Qu'est-ce qu'un sacrement ?

Un sacrement n'est pas un simple rite symbolique : c'est un signe sensible, institué par le Christ, qui produit réellement la grâce qu'il signifie. Ce que sont les sept sacrements, comment ils agissent et pourquoi l'Église les dit nécessaires au salut.

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Le mot « sacrement » revient sans cesse dans la vie de l'Église : on parle du sacrement du baptême, du sacrement de mariage, du « saint sacrement » de l'autel. Mais qu'est-ce, au juste, qu'un sacrement ? Beaucoup l'imaginent comme une cérémonie parmi d'autres, un rite symbolique destiné à marquer une étape de la vie, à la manière d'un anniversaire religieux. C'est en deçà de la réalité.

Pour l'Église catholique, un sacrement est un signe sensible et efficace de la grâce, institué par le Christ et confié à l'Église, par lequel la vie divine nous est dispensée[1]. Chaque mot compte. Un sacrement est un signe — on le voit, on l'entend, on le touche. Mais il est un signe efficace : à la différence d'un symbole ordinaire, il produit réellement ce qu'il signifie. L'eau du baptême ne représente pas seulement la purification : elle purifie. Le pain consacré ne figure pas le Christ : il est le Christ.

Il y a sept sacrements, ni plus ni moins : le baptême, la confirmation, l'eucharistie, la pénitence, l'onction des malades, l'ordre et le mariage[2]. Tous ont été institués par le Christ lui-même, et tous « contiennent la grâce qu'ils signifient »[3]. Reçus avec foi, ils sont, selon la doctrine catholique, nécessaires au salut[4].

Cet article répond à la question telle qu'on la pose le plus souvent : qu'est-ce qu'un sacrement, comment cela agit-il, et qu'est-ce que cela produit ? Pour la défense de l'institution divine des sept face aux objections protestantes, on se reportera au dossier Pourquoi les catholiques ont-ils sept sacrements ? ; pour chaque sacrement en particulier, aux articles spécialisés signalés en chemin.

Une définition en une phrase : « un signe efficace de la grâce »

Le point de départ doit être le texte officiel. Au terme de tout son exposé sur les sacrements, le Catéchisme de l'Église catholique propose une définition ramassée qu'il faut savoir par cœur :

« Les sacrements sont des signes efficaces de la grâce, institués par le Christ et confiés à l'Église, par lesquels la vie divine nous est dispensée. Les rites visibles sous lesquels les sacrements sont célébrés signifient et réalisent les grâces propres de chaque sacrement. Ils portent fruit en ceux qui les reçoivent avec les dispositions requises. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1131[5]

Cette phrase contient toute la doctrine. On peut la déplier en quatre affirmations : un sacrement est un signe, ce signe est efficace, il a été institué par le Christ, et il dispense la grâce à qui le reçoit bien disposé. Reprenons-les une à une.

Le mot « sacrement » : du serment du soldat au mystère du salut

Le mot lui-même éclaire la chose. Le grec du Nouveau Testament parle de mystêrion, le « mystère » : le dessein caché de Dieu, révélé et accompli dans le Christ. En passant au latin, ce mot a été rendu de deux façons — mysterium et sacramentum[6]. Le Catéchisme le note :

« Le mot grec mysterion a été traduit en latin par deux termes : mysterium et sacramentum. Dans l'interprétation ultérieure, le terme sacramentum exprime davantage le signe visible de la réalité cachée du salut. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 774[7]

Or sacramentum avait, dans la Rome antique, un sens très concret. C'était d'abord un terme militaire : le serment sacré par lequel le soldat s'engageait à servir son chef jusqu'à la mort. C'était aussi un terme juridique : la somme d'argent déposée dans un temple par les deux parties d'un procès[8]. Quand l'écrivain africain Tertullien, fils de soldat et juriste de formation, cherche au IIᵉ siècle un mot latin pour dire le mystère chrétien, il choisit sacramentum : le baptême est un engagement sacré, une prestation de serment à un nouveau Maître[9]. De ce double héritage, le sacrement garde quelque chose : il est à la fois don de Dieu et engagement de l'homme, signe visible d'une réalité invisible et sacrée.

« Signe sensible » : pourquoi Dieu passe par l'eau, le pain et l'huile

Un sacrement est d'abord un signe, c'est-à-dire une réalité visible qui en désigne une autre, invisible. Saint Augustin le définissait déjà comme « le signe d'une chose sacrée », et saint Thomas d'Aquin précisera : le sacrement est le signe d'une chose sainte en tant qu'elle sanctifie l'homme[10]. Le sacrement n'est donc pas un signe quelconque : il signifie la grâce, et il la signifie en la donnant.

Pourquoi Dieu choisit-il de passer par de l'eau, de l'huile, du pain, des gestes et des paroles ? Parce que l'homme n'est pas un pur esprit. Le Catéchisme le rappelle : « L'homme étant un être à la fois corporel et spirituel exprime et perçoit les réalités spirituelles à travers des signes et des symboles matériels »[11]. Dieu, qui a créé l'homme corps et âme, le rejoint par son corps pour atteindre son âme. C'est la logique même de l'Incarnation : le Verbe s'est fait chair, et il continue de se rendre présent par des réalités sensibles. Les choses les plus humbles — laver, oindre, rompre le pain, partager la coupe — deviennent « le lieu d'expression de l'action de Dieu qui sanctifie les hommes »[12].

