Concile de Constantinople I (381)

Le concile de Constantinople I, réuni en 381, confirme Nicée et donne au Credo sa forme classique en confessant pleinement la divinité de l'Esprit-Saint.

Ignispedia

Le concile de Constantinople I est le deuxième concile œcuménique de l'Église. Réuni en 381 sous l'empereur Théodose Iᵉʳ, il confirme Nicée, condamne les hérésies trinitaires tardives et donne au Credo sa forme liturgique classique.

Son apport décisif concerne l'Esprit-Saint : le concile le confesse comme Seigneur, qui donne la vie, adoré et glorifié avec le Père et le Fils. La foi chrétienne ne se réduit donc pas à un monothéisme vague ; elle professe un seul Dieu en trois Personnes.

Constantinople I marque aussi une étape ecclésiologique majeure. Son canon 3 accorde à l'évêque de Constantinople le second rang d'honneur après Rome, parce que la ville est la "Nouvelle Rome" ; cette décision deviendra l'un des points sensibles de l'histoire des relations entre Orient et Occident.

Pourquoi Constantinople I était-il nécessaire ?

Après Nicée, l'arianisme n'a pas disparu

Le concile de Nicée I avait défini en 325 que le Fils est consubstantiel au Père. Pourtant, le IVᵉ siècle ne fut pas une ligne droite allant tranquillement de Nicée à la paix doctrinale. Sous Constance II et Valens, plusieurs formules de compromis ou d'évitement furent promues : certaines parlaient seulement d'un Fils "semblable" au Père, d'autres refusaient le vocabulaire de l'ousia (l'être même de Dieu, ce que Dieu est) et tentaient de vider le mot homoousios (« de même être », c'est-à-dire consubstantiel) de sa force anti-arienne.[1]

En 379, quand Théodose devient empereur d'Orient, Constantinople sort de décennies de domination arienne. Socrate le Scolastique rapporte que les ariens avaient tenu les églises de la capitale pendant quarante ans avant d'en être expulsés sous Théodose, le 26 novembre 380.[2] Le concile de 381 ne naît donc pas dans un laboratoire théologique : il répond à une capitale ecclésiale à reprendre, à des communautés divisées et à une foi nicéenne encore contestée.

La crise porte désormais sur l'Esprit-Saint

La question la plus neuve n'est pas seulement christologique. Les adversaires appelés pneumatomaques ou macédoniens acceptent parfois une haute doctrine du Fils, mais refusent de confesser pleinement la divinité de l'Esprit-Saint. Leur position permet de dire que l'Esprit est saint, envoyé, actif dans l'Église, sans le reconnaître comme une Personne divine recevant avec le Père et le Fils la même adoration.[3]

La réponse de Constantinople est donc ciblée. Nicée disait simplement : "Et au Saint-Esprit". Constantinople développe cette ligne en une confession liturgique complète : l'Esprit est "Seigneur", il "donne la vie", il "procède du Père", il est "adoré et glorifié" avec le Père et le Fils, et il "a parlé par les prophètes".[4]

« Je crois en l'Esprit-Saint, qui est Seigneur et qui donne la vie. » — Symbole de Constantinople, 381[5]

Constantinople I : le concile confirme Nicée, confesse l'Esprit-Saint comme Seigneur et donne au Credo sa forme liturgique classique. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Cette phrase est théologiquement explosive. Dans la Bible grecque, Kyrios est un titre divin ; donner la vie est une œuvre propre de Dieu ; recevoir l'adoration avec le Père et le Fils exclut que l'Esprit soit une créature sublime.

L'édit de Thessalonique prépare le cadre politique

Le 27 février 380, Théodose, Gratien et Valentinien II publient l'édit Cunctos populos, souvent appelé édit de Thessalonique. Le texte ne convertit pas mécaniquement tous les habitants de l'Empire, mais il définit juridiquement comme "catholiques" ceux qui tiennent la foi transmise par l'apôtre Pierre et professée par les évêques de Rome et d'Alexandrie.[6]

Monnaie romaine de Théodose Iᵉʳ. Son règne donne à la foi nicéenne un cadre politique nouveau en Orient. Photo Wikimedia Commons.

L'année suivante, Théodose convoque une assemblée d'évêques orientaux pour stabiliser la capitale, réaffirmer Nicée et tenter de rallier les macédoniens. Socrate dit explicitement que l'empereur invite aussi les chefs de ce parti, espérant les gagner à la foi nicéenne.[7]

Où et quand le concile s'est-il réuni ?

