La Passion désigne, dans le langage de l'Église, l'ensemble des souffrances et de la mort de Jésus, depuis le dernier repas avec ses disciples jusqu'à sa mise au tombeau. Les quatre Évangiles la racontent longuement : chez Marc, elle occupe presque le tiers du livre, et chacun des quatre récits y consacre sa part la plus développée. Ce poids n'a rien d'un accident de composition. Pour la foi chrétienne, la Croix n'est pas l'échec d'une prédication : elle est, avec la Résurrection, le centre de la Bonne Nouvelle que les apôtres annoncent[1].
« Le mystère pascal de la Croix et de la Résurrection du Christ est au centre de la Bonne Nouvelle que les apôtres, et l'Église à leur suite, doivent annoncer au monde. »[2]
Cet article lit les quatre récits comme l'Église les reçoit : une Écriture sainte, inspirée et transmise par des témoins, qui raconte un événement situé à Jérusalem, sous Ponce Pilate, au temps de la Pâque. Il compare les quatre versions sans les aplanir, montre ce que chacune apporte, puis suit le récit, sa théologie, son accomplissement dans l'Ancien Testament et sa place dans la prière de l'Église. Les articles voisins traitent déjà en détail la Cène, l'agonie à Gethsémani, l'entrée à Jérusalem et le procès de Jésus : ils sont ici renvoyés, non refaits. Le débat moderne sur la composition des récits est examiné en fin de parcours, avec ses limites.
Quatre récits, un même événement
Autrement dit, il n'existe pas un récit de la Passion répété quatre fois, mais quatre témoignages sur le même événement, proches par la trame et distincts par l'accent. L'image la plus simple est celle de quatre témoins d'une même scène : ils s'accordent sur l'essentiel, et chacun retient ce qui l'a frappé. C'est précisément cette convergence, jointe à des différences de détail, qui a toujours frappé les lecteurs anciens.
La trame commune aux quatre Évangiles
Les quatre récits suivent le même enchaînement. Jésus prend un dernier repas avec les Douze, annonce le traître, puis se rend de nuit au mont des Oliviers où il prie et où Judas le livre[3][4][5][6]. Il comparaît devant les autorités juives, puis devant Pilate, qui le condamne à la crucifixion[7][8][9][10]. Il porte sa croix jusqu'au Golgotha, y est crucifié entre deux malfaiteurs, meurt après des heures d'agonie, puis Joseph d'Arimathie ensevelit son corps dans un tombeau neuf, en présence de femmes disciples[11][12][13].
Cette armature commune est remarquable. Les évangélistes divergent bien davantage dans le choix des paroles de Jésus pendant son ministère que dans la Passion, où leurs récits se recouvrent étroitement. La tradition y a vu le signe d'une mémoire très ancienne et très stable, fixée dès la première prédication, car c'est la mort du Christ, lue à la lumière de sa Résurrection, que les apôtres annoncent d'abord[14].
« Je vous ai transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures. »[15]
Ce que chaque évangéliste apporte en propre
| Évangile | Chapitres de la Passion | Accent propre du récit |
|---|---|---|
| Matthieu | Mt 26-27 | L'accomplissement des Écritures, le tremblement de terre et les tombeaux ouverts à la mort de Jésus[16] |
| Marc | Mc 14-15 | La nudité du récit, l'abandon, le cri du Psaume 22 et la confession du centurion[17][18] |
| Luc | Lc 22-23 | La miséricorde : la prière pour les bourreaux, le bon larron, la comparution devant Hérode[19][20][21] |
| Jean | Jn 18-19 | La souveraineté de Jésus qui se livre librement, Marie et le disciple bien aimé au pied de la Croix[22][23] |
Matthieu écrit pour des lecteurs familiers des Écritures d'Israël : il souligne que tout arrive « pour que soient accomplies les Écritures », et il est le seul à raconter le songe de la femme de Pilate, le suicide de Judas et le champ du potier[24][25]. Marc, le plus bref, va à l'essentiel avec une sobriété parfois rude : chez lui, Jésus meurt dans un abandon apparent, avec pour seule parole le début du Psaume 22[26]. Luc, médecin et compagnon de Paul selon la tradition, insiste sur l'innocence de Jésus, proclamée à trois reprises par Pilate, et sur sa miséricorde envers le larron repentant[27][28]. Jean, enfin, présente un Jésus qui n'est jamais débordé par les événements : c'est lui qui se nomme devant les gardes, qui porte lui-même sa croix et qui, du haut de la Croix, confie sa Mère au disciple bien aimé[29][30][31].
Pourquoi ces différences ne sont pas des contradictions
Une partie de la lecture moderne oppose volontiers ces récits les uns aux autres, comme si toute différence valait réfutation. La lecture ancienne de l'Église procède autrement, et elle est plus exigeante : elle distingue le désaccord sur le fait même, qu'elle ne constate pas sur la trame, et la diversité des angles, qu'elle reçoit comme une richesse. Saint Augustin a consacré un ouvrage entier à montrer l'accord des évangélistes, passage par passage, en traitant leurs écarts d'ordre et de formulation comme ceux de témoins qui ne racontent pas tout dans le même ordre[32].
Cette méthode garde sa force. Deux témoins qui réciteraient mot pour mot la même déposition éveilleraient le soupçon d'une leçon apprise ; quatre récits qui convergent sur l'événement et divergent sur les détails retenus portent la marque ordinaire du témoignage. La question historico critique sera reprise plus bas, mais le principe se pose dès ici : la diversité des récits est un fait du texte, et elle appelle une explication ; elle n'est pas, à elle seule, une preuve de fabrication.
