Arius (vers 256-336) est un prêtre d'Alexandrie dont l'enseignement a déclenché la plus grave crise doctrinale de l'Antiquité chrétienne. Sa thèse tient en une formule devenue tristement célèbre : « il fut un temps où le Fils n'était pas ». Autrement dit, pour Arius, le Verbe — le Christ — n'est pas Dieu de toute éternité : il est la première et la plus haute des créatures, tirée du néant par le Père avant tous les siècles, mais créature quand même, d'une autre substance que Dieu.
L'enjeu n'est pas une subtilité d'école. Si le Christ n'est pas vraiment Dieu, alors le Dieu qui s'est fait homme, qui est mort et ressuscité pour nous sauver, n'est qu'un intermédiaire créé — et le christianisme s'effondre. C'est pourquoi la controverse arienne a mobilisé, pendant près de soixante ans, empereurs, conciles et Pères de l'Église, et provoqué en 325 la convocation du premier concile œcuménique de l'histoire, à Nicée, par l'empereur Constantin.
C'est à Nicée que l'Église a forgé le mot décisif : le Fils est consubstantiel au Père (en grec homoousios, « de même substance »). Ce terme, inscrit dans le Symbole de Nicée-Constantinople que les catholiques récitent encore chaque dimanche, condamne directement Arius. Pourtant, l'hérésie ne mourut pas avec son concile : portée par l'empereur Constance II (337-361, seul maître de l'Empire dès 353) puis, en Orient, par Valens (364-378) — avec des retours passagers à l'orthodoxie entre les deux —, elle domina une grande partie de l'Orient pendant un demi-siècle, jusqu'à ce que saint Jérôme puisse écrire que « le monde entier gémit et s'étonna de se découvrir arien »[1].
Arius est ainsi devenu, dans la mémoire de l'Église, l'archétype de l'hérésiarque : l'homme brillant, austère, éloquent et populaire dont l'erreur, précisément parce qu'elle semblait raisonnable, a failli emporter la foi chrétienne tout entière. Son ombre plane encore sur tous ceux qui, aujourd'hui, nient la divinité du Christ.
Qui était Arius ?
Origines libyennes et formation antiochienne
Les origines d'Arius sont mal documentées, comme souvent pour les figures de l'Antiquité que seuls leurs adversaires ont pris la peine de décrire[2]. On le fait naître vers 256, probablement à Ptolémaïs, en Cyrénaïque — la côte de l'actuelle Libye orientale ; le lieu exact reste toutefois disputé, les sources anciennes assurant seulement son origine libyenne[3][4]. Il appartient donc au monde grec d'Afrique du Nord, celui d'Alexandrie, alors capitale intellectuelle du christianisme.
La tradition ancienne rattache sa formation théologique à l'école de Lucien d'Antioche (martyr en 312), foyer d'une exégèse littérale et d'une théologie marquée par le subordinatianisme — l'idée que le Fils est inférieur au Père[5]. Les historiens contemporains, comme R. P. C. Hanson, jugent ce lien probable mais non démontré — Arius appelant Eusèbe de Nicomédie son « co-lucianiste »[6] ; d'autres, comme Rowan Williams, le mettent en doute[7]. Ce qui est sûr, c'est qu'Arius partage avec les « collucianistes » — les anciens élèves de Lucien, dont Eusèbe de Nicomédie — une même sensibilité qui lui vaudra plus tard des appuis décisifs.
Prêtre de Baucalis à Alexandrie
La tradition le dit d'abord ordonné diacre par l'évêque Pierre d'Alexandrie après une première réconciliation, puis excommunié par le même Pierre au terme de nouvelles disputes ; réadmis par son successeur Achillas, il est ordonné prêtre par lui vers 313, recevant la charge de l'église de Baucalis, l'un des plus importants quartiers d'Alexandrie[8]. C'est une position en vue : le presbytre de Baucalis prêche devant une large assemblée urbaine, dans une ville habituée aux disputes théologiques passionnées.
Les sources anciennes — même hostiles — dessinent un personnage impressionnant. Grand, ascétique, au maintien grave, Arius menait une vie austère et jouissait d'une réputation de sévérité morale. Épiphane de Salamine — qui écrit un demi-siècle plus tard et n'est pas un témoin neutre — le dépeint comme un homme de très haute taille, au visage abattu, aux manières douces et persuasives, et affirme qu'il entraîna jusqu'à sept cents vierges à son parti[9]. Cette respectabilité n'est pas anecdotique : elle explique en partie pourquoi son enseignement se répandit si vite. On n'a pas affaire à un agitateur marginal, mais à un prédicateur réputé, pieux et populaire.
Un talent redoutable : la doctrine mise en chansons
Arius fut l'un des premiers à comprendre le pouvoir de la communication populaire au service d'une thèse théologique. Plutôt que de réserver son enseignement aux clercs, il le versifia et le mit en musique dans un ouvrage intitulé la Thalie (Θάλεια, « le Banquet ») : l'œuvre est aujourd'hui perdue comme telle, et seuls en subsistent quelques fragments, cités par son adversaire Athanase[10].
