Transfiguration du Seigneur (6 août)

La Transfiguration du Seigneur, fêtée le 6 août, célèbre le jour où Jésus fit resplendir sa gloire devant Pierre, Jacques et Jean : une fête née en Orient, étendue à toute l'Église en 1457 après la délivrance de Belgrade, et qui annonce la gloire promise à nos corps.

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La Transfiguration du Seigneur est la fête que l'Église célèbre le 6 août en mémoire du jour où Jésus, sur une haute montagne, laissa resplendir sa gloire devant Pierre, Jacques et Jean : son visage devint brillant comme le soleil, Moïse et Élie s'entretinrent avec lui, et une voix sortie de la nuée déclara : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » (Mt 17, 5)[1]. C'est une fête du Seigneur : le prêtre porte le blanc, on chante le Gloria, et elle prend la place du dimanche lorsqu'elle tombe un dimanche[2][3].

Le Catéchisme range l'épisode parmi les grands mystères de la vie du Christ et l'intitule « Un avant-goût du Royaume » : au seuil de la Passion, Jésus montre « pour un instant » sa gloire divine, et il montre aussi que, pour entrer dans cette gloire, il doit passer par la Croix[4]. L'Église lit d'ailleurs le même évangile deux fois par an : le 6 août et, chaque année, le deuxième dimanche de Carême[5][6].

La fête est née en Orient. Elle figure au calendrier de Jérusalem dès le VIIᵉ siècle et dans les livres liturgiques byzantins au moins depuis le début du VIIIᵉ siècle[7]. L'Occident l'adopta plus lentement, diocèse par diocèse, avant que le pape Calixte III ne l'impose à toute l'Église par une bulle du 6 août 1457, en action de grâces pour la délivrance de Belgrade, assiégée par les Turcs et sauvée le 22 juillet 1456[8][9]. La nouvelle de cette victoire était parvenue à Rome un 6 août[10]. Un autre 6 août, en 1978, le pape saint Paul VI mourut au soir de la fête, sans avoir pu prononcer l'Angélus qu'il avait écrit pour elle[11].

Le récit évangélique de l'événement et ses questions d'exégèse, comme le lieu et la chronologie, sont exposés dans l'article La Transfiguration ; le chef-d'œuvre de Raphaël a son propre article, La Transfiguration de Raphaël.

Quand l'Église fête-t-elle la Transfiguration ?

Le nom de la fête et son rang

Le Missel romain promulgué par saint Paul VI intitule la messe du 6 août In Transfiguratione Domini, « En la Transfiguration du Seigneur », et lui donne le rang de fête (festum)[12]. Le calendrier de l'Association épiscopale liturgique pour les pays francophones lui attribue le degré de « Fête du Seigneur » et la couleur blanche[13]. Une fête ne se célèbre que le jour même ; à la messe, on y chante le Gloria, mais le Credo n'est dit que les dimanches et les solennités[14]. Le Credo n'est donc proclamé le 6 août que si la fête tombe un dimanche.

Ce rang est le point d'arrivée d'une longue histoire. Étendue à toute l'Église latine en 1457 avec un office « double solennel », la fête fut élevée en 1911 au rang de « double de deuxième classe », parce que l'archibasilique du Latran, mère de toutes les églises, la célèbre comme sa fête titulaire ; les rubriques de 1960 la classèrent en deuxième classe, et le calendrier de 1969 en fit une fête du Seigneur[15][16][17][18]. Ces étapes sont détaillées plus bas, dans l'histoire de la fête.

Une fête à date fixe qui l'emporte sur un dimanche ordinaire

Contrairement à Pâques, à l'Ascension ou à la Pentecôte, la Transfiguration ne dépend pas du comput pascal : elle tombe toujours le 6 août, quel que soit le jour de la semaine[19]. Lorsque ce jour est un dimanche, une règle simple s'applique. Dans la table de préséance des Normes universelles de 1969, les « fêtes du Seigneur inscrites au calendrier général » occupent le cinquième rang, juste avant les « dimanches du temps de Noël et du temps ordinaire », au sixième[20] : la fête l'emporte donc sur le dimanche, et sa messe remplace celle du dimanche.

Les mêmes Normes ajoutent une exception qui montre l'importance de ces fêtes. D'ordinaire, une fête « se célèbre dans les limites du jour naturel » et n'a pas de premières vêpres la veille au soir ; mais il en va autrement des fêtes du Seigneur qui tombent un dimanche du temps ordinaire et remplacent son office[21]. Le samedi 5 août au soir, l'Église commence alors déjà à chanter la Transfiguration.

Depuis l'entrée en vigueur du calendrier réformé, en 1970, le cas s'est présenté huit fois : en 1972, 1978, 1989, 1995, 2000, 2006, 2017 et 2023[22]. Trois de ces dimanches sont restés dans la mémoire de l'Église : Paul VI mourut le soir du 6 août 1978, Benoît XVI commenta la fête à l'Angélus du 6 août 2006, et François célébra le 6 août 2023 la messe de clôture des Journées mondiales de la jeunesse de Lisbonne[23][24][25]. Ce dimanche-là, l'AELF publiait la messe de la Transfiguration, avec ses deux lectures, son psaume et l'évangile de saint Matthieu[26]. Le tableau suivant donne, pour les dix prochaines années, le jour de la semaine où tombe la fête et l'évangile lu à la messe selon l'année liturgique.

AnnéeJour du 6 aoûtAnnée liturgiqueÉvangile de la messeConséquence
2026jeudiAMatthieu 17, 1-9fête en semaine
2027vendrediBMarc 9, 2-10fête en semaine
2028dimancheCLuc 9, 28b-36remplace le dimanche du temps ordinaire
2029lundiAMatthieu 17, 1-9fête en semaine
2030mardiBMarc 9, 2-10fête en semaine
2031mercrediCLuc 9, 28b-36fête en semaine
2032vendrediAMatthieu 17, 1-9fête en semaine
2033samediBMarc 9, 2-10fête en semaine
2034dimancheCLuc 9, 28b-36remplace le dimanche du temps ordinaire
2035lundiAMatthieu 17, 1-9fête en semaine
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L'année liturgique A commence au premier dimanche de l'Avent qui précède : l'année 2026 est une année A, comme l'étaient 2023 et l'est 2029, et l'évangile du 6 août change chaque année avec elle[27][28].

Deux fois l'an : le 6 août et le deuxième dimanche de Carême

L'Église n'attend pas l'été pour méditer la Transfiguration. Bien avant que la fête du 6 août n'existe à Rome, la liturgie romaine lisait cet évangile au début du Carême. Le pape saint Léon le Grand, au Vᵉ siècle, prêcha sur lui une homélie restée célèbre, prononcée, selon son titre ancien, « le samedi qui précède le deuxième dimanche de Carême »[29]. Ses éditeurs, les frères Ballerini, relèvent que les capitulaires d'évangiles, ces listes anciennes des lectures de la messe, n'assignent ce récit qu'à ce seul samedi, celui des Quatre-Temps de printemps[30].

La bulle de Calixte III en témoigne encore en 1457 : elle rappelle que l'Église universelle faisait déjà mémoire de ce miracle « le samedi de la première semaine du jeûne du Carême et le dimanche suivant »[31]. Le Missel romain de 1962 conserve cet usage : l'évangile de la Transfiguration (Mt 17, 1-9) y est lu le samedi des Quatre-Temps de Carême, dont la station est à Saint-Pierre, puis le deuxième dimanche de Carême, dont la station est à Sainte-Marie in Domnica[32].

Depuis la réforme de 1969, la Transfiguration donne au deuxième dimanche de Carême son évangile et sa préface. Chaque année, on y lit le récit selon l'évangéliste de l'année, et la préface du jour en donne le sens : « Après avoir annoncé sa propre mort à ses disciples, il leur découvrit sa splendeur sur la montagne sainte, afin qu'il soit établi, avec le témoignage de la Loi et des Prophètes, que par la passion on parvient à la gloire de la résurrection »[33]. Le tableau suivant met en regard les lectures du deuxième dimanche de Carême et celles du 6 août.

Année2ᵉ dimanche de Carême : 1ʳᵉ lecture2ᵉ dimanche de Carême : 2ᵉ lectureÉvangile (Carême et 6 août)6 août : lectures avant l'évangile
AGenèse 12, 1-4a (vocation d'Abraham)2 Timothée 1, 8b-10Matthieu 17, 1-9Daniel 7 ou 2 Pierre 1 ; Psaume 96
BGenèse 22 (sacrifice d'Abraham)Romains 8, 31b-34Marc 9, 2-10Daniel 7 ou 2 Pierre 1 ; Psaume 96
CGenèse 15 (alliance avec Abraham)Philippiens 3, 17 – 4, 1Luc 9, 28b-36Daniel 7 ou 2 Pierre 1 ; Psaume 96
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Les deux célébrations ne disent pas la même chose. En Carême, le récit soutient le chemin vers Pâques : la gloire entrevue sur la montagne donne le courage de monter à Jérusalem, et les lectures d'Abraham rappellent que la foi marche sans voir[34][35][36]. Le 6 août, la même scène est célébrée pour elle-même, comme une fête de la lumière, avec le livre de Daniel et le témoignage oculaire de saint Pierre[37].

Pourquoi le 6 août ?

Aucun document ancien n'explique pourquoi la fête a été placée au 6 août. Les évangiles ne situent l'épisode que par rapport à la profession de foi de Pierre : « six jours après » selon Matthieu et Marc, « environ huit jours après » selon Luc[38]. Ce qui est certain, c'est que la fête est orientale d'origine, que le 6 août est sa date dans le rite byzantin, et que la plupart des Églises latines du Moyen Âge l'avaient adoptée, même si d'autres la célébraient le 27 juillet, le 17 mars ou le 3 septembre[39][40][41]. Lorsque Calixte III fixa la fête pour toute l'Église « au huitième jour avant les ides d'août, qui est le sixième jour de ce mois », il ratifiait la date la plus répandue et ne la créait pas[42][43].

Une explication circule dans la tradition russe. Un manuel destiné aux pasteurs de campagne, publié à Kiev en 1893, affirme que la fête fut déplacée hors du Carême, dont la pénitence ne s'accordait pas avec sa joie, et placée quarante jours avant l'Exaltation de la Sainte Croix du 14 septembre, parce que la Transfiguration aurait précédé de quarante jours la crucifixion[44]. L'explication n'est attestée par aucune source ancienne connue ; elle a pourtant le mérite de rattacher la fête à la Croix, comme le fait la liturgie byzantine elle-même, qui chante que les disciples ont vu la gloire du Christ « afin que, lorsqu'ils te verraient crucifié, ils comprennent que ta passion était volontaire »[45].

La date a reçu en revanche, au fil des siècles, un voisinage qui lui donne sens. Dans le rite byzantin, le 6 août tombe pendant le jeûne qui prépare la fête de la Dormition de la Mère de Dieu, le 15 août, et le calendrier de l'Église orthodoxe en Amérique en fait la deuxième des trois « fêtes du Sauveur » du mois d'août, après la procession du bois de la Croix le 1ᵉʳ août[46][47][48]. Dans le calendrier romain, la fête se trouve entre la dédicace de la basilique Sainte-Marie-Majeure, le 5 août, et la mémoire du pape saint Sixte II et de ses compagnons martyrs, le 7 août ; jusqu'en 1969, Sixte II, mis à mort le 6 août 258, partageait le jour même de la Transfiguration[49][50][51].

D'où vient la fête de la Transfiguration ?

La Transfiguration est l'un des mystères les plus anciennement médités par l'Église, mais l'une des dernières grandes fêtes du Seigneur à avoir reçu un jour propre dans tout l'Occident. Son histoire suit trois chemins : un lieu, le mont Thabor, où les chrétiens de Jérusalem situaient l'événement ; une fête née dans les Églises d'Orient ; une victoire de 1456 qui décida un pape à la donner à toute l'Église latine.

La fête en quelques dates

  1. Vers 348-350
    Le Thabor, montagne de la Transfiguration

    À Jérusalem, saint Cyrille enseigne à ses catéchumènes que Moïse et Élie apparurent au Christ transfiguré « sur la montagne du Thabor ».

  2. Vers 570
    Trois basiliques au sommet

    Un pèlerin venu de Plaisance trouve sur le Thabor trois basiliques, en souvenir des trois tentes que saint Pierre voulait dresser.

  3. VIIᵉ siècle
    Une fête à Jérusalem

    La Transfiguration figure au calendrier de l'Église de Jérusalem ; saint Anastase, moine du Sinaï, prêche pour la fête.

  4. Début du VIIIᵉ siècle
    Dans les livres de Byzance

    Un évangéliaire du Sinaï daté de 710 ou de 755 et d'autres livres grecs plus anciens que l'empereur Léon le Sage inscrivent déjà la fête.

  5. Vers 850 - Xᵉ siècle
    L'Occident l'adopte peu à peu

    Absente des livres latins avant le milieu du IXᵉ siècle, la fête gagne de nombreux diocèses au Xᵉ siècle, le plus souvent au 6 août.

  6. 29 juin 1456
    La chrétienté en prière

    Calixte III ordonne des prières publiques contre l'invasion turque et la sonnerie des cloches entre midi et les vêpres.

  7. 22 juillet 1456
    Belgrade délivrée

    Les croisés de saint Jean de Capistran et les troupes de Jean Hunyadi lèvent le siège de Belgrade, au jour de sainte Marie-Madeleine.

  8. 6 août 1456
    La nouvelle parvient à Rome

    La victoire est connue à Rome le jour où une grande partie de l'Occident fêtait déjà la Transfiguration.

  9. 6 août 1457
    Une fête pour toute l'Église

    Par la bulle « Inter divinae dispositionis arcana », Calixte III prescrit la fête à tous les fidèles et y attache des indulgences.

  10. 6 août 1458
    Le pape meurt le jour de sa fête

    Calixte III s'éteint au soir de la Transfiguration qu'il avait instituée.

  11. 1ᵉʳ novembre 1911
    Double de deuxième classe

    Saint Pie X élève la fête, titulaire de l'archibasilique du Latran, pour tout le clergé.

  12. 1960-1962
    Fête de deuxième classe

    Le nouveau code des rubriques la range en deuxième classe, avec la mémoire de saint Sixte II.

  13. 14 février 1969
    Fête du Seigneur

    Le calendrier romain réformé en fait une fête du Seigneur ; Sixte II et ses compagnons passent au 7 août.

  14. 6 août 1978
    Mort de saint Paul VI

    Le pape meurt à Castel Gandolfo au soir de la fête.

  15. 16 octobre 2002
    Un mystère lumineux

    Saint Jean-Paul II fait de la Transfiguration le quatrième mystère lumineux du Rosaire.