Une assemblée orientale à Constantinople

Les actes complets du concile sont perdus. Les historiens le reconstruisent par ses canons, par la lettre synodale de 382, par les récits de Socrate, Sozomène et Théodoret, et par la réception de Chalcédoine en 451.[8] Les données convergent : l'assemblée se tient à Constantinople de mai à juillet 381, sous l'autorité impériale de Théodose, avec environ 150 évêques nicéens venus surtout de Thrace, d'Asie Mineure, de Syrie-Palestine et d'Égypte, auxquels s'ajoutent 36 macédoniens invités par l'empereur.[9][10]

Intérieur de Sainte-Irène à Istanbul. Le concile de 381 est traditionnellement associé à cette église de Constantinople. Photo Wikimedia Commons.

Le lieu traditionnel est Sainte-Irène, première grande église de Constantinople avant Sainte-Sophie. La forme actuelle de l'édifice a été remaniée après les destructions et reconstructions byzantines, mais le site garde la mémoire d'une ville où la foi de Nicée redevient publiquement normative.[11]

Pourquoi aucun légat romain n'est présent ?

Constantinople I n'est pas un concile "romain" au sens logistique : aucun évêque occidental ni légat pontifical n'y siège. Cela explique une réception progressive en Occident, surtout pour les canons disciplinaires. L'enseignement dogmatique, en revanche, sera reçu comme l'expression de la foi commune, au point que le concile de Chalcédoine appellera le Credo de 381 la foi des 150 Pères.[12]

Cette nuance évite deux simplifications. Il est faux de dire que Rome aurait immédiatement tout ratifié sans réserve ; il est tout aussi faux de faire de Constantinople I un simple synode local sans portée dogmatique. Sa reconnaissance œcuménique se lit dans la réception ultérieure de l'Église, spécialement à Chalcédoine, puis dans l'usage liturgique universel du Symbole.[13]

Qui sont les acteurs principaux ?

Mélèce d'Antioche, premier président

Mélèce d'Antioche arrive à Constantinople comme figure de paix dans une Église orientale encore déchirée par les suites de l'arianisme. Théodoret raconte que Théodose l'accueillit avec une affection presque filiale, voyant en lui le père spirituel qu'il avait aperçu en songe.[14]

La mort de Mélèce pendant le concile provoque une rupture de présidence et ravive le problème antiochien. Au lieu de résoudre immédiatement le schisme entre les partisans de Paulin et ceux de Mélèce, l'assemblée laisse ensuite s'installer Flavien, ce qui continuera de tendre les rapports avec Rome et Alexandrie.[15]

Grégoire de Nazianze, le théologien qui se retire

Saint Grégoire de Nazianze arrive à Constantinople avant le concile dans une situation presque impossible : la communauté nicéenne est minoritaire, les ariens dominent les édifices, et sa petite chapelle de l'Anastasia devient le centre d'une reconquête doctrinale par la prédication. Ses Discours théologiques donnent l'une des plus hautes synthèses de la foi trinitaire avant la définition conciliaire.[16]

Mais sa position canonique est contestée : il a déjà été ordonné pour Sasimes, et ses adversaires invoquent les canons contre les translations épiscopales. Grégoire préfère se retirer plutôt que devenir un prétexte de division. Le texte dit « d'adieu » (Discours 42, intitulé « Dernier adieu en présence des 150 évêques » dans l'ancienne édition) est l'un des grands textes spirituels du IVᵉ siècle ; mais ce titre traditionnel ne règle pas la question historique de sa prononciation : l'édition critique de Jean Bernardi (SC 384) soutient une composition ultérieure retravaillée, sans prononciation telle quelle devant le concile.[17]

Saint Grégoire de Nazianze, appelé le Théologien, joua un rôle doctrinal majeur avant et pendant le concile, puis se retira pour préserver la paix. Icône Wikimedia Commons.

Après sa retraite, Grégoire compare lui-même son geste à celui de Jonas, se jetant volontairement à la mer pour que la tempête cesse et que les marins soient sauvés.[18]

Nectaire, un choix inattendu

Après la démission de Grégoire, le concile choisit Nectaire comme évêque de Constantinople. Le choix surprend les sources anciennes : Nectaire est un haut fonctionnaire originaire de Tarse, réputé pour sa dignité et sa douceur, mais il n'est pas encore baptisé au moment où son nom surgit.[19]

Socrate rapporte qu'il est élu par le peuple puis ordonné par les 150 évêques présents. Cette élection illustre la transition de Constantinople : la capitale impériale devient un siège ecclésiastique majeur, mais ses institutions restent en formation, et les équilibres entre peuple, évêques et empereur sont encore très mouvants.[20]

Que définit le concile sur la Trinité ?