Philostorge — historien pourtant favorable à la cause arienne — rapporte qu'après sa rupture Arius composa en outre, sur des airs connus, des chansons pour les marins, les meuniers et les voyageurs, afin que sa doctrine se propage sur les quais, dans les moulins et sur les routes : un répertoire populaire distinct de la Thalie, dont aucun fragment n'est conservé[11][12]. Cette diffusion virale par la rue, et non seulement par les écoles, est l'une des raisons pour lesquelles l'arianisme devint un phénomène de masse et non un simple débat d'experts. À Alexandrie, on se mit à discuter de la question jusque dans les boutiques et sur les places : le Fils est-il éternel comme le Père, ou bien créé à partir du néant ? (Le duel fameux entre « de même substance » — homoousios — et « d'une substance semblable » — homoiousios —, à un iota près, n'appartient qu'aux débats postérieurs, à partir des années 350.)
Que professait l'arianisme ?
Pour réfuter une doctrine, il faut d'abord l'exposer honnêtement, dans sa version la plus forte. L'arianisme n'était ni absurde ni grossier : c'était une tentative rigoureuse, presque philosophique, de préserver un point que tous les chrétiens tenaient pour sacré — l'unicité et la transcendance absolue de Dieu. Son erreur fut de le préserver au prix de la divinité du Christ.
« Il fut un temps où le Fils n'était pas »
Le cœur du système arien tient dans une proposition : le Fils a un commencement. Puisque Dieu le Père est seul « inengendré » (agennêtos), et puisque le Fils est « engendré », il faut, selon Arius, qu'il ait commencé d'exister. D'où la formule qui résume tout :
« Il fut un temps où il n'était pas ; et avant d'être engendré, il n'était pas. » — Formule arienne, telle que reprise et frappée d'anathème par le concile de Nicée, 325[13]
En grec : ên pote hote ouk ên (« il était [un temps] où il n'était pas »). Le Verbe n'est donc pas éternel comme le Père. Il y a, dans la pensée arienne, un « avant » le Fils — un « moment » (hors du temps créé) où seul le Père existe.
Le Fils, une créature tirée du néant
De cette prémisse découle toute la doctrine. Si le Fils a commencé, alors il n'est pas de la substance du Père : il est fait, non pas engendré au sens propre. Arius emploie sans détour le vocabulaire de la création : le Fils est une créature (ktisma), une œuvre (poiêma), tirée du néant (ex ouk ontôn, « à partir de ce qui n'est pas »)[14]. Certes, c'est la créature suprême, celle par qui tout le reste a été fait, infiniment supérieure aux anges et aux hommes ; mais elle reste du côté des créatures, non du côté de Dieu.
Trois affirmations en découlaient, que Nicée condamnera une à une :
- le Fils est d'une autre hypostase ou substance que le Père (ex heteras hypostaseôs ê ousias) ;
- le Fils est muable et changeant (treptos, alloiôtos) — capable en principe de progresser ou de pécher, même s'il ne l'a pas fait ;
- le Fils ne connaît pas parfaitement le Père, étant d'une nature inférieure et finie.
Un subordinatianisme radical, pas un simple respect du Père
Il faut ici une précision, car c'est le nœud de l'affaire. Tous les théologiens des premiers siècles reconnaissaient une certaine priorité du Père : le Père est la source, le Fils vient du Père. Ce « subordinatianisme » de langage était courant avant Nicée et ne faisait pas d'un auteur un hérétique.
Ce qui rend Arius hérétique, c'est qu'il transforme cette priorité d'origine en priorité de nature : le Fils n'est pas seulement « de » Dieu, il est d'un autre rang d'être que Dieu. Entre le Père et le Fils, Arius trace une frontière ontologique : d'un côté l'Incréé, de l'autre le créé — et le Fils est du mauvais côté de cette frontière. C'est cette coupure que la foi de l'Église refuse : entre le Père et le Fils, il n'y a pas de frontière de nature, car ils sont un seul Dieu.
Ce qui était réellement en jeu : le salut lui-même
Pour saisir pourquoi l'Église a livré cette bataille pendant soixante ans, il faut sortir du vocabulaire technique et poser la question simplement : qui nous sauve ?
La réponse chrétienne est que Dieu lui-même s'est fait homme pour nous unir à lui. Saint Athanase l'a formulée d'une phrase restée célèbre : le Verbe « s'est fait homme afin que nous soyons faits Dieu »[15]. Or seul Dieu peut diviniser ; une créature, si haute soit-elle, ne peut communiquer une vie qu'elle n'a pas par nature. Si le Christ n'est qu'une créature, alors sur la Croix c'est une créature qui meurt, et notre salut ne nous rejoint pas jusqu'en Dieu.
