L'agonie de Jésus à Gethsémani

Au mont des Oliviers, dans la nuit du Jeudi Saint, Jésus prie trois fois que la coupe passe avant d'accepter la volonté du Père. Les récits, l'ange et la sueur de sang, les deux volontés du Christ, la liturgie et la réponse aux objections modernes.

Ignispedia

Au sortir de la Cène, dans la nuit du jeudi au vendredi, Jésus gagne avec ses disciples un domaine nommé Gethsémani, au pied du mont des Oliviers. Là, il s'éloigne pour prier seul, prend avec lui Pierre, Jacques et Jean, et entre dans une angoisse mortelle : « Mon âme est triste à en mourir »[1]. Trois fois il supplie son Père d'éloigner la coupe, trois fois il s'abandonne à sa volonté, pendant que ses disciples s'endorment[2][3][4]. Luc seul rapporte l'apparition d'un ange qui le réconforte et cette sueur « comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre »[5][6]. Puis Jésus se relève, réveille les siens et va au-devant de Judas et des gardes : « Levez-vous ! Allons ! »[7].

L'épisode est raconté par les trois Évangiles synoptiques, chacun avec son accent propre, tandis que le quatrième Évangile, sans décrire la prière, en garde la trace décisive : le jardin connu de Judas, lieu des réunions habituelles, et la parole sur « la coupe que m'a donnée le Père » au moment de l'arrestation[8][9][10]. L'épître aux Hébreux en donne la lecture théologique : aux jours de sa chair, le Christ « présenta, avec de grands cris et des larmes, des prières et des supplications », et « il fut exaucé en raison de sa piété »[11].

Cet article lit la nuit de Gethsémani comme l'Église la reçoit : un événement situé, daté de la Pâque de sa mort, attesté par des témoins, médité par les Pères, chanté par la liturgie et scruté par la recherche moderne, dont les hypothèses sont examinées en fin de parcours. C'est aussi l'un des lieux les plus décisifs de la foi chrétienne, car c'est là que se noue, dans la prière, l'obéissance qui sauve : « par l'obéissance d'un seul, tous deviendront des justes »[12].

Le dossier en une page : cinq textes pour une même nuit

Avant d'entrer dans le détail, voici comment les écrits du Nouveau Testament se répartissent la matière. Trois racontent la prière, un la suppose, un l'interprète.

TexteFormeCe qu'il apporte en propre
Matthieu 26, 36-46Récit complet et dramatiséLa tristesse « à en mourir », les trois prières aux paroles rapportées, les trois sommeils, le reproche « vous n'avez pas été capables de veiller une heure avec moi »[13][14]
Marc 14, 32-42Récit bref et pathétiqueLe mot araméen « Abba », Jésus « jeté à terre », l'interpellation directe « Simon, tu dors ? », le jeune homme qui s'enfuit nu à l'arrestation[15][16][17][18]
Luc 22, 39-46Récit médical et consoléLe mont des Oliviers « selon son habitude », la distance d'un jet de pierre, la prière à genoux, l'ange qui réconforte, la sueur de sang[19][20][21][22]
Jean 18, 1-11Pas de prière, le cadre et le sensLe torrent du Cédron, le jardin des réunions habituelles connu de Judas, la souveraineté de Jésus à l'arrestation, la coupe reçue du Père[23][24][25]
Hébreux 5, 7-8Lecture théologiqueLes « grands cris et les larmes », l'exaucement par la piété, l'obéissance apprise par la souffrance[26][27]

Ces cinq voix ne se contredisent pas, elles se complètent : Matthieu donne les paroles, Marc l'émotion brute, Luc le cadre et le secours du ciel, Jean la majesté du Fils qui se livre, l'épître aux Hébreux la portée salvifique. C'est la même nuit vue de cinq angles, comme cinq témoins d'une même scène racontent chacun ce qui l'a frappé.

Le lieu : Gethsémani, le pressoir au pied du mont des Oliviers

Un nom, un torrent, une montagne

Gethsémani transcrit l'araméen gat shemanim, « le pressoir à huile » : un enclos agricole où l'on foulait les olives du mont des Oliviers pour en tirer l'huile[28]. Jean le désigne simplement comme « un jardin » (kêpos) au-delà « du torrent du Cédron »[29]. Le Cédron, oued sec la plupart de l'année, sépare la vieille ville de Jérusalem du mont des Oliviers, à l'est. Traverser le Cédron la nuit, après la Cène prise en ville haute, c'est quitter Jérusalem pour la montagne d'en face, dans l'obscurité, à la lueur de la Pâque.

Le mont des Oliviers est chargé de mémoire biblique. C'est par là que David fuit en pleurant devant Absalom, pieds nus, la tête voilée, traversant lui aussi le Cédron[30][31]. C'est dans le Cédron que le roi Asa fait brûler l'idole abominable et que Josias disperse les cendres des ustensiles de Baal[32][33]. C'est sur cette montagne que le prophète Zacharie annonce que « les pieds » du Seigneur se poseront « au jour » de sa venue[34], et c'est de cette même montagne, selon les Actes, que Jésus s'élèvera au ciel, à « la distance d'un chemin de sabbat » de Jérusalem[35]. Le lieu de l'agonie appartient donc à une géographie sainte déjà écrite : montagne de la fuite royale, de la purification des idoles, de l'attente du Seigneur.

Le jardin des réunions habituelles

Un détail de Jean est historiquement précieux : « Judas, qui le livrait, connaissait l'endroit, lui aussi, car Jésus et ses disciples s'y étaient souvent réunis »[36]. Gethsémani n'est pas un refuge improvisé choisi au hasard dans la panique. C'est le lieu habituel des retraites nocturnes de Jésus à Jérusalem pendant la fête : Luc précise qu'il s'y rend « selon son habitude »[37]. Judas sait où le trouver sans témoin gênant, loin de la foule qui l'acclamait au Temple le jour. L'arrestation nocturne s'explique ainsi sans complot romanesque : le traître conduit la cohorte à l'endroit même où le Maître a coutume de prier.

Le cadre correspond à ce que l'on sait des environs de Jérusalem : des enclos privés plantés d'oliviers, avec pressoir et parfois grotte, où un groupe pouvait passer la nuit à la belle saison, pendant la Pâque qui tombe au printemps. La nuit est claire et fraîche sur la montagne, les huit disciples restent à l'entrée de l'enclos pendant que Jésus s'avance avec les trois[38].

Ce que l'on vénère aujourd'hui sur place

La tradition chrétienne a fixé très tôt le souvenir sur ce versant du mont des Oliviers. L'église actuelle, la basilique de l'Agonie, dite aussi église de Toutes-les-Nations parce que douze pays ont financé sa construction, a été élevée de 1919 à 1924 par l'architecte italien Antonio Barluzzi sur les fondations de deux sanctuaires plus anciens : une basilique byzantine du IVe siècle, détruite par un tremblement de terre, et une chapelle des croisés du XIIe siècle[39]. À l'intérieur, devant l'autel, un rocher nu entouré d'une couronne d'épines de fer est vénéré comme le rocher de l'agonie. La pénombre voulue par l'architecte rappelle la nuit de la prière.

