Saint Pierre apôtre (Bethsaïde - Rome, vers 64/67)

Premier des Douze et auteur de deux épîtres, Pierre occupe une place unique dans le Nouveau Testament. Sa figure scripturaire, ses écrits reçus comme Parole de Dieu, et les raisons de tenir leur attribution traditionnelle.

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Saint Pierre, pêcheur galiléen devenu le premier des Douze Apôtres, est le personnage le plus cité du Nouveau Testament après Jésus lui-même : il y est nommé 154 fois sous le nom de Pierre, sans compter Simon et Képhas[1]. Témoin de la Transfiguration, premier confesseur de la divinité du Christ, renégat pardonné puis pasteur du troupeau, martyr à Rome sous Néron, il est aussi l'un des auteurs de l'Écriture : deux épîtres portent son nom et la plus ancienne tradition voit derrière l'Évangile de Marc sa propre prédication mise par écrit[2].

Cet article le présente comme personnage de la Bible reçue par l'Église : sa place exacte dans le canon, l'attribution et la datation traditionnelles de ses écrits, les témoins anciens qui les garantissent, leur plan et leur théologie, leur usage dans la liturgie, puis, en fin de parcours, les objections de l'exégèse moderne et leurs limites. Le dossier dogmatique de sa primauté est traité dans Pape saint Pierre, l'archéologie de son tombeau dans la Basilique Saint-Pierre de Rome, et son portrait de saint dans Saint Pierre : on ne les redouble pas ici, on y renvoie.

La place de Pierre dans le Nouveau Testament

Le premier des listes, le plus nommé des témoins

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Dans les quatre listes des Douze que donne le Nouveau Testament, Simon-Pierre est toujours nommé le premier, comme Judas est toujours nommé le dernier ; Matthieu écrit même : « le premier, Simon, nommé Pierre »[3]. Benoît XVI relève les chiffres : après Jésus, Pierre est le personnage le plus célèbre et le plus cité des écrits du Nouveau Testament, mentionné 154 fois avec le surnom de Pierre, traduction grecque de l'araméen Képhas donné par Jésus lui-même, attesté neuf fois, en particulier dans les lettres de Paul ; s'y ajoutent 75 mentions de Simon et deux de Siméon, en Actes 15, 14 et en 2 Pierre 1, 1[4]. Il parle au nom des Apôtres, reçoit les paroles les plus solennelles du Christ et préside la première communauté de Jérusalem[5].

Le tableau suivant montre où le Nouveau Testament fait parler ou agir Pierre, et où il se tait : cette répartition dessine déjà son rôle, témoin du Christ de la Galilée à Rome.

CorpusPierre y apparaîtRôle principal
Les quatre ÉvangilesPartout, du premier appel au matin de PâquesDisciple appelé, confesseur, témoin, renégat pardonné
Les Actes des ApôtresChapitres 1 à 12, puis au concile (ch. 15)Chef de la première Église, ouverture aux païens
Les lettres de PaulGalates 1-2, 1 Corinthiens 1, 9 et 15Colonne de Jérusalem, témoin de la Résurrection
Les deux épîtres de PierreAuteur nommé (1 P 1, 1 ; 2 P 1, 1)Pasteur qui exhorte les Églises éprouvées
L'ApocalypseJamais nommé directementLes douze fondements portent les noms des Douze (Ap 21, 14)

Ce tableau appelle deux remarques. D'abord, Paul parle peu de Pierre, mais ce peu est décisif : quinze jours passés chez lui à Jérusalem trois ans après sa conversion, la main de communion échangée à Antioche, et la primauté dans la liste des témoins de la Résurrection[6][7]. Ensuite, l'Apocalypse ne le nomme pas, alors que tout le Nouveau Testament converge vers lui : signe que sa figure appartient à l'histoire apostolique racontée, non à la vision prophétique.

Simon, fils de Jonas, pêcheur de Galilée

Un Juif de Bethsaïde, artisan de la pêche

Simon est fils de Jean, selon l'appellation de Jean 1, 42, ou fils de Jonas (Bar-Jona), selon Matthieu 16, 17 : les deux formes circulent dès l'Église ancienne et désignent le même homme[8]. Il est de Bethsaïde, petite ville à l'est de la mer de Galilée dont proviennent aussi Philippe et André, son frère ; sa façon de parler trahit l'accent galiléen[9]. Comme son frère, il est pêcheur : avec la famille de Zébédée, père de Jacques et de Jean, il dirige une petite activité de pêche sur le lac de Génésareth, ce qui suppose une certaine aisance et des associés, non la misère romantique[10].

Deux traits domestiques précisent le portrait. Il est marié : Jésus guérit un jour sa belle-mère à Capharnaüm, dans la maison où Simon loge lui-même, et Paul rappellera plus tard que les apôtres, dont Pierre, voyagent accompagnés d'une femme croyante[11][12]. Et cette maison de Capharnaüm est entrée dans l'histoire : des fouilles y ont mis au jour, sous le pavement en mosaïque d'une petite église byzantine, les traces d'une maison-église plus antique, avec des inscriptions comportant des invocations à Pierre[13]. Le pêcheur logeait donc au centre du premier quartier général galiléen de Jésus.

D'abord disciple du Baptiste, puis appelé au lac

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Avant de suivre Jésus, Simon a cherché Dieu à l'école de Jean-Baptiste : le désir de voir Dieu intervenir dans l'histoire le pousse avec André jusqu'en Judée pour écouter la prédication du Baptiste[14]. C'est là, selon le quatrième Évangile, qu'André lui amène Jésus, qui pose sur lui son regard et lui donne un nom nouveau[15].

« Tu es Simon, fils de Jean ; tu t'appelleras Képhas, ce qui veut dire : Pierre. »[16]

Ce nom donné d'avance commande toute la suite : Dieu renomme ceux qu'il envoie, comme Abram devenu Abraham et Jacob devenu Israël. Le récit synoptique de l'appel au lac en donne la scène : Jésus monte dans la barque de Simon pour enseigner les foules, ordonne la pêche impossible, et devant les filets qui se rompent Simon s'écrie qu'il est un homme pécheur.

« Et ainsi, la barque de Pierre devient la Chaire de Jésus. »

  • Benoît XVI, audience générale du 17 mai 2006[17]

Le Ressuscité fera de ce pêcheur effrayé un pêcheur d'hommes jusqu'à Rome.