C'est pourquoi Athanase répétait que l'arianisme n'est pas une erreur parmi d'autres : il vide la Rédemption de son contenu. Un « sauveur » créé laisse l'humanité exactement là où elle était. L'affaire n'était donc pas verbale : elle décidait si le christianisme annonce que Dieu nous a rejoints, ou seulement qu'un être supérieur nous a montré le chemin.
Comment la crise a-t-elle éclaté ?
Le conflit avec l'évêque Alexandre (vers 318)
La controverse éclate à Alexandrie vers 318-320. L'évêque Alexandre d'Alexandrie prêche sur l'unité de la Trinité et sur l'éternité du Fils. Arius l'accuse publiquement de confondre le Père et le Fils, c'est-à-dire de retomber dans l'hérésie de Sabellius (le modalisme, qui nie la distinction réelle des personnes)[16]. En réaction, il affirme fortement sa propre thèse : le Fils a un commencement, il est créature.
Le débat, d'abord interne au clergé alexandrin, s'envenime vite. Alexandre, prudent, laisse d'abord la discussion se déployer, puis, devant l'obstination d'Arius et le trouble croissant du peuple, il convoque un synode.
Le synode d'Alexandrie et l'excommunication (vers 320-321)
Vers 320-321, un synode réunissant près de cent évêques d'Égypte et de Libye condamne les propositions d'Arius et l'excommunie, avec quelques clercs qui le suivent[17]. Alexandre adresse alors à tout l'épiscopat une lettre encyclique dénonçant l'erreur nouvelle. Dans un autre écrit, il résume la thèse adverse et l'oppose à la foi reçue :
« Ils disent : Dieu n'a pas toujours été Père ; il fut un temps où Dieu n'était pas Père. Le Verbe de Dieu n'a pas toujours existé, mais il a été fait à partir du néant... c'est pourquoi il y eut un temps où il n'était pas. » — Alexandre d'Alexandrie, lettre encyclique sur l'hérésie d'Arius, vers 319[18]
Loin de se soumettre, Arius fait jouer ses relations. Il quitte l'Égypte et cherche des appuis en Orient, où sa formation « lucianiste » lui vaut la solidarité d'évêques influents.
L'internationalisation : Eusèbe de Nicomédie
Arius trouve son plus puissant protecteur en Eusèbe de Nicomédie, évêque de la ville où réside l'empereur, homme de cour habile et théologien de sensibilité subordinatianiste[19]. Dans une lettre conservée, Arius lui expose sa doctrine et se plaint d'être persécuté pour avoir dit que « le Fils a un commencement, tandis que Dieu est sans commencement »[20]. Eusèbe prend fait et cause pour lui et rallie plusieurs évêques d'Asie Mineure.
Un simple conflit de paroisse devient ainsi une fracture de tout l'Orient chrétien. Des synodes rivaux se réunissent, les uns condamnant Arius, les autres le réhabilitant. L'unité de l'Église, à peine sortie des persécutions, se déchire sur la question de savoir qui est vraiment le Christ.
Un empire divisé que Constantin veut apaiser
L'empereur Constantin, qui vient de réunifier l'Empire en 324, découvre avec inquiétude que sa nouvelle religion officielle se divise. Il envoie d'abord son conseiller ecclésiastique Hosius (Ossius) de Cordoue porter une lettre aux deux partis, les priant de se réconcilier sur ce qu'il croit être une querelle de mots[21]. L'échec de cette médiation le convainc qu'il faut une assemblée de toute l'Église. Ce sera Nicée.
Le concile de Nicée (325)
Constantin convoque le premier concile œcuménique
En 325, Constantin convoque à Nicée (aujourd'hui İznik, en Turquie), non loin de sa résidence, une assemblée de tous les évêques de l'Empire. C'est un événement sans précédent : pour la première fois, l'Église universelle se réunit en concile. La tradition retiendra le chiffre symbolique de 318 Pères — écho des 318 serviteurs d'Abraham (Genèse 14) —, les historiens estimant l'assistance réelle entre 250 et 300 évêques, venus surtout d'Orient[22]. L'empereur préside les séances d'ouverture ; le jeune diacre Athanase, qui accompagne son évêque Alexandre, s'y révèle comme le plus redoutable adversaire d'Arius.
Le mot décisif : homoousios (consubstantiel)
Le concile cherche une formule que les ariens ne puissent pas détourner. Toutes les expressions bibliques qu'on propose — « de Dieu », « semblable au Père », « image du Père » — sont acceptées par le parti arien, qui les interprète dans son sens. Il faut donc un mot que l'Écriture n'emploie pas tel quel mais qui exprime sans ambiguïté la foi reçue : le Fils est de la même substance que le Père, homoousios tô Patri[23].
Le terme n'était pas neuf — il avait même été suspecté au IIIᵉ siècle — mais il avait l'avantage décisif d'être inacceptable pour Arius : on ne peut pas dire d'une créature qu'elle est « de la même substance » que Dieu. En imposant ce mot, le concile ferme toutes les portes de sortie. La foi n'est plus une affaire d'interprétation : le Fils est Dieu au sens plein, de toute éternité.