« Efficace » : la différence décisive avec un simple symbole

Voici le point qui sépare radicalement la doctrine catholique d'une vision purement symbolique : le signe sacramentel est efficace. Il ne se contente pas d'évoquer la grâce, ni de l'exprimer, ni de l'éveiller dans le cœur du croyant : il la produit. Le Catéchisme est sans ambiguïté :

« Célébrés dignement dans la foi, les sacrements confèrent la grâce qu'ils signifient. Ils sont efficaces parce qu'en eux le Christ lui-même est à l'œuvre : c'est Lui qui baptise, c'est Lui qui agit dans ses sacrements afin de communiquer la grâce que le sacrement signifie. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1127[13]

Cette efficacité a été solennellement définie par le concile de Trente contre les Réformateurs, qui réduisaient les sacrements à de simples « marques » extérieures de la foi déjà reçue. Le concile répond par un anathème :

« Si quelqu'un dit que les sacrements de la Loi nouvelle ne contiennent pas la grâce qu'ils signifient, ou qu'ils ne confèrent pas cette grâce elle-même à ceux qui n'y mettent pas d'obstacle, comme s'ils n'étaient que les signes extérieurs de la grâce reçue par la foi : qu'il soit anathème. » — Concile de Trente, session VII, canon 6[14]

La distinction est nette. Une alliance au doigt symbolise un amour, mais ne le crée pas. Un sacrement, lui, contient et donne ce qu'il montre. C'est pourquoi l'Église parle des sacrements comme des « chefs-d'œuvre de Dieu » dans la nouvelle Alliance[15] : non des cérémonies humaines, mais des canaux réels de la vie divine.

La formule de saint Augustin : « la parole rejoint l'élément »

Comment un signe peut-il « contenir » la grâce ? La tradition l'explique par la rencontre de deux composantes : une chose (l'eau, le pain, l'huile) et une parole (les mots prononcés). Saint Augustin a fixé la formule, à propos du baptême, dans une phrase devenue classique :

« La parole rejoint l'élément matériel, et cela devient un sacrement. » — Saint Augustin, Commentaire sur l'évangile de saint Jean, traité 80, 3[16]

La formule de saint Augustin résume la logique sacramentelle : l'élément matériel est déterminé par la parole reçue du Christ. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Seule, l'eau lave le corps ; seule, la parole reste un son. Mais quand la parole du Christ vient se joindre à l'élément, le geste devient porteur de la grâce. La théologie médiévale nommera ces deux composantes la matière et la forme du sacrement : la matière, c'est la réalité sensible employée ; la forme, ce sont les paroles qui en déterminent le sens. On y revient plus bas, car c'est la clé du « mécanisme » sacramentel.

Qui a institué les sacrements ? Le Christ, pas l'Église

Une objection revient souvent : et si les sacrements n'étaient qu'une construction de l'Église, des rites ajoutés au fil des siècles ? La réponse catholique est ferme : aucun homme, aucune institution n'a le pouvoir de créer un canal de la grâce divine. Seul Dieu le peut. Les sept sacrements remontent donc au Christ lui-même.

« Forces qui sortent » du Christ

Tout, dans la vie du Christ, était déjà source de salut. Le Catéchisme explique que les paroles et les actions de Jésus « anticipaient la puissance de son mystère pascal » et préparaient ce qu'il allait donner à son Église[17]. Les sacrements prolongent ces gestes : ils sont comme les « forces qui sortent » du Corps du Christ, toujours vivant et vivifiant[18]. Quand le prêtre baptise, absout ou consacre, ce n'est pas d'abord lui qui agit : c'est le Christ, à travers lui. « Ce qui était visible en notre Sauveur est passé dans ses mystères », disait saint Léon le Grand[19].

Trente : « tous institués par notre Seigneur Jésus-Christ »

Contre les Réformateurs, qui ne retenaient que deux sacrements (baptême et Cène) au motif que les autres seraient des inventions humaines, le concile de Trente a défini comme dogme l'institution divine des sept :

« Si quelqu'un dit que les sacrements de la Loi nouvelle n'ont pas été tous institués par Jésus-Christ notre Seigneur, ou bien qu'il y en a plus ou moins que sept — à savoir : le baptême, la confirmation, l'eucharistie, la pénitence, l'extrême-onction, l'ordre et le mariage — ou encore que l'un de ces sept n'est pas vraiment et proprement un sacrement : qu'il soit anathème. » — Concile de Trente, session VII, canon 1[20]

L'enjeu n'est pas un caprice de nombre. Si un sacrement venait des hommes, il ne donnerait pas la grâce, car les hommes ne disposent pas de la grâce de Dieu. C'est précisément parce qu'ils viennent du Christ que les sacrements sont efficaces. L'argumentation détaillée — où le Christ institue chacun des sept, et comment l'Écriture l'atteste — est développée dans l'article Pourquoi les catholiques ont-ils sept sacrements ?.