Tout autour subsiste un jardin clos d'oliviers vénérables. En 2012, une étude scientifique a montré que trois des huit oliviers visibles comptent parmi les plus vieux oliviers connus dans le monde, âgés de plusieurs siècles et en excellente santé[40]. Non loin, la grotte dite de la Trahison, gardée par les franciscains, perpétue le souvenir du lieu où les huit auraient attendu et où Judas aurait donné son baiser.

La prière : trois fois la coupe, trois fois le sommeil

« Mon âme est triste à en mourir »

Jésus laisse les huit à l'entrée et s'avance avec Pierre, Jacques et Jean, les trois mêmes qu'il avait pris avec lui à la Transfiguration et chez Jaïre[41][42][43]. Puis « il commença à ressentir effroi et angoisse », écrit Marc avec deux verbes forts[44]. Et sa première parole est un cri qui vient des Psaumes : « Mon âme est triste à en mourir »[45][46]. Le verset reprend presque mot pour mot le refrain du psaume 42 : « Pourquoi te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi ? »[47]. Jonas, lui aussi, avait dit s'irriter « jusqu'à en mourir »[48]. Jésus ne cite pas pour faire de la littérature : il prie avec les mots d'Israël, et ces mots disent une tristesse réelle, assumée, offerte.

« Mon âme est triste à en mourir, restez ici et veillez avec moi. » — Évangile selon saint Matthieu, 26, 38[49]

« Restez ici et veillez avec moi » : c'est la seule fois où Jésus demande explicitement à des hommes de veiller avec lui dans sa prière. Il ne veut pas être seul dans l'angoisse, et c'est cette présence demandée qui rendra le sommeil des trois si poignant.

« Abba, éloigne de moi cette coupe »

S'écartant « à peu près à la distance d'un jet de pierre », Jésus se met à genoux, selon Luc, ou se jette à terre, selon Marc[50][51]. Sa prière tient en deux mouvements inséparables : la supplication filiale et l'abandon. Marc, qui écrit pour des lecteurs familiers de l'araméen parlé par Jésus, a gardé le mot tel qu'il est sorti de sa bouche : « Abba »[52]. C'est le mot des petits enfants pour leur père, et c'est aussi le cri que l'Esprit met désormais aux lèvres des baptisés[53][54]. Jamais la filiation divine de Jésus ne s'exprime avec une tendresse aussi nue qu'au moment où il affronte la mort.

« Abba... Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! » — Évangile selon saint Marc, 14, 36[55]

Matthieu rapporte la même prière en grec, avec la précision du fils qui connaît la toute-puissance du Père : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux »[56]. Luc donne la forme la plus dépouillée, conditionnelle et obéissante : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que ce soit non pas ma volonté, mais la tienne, qui se fasse ! »[57]. Trois formulations, un seul acte : demander en Fils, accepter en Fils.

Trois prières, trois sommeils

Entre chaque prière, Jésus revient vers les trois et « les trouve endormis »[58]. À Pierre, le premier des apôtres qui jurait quelques heures plus tôt de mourir avec lui, il adresse un reproche plein de douceur : « Simon, tu dors ? Tu n'as pas été capable de veiller seulement une heure ? »[59][60]. Puis il leur confie une consigne qui dépasse la nuit et vise tous les disciples jusqu'à la fin du monde : « Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l'esprit est ardent, mais la chair est faible »[61]. L'apôtre Pierre s'en souviendra dans sa propre épître : « Soyez sobres, veillez »[62].

La seconde prière reprend la première en l'approfondissant : « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! »[63]. Le verbe a changé : il ne s'agit plus seulement que la coupe « passe », mais que Jésus la « boive ». L'acceptation précise son objet. Cette parole fait écho à la prière que Jésus a apprise aux siens : « que ta volonté soit faite »[64]. À Gethsémani, le Maître prononce lui-même, dans la nuit et les larmes, la demande du Notre Père.

La troisième fois, Jésus ne réveille même plus les dormeurs : « il les laissa, s'éloigna et pria pour la troisième fois, en répétant les mêmes paroles »[65]. Luc note qu'ils dormaient « accablés de tristesse »[66]. Ce n'est pas la paresse des lâches, c'est l'épuisement des cœurs lourds, et Jésus le sait. Alors il se relève seul, affermi, et c'est lui qui réveille les autres pour marcher au-devant de ce qui vient : « Dormez maintenant et reposez-vous. C'en est fait. L'heure est venue : voici que le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs. Levez-vous ! Allons ! »[67][68].

Ce que Luc seul raconte : l'ange et la sueur de sang

Un ange qui réconforte

Au cœur de la prière, Luc insère deux versets que les autres Évangiles ne donnent pas : « Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait. Entré en agonie, Jésus priait avec plus d'insistance, et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre »[69][70].

« Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait. » — Évangile selon saint Luc, 22, 43[71]

Le verbe grec, enischyô, signifie fortifier de l'intérieur. Le ciel ne supprime pas l'épreuve, il donne la force de la traverser. Le motif est biblique : au désert déjà, après la tentation, « les anges s'approchèrent, et ils le servaient »[72]. Comme aux tentations au désert, le combat s'achève dans un secours : Luc, qui fermait le récit de la tentation sur un diable s'éloignant « jusqu'au moment fixé », montre ici ce moment fixé arrivé, et le ciel du côté du Fils[73]. Élie fuyant au désert avait lui aussi été touché et nourri par un ange avant la marche de quarante jours[74].

La sueur comme des gouttes de sang

Le second verset est le plus discuté de tout l'épisode : Jésus « en agonie » (en agônia, le seul emploi du mot dans tout le Nouveau Testament), priant « avec plus d'insistance », couvert d'une sueur qui devient « comme des gouttes de sang »[75]. Luc, que la tradition présente comme médecin et compagnon de Paul[76], décrit un corps à la limite : tension extrême, prière intensifiée, sueur mêlée de sang. Certains médecins modernes y voient l'hématidrose, suintement de sang par les pores sous un stress extrême, sans que le texte permette de trancher à distance[77].

Il faut lire ce verset avec le reste du Nouveau Testament : l'épître aux Hébreux parle des « grands cris et des larmes » du Christ aux jours de sa chair[78], et les Pères les plus anciens s'en sont servis précisément pour confesser contre les docètes que le Fils a vraiment souffert dans une chair véritable. Saint Irénée de Lyon, dès le IIe siècle, cite cette sueur pour établir la réalité de l'humanité du Christ[79]. La sueur de sang n'est donc pas un détail pittoresque ajouté pour frissonner : c'est une pièce du dossier de l'Incarnation.

La question du texte : ces versets sont-ils de Luc ?

