Le montanisme

En Phrygie vers 156, Montan et les prophétesses Prisca et Maximilla annoncent l'effusion finale de l'Esprit : la Nouvelle Prophétie exige jeûnes, chasteté et martyre, et annonce que la Jérusalem céleste descendra à Pépuza. L'Église répond : les charismes sont réels, mais la prophétie reste soumise aux apôtres.

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Le montanisme est la grande crise prophétique du IIe siècle : vers 156, dans un village de Phrygie, un converti nommé Montan se met à prophétiser en extase, bientôt rejoint par deux prophétesses, Prisca et Maximilla. Leur message exalte les foules : l'effusion finale de l'Esprit-Saint a commencé, la Jérusalem céleste va descendre à Pépuza, et les vrais spirituels doivent vivre dès maintenant comme à la fin des temps — jeûnes redoublés, chasteté stricte, martyre recherché.[1][2]

Ce ne fut pas un délire obscur : le mouvement essaima de la Phrygie à Rome et à Carthage, tint tête aux évêques pendant des décennies, donna à l'Église parmi ses premiers synodes connus et ses premiers grands traités sur le discernement des esprits — et conquit le plus brillant des théologiens latins, Tertullien, qui rompit avec l'Église vers 207 pour la Nouvelle Prophétie.[3][4]

Le problème n'était pas de croire que l'Esprit agit encore — l'Église ancienne croit aux charismes. Le problème était de faire d'une prophétie particulière une norme au-dessus des apôtres, parlant à la première personne comme le Père lui-même, et d'enfermer la sainteté dans un rigorisme qui fermait la porte de l'Église à presque tous les pécheurs. C'est pour cela que l'Église dit non — tout en gardant la question que le montanisme posait : comment accueillir les prophètes sans leur livrer les clés de la maison.[5][6]

Cet article suppose connus les dossiers voisins, auxquels il renvoie sans les redoubler : Les hérésies des premiers siècles pour le panorama, le Gnosticisme pour la famille spéculative dont Montan se distingue — lui n'a presque aucune doctrine, seulement un Esprit —, le marcionisme pour le rigorisme contemporain et la question des martyrs hérétiques, et le novatianisme pour l'autre grand rigorisme pénitentiel du IIIe siècle.

Ardabau : quand l'Esprit se met à parler en Phrygie

Un converti, deux prophétesses, un village

Tout commence à Ardabau, bourgade obscure aux confins de la Mysie et de la Phrygie, dans l'actuelle Turquie centrale.[7] Montan, converti récent au christianisme, y entre en transe et prophétise. Saint Jérôme rapporte qu'il avait été auparavant prêtre de Cybèle, la Grande Déesse aux rites orgiastiques — mais l'information, tardive, ressemble à une invention polémique destinée à expliquer ses extases par son passé païen, et l'honnêteté commande de la recevoir avec réserve.[8]

Le don se communique : deux femmes de l'entourage, Prisca — appelée aussi Priscilla, et Quintilla par Épiphane — et Maximilla prophétisent à leur tour.[9] On racontait que Prisca, mariée, avait quitté son mari ; le bruit, invérifiable, en dit au moins long sur le scandale que deux voix de femmes firent retentir dans une Église encore toute patriarcale.[10] Leur quartier général se fixe dans un autre village phrygien, Pépuza, flanqué de Tymion : c'est là, annoncent-ils, que la Jérusalem d'en haut descendra du ciel.[11]

Les chrétiens ne manquaient pas dans ces campagnes : l'enquête de Pline le Jeune en Bithynie, dès 112, y avait déjà trouvé des foules de chrétiens jusque dans les villages, et l'archéologie a relevé des inscriptions chrétiennes anciennes à Otrus, Hiérapolis, Pépuza même (dès 260), Eumenea ou Trajanopolis.[12] Quand les prodiges d'Ardabau éclatent, des foules accourent à Pépuza — et avec elles la contradiction : les évêques d'Asie ouvrent l'examen.

156 ou 172 ? La querelle des dates

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La datation du premier surgissement divise les historiens depuis un siècle, et l'article doit l'exposer au lieu de la gommer.[13] Eusèbe de Césarée, dans sa Chronique, place le début sous la onzième ou douzième année de Marc Aurèle, soit vers 172.[14] Mais ce millésime laisse trop peu de temps : en 177, l'Église de Lyon écrit déjà au pape au sujet d'une secte puissante, et Maximilla meurt vers 179 après une longue activité.[15]

Aussi Zahn, Harnack, Duchesne et la plupart des modernes suivent-ils plutôt saint Épiphane (Panarion, XLVIII, 1) : la secte serait née « vers la dix-neuvième année d'Antonin le Pieux », soit 156 ou 157.[16] Un recoupement l'appuie : Eusèbe (V, 16, 7) situe le début sous le proconsulat de Gratus en Asie — nom inconnu, où Zahn propose de lire Quadratus, attesté en 155, l'année même du martyre de Polycarpe.[17] Quant au polémiste anonyme cité par Eusèbe, il écrit plus de treize ans après la mort de Maximilla, en pleine paix de Commode (180-192), donc vers janvier 193 au plus tard — ce qui replace la mort de la prophétesse à la fin de 179, peu avant Marc Aurèle, et recule d'autant les débuts.[18]

Date haute (Épiphane, modernes)Date basse (Chronique d'Eusèbe)
Début à ArdabauVers 156-157Vers 172
ArgumentSecte déjà puissante en 177 ; mort de Maximilla vers 179Autorité de la Chronique eusébienne
DéfenseursZahn, Harnack, DuchesneVölter, Voigt
Point d'appuiProconsulat de Quadratus en 155Onzième année de Marc Aurèle

La Phrygie, terre d'enthousiasme

Rien ne s'explique sans le terroir. La Phrygie est le pays de Cybèle, des prêtres mendiants qui se tailladaient dans des transes sanglantes, des foules vibrantes et des dieux proches.[19] Des villages entiers y sont déjà chrétiens — sous Dioclétien encore, les Actes de Théodote dépeindront le village de Malus, près d'Ancyre, comme entièrement chrétien — et le christianisme local, fervent et populaire, offre un terreau idéal à des prodiges.[20] Le montanisme n'est donc pas tombé du ciel païen sur une Église vieille et froide : il est né au milieu d'une des chrétientés les plus vivantes de l'Empire, ce qui explique sa force et la gravité de la crise.