Le Symbole de Nicée-Constantinople

Le texte récité aujourd'hui à la messe dominicale est communément appelé Credo de Nicée-Constantinople. Il ne reproduit pas simplement le symbole de 325 : il reprend sa structure, développe certaines lignes christologiques et donne à l'article sur l'Esprit-Saint une densité nouvelle.[21]

La tradition savante discute le processus exact de composition : le texte de 381 est connu avec certitude par sa réception à Chalcédoine en 451 ; il peut intégrer une forme baptismale de Constantinople ou une tradition proche du symbole de Jérusalem. Mais pour la réception ecclésiale, le fait décisif demeure : Chalcédoine associe ce symbole aux 150 Pères, et la liturgie chrétienne en a fait la confession ordinaire de la foi trinitaire.[22]

« Avec le Père et le Fils, il reçoit même adoration et même gloire. » — Symbole de Constantinople, 381[23]

Pourquoi le mot "Seigneur" est décisif

Dire que l'Esprit-Saint est Seigneur ne signifie pas seulement qu'il est puissant ou mandaté. Dans la langue biblique et liturgique, le titre renvoie au Dieu vivant. Le concile refuse donc une pneumatologie (la doctrine sur l'Esprit-Saint) où l'Esprit serait une énergie impersonnelle, un ange supérieur, une créature sanctifiante ou une simple modalité d'action divine.[24]

Le Catéchisme de l'Église catholique résume cette réception en une phrase : la foi apostolique concernant l'Esprit fut confessée au deuxième concile œcuménique de Constantinople par la formule "Seigneur qui donne la vie, et procède du Père".[25]

La divinité de l'Esprit sans confusion des Personnes

Constantinople ne confond pas le Père, le Fils et l'Esprit. Il condamne aussi les sabelliens, qui effacent la distinction réelle des Personnes, et les apollinaristes, qui mutilent l'humanité du Christ.[26] La foi conciliaire est donc doublement précise : elle refuse de diminuer l'Esprit, mais elle refuse aussi de dissoudre la Trinité en un seul sujet qui porterait trois masques.

Cette précision explique la force durable du Credo. Il n'est pas une spéculation abstraite : il garde ensemble l'adoration, le baptême, la prière, la prophétie, la liturgie et la vie intérieure. Si l'Esprit n'est pas Dieu, l'Église n'est pas réellement habitée par Dieu ; si l'Esprit est confondu avec le Père ou le Fils, la communion trinitaire devient une apparence.

Quels canons le concile promulgue-t-il ?

Canon 1 : les hérésies condamnées

Le premier canon confirme la foi de Nicée et condamne explicitement plusieurs courants : eunomiens (ou anoméens), ariens (ou eudoxiens), semi-ariens (ou pneumatomaques), sabelliens, marcelliens, photiniens et apollinaristes. La liste montre que le concile ne vise pas une seule école, mais tout l'éventail des erreurs qui déforment soit la divinité du Fils, soit celle de l'Esprit, soit la réalité de l'Incarnation.[27]

« La foi des 318 Pères réunis à Nicée ne doit pas être abrogée. » — Canon 1 de Constantinople I[28]

Canon 2 : empêcher les intrusions entre diocèses

Le canon 2 interdit aux évêques d'intervenir hors de leurs limites ecclésiastiques ordinaires. Alexandrie doit administrer l'Égypte ; les évêques d'Orient l'Orient ; ceux d'Asie, du Pont et de Thrace leurs propres zones.[29]

Cette règle répond à un problème très concret : les crises doctrinales ont souvent permis des ordinations concurrentes, des pressions interprovinciales et des interventions de sièges puissants dans d'autres Églises. Constantinople I cherche donc à stabiliser l'Orient par un principe de territorialité synodale (chaque province règle ses affaires dans ses propres limites, avec son synode, c'est-à-dire l'assemblée de ses évêques).

Canon 3 : Constantinople après Rome

Le canon 3 est bref, mais immense par ses conséquences : l'évêque de Constantinople doit avoir la primauté d'honneur après l'évêque de Rome, parce que Constantinople est la Nouvelle Rome.[30]

Il ne définit pas une primauté de juridiction universelle. Il exprime une logique politico-ecclésiale typiquement orientale : la place d'un siège dans l'ordre honorifique est liée au rang impérial de sa ville. Rome, de son côté, lira toujours sa primauté à partir de Pierre, non seulement à partir de l'importance civile de l'ancienne capitale. Le germe de tensions ultérieures se trouve déjà là.

