Saint Jean Chrysostome (349-407)

Archevêque de Constantinople et Docteur de l'Église, saint Jean Chrysostome fut le plus grand prédicateur de l'Antiquité chrétienne, surnommé la « Bouche d'or ». Défenseur des pauvres et théologien de l'Eucharistie, il fut exilé par l'impératrice Eudoxie et mourut à Comana en 407.

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Saint Jean Chrysostome (vers 349-407) est l'un des plus grands Pères de l'Église grecque : prêtre et prédicateur d'Antioche, puis archevêque de Constantinople, il a laissé le plus vaste corpus d'homélies de toute l'Antiquité chrétienne et passe pour « le plus grand prédicateur jamais entendu dans une chaire chrétienne »[1]. Sa parole était si puissante que la postérité lui a donné, dès le VIe siècle, le surnom de Chrysostome — « Bouche d'or »[2].

Mosaïque de saint Jean Chrysostome dans le tympan nord de Sainte-Sophie, fin du IXe siècle. Source : Wikimedia Commons, The Yorck Project, domaine public.

Né à Antioche d'un père officier mort presque aussitôt, il fut élevé par sa mère Anthuse, veuve à vingt ans, dont l'exemple frappa jusqu'à son maître païen Libanios[3]. Formé à la meilleure rhétorique de son temps, il renonça pourtant au monde pour les montagnes d'Antioche, où six années d'ascèse — quatre en communauté, deux en ermitage solitaire — ruinèrent sa santé. Prêtre en 386, il fit d'Antioche l'auditoire d'une prédication restée inégalée. Devenu malgré lui archevêque de la capitale de l'Empire en 398, il s'attaqua au luxe de la cour et du clergé : ce courage lui valut l'inimitié de l'impératrice Eudoxie et du patriarche Théophile d'Alexandrie, deux dépositions, deux exils, et la mort sur les chemins du Pont, à Comana, le 14 septembre 407[4].

Le saint occupe une place singulière dans l'Église universelle. L'Orient l'honore comme l'un des trois Saints Hiérarques, avec saint Basile le Grand et saint Grégoire de Nazianze ; l'Occident le compte parmi les quatre grands Docteurs grecs, avec saint Basile, saint Grégoire de Nazianze et saint Athanase d'Alexandrie[5]. Sa Liturgie demeure aujourd'hui encore la messe ordinaire de centaines de millions de chrétiens de rite byzantin, et son Homélie pascale retentit chaque année, au matin de Pâques, dans toutes les églises de rite byzantin[6].

Trois traits dominent sa figure : la parole mise au service de l'Évangile sans jamais le diluer dans l'art ; la charité envers les pauvres, qu'il appelait « l'autel » le plus vénérable après l'autel eucharistique ; et le courage d'un pasteur qui aima mieux mourir en exil que de taire la vérité devant les puissants.

  1. vers 349
    Naissance à Antioche de Syrie
    Dans une famille chrétienne

    Jean naît à Antioche, troisième ville de l'Empire ; son père Secundus, officier, meurt peu après ; sa mère Anthuse, veuve à vingt ans, l'élève seule.[7]

  2. vers 367-370
    Études et baptême
    Du rhéteur Libanios à l'évêque Mélèce

    Formé à la rhétorique par le païen Libanios, il est gagné par l'évêque Mélèce, reçoit le baptême et devient lecteur.[8]

  3. vers 372-378
    Années d'ascèse dans les montagnes
    Le moine et l'ermite

    Il passe quatre ans chez les moines près d'Antioche, puis vit deux ans seul dans une grotte ; l'austérité ruine sa santé et le force à revenir.[9]

  4. 381
    Ordonné diacre
    Par saint Mélèce d'Antioche

    Il est ordonné diacre par Mélèce, peu avant que celui-ci ne parte pour le concile de Constantinople.[10]

  5. 386
    Ordonné prêtre d'Antioche
    Le début de la grande prédication

    Ordonné prêtre par l'évêque Flavien, il devient pour douze ans le prédicateur d'Antioche et compose Sur le sacerdoce.[11]

  6. 387
    Les Homélies sur les Statues
    Antioche sauvée par la parole

    Après l'émeute des statues impériales renversées, il calme et console la ville par une série de vingt et un sermons de carême.[12]

  7. 26 février 398
    Archevêque de Constantinople
    Enlevé malgré lui à Antioche

    Tiré d'Antioche à l'insu du peuple sur l'ordre de l'empereur, il est sacré évêque de la capitale par Théophile d'Alexandrie.[13]

  8. 403
    Le Synode du Chêne et la première déposition
    La cabale de Théophile et d'Eudoxie

    Un synode tenu près de Chalcédoine, présidé par Théophile, le dépose ; un tremblement de terre effraie la cour et le fait rappeler aussitôt.[14]

