Le passage de la volonté propre à la Volonté de Dieu

La conversion intérieure par laquelle l'âme cesse de chercher son propre vouloir pour se laisser conduire en tout par la Volonté de Dieu — au cœur de la vie spirituelle catholique, du Notre Père aux mystiques modernes.

Ignispedia

Le passage de la volonté propre à la Volonté de Dieu est, selon la tradition spirituelle catholique, le cœur même de la vie chrétienne. Toute la vie spirituelle, des Évangiles aux mystiques contemporains, peut se résumer à ce mouvement unique : laisser mourir en nous la volonté coupée de Dieu pour laisser naître la Volonté divine, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus qu'une seule volonté entre l'âme et son Créateur.

Cette doctrine n'est pas une invention récente. Elle est inscrite dans le Notre Père (« que ta volonté soit faite »), vécue par le Christ à Gethsémani, prêchée par saint Paul (« ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi »), formulée par saint Augustin, méditée par saint Bernard, ramassée par saint Alphonse de Liguori : toute la perfection consiste à aimer Dieu en unissant notre volonté à la sienne.

Au XXᵉ siècle, la Servante de Dieu Luisa Piccarreta (1865-1947), mystique italienne, reprend cette tradition et la pousse à son comble : la sainteté véritable n'est pas la succession de bons actes — elle est l'acte continu de la Divine Volonté agissant dans l'âme, sans interruption, comme une vie. C'est ce qu'elle appelle la vie dans la Divine Volonté.

Cet article expose la nature de ce passage, ses racines bibliques et patristiques, les grandes voix de la tradition spirituelle, et la lumière particulière apportée par les écrits de Luisa Piccarreta sur l'acte continu et la Divine Volonté comme nourriture de l'âme.

Trois degrés de vie en l'homme : situer la vie spirituelle

Infographie originale — les trois degrés de vie dans la tradition philosophique reprise par saint Thomas. Créée par IA.

Avant de parler du passage de la volonté propre à la Volonté de Dieu, il faut savoir où ce passage se joue. Il se joue dans la partie la plus haute de l'homme : sa vie spirituelle. Mais cette vie spirituelle ne se comprend qu'en la situant par rapport aux autres dimensions du vivant.

La distinction d'Aristote, reprise par saint Thomas

Aristote, dans son De anima, distingue dans tout être vivant trois grands degrés de vie : la vie végétative, commune aux plantes ; la vie sensitive, commune aux animaux ; et la vie intellective ou rationnelle, propre à l'homme[1]. Cette tripartition, loin d'être une curiosité antique, a été assumée par saint Thomas d'Aquin qui la reprend dans la Somme théologique comme cadre fondamental pour penser l'homme[2].

Saint Thomas, à la suite d'Aristote, distingue trois degrés d'opération vitale : végétative (la croissance), sensitive (la sensation), intellective (l'intellection)[3].

L'homme n'est pas seulement un corps qui respire et se nourrit (vie végétative), ni seulement un animal qui ressent (vie sensitive) : il est un esprit incarné, capable de connaître par la raison et de vouloir librement. C'est cette vie spirituelle, cachée à l'intérieur, que la tradition appelle aussi la vie intérieure.

Le primat de la vie spirituelle sans mépris du corps

Le Catéchisme rappelle que l'homme est « corps et âme, mais vraiment un »[4] : ces trois dimensions n'existent pas en parallèle comme trois compartiments isolés ; elles sont unifiées par l'âme spirituelle qui en est le principe vital. Cette unité a une hiérarchie : la vie spirituelle est de très loin la plus importante, car c'est par elle que l'homme rejoint Dieu pour l'éternité. C'est cette priorité que le Christ lui-même grave dans la conscience de ses disciples :

« Ne vous faites donc pas tant de souci ; ne dites pas : "Qu'allons-nous manger ?" […] Tout cela, les païens le recherchent. Mais votre Père céleste sait que vous en avez besoin. Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. » — Évangile selon saint Matthieu 6, 31-33[5]

Ailleurs, Jésus avertit que la peur la plus juste n'est pas celle pour le corps, mais pour l'âme : « Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l'âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l'âme aussi bien que le corps » (Mt 10, 28)[6]. Et saint Paul commande de viser plus haut : « Recherchez les réalités d'en haut : c'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d'en haut, non à celles de la terre » (Col 3, 1-2)[7].

Le primat de la vie spirituelle n'est cependant pas un mépris du corps ni de la psychologie. Saint Thomas le souligne : la vie spirituelle assume et oriente les deux autres degrés sans les abolir[8]. Les saints maîtres de la vie intérieure sont unanimes à dénoncer le faux spiritualisme qui prétendrait nier le corps ou les émotions au nom de l'âme. Une dépression n'est pas vaincue par la seule prière, ni une maladie corporelle par le seul jeûne. Le directeur spirituel renvoie au psychologue ou au médecin quand c'est nécessaire, sans pour autant cesser de rappeler que la vie de l'âme reste la chose qui compte le plus.

La volonté, sommet et racine

Cette vie intérieure n'est pas une vague émotion religieuse. Elle a un siège précis : la volonté, située dans la partie la plus haute de l'âme[9]. La volonté est à la fois le sommet (parce qu'elle commande tout) et la racine (parce que toute notre activité libre en jaillit). Saint Thomas y revient longuement dans la Somme : c'est par la volonté que nous aimons ou refusons Dieu, et c'est par elle que nous nous unissons à lui ou nous en séparons.

Saint Thomas précise que la dilection — l'amour accompagné d'un choix — ne se trouve pas dans l'appétit sensible, mais seulement dans la volonté[10].

C'est donc la volonté qui dirige notre vie spirituelle, et à travers elle, l'ensemble de notre vie psychologique et corporelle. Mais — et c'est tout le drame — la volonté humaine, blessée par le péché originel, ne sait plus naturellement vouloir ce que Dieu veut[11]. Elle veut son propre bien, son propre confort, sa propre gloire. C'est cette volonté désordonnée, repliée sur elle-même, que la tradition appelle la volonté propre.