  16. 6 août 2023
    Centenaire au Thabor

    Le Custode de Terre Sainte ouvre le jubilé des cent ans de la basilique du Thabor ; à Lisbonne, François célèbre la fête avec les jeunes.

Le Thabor, montagne de la fête

Basilique de la Transfiguration, mont Thabor, 26 août 2016. Marwan hamad · Wikimedia Commons · CC BY-SA 4.0 · image redimensionnée.

Les évangiles parlent seulement d'« une haute montagne » (Mt 17, 1 ; Mc 9, 2) ou de « la montagne » où Jésus monta pour prier (Lc 9, 28), et saint Pierre l'appelle « la montagne sainte » (2 P 1, 18)[52]. Dès le IVᵉ siècle, l'Église de Jérusalem lui donne un nom. Dans la douzième de ses catéchèses, prononcée vers 348-350, saint Cyrille de Jérusalem rappelle à ses auditeurs que Moïse et Élie furent présents auprès du Seigneur « lorsqu'il se transfigura sur la montagne du Thabor » ; son traducteur français de 1715 notait qu'« on ne doutait point à Jérusalem » de ce lieu[53]. En 404, saint Jérôme raconte que sainte Paule, au cours de son pèlerinage, gravit « le mont Thabor, sur lequel le Seigneur fut transfiguré »[54].

Le sommet se couvre bientôt de sanctuaires. Vers 570, un pèlerin venu de Plaisance y trouve « trois basiliques, là où le disciple a dit : Faisons ici trois tentes »[55]. Un siècle plus tard, l'évêque gaulois Arculfe, dont le récit fut mis par écrit par Adomnan, abbé d'Iona, décrit un grand monastère et trois églises « selon le nombre des tentes » dont parla Pierre, le tout entouré d'un mur de pierre[56]. Un document de l'époque de Charlemagne compte quatre églises servies par dix-huit moines ; en 1101, les croisés confient la montagne aux Bénédictins[57].

Les sanctuaires ne survivent pas aux guerres. Saladin pille le Thabor, et le sultan Baybars rase toutes ses églises en 1263 ; pendant plus de trois siècles, rares sont les pèlerins qui s'aventurent sur ce sommet isolé[58]. Après 1620, quand les Franciscains s'installent à Nazareth, des pèlerins y montent chaque année le 6 août, pour la fête ; en 1631, l'émir druze Fakhr ad-Din leur permet d'y ouvrir une communauté, et la même concession est faite peu après aux grecs orthodoxes[59]. La coutume s'est conservée : la veille de la fête, des familles chrétiennes de Galilée passent la nuit sous la tente autour du sanctuaire, souvenir du temps ottoman où les frères n'avaient le droit d'y monter qu'une fois l'an, pour la Transfiguration[60].

L'église actuelle, de style syro-roman, fut bâtie par les Franciscains de 1921 à 1924 ; c'est la première œuvre de l'architecte Antonio Barluzzi, et ses deux clochers s'élèvent sur les anciens oratoires de Moïse et d'Élie, dont les chapelles leur restent dédiées[61]. Le 6 août 2023, le Custode de Terre Sainte, frère Francesco Patton, y a ouvert par une porte sainte le jubilé du centenaire de la basilique[62]. Le Thabor demeure le lieu traditionnel de l'événement ; les objections qu'on a opposées à cette identification, dont l'hypothèse du mont Hermon, relèvent de l'étude du récit évangélique[63].

Une fête née en Orient

La plus ancienne célébration connue vient de Jérusalem. En publiant en 1955 une homélie inédite de saint Anastase le Sinaïte sur la Transfiguration, l'historien André Guillou a montré que la fête figurait au calendrier de l'Église de Jérusalem au VIIᵉ siècle[64]. Anastase, prêtre et moine du mont Sinaï, vécut vers la fin de ce siècle[65] ; une de ses homélies sur la Transfiguration, « Il nous est bon d'être ici », est encore lue dans la liturgie des Heures du 6 août[66].

Pour Constantinople, on a longtemps répété que la fête avait été créée par l'empereur byzantin Léon VI le Sage (886-912), sur la foi du moine Nicon de la Montagne Noire et du patriarche de Constantinople Nicolas III[67]. Le byzantiniste Venance Grumel a écarté cette opinion en 1956 : un évangéliaire du Sinaï daté de 710 ou de 755, un ménologe du VIIIᵉ siècle, un évangéliaire de 835, le calendrier de Naples (847-877) et d'autres livres grecs plus anciens que Léon le Sage mentionnent déjà la fête[68]. Sa conclusion est nette :

« Ainsi donc, la fête de la Transfiguration remonte bien au-delà de Léon le Sage, à savoir, au moins au début du VIIIᵉ siècle. » — Venance Grumel, « Sur l'ancienneté de la fête de la Transfiguration », Revue des études byzantines, 1956[69]

Ce que fit Léon le Sage fut, selon Grumel, d'en relever la solennité. Les deux témoins anciens en parlent à propos du jeûne de la Dormition : certains fidèles, « sous prétexte d'honorer la fête de la Transfiguration nouvellement établie par Léon le Sage », rompaient ce jeûne, ce qui suppose une fête déjà connue mais récemment rehaussée[70]. Aujourd'hui, la Transfiguration compte parmi les douze grandes fêtes de l'année byzantine, avec l'Exaltation de la Croix, la Théophanie, la Rencontre du Seigneur au Temple ou la Dormition[71].

Chez les Arméniens : Vardavar

L'Église arménienne célèbre la Transfiguration non à date fixe, mais le quatorzième dimanche après Pâques, quatre-vingt-dix-huit jours plus tard, si bien que la fête se déplace entre le 28 juin et le 1ᵉʳ août[72]. Elle est l'une des cinq fêtes principales de l'année et dure trois jours : le dimanche est la fête principale, le lundi est encore jour de fête avec la mémoire des défunts, et le mardi clôt l'observance[73]. Au début du XXᵉ siècle, Frederick Holweck relevait qu'elle était précédée d'un jeûne de six jours[74].

En Arménie, on l'appelle aussi Vardavar, la « fête des roses », du nom d'une ancienne fête païenne qu'elle remplaça[75]. Vers 690, l'évêque arménien Grégoire Archarouni attribuait ce remplacement à saint Grégoire l'Illuminateur, l'apôtre de l'Arménie, et expliquait que le nom avait été gardé « parce que le Christ ouvrit sa gloire comme une rose sur le mont Thabor »[76]. Holweck notait pourtant que la fête est absente des deux anciens calendriers arméniens publiés par l'orientaliste Frederick Conybeare[77].

Dans les autres Églises d'Orient

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Dans l'Église syriaque, la Transfiguration était, au témoignage de Holweck, une fête de première classe, et chez les Byzantins une fête avec veille et octave[78]. Le calendrier byzantin la prépare en effet par une avant-fête, le 5 août, dont le tropaire invite les fidèles à aller au-devant de la Transfiguration du Christ, et la prolonge jusqu'à sa clôture solennelle, le 13 août[79][80]. Pour le jour même, l'Église orthodoxe en Amérique propose à la lecture l'homélie de Grégoire Palamas, archevêque de Thessalonique au XIVᵉ siècle, sur la Transfiguration[81].

La fête a gardé en Orient une coutume rurale : les Grecs et les Russes y bénissent les raisins et d'autres fruits[82]. Rome a connu un usage voisin, puisque le pape, à la messe de la fête, prenait du vin nouveau ou pressait une grappe mûre dans le calice[83]. Ces premiers fruits portés au Christ transfiguré rappellent que « la création elle-même » attend d'être libérée pour entrer dans la liberté et la gloire des enfants de Dieu (Rm 8, 21).

L'Occident adopte la fête

L'Occident latin a mis du temps à recevoir la fête. Selon Holweck, elle n'apparaît dans aucun livre occidental avant le milieu du IXᵉ siècle ; elle entre dans la liturgie de nombreux diocèses vers le Xᵉ siècle, le plus souvent le 6 août, mais en Gaule et en Angleterre le 27 juillet, à Meissen le 17 mars et à Halberstadt le 3 septembre[84]. Rome lisait déjà l'évangile de la Transfiguration au samedi des Quatre-Temps de Carême et au dimanche suivant, et c'est cet usage que la bulle de 1457 appellera la « commémoraison commune » de l'Église universelle[85][86].

À la veille de 1456, la fête est donc répandue, mais elle n'est pas universelle, et la bulle de Calixte III le dit sans détour. L'Église, écrit le pape, célèbre déjà la Visitation, Notre-Dame des Neiges et la Purification de la Vierge, la Présentation au Temple, où le Sauveur s'est montré fils de l'homme, la Circoncision, où il a observé la Loi, et plusieurs fêtes de saints instituées « tout récemment » ; il convient donc d'honorer aussi chaque année le jour où il s'est révélé « Seigneur de la Loi et des Prophètes » et a manifesté « non la faiblesse de la chair, mais la puissance de la glorification »[87].

Belgrade, 1456 : la victoire qui fit de la fête une fête universelle

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Trois ans après la chute de Constantinople, en 1453, le sultan Mehmed II assiège Belgrade, forteresse du royaume de Hongrie dressée au bord du Danube, au confluent de la Save[88][89]. Pour le pape Calixte III, qui a fait de la croisade le grand projet de son pontificat, la chute de la ville ouvrirait aux armées ottomanes la route de l'Europe chrétienne, et il appelle toute la chrétienté à la prière[90].

Toute la chrétienté en prière

Le 29 juin 1456, en la fête des saints Pierre et Paul, Calixte III adresse une bulle à tous les patriarches, archevêques, évêques et abbés[91]. Il y demande prières, jeûnes et pénitence pour « revenir au Seigneur, afin qu'il revienne à nous », des processions le premier dimanche de chaque mois, la messe « contre les païens » et, à chaque messe, une oraison pour la protection du peuple chrétien[92]. Pour que tous les fidèles puissent s'y associer, il prescrit encore que, dans chaque église, entre midi et les vêpres, une ou plusieurs cloches sonnent comme pour l'Angélus, tandis que l'on récite trois Notre Père et trois Je vous salue Marie[93].

Cette sonnerie a fait naître plus tard une légende tenace : le pape aurait fait sonner les cloches contre la comète apparue cet été-là, et l'aurait même excommuniée. L'historien des papes Ludwig von Pastor, qui a travaillé sur les registres des Archives secrètes du Vatican, la juge indigne d'une réfutation[94].

Le siège et la délivrance

Les chrétiens sont menés par le voïvode Jean Hunyadi ; à ses côtés combattent les croisés levés par la prédication du vieux franciscain saint Jean de Capistran, que la bulle de 1457 décrit comme des gens du peuple, moins nombreux que l'ennemi et presque sans armes[95][96]. Le 22 juillet 1456, ces croisés se lancent contre le camp turc sans en avoir reçu l'ordre ; Capistran, qui tente en vain de les retenir, descend au milieu d'eux, et Hunyadi fait une nouvelle sortie pour les secourir[97]. À la nuit, le sultan, blessé d'une flèche, donne le signal de la retraite, et tout son camp tombe aux mains des chrétiens[98].

« Au jour de sainte Marie-Madeleine, la Croix du Christ triompha de son ennemi. » — Nicolas de Cues, sermon rapporté par Ludwig von Pastor, Histoire des papes[99]

La bulle de Calixte III retiendra la même image : le nom du Christ Jésus invoqué d'une seule voix par tout le peuple assiégé, l'étendard de la Croix levé vers le ciel « avec de grands cris et des larmes », et la victoire obtenue « en ce jour mémorable de la bienheureuse Marie-Madeleine »[100]. Les deux vainqueurs ne survécurent pas longtemps. Une épidémie, probablement née de la chaleur et des corps restés sans sépulture, emporta Jean Hunyadi le 11 août ; saint Jean de Capistran mourut le 23 octobre à Ilok, où il fut enseveli[101].

La nouvelle arrive à Rome le 6 août

Selon Pastor, la première nouvelle de la victoire parvint à Rome le 6 août 1456[102]. Ce jour était déjà, dans une grande partie de l'Occident, celui de la Transfiguration[103]. La coïncidence a causé une erreur durable : les chroniqueurs Bonfini et Bernino ont cru la bataille livrée le 6 août, et l'historien Ferdinand Gregorovius l'a placée au 9 août, alors que les meilleurs témoins donnent le 22 juillet[104].

La bulle Inter divinae dispositionis arcana

Un an plus tard, jour pour jour, après en avoir délibéré avec les cardinaux en consistoire secret puis public, Calixte III publie à Saint-Pierre de Rome la bulle Inter divinae dispositionis arcana, datée du 6 août 1457[105]. Elle institue la fête de la Transfiguration pour tous les fidèles et pour toujours, « au huitième jour avant les ides d'août, qui est le sixième jour de ce mois »[106]. Elle demande aux évêques de célébrer et de faire célébrer chaque année cette fête, « que l'on appelle couramment fête du Sauveur », avec un office « double solennel » envoyé avec la bulle elle-même ; Holweck rapporte que le pape avait composé lui-même cet office[107][108].

Le texte n'est pas d'abord un bulletin de victoire : c'est un exposé du mystère. La Transfiguration, dit la bulle, montre « en une seule et même personne la puissance de la divinité et la vraie nature de l'homme » ; elle confirme la foi, l'espérance et la charité ; elle a fortifié les apôtres pour qu'ils croient la passion de leur Maître non pas imposée par la puissance de ses adversaires, mais acceptée par sa propre volonté[109]. La victoire de Belgrade vient ensuite, comme un bienfait dont il faut remercier Dieu chaque année :

« Comme les fils d'Israël, délivrés de la servitude d'Égypte, célébraient ce jour à jamais mémorable et rendaient à Dieu les louanges et les actions de grâces qu'ils lui devaient, ainsi, en cette solennité et fête principale de la Transfiguration de notre Seigneur Jésus-Christ, que tous les peuples, en rappelant ses mystères, ses miracles et le témoignage de toute la sainte et indivisible Trinité, s'appliquent aussi à vénérer et à célébrer ce jour de joie pour la victoire obtenue. » — Calixte III, bulle Inter divinae dispositionis arcana, 6 août 1457[110]

Le pape attache à la fête des indulgences : cent jours pour la présence aux vêpres, aux matines ou à la messe de la veille et du jour, dans les églises où l'on célébrera le nouvel office, quarante jours pour chacune des petites heures, et, pour qui célèbre l'octave, surtout dans les églises dédiées au Sauveur, les mêmes faveurs que pour l'octave de la Fête-Dieu[111]. Plusieurs brefs en pressent l'application : l'un au cardinal légat Juan Carvajal, d'autres à ses représentants en Aragon, le 24 septembre 1457, et en Allemagne, le 30 novembre[112].

