La confirmation est, dans la foi catholique, le deuxième des sept sacrements et le second de l'initiation chrétienne, entre le baptême et l'eucharistie. Par elle, le baptisé reçoit l'effusion spéciale de l'Esprit Saint, « comme elle fut accordée jadis aux Apôtres au jour de la Pentecôte »[1]. Le Catéchisme de l'Église catholique enseigne que ce sacrement « est nécessaire à l'accomplissement de la grâce baptismale »[2].
Le rite essentiel est d'une grande simplicité : l'évêque (ou le prêtre qui en a la charge) impose la main et trace une croix de saint chrême sur le front du confirmand en disant « Sois marqué de l'Esprit Saint, le don de Dieu »[3]. Sous ce geste, l'Église voit se renouveler la Pentecôte : le confirmé est « enrichi d'une force spéciale de l'Esprit Saint » et « obligé ainsi plus strictement à répandre et à défendre la foi par la parole et par l'action, en vrai témoin du Christ »[4].
Comme le baptême, la confirmation ne se reçoit qu'une seule fois, car elle imprime dans l'âme un « caractère » indélébile[5]. Elle prolonge un mouvement qui traverse toute l'histoire sainte : l'Esprit promis au Messie, répandu sur l'Église à la Pentecôte, communiqué par les Apôtres au moyen de l'imposition des mains (Ac 8, 14-17), puis signifié par l'onction de chrême — le rite qui a donné aux baptisés leur nom même de « chrétiens », c'est-à-dire d'« oints »[6].
Cet article présente le sacrement dans son ensemble : son nom et sa nature, son enracinement biblique, la différence des pratiques orientale et occidentale, ses signes et son rite, ses effets, son sujet et son ministre, et la manière de vivre la grâce reçue. Pour la notion générale de sacrement, voir Qu'est-ce qu'un sacrement ? ; pour le caractère imprimé, voir Le caractère sacramentel.
Qu'est-ce que la confirmation ? Le sacrement qui « achève » le baptême
Avant tout débat, il faut entendre ce que l'Église dit de la confirmation en propre. Le Catéchisme la définit d'emblée par son lien avec les deux autres sacrements de l'initiation, dont « l'unité doit être sauvegardée »[7].
Le second sacrement de l'initiation chrétienne
« Avec le Baptême et l'Eucharistie, le sacrement de la Confirmation constitue l'ensemble des "sacrements de l'initiation chrétienne", dont l'unité doit être sauvegardée. Il faut donc expliquer aux fidèles que la réception de ce sacrement est nécessaire à l'accomplissement de la grâce baptismale. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1285[8]
La confirmation n'est donc pas un sacrement isolé ni facultatif : elle forme avec le baptême et l'eucharistie un seul édifice. Le baptême fait renaître, la confirmation fortifie, l'eucharistie nourrit. « Par le Baptême et la Confirmation, écrit le Catéchisme à propos de l'initiation, les fidèles sont configurés au Christ », puis menés à la table eucharistique[9]. Le confirmé reçoit ce qui manque encore à son initiation : non pas une grâce d'un autre ordre, mais l'achèvement de celle qu'il a reçue au baptême.
C'est pourquoi le Catéchisme insiste : « sans la Confirmation et l'Eucharistie, le sacrement du Baptême est, certes, valide et efficace, mais l'initiation chrétienne reste inachevée »[10]. Un baptisé non confirmé est pleinement chrétien ; mais il n'a pas encore reçu tout ce que le Christ veut lui donner pour vivre et témoigner.
Pourquoi « confirmation » ? Le sens du mot
Le nom du sacrement diffère selon les traditions, et chacun éclaire un aspect du don. En Orient, on l'appelle « chrismation », « onction de chrême », ou encore « myron » — ce qui signifie « chrême ». En Occident, le mot confirmation met en avant un autre effet :
« En Occident le nom de Confirmation suggère que ce sacrement à la fois confirme le baptême et affermit la grâce baptismale. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1289[11]
Le verbe latin confirmare signifie « rendre ferme », « affermir ». Le sacrement « confirme » donc en un double sens : il ratifie ce que le baptême a commencé, et il donne la force (en latin fortitudo) de tenir dans la foi. Les deux familles de mots — la chrismation orientale et la confirmation occidentale — ne désignent pas deux réalités, mais un seul don considéré sous deux angles : l'onction qui consacre, et la fermeté qu'elle communique.
« Chrétiens », c'est-à-dire « oints »
L'onction de chrême a marqué le vocabulaire chrétien jusque dans le nom des baptisés. Le mot « chrétien » vient du grec christos, « oint » — le même mot qui donne « Christ ».
« Cette onction illustre le nom de "chrétien" qui signifie "oint" et qui tire son origine de celui du Christ lui-même, lui que "Dieu a oint de l'Esprit Saint" (Ac 10, 38). » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1289[12]
Être chrétien, ce n'est donc pas seulement croire au Christ : c'est être oint comme lui, participer à son onction par l'Esprit. La confirmation rend ce nom pleinement vrai. « Par la Confirmation, les chrétiens, c'est-à-dire ceux qui sont oints, participent davantage à la mission de Jésus-Christ et à la plénitude de l'Esprit Saint dont Il est comblé, afin que toute leur vie dégage "la bonne odeur du Christ" » (2 Co 2, 15)[13].
La confirmation dans l'histoire du salut
La confirmation, comme le baptême, n'a pas surgi un beau matin : selon l'Église, Dieu en a préparé le don de loin, à travers l'attente du Messie, la Pentecôte et la pratique des Apôtres. C'est ce que le Catéchisme appelle « la confirmation dans l'économie du salut »[14].
L'Esprit promis au Messie, puis à tout le peuple
L'Ancien Testament annonce d'abord que l'Esprit du Seigneur reposera sur le Messie. Le prophète Isaïe en dresse le portrait — ce sont les sept dons que la confirmation viendra communiquer :
« Sur lui reposera l'Esprit du Seigneur : esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur. » — Isaïe 11, 2[15]
Cette plénitude de l'Esprit « ne devait pas rester uniquement celle du Messie, elle devait être communiquée à tout le peuple messianique »[16]. Les prophètes l'avaient promis : Dieu répandrait son Esprit « sur toute chair » (Jl 3, 1-2) et donnerait « un cœur nouveau » et « un esprit nouveau » (Ez 36, 25-27)[17]. À plusieurs reprises, le Christ a promis cette effusion (Lc 12, 12 ; Jn 7, 37-39 ; 16, 7-15 ; Ac 1, 8), avant de l'accomplir.