Honnêteté oblige : ces deux versets manquent dans plusieurs manuscrits anciens de poids, dont le papyrus P75 et le Codex Vaticanus, et l'appareil critique moderne les signale comme incertains[80]. C'est la variante textuelle la plus célèbre des récits de la Passion. Mais trois faits empêchent d'en conclure à une invention tardive. D'abord, les versets sont connus dès le IIe siècle : saint Justin, saint Irénée et Hippolyte les utilisent déjà dans leurs controverses, ce qui exclut une interpolation médiévale[81]. Ensuite, ils voyagent ensemble dans tous les témoins qui les portent, sans trace de fabrication progressive. Enfin, au IVe siècle déjà, certains Pères remarquent leur absence dans de nombreux exemplaires, preuve que le débat est ancien et que les deux formes du texte circulaient tôt[82]. L'Église, qui a reçu ce passage dans sa liturgie et sa prière depuis l'Antiquité, le lit comme Parole de Dieu : la discussion critique porte sur l'histoire de la copie, pas sur la vérité de ce qui est raconté.

Ce que Jean ne raconte pas et dit quand même

Le jardin, la cohorte, le « C'est moi »

Jean ne décrit aucune prière d'angoisse. En revanche, il est le seul à nommer le torrent, à signaler les réunions habituelles qui expliquent la venue de Judas, et à raconter l'arrestation comme une théophanie : Jésus s'avance au-devant de la cohorte, demande « Qui cherchez-vous ? », répond « C'est moi », et les gardes « reculèrent et tombèrent à terre »[83][84]. La formule, egô eimi, est celle par laquelle Dieu se nomme dans l'Exode et que Jésus reprend tout au long du quatrième Évangile[85][86]. Le contraste avec les synoptiques n'est qu'apparent : le même Jésus qui tremble et supplie est celui devant qui les soldats s'effondrent. La faiblesse assumée et la majesté souveraine coexistent parce que ce sont deux regards sur une seule personne.

Déjà avant : « Mon âme est bouleversée »

D'ailleurs Jean avait préparé Gethsémani bien avant le jardin. Après l'entrée à Jérusalem, devant des Grecs venus le voir, Jésus s'écrie : « Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? “Père, sauve-moi de cette heure” ? Mais non ! C'est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! »[87]. C'est l'agonie de Gethsémani en condensé johannique : le trouble réel, la supplication envisagée puis dépassée, l'heure acceptée. Et quand Pierre tranche l'oreille de Malchus, le serviteur du grand prêtre, Jésus l'arrête d'un mot qui vaut toutes les prières des synoptiques : « Remets ton épée au fourreau. La coupe que m'a donnée le Père, vais-je refuser de la boire ? »[88][89]. Chez Jean, Gethsémani tient en une phrase : la coupe vient du Père, elle se boit.

« Mon heure n'est pas venue » devenue « L'heure est venue »

Tout le quatrième Évangile est rythmé par l'heure qui vient. Aux noces de Cana, Jésus disait à sa Mère : « Mon heure n'est pas encore venue »[90]. À la Cène, il constate : « Père, l'heure est venue »[91]. À Gethsémani, Marc le fait dire aux dormeurs : « L'heure est venue : voici que le Fils de l'homme est livré »[92]. L'agonie est le point de bascule du quatrième Évangile comme des trois autres : l'heure annoncée depuis Cana a sonné au jardin, et tout ce qui suit, comparution nocturne, croix et tombeau, en découle.

La coupe et l'heure : ce que Jésus accepte

La coupe de la colère dans les Prophètes

Quand Jésus parle de « cette coupe », ses auditeurs juifs entendent autre chose qu'une image vague de la souffrance. Dans les Prophètes, la coupe est le jugement de Dieu présenté aux nations : « Prends de ma main cette coupe de vin de la fureur, et fais-la boire à toutes les nations », dit Jérémie[93]. Isaïe montre Jérusalem buvant « la coupe d'étourdissement » et annonce que le Seigneur la retirera de sa main[94][95]. Les Psaumes chantent « une coupe où fermente un vin drogué » que devront vider les impies[96]. Ézéchiel, Zacharie et l'Apocalypse reprennent le symbole jusqu'à la « coupe du vin de l'ardente colère » des derniers fléaux[97][98][99][100].

TexteLa coupe désigne
Psaume 75, 9Le jugement que les impies devront vider jusqu'à la lie
Isaïe 51, 17-22La coupe d'étourdissement bue par Jérusalem, puis retirée par le Seigneur
Jérémie 25, 15La fureur de Dieu présentée à toutes les nations
Ézéchiel 23, 32-34La coupe de la sœur Samarie, bue jusqu'au désespoir
Zacharie 12, 2Jérusalem rendue « coupe d'étourdissement » pour les peuples
Apocalypse 14, 10 et 16, 19La coupe du vin de l'ardente colère, au jugement dernier

Demander que « cette coupe passe », c'est donc demander d'être épargné du jugement réservé aux pécheurs. Et accepter de la « boire », c'est accepter de prendre sur soi, innocent, ce qui était destiné aux coupables. Aux fils de Zébédée qui réclamaient les premières places, Jésus avait déjà demandé : « Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? »[101]. À Gethsémani, les deux fils de Zébédée dorment à quelques pas pendant qu'il répond oui à sa propre question.

L'heure livrée et l'heure gardée

« Voici que le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs »[102]. Le mot « livré » (paradidotai) scande toute la Passion : Judas le livre, les grands prêtres le livrent à Pilate, Pilate le livre pour être crucifié. Mais Jean retourne le verbe : c'est Jésus qui « se livre » lui-même, qui sort au-devant de la cohorte avec ses torches, qui se nomme et que personne ne prend[103]. L'heure est à la fois subie et gouvernée. C'est le mystère de toute la Passion, noué à Gethsémani : les hommes croient prendre, le Fils se donne.

Le second Adam dans un jardin

Les Pères ont aimé le parallèle des deux jardins. Dans le premier jardin, le premier Adam, entouré de délices, a désobéi et apporté la mort. Dans le second jardin, le second Adam, entouré d'angoisse, a obéi et apporté la vie. Saint Paul donne la clé : « De même que par la désobéissance d'un seul être humain la multitude a été rendue pécheresse, de même, par l'obéissance d'un seul, tous deviendront des justes »[104]. Et Jean referme la boucle : c'est « dans un jardin » que Jésus est mis au tombeau, jardin d'une sépulture neuve où la mort sera vaincue[105]. Ève avait tendu le fruit dans un jardin, Marie se tiendra debout au pied de la croix, et Marie Madeleine prendra le Ressuscité pour le jardinier : toute l'histoire du salut se joue entre des jardins, et Gethsémani est celui du oui retrouvé.

La théologie de la nuit : deux volontés, une obéissance

« Que ta volonté soit faite » : qui veut quoi en Jésus ?