Des oracles qui parlent à la première personne

L'extase contre la tradition des prophètes

Le témoin adverse le plus ancien — l'anonyme de 193 conservé par Eusèbe — décrit ainsi la méthode : le prophète paraît d'abord égaré de terreur, puis vient une quiétude sans crainte ; après s'être vidé l'esprit par une vacance étudiée, il est saisi d'une frénésie incontrôlable.[21] Surtout, les nouveaux prophètes ne parlent pas en envoyés — « Ainsi parle le Seigneur » — mais possédés, à la première personne divine.[22]

« Je suis le Père, le Verbe et le Paraclet. » — Montan, cité par Didyme l'Aveugle, De la Trinité, III, 41[23]

« Je suis le Seigneur Dieu tout-puissant descendu dans l'homme. Ni ange, ni ambassadeur, mais moi, le Seigneur, le Père, je suis venu. » — Montan, cité par saint Épiphane, Panarion, XLVIII, 11[24]

« Voici l'homme comme une lyre, et moi je fonds sur lui comme le plectre. L'homme dort, et moi je veille. » — L'Esprit de Montan, cité par saint Épiphane, Panarion, XLVIII, 4[25]

Et Maximilla :

« Écoutez non pas moi, mais écoutez le Christ. Chassée d'entre les brebis comme un loup — c'est-à-dire comme un faux prophète —, je ne suis pas un loup : je suis parole, esprit et puissance. » — Maximilla, citée par saint Épiphane, Panarion, XLVIII, 11[26]

Le critère catholique : des esprits soumis aux prophètes

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Face à ces voix, l'Église ne nie pas la prophétie — elle la juge. L'écrivain catholique Miltiade compose un traité au titre éloquent : Comment un prophète ne doit pas parler en extase.[27] L'argument porte sur trois points : les prophètes de l'Ancien Testament et ceux du Nouveau — Silas, Agabus, les filles du diacre Philippe — parlaient dans l'Esprit, en messagers, jamais en pantins sans volonté ; les prophètes d'Asie récemment connus, Quadratus d'Athènes et Ammia de Philadelphie, dont les montanistes se proclamaient successeurs, n'avaient rien montré de tel ; et l'Écriture tranche : « les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes ».[28]

« Les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes. » — Saint Paul, Première épître aux Corinthiens, 14, 32[29]

Les montanistes répliquaient par l'Écriture elle-même : Dieu envoya une extase sur Adam (Genèse 2, 21), le psalmiste dit « j'ai dit dans mon extase » (Psaume 115, 2), Pierre reçoit une extase à Joppé (Actes 10, 10). L'argument prouvait l'extase, répondirent les catholiques, non qu'elle fût l'état propre pour prophétiser — et surtout, les nouveaux prophètes finirent par trancher autrement : leur prophétie serait d'un ordre supérieur à l'ancienne, au-dessus des apôtres et même de l'enseignement du Christ, car la promesse du Paraclet (Jean 14, 16) ne visait pas les apôtres mais l'âge suivant.[30]

Les grandes voix : Prisca, Maximilla, Montan

Prisca lie la chasteté à la vision : « le ministre saint sait ministrer la sainteté ; car ceux qui purifient leur cœur voient des visions et, la tête renversée, entendent des voix manifestes, salutaires autant que secrètes » (Tertullien, Exhortation à la chasteté, X).[31] Endormie à Pépuza, raconte-t-elle, le Christ vint à elle sous les traits d'une femme, en vêtement éclatant, dormit à son côté, lui infusa la sagesse et lui révéla « que ce lieu est saint, et qu'ici descend la Jérusalem d'en haut » — fondation mystique du sanctuaire, avec des « mystères » célébrés publiquement.[32] À l'époque d'Épiphane (375-376), Pépuza n'est plus qu'un désert, le village a disparu.[33]

Montan, selon la Catholic Encyclopedia (« Montanists »), se serait présenté en envoyé plénipotentiaire de la fin — celui qui choisit, révèle et interprète ce labeur, cette promesse et cette alliance —, mais l'encyclopédie n'indique pas l'ouvrage patristique d'où cette parole viendrait.[34] Maximilla, qui survit aux deux autres, prophétise des guerres continuelles après sa mort, puis : « Après moi, il n'y aura plus de prophétesse, mais la fin. »[35] Or l'anonyme de 193 le constate avec une ironie terrible : treize ans après sa mort, aucune guerre, ni générale ni partielle, n'a eu lieu — les chrétiens jouissent au contraire d'une paix durable.[36]

Une discipline pour la fin des temps

Jeûnes, chasteté, martyre : le triptyque rigoriste

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Au début, le Paraclet n'ordonne que quelques jeûnes et abstinences : des xérophagies — des diètes sèches — strictes mais limitées à deux semaines par an, samedis et dimanches exclus (Tertullien, Du jeûne, 15).[37] La virginité est fortement recommandée, comme toujours dans l'Église, et les secondes noces réprouvées — Tertullien en fera une loi absolue.[38] Le martyre est exalté si haut que fuir la persécution ou s'en racheter à prix d'argent devient une faute.[39]

« On te met hors la loi ? C'est un bien pour toi : qui n'est pas mis hors la loi parmi les hommes est mis hors la loi dans le Seigneur. N'aie pas de honte : c'est la justice qui te traîne en public. » — Montan, cité par Tertullien, De la fuite pendant la persécution, 9[40]

« Ne désirez pas quitter cette vie dans des lits, dans des fausses couches, dans de molles fièvres, mais dans des martyres, pour que soit glorifié Celui qui a souffert pour vous. » — Montan, cité par Tertullien, De la fuite, 9[41]

Tertullien résume la consigne : « ceux qui reçoivent le Paraclet ne savent ni fuir la persécution ni la soudoyer » (De la fuite, 14) — encore qu'il soit incapable de citer une interdiction formelle de Montan lui-même.[42] À ce stade, conclut l'historien catholique, le plus qu'on puisse dire de ces sentences est une légère tendance à l'extravagance : rien d'hérétique en doctrine, tout en excès de ferveur.[43]

Les trois fondateurs, en bref

MontanPrisca (Priscilla)Maximilla
RôleLe prophète premier, voix du PèreLa voyante mystique de PépuzaLa survivante, voix du Christ
Oracle-clé« Je suis le Père, le Verbe et le Paraclet »Le Christ-femme à Pépuza : « ici descend la Jérusalem d'en haut »« Après moi, plus de prophétesse, mais la fin »
FinMort avant 179 — un récit incertain parle de pendaisonMorte avant MaximillaMorte vers la fin de 179