La Pentecôte : la confirmation de l'Église
La promesse se réalise « d'abord le jour de Pâques » (Jn 20, 22), puis « de manière plus éclatante le jour de la Pentecôte »[18]. Ce jour-là, l'Esprit descend sur les Apôtres réunis ; remplis de lui, ils sortent du Cénacle et « commencent à proclamer les merveilles de Dieu » (Ac 2, 11). La Pentecôte est, en un sens, la confirmation de l'Église entière : les disciples craintifs deviennent des témoins intrépides.
Et ce don ne s'arrête pas aux Douze. Le jour même, « ceux qui ont alors cru à la prédication apostolique et qui se sont fait baptiser, ont à leur tour reçu le don du Saint-Esprit »[19]. À la foule bouleversée, saint Pierre déclare :
« Convertissez-vous, et que chacun de vous se fasse baptiser au nom de Jésus Christ pour obtenir le pardon de ses péchés. Vous recevrez alors le don du Saint-Esprit. » — Actes des Apôtres 2, 38[20]
La confirmation prolonge donc la Pentecôte : elle « perpétue, en quelque sorte, dans l'Église, la grâce de la Pentecôte »[21].
L'imposition des mains des Apôtres
Comment ce don se transmettait-il, après la Pentecôte, à ceux qui se convertissaient ? Par un geste précis : l'imposition des mains des Apôtres. C'est le fondement scripturaire que la tradition catholique reconnaît comme l'origine du sacrement.
« Apprenant que la Samarie avait accueilli la parole de Dieu, les Apôtres qui étaient à Jérusalem y envoyèrent Pierre et Jean. Ceux-ci descendirent donc chez les Samaritains et prièrent pour eux, afin que l'Esprit Saint leur fût donné. Car il n'était encore tombé sur aucun d'eux ; ils avaient seulement été baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors Pierre et Jean se mirent à leur imposer les mains et ils recevaient l'Esprit Saint. » — Actes des Apôtres 8, 14-17[22]
Le texte est décisif : les Samaritains étaient déjà baptisés, et pourtant l'Esprit ne leur avait pas encore été donné de cette manière. Il fallait que les Apôtres viennent leur imposer les mains. On retrouve la même scène à Éphèse, où saint Paul, après avoir baptisé une douzaine de disciples, « leur imposa les mains, et l'Esprit Saint vint sur eux » (Ac 19, 5-6)[23]. C'est si fondamental que l'Épître aux Hébreux range « la doctrine sur les Baptêmes et aussi sur l'imposition des mains » parmi les éléments de « la première instruction chrétienne » (He 6, 2)[24]. Paul VI le résume ainsi :
« L'imposition des mains est à bon droit reconnue par la tradition catholique comme l'origine du sacrement de la Confirmation qui perpétue, en quelque sorte, dans l'Église, la grâce de la Pentecôte. » — Paul VI, constitution apostolique Divinae consortium naturae[25]
L'onction de chrême ajoutée très tôt
À ce geste premier — l'imposition des mains — s'est « très tôt » ajouté un second signe : « pour mieux signifier le don du Saint-Esprit, s'est ajoutée à l'imposition des mains une onction d'huile parfumée (chrême) »[26]. Ce rite d'onction « existe jusqu'à nos jours, tant en Orient qu'en Occident »[27]. Au IIIᵉ siècle, La Tradition apostolique attribuée à saint Hippolyte de Rome décrit déjà la double onction post-baptismale[28], et les grands catéchètes du IVᵉ siècle — saint Cyrille de Jérusalem dans ses Catéchèses mystagogiques, saint Ambroise à Milan — commentent longuement la chrismation des néophytes[29]. Le sacrement n'a donc rien d'une invention médiévale : il plonge ses racines dans l'âge apostolique et la liturgie des premiers siècles.
Orient et Occident : pourquoi deux pratiques différentes ?
Un fait surprend souvent : dans l'Église latine, on est confirmé des années après le baptême, par l'évêque ; dans les Églises d'Orient, on l'est immédiatement après le baptême, par le prêtre qui baptise. Cette différence n'est pas une contradiction, mais le fruit d'une histoire — et chaque tradition met en lumière une vérité réelle du sacrement.
Le « sacrement double » de saint Cyprien
Aux premiers siècles, baptême et confirmation formaient une seule célébration. Saint Cyprien de Carthage, au IIIᵉ siècle, parlait à leur sujet d'un « sacrement double »[30]. On était baptisé, oint et admis à l'eucharistie dans un même mouvement, le plus souvent dans la nuit de Pâques, par l'évêque entouré de son presbyterium. C'est encore l'usage de l'initiation des adultes aujourd'hui.
La séparation occidentale : réserver l'achèvement à l'évêque
Pourquoi l'Occident a-t-il fini par séparer les deux sacrements dans le temps ? Pour des raisons très concrètes, que le Catéchisme énumère :
« La multiplication des Baptêmes d'enfants, et ce en tout temps de l'année, et la multiplication des paroisses (rurales), agrandissant les diocèses, ne permettent plus la présence de l'évêque à toutes les célébrations baptismales. En Occident, parce que l'on désire réserver à l'évêque l'achèvement du Baptême, s'instaure la séparation temporelle des deux sacrements. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1290[31]
Devant le choix entre garder l'unité du rite (en laissant le prêtre tout faire) ou garder le lien à l'évêque (en différant la confirmation), l'Occident a privilégié le second. L'Orient a fait l'inverse : il a gardé les deux sacrements unis, « si bien que la confirmation est donnée par le prêtre qui baptise » — mais ce prêtre « ne peut le faire qu'avec le myron consacré par un évêque »[32]. Ainsi, des deux côtés, le lien à l'évêque demeure : directement en Occident, par le chrême consacré en Orient.
| Aspect | Tradition orientale (chrismation) | Tradition latine (confirmation) |
|---|---|---|
| Moment | Immédiatement après le baptême | À « l'âge de raison » (le plus souvent) |
| Ministre habituel | Le prêtre qui baptise | L'évêque |
| Lien à l'évêque | Par le myron qu'il a consacré | Par sa présence et son geste |
| Ce qui est souligné | L'unité des trois sacrements d'initiation | Le lien apostolique et la catholicité de l'Église |
Ce que chaque tradition met en lumière
Aucune des deux pratiques n'est « meilleure » : elles éclairent deux vérités complémentaires. « La pratique des Églises d'Orient souligne davantage l'unité de l'initiation chrétienne. Celle de l'Église latine exprime plus nettement la communion du nouveau chrétien avec son évêque, garant et serviteur de l'unité de son Église, de sa catholicité et de son apostolicité, et par là, le lien avec les origines apostoliques de l'Église du Christ »[33]. L'Orient montre que l'Esprit achève le baptême sans délai ; l'Occident montre que ce don rattache à l'Église des Apôtres, dont l'évêque est le successeur.
