Le baptême est, dans la foi catholique, le premier et le plus nécessaire des sept sacrements : la porte par laquelle on entre dans la vie chrétienne. Le Catéchisme de l'Église catholique l'appelle « le fondement de toute la vie chrétienne, le porche de la vie dans l'Esprit […] et la porte qui ouvre l'accès aux autres sacrements »[1]. Sans lui, on ne peut recevoir aucun autre sacrement.
Le rite est d'une extrême simplicité : on verse de l'eau sur la tête du candidat (ou on l'y plonge) en prononçant les paroles « Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit »[2]. Mais sous ce geste pauvre se produit, selon l'Église, le plus grand des renversements : le baptisé est libéré de tout péché, devient fils de Dieu, membre du Christ et temple de l'Esprit Saint, et il est incorporé à l'Église[3].
Trois traits résument sa singularité. Il est nécessaire au salut : « nul ne peut entrer au Royaume de Dieu » sans renaître « de l'eau et de l'Esprit » (Jn 3, 5)[4]. Il ne se reçoit qu'une seule fois, car il imprime dans l'âme un « caractère » indélébile que nul péché n'efface[5]. Et il fonde l'unité de tous les chrétiens : un baptême conféré validement, même hors de l'Église catholique, fait de celui qui le reçoit un chrétien[6].
Cet article présente le sacrement dans son ensemble : ce qu'il est, son enracinement dans l'histoire du salut, sa célébration, ses ministres, ses effets et sa nécessité. Pour la notion générale de sacrement, voir Qu'est-ce qu'un sacrement ? ; les questions particulières — nécessité au salut, baptême des bébés, sort des enfants morts sans baptême — sont traitées dans les articles signalés en chemin.
Qu'est-ce que le baptême ? « La porte de la vie spirituelle »
Avant tout débat, il faut entendre ce que l'Église dit du baptême en propre. Le Catéchisme en donne, dès la première phrase de son exposé, une définition d'une densité remarquable.
Le sacrement de la régénération « par l'eau et dans la parole »
« Le saint Baptême est le fondement de toute la vie chrétienne, le porche de la vie dans l'Esprit et la porte qui ouvre l'accès aux autres sacrements. Par le Baptême nous sommes libérés du péché et régénérés comme fils de Dieu, nous devenons membres du Christ et nous sommes incorporés à l'Église et faits participants à sa mission. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1213[7]
Tout est là. Le baptême est d'abord une régénération — une seconde naissance. Le mot n'est pas une image pieuse : l'Église le tient pour une transformation réelle de l'être, « le sacrement de la régénération par l'eau et dans la parole »[8]. On ne devient pas chrétien par simple décision morale ou par adhésion intellectuelle : on renaît, d'une vie nouvelle qui n'existait pas auparavant. C'est pourquoi l'Écriture parle d'une « nouvelle créature » (2 Co 5, 17) et d'un « bain de la régénération et de la rénovation en l'Esprit Saint » (Tt 3, 5)[9].
« Baptiser », c'est « plonger » : le sens du mot
Le nom du sacrement vient du geste qui l'accomplit. Le verbe grec baptizein signifie « plonger », « immerger »[10]. Cette plongée n'est pas un simple lavage : elle dit une mort et une résurrection.
« La "plongée" dans l'eau symbolise l'ensevelissement du catéchumène dans la mort du Christ d'où il sort par la résurrection avec lui, comme "nouvelle créature". » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1214[11]
L'eau évoque deux réalités à la fois : la mort (on disparaît sous elle) et la vie (elle lave et féconde). Le baptisé descend dans l'eau comme le Christ au tombeau, et il en remonte comme le Christ ressuscité. Ce double symbolisme — mort au péché, naissance à la grâce — gouverne toute la théologie du baptême.
Les multiples noms du baptême
La tradition chrétienne a multiplié les noms pour dire la richesse de ce don. Le baptême est appelé « illumination », parce que le baptisé reçoit le Christ, « la lumière véritable qui illumine tout homme » (Jn 1, 9), et devient lui-même « fils de lumière »[12]. Saint Grégoire de Nazianze, au IVᵉ siècle, en a dressé la plus belle énumération :
« Le Baptême est le plus beau et le plus magnifique des dons de Dieu. […] Nous l'appelons don, grâce, onction, illumination, vêtement d'incorruptibilité, bain de régénération, sceau, et tout ce qu'il y a de plus précieux. Don, parce qu'il est conféré à ceux qui n'apportent rien ; grâce, parce qu'il est donné même à des coupables ; baptême, parce que le péché est enseveli dans l'eau ; onction, parce qu'il est sacré et royal (tels sont ceux qui sont oints) ; illumination, parce qu'il est lumière éclatante ; vêtement, parce qu'il voile notre honte ; bain, parce qu'il lave ; sceau, parce qu'il nous garde et qu'il est le signe de la seigneurie de Dieu. » — Saint Grégoire de Nazianze, Discours 40, 3-4[13]
Chacun de ces noms désigne un aspect réel de la grâce baptismale : le baptême est gratuit (don), il purifie (bain), il illumine (illumination), il consacre (onction), il marque pour toujours (sceau). On retrouvera ces effets plus bas, lorsqu'il s'agira de dire ce que le baptême produit.
Le baptême dans l'histoire du salut
Le baptême n'est pas tombé du ciel un beau matin : selon l'Église, Dieu l'a préparé de loin, à travers toute l'histoire sainte, avant de l'instituer dans le Christ. C'est ce que la liturgie de la nuit pascale célèbre lorsqu'elle bénit l'eau baptismale.