Le pape meurt le jour de la fête

Calixte III ne vit qu'une fois la fête qu'il avait donnée à l'Église. Le 6 août 1458, au soir de la Transfiguration, il mourut à Rome[113]. Son pontificat a laissé deux gestes de prière liés à Belgrade : la sonnerie des cloches à midi, demandée pour soutenir les défenseurs de la ville, et le 6 août, donné à toute l'Église comme un jour de lumière et d'action de grâces[114][115].

Le rang de la fête, de 1911 à 1969

En réformant le bréviaire, saint Pie X élève la fête en 1911, pour une raison qui touche Rome de près : l'archibasilique du Latran, « mère et tête de toutes les églises de la Ville et du monde », célèbre la Transfiguration comme sa fête titulaire, en plus de la grande solennité de Pâques[116]. Les rubriques publiées avec la constitution Divino afflatu décident donc que la fête sera célébrée par tout le clergé, séculier et régulier, comme « double de deuxième classe »[117].

Le code des rubriques de 1960 conserve ce rang sous le nom de « fête de deuxième classe » : le Missel romain de 1962 inscrit au 6 août la Transfiguration de Notre-Seigneur Jésus-Christ, avec la commémoraison des saints martyrs Sixte II, Félicissime et Agapit[118]. Le pape saint Sixte II avait en effet été mis à mort le 6 août 258, avec quatre de ses diacres, pendant la persécution de Valérien, comme l'atteste une lettre presque contemporaine de saint Cyprien[119].

Le calendrier promulgué par saint Paul VI le 14 février 1969 fait de la Transfiguration une fête du Seigneur, au cinquième rang de la table de préséance, et déplace au 7 août la mémoire de Sixte II et de ses compagnons, qui gardent ainsi leur propre jour[120][121]. C'est encore le calendrier en vigueur, comme le montrent les calendriers liturgiques actuels[122].

Comment l'Église célèbre-t-elle la Transfiguration ?

Le 6 août, toute la prière de l'Église est tournée vers la lumière du Thabor : la messe, l'office des Heures, et, en Orient, la Divine Liturgie et ses chants. Chaque texte reprend un trait du récit évangélique et lui donne un sens pour celui qui prie.

La messe du 6 août

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La messe s'ouvre sur une antienne qui condense tout le mystère. Inspirée de saint Matthieu, elle nomme les trois Personnes divines : « Dans la nuée resplendissante, l'Esprit Saint est apparu, la voix du Père s'est fait entendre : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j'ai mis tout mon amour : écoutez-le »[123]. On chante ensuite le Gloria, comme à toutes les fêtes[124].

La prière d'ouverture reprend l'ancienne oraison de la fête, que le Missel de 1962 donnait encore ; la réforme de 1970 en a seulement changé la fin, pour demander d'écouter la voix du Fils afin de partager son héritage[125][126]. La même oraison conclut les offices du jour, et la traduction française de la liturgie des Heures la rend ainsi :

« Seigneur, dans la transfiguration de ton Christ, tu as confirmé par le témoignage de Moïse et d'Élie la vérité des mystères de la foi, et tu as annoncé notre merveilleuse adoption ; accorde-nous d'écouter la voix de ton Fils bien-aimé, afin de pouvoir un jour partager avec lui son héritage. » — Oraison de la Transfiguration du Seigneur, liturgie des Heures, traduction liturgique de l'AELF[127]

Les autres prières déploient la même espérance. Sur les offrandes, le prêtre demande que Dieu les sanctifie « par la glorieuse Transfiguration de ton Fils unique » et nous purifie des taches du péché « par les splendeurs de son illumination »[128]. L'antienne de communion est une promesse de saint Jean : « Quand le Christ paraîtra, nous lui serons semblables, car nous le verrons tel qu'il est » (1 Jn 3, 2)[129]. La prière après la communion en tire la conséquence : que la nourriture du ciel reçue « nous transforme à l'image » de celui dont Dieu a voulu manifester la splendeur dans sa glorieuse Transfiguration[130].

La préface, écho d'un sermon de saint Léon

Le Missel de 1970 donne à la fête une préface propre, absente de la messe de 1962[131][132]. Elle dit en une seule phrase pourquoi le Christ s'est transfiguré :

« Devant des témoins choisis, il a révélé sa gloire, et il a revêtu d'une splendeur éclatante ce corps semblable à celui de tous les hommes, pour ôter du cœur des disciples le scandale de la croix et montrer que s'accomplira dans tout le corps de l'Église ce qui a resplendi d'abord en sa Tête. » — Préface de la Transfiguration du Seigneur, Missel romain[133]

Les rédacteurs ont puisé cette phrase chez saint Léon le Grand. Dans son sermon sur la Transfiguration, prononcé à Rome au Vᵉ siècle, le pape écrit que le but principal de l'événement était « d'ôter du cœur des disciples le scandale de la croix », et qu'il fondait l'espérance de l'Église, afin que le corps du Christ tout entier sache quelle transformation lui serait donnée et que les membres se promettent la part de l'honneur « qui avait resplendi dans la Tête »[134]. La première formule latine de la préface reprend mot pour mot celle du sermon, et la seconde en garde l'image de la Tête où la gloire a resplendi d'abord[135][136].

Les lectures de la messe

Un jour de semaine, la messe comporte une seule lecture avant l'évangile, au choix : le livre de Daniel ou la deuxième lettre de saint Pierre ; le dimanche, on lit les deux[137][138]. Après la première lecture se chante le psaume 96, avec ce refrain : « Le Seigneur est roi, le Très-Haut sur toute la terre », et ce verset qui semble écrit pour le Thabor : « Quand ses éclairs illuminèrent le monde, la terre le vit et s'affola »[139].

Daniel et le Fils d'homme

La lecture du livre de Daniel rapporte une de ses visions : un Vieillard dont « l'habit était blanc comme la neige » prend place sur un trône de feu, et voici que vient, « avec les nuées du ciel, comme un Fils d'homme », qui reçoit « domination, gloire et royauté », une royauté « qui ne sera pas détruite » (Dn 7, 9-10.13-14)[140]. Le choix de ce texte éclaire l'évangile. Sur la montagne, les vêtements de Jésus deviennent blancs comme la lumière, une nuée paraît, et, en descendant, Jésus se nomme lui-même « le Fils de l'homme » qui doit ressusciter d'entre les morts (Mt 17, 2.5.9)[141]. La gloire que Daniel voyait de loin s'est approchée, et elle a un visage.

Pierre, témoin oculaire

L'autre lecture est le témoignage de l'un des trois apôtres présents. Saint Pierre écrit à des chrétiens qui n'ont pas vu le Seigneur, et il leur garantit qu'il n'a pas suivi des fables :

« Ce n'est pas en ayant recours à des récits imaginaires sophistiqués que nous vous avons fait connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ, mais c'est pour avoir été les témoins oculaires de sa grandeur. […] Cette voix venant du ciel, nous l'avons nous-mêmes entendue quand nous étions avec lui sur la montagne sainte. » — Saint Pierre, deuxième lettre, 2 P 1, 16.18[142]

L'apôtre en conclut que la parole des prophètes en reçoit une confirmation : il faut s'y attacher « comme sur une lampe brillant dans un lieu obscur jusqu'à ce que paraisse le jour et que l'étoile du matin se lève dans vos cœurs » (2 P 1, 19)[143]. La fête devient ainsi un acte de foi dans un témoignage : ce que Pierre a vu, l'Église le croit sur sa parole.

Trois évangélistes, une même montagne

L'évangile change selon l'année liturgique, et chaque évangéliste apporte des traits qui lui sont propres. Le tableau suivant les met en regard, tels que le lectionnaire les fait entendre le 6 août et le deuxième dimanche de Carême.

AnnéeÉvangileCe que seul cet évangéliste rapporte
AMatthieu 17, 1-9« Son visage devint brillant comme le soleil » ; les disciples tombent face contre terre, et Jésus les touche : « Relevez-vous et soyez sans crainte ! »
BMarc 9, 2-10Une blancheur « telle que personne sur terre ne peut obtenir une blancheur pareille » ; les disciples se demandent ce que veut dire « ressusciter d'entre les morts »
CLuc 9, 28b-36Jésus monte « pour prier » ; Moïse et Élie parlent « de son départ qui allait s'accomplir à Jérusalem » ; les apôtres, « accablés de sommeil », restent éveillés et voient sa gloire

Les trois récits s'accordent sur l'essentiel : trois disciples choisis, une haute montagne, le visage et les vêtements resplendissants, Moïse et Élie, la parole de Pierre sur les tentes, la nuée et la voix du Père[144][145][146]. Les différences de détail, que la tradition reçoit comme des témoignages complémentaires, sont étudiées dans l'article La Transfiguration.

La liturgie des Heures du 6 août

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L'office du jour s'ouvre par une antienne qui salue le Christ comme la lumière même : « Sainte lumière, splendeur du Père, louange à toi, Jésus Christ »[147]. À l'office des lectures, l'hymne « Nous avons quitté » s'achève sur cette demande : « Seigneur, Fils de Dieu, conduis-nous au Père, transfigure nos vies » ; viennent ensuite les psaumes 83, 96 et 98, et le dernier, que l'antienne résume par « prosternez-vous devant sa sainte montagne », évoque Moïse à qui Dieu parlait « dans la colonne de nuée »[148].

La lecture biblique est le passage de la deuxième lettre aux Corinthiens où saint Paul compare le visage voilé de Moïse, qui rayonnait d'une gloire « passagère », au visage découvert des chrétiens : « Nous tous qui n'avons pas de voile sur le visage, nous reflétons la gloire du Seigneur, et nous sommes transformés en son image avec une gloire de plus en plus grande » (2 Co 3, 18)[149]. La lecture s'achève sur ce verset : « Dieu qui a dit : Du milieu des ténèbres brillera la lumière, a lui-même brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de sa gloire qui rayonne sur le visage du Christ » (2 Co 4, 6)[150].

Vient ensuite l'homélie de saint Anastase le Sinaïte, « Il nous est bon d'être ici ». Le moine du Sinaï y présente la Transfiguration comme « une image préfigurative du royaume des cieux » et invite chaque fidèle à gravir la montagne avec le Christ :

« Qu'y a-t-il de plus heureux, qu'y a-t-il de plus sublime, qu'y a-t-il de plus noble que d'être avec Dieu, que d'être transfiguré en Dieu dans la lumière ? […] Là sont présentées comme dans un miroir les prémices et les images de toute l'éternité à venir. » — Saint Anastase le Sinaïte, homélie pour la Transfiguration, office des lectures du 6 août[151]

L'office des lectures se termine par le Te Deum, chanté aux jours de fête[152]. Aux laudes, les trois antiennes suivent le récit : « Le visage de Jésus resplendit comme le soleil, ses vêtements devinrent blancs comme la neige » ; « Pour nous le Christ est transfiguré, Élie et Moïse parlent avec lui, la voix de son Père lui rend témoignage » ; « Dans la gloire de la montagne, la Loi et les prophètes ont témoigné pour lui »[153]. Les intercessions ont pour refrain un verset du psaume 35 : « Par ta lumière, nous voyons la lumière ! »[154]

Aux vêpres, l'hymne « Aujourd'hui, revêtu de lumière » est suivie du psaume 109, du psaume 120, « Je lève les yeux vers les montagnes : d'où le secours me viendra-t-il ? », et du cantique de la première lettre à Timothée sur le Christ « manifesté dans la chair »[155]. L'antienne du Magnificat rassemble toute la fête : « Relevez-vous ! Ne craignez pas ! La gloire du Seigneur est apparue sur le visage du Christ, sa lumière a brillé dans nos cœurs, alléluia »[156].

La messe d'avant 1970

Le Missel romain de 1962 donnait à la fête une messe très différente dans le détail, mais semblable dans l'esprit[157]. L'introït commençait par un verset du psaume 76 : « Tes éclairs ont illuminé le monde, la terre s'est émue et a tremblé », suivi du psaume 83, « Que tes demeures sont aimables, Seigneur de l'univers ! » ; le mot latin du psaume, tabernacula, est celui-là même que l'évangile emploie pour les trois tentes que voulait dresser saint Pierre[158]. L'épître était déjà le témoignage de Pierre (2 P 1, 16-19) et l'évangile le récit de saint Matthieu ; on disait le Credo[159].

Les chants entre les lectures célébraient la beauté du Fils. Le graduel reprenait le psaume 44 : « Tu es le plus beau des enfants des hommes, la grâce est répandue sur tes lèvres » ; l'alléluia citait la Sagesse : « Reflet de la lumière éternelle, miroir sans tache, image de sa bonté » (Sg 7, 26)[160]. L'antienne de communion reprenait l'ordre donné en descendant de la montagne : « Ne parlez à personne de la vision que vous avez eue, jusqu'à ce que le Fils de l'homme soit ressuscité d'entre les morts » (Mt 17, 9), et la postcommunion demandait de saisir « par l'intelligence d'un esprit purifié » les mystères célébrés[161]. Chaque oraison était suivie de celle des martyrs Sixte II, Félicissime et Agapit[162].

Dans les Églises d'Orient

La Transfiguration, icône de Novgorod, XVIᵉ siècle. Artiste anonyme · Wikimedia Commons · domaine public.

Dans le rite byzantin, deux chants résument la fête. Le premier, le tropaire, est une prière pour être soi-même éclairé :

« Tu t'es transfiguré sur la montagne, ô Christ Dieu, montrant à tes disciples ta gloire autant qu'ils pouvaient la porter. Fais briller aussi sur nous, pécheurs, ta lumière éternelle, par les prières de la Mère de Dieu. Donateur de lumière, gloire à toi ! » — Tropaire de la Transfiguration, ton 7, liturgie byzantine[163]

Le second, le kondakion, explique pourquoi les apôtres ont vu cette gloire. Le Catéchisme de l'Église catholique le cite en entier, signe que l'Église latine fait sienne cette prière de l'Orient :

« Tu t'es transfiguré sur la montagne, et, autant qu'ils en étaient capables, tes disciples ont contemplé ta Gloire, Christ Dieu, afin que lorsqu'ils Te verraient crucifié, ils comprennent que ta passion était volontaire et qu'ils annoncent au monde que Tu es vraiment le rayonnement du Père. » — Kondakion de la Transfiguration, liturgie byzantine, cité par le Catéchisme de l'Église catholique, n° 555[164]

Dans l'homélie sur la Transfiguration que l'Église orthodoxe en Amérique propose pour ce jour, Grégoire Palamas s'arrête sur une différence entre les évangiles : Matthieu et Marc disent « six jours après », Luc « environ huit jours après ». L'archevêque de Thessalonique y voit un mystère plutôt qu'une contradiction :

« La grande vision de la lumière de la Transfiguration du Seigneur est le mystère du huitième jour, c'est-à-dire du siècle à venir, qui sera révélé après le passage du monde créé en six jours. » — Grégoire Palamas, homélie sur la sainte Transfiguration[165]

Le huitième jour est ainsi, pour Palamas, celui qui vient après la semaine de la Création : le siècle à venir. Lire la Transfiguration comme un éclat de ce jour-là, c'est dire avec le Catéchisme que la lumière du Thabor est « un avant-goût du Royaume », non un simple souvenir[166][167].