Le développement du rite, des Apôtres à aujourd'hui
La confirmation a toujours été le même sacrement — don de l'Esprit imposé par les Apôtres — mais sa forme rituelle et sa place dans l'initiation se sont précisées au fil des siècles.
- vers 30La Pentecôte et l'imposition des mains
L'Esprit descend sur les Apôtres (Ac 2). Très vite, ils communiquent ce don par l'imposition des mains aux nouveaux baptisés (Ac 8, 14-17 ; 19, 5-6).
- vers 215La double onction de chrême
La Tradition apostolique attribuée à saint Hippolyte de Rome décrit déjà l'onction de chrême faite par l'évêque sur le front du néophyte au sortir du bain baptismal.
- vers 250Le « sacrement double » de saint Cyprien
À Carthage, saint Cyprien parle d'un « sacrement double » : baptême et confirmation forment encore une seule célébration présidée par l'évêque.
- Vᵉ-VIᵉ siècleLa séparation occidentale
En Occident, la multiplication des baptêmes d'enfants et des paroisses rurales conduit à différer la confirmation pour la réserver à l'évêque ; l'Orient garde les deux sacrements unis.
- 22 novembre 1439Le concile de Florence
Le décret Exsultate Deo énumère la confirmation parmi les sept sacrements et en fixe la matière (chrême), la forme et le ministre (l'évêque).
- 3 mars 1547Le concile de Trente
Session VII : trois canons défendent la confirmation comme vrai sacrement, affirment la vertu du saint chrême et réservent à l'évêque le ministère ordinaire.
- 4 décembre 1963Vatican II demande la révision du rite
Sacrosanctum concilium (n° 71) demande de réviser le rite pour mieux manifester son lien avec l'ensemble de l'initiation chrétienne.
- 15 août 1971Paul VI fixe le rite actuel
La constitution apostolique Divinae consortium naturae promulgue le rite révisé et fixe la forme essentielle latine : « Sois marqué de l'Esprit Saint, le don de Dieu. »
Les signes et le rite : l'onction et le sceau
Si l'on demande ce qu'il faut concrètement pour confirmer, la réponse de l'Église tient en deux signes liés : une onction de saint chrême sur le front, faite en imposant la main, accompagnée de paroles précises. C'est ce que la théologie appelle la matière et la forme du sacrement. Sur cette distinction commune à tous les sacrements, voir La matière et la forme des sacrements.
L'onction d'huile : ses significations bibliques
Pourquoi l'huile ? Parce que, dans la Bible et l'Antiquité, l'onction est « riche de nombreuses significations ». Le Catéchisme les rassemble :
« L'huile est signe d'abondance et de joie, elle purifie (onction avant et après le bain) et elle rend souple (l'onction des athlètes et des lutteurs) ; elle est signe de guérison, puisqu'elle adoucit les contusions et les plaies, et elle rend rayonnant de beauté, de santé et de force. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1293[34]
Toutes ces images se vérifient dans la vie spirituelle. L'onction du saint chrême « est le signe d'une consécration » : par elle, le chrétien est mis à part pour Dieu et associé plus étroitement à la mission du Christ[35]. L'huile dit l'abondance de l'Esprit, la joie de la grâce, la force du lutteur qui va entrer au combat de la foi.
Le « sceau » de l'Esprit Saint
Mais l'onction « désigne et imprime » quelque chose de plus : un sceau spirituel[36]. Le mot est important. Dans l'Antiquité, le sceau marquait l'appartenance : on marquait « les soldats du sceau de leur chef et aussi les esclaves de celui de leur maître », et il authentifiait un acte ou un document[37]. Saint Paul applique cette image au chrétien :
« Celui qui nous affermit avec vous dans le Christ et qui nous a donné l'onction, c'est Dieu, Lui qui nous a marqués de son sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l'Esprit. » — Saint Paul, 2ᵉ épître aux Corinthiens 1, 21-22[38]
Ce « sceau de l'Esprit Saint marque l'appartenance totale au Christ, la mise à son service pour toujours, mais aussi la promesse de la protection divine dans la grande épreuve eschatologique » (cf. Ap 7, 2-3)[39]. Le confirmé est désormais « marqué » comme appartenant au Christ — marque que rien ne pourra effacer, et qui le protégera au jour du jugement. C'est le caractère indélébile dont il sera question plus bas. Sur ce point, voir Le caractère sacramentel.
Le saint chrême et sa consécration
La matière de la confirmation est le saint chrême : un mélange d'huile d'olive et de baume parfumé. Sa consécration « fait partie », d'une certaine façon, du sacrement lui-même[40] :
« C'est l'évêque qui, le Jeudi Saint, au cours de la Messe chrismale, consacre le saint chrême pour tout son diocèse. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1297[41]
Ainsi, même lorsqu'un prêtre confirme — en Orient, ou en cas de nécessité en Occident — il le fait toujours avec un chrême consacré par l'évêque. Le sacrement reste enraciné dans le sacerdoce épiscopal et, par lui, dans la succession apostolique. Le concile de Trente a d'ailleurs solennellement défendu la valeur de ce chrême contre ceux qui la niaient :
« Si quelqu'un dit que font injure à l'Esprit Saint ceux qui attribuent quelque vertu au saint chrême de la confirmation : qu'il soit anathème. » — Concile de Trente, session VII, canon 2 sur la confirmation[42]
Le déroulement de la célébration
Dans le rite romain, lorsque la confirmation est célébrée à part du baptême, la liturgie commence par « le renouvellement des promesses du Baptême et par la profession de foi des confirmands », pour bien montrer que « la Confirmation se situe dans la suite du Baptême »[43]. Puis l'évêque étend les mains sur l'ensemble des confirmands — « geste qui, depuis le temps des apôtres, est le signe du don de l'Esprit »[44] — et invoque l'effusion de l'Esprit aux sept dons :
« Répands maintenant sur eux ton Esprit Saint ; donne-leur en plénitude l'Esprit qui reposait sur ton Fils Jésus : esprit de sagesse et d'intelligence, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et d'affection filiale ; remplis-les de l'esprit de la crainte de Dieu. » — Rituel de la confirmation (Ordo confirmationis, 25)[45]
Vient alors le rite essentiel, puis le baiser de paix qui « signifie et manifeste la communion ecclésiale avec l'évêque et avec tous les fidèles »[46]. Lorsque la confirmation est célébrée au cours de la messe, elle souligne encore mieux « l'unité des sacrements de l'initiation chrétienne »[47].
