Le vendredi qui suit la Cène, vers la troisième heure du jour, Jésus est conduit hors de Jérusalem, au lieu dit Golgotha, et crucifié entre deux larrons. Il meurt vers la neuvième heure, après avoir prononcé sept paroles que les quatre évangiles ont conservées. Au moment de sa mort, le voile du Temple se déchire, la terre tremble et le centurion romain qui garde la croix confesse : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu » (Mc 15, 39). Pour la foi chrétienne, cette mort n'est pas un accident de l'histoire : elle est le sacrifice par lequel le Christ offre sa vie pour la multitude et accomplit les Écritures.
Cet article présente d'abord ce que les Écritures racontent et ce que l'Église en a toujours cru, avec les témoins anciens qui l'attestent, la théologie qui s'en déploie et la liturgie qui le célèbre encore chaque année. Le débat soulevé par une partie de l'exégèse contemporaine sur la date exacte, la chronologie des heures et l'historicité des phénomènes est exposé en fin d'article, avec les réponses qu'il appelle. Pour le récit d'ensemble de la Passion, voir La Passion selon les quatre évangiles ; pour ce qui précède immédiatement, voir Le procès de Jésus et L'agonie de Jésus à Gethsémani.
La crucifixion dans les Écritures : quatre récits pour un seul événement
Aucun événement de la vie de Jésus n'est raconté avec autant de détail que sa mort. Les quatre évangiles convergent sur le lieu, le mode d'exécution, les personnages présents et l'heure de la mort, tout en gardant chacun son accent propre. Saint Paul, qui écrit avant eux, résume déjà le noyau de la foi : « Je vous ai transmis en premier lieu ce que j'avais moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures » (1 Co 15, 3). Le Catéchisme rappelle que « la mort rédemptrice de Jésus accomplit en particulier la prophétie du Serviteur souffrant » d'Isaïe 53[1].
| Témoin | Date traditionnelle | Ce qu'il apporte en propre |
|---|---|---|
| Saint Matthieu (Mt 27, 32-56) | Apôtre et témoin, évangile reçu le premier par l'Église | Les ténèbres, le tremblement de terre, les tombeaux ouverts ; « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu » |
| Saint Marc (Mc 15, 21-41) | Interprète de saint Pierre à Rome | Le récit le plus sobre et le plus ancien dans sa forme ; le cri d'abandon du Psaume 21 ; la confession du centurion |
| Saint Luc (Lc 23, 26-49) | Compagnon de saint Paul, enquête auprès des témoins (Lc 1, 1-4) | La parole au bon larron, la prière du pardon, « Père, entre tes mains je remets mon esprit » |
| Saint Jean (Jn 19, 17-37) | L'apôtre bien-aimé, présent au pied de la croix | Le titulus en trois langues, la tunique sans couture, « Femme, voici ton fils », le coup de lance et le sang et l'eau |
Cette convergence est le premier fait à expliquer. Les quatre récits ont été rédigés pour des communautés différentes, à Rome, en Syrie, en Grèce et en Asie Mineure, et ils s'accordent sur des détails qu'aucun inventeur n'aurait eu intérêt à fabriquer : l'aide forcée d'un passant, Simon de Cyrène, dont Marc nomme les fils Alexandre et Rufus comme des personnes connues de ses lecteurs (Mc 15, 21) ; l'offre d'un vin mêlé de myrrhe refusé par Jésus (Mc 15, 23) ; le partage des vêtements au sort ; la présence de femmes nommées, Marie Madeleine, Marie mère de Jacques et de José, et Salomé (Mc 15, 40). La tradition de l'Église a toujours reçu ces quatre récits comme le témoignage des apôtres et de leurs compagnons, transmis sans rupture depuis les témoins oculaires[2].
« Ils arrivent à un lieu dit Golgotha, ce qui veut dire lieu du Crâne. Ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel ; il en goûta et n'en voulut point boire. » — Saint Matthieu, Mt 27, 33-34
Attribution et datation traditionnelles des évangiles
L'Église a reçu les quatre évangiles sous les noms de Matthieu, Marc, Luc et Jean, et cette attribution n'est pas une convention tardive. Saint Irénée de Lyon, vers 180, qui avait connu saint Polycarpe, lui-même disciple de l'apôtre Jean, énumère déjà les quatre évangiles comme un fait reçu partout : Matthieu a publié son évangile chez les Hébreux, Marc, interprète de Pierre, a transmis par écrit la prédication de l'apôtre, Luc, compagnon de Paul, a consigné l'évangile prêché par Paul, et Jean, le disciple du Seigneur, a publié le sien à Éphèse[3]. Le fragment de Muratori, liste romaine des livres reçus datée de la fin du IIe siècle, nomme Luc et Jean dans le même ordre[4].