Que célèbre la fête de la Transfiguration ?

La liturgie, les Pères et le Catéchisme lisent dans l'événement du Thabor six vérités, qui se tiennent l'une l'autre : la divinité du Fils manifestée dans sa chair, la Croix éclairée d'avance, la Trinité tout entière, l'accord des deux Testaments, l'appel à écouter le Fils, et la gloire promise à nos corps.

La gloire du Fils montrée « pour un instant »

Le Catéchisme situe la Transfiguration au moment où Jésus commence à annoncer sa Passion. Pierre vient de le confesser comme le Christ, le Fils du Dieu vivant ; alors, dit le Catéchisme, « pour un instant, Jésus montre sa gloire divine, confirmant ainsi la confession de Pierre »[168]. Ce qui resplendit sur la montagne n'est pas une lumière venue d'ailleurs et posée sur lui : c'est la gloire de celui qui est Dieu, rendue visible dans un corps d'homme. La bulle de 1457 le disait déjà, en voyant dans la Transfiguration la manifestation, « en une seule et même personne, de la puissance de la divinité et de la vraie nature de l'homme »[169].

Pourquoi ce corps ne brillait-il pas toujours ainsi ? Saint Thomas d'Aquin répond avec une image simple. Dès sa conception, l'âme du Christ possédait la gloire ; mais, par une disposition voulue de Dieu, cette gloire ne débordait pas sur son corps, afin qu'il puisse accomplir les mystères de notre rédemption dans une chair capable de souffrir[170]. Sur le Thabor, le Christ laissa un instant passer dans son corps la clarté qui venait de sa divinité et de la gloire de son âme, non comme une qualité installée en lui, mais « à la manière d'une impression passagère, comme lorsque l'air est illuminé par le soleil »[171]. C'était, conclut Thomas, un miracle, au même titre que la marche du Christ sur les eaux[172].

La distinction a son importance. Selon Thomas, cette clarté était bien celle de la gloire « quant à son essence », mais non « quant à sa manière d'être » : dans les corps ressuscités, la gloire sera une qualité permanente, alors qu'au Thabor elle n'était qu'un passage[173]. Les apôtres ont donc vu la vraie gloire, celle qui attend les élus, mais montrée seulement le temps qu'il fallait pour qu'ils s'en souviennent.

Le scandale de la croix ôté d'avance

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La Transfiguration précède de peu la montée à Jérusalem. Le Catéchisme en donne le but en une phrase : elle a pour fin « de fortifier la foi des apôtres en vue de la passion : la montée sur la “haute montagne” prépare la montée au Calvaire »[174]. Saint Léon le Grand, dans le sermon que l'Église lit au deuxième dimanche de Carême, l'avait dit avec plus de force encore :

« Par cette transfiguration il voulait avant tout prémunir ses disciples contre le scandale de la croix et, en leur révélant toute la grandeur de sa dignité cachée, empêcher que les abaissements de sa passion volontaire ne bouleversent leur foi. » — Saint Léon le Grand, sermon sur la Transfiguration, office des lectures du 2ᵉ dimanche de Carême[175]

Les trois apôtres du Thabor sont aussi ceux que Jésus emmènera avec lui à Gethsémani (Mc 14, 33), et la gloire qu'ils ont vue devait leur permettre de comprendre que la Croix n'était pas une défaite subie. Le kondakion byzantin, cité par le Catéchisme, chante que les disciples ont contemplé la gloire du Christ « afin que lorsqu'ils te verraient crucifié, ils comprennent que ta passion était volontaire »[176] ; la bulle de 1457 dit la même chose[177].

Saint Thomas ajoute une raison qui touche chaque chrétien. Le Seigneur venait d'inviter ses disciples à le suivre sur le chemin de sa passion ; or on ne marche pas droit vers un but qu'on ignore :

« Pour marcher droit sur un chemin, il faut connaître d'avance, d'une certaine manière, le but, de même que l'archer ne lance pas droit sa flèche s'il n'a d'abord regardé la cible. Et cela est surtout nécessaire quand le chemin est difficile et rude, la marche pénible, mais le terme joyeux. » — Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 45, a. 1[178]

Le Thabor est cette cible entrevue. Thomas cite à l'appui saint Bède le Vénérable : par une prévoyance pleine d'amour, le Seigneur permit à ses disciples de goûter un moment la contemplation de la joie éternelle, afin qu'ils supportent plus vaillamment l'adversité[179].

Toute la Trinité apparut

Le Thabor répond au Jourdain. Au baptême de Jésus, le Père avait parlé et l'Esprit était descendu comme une colombe ; sur la montagne, le Père parle de nouveau, et l'Esprit se montre dans la nuée lumineuse. Le Catéchisme, après saint Thomas, résume la scène :

« Toute la Trinité apparut : le Père dans la voix, le Fils dans l'homme, l'Esprit dans la nuée lumineuse. » — Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 45, a. 4, ad 2, cité par le Catéchisme de l'Église catholique, n° 555[180][181]

Thomas explique le parallèle. Au baptême, qui est le mystère de la « première régénération », l'action de toute la Trinité fut montrée, et la colombe signifiait l'innocence que donne le baptême ; à la Transfiguration, qui est le mystère de la « seconde régénération », la nuée lumineuse signifie la clarté de la gloire et le rafraîchissement de tout mal que Dieu donnera à ses élus dans la résurrection[182]. La bulle de 1457 avait trouvé une formule frappante pour la même scène : le Père qui fait entendre sa voix comme un tonnerre, le Fils qui resplendit, l'Esprit Saint qui couvre de la nuée et qui illumine[183].

Le pape Léon XIV a repris ce rapprochement à l'Angélus du deuxième dimanche de Carême 2026, en relisant la montagne comme un nouveau Jourdain : la voix du Père qui proclame son Fils bien-aimé et la nuée lumineuse où se tient le Saint-Esprit y manifestent l'action commune des trois Personnes[184]. La fête de la Transfiguration est ainsi, avec la fête du Baptême du Seigneur et la solennité de la Sainte Trinité, l'un des grands jours où la liturgie fait contempler les trois Personnes divines agissant ensemble.

La Loi et les Prophètes rendent témoignage

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Moïse et Élie ne sont pas là par hasard. Tous deux avaient été admis à une rencontre de Dieu sur la montagne, Moïse au Sinaï et Élie à l'Horeb (Ex 33, 18-23 ; 1 R 19, 8-13), et tous deux représentent ce que Dieu avait dit avant le Christ. Le Catéchisme le souligne : « Moïse et Élie avaient vu la gloire de Dieu sur la Montagne ; la Loi et les prophètes avaient annoncé les souffrances du Messie »[185]. Saint Luc précise même le sujet de leur entretien : ils parlaient avec Jésus « de son départ qui allait s'accomplir à Jérusalem » (Lc 9, 31)[186].

Saint Léon le Grand voit dans leur présence une preuve donnée aux apôtres. Moïse et Élie, « c'est-à-dire la Loi et les Prophètes », s'entretiennent avec le Seigneur, et la règle de l'Écriture selon laquelle toute parole est établie sur deux ou trois témoins se trouve accomplie[187] :

« Les écrits de l'une et l'autre Alliance, en effet, se garantissent mutuellement ; celui que les signes préfiguratifs avaient promis sous le voile des mystères, est montré comme manifeste et évident par la splendeur de sa gloire présente. » — Saint Léon le Grand, sermon sur la Transfiguration[188]

La liturgie du 6 août reprend ce thème à plusieurs endroits : l'oraison rappelle que Dieu a « confirmé par le témoignage de Moïse et d'Élie la vérité des mystères de la foi », et une antienne des laudes chante que, « dans la gloire de la montagne, la Loi et les prophètes ont témoigné pour lui »[189][190]. Léon XIV l'a redit à sa manière en 2026 : entre Moïse et Élie, le Christ accomplit en sa personne la Loi et les Prophètes[191].

« Écoutez-le »

La seule parole du Père, dans toute la scène, est un ordre et une déclaration d'amour : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie : écoutez-le ! » (Mt 17, 5)[192]. Le Père ne demande pas aux apôtres de rester sur la montagne ni de dresser des tentes ; il leur demande d'écouter celui qui va descendre avec eux vers Jérusalem. L'oraison de la fête fait de cette parole la demande principale de l'Église : « accorde-nous d'écouter la voix de ton Fils bien-aimé, afin de pouvoir un jour partager avec lui son héritage »[193].

Saint Léon tirait de cette voix une règle de vie pour les jours ordinaires comme pour les jours d'épreuve : « Qu'il s'agisse de pratiquer les commandements ou de supporter l'adversité, la voix du Père que nous avons entendue tout à l'heure doit retentir sans cesse à nos oreilles »[194]. Saint Jean-Paul II, dans sa lettre sur le Rosaire, voit dans cette écoute ce qui prépare les apôtres à vivre la Passion « afin de parvenir avec Lui à la joie de la Résurrection et à une vie transfigurée par l'Esprit Saint »[195].

Le sacrement de la seconde régénération

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Le Catéchisme met en regard deux seuils de la vie de Jésus : « Au seuil de la vie publique : le Baptême ; au seuil de la Pâque : la Transfiguration »[196]. Il emprunte à saint Thomas une expression difficile, qu'il faut expliquer :

« Par le Baptême de Jésus “fut manifesté le mystère de notre première régénération” : notre Baptême ; la Transfiguration “est le sacrement de la seconde régénération” : notre propre résurrection. » — Catéchisme de l'Église catholique, n° 556, citant saint Thomas d'Aquin[197]

Autrement dit, l'homme est appelé à naître deux fois à la vie de Dieu. La première naissance est le baptême, qui donne la vie de la grâce à l'âme ; la seconde sera la résurrection, qui donnera au corps lui-même la gloire. La Transfiguration est appelée « sacrement » de cette seconde naissance au sens ancien du mot : un signe qui la montre d'avance. Le Catéchisme poursuit : elle « nous donne un avant-goût de la glorieuse venue du Christ “qui transfigurera notre corps de misère pour le conformer à son corps de gloire” (Ph 3, 21) », mais elle rappelle aussi qu'« il nous faut passer par bien des tribulations pour entrer dans le Royaume de Dieu » (Ac 14, 22)[198].

Saint Paul VI avait écrit pour l'Angélus du 6 août 1978, qu'il ne put prononcer, une méditation sur ce point précis :

« Ce corps qui se transfigure devant les yeux stupéfaits des apôtres, est le corps du Christ notre frère, mais il est aussi notre corps destiné à la gloire. Cette lumière qui l'inonde est et sera aussi notre part d'héritage et de splendeur. Nous sommes appelés à partager une si grande gloire parce que nous sommes “participants de la nature divine” (2 Pier 1, 4). » — Saint Paul VI, texte préparé pour l'Angélus du 6 août 1978[199]

Les Pères grecs disaient la même espérance avec le mot de divinisation. Saint Anastase le Sinaïte, dans l'homélie lue le 6 août, promet : « avec lui, comme lui, nous serons transfigurés, divinisés pour toujours »[200]. La bulle de 1457, de son côté, lisait dans les vêtements blancs du Christ le signe de son corps mystique, l'Église universelle, et concluait qu'au dernier jour, quand « les justes brilleront comme le soleil », alors enfin se découvrira tout le mystère de la Transfiguration[201]. Le Catéchisme le dit sobrement : le Christ, Tête de l'Église, « manifeste ce que son Corps contient et rayonne dans les sacrements : “l'espérance de la Gloire” »[202].

La Transfiguration dans la vie de l'Église

La fête du 6 août n'est pas restée enfermée dans le missel. Les papes du XXᵉ et du XXIᵉ siècle en ont fait un mystère à prier dans le Rosaire, une icône de la vie consacrée, une date de leur propre vie, et un message adressé aux jeunes.

Le quatrième mystère lumineux du Rosaire

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Le 16 octobre 2002, saint Jean-Paul II a ajouté au Rosaire cinq « mystères lumineux », tirés de la vie publique du Christ : son baptême au Jourdain, les noces de Cana, l'annonce du Royaume, la Transfiguration et l'institution de l'Eucharistie[203]. La lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae en propose la méditation le jeudi[204]. Parmi ces cinq mystères, le pape en distingue un :

« La Transfiguration est le mystère de lumière par excellence. Selon la tradition, elle survint sur le Mont Thabor. La gloire de la divinité resplendit sur le visage du Christ, tandis que, aux Apôtres en extase, le Père le donne à reconnaître pour qu'ils “l'écoutent” et qu'ils se préparent à vivre avec Lui le moment douloureux de la Passion, afin de parvenir avec Lui à la joie de la Résurrection et à une vie transfigurée par l'Esprit Saint. » — Saint Jean-Paul II, Rosarium Virginis Mariae, n° 21[205]

La même lettre s'ouvre presque sur la scène du Thabor. Au début du premier chapitre, sous le titre « Un visage resplendissant comme le soleil », Jean-Paul II écrit que l'épisode de la Transfiguration, « dans lequel les trois Apôtres Pierre, Jacques et Jean apparaissent comme ravis par la beauté du Rédempteur, peut être considéré comme icône de la contemplation chrétienne »[206]. Prier le Rosaire, pour lui, c'est faire ce que firent les apôtres sur la montagne : fixer les yeux sur le visage du Christ, avec Marie[207].

Une icône de la vie consacrée

Six ans plus tôt, dans l'exhortation apostolique Vita consecrata du 25 mars 1996, le même pape avait choisi la Transfiguration comme image de toute vie donnée à Dieu. Pour saisir les traits essentiels de cette vocation, écrivait-il, « il est particulièrement utile de fixer le regard sur le visage rayonnant du Christ dans le mystère de la Transfiguration »[208]. L'épisode suppose « une “ascension de la montagne” et une “descente de la montagne” » : les disciples, un moment enveloppés par la splendeur de la vie trinitaire, sont ensuite ramenés à la vie ordinaire, où ils ne voient plus que « Jésus seul » dans l'humilité de sa nature humaine[209].

