Pâques

Pâques est la plus grande fête chrétienne : chaque année, le dimanche qui suit la pleine lune de printemps, l'Église célèbre la Résurrection du Christ, puis en prolonge la joie pendant une octave et cinquante jours, jusqu'à la Pentecôte.

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Pâques est la fête de la Résurrection du Christ, que l'Église célèbre chaque année le dimanche qui suit la pleine lune de printemps. Elle n'est pas une fête parmi d'autres : le Catéchisme de l'Église catholique l'appelle la « Fête des fêtes » et la « Solennité des solennités », et toute l'année liturgique reçoit d'elle sa lumière[1].

Le dimanche de Pâques achève le Triduum pascal, qui va du Jeudi saint au soir jusqu'aux vêpres du dimanche et dont la Vigile de la nuit sainte est le cœur[2]. Il ouvre le temps pascal : cinquante jours que l'Église vit « comme un grand dimanche » jusqu'à la Pentecôte[3], dont les huit premiers forment l'octave, huit jours célébrés comme un seul jour de fête[4].

Héritière de la Pâque d'Israël, la fête chrétienne est attestée dès le IIᵉ siècle[5]. Elle possède une liturgie propre — la séquence Victimae paschali laudes, le double alléluia, le cierge pascal —, un précepte que la langue garde dans l'expression « faire ses Pâques », et des coutumes qui en prolongent la joie : cloches, œufs, salutation pascale.

Cet article présente Pâques comme fête du calendrier liturgique. Le calcul de sa date est exposé dans Pourquoi Pâques change-t-elle de date ?, les jours saints dans le Triduum pascal, la nuit sainte dans la Vigile pascale, et le dossier historique de l'événement dans la résurrection de Jésus.

Une solennité au sommet de l'année liturgique

Schéma des périodes emboîtées autour de Pâques. Sources : Normes universelles de l’année liturgique, n. 18–26 ; Catéchisme, § 1169. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

Pour comprendre Pâques, il faut d'abord voir la place qu'elle occupe. L'année liturgique n'est pas une simple suite de fêtes : elle tourne autour d'un centre, comme les jours de la semaine tournent autour du dimanche. Ce centre est la Pâque du Christ — sa Passion, sa mort et sa Résurrection —, que l'Église célèbre chaque semaine et, une fois par an, avec une solennité qui n'a pas d'égale[6].

Pâques, la Pâque et pascha : les mots de la fête

Le français distingue deux mots. La Pâque, au féminin singulier, désigne d'abord la fête juive qui fait mémoire de la sortie d'Égypte ; Pâques, avec un s, désigne la fête chrétienne de la Résurrection. Le dictionnaire de Littré en fixe l'usage : le mot est masculin singulier quand il désigne la date — « à Pâques prochain », « Pâques est haut quand il est tard » —, féminin pluriel dans les locutions « Pâques fleuries » (le dimanche des Rameaux), « Pâques closes » (le dimanche de Quasimodo, qui clôt l'octave) et « faire ses Pâques », c'est-à-dire communier au temps prescrit[7]. Ce pluriel, notait la Catholic Encyclopedia, rend le latin festa paschalia : les « fêtes pascales » qui s'étendent sur toute l'octave[8].

Le nom vient du grec et du latin pascha, forme araméenne de l'hébreu pesaḥ. Les langues romanes l'ont gardé — Pasqua en italien, Pascua en espagnol, Pâques en français —, de même que le néerlandais Pasen ou le danois Paaske ; l'anglais Easter et l'allemand Ostern, en revanche, s'en écartent[9]. L'origine de ces deux mots, et la légende d'une fête païenne qu'on en a tirée, sont examinées dans l'article sur la date de Pâques.

Les Pères ont médité ce nom. Plusieurs, rapprochant pascha du verbe grec paschein, « souffrir », y entendaient la Passion. Saint Augustin, commentant le verset où Jésus sait « que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père » (Jn 13, 1), corrige et approfondit :

« La Pâque, mes frères, n'est pas, comme certains le pensent, un nom grec, mais un nom hébreu ; il se trouve pourtant fort à propos, dans ce nom, une certaine rencontre des deux langues. Parce que "souffrir" se dit en grec paschein, on a pensé que Pascha signifiait "passion", comme si ce nom venait de la Passion ; mais dans sa propre langue, c'est-à-dire en hébreu, Pascha signifie "passage". » — Saint Augustin, Traités sur l'évangile de saint Jean, 55, 1[10]

Tout le sens de la fête est déjà dans ce mot : Pâques est un passage, celui du Christ de la mort à la vie, et celui du chrétien avec lui.

« Fête des fêtes » : le rang de Pâques dans le calendrier

Le Catéchisme résume en une phrase la place unique de la fête :

« C'est pourquoi Pâques n'est pas simplement une fête parmi d'autres : elle est la « Fête des fêtes », « Solennité des solennités », comme l'Eucharistie est le Sacrement des sacrements (le Grand sacrement). » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1169[11]

La formule est ancienne. Au IVᵉ siècle, saint Grégoire de Nazianze ouvrait déjà son second discours sur la Pâque par cette acclamation :

« La Pâque du Seigneur, la Pâque, et je le dirai encore : la Pâque, en l'honneur de la Trinité ! Elle est pour nous la fête des fêtes et la solennité des solennités ; elle l'emporte sur toutes les autres — non seulement sur les fêtes humaines et terrestres, mais même sur celles du Christ lui-même, célébrées en son honneur — autant que le soleil l'emporte sur les étoiles. » — Saint Grégoire de Nazianze, Discours 45, Sur la sainte Pâque, § 2[12]

Le droit liturgique traduit ce primat en règles précises. Les Normes universelles de l'année liturgique, promulguées par saint Paul VI le 14 février 1969, en posent le principe : « De même que le dimanche constitue le sommet de la semaine, de même la solennité de Pâques constitue le sommet de l'année liturgique »[13]. Le tableau de préséance, qui règle les coïncidences entre fêtes, place le Triduum pascal seul au premier rang ; les dimanches de Pâques et les jours de l'octave viennent au deuxième, avec Noël, l'Épiphanie, l'Ascension et la Pentecôte[14].

Pâques commande aussi tout le calendrier mobile : la Catholic Encyclopedia rappelait en 1909 que l'Ascension, la Pentecôte, la Fête-Dieu et l'ensemble des fêtes mobiles dépendent de sa date[15]. Le mercredi des Cendres, l'Ascension, la Pentecôte, la Sainte Trinité, la Fête-Dieu et le Sacré-Cœur se déplacent chaque année avec elle. La couleur du jour est le blanc, celle de la lumière et de la gloire[16] (voir le symbolisme des couleurs liturgiques).

Le jour de Pâques, sommet du Triduum pascal

Le dimanche de Pâques n'est pas une fête isolée : il est le troisième jour d'un ensemble que les Normes définissent ainsi : « Le Triduum pascal de la Passion et de la Résurrection du Seigneur commence à la messe du soir en mémoire de la Cène du Seigneur, a son centre dans la Vigile pascale et s'achève aux vêpres du dimanche de la Résurrection »[17]. Le même dimanche est donc à la fois le dernier jour du Triduum, le premier jour de l'octave et le premier des cinquante jours du temps pascal.

La Vigile pascale, « mère de toutes les saintes veillées » selon les mêmes Normes, se célèbre dans la nuit où le Seigneur est ressuscité[18] ; la messe du jour, au matin, en prolonge la joie. Le déroulement de cette nuit — liturgie de la lumière, de la Parole, du baptême et de l'Eucharistie — est présenté dans l'article qui lui est consacré, et l'ensemble des trois jours dans le Triduum pascal.

Une date mobile, entre le 22 mars et le 25 avril

Pâques n'a pas de date fixe. Depuis le concile de Nicée, en 325, les Églises se sont accordées pour la célébrer le dimanche qui suit la pleine lune de printemps[19] ; il en résulte que la fête ne peut tomber ni avant le 22 mars ni après le 25 avril[20]. Les méthodes de calcul différant entre l'Orient et l'Occident, les dates ne coïncident pas toujours, et les Églises « cherchent aujourd'hui un accord, afin de parvenir de nouveau à célébrer à une date commune le jour de la Résurrection du Seigneur »[21]. La règle, le comput, la réforme grégorienne de 1582 et l'écart avec les orthodoxes sont exposés dans Pourquoi Pâques change-t-elle de date ? ; l'annonce solennelle de la date, au jour de l'Épiphanie, y est aussi décrite.

Pâques et le dimanche : la fête de l'année et celle de chaque semaine

La fête annuelle ne remplace pas la fête hebdomadaire : elle la concentre. Le concile Vatican II, cité par le Catéchisme, le dit d'une seule phrase :

« Chaque semaine, au jour qu'elle a appelé « Jour du Seigneur », elle fait mémoire de la Résurrection du Seigneur, qu'elle célèbre encore une fois par an, en même temps que sa bienheureuse Passion, par la grande solennité de Pâques. » — Concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, n. 102, cité par le Catéchisme, § 1163[22]

L'Ordo des pays francophones rappelle que « la première célébration de la Résurrection fut la célébration hebdomadaire de chaque dimanche » et que la fête annuelle apparaît dans les sources dès le IIᵉ siècle[23]. Saint Jérôme, dans une homélie pascale que cite le Catéchisme, unissait les deux :

« Le jour du Seigneur, le jour de la Résurrection, le jour des chrétiens, est notre jour. » — Saint Jérôme, homélie pour Pâques, citée par le Catéchisme, § 1166[24]

Chaque dimanche est ainsi une « petite Pâque », et Pâques le grand dimanche de l'année : voir le dimanche.

De la Pâque d'Israël à la Pâque du Christ

La Pâque d'Israël, mémorial de la libération

Tableau de typologie chrétienne des signes pascals. Sources : Exode 12 ; 1 Corinthiens 5, 7 ; Jean 13, 1, et les passages bibliques commentés dans cette section. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

La fête chrétienne plonge ses racines dans la nuit où Israël sortit d'Égypte. Le livre de l'Exode prescrit le repas de l'agneau, mangé « la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main », car « c'est la Pâque du Seigneur » ; le sang de l'agneau, sur les maisons, est le signe devant lequel le Seigneur « passe » sans frapper : « Je verrai le sang, et je passerai »[25]. Le même chapitre fait de cette nuit une mémoire perpétuelle :

« Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C'est un décret perpétuel : d'âge en âge vous la fêterez. » — Exode 12, 14[26]

Aux enfants qui demanderont : « Que signifie pour vous ce rite ? », les parents répondront : « C'est le sacrifice de la Pâque en l'honneur du Seigneur : il a passé les maisons des fils d'Israël en Égypte »[27]. Le Catéchisme voit là l'origine même de toute liturgie à jours fixes : « Le peuple de Dieu, dès la loi mosaïque, a connu des fêtes fixes à partir de la Pâque, pour commémorer les actions étonnantes du Dieu Sauveur »[28].

« Avant la fête de la Pâque » : la Pâque de Jésus

Le Christ a choisi ce cadre pour sa propre Pâque. Saint Jean ouvre le récit de la Passion par ces mots : « Avant la fête de la Pâque, sachant que l'heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu'au bout »[29]. La mort et la Résurrection du Seigneur ont eu lieu pendant la Pâque juive, à Jérusalem ; c'est pourquoi la date chrétienne reste liée au calendrier lunaire de la Pâque[30].

Saint Paul tire de cette coïncidence la clé de la fête chrétienne. Dans la deuxième lecture que la liturgie propose au choix le jour de Pâques, il écrit : « Car notre agneau pascal a été immolé : c'est le Christ. Ainsi, célébrons la Fête, non pas avec de vieux ferments […], mais avec du pain non fermenté, celui de la droiture et de la vérité »[31]. L'acclamation de l'Évangile, le matin de Pâques, reprend ce verset : « Notre Pâque immolée, c'est le Christ ! Célébrons la Fête dans le Seigneur ! »[32]

« Le premier jour de la semaine » : ce que célèbre la fête

Fra Angelico, Les saintes femmes au tombeau vide, vers 1440, cellule 8 du couvent San Marco, Florence. Reproduction : Web Gallery of Art / Wikimedia Commons, domaine public.