La datation traditionnelle place Marc vers les années 60, Matthieu et Luc dans les années 60 à 80, et Jean vers la fin du Ier siècle, à Éphèse, lorsque l'apôtre, très âgé, complète le témoignage des trois premiers. Pour la crucifixion, cette chronologie compte : Marc écrit à une génération des faits, alors que des témoins vivent encore, et Paul, dès les années 50, transmet un kérygme de la mort du Christ qu'il dit avoir lui-même reçu (1 Co 15, 3). Le papyrus Rylands, fragment de l'évangile de Jean daté de la première moitié du IIe siècle et retrouvé en Égypte, montre que le quatrième évangile circulait déjà loin de son lieu d'origine quelques décennies après sa rédaction[5].
Une partie de l'exégèse contemporaine propose des datations plus tardives et des auteurs anonymes. Ce débat est traité en fin d'article. Il suffit de noter ici que l'attribution traditionnelle repose sur une chaîne de témoins nommés et géographiquement divers, et non sur une décision isolée : Papias d'Hiérapolis, vers 120, parle déjà de Marc interprète de Pierre et de Matthieu rédacteur des paroles du Seigneur, dans des fragments conservés par Eusèbe de Césarée[6].
Le supplice de la croix dans le monde romain
La crucifixion n'a pas été inventée pour Jésus. Les Romains l'avaient héritée des peuples de la Méditerranée et en avaient fait le supplice réservé aux esclaves révoltés, aux brigands et aux séditieux des provinces : une mort lente, publique et infamante, destinée à dissuader. Cicéron la qualifie de supplice le plus cruel et le plus hideux, et juge qu'un citoyen romain ne doit pas même en entendre le nom[7]. C'est pourquoi un citoyen comme saint Paul sera décapité, et non crucifié.
Le condamné portait la traverse de sa croix, le patibulum, jusqu'au lieu d'exécution, où le poteau vertical était déjà planté. Il était cloué ou lié par les poignets et par les pieds, puis laissé exposé. La mort survenait par épuisement, par perte de sang et par asphyxie progressive : pour respirer, le crucifié devait se redresser sur ses pieds cloués, au prix d'une douleur extrême. Les gardes accéléraient parfois la fin en brisant les jambes, le crurifragium, ce qui rendait ce redressement impossible (Jn 19, 31-32). Un écriteau, le titulus, portait le motif de la condamnation, afin que la foule comprenne la leçon.
L'archéologie a confirmé la réalité de cette pratique en Judée même. En 1968, dans le quartier de Giv'at ha-Mivtar, au nord de Jérusalem, des fouilles ont mis au jour l'ossuaire d'un crucifié du Ier siècle, nommé Jehohanan, dont l'os du talon droit conservait encore le clou de fer qui l'avait transpercé, avec un fragment de bois d'olivier[8]. C'est à ce jour le seul reste osseux d'un crucifié de l'Antiquité identifié avec certitude, les clous étant le plus souvent retirés et les corps des suppliciés rarement ensevelis dans un tombeau familial.
Le lieu : le Golgotha, hors des murs
Les quatre évangiles nomment le lieu Golgotha, mot araméen que Jean traduit par « lieu du Crâne » (Jn 19, 17). Trois explications de ce nom ont été proposées : une colline dont la forme évoquait un crâne, un lieu d'exécution où gisaient des ossements, ou la tradition, attestée chez plusieurs Pères, selon laquelle Adam aurait été enseveli à cet endroit, de sorte que le sang du Christ coulerait sur le crâne du premier homme. Quelle que soit l'étymologie, les données topographiques des évangiles convergent : le lieu se trouvait hors de l'enceinte de Jérusalem, car « Jésus, pour sanctifier le peuple par son propre sang, a souffert hors de la porte » (He 13, 12) ; il était proche de la ville, puisque l'inscription de la croix « fut lue par beaucoup de Juifs, car le lieu où Jésus fut crucifié était proche de la ville » (Jn 19, 20) ; et il comportait un jardin avec un tombeau neuf (Jn 19, 41).
La tradition chrétienne a identifié ce lieu, dès le IVe siècle, avec l'emplacement de l'église du Saint-Sépulcre, dans l'actuel quartier chrétien de la vieille ville. En 325, l'empereur Constantin fit démolir le temple de Vénus qu'Hadrien avait élevé sur le site après la révolte de Bar Kokhba, et les fouilles mirent au jour une colline rocheuse et des tombeaux taillés dans le roc, compatibles avec une carrière désaffectée située hors du mur d'enceinte du Ier siècle[9]. Sainte Hélène, mère de Constantin, présida selon la tradition à la découverte de la vraie croix lors de ce chantier[10]. La basilique constantinienne, consacrée en 335, engloba à la fois le rocher du Calvaire et le tombeau, et le pèlerinage n'a jamais cessé depuis : la Bordeaux, en 333, décrit déjà le parcours des pèlerins de Jérusalem au mont des Oliviers en passant par ces lieux[11].