  9. juin 404
    Le second exil
    Vers Cucuse en Arménie

    Banni par décret impérial, il est conduit sous escorte en exil à Cucuse — départ de Constantinople le 24 juin 404 selon la Catholic Encyclopedia (certaines chronologies retiennent le 20 juin) —, d'où il continue d'écrire à ses amis et à la diaconesse Olympias.[15][16]

  10. 14 septembre 407
    Mort à Comana du Pont
    « Gloire à Dieu pour toutes choses »

    Épuisé par une marche forcée vers le Caucase, il meurt à Comana ; ses dernières paroles sont une action de grâces.[17]

  11. 27 janvier 438
    Retour triomphal des reliques
    Réhabilité par l'Église de Constantinople

    Trente ans après, ses reliques rentrent solennellement dans la capitale ; l'empereur Théodose II implore le pardon pour ses parents.

Antioche : l'enfance, la mère et l'école

Une ville chrétienne et grecque

Jean naît vers 349 à Antioche-sur-l'Oronte, troisième cité de l'Empire après Rome et Alexandrie, métropole grecque de Syrie où, selon les Actes des Apôtres, « pour la première fois les disciples reçurent le nom de chrétiens » (Ac 11, 26). C'est dans cette ville cosmopolite, riche, lettrée, partagée entre paganisme finissant, judaïsme actif et christianisme divisé par l'arianisme, qu'il passe près de cinquante ans, jusqu'à son élévation à Constantinople en 398[18].

Anthuse, la veuve admirable

Son père Secundus, officier supérieur de l'armée de Syrie, meurt peu après sa naissance. Sa mère Anthuse, devenue veuve à vingt ans, refuse de se remarier et consacre sa vie à l'éducation de son fils. Chrysostome a gardé de cette enfance une vénération absolue pour sa mère, qu'il évoquera dans Sur le sacerdoce pour expliquer son refus initial de l'épiscopat[19]. La tradition rapporte que le vieux rhéteur païen Libanios, apprenant la fidélité d'Anthuse, se serait écrié : « Quelles femmes il y a chez les chrétiens ! »[20]

Le sacerdoce est la plus grande preuve d'amour envers le Christ : telle est la thèse du Livre II — titre du chapitre, non phrase verbatim. — Saint Jean Chrysostome, Sur le sacerdoce, Livre II[21]

L'élève de Libanios

Jean fréquente les meilleures écoles d'Antioche. Il étudie la philosophie auprès d'Andragatius et la rhétorique auprès de Libanios, « le plus célèbre orateur de l'époque »[22]. On rapporte que le maître, interrogé sur son successeur, aurait répondu : « Jean — si les chrétiens ne nous l'avaient pas pris. » Cette formation classique, loin de le détourner de l'Évangile, fournira au prédicateur l'instrument d'une parole d'une clarté et d'une vigueur sans égales : Chrysostome est le type achevé de l'humanisme chrétien, qui sait, comme saint Basile, butiner le miel de la culture antique sans en prendre le poison.

La conversion et les années d'ascèse

Du baptême au désert

Schéma explicatif — la prédication de Chrysostome : Écriture, clarté, conversion et courage. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Vers 367, Jean rencontre l'évêque Mélèce d'Antioche, dont le caractère le saisit au point qu'il abandonne peu à peu les études profanes. Il reçoit le baptême vers 370 et est aussitôt institué lecteur[23]. Attiré par la vie monastique, il rejoint une communauté ascétique des montagnes voisines, sous la conduite de Carterius et de Diodore de Tarse, le maître de l'école exégétique d'Antioche.

Six ans d'ascèse : communauté puis ermitage

Après quatre ans de vie commune sous la conduite d'un ancien moine syrien, plus radical encore, il se retire seul pendant deux ans dans une caverne, vivant sans presque dormir, debout, apprenant par cœur les Écritures. L'excès d'austérité ruine définitivement son estomac et ses reins : ces infirmités, contractées dans sa jeunesse, le tourmenteront toute sa vie et hâteront sa mort en exil[24]. Il revient à Antioche, non par défaite, mais parce que la santé brisée lui interdit la solitude — Providence qui rend à l'Église le plus grand de ses orateurs.

Le prêtre d'Antioche : douze ans de prédication

Diacre puis prêtre

Ordonné diacre en 381 par Mélèce, puis prêtre en 386 par l'évêque Flavien, Jean entre dans la période la plus féconde de sa vie. Pendant douze ans (386-398), il prêche presque chaque jour dans la grande église d'Antioche, devant des foules qui l'interrompent d'applaudissements — qu'il leur reproche, car il ne veut pas d'acclamations mais des conversions[25].