Canon 4 : l'affaire Maxime le Cynique

Le canon 4 annule la tentative de Maxime le Cynique, personnage lié aux réseaux alexandrins et apollinaristes, de se faire installer évêque de Constantinople. Le texte déclare que Maxime n'a jamais été évêque et que les ordinations accomplies par lui sont nulles.[31]

Cette décision protège la succession de Constantinople au moment où Grégoire se retire et où Nectaire est élu. Elle montre aussi que les querelles doctrinales et les ambitions de siège sont inséparables : la capitale attire les partis théologiques parce qu'elle devient un centre de pouvoir ecclésial.

Canons 5 à 7 : une attribution discutée

Les collections grecques transmettent sept canons, mais l'attribution des trois derniers n'est pas uniforme. Les canons 5 et 6 sont probablement l'œuvre d'un synode constantinopolitain réuni l'année suivante, en 382, avec à peu près les mêmes évêques : c'est l'hypothèse retenue par l'édition de référence, qui présente chacun d'eux comme « probablement adopté » à ce synode de 382. Le canon 7 relève d'un autre dossier : l'avertissement de la même édition y voit non un décret conciliaire, ni même un texte du synode de 382, mais l'extrait d'une lettre de l'Église de Constantinople à Martyrius d'Antioche, au milieu du Vᵉ siècle — soit au moins quatre-vingts ans plus tard —, reprise ensuite par le concile in Trullo comme son canon 95. Ces attributions restent des analyses historiques, non des certitudes : l'article conserve la numérotation traditionnelle des sept canons et parle d'abord des quatre canons majeurs.[32]

Le texte transmis comme canon 7, souvent cité, donne des règles de réception des hérétiques : certains groupes sont reçus par profession écrite de foi et chrismation (l'onction d'huile sainte qui scelle le don de l'Esprit-Saint) ; d'autres, dont les eunomiens, montanistes et sabelliens, doivent être reçus comme païens, avec catéchuménat et baptême.[33]

CanonQuestion traitéeDécision principaleEnjeu durable
1Foi trinitaireConfirmation de Nicée et condamnation des hérésiesNorme dogmatique
2Gouvernance orientaleLimites diocésaines et synodes provinciauxDiscipline ecclésiale
3Rang de ConstantinopleDeuxième honneur après RomeRelations Orient-Occident
4Maxime le CyniqueNullité de sa prétention épiscopaleSuccession de Constantinople
7Réception des hérétiquesDistinction entre chrismation et baptême (texte transmis dans la collection ; origine discutée et postérieure selon l'édition de référence)Théologie sacramentaire

Comment le concile a-t-il été reçu ?

La lettre synodale de 382

L'année suivante, des évêques orientaux réunis de nouveau à Constantinople écrivent aux évêques occidentaux, dont Damase de Rome et Ambroise de Milan. Théodoret conserve cette lettre. Elle affirme que les Pères ont confessé la foi "plus longuement" au concile de Constantinople, qu'ils ont ajouté un anathème contre les hérésies récentes et qu'ils ont ordonné Nectaire pour l'Église de la capitale.[34]

Le texte insiste sur la charité ecclésiale autant que sur la doctrine. Les évêques ne veulent pas seulement publier une formule ; ils veulent restaurer un corps ecclésial déchiré par les factions. La lettre demande aux Occidentaux de se réjouir de ce qui a été réglé canoniquement dans l'Orient.[35]

Chalcédoine donne au symbole sa réception universelle

En 451, le concile de Chalcédoine lit le symbole de 325 et celui des 150 Pères. Cette juxtaposition donne à Constantinople I son statut dogmatique clair dans la mémoire conciliaire. Le Credo de 381 devient ainsi le prolongement autorisé de Nicée, non son remplacement.[36]

Icône du concile de Nicée portant le texte grec du Symbole de Nicée-Constantinople, dans sa forme liturgique issue de la réception de 381. Domaine public, Wikimedia Commons.

La conséquence liturgique est immense : le texte qui structure aujourd'hui la profession dominicale de millions de catholiques, d'orthodoxes et de chrétiens orientaux vient de cette réception. Jean-Paul II pouvait donc écrire en 1981 que nous devons à Constantinople "le Credo que nous récitons constamment dans la liturgie".[37]

Le Filioque n'appartient pas au texte grec de 381

Le texte grec de Constantinople dit que l'Esprit "procède du Père". La formule latine occidentale ajoutera plus tard Filioque, "et du Fils". Le Catéchisme est explicite : cette affirmation ne figurait pas dans le Credo confessé en 381 à Constantinople.[38]

Ce point ne signifie pas que la théologie catholique du Filioque contredise Constantinople ; il signifie que l'histoire du texte doit être dite exactement. Dans le dialogue avec l'Orient, la précision est essentielle : on distingue le symbole grec de 381, la tradition latine, les explications de Florence et les usages liturgiques postérieurs.[39]

Que reste-t-il aujourd'hui de Constantinople I ?