La prière de Gethsémani est la preuve la plus éclatante que le Christ possède une volonté humaine véritable. S'il n'avait qu'une volonté divine, sa supplication n'aurait aucun sens : Dieu ne se supplie pas lui-même d'échapper à son propre décret. Or Jésus demande vraiment que la coupe passe, avec crainte et larmes, puis soumet vraiment cette volonté à celle du Père. Deux vouloirs s'expriment dans une seule personne, et l'un s'ordonne librement à l'autre.

C'est exactement ce que l'Église a défini au troisième concile de Constantinople, sixième concile œcuménique, réuni du 7 novembre 680 au 16 septembre 681 sous le pape Agathon et l'empereur Constantin IV[106]. Contre les monothélites, qui ne reconnaissaient au Christ qu'une seule volonté, le concile confesse en lui deux volontés naturelles et deux opérations naturelles, la divine et l'humaine, non opposées mais coopérant, la volonté humaine se soumettant librement à la volonté divine et toute-puissante[107]. Le Catéchisme reprend la définition : le Christ possède deux volontés et deux opérations, divines et humaines, qui coopèrent sans s'opposer[108]. Gethsémani en est l'illustration vivante : la volonté humaine recule devant la mort, comme toute volonté humaine saine, et c'est elle, librement, qui dit oui.

Maxime le Confesseur : le martyr des deux volontés

Cette doctrine a coûté la langue et la main droite à son plus grand défenseur. Saint Maxime le Confesseur (vers 580-662), moine et théologien, affronta l'empereur et les patriarches monothélites dans sa célèbre Dispute avec Pyrrhus : si le Christ n'a pas de volonté humaine, alors il n'a pas assumé l'homme tout entier, et ce qui n'est pas assumé n'est pas sauvé[109]. Condamné, mutilé, exilé, il mourut de ses blessures en 662. Dix-neuf ans plus tard, Constantinople III lui donnait raison et le réhabilitait. Quand on lit « non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux », on lit la charte du dyothélisme, scellée par le sang d'un confesseur.

Saint Thomas : la tristesse assumée pour nous guérir

Saint Thomas d'Aquin consacre à la volonté du Christ et à sa prière deux questions entières de la Somme théologique : la question 18 sur la volonté humaine du Christ, libre et soumise au Père, et la question 21 sur sa prière, vraie prière d'un vrai homme qui demande et qui est exaucé[110][111]. Quant aux affections de tristesse, de crainte et d'angoisse, Thomas enseigne que le Christ les a assumées volontairement : non par faiblesse subie, mais pour prouver la vérité de sa nature humaine, pour nous donner l'exemple dans nos propres angoisses, et pour satisfaire en portant jusqu'au trouble intérieur le poids de nos peines[112]. Sa tristesse n'est pas un accident honteux de sa sainteté : c'est un remède. Parce qu'il a tremblé, nos tremblements ont un compagnon ; parce qu'il a prié dans l'angoisse, nos nuits ont une prière toute faite.

« C'est lui qui, aux jours de sa chair, ayant présenté, avec de grands cris et des larmes, des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé en raison de sa piété, apprit, bien que Fils, par ses souffrances, l'obéissance. » — Épître aux Hébreux, 5, 7-8, traduction de la Bible de Jérusalem[113][114]

L'épître ajoute l'essentiel : « ayant été rendu parfait, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent cause de salut éternel »[115]. Exaucé non par l'esquive de la coupe, mais par la Résurrection au matin de Pâque. La prière de Gethsémani est exaucée au-delà de sa lettre : le Père ne retire pas la coupe, il vide la mort elle-même.

Les témoins anciens : qui a écrit, quand, et d'où on le sait

Quatre auteurs, quatre enracinements

L'Église reçoit les récits de Gethsémani de quatre auteurs connus, et elle le sait par des témoins qui les touchent de près. Le tableau ci-dessous donne la position traditionnelle, celle que portent la liturgie, les Pères et le canon.

ÉvangileAuteur selon la traditionDatation traditionnelleTémoin ancien principal
MatthieuL'apôtre Matthieu, d'abord en araméen puis en grecVers 50-60Papias d'Hiérapolis, rapporté par Eusèbe : Matthieu rédigea les paroles du Seigneur en langue hébraïque[116]
MarcJean Marc, interprète de Pierre à RomeVers 60-65Papias puis Clément d'Alexandrie : Marc mit par écrit la prédication de Pierre, sans ordre chronologique strict[117][118]
LucLuc, médecin, compagnon de PaulVers 62-63Le prologue adressé à Théophile, la fin des Actes qui s'arrête à la captivité de Paul à Rome, la tradition unanime dès Irénée[119][120]
JeanL'apôtre Jean, à ÉphèseVers 90-100Saint Irénée, disciple de Polycarpe lui-même disciple de Jean : Jean publia son Évangile à Éphèse ; Clément parle du « spirituel » des Évangiles[121][122]

Saint Irénée de Lyon, vers 180, est le premier à nommer ensemble les quatre Évangiles comme les quatre piliers de l'Église, « ni plus ni moins », comparés aux quatre vents et aux quatre faces des chérubins[123]. Le fragment de Muratori, canon romain de la fin du IIe siècle, connaît déjà les quatre récits avec leurs attributions[124]. Autrement dit : quand Justin, vers 150, cite la sueur de sang dans son Dialogue avec Tryphon, et quand Irénée cite l'agonie contre les hérétiques, ils puisent à des textes déjà reçus comme apostoliques[125].

Les Pères au jardin

Saint Jean Chrysostome consacre à Gethsémani sa 83e homélie sur Matthieu : il y voit la preuve que le Christ a pris une âme humaine véritable, capable de craindre, et il en tire la leçon de la vigilance, contre l'avarice de Judas qui, pendant ce temps, marchande[126]. Saint Jérôme, dans son Commentaire sur Matthieu, lit la prière « que cette coupe passe » comme la voix de l'humanité assumée, non comme une hésitation de la divinité[127]. Et les liturgies les plus anciennes chantent déjà la coupe acceptée dans la nuit où le Seigneur « fut livré »[128].

L'Église prie l'agonie : Jeudi Saint, Heure Sainte, Rosaire

La nuit du Jeudi Saint

Chaque année, la liturgie du Jeudi Saint replace les fidèles au jardin. Après la messe de la Cène, le Saint-Sacrement est porté au reposoir et l'Église veille dans la nuit, en mémoire des trois sommeils à ne pas répéter. La procession, les ténèbres progressives de l'office, le dépouillement de l'autel : tout dit que l'heure est venue. Le lendemain, à l'office de la Passion, le récit de Jean est proclamé en entier, avec son jardin, sa cohorte et sa coupe bue jusqu'au bout.