Les Homélies sur les Statues (387)

Au carême de 387, une révolte fiscale embrase Antioche : la populace renverse et traîne dans la boue les statues de l'empereur Théodose et de la famille impériale. Le crime de lèse-majesté pouvait coûter à la ville sa destruction. Tandis que le vieil évêque Flavien court à Constantinople implorer la clémence impériale, le jeune prêtre Jean monte chaque jour en chaire : ses vingt et une Homélies sur les Statues consolent, exhortent à la pénitence et tiennent la cité en haleine jusqu'au pardon de l'empereur[26]. C'est le premier grand triomphe de sa parole : une ville sauvée par un sermon.

Sur le sacerdoce

C'est aussi de ces années que date son traité le plus célèbre, le Dialogue sur le sacerdoce (vers 386-387), six livres en forme d'entretien avec un ami de jeunesse nommé Basile — à ne pas confondre avec saint Basile le Grand[27]. Jean y explique par quelle « sainte ruse » il fit ordonner son ami évêque tout en se dérobant lui-même, se jugeant indigne d'une charge dont il décrit la grandeur vertigineuse. Le traité est resté le manuel classique de la dignité et des devoirs du prêtre, lu et médité pendant seize siècles[28].

« Le sacerdoce s'accomplit sur la terre, mais il appartient à l'ordre des choses célestes ; et c'est très justement, car ni un homme, ni un ange, ni un archange, ni aucune puissance créée, mais le Paraclet lui-même a institué ce ministère. » — Saint Jean Chrysostome, Sur le sacerdoce, Livre III[29]

L'archevêque de Constantinople (398-404)

Une élévation imposée

À la mort de l'archevêque Nectaire, le ministre Eutrope suggère à l'empereur Arcadius d'appeler à Constantinople le célèbre prédicateur d'Antioche. Pour éviter une émeute populaire — Antioche n'aurait jamais laissé partir son Jean —, on l'enlève secrètement de la ville. Il est sacré évêque de la capitale le 26 février 398 par Théophile d'Alexandrie, qui briguait pourtant le siège pour son propre candidat et lui en gardera une rancune mortelle[30].

Le réformateur

Devenu pasteur de la cour et de l'Empire, Jean reste le moine d'Antioche. Il réforme le clergé, supprime les banquets de l'évêché, renvoie les moines vagabonds dans leurs monastères, encadre les veuves et les diaconesses, vend le mobilier de luxe de l'archevêché pour bâtir des hôpitaux et nourrir les indigents[31]. Sa prédication s'attaque sans ménagement au faste des riches, à l'avarice, à la vanité des femmes de la cour. Le peuple l'adore ; les puissants le haïssent.

« Veux-tu honorer le corps du Christ ? Ne le méprise pas lorsqu'il est nu. Ne l'honore pas ici, dans l'église, avec des étoffes de soie, pour le négliger dehors, où il souffre du froid et de la nudité. » — Saint Jean Chrysostome, Homélies sur l'évangile de saint Matthieu, Homélie 50[32]

Eudoxie et Théophile : la cabale

Schéma explicatif — Eudoxie, Théophile d'Alexandrie, Rome et le peuple fidèle dans la crise de 403-404. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Deux ennemis se liguent. L'impératrice Eudoxie, épouse d'Arcadius, se croit visée par les sermons de l'évêque contre le luxe et la cupidité féminine. Le patriarche Théophile d'Alexandrie, jaloux et habile, voit l'occasion d'abattre un rival. Le prétexte vient de l'affaire des moines « Grands Frères » d'Égypte, réfugiés à Constantinople, que Jean accueille charitablement : Théophile retourne l'accusation et fait convoquer un synode pour juger… non lui-même, mais Chrysostome[33].

Le Synode du Chêne (403)

En 403, Théophile réunit près de Chalcédoine, dans une villa nommée « epi dryn » (« au Chêne »), un synode d'évêques hostiles. Jean, refusant de reconnaître la légitimité d'une assemblée présidée par son accusateur, ne s'y présente pas ; il est déposé par contumace sur des chefs d'accusation futiles. Conduit à l'exil, il en est rappelé presque aussitôt : un tremblement de terre secoue la nuit même le palais, et Eudoxie, terrifiée, supplie l'empereur de le faire revenir. Le peuple le ramène en triomphe[34].

La rupture définitive et le second exil (404)

La réconciliation est brève. Quelques mois plus tard, les fêtes bruyantes données pour l'inauguration d'une statue d'argent d'Eudoxie, dressée près de Sainte-Sophie, troublent les offices. Jean proteste du haut de la chaire ; une parole, peut-être déformée, est rapportée à l'impératrice comme une insulte. La cour rompt. En juin 404, un décret impérial le bannit définitivement ; conduit sous escorte, il quitte Constantinople pour l'exil. Le soir même de son départ, un immense incendie ravage la cathédrale et le palais du sénat — catastrophe dont ses partisans, les « johannites », seront injustement accusés[35].