Le Credo du dimanche

Le fruit le plus visible du concile est le Credo récité à la messe. Chaque fois que l'Église confesse l'Esprit-Saint comme "Seigneur qui donne la vie", elle reprend l'axe dogmatique de 381. Ce n'est pas une relique de vocabulaire antique : c'est le langage par lequel la foi chrétienne refuse de réduire l'Esprit à une inspiration vague, à une force religieuse ou à une émotion communautaire.

Jean-Paul II voyait dans cet anniversaire un appel pastoral : il ne s'agit pas seulement de rappeler une formule, mais de rendre présente "la force divine personnelle qui donne la vie", la troisième Personne de la Trinité.[40]

Une leçon sur le développement dogmatique

Constantinople I montre comment l'Église développe sa formulation sans changer de foi. Nicée n'avait pas tout dit explicitement sur l'Esprit ; pourtant la foi trinitaire était déjà contenue dans l'Écriture, la liturgie baptismale et la prière de l'Église. Le concile de 381 rend explicite ce que la crise a forcé l'Église à préciser.

Cette dynamique est capitale pour comprendre les grands conciles : ils n'inventent pas une nouvelle foi, mais fixent des mots lorsque des interprétations concurrentes menacent le cœur du mystère chrétien. La précision dogmatique est une œuvre de sauvegarde, pas une production artificielle.

Une blessure déjà visible entre géographie impériale et primauté apostolique

Le canon 3 annonce une difficulté durable. Pour l'Orient, Constantinople reçoit un rang élevé parce qu'elle est capitale impériale. Pour Rome, la primauté du siège romain s'enracine dans Pierre et Paul, non dans le prestige administratif. Chalcédoine prolongera la même logique avec son canon 28, contesté par Rome.[41]

Cette tension ne suffit pas à expliquer le schisme d'Orient, mais elle donne un point d'observation très ancien : l'Église indivise porte déjà des sensibilités ecclésiologiques différentes. Ignorer cette histoire rend les débats catholiques-orthodoxes incompréhensibles.

Chronologie

  1. 325
    Nicée I
    divinité du Fils

    Le premier concile œcuménique confesse le Fils comme consubstantiel au Père et condamne Arius.[42]

  2. 379
    Théodose devient empereur d'Orient
    retour nicéen

    Après la mort de Valens, Théodose reçoit l'Orient et favorise ouvertement la foi nicéenne.[43]

  3. 27 février 380
    Édit de Thessalonique
    Cunctos populos

    Les empereurs définissent juridiquement la foi catholique par référence à la communion de Rome et d'Alexandrie.[44]

  4. Mai-juillet 381
    Concile de Constantinople I
    150 Pères

    Les évêques orientaux confirment Nicée, développent l'article sur l'Esprit-Saint et règlent la succession de Constantinople.[45]

  5. 382
    Lettre synodale aux Occidentaux
    réception et explication

    Les évêques orientaux écrivent à Damase, Ambroise et aux évêques réunis à Rome pour exposer foi et décisions disciplinaires.[46]

  6. 451
    Chalcédoine
    réception du symbole

    Le concile de Chalcédoine reçoit le symbole des 150 Pères aux côtés de celui de Nicée.[47]

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. W. Bright, excursus sur les semi-ariens cité dans The Seven Ecumenical Councils, Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 14, éd. Philip Schaff et Henry Wace, trad. Henry R. Percival, Christian Literature Publishing Co., 1900 (texte intégral consulté sur CCEL, livre NPNF214) : le double synode de Rimini-Séleucie (359) rejette également homoousion et homoiousion ; le parti semi-arien cherche une voie moyenne entre « consubstantiel » et « créature » ; Macedonius, occupant le siège de Constantinople, reprend cette position en gardant l'objection contre l'homoousion comme formule.

    1
  2. Socrate le Scolastique, Histoire ecclésiastique, V, 7, dans Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 2, éd. Philip Schaff et Henry Wace, Christian Literature Publishing Co., 1890 ; texte en ligne : New Advent, Church History, Book V. Cote vérifiée : c'est bien au chapitre 7 que figure le passage — "after having been in possession of the churches for forty years... driven out of the city... on the 26th of November" — et non au chapitre 6.