Pierre dans les Évangiles

L'appel, la confession, la Transfiguration

Les Évangiles permettent de suivre pas à pas l'itinéraire spirituel de Pierre, caractère décidé et impulsif, capable de l'épée au jardin des Oliviers comme du repentir le plus sincère[18]. Trois sommets structurent cet itinéraire. L'appel au bord du lac, où le menuisier de Nazareth, qui n'est pas un expert en pêche, obtient du professionnel la confiance contre tout métier : « sur ton ordre, je vais jeter les filets »[19]. La confession de Césarée de Philippe, où Jésus ne se contente pas du ouï-dire et exige une prise de position personnelle : « Pour vous, qui suis-je ? », et Pierre répond au nom des autres : « Tu es le Christ »[20]. Cette réponse, précise Matthieu, ne vient pas de la chair et du sang mais du Père qui est aux cieux, et elle contient en germe la future confession de foi de l'Église[21].

Suit aussitôt la promesse qui fonde sa place unique :

« Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle. Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans les cieux. »[22]

Le Catéchisme y voit le roc de la foi de l'Église et la charge confiée à Simon, premier du collège des Douze[23]. Le fondement dogmatique de cette primauté, avec les objections et leurs réponses, est traité dans Pape saint Pierre : on s'y reporte et on ne le redouble pas. La Transfiguration fait de Pierre, avec Jacques et Jean, l'un des trois témoins de la gloire, endormis puis éblouis ; il proposera de dresser trois tentes, sans savoir ce qu'il dit, et entendra la voix du Père[24]. Lui-même rappellera ce moment dans sa seconde épître comme une vision d'homme mûr, non un récit inventé[25].

Le reniement et la restauration du pasteur

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Pierre veut un Messie homme divin qui impose sa puissance ; Jésus se présente comme le Dieu humain, serviteur souffrant, et devant l'annonce de la Passion Pierre proteste et s'attire le « Passe derrière moi, Satan »[26]. À la Cène, Jésus l'avertit personnellement : Satan a réclamé de passer les disciples au crible, mais lui a prié pour que sa foi ne défaille pas, avec une mission précise pour l'après-chute.

« J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, quand tu seras revenu, affermis tes frères. »[27]

Le reniement a lieu comme annoncé, trois fois devant une servante, puis le coq chante et le Seigneur se retourne : Pierre pleure amèrement[28]. Le matin de Pâques, le message de l'ange nomme expressément Pierre parmi les destinataires, et Paul ouvrira sa liste des apparitions par lui : « il est apparu à Pierre, puis aux Douze »[29][30]. Au bord du lac, la triple question répare la triple négation : à chaque « m'aimes-tu » répond une charge, agneaux puis brebis, jusqu'à l'invitation à suivre vers un martyre annoncé[31]. Le pécheur pardonné devient le pasteur : c'est ce pardon, non une supériorité naturelle, qui fonde tout son ministère ultérieur.

Pierre dans les Actes et les lettres de Paul

Le chef de la première Église de Jérusalem

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À la Pentecôte, c'est Pierre qui se lève avec les Onze, explique les langues de feu par le prophète Joël et baptise trois mille personnes en un jour : le pêcheur intimidé devant une servante parle désormais devant des milliers d'auditeurs[32]. Il guérit au nom de Jésus, répond au sanhédrin, reçoit la vision du drap aux animaux impurs et comprend que l'Évangile déborde Israël[33]. Deux épisodes montrent sa stature : devant Ananie et Saphire qui mentent à l'Esprit Saint, sa parole fait tomber les masques et protège la sainteté naissante de l'Église ; délivré de la prison d'Hérode pendant que l'Église prie sans relâche, il constate que Dieu ouvre les portes que les rois ferment[34].

Au concile de Jérusalem, alors que la discussion s'enflamme sur la circoncision des païens convertis, Pierre se lève et tranche : Dieu a manifesté son choix en donnant l'Esprit aux païens par sa bouche, sans mettre de différence, purifiant leurs cœurs par la foi ; pourquoi imposer un joug que ni les pères ni les apôtres n'ont pu porter[35] ? Jacques confirmera, et la lettre aux Églises scellera la décision. Le premier des Apôtres est ici l'ouvreur : ouvrir aux païens, puis ouvrir le concile. Entre Jérusalem et Rome, une étape est attestée par la tradition : Pierre a gouverné l'Église d'Antioche, dont il passe pour le premier évêque, comme le rappelle Jérôme en tête de sa notice[36].

Ce que Paul dit de Pierre, et l'incident d'Antioche

Paul ne raconte pas la vie de Pierre, mais il la suppose connue et lui donne un poids décisif. Trois ans après sa conversion, il monte à Jérusalem pour faire la connaissance de Céphas et reste quinze jours chez lui : le persécuteur converti vérifie son Évangile auprès du témoin[37]. Plus tard, Jacques, Pierre et Jean, considérés comme les colonnes, lui tendent la main ainsi qu'à Barnabé en signe de communion, partageant les champs de mission : à Pierre les circoncis, à Paul les nations[38].

« Ils ont constaté que l'annonce de l'Évangile m'a été confiée pour les incirconcis, comme elle l'a été à Pierre pour les circoncis. Ayant reconnu la grâce qui m'a été donnée, Jacques, Pierre et Jean, qui sont considérés comme les colonnes de l'Église, nous ont tendu la main. »[39]

Puis vient l'incident d'Antioche, où Paul résiste à Pierre en face parce qu'il s'était mis à se dérober aux repas avec les païens par crainte des circoncis[40]. Loin d'annuler la charge de Pierre, comme on l'objecte parfois, cet affrontement la suppose : on ne reprend publiquement que celui dont la conduite engage toute l'Église, et Paul lui-même rapporte l'épisode sans contester jamais ni la mission de Pierre ni son rang parmi les colonnes. Le dossier complet de l'objection est traité dans Pape saint Pierre.

Les deux épîtres de Pierre, Écriture reçue

L'attribution traditionnelle : Pierre, Silvain et Babylone

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La première épître s'ouvre par une adresse solennelle : « Pierre, apôtre de Jésus Christ, à ceux qui séjournent comme étrangers en diaspora dans le Pont, la Galatie, la Cappadoce, l'Asie et la Bithynie »[41]. Cinq provinces d'Asie Mineure, un vocabulaire d'exil : l'auteur écrit en apôtre à des communautés dispersées. Il signe sa méthode à la fin : par Silvain, considéré comme un frère digne de confiance, il écrit ces quelques mots pour exhorter et attester la vraie grâce de Dieu[42]. Silvain, c'est Silas : prophète de l'Église de Jérusalem, compagnon de Paul en mission, cosignataire des lettres aux Thessaloniciens[43]. Un secrétaire de ce rang explique sans détour le beau grec de l'épître, que l'on oppose parfois au pêcheur galiléen : l'objection suppose que Pierre aurait tout écrit de sa main, ce que le texte lui-même dément.