Ce que Pâques célèbre est un événement, daté par les quatre évangiles : « le premier jour de la semaine ». Les femmes se rendent au tombeau « de grand matin […] dès le lever du soleil » et trouvent la pierre roulée[33]. Selon saint Luc, deux hommes en habit éblouissant les accueillent par une question qui est devenue le cœur de la liturgie pascale :

« Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? Il n'est pas ici, il est ressuscité. » — Évangile selon saint Luc 24, 5-6[34]

L'évangile de la messe du jour est le récit de saint Jean : Marie Madeleine, venue « de grand matin » alors que « c'était encore les ténèbres », court prévenir Pierre et l'autre disciple ; Pierre entre le premier dans le tombeau et voit « les linges, posés à plat, ainsi que le suaire […] roulé à part à sa place » ; alors le disciple que Jésus aimait entre à son tour : « Il vit, et il crut »[35]. Dans la même journée, les femmes quittent le tombeau « remplies à la fois de crainte et d'une grande joie », et Jésus vient à leur rencontre[36] ; Marie Madeleine, appelée par son nom, court annoncer : « J'ai vu le Seigneur ! »[37]

Le soir, deux disciples en marche vers Emmaüs le reconnaissent « à la fraction du pain » — l'évangile de la messe du soir de Pâques —, et Jésus se tient au milieu des disciples réunis : « La paix soit avec vous ! […] Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur »[38][39]. Le Catéchisme rappelle que la Résurrection « est un événement réel qui a eu des manifestations historiquement constatées »[40]. Le dossier historique — tombeau vide, apparitions, conversion des témoins — est traité dans la résurrection de Jésus, et sa portée doctrinale dans Pourquoi la résurrection de Jésus est-elle essentielle ?.

« Moi, la Pâque du salut » : la voix des premiers chrétiens

Saint Paul avait mesuré l'enjeu de ce que la fête célèbre :

« Et si le Christ n'est pas ressuscité, notre proclamation est sans contenu, votre foi aussi est sans contenu. […] Mais non ! le Christ est ressuscité d'entre les morts, lui, premier ressuscité parmi ceux qui se sont endormis. » — Saint Paul, première lettre aux Corinthiens 15, 14.20[41]

Au IIᵉ siècle, l'évêque Méliton de Sardes prête au Ressuscité, dans la plus ancienne homélie pascale conservée, un appel que la Liturgie des Heures fait lire le lundi de Pâques :

« Venez donc, toutes les familles des hommes, pétries de péchés, et recevez le pardon des péchés. Car c'est moi qui suis votre pardon, moi la Pâque du salut, moi l'agneau immolé pour vous, moi votre rançon, moi votre vie, moi votre résurrection, moi votre lumière, moi votre salut, moi votre roi. » — Saint Méliton de Sardes, Sur la Pâque, 103[42]

Comment Pâques est devenue la fête annuelle de l'Église

La fête que l'Église célèbre aujourd'hui s'est formée au fil des siècles, sans jamais changer d'objet. Les grandes étapes, du IIᵉ siècle à nos jours, se laissent situer ainsi :

  1. IIᵉ siècle
    Méliton de Sardes prêche « Sur la Pâque »

    La plus ancienne homélie pascale conservée chante le passage de la Pâque d'Israël au Christ, Agneau immolé et ressuscité.

  2. Fin du IIᵉ siècle
    La controverse pascale

    Des synodes réunis en Palestine, à Rome, dans le Pont, en Gaule et en Osrhoène décident que la Résurrection se célèbre le dimanche ; saint Irénée plaide pour la paix avec les Églises d'Asie.

  3. Entre 200 et 206
    Tertullien : Pâques, jour du baptême

    La Pâque offre au baptême son jour le plus solennel, et les cinquante jours suivants sont un « très joyeux espace ».

  4. 325
    Le concile de Nicée

    Une même date pour toutes les Églises ; le canon 20 prescrit de prier debout le dimanche et pendant les cinquante jours.

  5. 381-384
    Égérie à Jérusalem

    La pèlerine décrit l'octave pascale, ses processions quotidiennes et les catéchèses données aux nouveaux baptisés.

  6. XIᵉ siècle
    La séquence Victimae paschali laudes

    Attribuée à Wipon de Bourgogne, elle devient le chant propre de la messe de Pâques.

  7. 1215
    Le IVᵉ concile du Latran

    Tout fidèle doit recevoir l'Eucharistie « au moins à Pâques » : c'est le précepte de la communion pascale.

  8. 1951-1955
    Pie XII restaure la Vigile pascale et la Semaine sainte

    La Vigile est rendue à la nuit, puis toute la Semaine sainte à ses heures véritables.

  9. 1969
    Les Normes universelles de l'année liturgique

    Paul VI fixe la forme actuelle : Triduum, octave célébrée comme solennité, cinquante jours de « dimanches de Pâques ».

  10. 2000
    Le dimanche de la Divine Miséricorde

    Saint Jean-Paul II donne au deuxième dimanche de Pâques le nom de « Dimanche de la Miséricorde divine ».

Une fête attestée dès le IIᵉ siècle

Les écrits des tout premiers disciples ne décrivent pas la fête annuelle ; celle-ci apparaît dans les sources au IIᵉ siècle, déjà solidement établie. L'homélie Sur la Pâque de Méliton, évêque de Sardes en Asie Mineure, « est la première qui soit conservée », et son texte a pu être reconstitué au XXᵉ siècle « grâce à deux papyrus grecs du IVᵉ siècle », complétés par des versions latine, syriaque, copte et géorgienne[43] (voir saint Méliton de Sardes).

Frise de huit jalons liturgiques, d’après les sources détaillées dans la chronologie de l’article. Les scènes et bâtiments sont des évocations symboliques. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

L'historien Eusèbe de Césarée rapporte, à la fin du IIᵉ siècle, un débat qui suppose la fête connue de tous. Les Églises d'Asie la célébraient le quatorzième jour de la lune, jour où l'on immolait l'agneau, quel que fût le jour de la semaine ; les autres Églises, suivant une pratique qu'elles tenaient « de la tradition apostolique », ne terminaient le jeûne que le jour de la Résurrection. Des synodes réunis en Palestine, à Rome, dans le Pont, en Gaule et en Osrhoène décidèrent que le mystère de la Résurrection du Seigneur serait célébré le dimanche[44]. Saint Irénée de Lyon rappela au pape Victor que ses prédécesseurs — Anicet, Pie, Hygin, Télesphore et Xyste — gardaient déjà l'usage romain sans rompre la communion avec les Asiates[45] ; Xyste était, selon la liste du même Irénée, le sixième évêque de Rome depuis les apôtres[46]. Frederick Holweck, dans la Catholic Encyclopedia, en concluait que Pâques est « la plus ancienne fête de l'Église chrétienne, aussi ancienne que le christianisme », et que le silence des premiers écrits est « purement accidentel »[47]. Le détail de cette controverse est exposé dans l'article sur la date de Pâques.

La nuit du baptême et le « très joyeux espace » des cinquante jours

Dès l'origine, Pâques est le grand jour du baptême. Tertullien l'écrit sans détour dans un traité destiné aux catéchumènes, rédigé entre 200 et 206[48] :

« La Pâque offre au baptême le jour le plus solennel, puisque c'est alors que s'est accomplie la Passion du Seigneur, en laquelle nous sommes plongés. […] Ensuite, la Pentecôte est, pour conférer les baptêmes, un temps très joyeux : c'est alors que la résurrection du Seigneur s'est manifestée à maintes reprises parmi les disciples, que la grâce de l'Esprit Saint a été donnée et que l'espérance de la venue du Seigneur a été laissée entrevoir. » — Tertullien, Traité du baptême, 19, 1-2[49]

Le mot « Pentecôte » ne désigne pas encore le seul cinquantième jour, mais toute la cinquantaine qui suit Pâques. Tertullien en décrit ailleurs la discipline joyeuse : « Le jour du Seigneur, nous tenons pour interdit de jeûner ou de prier à genoux. Nous jouissons de la même exemption depuis le jour de Pâques jusqu'à la Pentecôte »[50]. Dans son traité De la prière, il ajoute que ce temps « se distingue par la même solennité d'allégresse » que le dimanche[51]. Les cinquante jours ne sont donc pas une invention tardive : ils sont aussi anciens que la fête elle-même.

Prier debout, en ressuscités : Nicée et saint Basile

Le premier concile œcuménique consacra cet usage par une loi universelle :

« Puisque certains fléchissent le genou le dimanche et aux jours de la Pentecôte, afin que tout soit observé de la même manière dans chaque paroisse, il a plu au saint concile que l'on adresse à Dieu ses prières debout. » — Concile de Nicée (325), canon 20[52]

Un demi-siècle plus tard, saint Basile de Césarée en donnait la raison : prier debout le dimanche rappelle que nous sommes ressuscités avec le Christ et que nous devons chercher les réalités d'en haut ; et toute la cinquantaine pascale prolonge ce signe :

« Toute Pentecôte est, elle aussi, un rappel de la résurrection que nous attendons, dans l'éternité. Car ce jour unique et premier dont nous parlions, sept fois multiplié par sept, parachève le total des sept semaines de la sainte Pentecôte. […] Durant cette période, les lois de l'Église nous ont appris à préférer la station debout pour la prière. » — Saint Basile de Césarée, Traité du Saint-Esprit, 27, 66[53]

L'image est simple : pendant cinquante jours, les chrétiens se tiennent debout comme des ressuscités (voir le concile de Nicée et saint Basile le Grand).

Jérusalem vers 381-384 : l'octave décrite par Égérie

Stations de l’octave selon Égérie, Journal de voyage, 39 et 47. Plan pédagogique non à l’échelle et architectures évocatrices, sans valeur de reconstitution archéologique ; Béthanie est un repère extérieur. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

Le témoignage le plus vivant sur l'octave pascale vient d'une femme. Égérie, « une grande dame venue d'Occident », arriva à Jérusalem en 381 et visita pendant trois ans les lieux saints ; son Journal de voyage décrit avec une rare précision la liturgie de la ville sainte[54]. Elle y note que « les huit jours pascaux » sont observés « comme chez nous » : chaque jour, la messe se célèbre dans un sanctuaire différent — le dimanche, le lundi et le mardi à la grande église du Martyrium, le mercredi à l'Éléona sur le mont des Oliviers, le jeudi à l'Anastasis, le vendredi à Sion, le samedi devant la Croix —, et chaque après-midi l'évêque monte au mont des Oliviers avec tout le clergé et « les enfants, c'est-à-dire ceux qui ont été baptisés »[55].

Pendant ces huit jours, raconte-t-elle encore, l'évêque se tient dans la grotte de l'Anastasis, le tombeau du Christ, et « explique tout ce qui se fait au baptême » aux seuls néophytes et fidèles ; les portes sont fermées, et « les acclamations sont si fortes qu'on les entend loin, hors de l'église »[56]. Ces explications des mystères aux nouveaux baptisés — la mystagogie — sont l'ancêtre direct de ce que l'Église demande encore aujourd'hui pour le temps pascal.

Du Moyen Âge à la réforme de 1969

Au Moyen Âge, la fête gagne toute la semaine. Du IXᵉ au XIIIᵉ siècle, dans la plupart des diocèses, les huit jours de Pâques étaient chômés, avec l'obligation d'entendre la messe ; la règle fut ensuite réduite au lundi et au mardi, puis, depuis la fin du XVIIIᵉ siècle, au seul lundi[57]. L'office romain de l'octave ne comportait pas d'hymnes : leur place revenait au chant ancien Haec dies, « Voici le jour que fit le Seigneur », et un double alléluia terminait les offices et la messe de toute la semaine[58]. Dès le Xᵉ siècle, la « visite au sépulcre », où des clercs figuraient les saintes femmes et l'ange du tombeau, donna naissance aux drames liturgiques de Pâques[59].