« Comme les trois apôtres choisis, l'Église contemple le visage transfiguré du Christ, pour être fortifiée dans la foi et ne pas risquer d'être désemparée devant son visage défiguré sur la Croix. » — Saint Jean-Paul II, Vita consecrata, n° 15[210]

La parole de Pierre, « il est heureux que nous soyons ici », devient dans le même texte la prière de toute personne consacrée : « comme il est beau pour nous de rester avec Toi, de nous donner à Toi, de concentrer de manière exclusive notre existence sur Toi ! »[211]. Un peu plus loin, l'exhortation intitule l'une de ses parties « Du Thabor au Calvaire », et rappelle que l'événement éclatant de la Transfiguration « prépare l'autre événement, tragique, mais non moins glorieux, du Calvaire »[212].

6 août 1978 : Paul VI meurt au soir de la fête

Façade du palais pontifical de Castel Gandolfo, 17 novembre 2018. Sonse · Wikimedia Commons · CC BY 2.0 · image redimensionnée.

Saint Paul VI avait un lien particulier avec cette fête. Sa première encyclique, Ecclesiam suam, est signée « du Vatican, le 6 août 1964, en la fête de la Transfiguration de Notre-Seigneur Jésus-Christ »[213]. Quatorze ans plus tard, le 6 août 1978, un dimanche, il se trouvait à Castel Gandolfo, malade ; il avait écrit le texte de l'Angélus de midi, mais il ne put le prononcer devant les pèlerins[214]. Selon la note jointe par le Saint-Siège à la version italienne de ce texte, il « est entré dans la paix du Seigneur » le soir même, à 21 h 40, « dimanche 6 août, Transfiguration du Seigneur »[215].

Le texte qu'il laissait ce jour-là est une méditation sur la gloire promise à nos corps : « Sur la cime du Thabor, le Christ dévoile pour quelques instants la splendeur de sa divinité, et se manifeste aux témoins choisis tel qu'il est réellement : le Fils de Dieu »[216].

Vingt-huit ans plus tard, le 6 août 2006, la fête tombait de nouveau un dimanche. À l'Angélus de Castel Gandolfo, Benoît XVI présenta la Transfiguration comme « une anticipation du mystère pascal » : « Sur le visage transfiguré de Jésus brille un rayon de la lumière divine qu'Il conservait au plus profond de lui. Cette même lumière resplendira sur le visage du Christ le jour de la Résurrection »[217]. Puis il rappela « cet autre dimanche analogue » où les pèlerins n'avaient pu prier avec Paul VI, qui, « dans la soirée de ce 6 août 1978, s'endormit dans le Seigneur »[218].

Lisbonne, 6 août 2023 : « briller, écouter, ne pas craindre »

Le 6 août 2023, la fête coïncidait avec la messe finale des Journées mondiales de la jeunesse, au parc Tejo de Lisbonne[219]. Le pape François partit de la parole de Pierre, « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ! », et proposa aux jeunes trois verbes à emporter : « briller, écouter, ne pas craindre »[220]. La lumière du Thabor, expliqua-t-il, fut pour les apôtres un « bain de lumière » qui les préparait « à la nuit de la passion »[221].

« Nous brillons quand, en accueillant Jésus, nous apprenons à aimer comme Lui. […] Tout est là : tout ce qu'il y a à faire dans la vie réside dans ce mot : écoutez-le. » — Pape François, homélie de la messe des Journées mondiales de la jeunesse, Lisbonne, 6 août 2023[222]

Le troisième verbe reprenait la dernière parole de Jésus sur la montagne : « Relevez-vous et soyez sans crainte » (Mt 17, 7). François demanda aux jeunes de la répéter en silence dans leur cœur : « N'ayez pas peur »[223].

Léon XIV : la gloire humble du Thabor

Le pape Léon XIV a commenté la Transfiguration à l'Angélus du deuxième dimanche de Carême, le 1ᵉʳ mars 2026, en la présentant comme une icône pleine de lumière[224]. Il y soulignait la discrétion de cette gloire : une gloire humble, confiée aux seuls Pierre, Jacques et Jean, non comme un spectacle offert aux foules, mais comme une marque de confiance faite à ces trois témoins[225].

Dans cette méditation, le pape relisait la Transfiguration à la lumière de Pâques : la lumière pascale, faite de mort et de résurrection, de ténèbres traversées et de nouveauté, rejoint selon lui les corps meurtris par la violence, les corps crucifiés par la douleur et les corps abandonnés dans la misère ; c'est ainsi, expliquait-il, que le Rédempteur transfigure les plaies de l'histoire[226].

Le pape concluait sur la patience que demande ce mystère : comprendre ce que les disciples avaient vu demande du temps, un temps de silence pour écouter la Parole et un temps de conversion pour goûter la compagnie du Seigneur, et il confiait ce chemin à Marie, invoquée comme Étoile du matin[227].

La Transfiguration dans la voix des saints et des mystiques

Depuis les Pères jusqu'aux mystiques du XXᵉ siècle, la montagne de la Transfiguration a nourri la prière des saints. Tous y entendent la même leçon : la gloire entrevue n'est pas une évasion, mais une force pour suivre le Christ jusqu'à la Croix, et une promesse pour après.

Saint Augustin : « La Vie descend pour se faire tuer »

Saint Augustin s'arrête sur le désir de Pierre de dresser des tentes et de rester sur la montagne. Le Catéchisme a retenu son commentaire, tiré de l'un de ses sermons, parce qu'il dit en peu de mots pourquoi l'on ne demeure pas au Thabor :

« Cela Pierre ne l'avait pas encore compris quand il désirait vivre avec le Christ sur la montagne. Il t'a réservé cela, Pierre, pour après la mort. Mais maintenant il dit lui-même : Descends pour peiner sur la terre, pour servir sur la terre, pour être méprisé, crucifié sur la terre. La Vie descend pour se faire tuer ; le Pain descend pour avoir faim ; la Voie descend, pour se fatiguer en chemin ; la Source descend, pour avoir soif ; et tu refuses de peiner ? » — Saint Augustin, sermon 78, 6, cité par le Catéchisme de l'Église catholique, n° 556[228]

La joie du Thabor n'est pas refusée à Pierre : elle lui est réservée. Le Christ lui-même descend de la montagne pour aller à la Croix, et le disciple apprend à descendre avec lui.

Sainte Thérèse de Lisieux : la Sainte Face, 6 août 1896

La Sainte Face, Claude Mellan, 1649, Petit Palais, collection Dutuit. Paris Musées / Wikimedia Commons · CC0 · image redimensionnée.

Au carmel de Lisieux, la fête de la Transfiguration avait un relief particulier : la confrérie de la Sainte Face, répandue depuis Tours, en faisait l'une de ses grandes fêtes, et Louis Martin y avait été inscrit avec quatre de ses filles le 26 avril 1885[229]. En 1896, trois sœurs du noviciat portaient le nom de la Sainte Face : Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face, sa sœur Céline, devenue sœur Geneviève, et sœur Marie de la Trinité[230]. Pour la fête du 6 août 1896, Thérèse leur proposa de se consacrer ensemble à la Sainte Face et écrivit pour elles une prière, que les trois religieuses signèrent à l'encre rouge ; une image enluminée l'accompagnait, avec leurs photographies en médaillon sous une reproduction de la Sainte Face de Tours[231].

Le contraste choisi par Thérèse est saisissant. Le jour où l'Église contemple le visage du Christ « brillant comme le soleil », elle se consacre à sa Face voilée et humiliée de la Passion, en attendant le jour où ce même visage se montrera dans sa gloire :

« Ô Face chérie de Jésus ! en attendant le jour éternel où nous contemplerons votre Gloire infinie, notre unique désir est de charmer vos Yeux Divins en cachant aussi notre visage afin qu'ici-bas, personne ne puisse nous reconnaître... votre Regard Voilé, voilà notre Ciel, ô Jésus ! » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face, consécration à la Sainte Face, 6 août 1896[232]

En tête de la prière, Thérèse avait recopié une phrase de saint Jean de la Croix : « Le plus petit mouvement de pur Amour est plus utile à l'Église que toutes les autres œuvres réunies », afin que les âmes « arrivent promptement à voir Jésus, Face à Face »[233][234]. Le Thabor est pour elle une promesse : voir un jour sans voile le visage que l'on aime aujourd'hui caché.

Sainte Faustine : « non seulement au Thabor, mais aussi au Calvaire »

Sainte Faustine Kowalska, canonisée en 2000, reprend l'image du Thabor dans deux passages de son Petit Journal. Dans un dialogue entre le Dieu de miséricorde et l'âme qui aspire à la perfection, l'âme répond à l'appel du Seigneur par une offrande sans réserve[235] :

« Soutenue par Votre grâce, je suis prête à Vous suivre, Seigneur, non seulement au Thabor, mais aussi au Calvaire. » — Sainte Faustine, Petit Journal, § 1487[236]

Plus loin dans le même journal, elle relit tout son chemin à la lumière des étapes de la vie du Christ : « Mon Jésus, voici que je vois que je suis passée par toutes les étapes de la vie en te suivant : enfance, jeunesse, vocation, travaux apostoliques, Thabor, Jardin des Oliviers, et me voici maintenant déjà avec Toi au Calvaire »[237]. Le Thabor y est une étape réelle, un temps de lumière donné pour la route, entre les travaux apostoliques et le jardin des Oliviers.

Gabrielle Bossis : « C'est aussi l'Amour qui M'a transfiguré »

Gabrielle Bossis (1874-1950), laïque née à Nantes, infirmière à Verdun puis auteur de saynètes, a noté pendant quinze ans les paroles qu'elle entendait intérieurement du Christ ; le premier volume de Lui et moi parut de son vivant, en 1948[238]. Trois de ses notes portent la date du 6 août. En 1939, à la grand-messe de la fête, Jésus lui rappelle la prière de son enfance, « Transfigurez-Vous pour mon âme, Seigneur », et lui demande : « Ne l'ai-Je pas fait dans Ma Bonté pour toi ? »[239]. En 1942, il l'invite à regarder plus souvent vers lui : « Multiplie tes regards vers Moi, contemple plus souvent en aimant davantage. Tu Me verras sous des aspects nouveaux et infinis »[240].

La note du 6 août 1948 donne la clef de la fête, telle que Gabrielle Bossis l'a reçue :

« Te souviens-tu, quand tu étais petite, tu Me disais : “Transfigurez-Vous, transfigurez-Vous à mes yeux, Seigneur !” Tu Me faisais confiance. Tu t'es retirée sur la montagne de la solitude et tu as entendu Ma Voix. Alors, tu M'as vu sous un autre jour. C'est aussi l'Amour qui M'a transfiguré devant Mes Apôtres. Vois, toujours l'Amour, à la source de ce qui vient de Dieu. » — Gabrielle Bossis, Lui et moi, 6 août 1948[241]

Sans avoir l'autorité d'un enseignement de l'Église, cette page dit avec simplicité ce que la fête célèbre : la Transfiguration est un don d'amour, fait par le Christ à ses amis pour qu'ils le reconnaissent, et que Dieu renouvelle pour ceux qui le cherchent dans la solitude de la prière.

Le Livre du Ciel : l'âme « transfigurée »

La Servante de Dieu Luisa Piccarreta (1865-1947), laïque de Corato, dans les Pouilles, a laissé dans le Livre du Ciel le récit de ce que Jésus lui enseignait sur la vie dans la Divine Volonté. Ce don n'est pas seulement de faire ce que Dieu veut : c'est laisser la Volonté divine elle-même vivre et agir dans l'âme, à la place de la volonté propre, comme un soleil qui se lève et éclaire tout[242]. Une page du 22 mars 1927 emploie justement l'image de la lumière qui transfigure :

« Ma fille, lorsque le soleil se lève, il chasse l'obscurité et fait apparaître la lumière. […] De la même manière, lorsque ma Volonté se lève, tous les actes humains sont revêtus de Lumière. Ils viennent prendre leur place d'Honneur dans ma Volonté. Chacun d'eux prend une beauté distincte et la brillance des Couleurs divines, de telle sorte que l'âme en demeure transfigurée et recouverte d'une indescriptible beauté. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 21, 22 mars 1927[243]

La suite de la page annonce ce que ce soleil intérieur opère dans les épreuves : « Si ma Volonté se lève, elle chasse la nuit de la volonté humaine, elle chasse toutes les peurs », et elle revêt de sa lumière jusqu'aux larmes[244]. Rapprochée de la fête, cette révélation privée prolonge ce que la liturgie promet : la lumière du Thabor n'est pas réservée à un sommet de Galilée ; Dieu veut la faire lever dans l'âme qui se laisse habiter par sa Volonté.

Quatre questions sur la fête de la Transfiguration

Infographie originale Ignispedia créée par IA

La fête du 6 août soulève quelques questions, de la part des historiens comme des croyants d'autres traditions. Les quatre plus fréquentes portent sur son origine, sur ses rapports avec une fête païenne, sur la réalité de l'événement et sur la manière dont l'Orient et l'Occident comprennent sa lumière. Chacune est exposée ici dans sa forme la plus forte, puis reçoit sa réponse.

Objection 1 — « Une fête née d'une victoire militaire »

L'objection. La fête universelle de la Transfiguration a été instituée par un pape croisé, pour commémorer une bataille contre les Ottomans. Une fête du Christ ne devrait pas célébrer la défaite d'un adversaire ; elle porterait la marque de l'époque des croisades.

Réponse. La fête n'est pas née à Belgrade. Elle était célébrée à Jérusalem au VIIᵉ siècle, inscrite dans les livres byzantins au début du VIIIᵉ, adoptée par de nombreux diocèses d'Occident au Xᵉ siècle, et l'évangile de la Transfiguration était lu à Rome au début du Carême depuis saint Léon le Grand[245][246][247]. Calixte III n'a pas créé la fête : il l'a étendue à toute l'Église, à la date que la plupart des Églises lui donnaient déjà[248].

Le texte même de la bulle de 1457 montre l'ordre des raisons. Avant de parler de Belgrade, il expose longuement le mystère : la divinité et l'humanité du Christ manifestées en une seule personne, la passion acceptée librement, le témoignage de la Loi et des Prophètes, la Trinité tout entière, la gloire promise au corps[249][250]. La victoire y est présentée comme une délivrance obtenue par la prière de toute la chrétienté, après les cloches de midi et les processions demandées l'année précédente, et le pape la compare à la Pâque du peuple hébreu délivré de l'Égypte[251][252]. Rendre grâces à Dieu pour la délivrance d'une ville assiégée n'est pas célébrer la mort de ses ennemis, et la bulle s'achève d'ailleurs sur une demande de paix : que Dieu, une fois écartée la crainte des ennemis, accorde « cette paix que le monde ne peut donner » et des temps tranquilles[253].