Une hypothèse concurrente, dite du tombeau du Jardin, proposée au XIXe siècle au nord de la vieille ville, séduit par son cadre paisible, mais les tombeaux qu'elle présente datent de l'âge du fer et de l'époque byzantine, et non du Ier siècle ; elle ne repose sur aucune tradition ancienne. L'emplacement du Saint-Sépulcre reste le seul attesté par une mémoire continue et par l'archéologie du mur d'enceinte.
La date et l'heure : un vendredi de Pâque
Les Synoptiques placent la crucifixion le jour de la Pâque, après le repas pascal célébré la veille au soir, et Jean la place le jour de la Préparation de la Pâque, lorsque les agneaux sont immolés au Temple (Jn 19, 14). Dans les deux lectures, l'événement a lieu un vendredi du mois de Nisan, au printemps, vers l'an 30 ou l'an 33, les deux années où le 14 Nisan tombait un vendredi selon les calculs astronomiques : le 7 avril 30 ou le 3 avril 33[12]. La tradition liturgique a toujours célébré la mort du Christ le vendredi de la semaine de Pâque, et le débat porte sur l'articulation des calendriers, non sur le jour de la semaine, attesté par les quatre récits.
L'heure est donnée avec une précision rare. Marc écrit que Jésus fut crucifié à la troisième heure, soit vers neuf heures du matin, et qu'il expira à la neuvième heure, vers trois heures de l'après-midi, après des ténèbres qui couvrirent le pays de la sixième à la neuvième heure (Mc 15, 25.33-34). Jean mentionne la sixième heure pour la condamnation définitive devant Pilate (Jn 19, 14). Les commentateurs anciens relevaient déjà que les modes de computation des heures pouvaient varier, ou qu'une copie ancienne de Marc portait une lecture différente ; l'essentiel, reçu par toute la tradition, est une crucifixion le matin et une mort au milieu de l'après-midi, à l'heure même où les agneaux de la Pâque étaient immolés dans le Temple.
| Heure (computation juive) | Heure approximative | Événement |
|---|---|---|
| Troisième heure | Vers 9 h | Jésus est crucifié (Mc 15, 25) |
| Sixième heure | Vers midi | Des ténèbres couvrent tout le pays (Mc 15, 33) |
| Neuvième heure | Vers 15 h | Jésus pousse un grand cri et expire (Mc 15, 34-37) |
| Le soir venu | Avant le coucher du soleil | Joseph d'Arimathie demande le corps ; mise au tombeau avant le sabbat (Mc 15, 42-46) |
Du prétoire au Golgotha : le chemin et Simon de Cyrène
Après la flagellation et les moqueries des soldats, Jésus est conduit au lieu de l'exécution en portant sa croix (Jn 19, 17). Les Synoptiques racontent qu'en chemin, les soldats réquisitionnent un passant, Simon de Cyrène, qui revenait des champs, et le chargent de la croix derrière Jésus (Lc 23, 26). Cyrène se trouve en Libye actuelle ; Simon était vraisemblablement un Juif de la diaspora venu à Jérusalem pour la Pâque. Marc ajoute qu'il était le père d'Alexandre et de Rufus (Mc 15, 21), précision qui n'a de sens que si ses lecteurs romains connaissaient ces deux hommes : un Rufus est salué par Paul dans sa lettre aux Romains, avec sa mère, « qui est aussi la mienne » (Rm 16, 13). Le détail, sans portée théologique immédiate, porte la marque d'un souvenir transmis dans la communauté.
Luc seul rapporte la rencontre des femmes de Jérusalem qui se lamentent sur le chemin. Jésus se retourne et leur adresse une parole prophétique sur le malheur à venir de la ville : « Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ; pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants » (Lc 23, 28). La tradition de l'Église a médité ce déplacement, appelé plus tard chemin de croix, et en a fait une prière du carême, sans confondre la dévotion avec le récit lui-même.
Une foule nombreuse suit le cortège, note Luc (Lc 23, 27). La crucifixion romaine était un spectacle public par dessein : l'exécution se faisait le long d'une voie passante, afin d'être vue du plus grand nombre. C'est ce que confirme l'inscription placée au-dessus de la tête de Jésus, lisible par les passants.
Sur la croix : l'inscription, les vêtements et les moqueries
Pilate fait rédiger l'écriteau de la condamnation : « Jésus de Nazareth, le roi des Juifs », en hébreu, en latin et en grec (Jn 19, 19-20). Les trois langues disent la publicité de l'acte : l'hébreu pour le pays, le latin pour l'administration romaine, le grec pour le monde méditerranéen. Les grands prêtres demandent une correction, « ne mets pas le roi des Juifs, mais cet homme a dit : je suis le roi des Juifs », et Pilate refuse : « Ce que j'ai écrit, je l'ai écrit » (Jn 19, 21-22). L'Église a toujours lu dans ce titulus, au-delà de l'ironie du gouverneur, une proclamation : le motif de la condamnation énonce la vérité du condamné.