Place dans le canon, auteurs et datation traditionnels
Quatre Évangiles reçus comme un seul témoignage apostolique
Dès le IIe siècle, l'Église reçoit quatre Évangiles, ni plus, ni moins, et elle refuse aussi bien de les fondre en un seul récit que d'en ajouter d'autres au canon. Saint Irénée de Lyon, vers 180, soutient qu'il ne peut y avoir ni plus ni moins de quatre Évangiles, et il les attribue à Matthieu, Marc, Luc et Jean[33]. Le fragment dit de Muratori, liste ancienne des livres reçus, énumère de même les quatre Évangiles au nombre des écrits du Nouveau Testament[34]. Le canon du concile de Trente reçoit ensuite solennellement les livres saints « en entier, avec toutes leurs parties », tels qu'ils sont lus dans l'Église[35].
Le concile Vatican I enseigne que ces livres, « écrits sous l'inspiration de l'Esprit Saint, ont Dieu pour auteur »[36]. Vatican II le reprend : les Évangiles ont une origine apostolique, et l'Église « affirme sans hésiter leur historicité » pour ce qu'ils transmettent de la vie et de l'enseignement de Jésus[37]. C'est dans ce cadre reçu, et non dans un cadre neutre qui serait déjà une prise de parti, que cet article lit la Passion.
Les attributions traditionnelles, témoin par témoin
La tradition attribue le premier Évangile à Matthieu, l'apôtre publicain appelé par Jésus[38]. Papias d'Hiérapolis, au début du IIe siècle, rapporte que Matthieu rassembla les paroles du Seigneur, témoignage conservé par Eusèbe de Césarée[39]. Le deuxième Évangile est attribué à Marc, interprète de Pierre : toujours selon Papias, Marc mit par écrit, avec exactitude mais sans ordre suivi, ce que Pierre enseignait, tel qu'il s'en souvenait[40]. Le troisième revient à Luc, le médecin compagnon de Paul, qui déclare lui même en prologue s'être « informé soigneusement de tout depuis les origines » auprès des témoins oculaires[41][42]. Le quatrième est attribué à Jean, l'apôtre, le disciple que Jésus aimait, qui se désigne à la fin du livre comme le témoin de ces choses[43]. Irénée, qui avait connu Polycarpe, lui même disciple de Jean, transmet cette chaîne courte entre l'apôtre et l'Église du IIe siècle[44].
Ces attributions ne sont pas des inventions tardives sans ancrage : elles sont unanimes dans les titres anciens des manuscrits, chez les Pères, et dans l'usage liturgique. Aucun manuscrit ancien n'attribue ces livres à d'autres auteurs. La datation traditionnelle place la rédaction dans la seconde moitié du Ier siècle, du vivant des témoins ou de leurs proches immédiats, ce que confirme la place déjà faite à ces textes, cités et commentés, dès les Pères apostoliques et les apologistes du IIe siècle.
Ce que la tradition demande de tenir, et ce qui reste discuté
Il faut distinguer les degrés. Que les quatre Évangiles soient inspirés et canoniques relève de la foi de l'Église. Que leurs auteurs soient les apôtres et compagnons d'apôtres nommés par la tradition relève d'une réception constante, ancienne et unanime, qu'un catholique peut tenir avec confiance. Les questions de langue originelle, d'ordre de composition entre les synoptiques, ou de date précise à quelques années près, restent des questions d'étude, où plusieurs hypothèses catholiques coexistent sans toucher au fait raconté. Confondre ces niveaux, en traitant une hypothèse de datation comme si elle réfutait le témoignage lui même, est le premier glissement à éviter, et il sera examiné en fin d'article.
Les témoins anciens de l'événement
Deux mentions hors de l'Église : Tacite et la pierre de Pilate
L'événement ne repose pas seulement sur des textes chrétiens. L'historien romain Tacite, écrivant vers 116 à propos des chrétiens persécutés sous Néron, note que le Christ, dont ils tirent leur nom, avait été livré au supplice sous Tibère, par le procurateur Ponce Pilate[45]. La phrase est brève, hostile au christianisme qu'elle traite de superstition, et c'est ce qui fait son prix : un auteur païen, sans complaisance, tient pour acquis le fait de l'exécution et son cadre administratif.
« L'auteur de ce nom, le Christ, avait été livré au supplice sous le règne de Tibère, par le procurateur Ponce Pilate. »[46]
Le personnage de Pilate lui même n'est pas une figure de récit. En 1961, une inscription latine découverte à Césarée maritime, sur la côte de Judée, a livré son nom et sa fonction : Ponce Pilate, préfet de Judée, y dédie un édifice à l'empereur Tibère[47]. Le préfet des Évangiles est donc un administrateur romain attesté par l'épigraphie, en poste dans les années où les quatre récits placent la Passion. Flavius Josèphe, historien juif du Ier siècle, mentionne aussi Jésus et sa condamnation par Pilate à la croix, dans un passage dont certaines formules confessionnelles chrétiennes sont tenues, par beaucoup de spécialistes, pour des retouches de copistes ; le noyau de la notice, qui rapporte l'exécution, est en revanche largement reçu comme authentique[48]. La prudence s'impose sur les mots exacts de Josèphe ; elle ne s'étend pas au fait même, déjà établi par ailleurs.
Le réalisme des détails, du prétoire au tombeau
Les récits fourmillent de détails vérifiables qui ancrent l'événement dans la Judée des années 30 : le prétoire, résidence du préfet à Jérusalem pendant les fêtes ; la cohorte et ses soldats ; la flagellation qui précède la crucifixion romaine ; le titre de condamnation rédigé en trois langues ; le Golgotha, lieu dit du Crâne, proche d'un jardin et de tombeaux creusés dans le roc[49][50][51]. La crucifixion elle même, supplice romain réservé aux esclaves et aux rebelles, est décrite sans complaisance et sans fard héroïque. Les premiers chrétiens n'avaient aucun intérêt à inventer un Messie crucifié, objet de scandale pour les Juifs et de folie pour les Grecs, selon le mot de Paul[52]. Ce critère, dit d'embarras, reste l'un des plus sobres du dossier : on n'invente pas, pour fonder une prédication, la mort la plus honteuse du monde romain.