L'exil et la mort (404-407)

Cucuse et les lettres

Jean est conduit à Cucuse, bourg perdu de la frontière arménienne, puis, pour fuir les incursions des Isauriens, au château d'Arabissus. Malgré la maladie, le froid et la solitude, il continue de gouverner par lettres : on conserve environ 238 de ses missives, dont dix-sept à la diaconesse Olympias, sa fidèle amie, modèles de force d'âme et de tendresse spirituelle[36]. Le pape Innocent Ier et l'empereur d'Occident Honorius plaident pour sa réhabilitation, sans succès.

« Aucune chose n'est vraiment terrible, sinon le péché seul ; ni la pauvreté, ni la maladie, ni l'outrage, ni la calomnie, ni l'exil. Pour qui vit dans la vertu, rien de tout cela ne saurait nuire. » — Saint Jean Chrysostome, Lettre à Olympias (sur ce sujet : que nul ne peut nuire à celui qui ne se nuit à lui-même)[37]

Comana : « Gloire à Dieu pour toutes choses »

À l'été 407, la cour ordonne de le transférer à Pityonte, à l'extrémité du Caucase — un véritable arrêt de mort pour un homme épuisé. Traîné à pied sous le soleil et la pluie par une escorte brutale, il s'effondre à Comana du Pont. Revêtu de vêtements blancs, communié une dernière fois, il rend l'âme le 14 septembre 407 en prononçant les paroles qui résument sa vie : « Gloire à Dieu pour toutes choses »[38].

Le retour des reliques (438)

L'histoire fit justice. Trente ans plus tard, le 27 janvier 438, sous l'empereur Théodose II, fils d'Eudoxie, les reliques de Jean rentrèrent solennellement à Constantinople, accueillies par une foule immense, et furent déposées dans l'église des Saints-Apôtres. L'empereur, prosterné sur le cercueil, implora le pardon de Dieu pour les fautes de ses parents. L'Église d'Orient avait réhabilité son docteur[39].

L'œuvre : le plus grand corpus de l'Antiquité chrétienne

Le prédicateur « Bouche d'or »

Schéma explicatif — les grands ensembles de l'œuvre de Chrysostome : sacerdoce, Écriture, saint Paul, homélies de crise, lettres et liturgie. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Aucun Père n'a laissé autant d'homélies. Chrysostome a commenté, verset par verset, des livres entiers de l'Écriture : 67 homélies sur la Genèse, 59 sur les Psaumes, 90 sur saint Matthieu, 88 sur saint Jean, 55 sur les Actes, et des séries sur toutes les épîtres de saint Paul, son auteur préféré, qu'il commente avec une ferveur d'amoureux[40]. À ces commentaires s'ajoutent des sermons de circonstance, des traités ascétiques, des catéchèses baptismales et près de 240 lettres.

L'exégèse d'Antioche

Élève de Diodore de Tarse, Jean appartient à l'école exégétique d'Antioche, qui privilégie le sens littéral et historique du texte sacré contre les allégorisations excessives de l'école d'Alexandrie. Mais il n'exclut jamais le sens spirituel quand « l'auteur inspiré lui-même le suggère »[41]. Sa lecture est concrète, morale, brûlante d'application pratique : il ne sépare jamais l'explication du verset de l'exhortation à la sainteté.

DomaineŒuvres principalesApport
SacerdoceDialogue sur le sacerdoce (6 livres)Le manuel classique de la dignité et des devoirs du prêtre
ExégèseHomélies sur la Genèse, les Psaumes, Matthieu, Jean, les Actes, saint PaulLe plus vaste commentaire biblique patristique, d'esprit antiochien
CirconstanceHomélies sur les Statues (387)Modèle de prédication pastorale en temps de crise
Doctrine socialeHomélies sur Lazare, Sur l'aumôneLa destination universelle des biens, le pauvre comme « autel »
LiturgieLiturgie de saint Jean ChrysostomeLa messe ordinaire du rite byzantin
PâquesHomélie pascale (catéchèse)Proclamation annuelle de la victoire sur la mort en Orient

La Liturgie de saint Jean Chrysostome

Page d'un manuscrit géorgien de la Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome, Xe siècle. Source : Wikimedia Commons / The Georgian Manuscript, domaine public.

Son nom est attaché à la Divine Liturgie la plus célébrée du rite byzantin, messe ordinaire de l'immense majorité des Églises orthodoxes et catholiques orientales. La critique reconnaît que Jean n'a sans doute pas composé de toutes pièces le texte transmis, mais qu'il a remanié et fixé une anaphore antiochienne plus ancienne ; le noyau des grandes prières lui est rattaché depuis l'Antiquité[42].

L'Homélie pascale

Chaque année, au matin de Pâques, les Églises de rite byzantin lisent, debout, la brève et fulgurante Homélie catéchétique attribuée à Chrysostome. Elle invite riches et pauvres, jeûneurs fervents et tièdes de la onzième heure, à entrer ensemble dans la joie du Ressuscité, et s'achève sur le triomphe du Christ aux enfers[43].