Les siècles modernes ont surtout restauré. Pie XII rendit la Vigile pascale à la nuit en 1951, puis toute la Semaine sainte à ses heures véritables en 1955[60]. Paul VI, en 1969, rendit sa pleine unité à la cinquantaine, dont tous les dimanches deviennent des « dimanches de Pâques »[61]. Le cierge pascal, qu'une ancienne rubrique faisait éteindre après l'évangile du jour de l'Ascension, reste aujourd'hui allumé jusqu'à la Pentecôte[62][63]. Le service national de liturgie de la Conférence des évêques de France résume l'intention de la réforme : « On a voulu d'abord insister sur l'unité du temps pascal »[64].

La liturgie du jour de Pâques

La messe du jour et ses textes propres

La messe du jour de Pâques se célèbre « avec toute la solennité possible »[65]. Les ornements sont blancs ; on chante le Gloria, la séquence et le Credo, et l'on dit la première préface pascale[66]. L'antienne d'ouverture met sur les lèvres du Christ un verset du psaume 138 : « Je suis ressuscité, et je suis encore avec toi, alléluia ; tu as posé sur moi ta main, alléluia ; ta sagesse s'est montrée admirable, alléluia, alléluia » ; le Missel propose aussi : « Le Seigneur est vraiment ressuscité, alléluia ! » (Lc 24, 34)[67]. La prière d'ouverture en donne la clé : Dieu, « en ce jour, par ton Fils unique vainqueur de la mort, nous as ouvert l'accès à l'éternité » ; que ceux qui célèbrent la Résurrection du Seigneur, « renouvelés par ton Esprit, ressuscitent dans la lumière de la vie »[68].

Comme acte pénitentiel, on peut faire l'aspersion avec l'eau bénite au cours de la Vigile, en chantant « J'ai vu l'eau vive » (Vidi aquam) ou un autre chant baptismal ; la même eau remplit ensuite les bénitiers à l'entrée de l'église[69]. Le baptême reçu ou renouvelé dans la nuit rejaillit ainsi sur toute l'assemblée du matin.

Le tableau suivant présente les lectures de la messe du jour, dans la traduction liturgique francophone ; la troisième colonne indique ce que chacune annonce.

Moment de la messeTexte luCe qu'il annonce
Première lectureActes des Apôtres 10, 34a.37-43Pierre, chez le centurion Corneille : « Dieu l'a ressuscité le troisième jour »
PsaumePsaume 117 (118) — refrain « Voici le jour que fit le Seigneur, qu'il soit pour nous jour de fête et de joie ! »Le psaume pascal par excellence, dont le verset revient à tous les offices de l'octave
Deuxième lectureColossiens 3, 1-4, ou 1 Corinthiens 5, 6b-8La vie nouvelle des baptisés ; le Christ, agneau pascal
SéquenceVictimae paschali laudesLe récit chanté du matin de Pâques
ÉvangileJean 20, 1-9, ou l'évangile lu à la Vigile ; le soir, Luc 24, 13-35Le tombeau vide ; les disciples d'Emmaüs

Les deux premières lectures portent le témoignage des apôtres ; l'évangile, la découverte du tombeau vide ; le soir, le récit d'Emmaüs fait passer du tombeau à la table où le Ressuscité se laisse reconnaître[70][71].

La séquence Victimae paschali laudes

Victimae paschali laudes, dans le Graduale Romanum, édition vaticane de 1908, p. 204. Fac-similé imprimé, et non manuscrit médiéval. Source : GregoBase, ouvrage du domaine public.

Entre la deuxième lecture et l'évangile, la messe de Pâques fait entendre une séquence, un poème chanté qui prolonge l'alléluia. Le Missel la rend obligatoire le jour de Pâques et le jour de la Pentecôte, et facultative les autres jours[72]. Son texte met en scène le combat de la mort et de la vie, puis interroge Marie Madeleine comme on interroge un témoin :

« À la Victime pascale, chrétiens, offrez le sacrifice de louange. L'Agneau a racheté les brebis ; le Christ innocent a réconcilié l'homme pécheur avec le Père. La mort et la vie s'affrontèrent en un duel prodigieux. Le Maître de la vie mourut ; vivant, il règne. »

« "Dis-nous, Marie Madeleine, qu'as-tu vu en chemin ?" — "J'ai vu le sépulcre du Christ vivant, j'ai vu la gloire du Ressuscité. J'ai vu les anges ses témoins, le suaire et les vêtements. Le Christ, mon espérance, est ressuscité ! Il vous précédera en Galilée." »

« Nous le savons : le Christ est vraiment ressuscité des morts. Roi victorieux, prends-nous tous en pitié ! Amen. » — Séquence Victimae paschali laudes, traduction liturgique francophone[73]

L'œuvre est du XIᵉ siècle : un manuscrit d'Einsiedeln de ce temps l'attribue à Wipon, prêtre bourguignon au service des empereurs Conrad II et Henri III ; d'autres attributions, à Notker ou au roi Robert II, sont moins fondées[74][75]. La réforme du Missel qui suivit le concile de Trente retira sa sixième strophe, qui opposait le témoignage véridique de Marie à « la foule menteuse » des Juifs, et ajouta l'Amen. Alleluia final[76]. Au début du XXᵉ siècle, elle était l'une des cinq séquences restées dans le Missel romain, avec Veni Sancte Spiritus, Lauda Sion, Dies irae et le Stabat Mater, entré au Missel en 1727 seulement[77]. Le pape Léon XIV l'a citée dès les premiers mots de son message de Pâques 2026 : « Le Maître de la vie mourut ; vivant, il règne »[78].

Le double alléluia, le cierge pascal et les vêpres baptismales

Schéma des principaux repères de la messe, sans prétendre détailler tous les rites. Sources : Missel romain ; lectures de l’AELF ; Paschalis sollemnitatis, n. 97–99. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

Trois signes distinguent Pâques de tout autre dimanche. Le premier s'entend à la fin de la messe : le renvoi se termine par un double alléluia — « Allez, dans la paix du Christ, alléluia, alléluia » — et l'assemblée répond de même ; l'usage vaut pour toute l'octave et revient le jour de la Pentecôte[79][80]. Le deuxième se voit près de l'ambon ou de l'autel : le cierge pascal, allumé pendant la Vigile, brûle aux célébrations solennelles de tout le temps pascal[81]. La lettre sur les fêtes pascales en précise l'usage :

« Le cierge pascal, qui a sa place soit près de l'ambon, soit près de l'autel, sera allumé au moins à toutes les célébrations un peu solennelles de ce temps, que ce soit la messe, les Laudes ou les Vêpres, jusqu'au dimanche de la Pentecôte. […] Aux funérailles, on le placera aussi près du cercueil : il marquera que la mort du chrétien est sa propre Pâque. » — Congrégation pour le Culte divin, Paschalis sollemnitatis, n. 99[82]

Le troisième signe est l'office du soir. Le Triduum s'achève aux vêpres du dimanche de la Résurrection[83], et là où la tradition existe, l'Église demande de maintenir ou de restaurer les vêpres baptismales, pendant lesquelles on va en procession aux fonts baptismaux en chantant les psaumes[84]. Cet usage est ancien : au Moyen Âge, les vêpres solennelles de Pâques conduisaient le chœur au baptistère puis au sépulcre, et plusieurs Églises de France — Paris, Lyon, Besançon, Chartres, Laval —, ainsi que les carmes, les avaient conservées au début du XXᵉ siècle[85].

L'octave de Pâques, huit jours comme un seul jour

Huit jours célébrés comme des solennités du Seigneur

La joie de Pâques ne tient pas en un jour. Les Normes universelles le disent en une phrase :

« Les huit premiers jours du temps pascal constituent l'octave de Pâques et sont célébrés comme solennités du Seigneur. » — Normes universelles de l'année liturgique, n. 24[86]

Concrètement, chaque jour de l'octave a sa messe propre, avec le Gloria et la première préface pascale ; toutes les fêtes de saints sont omises, et le renvoi garde son double alléluia[87]. On prie chaque jour pour les nouveaux baptisés dans la prière eucharistique[88], et l'office répète le verset du psaume pascal : « Voici le jour que fit le Seigneur, jour de fête et de joie »[89]. L'Église vit ainsi huit jours comme un seul « aujourd'hui » de Pâques.

Le tableau suivant donne les évangiles lus à la messe pendant l'octave ; ils racontent, jour après jour, les apparitions du Ressuscité.

Jour de l'octaveÉvangile de la messeCe qui est raconté
LundiMatthieu 28, 8-15Jésus vient à la rencontre des femmes ; les gardes sont payés pour dire que le corps a été volé
MardiJean 20, 11-18Marie Madeleine reconnaît Jésus quand il l'appelle par son nom
MercrediLuc 24, 13-35Les disciples d'Emmaüs le reconnaissent à la fraction du pain
JeudiLuc 24, 35-48Jésus apparaît aux Onze et leur dit : « La paix soit avec vous ! »
VendrediJean 21, 1-14Il se manifeste au bord de la mer de Tibériade
SamediMarc 16, 9-15Récapitulation des apparitions et envoi : « Proclamez l'Évangile à toute la création »
Deuxième dimanche de PâquesJean 20, 19-31Apparition aux disciples, puis à Thomas huit jours après

D'un jour à l'autre, les témoins se multiplient : les femmes, Marie Madeleine, les pèlerins d'Emmaüs, les Onze, les pêcheurs du lac, puis Thomas[90][91].

La semaine des nouveaux baptisés

Parcours des évangiles de la messe pendant l’octave ; quelques lectures patristiques de l’office figurent en bas. Sources : Ordo et Liturgie des Heures cités dans le texte ; Normes, n. 24. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

L'octave fut d'abord la semaine des nouveaux baptisés. Les néophytes, baptisés dans la nuit de Pâques, portaient pendant huit jours le vêtement blanc reçu au baptême et le déposaient le dimanche suivant, que la liturgie romaine appelait pour cette raison Dominica in albis depositis, le « dimanche des vêtements blancs déposés » ; saint Augustin mentionne déjà cet usage[92]. L'Ordo des pays francophones le rappelle : à Rome, au IVᵉ siècle, c'est le dimanche où « les baptisés de la nuit de Pâques déposent leurs vêtements blancs pour rejoindre l'assemblée »[93]. Aujourd'hui encore, tout le temps pascal est pour eux le temps de la mystagogie, l'initiation aux mystères qu'ils ont reçus ; on leur garde des places parmi les fidèles aux messes du dimanche[94].

La Liturgie des Heures garde la mémoire de cette catéchèse. Du jeudi au samedi de l'octave, l'Office des lectures fait lire les catéchèses données à Jérusalem aux nouveaux baptisés, transmises sous le nom de saint Cyrille de Jérusalem :

« Dans un même moment vous mouriez et vous naissiez. Cette eau de salut est devenue à la fois votre sépulture et votre mère. » — Catéchèses mystagogiques de Jérusalem, II, 4[95]

Le deuxième dimanche de Pâques, c'est saint Augustin qui s'adresse aux néophytes, en expliquant pourquoi l'octave a un sens :

« C'est aujourd'hui l'octave de votre naissance ; aujourd'hui s'accomplit en vous le sceau de la foi. […] Le Seigneur en ressuscitant […] a ainsi marqué de sa résurrection le « jour du Seigneur ». C'est le troisième jour après sa passion, mais dans le compte des jours qui suivent le sabbat, c'est le huitième, en même temps que le premier. » — Saint Augustin, homélie aux nouveaux baptisés, lue à l'Office des lectures du deuxième dimanche de Pâques[96]

Le deuxième dimanche de Pâques ou de la Divine Miséricorde

Trois éclairages sur le même dimanche. Sources : Missel romain ; Jean 20, 19–31 ; homélie de saint Jean-Paul II du 30 avril 2000. Les scènes sont des évocations. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

L'octave se clôt le dimanche que le Missel romain appelle aujourd'hui « deuxième dimanche de Pâques ou de la Divine Miséricorde »[97]. Son antienne d'ouverture, tirée de la première lettre de saint Pierre, lui a longtemps donné son nom populaire de Quasimodo : « comme des enfants nouveau-nés, soyez avides du lait non dénaturé de la Parole »[98][99]. Son évangile raconte l'apparition à Thomas, « huit jours plus tard », et sa confession : « Mon Seigneur et mon Dieu ! », à laquelle Jésus répond : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu »[100].