Les préfigurations de l'Ancienne Alliance
Dès la nuit de Pâques, l'Église « fait solennellement mémoire des grands événements de l'histoire du salut qui préfiguraient déjà le mystère du Baptême »[14]. L'eau, « cette créature humble et admirable », traverse toute l'Écriture comme signe de vie et de mort, de jugement et de salut[15]. Quatre grandes figures se détachent.
| Figure de l'Ancienne Alliance | Ce qu'elle annonce du baptême | Référence |
|---|---|---|
| L'Esprit de Dieu planant sur les eaux de la création (Gn 1, 2) | L'eau reçoit « en germe la force qui sanctifie » | CEC § 1218 |
| L'arche de Noé : « huit personnes furent sauvées par l'eau » (1 P 3, 20) | Le salut à travers l'eau du déluge, « mort du péché et naissance de toute justice » | CEC § 1219[16] |
| La traversée de la mer Rouge | La libération de l'esclavage, « race libérée de la servitude » | CEC § 1221 |
| La traversée du Jourdain vers la Terre promise | L'entrée dans l'héritage de la vie éternelle | CEC § 1222[17] |
L'apôtre Pierre établit lui-même le lien entre l'arche de Noé et le baptême : de même que huit personnes « furent sauvées par l'eau », « ce qui y correspond, c'est le baptême qui vous sauve maintenant » (1 P 3, 20-21). La mer Rouge, « véritable libération d'Israël de l'esclavage d'Égypte », annonce de son côté la libération opérée par le baptême[18]. Toutes ces figures convergent vers un seul accomplissement : le Christ.
Le baptême du Christ au Jourdain
« Toutes les préfigurations de l'Ancienne Alliance trouvent leur achèvement dans le Christ Jésus. Il commence sa vie publique après s'être fait baptiser par saint Jean le Baptiste dans le Jourdain. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1223[19]
Au Jourdain, le Christ n'a pas besoin d'être purifié — il est sans péché. S'il se soumet au baptême de Jean, « destiné aux pécheurs », c'est pour « accomplir toute justice » (Mt 3, 15) et se ranger, par humilité, parmi les hommes qu'il vient sauver[20]. Cet abaissement est une « manifestation de son anéantissement » (Ph 2, 7) : « L'Esprit qui planait sur les eaux de la première création descend alors sur le Christ, en prélude de la nouvelle création, et le Père manifeste Jésus comme son "Fils bien-aimé" »[21]. Le baptême chrétien fera désormais entendre, sur chaque baptisé, cette même parole d'adoption. Sur cet épisode, voir Le baptême de Jésus et Saint Jean-Baptiste.
Né du côté transpercé : le baptême jaillit de la Croix
Mais ce n'est pas au Jourdain que le baptême a reçu sa puissance de salut : c'est à la Croix. Le Christ avait parlé de sa passion comme d'un « baptême » dont il devait être baptisé (Mc 10, 38 ; Lc 12, 50)[22]. Et lorsque le soldat ouvre son côté, il en sort « du sang et de l'eau » (Jn 19, 34), que la tradition lit comme les sources mêmes des sacrements :
« Vois où tu es baptisé, d'où vient le Baptême, sinon de la croix du Christ, de la mort du Christ. Là est tout le mystère : il a souffert pour toi. C'est en lui que tu es racheté, c'est en lui que tu es sauvé. » — Saint Ambroise de Milan, Sur les sacrements, II, 6[23]
Le baptême n'a donc rien d'un rite magique : il applique à chacun la grâce acquise une fois pour toutes par la mort et la résurrection du Christ. « C'est dans sa Pâque que le Christ a ouvert à tous les hommes les sources du Baptême »[24].
De la Pentecôte aux maisons entières : le baptême des Apôtres
Le Christ ressuscité confie aux Apôtres la mission expresse de baptiser : « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit » (Mt 28, 19-20)[25]. Dès le jour de la Pentecôte, l'Église obéit. À la foule bouleversée par sa prédication, saint Pierre répond :
« Convertissez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour obtenir le pardon de ses péchés. Vous recevrez alors le don du Saint-Esprit. » — Actes des Apôtres, 2, 38[26]
Ce jour-là, « environ trois mille personnes » sont baptisées (Ac 2, 41). Les Apôtres offrent ensuite le baptême « à quiconque croit en Jésus : juifs, craignants-Dieu, païens »[27]. Le Nouveau Testament montre des « maisons » entières recevant le baptême — celle de Lydie, celle du geôlier de Philippes, celle de Stéphanas[28] —, ce qui pèsera dans la question du baptême des enfants.
« Ensevelis avec lui » : la théologie de saint Paul
C'est saint Paul qui a donné au baptême sa formulation théologique la plus profonde. Pour lui, être baptisé, c'est être plongé dans la mort et la résurrection du Christ :
« Baptisés dans le Christ Jésus, c'est dans sa mort que tous nous avons été baptisés. Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle. » — Saint Paul, Épître aux Romains 6, 3-4[29]
Les baptisés ont « revêtu le Christ » (Ga 3, 27) ; par l'Esprit Saint, le baptême est « un bain qui purifie, sanctifie et justifie » (1 Co 6, 11)[30]. C'est ce que résume la formule lapidaire de saint Augustin, devenue le principe de toute la théologie sacramentelle : « La parole rejoint l'élément matériel, et cela devient un sacrement. »[31] L'eau seule lave le corps ; mais quand la parole du Christ s'y joint, le geste devient porteur de la vie divine.
Comment se célèbre le baptême ? Matière, forme et rite
Si l'on demande ce qu'il faut concrètement pour baptiser, la réponse de l'Église est précise et tient en deux mots : une chose (l'eau) et des paroles (l'invocation de la Trinité). C'est ce que la théologie appelle la matière et la forme du sacrement. Sur cette distinction commune à tous les sacrements, voir La matière et la forme des sacrements.