Volonté propre et Volonté de Dieu : la distinction décisive

Qu'est-ce que la volonté propre ?

Dès la naissance, dès la conscience qui s'éveille, l'homme passe ses journées à vouloir : se lever, manger, parler, choisir, refuser, désirer. Des milliers d'actes de volonté se succèdent à chaque heure. Et par défaut — c'est-à-dire à cause de la blessure originelle — la presque totalité de ces actes sont commandés par notre propre vouloir, sans même que nous nous interrogions sur celui de Dieu. Voilà ce que les auteurs spirituels appellent la vie de la volonté propre.

Une vie, par définition, est ce qui dure de manière continue : la respiration, les battements du cœur, le métabolisme. De même, la vie de la volonté propre est une succession ininterrompue de petits actes, qui forment ensemble une véritable existence — non pas neutre, mais marquée par l'ego comme centre de gravité.

Le combat décrit par saint Paul

Saint Paul a décrit ce combat intérieur avec une précision saisissante, dans un passage que tous les directeurs spirituels reprennent :

« En effet, ma façon d'agir, je ne la comprends pas, car ce que je voudrais, cela, je ne le réalise pas ; mais ce que je déteste, c'est cela que je fais. […] Je sais que le bien n'habite pas en moi, c'est-à-dire dans l'être de chair que je suis. En effet, ce qui est à ma portée, c'est de vouloir le bien, mais pas de l'accomplir. Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas. » — Saint Paul, Épître aux Romains 7, 15-19[12]

L'expérience est universelle : nous voulons le bien dans le secret du cœur, et nous faisons souvent l'inverse. Cette dualité n'est pas une simple faiblesse psychologique ; elle est la marque d'une volonté blessée qui doit être guérie, réorientée, transfigurée. C'est exactement le travail de la grâce.

Saint Augustin : « deux volontés en moi »

Saint Augustin analyse dans les Confessions la division intérieure de la volonté. Philippe de Champaigne, domaine public, Wikimedia Commons.

Augustin, dans ses Confessions, a peut-être donné l'analyse la plus pénétrante de cette dualité. Au moment de sa conversion, juste avant la scène fameuse du jardin de Milan, il décrit la lutte intérieure qui le déchire :

« Deux volontés étaient en moi, l'une ancienne, l'autre nouvelle ; l'une charnelle, l'autre spirituelle, et leur conflit déchirait mon âme. » — Saint Augustin, Confessions VIII, 5, 10[13]

Le combat ne se livre donc pas seulement entre Dieu et le diable, ou entre l'âme et le corps : il se livre dans la volonté elle-même, divisée contre elle-même. Et la victoire, pour Augustin, n'est jamais arrachée par la seule force humaine — elle est donnée par la grâce qui guérit la volonté[14].

La Volonté de Dieu : signifiée et de bon plaisir

Schéma explicatif — volonté signifiée et volonté de bon plaisir selon saint François de Sales. Créée par IA.

À cette volonté propre s'oppose la Volonté de Dieu. Mais qu'entend-on au juste par cette expression ? Saint François de Sales, dans son Traité de l'amour de Dieu, a fourni la distinction la plus utile pour la vie spirituelle quotidienne : il distingue la volonté signifiée et la volonté de bon plaisir[15].

  • La volonté signifiée est ce que Dieu nous fait connaître qu'il veut de nous : les commandements, les conseils évangéliques, les inspirations de la grâce, les devoirs d'état. C'est connaissable, donc aimable et exécutable.
  • La volonté de bon plaisir est ce que Dieu permet ou dispose dans notre vie sans nous l'avoir d'abord signifié : une maladie, un échec, un deuil, une joie inattendue. Devant elle, l'âme ne sait pas toujours pourquoi — mais elle est invitée à un acte d'abandon confiant.

La règle de Sales tient en deux mots : à la volonté signifiée, l'obéissance ; à la volonté de bon plaisir, la résignation confiante[16].

Cette distinction est précieuse : elle empêche le faux abandon qui justifierait le péché (« Dieu voulait peut-être que je commette cette faute » — non, Dieu ne veut jamais le mal moral), et elle empêche aussi la révolte stoïcienne qui refuserait les épreuves comme injustes. Devant les commandements, on obéit ; devant les croix permises, on s'abandonne.

« Que ta volonté soit faite » : la prière même du Christ

Le Notre Père comme programme

Le passage de la volonté propre à la Volonté de Dieu n'est pas une invention des spirituels avancés : il est inscrit, mot pour mot, dans la prière que le Christ lui-même a enseignée à ses disciples. Au cœur du Notre Père, après l'adoration et le règne, vient la demande centrale : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel » (Mt 6, 10)[17]. Cette demande n'est pas accessoire : elle exprime le but ultime de toute vie chrétienne.

Le Catéchisme de l'Église catholique le commente avec force :

« C'est dans le Christ, et par sa volonté humaine, que la Volonté du Père a été parfaitement et une fois pour toutes accomplie. Jésus a dit en entrant dans ce monde : "Voici, je viens faire, ô Dieu, ta volonté" (He 10, 7). » — Catéchisme de l'Église catholique, §2824[18]

Gethsémani : « non pas ma volonté »

Andrea Mantegna, L'Agonie au jardin : Gethsémani rend visible la remise parfaite de la volonté humaine du Christ au Père. Domaine public, Wikimedia Commons.

L'instant où ce passage atteint son sommet absolu, c'est Gethsémani. À la veille de la Passion, Jésus, plié sous l'angoisse, prie son Père :

« Père, si tu veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se réalise. » — Évangile selon saint Luc 22, 42[19]

Toute l'histoire du salut tient dans cette phrase. Le premier Adam avait voulu son propre vouloir contre celui de Dieu (« vous serez comme des dieux », Gn 3, 5)[20] : il avait préféré sa volonté propre à la Volonté de Dieu, et toute l'humanité est tombée avec lui. Le second Adam, le Christ, fait le mouvement exactement inverse : il dépose sa volonté humaine — non parce qu'elle est mauvaise, elle est parfaitement bonne — devant la volonté du Père, et tout est sauvé[21].