Les soldats se partagent les vêtements de Jésus et tirent au sort sa tunique, « d'un seul tenant, tissée d'une pièce à partir du haut » (Jn 19, 23). Jean y voit l'accomplissement de l'Écriture : « Ils se sont partagé mes vêtements, ils ont tiré au sort ma tunique » (Ps 21, 19, cité en Jn 19, 24). Le même psaume ouvre la prière de Jésus sur la croix et décrit avec une précision saisissante des détails du supplice : les mains et les pieds percés, les os que l'on peut compter, les moqueries des spectateurs (Ps 21, 8.17-18). Les évangélistes ne fabriquent pas ces rapprochements après coup : ils lisent l'événement dans la prière d'Israël, que Jésus lui-même a faite sienne.
Autour de la croix, les récits décrivent trois cercles de moqueries : les passants qui hochent la tête, les grands prêtres et les scribes qui se renvoient la provocation, et les deux larrons crucifiés avec lui (Mt 27, 39-44). Le défi lancé est toujours le même : « Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix » (Mt 27, 40). La réponse de Jésus est le silence et la prière. Le Catéchisme souligne que c'est précisément en ne descendant pas de la croix que Jésus se révèle le Serviteur qui « justifiera les multitudes » en portant leur iniquité[13].
Les deux larrons et la parole du Paradis
Jésus est crucifié entre deux malfaiteurs, que Luc appelle des larrons et que la tradition a souvent identifiés à des brigands ou à des insurgés. Marc et Matthieu rapportent que, dans un premier temps, les deux l'insultent avec la foule. Luc seul raconte la conversion de l'un d'eux : reprenant son compagnon qui injurie Jésus, il reconnaît la justice de leur propre condamnation, confesse l'innocence de Jésus, puis lui adresse la prière que l'Église n'a cessé de reprendre : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume » (Lc 23, 42). La réponse est immédiate et solennelle, introduite par l'amen de Jésus : « Amen, je te le dis : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis » (Lc 23, 43).
« Amen, je te le dis : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » — Jésus au bon larron, Lc 23, 43
La tradition a donné à ce larron le nom de Dismas, et l'Église le vénère comme saint, le seul saint canonisé, selon le mot souvent cité, par le Christ lui-même de son vivant. Sa conversion au dernier moment, sans autre œuvre que la confession de sa faute et la confiance dans le condamné d'à côté, est devenue pour les prédicateurs la preuve que la miséricorde ne connaît pas d'heure tardive. Elle montre aussi, dès la croix, la portée universelle du sacrifice : le premier homme sauvé par la mort du Christ est un criminel en train de subir la même peine.
Les sept paroles du Christ en croix
La tradition a rassemblé en sept paroles les phrases prononcées par Jésus sur la croix, réparties entre les quatre évangiles. Aucun évangéliste ne les donne toutes ; leur réunion est l'œuvre de la lecture de l'Église, qui y a vu un testament complet. Les heures de la Passion, méditées notamment par saint Alphonse de Liguori et par la tradition des Heures de la Passion transmise par Luisa Piccarreta, ont fait de ces paroles le centre de la contemplation du Vendredi saint, sans que ces méditations privées se substituent au texte évangélique lui-même.
Le pardon et la promesse
La première parole rapportée par Luc est une prière pour les bourreaux : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu'ils font » (Lc 23, 34). Elle accomplit la parole du Serviteur d'Isaïe qui « intercédait pour les transgresseurs » (Is 53, 12) et elle inaugure, dès la croix, l'enseignement du pardon des ennemis que Jésus avait donné dans le Sermon sur la montagne. La deuxième parole est la promesse au bon larron, déjà citée : le Paradis ouvert le jour même, avant même la résurrection.
Marie et Jean au pied de la croix
Jean, présent au pied de la croix avec Marie, rapporte la troisième parole, en deux temps : « Femme, voici ton fils », puis au disciple : « Voici ta mère » (Jn 19, 26-27). L'Église y a toujours lu davantage qu'une disposition familiale : Marie, qui avait consenti à l'Annonciation, est donnée comme mère au disciple bien-aimé, figure de tout disciple, et le disciple la prend « chez lui ». Le Catéchisme rattache cette scène à la maternité de Marie envers l'Église[14]. La présence de Marie au pied de la croix, debout selon le mot de Jean, est au cœur de la méditation du Stabat Mater, chanté dans la liturgie de Notre-Dame des Douleurs.
« Femme, voici ton fils. » Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » — Jésus en croix, Jn 19, 26-27
L'abandon, la soif et l'accomplissement
La quatrième parole est le cri rapporté par Marc et Matthieu dans la langue même de Jésus : « Eloï, Eloï, lema sabactani », « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné » (Mc 15, 34 ; Ps 21, 2). Ce n'est pas un cri de désespoir : c'est le premier verset du Psaume 21, prière du juste souffrant qui s'achève dans la louange et l'annonce de la conversion des nations. En le priant, Jésus prend sur lui l'expérience de l'éloignement de Dieu qui est celle du péché, tout en restant dans la prière d'Israël. Certains passants comprennent mal et croient qu'il appelle Élie, nouvelle moquerie née d'une méprise sur l'araméen.