Le récit suivi, de la Cène au tombeau
Pour comprendre l'enchaînement, imaginons la semaine comme une montée en quelques journées très denses : l'entrée solennelle à Jérusalem, les controverses au Temple, le dernier repas, la nuit de l'arrestation, les comparutions du matin, puis la crucifixion et l'ensevelissement avant le coucher du soleil. Les évangélistes ne donnent pas tous les mêmes repères horaires, mais Marc jalonne la journée de la Croix avec une précision qui a structuré la mémoire de l'Église : troisième heure, sixième heure, neuvième heure[53][54][55].
- DimancheL'entrée à Jérusalemles rameaux et l'acclamation
Jésus entre dans la ville monté sur un ânon, acclamé par la foule, puis pleure sur Jérusalem chez Luc. Le récit détaillé fait l'objet de l'article sur l'entrée de Jésus à Jérusalem[56].
- Jeudi soirLa Cène et le lavement des piedsl'institution de l'Eucharistie
- Jeudi nuitGethsémani et l'arrestationla prière, puis le baiser
La prière d'angoisse au jardin des Oliviers, l'arrivée de Judas avec une troupe armée, l'arrestation et la dispersion des disciples. Voir l'agonie de Jésus à Gethsémani[59].
- Vendredi matinLes comparutionsdevant les autorités, puis devant Pilate
L'interrogatoire nocturne, le reniement de Pierre, la comparution devant Pilate, Barabbas relâché et la condamnation. Voir le procès de Jésus[60].
- VendrediLa crucifixion et la mortdu Golgotha à la neuvième heure
Le portement de croix, la crucifixion entre deux larrons, les paroles dernières, les ténèbres et la mort, constatée par le centurion[61].
- Vendredi soirLa mise au tombeauJoseph d'Arimathie et les femmes
Joseph d'Arimathie obtient le corps, l'enveloppe d'un linceul et le dépose dans son tombeau neuf, sous le regard des femmes qui préparent déjà le retour du dimanche matin[62][63].
La nuit : trahison, arrestation et reniement
La Passion s'ouvre dans une nuit de trahisons enchaînées. Judas marchande sa trahison pour trente pièces d'argent chez Matthieu, prix du serviteur dans le livre de Zacharie[64][65]. Pierre, qui proteste de sa fidélité, renie trois fois avant le chant du coq, puis pleure amèrement au regard du Seigneur[66][67]. Les disciples dorment au jardin, puis fuient à l'arrestation[68]. Ce tableau sans fard, où les plus proches défaillent tous, appartient au réalisme du témoignage : une communauté qui aurait fabriqué sa propre légende dorée n'aurait pas conservé, au premier plan, la lâcheté de ses fondateurs.
Le matin : deux pouvoirs, une condamnation
Les récits distinguent deux scènes. D'abord la comparution devant les autorités religieuses de Jérusalem, où Jésus confesse ouvertement qu'il est le Christ, le Fils du Béni[69][70]. Puis la comparution devant Pilate, seul détenteur du droit de vie et de mort dans la province occupée[71]. Pilate déclare Jésus innocent à plusieurs reprises chez Luc, tente de le relâcher, puis cède à la pression et le livre pour être crucifié[72][73]. Jean rapporte le dialogue sur la royauté et la vérité, qui donne à la scène sa profondeur propre[74].
« Qu'est-ce que la vérité ? »[75]
La question de Pilate, restée sans réponse parlée, reçoit sa réponse dans la suite du récit : la Vérité elle même se tait, puis se laisse condamner. Les Pères et les prédicateurs n'ont cessé de méditer ce silence, qui n'est ni une dérobade ni une défaite, mais la forme que prend ici la patience du Fils.
L'après midi : la Croix, les ténèbres et la mort
Au Golgotha, les soldats partagent les vêtements de Jésus et tirent sa tunique au sort, détail que les quatre récits relient au Psaume 22[76][77]. Le titre cloué au dessus de sa tête énonce le motif de condamnation, Jésus de Nazareth, roi des Juifs, en hébreu, en latin et en grec[78][79]. Des ténèbres couvrent le pays de la sixième à la neuvième heure chez les synoptiques[80]. Jésus meurt en poussant un grand cri chez Marc et Matthieu, après avoir remis son esprit chez Luc et Jean[81][82][83]. Le voile du Temple se déchire, et le centurion de garde confesse, chez Marc, la filiation divine du crucifié[84][85].
Les sept paroles du Christ en Croix
Aucun évangéliste ne rapporte les sept paroles à lui seul : la tradition les a recueillies en croisant les quatre récits, et cette récolte elle même enseigne comment l'Église lit la Passion, dans l'unité des quatre témoignages. Les voici dans l'ordre où la méditation chrétienne les a reçues.
| Parole | Évangile | Ce qu'elle révèle |
|---|---|---|
| Père, pardonne leur : ils ne savent pas ce qu'ils font | Lc 23, 34 | La miséricorde envers les bourreaux, dès la première heure[86] |
| Aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis | Lc 23, 43 | Le salut offert au larron repentant, sans délai[87] |
| Femme, voici ton fils ; voici ta mère | Jn 19, 26-27 | Marie donnée pour mère au disciple, et à l'Église en lui[88][89] |
| Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? | Mt 27, 46 ; Mc 15, 34 | Le cri du Psaume 22, prière du Juste souffrant[90] |
| J'ai soif | Jn 19, 28 | La soif du Crucifié, lue comme accomplissement de l'Écriture[91] |
| Tout est accompli | Jn 19, 30 | L'œuvre achevée, dite au présent parfait[92] |
| Père, entre tes mains je remets mon esprit | Lc 23, 46 | L'abandon confiant du Psaume 31, dernière prière du Fils[93][94] |
« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? »[95]
Ce cri n'est pas un cri de désespoir : c'est le premier verset du Psaume 22, que Jésus fait sien en priant. Or ce psaume, après la plainte du juste abandonné et percé, s'achève en action de grâce et en annonce du salut pour toutes les nations[96]. Prier le psaume par son premier verset, dans la culture juive du temps, c'est l'invoquer tout entier, plainte et espérance ensemble. La lecture chrétienne y a toujours vu, à la fois, la vérité de l'abandon ressenti et la confiance qui le traverse.