Toute la vie de Jésus est habitée par ce passage. Il l'annonçait déjà au début de son ministère : « Ma nourriture, c'est de faire la volonté de Celui qui m'a envoyé » (Jn 4, 34)[22]. Il le répétait aux foules : « Je suis descendu du ciel pour faire non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m'a envoyé » (Jn 6, 38)[23]. Et la Lettre aux Hébreux résume toute son existence par cette formule : « Voici, je viens pour faire ta volonté » (He 10, 7)[24].

Faire vivre dans nos volontés ce que le Christ a vécu

C'est exactement ce que Jésus est venu opérer en nous. La vie chrétienne n'est pas l'imitation extérieure de gestes pieux : elle est la reproduction intérieure, dans nos volontés à nous, du passage que le Christ a accompli dans la sienne. Saint Paul l'exprime dans un cri saisissant :

« Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi. » — Saint Paul, Épître aux Galates 2, 20[25]

Le passage de la volonté propre à la Volonté de Dieu, c'est donc la vie même du Christ qui prend la place de notre vie propre. C'est le dépouillement volontaire de notre ego, « lui qui était de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu, mais s'est anéanti » (Ph 2, 6-7)[26].

Le baptême : sépulture de la volonté propre

« Nous avons été mis au tombeau avec lui »

Le baptême plonge sacramentellement dans la mort et la résurrection du Christ. Andrea del Verrocchio et Léonard de Vinci, domaine public, Wikimedia Commons.

La vie chrétienne ne commence pas par un effort moral isolé ; elle commence par un sacrement qui plonge l'âme dans la mort et la résurrection du Christ. Le baptême est, pour la tradition, le fondement de toute la vie chrétienne, le porche de la vie dans l'Esprit[27]. Saint Paul en donne la portée mystique :

« Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c'est à sa mort que nous avons été unis par le baptême. Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle […]. Nous le savons : l'homme ancien qui est en nous a été fixé à la croix avec lui pour que le corps du péché soit réduit à rien, et qu'ainsi nous ne soyons plus esclaves du péché. » — Saint Paul, Épître aux Romains 6, 3-6[28]

Le baptême opère donc, de manière sacramentelle et réelle, la sépulture de la volonté propre. Le vieil homme — l'homme replié sur soi, esclave de ses désirs déréglés — est crucifié. Ce n'est pas une image : c'est un changement réel de notre être, donné par la grâce du sacrement[29].

Mais une mort à reprendre chaque jour

Et pourtant, l'expérience montre que, malgré le baptême, la volonté propre n'est pas morte d'un seul coup. Elle est vaincue dans son principe, mais ses restes sont coriaces. C'est ce que la théologie classique appelle la concupiscence — non plus le péché, mais cette inclination résiduelle au mal qui demeure jusqu'à la mort comme matière de combat et donc de mérite[30].

C'est pourquoi saint Paul prolonge son enseignement sur le baptême par un commandement de chaque jour :

« Car si vous vivez selon la chair, vous allez mourir ; mais si, par l'Esprit, vous tuez les agissements de l'homme pécheur, vous vivrez. » — Saint Paul, Épître aux Romains 8, 13[31]

Le verbe est dur : tuer. Il ne s'agit pas seulement de contenir la volonté propre, ni de la gérer psychologiquement. Il s'agit de la mettre à mort, par la puissance de l'Esprit, pour que la vie de la Volonté divine prenne la place laissée libre. C'est précisément le programme de toute la vie spirituelle.

Pourquoi la croix est un trésor

D'où le paradoxe central que tous les saints ont médité : la croix, comprise comme tout ce qui contrarie notre volonté propre, est en réalité un trésor. Elle réalise, dans la chair de notre vie, ce que le baptême nous a donné dans son principe : la mort du moi.

Saint Jean de la Croix a poussé cette logique à son extrême dans le tableau de la Montée du Mont Carmel :

« Pour parvenir à goûter tout, ne veuille avoir goût en rien. Pour parvenir à posséder tout, ne veuille rien posséder. Pour parvenir à être tout, ne veuille être rien en rien. » — Saint Jean de la Croix, La Montée du Mont Carmel, Livre I, ch. 13[32]

Loin d'un dolorisme malsain, il s'agit d'une logique d'amour : pour que Dieu soit tout, il faut que la volonté propre ne soit plus rien. La croix, en brisant nos refus, ouvre l'espace.

La grande tradition de la conformité

Saint François de Sales a donné la distinction classique entre volonté signifiée et bon plaisir de Dieu. Wikimedia Commons.

Toute la tradition spirituelle catholique a médité ce passage. Avant d'examiner la lumière particulière apportée par Luisa Piccarreta, il faut entendre les grandes voix qui l'ont précédée, car la doctrine de Luisa s'enracine en elles et les prolonge sans les contredire.

Saint Augustin : « qui t'a fait sans toi ne te justifiera pas sans toi »

Pour saint Augustin, la volonté humaine est à la fois blessée et précieuse. Dieu, qui nous a créés sans nous, refuse de nous justifier sans notre consentement libre. La grâce ne supprime jamais la volonté — elle la guérit, l'éclaire, la fortifie, mais elle attend toujours notre fiat[33].

Saint Bernard : les quatre degrés d'amour

Dans son traité De diligendo Deo, saint Bernard de Clairvaux décrit le chemin de la volonté humaine en quatre degrés ascendants[34] :

  1. Aimer soi-même pour soi (l'homme naturel) ;
  2. Aimer Dieu pour soi (l'homme religieux qui voit son intérêt en Dieu) ;
  3. Aimer Dieu pour Dieu (le converti) ;
  4. S'aimer soi-même pour Dieu (le saint, dont la volonté est pleinement épousée à celle de Dieu).

Ce quatrième degré, écrit Bernard, est rarement atteint pleinement dans cette vie, mais il est précisément l'objectif vers lequel tend tout passage de la volonté propre à la Volonté divine.