La cinquième parole, chez Jean, est brève : « J'ai soif » (Jn 19, 28). Jean précise que Jésus la prononce « pour que l'Écriture soit accomplie », en écho au Psaume 68 : « Pour apaiser ma soif, ils m'ont donné du vinaigre » (Ps 68, 22). On lui présente une éponge imbibée de vinaigre au bout d'une tige d'hysope. La sixième parole suit immédiatement : « Tout est accompli » (Jn 19, 30), en grec tetelestai, mot qui signifie l'achèvement d'une tâche et l'acquittement d'une dette. La septième, chez Luc, remet tout entre les mains du Père, dans les mots du Psaume 30 : « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Lc 23, 46 ; Ps 30, 6). Puis, dit Jean, « il inclina la tête et remit l'esprit » (Jn 19, 30).
La mort : ténèbres, voile déchiré et confession du centurion
De la sixième à la neuvième heure, « des ténèbres couvrirent tout le pays » (Mc 15, 33). Les trois Synoptiques le rapportent comme un fait concomitant de la crucifixion. La tradition y a vu le deuil de la création, en écho à la prophétie d'Amos sur le soleil qui se couche à midi (Am 8, 9). Au moment de la mort, deux signes sont rapportés. D'abord, « le voile du Temple se déchira en deux, de haut en bas » (Mc 15, 38) : le rideau qui fermait le Saint des Saints, et que seul le grand prêtre franchissait une fois l'an, le jour de l'Expiation, est ouvert de haut en bas, c'est-à-dire par une initiative qui vient de Dieu. La lettre aux Hébreux y lit l'ouverture de l'accès au sanctuaire véritable par la chair du Christ, « voie nouvelle et vivante » (He 10, 19-20).
Ensuite, Matthieu seul ajoute que la terre trembla, que les rochers se fendirent et que des tombeaux s'ouvrirent (Mt 27, 51-53). Enfin, le centurion qui commande le poste d'exécution, témoin romain et païen de toute la scène, prononce la confession qui clôt le récit de Marc : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu » (Mc 15, 39). Luc donne à la même scène une inflexion propre : le centurion « rendit gloire à Dieu et dit : Celui-ci était réellement un homme juste » (Lc 23, 47), et les foules s'en retournent « en se frappant la poitrine » (Lc 23, 48). La première confession de la divinité du Christ après sa mort vient ainsi d'un soldat de l'exécution, comme le premier entré au Paradis est un larron : les récits soulignent que la croix renverse les rangs.
Jean ajoute un dernier fait, propre à son témoignage oculaire. Les autorités juives ayant demandé que les corps ne restent pas en croix pendant le sabbat de la Pâque, les soldats brisent les jambes des deux larrons ; venus à Jésus, ils le trouvent déjà mort et ne lui brisent pas les jambes. Un soldat lui ouvre le côté d'un coup de lance, « et aussitôt il en sortit du sang et de l'eau » (Jn 19, 34). Jean insiste sur sa qualité de témoin : « Celui qui a vu rend témoignage, et son témoignage est véridique » (Jn 19, 35). Il y voit l'accomplissement de deux Écritures : « Aucun de ses os ne sera brisé », prescription de l'agneau pascal (Ex 12, 46, cité en Jn 19, 36), et « Ils regarderont celui qu'ils ont transpercé » (Za 12, 10, cité en Jn 19, 37). La théologie de l'Église a lu dans le sang et l'eau les sacrements du baptême et de l'Eucharistie naissant du côté du Christ, nouvel Adam endormi dont l'Épouse est formée comme Ève du côté d'Adam.
Pour la suite immédiate, la demande du corps par Joseph d'Arimathie, la mise au tombeau et la garde du sépulcre, voir La mise au tombeau de Jésus.
Théologie de la croix : pourquoi cette mort sauve
La crucifixion n'est pas seulement un fait rapporté : elle est le centre de la prédication apostolique. Paul, qui avait été scandalisé comme tout Juif par l'idée d'un Messie crucifié, car « maudit soit quiconque est pendu au bois » (Dt 21, 23), en fait le cœur de son annonce : « Nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, il est Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu » (1 Co 1, 23-24). Il reprend la malédiction de la Loi pour la retourner : « Le Christ nous a rachetés de la malédiction de la Loi en devenant malédiction pour nous » (Ga 3, 13).