Le lieu d'envoi achève l'ancrage : « La communauté qui est à Babylone vous salue, ainsi que Marc, mon fils »[44]. Dès l'Église ancienne, Babylone désigne Rome par figure, comme l'atteste Eusèbe : Pierre aurait écrit sa première épître à Rome même, appelant la ville Babylone au sens de l'Apocalypse, et il y mentionne Marc, son fils spirituel[45]. La tradition place donc la rédaction à Rome, dans les années qui précèdent le martyre, vers 62-64, quand la persécution de Néron commence à frapper après l'incendie de 64 attesté par Tacite[46].

La seconde épître se présente comme un testament : Siméon Pierre écrit à ceux qui partagent la même foi, sachant que son départ est proche, comme le Seigneur le lui a fait savoir, et il déclare écrire déjà sa deuxième lettre pour réveiller la mémoire des lecteurs[47]. La tradition la date des derniers mois de l'apôtre, vers 64-67.

Les témoins anciens et la réception dans le canon

Aucun écrit du Nouveau Testament n'entre au canon sans être lu, copié et cité comme Écriture par les Églises. Pour les lettres de Pierre, la chaîne des témoins est précoce et continue. Eusèbe, au début du quatrième siècle, range la première épître parmi les écrits unanimement reconnus, librement cités par les anciens comme œuvre incontestée, tandis qu'il note honnêtement que la seconde ne figurait pas alors parmi les écrits universellement reçus[48]. Cette honnêteté même fait autorité : l'Église n'a pas canonisé à l'aveugle, elle a pesé.

Jérôme, vers 392-393, résume l'état du dossier :

« Il écrivit deux épîtres dites catholiques, dont la seconde est tenue par beaucoup comme n'étant pas de lui, à cause de la différence de style avec la première. »

  • Saint Jérôme, Des hommes illustres, ch. I[49]

Lui-même attribue cette différence au changement de secrétaire, et l'Église a finalement reçu les deux. Dès le milieu du quatrième siècle, Cyrille de Jérusalem demande à ses catéchumènes de recevoir, outre les quatre Évangiles et les Actes, les sept épîtres catholiques de Jacques, Pierre, Jean et Jude, avec les quatorze de Paul pour sceau[50].

Le tableau suivant rassemble les grandes listes canoniques qui nomment expressément les deux épîtres de Pierre : de Rome au concile œcuménique, la réception ne se dément pas.

Liste canoniqueDateFormulation sur Pierre
Canon romain dit de Damase382Deux épîtres de l'apôtre Pierre, parmi les sept canoniques[51]
Innocent I, lettre à Exupère de Toulouse20 février 405Deux épîtres de Pierre, Jude entre parenthèses dans certains manuscrits[52]
Eugène IV, bulle d'union aux Coptes4 février 1442Deux de Pierre, trois de Jean, une de Jacques, une de Jude[53]
Concile de Trente, décret des livres saints8 avril 1546Deux de l'apôtre Pierre, reçues sous peine d'anathème[54]

Trente donne la définition dogmatique qui clôt le débat catholique :

« Le saint concile reçoit et vénère avec le même sentiment de piété et le même respect tous les livres tant de l'Ancien Testament que du Nouveau Testament, puisque Dieu est l'auteur unique de l'un et de l'autre. Si quelqu'un ne reçoit pas ces livres pour sacrés et canoniques dans leur totalité : qu'il soit anathème. »[55]

Le Catéchisme confirme la règle de lecture : l'Église reçoit comme sacrés et canoniques les 46 livres de l'Ancien et les 27 du Nouveau Testament, avec leurs listes intégrales[56]. Et le plus ancien manuscrit conservé des deux lettres va dans le même sens : le papyrus Bodmer VIII, coté P72, copie en grec l'intégralité de la première et de la seconde épître avec Jude, témoin physique du troisième ou quatrième siècle qui prouve que les deux lettres circulaient déjà ensemble comme Écriture[57].

La première épître : plan et théologie

Le plan de la lettre

La première épître est une exhortation d'apôtre à des chrétiens éprouvés, construite en cinq mouvements que le tableau suivant résume avec leurs articulations.

MouvementPassageContenu
Adresse et action de grâce1, 1 - 2, 10Élection, renaissance à une vivante espérance, peuple saint
Vivre en étrangers2, 11 - 3, 12Conduite au milieu des païens, devoirs d'état, mariage
Souffrir avec le Christ3, 13 - 4, 19Apologie de l'espérance, exemple du Christ, fournaise
Les bergers du troupeau5, 1-11Anciens, humilité, vigilance contre le lion
Envoi par Silvain5, 12-14Secrétaire, saluts de Babylone et de Marc
Les cinq provinces d'Asie Mineure destinataires de la première épître : Pont, Galatie, Cappadoce, Asie et Bithynie (atlas historique de Droysen, 1886, domaine public, via Wikimedia Commons)

L'ouverture donne le ton : « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus Christ d'entre les morts »[58]. Cette vivante espérance est le mot d'ordre de toute la lettre : elle se lit encore chaque année au deuxième dimanche de Pâques[59].

Une théologie de l'espérance éprouvée

Trois accents font l'unité de la lettre. Le peuple saint : reprenant l'Exode, Pierre appelle les baptisés « descendance choisie, sacerdoce royal, nation sainte », chargés d'annoncer les merveilles de celui qui les a appelés des ténèbres à son admirable lumière[60]. Nul Second Testament ne formule avec autant de force le sacerdoce commun des fidèles, que le concile Vatican II reprendra. Et Pierre, que le Christ a surnommé le Roc, réserve le plus beau titre à un autre : « approchez-vous de lui : il est la pierre vivante »[61]. Le porteur du nom s'efface devant celui qu'il désigne. Le Christ modèle des souffrants : « c'est pour vous que le Christ a souffert, vous laissant un modèle afin que vous suiviez ses traces, lui qui n'a pas commis de péché »[62]. La souffrance injuste, endurée sans menace comme l'Agneau, devient témoignage et mission. La défense de l'espérance : « soyez prêts à tout moment à présenter une défense devant quiconque vous demande de rendre raison de l'espérance qui est en vous »[63]. Ce verset a donné son nom à toute l'apologétique chrétienne.