« Que celui qui est arrivé à la onzième heure ne craigne pas d'avoir tardé... Que nul ne pleure sa pauvreté, car le Royaume commun est apparu. Que nul ne déplore ses péchés, car le pardon s'est levé du tombeau. » — Saint Jean Chrysostome, Homélie pascale[44]

« Ô mort, où est ton aiguillon ? Ô enfer, où est ta victoire ? Le Christ est ressuscité, et tu es renversé. Le Christ est ressuscité, et les démons sont tombés. » — Saint Jean Chrysostome, Homélie pascale[45]

La doctrine : Eucharistie, pauvres et vérité

La présence réelle et l'autel

Schéma explicatif — l'autel comme lieu où Chrysostome contemple le mystère du ciel. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Chrysostome est l'un des témoins patristiques les plus explicites de la présence réelle : ses expressions sur le changement opéré par les paroles du prêtre équivalent à la doctrine de la transsubstantiation[46]. Sa description de la liturgie est restée fameuse : devant l'autel, ce n'est plus la terre, mais le ciel qui s'ouvre.

« Quand tu vois le Seigneur immolé et étendu sur l'autel, le prêtre penché sur la victime et priant, et tous les fidèles empourprés de ce sang précieux, crois-tu encore être parmi les hommes, et même sur la terre ? N'es-tu pas plutôt transporté dans les cieux ? » — Saint Jean Chrysostome, Sur le sacerdoce, Livre III[47]

L'autre autel : le pauvre

Schéma explicatif — chez Chrysostome, l'adoration du Christ à l'autel conduit au service du Christ dans le pauvre. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Mais la même intelligence qui contemple le Christ sur l'autel le reconnaît dans le mendiant. Pour Chrysostome, l'Eucharistie et la charité sont indissociables (le titre de « Jean l'Aumônier » appartient en propre à un autre saint : Jean le Miséricordieux, patriarche d'Alexandrie de 606 à 616) : on ne peut adorer le Corps du Christ sous le pain et le mépriser dans le pauvre qui grelotte à la porte de l'église[48]. C'est l'un des sommets de la doctrine sociale patristique : les biens ne sont pas absolument nôtres ; ne pas partager, c'est voler.

« Refuser aux pauvres une part de nos propres biens, c'est les frustrer, c'est leur enlever leur vie : les biens dont nous sommes détenteurs ne sont pas seulement à nous, mais aussi à eux. » — Saint Jean Chrysostome, Homélies sur Lazare[49]

« C'est aussi un vol que de ne pas faire l'aumône avec ses biens. » — Saint Jean Chrysostome, Homélies sur Lazare[50]

Ce langage, d'une audace évangélique radicale, n'est pas un appel à la révolte mais à la conversion du cœur : Chrysostome ne nie pas le droit de propriété, il rappelle que tout don vient de Dieu et que la richesse n'est légitime que partagée. La doctrine sociale de l'Église, jusqu'à Rerum novarum et au Catéchisme, n'a fait que prolonger cette intuition de la destination universelle des biens.

La défense de la vérité

Pasteur, Chrysostome est aussi gardien de la foi. Il combat l'arianisme encore vivace. En 386-387, dans huit Discours contre les Judaïsants, il s'en prend avec une extrême violence verbale aux chrétiens d'Antioche qui fréquentaient les fêtes et les synagogues juives[51]. L'objection est grave : lues hors contexte, ces pages ont servi à nourrir l'antisémitisme des siècles suivants. La réponse tient à la cible et au genre : ces sermons visent des chrétiens à retenir dans l'Église, non à haïr les Juifs comme peuple, et relèvent du psogos, l'invective rhétorique conventionnelle de l'Antiquité — ce qui n'enlève rien à leur dureté, que l'Église d'aujourd'hui, depuis Nostra aetate, réprouve dans tout usage antijuif. Chrysostome affirme par ailleurs l'autorité de la Tradition et l'unité de l'Église, « une par l'unité de sa doctrine » et « unique épouse du Christ répandue par toute la terre »[52]. Invoqué dès le concile d'Éphèse (431) par saint Cyrille comme par les Antiochiens, cité par le deuxième concile de Nicée (787) en faveur des images, il fait autorité dans tout l'épiscopat.

Le Docteur et le culte

Les Trois Saints Hiérarques

Schéma explicatif — les Trois Saints Hiérarques : Basile l'organisateur, Grégoire le Théologien et Chrysostome la Bouche d'or. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'Orient a voulu mettre fin aux querelles entre les partisans des trois plus grands docteurs grecs en instituant, à Constantinople vers 1084, la fête commune des Trois Saints Hiérarques — Basile le Grand, Grégoire le Théologien et Jean Chrysostome —, célébrée le 30 janvier. Trois génies complémentaires : Basile l'organisateur, Grégoire le contemplatif, Jean le prédicateur et le pasteur[53].