Saint Alphonse de Liguori : l'union de notre volonté à celle de Dieu

Saint Alphonse de Liguori a résumé la sainteté dans la conformité amoureuse à la Volonté de Dieu. Domaine public, Wikimedia Commons.

Au XVIIIᵉ siècle, saint Alphonse de Liguori a consacré à ce passage un petit traité d'à peine quarante pages, Conformité à la volonté de Dieu (Naples, 1755). Son thème central tient en une phrase devenue célèbre :

« La perfection est fondée tout entière sur l'amour de Dieu : "La charité est le lien de la perfection" ; et le parfait amour de Dieu consiste dans l'union complète de notre volonté avec la sienne. […] Plus on unit sa volonté à la volonté divine, plus grand sera notre amour de Dieu. » — Saint Alphonse de Liguori, Conformité à la volonté de Dieu, ch. 1[35]

Pour Alphonse, toutes les vertus, toutes les pratiques, toutes les pénitences trouvent leur valeur uniquement dans cette conformité. Une seule vertu réalisée contre la volonté de Dieu (par exemple, un jeûne demandé par l'amour-propre alors que l'obéissance demande autre chose) ne vaut rien. Une simple action ordinaire faite pour la volonté de Dieu vaut un trésor.

Sainte Thérèse d'Avila : la septième Demeure

Sainte Thérèse d'Avila décrit la septième Demeure comme une union très profonde des volontés. Fray Juan de la Miseria, domaine public, Wikimedia Commons.

Sainte Thérèse d'Avila, dans Le Château intérieur, décrit le sommet de la vie mystique — la septième Demeure, ou mariage spirituel — comme une union des volontés entre l'âme et Dieu, si étroite qu'elles ne veulent plus qu'une seule chose :

« Ce qui se passe ici dans le mariage spirituel […], c'est que les deux volontés ne font plus qu'une, comme si on jetait une petite goutte d'eau dans la mer : elle ne peut plus en être séparée. » — Sainte Thérèse d'Avila, Le Château intérieur, VIIᵉ Demeure, ch. 2[36]

L'image n'est pas anodine : la goutte ne perd pas son être, mais elle ne peut plus vouloir autre chose que la mer. Ainsi de la volonté humaine quand elle est pleinement passée du règne du moi au règne de Dieu. Thérèse décrit ici le sommet de la conformité à la volonté divine ; elle n'a pas enseigné la vie dans la Divine Volonté telle que Jésus la révèle à Luisa Piccarreta — son image en marque le faîte dans la tradition, non le don nouveau.

Sainte Thérèse de Lisieux : « je veux ce que vous voulez »

Sainte Thérèse de Lisieux exprime la conformité par le désir simple : vouloir ce que Dieu veut. Wikimedia Commons.

Quatre siècles plus tard, sainte Thérèse de Lisieux redit la même chose avec la simplicité de la petite voie : être petit, et donc se laisser totalement vouloir par Dieu. Dans le Manuscrit B, elle écrit :

« Je sens en moi d'autres vocations encore, je me sens la vocation de guerrier, de prêtre, d'apôtre, de docteur, de martyr ; enfin, je sens le besoin […] d'accomplir pour vous les actions les plus héroïques… […] Ô Jésus, mon Amour, ma vocation, enfin je l'ai trouvée, ma vocation, c'est l'amour ! » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrits autobiographiques, Manuscrit B[37]

Sa formule la plus dépouillée, recueillie quelques semaines avant sa mort, ramasse toute la doctrine en quelques mots :

« Je ne désire pas plus mourir que vivre ; c'est-à-dire que, si j'avais à choisir, j'aimerais mieux mourir ; mais, puisque c'est le bon Dieu qui choisit pour moi, j'aime mieux ce qu'il veut. C'est ce qu'il fait que j'aime. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Derniers entretiens (Cahier jaune), 27 mai 1897[38]

Caussade et Lehodey : le saint abandon

Au XVIIIᵉ siècle, le jésuite Jean-Pierre de Caussade a synthétisé la doctrine de l'abandon dans un traité posthume désormais classique, L'abandon à la divine Providence. Sa thèse : chaque moment présent porte en lui-même la volonté de Dieu sous la forme d'un sacrement caché, qu'il suffit d'accueillir, sans calcul ni anticipation[39].

Au début du XXᵉ siècle, le trappiste Dom Vital Lehodey a repris et précisé cette doctrine dans un manuel devenu standard, Le Saint Abandon (1919). Il y insiste sur la distinction entre résignation passive (subir Dieu comme un sort) et abandon actif (vouloir positivement ce que Dieu veut, à mesure qu'il se révèle)[40]. L'abandon véritable n'est pas une démission de la volonté ; il est l'acte le plus élevé de la volonté qui choisit librement la volonté divine.

Toute cette tradition — d'Augustin à Lehodey en passant par Bernard, Alphonse, Thérèse d'Avila, François de Sales, Jean de la Croix, Thérèse de Lisieux, Caussade — converge vers un seul point : la conformité de notre volonté à celle de Dieu est le cœur de la sainteté.

L'acte continu : la sainteté comme vie, non comme sursaut

La sainteté est une succession d'actes

Schéma explicatif — des bons actes successifs à l'acte continu de la Divine Volonté. Créée par IA.

Le Concile de Trente a rappelé contre Luther que la justification n'est pas un fait isolé, mais un état dynamique où l'âme croît par la grâce et les actes vertueux[41]. Saint Thomas l'avait déjà dit : la vertu est un habitus, c'est-à-dire une disposition stable acquise par la répétition d'actes bons[42]. Personne ne devient courageux par un seul acte de courage : il faut la suite des actes pour que la disposition s'imprime dans l'âme.