De la ferveur aux dérives : Thémison, l'argent et les sectes sœurs

Quand les évêques veulent exorciser

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L'Église d'Asie ne reste pas sans rien faire. Des saints personnages tentent d'exorciser Maximilla à Pépuza — dont les évêques Zoticus de Cumane et Julien d'Apamée — mais Thémison les en empêche (Eusèbe, V, 16, 17 et 18, 12).[44] Le même Thémison, qu'on appelait confesseur, s'était selon l'anonyme racheté devant le persécuteur ; il publie néanmoins une « lettre catholique, à l'imitation de l'Apôtre » pour soutenir son parti.[45] Autre compagnon de Maximilla, un soi-disant martyr nommé Alexandre : la prophétesse ignorait, dit l'anonyme, que son homme avait été condamné par le proconsul Æmilius Frontinus à Éphèse non pour le Nom mais pour vol — et il en appelle aux archives publiques d'Asie.[46] D'un chef nommé Alcibiade, on ne sait rien.[47]

Les prophètes, accuse-t-on, recevaient des dons sous couleur d'offrandes, Montan entretenait des prédicateurs salariés, les prophétesses se fardaient, se teignaient les paupières au stibium, portaient des bijoux et jouaient aux dés.[48] L'historien catholique d'aujourd'hui, comme celui de 1911, doit le dire : ces accusations sont peut-être fausses, pièces ordinaires de la polémique antique.[49] Le point décisif n'était d'ailleurs pas moral mais théologique : la manière de prophétiser, dénoncée comme contraire à la coutume et à la tradition.[50]

L'anonyme admet lui-même la fragilité de ses pires récits : Montan et Maximilla se seraient pendus, Thémison aurait été emporté dans les airs par un démon puis précipité — « rapport incertain », avoue-t-il.[51] La méthode est exemplaire : même la controverse ancienne distinguait le certain du douteux, et l'article ne peut faire moins.

Quintilliens, Artotyrites et sobriquets

Après la mort des trois fondateurs, les extravagances redoublent — et il faut distinguer, comme Épiphane, la Nouvelle Prophétie des origines des sectes sœurs qui s'en réclament.[52] Épiphane isole ainsi des Pépuziens ou Quintilliens — du nom de Quintilla, autre nom de Prisca : remerciements à Ève pour avoir mangé du fruit de la science, sommeils rituels à Pépuza pour voir le Christ, sept vierges en blanc entrant avec des lampes pour prophétiser au peuple jusqu'aux larmes, femmes évêques et prêtres en l'honneur d'Ève, sacrement de pain et de fromage — d'où le surnom d'Artotyrites.[53] Prédestinatus assure que ces Pépuziens ne différaient pas vraiment des autres montanistes, sinon qu'ils méprisaient quiconque ne résidait pas à la « nouvelle Jérusalem ».[54]

Courait aussi l'atroce histoire du bébé percé d'épingles d'airain dont le sang servait à pétrir des gâteaux sacrificiels — l'enfant mort tenu pour martyr, survivant pour grand-prêtre.[55] « Pure invention », tranche l'historien — et Tertullien lui-même l'avait réfutée dans son De l'extase.[56] Reste le sobriquet dont Épiphane affuble la secte : Tascodrugites, de deux mots phrygiens signifiant cheville et nez — parce qu'ils prieraient, dit-on, le doigt sur le nez pour paraître recueillis et pieux (Panarion, XLVIII, 14).[57]

Montanisme des origines (IIe siècle)Dérives tardives (IIIe-IVe siècles)
DoctrineAucune doctrine propre — un Esprit, une fin procheGlissements sabelliens, huit cieux, baptême des morts
DisciplineJeûnes brefs, chasteté recommandée, martyre exaltéTriple carême, porte fermée à presque tous les pécheurs
GouvernementProphètes itinérants, Pépuza centre d'attenteÉvêques femmes, cénones et patriarches au-dessus des évêques
Statut des récitsOracles cités par amis et ennemisHistoires atroces réfutées par les montanistes eux-mêmes

L'Église d'Asie répond : synodes et controversistes

Parmi les premiers synodes connus

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Dès les premiers jours, la riposte s'organise. Apollinaire, successeur de saint Papias sur le siège d'Hiérapolis, écrit contre Montan ; Eusèbe connaît sa lettre parce que Sérapion d'Antioche (vers 191-212) la joignit à sa propre lettre aux chrétiens de Carie et du Pont.[58] Apollinaire rapporte le serment d'Ælius Publius Julius de Debeltum en Thrace : le bienheureux Sotas d'Anchialus avait voulu chasser le démon de Prisca, mais « les hypocrites » ne le permirent pas — Sotas étant mort, nul ne pouvait le contredire.[59]

Surtout, « les fidèles d'Asie s'assemblèrent en plusieurs lieux, examinèrent les prophéties nouvelles, les déclarèrent profanes et condamnèrent l'hérésie, si bien que les disciples furent chassés de l'Église et de sa communion ».[60] Ces assemblées asiatiques comptent parmi les tout premiers synodes connus : l'excommunication frappa d'abord les prophètes eux-mêmes, puis, avant même la mort de Maximilla en 179, la sévérité devint la règle commune.[61] L'anonyme de 193 trouve l'Église d'Ancyre toute troublée de la nouvelle prophétie — signe que des Églises entières avaient basculé.[62]

Le dossier des adversaires : Miltiade, Apollonius, Astérius

Trois noms portent la controverse savante. Miltiade, déjà cité, règle la question du discernement. Apollonius, écrivant quarante ans après l'émergence de la secte — donc vers 196 — livre le réquisitoire le plus documenté, auquel Tertullien répondra par le septième livre de son De l'extase.[63] Et un certain Astérius Urbanus constitua un recueil des prophéties (Eusèbe, V, 16, 17) — ces livres innombrables (bibloi apeiroi) dont les Philosophumena (VIII, 19) gardent le souvenir, et dont aucun ne nous est parvenu : nous ne connaissons la voix montaniste que par la bouche de ses ennemis, Tertullien excepté.[64]

Lyon 177 : les martyrs écrivent au pape

En 177, les Églises de Lyon et de Vienne adressent aux Églises d'Asie et de Phrygie leur célèbre récit des martyres. Eusèbe précise qu'elles y joignirent des lettres écrites en prison par les martyrs eux-mêmes sur la question des montanistes, envoyées par la main d'Irénée au pape Éleuthère.[65] Leur avis, dit Eusèbe, était prudent et très orthodoxe : vraisemblablement, ils désapprouvaient les prophètes sans réclamer de mesures extrêmes contre leurs disciples.[66]

On ne niait pas aux montanistes leurs martyrs — on répondait que tous les hérétiques en comptent, et singulièrement les marcionites ; et l'on citait en contre-exemple les vrais martyrs Gaïus et Alexandre d'Eumenea, qui avaient refusé de communier avec des compagnons de martyre gagnés à la nouvelle prophétie (anonyme, V, 16, 27).[67] Les Actes de Carpus, Papylus et Agathonice — cette dernière se jetant elle-même dans le feu — martyrs de Thyatire sous Marc Aurèle (vers 161-169), pourraient trahir une influence montaniste sur des martyrs par ailleurs vénérables.[68]

