L'Évangile selon saint Marc

Le second Évangile, attribué à Jean Marc l'interprète de Pierre : sa place dans le canon, la Rome des années 50 à 60, les témoins anciens, son plan vers la croix, sa théologie du Fils de Dieu et le débat avec l'exégèse moderne.

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L'Évangile selon saint Marc est, dans l'ordre reçu par l'Église, le second livre du Nouveau Testament : seize chapitres, le plus bref des quatre évangiles, qui racontent Jésus de Nazareth avec une rapidité saisissante, de son baptême dans le Jourdain jusqu'au tombeau vide au matin de Pâques. La tradition l'attribue à Jean Marc, le compagnon de Pierre, qui aurait mis par écrit à Rome la prédication même du prince des apôtres, dans les années 50 à 60. C'est l'évangile de l'immédiateté, scandé par le mot aussitôt, l'évangile du secret messianique, de la confession de Césarée, des trois annonces de la Passion, et de la grande finale où le centurion romain, au pied de la croix, confesse le premier ce que tout le livre préparait : vraiment, cet homme était Fils de Dieu.

Son trait propre tient en une formule : Pierre derrière Marc. Dès le début du IIe siècle, Papias rapporte que Marc, devenu l'interprète de Pierre, écrivit exactement ce qu'il se rappelait de la prédication de l'apôtre. Irénée, Clément d'Alexandrie, Tertullien et Jérôme confirment, chacun à sa manière, cette filiation romaine. Le texte lui-même la trahit : détails de témoin oculaire, Pierre nommé et peint sans fard, aramaïsmes traduits pour des lecteurs qui ne connaissent pas l'hébreu, latinismes qui sentent Rome. L'article présente d'abord le livre tel que l'Église le reçoit, sa place dans le canon, son auteur, sa datation, ses témoins anciens, son texte, son plan, sa théologie, son accomplissement des Écritures et sa présence dans la liturgie, puis le débat avec l'exégèse historico-critique moderne. La synthèse des vingt-sept livres se lit dans Le Nouveau Testament, le premier évangile dans L'Évangile selon saint Matthieu, et la vie de l'évangéliste dans Saint Marc l'Évangéliste.

La place de Marc dans le canon des Écritures

Le second évangile, le plus bref des quatre

Marc occupe la seconde place dans toutes les Bibles catholiques, entre Matthieu et Luc[1]. Avec ses seize chapitres et environ six cent soixante versets, c'est le plus court des quatre évangiles, à peu près les deux tiers de Matthieu[2]. Cette brièveté n'est pas pauvreté : c'est un choix d'écriture. Là où Matthieu ordonne de grands discours et Luc compose une histoire suivie, Marc enchaîne les scènes à vive allure, sans généalogie ni récit d'enfance, comme un héraut pressé d'annoncer. Le premier mot donne le ton : commencement, et le récit ne ralentit qu'à l'approche de la Passion, à laquelle il consacre près du tiers de ses pages[3].

Le Catéchisme appelle les évangiles le cœur de toutes les Écritures, parce qu'ils sont la principale source de la vie et de l'enseignement du Verbe incarné[4]. Et le concile Vatican II rappelle que l'Église a toujours tenu l'origine apostolique des quatre Évangiles, Marc compris, écrit par l'entourage des apôtres[5]. Le lecteur qui veut la vue d'ensemble des vingt-sept livres, leur formation et leur liste complète la trouvera dans Le Nouveau Testament et dans Le canon du Nouveau Testament.

Marc dans les listes reçues

Le tableau suivant résume les grandes étapes par lesquelles l'Église a reconnu les vingt-sept livres, avec la place constante de Marc en second parmi les évangiles.