La lettre nomme la persécution sans détour : « ne soyez pas surpris de l'embrasement qui sévit parmi vous », et « si c'est comme chrétien, qu'il rende gloire à Dieu pour ce nom-là »[64]. Le mot « chrétien », encore rare à cette date, y apparaît comme un titre dont on peut se glorifier devant les tribunaux : indice d'une Église déjà confrontée à l'hostilité publique, bien avant les grandes persécutions générales.

La seconde épître : testament et vigilance

Le plan du testament

La seconde épître est brève, trois chapitres, et solennelle comme un discours d'adieux. Moïse avant d'entrer en Canaan, Paul à Milet devant les anciens d'Éphèse, Jésus à la Cène : l'Écriture connaît le genre du testament, et Pierre s'y inscrit en annonçant son prochain départ[65].

MouvementPassageContenu
L'appel confirmé1, 1-11Foi reçue en partage, vertus enchaînées, vocation assurée
Le témoin oculaire1, 12-21Transfiguration vue, parole prophétique confirmée
Contre les faux docteurs2, 1-22Dénonciation des hérétiques, exemples du Déluge et de Sodome
Le jour du Seigneur3, 1-18Moqueurs, patience de Dieu, nouveaux cieux, appel à la vigilance

Témoin de la Transfiguration, lecteur de Paul

Le cœur de la lettre est un témoignage personnel. Contre les récits sophistiqués que propagent déjà les faux docteurs, Pierre oppose ce qu'il a vu de ses yeux sur la montagne sainte : la gloire reçue du Père et la voix entendue. La liturgie de la Transfiguration, chaque 6 août, propose ce passage en première lecture alternative[66].

« Ce n'est pas en ayant recours à des récits imaginaires sophistiqués que nous vous avons fait connaître la puissance et la venue de notre Seigneur Jésus Christ, mais c'est pour avoir été les témoins oculaires de sa grandeur. Cette voix venant du ciel, nous l'avons nous-mêmes entendue quand nous étions avec lui sur la montagne sainte. »[67]

Pierre y ajoute un principe d'interprétation qui engage toute la lecture catholique de l'Écriture : nulle prophétie ne s'explique par elle-même, car c'est poussés par l'Esprit Saint que des hommes ont parlé de la part de Dieu[68]. Puis, trait unique dans tout le Nouveau Testament, il range les lettres de Paul parmi les Écritures : Paul, « notre frère bien-aimé », a écrit avec la sagesse reçue, et les ignorants tordent ses passages difficiles « comme ils le font pour le reste des Écritures »[69]. Dès la génération apostolique, un apôtre reconnaît donc l'autorité scripturaire d'un autre apôtre : la conscience du canon naît de l'intérieur, non d'une décision tardive. L'ouverture elle-même porte une marque d'authenticité discrète : l'auteur se nomme « Syméon Pierre », avec la forme hébraïque du prénom que le Nouveau Testament n'emploie ailleurs qu'une fois, dans la bouche de Jacques au concile de Jérusalem[70]. Un faussaire du deuxième siècle aurait écrit le grec courant ; le témoin écrit comme parle un Galiléen.

L'eschatologie finale répond aux moqueurs qui rient de la promesse : le Seigneur ne tarde pas, il use de patience, et le jour viendra comme un voleur, avec des cieux nouveaux et une terre nouvelle où résidera la justice[71]. La vigilance, non le calcul des dates, est la réponse de Pierre, comme elle sera celle de toute l'Église.

Pierre derrière l'Évangile de Marc

Papias et l'interprète de Pierre

Le deuxième Évangile ne nomme pas son auteur, mais la plus ancienne tradition de l'Église le rattache à Pierre par l'intermédiaire de Marc. Papias, évêque de Hiérapolis dans la première moitié du deuxième siècle, rapporte ce que disait un ancien : Marc, devenu l'interprète de Pierre, a mis par écrit avec exactitude, mais sans ordre, tout ce dont il se souvenait des paroles et des actes du Seigneur, car il n'avait lui-même ni entendu ni suivi le Christ, mais avait suivi Pierre, qui adaptait son enseignement aux besoins de ses auditeurs[72].

« Marc, devenu l'interprète de Pierre, a mis par écrit avec exactitude, mais sans ordre, tout ce dont il se souvenait de ce que le Seigneur avait dit ou fait. »[73]

Ce témoignage, transmis par Eusèbe, est le plus ancien que l'on possède sur l'origine d'un Évangile, daté généralement des années 110-140. Il explique deux traits du texte de Marc : sa vivacité de reportage, avec détails vus et noms propres, et son absence d'ordre apparent, celle d'une prédication orale adaptée aux auditoires successifs.

La catéchèse romaine mise par écrit

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Un siècle plus tard, Irénée de Lyon, qui avait connu Polycarpe, disciple de Jean, confirme et précise :

« Après leur départ, Marc, le disciple et l'interprète de Pierre, a transmis par écrit ce que Pierre avait prêché. »

  • Irénée de Lyon, Contre les hérésies, III, 1, 1[74]

Matthieu avait donc publié son Évangile chez les Hébreux pendant que Pierre et Paul prêchaient à Rome et y fondaient l'Église. Eusèbe ajoute le cadre romain : les auditeurs de Pierre à Rome, non contents de l'enseignement oral, auraient supplié Marc de leur laisser un monument écrit de la doctrine, et Pierre, l'ayant appris par révélation, s'en serait réjoui et aurait donné à l'ouvrage l'autorité de son approbation pour l'usage des Églises[75].

La convergence est remarquable : Papias en Asie, Irénée en Gaule, Clément à Alexandrie et Eusèbe à Césarée, quatre témoins de quatre régions, disent la même chose sans s'être concertés. Le deuxième Évangile est la voix de Pierre fixée par Marc. Le dossier littéraire du texte marcien, avec ses caractéristiques propres, est présenté dans L'Évangile selon saint Marc et dans l'article consacré à saint Marc.