Rome hésite, puis tranche

Un pape faillit approuver

À Rome, un pape du IIe siècle — plus probablement Éleuthère que Victor, selon l'historien — se montra enclin à approuver les nouvelles prophéties : Tertullien raconte que Praxéas l'en dissuada (Contre Praxéas, 1).[69] Le défenseur romain de la cause s'appelait Proclus (ou Proculus), en grande vénération auprès de Tertullien.[70] Une dispute publique l'opposa à Gaïus, partisan de l'Église, en présence du pape Zéphyrin (vers 202-203) : Eusèbe, ravi d'y trouver Gaïus rejetant l'Apocalypse johannique attribuée à Cérinthe, le qualifie d'homme d'Église (II, 25, 6).[71]

Mais Gaïus était le pire des deux : on sait par le commentaire de l'Apocalypse de Bar Salibi, auteur syriaque du XIIe siècle, qu'il rejetait l'Évangile et les Épîtres de Jean avec l'Apocalypse, les attribuant tous à Cérinthe.[72] C'est contre lui qu'Hippolyte écrivit ses Chapitres contre Gaïus et sa Défense de l'Évangile et de l'Apocalypse de Jean ; Épiphane s'en servit pour sa cinquante et unième hérésie et, la secte n'ayant pas de nom, inventa celui d'Alogoï — à la fois « les sans-raison » et « ceux qui rejettent le Logos ».[73] Ironie de l'histoire : c'est en combattant les montanistes sur le terrain johannique que Gaïus en vint à amputer l'Écriture presque autant qu'eux. Autre transfuge, Æschines, séparé de Proclus vers 200, enseignait que « le Père est le Fils » — modalisme de type Noët ou Sabellius, sans rapport nécessaire avec Montan.[74]

Irénée : ne pas chasser la grâce avec les faux prophètes

Saint Irénée, qui reçut de Lyon le dossier montaniste, vise Gaïus sans le nommer (Contre les hérésies, III, 11, 9) :

« D'autres, pour ruiner le don de l'Esprit répandu sur le genre humain dans les derniers jours selon le bon plaisir du Père, n'admettent pas la forme qui correspond à l'Évangile de Jean, où le Seigneur a promis d'envoyer le Paraclet ; ils rejettent l'Évangile avec l'Esprit prophétique. Malheureux, vraiment : pour ne pas vouloir de faux prophètes, ils chassent de l'Église la grâce de la prophétie — comme ceux qui, pour éviter les hypocrites, se retirent de la communion même avec leurs frères. » — Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 11, 9[75]

Le discernement catholique tient les deux bouts : ni crédulité devant l'extase insoumise, ni sécheresse qui, sous prétexte de faux prophètes, tarirait les charismes. C'est l'équilibre que Rome, après son hésitation, finit par garder.

Tertullien, le génie devenu montaniste

Carthage, 202-207 : une nature excessive rencontre le Paraclet

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Tertullien est le plus célèbre des montanistes — et le seul dont nous possédions les œuvres.[76] Né vers 150-155, devenu chrétien vers 190-195, cet esprit excessif adopte l'enseignement montaniste dès qu'il le connaît, vers 202-203 ; ses écrits deviennent alors de plus en plus amers contre l'Église catholique, dont il se sépare définitivement vers 207 ; il meurt vers 223.[77]

Son premier ouvrage montaniste fut une défense de la nouvelle prophétie en six livres, le De l'extase — probablement en grec —, augmentée d'un septième livre contre Apollonius : l'ensemble est perdu, sauf une phrase conservée par Prédestinatus (XXVI), capitale pour comprendre ce que Tertullien retint du montanisme : « En cela seul nous différons : nous ne recevons pas le second mariage, et nous ne refusons pas la prophétie de Montan sur le jugement futur. »[78] Il fait des recommandations de Montan — fuir les secondes noces, fuir la fuite — une loi absolue, nie à l'Église le pouvoir de pardonner certains péchés, impose les jeûnes nouveaux : les catholiques deviennent les Psychiques — charnels, gloutons et remariés qui haïssent le jeûne — face aux spirituels du Paraclet.[79]

« En cela seul nous différons : nous ne recevons pas le second mariage, et nous ne refusons pas la prophétie de Montan sur le jugement futur. » — Tertullien, De l'extase, phrase conservée par Prédestinatus, XXVI[80]

Tertullien, note l'historien, exagéra les points qui lui plaisaient et se soucia peu du reste : jamais l'idée d'un pèlerinage à Pépuza, dont il se contente de partager en esprit les fêtes.[81] Sa suite ne dut pas être nombreuse — mais les Actes de Perpétue et Félicité refléteraient, selon plusieurs, ce moment carthaginois où l'enseignement montaniste suscitait sympathie et intérêt sans encore faire schisme.[82]

Les tertullianistes, d'Augustin à Théodose

Une secte tertullianiste survit à son maître ; ses restes seront réconciliés à l'Église par saint Augustin (Des hérésies, 86).[83] Vers 392-394, une Africaine, Octaviana, femme d'Hesperius, favori du duc Arbogaste et de l'usurpateur Maxime, amène à Rome un prêtre tertullianiste qui délirait comme un possédé ; il obtient l'usage de l'église des saints Processus et Martinianus, sur la voie Aurélienne — puis Théodose l'en expulse, et l'on n'entendit plus parler ni de lui ni d'Octaviana.[84]

Condamnation, survie, extinction

Ce que la secte devint : le tableau de Jérôme en 384

En 384, saint Jérôme (Lettre 41) décrit le montanisme de son temps : des sabelliens en Trinité, interdisant les secondes noces, observant trois carêmes « comme si trois Sauveurs avaient souffert », avec au-dessus des évêques des cénones — mot phrygien probable — et au-dessus des cénones des patriarches à Pépuza, et la porte de l'Église fermée à presque tout péché.[85] Il ajoute leur grande prétention : Dieu, n'ayant pu sauver le monde ni par Moïse et les Prophètes, ni par le Christ lui-même, aurait fait descendre l'Esprit sur Montan, Prisca et Maximilla avec une plénitude que saint Paul lui-même n'avait pas (1 Corinthiens 13, 9) — l'histoire du bébé sanglant, lui, Jérôme refuse d'y croire.[86]