« Père, entre tes mains je remets mon esprit. »[97]
La dernière parole chez Luc répond au cri de Marc par le Psaume 31, prière du soir du juste qui s'endort en Dieu. Entre ces deux psaumes se tient toute la Passion lue par l'Église : le Fils entre réellement dans la nuit de la souffrance humaine, et il y entre en Fils, sans cesser de remettre son esprit au Père. Saint Thomas d'Aquin, commentant la Passion, tient ensemble ces deux faces : le Christ a souffert véritablement, dans son corps et dans son âme, et sa souffrance, offerte librement, a valeur de sacrifice pour le salut des hommes[98].
La théologie de la Passion : pourquoi le Christ a souffert
Un sacrifice librement accepté, non subi
Les quatre récits insistent sur un point que toute la théologie reprendra : Jésus ne subit pas sa mort comme un accident qui le surprend. Il l'annonce à trois reprises pendant sa montée vers Jérusalem, en termes de plus en plus précis[99][100][101]. Au jardin, il refuse la défense par l'épée et déclare pouvoir invoquer le secours du Père, qu'il ne demande pas[102][103]. Chez Jean, il le dit en formule pleine : nul ne lui prend sa vie, il la donne de lui même[104].
« Personne ne me l'enlève ; mais je la donne de moi-même. »[105]
Le Catéchisme reçoit cette liberté au cœur de sa présentation : la mort du Christ est à la fois le sacrifice pascal qui accomplit la rédemption et l'offrande libre du Fils à son Père pour les péchés des hommes[106][107]. Saint Thomas ordonne les raisons de convenance de la Passion en montrant comment elle manifeste ensemble la justice et la miséricorde de Dieu, sans que l'une écrase l'autre[108]. Cette insistance protège deux vérités à la fois : contre l'image d'un Père cruel qui exigerait un prix, les récits montrent le Fils qui se donne ; contre l'image d'une mort seulement exemplaire, ils montrent une mort qui opère le salut.
L'accomplissement des Écritures, du Psaume 22 au Serviteur souffrant
Les évangélistes lisent la Passion dans les Écritures d'Israël, et ils le disent. Le partage des vêtements renvoie au Psaume 22[109]. Le prix de la trahison et le champ du potier renvoient à Zacharie et à Jérémie chez Matthieu[110]. Le vinaigre tendu au Crucifié renvoie au Psaume 69[111][112]. Surtout, le quatrième chant du Serviteur, en Isaïe 52 et 53, décrit un juste défiguré, transpercé pour les péchés des autres, silencieux devant ceux qui le tondent, mis au tombeau avec le riche[113][114][115]. Luc fait relire ce texte par Philippe à l'eunuque éthiopien, qui demande de qui le prophète parle ainsi, et Philippe, « à partir de ce passage de l'Écriture, lui annonça la Bonne Nouvelle de Jésus »[116][117].
« C'est à cause de nos fautes qu'il a été transpercé, à cause de nos péchés qu'il a été broyé. »[118]
Il ne s'agit pas d'un placage après coup. Jésus lui même, le soir de Pâques chez Luc, reproche aux disciples leur lenteur à croire « tout ce qu'ont dit les prophètes » et leur explique, « en commençant par Moïse et en parcourant tous les prophètes », ce qui le concerne dans toutes les Écritures[119][120]. La lecture figurale de la Passion, qui y reconnaît l'agneau pascal de l'Exode, le serviteur d'Isaïe et le juste des Psaumes, remonte donc au Christ ressuscité tel que Luc le présente, puis aux apôtres, avant d'être l'œuvre des commentateurs.
Marie, les femmes et le disciple au pied de la Croix
Jean seul place Marie, la mère de Jésus, debout près de la Croix, avec le disciple bien aimé, et rapporte la parole qui les confie l'un à l'autre[121][122]. Les synoptiques montrent les femmes disciples regardant de loin, puis suivant Joseph d'Arimathie jusqu'au tombeau pour voir où le corps est déposé[123][124][125]. Cette présence féminine, constante de la crucifixion à la mise au tombeau, puis au matin de Pâques, est un trait que les récits n'avaient aucun motif d'inventer dans un monde où le témoignage des femmes comptait peu devant les tribunaux. L'Église y a lu la fidélité de celles qui n'ont pas fui, et la place de Marie, associée jusqu'au bout à l'offrande de son Fils.
La question des dates : le repas pascal et le jour de la mort
Les synoptiques présentent le dernier repas comme le repas de la Pâque, après lequel Jésus est arrêté dans la nuit et crucifié le lendemain[126][127]. Jean indique que les autorités, au matin de la comparution, évitent d'entrer dans le prétoire pour pouvoir manger la Pâque, et il place la crucifixion au jour de la Préparation de la Pâque[128][129]. Cette différence de présentation a nourri un long débat : Jésus est il mort le jour même de la Pâque ou la veille, au moment où l'on immolait les agneaux dans le Temple ?