Rome et le martyre de l'apôtre

Les témoins les plus proches

Pierre n'a laissé aucun récit de sa mort, mais les témoins qui le suivent de près sont unanimes : il est mort martyr à Rome sous Néron. Clément de Rome, qui écrit aux Corinthiens vers 96, encore du vivant possible de témoins, évoque Pierre et Paul comme les piliers persécutés par la jalousie, Pierre ayant enduré de nombreux travaux avant de souffrir le martyre et de partir vers le lieu de gloire qui lui était dû[76]. Ignace d'Antioche, conduit au supplice vers 107, écrit aux Romains : « ce n'est pas comme Pierre et Paul que je vous donne des ordres ; eux étaient apôtres », supposant connu leur passage et leur autorité dans la capitale[77].

Denys de Corinthe, vers 170, écrit aux Romains que Pierre et Paul ont planté ensemble l'Église de Corinthe puis celle d'Italie, y ont enseigné ensemble et ont souffert le martyre en même temps[78]. Et Gaïus, membre de l'Église romaine sous Zéphyrin, au tournant du troisième siècle, lance à son adversaire : « je peux montrer les trophées des apôtres : va au Vatican ou sur la voie d'Ostie, tu trouveras les trophées de ceux qui ont fondé cette Église »[79]. Un demi-siècle après les faits, on montre déjà aux pèlerins les tombeaux, au Vatican pour Pierre, sur la voie d'Ostie pour Paul.

La croix renversée et les vingt-cinq ans

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Tertullien, vers 200, résume la fierté romaine :

« Heureuse Église, où les apôtres ont versé avec leur sang toute leur doctrine, où Pierre endure une passion semblable à celle de son Seigneur, où Paul remporte sa couronne ! »

Jérôme, vers 392-393, fixe la chronologie transmise : Simon Pierre, fils de Jean, de Bethsaïde, après avoir été évêque d'Antioche et prêché à la Dispersion du Pont, de la Galatie, de la Cappadoce, de l'Asie et de la Bithynie, vint à Rome la deuxième année de Claude pour y combattre Simon le Magicien, y tint le siège sacerdotal vingt-cinq ans jusqu'à la quatorzième et dernière année de Néron, et y reçut le martyre, cloué à la croix la tête en bas et les pieds en haut, se déclarant indigne d'être crucifié comme son Seigneur[81]. Il ajoute qu'il est enseveli au Vatican, près de la voie triomphale, et vénéré par le monde entier.

La chronologie des vingt-cinq ans, qui suppose une venue dès 42, reste discutée jusque parmi les catholiques ; le fait central, lui, ne l'est pas : Pierre est venu à Rome, y a enseigné et y est mort martyr sous Néron, vers 64-67. L'archéologie de la nécropole vaticane et l'histoire du tombeau sont développées dans la Basilique Saint-Pierre de Rome, et le récit détaillé de sa vie romaine dans Saint Pierre.

  1. Vers 27-28
    L'appel au bord du lac

    Simon le pêcheur suit Jésus avec André ; il devient Pierre, le Roc.

  2. Vers 29
    La confession de Césarée

    Premier à confesser le Christ ; promesse des clés et de l'Église.

  3. Vers 30
    Pâques et Pentecôte

    Reniement puis pardon ; premier témoin cité par Paul ; trois mille baptêmes.

  4. Vers 40
    L'ouverture aux païens

    Baptême du centurion Corneille à Césarée maritime.

  5. Vers 49-50
    Le concile de Jérusalem

    Pierre tranche le débat sur la circoncision des convertis païens.

  6. Vers 62-64
    La première épître

    Rédigée à Rome, par Silvain, aux Églises d'Asie Mineure.

  7. Vers 64-67
    Le martyre à Rome

    Crucifié sous Néron ; enseveli au Vatican.

L'usage liturgique de l'héritage pétrinien

L'Église ne se contente pas de lire Pierre : elle le prie et le fête. La seconde épître irrigue la Transfiguration du 6 août, où le témoignage du témoin oculaire est proposé en première lecture alternative[82]. La première épître irrigue le temps pascal, avec la vivante espérance du deuxième dimanche de Pâques et les lectures du Bon Pasteur[83].

Deux fêtes rythment l'année : le 29 juin, solennité commune de Pierre et Paul, les deux colonnes dont le sang a fondé Rome, et le 22 février, la Chaire de saint Pierre, qui célèbre l'autorité d'enseignement de l'apôtre dans son successeur.

Statue de bronze de saint Pierre (Arnolfo di Cambio, XIIIe siècle) dans la basilique vaticane, les clés à la main (photo : Fallaner, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons)

Les clés, promises en Matthieu 16, sont devenues son attribut universel, jusque dans les armoiries pontificales. Le détail des cultes et de l'iconographie est présenté dans Saint Pierre et dans l'article de la fête commune, Saints Pierre et Paul.

Ce que propose l'exégèse moderne, et ses limites

L'article a présenté d'abord la position traditionnelle : les deux épîtres sont de Pierre, écrites de Rome vers 62-67, et Marc transmet sa prédication. Une partie de l'exégèse contemporaine propose une autre lecture : première épître d'un disciple après la mort de Pierre, seconde épître pseudépigraphe du deuxième siècle, Marc attribué tardivement, Rome inventée. Ces hypothèses méritent examen loyal, puis réponse, car elles commandent la confiance que le lecteur peut accorder au texte.

Objection 1 : Le beau grec de la première épître, impossible pour un pêcheur galiléen

L'objection a de la force : la première épître est écrite dans un grec soigné, nourri de la Septante, avec des périodes équilibrées. Un pêcheur de Bethsaïde, dont la langue maternelle est l'araméen, n'aurait pas pu la rédiger seul. La réponse tient en un nom : Silvain. L'épître elle-même déclare écrire par lui, et Silvain n'est pas un inconnu : prophète de Jérusalem, compagnon de missions de Paul, cosignataire d'épîtres[84][85]. L'Antiquité travaille couramment avec des secrétaires qui mettent en forme, et Jérôme expliquait déjà la différence de style entre les deux épîtres par le changement d'interprète[86]. L'objection suppose ce que le texte dément : une rédaction solitaire, sans aide.

Objection 2 : La persécution décrite suppose Domitien ou Trajan, pas Néron

La lettre parle d'embrasement et de comparution comme chrétien, ce que certains placent sous Domitien (années 90) ou Trajan (après 110), quand Pline décrit dans sa lettre à Trajan des chrétiens poursuivis pour le seul nom[87]. Mais Néron a ouvert la voie dès 64 : Tacite raconte l'incendie de Rome imputé aux chrétiens, livrés aux torches et aux bêtes, et Suétone confirme les supplices sous ce règne[88].