ÉtapeDateCe qui est attesté pour Marc
Saint Justin, mémoires des apôtresvers 150 à 160Les évangiles lus le dimanche avec les prophètes, dont les mémoires de Pierre[6]
Saint Irénée, tableau des quatrevers 180Marc, disciple et interprète de Pierre, consigna par écrit la prédication de Pierre[7]
Eusèbe, livres reconnusvers 325Les quatre évangiles au nombre des écrits universellement reçus[8]
Saint Athanase, 39e lettre festalePâques 367Liste complète des 27, quatre évangiles selon Matthieu, Marc, Luc et Jean[9]
Concile d'Hippone, canon 36393Catalogue des Écritures lues à l'église, quatre évangiles inclus[10]
IIIe concile de Carthage, canon 47397Même catalogue pour l'Afrique, avec consultation de l'Église d'outre-mer[11]
Concile de Florence, bulle Cantate Domino1442Liste des livres reçus, confirmée pour les Jacobites[12]
Concile de Trente, session IV8 avril 1546Définition solennelle du canon avec anathème, les quatre évangiles en tête[13]
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Aucune de ces listes ne discute Marc : comme pour Matthieu, les hésitations anciennes n'ont jamais porté que sur quelques brèves lettres, jamais sur les évangiles[14]. Le second évangile appartient au donné stable, celui que les Églises lisent à la messe depuis le milieu du IIe siècle.

L'auteur reçu par l'Église : Jean Marc

Les portraits croisés des Actes et des lettres

Le Nouveau Testament nomme plusieurs fois un certain Jean surnommé Marc, et la tradition y reconnaît unanimement l'évangéliste. Sa mère Marie tient à Jérusalem une maison assez vaste pour accueillir la communauté en prière : c'est là que Pierre, délivré de prison par l'ange, frappe à la porte dans la nuit[15].

« Réfléchissant ainsi, il se rendit à la maison de Marie, mère de Jean surnommé Marc, où bon nombre de personnes étaient rassemblées et priaient. » (Actes des Apôtres, 12, 12, AELF) [16]

Cousin de Barnabé[17], il accompagne Paul et Barnabé dans la première mission, les quitte en route à Pergé[18], puis devient l'occasion du vif désaccord qui sépare Paul et Barnabé avant la seconde mission[19]. Loin d'être disqualifié pour toujours, il reparaît réconcilié dans les lettres de la captivité : Paul demande qu'on l'accueille s'il vient[20], le compte parmi ses compagnons d'œuvre[21], et, à la fin, dans la solitude de sa dernière prison romaine, réclame sa présence en ces termes qui valent réhabilitation complète.

« Prends Marc et amène-le avec toi, car il m'est très utile pour le ministère. » (Deuxième lettre à Timothée, 4, 11, AELF) [22]

Enfin Pierre lui-même, écrivant depuis Rome qu'il nomme Babylone à la manière des apôtres, l'appelle mon fils, attestant une proximité qui éclaire tout le dossier de l'évangile[23].

« La communauté qui est à Babylone, choisie comme vous, vous salue, ainsi que Marc, mon fils. » (Première lettre de Pierre, 5, 13, AELF) [24]

Le jeune homme qui s'enfuit nu

Seul Marc raconte un détail étrange de la nuit de l'arrestation : un jeune homme suivait Jésus, vêtu d'un simple drap, les gardes le saisirent, et il s'enfuit nu en leur laissant le drap[25]. Aucun nom, aucune explication, aucun rôle dans la suite du récit. Beaucoup de commentateurs, anciens et modernes, y ont reconnu la signature discrète de l'évangéliste, glissée dans son propre livre comme Jean glisse le disciple bien-aimé dans le sien : le souvenir d'un adolescent de Jérusalem, réveillé par le tumulte, qui suivit le cortège jusqu'à Gethsémani[26]. Si cette lecture est juste, l'auteur écrit en témoin au moins d'une scène, et le fils de Marie de Jérusalem se trouvait sur place la nuit même.

La personne appartient à son article

La prédication de Marc à Alexandrie selon la tradition, son martyre sous Trajan, ses reliques transportées à Venise en 828, le lion ailé de la place Saint-Marc et sa fête au 25 avril appartiennent à l'article dédié Saint Marc l'Évangéliste. Ici, c'est le livre qui est en cause, et la question qui compte est celle-ci : ce compagnon de Pierre et de Paul est-il vraiment celui qui a écrit le second évangile, et quand.

Pierre derrière Marc : les témoins anciens

Papias : l'interprète de Pierre

Le plus ancien témoignage conservé sur l'origine du second évangile vient de Papias, évêque d'Hiérapolis dans la première moitié du IIe siècle, auditeur des presbytres qui avaient connu les apôtres. Son ouvrage est perdu, mais Eusèbe de Césarée en cite le passage décisif au livre III de son Histoire ecclésiastique[27]. Voici ce que disait l'Ancien, c'est-à-dire l'apôtre Jean selon la lecture reçue.

