Regis sollemnitatem veluti confirmatae » (comme confirmée par la sainte solennité du Christ Roi).
118Pie XII, encyclique Haurietis aquas, n° 1 (traduction anglaise du Saint-Siège, vatican.va) : l'encyclique est écrite pour le centenaire de l'année où Pie IX « ordered the celebration of the feast of the Most Sacred Heart of Jesus in the Universal Church ».
120Pie XII, encyclique Haurietis aquas, n° 125 : vœu que le centenaire soit marqué par des actes publics d'adoration, d'action de grâce et de réparation au divin Cœur de Jésus.
121Missale Romanum, 1970, p. 378 ; la première collecte est donnée dans la traduction liturgique de l'AELF (oraison de la liturgie des Heures du 12 juin 2026), la seconde en traduction Ignispedia. Textes originaux : « Concede, quaesumus, omnipotens Deus, ut qui, dilecti Filii tui Corde gloriantes, eius praecipua in nos beneficia recolimus caritatis, de illo donorum fonte caelesti supereffluentem gratiam mereamur accipere » ; « Deus, qui nobis in Corde Filii tui, nostris vulnerato peccatis, infinitos dilectionis thesauros misericorditer largiri dignaris, concede, quaesumus, ut, illi devotum pietatis nostrae praestantes obsequium, dignae quoque satisfactionis exhibeamus officium ».
129 130Missale Romanum, 1970, p. 378, prière sur les offrandes ; traduction Ignispedia. Texte original : « Respice, quaesumus, Domine, ad ineffabilem Cordis dilecti Filii tui caritatem, ut quod offerimus sit tibi munus acceptum et nostrorum expiatio delictorum ».
131Missale Romanum, 1970, p. 379, préface de la solennité ; traduction Ignispedia. Texte original : « Qui, mira caritate, exaltatus in cruce, pro nobis tradidit semetipsum, atque de transfixo latere sanguinem fudit et aquam, ex quo manarent Ecclesiae sacramenta, ut omnes, ad Cor apertum Salvatoris attracti, iugiter haurirent e fontibus salutis in gaudio ».
133 170 188Benoît XVI, lettre au P. Peter-Hans Kolvenbach, préposé général de la Compagnie de Jésus, pour le cinquantième anniversaire de l'encyclique Haurietis aquas, 15 mai 2006, texte français officiel (vatican.va), qui cite Is 12, 3 : « Dans l'allégresse, vous puiserez de l'eau aux sources du salut », et rappelle que l'encyclique marquait « le premier centenaire de l'extension à toute l'Église de la Fête du Sacré-Cœur de Jésus ».
134 216Missale Romanum, 1970, p. 379, prière après la communion ; traduction Ignispedia. Texte original : « Sacramentum caritatis, Domine, sancta nos faciat dilectione fervere, qua, ad Filium tuum semper attracti, ipsum in fratribus agnoscere discamus ». Antiennes de communion : « Dicit Dominus : Si quis sitit, veniat ad me et bibat. Qui credit in me, flumina de ventre eius fluent aquae vivae » (Jn 7, 37-38) ou « Unus militum lancea latus eius aperuit, et continuo exivit sanguis et aqua » (Jn 19, 34).
136 172Missale Romanum, édition typique de 1962, messe votive « de Ssmo Corde Iesu » (n° 4673) : introït « Cogitationes Cordis eius in generatione et generationem » (Ps 32, 11 et 19), épître Ep 3, 8-19, évangile Jn 19, 31-37.
139Lectionnaire romain, solennité du Sacré-Cœur de Jésus, traduction liturgique de l'AELF : année A (messes du 16 juin 2023 et du 12 juin 2026), année B (7 juin 2024, 4 juin 2027), année C (24 juin 2022, 27 juin 2025). Les années indiquées dans le tableau suivent le cycle dominical (A en 2026, B en 2027, C en 2028).
142 143 146 147 148 185Léon XIV, homélie de la messe avec ordinations sacerdotales pour le Jubilé des prêtres, solennité du Sacré-Cœur de Jésus, 27 juin 2025, texte français officiel (vatican.va).
149 161 162 186Pie XI, acte de réparation au Sacré-Cœur joint à l'encyclique Miserentissimus Redemptor (8 mai 1928), texte latin du Saint-Siège (vatican.va) ; traduction Ignispedia. Début : « Iesu dulcissime, cuius effusa in homines caritas, tanta oblivione, negligentia, contemptione, ingratissime rependitur, en nos, ante altaria tua provoluti, tam nefariam hominum socordiam iniuriasque, quibus undique amantissimum Cor tuum afficitur, peculiari honore resarcire contendimus » ; fin : « Excipias quaesumus, benignissime Iesu, B. Virgine Maria Reparatrice intercedente, voluntarium huius expiationis obsequium […] ut ad illam tandem patriam perveniamus omnes, ubi Tu cum Patre et Spiritu Sancto vivis et regnas Deus in saecula saeculorum ».
156 157Catéchisme de l'Église catholique, n° 2669.