Le rite essentiel : « Sois marqué de l'Esprit Saint, le don de Dieu »
Au cœur de la célébration se trouve le geste qui fait le sacrement. Paul VI l'a fixé avec précision en 1971, à la suite de la révision demandée par le concile Vatican II[48] :
« Le sacrement de Confirmation est conféré par l'onction du saint chrême sur le front, faite en imposant la main, et par ces paroles : "Accipe signaculum doni Spiritus Sancti" ("Sois marqué de l'Esprit Saint, le don de Dieu"). » — Paul VI, constitution apostolique Divinae consortium naturae[49]
Trois éléments sont donc requis ensemble : l'onction de chrême sur le front (la matière), l'imposition de la main du ministre, et la formule (la forme). En Orient byzantin, l'onction se fait sur plusieurs organes des sens — front, yeux, narines, oreilles, lèvres, poitrine, mains, pieds — avec la formule « Sceau du don de l'Esprit Saint »[50]. Dans les deux rites, la même réalité s'accomplit : le don scellé de l'Esprit Saint.
La confirmation est-elle vraiment un sacrement ?
Parce que la confirmation suit le baptême et précède souvent l'eucharistie de plusieurs années, certains ont voulu y voir une simple cérémonie de passage, ou une catéchèse solennelle — non un véritable sacrement institué par le Christ. Le concile de Trente a répondu à ces objections en 1547, par trois canons brefs et nets.
Objection — « ce n'est qu'une cérémonie ou une catéchèse »
L'objection, portée par certains réformateurs du XVIᵉ siècle, était que la confirmation n'aurait été à l'origine « rien d'autre qu'une catéchèse, par laquelle ceux qui approchaient de l'adolescence rendaient compte de leur foi en présence de l'Église »[51]. Trente la condamne :
« Si quelqu'un dit que la confirmation des baptisés est une cérémonie vaine et non pas plutôt un sacrement véritable et proprement dit, ou qu'elle ne fut autrefois rien d'autre qu'une catéchèse… qu'il soit anathème. » — Concile de Trente, session VII, canon 1 sur la confirmation[52]
L'argument décisif n'est pas seulement dogmatique : il est scripturaire et historique. Les Actes des Apôtres montrent un geste — l'imposition des mains — qui donne réellement l'Esprit Saint à des baptisés (Ac 8 ; Ac 19), distinct du baptême lui-même et accompli par les Apôtres. Un rite institué pour communiquer la grâce de l'Esprit, attesté dès l'âge apostolique et pratiqué sans interruption en Orient comme en Occident, n'est pas une catéchèse : c'est un sacrement.
Objection — « le saint chrême n'a aucune vertu »
Une seconde objection visait l'onction elle-même : à quoi bon le chrême, simple huile ? Trente répond, par le canon déjà cité, que ceux qui attribuent une « vertu » au saint chrême ne font nullement injure à l'Esprit Saint, mais confessent que Dieu agit par des signes sensibles[53]. C'est toute la logique sacramentelle : Dieu ne sauve pas l'homme comme un pur esprit, mais à travers des gestes et des matières qu'il a choisis. L'eau du baptême, le pain et le vin de l'eucharistie, le chrême de la confirmation ne sont pas des décorations : ce sont les instruments que la puissance divine emploie.
Objection — « rien dans l'Écriture ne fonde un tel sacrement »
On objecte enfin que le mot « confirmation » ne se lit pas dans le Nouveau Testament. C'est vrai du mot — non de la chose. Le Nouveau Testament atteste :
- un don de l'Esprit distinct du baptême, conféré par les Apôtres (Ac 8, 14-17 ; 19, 5-6) ;
- le geste qui le confère : l'imposition des mains, rangée parmi les fondements de la foi (He 6, 2) ;
- le sceau de l'Esprit dont le chrétien est marqué (2 Co 1, 21-22 ; Ep 1, 13 ; 4, 30) ;
- l'onction qui fait le « chrétien » (Ac 10, 38 ; 2 Co 2, 15).
Le concile de Florence, en 1439, énumérait déjà la confirmation parmi les sept sacrements, « que les évêques confèrent par l'imposition des mains en oignant les baptisés »[54]. La doctrine n'a donc rien d'une construction tardive : elle lit, dans les actes des Apôtres, l'institution d'un sacrement permanent.
Les effets de la confirmation
Que produit la confirmation ? L'Église répond d'un mot : une effusion spéciale de l'Esprit Saint, qui ne donne pas un autre Esprit que celui du baptême, mais le donne en plénitude, pour la mission et le témoignage.
L'effusion spéciale de l'Esprit, comme à la Pentecôte
« Il ressort de la célébration que l'effet du sacrement de Confirmation est l'effusion spéciale de l'Esprit Saint, comme elle fut accordée jadis aux Apôtres au jour de la Pentecôte. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1302[55]
De cette effusion découlent cinq fruits que le Catéchisme énumère : la confirmation « nous enracine plus profondément dans la filiation divine qui nous fait dire Abba, Père » ; « elle nous unit plus fermement au Christ » ; « elle augmente en nous les dons de l'Esprit Saint » ; « elle rend notre lien avec l'Église plus parfait » ; et « elle nous accorde une force spéciale de l'Esprit Saint pour répandre et défendre la foi par la parole et par l'action en vrais témoins du Christ, pour confesser vaillamment le nom du Christ et pour ne jamais éprouver de la honte à l'égard de la croix »[56]. Saint Ambroise le disait déjà aux néophytes de Milan :
« Rappelle-toi que tu as reçu le signe spirituel, l'Esprit de sagesse et d'intelligence, l'Esprit de conseil et de force, l'Esprit de connaissance et de piété, l'Esprit de la sainte crainte, et garde ce que tu as reçu. Dieu le Père t'a marqué de son signe, le Christ Seigneur t'a confirmé et il a mis en ton cœur le gage de l'Esprit. » — Saint Ambroise de Milan, Des mystères, 7, 42[57]
Les sept dons de l'Esprit Saint
La tradition résume cette plénitude par les sept dons de l'Esprit, énumérés d'après Isaïe 11, 2 et invoqués dans la prière même de la confirmation[58]. Ils ne sont pas sept grâces séparées, mais sept manières dont le même Esprit rend l'âme docile à son action.
| Don de l'Esprit | Ce qu'il opère dans l'âme |
|---|---|
| Sagesse | Goûter et juger toutes choses selon Dieu |
| Intelligence | Pénétrer le sens profond de la foi révélée |
| Conseil | Discerner ce qu'il faut faire dans la vie concrète |
| Force | Tenir et agir avec courage, jusqu'au martyre s'il le faut |
| Connaissance (science) | Juger droitement des choses créées au regard de Dieu |
| Piété (affection filiale) | Aimer Dieu comme un Père et servir le prochain |
| Crainte de Dieu | Révérer Dieu et redouter de l'offenser, par amour |
Ces dons ne sont pas réservés à une élite spirituelle : ils sont donnés à tout confirmé pour que sa vie ordinaire devienne le lieu d'un témoignage. Le don de force, en particulier, explique que « de nombreux enfants, grâce à la force du Saint-Esprit qu'ils avaient reçue, ont lutté courageusement et jusqu'au sang pour le Christ »[59].