On signalait encore : le baptême des morts (Philastre, XLVIII et XLIX), la Pâque au 6 avril ou le dimanche suivant (Sozomène), huit cieux et huit degrés de damnation (Germain de Constantinople).[87] Origène hésitait s'il fallait les tenir pour schismatiques ou hérétiques ; saint Basile s'étonne que Denys d'Alexandrie ait admis la validité de leur baptême (Lettre 182).[88]

Le droit de l'Église : rebaptiser les convertis

La sentence disciplinaire la plus lourde vient du texte connu comme le canon 7 de Constantinople I (381) — canon transmis par la tradition latine et dont l'authenticité est discutée : les montanistes — appelés ici Phrygiens — y sont rangés avec les eunomiens et les sabelliens parmi ceux qu'on reçoit comme des païens, c'est-à-dire par un nouveau baptême, tandis qu'ariens, macédoniens et novatiens sont reçus par la seule chrismation.[89] Les empereurs chrétiens, depuis Constantin, portent loi sur loi contre eux — lois guère exécutées en Phrygie, note Sozomène (II, 32), où la secte reste chez elle.[90] Peu à peu, elle devient une petite secte secrète ; en 561, on exhuma les ossements de Montan ; au VIe siècle, le mouvement s'éteint.[91]

Pourquoi l'Église a dit non — et ce qu'elle n'a pas dit

Trois refus, une fidélité

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Le dossier instruit, le verdict tient en trois refus. Premier refus : une prophétie qui juge l'Église. L'ancienne Église croit aux charismes — Irénée le rappelle à Gaïus — mais elle ne reçoit une parole prophétique que soumise : « n'éteignez pas l'Esprit, ne méprisez pas les prophéties, mais examinez tout et retenez ce qui est bon ».[92] Montan inverse l'ordre : ce n'est plus la prophétie qu'on examine, c'est l'Église qu'elle examine — et qu'elle condamne.[93]

Deuxième refus : un Paraclet qui complète le Christ. La promesse de Jean 14, 16 visait les apôtres, non un âge suivant ; la Révélation est close avec le Christ et les apôtres. Le Catéchisme le dira avec la netteté des Pères : les révélations dites privées « n'appartiennent pas au dépôt de la foi » et leur rôle n'est pas « d'améliorer ou de compléter la Révélation définitive du Christ ».[94]

« Gardez-vous des faux prophètes, qui viennent à vous en vêtements de brebis, mais au-dedans sont des loups rapaces. » — Évangile selon saint Matthieu, 7, 15[95]

Troisième refus : une sainteté qui excommunie les pécheurs. Fermer la porte de l'Église à presque tout péché, c'est contredire Celui qui mangeait avec les publicains et confier le jugement dernier à une discipline d'avant le Jugement. Sur ce point, le rigorisme montaniste annonce déjà, un demi-siècle à l'avance, le schisme des purs que le novatianisme portera à Rome.[96]

Et l'objection : l'Église aurait-elle étouffé l'Esprit ?

L'objection vaut d'être prise au sérieux — des savants protestants du XIXe siècle, Ritschl, puis Harnack et Bonwetsch, y ont vu une Église mondanisée étouffant la ferveur primitive : des croyants de la vieille école, protestant au nom de l'Évangile contre une Église sécularisée par son succès, se seraient jetés dans un mouvement d'enthousiasme né dans une province reculée.[97] Séduisante, la théorie « n'a pour base que l'imagination », répond l'historien catholique : aucun fait ne l'appuie — les pièces du dossier montrent au contraire une Église d'Asie fervente, des martyrs qui discernent, un Irénée qui défend les charismes en même temps qu'il refuse l'insoumission.[98] L'Église n'a pas étouffé l'Esprit : elle a refusé qu'on l'enferme dans une transe incontrôlable et dans un calendrier de la fin du monde — deux fois démenti, en 179 puis en 193, par les faits eux-mêmes.[99]

Ce que l'archéologie a retrouvé

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Pépuza, déserte au temps d'Épiphane, était restée perdue pendant seize siècles. En 2000, une équipe internationale découvre dans le canyon d'Ulubey le site de l'antique Pépuza ainsi qu'une inscription mentionnant Tymion, sous la direction de William Tabbernee (Tulsa) ; Peter Lampe (Heidelberg) conçoit et dirige depuis 2001 les campagnes de fouilles annuelles, qui exhument Tymion — à Sükraniye — et plusieurs habitats inconnus, meilleurs candidats à ce jour pour les deux centres saints du montanisme antique.[100] Leurs résultats sont publiés en 2008 : Pepouza and Tymion. The Discovery and Archaeological Exploration of a Lost Ancient City and an Imperial Estate (De Gruyter).[101] La « Jérusalem d'en haut » avait une adresse terrestre — on peut désormais la visiter.

Pour l'étude moderne du dossier, deux repères : en français, la monographie classique de Pierre de Labriolle, La Crise montaniste (Paris, Leroux, 1913) ; en anglais, l'enquête de Christine Trevett, Montanism: Gender, Authority and the New Prophecy (Cambridge, 1996), qui a renouvelé la lecture du rôle des prophétesses.[102][103]

Chronologie synthétique

  1. vers 156-157
    Ardabau : Montan prophétise
    Nouvelle Prophétie

    Montan entre en transe en Phrygie ; Prisca et Maximilla reçoivent le même don. Centre à Pépuza et Tymion.

  2. vers 160-170
    Synodes d'Asie
    premières condamnations

    Les fidèles d'Asie s'assemblent, examinent les prophéties, les déclarent profanes ; Apollinaire d'Hiérapolis écrit contre Montan.

  3. 177
    Lyon écrit au pape
    martyrs et discernement

    Les Églises de Lyon et de Vienne joignent au récit des martyres des lettres de prisonniers sur les montanistes, portées par Irénée à Éleuthère.

  4. vers 179
    Mort de Maximilla
    la fin qui ne vient pas

    La dernière prophétesse meurt ; les guerres annoncées n'ont pas lieu. L'anonyme écrit vers 193, en pleine paix.

  5. vers 196
    Apollonius réfute
    controverse savante

    Quarante ans après les débuts, Apollonius livre le grand réquisitoire ; Miltiade règle le discernement de l'extase.

  6. vers 202-207
    Tertullien bascule
    Rome et Carthage

    Dispute de Gaïus contre Proclus devant Zéphyrin ; Tertullien adopte la Nouvelle Prophétie puis rompt avec l'Église.

  7. 381
    Canon 7 attribué à Constantinople I
    rebaptême (authenticité discutée)

    Les montanistes, dits Phrygiens, sont reçus dans l'Église comme des païens : leur baptême est tenu pour invalide (canon transmis par la tradition latine ; authenticité discutée).