Ce que l'Église a reçu en intendante

Si le Christ a institué les sacrements, l'Église, elle, en a reçu la garde et la dispensation. Le Catéchisme précise : « L'Église a reconnu peu à peu ce trésor reçu du Christ et en a précisé la dispensation, comme elle l'a fait pour le canon des saintes Écritures »[21]. Cela explique un fait historique parfois mal compris : le chiffre de sept ne s'est imposé dans le vocabulaire qu'au Moyen Âge. Ce n'est pas que les sacrements aient été « inventés » alors, mais que l'Église a mis du temps à les dénombrer et à les distinguer nettement des nombreux rites sacrés (les futurs sacramentaux). La liste des sept se fixe au XIIᵉ siècle, notamment chez le théologien Pierre Lombard ; elle est ensuite confessée par les conciles, jusqu'à la définition dogmatique de Trente.

  1. vers 1150
    Pierre Lombard fixe la liste des sept

    Dans le quatrième livre de ses Sentences, le théologien Pierre Lombard énumère et ordonne les sept sacrements. Son manuel devient la référence des écoles : le nombre de sept s'impose dès lors dans toute la théologie latine.

  2. 1274
    Le IIᵉ concile de Lyon confesse les sept

    La profession de foi de l'empereur Michel Paléologue, reçue par le concile, énumère officiellement les sept sacrements de l'Église — première mention conciliaire de la liste complète.

  3. 22 novembre 1439
    Le concile de Florence définit matière, forme et ministre

    Le décret pour les Arméniens, Exsultate Deo, expose la doctrine commune des sept sacrements et fixe leurs trois constituants : la matière, la forme et le ministre.

  4. 3 mars 1547
    Le concile de Trente définit le dogme

    Face à la Réforme, la session VII définit solennellement, par treize canons, l'institution divine des sept sacrements, leur efficacité ex opere operato et le caractère indélébile de trois d'entre eux.

Comment « fonctionne » un sacrement ? Matière, forme et ministre

Si l'on demande de façon concrète ce qu'il faut pour qu'un sacrement « ait lieu », la réponse la plus claire vient du concile de Florence, en 1439. Pour célébrer l'union avec les Arméniens, le concile a résumé la doctrine sacramentelle commune en une formule d'une grande netteté.

Les trois constituants selon le concile de Florence

« Tous ces sacrements sont accomplis par trois constituants : des choses qui en sont comme la matière, des paroles qui en sont comme la forme, et la personne du ministre qui confère le sacrement avec l'intention de faire ce que fait l'Église. Si l'un de ces constituants manque, le sacrement n'est pas accompli. » — Concile de Florence, décret pour les Arméniens Exsultate Deo[22]

Le concile de Florence résume le trépied sacramentel : matière, forme et ministre avec l'intention de faire ce que fait l'Église. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Trois choses sont donc requises, et la défaillance d'une seule suffit à invalider le sacrement. C'est ce trépied — matière, forme, ministre — qui structure toute la pratique sacramentelle de l'Église.

La matière et la forme : la chose et les paroles

La matière est la réalité sensible employée ; la forme, les paroles qui en précisent le sens. On retrouve ici la formule d'Augustin : « la parole rejoint l'élément ». Quelques exemples concrets, tirés du même décret de Florence et de la pratique constante de l'Église :

SacrementMatière (la chose)Forme (les paroles essentielles)
BaptêmeL'eau naturelle versée« Je te baptise au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit »
ConfirmationLe saint chrême (huile parfumée)« Sois marqué de l'Esprit Saint, le don de Dieu »
EucharistieLe pain de froment et le vin de la vigne« Ceci est mon corps… Ceci est mon sang… »
Onction des maladesL'huile béniteLa prière d'onction sur le malade
OrdreL'imposition des mains de l'évêqueLa prière consécratoire propre à chaque degré

Pour le baptême, le concile de Florence le dit explicitement : « La matière de ce sacrement est l'eau vraie et naturelle… Sa forme est : "moi je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit." »[23]. Changer la matière (baptiser avec du lait) ou la forme (omettre l'invocation de la Trinité) rendrait le sacrement nul : ce ne serait plus le geste voulu par le Christ.

Le ministre et l'intention « de faire ce que fait l'Église »

Le troisième constituant est le ministre : celui qui accomplit le geste au nom du Christ et de l'Église. Il ne suffit pas d'imiter les gestes ; il faut les poser avec l'intention de faire ce que fait l'Église[24]. Un acteur qui simulerait un baptême sur une scène de théâtre, sans aucune intention de baptiser, n'administrerait évidemment pas le sacrement. Le concile de Trente a élevé cette exigence d'intention au rang de dogme :

« Si quelqu'un dit que chez les ministres, alors qu'ils réalisent et confèrent les sacrements, l'intention n'est pas requise de faire au moins ce que fait l'Église : qu'il soit anathème. » — Concile de Trente, session VII, canon 11[25]

Le ministre ordinaire varie selon les sacrements : l'évêque pour l'ordre et la confirmation, le prêtre pour l'eucharistie et la pénitence, l'évêque ou le prêtre pour l'onction. Mais dans deux cas, le ministre n'est pas un prêtre : pour le baptême, en cas de nécessité, « même un laïc ou une femme » peut baptiser validement, pourvu qu'il respecte la forme et ait l'intention de l'Église[26] ; et pour le mariage, les époux sont eux-mêmes les ministres du sacrement, qu'ils se confèrent l'un à l'autre.