L'eau et la formule trinitaire
La matière du baptême est « l'eau vraie et naturelle » — peu importe qu'elle soit chaude ou froide, de source ou de fleuve, pourvu qu'elle soit véritablement de l'eau[32]. Le concile de Trente a défini ce point contre ceux qui voulaient comprendre les paroles du Christ au sens figuré :
« Si quelqu'un dit que l'eau vraie et naturelle n'est pas chose nécessaire pour le baptême et si, en conséquence, il détourne au sens d'une métaphore les paroles de notre Seigneur Jésus-Christ "Si l'on ne renaît pas de l'eau et de l'Esprit Saint" : qu'il soit anathème. » — Concile de Trente, session VII, canon 2 sur le baptême[33]
La forme, ce sont les paroles essentielles. Dans l'Église latine, le ministre dit : « N., je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit »[34]. Omettre l'invocation des trois Personnes, ou employer une autre formule, rendrait le baptême nul : ce ne serait plus le sacrement voulu par le Christ. C'est pourquoi un baptême conféré « au nom du Créateur, du Libérateur et du Sanctificateur », par exemple, est invalide.
Quant au geste, deux manières sont licites depuis l'antiquité. Le baptême « est accompli de la façon la plus significative par la triple immersion dans l'eau baptismale » ; « mais depuis l'antiquité il peut aussi être conféré en versant par trois fois l'eau sur la tête du candidat » (infusion)[35]. L'immersion exprime mieux l'ensevelissement avec le Christ ; l'infusion, plus pratique, est devenue la forme habituelle en Occident.
Le déroulement de la célébration
Le rite complet du baptême déploie, par une succession de gestes et de symboles, tout ce que le sacrement opère invisiblement[36]. Le Catéchisme en commente chaque étape.
- Le signe de la croix — L'empreinte du Christ. Au seuil de la célébration, le signe de la croix « marque l'empreinte du Christ sur celui qui va lui appartenir et signifie la grâce de la rédemption que le Christ nous a acquise par sa croix ».
- L'annonce de la Parole — La foi suscitée. La proclamation de la Parole de Dieu « illumine de la vérité révélée les candidats et l'assemblée, et suscite la réponse de la foi, inséparable du Baptême ». Le baptême est « le sacrement de la foi ».
- L'exorcisme et l'onction — La rupture avec le mal. Parce que le baptême « signifie la libération du péché et de son instigateur, le diable », on prononce un exorcisme ; le candidat est oint de l'huile des catéchumènes et renonce explicitement à Satan.
- La bénédiction de l'eau — L'épiclèse. L'eau baptismale est consacrée par une prière qui demande que « la puissance du Saint-Esprit descende dans cette eau », afin que les baptisés « naissent de l'eau et de l'Esprit ».
- Le rite essentiel — Le baptême proprement dit. Le cœur du sacrement : la triple immersion ou la triple infusion accompagnée des paroles « N., je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ».
- L'onction du saint chrême — Prêtre, prophète et roi. L'onction d'huile parfumée « signifie le don de l'Esprit Saint » : le baptisé devient un « chrétien », c'est-à-dire un « oint », incorporé au Christ prêtre, prophète et roi.
- Le vêtement blanc et le cierge — Revêtu du Christ, illuminé. Le vêtement blanc symbolise que le baptisé a « revêtu le Christ » ; le cierge, allumé au cierge pascal, signifie que le Christ a illuminé le néophyte, désormais « lumière du monde ».
La célébration s'achève par le Notre Père — que le nouvel enfant de Dieu peut désormais réciter en vérité — et par une bénédiction solennelle[37]. Dans l'initiation des adultes, le baptême est immédiatement suivi de la confirmation et de l'eucharistie, « point culminant » de l'initiation chrétienne[38].
Le parrain et la marraine
Le baptisé, surtout s'il est enfant, est accompagné d'un parrain ou d'une marraine. Leur rôle n'est pas honorifique : ils « doivent être des croyants solides, capables et prêts à aider le nouveau baptisé […] sur son chemin dans la vie chrétienne »[39]. Le Catéchisme parle d'une « véritable fonction ecclésiale »[40]. Car la grâce baptismale, pour se déployer, a besoin d'être nourrie : « Toute la communauté ecclésiale porte une part de responsabilité dans le déploiement et la garde de la grâce reçue au Baptême. »[41]
Qui peut baptiser et qui peut être baptisé ?
Deux questions pratiques se posent : qui administre le sacrement, et qui peut le recevoir ? Sur ces points, le baptême a un régime exceptionnel, justement parce qu'il est nécessaire au salut.
Le ministre : ordinaire et extraordinaire
Les ministres ordinaires du baptême sont l'évêque, le prêtre et, dans l'Église latine, le diacre[42]. Mais le baptême connaît une particularité unique parmi les sacrements :
« En cas de nécessité, toute personne, même non baptisée, ayant l'intention requise, peut baptiser, en appliquant la formule baptismale trinitaire. L'intention requise, c'est de vouloir faire ce que fait l'Église en baptisant. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1256[43]
Le concile de Florence l'avait déjà enseigné : en cas de nécessité, « non seulement un prêtre ou un diacre, mais même un laïc ou une femme, bien plus un païen et un hérétique » peut baptiser validement, pourvu qu'il respecte la forme et ait l'intention de faire ce que fait l'Église[44]. La raison de cette largeur ? « La volonté salvifique universelle de Dieu et la nécessité du Baptême pour le salut »[45]. Dieu n'a pas voulu que le salut d'un mourant dépende de la présence d'un prêtre. Sur les ministres en général, voir Le ministre ordinaire et extraordinaire.
Cette logique éclaire aussi un point œcuménique majeur : un baptême donné par un protestant, avec de l'eau et la formule trinitaire, est valide. Le concile de Trente l'a défini :
« Si quelqu'un dit que le baptême, même donné par des hérétiques au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, avec l'intention de faire ce que fait l'Église, n'est pas un vrai baptême : qu'il soit anathème. » — Concile de Trente, session VII, canon 4 sur le baptême[46]
C'est pourquoi un converti déjà baptisé validement dans une autre confession chrétienne n'est jamais rebaptisé en entrant dans l'Église catholique. Sur la notion de validité, voir La validité des sacrements.