Le Symbole de Nicée et l'anathème contre Arius
Le concile promulgue un Symbole (une profession de foi) qui proclame le Fils « Dieu né de Dieu, lumière née de la lumière, vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré, non pas créé, consubstantiel au Père »[24]. Puis il ajoute une condamnation explicite, en énumérant les formules ariennes pour les frapper d'anathème :
« Quant à ceux qui disent : "Il fut un temps où il n'était pas", et : "Avant d'être engendré, il n'était pas", et qu'il a été tiré du néant, ou qui prétendent que le Fils de Dieu est d'une autre hypostase ou substance, ou qu'il est créé, ou muable, ou changeant — ceux-là, l'Église catholique et apostolique les anathématise. » — Symbole de Nicée, anathème final, 325[25]
Chaque membre de phrase vise une thèse précise d'Arius. Ce texte est l'acte de naissance officiel de la théologie trinitaire de l'Église.
Deux évêques réfractaires : l'exil d'Arius
La quasi-totalité des Pères signe. Seuls deux évêques refusent obstinément : Théonas de Marmarique et Secundus de Ptolémaïs, tous deux de Libye — la patrie d'Arius. Ils sont déposés et exilés avec lui[26]. Les écrits d'Arius sont condamnés au feu, et Constantin ordonne l'exil de leur auteur en Illyrie. Eusèbe de Nicomédie, qui avait d'abord signé du bout des lèvres, est exilé quelques mois plus tard pour avoir continué à soutenir les ariens.
Sur le moment, la victoire de l'orthodoxie paraît totale. En réalité, la guerre ne fait que commencer.
L'arianisme après Nicée : un demi-siècle de tempête
Nicée n'a pas éteint la crise ; elle l'a rendue impériale. Pendant plus de cinquante ans, la faveur des empereurs bascule d'un camp à l'autre, et la foi de tout l'Empire oscille avec elle.
La mort d'Arius (336)
Vers 335, sous la pression du parti d'Eusèbe, Constantin se laisse convaincre qu'Arius a signé une profession de foi acceptable et ordonne sa réintégration solennelle dans l'Église de Constantinople. Mais la veille du jour prévu, en 336, Arius meurt subitement. Socrate le Scolastique, qui tient le récit d'Athanase, rapporte qu'Arius, traversant fièrement la ville au milieu d'un cortège de partisans d'Eusèbe, fut saisi à l'approche du forum de Constantin d'une terreur née du remords de conscience, accompagnée d'un violent dérangement d'entrailles ; conduit derrière le forum, il y expira presque aussitôt dans une hémorragie soudaine[27].
Les défenseurs de Nicée virent dans cette mort brutale, la veille de son triomphe, un jugement de Dieu ; Athanase la rapprocha explicitement de la fin de Judas, « tombé la tête la première » (Actes 1, 18)[28]. Les historiens modernes lisent ce récit avec prudence : sa charge symbolique est évidente ; il reste que la soudaineté de cette mort, à la veille de la réhabilitation, frappa durablement les contemporains. Constantin lui-même mourut l'année suivante, en 337, baptisé sur son lit de mort par Eusèbe de Nicomédie — signe que la faveur impériale avait, à la fin, penché du côté arien.
Athanase contre tous
Devenu évêque d'Alexandrie en 328, Athanase consacre sa vie à défendre le mot de Nicée. Pour cela, il paiera un prix immense : cinq exils en quarante-cinq ans d'épiscopat, chassé de son siège par des empereurs pro-ariens, calomnié, condamné par des conciles gagnés à l'adversaire[29]. C'est à lui que s'applique l'expression postérieure, forgée à son sujet : Athanasius contra mundum, « Athanase contre le monde entier » — l'homme seul qui tient bon quand presque tout l'épiscopat plie. Ses grands Discours contre les ariens restent le monument de la réfutation antiarienne.
Semi-ariens, homéens, anoméens : l'éclatement
Une fois Arius mort, ses héritiers se divisèrent en écoles rivales, ce qui montre bien la fragilité intellectuelle du système :
- les anoméens (d'anomoios, « dissemblable »), ariens radicaux, tenaient que le Fils est totalement dissemblable du Père ;
- les homéens (d'homoios, « semblable »), soutenus par l'empereur Constance II, se contentaient de dire le Fils « semblable » au Père, sans préciser la substance — formule assez vague pour rallier tout le monde ;
- les semi-ariens ou homoiousiens proposaient que le Fils soit « d'une substance semblable » (homoiousios) et non « de même substance » (homoousios) : une seule lettre grecque, l'iota, séparait cette formule de l'orthodoxie — d'où le proverbe sur les querelles réduites à « un iota ».
Cette prolifération de partis prouve, par contraste, la solidité du mot de Nicée : l'orthodoxie a une seule formule, l'hérésie en a dix.