L'Heure Sainte : veiller une heure avec lui

« Vous n'avez pas été capables de veiller une heure avec moi ? »[129]. De ce reproche est née l'une des dévotions les plus simples et les plus profondes : l'Heure Sainte, une heure de prière nocturne, de préférence le jeudi soir entre 23 h et minuit, en union avec l'agonie. La pratique remonte à Paray-le-Monial, où le Christ demanda à sainte Marguerite-Marie Alacoque de s'unir à sa tristesse mortelle de Gethsémani. Le pape Pie XI, dans son encyclique Miserentissimus Redemptor du 8 mai 1928 sur la réparation au Sacré-Cœur, encourage ces exercices de veille réparatrice, dont l'Heure Sainte est la forme la plus directe[130]. Blaise Pascal avait donné à cette veille sa formule inoubliable :

« Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde : il ne faut pas dormir pendant ce temps-là. » — Blaise Pascal, Pensées, « Le Mystère de Jésus » (Lafuma 919)[131]

Le Rosaire et les Heures de Luisa

Le premier mystère douloureux du Rosaire est l'Agonie de Jésus au jardin, que Jean-Paul II propose de méditer comme l'entrée dans les mystères de la douleur rédemptrice[132]. Et la servante de Dieu Luisa Piccarreta a consacré aux trois heures de l'agonie, de 21 h à minuit, les 5e, 6e et 7e Heures de la Passion, dictées de l'intérieur : le Père qui semble sourd, la coupe qui ne passe pas, les apôtres endormis, pour qui il répare heure par heure[133]. L'Église n'a pas encore tranché sur ces révélations privées, reçues avec un nulla osta récent du Dicastère pour la Doctrine de la Foi : elles sont citées ici comme méditation, non comme dogme.

  1. Le soir, en ville haute
    La Cène
    les adieux et l'annonce de la trahison

    Jésus lave les pieds, institue l'Eucharistie, annonce que l'un des Douze va le livrer, puis sort avec les siens en chantant les psaumes du Hallel[134].

  2. La nuit, au-delà du Cédron
    L'arrivée à Gethsémani
    les huit à l'entrée, les trois plus loin

    Traversée du torrent, entrée dans l'enclos. Jésus laisse huit disciples et s'avance avec Pierre, Jacques et Jean[135][136].

  3. Vers minuit, à distance d'un jet de pierre
    Les trois prières
    la coupe demandée puis acceptée

    Tristesse à en mourir, triple supplication, triple abandon à la volonté du Père, ange et sueur de sang selon Luc[137][138][139][140][141].

  4. Au cœur de la nuit
    L'arrestation
    le baiser, l'épée, la fuite

    Judas et la cohorte, le baiser du traître, l'oreille de Malchus tranchée puis guérie, le jeune homme qui s'enfuit nu, les disciples qui fuient[142][143][144].

  5. Avant l'aube
    La comparution nocturne
    Anne, Caïphe, puis Pilate au matin

    Jésus est conduit chez Anne puis Caïphe, renié par Pierre au chant du coq, livré au matin à Pilate : voir le dossier du procès[145][146].

Un événement historique solidement établi

Le critère de l'embarras

Quel inventeur aurait imaginé un Messie qui tremble, supplie et sue le sang, pendant que ses chefs dorment ? L'Église naissante exaltait un Seigneur ressuscité et glorieux : raconter sa terreur nocturne, sa prière non exaucée à la lettre et la défaillance des trois colonnes ne servait aucune propagande. C'est le critère dit de l'embarras, reconnu jusque par des historiens critiques : on n'invente pas ce qui gêne. Le récit de Gethsémani porte la marque du fait rapporté parce qu'il est arrivé, non du mythe composé parce qu'il édifie.

L'attestation multiple et le lieu connu

L'événement est attesté par trois récits indépendants dans leur forme, plus la confirmation indirecte du quatrième Évangile et la lecture d'Hébreux : une convergence rare pour un épisode nocturne sans foule. S'y ajoute un indice de terrain : le lieu était connu, fréquenté, désignable. Judas y conduit la cohorte sans hésiter, les chrétiens de Jérusalem ont vénéré le site dès les premiers siècles avant d'y bâtir au IVe siècle. Les lieux inventés ne se visitent pas quatre cents ans plus tard avec un rocher et des oliviers.

La cohérence du cadre

Tout se tient : une Pâque printanière où l'on dort dehors, un enclos privé au mont des Oliviers, une prière juive tissée de Psaumes, un traître qui connaît les habitudes, une arrestation nocturne pour éviter l'émeute du peuple pendant la fête. Les détails se confirment l'un l'autre sans se copier : Matthieu donne les paroles, Marc l'araméen et le jeune homme, Luc l'habitude du lieu et le médecin, Jean le torrent et la cohorte. Quatre mémoires, une seule nuit.

Ce que propose l'exégèse moderne, et ses limites

Les hypothèses courantes sur Gethsémani

Une partie de l'exégèse contemporaine propose de lire l'épisode autrement. Faute de place pour tout citer, voici les thèses les plus répandues : les prières de Jésus seraient une composition des évangélistes à partir des Psaumes, non des paroles retenues ; personne n'aurait pu les entendre puisque les témoins dormaient ; la sueur de sang serait une légende tardive, comme le prouverait son absence de vieux manuscrits ; l'angoisse contredirait la souveraineté du Fils et trahirait une christologie « basse » corrigée ensuite par Jean ; le récit servirait surtout à culpabiliser les disciples fuyards et à justifier l'autorité de Pierre malgré sa faiblesse[147]. Chacune de ces lectures mérite examen, aucune ne s'impose.

Cinq limites de méthode

Premièrement, l'argument du sommeil oublie le récit lui-même. Les disciples s'endorment entre les prières, pas pendant : Jésus revient à chaque fois et les trouve endormis, ce qui suppose des intervalles conscients, des paroles échangées, un récit possible dès l'aube. Pierre, Jacques et Jean ont eu quarante jours après Pâques, puis des décennies, pour raconter cette nuit. Que les témoins aient dormi par moments n'interdit pas qu'ils aient entendu l'essentiel, puis interrogé le Maître ressuscité.

Deuxièmement, la composition à partir des Psaumes confond la source et la langue. Qu'un Juif pieux prie avec les mots des Psaumes dans l'angoisse prouve qu'il est juif et pieux, pas que ses paroles sont inventées. Les mourants citent, les agonisants psalmodient : c'est le propre de la prière apprise par cœur de revenir aux lèvres quand la mort approche. L'enracinement psalmique plaide pour l'authenticité du cadre, pas contre.

Troisièmement, le dossier manuscrit de Luc 22, 43-44 est plus équilibré qu'on ne le dit. Oui, P75 et le Vaticanus omettent les versets. Mais Justin, Irénée et Hippolyte les connaissent au IIe siècle, avant ces grands codex du IIIe-IVe siècle, et Tatien semble les reprendre dans son Diatessaron[148]. Une omission ancienne, peut-être par saut du même au même ou par gêne devant un Jésus trop humain, vaut autant qu'une addition ancienne. Les critiques les plus rigoureux concluent à un partage sans vainqueur net, pas à une démonstration d'inauthenticité.