Le baptême des adultes : le catéchuménat
« Tout être humain non encore baptisé, et lui seul, est capable de recevoir le Baptême. »[47] Pour un adulte, la réception est préparée par le catéchuménat, « initiation à la foi et à la vie chrétienne » qui le dispose à recevoir, le plus souvent dans la même célébration, le baptême, la confirmation et l'eucharistie[48]. Vatican II a restauré ce catéchuménat « distribué en plusieurs étapes »[49]. Les catéchumènes, note le Catéchisme, « sont déjà unis à l'Église […], la Mère Église les enveloppe déjà comme siens dans son amour »[50].
Le baptême des petits enfants
Faut-il baptiser les nouveau-nés, qui ne peuvent pas encore faire un acte de foi ? L'Église répond oui, depuis toujours :
« Naissant avec une nature humaine déchue et entachée par le péché originel, les enfants eux aussi ont besoin de la nouvelle naissance dans le Baptême afin d'être libérés du pouvoir des ténèbres et d'être transférés dans le domaine de la liberté des enfants de Dieu. […] La pure gratuité de la grâce du salut est particulièrement manifeste dans le Baptême des enfants. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1250[51]
Cette pratique est « une tradition immémoriale de l'Église », « attestée explicitement depuis le deuxième siècle », et probablement présente dès l'âge apostolique lorsque des « maisons » entières furent baptisées[52]. Les enfants « sont baptisés dans la foi de l'Église »[53]. Le concile de Trente a condamné l'idée qu'il faudrait attendre l'âge de raison, ou rebaptiser les enfants devenus grands[54]. Pour le détail de cette question, souvent débattue avec les évangéliques, voir Pourquoi baptiser les bébés ? et Le baptême des bébés, une pratique sans fondement ?.
Que produit le baptême ? Les fruits de la grâce baptismale
Voici le cœur du sacrement : non ce qu'il symbolise, mais ce qu'il opère réellement. Le Catéchisme distingue « deux effets principaux : la purification des péchés et la nouvelle naissance dans l'Esprit Saint »[55], dont découlent l'incorporation à l'Église et le caractère.
La rémission de tous les péchés et de toute peine
Le premier effet est une purification totale, sans reste :
« Par le Baptême, tous les péchés sont remis, le péché originel et tous les péchés personnels ainsi que toutes les peines du péché. En effet, en ceux qui ont été régénérés il ne demeure rien qui les empêcherait d'entrer dans le Royaume de Dieu, ni le péché d'Adam, ni le péché personnel, ni les suites du péché, dont la plus grave est la séparation de Dieu. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1263[56]
C'est un point décisif et propre au baptême : à la différence de la confession, qui remet les péchés mais laisse subsister des peines temporelles à expier, le baptême efface tout, péché et peine. Un adulte qui mourrait aussitôt après son baptême entrerait directement au Ciel. Sur le péché originel ainsi effacé, voir Pourquoi l'Église parle-t-elle de péché originel ?.
Ce qui demeure : la concupiscence
Le baptême efface le péché, mais il ne supprime pas toutes les conséquences de la chute. Demeurent « certaines conséquences temporelles du péché » : la souffrance, la maladie, la mort, les faiblesses de caractère, et surtout « une inclination au péché que la Tradition appelle la concupiscence »[57]. Cette concupiscence n'est pas elle-même un péché : laissée « pour nos combats », elle « n'est pas capable de nuire à ceux qui, n'y consentant pas, résistent avec courage par la grâce du Christ »[58]. Le baptisé reste donc libre, mais appelé à lutter : la victoire du baptême ouvre un combat, elle ne le supprime pas.
« Une créature nouvelle » : fils adoptif et grâce sanctifiante
Le baptême ne se contente pas d'enlever : il donne. Il fait du baptisé « une création nouvelle » (2 Co 5, 17), un « fils adoptif de Dieu », « participant de la nature divine » (2 P 1, 4), « membre du Christ » et « temple de l'Esprit Saint »[59]. Concrètement, la Très Sainte Trinité infuse dans l'âme la grâce sanctifiante :
« La Très Sainte Trinité donne au baptisé la grâce sanctifiante, la grâce de la justification qui le rend capable de croire en Dieu, d'espérer en Lui et de L'aimer par les vertus théologales ; lui donne de pouvoir vivre et agir sous la motion de l'Esprit Saint par les dons du Saint-Esprit ; lui permet de croître dans le bien par les vertus morales. Ainsi, tout l'organisme de la vie surnaturelle du chrétien a sa racine dans le saint Baptême. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1266[60]
Cette « racine » est capitale : foi, espérance, charité, dons de l'Esprit, vertus — tout l'édifice de la vie chrétienne pousse à partir de la grâce reçue au baptême. Sur cette vie divine, voir Qu'est-ce que la grâce sanctifiante ?.
Incorporé à l'Église et au sacerdoce du Christ
Le baptême n'est jamais une affaire privée entre Dieu et l'âme : il incorpore au Corps du Christ et au peuple de Dieu[61]. « Des fonts baptismaux naît l'unique peuple de Dieu de la Nouvelle Alliance qui dépasse toutes les limites naturelles ou humaines des nations, des cultures, des races et des sexes » (1 Co 12, 13)[62]. Mieux : tout baptisé participe au sacerdoce du Christ.
« Par le Baptême ils participent au sacerdoce du Christ, à sa mission prophétique et royale, ils sont "une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis". » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1268 (citant 1 P 2, 9)[63]
De ce « sacerdoce commun des fidèles » découlent des droits (recevoir les sacrements, être nourri de la Parole) et des devoirs (professer la foi, participer à la mission de l'Église)[64].
Le caractère indélébile : baptisé une fois pour toutes
Enfin, le baptême imprime dans l'âme une marque permanente, le caractère :
« Le Baptême scelle le chrétien d'une marque spirituelle indélébile ("character") de son appartenance au Christ. Cette marque n'est effacée par aucun péché, même si le péché empêche le Baptême de porter des fruits de salut. Donné une fois pour toutes, le Baptême ne peut pas être réitéré. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1272[65]
Ce « sceau » explique pourquoi on ne rebaptise jamais : la marque demeure même chez le pécheur, même chez l'apostat. Le concile de Trente l'a défini : « Si quelqu'un dit que le vrai baptême […] doit être réitéré pour celui qui a renié la foi du Christ […], lorsqu'il s'est converti : qu'il soit anathème. »[66] Saint Augustin appelait cette marque le « sceau du Seigneur » (Dominicus character)[67], et saint Irénée, « le sceau de la vie éternelle »[68]. Sur cette notion, voir Le caractère sacramentel ; et sur l'erreur du re-baptême, Anabaptisme radical.