Néron, sous le règne duquel Pierre est mort martyr à Rome (buste en bronze, musées du Capitole ; photo : Marie-Lan Nguyen, CC BY 2.5, via Wikimedia Commons)

Surtout, l'argument souffre d'un cercle : on date la lettre par la persécution que l'on suppose générale, puis on prouve par cette date que la persécution était générale. Des pressions locales et intermittentes, attestées de Claude à Trajan, suffisent à expliquer le ton de la lettre, sans exiger une persécution d'Empire.

Objection 3 : Le silence de Muratori et les doutes sur la seconde épître prouvent la fraude

Le fragment de Muratori, vers 170-200, reçoit Jude et deux lettres de Jean parmi les catholiques, accueille même l'Apocalypse de Pierre, mais tait les deux épîtres de Pierre[89]. Joint aux hésitations d'Origène, qui connaît la seconde comme discutée, le dossier paraît accablant[90]. Trois réponses s'imposent. D'abord, le fragment est mutilé au début : son silence vaut celui d'un témoin amputé, et il tait aussi Jacques et Hébreux sans que personne n'en conclue à leur fraude. Ensuite, les doutes anciens portent sur l'authenticité littéraire, jamais sur l'orthodoxie : Eusèbe et Jérôme les enregistrent au lieu de les cacher, preuve d'une Église qui pèse au lieu d'inventer[91][92]. Enfin, le papyrus P72 montre les deux lettres copiées ensemble comme Écriture dès le troisième ou quatrième siècle, et la réception unanime des listes du quatrième siècle, de Cyrille à Damase, tranche le débat ancien en faveur de l'authenticité[93][94].

Objection 4 : Marc, Évangile anonyme attribué tardivement à un obscur

Aucun manuscrit de Marc ne porte de signature, et l'attribution à l'interprète de Pierre ne viendrait que de Papias, vers 130. Mais aucune attribution concurrente n'existe dans toute l'Antiquité : ni Matthieu, ni Luc, ni Jean, ni aucun autre nom n'a jamais été proposé pour le deuxième Évangile, et tous les témoins, d'Asie, de Gaule, d'Alexandrie et de Césarée, convergent vers Marc et Pierre[95][96]. Une attribution inventée tardivement aurait laissé des traces de débat ; l'unanimité précoce plaide pour une mémoire, non pour une construction. Et la remarque de Papias sur l'absence d'ordre explique précisément les tensions chronologiques avec les autres Évangiles, au lieu de les aggraver.

Objection 5 : Pierre à Rome, une légende pour fonder la papauté

Au dix-neuvième siècle, l'école de Tübingen a lu l'histoire primitive comme un conflit entre pétriniens et pauliniens, faisant de la Rome de Pierre une projection tardive des prétentions romaines[97]. Les textes résistent : Clément écrit vers 96, Ignace vers 107, Denys vers 170, Gaïus montre les trophées vers 198, et l'on ne montre pas des tombeaux cinquante ans après les faits sans une mémoire locale continue[98][99][100]. Surtout, la critique s'est retournée : Oscar Cullmann, exégète protestant, a établi dans sa monographie de 1952 que la venue et le martyre de Pierre à Rome reposent sur des fondements historiques solides, contre les thèses de son propre camp[101]. Quand un protestant donne raison à Rome sur Pierre à Rome, l'hypothèse de la légende a vécu.

Les limites de méthode à garder en mémoire

Au-delà des réponses point par point, quatre fragilités grèvent les reconstructions tardives. L'argument du silence : taire un écrit n'est pas le réfuter, surtout avec un fragment mutilé comme Muratori. La datation circulaire : dater par la persécution supposée, puis prouver la persécution par la date. Le présupposé anti-surnaturel : quand une prophétie précise est tenue d'avance pour impossible, tout texte qui prédit juste est déclaré tardif, et la conclusion est contenue dans le postulat. La confusion entre possibilité littéraire et preuve historique : montrer qu'un disciple aurait pu écrire au nom de Pierre n'établit pas qu'il l'a fait, face à une tradition unanime et précoce qui dit le contraire. La lecture catholique, elle, s'appuie sur des témoins nommés, des manuscrits datés et des listes conciliaires : c'est pourquoi les datations et attributions traditionnelles restent défendables, et même les mieux fondées.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Benoît XVI, audience générale du 17 mai 2006, Pierre, le pêcheur : après Jésus, Pierre est le personnage le plus célèbre et le plus cité des écrits du Nouveau Testament, mentionné 154 fois avec le surnom de Pierre, traduction grecque de l'araméen Képhas donné par Jésus, attesté neuf fois surtout chez Paul, plus 75 mentions de Simon et deux de Siméon (Ac 15, 14 ; 2 P 1, 1). Texte sur https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2006/documents/hf_ben-xvi_aud_20060517.html.

    1 4 8
  2. Papias de Hiérapolis, Exégèse des paroles du Seigneur, cité par Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique III, 39, 15 : Marc, devenu l'interprète de Pierre, a mis par écrit avec exactitude, mais sans ordre, tout ce dont il se souvenait. Texte angl. NPNF Series II, vol. I : https://ccel.org/ccel/schaff/npnf201/npnf201.iii.viii.xxxix.html. Texte original : « Mark, having become the interpreter of Peter, wrote down accurately, though not in order, whatsoever he remembered of the things said or done by Christ. »

    2 72 73 95
  3. Mt 10, 2, trad. AELF : « Voici les noms des douze Apôtres : le premier, Simon, nommé Pierre. »

    3
  4. Catéchisme de l'Église catholique, n° 552 : Simon Pierre tient la première place dans le collège des Douze ; à sa confession, le Christ lui promet de bâtir son Église sur lui et lui remet les clés. Texte officiel : https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P1I.HTM.

    5 23
  5. Ga 1, 18-19, trad. AELF : quinze jours chez Céphas.

    6 37
  6. 1 Co 15, 3-8, trad. AELF : apparition à Pierre en premier.

    7 30
  7. Benoît XVI, même audience : Simon de Bethsaïde, pêcheur associé à la famille de Zébédée, disciple de Jean-Baptiste avec André, Juif croyant et pratiquant. Même URL.

    9 10 14
  8. Mt 8, 14-15 ; Mc 1, 29-31 ; Lc 4, 38-39, trad. AELF : la guérison de la belle-mère.

    11
  9. 1 Co 9, 5, trad. AELF : les apôtres, dont Pierre, accompagnés d'une femme croyante.