  8. 384
    Jérôme décrit la secte
    cénones et patriarches

    Trois carêmes, porte fermée aux pécheurs, cénones et patriarches à Pépuza : la Lettre 41 fixe l'état tardif.

  9. vers 392-430
    Derniers feux en Occident
    tertullianistes

    Prêtre tertullianiste expulsé de Rome sous Théodose ; Augustin réconcilie les derniers tertullianistes d'Afrique.

  10. 561 / VIe siècle
    Exhumation puis extinction
    fin du dossier antique

    Les ossements de Montan sont exhumés en 561 ; au VIe siècle, le mouvement s'éteint. Pépuza retrouvée en 2000.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Catholic Encyclopedia, « Montanists », I. Montanism in Asia Minor, New Advent : Montan, converti récent, commence à prophétiser à Ardabau en Phrygie ; Prisca (Priscilla) et Maximilla reçoivent le même don ; quartier général à Pépuza.

    1
  2. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : foules accourues à Pépuza ; Prisca endormie à Pépuza reçoit la révélation que « ce lieu est saint, et qu'ici descend la Jérusalem d'en haut » ; mystères célébrés publiquement.

    2 11
  3. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : grande popularité en Asie — des Églises entières montanistes, Ancyre troublée en 193 ; extension à Rome (Proclus) et Carthage (Tertullien).

    3
  4. Catholic Encyclopedia, « Montanists », Tertullian : le plus célèbre des montanistes, rupture définitive vers 207.

    4 76
  5. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : le grand point fut la manière de prophétiser, dénoncée comme contraire à la coutume et à la tradition ; prophétie placée au-dessus des apôtres et de l'enseignement du Christ.

    5
  6. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : l'Église ancienne croyait aux charismes ; saint Irénée (III, 11, 9) reproche à Gaïus de chasser la grâce de prophétie en refusant les faux prophètes.

    6
  7. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : Ardabau, village à la frontière mysienne ; Montan converti récent.

    7
  8. Saint Jérôme, cité par la Catholic Encyclopedia, « Montanists » : Montan auparavant prêtre de Cybèle — information peut-être inventée pour rattacher ses extases au culte orgiastique de la Grande Déesse.

    8
  9. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : Maximilla et Prisca (Priscilla) ; Épiphane appelle Priscilla aussi Quintilla.

    9
  10. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : rumeur que Priscilla, mariée, avait quitté son mari.

    10
  11. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : foules chrétiennes de Phrygie — Pline en 112, inscriptions d'Otrus, Hiérapolis, Pépuza (260), Eumenea (249), Trajanopolis (279) ; voir Harnack, Expansion du christianisme, II, 360.

    12
  12. Catholic Encyclopedia, « Montanists », Chronology : tout le débat chronologique — Zahn, Harnack, Duchesne (pour 156-157) contre Völter et Voigt (pour 172).

    13
  13. Eusèbe de Césarée, Chronique, onzième (ou douzième) année de Marc Aurèle, soit vers 172 : date du premier surgissement de Montan — citée et discutée par la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    14
  14. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : secte déjà de grande importance en 177, quand l'Église de Lyon écrit au pape Éleuthère à son sujet.

    15
  15. Saint Épiphane de Salamine, Panarion, XLVIII, 1 : naissance de la secte « vers la dix-neuvième année d'Antonin le Pieux », soit 156 ou 157 — suivie par Zahn, Harnack et Duchesne.

    16
  16. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, V, 16, 7 : début sous le proconsulat de Gratus — proconsul inconnu, où Zahn propose de lire Quadratus (attesté en 155, année de Polycarpe), via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    17
  17. Anonyme antmontaniste, cité par Eusèbe, Histoire ecclésiastique, V, 16, 19 : écrit plus de treize ans après la mort de Maximilla, en pleine paix — soit au plus tard janvier 193, sous Commode (17 mars 180 – 31 décembre 192) ; Maximilla morte vers fin 179.

    18
  18. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : Phrygiens accoutumés au culte orgiastique de Cybèle.

    19
  19. Actes de Théodote, cités par la Catholic Encyclopedia, « Montanists » : le village de Malus près d'Ancyre entièrement chrétien sous Dioclétien ; concile à Synnada au IIIe siècle.

    20
  20. Anonyme, cité par Eusèbe, Histoire ecclésiastique, V, 17, 2-3 : égarement de terreur, puis quiétude sans crainte, vacance étudiée de l'esprit, frénésie incontrôlable.

    21
  21. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : les prophètes ne parlent pas en envoyés de Dieu mais possédés, en Sa personne.

    22
  22. Montan, « Je suis le Père, le Verbe et le Paraclet », cité par Didyme l'Aveugle, De la Trinité, III, 41 — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    23
  23. Montan, « Je suis le Seigneur Dieu tout-puissant descendu dans l'homme… ni ange ni ambassadeur, mais moi, le Seigneur, le Père, je suis venu », cité par saint Épiphane, Panarion, XLVIII, 11 — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    24
  24. L'Esprit de Montan, « Voici l'homme comme une lyre, et moi je fonds sur lui comme le plectre. L'homme dort, et moi je veille », cité par saint Épiphane, Panarion, XLVIII, 4 — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    25
  25. Maximilla, « Écoutez non pas moi, mais écoutez le Christ… je ne suis pas un loup, je suis parole, esprit et puissance », citée par saint Épiphane, Panarion, XLVIII, 11 — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists » (rapprochement avec Matthieu 7, 15).

    26
  26. Miltiade, Comment un prophète ne doit pas parler en extase, cité par l'anonyme (Eusèbe, V, 17) — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    27
  27. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : phénomènes de possession contre prophètes de l'Ancien Testament, Silas, Agabus, filles de Philippe, Quadratus d'Athènes et Ammia de Philadelphie ; « les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes ».

    28
  28. Saint Paul, Première épître aux Corinthiens, 14, 32 : « les esprits des prophètes sont soumis aux prophètes ».

    29
  29. Pseudo-Tertullien, De la prescription, 52 : le Saint-Esprit chez les apôtres, mais le Paraclet point — le Paraclet publie par Montan plus que le Christ dans l'Évangile, et non seulement plus, mais meilleur et plus grand — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    30
  30. Priscilla, sur la chasteté préparation de l'extase, citée par Tertullien, Exhortation à la chasteté, X (un manuscrit) — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    31
  31. Priscilla (ou Quintilla selon la source d'Épiphane), songe de Pépuza (le Christ en forme de femme, vêtement éclatant, sagesse infusée, et révélation que « c'est ici que la Jérusalem d'en haut descend »), rapporté par saint Épiphane, Panarion, XLIX, 1-3 — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    32
  32. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : au temps d'Épiphane (375-376), Pépuza est un désert, le village a disparu.