Enfin, la liturgie actuelle ne garde aucune trace de la bataille : l'oraison, la préface et les lectures ne parlent que du Christ, de sa gloire et de notre adoption[254][255]. Ce que l'Église fête le 6 août est un mystère de la vie du Christ ; Belgrade explique seulement pourquoi ce mystère a reçu un jour dans tout le calendrier latin.

Objection 2 — « Vardavar : une fête païenne christianisée »

L'objection. En Arménie, la Transfiguration porte le nom de Vardavar, celui d'une ancienne fête païenne des roses qu'elle a remplacée. La fête ne serait donc qu'un culte de la nature recouvert d'un vernis chrétien.

Réponse. Le rapport avec une fête païenne ne concerne que la forme arménienne de la célébration, et Holweck notait que la fête manque encore dans les deux anciens calendriers arméniens qu'il connaissait[256]. À Jérusalem, à Constantinople et à Rome, la fête n'a aucun antécédent païen : elle vient directement de l'Évangile, où l'événement est raconté par trois évangélistes et attesté par l'un des témoins, saint Pierre (2 P 1, 16-18)[257][258][259].

Là où l'Église arménienne a remplacé une fête plus ancienne, elle en a changé le sens. L'évêque Grégoire Archarouni, vers 690, explique que l'on garda le nom de la fête des roses « parce que le Christ ouvrit sa gloire comme une rose sur le mont Thabor »[260]. Le nom demeure, mais ce qu'il désigne n'est plus une force de la nature : c'est la gloire d'une personne, Jésus de Nazareth, vue par des hommes qui en ont témoigné. Donner à un jour ancien un contenu nouveau, c'est l'évangéliser, et non se laisser absorber par lui.

Objection 3 — « Un récit symbolique, une vision sans réalité »

L'objection. La Transfiguration ne serait qu'une vision intérieure ou une scène théologique : la montagne, la nuée, Moïse et Élie seraient des symboles empruntés à l'Ancien Testament. Saint Thomas lui-même rapporte une glose de saint Bède qui parle d'une glorification du corps montrée « dans une représentation imaginaire de la béatitude future »[261]. La fête célébrerait alors une image, non un fait.

Réponse. Saint Thomas répond à cette glose : si l'on parle d'image, « ce n'est pas que cette clarté n'ait pas été une vraie clarté de gloire », mais parce qu'elle représentait par avance la perfection de la gloire qui sera celle du corps ressuscité[262]. Le mot « image » désigne ce que la clarté annonçait, non son irréalité ; Thomas ajoute que l'éclat du corps du Christ était un miracle, comme sa marche sur les eaux[263].

Les témoins eux-mêmes ont écarté par avance la lecture symbolique. La seconde lettre de saint Pierre, lue à la messe du 6 août, affirme : « ce n'est pas en ayant recours à des récits imaginaires sophistiqués que nous vous avons fait connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ, mais c'est pour avoir été les témoins oculaires de sa grandeur » (2 P 1, 16)[264]. Saint Luc note que les apôtres étaient accablés de sommeil, « mais, restant éveillés, ils virent la gloire de Jésus » (Lc 9, 32), et les trois évangélistes situent l'épisode par rapport à des paroles précises, « six jours » ou « environ huit jours » après la profession de foi de Pierre[265][266]. Le Catéchisme le range parmi les événements de la vie publique du Christ, au même titre que son baptême[267].

La présence de Moïse et d'Élie n'est pas une invention littéraire : elle est le signe, dit saint Léon, que « les écrits de l'une et l'autre Alliance se garantissent mutuellement »[268]. L'étude détaillée du récit, de ses détails et des lectures qu'on en a proposées, se trouve dans l'article La Transfiguration.

Objection 4 — « Lumière créée ou incréée : l'Orient et l'Occident se contredisent »

L'objection. Au XIVᵉ siècle, la lumière du Thabor a fait l'objet d'un grand débat dans l'Église byzantine. Contre le moine Barlaam, Grégoire Palamas, archevêque de Thessalonique, enseignait que cette lumière n'était pas un phénomène créé, mais une manifestation réelle de la divinité, une « énergie » divine incréée, distincte de l'essence de Dieu, qui reste inaccessible ; les synodes de Constantinople de 1341 et de 1351 lui donnèrent raison, et un autre synode le proclama en 1368 Père et docteur de l'Église[269]. Saint Thomas, lui, parle d'une clarté passant dans le corps du Christ « comme lorsque l'air est illuminé par le soleil »[270]. Le même jour, les deux Églises célébreraient donc deux choses différentes, et la fête diviserait les chrétiens plus qu'elle ne les unit.

Réponse. Sur le fait, les deux traditions disent la même chose : ce que les apôtres ont vu est la gloire divine du Fils. Saint Thomas parle de la clarté « de la gloire », qui dérive « de la divinité » du Christ, selon saint Jean Damascène ; le Catéchisme dit que Jésus montre « sa gloire divine » ; le kondakion byzantin, qu'il cite, chante le Christ « vraiment le rayonnement du Père »[271][272]. La différence porte sur l'explication théologique : Palamas distingue réellement en Dieu l'essence et les énergies, distinction que la théologie latine n'a pas reçue, tandis que Thomas s'attache à la manière dont cette gloire s'est rendue visible dans un corps encore mortel[273][274].

Cette différence d'école n'a jamais empêché l'Église catholique de prier avec les mots de l'Orient. Le Catéchisme fait sien le kondakion de la fête[275]. Dans sa lettre Orientale Lumen sur les Églises d'Orient, saint Jean-Paul II présente avec admiration leur doctrine de la divinisation : « par la puissance de l'Esprit qui demeure dans l'homme, la déification commence déjà sur la terre, la créature est transfigurée et le Royaume de Dieu est inauguré » ; et il voit sur le Thabor « cet homme transformé par l'amour », « l'homme que nous sommes tous appelés à être »[276]. Le deuxième dimanche de Carême, l'Église latine lit chaque année l'évangile de la Transfiguration, tandis que l'Église orthodoxe, qui vénère Palamas comme saint, fait mémoire du théologien de sa lumière : ce jour-là, Orient et Occident regardent la même montagne[277][278]. La question de la lumière incréée est exposée plus largement dans l'article Grégoire Palamas, et les rapports entre l'Église catholique et les orthodoxes dans Que dit l'Église sur les orthodoxes ?.

Pour aller plus loin

Articles Ignispedia connexes

Sources principales

  • Missale Romanum, editio typica, 1962 (messe « In Transfiguratione D. N. I. C. ») et 1970 (messe « In Transfiguratione Domini », normes universelles de l'année liturgique et calendrier romain général) ; Lectionnaire romain et Liturgie des Heures, traduction liturgique de l'AELF.
  • Calixte III, bulle Inter divinae dispositionis arcana, 6 août 1457, dans Bullarum, diplomatum et privilegiorum sanctorum Romanorum pontificum Taurinensis editio, t. V, Turin, 1860, p. 133-138.
  • Saint Léon le Grand, sermon 51 sur la Transfiguration (Patrologia Latina, t. 54) ; saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 45 ; Catéchisme de l'Église catholique, n° 554-556 et 568.
  • Venance Grumel, « Sur l'ancienneté de la fête de la Transfiguration », Revue des études byzantines, t. 14, 1956 ; Frederick George Holweck, « Feast of the Transfiguration of Christ », The Catholic Encyclopedia, vol. XV, 1912 ; Ludwig von Pastor, The History of the Popes, vol. II, Londres, 1891.
  • Pie X, rubriques de la constitution Divino afflatu, Acta Apostolicae Sedis 3 (1911).
  • Saint Jean-Paul II, Orientale Lumen (1995), Vita consecrata (1996) et Rosarium Virginis Mariae (2002) ; saint Paul VI, Angélus du 6 août 1978 ; Benoît XVI, Angélus du 6 août 2006 ; François, homélie de Lisbonne, 6 août 2023 ; Léon XIV, Angélus du 1ᵉʳ mars 2026.
  • Paul Geyer (éd.), Itinera Hierosolymitana saeculi IIII-VIII, Vienne, 1898 (pèlerin de Plaisance, Adomnan) ; Custodie de Terre Sainte, fiche du sanctuaire du mont Thabor.
  • Église orthodoxe en Amérique, offices et lectures des 5, 6 et 13 août ; diocèse de l'Est de l'Église arménienne d'Amérique, « Feast of the Transfiguration ».

Notes et références

  1. AELF (Association épiscopale liturgique pour les pays francophones), lectures de la messe du jeudi 6 août 2026, Transfiguration du Seigneur : Dn 7, 9-10.13-14 ou 2 P 1, 16-19 ; Ps 96 (97), 1-2, 4-5, 6.9 ; Mt 17, 1-9, dans la traduction liturgique officielle de la Bible (api.aelf.org, consulté le 3 octobre 2026).

    1 6 37 137 139 140 141 142 143 144 192 257 264
  2. AELF, calendrier liturgique : « Transfiguration du Seigneur », « Fête », degré « Fête du Seigneur », couleur « blanc », année A, pour le 6 août 2026 ; mêmes indications pour le 6 août 2023, 2024 et 2025 (api.aelf.org, consulté le 3 octobre 2026).

    2 13 27 122
  3. Normae universales de anno liturgico et de calendario (Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier), approuvées par saint Paul VI le 14 février 1969 et en vigueur le 1ᵉʳ janvier 1970, n° 13, dans le Missale Romanum, editio typica, Cité du Vatican, 1970 (texte relu sur le fac-similé numérisé, archive.org) ; traduction Ignispedia. Texte original : « Festa intra fines diei naturalis celebrantur; proinde non habent I Vesperas, nisi de festis Domini agatur quae in dominicis “per annum” et temporis Nativitatis occurrunt et pro earum Officio substituuntur ».

    3 21
  4. Catéchisme de l'Église catholique, n° 555 (texte officiel français, vatican.va), citant saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 45, a. 4, ad 2, et le kondakion de la fête de la Transfiguration dans la liturgie byzantine.

    4 45 164 167 168 176 180 185 272 275
  5. AELF, lectures du 2ᵉ dimanche de Carême, année A (5 mars 2023 et 1ᵉʳ mars 2026) : Gn 12, 1-4a ; Ps 32 (33) ; 2 Tm 1, 8b-10 ; Mt 17, 1-9 (api.aelf.org).

    5 34 277
  6. Venance Grumel, « Sur l'ancienneté de la fête de la Transfiguration », Revue des études byzantines, t. 14, 1956, p. 209-210 (DOI 10.3406/rebyz.1956.1143, texte sur persee.fr), à propos de l'édition par André Guillou d'une homélie inédite d'Anastase le Sinaïte, « Le monastère de la Theotocos au Sinaï », Mélanges d'archéologie et d'histoire, t. 67, 1955, p. 217-258.

    7 39 46 64 67 68 69 70 245
  7. Calixte III, bulle Inter divinae dispositionis arcana, Rome, Saint-Pierre, 6 août 1457, dans Bullarum, diplomatum et privilegiorum sanctorum Romanorum pontificum Taurinensis editio, t. V, Turin, Seb. Franco et Henricus Dalmazzo, 1860, Calixte III, constitution VII, p. 133-138 (texte relu sur le fac-similé numérisé, archive.org) ; traduction Ignispedia. Texte original : « huius sacratissimae solemnitatis diem, de fratrum eorumdem consilio, instituimus a cunctis christifidelibus perpetuo celebrandum » ; « videlicet octavo idus augusti, quae est sexta dies eiusdem » ; « Datum Romae apud Sanctum Petrum, anno Incarnationis dominicae millesimo quadringentesimo quinquagesimo septimo, octavo idus augusti, pontificatus nostri anno III ».

    8 42 105 106 115 248
  8. L. von Pastor, ouvr. cité, vol. II, p. 409 et notes : « As a lasting memorial of the victory at Belgrade, and in thanksgiving for the unlooked-for success of the Christian arms, the Pope in the following year decreed that henceforth the Feast of the Transfiguration of our Lord should be solemnly observed throughout Christendom » ; la fête a fait croire à Bonfinius et à Bernino que la victoire avait eu lieu le 6 août, et Gregorovius l'a placée au 9 août, « a date which is contradicted by all the best authorities » ; brefs pour l'application du décret au cardinal Carvajal, à P. Fenollet en Aragon (24 septembre 1457) et à L. Roverella en Allemagne (30 novembre 1457).

    9 104 112
  9. L. von Pastor, ouvr. cité, vol. II, p. 403, note : « The first news of the victory reached Rome on the 6th August ».

    10 102
  10. Paul VI, Angelus Domini, dimanche 6 août 1978, texte italien (vatican.va), note introductive ; traduction Ignispedia. Texte original : « Il Papa è entrato nella pace del Signore alle 21,40 di oggi, domenica 6 agosto, Trasfigurazione del Signore ».

    11 23 215
  11. Missale Romanum ex decreto Sacrosancti Œcumenici Concilii Vaticani II instauratum auctoritate Pauli PP. VI promulgatum, editio typica, Cité du Vatican, Typis Polyglottis Vaticanis, 1970, « Die 6 augusti. In Transfiguratione Domini. Festum », p. 587-588 (texte relu sur le fac-similé numérisé, archive.org).

    12 18 19 126 131
  12. Institutio generalis Missalis Romani (Présentation générale du Missel romain), 1970, n° 31 : le Gloria se dit « diebus dominicis extra tempus Adventus et Quadragesimae, necnon in sollemnitatibus et festis » ; n° 44 : le Credo se dit « diebus dominicis et in sollemnitatibus » (Missale Romanum, 1970).

    14 124
  13. Calixte III, bulle Inter divinae dispositionis arcana (1457), § 5 ; traduction Ignispedia. Texte original : « sacratissimum Transfigurationis huiusmodi festum, quod vulgariter Salvatoris dicitur, sub solemnis duplicis officio, quod una cum praesentibus destinamus, anno quolibet, ut praefertur, celebrent et faciant etiam ab eorum subditis celebrari ».

    15 107
  14. Saint Pie X, Rubricae in recitatione divini officii et in missarum celebratione servandae ad normam Constitutionis Apostolicae « Divino afflatu », titre IX, n° 3, Acta Apostolicae Sedis 3 (1911), p. 646-647 (fac-similé, vatican.va) ; traduction Ignispedia. Texte original : « Quum Sacrosancta Lateranensis Archibasilica omnium Ecclesiarum Urbis et Orbis sit mater et caput, tum ipsius Dedicationis Anniversarium, tum Festum Transfigurationis Domini, quod, praeter magnam Resurrectionis Dominicae sollemnitatem, tamquam Titulare ab ipsa recoli solet, ab universo Clero tam saeculari quam regulari, etiam ab illis qui peculiarem ritum sequuntur, sub ritu Duplici II classis deinceps celebrabitur ».