Le 30 avril 2000, en canonisant sainte Faustine Kowalska, saint Jean-Paul II donna à ce dimanche un nouveau titre :

« Il est alors important que nous recevions entièrement le message qui provient de la Parole de Dieu en ce deuxième Dimanche de Pâques, qui dorénavant, dans toute l'Église, prendra le nom de « Dimanche de la Miséricorde divine ». » — Saint Jean-Paul II, homélie pour la canonisation de sainte Faustine, 30 avril 2000, n. 4[101]

Il accomplissait une demande que la religieuse polonaise avait rapportée dans son Petit Journal : « Je désire qu'il y ait une fête de la Miséricorde. Je veux que cette image que tu peindras avec un pinceau, soit solennellement bénie le premier dimanche après Pâques : ce dimanche doit être la Fête de la Miséricorde »[102]. Le sens de cette fête et la mission de sainte Faustine sont développés dans Sainte Faustine Kowalska.

Le temps pascal, cinquante jours de joie

Un grand dimanche de cinquante jours

Schéma de la cinquantaine pascale, avec l’Ascension au quarantième jour ou au septième dimanche selon les pays. Sources : Normes, n. 22–26 ; Paschalis sollemnitatis, n. 99–107. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

Pâques ne dure pas un jour mais cinquante. Les Normes universelles en donnent la définition la plus célèbre :

« Les cinquante jours à partir du dimanche de la Résurrection jusqu'à celui de Pentecôte sont célébrés dans la joie et l'exultation, comme si c'était un jour de fête unique, ou mieux « un grand dimanche ». Ces jours-là, on chante principalement Alléluia. » — Normes universelles de l'année liturgique, n. 22[103]

L'expression « grand dimanche » vient de saint Athanase d'Alexandrie, que cite le Catéchisme[104]. La lettre de 1988 sur les fêtes pascales la reprend : « La célébration de la Pâque se poursuit pendant le temps pascal »[105]. D'où la règle des noms : les dimanches de ce temps « sont considérés comme des dimanches de Pâques » et se nomment deuxième, troisième, jusqu'au septième dimanche de Pâques ; la Pentecôte « clôt cette période sacrée de cinquante jours »[106]. Ils l'emportent sur toutes les fêtes du Seigneur et sur toutes les solennités[107]. On retrouve ici la « Pentecôte » de Tertullien et de saint Basile : la cinquantaine entière est un seul jour de fête.

L'alléluia retrouvé

Pendant le Carême, l'alléluia s'est tu ; à Pâques, il revient et ne quitte plus la liturgie. Le pape François ouvrait son dernier message de Pâques, le 20 avril 2025, par ces mots : « Aujourd'hui, l'Alléluia résonne enfin dans l'Église, se répercutant de bouche en bouche, de cœur à cœur »[108]. Pendant tout le temps pascal, on ajoute l'alléluia à la fin des antiennes de l'office et des antiennes d'ouverture et de communion de la messe[109]. Saint Augustin, dans un sermon pour le temps pascal que la Liturgie des Heures fait lire à la fin de l'année liturgique, en tirait une leçon de route :

« Heureux, alors, l'Alléluia ! […] Ici en espérance, là en réalité ; ici sur le chemin, là dans la patrie. Chantons donc, maintenant, mes frères, non pour agrémenter notre repos, mais pour alléger notre travail. C'est ainsi que chantent les voyageurs : chante, mais marche. » — Saint Augustin, Sermon 256, 3[110]

L'alléluia pascal n'est donc pas le chant de ceux qui sont arrivés : c'est le chant de ceux qui marchent, parce qu'ils savent où ils vont.

Le Regina Caeli à la place de l'Angélus

Pendant tout le temps pascal, de Pâques à la Pentecôte, la prière mariale de l'Angélus cède la place au Regina Caeli[111]. Son texte latin tient en quatre versets ponctués d'alléluias : « Reine du ciel, réjouis-toi, alléluia, car celui que tu as mérité de porter, alléluia, est ressuscité comme il l'avait dit, alléluia ; prie Dieu pour nous, alléluia »[112]. D'auteur inconnu, l'antienne remonte au XIIᵉ siècle ; les franciscains la chantaient après complies dès le siècle suivant, et l'office de chœur la chantait debout[113]. Une légende, que la Catholic Encyclopedia rapporte comme telle, raconte que saint Grégoire le Grand, marchant pieds nus dans une procession romaine au matin de Pâques, aurait entendu les anges chanter les trois premiers versets et ajouté lui-même le quatrième[114]. La légende dit au moins une vérité : à Pâques, la première à se réjouir est la Mère du Ressuscité.

De l'Ascension à la Pentecôte

La cinquantaine a sa propre architecture. « L'Ascension du Seigneur se célèbre le quarantième jour après Pâques, sauf si elle est reportée au septième dimanche de Pâques, là où elle n'est pas fête de précepte ; les jours qui suivent l'Ascension, jusqu'au samedi avant la Pentecôte inclusivement, préparent à la venue de l'Esprit Saint Paraclet »[115]. La Pentecôte clôt le temps pascal : on y commémore le don de l'Esprit Saint aux apôtres, les origines de l'Église et le commencement de sa mission[116]. Voir l'Ascension du Seigneur, la Pentecôte et la Pentecôte et la naissance de l'Église.

Le sens spirituel de Pâques

Un passage de la mort à la vie

Saint Augustin, après avoir expliqué que Pascha veut dire « passage », en donnait la portée pour chacun :

« Nous faisons un passage très salutaire quand nous passons du diable au Christ, et de ce monde instable à son royaume solidement établi. Si nous passons vers Dieu qui demeure, c'est pour ne pas passer avec le monde qui passe. » — Saint Augustin, Traités sur l'évangile de saint Jean, 55, 1[117]

Saint Grégoire de Nazianze disait de même que la Pâque signifie, dans l'histoire, la sortie d'Égypte, et, dans l'âme, la montée « des choses d'en bas aux choses d'en haut »[118]. Le Catéchisme voit dans le Triduum la source d'où « le temps nouveau de la Résurrection emplit toute l'année liturgique de sa clarté »[119]. Une homélie pascale ancienne, que l'Église fait lire le mercredi de l'octave, résume la fête en une phrase :

« Telle est la grâce des mystères célestes, tel est le don de la Pâque, telle est cette fête annuelle, si désirable, telle est l'aurore du monde nouveau. » — Homélie pascale ancienne, Office des lectures du mercredi de l'octave de Pâques[120]

Ressuscités avec le Christ : Pâques et le baptême

La deuxième lecture de la messe du jour tire la conséquence de la fête pour la vie de chaque baptisé :

« Si donc vous êtes ressuscités avec le Christ, recherchez les réalités d'en haut : c'est là qu'est le Christ, assis à la droite de Dieu. Pensez aux réalités d'en haut, non à celles de la terre. En effet, vous êtes passés par la mort, et votre vie reste cachée avec le Christ en Dieu. » — Saint Paul, lettre aux Colossiens 3, 1-3[121]

Benoît XVI expliquait, dans la nuit de Pâques 2006, pourquoi la Résurrection n'est pas un souvenir lointain :

« La résurrection fut comme une explosion de lumière, une explosion de l'amour, qui a délié le lien jusqu'alors indissoluble du « meurs et deviens ». Elle a inauguré une nouvelle dimension de l'être, de la vie, dans laquelle la matière a aussi été intégrée, d'une manière transformée, et à travers laquelle surgit un monde nouveau. » — Benoît XVI, homélie de la Vigile pascale, 15 avril 2006[122]

Il précisait aussitôt comment cet événement rejoint chacun : « un tel événement me rejoint à travers la foi et le Baptême »[123]. C'est pourquoi la nuit de Pâques est la grande nuit du baptême, et le jour de Pâques celui où tous les baptisés renouvellent leur propre passage (voir le baptême).

Pâques et la Vierge Marie

Juan de Flandes, Le Christ apparaissant à sa Mère, vers 1496. Metropolitan Museum of Art, legs Michael Dreicer, 1921 (inv. 22.60.58) ; image en domaine public, Open Access.

Les évangiles ne racontent aucune apparition du Ressuscité à sa Mère. La tradition catholique a pourtant toujours tenu qu'elle fut la première à le revoir. Saint Ignace de Loyola en fait le premier des mystères de la Résurrection dans ses Exercices spirituels : « Jésus ressuscité apparut premièrement à la Vierge Marie. Quoique l'Écriture n'en fasse pas mention, elle nous le donne assez à entendre, en disant qu'il apparut à tant d'autres »[124]. Saint Jean-Paul II a repris cette conviction dans une catéchèse :

« Il n'est pas pensable que la Vierge, présente dans la première communauté des disciples, ait été exclue du nombre de ceux qui ont rencontré son Fils ressuscité d'entre les morts. Au contraire, il est vraisemblable que la première personne à qui Jésus ressuscité est apparu a été sa mère. Son absence du groupe de femmes qui s'est rendu au tombeau à l'aube peut constituer un indice du fait qu'elle avait déjà rencontré Jésus. » — Saint Jean-Paul II, audience générale du 21 mai 1997[125]

Le même texte conclut : « Présente au pied de la Croix le Vendredi saint et au Cénacle à la Pentecôte, la Vierge a sans doute été un témoin privilégié de la Résurrection du Christ »[126]. C'est à elle que l'Église adresse, pendant cinquante jours, le Regina Caeli : « Réjouis-toi ».

La Résurrection, image du Règne de la Divine Volonté

Les mystiques ont contemplé Pâques comme la promesse d'une vie entièrement renouvelée. La Servante de Dieu Luisa Piccarreta (1865-1947) rapporte que Jésus lui dit, le 15 avril 1919, pendant la Semaine sainte :

« L'apogée de la Rédemption fut ma Résurrection. […] Ma Résurrection est le vrai soleil qui glorifia mon Humanité. Elle est le soleil de la religion catholique, la gloire de tous les chrétiens. Sans elle, la religion aurait été comme le ciel sans soleil, sans chaleur et sans Vie. » — Jésus à Luisa Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 15 avril 1919[127]

Dans la même page, Jésus fait de sa Résurrection l'image d'une sainteté nouvelle : celle des âmes qui ne se contentent pas d'obéir à la volonté de Dieu, mais la laissent vivre et agir en elles, au point que leurs actes deviennent des actes de Dieu en elles. « Ma Résurrection symbolise les saints vivant dans ma Volonté, parce que chaque action, chaque mot, chaque pas, etc., qu'ils font dans ma Volonté est une résurrection divine, une empreinte de gloire, une sortie d'eux-mêmes et une entrée dans la Divinité »[128]. Pâques n'est plus seulement un souvenir : chaque acte vécu dans la volonté de Dieu devient, à sa mesure, une petite résurrection. Voir la Divine Volonté, Luisa Piccarreta et la différence entre faire la volonté de Dieu et vivre dans la Divine Volonté.