Quatre Docteurs grecs, patron des prédicateurs

L'Occident le range parmi les quatre grands Docteurs de l'Église grecque, avec Athanase, Basile et Grégoire de Nazianze. En 1908, le pape saint Pie X le déclara patron céleste des prédicateurs sacrés — consécration de celui qui fut, de l'avis unanime, le plus grand orateur chrétien de tous les temps[54].

TitreReconnaissanceSens
Saint HiérarqueOrient, fête le 30 janvier (avec Basile et Grégoire de Nazianze)L'un des trois grands évêques-docteurs grecs
Docteur de l'ÉgliseOccident, l'un des quatre grands Docteurs grecsSûreté et fécondité de sa doctrine
Patron des prédicateursSaint Pie X, 1908Modèle de la prédication chrétienne
« Bouche d'or »Tradition, depuis le VIe siècleL'éloquence au service de l'Évangile

Fêtes liturgiques

Schéma explicatif — culte oriental et occidental de Chrysostome, liturgie byzantine, patronage des prédicateurs et retour des reliques. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Dans le calendrier romain, sa fête, longtemps fixée au 27 janvier (anniversaire de la translation des reliques), a été reportée en 1969 au 13 septembre, veille de l'anniversaire de sa mort (le 14 étant occupé par la Croix glorieuse). Le rite byzantin l'honore le 13 novembre, le 27 janvier (translation) et le 30 janvier avec les Trois Hiérarques[55].

Pourquoi lire saint Jean Chrysostome aujourd'hui ?

À seize siècles de distance, la figure de Chrysostome reste d'une brûlante actualité. Il enseigne d'abord que la parole chrétienne ne doit jamais se renier pour plaire. Le plus grand orateur de l'Antiquité n'a pas flatté la cour : il a préféré l'exil et la mort au silence. À une époque où l'on attend de l'Église qu'elle adoucisse son message, Chrysostome rappelle qu'aimer les âmes, c'est leur dire la vérité.

Il rappelle ensuite que la liturgie et la charité ne font qu'un. Le théologien de la présence réelle est aussi le défenseur des pauvres : adorer le Christ à l'autel et le servir dans le mendiant sont, chez lui, le même acte d'amour. Son cri — « les biens dont nous sommes détenteurs ne sont pas seulement à nous, mais aussi à eux » — fonde toute la doctrine sociale catholique.

Il rappelle enfin que la souffrance injuste peut devenir louange. Trahi, calomnié, déposé, banni, traîné à la mort sur les chemins du Pont, il n'a laissé qu'une parole, et ce fut une action de grâces. Là est le secret de sa sainteté : non pas l'absence d'épreuve, mais la capacité de tout rapporter à Dieu.

« Gloire à Dieu pour toutes choses. » — Cette dernière parole, murmurée à Comana par un mourant trahi par les puissants de la terre, résume une vie entière : celle d'un homme qui avait reçu le génie de la parole et l'a rendu, jusqu'au bout, à Celui qui le lui avait donné.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Catholic Encyclopedia, article « St. John Chrysostom », newadvent.org/cathen/08452b.htm : naissance vers 349 à Antioche (l'édition de 1908 donnait 347 ; la recherche récente — J. N. D. Kelly, Golden Mouth, 1995 — retient vers 349, date ici unifiée partout) ; père Secundus, officier de l'armée de Syrie mort peu après la naissance ; mère Anthuse veuve à vingt ans ; études sous Andragatius et Libanios, « the most famous orator of that period » ; rencontre de l'évêque Mélèce vers 367, baptême vers 370, institué lecteur ; communauté ascétique sous Carterius et Diodore de Tarse ; environ six ans d'ascèse dans les montagnes près d'Antioche — quatre en communauté, puis deux seul dans une grotte —, santé ruinée ; diacre en 381 par Mélèce, prêtre en 386 par Flavien ; « period of greatest theological productivity » (386-398) ; sacré évêque de Constantinople le 26 février 398 par Théophile d'Alexandrie, sur l'initiative du ministre Eutrope ; réforme du clergé, suppression des banquets, hôpital pour les pauvres ; conflit avec Eudoxie et Théophile ; Synode du Chêne (403), déposition, rappel ; bannissement par décret impérial en juin 404, conduite en exil le 24 juin 404 (certaines chronologies retiennent le 20 juin pour le départ) ; incendie de la cathédrale ; Cucuse, Arabissus ; ordre de transfert à Pityonte ; mort à Comana le 14 septembre 407 ; dernières paroles « Doxa to theo panton eneken » ; translation des reliques le 27 janvier 438 ; exégèse antiochienne « grammatico-historical method » ; présence réelle « equivalent to the doctrine of transubstantiation » ; autorité de la Tradition ; « the most prominent doctor of the Greek Church and the greatest preacher ever heard in a Christian pulpit » ; environ 238 lettres dont 17 à Olympias (chiffres du corpus cités d'après cette même notice, collation à la page exacte des éditions critiques restant à faire — cf. constat n° 10).