Plusieurs lectures catholiques tiennent les deux ensembles sans forcer les textes. Certains font valoir des calendriers différents alors en usage à Jérusalem, qui décalaient d'un jour la célébration selon les groupes. D'autres soulignent que Jean, sans contredire la trame, charge son calendrier d'un sens théologique : le Christ meurt à l'heure où l'on immole les agneaux, parce qu'il est l'Agneau véritable annoncé par Jean Baptiste[130][131]. Benoît XVI a examiné ces hypothèses dans son livre sur Jésus de Nazareth, en tenant le repas de la Cène pour un repas pascal anticipé célébré par Jésus avec les siens, sans dissoudre pour autant l'historicité du récit[132]. Le point ferme, commun aux quatre, demeure : la Passion a lieu au temps de la Pâque, et c'est à cette fête de la libération d'Égypte que les évangélistes, après le Christ lui même, rattachent sa mort[133].
« Le Christ, notre Pâque, a été immolé. »[134]
Les visages autour de la Croix
Simon de Cyrène, père d'Alexandre et de Rufus chez Marc, est contraint de porter la croix derrière Jésus ; la précision des noms de ses fils suggère des personnes connues des premiers lecteurs de l'Évangile[135][136]. Barabbas, relâché à la place de Jésus, est présenté comme un émeutier coupable de meurtre chez Marc et Luc, ce qui rend l'échange plus saisissant encore : le coupable est libéré, l'Innocent condamné[137][138]. Les filles de Jérusalem, chez Luc seul, reçoivent sur le chemin du Golgotha une parole de Jésus tournée vers le jugement à venir plutôt que vers sa propre douleur[139]. Joseph d'Arimathie, membre du conseil qui n'avait pas approuvé la condamnation chez Luc, affronte sa peur et demande le corps à Pilate[140][141]. Nicodème, venu trouver Jésus de nuit au début de l'Évangile de Jean, revient au grand jour avec un mélange de myrrhe et d'aloès pour l'ensevelissement[142][143].
Ces visages comptent pour la crédibilité comme pour la méditation. Pour la crédibilité, parce qu'ils sont nommés, situés et parfois rattachés à des familles que les premières communautés pouvaient connaître. Pour la méditation, parce qu'ils dessinent les réponses possibles devant le Crucifié : la contrainte devenue service chez Simon, la grâce reçue sans mérite chez Barabbas, les larmes chez les femmes de Jérusalem, le courage tardif chez Joseph et Nicodème. La Passion, dans les quatre récits, n'est jamais une scène à deux personnages : tout un peuple, avec ses chefs, ses soldats, ses curieux et ses fidèles cachés, se révèle autour de la Croix.
La Passion dans la prière et la liturgie de l'Église
La Semaine sainte et la lecture des quatre récits
L'Église ne lit pas la Passion seulement dans les livres : elle la célèbre. Au dimanche des Rameaux, la liturgie fait lire le récit entier de la Passion selon l'évangéliste de l'année, Matthieu, Marc ou Luc à tour de rôle. Le Vendredi Saint, c'est toujours le récit de Jean qui est chanté, dans la célébration de la Passion du Seigneur, avec la grande prière universelle et la vénération de la Croix[144]. Ce rythme fait entrer chaque fidèle, année après année, dans les quatre accents du même événement, sans jamais les réduire à un seul.
Le Triduum pascal tient ensemble ce que l'article distingue pour l'expliquer : le Jeudi Saint célèbre la Cène et le lavement des pieds, le Vendredi Saint la mort, le Samedi Saint le silence du tombeau, et la Vigile pascale la Résurrection. Le Catéchisme présente ce mystère pascal comme le sommet de l'année liturgique autant que le centre de la foi[145].
Le Chemin de Croix, le Rosaire et la méditation des Heures
La dévotion populaire a prolongé la liturgie par le Chemin de Croix, qui suit en quatorze stations le trajet du prétoire au tombeau, et par les cinq mystères douloureux du Rosaire, qui méditent successivement l'agonie, la flagellation, le couronnement d'épines, le portement de croix et la crucifixion[146]. Dans la tradition de la Divine Volonté, Luisa Piccarreta a composé les Vingt quatre Heures de la Passion, méditation heure par heure de la Cène à la mise au tombeau, que l'Église laisse à la piété des fidèles comme révélation privée reçue[147]. Ces formes diverses disent la même conviction : la Passion ne se survole pas, elle se contemple lentement, scène après scène.
Méliton de Sardes, évêque du IIe siècle, prêchait déjà la Pâque chrétienne en relisant l'Exode : dans son homélie Sur la Pâque, conservée par un papyrus ancien et éditée au XXe siècle, il présente le Christ comme l'agneau véritable dont l'agneau d'Égypte était la figure[148]. Dix huit siècles de prédication, de chant et de prière séparent Méliton du fidèle qui suit aujourd'hui le Chemin de Croix, mais la lecture est la même : la Passion relue dans l'Exode, les Psaumes et les prophètes, et reçue comme le passage de Dieu qui libère.
Ce que propose l'exégèse moderne, et ses limites
Une partie de l'exégèse contemporaine propose de lire les récits de la Passion comme des compositions communautaires tardives, construites à partir de l'Ancien Testament plus que de souvenirs, et de dater leur rédaction après l'an 70 en y cherchant des allusions à la destruction du Temple. Dans sa forme la plus sceptique, cette lecture traite les paroles de Jésus comme des créations de la communauté, les détails convergents comme des emprunts littéraires entre évangélistes, et le tombeau vide comme un développement légendaire. Ces hypothèses doivent être exposées loyalement, puis examinées, car aucune d'elles ne s'impose comme un fait mesuré.
Les fragilités de la lecture sceptique
Plusieurs fragilités reviennent, et elles sont connues. D'abord, le présupposé : traiter d'emblée comme impossible que Jésus ait annoncé sa mort ou que les récits gardent une mémoire proche des faits, c'est décider avant l'enquête ce que l'enquête pourra trouver. Ensuite, la datation circulaire : dater un texte par une théorie de la communauté qui l'aurait produit, puis prouver la théorie par la date ainsi obtenue. S'y ajoute l'argument du silence, qui conclut de l'absence d'un détail chez un évangéliste à son invention chez un autre, alors que tout témoignage sélectionne. Enfin, l'extrapolation : passer d'une dépendance littéraire réelle entre synoptiques, que personne ne nie, à l'idée que le fond raconté serait sans ancrage dans le souvenir des témoins, ce que la dépendance littéraire, à elle seule, ne démontre pas[149].