C'est exactement ce que Jésus enseigne à Luisa Piccarreta :

« La sainteté n'est pas réalisée par un seul acte, mais par la succession de nombreux actes. Un seul acte ne forme ni la sainteté ni la perversité. Sans la succession des actes, les vraies couleurs de la sainteté ou de la perversité sont absentes et on ne peut juger ni de l'une ni de l'autre. Ce qui fait briller la sainteté et en constitue le sceau est la succession de bons actes. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 17, 25 juillet 1924[43]

La comparaison qu'il donne est limpide : « Personne ne peut dire qu'il est riche parce qu'il possède un sou, mais seulement s'il possède beaucoup de biens […]. La sainteté est le résultat de beaucoup de bons actes, de sacrifices, d'actes héroïques. »[44]

« La Volonté suprême est un acte continu »

Et pourtant, Jésus pousse plus loin. La sainteté ordinaire — celle des saints conformés à la Volonté de Dieu — connaît encore des intermittences. Mais quand l'âme est introduite dans la vie même de la Divine Volonté, l'acte devient continu, parce qu'il est associé à l'acte continu de Dieu lui-même :

« La Volonté suprême est un acte continu. […] La sainteté dans ma Volonté, quant à elle, ne connaît pas d'intermittences. Elle est associée à l'acte continu de l'éternelle Volonté. Celle-ci est toujours agissante, toujours triomphante, aime toujours et ne s'arrête jamais. La sainteté dans ma Volonté pose dans l'âme l'empreinte de l'acte continu du Créateur, son amour continuel et la préservation continuelle de toutes les choses qu'il a créées. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 17, 25 juillet 1924[45]

Le P. Joseph Iannuzzi, dans sa thèse doctorale soutenue à l'Université Pontificale Grégorienne en 2012, a fait de ce point la clé herméneutique de toute l'œuvre de Luisa : la distinction entre faire la Volonté de Dieu (conformité, propre à la sainteté ordinaire) et vivre dans la Divine Volonté (une union vivante et continue, propre à cette sainteté toute nouvelle où c'est Dieu lui-même qui vit et agit dans l'âme)[46].

Luisa Piccarreta (1865-1947), mystique italienne liée au thème de la vie dans la Divine Volonté. Image patrimoniale locale déjà utilisée dans Ignispedia.

Le P. Iannuzzi résume cette distinction ainsi : vivre dans la Divine Volonté, ce n'est pas seulement exécuter la Volonté de Dieu, c'est laisser la Divine Volonté agir elle-même continuellement dans l'âme, comme un acte unique et permanent[47].

L'amour qui fait mourir et revivre

Cet acte continu n'est pas une mécanique froide : c'est une dynamique d'amour, où Jésus lui-même meurt et revit sans cesse pour donner sa vie à l'âme. La même page du Livre du Ciel l'exprime dans des termes saisissants :

« Ma fille, mon Amour pour les créatures me fait mourir à chaque instant. La nature du véritable Amour est de faire mourir et revenir à la vie continuellement pour l'être aimé. En voulant une personne pour soi-même, l'amour fait éprouver la mort. […] Mais, plus fort que la mort, ce même amour donne la vie au même instant qu'il donne la mort. […] Toi aussi tu peux mourir par amour pour moi, qui sait combien de fois, peut-être à chaque instant. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 14, 21 février 1922[48]

Le passage de la volonté propre à la Volonté de Dieu n'est donc pas un exploit unique à réussir une fois pour toutes : c'est une respiration continue où, à chaque instant, l'âme meurt à elle-même pour renaître en Dieu, et meurt encore pour renaître encore.

La Divine Volonté, nourriture de l'âme

Sans actes nouveaux, la vie divine s'étiole

Si la vie spirituelle est une véritable vie, elle a besoin d'être nourrie. Pour un corps, sans nourriture, la mort vient ; pour la vie de la Divine Volonté en nous, sans actes posés dans cette Volonté, elle s'anémie. Jésus l'explique à Luisa :

« Ma fille, tu dois savoir qu'en te disposant à faire tes actes dans ma Divine Volonté, Elle reste conçue dans ton acte. En le faisant tu Lui donnes le champ libre pour former sa Vie dans l'acte que tu accomplis. Tes nouveaux actes servent de nourriture à ceux déjà accomplis. […] D'actes nouveaux sont nécessaires parce qu'ils servent à maintenir son air divin, son souffle continuel, ses battements ininterrompus et la nourriture pour faire grandir ma propre Volonté dans la créature. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 29, 7 septembre 1931[49]

La logique est limpide : la Divine Volonté est une Vie en nous, et toute vie demande air, battements, nourriture. Sans actes nouveaux, le souffle s'arrête.

Une nourriture toujours disponible

Mais cette nourriture, à la différence de celle du corps, est offerte à profusion, sans limite et sans danger :

« Tel qu'il a été établi par la Sagesse éternelle, l'âme a elle aussi besoin de nourriture. La Divine Volonté est pour elle une nourriture délicieuse. Cette nourriture la rend forte dans la recherche du bien et débordante d'amour pour son Dieu. Elle remplit l'âme de vivacité, la poussant à croître dans toutes les vertus, à entreprendre de nouvelles œuvres et à faire de grands sacrifices. […] De plus, cette nourriture est disponible à chaque instant, à chaque respiration, jour et nuit, en toute chose, autant de fois qu'on le désire. Contrairement à ce qu'il en est pour la nourriture corporelle, on n'a pas à craindre que si on en prend trop, on puisse être incommodé. Tout au contraire, plus on en prend, plus on est fortifié et plus on croît dans la ressemblance avec son Créateur. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 18, 17 octobre 1925[50]

L'âme qui s'en prive volontairement, ajoute Jésus, « mérite condamnation, puisqu'elle rejette un aliment qui lui donne vie et qui lui est offert gratuitement »[51]. Cet écho à l'avertissement de saint Jean-Baptiste devant les pharisiens (Mt 3, 7-10) et à la parabole du festin (Lc 14, 16-24) montre que la doctrine de Luisa s'inscrit, sans rupture, dans la grande logique évangélique du don gratuitement offert et librement refusé.