« Le monde entier gémit de se découvrir arien »
Le point le plus bas est atteint vers 357-360. Sous Constance II, deux conciles jumeaux — Rimini (Ariminum) en Occident et Séleucie en Orient, en 359 — adoptent, sous pression impériale et à force d'épuisement, une formule homéenne qui évacue le mot « substance » ; l'année suivante, le concile de Constantinople (360) entérine ce triomphe homéen. Beaucoup d'évêques catholiques signent par lassitude, sans mesurer la portée du texte. C'est ce désastre que saint Jérôme, écrivant vers 379, résume par une formule inoubliable :
« Le monde entier gémit et s'étonna de se découvrir arien. » — Saint Jérôme, Altercatio Luciferiani et Orthodoxi (Dialogue contre les Lucifériens), chapitre 19, vers 379[30]
La phrase dit tout : l'hérésie n'a pas triomphé par la force des arguments, mais par la fatigue, la pression du pouvoir et l'ambiguïté des formules. Elle rappelle qu'une majorité, même épiscopale, ne fait pas la vérité.
Le concile de Constantinople (381) et la victoire de Nicée
La reprise vient des Pères cappadociens — Basile de Césarée, Grégoire de Nazianze, Grégoire de Nysse — qui clarifient le vocabulaire trinitaire (une seule substance, trois hypostases, c'est-à-dire trois personnes) et rallient l'Orient à Nicée. Sous l'empereur Théodose, catholique convaincu, se réunit en 381 le concile de Constantinople, deuxième concile œcuménique. Il réaffirme et complète le Symbole de Nicée, y ajoutant la profession de la divinité de l'Esprit Saint contre les pneumatomaques, qui niaient la divinité du Saint-Esprit[31].
C'est ce texte enrichi — le Symbole de Nicée-Constantinople — que l'Église proclame encore à la messe du dimanche. L'arianisme, comme force dominante dans l'Empire, est vaincu. Il survivra pourtant longtemps hors des frontières, chez les peuples germaniques.
Pourquoi l'arianisme a-t-il failli l'emporter ?
Il serait faux de croire que l'arianisme n'a séduit que des esprits faibles. Il faut comprendre pourquoi cette erreur a été si puissante, car les mêmes ressorts jouent encore.
Il flattait la raison. L'idée d'un Dieu unique, absolument transcendant, avec un intermédiaire créé pour toucher le monde, paraît plus « logique » et plus simple que le mystère d'un Dieu unique en trois personnes. L'arianisme offrait un christianisme rationalisé, débarrassé de son paradoxe central.
Il s'appuyait sur des versets bibliques. Arius citait sans peine les passages où le Christ dit « le Père est plus grand que moi » (Jean 14, 28), où il est appelé « premier-né de toute créature » (Colossiens 1, 15), ou encore où il avoue ignorer le jour du jugement (Marc 13, 32). Lus isolément, ces textes semblaient lui donner raison. La réponse catholique fut de les lire en fonction de l'Incarnation : ces limites appartiennent au Christ selon son humanité assumée, non selon sa divinité.
Il avait le pouvoir pour lui. Après Constantin, plusieurs empereurs — Constance II surtout, mais aussi Valens — furent ariens ou pro-ariens et imposèrent la doctrine par la contrainte politique, l'exil des évêques fidèles et la manipulation des conciles. L'arianisme fut, en grande partie, une hérésie de cour.
La leçon que l'Église a retenue de cette crise est double : la vérité de la foi ne dépend ni des majorités ni des princes, et il faut parfois un mot précis, non biblique, pour défendre le sens biblique — car les hérétiques savent citer l'Écriture.
La réfutation catholique
Le témoignage de l'Écriture
Contre l'arianisme, l'Église n'a pas opposé une spéculation, mais l'Écriture prise dans son ensemble. Le prologue de saint Jean affirme que « au commencement était le Verbe, et le Verbe était Dieu » (Jean 1, 1) — non « était un dieu » ni « fut créé », mais était, de toute éternité, et était Dieu. Le Christ déclare : « Avant qu'Abraham fût, Je Suis » (Jean 8, 58), s'appropriant le Nom divin de l'Exode ; et « Moi et le Père, nous sommes un » (Jean 10, 30). Saint Paul écrit qu'« en lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité » (Colossiens 2, 9). Les versets « subordinatianistes » invoqués par Arius se comprennent tous de l'humanité du Verbe incarné ; ils ne prouvent jamais qu'il soit une créature.
Homoousios n'est pas une innovation, mais une défense
L'objection arienne la plus fine était : « votre mot homoousios n'est pas dans la Bible ; vous ajoutez à la foi ». La réponse de l'Église, formulée par Athanase, est décisive : le mot est nouveau, mais la foi qu'il défend est ancienne. On a forgé un terme précis précisément parce que les ariens détournaient tous les termes bibliques. Le rôle d'un concile n'est pas d'inventer une doctrine, mais de tracer une frontière que l'hérésie ne puisse plus franchir. C'est le principe même du développement du dogme : l'Église ne dit rien de nouveau, elle dit autrement ce qu'elle a toujours cru, pour le protéger.