Le tableau suivant récapitule les effets du baptême tels que les résume le Catéchisme dans son « En bref ».
| Effet du baptême | Ce qu'il signifie | Référence |
|---|---|---|
| Rémission des péchés | Effacement du péché originel, de tous les péchés personnels et de toute peine | CEC § 1263, 1279 |
| Vie nouvelle | Naissance comme fils adoptif du Père, grâce sanctifiante, vertus | CEC § 1266, 1279 |
| Incorporation à l'Église | Membre du Corps du Christ, sacerdoce commun des fidèles | CEC § 1267-1268 |
| Caractère indélébile | Marque permanente qui consacre au culte chrétien ; ne se réitère pas | CEC § 1272, 1280 |
Le baptême est-il nécessaire au salut ?
C'est sans doute la question la plus posée aujourd'hui, à une époque où beaucoup ne sont pas baptisés. La réponse de l'Église est ferme sur le principe, mais nuancée et pleine d'espérance sur les cas concrets. Le présent article en donne la synthèse ; pour le traitement complet, voir Le baptême est-il nécessaire au salut ?.
« Dieu a lié le salut au sacrement, mais il n'est pas lié à ses sacrements »
Le Christ lui-même affirme la nécessité du baptême : « Si nul ne renaît de l'eau et de l'Esprit, il ne peut entrer dans le Royaume de Dieu » (Jn 3, 5)[69]. Le concile de Trente en a fait un dogme : « Si quelqu'un dit que le baptême est libre, c'est-à-dire n'est pas nécessaire pour le salut : qu'il soit anathème. »[70] Mais le Catéchisme énonce aussitôt l'équilibre décisif :
« Le Baptême est nécessaire au salut pour ceux auxquels l'Évangile a été annoncé et qui ont eu la possibilité de demander ce sacrement. […] Dieu a lié le salut au sacrement du Baptême, mais il n'est pas lui-même lié à ses sacrements. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1257[71]
Autrement dit : le baptême est la voie ordinaire et obligatoire du salut, voulue par le Christ ; mais Dieu, qui « veut que tous les hommes soient sauvés » (1 Tm 2, 4), garde la liberté de sauver autrement ceux qui ne peuvent pas le recevoir sans qu'il y ait de leur faute.
Le baptême de sang et le baptême de désir
La tradition reconnaît ainsi, à côté du baptême d'eau, deux suppléances qui « portent les fruits du Baptême, sans être sacrement »[72]. Le baptême de sang est celui des martyrs : « ceux qui subissent la mort en raison de la foi, sans avoir reçu le Baptême, sont baptisés par leur mort pour et avec le Christ »[73]. Le baptême de désir (votum) est celui de qui désire le sacrement sans pouvoir le recevoir : pour les catéchumènes morts avant leur baptême, « leur désir explicite de le recevoir, uni à la repentance de leurs péchés et à la charité, leur assure le salut »[74]. L'Église étend cette espérance à tout homme qui, « ignorant l'Évangile du Christ et son Église, cherche la vérité et fait la volonté de Dieu selon qu'il la connaît »[75]. Sur ce point, voir Peut-on être sauvé sans connaître Jésus ? et Hors de l'Église, point de salut ?.
Les enfants morts sans baptême
Reste le cas douloureux des enfants morts sans avoir pu être baptisés. L'Église ne tranche pas par une certitude, mais par une espérance confiante :
« Quant aux enfants morts sans Baptême, l'Église ne peut que les confier à la miséricorde de Dieu. […] La grande miséricorde de Dieu qui veut que tous les hommes soient sauvés, et la tendresse de Jésus envers les enfants […] nous permettent d'espérer qu'il y ait un chemin de salut pour les enfants morts sans baptême. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1261[76]
Cette espérance n'autorise pourtant aucune négligence : « d'autant plus pressant est l'appel de l'Église à ne pas empêcher les petits enfants de venir au Christ par le don du saint Baptême »[77]. Sur cette question et l'ancienne hypothèse des limbes, voir Que devient un enfant mort sans baptême ? et Que dit l'Église sur les limbes ?.
Le baptême, fondement de l'unité des chrétiens
Parce qu'un baptême validement conféré fait toujours un chrétien — quelle que soit la confession qui l'administre —, le baptême est le socle de l'œcuménisme. Le concile Vatican II l'affirme :
« Ceux qui croient au Christ et qui ont reçu validement le Baptême se trouvent dans une certaine communion, bien qu'imparfaite, avec l'Église catholique. […] Justifiés par la foi reçue au Baptême, incorporés au Christ, ils portent à juste titre le nom de chrétiens, et les fils de l'Église catholique les reconnaissent à bon droit comme des frères dans le Seigneur. » — Concile Vatican II, décret Unitatis redintegratio, n° 3[78]
Le baptême est ainsi « le lien sacramentel d'unité existant entre ceux qui ont été régénérés par lui »[79]. Ce qui sépare encore les chrétiens est réel ; mais ce qui les unit — la nouvelle naissance dans le Christ — leur est commun et précède leurs divisions.
Vivre son baptême
Le baptême n'est pas un point de départ qu'on laisse derrière soi : c'est « la source de la vie nouvelle dans le Christ de laquelle jaillit toute la vie chrétienne »[80]. Toute la vie spirituelle consiste, en un sens, à devenir ce que l'on a reçu.