À l'inverse, des travaux universitaires majeurs ont défendu la haute ancienneté du noyau de la Passion. La formule de foi que Paul transmet en 1 Corinthiens 15, reçue par lui dans les toutes premières années après la Croix, suppose déjà la mort du Christ « pour nos péchés, conformément aux Écritures », son ensevelissement et sa Résurrection prêchés comme un bloc reçu, non élaboré tardivement[150]. La sobriété de Marc, l'embarras des trahisons apostoliques conservées sans fard, et l'attestation extérieure de Tacite convergent dans le même sens : le fait de la Passion appartient au noyau le plus ancien et le moins contestable de la prédication chrétienne.
Ce qu'un lecteur catholique peut tenir
La conclusion n'est pas qu'il faudrait choisir entre la foi et l'étude. L'Église encourage l'étude des genres littéraires et des contextes historiques, pourvu qu'elle serve l'intelligence du texte au lieu de le dissoudre[151]. Un lecteur catholique peut donc tenir ensemble trois choses : l'historicité substantielle des quatre récits, reçue avec l'Église[152] ; la liberté d'examiner, en savant, les questions ouvertes de composition et de datation fine ; et le refus des reconstructions qui reposent sur le seul présupposé que le surnaturel et la prophétie seraient impossibles. C'est ce refus, argumenté et non pas seulement confessé, qui rend la position traditionnelle défendable devant un lecteur exigeant, théologien compris.
Pour aller plus loin
Les scènes que cet article survole pour garder l'unité du récit sont traitées en détail dans leurs articles propres :
- La Cène, le dernier repas et l'institution de l'Eucharistie
- L'agonie de Jésus à Gethsémani, la prière et la coupe au jardin des Oliviers
- L'entrée de Jésus à Jérusalem, les rameaux et l'acclamation
- Le procès de Jésus, les comparutions et la condamnation
- Le Notre Père, la prière que le Fils enseigne avant de la vivre jusqu'au bout
- Le Sermon sur la montagne, l'enseignement dont la Passion est l'accomplissement en actes
- Les tentations de Jésus au désert, le premier combat, en écho au jardin de la Passion
Notes et références
Catéchisme de l'Église catholique, n. 571 : le mystère pascal de la Croix et de la Résurrection au centre de la Bonne Nouvelle (Libreria Editrice Vaticana, 1992 ; texte sur vatican.va).
1 2 145Évangile selon saint Matthieu 26, le dernier repas, Gethsémani et l'arrestation (traduction liturgique AELF).
3Évangile selon saint Marc 14, la Cène, Gethsémani et l'arrestation (AELF).
4Évangile selon saint Luc 22, la Cène, le mont des Oliviers et l'arrestation (AELF).
5Évangile selon saint Jean 18, l'arrestation et les comparutions (AELF).
6Évangile selon saint Matthieu 27, le procès devant Pilate et la crucifixion (AELF).
7Évangile selon saint Marc 15, la condamnation, la crucifixion et la mise au tombeau (AELF).
8Évangile selon saint Luc 23, Pilate, Hérode, la Croix et le tombeau (AELF).
9Évangile selon saint Jean 19, la crucifixion, la mort et l'ensevelissement (AELF).
10Évangile selon saint Matthieu 27, 57-61, Joseph d'Arimathie et le tombeau neuf (AELF).
11Évangile selon saint Luc 23, 50-56, Joseph d'Arimathie et les femmes au tombeau (AELF).
12 62Évangile selon saint Jean 19, 38-42, Joseph d'Arimathie et Nicodème (AELF).
13Première lettre aux Corinthiens 15, 1-8, la formule de foi reçue et transmise (AELF).
14Première lettre aux Corinthiens 15, 3 : le Christ mort pour nos péchés conformément aux Écritures (AELF).
15 150Évangile selon saint Matthieu 27, 51-54, le voile déchiré, le tremblement de terre et les tombeaux ouverts (AELF).
16Évangile selon saint Marc 15, 34, le cri du Psaume 22 à la neuvième heure (AELF).
17 26 55Évangile selon saint Marc 15, 39, la confession du centurion (AELF).
18 61 85Évangile selon saint Luc 23, 34, la prière pour ceux qui le crucifient (AELF).
19 86Évangile selon saint Luc 23, 40-43, le bon larron (AELF).
20Évangile selon saint Luc 23, 8-12, la comparution devant Hérode (AELF).
21Évangile selon saint Jean 18, 4-8, Jésus se désigne devant ceux qui viennent l'arrêter (AELF).
22Évangile selon saint Jean 19, 26-27, Marie et le disciple au pied de la Croix (AELF).
23 31 88 122Évangile selon saint Matthieu 27, 19, le songe de la femme de Pilate (AELF).
24Évangile selon saint Matthieu 27, 5-10, la mort de Judas et le champ du potier (AELF).
25Évangile selon saint Luc 23, 22, la troisième déclaration d'innocence par Pilate (AELF).
27 72Évangile selon saint Luc 23, 41-43, la confession du larron repentant (AELF).
28Évangile selon saint Jean 18, 5-6, « C'est moi, je le suis », et le recul des gardes (AELF).
29Évangile selon saint Jean 19, 17, Jésus portant lui même sa croix (AELF).
30 50Saint Augustin, De consensu evangelistarum (De l'accord des évangélistes), ouvrage en quatre livres consacré à l'harmonie des quatre récits (vers 400).
32Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies III, 11, 8 : ni plus ni moins de quatre Évangiles (vers 180 ; éd. Sources chrétiennes).