    33
  33. Catholic Encyclopedia (1913), « Montanists » : « Montanus declared: "The Lord hath sent me as the chooser, the revealer, the interpreter of this labor, this promise, and this covenant, being forced, willingly or unwillingly, to learn the gnosis of God." » — parole attribuée à Montan par l'encyclopédie sans indication d'ouvrage patristique ; rendue ici en paraphrase, faute de lieu exact vérifiable.

    34
  34. Maximilla, « Après moi, il n'y aura plus de prophétesse, mais la fin », citée par saint Épiphane, Panarion, XLVIII, 2, 4 — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    35
  35. Anonyme, cité par Eusèbe, V, 16, 19 : Maximilla avait prophétisé guerres et troubles continuels, mais treize ans après sa mort aucune guerre, ni générale ni partielle — les chrétiens jouissent d'une paix durable.

    36
  36. Tertullien, Du jeûne, 15 : xérophagies strictes, deux semaines par an, samedis et dimanches exclus — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    37
  37. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : virginité fortement recommandée, secondes noces réprouvées.

    38
  38. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : martyre si prisé que fuir la persécution ou s'en racheter est réprouvé.

    39
  39. Montan, « On te met hors la loi ? C'est un bien pour toi… », cité par Tertullien, De la fuite pendant la persécution, 9 — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    40
  40. Montan, « Ne désirez pas quitter cette vie dans des lits… mais dans des martyres », cité par Tertullien, De la fuite, 9 (cf. De l'âme, 55) — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    41
  41. Tertullien, De la fuite, 14 : « ceux qui reçoivent le Paraclet ne savent ni fuir la persécution ni la soudoyer » — sans citation d'une interdiction formelle de Montan, via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    42
  42. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : de ces sentences didactiques, le plus qu'on puisse dire est une légère tendance à l'extravagance.

    43
  43. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, V, 16, 17 et 18, 12 : Zoticus de Cumane et Julien d'Apamée tentant d'exorciser Maximilla à Pépuza, empêchés par Thémison — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    44
  44. Anonyme, cité par Eusèbe, V, 16 : Thémison dit confesseur mais racheté ; « lettre catholique, à l'imitation de l'Apôtre » — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    45
  45. Anonyme, cité par Eusèbe, V, 18 : Alexandre, compagnon de Maximilla, condamné par le proconsul Æmilius Frontinus à Éphèse pour vol et non pour le Nom — archives publiques d'Asie à l'appui — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    46
  46. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : d'Alcibiade, autre chef, on ne sait rien.

    47
  47. Anonyme, cité par Eusèbe : dons sous couleur d'offrandes, prédicateurs salariés, fards et dés des prophétesses — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    48
  48. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : « ces accusations sont peut-être fausses ».

    49
  49. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : le grand point fut la manière de prophétiser.

    50
  50. Anonyme, cité par Eusèbe : Montan et Maximilla pendus, Thémison emporté par un démon — « rapport incertain » de l'aveu même de l'auteur — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    51
  51. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : les extravagances de la secte datent d'après la mort des trois fondateurs ; il est difficile de savoir jusqu'où croire nos autorités.

    52
  52. Saint Épiphane, Panarion, XLVIII-XLIX : Pépuziens ou Quintilliens (de Quintilla, autre nom de Prisca) — actions de grâces à Ève, sommeils à Pépuza, sept vierges aux lampes, femmes évêques et prêtres, pain et fromage (Artotyrites) — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    53
  53. Prédestinatus, XXVI : les Pépuziens ne diffèrent pas vraiment des autres montanistes, sinon le mépris de qui ne demeure pas à la « nouvelle Jérusalem » — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    54
  54. Histoire du bébé percé d'épingles d'airain, sang mêlé aux gâteaux — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    55
  55. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : « pure invention », spécialement niée dans le De l'extase de Tertullien ; saint Jérôme lui-même refuse d'y croire (Lettre 41).

    56
  56. Saint Épiphane, Panarion, XLVIII, 14 : surnom de Tascodrugites, du phrygien tascodrugos (cheville-nez) — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    57
  57. Apollinaire d'Hiérapolis, successeur de Papias, lettre contre Montan, connue par Sérapion d'Antioche (vers 191-212), lettre aux chrétiens de Carie et du Pont — via Eusèbe et la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    58
  58. Ælius Publius Julius de Debeltum, serment rapporté par Apollinaire : le bienheureux Sotas d'Anchialus voulut chasser le démon de Prisca — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    59
  59. Anonyme, cité par Eusèbe, Histoire ecclésiastique, V, 16 : les fidèles d'Asie assemblés en plusieurs lieux, prophéties déclarées profanes, hérésie condamnée, disciples chassés de l'Église et de sa communion — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    60
  60. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : d'abord condamnation des prophètes et simple désapprobation des disciples, sévérité devenue règle commune avant la mort de Maximilla en 179.

    61
  61. Anonyme (Eusèbe, V, 16) : l'Église d'Ancyre grandement troublée de la nouvelle prophétie en 193 — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    62
  62. Apollonius, écrivant quarante ans après l'émergence de la secte (vers 196), réfuté par le septième livre du De l'extase de Tertullien — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    63
  63. Astérius Urbanus, recueil des prophéties (Eusèbe, V, 16, 17) ; livres innombrables (Philosophumena, VIII, 19), tous perdus — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    64
  64. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, V : en 177, les Églises de Lyon et de Vienne écrivent aux Églises d'Asie et de Phrygie ; lettres de prisonniers sur les montanistes portées par Irénée au pape Éleuthère — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    65
  65. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : avis prudent et très orthodoxe — désapprobation probable des prophètes sans mesures extrêmes contre leurs disciples.

    66
  66. Anonyme, cité par Eusèbe, V, 16, 27 : tous les hérétiques comptent des martyrs, singulièrement les marcionites ; Gaïus et Alexandre d'Eumenea refusant la communion des montanistes — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    67
  67. Actes de Carpus, Papylus et Agathonice, martyrs de Thyatire sous Marc Aurèle (vers 161-169), possible influence montaniste — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    68
  68. Tertullien, Contre Praxéas, 1 : un pape du IIe siècle (plus probablement Éleuthère que Victor) enclin à approuver, dissuadé par Praxéas — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    69
  69. Proclus (Proculus), défenseur romain de la cause, en grande vénération auprès de Tertullien — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    70
  70. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique, II, 25, 6 : dispute de Gaïus contre Proclus en présence du pape Zéphyrin (vers 202-203) ; Gaïus rejette l'Apocalypse johannique attribuée à Cérinthe — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    71
  71. Bar Salibi, auteur syriaque du XIIe siècle, commentaire de l'Apocalypse : Gaïus rejetait aussi l'Évangile et les Épîtres de Jean, tous attribués à Cérinthe (voir Theodore H. Robinson, Expositor, VII, 6e série, juin 1906) — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    72
  72. Saint Épiphane, Panarion, LI : les Chapitres contre Gaïus et la Défense de l'Évangile et de l'Apocalypse d'Hippolyte ; nom d'Alogoï inventé par Épiphane — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists » (cf. Philastre, Hér., 60).