Quatrièmement, l'opposition entre le Jésus tremblant des synoptiques et le Jésus souverain de Jean est un faux dilemme. Jean lui-même montre un Jésus « bouleversé » (12, 27) et parle de coupe reçue du Père (18, 11) : le quatrième Évangile connaît l'angoisse et ne la nie pas. Inversement, les synoptiques montrent un Jésus qui marche au-devant des gardes et annonce sa résurrection. Chaque évangéliste éclaire une face ; exiger qu'ils disent tous la même phrase, c'est confondre quatre témoignages avec quatre copies.

Cinquièmement, le présupposé anti-surnaturel fausse le jugement sur l'ange et la sueur. Si l'on pose d'avance qu'un ange ne peut pas apparaître et qu'une sueur de sang est impossible, alors le texte est forcément légendaire, et la démonstration tourne en rond. La méthode commande l'inverse : examiner d'abord si le passage est ancien et bien transmis (il l'est, dès le IIe siècle), puis discuter son interprétation, sans disqualifier le merveilleux par principe.

Pourquoi la position traditionnelle reste défendable

Quatre auteurs reçus dès le IIe siècle comme des témoins apostoliques ou leurs interprètes, des récits convergents sans collusion visible, un lieu connu et vénéré, une prière enracinée dans les Psaumes comme toute prière juive de l'agonie, une doctrine des deux volontés définie trois siècles plus tard mais déjà contenue dans la scène, une liturgie qui veille chaque Jeudi Saint : l'édifice tient. Une partie de l'exégèse contemporaine propose des reconstructions intéressantes sur la formation des récits, et l'Église les lit sans peur, comme elle lit tout effort honnête de comprendre. Mais ces hypothèses restent des reconstructions, fragiles par leurs présupposés et leurs silences, face à une tradition qui aligne les témoins, les manuscrits, les lieux et les siècles. Le lecteur qui a suivi ce dossier sait désormais pourquoi des chrétiens instruits continuent de croire que, cette nuit-là, au pied du mont des Oliviers, le Fils de Dieu a vraiment tremblé, vraiment prié, et vraiment dit oui.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Évangile selon saint Matthieu, 26, 38 : « Mon âme est triste à en mourir, restez ici et veillez avec moi. »

    1 45 49
  2. Évangile selon saint Matthieu, 26, 39 : « Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme moi, je veux, mais comme toi, tu veux. »

    2 56 137
  3. Évangile selon saint Matthieu, 26, 42 : « Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite ! »

    3 63 138
  4. Évangile selon saint Matthieu, 26, 44 : « il les laissa, s'éloigna et pria pour la troisième fois, en répétant les mêmes paroles. »

    4 65 139
  5. Évangile selon saint Luc, 22, 43 : « Alors, du ciel, lui apparut un ange qui le réconfortait » (enischyôn auton).

    5 21 69 71 140
  6. Évangile selon saint Luc, 22, 44 : « Entré en agonie, Jésus priait avec plus d'insistance, et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre. »

    6 22 70 75 141
  7. Évangile selon saint Matthieu, 26, 46 : « Levez-vous ! Allons ! Voici qu'il est proche, celui qui me livre. »

    7
  8. Évangile selon saint Jean, 18, 1 : Jésus « traversa le torrent du Cédron ; il y avait là un jardin, dans lequel il entra avec ses disciples ».

    8 23 29
  9. Évangile selon saint Jean, 18, 2 : « Judas, qui le livrait, connaissait l'endroit, lui aussi, car Jésus et ses disciples s'y étaient souvent réunis. »

    9 36
  10. Évangile selon saint Jean, 18, 11 : « Remets ton épée au fourreau. La coupe que m'a donnée le Père, vais-je refuser de la boire ? »

    10 25 89
  11. Épître aux Hébreux, 5, 7 : « avec de grands cris et des larmes, des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et ayant été exaucé en raison de sa piété » (Bible de Jérusalem).

    11 26 78 113
  12. Épître aux Romains, 5, 19 : « par l'obéissance d'un seul, tous deviendront des justes ».

    12 104
  13. Évangile selon saint Matthieu, 26, 36 : « Asseyez-vous ici, pendant que je vais là-bas pour prier. »

    13 135
  14. Évangile selon saint Matthieu, 26, 40 : « Ainsi, vous n'avez pas été capables de veiller une heure avec moi ? »

    14 58 129
  15. Évangile selon saint Marc, 14, 35 : « s'écartant un peu, il se jeta à terre et priait pour que, s'il était possible, cette heure passe loin de lui. »

    15 51
  16. Évangile selon saint Marc, 14, 36 : « Abba... Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que moi, je veux, mais ce que toi, tu veux ! »

    16 52 55
  17. Évangile selon saint Marc, 14, 37 : « Simon, tu dors ? Tu n'as pas été capable de veiller seulement une heure ? »

    17 59
  18. Évangile selon saint Marc, 14, 51-52 : un jeune homme « drapé d'un linceul » suit Jésus, on le saisit, il abandonne le drap et s'enfuit nu.

    18 144
  19. Évangile selon saint Luc, 22, 39 : Jésus « sortit pour se rendre, selon son habitude, au mont des Oliviers, et ses disciples le suivirent ».

    19 37
  20. Évangile selon saint Luc, 22, 41 : « il s'écarta d'eux à peu près à la distance d'un jet de pierre, et, s'étant mis à genoux, il priait ».

    20 50
  21. Évangile selon saint Jean, 18, 4 : « Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s'avança » au-devant de la cohorte.

    24 83 103
  22. Épître aux Hébreux, 5, 8 : « bien que Fils, il apprit, par ses souffrances, l'obéissance ».

    27 114
  23. Agence Reuters, 19 octobre 2012, « Olive trees of Gethsemane among oldest in world : study » : trois des huit oliviers du jardin comptent parmi les plus vieux oliviers connus, âgés de plusieurs siècles et en excellente santé ; Gethsémani signifie « pressoir à huile » en araméen.

    28 40
  24. Deuxième livre de Samuel, 15, 23 : David fuyant Absalom « franchit le torrent du Cédron » en pleurant.

    30
  25. Deuxième livre de Samuel, 15, 30 : David gravit le mont des Oliviers « en pleurant, tête voilée, pieds nus ».

    31
  26. Premier livre des Rois, 15, 13 : Asa brûle l'idole d'Ashéra dans la vallée du Cédron.

    32
  27. Deuxième livre des Rois, 23, 6 : Josias disperse dans le Cédron les cendres des ustensiles de Baal.

    33
  28. Livre de Zacharie, 14, 4 : « En ce jour-là, ses pieds se poseront sur le mont des Oliviers. »

    34
  29. Actes des Apôtres, 1, 12 : l'Ascension a lieu au mont des Oliviers, « à la distance d'un chemin de sabbat » de Jérusalem.

    35
  30. Évangile selon saint Matthieu, 26, 37 : Jésus « prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée ».