    2
  3. W. Bright, excursus sur les semi-ariens, macédoniens ou pneumatomaques cité dans The Seven Ecumenical Councils, NPNF, 2ᵉ série, vol. 14 (texte intégral consulté sur CCEL, livre NPNF214) : issus du semi-arianisme, les macédoniens rejoignent progressivement la foi de l'Église sur la majesté incréée du Fils tout en gardant leur objection contre l'homoousion comme formule, et refusent d'étendre leur propre homoiousion à l'Esprit-Saint, regardé comme « extérieur à l'unique et indivisible divinité » ; Tillemont (cité) : « la négation de la divinité du Saint-Esprit fut enfin leur erreur capitale ou unique ».

    3
  4. Concile de Constantinople I, Symbole de 381, dans The Seven Ecumenical Councils, trad. Henry R. Percival, Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 14, Buffalo, Christian Literature Publishing Co., 1900 ; New Advent, "First Council of Constantinople".

    4 5 23
  5. Codex Theodosianus, XVI, 1, 2 (Cunctos populos), texte latin consulté (éd. Mommsen-Meyer, via The Latin Library) : inscriptio « Imppp. Gratianus, Valentinianus et Theodosius AAA, édit au peuple de Constantinople » ; « cunctos populos... quam divinum Petrum apostolum tradidisse Romanis... quamque pontificem Damasum sequi claret et Petrum Alexandriae episcopum » ; « christianorum catholicorum nomen iubemus amplecti » ; souscription « Dat. III kal. mar. Thessalonicae Gratiano A. V et Theodosio A. I conss. (380 febr. 27) », soit le 27 février 380. Traduction anglaise consultée : Henry Bettenson (éd.), Documents of the Christian Church, Oxford University Press, 1943, p. 31, via Fordham Medieval Sourcebook.

    6 44
  6. Socrate le Scolastique, Histoire ecclésiastique, V, 8, dans Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 2, éd. Schaff et Wace, 1890 : convocation par Théodose, 150 évêques nicéens, invitation des macédoniens — "Of the Macedonians, the leaders were Eleusius of Cyzicus, and Marcian of Lampsacus; these with the rest... were thirty-six in number" (le chiffre de 36 figure donc directement au primaire) ; élection de Nectaire et canon sur la Nouvelle Rome.

    7 10 20 45
  7. New Catholic Encyclopedia, "Constantinople I, Council of", Encyclopedia.com : résumé historique, perte des actes, quatre canons principaux et réception ultérieure.

    8
  8. Fourth Century Christianity, "Council of Constantinople (AD 381)", fiche documentaire mise à jour le 28 janvier 2026 : date mai-juillet 381, Sainte-Irène, 150 évêques, 36 macédoniens invités, sources anciennes.

    9
  9. Les actes du concile étant perdus, aucune source contemporaine n'établit le lieu exact : Sainte-Irène est le lieu traditionnellement retenu, maintenu ici comme tel ("probablement", "traditionnellement associé"). Voir Foundation of the Hellenic World, Encyclopaedia of the Hellenic World, entrée "Hagia Eirene (Constantinople)" : le IIᵉ concile œcuménique de 381 y est donné comme tenu dans l'église Sainte-Irène ; cf. The Byzantine Legacy, "Hagia Eirene" : "It is possible that the First Ecumenical Council of Constantinople in 381 was held at Hagia Eirene" — les actes étant perdus, le lieu reste donc une attribution traditionnelle vraisemblable, non un fait établi par une source contemporaine, et l'article le présente comme tel (« probablement », « traditionnellement associé »). Photographie : Wikimedia Commons, "Hagia Irene, Istanbul (52112541900).jpg".

    11
  10. Concile de Chalcédoine, session II, réception du symbole des 150 Pères, dans The Seven Ecumenical Councils, NPNF, 2ᵉ série, vol. 14 (texte intégral consulté sur CCEL, livre NPNF214) : les juges ordonnent « Let there be read what was set forth by the 150 holy fathers » ; le diacre Aetius de Constantinople lit « the creed of the 150 fathers » (« The holy faith which the 150 fathers set forth as consonant to the holy and great Synod of Nice ») ; acclamation des évêques : « This is the faith of all of us: we all so believe. »

    12 13 36 47
  11. Théodoret de Cyr, Histoire ecclésiastique, V, 6 ("Of the reign of Theodosius and of his dream") pour le songe, et V, 7 pour l'accueil de Mélèce par Théodose — "ran up to the great Meletius, and, like a boy who loves his father... covered eyes and lips and breast and head... with kisses" (Théodose y reconnaît Mélèce à son songe, puis "told him of his dream"), dans Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 3, éd. Schaff et Wace, 1892.