    73
  73. Æschines, séparé de Proclus vers 200 (« le Père est le Fils »), monarchien de type Noët ou Sabellius — via le Pseudo-Tertullien, De la prescription, 52, et la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    74
  74. Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 11, 9 (contre Gaïus non nommé ; leçon pseudoprophetas esse nolunt de Zahn) — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    75
  75. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : né vers 150-155, chrétien vers 190-195, montaniste vers 202-203, rupture définitive vers 207, mort vers 223.

    77
  76. Tertullien, De l'extase, six livres (probablement en grec) plus un septième contre Apollonius — ouvrage perdu, phrase conservée par Prédestinatus, XXVI — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists » (qui signale aussi la confusion de Prédestinatus entre les papes Soter et Sotas d'Anchialus).

    78
  77. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : catholiques dits Psychiques contre spirituels du Paraclet ; négation du pardon ecclésial ; jeûnes et abstinences nouvellement ordonnés.

    79
  78. Tertullien, De l'extase, « En cela seul nous différons… », conservé par Prédestinatus, XXVI — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    80
  79. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : Tertullien exagéra les points qui lui plaisaient, se souciant peu du reste ; nulle idée de pèlerinage à Pépuza, communion en esprit avec les fêtes d'Asie Mineure.

    81
  80. Actes de Perpétue et Félicité : reflet possible d'un Carthage où l'enseignement montaniste suscitait intérêt et sympathie sans schisme formé — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    82
  81. Saint Augustin, Des hérésies, 86 : restes de la secte tertullianiste réconciliés à l'Église — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    83
  82. Octaviana, femme d'Hesperius, et le prêtre tertullianiste de l'église des saints Processus et Martinianus (voie Aurélienne), expulsé par Théodose, vers 392-394 — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    84
  83. Saint Jérôme, Lettre 41 (384) : montanistes sabelliens en Trinité, secondes noces interdites, trois carêmes, cénones au-dessus des évêques et patriarches à Pépuza, porte fermée à presque tout péché — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    85
  84. Saint Jérôme, Lettre 41 : plénitude donnée à Montan, Prisca et Maximilla, que saint Paul n'avait pas (1 Corinthiens 13, 9) ; refus de croire au sang du bébé — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    86
  85. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : baptême des morts (Philastre, Hér., 49), Pâque au 6 avril (Sozomène, XVIII), huit cieux et huit degrés (Germain de Constantinople, P.G., XCVIII, 44).

    87
  86. Origène, Lettre à Tite (dans Pamphile, Apologie, I, fin) : incertain si schismatiques ou hérétiques ; saint Basile, Lettre 182 : étonnement que Denys d'Alexandrie ait admis leur baptême — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    88
  87. Texte connu comme le canon 7 du Ier concile de Constantinople (381) : eunomiens (une seule immersion), montanistes dits Phrygiens et sabelliens reçus comme païens ; ariens, macédoniens, sabbatiens, novatiens, quartodécimans et apollinaristes reçus par l'anathème et la chrismation — texte Schaff, Documenta Omnia ; canon transmis par la tradition latine, authenticité discutée : selon la note de Schaff (NPNF, 2e série, vol. XIV), seuls les quatre premiers canons sont unanimement anciens et « au minimum, le septième canon ne peut émaner de ce concile » (absent de la collection de Jean le Scholastique au VIe siècle).

    89
  88. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : lois des empereurs chrétiens depuis Constantin, guère exécutées en Phrygie (Sozomène, II, 32).

    90
  89. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : petite secte secrète, ossements de Montan exhumés en 561 (le scan porte « S61 », mal transcrit « 861 » dans les rééditions numériques ; cf. Jean d'Éphèse, qui fit exhumer et brûler les ossements de Montan, Prisca et Maximilla vers 550 sous Justinien), extinction au VIe siècle.

    91
  90. Saint Paul, Première épître aux Thessaloniciens, 5, 19-21 : « N'éteignez pas l'Esprit, ne méprisez pas les prophéties, mais examinez tout et retenez ce qui est bon. »

    92
  91. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : la nouvelle prophétie tenue pour supérieure aux apôtres et au Christ — promesse du Paraclet réservée à l'âge suivant.

    93
  92. Catéchisme de l'Église catholique, § 67 : les révélations dites privées n'appartiennent pas au dépôt de la foi ; leur rôle n'est pas d'améliorer ou de compléter la Révélation définitive du Christ (vatican.va).

    94
  93. Évangile selon saint Matthieu, 7, 15 : « Gardez-vous des faux prophètes… »

    95
  94. Saint Jérôme, Lettre 41, via la Catholic Encyclopedia, « Montanists » : porte de l'Église fermée à presque tout péché.

    96
  95. Ritschl, Entstehung der Altkatholischenkirche (2e éd., Bonn, 1857), suivi par Harnack et Bonwetsch : théorie de l'Église sécularisée et du sursaut enthousiaste — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists » (Harnack, Encycl. Brit., 9e éd., 1878).

    97
  96. Catholic Encyclopedia, « Montanists » : « théorie ingénieuse » sans base que l'imagination, aucun fait avancé en sa faveur.

    98
  97. Anonyme (Eusèbe, V, 16, 19) : treize ans après Maximilla, aucune guerre — via la Catholic Encyclopedia, « Montanists ».

    99
  98. Découverte en 2000 dans le canyon d'Ulubey (site de Pépuza, inscription de Tymion), équipe dirigée par William Tabbernee ; campagnes annuelles conçues et dirigées par Peter Lampe (Heidelberg) depuis 2001, Tymion à Sükraniye.

    100
  99. W. Tabbernee – P. Lampe, Pepouza and Tymion. The Discovery and Archaeological Exploration of a Lost Ancient City and an Imperial Estate, De Gruyter, 2008.

    101
  100. Pierre de Labriolle, La Crise montaniste, Paris, Leroux, 1913 : monographie française classique.

    102
  101. Christine Trevett, Montanism: Gender, Authority and the New Prophecy, Cambridge, 1996.

    103