Athanase : seul Dieu peut nous diviniser
La réfutation la plus profonde n'est pas philologique mais sotériologique — elle touche au salut. Pour Athanase, l'arianisme se réfute par ses conséquences : si le Christ est créature, il ne peut ni nous unir à Dieu, ni nous communiquer la vie divine, ni être adoré sans idolâtrie. Or l'Église a toujours adoré le Christ ; elle a toujours cru être sauvée et divinisée par lui. La foi de la prière condamnait donc l'arianisme avant même le concile : on ne prie pas une créature, et l'Église priait le Christ. Cette convergence de l'adoration, de l'Écriture et du salut est le vrai fondement de Nicée.
L'arianisme ne meurt jamais : ses résurgences
Vaincu dans l'Empire romain, l'arianisme a survécu et resurgi sous d'autres formes, jusqu'à aujourd'hui. Nier que le Christ soit vraiment Dieu est une tentation permanente de l'esprit religieux.
Les royaumes barbares ariens
Au IVᵉ siècle, l'évêque Ulfila (Wulfila, vers 311-383) évangélisa les Goths, leur donna un alphabet et traduisit pour eux la Bible, en leur transmettant une foi de forme arienne — celle qui dominait alors la cour impériale[32]. Par ce canal, l'arianisme devint la religion de la plupart des peuples germaniques : Wisigoths, Ostrogoths, Vandales, Burgondes, Lombards. Pendant deux siècles, une part de l'Occident chrétien fut ainsi arienne, parfois persécutrice des catholiques — les Vandales d'Afrique du Nord notamment. La conversion du roi franc Clovis directement au catholicisme (et non à l'arianisme, vers 496-508) et le ralliement du royaume wisigoth de Récarède au IIIᵉ concile de Tolède (589) marquèrent la fin progressive de l'arianisme germanique[33].
De Michel Servet aux sociniens
À la Renaissance et à la Réforme, le rejet de la Trinité réapparut. L'Espagnol Michel Servet, antitrinitaire, fut brûlé à Genève en 1553 — épisode que l'on peut approfondir dans l'article consacré à Jean Calvin. Au même siècle, les sociniens (de Lelio et Fausto Sozzini), en Pologne, systématisèrent la négation de la divinité du Christ, donnant naissance au courant unitarien, qui subsiste jusqu'à nos jours. Ces mouvements reprennent, sans toujours le savoir, l'intuition d'Arius : un Dieu unique, et un Christ inférieur.
Les Témoins de Jéhovah : un arianisme contemporain
La résurgence la plus large aujourd'hui est celle des Témoins de Jéhovah, fondés à la fin du XIXᵉ siècle. Leur doctrine est, sur ce point, littéralement arienne : le Christ n'est pas Dieu, mais la première créature de Jéhovah — identifié à l'archange Michel[34]. Leur traduction de la Bible rend même Jean 1, 1 par « la Parole était un dieu », exactement la lecture qu'Arius aurait souhaitée[35]. Face à eux, la réponse de l'Église reste celle de Nicée, il y a dix-sept siècles : le Fils est « vrai Dieu né du vrai Dieu, engendré, non pas créé, consubstantiel au Père ». Le débat qu'Arius a ouvert n'est donc pas clos : il se rejoue à chaque porte où l'on vient nier que Jésus soit vraiment Dieu.
Pour aller plus loin
L'affaire d'Arius est inséparable du premier concile œcuménique et de la figure de son grand adversaire. On la comprendra mieux en la rapprochant des autres grandes controverses christologiques et des figures de la Réforme qui ont, à leur manière, rouvert la question de la divinité du Christ.
- Sur le défenseur de Nicée : Athanase d'Alexandrie.
- Sur les autres grandes hérésies des premiers siècles : Nestorius et Marcion de Sinope.
- Sur l'hérésie qui divisa l'Occident au Vᵉ siècle : Pélage et la grâce.
- Sur la reprise moderne de la question trinitaire : Jean Calvin et l'affaire Servet, Martin Luther et la Réforme.
Notes et références
Saint Jérôme, Altercatio Luciferiani et Orthodoxi (Dialogue contre les Lucifériens), chap. 19, rédigé vers 379 — éd. critique Sources Chrétiennes n° 473, A. Canellis, Paris, Cerf, 2003, p. 158-159 ; PL 23, 181B. Contexte : au lendemain du concile de Rimini (359), entériné à Constantinople (360), où la formule homéenne évacuant le mot « substance » s'imposa à l'Occident. Texte latin : « Ingemuit totus orbis, et Arianum se esse miratus est. » — d'où la traduction : « le monde entier gémit et s'étonna de se découvrir arien ».
1 30R. P. C. Hanson, The Search for the Christian Doctrine of God: The Arian Controversy 318-381, Édimbourg, T&T Clark, 1988 — ouvrage de référence sur la crise arienne : incertitude des origines d'Arius et rattachement discuté à l'école de Lucien d'Antioche, d'après le mot de « co-lucianiste » dans la lettre d'Arius à Eusèbe de Nicomédie ; R. Williams y voit pour sa part une possible formule de captatio benevolentiae (Arius, pp. 30-31).