« Ex opere operato » : la grâce ne dépend pas de la sainteté du prêtre

Voici l'une des affirmations les plus libératrices — et les plus mal comprises — de la doctrine sacramentelle. La validité et l'efficacité d'un sacrement ne dépendent pas de la sainteté personnelle du ministre. Un prêtre tiède, voire en état de péché, donne un vrai baptême, une vraie absolution, une vraie eucharistie. C'est ce qu'exprime la formule latine ex opere operato.

Ce que veut dire l'expression

L'expression, littéralement, signifie « par le fait même que l'action est accomplie ». Le Catéchisme la définit ainsi :

« Les sacrements agissent ex opere operato (littéralement : "par le fait même que l'action est accomplie"), c'est-à-dire en vertu de l'œuvre salvifique du Christ, accomplie une fois pour toutes. Il s'en suit que "le sacrement n'est pas réalisé par la justice de l'homme qui le donne ou le reçoit, mais par la puissance de Dieu". » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1128[27]

L'efficacité du sacrement vient de l'œuvre du Christ, non de la sainteté personnelle du ministre. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Autrement dit, ce n'est pas le prêtre qui « fabrique » la grâce : c'est le Christ qui agit à travers le sacrement. Le ministre n'est qu'un instrument. De même qu'un pinceau médiocre peut servir à un grand peintre, l'indignité du ministre n'empêche pas le Christ d'agir, dès lors que le sacrement est posé validement et avec l'intention de l'Église[28].

Un ministre pécheur donne-t-il un vrai sacrement ?

La question n'est pas neuve : elle a divisé l'Église dès le IVᵉ siècle, lors de la crise donatiste. Les donatistes soutenaient que les sacrements administrés par des évêques ayant trahi pendant la persécution étaient nuls. Saint Augustin leur répondit en posant le principe décisif : c'est le Christ qui baptise, quel que soit le ministre. La grâce passe par le canal, sans dépendre de la pureté du canal. Le concile de Trente a confirmé cette position :

« Si quelqu'un dit qu'un ministre en état de péché mortel, du moment qu'il observe tout ce qui est essentiel concernant la réalisation du sacrement, n'en réalise pas ou ne confère pas un sacrement : qu'il soit anathème. » — Concile de Trente, session VII, canon 12[29]

C'est une immense consolation pour le fidèle : il n'a pas à enquêter sur la vie privée du prêtre avant de communier ou de se confesser. La validité de son sacrement repose sur le Christ, non sur un homme.

Mais le fruit dépend des dispositions de celui qui reçoit

Ex opere operato ne signifie pourtant pas que le sacrement agirait magiquement, sans l'engagement du cœur. Le même paragraphe du Catéchisme ajoute aussitôt une réserve capitale : « les fruits des sacrements dépendent aussi des dispositions de celui qui les reçoit »[30]. La définition du § 1131 le confirme : les sacrements « portent fruit en ceux qui les reçoivent avec les dispositions requises »[31].

Il faut donc distinguer deux niveaux. Le sacrement est valide indépendamment de la ferveur du fidèle (un baptême reçu sans grande foi reste un vrai baptême). Mais il est fructueux dans la mesure où le fidèle l'accueille avec foi, repentir et amour. Recevoir l'eucharistie en état de péché mortel, par exemple, ne « refait » pas un faux sacrement : c'est un vrai sacrement, mais reçu sans fruit, voire au détriment de celui qui le profane. Sur ce point, voir Peut-on communier en état de péché mortel ?.

Ce que les sacrements produisent : la grâce et le caractère

Si les sacrements sont efficaces, que produisent-ils exactement ? Deux effets, principalement : tous donnent la grâce, et trois d'entre eux impriment en outre un caractère indélébile.

La grâce sacramentelle

Le premier effet de tout sacrement est la grâce : la vie même de Dieu communiquée à l'âme. Le Catéchisme parle d'une « grâce sacramentelle », propre à chaque sacrement :

« La "grâce sacramentelle" est la grâce de l'Esprit Saint donnée par le Christ et propre à chaque sacrement. L'Esprit guérit et transforme ceux qui le reçoivent en les conformant au Fils de Dieu. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1129[32]

Chaque sacrement donne une grâce spécifique, ajustée à son but : le baptême fait renaître à la vie divine, la pénitence réconcilie le pécheur, l'eucharistie nourrit, l'onction fortifie le malade, le mariage sanctifie l'amour des époux. On distingue classiquement la grâce sanctifiante — l'état de vie divine en l'âme, que le baptême infuse et que les sacrements augmentent — de la grâce propre à chaque rite. Sur la nature de cette vie divine, voir Qu'est-ce que la grâce sanctifiante ?.

De là découle une distinction pratique utile. On appelle sacrements des morts le baptême et la pénitence, parce qu'ils sont faits pour rendre la vie de la grâce à une âme qui en était privée (par le péché originel ou par le péché grave). On appelle sacrements des vivants les cinq autres, parce qu'ils présupposent la grâce et l'augmentent : on doit les recevoir en état de grâce, sous peine de les recevoir sans fruit.