« Nous proclamons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, il est Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu. » — Saint Paul, 1 Co 1, 23-24
L'Église a tenu ensemble, sans les opposer, plusieurs langages pour dire le même mystère. Le langage du sacrifice : le Christ est l'Agneau de Dieu annoncé par Jean-Baptiste (Jn 1, 29), immolé à l'heure des agneaux de la Pâque, dont le sang rachète la multitude (Mc 10, 45). Le langage de l'accomplissement : le Serviteur d'Isaïe 53, « transpercé à cause de nos transgressions », dont Philippe explique le texte à l'eunuque éthiopien dès les premiers jours de l'Église (Ac 8, 32-35). Le langage de la victoire : la croix, instrument de honte, devient le trophée où le Christ « a dépouillé les Principautés et les Puissances et les a données en spectacle » (Col 2, 15), ce que la liturgie chante dans l'hymne Vexilla Regis. Le Catéchisme résume : « L'amour jusqu'à la fin confère sa valeur de rédemption et de réparation, d'expiation et de satisfaction au sacrifice du Christ »[15].
Cette théologie n'a jamais fait de la souffrance elle-même le prix exigé par un Dieu cruel : elle affirme que le Fils, librement, « s'est livré lui-même » (Ga 2, 20) et que le Père « n'a pas épargné son propre Fils, mais l'a livré pour nous tous » (Rm 8, 32). Le cri d'abandon et la remise confiante de l'esprit tiennent ensemble les deux faces du mystère : la pleine réalité de la souffrance humaine assumée, et la pleine confiance filiale qui traverse la mort. Voir La Cène pour les paroles d'institution qui donnent à cette mort son sens sacramentel, et L'agonie de Jésus à Gethsémani pour le consentement qui la précède.
La croix dans la vie de l'Église : liturgie et dévotion
La mort du Christ est célébrée chaque année au cœur du Triduum pascal, le Vendredi saint, dans la liturgie de la Passion : lecture de la Passion selon saint Jean, grande prière universelle, adoration de la croix et communion avec les hosties consacrées la veille, car le Vendredi saint est le seul jour de l'année où la messe n'est pas célébrée. La fête de l'Exaltation de la Sainte Croix, le 14 septembre, commémore la dédicace des basiliques constantiniennes de Jérusalem et la vénération de la relique de la croix. Chaque messe, en outre, fait mémoire de la mort du Seigneur dans l'anamnèse qui suit la consécration : « Nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus, nous proclamons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire »[16].
Le signe de croix, tracé sur le front puis sur tout le corps, est devenu le geste le plus familier du chrétien, et le crucifix, la représentation du Christ cloué sur la croix, l'image centrale de l'art chrétien d'Occident. Le chemin de croix, popularisé par les franciscains gardiens des lieux saints puis par saint Alphonse de Liguori, fait méditer en quatorze stations le trajet du prétoire au tombeau. Les stigmates reçus par saint François d'Assise sur l'Alverne en 1224, puis par de nombreux mystiques, ont été reçus par l'Église comme une participation singulière aux plaies du Crucifié, toujours discernée et jamais confondue avec le fait évangélique lui-même.
La piété envers les cinq plaies, le Précieux Sang et le Sacré-Cœur prolonge cette contemplation. Dans le sillage de la Divine Volonté, les Heures de la Passion méditées à partir des écrits de Luisa Piccarreta font parcourir aux fidèles, heure par heure, la journée du jeudi soir au vendredi soir ; ces méditations relèvent de la révélation privée reçue et se lisent à ce degré, sans se substituer aux récits évangéliques qui seuls font foi. Voir Les tentations de Jésus au désert pour la préparation lointaine de ce combat, et L'entrée de Jésus à Jérusalem pour l'ouverture de la semaine sainte.
Témoins anciens hors des évangiles
La crucifixion sous Ponce Pilate est l'un des faits de la vie de Jésus attestés aussi en dehors des textes chrétiens. Tacite, historien romain qui n'a aucune sympathie pour les chrétiens, qu'il décrit comme adonnés à une superstition exécrable, écrit vers 116 que « le Christ, à l'origine de ce nom, avait subi le supplice sous le règne de Tibère, par les mains du procurateur Ponce Pilate »[17]. Flavius Josèphe, historien juif du Ier siècle, mentionne la condamnation de Jésus par Pilate à la croix dans un passage dont la forme actuelle a été retouchée par des copistes chrétiens, mais dont le noyau, la crucifixion par Pilate à l'instigation des notables, est tenu pour authentique par la majorité des historiens qui travaillent sur le texte, y compris dans la version arabe qui conserve une forme moins interpolée[18].
Le Talmud de Babylone conserve, dans un passage du traité Sanhédrin, la mémoire déformée mais réelle d'une exécution de Jésus la veille de la Pâque, « pendu » après qu'un héraut eut cherché en vain un défenseur[19]. Les Actes des apôtres, enfin, montrent que la prédication la plus ancienne, dès la Pentecôte, place la crucifixion au centre et la nomme devant les habitants de Jérusalem : « Ce Jésus que vous avez crucifié, Dieu l'a fait Seigneur et Christ » (Ac 2, 36). Le fait de la mort en croix n'a jamais été nié par les adversaires anciens du christianisme : le philosophe païen Celse, au IIe siècle, le tourne en dérision, ce qui suppose qu'il le tient pour acquis[20]. Le débat ancien portait sur le sens de cette mort, jamais sur sa réalité.