    1 4 8 9 10 13 16 18 22 23 24 25 30 31 35 40 41 46 52
  2. Le surnom Chrysostome (grec Chrysostomos, « bouche d'or ») n'est pas employé de son vivant ; selon Schaff (NPNF1-09, Prolegomena : « admiring posterity, since the close of the fifth century, has given him the surname Chrysostom »), la postérité admirative le lui donne depuis la fin du Ve siècle, et l'usage devient universel au VIe siècle. Il salue l'éloquence du saint, jugée sans égale dans l'Église grecque. La formulation antérieure (« dès le concile de 553 », « Constitutio du pape Vigile ») est retirée : un constitut pontifical, même daté de 553, n'est pas un acte conciliaire, et sa qualité de première attestation n'a pu être vérifiée à la source.

    2
  3. Sur Anthuse, mère de Jean : veuve à vingt ans, elle refuse de se remarier et se consacre à l'éducation de son fils. Chrysostome rapporte lui-même son influence dans Sur le sacerdoce (Livre I), où la supplication maternelle est l'un des motifs de son refus initial du ministère. Le mot prêté à Libanios — « Quelles femmes il y a chez les chrétiens ! » — est rapporté par la tradition (Sur le sacerdoce, I, 5 ; cf. Catholic Encyclopedia).

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  4. Doctorat et culte : Jean Chrysostome est l'un des quatre grands Docteurs de l'Église grecque (avec Athanase, Basile et Grégoire de Nazianze). Le pape saint Pie X le déclare patron des prédicateurs sacrés en 1908 (et non 1909 comme l'indiquait la version antérieure : Wikipedia, « In 1908 Pope Pius X named him the patron saint of preachers » ; corroboré par Christianity Today et le New Liturgical Movement). Au calendrier romain, sa fête, autrefois au 27 janvier (translation des reliques), est fixée depuis 1969 au 13 septembre (le 14 étant la Croix glorieuse) ; le rite byzantin le célèbre le 13 novembre, le 27 janvier et le 30 janvier (Trois Hiérarques). Cf. Britannica, « St. John Chrysostom » ; Catholic Encyclopedia, « Doctors of the Church ».

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  5. Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome : anaphore la plus célébrée du rite byzantin, messe ordinaire de la majorité des Églises orthodoxes et catholiques orientales (la Liturgie de saint Basile lui étant réservée à une dizaine de jours par an). La critique estime que Jean a remanié et fixé une anaphore antiochienne antérieure plutôt que composé le texte de toutes pièces, mais le noyau lui est attribué depuis l'Antiquité. Cf. Catholic Encyclopedia, « Liturgy of St. John Chrysostom » ; « St. John Chrysostom ».

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  6. Saint Jean Chrysostome, Dialogue sur le sacerdoce (De Sacerdotio, six livres, vers 386-387), texte intégral consulté sur jesusmarie.com (bibliothèque locale Benoît) : entretien avec un ami de jeunesse nommé Basile — à ne pas confondre avec Basile le Grand, de dix-huit ans l'aîné de Jean et mort en 379 (Schaff, NPNF1-09 : Socrate et Kurtz « confound this Basil with Basil the Great ») ; peut-être le futur évêque de Raphanea en Syrie, près d'Antioche, présent au concile de Constantinople en 381 (hypothèse de Baronius et Montfaucon reprise par Schaff) — sur la « sainte ruse » par laquelle Jean fit ordonner son ami évêque en se dérobant lui-même ; grandeur et périls du ministère ; le sacerdoce « s'accomplit sur la terre mais appartient à l'ordre des choses célestes », institué par le Paraclet ; description de l'autel (Livre III) : « Quand tu vois le Seigneur immolé et étendu sur l'autel, le prêtre penché sur la victime et priant, et tous les fidèles empourprés de ce sang précieux, crois-tu encore être parmi les hommes ? » ; thèse du Livre II : le sacerdoce comme plus grande preuve d'amour envers le Christ (intitulé de chapitre, non phrase verbatim). Trad. fr. jesusmarie.com d'après l'édition de référence ; cf. Sources Chrétiennes 272.

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  7. Saint Jean Chrysostome, Homélies sur les Statues (Ad populum Antiochenum de statuis, vingt et une homélies, carême 387) : prononcées après la sédition d'Antioche, où la foule renversa les statues de l'empereur Théodose et de la famille impériale, crime de lèse-majesté passible de la destruction de la ville ; pendant que l'évêque Flavien plaide à Constantinople, Jean console et exhorte la cité jusqu'au pardon impérial. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. John Chrysostom » ; éd. NPNF1-9.