    38 41 136
  31. Basilique de l'Agonie (église de Toutes-les-Nations), élevée de 1919 à 1924 par l'architecte italien Antonio Barluzzi sur une basilique byzantine du IVe siècle et une chapelle des croisés du XIIe siècle ; douze nations finançèrent la construction, d'où son nom.

    39
  32. Évangile selon saint Marc, 5, 37 : chez Jaïre, Jésus ne laisse entrer avec lui « personne, sauf Pierre, Jacques et Jean » : le même trio qu'à Gethsémani et à la Transfiguration.

    42
  33. Voir la Transfiguration : Pierre, Jacques et Jean, seuls témoins de la gloire comme de l'agonie.

    43
  34. Évangile selon saint Marc, 14, 33 : « il commença à ressentir effroi et angoisse » (ekthambeisthai kai adêmonin).

    44
  35. Évangile selon saint Marc, 14, 34 : « Mon âme est triste à en mourir. Restez ici et veillez. »

    46
  36. Psaume 42, 6 : « Pourquoi te désoler, ô mon âme, et gémir sur moi ? Espère en Dieu ! » (refrain repris en 42, 12 et 43, 5).

    47
  37. Livre de Jonas, 4, 9 : Jonas répond au Seigneur : « Oui, j'ai bien raison de m'irriter jusqu'à en mourir » (même tour hébraïque qu'en Mc 14, 34).

    48
  38. Épître aux Romains, 8, 15 : « vous avez reçu un esprit qui fait de vous des fils ; et c'est en lui que nous crions “Abba !”, c'est-à-dire : Père ! »

    53
  39. Épître aux Galates, 4, 6 : Dieu « a envoyé l'Esprit de son Fils dans nos cœurs, et cet Esprit crie “Abba !”, c'est-à-dire : Père ! »

    54
  40. Évangile selon saint Luc, 22, 42 : « Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe ; cependant, que ce soit non pas ma volonté, mais la tienne, qui se fasse ! »

    57
  41. Évangile selon saint Matthieu, 26, 33 : « Même si tous viennent à tomber à cause de toi, moi, je ne tomberai jamais », protestation de Pierre à la Cène.

    60
  42. Évangile selon saint Matthieu, 26, 41 : « Veillez et priez, pour ne pas entrer en tentation ; l'esprit est ardent, mais la chair est faible. »

    61
  43. Première épître de Pierre, 5, 8 : « Soyez sobres, veillez : votre adversaire, le diable, comme un lion rugissant, rôde, cherchant qui dévorer. »

    62
  44. Évangile selon saint Matthieu, 6, 10 : « que ton règne vienne ; que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. »

    64
  45. Évangile selon saint Luc, 22, 45 : Jésus « les trouva endormis, accablés de tristesse ».

    66
  46. Évangile selon saint Marc, 14, 41 : « Dormez maintenant et reposez-vous. C'en est fait. L'heure est venue : voici que le Fils de l'homme est livré aux mains des pécheurs. »

    67 92 102
  47. Évangile selon saint Marc, 14, 42 : « Levez-vous ! Allons ! Voici qu'il est proche, celui qui me livre. »

    68
  48. Évangile selon saint Matthieu, 4, 11 : après la tentation au désert, « les anges s'approchèrent, et ils le servaient ».

    72
  49. Évangile selon saint Luc, 4, 13 : le diable, « ayant épuisé toute tentation, s'éloigna de lui jusqu'au moment fixé ».

    73
  50. Premier livre des Rois, 19, 5-8 : un ange touche Élie au désert, le nourrit et le fortifie pour quarante jours de marche.

    74
  51. Épître aux Colossiens, 4, 14 : Paul salue « Luc, le médecin bien-aimé ».

    76
  52. Hypothèse médicale moderne (hématidrose : suintement sanguin par les glandes sudoripares sous stress extrême), évoquée par certains médecins à propos de Lc 22, 44 ; le texte ne permet pas de trancher à deux mille ans de distance, et l'article ne l'affirme pas.

    77
  53. Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 22, 2 : contre les docètes, Irénée cite la sueur de l'agonie (Lc 22, 44) pour établir que le Christ a vraiment souffert dans une chair véritable.

    79
  54. Lincoln H. Blumell, « Luke 22:43-44 : An Anti-Docetic Interpolation or an Apologetic Omission ? », TC : A Journal of Biblical Textual Criticism, vol. 19, 2014 : les versets sont connus dès le IIe siècle (Justin, Irénée, Hippolyte, et probablement le Diatessaron de Tatien) alors qu'ils manquent dans P69, P75, le Sinaiticus originel et le Vaticanus ; dossier partagé, sans vainqueur net.

    80 81 125 148
  55. Dès le IVe siècle, des Pères remarquent l'absence du passage dans de nombreux exemplaires grecs et latins : saint Hilaire de Poitiers le signale (relevé par Bengel, Gnomon Novi Testamenti, 1742, sur Lc 22, 43-44), preuve que les deux formes du texte circulaient déjà tôt.

    82
  56. Évangile selon saint Jean, 18, 6 : à la réponse « C'est moi », les gardes « reculèrent et tombèrent à terre ».

    84
  57. Livre de l'Exode, 3, 14 : « JE SUIS QUI JE SUIS » (egô eimi ho ôn), le Nom révélé à Moïse au buisson ardent.

    85
  58. Évangile selon saint Jean, 8, 58 : « Avant qu'Abraham fût, moi, JE SUIS » (egô eimi).

    86
  59. Évangile selon saint Jean, 12, 27 : « Maintenant mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ? “Père, sauve-moi de cette heure” ? Mais non ! C'est pour cela que je suis parvenu à cette heure-ci ! »

    87
  60. Évangile selon saint Jean, 18, 10 : Pierre « trancha l'oreille droite » de Malchus, le serviteur du grand prêtre.

    88
  61. Évangile selon saint Jean, 2, 4 : « Femme, que me veux-tu ? Mon heure n'est pas encore venue. »

    90
  62. Évangile selon saint Jean, 17, 1 : « Père, l'heure est venue. Glorifie ton Fils afin que le Fils te glorifie. »

    91
  63. Livre de Jérémie, 25, 15 : « Prends de ma main cette coupe de vin de la fureur, et fais-la boire à toutes les nations. »

    93
  64. Livre d'Isaïe, 51, 17 : « Réveille-toi, Jérusalem, toi qui as bu de la main du Seigneur la coupe de sa fureur, la coupe d'étourdissement. »

    94
  65. Livre d'Isaïe, 51, 22 : « Je retire de ta main la coupe d'étourdissement, tu ne la boiras plus. »

    95
  66. Psaume 75, 9 : « une coupe où fermente un vin drogué » que « tous les impies de la terre » devront vider.

    96
  67. Livre d'Ézéchiel, 23, 32-34 : la coupe de Samarie, « coupe d'effroi et de désolation », bue jusqu'à en ronger les tessons.

    97
  68. Livre de Zacharie, 12, 2 : « Je ferai de Jérusalem une coupe d'étourdissement pour tous les peuples d'alentour. »

    98
  69. Apocalypse, 14, 10 : « la coupe du vin de l'ardente colère » de Dieu.