Le caractère indélébile de trois sacrements

Trois sacrements ne se reçoivent qu'une seule fois dans la vie : le baptême, la confirmation et l'ordre. La raison en est qu'ils impriment dans l'âme une marque permanente, que la tradition appelle le caractère :

« Les trois sacrements du Baptême, de la Confirmation et de l'Ordre confèrent, en plus de la grâce, un caractère sacramentel ou "sceau" par lequel le chrétien participe au sacerdoce du Christ. […] Cette configuration au Christ et à l'Église, réalisée par l'Esprit, est indélébile, elle demeure pour toujours dans le chrétien. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1121[33]

Ce « sceau » explique pourquoi on ne rebaptise jamais un chrétien, ni ne réordonne un prêtre : la marque reçue ne s'efface pas, même par le péché. Le concile de Florence l'avait déjà formulé : trois sacrements « impriment dans l'âme un caractère, c'est-à-dire un certain signe spirituel indélébile ; c'est pourquoi ils ne sont pas réitérés. Les quatre autres n'impriment pas de caractère et admettent la réitération »[34]. Le concile de Trente en a fait un dogme[35].

Les sept sacrements : un organisme de toute une vie

Les sept ne sont pas une liste arbitraire : ils forment, selon le Catéchisme, un organisme qui épouse toutes les grandes étapes de l'existence humaine. Saint Thomas d'Aquin avait déjà relevé l'analogie entre la vie naturelle et la vie spirituelle[36] :

« Les sept sacrements touchent toutes les étapes et tous les moments importants de la vie du chrétien : ils donnent naissance et croissance, guérison et mission à la vie de foi des chrétiens. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1210[37]

Les sept sacrements forment un organisme : initiation chrétienne, guérison et service de la communion. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'Église les regroupe en trois familles : les sacrements de l'initiation, ceux de la guérison, et ceux du service de la communion[38]. Le concile de Florence proposait une autre clé de lecture : « Les cinq premiers ont été ordonnés pour la perfection spirituelle de chaque homme en lui-même ; les deux derniers, pour la conduite et la multiplication de l'Église entière. »[39]

FamilleSacrementsCe qu'ils opèrent dans la vie
Initiation chrétienneBaptême · Confirmation · EucharistieDonnent naissance à la vie divine, la fortifient et la nourrissent
GuérisonPénitence · Onction des maladesRelèvent l'âme tombée dans le péché et soutiennent le malade
Service de la communionOrdre · MariageConsacrent au service de l'Église et à la fondation du foyer chrétien

Les trois sacrements de l'initiation chrétienne

Le baptême ouvre la porte : il efface le péché originel, fait renaître « de l'eau et de l'Esprit » et incorpore au Christ. La confirmation parfait cette grâce baptismale en donnant la force de l'Esprit Saint pour témoigner. L'eucharistie achève l'initiation : elle nourrit le baptisé du Corps et du Sang du Christ. Le Catéchisme lui réserve une place unique — « sacrement des sacrements », vers lequel tous les autres sont ordonnés[40]. Pour approfondir : Le baptême est-il nécessaire au salut ?, Pourquoi l'Eucharistie n'est-elle pas seulement un symbole ? et Qu'est-ce que la transsubstantiation ?.

Les deux sacrements de guérison

Parce que le baptisé reste faible et peut retomber, le Christ a donné deux sacrements de guérison. La pénitence (ou réconciliation, ou confession) remet les péchés commis après le baptême et rend l'amitié de Dieu. L'onction des malades soutient et fortifie celui qu'éprouve la maladie grave, lui accordant réconfort, paix et, si Dieu le veut, la guérison. Pour approfondir : La confession est-elle biblique ? et Comment faire une bonne confession ?.

Les deux sacrements au service de la communion

Enfin, deux sacrements sont ordonnés au salut des autres et à l'édification du peuple de Dieu. L'ordre consacre les évêques, prêtres et diacres pour qu'ils servent l'Église par la parole et les sacrements. Le mariage sanctifie l'union de l'homme et de la femme, en fait un signe de l'amour du Christ pour son Église, et l'ordonne à la transmission de la vie. Pour approfondir : Que dit l'Église sur le mariage sacramentel ?.

Sacrement, sacramentaux et « sacrement » au sens large : ne pas confondre

Le mot « sacrement » est parfois employé pour des réalités qui n'en sont pas, au sens strict. Trois confusions méritent d'être levées, car elles touchent à des questions que beaucoup se posent.

Les sacramentaux : eau bénite, bénédictions, cierges

À côté des sept sacrements, l'Église a institué des sacramentaux : signes sacrés qui, « selon une certaine imitation des sacrements », signifient des effets spirituels obtenus par la prière de l'Église[41]. L'eau bénite, les bénédictions, les cierges, le signe de croix, les exorcismes, la consécration des vierges en sont des exemples.

Sacrements et sacramentaux sont deux types de signes sacrés, mais ils n'agissent pas de la même manière. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Mais la différence avec les sacrements est essentielle, et il ne faut surtout pas les confondre. Les sacrements ont été institués par le Christ et agissent ex opere operato : ils donnent la grâce par eux-mêmes. Les sacramentaux ont été institués par l'Église et agissent ex opere operantis Ecclesiae, c'est-à-dire par la prière de l'Église et la dévotion de celui qui en use : ils disposent à recevoir la grâce, sans la conférer automatiquement. Boire de l'eau bénite ne pardonne pas un péché grave ; seul un sacrement le peut. Pour approfondir : Pourquoi utiliser de l'eau bénite ? et Pourquoi bénir des objets ?.