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  8. Le Synode du Chêne (epi dryn, 403), tenu dans une villa près de Chalcédoine sous la présidence de Théophile d'Alexandrie : prétexte de l'accueil par Chrysostome des moines « Grands Frères » d'Égypte ; Jean, refusant de comparaître devant un tribunal présidé par son accusateur, est déposé par contumace sur des chefs futiles ; conduit à l'exil, il est rappelé après qu'un tremblement de terre eut effrayé Eudoxie. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. John Chrysostom » ; Palladios, Dialogue sur la vie de Jean Chrysostome.

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  9. Sainte Olympias, diaconesse de Constantinople (vers 368-408), amie fidèle et soutien de Chrysostome : il lui adresse depuis l'exil dix-sept lettres, dont le traité Que nul ne peut nuire à celui qui ne se nuit à lui-même, sur l'inutilité de la crainte pour qui vit dans la vertu. Source : Lettres à Olympias (Sources Chrétiennes 13bis) ; Catholic Encyclopedia, « St. John Chrysostom ».

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  10. La mort à Comana du Pont (14 septembre 407) : épuisé par une marche forcée vers Pityonte, sur le Caucase, Jean s'effondre à Comana ; revêtu de vêtements blancs et communié, il meurt en disant « Gloire à Dieu pour toutes choses » (Doxa tô Theô pantôn héneken). Récit transmis par Palladios d'Hélénopolis, Dialogue sur la vie de saint Jean Chrysostome ; cf. Catholic Encyclopedia.

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  11. Saint Jean Chrysostome, Homélies sur l'évangile de saint Matthieu, Homélie 50 (al. 51), §3-4 : célèbre rapprochement de l'autel eucharistique et du « corps du Christ » dans le pauvre — « Veux-tu honorer le corps du Christ ? Ne le méprise pas lorsqu'il est nu » ; l'aumône au pauvre est honorée à l'égal du culte rendu à l'autel. Source de la doctrine du « sacrement du frère ». Trad. d'après PG 58 ; éd. NPNF1-10.

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  12. Translation des reliques : le 27 janvier 438, sous l'empereur Théodose II, fils d'Eudoxie, les reliques de Jean rentrent solennellement à Constantinople et sont déposées dans l'église des Saints-Apôtres ; l'empereur implore publiquement le pardon de Dieu pour les fautes de ses parents. Cette date est longtemps restée celle de sa fête au calendrier romain. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. John Chrysostom » ; Britannica, « St. John Chrysostom ».

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  13. Homélie pascale (catéchèse) attribuée à saint Jean Chrysostome (Catechetica oratio, grec katêchêtikos logos) : lue à haute voix, debout, au matin du dimanche de Pâques dans les Églises de rite byzantin (orthodoxes et catholiques orientales) ; invite l'ouvrier de la onzième heure à entrer dans la joie au même titre que le premier ; « Que nul ne pleure sa pauvreté, car le Royaume commun est apparu » ; finale sur la victoire du Christ aux enfers : « Ô mort, où est ton aiguillon ? Ô enfer, où est ta victoire ? ». Texte établi d'après la tradition liturgique byzantine ; cf. fr.wikipedia.org, « Homélie pascale de Jean Chrysostome » ; Michel Aubineau, Les homélies pascales de saint Jean Chrysostome.

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  14. Saint Jean Chrysostome, Homélies sur Lazare (sur la parabole du mauvais riche et de Lazare, Lc 16), II et IV, texte fr. consulté sur fr.wikisource.org : « Refuser aux pauvres une part de nos propres biens, c'est les frustrer, c'est leur enlever leur vie : les biens dont nous sommes détenteurs ne sont pas seulement à nous, mais aussi à eux » ; « C'est aussi un vol que de ne pas faire l'aumône avec ses biens » ; « ce personnage n'était pas soumis aux tourments parce qu'il avait été riche, mais parce qu'il n'avait pas été compatissant ». Principe de la destination universelle des biens. Trad. d'après l'édition Bareille / PG 48 ; cf. Sources Chrétiennes 71 (La Richesse et la Pauvreté).

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  15. Les huit Discours contre les Judaïsants (Adversus Judaeos, 386-387) : sermons adressés aux chrétiens d'Antioche qui prenaient part aux fêtes et observances juives ; forme du psogos, l'invective rhétorique conventionnelle. Sur le contexte et la portée, cf. la synthèse historiographique courante (Wikipedia, « Adversus Judaeos ») et Nostra aetate (Vatican II) pour la condamnation de l'antisémitisme par l'Église.

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  16. Les Trois Saints Hiérarques : fête instituée à Constantinople vers 1084 (sous l'empereur Alexis Ier Comnène) pour mettre fin aux querelles entre partisans de Basile le Grand, Grégoire le Théologien (de Nazianze) et Jean Chrysostome ; célébrée le 30 janvier dans le rite byzantin. Cf. Britannica ; ménologe byzantin.

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