33Fragment de Muratori, liste ancienne des livres reçus du Nouveau Testament, énumérant les quatre Évangiles (texte conservé à la Bibliothèque Ambrosienne, Milan).
34Concile de Trente, session IV, 8 avril 1546, décret sur les livres saints reçus en entier avec toutes leurs parties (DS 1501-1505).
35Concile Vatican I, constitution Dei Filius, ch. 2, 24 avril 1870 : les livres écrits sous l'inspiration de l'Esprit Saint ont Dieu pour auteur (DS 3006).
36Concile Vatican II, constitution Dei Verbum, n. 19, 18 novembre 1965 : origine apostolique des Évangiles et historicité affirmée sans hésiter (vatican.va).
37 152Évangile selon saint Matthieu 9, 9, l'appel de Matthieu le publicain (AELF).
38Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique III, 39, citant Papias d'Hiérapolis sur Matthieu et sur Marc, interprète de Pierre (éd. Sources chrétiennes).
39 40Évangile selon saint Luc 1, 1-4, le prologue et l'enquête auprès des témoins (AELF).
41Évangile selon saint Luc 1, 3 : s'être informé soigneusement de tout depuis les origines (AELF).
42Évangile selon saint Jean 21, 24, le disciple témoin qui a écrit ces choses (AELF).
43Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies III, 3, et la chaîne Polycarpe, disciple de Jean (éd. Sources chrétiennes) ; cf. Eusèbe, Histoire ecclésiastique V, 8 et VI, 14.
44Tacite, Annales XV, 44 : le Christ livré au supplice sous Tibère par le procurateur Ponce Pilate (vers 116 ; texte latin établi, traduction française littérale).
45 46Inscription de Ponce Pilate, Césarée maritime, pierre calcaire découverte en 1961 (fouilles d'Antonio Frova), nommant Ponce Pilate, préfet de Judée, dédiant un édifice à Tibère (musée d'Israël, Jérusalem).
47Flavius Josèphe, Antiquités juives XVIII, 63-64 (Testimonium Flavianum) : notice sur Jésus condamné par Pilate à la croix, dont les formules confessionnelles sont discutées et le noyau largement reçu.
48Évangile selon saint Jean 19, 13, le prétoire et le Lithostrotos (AELF).
49Évangile selon saint Jean 19, 41, le jardin et le tombeau neuf près du lieu de la crucifixion (AELF).
51Première lettre aux Corinthiens 1, 23 : un Christ crucifié, scandale pour les Juifs et folie pour les Grecs (AELF).
52Évangile selon saint Marc 15, 25, la troisième heure (AELF).
53Évangile selon saint Marc 15, 33, les ténèbres de la sixième à la neuvième heure (AELF).
54 80Évangile selon saint Luc 19, 41-44, Jésus pleure sur Jérusalem (AELF).
56Évangile selon saint Matthieu 26, 26-29, l'institution du repas (AELF).
57Évangile selon saint Jean 13, 4-15, le lavement des pieds (AELF).
58Évangile selon saint Marc 14, 43-50, l'arrestation (AELF).
59Évangile selon saint Jean 18, 28-38, Jésus conduit au prétoire (AELF).
60Évangile selon saint Luc 23, 55-56, les femmes au tombeau et la préparation des aromates (AELF).
63 125Évangile selon saint Matthieu 26, 15, les trente pièces d'argent (AELF).
64Livre de Zacharie 11, 12-13, les trente pièces et le potier (AELF).
65Évangile selon saint Luc 22, 61, le regard du Seigneur vers Pierre (AELF).
66Évangile selon saint Luc 22, 62, Pierre pleure amèrement (AELF).
67Évangile selon saint Marc 14, 50, tous l'abandonnent et prennent la fuite (AELF).
68Évangile selon saint Marc 14, 61-62, la confession de Jésus devant le grand prêtre (AELF).
69Évangile selon saint Marc 14, 62, « Je le suis », et le Fils de l'homme assis à la droite de la Puissance (AELF).
70Évangile selon saint Jean 18, 31, le droit de mettre à mort réservé à l'autorité romaine (AELF).
71Évangile selon saint Luc 23, 25, Pilate livre Jésus à leur volonté (AELF).
73Évangile selon saint Jean 18, 37, la royauté de Jésus et le témoignage à la vérité (AELF).
74Évangile selon saint Jean 18, 38, la question de Pilate sur la vérité (AELF).
75Évangile selon saint Jean 19, 24, le partage des vêtements et la tunique tirée au sort (AELF).
76Psaume 22, 19 : ils partagent entre eux mes vêtements (AELF).
77 109Évangile selon saint Jean 19, 19-20, le titre écrit par Pilate en trois langues (AELF).
78Évangile selon saint Jean 19, 20, le titre lu par beaucoup, près de la ville (AELF).
79Évangile selon saint Marc 15, 37, le grand cri et le dernier soupir (AELF).
81Évangile selon saint Luc 23, 46, la remise de l'esprit entre les mains du Père (AELF).
82 93 97Évangile selon saint Jean 19, 30, « Tout est accompli », et la remise de l'esprit (AELF).
83 92Évangile selon saint Marc 15, 38, le voile du Temple déchiré (AELF).
84Évangile selon saint Luc 23, 43, aujourd'hui dans le Paradis (AELF).
87Évangile selon saint Jean 19, 27, le disciple prend Marie chez lui (AELF).
89Évangile selon saint Matthieu 27, 46, le cri du Psaume 22 à la neuvième heure (AELF).
90 95Évangile selon saint Jean 19, 28, la soif du Crucifié (AELF).
91Psaume 31, 6 : en tes mains je remets mon esprit (AELF).
94Psaume 22, 28-31, l'annonce du salut à toutes les nations qui clôt le psaume (AELF).
96Saint Thomas d'Aquin, Somme de théologie III, q. 46-49 : la Passion du Christ, sa nécessité de convenance, ses effets et sa valeur de sacrifice (éd. du Cerf).