Le caractère indélébile : reçu une seule fois
Comme le baptême et l'ordre, la confirmation ne se reçoit qu'une fois, parce qu'elle imprime dans l'âme un « caractère » :
« Comme le Baptême dont elle est l'achèvement, la Confirmation est donnée une seule fois. La Confirmation imprime en effet dans l'âme une marque spirituelle indélébile, le "caractère", qui est le signe de ce que Jésus-Christ a marqué un chrétien du sceau de son Esprit en le revêtant de la force d'en haut pour qu'il soit son témoin. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1304[60]
Ce caractère ne disparaît jamais — ni par le péché, ni par l'apostasie. Un confirmé qui aurait abandonné la foi puis qui reviendrait n'est jamais re-confirmé : la marque est toujours là, prête à reprendre vie dès que la charité renaît. Sur la nature de cette marque, voir Le caractère sacramentel.
Le sacerdoce commun perfectionné : témoigner « comme en vertu d'une charge »
Le caractère de la confirmation ne se contente pas de marquer : il habilite. Il « perfectionne le sacerdoce commun des fidèles, reçu dans le Baptême », et donne au confirmé « la puissance de confesser la foi du Christ publiquement, et comme en vertu d'une charge »[61]. La formule de saint Thomas d'Aquin est précise :
« Le confirmé reçoit la puissance de confesser la foi du Christ publiquement, et comme en vertu d'une charge (quasi ex officio). » — Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, III, q. 72, a. 5[62]
Là est la différence propre de la confirmation par rapport au baptême. Le baptisé professe sa foi ; le confirmé est mandaté pour la défendre et la répandre, comme un soldat reçoit ses armes ou un envoyé sa mission. C'est pourquoi la tradition a parlé du confirmé comme d'un « soldat du Christ » — non pour la guerre des armes, mais pour le combat du témoignage.
Qui peut recevoir la confirmation ?
La règle est large : « Tout baptisé non encore confirmé peut et doit recevoir le sacrement de la Confirmation »[63]. Deux mots comptent : peut (aucun baptisé n'en est exclu) et doit (ce n'est pas facultatif).
Une obligation, pour achever l'initiation
Le Catéchisme parle d'une véritable obligation : « les fidèles sont tenus par l'obligation de recevoir ce sacrement en temps opportun »[64]. La raison en a été dite : sans la confirmation, « l'initiation chrétienne reste inachevée »[65]. Il ne s'agit pas d'un supplément décoratif, mais de la part de la grâce que le Christ veut donner à chacun des siens pour vivre en adulte dans la foi.
L'âge et le faux « sacrement de la maturité »
Dans l'Église latine, « la coutume, depuis des siècles, indique l'âge de la discrétion comme point de référence »[66]. Mais le Catéchisme met en garde contre un contresens répandu :
« Si l'on parle parfois de la Confirmation comme du "sacrement de la maturité chrétienne", il ne faudrait pas pour autant confondre l'âge adulte de la foi avec l'âge adulte de la croissance naturelle, ni oublier que la grâce baptismale est une grâce d'élection gratuite et imméritée qui n'a pas besoin d'une "ratification" pour devenir effective. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1308[67]
La confirmation n'est donc pas une « profession de foi » personnelle par laquelle l'adolescent ratifierait enfin un baptême reçu bébé. Ce serait inverser les rôles : ce n'est pas l'homme qui confirme Dieu, c'est Dieu qui confirme l'homme. La preuve en est que, « en danger de mort, on doit confirmer les enfants même s'ils n'ont pas encore atteint l'âge de la discrétion »[68] : le don ne dépend pas de la maturité du sujet, mais de la grâce du Christ. Saint Thomas le notait déjà : « l'âge du corps ne constitue pas un préjudice pour l'âme »[69].
État de grâce et parrain
Deux conditions accompagnent une réception fructueuse. D'abord, « pour recevoir la Confirmation, il faut être en état de grâce » — d'où la coutume de recourir d'abord au sacrement de pénitence, « pour être purifié en vue du don du Saint-Esprit »[70]. Sur ce point, voir La confession. Ensuite, comme au baptême, le confirmand est accompagné d'un parrain ou d'une marraine ; « il convient qu'il soit le même que pour le Baptême pour bien marquer l'unité des deux sacrements »[71]. Le confirmé, enfin, doit être « préparé à assumer son rôle de disciple et de témoin du Christ, dans la communauté ecclésiale et dans les affaires temporelles »[72].
Qui peut confirmer ? Le ministre
Sur ce point, la confirmation se distingue nettement du baptême — que tout homme peut conférer en cas de nécessité. La confirmation, elle, est ordinairement réservée à l'évêque.
L'évêque, ministre originaire
« Le ministre originaire de la Confirmation est l'évêque. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1312[73]
Le concile de Trente l'avait défini contre ceux qui voulaient en faire le ministère de n'importe quel prêtre :
« Si quelqu'un dit que le ministre ordinaire de la confirmation n'est pas l'évêque seul, mais n'importe quel simple prêtre : qu'il soit anathème. » — Concile de Trente, session VII, canon 3 sur la confirmation[74]
Pourquoi cette réserve ? Parce que les évêques « sont les successeurs des apôtres » et « ont reçu la plénitude du sacrement de l'ordre »[75]. Que ce soit l'évêque qui confirme « marque bien que ce sacrement a pour effet d'unir ceux qui le reçoivent plus étroitement à l'Église, à ses origines apostoliques et à sa mission de témoigner du Christ »[76]. La confirmation rattache visiblement le confirmé à l'Église des Apôtres, par la main de leur successeur. Sur la distinction des ministres, voir Le ministre ordinaire et extraordinaire.