Volonté humaine séparée de Dieu : la mer immobile

Pour faire sentir le contraste entre une volonté unie à Dieu et une volonté isolée en elle-même, Jésus utilise dans le Livre du Ciel deux images puissantes que la même page enchaîne : la mer et le corps humain. Toutes deux disent la même vérité sur ce que nous sommes : une volonté coupée de Dieu n'est pas une volonté libre, c'est une volonté qui se décompose.

L'image de la mer immobile

Le mouvement de la mer, perpétuel, est ce qui garde ses eaux pures. Le murmure de la Volonté divine en nous joue exactement ce rôle vital.

« Ma fille, la volonté humaine est en elle-même répugnante. Mais unie à la Volonté divine, c'est la plus belle chose que Dieu ait créée. […] Unie à la nôtre, la volonté humaine avait le mouvement continuel du Bien, de la Lumière, de la Sainteté, de la Beauté. Et, avec notre mouvement continuel qui jamais ne cesse, elle était le plus grand prodige de la Création. Notre mouvement la purifiait de toute trace de souillure. C'était comme pour le mouvement de la mer qui, grâce à son murmure et à son mouvement perpétuel, garde ses eaux pures et cristallines. Oh ! si les eaux de la mer étaient immobiles, elles perdraient leur pureté et elles se rendraient si répugnantes que personne ne voudrait les regarder. […] Il en est ainsi de la volonté humaine qui, plus encore que la mer, si le mouvement divin murmure en elle, reste belle et pure alors que tous les maux demeurent enfouis et sans vie. Par contre, si ma Volonté ne murmure pas dans la volonté humaine et ne constitue pas son premier mouvement, tous les maux reprennent vie et font de la plus belle chose que Dieu ait créée la créature la plus horrible. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 23, 31 janvier 1928[52]

L'image du corps sans l'âme

La même page enchaîne sur une comparaison encore plus existentielle : celle du corps humain séparé de l'âme.

« La nature humaine est une autre image : unie à l'âme, elle est belle. Elle voit, ressent, marche, œuvre, parle et ne sent pas mauvais. Mais sans union avec l'âme, la nature humaine se putréfie, pue horriblement et devient horrible à voir. […] Tel était le cas de ma Volonté placée dans la volonté humaine, semblable à l'âme dont elle devait recevoir la Vie, le murmure continuel. C'est pourquoi, tant que la volonté humaine demeure unie à ma Volonté, elle est un prodige de vie et de beauté. Séparée de ma Volonté, elle perd ses jambes, ses mains, sa parole, sa vue, sa chaleur et sa vie. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 23, 31 janvier 1928[53]

Ces images ne sont pas de simples métaphores poétiques : elles disent une vérité sur l'être même de la volonté. La volonté humaine est faite pour être habitée par la Volonté divine ; coupée d'elle, elle ne se réalise pas — elle se décompose. Voilà pourquoi le passage de la volonté propre à la Volonté de Dieu n'est jamais un appauvrissement de l'homme : c'est sa véritable beauté qui lui est rendue.

Comment commencer concrètement

Synthèse pratique — quatre exercices quotidiens pour passer de la volonté propre à la Volonté de Dieu. Créée par IA.

La doctrine est claire ; l'application demande du temps. Voici comment, très concrètement, la tradition spirituelle invite l'âme à entrer dans ce passage. Aucune de ces pratiques n'est exotique ; toutes appartiennent au patrimoine commun de l'Église.

Reconnaître chaque acte avant de l'accomplir

Le premier travail est un travail de conscience. La plupart de nos actes sont accomplis sans même que nous nous demandions s'ils sont voulus par Dieu. La conformité commence par une simple question, posée mentalement à intervalles réguliers : « Cet acte que je m'apprête à faire — Dieu le veut-il ? » Cette question ne suppose pas un discernement compliqué ; pour 95 % des actes ordinaires (faire son travail, parler à un proche, prier, manger), la réponse est oui, c'est conforme à sa volonté signifiée[54]. Pour le reste, la question oblige à choisir — et c'est déjà un acte spirituel.

Prier le Notre Père comme un acte de transfert

Le Notre Père, dit lentement et consciemment, est l'acte le plus court et le plus puissant de transfert de la volonté propre vers la Volonté de Dieu. La demande « que ta volonté soit faite » doit être faite avec un acte réel d'adhésion intérieure, pas seulement comme une formule récitée. Sainte Thérèse d'Avila lui consacrait plusieurs chapitres entiers dans son Chemin de la perfection[55].

Accueillir les contrariétés comme un don

Tout ce qui contrarie la volonté propre — un retard, une critique, un échec, une maladie — est, selon la doctrine de saint François de Sales, une occasion de volonté de bon plaisir offerte par Dieu. L'âme qui s'en saisit à mesure qu'elles arrivent, sans murmurer, sans se révolter, sans même chercher à les comprendre, fait l'acte le plus profond et le plus libérateur du passage. C'est ce que les anciens appelaient embrasser la croix du moment présent[56].

Demander à l'Esprit Saint, sans cesse

Tout cela est impossible sans la grâce. La prière la plus simple est aussi la plus efficace : « Esprit Saint, fais en moi ce que tu veux. » Le combat ne se gagne pas par effort de volonté propre — ce serait absurde, ce serait encore une victoire de la volonté propre. Il se gagne en laissant l'Esprit Saint vouloir en nous, à mesure[57].

Le passage de la volonté propre à la Volonté de Dieu n'est donc pas l'œuvre d'un héros spirituel volontariste : c'est l'œuvre de Dieu en nous, à laquelle il nous est demandé simplement de ne pas faire obstacle. Le baptisé qui dit oui à chaque instant — un oui humble, court, recommencé — voit, sans presque s'en apercevoir, sa vie propre s'effacer et la vie divine prendre toute la place.

Approfondir dans Via Divina — Cet article reprend la matière d'un cours de la formation gratuite Via Divina. Pour suivre la formation complète et avancer pas à pas dans le passage de la volonté propre à la Volonté de Dieu : ouvrir la formation Via Divina.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Aristote, De l'âme, II, 2-3 (414a-415b). Traduction française de référence : De l'âme, trad. J. Tricot, Vrin, Paris, 1965.