    12
  10. Benoît XVI, même audience : les fouilles de Capharnaüm ont mis au jour, sous la mosaïque octogonale d'une petite église byzantine, les traces d'une maison-église plus antique, avec des inscriptions comportant des invocations à Pierre. Même URL.

    13
  11. Jn 1, 42, trad. AELF.

    15 16
  12. Benoît XVI, même audience : la barque de Pierre devient la Chaire de Jésus ; Pierre ne pouvait pas encore imaginer qu'il serait un jour arrivé à Rome pour y être pêcheur d'hommes. Même URL.

    17
  13. Benoît XVI, même audience : caractère décidé et impulsif, capable de l'épée au jardin des Oliviers, naïf et peureux par moments, mais honnête jusqu'au repentir le plus sincère. Même URL.

    18
  14. Lc 5, 4-10, trad. AELF : la pêche miraculeuse et l'appel.

    19
  15. Mc 8, 27-33, trad. AELF : la confession et le « Passe derrière moi, Satan ».

    20
  16. Benoît XVI, même audience : à Césarée de Philippe, Jésus exige une prise de position personnelle, Pierre répond au nom des autres, et sa réponse contient en germe la future confession de foi de l'Église. Même URL.

    21
  17. Mt 16, 18-19, trad. AELF.

    22
  18. Mc 9, 2-8 ; Mt 17, 1-8 ; Lc 9, 28-36, trad. AELF : Pierre, Jacques et Jean témoins.

    24
  19. 2 P 1, 16-19, trad. AELF.

    25 67
  20. Benoît XVI, même audience : Pierre veut un Messie homme divin qui impose sa puissance, Jésus se présente comme le Dieu humain serviteur souffrant ; d'où le « Passe derrière moi, Satan ». Même URL.

    26
  21. Lc 22, 31-32, trad. AELF.

    27
  22. Mt 26, 69-75 ; Mc 14, 66-72 ; Lc 22, 54-62, trad. AELF.

    28
  23. Mc 16, 7, trad. AELF : « Allez dire à ses disciples et à Pierre. »

    29
  24. Jn 21, 15-17, trad. AELF : la triple question et les charges d'agneaux puis de brebis.

    31
  25. Ac 2, 14-41, trad. AELF : discours de Pierre et trois mille baptêmes.

    32
  26. Ac 10, 1 - 11, 18, trad. AELF : la vision du drap et le baptême de Corneille.

    33
  27. Ac 5, 1-11 et Ac 12, 1-17, trad. AELF : Ananie et Saphire, la prison d'Hérode.

    34
  28. Ac 15, 7-11, trad. AELF : l'intervention de Pierre au concile.

    35
  29. Saint Jérôme, Des hommes illustres, ch. I : Simon Pierre, fils de Jean, de Bethsaïde, évêque d'Antioche, vint à Rome la deuxième année de Claude, y tint le siège vingt-cinq ans jusqu'à la quatorzième année de Néron, crucifié la tête en bas ; il écrivit deux épîtres dites catholiques, dont la seconde est tenue par beaucoup comme n'étant pas de lui à cause du style ; l'Évangile de Marc lui est attribué ; enseveli au Vatican. Trad. angl. NPNF Series II, vol. III. Texte original : « He wrote two epistles which are called Catholic, the second of which, on account of its difference from the first in style, is considered by many not to be by him. »

    36 49 81 86 92
  30. Ga 2, 7-9, trad. AELF : les colonnes et le partage des missions.

    38 39
  31. Ga 2, 11-14, trad. AELF : Paul résiste à Pierre en face à Antioche.

    40
  32. 1 P 1, 1, trad. AELF.

    41
  33. 1 P 5, 12-13, trad. AELF : Silvain secrétaire, saluts de Babylone et de Marc.

    42 44 84
  34. Ac 15, 22-32 ; 1 Th 1, 1, trad. AELF : Silas prophète de Jérusalem et compagnon de Paul.

    43 85
  35. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique II, 15, 1-2 : les auditeurs romains supplient Marc de fixer l'enseignement par écrit ; Pierre, l'ayant appris, s'en réjouit et donne son approbation ; il écrit sa première épître à Rome même, appelant la ville Babylone par figure (1 P 5, 13). Texte : https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm. Texte original : « And Peter makes mention of Mark in his first epistle which they say that he wrote in Rome itself, as is indicated by him, when he calls the city, by a figure, Babylon. »

    45 75
  36. Tacite, Annales, XV, 44 : après l'incendie de Rome en 64, Néron livre les chrétiens aux torches, aux bêtes et à la croix ; Suétone, Vie de Néron, 16 : les chrétiens frappés de supplices sous ce règne.

    46 88
  37. 2 P 1, 13-15 et 2 P 3, 1, trad. AELF : le départ proche et la deuxième lettre.

    47 65
  38. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique III, 3, 1 : la première épître de Pierre est reconnue comme authentique et citée librement par les anciens comme incontestée ; la seconde ne figurait pas alors parmi les écrits universellement reçus. Texte : https://ccel.org/ccel/schaff/npnf201/npnf201.iii.viii.iii.html. Texte original : « One epistle of Peter, that called the first, is acknowledged as genuine. And this the ancient elders used freely in their own writings as an undisputed work. »

    48 91
  39. Cyrille de Jérusalem, Catéchèses, IV, 33-36, vers 350 : recevoir les quatre Évangiles, les Actes, les sept épîtres catholiques de Jacques, Pierre, Jean et Jude, et les quatorze de Paul ; ne rien lire des apocryphes. Texte : https://www.newadvent.org/fathers/310104.htm. Texte original : « the seven Catholic Epistles of James, Peter, John, and Jude. »

    50 94
  40. Canon romain dit de Damase, Rome, 382 : sept épîtres canoniques, dont deux de l'apôtre Pierre. Denzinger, Symboles et définitions de la foi catholique, éd. fr., n° 179.

    51
  41. Innocent I, lettre Consulenti tibi à Exupère de Toulouse, 20 février 405 : deux épîtres de Pierre dans la liste des livres reçus au canon. Denzinger, éd. fr., n° 213.

    52
  42. Eugène IV, bulle Cantate Domino pour l'union avec les Coptes, Florence, 4 février 1442 : deux de Pierre, trois de Jean, une de Jacques, une de Jude. Denzinger, éd. fr., n° 1334-1335.