    14
  12. Socrate le Scolastique, Histoire ecclésiastique, V, 9 : mort de Mélèce, transfert de son corps et poursuite du schisme antiochien.

    15
  13. Saint Grégoire de Nazianze, Discours théologiques 27-31, trad. française Paul Gallay, Sources Chrétiennes 250, Cerf, 1978 ; prononcés à Constantinople avant la stabilisation conciliaire.

    16
  14. Saint Grégoire de Nazianze, Discours 42 ; titre traditionnel « Dernier adieu en présence des 150 évêques » et présentation comme discours « prononcé pendant le IIᵉ concile œcuménique, devant les 150 évêques » dans Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 7, éd. Schaff et Wace, 1894 (New Advent, Oration 42, texte consulté). Édition critique : Jean Bernardi, Grégoire de Nazianze, Discours 42-43, Sources Chrétiennes 384, Cerf, 1992 — qui soutient une composition ultérieure retravaillée, sans prononciation telle quelle devant le concile : le titre ancien est donc conservé comme titre traditionnel, non comme description établie de la prononciation.

    17
  15. Saint Grégoire de Nazianze, Lettre CXXXV (contexte du milieu de 382 : synode convoqué par Théodose sur recommandation de Damase), dans Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 7, éd. Schaff et Wace, 1894 (texte consulté) : "but was like a Jonas, willingly casting myself into the sea, that the storm might cease and the sailors be saved" ; le français du corps de l'article en est la traduction, présentée comme telle. La formule n'appartient donc pas au discours d'adieu (Discours 42) mais à cette lettre postérieure. L'image de Jonas se retrouve aussi chez Alban Butler, The Lives of the Saints, 9 mai (éd. Benziger, 1894), mais mise en scène comme un cri poussé dans l'assemblée, sans renvoi à cette lettre : une reprise « d'après cette lettre » n'est donc pas établie.

    18
  16. Catholic Encyclopedia, "Nectarius", New Advent : Nectaire, originaire de Tarse, préteur à Constantinople, choisi après la démission de Grégoire et consacré alors qu'il venait d'être baptisé.

    19
  17. World Council of Churches, "Nicene-Constantinopolitan Creed", 15 août 2025 : texte multilingue du Symbole de Nicée-Constantinople et rappel de son lien avec Nicée 325.

    21
  18. J. Wilhelm, « The Nicene Creed », Catholic Encyclopedia, vol. 11, Robert Appleton Company, 1911 (New Advent, texte consulté) : le symbole de 381 partage le fond commun des formules baptismales de l'Église primitive ; Vossius releva le premier sa parenté avec la formule baptismale de Jérusalem, Hort (1876) y vit une révision de cette formule de Jérusalem enrichie des affirmations nicéennes sur l'Esprit-Saint, l'auteur de la révision pouvant être saint Cyrille de Jérusalem ; « whatever be its origin », Chalcédoine (451) l'attribua à Constantinople et, « if it was not actually composed in that council, it was adopted and authorized by the Fathers assembled as a true expression of the Faith ».

    22
  19. Catéchisme de l'Église catholique, §245 : la foi apostolique concernant l'Esprit est confessée à Constantinople en 381 par la formule "Seigneur qui donne la vie".

    24 25
  20. Concile de Constantinople I, canon 1, dans The Seven Ecumenical Councils, trad. Henry R. Percival, NPNF, 2ᵉ série, vol. 14, 1900 ; New Advent : "particularly that of the Eunomians or [Anomæans, the Arians or] Eudoxians, and that of the Semi-Arians or Pneumatomachi, and that of the Sabellians, and that of the Marcellians, and that of the Photinians, and that of the Apollinarians".

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  21. Concile de Constantinople I, canon 2, dans The Seven Ecumenical Councils, trad. Henry R. Percival, NPNF, 2ᵉ série, vol. 14, 1900 ; New Advent.

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  22. Concile de Constantinople I, canon 3 (l'évêque de Constantinople « aura la prérogative d'honneur après l'évêque de Rome, parce que Constantinople est la Nouvelle Rome »), dans The Seven Ecumenical Councils, trad. Henry R. Percival, NPNF, 2ᵉ série, vol. 14, éd. Schaff et Wace, 1900 : texte intégral de l'édition complète consulté sur CCEL (livre NPNF214) et sur le scan archive.org (TheSevenEcumenicalCouncils). Non repris dans la transcription New Advent (p. 3808), qui passe directement du canon 2 au canon sur Maxime : cette page ne permet donc pas de retrouver le texte sous son numéro traditionnel, sans que la numérotation traditionnelle soit en cause.