    1
  2. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, Iʳᵉ partie, q. 77 (les puissances de l'âme en général, en huit articles) et q. 78 (les puissances de l'âme en particulier : végétative, sensitive, appétitive, motrice). Édition française : Cerf, Paris (référence canonique par question et article, stable selon les éditions ; texte contrôlé sur l'éd. numérique Cerf 1984).

    2
  3. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ia, q. 18, a. 1-3, « De la vie en Dieu » (résumé doctrinal ; texte contrôlé sur l'éd. numérique Cerf, Paris, 1984 — la référence canonique par question et article est stable, la pagination variant selon les volumes).

    3
  4. Catéchisme de l'Église catholique, §364 : « Corps et âme, mais vraiment un » (citant Gaudium et Spes, 14, § 1). La numérotation des paragraphes est identique dans toutes les éditions. Promulgué par la constitution apostolique Fidei depositum (Jean-Paul II, 11 octobre 1992).

    4
  5. Évangile selon saint Matthieu 6, 25-33. Traduction officielle liturgique francophone (AELF), 2013.

    5
  6. Évangile selon saint Matthieu 10, 28. AELF 2013.

    6
  7. Saint Paul, Épître aux Colossiens 3, 1-2. AELF 2013.

    7
  8. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ia, q. 76, a. 3-4, sur l'unicité de l'âme dans l'homme (référence canonique par question et article, stable selon les éditions ; texte contrôlé sur l'éd. numérique Cerf, Paris, 1984).

    8
  9. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, Ia, q. 82-83 et IaIIae, q. 8-17, sur la nature et les actes de la volonté (références canoniques par question, stables selon les éditions ; éd. numérique Cerf, Paris, 1984).

    9
  10. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IaIIae, q. 26, a. 3 : la dilection n'est pas dans le concupiscible mais seulement dans la volonté (résumé doctrinal ; texte contrôlé sur l'éd. numérique Cerf, Paris, 1984).

    10
  11. Catéchisme de l'Église catholique, §405 sur les effets du péché originel sur la nature humaine (« blessée dans ses propres forces naturelles, soumise à l'ignorance, à la souffrance et à l'empire de la mort, et inclinée au péché »).

    11
  12. Saint Paul, Épître aux Romains 7, 15-19. AELF 2013.

    12
  13. Saint Augustin, Confessions, Livre VIII, ch. 5, § 10. Trad. Trabucco/Tréhorel, Œuvres de saint Augustin, t. 13-14, Bibliothèque Augustinienne, Desclée de Brouwer, Paris, 1962. Texte original latin : « Velle meum tenebat inimicus, et inde mihi catenam fecerat, et constrinxerat me. » (Conf. VIII, 5, 10).

    13
  14. Saint Augustin, De gratia et libero arbitrio, ch. 17, § 33 (Patrologia Latina, t. 44, col. 901-902). Le texte développe la doctrine selon laquelle la grâce divine guérit, prévient et accompagne la volonté humaine sans jamais la supprimer.

    14
  15. Saint François de Sales, Traité de l'amour de Dieu, Livre VIII « De l'amour de conformité par lequel notre volonté s'unit avec la volonté de Dieu signifiée par ses commandements, conseils et inspirations », Annecy, 1616. Édition de référence : Œuvres, éd. d'Annecy, Niérat, t. IV-V, 1894.

    15
  16. Saint François de Sales, Traité de l'amour de Dieu, Livre IX, ch. 1-3, « De l'amour de soumission par lequel notre volonté s'unit au bon plaisir de Dieu ». Annecy, 1616. Édition d'Annecy, t. V, 1894.

    16
  17. Évangile selon saint Matthieu 6, 9-13 (le Notre Père). AELF 2013.

    17
  18. Catéchisme de l'Église catholique, §2824, sur l'accomplissement de la volonté du Père par le Christ.

    18
  19. Évangile selon saint Luc 22, 42 (prière à Gethsémani). AELF 2013.

    19
  20. Genèse 3, 1-7, récit de la chute. AELF 2013.

    20
  21. Catéchisme de l'Église catholique, §2825 : « Jésus, "tout Fils qu'il était, apprit, de ce qu'il souffrit, l'obéissance" » (He 5, 8).

    21
  22. Évangile selon saint Jean 4, 34. AELF 2013.

    22
  23. Évangile selon saint Jean 6, 38. AELF 2013.

    23
  24. Épître aux Hébreux 10, 5-7 (citant le Psaume 40). AELF 2013.

    24
  25. Saint Paul, Épître aux Galates 2, 20. AELF 2013.

    25
  26. Saint Paul, Épître aux Philippiens 2, 6-7. AELF 2013.

    26
  27. Catéchisme de l'Église catholique, §1213, sur le baptême « fondement de toute la vie chrétienne, porche de la vie dans l'Esprit ».

    27
  28. Saint Paul, Épître aux Romains 6, 3-6. AELF 2013.

    28
  29. Catéchisme de l'Église catholique, §1262-1266, sur les effets du baptême.

    29
  30. Catéchisme de l'Église catholique, §1264 : « Dans le baptisé, certaines conséquences temporelles du péché demeurent cependant […] ainsi qu'une inclination au péché que la Tradition appelle la concupiscence ».

    30
  31. Saint Paul, Épître aux Romains 8, 13. AELF 2013.

    31
  32. Saint Jean de la Croix, La Montée du Mont Carmel, Livre I, ch. 13, § 11. Édition française : Œuvres complètes, trad. P. Cyprien de la Nativité, Le Seuil, Paris, 1947.

    32
  33. Saint Augustin, Sermo 169, ch. 11, § 13 (Patrologia Latina, t. 38, col. 923) : « Qui ergo fecit te sine te, non te justificat sine te. » — « Qui t'a fait sans toi ne te justifiera pas sans toi. »

    33
  34. Saint Bernard de Clairvaux, De diligendo Deo, ch. VIII (1er degré), IX (2e et 3e degrés) et X (4e degré : ne plus s'aimer que pour Dieu) ; récapitulation ch. XV. Édition critique latine : Sancti Bernardi Opera, t. III, éd. Leclercq-Rochais, Editiones Cistercienses, Rome, 1963. Trad. fr. Charpentier (texte relu sur cette traduction).