163Pie XII, encyclique Haurietis aquas, 15 mai 1956, DS 3922, traduction française du Denzinger : « la raison pour laquelle l'Église accorde un culte de latrie au Cœur du divin Rédempteur… est double » ; la première repose sur le principe que « son Cœur, en tant que la plus noble part de sa nature humaine, est uni hypostatiquement à la personne du Verbe divin » ; la seconde découle du fait que « son Cœur, plus que tout autre membre de son corps, est un signe ou symbole naturel de son immense charité envers le genre humain ».
165 191Pie XII, encyclique Haurietis aquas, DS 3923-3924, traduction française du Denzinger : le Cœur du Verbe incarné est « le signe et le principal symbole de ce triple amour dont le divin Rédempteur aime et continue d'aimer son Père éternel et tous les hommes » — l'amour divin partagé avec le Père et l'Esprit, l'amour qui enrichit sa volonté humaine, et l'amour sensible de son corps.
166 184Pie XII, encyclique Haurietis aquas, DS 3925, traduction française du Denzinger.
167 168Pie XI, encyclique Miserentissimus Redemptor, 8 mai 1928, n° 11 (numérotation de la traduction anglaise du Saint-Siège, vatican.va) ; traduction Ignispedia. Texte original : « Quemadmodum igitur unionem cum Christo profitetur ac firmat consecratio, ita expiatio eamdem unionem et, culpas detergendo, inchoat et, Christi passiones participando, perficit et, victimas pro fratribus offerendo, consummat. Atque id sane miserentis Iesu consilium fuit, cum Cor nobis suum, insignia passionis praeferens ac flammas amoris ostentans, patere voluit, scilicet ut hinc infinitam peccati malitiam coniectantes, illinc Reparatoris caritatem infinitam admirati, et peccatum vehementius detestaremur et caritati ardentius vicem redderemus ».
175 207Pie XI, encyclique Miserentissimus Redemptor, n° 12 : la communion faite dans un esprit d'expiation, « quam Communionem Reparatricem vocant », et les prières de supplication prolongées une heure entière, « quae Hora Sancta verissime appellatur », que l'Église « non modo […] probavit, sed etiam copiosis spiritualibus largitionibus locupletavit ».
178Office du Sacré-Cœur approuvé en 1929, deuxième nocturne, leçon VI, Acta Apostolicae Sedis 21 (1929) (fac-similé, vatican.va) ; traduction Ignispedia. Texte original : « Quae consecratio, in omnibus quidem catholici orbis ecclesiis, sollemni ritu peracta, ingens attulit devotionis hujus incrementum, et ad eam non solum populos, verum etiam singulares familias adduxit, quae Divino Cordi innumerabiles se devovent, regioque ejus imperio subjiciunt ».
180Pie XII, encyclique Haurietis aquas, n° 97 (traduction anglaise du Saint-Siège, vatican.va) ; traduction Ignispedia. Texte anglais : « the revelations made to St. Margaret Mary brought nothing new into Catholic doctrine. Their importance lay in this that Christ Our Lord, exposing His Sacred Heart, wished in a quite extraordinary way to invite the minds of men to a contemplation of, and a devotion to, the mystery of God's merciful love for the human race ».
196Francis Mershman, « Trinity Sunday », The Catholic Encyclopedia, vol. XV, New York, Robert Appleton Company, 1912 (texte sur newadvent.org) : le pape Alexandre II (1061-1073) « refused a petition for a special feast on the plea, that such a feast was not customary in the Roman Church which daily honoured the Holy Trinity by the Gloria, Patri, etc. » ; Jean XXII (1316-1334) prescrivit la fête à toute l'Église. Voir l'article Solennité de la Sainte Trinité.
202Saint Alphonse de Liguori, Novena del Cuore di Gesù, introduction, cité par N. Nilles, ouvr. cité, t. I, p. 40-41, n. 2 ; traduction Ignispedia. Texte original : « la speranza che noi abbiamo di vedere un giorno accordata la suddetta concessione quanto al Cuore di Signore non l'appoggiamo già alla mentovata sentenza degli antichi, ma all'opinione commune dei filosofi tanto antichi quanto moderni, che il cuore umano, sebbene non fosse la sede degli affetti, è il principio della vita […] Se dunque il cuore è uno dei primari fonti della vita umana, non può dubitarsi che il cuore ha una primaria parte negli affetti dell'uomo ».
205Pie XII, encyclique Haurietis aquas, DS 3923, traduction française du Denzinger.
206Léon XIV, remerciements à l'issue de la messe au port de Santa Cruz de Tenerife, 12 juin 2026, texte français officiel (vatican.va), publié à la suite de l'homélie du même jour.
210 217Saint Claude La Colombière, Retraite spirituelle « faite à Londres, en 1677 », dans Œuvres du R. P. Claude de La Colombière, t. VII, Avignon, Seguin aîné, 1832.
212L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 11, 28 juillet 1915 — les cœurs de ceux qui vivent dans la Divine Volonté ne font qu'un avec le Cœur de Jésus (traduction française « La Volonté Divine — Lumen Luminis », pour usage privé, t. 11, p. 142).
214Pie XII, encyclique Haurietis aquas, n° 122 (traduction anglaise du Saint-Siège, vatican.va) ; traduction Ignispedia. Texte anglais : « consider the practice of devotion to the Heart of Jesus as the source and symbol of unity, salvation and peace ».
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