L'Église et le Christ « sacrement » au sens analogique

On entend parfois dire que « le Christ est le sacrement de Dieu » ou que « l'Église est le sacrement du salut ». Ces expressions sont justes, mais elles emploient le mot en un sens analogique, plus large. Le Christ est le sacrement originel parce qu'en son humanité visible se manifeste et agit le Dieu invisible[42]. L'Église est « le sacrement de l'action du Christ »[43], parce qu'elle contient et communique la grâce qu'elle signifie. Mais ces emplois ne contredisent pas le chiffre de sept : ils en sont la source. Les sept sacrements sont les actes par lesquels le Christ, à travers son Église, « répand la grâce » sur les fidèles[44].

Les « signes » de l'Ancienne Alliance : figures, pas causes

Enfin, l'Ancien Testament connaissait des rites sacrés — la circoncision, les sacrifices, les ablutions. Pourquoi ne sont-ce pas des sacrements au sens chrétien ? Parce qu'ils ne donnaient pas la grâce : ils l'annonçaient. Le concile de Florence l'explique : les sacrements anciens « n'étaient pas cause de la grâce ; ils étaient seulement la figure de celle qui devait être donnée par la Passion du Christ. Les nôtres, en revanche, contiennent la grâce et la confèrent à ceux qui les reçoivent comme il convient »[45]. Le concile de Trente a condamné l'idée que les sacrements de la Loi nouvelle ne se distingueraient des anciens que par des « cérémonies » différentes[46]. La différence n'est pas de forme, mais de fond : les uns promettaient, les autres accomplissent.

Les sacrements sont-ils nécessaires au salut ?

Reste la question que beaucoup posent aujourd'hui, à une époque où le rapport au rite s'est distendu : a-t-on vraiment besoin des sacrements pour être sauvé ? La réponse de l'Église est positive, mais nuancée.

« Nécessaires, non superflus »

L'Église enseigne que, pour les croyants, les sacrements « sont nécessaires au salut »[47]. Le concile de Trente l'a défini :

« Si quelqu'un dit que les sacrements de la Loi nouvelle ne sont pas nécessaires au salut, mais superflus, et que, sans eux ou sans le désir de ceux-ci, les hommes obtiennent de Dieu la grâce de la justification — étant admis que tous ne sont pas nécessaires à chacun — : qu'il soit anathème. » — Concile de Trente, session VII, canon 4[48]

Ce canon est d'une précision remarquable. Il affirme la nécessité, mais avec deux réserves : tous les sacrements ne sont pas nécessaires à chaque personne (un laïc n'a pas besoin de l'ordre ; un célibataire consacré, du mariage), et la nécessité peut être suppléée, en certains cas, par le désir du sacrement.

Nécessité du sacrement et nécessité du « désir »

Le concile de Trente définit solennellement la doctrine catholique des sacrements face à la Réforme. Image : Wikimedia Commons, domaine public.

Le canon de Trente glisse en effet une formule décisive : « sans eux ou sans le désir de ceux-ci ». L'Église a toujours enseigné que celui qui désire sincèrement un sacrement, mais ne peut le recevoir sans qu'il y ait de sa faute, peut en obtenir la grâce par ce désir (le votum). C'est la doctrine du baptême de désir : un catéchumène qui mourrait avant d'être baptisé, ou un homme de bonne volonté qui cherche Dieu sans connaître l'Évangile, n'est pas exclu du salut[49]. Le baptême demeure « nécessaire au salut pour ceux auxquels l'Évangile a été annoncé et qui ont eu la possibilité de demander ce sacrement »[50] ; mais Dieu n'est pas lié par ses sacrements au point d'abandonner ceux qui les ignorent sans faute. Sur ce point délicat, voir Peut-on être sauvé sans connaître Jésus ? et Que devient un enfant mort sans baptême ?.

Recevoir avec fruit : la foi et les dispositions

Nécessaires, les sacrements ne sont pas pour autant des automatismes. Ils sont, selon une belle expression du concile Vatican II reprise par le Catéchisme, des sacrements de la foi : « Non seulement ils supposent la foi, mais encore, par les paroles et par les choses, ils la nourrissent, ils la fortifient, ils l'expriment. »[51]. La foi précède le sacrement et l'accueille ; le sacrement, en retour, fait grandir la foi. C'est pourquoi la définition du Catéchisme se clôt sur cette condition : les sacrements « portent fruit en ceux qui les reçoivent avec les dispositions requises »[52].

Telle est, en définitive, la grandeur du sacrement : non un rite que l'homme accomplirait pour atteindre Dieu, mais un geste où Dieu se penche vers l'homme par des signes que l'homme peut voir et toucher. Comme l'écrivait saint Thomas d'Aquin, le sacrement « remémore ce qui a précédé, à savoir la passion du Christ ; met en évidence ce qui s'opère en nous, à savoir la grâce ; et annonce à l'avance la gloire à venir »[53]. Mémoire de la Croix, présence de la grâce, promesse du Ciel : voilà ce qu'est un sacrement.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Catéchisme de l'Église catholique, § 1131 (Mame/Plon, édition typique latine de 1997). C'est la définition synthétique placée « en bref » au terme de l'article sur l'économie sacramentelle (§ 1113-1134).