Renouveler les promesses de son baptême
C'est pourquoi l'Église, « chaque année, dans la nuit pascale », célèbre « le renouvellement des promesses du Baptême »[81]. La foi reçue au baptême n'est pas « une foi parfaite et mûre, mais un début qui est appelé à se développer »[82] : elle doit croître toute la vie. Le signe de croix tracé chaque jour, l'eau bénite prise à l'entrée de l'église, la confession qui relève le baptisé tombé — tout, dans la vie chrétienne, ramène à la grâce du baptême et la ravive. Sur le retour à la grâce après une chute, voir La confession.
« Garder le sceau » jusqu'au bout
La tradition voit dans le caractère baptismal un gage d'éternité. Saint Irénée appelle le baptême « le sceau de la vie éternelle »[83]. Et le Catéchisme conclut son exposé sur une parole d'espérance :
« Le fidèle qui aura "gardé le sceau" jusqu'au bout, c'est-à-dire qui sera resté fidèle aux exigences de son Baptême, pourra s'en aller "marqué du signe de la foi", avec la foi de son Baptême, dans l'attente de la vision bienheureuse de Dieu et dans l'espérance de la résurrection. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1274[84]
Telle est, en définitive, la grandeur du baptême : non un simple rite d'entrée, mais le geste où Dieu engendre un enfant à sa propre vie. Le baptisé n'est plus seulement une créature parmi d'autres : il est « né de l'eau et de l'Esprit », marqué pour toujours du sceau du Christ, et appelé — s'il garde ce sceau jusqu'au bout — à la vision de Dieu.
Pour aller plus loin
- Qu'est-ce qu'un sacrement ? — la notion générale dont le baptême est la première application.
- Le baptême est-il nécessaire au salut ? — le dossier complet sur la nécessité, le baptême de désir et de sang.
- Pourquoi baptiser les bébés ? et Le baptême des bébés, une pratique sans fondement ? — la question du baptême des enfants.
- Que devient un enfant mort sans baptême ? et Que dit l'Église sur les limbes ? — l'espérance pour les enfants non baptisés.
- La confirmation et L'Eucharistie — les deux autres sacrements de l'initiation chrétienne.
- Qu'est-ce que la grâce sanctifiante ? — la vie divine que le baptême infuse.
- Le caractère sacramentel — la marque indélébile commune au baptême, à la confirmation et à l'ordre.
Notes et références
Catéchisme de l'Église catholique, § 1213 (Mame/Plon, édition typique latine de 1997) : définition d'ouverture de la section sur le baptême (« fondement de toute la vie chrétienne, le porche de la vie dans l'Esprit ») ; le baptême « sacrement de la régénération par l'eau et dans la parole » (citant le Catéchisme romain 2, 2, 5 et le concile de Florence, DS 1314).
1 3 7 8Catéchisme de l'Église catholique, § 1240 : forme baptismale de l'Église latine — « N., je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » — accompagnant la triple infusion ; forme orientale au passif (« Le serviteur de Dieu, N., est baptisé… »).
2 34Catéchisme de l'Église catholique, § 1257 : nécessité du baptême au salut (Jn 3, 5 ; Mt 28, 20 ; renvoi à DS 1618 = Trente, can. 5 ; LG 14 ; AG 5) ; formule décisive « Dieu a lié le salut au sacrement du Baptême, mais il n'est pas lui-même lié à ses sacrements. »
4 69 71Catéchisme de l'Église catholique, § 1272 : le baptême scelle d'une « marque spirituelle indélébile (character) » non effacée par le péché, donné « une fois pour toutes » et non réitérable (renvoi à DS 1609-1619).
5 65Catéchisme de l'Église catholique, § 1271, citant le concile Vatican II, décret sur l'œcuménisme Unitatis redintegratio, n° 3 et n° 22 : les baptisés non catholiques sont « dans une certaine communion, bien qu'imparfaite, avec l'Église catholique » ; le baptême, « lien sacramentel d'unité ».
6 78 79Catéchisme de l'Église catholique, § 1215 : le baptême, « bain de la régénération et de la rénovation en l'Esprit Saint » (Tt 3, 5), réalise la naissance « de l'eau et de l'Esprit » sans laquelle « nul ne peut entrer au Royaume de Dieu » (Jn 3, 5).
9Catéchisme de l'Église catholique, § 1214 : étymologie — baptizein signifie « plonger », « immerger » ; la plongée symbolise « l'ensevelissement du catéchumène dans la mort du Christ » (Rm 6, 3-4 ; Col 2, 12) et la résurrection comme « nouvelle créature » (2 Co 5, 17 ; Ga 6, 15).
10 11Catéchisme de l'Église catholique, § 1216 : le baptême appelé « illumination » (citant S. Justin, Apologie 1, 61, 12) ; le baptisé devenu « fils de lumière » (1 Th 5, 5) et « lumière » lui-même (Ep 5, 8).
12Saint Grégoire de Nazianze, Discours (oratio) 40, 3-4 (Sur le saint baptême), PG 36, 361C ; texte cité par le Catéchisme de l'Église catholique, § 1216. Énumération des noms du baptême : don, grâce, onction, illumination, vêtement d'incorruptibilité, bain de régénération, sceau.
13Catéchisme de l'Église catholique, § 1217 : la bénédiction de l'eau baptismale, dans la Vigile pascale (Missel romain), fait mémoire des événements du salut qui préfiguraient le baptême.
14Catéchisme de l'Église catholique, § 1218 : l'eau, « créature humble et admirable », source de vie et de fécondité, « couvée » par l'Esprit de Dieu (Gn 1, 2) ; citation de la bénédiction de l'eau (MR, Vigile pascale 42).
15Catéchisme de l'Église catholique, § 1219 : l'arche de Noé, préfiguration du salut par le baptême — « un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvés par l'eau » (1 P 3, 20).
16Catéchisme de l'Église catholique, § 1222 : la traversée du Jourdain et le don de la Terre promise, « image de la vie éternelle » accomplie dans la nouvelle Alliance.
17Catéchisme de l'Église catholique, § 1221 : la traversée de la mer Rouge, « véritable libération d'Israël de l'esclavage d'Égypte », annonce la libération opérée par le baptême.