Le prêtre, en Orient et en cas de nécessité
Cette réserve à l'évêque n'est pas absolue. En Orient, « c'est ordinairement le prêtre qui baptise qui donne aussi immédiatement la Confirmation », avec le chrême consacré par l'évêque ou le patriarche[77]. En Occident, l'évêque « peut, en cas de nécessité, concéder la faculté à des prêtres d'administrer la Confirmation »[78] — par exemple lors du baptême d'un adulte, ou de l'admission à la pleine communion d'un converti. Enfin, et surtout :
« Si un chrétien est en danger de mort, tout prêtre peut lui donner la Confirmation. En effet, l'Église veut qu'aucun de ses enfants, même tout petit, ne sorte de ce monde sans avoir été parfait par l'Esprit Saint avec le don de la plénitude du Christ. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1314[79]
On retrouve ici la même tendresse maternelle de l'Église que pour le baptême : devant la mort, toutes les facilités sont accordées, pour que nul ne parte sans la plénitude du don.
Vivre sa confirmation : devenir témoin du Christ
La confirmation n'est pas un rite de passage que l'on oublie une fois la fête finie. Elle dépose dans l'âme un don qui demande à être réveillé et mis en œuvre toute la vie. « La grâce de la confirmation, écrit le Catéchisme, doit conduire le chrétien vers une union plus intime au Christ, vers une familiarité plus vive avec l'Esprit Saint, son action, ses dons et ses appels »[80].
Le courage du témoignage
Le fruit le plus visible de la confirmation est le courage. La Pentecôte avait changé des Apôtres craintifs en témoins intrépides ; la confirmation veut produire le même effet en chaque chrétien. C'est pourquoi le confirmé reçoit la force « de confesser vaillamment le nom du Christ et de ne jamais éprouver de honte à l'égard de la croix »[81]. Le sceau de l'Esprit est aussi un « casque » et un « bouclier de la foi », selon la belle prière de consécration du chrême : il rend le baptisé capable de tenir « contre toutes les œuvres de l'Adversaire »[82].
Les saints, confirmés par l'Esprit
L'histoire de l'Église est remplie de ces témoins que la force de l'Esprit a rendus invincibles. Saint Thomas d'Aquin rappelle que « de nombreux enfants » — il pense aux jeunes martyrs comme sainte Agnès — « ont lutté courageusement et jusqu'au sang pour le Christ », parce qu'ils avaient reçu « la force du Saint-Esprit »[83]. Ce courage n'est pas une vertu naturelle : c'est le don du sacrement déployé jusqu'au bout. Le martyr, le missionnaire, le simple fidèle qui ose dire sa foi dans un milieu hostile vivent tous, à leur mesure, leur confirmation.
Réveiller le don reçu
Beaucoup de baptisés-confirmés vivent comme s'ils n'avaient jamais reçu l'Esprit. Pourtant, le don demeure : le caractère est indélébile, et la grâce attend d'être ranimée. Saint Paul exhortait son disciple Timothée à « raviver le don de Dieu » qu'il avait reçu par l'imposition des mains (2 Tm 1, 6-7) — « car ce n'est pas un esprit de crainte que Dieu nous a donné, mais un esprit de force, d'amour et de maîtrise de soi ». C'est l'exhortation de la confirmation à tout chrétien : la force est là, déposée au jour du sacrement ; il reste à la laisser agir, par la prière, les sacrements et le courage de témoigner. Le confirmé n'a pas à conquérir l'Esprit : il a seulement à ne pas l'éteindre (cf. 1 Th 5, 19).
Pour aller plus loin
- Qu'est-ce qu'un sacrement ? — la notion générale de sacrement, signe efficace de la grâce.
- Le baptême — le premier sacrement de l'initiation, que la confirmation achève.
- L'Eucharistie — le sommet de l'initiation chrétienne, après le baptême et la confirmation.
- Le caractère sacramentel — la marque indélébile imprimée par le baptême, la confirmation et l'ordre.
- La matière et la forme des sacrements — l'onction de chrême et la formule essentielle.
- Le ministre ordinaire et extraordinaire — pourquoi l'évêque, et quand le prêtre.
- La confession — l'état de grâce requis pour recevoir l'Esprit.
Notes et références
Catéchisme de l'Église catholique, § 1302 : « l'effet du sacrement de Confirmation est l'effusion spéciale de l'Esprit Saint, comme elle fut accordée jadis aux Apôtres au jour de la Pentecôte ».
1 55Catéchisme de l'Église catholique, § 1285 : « Avec le Baptême et l'Eucharistie, le sacrement de la Confirmation constitue l'ensemble des "sacrements de l'initiation chrétienne"… la réception de ce sacrement est nécessaire à l'accomplissement de la grâce baptismale » (cf. Ordo confirmationis, prænotanda 1).
2 7 8Catéchisme de l'Église catholique, § 1300, citant Paul VI, Divinae consortium naturae : le rite essentiel — « l'onction du saint chrême sur le front, faite en imposant la main, et par ces paroles : Accipe signaculum doni Spiritus Sancti » ; en rite byzantin, onction sur plusieurs organes des sens avec la formule « Sceau du don de l'Esprit Saint ».
3 50Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium, n° 11 (21 novembre 1964) : « par le sacrement de Confirmation, [les baptisés] sont liés plus parfaitement à l'Église ; ils sont dotés d'une force spéciale de l'Esprit Saint, et ainsi plus rigoureusement obligés à répandre et à défendre la foi par la parole et par l'action, en vrais témoins du Christ » ; cité par CEC § 1285 et § 1303.
4Catéchisme de l'Église catholique, § 1304 : « comme le Baptême dont elle est l'achèvement, la Confirmation est donnée une seule fois » ; elle imprime « une marque spirituelle indélébile, le caractère » (cf. DS 1609 ; Lc 24, 48-49).
5 60Catéchisme de l'Église catholique, § 1289 : « pour mieux signifier le don du Saint-Esprit, s'est ajoutée à l'imposition des mains une onction d'huile parfumée (chrême) » ; le nom de « chrétien » signifie « oint » (Ac 10, 38) ; en Orient le sacrement est appelé « chrismation » ou « myron », en Occident « Confirmation ».
6 11 12 26 27Catéchisme de l'Église catholique, § 1212 : les trois sacrements de l'initiation chrétienne — baptême, confirmation, eucharistie — fondent la vie chrétienne ; « les fidèles renaissent par le Baptême, sont fortifiés par le sacrement de Confirmation et reçoivent dans l'Eucharistie le pain de la vie éternelle » (Paul VI, Divinae consortium naturae).