    16 116 117
  15. Missale Romanum ex decreto SS. Concilii Tridentini restitutum, editio typica 1962, calendrier (6 août : « In Transfiguratione D. N. I. C., II classis. Commemoratio Ss. Xysti II Papae, Felicissimi et Agapiti Mm. ») et messe « In Transfiguratione D. N. I. C. », n° 3269-3281, p. 614-615 : introït Ps 76, 19 et Ps 83, 2-3, épître 2 P 1, 16-19, graduel Ps 44, 3.2, alléluia Sg 7, 26, évangile Mt 17, 1-9, Credo, offertoire Ps 111, 3, secrète, communion Mt 17, 9 et postcommunion (texte relu sur le fac-similé numérisé, archive.org) ; traduction Ignispedia. Textes originaux : « Illuxerunt coruscationes tuae orbi terrae: commota est et contremuit terra » ; « Speciosus forma prae filiis hominum: diffusa est gratia in labiis tuis » ; « Candor est lucis aeternae, speculum sine macula, et imago bonitatis illius » ; « Visionem, quam vidistis, nemini dixeritis, donec a mortuis resurgat Filius hominis » ; « ut sacrosancta Filii tui Transfigurationis mysteria, quae solemni celebramus officio, purificatae mentis intellegentia consequamur ».

    17 50 118 132 157 158 159 160 161 162
  16. Normae universales de anno liturgico et de calendario, 1969, « Tabula dierum liturgicorum secundum ordinem praecedentiae », II, n° 5 : « Festa Domini in calendario generali inscripta » ; n° 6 : « Dominicae temporis Nativitatis et dominicae “per annum” » (Missale Romanum, 1970).

    20 121
  17. Jours de la semaine établis d'après le calendrier grégorien : le 6 août est tombé un dimanche en 1972, 1978, 1989, 1995, 2000, 2006, 2017 et 2023, et tombera un dimanche en 2028 et en 2034 ; année liturgique (A, B ou C) contrôlée sur les calendriers de l'AELF de 2023 à 2026.

    22 28
  18. Benoît XVI, Angélus, Castel Gandolfo, dimanche 6 août 2006, texte français (vatican.va).

    24 217 218
  19. François, homélie de la messe des Journées mondiales de la jeunesse, parc Tejo, Lisbonne, dimanche 6 août 2023, fête de la Transfiguration du Seigneur, texte français (vatican.va).

    25 219 220 221 222 223
  20. AELF, messe du dimanche 6 août 2023, Transfiguration du Seigneur : Dn 7, 9-10.13-14 ; Ps 96 (97) ; 2 P 1, 16-19 ; Mt 17, 1-9 (api.aelf.org).

    26 138
  21. Saint Léon le Grand, sermon 51 (alias 94), « Sive homilia habita sabbato ante secundam Dominicam Quadragesimae, de Evangelio secundum Matthaeum », Patrologia Latina, t. 54, éd. J.-P. Migne d'après les frères Ballerini, Paris, 1846, col. 308-313, avec la note des éditeurs, col. 308 : « Capitularia Evangeliorum […] in quibus Evangelium de Transfiguratione Domini in eo tantum sabbato lectum proditur » (texte relu sur le fac-similé numérisé, archive.org).

    29 30 85 247
  22. Calixte III, bulle Inter divinae dispositionis arcana (1457) ; traduction Ignispedia. Textes originaux : « ut qui Visitationis, et Nivis, ac Purificationis Virginis gloriosae Mariae, et Praesentationis in templo, in qua Salvator noster se filium hominis ostendit, Circumcisionis quoque in qua legalia observavit, ac nonnullas alias novissimis temporibus institutas festivitates sanctorum devote recolimus, digne et hunc sacratissimum diem, in quo se legis et prophetarum Dominum esse, in quo non infirmitatem carnis, sed virtutem glorificationis patefecit… » ; « praeter communem, quam de ipso excellenti miraculo sabbatho primae hebdomadae quadragesimalis ieiunii et sequenti dominica commemorationem universalis facit Ecclesia ».

    31 86 87
  23. Missale Romanum, 1962, samedi des Quatre-Temps de Carême (« II classis, Statio ad S. Petrum ») et IIᵉ dimanche de Carême (« I classis, Statio ad S. Mariam in Domnica »), évangile Mt 17, 1-9, p. 74-80.

    32
  24. Missale Romanum, 1970, IIᵉ dimanche de Carême, préface « De transfiguratione Domini », p. 192-193 ; traduction Ignispedia. Texte original : « Qui, propria morte praenuntiata discipulis, in monte sancto suam eis aperuit claritatem, ut per passionem, etiam lege prophetisque testantibus, ad gloriam resurrectionis perveniri constaret ».

    33
  25. AELF, lectures du 2ᵉ dimanche de Carême, année B (25 février 2024 et 21 février 2027) : Gn 22, 1-2.9-13.15-18 ; Ps 115 ; Rm 8, 31b-34 ; Mc 9, 2-10 (api.aelf.org).

    35
  26. AELF, lectures du 2ᵉ dimanche de Carême, année C (16 mars 2025) : Gn 15, 5-12.17-18 ; Ps 26 ; Ph 3, 17 – 4, 1 ; Lc 9, 28b-36 (api.aelf.org).

    36
  27. La Bible, traduction officielle liturgique (AELF), Mt 17, 1 ; Mc 9, 2 ; Lc 9, 28 ; 2 P 1, 18 (aelf.org).

    38 52 266
  28. Orthodox Church in America, 6 août : « The Holy Transfiguration of our Lord God and Savior Jesus Christ (the Second “Feast of the Savior” in August) », vie, tropaire, kondakion et homélie de Grégoire Palamas (oca.org) ; traduction Ignispedia du tropaire. Texte anglais : « You were transfigured on the mountain, O Christ God, revealing Your glory to Your disciples as far as they could bear it. Let Your everlasting Light also shine upon us sinners, through the prayers of the Theotokos. O Giver of Light, glory to You! ».

    40 47 81 163
  29. Frederick George Holweck, « Feast of the Transfiguration of Christ », The Catholic Encyclopedia, vol. XV, New York, Robert Appleton Company, 1912 (texte sur newadvent.org et Wikisource) ; traduction Ignispedia. Extraits : « The Armenian bishop Gregory Arsharuni (about 690) ascribes the origin of this feast to St. Gregory the Illuminator […] because Christ opened His glory like a rose on Mount Thabor. It is not found however in the two ancient Armenian calendars printed by Conybeare » ; « In the Greek Church it has a vigil and an octave. The Latin Church was slow in adopting this feast; it is not mentioned before 850 […] celebrated mostly on 6 August; in Gaul and England, 27 July; at Meissen, 17 March; at Halberstadt, 3 September » ; « Callixtus himself composed the Office » ; « the pope at Mass uses new wine or presses a bunch of ripe grapes into the chalice […] The Greeks and Russians bless grapes and other fruit ».

    41 43 74 76 77 78 82 83 84 103 108 246 256 260
  30. Rukovodstvo dlia sel'skikh pastyrei (« Manuel pour les pasteurs de campagne »), Kiev, 1893, cité en traduction anglaise par John Sanidopoulos, « Why the Transfiguration is Celebrated on August 6 », johnsanidopoulos.com, 6 août 2012 ; traduction Ignispedia. Extrait : « from August 6 to September 14 is exactly 40 days ».

    44
  31. Orthodox Church in America (Église orthodoxe en Amérique), 1ᵉʳ août : « Procession of the Honorable Wood of the Life-Giving Cross of the Lord (First of the three “Feasts of the Savior” in August) » (oca.org).

    48
  32. Missale Romanum, 1970, « Calendarium Romanum generale », mois d'août : 5, dédicace de la basilique Sainte-Marie-Majeure ; 6, Transfiguration du Seigneur, fête ; 7, saints Xyste II, pape, et ses compagnons, martyrs, et saint Gaétan.

    49 120
  33. Saint Cyprien de Carthage, lettre 80, à Successus, 258 (« Epistle 81 » dans la traduction des Ante-Nicene Fathers, vol. V, sur newadvent.org) ; traduction Ignispedia. Texte anglais : « Xistus was martyred in the cemetery on the eighth day of the Ides of August, and with him four deacons ».

    51 119
  34. Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèses, XII, 16, vers 348-350, trad. française de Jean Grancolas, Paris, Laurent Le Conte, 1715, p. 172-173, avec la note du traducteur : « On ne doutait point à Jérusalem que ce ne fût sur cette montagne que Jésus-Christ s'était transfiguré » ; texte anglais sur newadvent.org (Catechetical Lecture 12, 16).

    53
  35. Saint Jérôme, lettre 108 (Éloge funèbre de sainte Paule), § 13, 404 (texte anglais sur newadvent.org) ; traduction Ignispedia. Texte anglais : « She made the ascent of mount Tabor whereon the Lord was transfigured ».

    54
  36. Antonini Placentini Itinerarium (« Itinéraire du pèlerin de Plaisance »), vers 570, ch. 6, dans Paul Geyer (éd.), Itinera Hierosolymitana saeculi IIII-VIII, Corpus scriptorum ecclesiasticorum latinorum 39, Vienne, F. Tempsky, 1898, p. 161-162 (texte relu sur le fac-similé numérisé, archive.org) ; traduction Ignispedia. Texte original : « De Nazareth uenimus in Tabor monte […] in quo sunt tres basilicas, ubi dictum est a discipulo: Faciamus hic tria tabernacula ».

    55
  37. Adomnan d'Iona, De locis sanctis, II, 27, « De monte Thabor », vers 680-690, récit de l'évêque Arculfe, dans P. Geyer (éd.), ouvr. cité, p. 275 ; traduction Ignispedia. Texte original : « ternae sunt fundatae celebres ecclesiae iuxta illorum tabernaculorum numerum ».

    56
  38. Custodie de Terre Sainte, « Mount Tabor — Basilica of the Transfiguration », fiche du sanctuaire (custodia.org, consulté le 3 octobre 2026) ; traduction Ignispedia. Extrait : « In 1921-24, the Franciscans built the current basilica, in the Syro-Roman style: the first work of the architect Antonio Barluzzi ».

    57 58 59 61
  39. Custodie de Terre Sainte, « A double celebration on Mount Tabor for the Transfiguration of Jesus and the Jubilee of the Centenary of the Basilica », 6 août 2023 (custodia.org) ; traduction Ignispedia. Extrait : « This tradition goes back to Ottoman times, when the friars owned the place but had the right to go there only once a year, for the Transfiguration ».

    60 62
  40. Barnabas Meistermann, « Transfiguration », The Catholic Encyclopedia, vol. XV, New York, Robert Appleton Company, 1912 (texte sur newadvent.org), qui rapporte les témoignages anciens sur le Thabor et discute l'objection selon laquelle l'événement aurait eu lieu sur le mont Hermon.

    63
  41. William Smith (dir.), A Dictionary of Greek and Roman Biography and Mythology, 1890, art. « Anastasius Sinaita » (texte numérisé, Perseus) ; traduction Ignispedia. Texte original : « a presbyter and monk of Mt. Sinai […] lived towards the end of 7th century ».

    65
  42. AELF, liturgie des Heures, office des lectures du 6 août 2026 : hymne « Nous avons quitté » (CFC), psaumes 83, 96 et 98, lecture 2 Co 3, 7-18 ; 4, 1-6, homélie d'Anastase du Sinaï pour la Transfiguration, Te Deum et oraison (api.aelf.org).

    66 148 149 150 151 152 200
  43. Orthodox Church in America, « Icons of the Twelve Great Feasts » (oca.org), liste des douze grandes fêtes, dont « August 6th — The Transfiguration of Our Lord God and Savior Jesus Christ ».

    71
  44. Diocèse de l'Est de l'Église arménienne d'Amérique, « Feast of the Transfiguration » (armenianchurch.us) ; traduction Ignispedia. Extraits : « one of the five principal feasts of the Armenian Church » ; « it is also known as Vartavar (the Festival of Roses) after the old pagan feast, which it replaced » ; « the 14th Sunday after Easter—98 days later—so it is movable within an interval of 35 days, from June 28 to August 1 » ; « The official observance takes three days ».

    72 73 75
  45. Orthodox Church in America, 5 août, « Forefeast of the Transfiguration », tropaire : « Come, you faithful, let us meet the Transfiguration of Christ in advance » (oca.org).

    79
  46. Orthodox Church in America, 13 août, « Leavetaking of the Transfiguration of our Lord » (oca.org).

    80
  47. Calixte III, bulle Inter divinae dispositionis arcana (1457) ; traduction Ignispedia. Texte original : « Castri Belgradi in regno Hungariae ad ripam Danubii situati […] obsidione soluta per crucesignatos et Hungaros, admodum populares quamvis pauciores numero et fere inermes […] sub strenuo vayvoda Ioanne celebris memoriae […] praesente pariter quondam Ioanne de Capistrano, Ordinis Fratrum Minorum professore […] et nomen Christi Iesu […] cum omni populo circumsepto voce unanimi invocante, vexillo quoque sacratissimae Crucis cum magnis clamoribus et lacrimis elevato ad Caelum […] die memorabili beatae Mariae Magdalenae ».

    88 95 100
  48. Ludwig von Pastor, The History of the Popes from the Close of the Middle Ages, vol. II, éd. Frederick Ignatius Antrobus, Londres, John Hodges, 1891, p. 396-397 (texte relu sur le fac-similé numérisé, archive.org) ; traduction Ignispedia. Texte original : « And thus, to use the words of Nicholas Cusa, on the day of St. Mary Magdalen the Cross of Christ triumphed over its enemy » ; Pastor renvoie au sermon de Nicolas de Cues étudié par Scharpff.

    89 96 97 98 99
  49. L. von Pastor, ouvr. cité, vol. II, p. 400-401, d'après Raynaldus, Annales ecclesiastici, année 1456, n° 19-24 : bulle du 29 juin 1456, et « in every church, between noon and vespers, one or more bells should be rung as for the angelus, and three “Our Fathers” and “Hail Marys” recited » ; en note : « The foolish story repeated by Draper and Arago, that Calixtus caused the bells to be rung against the comet which appeared at this time and excommunicated it, is not worthy of refutation ».

    90 91 92 93 94 114 251
  50. L. von Pastor, ouvr. cité, vol. II, p. 406 : une épidémie « carried off the brave Hunyadi on the 11th August » ; « On the 23rd October the aged St. John Capistran followed his companion in arms » ; en note, Capistran « died and was buried at Illok ».