Objections et débat historico-critique
Une partie de l'exégèse contemporaine reconnaît la crucifixion comme le fait le mieux établi de la vie de Jésus, précisément parce qu'un Messie crucifié était un scandale qu'aucune communauté n'aurait inventé : c'est le critère dit d'embarras, appliqué ici avec une force particulière. Les discussions portent plutôt sur les circonstances et sur la lecture des récits. Il convient de les exposer avec leurs limites.
La date : 30 ou 33, et le rapport entre Jean et les Synoptiques
La divergence la plus discutée concerne le jour exact : les Synoptiques font de la Cène un repas pascal et placent la crucifixion le 15 Nisan, tandis que Jean place la crucifixion le 14 Nisan, jour de la Préparation, à l'heure de l'immolation des agneaux. Une partie de l'exégèse contemporaine propose d'y voir le reflet de calendriers différents en usage à Jérusalem, ou une présentation théologique de Jean qui identifie Jésus à l'Agneau pascal. D'autres maintiennent une harmonie stricte en lisant la Préparation de Jean comme le vendredi de la semaine de Pâque. Le point à retenir est que le désaccord porte sur le comput du jour dans le mois, alors que les quatre récits s'accordent sur le vendredi, sur la proximité de la Pâque et sur la séquence Cène, arrestation nocturne, procès au matin et crucifixion. Une reconstruction qui part d'une divergence de calendrier pour conclure à l'irréalité de l'ensemble franchit un pas que les données n'imposent pas.
Les heures et les ténèbres
L'écart entre la troisième heure de Marc pour la crucifixion et la sixième heure de Jean pour la condamnation a nourri de nombreuses hypothèses de copie ou de computation différente des heures. De même, les ténèbres de midi sont parfois rapprochées d'une éclipse, rapprochement que les astronomes écartent, car une éclipse de soleil est impossible au moment de la pleine lune de la Pâque et ne dure pas trois heures. Les récits évangéliques ne parlent d'ailleurs pas d'éclipse : ils rapportent des ténèbres, dans le langage des prophètes, sans en donner la cause physique. Exiger du texte qu'il soit un relevé météorologique, puis le déclarer faux parce qu'il n'en est pas un, revient à lui imposer un genre littéraire qui n'est pas le sien. L'historien ancien Thallos, cité par Jules l'Africain, tentait déjà d'expliquer des ténèbres par une éclipse, ce qui atteste au moins que le souvenir de ténèbres inhabituelles circulait tôt[21].
Les phénomènes et les paroles
Les tremblements de terre et les tombeaux ouverts, rapportés par le seul Matthieu, sont souvent classés comme des ajouts symboliques. Il est exact qu'ils relèvent, chez Matthieu, d'une écriture chargée de références aux prophètes ; il ne s'ensuit pas qu'ils soient sans aucun ancrage, et l'argument du silence des trois autres évangélistes ne prouve pas l'inexistence d'un fait qu'ils n'avaient pas vocation à tous rapporter de la même façon. Pour les sept paroles, leur répartition entre quatre récits indépendants est précisément ce qu'on attend de témoignages complémentaires ; l'hypothèse qui fait de chacune une création de la communauté doit expliquer pourquoi aucune communauté n'a créé la parole qui arrangeait le mieux sa propre théologie du moment, et pourquoi Luc conserve à la fois le pardon des bourreaux et la prière d'abandon remplacée par la remise confiante.
La limite générale de ces reconstructions tient à leurs présupposés : lorsque la datation d'un récit est repoussée au-delà de la vie des témoins au motif qu'il contient une prophétie trop précise, comme la ruine de Jérusalem annoncée avant la crucifixion, la conclusion est déjà dans la prémisse. L'attribution traditionnelle des évangiles, portée par Irénée, Papias et la réception des Églises, reste défendable, et c'est à son aune que les récits de la crucifixion doivent d'abord être lus : comme le témoignage reçu de ceux qui étaient là, dont Jean qui déclare avoir vu le sang et l'eau couler du côté transpercé.
Pour aller plus loin
- Lire les quatre récits dans leur continuité : Mt 26 à 27 ; Mc 14 à 15 ; Lc 22 à 23 ; Jn 18 à 19, puis le commentaire du Catéchisme de l'Église catholique, numéros 595 à 623.
- La Passion selon les quatre évangiles pour le récit d'ensemble, de Gethsémani au tombeau.
- Le procès de Jésus pour les audiences devant le Sanhédrin, Pilate et Hérode qui précèdent la condamnation.
- La Cène pour le repas pascal de la veille et les paroles d'institution de l'Eucharistie.