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  2. Catéchisme de l'Église catholique, § 1113 : énumération des sept sacrements (baptême, confirmation, eucharistie, pénitence, onction des malades, ordre, mariage), avec renvoi à DS 860 (Lyon II, 1274), DS 1310 (Florence, 1439) et DS 1601 (Trente, 1547).

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  3. Concile de Trente, session VII (3 mars 1547), Décret sur les sacrements, canon 6 — DS 1606 (Denzinger-Hünermann, Enchiridion Symbolorum). Le canon condamne la réduction des sacrements à de simples signes extérieurs de la grâce reçue par la foi.

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  4. Catéchisme de l'Église catholique, § 1129, sur la nécessité des sacrements au salut (renvoi à Trente, DS 1604) et la définition de la « grâce sacramentelle ».

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  5. Catéchisme de l'Église catholique, § 774 : le mot grec mysterion traduit en latin par mysterium et sacramentum ; le Christ « sacrement du salut » et l'Église « sacrement » au sens analogique. Citation de saint Augustin, Lettre 187, 11, 34 (PL 33, 845) : « Il n'y a pas d'autre mystère de Dieu que le Christ. »

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  6. Sur l'histoire du mot, voir Catéchisme de l'Église catholique, § 774, et l'article « Sacraments » de la Catholic Encyclopedia, New York, Robert Appleton Company, 1912 (vol. XIII). Dans la Rome antique, sacramentum désignait soit le serment d'engagement du soldat (sacramentum militiae), soit la somme consignée dans un temple par les parties d'un procès. Tertullien (v. 155-v. 220), fils de centurion et juriste, fut le premier à appliquer ce terme aux mystères chrétiens, notamment au baptême compris comme serment de fidélité au Christ.

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  7. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIᵃ pars, question 60, articles 1-2 : le sacrement est « le signe d'une chose sacrée en tant qu'elle sanctifie les hommes » (signum rei sacrae in quantum est sanctificans homines). Thomas reprend la définition de saint Augustin, La Cité de Dieu, X, 5 : « Le sacrifice visible est le sacrement, c'est-à-dire le signe sacré, du sacrifice invisible. »

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  8. Catéchisme de l'Église catholique, § 1146 : l'homme, « être à la fois corporel et spirituel », exprime et perçoit les réalités spirituelles à travers des signes et symboles matériels.

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  9. Catéchisme de l'Église catholique, § 1148 : les réalités sensibles de la création et de la vie sociale (laver, oindre, rompre le pain, partager la coupe) peuvent devenir « le lieu d'expression de l'action de Dieu qui sanctifie les hommes ».

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  10. Catéchisme de l'Église catholique, § 1127 : l'efficacité des sacrements, « parce qu'en eux le Christ lui-même est à l'œuvre » (renvoi à Trente, DS 1605-1606).

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  11. Catéchisme de l'Église catholique, § 1116 : les sacrements, « forces qui sortent » du Corps du Christ (cf. Lc 5, 17 ; 6, 19 ; 8, 46), sont « les chefs-d'œuvre de Dieu » dans la nouvelle et éternelle Alliance.

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  12. Saint Augustin, Commentaire sur l'évangile de saint Jean (In Iohannis Evangelium tractatus), traité 80, 3 (PL 35, 1840) : « Accedit verbum ad elementum, et fit sacramentum » — « La parole rejoint l'élément matériel, et cela devient un sacrement ». Cité par le Catéchisme de l'Église catholique, § 1228.

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  13. Catéchisme de l'Église catholique, § 1115 : les paroles et actions de Jésus « anticipaient la puissance de son mystère pascal ». Citation de saint Léon le Grand, Sermon 74, 2 (PL 54, 398A) : « Ce qui était visible en notre Sauveur est passé dans ses mystères. »

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  14. Concile de Trente, session VII (3 mars 1547), Décret sur les sacrements, canon 1 — DS 1601. Définition dogmatique de l'institution des sept sacrements par Jésus-Christ et anathème contre tout autre nombre.

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  15. Catéchisme de l'Église catholique, § 1117 : l'Église a reconnu peu à peu « ce trésor reçu du Christ et en a précisé la dispensation », en intendante des mystères de Dieu.

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  16. Concile de Florence (œcuménique), bulle d'union avec les Arméniens Exsultate Deo, 22 novembre 1439 — DS 1312. Formule des trois constituants du sacrement : la chose (matière), les paroles (forme) et la personne du ministre, « avec l'intention de faire ce que fait l'Église ».

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  17. Concile de Florence, Exsultate Deo, 22 novembre 1439 — DS 1314 : matière du baptême (« l'eau vraie et naturelle ») et forme (« moi je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit »).

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  18. Concile de Trente, session VII (3 mars 1547), Décret sur les sacrements, canon 11 — DS 1611. Nécessité, chez le ministre, de l'intention de « faire au moins ce que fait l'Église ».