Une joie qui traverse la nuit : la Pâque 1896 de Thérèse de Lisieux

La joie pascale n'est pas une émotion : c'est une certitude qui tient même dans la nuit. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus l'a vécu. Dans la nuit du Vendredi saint 1896, elle crache le sang pour la première fois et y voit, avec bonheur, l'annonce de son départ pour le Ciel ; quelques jours plus tard commence l'épreuve de sa foi[129] :

« Aux jours si joyeux du temps pascal, Jésus m'a fait sentir qu'il y a véritablement des âmes qui n'ont pas la foi, qui par l'abus des grâces perdent ce précieux trésor, source des seules joies pures et véritables. Il permit que mon âme fût envahie par les plus épaisses ténèbres et que la pensée du Ciel si douce pour moi ne soit plus qu'un sujet de combat et de tourment… » — Sainte Thérèse de Lisieux, Manuscrit C, 5 v°[130]

Thérèse ne s'est pas arrêtée à la nuit. Elle écrit un an plus tard : « Je crois avoir fait plus d'actes de foi depuis un an que pendant toute ma vie », et : « Lorsque je chante le bonheur du Ciel, l'éternelle possession de Dieu, je n'en ressens aucune joie, car je chante simplement ce que je veux croire »[131]. Chanter l'alléluia quand on ne sent rien, c'est encore Pâques : la foi qui dit « Il est ressuscité » parce qu'elle fait confiance à celui qui l'a dit (voir sainte Thérèse de Lisieux).

Traditions et piété populaire autour de Pâques

Tableau des usages liturgiques et populaires expliqués dans le texte. Sources : Latran IV, constitution 21 ; Missel romain ; Catholic Encyclopedia, « Easter » ; Paschalis sollemnitatis, n. 105–106. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

La liturgie de Pâques a débordé dans la vie des peuples. La lettre de 1988 sur les fêtes pascales demande de ne pas mépriser ces coutumes, qui « peuvent servir à exprimer la mentalité religieuse des fidèles », mais de veiller à ce qu'elles « s'imprègnent plus profondément de l'esprit de la liturgie »[132].

Faire ses Pâques : la communion pascale

L'expression française « faire ses Pâques » vient d'une loi de l'Église. En 1215, le IVᵉ concile du Latran prescrit :

« Tout fidèle de l'un et l'autre sexe, après avoir atteint l'âge de raison, confessera personnellement et fidèlement tous ses péchés au moins une fois par an à son curé […], recevant avec respect au moins à Pâques le sacrement de l'eucharistie. » — IVᵉ concile du Latran (1215), constitution 21[133]

Le concile de Trente confirma ce précepte en 1551[134]. Le Code de droit canonique de 1983 le formule ainsi :

« Tout fidèle, après avoir été initié à la très sainte Eucharistie, est tenu par l'obligation de recevoir la sainte communion au moins une fois l'an. Ce précepte doit être rempli durant le temps pascal, à moins que pour une juste cause, il ne le soit à une autre époque de l'année. » — Code de droit canonique, can. 920[135]

Le Catéchisme compte ce précepte parmi les commandements de l'Église : il « garantit un minimum dans la réception du Corps et du Sang du Seigneur en liaison avec les fêtes pascales, origine et centre de la liturgie chrétienne »[136]. Ce minimum n'est pas un idéal : l'Église « recommande vivement aux fidèles de recevoir la sainte Eucharistie les dimanches et les jours de fête, ou plus souvent encore, même tous les jours »[137]. Pendant le temps pascal, les pasteurs doivent expliquer le sens de ce précepte et porter la communion aux malades, surtout pendant l'octave[138]. Le lien entre Pâques et la communion était si fort que, dans certaines régions de France, la première communion elle-même s'appelait « Pâques », quelle que soit sa date[139]. La lettre de 1988 juge d'ailleurs « indiqué » que les enfants reçoivent leur première communion pendant les dimanches de Pâques[140].

Les cloches, les œufs et la table de Pâques

Œufs de Pâques rouges, photographiés en Macédoine du Nord en 2021. Photo : Делфина / Wikimedia Commons, CC0.

Le Jeudi saint, pendant le Gloria de la messe du soir, on sonne les cloches ; puis elles se taisent jusqu'au Gloria de la Vigile pascale, à moins que l'évêque n'en décide autrement[141]. De ce silence est née une coutume populaire : on raconte aux enfants que les cloches sont parties à Rome et qu'elles en reviennent en rapportant les œufs de Pâques ; la version que rapportait la Catholic Encyclopedia en 1909 les faisait partir le jeudi et revenir le samedi matin[142].

Les œufs eux-mêmes ont une origine pénitentielle. Leur consommation étant interdite pendant le Carême, on les gardait pour les servir le jour de Pâques, colorés en rouge en signe de joie ; la coutume existe aussi bien dans les Églises latines qu'orientales[143]. Dans les unes comme dans les autres, les aliments dont on s'était privé — viande, œufs, beurre, fromage — étaient bénis par le prêtre avant d'être servis au repas de Pâques, et les maisons elles-mêmes recevaient une bénédiction, en mémoire du passage de l'ange en Égypte et du sang de l'agneau sur les portes d'Israël[144]. La lettre de 1988 encourage encore la bénédiction des maisons à l'occasion des fêtes pascales, comme une visite pastorale de chaque famille[145]. La bénédiction des paniers de Pâques, encore vivante en Pologne, est décrite dans l'article Samedi saint.

Christ est ressuscité ! La salutation pascale et l'Orient

Dans les Églises d'Orient, le jour de Pâques, on s'embrasse en se saluant : l'un dit « Christ est ressuscité ! », l'autre répond « Il est vraiment ressuscité ! », et cette salutation reste celle de tout le temps pascal. Un usage semblable, venu de la cour byzantine, fut un temps pratiqué à Rome, avec les paroles des disciples d'Emmaüs : Surrexit Dominus vere — Et apparuit Simoni[146] ; l'évangile de saint Luc les rapporte ainsi : « Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre »[147]. Le Catéchisme cite le tropaire que la liturgie byzantine chante sans se lasser pendant toute la fête :

« Le Christ est ressuscité des morts. Par sa mort Il a vaincu la mort, aux morts Il a donné la vie. » — Tropaire de Pâques de la liturgie byzantine, cité par le Catéchisme, § 638[148]

Aux matines pascales byzantines, après le baiser pascal, on lit chaque année une homélie transmise sous le nom de saint Jean Chrysostome, dont l'attribution est discutée mais que toute la tradition orientale a faite sienne. Elle invite tout le monde à la fête, comme le maître de la parabole paie les ouvriers de la dernière heure autant que ceux de la première (Mt 20, 1-16) :

« Si quelqu'un est pieux et ami de Dieu, qu'il jouisse de cette belle et lumineuse fête. […] Si quelqu'un n'est arrivé qu'à la onzième heure, qu'il ne craigne pas son retard : le Maître est généreux, il accueille le dernier comme le premier. […] Entrez donc tous dans la joie de notre Seigneur ; premiers et seconds, recevez la récompense. Riches et pauvres, dansez ensemble ; vous qui avez jeûné et vous qui n'avez pas jeûné, réjouissez-vous aujourd'hui. La table est pleine : régalez-vous tous. […] Ô mort, où est ton aiguillon ? Enfer, où est ta victoire ? Le Christ est ressuscité, et tu as été terrassé. » — Homélie catéchétique pour le jour de Pâques, attribuée à saint Jean Chrysostome[149]

Personne n'est exclu de la joie de Pâques, pas même celui qui arrive en retard. La suite de l'homélie, qui annonce le pardon « levé du tombeau », est citée dans l'article sur le Triduum pascal.

Sur la date de la Pâque orientale et les rites byzantins, voir la liturgie orientale et Pourquoi Pâques change-t-elle de date ?.

La bénédiction Urbi et Orbi et le lundi de Pâques

Le jour de Pâques, comme à Noël, le pape adresse depuis la loggia de la basilique Saint-Pierre un message suivi de la bénédiction Urbi et Orbi, « à la Ville et au monde ». Le 5 avril 2026, pour sa première Pâque comme pape, Léon XIV commençait ainsi :

« Frères et sœurs, Le Christ est ressuscité ! Joyeuses Pâques ! […] Pâques est une victoire : celle de la vie sur la mort, de la lumière sur les ténèbres, de l'amour sur la haine. » — Léon XIV, message Urbi et Orbi, 5 avril 2026[150]

Un an plus tôt, le dimanche de Pâques 20 avril 2025, le pape François, convalescent, était apparu à la loggia en fauteuil roulant ; il avait souhaité lui-même, la voix affaiblie, de bonnes Pâques aux fidèles, fait lire son message par le maître des célébrations liturgiques pontificales, Mgr Diego Ravelli, et donné en personne la bénédiction avant de traverser la place en papamobile[151]. Il mourut le lendemain, lundi de Pâques, à 7 h 35, annonça le cardinal Kevin Joseph Farrell[152] (voir le pape François).

Le lundi de Pâques est resté jour chômé : il est l'une des fêtes légales en France, où le Vendredi saint l'est aussi dans une partie de l'Alsace-Moselle[153]. C'est le dernier vestige d'une semaine entière de fête : du IXᵉ au XIIIᵉ siècle, toute l'octave était chômée[154]. Le sanctuaire d'Emmaüs, en Terre sainte, célébrait ce jour-là une fête propre de la manifestation du Ressuscité[155].

Objections et réponses

Pâques serait-elle une fête païenne du printemps ?

Synthèse des arguments de cette section. Sources : Eusèbe, Histoire ecclésiastique V, 23 ; Catholic Encyclopedia, « Easter » ; Paschalis sollemnitatis, n. 105–106. Illustration originale Ignispedia créée par IA.

L'objection, sous sa forme la plus forte, s'appuie sur trois faits. En anglais et en allemand, la fête porte un nom germanique, Easter et Ostern, que saint Bède le Vénérable rattachait à une déesse anglo-saxonne. Les œufs et le lapin qui les apporte passent pour d'anciens symboles de fécondité : la Catholic Encyclopedia elle-même, en 1909, présentait le lapin de Pâques comme un symbole païen et envisageait que la coutume des œufs vienne de fêtes païennes du printemps[156][157]. Enfin, la fête tombe au printemps, saison des fêtes de la nature dans bien des religions.

Aucun de ces faits ne touche à la fête elle-même. D'abord, la Pâque chrétienne est attestée au IIᵉ siècle en Asie Mineure et à Rome, dans des Églises dont le seul débat portait sur un point de calendrier juif : fallait-il célébrer le quatorzième jour de Nisan ou le dimanche qui suit ? Aucune déesse du printemps n'apparaît dans ce dossier[158]. Ensuite, le nom de la fête dérive de l'hébreu pesaḥ en grec, en latin, dans les langues romanes et dans plusieurs langues du Nord, comme le néerlandais ou le danois ; seul le nom anglo-saxon, apparenté à l'allemand Ostern et porté aussi par le mois d'avril, a été rattaché par saint Bède à une déesse Eostre, divinité dont on ne connaît, notait la Catholic Encyclopedia, aucune autre trace, pas même dans l'Edda[159] (voir la date de Pâques). Enfin, la date elle-même est lunaire parce qu'elle suit la Pâque juive, non un culte de l'équinoxe[160].

Quant aux œufs, leur usage pascal s'explique d'abord par le jeûne du Carême, qui les faisait réserver pour le jour de Pâques ; et si telle coutume populaire a pu avoir des antécédents plus anciens, l'Église ne l'a pas subie : elle l'a bénie, rattachée à la liturgie et remplie du sens de la Résurrection, comme le demande encore la lettre de 1988 sur les fêtes pascales[161][162]. Une coutume peut être ancienne ; la fête qu'elle orne ne vient que de la Pâque du Christ.

Personne n'a vu la Résurrection : pourquoi la fêter ?