2 6Rowan Williams, Arius: Heresy and Tradition, Londres, Darton, Longman & Todd, 1987 (2ᵉ éd. Grand Rapids, Eerdmans, 2001) — étude majeure qui situe Arius dans le contexte théologique alexandrin, met en doute le lien direct avec Lucien d'Antioche, et donne (p. 97-109) l'analyse comparée des fragments de la Thalie conservés par Athanase.
3 7« Arius », The Catholic Encyclopedia, New York, Robert Appleton Company, 1907-1912 — notice biographique : « Libyen d'origine » (said to have been a Libyan by descent — lieu de naissance exact non assuré) ; parti de Mélèce contre Pierre en 306 puis réconciliation et ordination diaconale par Pierre ; excommunication après de nouvelles disputes ; réadmission par Achillas, successeur de Pierre, qui l'ordonne prêtre en 313 et lui confie l'église de Baucalis. Sur la Thalie (« composed in verse and prose […] which he termed "Thalia" », dont il ne survit que « a few fragments ») et les chansons populaires (« He is also said to have published songs for sailors, millers, and travellers »). Texte : https://www.newadvent.org/cathen/01718a.htm
4 5 8 12Épiphane de Salamine, Panarion (contre les hérésies), hérésie 69, § 3 (« Contre les ariens »), rédigé vers 375-377 (éd. K. Holl, GCS 37 ; trad. angl. F. Williams, Brill) — portrait physique (très haute taille, visage abattu, manières douces et persuasives) et affirmation des sept cents vierges entraînées à son parti ; récit polémique postérieur d'un demi-siècle aux faits, à lire avec prudence.
9Saint Athanase d'Alexandrie, De Synodis (Lettre sur les synodes de Rimini et de Séleucie), § 15, 3, vers 359-361 (PG 26, 705C-708C ; éd. critique SC 563, p. 222-226) — conserve le plus long fragment subsistant de la Thalie d'Arius, principale source pour reconstituer cet écrit aujourd'hui perdu comme œuvre (cf. R. Williams, Arius, p. 97-109).
10Philostorge, Histoire ecclésiastique, II, 2 (œuvre perdue, conservée par le résumé de Photius, Bibliothèque, cod. 40) — après sa rupture, Arius « composa plusieurs chansons à chanter par les marins, les meuniers et les voyageurs », sur des airs adaptés à chaque public ; l'auteur, lui-même arien, ne mentionne pas dans ce passage le chant connu sous le nom de Thalie, que seuls les extraits d'Athanase font connaître. Texte : https://www.tertullian.org/fathers/philostorgius.htm
11Symbole de Nicée, anathèmes finaux, 325 — Denzinger-Hünermann, n° 126 (= DS 126). C'est ici, et non dans le Symbole lui-même (n° 125), que figure la formule arienne « Il fut un temps où il n'était pas » (Ên pote hote ouk ên), citée pour être frappée d'anathème avec ses corollaires (tiré du néant, autre hypostase ou substance, créé, muable, changeant). Texte grec : « Tous de legontas: Ên pote hote ouk ên... anathematizei hê hagia katholikê kai apostolikê ekklêsia. » Traduction française d'après l'édition Denzinger.
13 25Saint Athanase d'Alexandrie, Orationes contra Arianos (Discours contre les ariens), I, vers 340-345 — expose et réfute le vocabulaire arien : le Fils ktisma (créature), poiêma (œuvre), ex ouk ontôn (tiré du néant). Texte : https://www.newadvent.org/fathers/2816.htm
14Saint Athanase d'Alexandrie, De Incarnatione Verbi (Sur l'Incarnation du Verbe), § 54, vers 318 — formule célèbre : « Il s'est fait homme afin que nous soyons faits Dieu. » Texte original grec : « Autos gar enênthrôpêsen, hina hêmeis theopoiêthômen. »
15Socrate le Scolastique, Histoire ecclésiastique, livre I, chap. 5-7, vers 439-450 — récit du déclenchement de la controverse : accusation de sabellianisme portée par Arius contre l'évêque Alexandre, synode d'Alexandrie et excommunication, médiation d'Hosius de Cordoue envoyé par Constantin. Texte : https://www.newadvent.org/fathers/26011.htm
16 17 21Alexandre d'Alexandrie, lettre encyclique Henos sômatos et lettre à Alexandre de Byzance (Hê philarchos), vers 319, conservées par Socrate (Hist. eccl., I, 6) et Théodoret (Hist. eccl., I, 4) — résumé et condamnation des thèses ariennes par l'évêque d'Alexandrie.