9Catéchisme de l'Église catholique, § 1306 : « Tout baptisé non encore confirmé peut et doit recevoir le sacrement de la Confirmation » (CIC can. 889, § 1) ; les fidèles « sont tenus par l'obligation de recevoir ce sacrement en temps opportun » (CIC can. 890) ; sans confirmation et eucharistie, le baptême est valide « mais l'initiation chrétienne reste inachevée ».
10 63 64 65Catéchisme de l'Église catholique, § 1294 : l'onction du saint chrême dans la confirmation et l'ordination « est le signe d'une consécration » ; par elle les chrétiens participent davantage à la mission de Jésus-Christ et à la plénitude de l'Esprit, « afin que toute leur vie dégage la bonne odeur du Christ » (2 Co 2, 15).
13 35Catéchisme de l'Église catholique, § 1286 : dans l'Ancien Testament, les prophètes annoncent que l'Esprit du Seigneur reposera sur le Messie (Is 11, 2) en vue de sa mission salvifique (Lc 4, 16-22 ; Is 61, 1).
14Isaïe 11, 2 (traduction liturgique) : les sept dons de l'Esprit qui reposent sur le rejeton de Jessé — sagesse, intelligence, conseil, force, connaissance et crainte du Seigneur ; texte fondateur de la doctrine des sept dons, repris dans la liturgie de la confirmation (CEC § 1286 ; § 1299).
15Catéchisme de l'Église catholique, § 1287 : la plénitude de l'Esprit devait être communiquée à tout le peuple messianique (Ez 36, 25-27 ; Jl 3, 1-2) ; promesse réalisée à Pâques (Jn 20, 22) et à la Pentecôte (Ac 2, 1-4) ; ceux qui crurent et furent baptisés reçurent à leur tour le don du Saint-Esprit (Ac 2, 38).
16 17 18 19Actes des Apôtres 2, 38 (traduction liturgique) : appel de saint Pierre à la Pentecôte ; cité par CEC § 1287 comme lien entre le baptême et le don du Saint-Esprit.
20Catéchisme de l'Église catholique, § 1288, citant Paul VI, Divinae consortium naturae : les Apôtres communiquèrent aux néophytes, « par l'imposition des mains, le don de l'Esprit qui porte à son achèvement la grâce du Baptême » (Ac 8, 15-17 ; 19, 5-6 ; cf. He 6, 2) ; l'imposition des mains est reconnue « comme l'origine du sacrement de la Confirmation ».
21 23 24Actes des Apôtres 8, 14-17 (traduction liturgique) : Pierre et Jean imposent les mains aux Samaritains baptisés pour qu'ils reçoivent l'Esprit Saint ; texte cité intégralement par CEC § 1315 comme fondement scripturaire de la confirmation.
22Paul VI, constitution apostolique Divinae consortium naturae (15 août 1971) : promulgue le rite révisé de la confirmation ; reconnaît l'imposition des mains des Apôtres « comme l'origine du sacrement de la Confirmation qui perpétue, en quelque sorte, dans l'Église, la grâce de la Pentecôte » ; cité par CEC § 1288.
25Catéchisme de l'Église catholique, § 1291 : la coutume romaine d'une double onction au saint chrême après le baptême, dont la seconde, faite par l'évêque sur le front (cf. S. Hippolyte, Tradition apostolique, 21) ; pour un adulte baptisé, il n'y a qu'une seule onction post-baptismale, celle de la confirmation.
28Saint Ambroise de Milan, Des mystères (De mysteriis), 7, 42 (PL 16, 402-403) : exhortation aux néophytes à garder le signe spirituel reçu, l'Esprit aux sept dons ; cité par CEC § 1303.
29 57Catéchisme de l'Église catholique, § 1290 : aux premiers siècles, baptême et confirmation forment, selon S. Cyprien, un « sacrement double » ; la multiplication des baptêmes d'enfants et des paroisses rurales conduit l'Occident à réserver à l'évêque « l'achèvement du Baptême », d'où la séparation temporelle ; l'Orient garde les deux sacrements unis (cf. CCEO can. 695, 1 ; 696, 1).
30 31 32Catéchisme de l'Église catholique, § 1292 : la pratique orientale souligne « l'unité de l'initiation chrétienne » ; la pratique latine exprime « la communion du nouveau chrétien avec son évêque, garant et serviteur de l'unité de son Église, de sa catholicité et de son apostolicité ».
33Catéchisme de l'Église catholique, § 1293 : dans le rite, considérer « le signe de l'onction et ce que l'onction désigne et imprime : le sceau spirituel » ; significations bibliques de l'huile (abondance, joie, purification, souplesse, guérison, beauté, force).
34 36Catéchisme de l'Église catholique, § 1295 : le sceau, symbole de la personne (Gn 38, 18 ; Ct 8, 6), signe d'autorité (Gn 41, 42) et de propriété (Dt 32, 34) — on marquait « les soldats du sceau de leur chef et les esclaves de celui de leur maître » ; il authentifie un acte (1 R 21, 8) ou un document (Jr 32, 10).
37Saint Paul, 2ᵉ épître aux Corinthiens 1, 21-22 (traduction liturgique) : Dieu « nous a marqués de son sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l'Esprit » ; cité par CEC § 1296 sur le sceau de l'Esprit.
38Catéchisme de l'Église catholique, § 1296 : le chrétien est marqué d'un sceau (2 Co 1, 22 ; Ep 1, 13 ; 4, 30) qui « marque l'appartenance totale au Christ, la mise à son service pour toujours, mais aussi la promesse de la protection divine dans la grande épreuve eschatologique » (Ap 7, 2-3 ; 9, 4 ; Ez 9, 4-6).
39Catéchisme de l'Église catholique, § 1297 : la consécration du saint chrême par l'évêque, le Jeudi Saint, à la Messe chrismale ; prière d'épiclèse de la liturgie d'Antioche — le myron comme « sceau indélébile, bouclier de la foi et casque terrible contre toutes les œuvres de l'Adversaire ».
40 41 82Concile de Trente, session VII (3 mars 1547), Canons sur le sacrement de confirmation, canon 2 — DS 1629 : « Si quelqu'un dit que font injure à l'Esprit Saint ceux qui attribuent quelque vertu au saint chrême de la confirmation : qu'il soit anathème. »
42 53Catéchisme de l'Église catholique, § 1298 : dans le rite romain, la confirmation célébrée à part du baptême commence par le renouvellement des promesses baptismales et la profession de foi des confirmands, montrant que « la Confirmation se situe dans la suite du Baptême » (cf. SC 71 ; CIC can. 866).