L'objection est juste sur un point, et le Catéchisme le reconnaît lui-même :

« Personne n'a été le témoin oculaire de l'événement même de la Résurrection et aucun évangéliste ne le décrit. […] Événement historique constatable par le signe du tombeau vide et par la réalité des rencontres des apôtres avec le Christ ressuscité, la Résurrection n'en demeure pas moins, en ce qu'elle transcende et dépasse l'histoire, au cœur du mystère de la foi. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 647[163]

Personne n'a filmé la sortie du tombeau ; mais le Ressuscité s'est montré à de nombreux témoins — saint Paul parle d'une apparition « à plus de cinq cents frères à la fois », dont la plupart vivaient encore quand il écrivait[164] —, et les apôtres ont mangé avec lui avant de donner leur vie pour le dire. C'est exactement ce que proclame la première lecture de Pâques : Dieu lui a donné de se manifester « à des témoins que Dieu avait choisis d'avance, à nous qui avons mangé et bu avec lui après sa résurrection d'entre les morts »[165]. L'Église fête un événement attesté par des témoins, non une idée. L'examen historique de ces témoignages et des explications concurrentes est présenté dans la résurrection de Jésus.

Pourquoi catholiques et orthodoxes ne fêtent-ils pas toujours Pâques le même jour ?

Toutes les Églises suivent la même règle, héritée de Nicée ; mais elles ne calculent pas la pleine lune de printemps sur le même calendrier. Le Catéchisme le constate sans amertume et exprime un désir : les Églises d'Orient et d'Occident « cherchent aujourd'hui un accord, afin de parvenir de nouveau à célébrer à une date commune le jour de la Résurrection du Seigneur »[166]. Le détail des deux calendriers, des coïncidences et des propositions de date commune est exposé dans Pourquoi Pâques change-t-elle de date ?. Ce qui sépare est un calcul ; ce qui unit est le mystère : les uns et les autres chantent, le même matin ou à quelques semaines d'intervalle, que le Christ est ressuscité.

Pour aller plus loin

Articles Ignispedia connexes

Sources principales

  • Catéchisme de l'Église catholique, § 638-647, 1163-1171, 1389 et 2042.
  • Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier (Paul VI, Mysterii paschalis, 14 février 1969), n. 18-26 et 59.
  • Congrégation pour le Culte divin, lettre circulaire Paschalis sollemnitatis sur la préparation et la célébration des fêtes pascales, 16 janvier 1988.
  • Missale Romanum, édition typique troisième, 2002 ; Liturgie des Heures et lectionnaire (traduction liturgique AELF).
  • Saint Grégoire de Nazianze, Discours 45 ; saint Augustin, Traités sur l'évangile de saint Jean, 55, et Sermon 256 ; Tertullien, Traité du baptême ; saint Basile, Traité du Saint-Esprit ; Égérie, Journal de voyage (éd. Pierre Maraval, Sources chrétiennes 296) ; Méliton de Sardes, Sur la Pâque (éd. Othmar Perler, Sources chrétiennes 123).
  • Frederick Holweck, « Easter », The Catholic Encyclopedia, vol. 5, 1909.

Notes et références

  1. Catéchisme de l'Église catholique, § 1169. Le paragraphe ajoute : « S. Athanase l'appelle " le Grand dimanche " (ep. fest. 329 : PG 26, 1366A), comme la Semaine sainte est appelée en Orient " la Grande Semaine ". »

    1 11 104
  2. Normes universelles de l'année liturgique, n. 19 ; traduction de l'article. Texte latin : « Triduum paschale Passionis et Resurrectionis Domini incipit a Missa vespertina in Cena Domini, habet suum centrum in Vigilia paschali, et clauditur Vesperis dominicae Resurrectionis. »

    2 17 83
  3. Normes universelles de l'année liturgique, n. 22, traduction française publiée par le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle de la Conférence des évêques de France, « Le Temps pascal, de Pâques à la Pentecôte » (liturgie.catholique.fr), qui ajoute entre parenthèses la référence à saint Athanase. Texte latin : « Quinquaginta dies a dominica Resurrectionis ad dominicam Pentecostes in laetitia et exsultatione celebrantur sicut unus dies festus, immo " magna dominica ". Hi sunt dies in quibus praecipue cantatur Alleluia. »

    3 103
  4. Normes universelles de l'année liturgique, n. 24 (même traduction). Texte latin : « Octo primi dies temporis paschalis constituunt octavam Paschae et uti sollemnitates Domini celebrantur. »

    4 86
  5. Ordo 2024/2025, année C. Calendrier romain général et calendriers nationaux des pays francophones (catechese.catholique.fr), dimanche de Pâques : « Blanc. Gloria, Séquence, Credo et préface pascale n. 1 » ; note liminaire : « La première célébration de la Résurrection fut la célébration hebdomadaire de chaque dimanche. La fête annuelle n'apparut qu'ensuite, dès le second siècle. »

    5 16 23 66 71
  6. Catéchisme de l'Église catholique, § 1163, citant le concile Vatican II, constitution sur la liturgie Sacrosanctum Concilium, n. 102 (4 décembre 1963).

    6 22
  7. Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, article « pâque », sens 2 et 3 (littre.org) ; le sens 2 note, d'après Legoarant : « Pâque ne peut pas être, d'après cela, plus tôt que le 22 mars, ni plus tard que le 25 avril ».

    7 20
  8. Frederick Holweck, « Easter », The Catholic Encyclopedia, vol. 5, New York, Robert Appleton Company, 1909 (newadvent.org/cathen/05224d.htm) : « Like the French plural Pâques, it is a translation from the Latin Festa Paschalia, the entire octave of Easter. »

    8
  9. Frederick Holweck, « Easter », art. cit. : le grec pascha « is the Aramaic form of the Hebrew pesach » ; « The Romance languages have adopted the Hebrew-Greek term: Latin, Pascha; Italian, Pasqua; Spanish, Pascua; French, Pâques. Also some Celtic and Teutonic nations use it: Scottish, Pask; Dutch, Paschen [Pasen]; Danish, Paaske; Swedish, Pask; even in the German provinces of the Lower Rhine the people call the feast Paisken not Ostern. »

    9
  10. Saint Augustin, Traités sur l'évangile de saint Jean (In Iohannis Evangelium tractatus), 55, 1, sur Jn 13, 1 ; traduction de l'article. Texte latin (augustinus.it) : « Pascha, fratres, non sicut quidam existimant, graecum nomen est, sed hebraeum : opportunissime tamen occurrit in hoc nomine quaedam congruentia utrarumque linguarum. Quia enim pati graece [paschein] dicitur, ideo Pascha passio putata est, velut hoc nomen a passione sit appellatum : in sua vero lingua, hoc est in hebraea, Pascha transitus dicitur. » Trad. anglaise concordante : newadvent.org/fathers/1701055.htm.

    10
  11. Saint Grégoire de Nazianze, Discours 45 (Second discours sur la Pâque), § 2 ; traduction de l'article. Texte grec (el.wikisource.org) : « Πάσχα Κυρίου, Πάσχα, καὶ πάλιν ἐρῶ Πάσχα, τιμῇ τῆς Τριάδος. Αὕτη ἑορτῶν ἡμῖν ἑορτὴ, καὶ πανήγυρις πανηγύρεων, τοσοῦτον ὑπεραίρουσα πάσας, οὐ τὰς ἀνθρωπικὰς μόνον καὶ χαμαὶ ἐρχομένας, ἀλλ᾿ ἤδη καὶ τὰς αὐτοῦ Χριστοῦ καὶ ἐπ᾿ αὐτῷ τελουμένας, ὅσον ἀστέρας ἥλιος. » Trad. anglaise concordante : newadvent.org/fathers/310245.htm.

    12
  12. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, n. 18, promulguées par saint Paul VI avec le motu proprio Mysterii paschalis du 14 février 1969 (Acta Apostolicae Sedis 61 [1969], p. 222-226). Traduction française citée par l'Ordo 2024/2025, année C. Calendrier romain général et calendriers nationaux des pays francophones, au dimanche de Pâques. Texte latin (Calendarium Romanum, 1969) : « Fastigium igitur, quod dies dominica habet in hebdomada, sollemnitas Paschae habet in anno liturgico. »

    13
  13. Normes universelles de l'année liturgique, n. 59, tableau des jours liturgiques selon leur ordre de préséance. Texte latin : « 1. Triduum paschale Passionis et Resurrectionis Domini. 2. Nativitas Domini, Epiphania, Ascensio et Pentecostes. Dominicae Adventus, Quadragesimae et Paschae. […] Dies infra octavam Paschae. »

    14
  14. Frederick Holweck, « Easter », art. cit. : « The feast Easter is the principal feast of the ecclesiastical year. […] the feast of the Ascension, Pentecost, Corpus Christi, and all other movable feasts […] depend upon the Easter date. »

    15
  15. Normes universelles de l'année liturgique, n. 21. Texte latin : « Vigilia paschalis, nocte sancta qua Dominus resurrexit, habetur ut " mater omnium sanctarum Vigiliarum ". »

    18
  16. Catéchisme de l'Église catholique, § 1170.

    19 21 166
  17. Catéchisme de l'Église catholique, § 1166, citant Sacrosanctum Concilium, n. 106, et saint Jérôme, homélie pour Pâques (CCL 78, 550, 52).

    24
  18. Exode 12, 11-14 (traduction liturgique AELF).

    25 26
  19. Exode 12, 26-27 (AELF).

    27
  20. Catéchisme de l'Église catholique, § 1164.

    28
  21. Évangile selon saint Jean 13, 1 (AELF).

    29
  22. Frederick Holweck, « Easter », art. cit. : « The connection between the Jewish and the Christian Pasch explains the movable character of this feast. »

    30 160
  23. Première lettre de saint Paul aux Corinthiens 5, 7-8 (AELF), deuxième lecture au choix de la messe du jour de Pâques.

    31
  24. Association épiscopale liturgique pour les pays francophones (AELF), lectures de la messe du jour de Pâques, 5 avril 2026 (aelf.org) : Ac 10, 34a.37-43 ; Ps 117 ; Col 3, 1-4 ou 1 Co 5, 6b-8 ; séquence ; acclamation « Notre Pâque immolée, c'est le Christ ! Célébrons la Fête dans le Seigneur ! » (cf. 1 Co 5, 7b-8a) ; Jn 20, 1-9, avec la rubrique « Au lieu de cet Évangile, on peut lire celui qui a été lu à la Veillée pascale » ; « Pour la messe du soir de Pâques, on peut aussi lire » Lc 24, 13-35.

    32 70 73
  25. Évangile selon saint Marc 16, 2-6 (AELF).

    33
  26. Évangile selon saint Luc 24, 1-6 (AELF).

    34
  27. Évangile selon saint Jean 20, 1-9 (AELF), évangile de la messe du jour de Pâques.

    35
  28. Évangile selon saint Matthieu 28, 8-9 (AELF).

    36
  29. Évangile selon saint Jean 20, 11-18 (AELF).

    37
  30. Évangile selon saint Luc 24, 13-35 (AELF), évangile de la messe du soir de Pâques.

    38
  31. Évangile selon saint Jean 20, 19-20 (AELF).

    39
  32. Catéchisme de l'Église catholique, § 639.

    40
  33. Première lettre de saint Paul aux Corinthiens 15, 14.20 (AELF).

    41
  34. Saint Méliton de Sardes, Sur la Pâque, 103 (le passage lu commence au § 103) ; traduction de la Liturgie des Heures (AELF, Office des lectures du lundi dans l'octave de Pâques, 6 avril 2026). Édition critique : Othmar Perler, Méliton de Sardes. Sur la Pâque et fragments, Sources chrétiennes 123, 1966. Numérotation contrôlée sur la traduction anglaise publiée par Kerux et reproduite par le Council of Centers on Jewish-Christian Relations (ccjr.us).

    42
  35. Sources chrétiennes, notice « SC 123 – Méliton de Sardes, Sur la Pâque » (sourceschretiennes.org).

    43
  36. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, V, 23, 1-3 (trad. anglaise, newadvent.org/fathers/250105.htm) : écrits des évêques réunis en Palestine, à Rome, dans le Pont, en Gaule et en Osrhoène, et lettre de Bacchylus, évêque de Corinthe.

    44 158
  37. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, V, 24, 13-14, citant la lettre de saint Irénée au pape Victor.