98 108Évangile selon saint Marc 8, 31, la première annonce de la Passion (AELF).
99Évangile selon saint Marc 9, 31, la seconde annonce de la Passion (AELF).
100Évangile selon saint Marc 10, 33-34, la troisième annonce, la plus détaillée (AELF).
101Évangile selon saint Matthieu 26, 52-53, l'épée remise au fourreau et les légions d'anges non demandées (AELF).
102Évangile selon saint Matthieu 26, 53-54, l'accomplissement des Écritures préféré au secours demandé (AELF).
103Évangile selon saint Jean 10, 18 : nul ne prend la vie du Bon Pasteur, il la donne de lui même (AELF).
104 105Catéchisme de l'Église catholique, n. 606-618 : l'offrande libre du Fils et le sacrifice de la Nouvelle Alliance (Libreria Editrice Vaticana, 1992).
106Catéchisme de l'Église catholique, n. 613 : la mort du Christ comme sacrifice pascal et sacrifice de la Nouvelle Alliance (Libreria Editrice Vaticana, 1992).
107Évangile selon saint Matthieu 27, 9-10, l'accomplissement de la parole prophétique sur le champ du potier (AELF).
110Psaume 69, 22 : du vinaigre pour ma soif (AELF).
111Évangile selon saint Jean 19, 29, l'éponge de vinaigre présentée au Crucifié (AELF).
112Livre d'Isaïe 53, 5, transpercé à cause de nos transgressions (AELF).
113 118Livre d'Isaïe 53, 7, silencieux comme l'agneau conduit à l'abattoir (AELF).
114Livre d'Isaïe 53, 9, son tombeau avec le riche (AELF).
115Actes des Apôtres 8, 32-33, l'eunuque lisant Isaïe 53 (AELF).
116Actes des Apôtres 8, 35, Philippe annonce Jésus à partir de ce passage (AELF).
117Évangile selon saint Luc 24, 25, le reproche aux disciples lents à croire les prophètes (AELF).
119Évangile selon saint Luc 24, 27, l'explication des Écritures à partir de Moïse et des prophètes (AELF).
120Évangile selon saint Jean 19, 25, Marie debout près de la Croix (AELF).
121Évangile selon saint Marc 15, 40-41, les femmes regardant de loin (AELF).
123Évangile selon saint Marc 15, 47, les femmes observent où le corps est déposé (AELF).
124Évangile selon saint Matthieu 26, 17-19, la préparation du repas de la Pâque (AELF).
126Évangile selon saint Marc 14, 16, les disciples préparent la Pâque (AELF).
127Évangile selon saint Jean 18, 28, ne pas entrer dans le prétoire pour pouvoir manger la Pâque (AELF).
128Évangile selon saint Jean 19, 14, le jour de la Préparation de la Pâque, vers la sixième heure (AELF).
129Évangile selon saint Jean 1, 29, voici l'Agneau de Dieu (AELF).
130Évangile selon saint Jean 19, 36, aucun de ses os ne sera brisé, parole rapprochée de l'agneau pascal (AELF).
131Benoît XVI, Jésus de Nazareth, tome 2, De l'entrée à Jérusalem à la Résurrection, Paris, Éditions du Rocher, 2011 : discussion des chronologies de la Cène et de la Croix et lecture du repas comme repas pascal anticipé.
132Première lettre aux Corinthiens 5, 7 : le Christ, notre Pâque, immolé (AELF).
133 134Évangile selon saint Marc 15, 21, Simon de Cyrène, père d'Alexandre et de Rufus (AELF).
135Évangile selon saint Luc 23, 26, Simon de Cyrène chargé de la croix derrière Jésus (AELF).
136Évangile selon saint Marc 15, 7, Barabbas emprisonné pour émeute et meurtre (AELF).
137Évangile selon saint Jean 18, 40, Barabbas était un bandit (AELF).
138Évangile selon saint Luc 23, 28-31, les filles de Jérusalem sur le chemin du Golgotha (AELF).
139Évangile selon saint Luc 23, 51, Joseph, membre du conseil, qui n'avait pas approuvé la décision (AELF).
140Évangile selon saint Marc 15, 43, Joseph d'Arimathie demande le corps à Pilate (AELF).
141Évangile selon saint Jean 3, 1-2, Nicodème vient trouver Jésus de nuit (AELF).
142Évangile selon saint Jean 19, 39, Nicodème apporte myrrhe et aloès pour l'ensevelissement (AELF).
143Missel romain, célébration de la Passion du Seigneur au Vendredi Saint : lecture de la Passion selon saint Jean, prière universelle et vénération de la Croix (édition typique).
144Saint Jean Paul II, lettre apostolique Rosarium Virginis Mariae, 16 octobre 2002, n. 22 : les cinq mystères douloureux (vatican.va).
146Luisa Piccarreta, Les Vingt quatre Heures de la Passion : méditation de la Cène à la mise au tombeau, heure par heure. Révélation privée reçue par l'Église (nulla osta du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, juin 2024) : citée comme méditation, non comme dogme.
147Méliton de Sardes, Sur la Pâque (Peri Pascha), homélie du IIe siècle (vers 160-170), éd. O. Perler, Sources chrétiennes 123, Paris, Cerf, 1966 ; texte conservé notamment par le Papyrus Bodmer XIII.
148Discussion des fragilités méthodologiques des reconstructions sceptiques : présupposé d'impossibilité, datation circulaire, argument du silence et extrapolation, examinées dans la littérature d'introduction au Nouveau Testament, par ex. R. E. Brown, Que sait on du Nouveau Testament ?, trad. fr., Paris, Bayard, 2000 (titre original An Introduction to the New Testament, 1997).
149Concile Vatican II, constitution Dei Verbum, n. 12 : l'étude des genres littéraires au service de l'intelligence de l'Écriture (vatican.va).
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