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  19. Concile de Florence, Exsultate Deo, 22 novembre 1439 — DS 1315 : en cas de nécessité, « non seulement un prêtre ou un diacre, mais même un laïc ou une femme, bien plus un païen ou un hérétique » peut baptiser validement, pourvu qu'il respecte la forme de l'Église et ait l'intention de faire ce que fait l'Église.

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  20. Catéchisme de l'Église catholique, § 1128 : sens de l'ex opere operato (renvoi à Trente, DS 1608) ; citation de saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIᵃ pars, q. 68, a. 8 : « le sacrement n'est pas réalisé par la justice de l'homme qui le donne ou le reçoit, mais par la puissance de Dieu ». Réserve sur les « fruits » qui dépendent des dispositions de celui qui reçoit.

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  21. Concile de Trente, session VII (3 mars 1547), Décret sur les sacrements, canon 8 — DS 1608 : la grâce est conférée ex opere operato, et non par la seule foi en la promesse divine.

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  22. Concile de Trente, session VII (3 mars 1547), Décret sur les sacrements, canon 12 — DS 1612 : un ministre en état de péché mortel, s'il observe l'essentiel, confère un vrai sacrement. Confirmation de la doctrine augustinienne contre les donatistes.

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  23. Catéchisme de l'Église catholique, § 1121 : le baptême, la confirmation et l'ordre confèrent, en plus de la grâce, un « caractère sacramentel » ou « sceau » par lequel le chrétien participe au sacerdoce du Christ ; cette configuration au Christ, réalisée par l'Esprit, est « indélébile » et demeure pour toujours (renvoi à Trente, DS 1609).

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  24. Concile de Florence, Exsultate Deo, 22 novembre 1439 — DS 1313 : trois sacrements (baptême, confirmation, ordre) impriment un caractère indélébile et ne sont pas réitérés ; les quatre autres admettent la réitération.

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  25. Concile de Trente, session VII (3 mars 1547), Décret sur les sacrements, canon 9 — DS 1609 : définition dogmatique du caractère indélébile imprimé par le baptême, la confirmation et l'ordre.

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  26. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIᵃ pars, question 65, article 1 : analogie entre les étapes de la vie naturelle (naissance, croissance, nourriture, guérison…) et les sept sacrements de la vie spirituelle. Cité par le Catéchisme, § 1210.

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  27. Catéchisme de l'Église catholique, § 1210 : les sept sacrements « touchent toutes les étapes et tous les moments importants de la vie du chrétien ».

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  28. Catéchisme de l'Église catholique, § 1211 : les trois groupes (initiation, guérison, service de la communion) ; l'eucharistie comme « sacrement des sacrements » auquel tous les autres sont ordonnés (citation de saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIᵃ pars, q. 65, a. 3).

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  29. Concile de Florence, Exsultate Deo, 22 novembre 1439 — DS 1311 : les cinq premiers sacrements ordonnés à la perfection spirituelle de chacun, les deux derniers (ordre, mariage) au gouvernement et à la croissance de l'Église.

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  30. Catéchisme de l'Église catholique, § 1667, citant le concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, n° 60 : les sacramentaux sont « des signes sacrés par lesquels, selon une certaine imitation des sacrements, des effets surtout spirituels sont signifiés et obtenus par la prière de l'Église » (cf. CIC, can. 1166).

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  31. Catéchisme de l'Église catholique, § 1118 : les sacrements « de l'Église », qui est elle-même « le sacrement de l'action du Christ » ; citation de saint Augustin, La Cité de Dieu, 22, 17.

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  32. Concile de Florence, Exsultate Deo, 22 novembre 1439 — DS 1310 : les sacrements de l'ancienne Loi « n'étaient pas cause de la grâce, mais seulement la figure de celle qui devait être donnée par la Passion du Christ », tandis que ceux de la Loi nouvelle « contiennent la grâce et la confèrent ».

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  33. Concile de Trente, session VII (3 mars 1547), Décret sur les sacrements, canon 2 — DS 1602 : anathème contre l'idée que les sacrements de la Loi nouvelle ne différeraient des anciens que par des cérémonies extérieures.

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  34. Concile de Trente, session VII (3 mars 1547), Décret sur les sacrements, canon 4 — DS 1604 : les sacrements sont nécessaires au salut, non superflus ; nuance du « désir » (votum) et du fait que tous ne sont pas nécessaires à chacun.

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  35. Catéchisme de l'Église catholique, § 1257 : le baptême « nécessaire au salut pour ceux auxquels l'Évangile a été annoncé et qui ont eu la possibilité de demander ce sacrement » (cf. Jn 3, 5 ; Mt 28, 19-20) ; mais « Dieu n'est pas lié par ses sacrements ».

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  36. Catéchisme de l'Église catholique, § 1123, citant le concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, n° 59 : les sacrements « sont dits sacrements de la foi » — non seulement ils la supposent, mais ils la nourrissent, la fortifient et l'expriment.

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  37. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIᵃ pars, question 60, article 3 : le sacrement comme signe qui « remémore » la Passion du Christ, « met en évidence » la grâce qui s'opère en nous, et « annonce à l'avance la Gloire à venir ». Cité par le Catéchisme, § 1130.

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