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  23. Concile de Constantinople I, canon 4 (Maxime le Cynique : « Maximus never was and is not now a Bishop »), dans The Seven Ecumenical Councils, trad. Henry R. Percival, NPNF, 2ᵉ série, vol. 14, éd. Schaff et Wace, 1900 : texte intégral de l'édition complète consulté sur CCEL (livre NPNF214) et sur le scan archive.org (TheSevenEcumenicalCouncils). La transcription New Advent (p. 3808) donne ce texte sous le numéro « Canon 3 » et ne reprend pas le canon 3 traditionnel : s'y fier pour le numéro induit en erreur, sans que la numérotation traditionnelle soit en cause.

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  24. The Seven Ecumenical Councils, Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 14, éd. Philip Schaff et Henry Wace, trad. Henry R. Percival, Christian Literature Publishing Co., 1900 (texte intégral consulté sur CCEL, livre NPNF214 ; scan consulté sur archive.org, TheSevenEcumenicalCouncils) : en-têtes des canons V et VI — « Probably adopted at a Council held in Constantinople the next year, 382 » — avec Hefele (canon V : « probably does not belong to the second General Council, but to the Synod held in the following year at Constantinople consisting of nearly the same bishops ») ; « Warning to the Reader Touching Canon VII » (Beveridge ; Hefele, History of the Councils, vol. II, p. 368) — ni décret du concile de 381, ni texte du synode de 382, mais extrait probable d'une lettre constantinopolitaine du milieu du Vᵉ siècle à Martyrius d'Antioche (« at least eighty years later » que 382), repris par le Quinisexte comme canon 95.

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  25. Texte transmis comme canon 7 de Constantinople I (réception des hérétiques : profession écrite puis onction, ou réception comme païens avec baptême), dans The Seven Ecumenical Councils, trad. Henry R. Percival, NPNF, 2ᵉ série, vol. 14, éd. Schaff et Wace, 1900 : texte intégral de l'édition complète consulté sur CCEL (livre NPNF214) et sur le scan archive.org (TheSevenEcumenicalCouncils). La transcription New Advent (p. 3808) donne ce texte sous le numéro « Canon 5 » : elle ne permet pas de le retrouver sous son numéro traditionnel 7. Attribution : « Warning to the Reader Touching Canon VII » de la même édition (Beveridge ; Hefele, History of the Councils, vol. II, p. 368) — ni décret du concile de 381, ni texte du synode de 382, mais extrait probable d'une lettre constantinopolitaine à Martyrius d'Antioche (milieu du Vᵉ s.), repris par le Quinisexte comme canon 95.

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  26. Théodoret de Cyr, Histoire ecclésiastique, V, 9 : lettre synodale de Constantinople aux évêques occidentaux réunis à Rome.

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  27. Saint Jean-Paul II, lettre apostolique A Concilio Constantinopolitano I, 25 mars 1981, I, 1, Vatican.va (texte français officiel, vérifié) : "nous lui devons le Credo que nous récitons constamment dans la liturgie" ; et dans le même § : "rendre toujours plus présente à notre esprit, dans la réflexion, dans la prière, dans l'apport de la spiritualité et de la théologie, la force divine personnelle qui donne la vie, le don hypostatique — Dominum et vivificantem —, la troisième personne de la Sainte Trinité".

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  28. Catéchisme de l'Église catholique, §247 (texte français officiel, vatican.va, consulté) : « L'affirmation du Filioque ne figurait pas dans le symbole confessé en 381 à Constantinople. »

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  29. Catéchisme de l'Église catholique, §§246-248 : tradition latine du Filioque, explication de Florence et articulation avec la confession grecque de 381.

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  30. Concile de Chalcédoine, canon 28, dans The Seven Ecumenical Councils, trad. Henry R. Percival, NPNF, 2ᵉ série, vol. 14, 1900 : reprise de la logique de Constantinople comme "Nouvelle Rome", contestée par les légats romains et par Léon le Grand.

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  31. Concile de Nicée I, symbole de 325, dans The Seven Ecumenical Councils, trad. Henry R. Percival, NPNF, 2ᵉ série, vol. 14, 1900 ; voir l'article Ignispedia Concile de Nicée I (325).

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  32. Socrate le Scolastique, Histoire ecclésiastique, V, 2, dans Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 2, éd. Philip Schaff et Henry Wace, Christian Literature Publishing Co., 1890 (New Advent, Church History, Book V, texte consulté) : Gratien « took Theodosius as his colleague in the sovereign power » et « proclaimed him emperor at Sirmium... in the consulate of Ausonius and Olybrius » (379) — c'est l'accession de Théodose au pouvoir.

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