18« Arianism », The Catholic Encyclopedia, New York, Robert Appleton Company, 1907 — exposé d'ensemble de l'hérésie arienne : école d'Antioche et Lucien (« Eusebius the historian, Eusebius of Nicomedia, and Arius himself, all came under Lucian's influence ») ; lettre d'Arius « to the Nicomedian prelate » ; Constantin traitant la controverse d'« idle dispute about words ». Texte : https://www.newadvent.org/cathen/01707c.htm
19Arius, lettre à Eusèbe de Nicomédie, vers 318-320, conservée par Théodoret (Histoire ecclésiastique, I, 4) et Épiphane (Panarion, 69, 6) — Arius y expose sa doctrine, s'y plaint d'être persécuté pour avoir enseigné que « le Fils a un commencement, tandis que Dieu est sans commencement », et appelle Eusèbe son « co-lucianiste » (sylloukianista, συλλουκιανιστής, sylloukianistês), indice de leur formation commune à l'école de Lucien d'Antioche.
20« The First Council of Nicaea », The Catholic Encyclopedia, New York, Robert Appleton Company, 1911 — convocation par Constantin, nombre traditionnel de 318 Pères (estimation réelle 250-300), adoption du terme homoousios, condamnation d'Arius, refus et déposition des évêques Théonas de Marmarique et Secundus de Ptolémaïs. Texte : https://www.newadvent.org/cathen/11044a.htm
22 23 26Symbole de Nicée, 325 — profession de foi du premier concile œcuménique : le Fils « engendré, non pas créé, consubstantiel au Père ». Édition de référence : Denzinger-Hünermann, Symboles et définitions de la foi catholique, n° 125 (= DS 125).
24Socrate le Scolastique, Histoire ecclésiastique, livre I, chap. 38, vers 439-450 — récit de la mort subite d'Arius à Constantinople en 336, la veille de sa réintégration, tel que rapporté d'après une lettre de saint Athanase à Sérapion ; passage ici résumé en paraphrase d'après la traduction anglaise NPNF (P. Schaff et H. Wace), faute de traduction française identifiée à la page. Texte : https://www.newadvent.org/fathers/26011.htm
27Saint Athanase d'Alexandrie, Lettre 54 à Sérapion, sur la mort d'Arius, § 3-4, vers 340 — Athanase rapporte la mort subite d'Arius et la rapproche de celle de Judas (Actes 1, 18 : « tombant la tête la première, il éclata par le milieu »), y voyant un jugement divin sur l'hérésie. Le caractère hagiographique du récit est relevé par la critique moderne. Texte : https://www.newadvent.org/fathers/2806054.htm
28« St. Athanasius », The Catholic Encyclopedia, New York, Robert Appleton Company, 1907 — épiscopat d'Alexandrie (328-373), cinq exils successifs sous les empereurs pro-ariens, défense inlassable du Symbole de Nicée. Texte : https://www.newadvent.org/cathen/02033a.htm
29Symbole de Nicée-Constantinople, deuxième concile œcuménique, Constantinople, 381 — Denzinger-Hünermann, n° 150 (= DS 150). Réaffirme la consubstantialité du Fils et proclame la divinité de l'Esprit Saint ; c'est le Credo récité à la messe dominicale.
31« Goths » et « Arianism », The Catholic Encyclopedia, New York, Robert Appleton Company, 1907-1909 — évangélisation arienne des Goths par Ulfila, diffusion de l'arianisme chez les peuples germaniques (Wisigoths, Ostrogoths, Vandales, Burgondes, Lombards), et fin de l'arianisme germanique avec la conversion des Francs (Clovis) puis le IIIᵉ concile de Tolède (589) sous le roi wisigoth Récarède.
32 33La Tour de Garde, 1er avril 2010, article « Is Jesus the Archangel Michael ? » (« Jésus est-il l'archange Michel ? », éd. angl. p. 19) : « So Michael the archangel is Jesus in his prehuman existence. After his resurrection and return to heaven, Jesus resumed his service as Michael, the chief angel » — « Michel l'archange est donc Jésus dans son existence préhumaine [...], redevenu à son retour au ciel Michel, l'ange en chef ». Pages contrôlées le 4 octobre 2026 (doctrine inchangée) : https://www.jw.org/en/library/magazines/wp20100401/Is-Jesus-the-Archangel-Michael/ et https://www.jw.org/fr/bibliothèque/revues/wp20100401/Jésus-est-il-larchange-Mikaël/ (titre français : « Jésus est-il l'archange Mikaël ? »). Voir aussi la page officielle jw.org, « Qui est l'archange Michel ? » : https://www.jw.org/fr/la-bible-et-vous/questions-bibliques/archange-michel/
34Les Saintes Écritures — Traduction du monde nouveau, Watch Tower Bible and Tract Society, éd. révisée française — rend Jean 1, 1 par « la Parole était un dieu », lecture rejetée par la quasi-totalité des hellénistes et par la grammaire du grec johannique, mais cohérente avec la christologie subordinatianiste des Témoins de Jéhovah, qui identifient le Christ à la première créature de Dieu et à l'archange Michel. Texte contrôlé en ligne le 4 octobre 2026 : https://www.jw.org/fr/bibliothèque/bible/bi12/livres/Jean/1/
35