    45
  38. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, V, 6, 4, citant saint Irénée : « Then Xystus, the sixth from the apostles, was appointed. »

    46
  39. Frederick Holweck, « Easter », art. cit. : « it is also the oldest feast of the Christian Church, as old as Christianity […]. That the Apostolic Fathers do not mention it and that we first hear of it principally through the controversy of the Quartodecimans are purely accidental. »

    47
  40. John Chapman, « Tertullian », The Catholic Encyclopedia, vol. 14, New York, Robert Appleton Company, 1912 (newadvent.org/cathen/14520c.htm) : « A series of short works addressed to catechumens belong also to Tertullian's Catholic days, and fall between 200 and 206 » ; parmi eux le De baptismo, dont l'article note : « The proper times were Easter and Pentecost ».

    48
  41. Tertullien, Traité du baptême (De baptismo), 19, 1-2 ; traduction de l'article. Texte latin (The Latin Library) : « Diem baptismo sollemniorem pascha praestat, cum et passio domini in qua tinguimur adimpleta est. […] exinde pentecoste ordinandis lavacris laetissimum spatium est, quo et domini resurrectio inter discipulos frequentata est et gratia spiritus sancti dedicata et spes adventus domini subostensa. »

    49
  42. Tertullien, De la couronne (De corona), 3, 4 ; traduction de l'article. Texte latin (tertullian.org) : « Die dominico ieiunium nefas ducimus, uel de geniculis adorare. Eadem immunitate a die Paschae in Pentecosten usque gaudemus. »

    50
  43. Tertullien, De la prière (De oratione), 23, 2 ; texte latin (tertullian.org) : « Tantumdem et spatio Pentecostes quae eadem exultationis sollemnitate dispungitur. »

    51
  44. Concile de Nicée (325), canon 20 ; traduction de l'article. Texte grec (users.uoa.gr) : « Ἐπειδή τινές εἰσιν ἐν τῇ Κυριακῇ γόνυ κλίνοντες, καὶ ἐν ταῖς τῆς Πεντηκοστῆς ἡμέραις· ὑπὲρ τοῦ πάντα ἐν πάσῃ παροικίᾳ ὁμοίως παραφυλάττεσθαι, ἑστῶτας ἔδοξε τῇ ἁγίᾳ συνόδῳ τὰς εὐχὰς ἀποδιδόναι τῷ Θεῷ. » Trad. anglaise concordante : newadvent.org/fathers/3801.htm.

    52
  45. Saint Basile de Césarée, Traité du Saint-Esprit, 27, 66 (traduction française publiée par orthodoxievco.net ; trad. anglaise concordante, newadvent.org/fathers/3203.htm).

    53
  46. Sources chrétiennes, notice « SC 296 – Égérie, Journal de voyage » (éd. Pierre Maraval, 1982), sourceschretiennes.org : « Égérie, une grande dame venue d'Occident, s'est rendue à Jérusalem en 381 ; pendant trois ans, elle a visité tous les lieux saints du Proche-Orient chrétien ».

    54
  47. Égérie, Journal de voyage (Itinerarium), 39, 1-3 ; traduction de l'article. Texte latin (The Latin Library) : « Octo autem illi dies paschales sic attenduntur, quemadmodum et ad nos […]. Ipsis autem octo diebus paschalibus cotidie post prandium episcopus cum omni clero et omnibus infantibus, id est qui baptidiati fuerint […], in Eleona ascendent. »

    55
  48. Égérie, Journal de voyage, 47, 1-2 ; traduction de l'article. Texte latin : « Post autem uenerint dies paschae, per illos octo dies, id est a pascha usque ad octauas, […] stat episcopus incumbens in cancello interiore, qui est in spelunca Anastasis, et exponet omnia, quae aguntur in baptismo. […] tantum neofiti et fideles, qui uolunt audire misteria, in Anastase intrant. […] tante uoces sunt collaudantium, ut porro foras ecclesia audiantur uoces eorum. »

    56
  49. Frederick Holweck, « Easter », art. cit. : « From the ninth to the thirteenth century in most dioceses, during the entire Easter Week the two precepts of hearing Mass and of abstaining from servile work were observed […] ; later on this law was limited to two days (Monday and Tuesday), and since the end of the eighteenth century, to Monday only. »

    57 154
  50. Frederick Holweck, « Easter », art. cit. (office pascal sans hymnes, jubilus « Haec Dies quam fecit Dominus » ; double alléluia ajouté au Benedicamus Domino et à l'Ite missa est pendant toute l'octave ; séquence « composed by Wipo, a Burgundian priest at the courts of Conrad II and Henry III »).

    58 75
  51. Frederick Holweck, « Easter », art. cit. (visite au sépulcre, « which dates back to the tenth century », et naissance des jeux de Pâques).

    59
  52. Congrégation pour le Culte divin, lettre circulaire Paschalis sollemnitatis sur la préparation et la célébration des fêtes pascales, 16 janvier 1988, n. 1 et note 1 (trad. française officielle, publiée par le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle, liturgie.catholique.fr) : décrets de la Sacrée Congrégation des Rites Dominicae Resurrectionis (9 février 1951) et Maxima redemptionis nostrae mysteria (16 novembre 1955).

    60
  53. Normes universelles de l'année liturgique, n. 23 (même traduction). Texte latin : « Dominicae huius temporis veluti dominicae Paschae habentur et, post dominicam Resurrectionis, dominicae II, III, IV, V, VI, VII Paschae nuncupantur ; concluditur autem hoc sacrum quinquaginta dierum tempus dominica Pentecostes. »

    61 106
  54. Herbert Thurston, « Paschal Candle », The Catholic Encyclopedia, vol. 11, New York, Robert Appleton Company, 1911 (newadvent.org/cathen/11515b.htm) : « It is extinguished after the Gospel on Ascension Day and is then removed. »

    62
  55. Paschalis sollemnitatis, n. 99 (cierge pascal).

    63 82
  56. Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle, « Le Temps pascal, de Pâques à la Pentecôte » (liturgie.catholique.fr), présentation de l'article « Célébrer la Pentecôte, l'autre sommet du temps pascal » : « La réforme liturgique du concile Vatican II a modifié bien des choses et, entre autres, la façon de célébrer la Pentecôte. On a voulu d'abord insister sur l'unité du temps pascal. »

    64
  57. Paschalis sollemnitatis, n. 97 (messe du jour de Pâques et aspersion).

    65 69
  58. Missale Romanum, éd. typique troisième, 2002, « Dominica Paschae in Resurrectione Domini — Ad Missam in die », n. 71-72 ; traductions de l'article. Antienne d'ouverture : « Resurrexi, et adhuc tecum sum, alleluia : posuisti super me manum tuam, alleluia : mirabilis facta est scientia tua, alleluia, alleluia » (cf. Ps 138, 18.5-6), ou « Surrexit Dominus vere, alleluia » (Lc 24, 34 ; cf. Ap 1, 6). Collecte : « Deus, qui hodierna die, per Unigenitum tuum, aeternitatis nobis aditum, devicta morte, reserasti, da nobis, quaesumus, ut, qui resurrectionis dominicae sollemnia colimus, per innovationem tui Spiritus in lumine vitae resurgamus. »

    67 68
  59. Institutio generalis Missalis Romani (2002), n. 64 : « Sequentia, quae praeter quam diebus Paschae et Pentecostes, est ad libitum, cantatur ante Alleluia. »

    72
  60. Hugh Henry, « Victimae Paschali Laudes Immolent Christiani », The Catholic Encyclopedia, vol. 15, New York, Robert Appleton Company, 1912 (newadvent.org/cathen/15407a.htm) : attribution à Wipon d'après un manuscrit d'Einsiedeln du XIᵉ siècle ; sixième strophe « Credendum est magis soli Mariae veraci quam Judaeorum turbae fallaci », omise lors de la réforme du Missel consécutive au concile de Trente, avec l'ajout de « Amen. Alleluia ». Incipit latin : « Victimae paschali laudes immolent Christiani ».

    74 76
  61. Clemens Blume, « Prose or Sequence », The Catholic Encyclopedia, vol. 12, 1911 (newadvent.org/cathen/12481d.htm) ; Hugh Henry, « Stabat Mater », ibid., vol. 14, 1912 (newadvent.org/cathen/14239b.htm) : introduit au Bréviaire et au Missel romains en 1727.

    77
  62. Léon XIV, message Urbi et Orbi, Pâques 2026, loggia centrale de la basilique Saint-Pierre, dimanche 5 avril 2026 (texte français, vatican.va).

    78 150
  63. Missale Romanum (2002), « Vigilia paschalis », n. 69-70 (renvoi « Ite, missa est, alleluia, alleluia », « quod servatur per totam octavam Paschae » ; « Cereus paschalis accenditur in omnibus celebrationibus liturgicis sollemnioribus huius temporis ») et messe du jour, n. 78.

    79 81
  64. Ordo 2024/2025, « Célébrer au temps pascal — L'octave de Pâques » : messe propre chaque jour, célébrée comme solennité du Seigneur ; célébrations de saints omises ; Gloria et préface de Pâques I ; intercession pour les nouveaux baptisés ; « tous les jours renvoi comme le jour de Pâques : "Allez, dans la paix du Christ, alléluia, alléluia." » ; lectures du lundi au samedi de l'octave.

    80 87 90
  65. Paschalis sollemnitatis, n. 98 (vêpres baptismales).

    84
  66. Frederick Holweck, « Easter », art. cit. (vêpres solennelles de Pâques avec procession à la chapelle baptismale ; conservées par les carmes et plusieurs diocèses français, « Paris, Lyons, Besançon, Chartres, Laval »).

    85
  67. Paschalis sollemnitatis, n. 102-103 (temps de la mystagogie ; intercession pour les nouveaux baptisés pendant l'octave ; places réservées aux néophytes).

    88 94
  68. AELF, laudes du lundi dans l'octave de Pâques, 6 avril 2026 (aelf.org) : antienne invitatoire « Le Seigneur est vraiment ressuscité, alléluia ! » ; répons « Voici le jour que fit le Seigneur, jour de fête et de joie ».

    89
  69. Mt 28, 8-15 ; Jn 20, 11-18 ; Lc 24, 13-35 ; Lc 24, 35-48 ; Jn 21, 1-14 ; Mc 16, 9-15 ; Jn 20, 19-31 (traduction liturgique AELF).

    91
  70. George Cyprian Alston, « Low Sunday », The Catholic Encyclopedia, vol. 9, New York, Robert Appleton Company, 1910 (newadvent.org/cathen/09400a.htm) : « Its liturgical name is Dominica in albis depositis […]. St. Augustine mentions this custom in a sermon for the day » ; noms de Pascha clausum et de Quasimodo.

    92 99
  71. Ordo 2024/2025, deuxième dimanche de Pâques ou de la Miséricorde : « À Rome, au quatrième siècle, c'est le dimanche in albis deponendis, où les baptisés de la nuit de Pâques déposent leurs vêtements blancs pour rejoindre l'assemblée. Depuis l'an 2000 c'est aussi le Dimanche de la divine Miséricorde. »

    93
  72. AELF, Office des lectures du jeudi dans l'octave de Pâques, 9 avril 2026 : « Catéchèse de Jérusalem aux nouveaux baptisés » (traduction de la Liturgie des Heures). Le passage correspond à la catéchèse 20 (deuxième catéchèse mystagogique), § 4, des Catéchèses transmises sous le nom de saint Cyrille de Jérusalem (trad. anglaise concordante : newadvent.org/fathers/310120.htm).

    95
  73. AELF, Office des lectures du deuxième dimanche de Pâques, 12 avril 2026 : « Homélie de saint Augustin aux nouveaux baptisés » (traduction de la Liturgie des Heures).

    96
  74. Missale Romanum (2002), « Dominica II Paschae seu de divina Misericordia », antienne d'ouverture : « Quasi modo geniti infantes, rationabile, sine dolo lac concupiscite, ut in eo crescatis in salutem, alleluia » (1 P 2, 2).