    101
  51. Calixte III, bulle Inter divinae dispositionis arcana (1457) ; traduction Ignispedia. Textes originaux : « haec eadem praesentis diei visio redemptis mortalibus in una eademque persona Deitatis potentiam et veram hominis naturam ostendit: ac in nobis fidei, spei et charitatis dona confirmans, aeternae beatitudinis praestitit cautionem » ; « transfigurationis huiusmodi mysterio, ne in fide deficerent, roborare, ut cuius transfiguratam gloriam vidissent, passionem nequaquam potentia iudaeorum illatam, sed voluntate propria crederent fuisse assumptam ».

    109 169 177 249
  52. Calixte III, bulle Inter divinae dispositionis arcana (1457), § 3 ; traduction Ignispedia. Texte original : « quemadmodum filii Israel, de servitute Aegyptiaca liberati, sempiternum diem celebrem recolentes, Deo laudes reddebant et gratiarum debitas actiones; ita et cuncti populi in hac solemnitate et festivitate praecipua Transfigurationis Domini nostri Iesu Christi recolentes mysteria, miracula ac legis naturae et gratiae totiusque sanctae et individuae Trinitatis testimonia, etiam pro habita victoria, hunc diem laetitiae perpetuis laudibus, obsequiis et gratiarum actionibus […] studeant venerari ac etiam celebrare ».

    110 252
  53. Calixte III, bulle Inter divinae dispositionis arcana (1457), § 4 : cent jours d'indulgence pour la présence aux vêpres, aux matines et à la messe de la veille et de la fête, « in ecclesia, in qua institutum novissime officium celebrabitur », quarante jours pour prime, tierce, sexte, none et complies ; pour l'octave, « et maxime in ecclesiis sub ipsius Salvatoris invocatione fundatis », les indulgences accordées par les prédécesseurs du pape pour l'octave de la Fête-Dieu.

    111
  54. L. von Pastor, ouvr. cité, vol. II, p. 479 : Calixte III mourut « on the evening of the 6th of August, the Feast of the Transfiguration, which he himself had instituted » (1458).

    113
  55. Missale Romanum, 1970, p. 587, antienne d'ouverture (cf. Mt 17, 5) ; traduction Ignispedia. Texte original : « In splendenti nube Spiritus Sanctus visus est, paterna vox audita est: Hic est Filius meus dilectus, in quo mihi bene complacui: ipsum audite ».

    123
  56. Missale Romanum, 1962, n° 3270, oraison de la Transfiguration : « Deus, qui fidei sacramenta in Unigeniti tui gloriosa Transfiguratione patrum testimonio roborasti, et adoptionem filiorum perfectam, voce delapsa in nube lucida, mirabiliter praesignasti: concede propitius; ut ipsius Regis gloriae nos coheredes efficias, et eiusdem gloriae tribuas esse consortes » ; dans le Missel de 1970, la fin devient : « concede nobis famulis tuis, ut, ipsius dilecti Filii tui vocem audientes, eiusdem coheredes effici mereamur ».

    125
  57. AELF, liturgie des Heures du 6 août 2026, oraison de l'office des lectures, des laudes et des vêpres (api.aelf.org).

    127 189 193 254
  58. Missale Romanum, 1970, p. 587, prière sur les offrandes ; traduction Ignispedia. Texte original : « Oblata munera, quaesumus, Domine, gloriosa Unigeniti tui Transfiguratione sanctifica, nosque a peccatorum maculis, splendoribus ipsius illustrationis, emunda ».

    128
  59. Missale Romanum, 1970, p. 588, antienne de communion (1 Jn 3, 2) et prière après la communion ; traduction Ignispedia. Textes originaux : « Cum Christus apparuerit, similes ei erimus, quoniam videbimus eum sicuti est » ; « Caelestia, quaesumus, Domine, alimenta quae sumpsimus in eius nos transforment imaginem, cuius claritatem gloriosa Transfiguratione manifestare voluisti ».

    129 130
  60. Missale Romanum, 1970, p. 587-588, préface de la Transfiguration du Seigneur ; traduction Ignispedia. Texte original : « Qui coram electis testibus suam gloriam revelavit, et communem illam cum ceteris corporis formam maximo splendore perfudit, ut de cordibus discipulorum crucis scandalum tolleretur, et in totius Ecclesiae corpore declararet implendum quod eius mirabiliter praefulsit in capite ».

    133 136 255
  61. Saint Léon le Grand, sermon 51, 3, Patrologia Latina, t. 54, col. 310 ; traduction Ignispedia. Texte original : « In qua transfiguratione illud quidem principaliter agebatur, ut de cordibus discipulorum crucis scandalum tolleretur […] Sed non minore providentia spes sanctae Ecclesiae fundabatur, ut totum corpus Christi agnosceret quali esset commutatione donandum, et eius sibi honoris consortium membra promitterent, qui in capite praefulsisset ».

    134 135
  62. AELF, messe du mardi 6 août 2024, Transfiguration du Seigneur, année B : évangile Mc 9, 2-10 (api.aelf.org).

    145 258
  63. AELF, messe du mercredi 6 août 2025, Transfiguration du Seigneur, année C : évangile Lc 9, 28b-36 (api.aelf.org).

    146 186 259 265
  64. AELF, laudes du 6 août 2026 : antienne invitatoire, hymne « Ô toi dont le chant éclaire » (CFC), antiennes des psaumes, lecture brève Ap 21, 10.23, antienne du Benedictus et intercessions (api.aelf.org).

    147 153 154 190
  65. AELF, vêpres du 6 août 2026 : hymne « Aujourd'hui, revêtu de lumière » (CFC), psaumes 109 et 120, cantique de 1 Tm 3, 16 et antienne du Magnificat (api.aelf.org).

    155 156
  66. Grégoire Palamas, homélie sur la sainte Transfiguration de notre Seigneur, Dieu et Sauveur Jésus-Christ, traduction anglaise publiée par l'Église orthodoxe en Amérique pour le 6 août (oca.org) ; traduction Ignispedia. Texte anglais : « the great vision of the Light of the Transfiguration of the Lord is the mystery of the Eighth Day, i.e., of the future age, coming to be revealed after the passing away of the world created in six days ».

    165 166
  67. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 45, a. 2, réponse ; traduction Ignispedia. Texte original : « claritas illa quam Christus in transfiguratione assumpsit, fuit claritas gloriae quantum ad essentiam, non tamen quantum ad modum essendi […] Quod enim a principio conceptionis Christi gloria animae non redundaret ad corpus, ex quadam dispensatione divina factum est, ut in corpore passibili nostrae redemptionis expleret mysteria […] ad corpus Christi in transfiguratione derivata est claritas a divinitate et anima eius, non per modum qualitatis immanentis et afficientis ipsum corpus, sed magis per modum passionis transeuntis, sicut cum aer illuminatur a sole. Unde ille fulgor tunc in corpore Christi apparens miraculosus fuit, sicut et hoc ipsum quod ambulavit super undas maris ».

    170 171 172 173 263 270 271 274
  68. Catéchisme de l'Église catholique, n° 568 (« En bref »), renvoyant à saint Léon le Grand, sermon 51, 3 (Patrologia Latina, t. 54, col. 310C).

    174 202
  69. Saint Léon le Grand, sermon 51 sur la Transfiguration, traduction de la liturgie des Heures (AELF), office des lectures du IIᵉ dimanche de Carême, 1ᵉʳ mars 2026 (api.aelf.org).

    175 187 188 194 268
  70. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 45, a. 1, réponse (texte latin et traduction anglaise, isidore.co et newadvent.org) ; traduction Ignispedia. Texte original : « Oportet autem ad hoc quod aliquis directe procedat in via, quod finem aliqualiter praecognoscat, sicut sagittator non recte iaciet sagittam nisi prius signum prospexerit in quod iaciendum est […] Et hoc praecipue necessarium est quando via est difficilis et aspera, et iter laboriosum, finis vero iucundus » ; et, citant Bède sur saint Marc : « pia provisione factum est ut, contemplatione semper manentis gaudii ad breve tempus delibata, fortius adversa tolerarent ».

    178 179
  71. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 45, a. 4, ad 2 ; traduction Ignispedia. Texte original : « sicut in Baptismo, ubi declaratum fuit mysterium primae regenerationis, ostensa est operatio totius Trinitatis […] ita etiam in transfiguratione, quae est sacramentum secundae regenerationis, tota Trinitas apparuit, pater in voce, filius in homine, spiritus sanctus in nube clara; quia sicut in Baptismo dat innocentiam, quae per simplicitatem columbae designatur, ita in resurrectione dabit electis suis claritatem gloriae et refrigerium ab omni malo, quae designantur in nube lucida ».

    181 182
  72. Calixte III, bulle Inter divinae dispositionis arcana (1457) ; traduction Ignispedia. Texte original : « totiusque Trinitatis testimonium in hunc diem concurrit, Pater intonans, Filius splendens, Spiritus Sanctus in nube protegens et illustrans ».

    183 250
  73. Léon XIV, Angélus, place Saint-Pierre, IIᵉ dimanche de Carême, 1ᵉʳ mars 2026. Les propos du pape sont rendus ici en paraphrase : le texte officiel français n'a pas pu être collationné en séance ; l'Angélus est attesté par les comptes rendus (Vatican News, Catholic.net).

    184 191 224 225 226 227
  74. Saint Jean-Paul II, lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, 16 octobre 2002, n° 21, « Mystères lumineux », texte français (vatican.va).

    195 203 205
  75. Catéchisme de l'Église catholique, n° 556 (texte officiel français, vatican.va), citant saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 45, a. 4, ad 2, Ph 3, 21, Ac 14, 22, et saint Augustin, sermon 78, 6 (Patrologia Latina, t. 38, col. 492-493).

    196 197 198 228 267
  76. Paul VI, texte composé pour l'Angélus du dimanche 6 août 1978, « qu'il n'a pu prononcer selon son désir, en présence des pèlerins à Castel Gandolfo, retenu par sa maladie », texte français (vatican.va).

    199 214 216
  77. Calixte III, bulle Inter divinae dispositionis arcana (1457) ; traduction Ignispedia. Texte original : « Christus enim est caput nostrum et vestimenta alba quae signant corpus eius mysticum, quod est universalis Ecclesia; fulgebunt enim iusti sicut sol in conspectu Dei: tunc denique patebit Transfigurationis mysterium ».

    201
  78. Saint Jean-Paul II, lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, n° 38 : « le jeudi reste opportunément libre pour la méditation des mystères lumineux » (vatican.va).

    204
  79. Saint Jean-Paul II, lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, 16 octobre 2002, n° 9, « Un visage resplendissant comme le soleil », texte français (vatican.va).

    206 207
  80. Saint Jean-Paul II, exhortation apostolique post-synodale Vita consecrata, 25 mars 1996, n° 14, texte français (vatican.va).

    208 209
  81. Saint Jean-Paul II, Vita consecrata, n° 15 (vatican.va).

    210 211
  82. Saint Jean-Paul II, Vita consecrata, n° 23, « Du Thabor au Calvaire » (vatican.va).

    212
  83. Saint Paul VI, encyclique Ecclesiam suam, signée « du Vatican, le 6 août 1964, en la fête de la Transfiguration de Notre-Seigneur Jésus-Christ », texte français (vatican.va).

    213
  84. Carmes de Paris, retraite en ligne du Carmel, Carême 2025, « Thérèse de Lisieux et le mystère pascal », deuxième semaine (carmes-paris.org) : la confrérie de la Sainte Face « pour laquelle la fête de la Transfiguration était majeure », l'inscription de Louis Martin et de quatre de ses filles le 26 avril 1885, et la consécration du 6 août 1896, avec la préface tirée de saint Jean de la Croix (Cantique spirituel, annotation de la strophe 29).

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  85. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face, consécration à la Sainte Face, composée pour la fête de la Transfiguration, 6 août 1896, et signée par sœur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face, sœur Marie de la Trinité et de la Sainte Face et sœur Geneviève de Sainte-Thérèse Marie de la Sainte Face ; texte intégral reproduit par les Carmes de Paris dans la retraite citée.

    232 233
  86. Sainte Faustine Kowalska, Petit Journal, § 1487, « Conversation entre le Dieu de Miséricorde et l'âme aspirant à la perfection », traduction française.

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  87. Sainte Faustine Kowalska, Petit Journal, § 1579, traduction française.

    237
  88. Gabrielle Bossis, Lui et moi. Œuvre complète, sept volumes réunis par ordre chronologique, Plouisy, Rassemblement à Son Image, 2021, ISBN 978-2-36463-665-1, imprimatur de Mgr Villepelet ; présentation de l'éditeur (premier volume publié en 1948, avec des préfaces du P. Lebreton et de Daniel-Rops).

    238
  89. Gabrielle Bossis, Lui et moi, éd. citée, n° 738, 6 août 1939, « Fête de la Transfiguration. — Le Fresne, à la grand-messe », p. 124.

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  90. Gabrielle Bossis, Lui et moi, éd. citée, n° 1256, 6 août 1942, p. 296.

    240
  91. Gabrielle Bossis, Lui et moi, éd. citée, n° 1710, 6 août 1948, « Transfiguration », p. 542-543.

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  92. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 21, 22 mars 1927 — les effets du soleil de la Volonté Divine lorsqu'il se lève dans l'âme (traduction française « La Volonté Divine — Lumen Luminis », pour usage privé, t. 21, p. 31-32).

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  93. Calixte III, bulle Inter divinae dispositionis arcana (1457), § 5 ; traduction Ignispedia. Texte original : « ut solita clementia Ecclesiae suae universisque fidelibus antedictis assistere et auxiliari dignetur, ac, sublata hostium formidine, illam, quam mundus dare non potest, pacem ac tempora nobis tranquilla concedat ».

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  94. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 45, a. 2, objection 2 et réponse ; traduction Ignispedia. Textes originaux : « dicit Glossa Bedae, idest, glorificationem corporis in imaginaria repraesentatione futurae beatitudinis » ; « illa claritas dicitur imaginaria fuisse, non quin esset vera claritas gloriae, sed quia erat quaedam imago repraesentans illam gloriae perfectionem secundum quam corpus erit gloriosum ».

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  95. Adrian Fortescue, « Hesychasm », The Catholic Encyclopedia, vol. VII, New York, Robert Appleton Company, 1910 (texte sur newadvent.org) : synodes de Constantinople de 1341 et de 1351, synode de 1368 qui « canonized Palamas as a Father and Doctor of the Church » ; « the real distinction between God's essence and operation remains one more principle […] in which the Orthodox differ from Catholics » ; « Gregory Palamas is a saint to them. They keep his feast on the second Sunday of Lent and again on 14 November ».

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  96. Saint Jean-Paul II, lettre apostolique Orientale Lumen, 2 mai 1995, n° 6, 11 et 15, texte français (vatican.va).

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