43Catéchisme de l'Église catholique, § 1299 : l'évêque étend les mains sur les confirmands, « geste qui, depuis le temps des apôtres, est le signe du don de l'Esprit », et invoque l'effusion de l'Esprit aux sept dons.
44 58Rituel romain, Ordo confirmationis (Rite de la confirmation), n° 25 (édition typique, Vatican, 1973) : prière d'imposition des mains de l'évêque invoquant les sept dons de l'Esprit Saint ; citée par CEC § 1299.
45Catéchisme de l'Église catholique, § 1301 : « Le baiser de paix qui achève le rite du sacrement signifie et manifeste la communion ecclésiale avec l'évêque et avec tous les fidèles » (cf. S. Hippolyte, Tradition apostolique, 21).
46Catéchisme de l'Église catholique, § 1321 : le lien de la confirmation au baptême est exprimé par le renouvellement des engagements baptismaux ; « la célébration de la Confirmation au cours de l'Eucharistie contribue à souligner l'unité des sacrements de l'initiation chrétienne ».
47Concile Vatican II, constitution sur la sainte liturgie Sacrosanctum concilium, n° 71 (4 décembre 1963) : demande la révision du rite de la confirmation pour mieux manifester son lien avec l'ensemble de l'initiation chrétienne ; mise en œuvre par Paul VI en 1971.
48Paul VI, constitution apostolique Divinae consortium naturae (15 août 1971) : fixe la forme essentielle du rite latin — « le sacrement de Confirmation est conféré par l'onction du saint chrême sur le front, faite en imposant la main, et par ces paroles : Accipe signaculum doni Spiritus Sancti (Sois marqué de l'Esprit Saint, le don de Dieu) » ; cité par CEC § 1300.
49Concile de Trente, session VII (3 mars 1547), Canons sur le sacrement de confirmation, canon 1 — DS 1628 : « Si quelqu'un dit que la confirmation des baptisés est une cérémonie vaine et non pas plutôt un sacrement véritable et proprement dit, ou qu'elle ne fut autrefois rien d'autre qu'une catéchèse… qu'il soit anathème. »
51 52Concile de Florence, décret pour les Arméniens Exsultate Deo (22 novembre 1439) — DS 1310-1319 : énumère les sept sacrements et présente la confirmation comme le sacrement « que les évêques confèrent par l'imposition des mains en oignant les baptisés », avec la matière (le chrême), la forme et le ministre.
54Catéchisme de l'Église catholique, § 1303 : les cinq fruits de la confirmation (enracinement dans la filiation divine, union au Christ, augmentation des dons de l'Esprit, lien plus parfait avec l'Église, force spéciale pour témoigner) ; citation de S. Ambroise, De mysteriis 7, 42.
56 81Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, III, q. 72, a. 8, ad 2 : « l'âge du corps ne constitue pas un préjudice pour l'âme » ; de nombreux enfants, « grâce à la force du Saint-Esprit, ont lutté jusqu'au sang pour le Christ » ; cité par CEC § 1308.
59 69 83Catéchisme de l'Église catholique, § 1305 : le caractère « perfectionne le sacerdoce commun des fidèles, reçu dans le Baptême », et donne « la puissance de confesser la foi du Christ publiquement, et comme en vertu d'une charge » (S. Thomas d'Aquin, Somme théologique III, 72, 5, ad 2).
61Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, III, q. 72, a. 5, ad 2 : le confirmé « reçoit la puissance de confesser la foi du Christ publiquement, et comme en vertu d'une charge (quasi ex officio) » ; cité par CEC § 1305.
62Catéchisme de l'Église catholique, § 1307 : la coutume latine indique « l'âge de la discrétion » comme point de référence ; en danger de mort, « on doit confirmer les enfants même s'ils n'ont pas encore atteint l'âge de la discrétion » (CIC can. 891 ; 883, 3).
66 68Catéchisme de l'Église catholique, § 1308 : il ne faut pas « confondre l'âge adulte de la foi avec l'âge adulte de la croissance naturelle » ; la grâce baptismale « n'a pas besoin d'une ratification pour devenir effective ».
67Catéchisme de l'Église catholique, § 1310 : « pour recevoir la Confirmation il faut être en état de grâce » ; il convient de recourir au sacrement de Pénitence « pour être purifié en vue du don du Saint-Esprit » et de se préparer par une prière plus intense (Ac 1, 14).
70Catéchisme de l'Église catholique, § 1311 : il convient que le confirmand cherche l'aide d'un parrain ou d'une marraine ; « il convient qu'il soit le même que pour le Baptême pour bien marquer l'unité des deux sacrements » (CIC can. 893).
71Catéchisme de l'Église catholique, § 1319 : le candidat ayant atteint l'âge de raison « doit professer la foi, être en état de grâce, avoir l'intention de recevoir le sacrement et être préparé à assumer son rôle de disciple et de témoin du Christ ».
72Catéchisme de l'Église catholique, § 1312 : « Le ministre originaire de la Confirmation est l'évêque » (LG 26) ; en Orient, c'est ordinairement le prêtre qui baptise qui confirme, avec le chrême consacré par le patriarche ou l'évêque (CIC can. 883, § 2).
73 77Concile de Trente, session VII (3 mars 1547), Canons sur le sacrement de confirmation, canon 3 — DS 1630 : « Si quelqu'un dit que le ministre ordinaire de la confirmation n'est pas l'évêque seul, mais n'importe quel simple prêtre : qu'il soit anathème. »
74Catéchisme de l'Église catholique, § 1313 : dans le rite latin, le ministre ordinaire est l'évêque (CIC can. 882) ; il peut concéder la faculté à des prêtres (CIC can. 884, § 2) ; les évêques, successeurs des apôtres, « ont reçu la plénitude du sacrement de l'ordre ».
75 76 78Catéchisme de l'Église catholique, § 1314 : « Si un chrétien est en danger de mort, tout prêtre peut lui donner la Confirmation » (CIC can. 883, § 3) ; « l'Église veut qu'aucun de ses enfants, même tout petit, ne sorte de ce monde sans avoir été parfait par l'Esprit Saint ».
79Catéchisme de l'Église catholique, § 1309 : la préparation à la confirmation doit conduire « vers une union plus intime au Christ, vers une familiarité plus vive avec l'Esprit Saint, son action, ses dons et ses appels », et éveiller le sens de l'appartenance à l'Église.
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