    34
  35. Saint Alphonse-Marie de Liguori, Uniformità alla volontà di Dio, Naples, 1755, ch. 1 : « Tutta la nostra perfezione consiste nell'amare il nostro amabilissimo Dio : Charitas est vinculum perfectionis (Col 3, 14). Ma tutta poi la perfezione dell'amore a Dio consiste nell'unire la nostra alla sua santissima volontà. » Le français cité est notre traduction, contrôlée sur l'original italien (conforme à la trad. anglaise de Th. W. Tobin, CCEL). Aucune édition française de référence avec pagination n'a pu être collationnée en bibliothèque : la pagination n'est donc pas donnée.

    35
  36. Sainte Thérèse d'Avila, Le Château intérieur, Septièmes Demeures, ch. 2, § 4. Édition française : Œuvres complètes, trad. Marcel Bouix, Le Seuil/Cerf, Paris, 1949.

    36
  37. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrits autobiographiques, Manuscrit B, fol. 2v°-3v°. Édition critique : Œuvres complètes, Cerf/Desclée de Brouwer, Paris, 1992.

    37
  38. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Derniers entretiens (Cahier jaune tenu par Mère Agnès), 27 mai 1897, n° 4. Édition critique : Œuvres complètes, Cerf/Desclée de Brouwer, Paris, 1992 (référence par date et numéro, stables selon les éditions ; pagination non relevée).

    38
  39. Jean-Pierre de Caussade, L'abandon à la divine Providence, Livre I (thème du « sacrement du moment présent » ; résumé doctrinal). Première édition posthume par Henri Ramière SJ, Toulouse, 1861. Réédition : Desclée de Brouwer, Paris, 1966 (référence par livre, la pagination variant selon les éditions ; chapitre et page non collationnés).

    39
  40. Dom Vital Lehodey, O.C.S.O., Le Saint Abandon, Iʳᵉ Partie (« Nature du saint abandon »), distinction entre simple résignation et abandon actif (citant Mgr Gay). L'ouvrage compte quatre parties (nature, fondement, objet, fruits). Abbaye Notre-Dame de Bricquebec, 1919. Réédition : Pierre Téqui, Paris, 1948 (référence par partie, la pagination variant selon les éditions).

    40
  41. Concile de Trente, Session VI (13 janvier 1547), Décret sur la justification, ch. 10 De acceptae justificationis incremento, et canon 24. Texte canonique : Denzinger-Hünermann §1535, §1574.

    41
  42. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IaIIae, q. 49-54, sur la nature et la formation des habitus (références canoniques par question, stables selon les éditions ; éd. numérique Cerf, Paris, 1984).

    42
  43. Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 17, 25 juillet 1924, éd. française Lumen Luminis (« pour usage privé », traduction non critique), pp. 16-17. En l'absence d'édition critique publiée, la référence canonique reste le couple tome + date.

    43
  44. Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 17, 25 juillet 1924, éd. française Lumen Luminis (« pour usage privé », traduction non critique), p. 17.

    44
  45. Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 17, 25 juillet 1924, éd. française Lumen Luminis (« pour usage privé », traduction non critique), pp. 16-17.

    45
  46. R.P. Joseph L. Iannuzzi, Le Don de la vie dans la Divine Volonté dans les écrits de Luisa Piccarreta, thèse doctorale, Université Pontificale Grégorienne, Rome, 2012. Soutenue magnum cum laude. Distinction entre faire la Volonté de Dieu (conformité) et vivre dans la Divine Volonté (union vivante et continue).

    46
  47. R.P. Joseph L. Iannuzzi, Le Don de la vie dans la Divine Volonté dans les écrits de Luisa Piccarreta, thèse doctorale, Université Pontificale Grégorienne, Rome, 2012, ch. IV, § 4.1.2.1.4 « Faire » et « Vivre dans » la Divine Volonté, pp. 135-136 (résumé doctrinal : l'âme qui vit dans la Divine Volonté « coopère continuellement avec l'opération une et éternelle de Dieu »).

    47
  48. Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 14, 21 février 1922 (« L'Amour fait continuellement mourir et renaître »), éd. française Lumen Luminis (« pour usage privé », traduction non critique), pp. 13-14.

    48
  49. Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 29, entrée 29-35, 7 septembre 1931, éd. française Lumen Luminis (« pour usage privé », traduction non critique), pp. 134-135.

    49
  50. Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 18, 17 octobre 1925, éd. française Lumen Luminis (« pour usage privé », traduction non critique), pp. 22-23.

    50
  51. Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 18, 17 octobre 1925, éd. française Lumen Luminis (« pour usage privé », traduction non critique), pp. 23-24 (« l'âme qui se prive de l'aliment de ma Volonté mérite condamnation »).

    51
  52. Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 23, 31 janvier 1928 (« La volonté humaine en elle-même est répugnante »), éd. française Lumen Luminis (« pour usage privé », traduction non critique), pp. 129-130.

    52
  53. Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 23, 31 janvier 1928, éd. française Lumen Luminis (« pour usage privé », traduction non critique), p. 130.

    53
  54. Saint François de Sales, Traité de l'amour de Dieu, Livre VIII, ch. 1-4, sur l'amour de conformité à la volonté signifiée. Annecy, 1616.

    54
  55. Sainte Thérèse d'Avila, Chemin de la perfection, ch. 32, « Sur ces paroles du Pater : Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». Éd. fr. : Œuvres complètes, Le Seuil/Cerf, Paris, 1949.

    55
  56. Jean-Pierre de Caussade, L'abandon à la divine Providence, Livre I (thème du « sacrement du moment présent » ; résumé doctrinal). Éd. Desclée de Brouwer, 1966 (référence par livre, la pagination variant selon les éditions).

    56
  57. Catéchisme de l'Église catholique, §2725-2745, « Le combat de la prière ».

    57