18Catéchisme de l'Église catholique, § 1223 : les préfigurations trouvent « leur achèvement dans le Christ Jésus » ; baptême du Christ au Jourdain et envoi missionnaire des apôtres (Mt 28, 19-20 ; Mc 16, 15-16).
19 25Catéchisme de l'Église catholique, § 1224 : le Christ « s'est volontairement soumis au Baptême de saint Jean, destiné aux pécheurs, pour "accomplir toute justice" » (Mt 3, 15) ; descente de l'Esprit et voix du Père manifestant le « Fils bien-aimé » (Mt 3, 16-17).
20 21Catéchisme de l'Église catholique, § 1225 : c'est dans sa Pâque que le Christ a ouvert les sources du baptême ; sa passion appelée « baptême » (Mc 10, 38 ; Lc 12, 50) ; le sang et l'eau du côté transpercé (Jn 19, 34), « types du Baptême et de l'Eucharistie ».
22 24Saint Ambroise de Milan, De sacramentis (Sur les sacrements), II, 6 (PL 16, 425C) ; cité par le Catéchisme de l'Église catholique, § 1225 : le baptême vient « de la croix du Christ, de la mort du Christ ».
23Catéchisme de l'Église catholique, § 1226 : dès la Pentecôte, l'Église baptise ; prédication de saint Pierre (Ac 2, 38) ; baptême offert « à quiconque croit en Jésus » (Ac 2, 41 ; 8, 12-13 ; 10, 48 ; 16, 15. 31-33).
26 27 28Catéchisme de l'Église catholique, § 1227 : selon saint Paul, « par le Baptême le croyant communie à la mort du Christ ; il est enseveli et il ressuscite avec lui » (Rm 6, 3-4 ; Col 2, 12) ; les baptisés ont « revêtu le Christ » (Ga 3, 27) ; bain qui « purifie, sanctifie et justifie » (1 Co 6, 11 ; 12, 13).
29 30Saint Augustin, Commentaire sur l'évangile de saint Jean (In Iohannis Evangelium tractatus), traité 80, 3 (PL 35, 1840) : « Accedit verbum ad elementum, et fit sacramentum » — « La parole rejoint l'élément matériel, et cela devient un sacrement » ; cité par le Catéchisme de l'Église catholique, § 1228.
31Concile de Florence (œcuménique), bulle d'union avec les Arméniens Exsultate Deo, 22 novembre 1439 — DS 1314 (Denzinger-Hünermann, Enchiridion Symbolorum) : la matière du baptême est « l'eau vraie et naturelle » ; la forme : « moi je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. »
32Concile de Trente, session VII (3 mars 1547), Canons sur le sacrement de baptême, canon 2 — DS 1615 : anathème contre celui qui nierait la nécessité de l'eau vraie et naturelle et détournerait Jn 3, 5 au sens métaphorique.
33Catéchisme de l'Église catholique, § 1239 : le rite essentiel du baptême — « la triple immersion dans l'eau baptismale » ou, « depuis l'antiquité », la triple infusion sur la tête du candidat.
35Catéchisme de l'Église catholique, § 1234 : « le sens et la grâce du sacrement du Baptême apparaissent clairement dans les rites de sa célébration. » Les §§ 1235-1245 commentent successivement le signe de la croix, la Parole, l'exorcisme et l'onction, la bénédiction de l'eau, le rite essentiel, l'onction du saint chrême, le vêtement blanc, le cierge et le Notre Père.
36Catéchisme de l'Église catholique, § 1243-1245 : le vêtement blanc (« revêtu du Christ », Ga 3, 27), le cierge allumé au cierge pascal, le Notre Père, la première communion eucharistique et la bénédiction solennelle qui conclut la célébration.
37Catéchisme de l'Église catholique, § 1233 : l'initiation chrétienne des adultes « atteint son point culminant dans une seule célébration des trois sacrements du Baptême, de la Confirmation et de l'Eucharistie ».
38Catéchisme de l'Église catholique, § 1255 : rôle du parrain et de la marraine, « croyants solides », « véritable fonction ecclésiale » ; responsabilité de toute la communauté dans la garde de la grâce baptismale.
39 40 41Catéchisme de l'Église catholique, § 1256 : ministres ordinaires (évêque, prêtre, diacre) ; en cas de nécessité, « toute personne, même non baptisée, ayant l'intention requise, peut baptiser » ; fondement dans la volonté salvifique universelle de Dieu et la nécessité du baptême (renvoi à DS 1315).
42 43 45Concile de Florence, Exsultate Deo, 22 novembre 1439 — DS 1315 : en cas de nécessité, « non seulement un prêtre ou un diacre, mais même un laïc ou une femme, bien plus un païen et un hérétique » peut baptiser validement, à condition de respecter la forme et d'avoir l'intention de faire ce que fait l'Église.
44Concile de Trente, session VII (3 mars 1547), Canons sur le sacrement de baptême, canon 4 — DS 1617 : validité du baptême conféré par des hérétiques au nom de la Trinité, avec l'intention de faire ce que fait l'Église.
46Catéchisme de l'Église catholique, § 1246, citant le Code de droit canonique (CIC, can. 864) : « Tout être humain non encore baptisé, et lui seul, est capable de recevoir le Baptême. »
47Catéchisme de l'Église catholique, § 1247-1248 : le baptême des adultes et le catéchuménat, « initiation à la foi et à la vie chrétienne » restauré par Vatican II (SC 64) en « plusieurs étapes ».
48 49Catéchisme de l'Église catholique, § 1249, citant Ad gentes 14 et Lumen gentium 14 : les catéchumènes « sont déjà unis à l'Église » et la « Mère Église les enveloppe déjà comme siens dans son amour ».