    53
  43. Concile de Trente, session IV, décret De libris sacris, 8 avril 1546 : Dieu auteur unique des deux Testaments ; liste dont deux de l'apôtre Pierre ; anathème contre qui ne les reçoit pas. Denzinger, éd. fr., n° 1501-1504.

    54 55
  44. Catéchisme de l'Église catholique, n° 120 : l'Église reçoit comme sacrés et canoniques 46 livres de l'Ancien Testament et 27 du Nouveau, dont les listes sont données intégralement. Éd. Mame/Plon, Paris, 1992.

    56
  45. Papyrus Bodmer VIII (Gregory-Aland P72), troisième ou quatrième siècle : copie grecque intégrale de la première et de la seconde épître de Pierre avec Jude, plus ancien manuscrit conservé des deux lettres. Éd. M. Testuz, Papyrus Bodmer VII-IX, Bibliotheca Bodmeriana, Cologny-Genève, 1959 ; catalogué INTF.

    57 93
  46. 1 P 1, 3-9, trad. AELF.

    58
  47. Lectionnaire romain, deuxième dimanche de Pâques : en deuxième lecture, 1 P 1, 3-9, la vivante espérance. Vérifié sur https://www.aelf.org/2026-04-12/romain/messe.

    59 83
  48. 1 P 2, 9-10, trad. AELF.

    60
  49. 1 P 2, 4-8, trad. AELF : « Approchez-vous de lui : il est la pierre vivante rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse devant Dieu. »

    61
  50. 1 P 2, 21-25, trad. AELF.

    62
  51. 1 P 3, 15-16, trad. AELF.

    63
  52. 1 P 4, 12-16, trad. AELF.

    64
  53. Lectionnaire romain, Transfiguration du Seigneur, 6 août : en première lecture alternative (ou bien), 2 P 1, 16-19, le témoignage du témoin oculaire. Vérifié sur https://www.aelf.org/2025-08-06/romain/messe.

    66 82
  54. 2 P 1, 20-21, trad. AELF : nulle prophétie ne s'explique par elle-même.

    68
  55. 2 P 3, 15-16, trad. AELF : Paul frère bien-aimé et le reste des Écritures.

    69
  56. 2 P 1, 1 et Ac 15, 14, trad. AELF : « Syméon Pierre » à l'ouverture de la lettre ; « Syméon » dans le discours de Jacques au concile.

    70
  57. 2 P 3, 8-13, trad. AELF : la patience du Seigneur et les cieux nouveaux.

    71
  58. Irénée de Lyon, Contre les hérésies III, 1, 1 : Matthieu publie son Évangile chez les Hébreux pendant que Pierre et Paul prêchent à Rome ; après leur départ, Marc, disciple et interprète de Pierre, transmet par écrit ce que Pierre avait prêché. Trad. Roberts-Donaldson : https://www.earlychristianwritings.com/text/irenaeus-book3.html. Texte original : « After their departure, Mark, the disciple and interpreter of Peter, did also hand down to us in writing what had been preached by Peter. »

    74 96
  59. Clément de Rome, Épître aux Corinthiens, ch. 5 : Pierre, par une jalousie injuste, endura des travaux nombreux avant de souffrir le martyre et de partir vers le lieu de gloire qui lui était dû. Texte : https://www.newadvent.org/fathers/1010.htm. Texte original : « Peter, through unrighteous envy, endured not one or two, but numerous labours ; and when he had at length suffered martyrdom, departed to the place of glory due to him. »

    76 98
  60. Ignace d'Antioche, Épître aux Romains, ch. 4 : « Ce n'est pas comme Pierre et Paul que je vous donne des ordres ; eux étaient apôtres, moi un condamné. » Texte angl. : https://www.newadvent.org/fathers/0107.htm. Texte original : « I do not, as Peter and Paul, issue commandments unto you. They were apostles ; I am but a condemned man. »

    77 99
  61. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique II, 25, 5-8 : Paul décapité et Pierre crucifié sous Néron ; Gaïus montre les trophées au Vatican et sur la voie d'Ostie ; Denys de Corinthe atteste la plantation commune et le martyre simultané. Texte : https://www.newadvent.org/fathers/250102.htm. Texte original : « It is recorded that Paul was beheaded in Rome itself, and that Peter likewise was crucified under Nero » ; Gaïus : « I can show the trophies of the apostles. For if you will go to the Vatican or to the Ostian way, you will find the trophies of those who laid the foundations of this church. »

    78 79 100
  62. Tertullien, De la prescription contre les hérétiques, ch. 36 : heureuse Église où les apôtres ont versé avec leur sang toute leur doctrine, où Pierre endure une passion semblable à celle de son Seigneur. Texte : https://www.newadvent.org/fathers/0311.htm. Texte original : « Where Peter endures a passion like his Lord's ! Where Paul wins his crown in a death like John's. »

    80
  63. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique III, 33 : Pline le Jeune consulte Trajan sur les chrétiens poursuivis pour le nom, et l'empereur ordonne de ne pas les rechercher mais de punir ceux qui sont dénoncés. Texte : https://www.newadvent.org/fathers/250103.htm. Texte original du rescrit : « the race of Christians should not be sought after, but when found should be punished. »

    87
  64. Fragment de Muratori, vers 170-200 (texte latin mutilé au début, trad. Roberts-Donaldson) : l'épître de Jude et deux de Jean comptées parmi les catholiques ; l'Apocalypse de Pierre reçue par certains ; silence sur les deux épîtres de Pierre. Texte : https://www.earlychristianwritings.com/text/muratorian.html. Texte original : « The Epistle of Jude, indeed, and two belonging to the above-named John, are reckoned among the Catholic epistles. »

    89
  65. Origène, cité par Eusèbe, Histoire ecclésiastique VI, 25 : Pierre a laissé une épître reconnue, et peut-être une seconde, car elle est discutée ; première attestation claire du débat avec Firmilien de Césarée (lettre à Cyprien 74, 6). D'après la note de l'éd. Schaff, NPNF Series II, vol. I.

    90
  66. Ferdinand Christian Baur, Paulus, der Apostel Jesu Christi, Stuttgart, 1845 : thèse d'ensemble de l'école de Tübingen, qui lit l'âge apostolique comme un conflit entre pétriniens et pauliniens.

    97
  67. Oscar Cullmann, Saint Pierre, disciple, apôtre, martyr, Delachaux et Niestlé, Neuchâtel-Paris, 1952 : thèse d'ensemble de l'ouvrage, qui établit la venue et le martyre romains de Pierre contre la critique radicale.

    101