- L'agonie de Jésus à Gethsémani pour la nuit de prière et l'arrestation.
- La mise au tombeau de Jésus pour la descente de croix et la sépulture par Joseph d'Arimathie.
- La descente aux enfers pour le samedi saint et l'annonce aux morts.
- Les apparitions du Ressuscité pour le matin de Pâque et les rencontres du Christ ressuscité.
Notes et références
Catéchisme de l'Église catholique, n. 601 : « Cette mort rédemptrice de Jésus accomplit en particulier la prophétie du Serviteur souffrant », avec renvoi à Is 53, 7-8 et Ac 8, 32-35. Édition définitive, Mame/Plon, Paris, 1998.
1 13Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 1, 1 : énumération des quatre évangiles et de leurs auteurs, vers 180. Édition A. Rousseau et L. Doutreleau, Sources chrétiennes 211, Cerf, Paris, 1974.
2 3Fragment de Muratori, liste des livres reçus à Rome, fin du IIe siècle, lignes sur Luc et Jean. Édition dans E. Preuschen, Analecta, 2e éd., Tübingen, 1910.
4Papyrus Rylands Gk. 457 (P52), fragment de Jn 18, 31-33.37-38, daté de la première moitié du IIe siècle, John Rylands Library, Manchester. C. H. Roberts, An Unpublished Fragment of the Fourth Gospel, Manchester, 1935.
5Papias d'Hiérapolis, Fragments, vers 120, conservés dans Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, III, 39, 15-16, sur Marc interprète de Pierre et sur Matthieu. Sources chrétiennes 31, Cerf, Paris, 1952.
6Cicéron, Contre Verrès, II, 5, 165 : le supplice de la croix qualifié de très cruel et très hideux, et indigne d'un citoyen romain. Édition Les Belles Lettres, Paris, 1929.
7Y. Yadin et N. Haas, travaux sur l'ossuaire de Jehohanan, Giv'at ha-Mivtar, Jérusalem, 1968 ; N. Haas, « Anthropological Observations on the Skeletal Remains from Giv'at ha-Mivtar », Israel Exploration Journal, vol. 20, 1970, p. 38-59.
8Eusèbe de Césarée, Vie de Constantin, III, 25-40 : démolition du temple de Vénus, découverte du tombeau et construction des basiliques, vers 337. Sources chrétiennes 559, Cerf, Paris, 2013.
9Sulpice Sévère, Chronique, II, 33, sur la découverte de la croix sous sainte Hélène ; à compléter par Ambroise de Milan, De obitu Theodosii, 43-47. Sources chrétiennes 441, Cerf, Paris, 1999.
10Itinerarium Burdigalense, pèlerin de Bordeaux, 333, description de Jérusalem et des lieux de la Passion. Sources chrétiennes 320 (P. Maraval, Lieux saints et pèlerinages d'Orient), Cerf, Paris, 1985.
11C. J. Humphreys et W. G. Waddington, « Dating the Crucifixion », Nature, vol. 306, 1983, p. 743-746 : calculs astronomiques retenant le 3 avril 33, à discuter avec le 7 avril 30.
12Catéchisme de l'Église catholique, n. 964 : le rôle de Marie « envers l'Église et toute l'humanité » va jusqu'à la croix, où elle est donnée comme mère au disciple, Mame/Plon, Paris, 1998.
14Catéchisme de l'Église catholique, n. 616 : « C'est l'amour jusqu'à la fin (Jn 13, 1) qui confère sa valeur de rédemption et de réparation, d'expiation et de satisfaction au sacrifice du Christ », Mame/Plon, Paris, 1998.
15Missel romain, prière eucharistique, anamnèse du peuple : « Nous annonçons ta mort, Seigneur Jésus, nous proclamons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ». Desclée-Mame, Paris, édition typique.
16Tacite, Annales, XV, 44, 3 : « le Christ avait subi le supplice sous le règne de Tibère, par les mains du procurateur Ponce Pilate », vers 116. Édition Les Belles Lettres, Paris, 1990.
17Flavius Josèphe, Antiquités juives, XVIII, 63-64 (Testimonium Flavianum) ; sur le noyau authentique et la version arabe d'Agapios, S. Pines, An Arabic Version of the Testimonium Flavianum, Jérusalem, 1971.
18Talmud de Babylone, traité Sanhédrin 43a : mémoire d'une exécution la veille de la Pâque. Édition Soncino, Londres, 1935.
19Celse, Discours véritable, vers 177, fragments conservés dans Origène, Contre Celse, I-II : dérision de la crucifixion, qui suppose le fait tenu pour acquis. Sources chrétiennes 132, Cerf, Paris, 1967.
20Thallos, Histoire, fragment cité par Jules l'Africain et conservé par Georges le Syncelle, Chronographie : tentative d'explication des ténèbres par une éclipse. Fragmente der griechischen Historiker 256.
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