50Catéchisme de l'Église catholique, § 1250 : nécessité du baptême des enfants nés « avec une nature humaine déchue et entachée par le péché originel » (renvoi à DS 1514) ; « la pure gratuité de la grâce du salut est particulièrement manifeste dans le Baptême des enfants. »
51Catéchisme de l'Église catholique, § 1252 : le baptême des petits enfants, « tradition immémoriale de l'Église », « attestée explicitement depuis le deuxième siècle », vraisemblablement présente dès la prédication apostolique (baptême de « maisons » entières : Ac 16, 15. 33 ; 18, 8 ; 1 Co 1, 16).
52Catéchisme de l'Église catholique, § 1282 : « Depuis les temps les plus anciens, le Baptême est administré aux enfants […] ; les enfants sont baptisés dans la foi de l'Église. »
53Concile de Trente, session VII (3 mars 1547), Canons sur le sacrement de baptême, canon 13 — DS 1626 : anathème contre l'idée qu'il faudrait rebaptiser les enfants devenus grands ou différer leur baptême jusqu'à l'âge de raison.
54Catéchisme de l'Église catholique, § 1262 : les deux effets principaux du baptême — « la purification des péchés et la nouvelle naissance dans l'Esprit Saint » (Ac 2, 38 ; Jn 3, 5).
55Catéchisme de l'Église catholique, § 1263 : « Par le Baptême, tous les péchés sont remis, le péché originel et tous les péchés personnels ainsi que toutes les peines du péché » (renvoi à DS 1316, concile de Florence).
56Catéchisme de l'Église catholique, § 1264 : demeurent les conséquences temporelles du péché et « une inclination au péché que la Tradition appelle la concupiscence » (le fomes peccati).
57Concile de Trente, session V (17 juin 1546), Décret sur le péché originel, n° 5 — DS 1515 : la concupiscence, « laissée pour nos combats », n'est pas un péché et « n'est pas capable de nuire à ceux qui, n'y consentant pas, résistent avec courage par la grâce du Christ » (citée par le Catéchisme, § 1264).
58Catéchisme de l'Église catholique, § 1265 : le baptisé devient « une création nouvelle » (2 Co 5, 17), « fils adoptif de Dieu » (Ga 4, 5-7), « participant de la nature divine » (2 P 1, 4), « membre du Christ » (1 Co 6, 15 ; 12, 27) et « temple de l'Esprit Saint » (1 Co 6, 19).
59Catéchisme de l'Église catholique, § 1266 : la grâce sanctifiante donnée au baptisé — vertus théologales, dons du Saint-Esprit, vertus morales ; « tout l'organisme de la vie surnaturelle du chrétien a sa racine dans le saint Baptême. »
60Catéchisme de l'Église catholique, § 1267 : le baptême « fait de nous des membres du Corps du Christ » et incorpore à l'Église ; « en un seul Esprit nous tous avons été baptisés pour ne former qu'un seul corps » (1 Co 12, 13).
61 62Catéchisme de l'Église catholique, § 1268 : les baptisés, « pierres vivantes » (1 P 2, 5), participent au sacerdoce du Christ et forment « une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte » (1 P 2, 9) ; « le Baptême donne part au sacerdoce commun des fidèles. »
63Catéchisme de l'Église catholique, § 1269-1270 : les droits et devoirs du baptisé dans l'Église ; « devenus fils de Dieu par la régénération baptismale, les baptisés sont tenus de professer devant les hommes la foi » (LG 11) et de participer à la mission apostolique.
64Concile de Trente, session VII (3 mars 1547), Canons sur le sacrement de baptême, canon 11 — DS 1624 : anathème contre la réitération du vrai baptême, même pour l'apostat converti — fondement de l'interdiction de rebaptiser.
66Saint Augustin, Lettre 98, 5 (PL 33, 362) : le « sceau du Seigneur » (Dominicus character) imprimé par le baptême ; cité par le Catéchisme de l'Église catholique, § 1274.
67Saint Irénée de Lyon, Démonstration de la prédication apostolique (Demonstratio), n° 3 : « Le Baptême est le sceau de la vie éternelle » ; cité par le Catéchisme de l'Église catholique, § 1274.
68 83Concile de Trente, session VII (3 mars 1547), Canons sur le sacrement de baptême, canon 5 — DS 1618 : « Si quelqu'un dit que le baptême est libre, c'est-à-dire n'est pas nécessaire pour le salut : qu'il soit anathème. »
70Catéchisme de l'Église catholique, § 1258 : le baptême de sang des martyrs « porte les fruits du Baptême, sans être sacrement », comme le désir du baptême.
72 73Catéchisme de l'Église catholique, § 1259 : pour les catéchumènes morts avant le baptême, « leur désir explicite de le recevoir, uni à la repentance de leurs péchés et à la charité, leur assure le salut. »
74Catéchisme de l'Église catholique, § 1260, citant Gaudium et spes 22 : tout homme qui, « ignorant l'Évangile du Christ et son Église, cherche la vérité et fait la volonté de Dieu selon qu'il la connaît, peut être sauvé » ; on suppose qu'il aurait désiré le baptême s'il en avait connu la nécessité.
75Catéchisme de l'Église catholique, § 1261 : pour les enfants morts sans baptême, l'Église les confie « à la miséricorde de Dieu » et nous « permet d'espérer qu'il y ait un chemin de salut », sans relâcher l'appel à baptiser.
76 77Catéchisme de l'Église catholique, § 1253-1254 : le baptême « sacrement de la foi », foi qui « doit croître après le Baptême » ; renouvellement annuel des promesses dans la nuit pascale ; le baptême, « source de la vie nouvelle […] de laquelle jaillit toute la vie chrétienne. »
80 81Catéchisme de l'Église catholique, § 1253 : la foi requise pour le baptême « n'est pas une foi parfaite et mûre, mais un début qui est appelé à se développer » ; la foi de l'Église porte celle de chaque fidèle.
82Catéchisme de l'Église catholique, § 1274 : le « sceau du Seigneur » dont l'Esprit nous marque « pour le jour de la rédemption » (Ep 4, 30) ; le fidèle qui aura « gardé le sceau » jusqu'au bout pourra s'en aller « marqué du signe de la foi », dans l'espérance de la résurrection.
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