    97
  75. Première lettre de saint Pierre 2, 2 (AELF).

    98
  76. Évangile selon saint Jean 20, 26-29 (AELF), évangile du deuxième dimanche de Pâques.

    100
  77. Saint Jean-Paul II, homélie pour la canonisation de sainte Faustine Kowalska, 30 avril 2000, n. 4 (texte français, vatican.va).

    101
  78. Sainte Faustine Kowalska, Petit Journal, § 49.

    102
  79. Paschalis sollemnitatis, n. 100.

    105
  80. Paschalis sollemnitatis, n. 101 : les dimanches du temps pascal « ont la préséance sur toutes les fêtes du Seigneur et sur toutes les solennités ».

    107
  81. François, message Urbi et Orbi, Pâques 2025, place Saint-Pierre, dimanche 20 avril 2025 (texte français, vatican.va).

    108
  82. Conférence des évêques catholiques du Canada, Ordo — Notes pastorales, 2025, « L'octave de Pâques » et « Le temps pascal » (cecc.ca) : « Depuis le dimanche de Pâques jusqu'à celui de la Pentecôte inclusivement, on récite le Regina cœli à la place de l'Angelus » ; « Pour toutes les heures de l'office […] on ajoute Alléluia à la fin des antiennes » ; « À toutes les messes, on ajoute un Alléluia à la fin des antiennes d'ouverture et de communion ».

    109 111
  83. Saint Augustin, Sermon 256, 3, lu à l'Office des lectures du samedi de la 34ᵉ semaine du temps ordinaire sous le titre « Sermon de saint Augustin pour le temps pascal » (AELF, 29 novembre 2025, traduction de la Liturgie des Heures). Texte latin (augustinus.it) : « O felix illic Alleluia ! […] hic in spe, ibi in re ; hic in via, illic in patria. Modo ergo, fratres mei, cantemus, non ad delectationem quietis, sed ad solacium laboris. Quomodo solent cantare viatores ; canta, sed ambula. »

    110
  84. Hugh Henry, « Regina Coeli (Queen of Heaven) », The Catholic Encyclopedia, vol. 12, New York, Robert Appleton Company, 1911 (newadvent.org/cathen/12718b.htm) ; traduction de l'article. Texte latin : « Regina coeli laetare, Alleluia, Quia quem meruisti portare, Alleluia, Resurrexit, sicut dixit, Alleluia. Ora pro nobis Deum, Alleluia. »

    112 113 114
  85. Normes universelles de l'année liturgique, n. 25-26 (même traduction). Texte latin : « Quadragesima die post Pascha celebratur Ascensio Domini, nisi, ubi non est de praecepto servanda, VII dominicae Paschae fuerit assignata […]. Feriae post Ascensionem usque ad sabbatum ante Pentecosten inclusive ad adventum praeparant Spiritus Sancti Paracliti. »

    115
  86. Paschalis sollemnitatis, n. 107.

    116
  87. Saint Augustin, Traités sur l'évangile de saint Jean, 55, 1 ; traduction de l'article. Texte latin : « et agimus saluberrimum transitum, cum a diabolo transimus ad Christum, et ab isto instabili saeculo ad eius fundatissimum regnum. Ideo quippe ad Deum permanentem transimus, ne cum mundo transeunte transeamus. »

    117
  88. Saint Grégoire de Nazianze, Discours 45, § 10 (trad. anglaise, newadvent.org/fathers/310245.htm) : le nom de Pascha signifie « passage », « historically, from their flight and migration from Egypt into the Land of Canaan; spiritually, from the progress and ascent from things below to things above ».

    118
  89. Catéchisme de l'Église catholique, § 1168.

    119
  90. AELF, Office des lectures du mercredi dans l'octave de Pâques, 8 avril 2026 : « Homélie pascale ancienne » (auteur non nommé par la Liturgie des Heures).

    120
  91. Lettre de saint Paul aux Colossiens 3, 1-3 (AELF), deuxième lecture de la messe du jour de Pâques.

    121
  92. Benoît XVI, homélie de la Vigile pascale, 15 avril 2006 (texte français, vatican.va).

    122 123
  93. Saint Ignace de Loyola, Exercices spirituels, n. 299, « De la Résurrection de Jésus-Christ, notre Seigneur, et de sa première apparition » (trad. du P. Pierre Jennesseaux, s.j., éd. de 1913, livres-mystiques.com).

    124
  94. Saint Jean-Paul II, audience générale du mercredi 21 mai 1997, texte français (vatican.va).

    125 126
  95. L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 12, 15 avril 1919 — la Résurrection de Jésus, image du Règne de la Divine Volonté (trad. française d'après Guy Harvey).

    127 128
  96. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit C (1897), fol. 4 v°-5 v°, Archives du Carmel de Lisieux (archives.carmeldelisieux.fr).

    129 130
  97. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrit C, fol. 7 r° et 7 v°, Archives du Carmel de Lisieux.

    131
  98. Paschalis sollemnitatis, n. 105 (bénédiction des maisons) et n. 106 (coutumes populaires : « Il ne faut pas du tout les mépriser, car elles peuvent servir à exprimer la mentalité religieuse des fidèles »).

    132 145 162
  99. IVᵉ concile du Latran (1215), constitution 21, Omnis utriusque sexus ; Denzinger, n. 812 (traduction française).

    133
  100. Concile de Trente, 13ᵉ session (11 octobre 1551), canons sur le très saint sacrement de l'Eucharistie, canon 9 ; Denzinger, n. 1659.

    134
  101. Code de droit canonique (1983), can. 920 § 1-2 (texte français, vatican.va).

    135
  102. Catéchisme de l'Église catholique, § 2042 (troisième commandement de l'Église : « Tout fidèle est tenu par l'obligation de recevoir la Sainte Communion au moins chaque année à Pâques »).

    136
  103. Catéchisme de l'Église catholique, § 1389.

    137
  104. Paschalis sollemnitatis, n. 104 (précepte de la communion pascale ; communion portée aux malades, surtout pendant l'octave).

    138
  105. Frederick Holweck, « Easter », art. cit. : « In some parts of France also First Communion is called Pâques, whatever time of the year administered. »

    139
  106. Paschalis sollemnitatis, n. 103 : « Il est indiqué aussi que les enfants reçoivent en ces dimanches de Pâques la première communion. »

    140
  107. Missale Romanum (2002), Jeudi saint, messe du soir en mémoire de la Cène, n. 7 : « Dum cantatur hymnus, pulsantur campanae, eoque expleto, silent usque ad Gloria in excelsis Vigiliae paschalis, nisi Episcopus dioecesanus, pro opportunitate, aliud statuerit. »

    141
  108. Frederick Holweck, « Easter », art. cit., rubrique « Easter eggs » : « Because the use of eggs was forbidden during Lent, they were brought to the table on Easter Day, coloured red to symbolize the Easter joy. This custom is found not only in the Latin but also in the Oriental Churches » ; « Easter eggs, the children are told, come from Rome with the bells which on Thursday go to Rome and return Saturday morning » ; l'article évoque aussi, sous forme d'hypothèse, des antécédents païens de certaines coutumes (« The custom may have its origin in paganism »).

    142 143 156 161
  109. Frederick Holweck, « Easter », art. cit., rubriques « Blessing of food » et « House blessings ».

    144
  110. Frederick Holweck, « Easter », art. cit. : « One says: "Christ is risen"; the other answers: "He is truly risen" […]. A similar custom had, through the influence of the Byzantine court, been adopted at Rome for a time. The greeting was: Surrexit Dominus vere; R. Et apparuit Simoni. »

    146
  111. Évangile selon saint Luc 24, 34 (AELF).

    147
  112. Catéchisme de l'Église catholique, § 638, citant le tropaire de Pâques de la liturgie byzantine.

    148
  113. Homélie catéchétique pour le saint jour de Pâques, transmise sous le nom de saint Jean Chrysostome et lue aux matines pascales byzantines (CPG 4605 ; PG 59, 721-724, rangée par Migne parmi les écrits d'attribution douteuse) ; traduction de l'article. Texte grec (office byzantin de Pâques, glt.xyz), dont la rubrique précise : « Μετὰ γοῦν τὸν Ἀσπασμόν, ἀναγινώσκεται ὁ κατηχητικὸς λόγος τοῦ ἁγίου Ἰωάννου τοῦ Χρυσοστόμου » (« après le baiser, on lit le discours catéchétique de saint Jean Chrysostome ») : « Εἴ τις εὐσεβὴς καὶ φιλόθεος ἀπολαυέτω τῆς καλῆς ταύτης καὶ λαμπρᾶς πανηγύρεως. […] Εἴ τις εἰς μόνην ἔφθασε τὴν ἑνδεκάτην, μὴ φοβηθῇ τὴν βραδύτητα· φιλότιμος γὰρ ὢν ὁ Δεσπότης, δέχεται τὸν ἔσχατον, καθάπερ καὶ τὸν πρῶτον. […] οὐκοῦν εἰσέλθετε πάντες εἰς τὴν χαρὰν τοῦ Κυρίου ἡμῶν, καὶ πρῶτοι καὶ δεύτεροι τὸν μισθὸν ἀπολαύετε. Πλούσιοι καὶ πένητες μετ' ἀλλήλων χορεύσατε. […] Νηστεύσαντες καὶ μὴ νηστεύσαντες, εὐφράνθητε σήμερον. Ἡ τράπεζα γέμει, τρυφήσατε πάντες. […] Ποῦ σου θάνατε τὸ κέντρον ; ποῦ σου ᾍδη τὸ νῖκος ; Ἀνέστη Χριστός, καὶ σὺ καταβέβλησαι. » La suite (« Μηδεὶς ὀδυρέσθω πταίσματα· συγγνώμη γὰρ ἐκ τοῦ τάφου ἀνέτειλε ») est citée dans l'article sur le Triduum pascal. Sur l'attribution : Roger Pearse, « Chrysostom's Easter sermon — an online mystery », 8 octobre 2012 (roger-pearse.com), citant la Clavis Patrum Graecorum, vol. 2, p. 573.

    149
  114. Delphine Allaire, « Urbi et Orbi : recommençons à espérer que la paix est possible », Vatican News, 20 avril 2025.

    151
  115. Bureau de presse du Saint-Siège, déclaration du directeur Matteo Bruni, 21 avril 2025 (B0267) : annonce faite à 9 h 47 par le cardinal Kevin Joseph Farrell, camerlingue ; « Alle ore 7:35 di questa mattina il Vescovo di Roma, Francesco, è tornato alla casa del Padre ».

    152
  116. Service-Public.fr, « Jours fériés et ponts dans le secteur privé » : liste des fêtes légales (lundi de Pâques ; en Alsace-Moselle, Vendredi saint dans les communes ayant un temple protestant ou une église mixte) ; Code du travail, art. L3133-1 à L3133-3.

    153
  117. Frederick Holweck, « Easter », art. cit. : fête propre de la manifestation du Ressuscité, approuvée par le Saint-Siège pour le sanctuaire d'Emmaüs le lundi de Pâques.

    155
  118. Frederick Holweck, « Easter », art. cit., rubrique « The Easter rabbit » : « The rabbit is a pagan symbol and has always been an emblem of fertility », d'après la mythologie de Simrock.

    157
  119. Frederick Holweck, « Easter », art. cit. : « The English term, according to the Ven. Bede (De temporum ratione, I, v), relates to Estre, a Teutonic goddess of the rising light of day and spring, which deity, however, is otherwise unknown, even in the Edda » ; « April was called easter-monadh ».

    159
  120. Catéchisme de l'Église catholique, § 647.

    163
  121. Première lettre de saint Paul aux Corinthiens 15, 6 (AELF) : « ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont endormis dans la mort ».

    164
  122. Actes des Apôtres 10, 40-41 (AELF), première lecture de la messe du jour de Pâques.

    165