    99
  70. Apocalypse, 16, 19 : Babylone reçoit « la coupe du vin de l'ardente colère » de Dieu.

    100
  71. Évangile selon saint Matthieu, 20, 22 : « Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ? » (aux fils de Zébédée).

    101
  72. Évangile selon saint Jean, 19, 41 : « à l'endroit où il avait été crucifié, il y avait un jardin, et dans ce jardin, un tombeau neuf ».

    105
  73. Troisième concile de Constantinople, VIe concile œcuménique, 7 novembre 680 au 16 septembre 681, sous le pape Agathon et l'empereur Constantin IV : 151 évêques à la clôture, lecture de la lettre dogmatique d'Agathon, condamnation du monothélisme.

    106
  74. Profession de foi de Constantinople III : en Jésus-Christ, deux volontés naturelles et deux opérations naturelles, la divine et l'humaine, non opposées mais coopérant, l'humaine se soumettant à la divine (Denzinger, Enchiridion, n. 556-559 ; Catéchisme de l'Église catholique, 475).

    107
  75. Catéchisme de l'Église catholique, 475 : l'Église confesse au sixième concile œcuménique que le Christ possède deux volontés et deux opérations naturelles, divines et humaines, non opposées mais coopérant (vatican.va).

    108
  76. Saint Maxime le Confesseur, Dispute avec Pyrrhus (645) : si le Christ n'a pas de volonté humaine, il n'a pas assumé l'homme tout entier, et ce qui n'est pas assumé n'est pas sauvé (éd. Sources Chrétiennes 472, Cerf, Paris, 2004).

    109
  77. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 18 : de la volonté du Christ, humaine et libre, soumise à la volonté divine (éd. de la Revue des Jeunes, Cerf).

    110
  78. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 21 : de la prière du Christ, vraie prière d'un vrai homme, qui demande et qui est exaucé selon la volonté du Père.

    111
  79. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIa, q. 15 : des affections assumées par le Christ (douleur, tristesse, crainte), prises volontairement pour prouver sa nature humaine, nous donner l'exemple et satisfaire pour nos peines.

    112
  80. Épître aux Hébreux, 5, 9 : « ayant été rendu parfait, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent cause de salut éternel ».

    115
  81. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 39 : Papias d'Hiérapolis (début du IIe siècle) rapporte que Matthieu rédigea les paroles du Seigneur en langue hébraïque et que Marc, interprète de Pierre, mit par écrit sa prédication (éd. Sources Chrétiennes 31, Cerf, Paris, 1952).

    116 117
  82. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, VI, 14 : Clément d'Alexandrie rapporte que Marc écrivit à Rome sur la demande des auditeurs de Pierre et que Jean composa en dernier son Évangile « spirituel » à Éphèse.

    118 122
  83. Évangile selon saint Luc, 1, 3 : prologue adressé à « excellent Théophile », enquête ordonnée sur les événements accomplis.

    119
  84. Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 1, 1 : Matthieu publia son Évangile chez les Hébreux, Marc mit par écrit la prédication de Pierre, Luc rédigea l'Évangile prêché par Paul, Jean publia le sien à Éphèse (éd. Sources Chrétiennes 211, Cerf, Paris, 1974).

    120 121
  85. Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 11, 8 : les quatre Évangiles, « ni plus ni moins », comme les quatre vents et les quatre faces des chérubins.

    123
  86. Fragment de Muratori, canon romain vers 170-200 : il connaît les quatre Évangiles avec leurs attributions (Matthieu, Marc, Luc, Jean) et place Luc et Jean en troisième et quatrième positions (éd. Hahneman, Oxford, 1992).

    124
  87. Saint Jean Chrysostome, Homélies sur l'Évangile de Matthieu, 83 (sur Mt 26, 36-56) : le Christ montre par son trouble qu'il a pris une âme humaine véritable ; leçon de vigilance contre l'assoupissement, pendant que Judas marchande (éd. Sources Chrétiennes, trad. Bareille, Vivès, Paris, 1864-1867).

    126
  88. Saint Jérôme, Commentaire sur l'Évangile selon Matthieu, livre IV (sur Mt 26, 39) : la prière « que cette coupe passe » est la voix de l'humanité assumée, non une hésitation de la divinité (éd. Sources Chrétiennes 259, Cerf, Paris, 1979).

    127
  89. Première épître aux Corinthiens, 11, 23 : « la nuit où il fut livré, le Seigneur Jésus prit du pain ».

    128
  90. Saint Pie XI, encyclique Miserentissimus Redemptor sur la réparation au Sacré-Cœur, 8 mai 1928 : encouragement aux exercices de réparation, dont les Heures Saintes de veille nocturne en union avec l'agonie (AAS 20, 1928).

    130
  91. Blaise Pascal, Pensées, fragment « Le Mystère de Jésus » (Lafuma 919, Brunschvicg 553, Sellier 749) : « Jésus sera en agonie jusqu'à la fin du monde : il ne faut pas dormir pendant ce temps-là. » (éd. Lafuma, Seuil, Paris, 1962).

    131
  92. Saint Jean-Paul II, lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, 16 octobre 2002, n. 22 : les mystères douloureux, dont le premier est l'agonie de Jésus au jardin (vatican.va).

    132
  93. Luisa Piccarreta, Les Vingt-quatre Heures de la Passion, 5e, 6e et 7e heures (de 21 h à minuit) : les trois heures d'agonie à Gethsémani (Association Luisa Piccarreta, luisapiccarreta.fr). Révélation privée reçue par l'Église (nulla osta du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, juin 2024) : citée comme méditation, non comme dogme.

    133
  94. Évangile selon saint Matthieu, 26, 30 : après le chant des psaumes (le Hallel pascal), Jésus et les siens partent pour le mont des Oliviers (traduction liturgique AELF).

    134
  95. Évangile selon saint Matthieu, 26, 49 : Judas s'approche et dit « Salut, Rabbi ! », et il lui donna un baiser.

    142
  96. Évangile selon saint Luc, 22, 51 : Jésus touche l'oreille tranchée du serviteur et « le guérit ».

    143
  97. Évangile selon saint Jean, 18, 13 : Jésus est conduit d'abord chez Anne, beau-père de Caïphe.

    145
  98. Évangile selon saint Jean, 18, 24 : Anne « l'envoya, toujours ligoté, au grand prêtre Caïphe ».

    146
  99. Thèses typiques de l'exégèse historico-critique du XXe siècle sur les récits de la Passion : Rudolf Bultmann et son école lisent les paroles de Jésus comme des compositions communautaires à partir de l'Ancien Testament, et la christologie johannique comme une correction tardive des synoptiques (Histoire de la tradition synoptique, trad. fr., Seuil, Paris, 1970 ; L'Évangile selon Jean, trad. fr., Seuil, Paris, 1975).

    147