« Marc, devenu l'interprète de Pierre, écrivit exactement tout ce dont il se souvenait des paroles et des actes du Seigneur, mais pas dans l'ordre. Car il n'avait ni entendu ni suivi le Seigneur, mais il suivit Pierre, qui adaptait son enseignement aux besoins des auditeurs, sans en faire un récit suivi des paroles du Seigneur. » (Papias, cité par Eusèbe, Histoire ecclésiastique, III, 39, 15) [28]

Trois affirmations portent tout le dossier traditionnel : l'auteur est Marc, sa source est Pierre, et son exactitude est garantie par le souci de ne rien omettre ni falsifier[29]. La précision sur le désordre apparent répondait déjà à une objection : l'évangile ne suit pas toujours l'ordre des deux autres synoptiques, et Papias en donne la raison, la prédication circonstancielle de Pierre. Loin d'affaiblir le livre, la notice en fait le mémorial direct de la catéchèse de l'apôtre.

Irénée : après le départ de Pierre et Paul

Le plus ancien tableau complet des quatre évangiles est celui de saint Irénée de Lyon, vers 180. Après avoir dit que Matthieu publia son évangile chez les Hébreux pendant que Pierre et Paul évangélisaient Rome, il ajoute la notice sur Marc[30].

« Après leur départ, Marc, le disciple et l'interprète de Pierre, nous transmit lui aussi par écrit ce que Pierre avait prêché. » (Saint Irénée, Contre les hérésies, III, 1, 1) [31]

Le mot départ désigne, dans la langue d'Irénée, la mort des deux apôtres à Rome sous Néron, vers 64 à 67[32]. Certains y lisent donc une rédaction juste après 67, d'autres, en rapprochant Clément, une mise par écrit entreprise du vivant même de Pierre et diffusée après sa mort : dans les deux cas, l'enracinement pétrinien et romain est identique, seule la marge de quelques années varie.

Clément : la demande des Romains

Clément d'Alexandrie, vers 200, transmet la tradition de l'Église de Rome elle-même. Eusèbe la rapporte en deux passages. Au livre II, il raconte que la prédication de Pierre à Rome frappa tellement ses auditeurs qu'ils pressèrent Marc, qui l'accompagnait, de leur laisser par écrit ce qui leur avait été annoncé de vive voix, et que Pierre, informé par l'Esprit, agréa l'ouvrage et l'autorisa pour les lectures d'Église[33]. Au livre VI, citant les Hypotyposes de Clément, il donne la version sobre : Pierre, apprenant la chose, ne s'y opposa ni ne l'encouragea[34]. Les deux récits s'accordent sur l'essentiel, Rome, les auditeurs de Pierre, Marc écrivain, et divergent seulement sur le degré d'aval explicite, ce qui est la marque d'une tradition vivante rapportée honnêtement, non d'une légende lissée.

Tertullien, Origène, Jérôme : le chœur unanime

Tertullien, vers 208, tranche avec son principe favori, l'antériorité fait autorité : l'évangile de Marc peut être affirmé comme étant de Pierre, dont Marc fut l'interprète[35].

« L'évangile publié par Marc peut être affirmé comme étant de Pierre, dont Marc fut l'interprète. » (Tertullien, Contre Marcion, livre IV) [36]

Origène, cité par Eusèbe, donne l'ordre reçu, Matthieu, Marc, Luc, Jean, et précise que Marc écrivit comme Pierre le lui indiqua[37]. Saint Jérôme, en 393, résume tout le dossier dans sa notice des hommes illustres : Marc, disciple et interprète de Pierre, écrivit à Rome un évangile bref à la demande des frères, et Pierre, l'ayant entendu, l'approuva pour la lecture dans les Églises[38].

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  1. première moitié du IIe siècle
    Papias et l'Ancien
    Marc, interprète de Pierre

    Le plus ancien témoin conservé atteste la source pétrinienne et l'exactitude du mémorial[39].

  2. vers 150 à 160
    Justin et les mémoires de Pierre
    Boanergès, détail propre à Marc

    Justin cite les mémoires de Pierre sur le surnom des fils de Zébédée, détail qui ne se lit que chez Marc[40].

  3. vers 180
    Irénée et le tableau des quatre
    après le départ de Pierre et Paul

    Marc transmit par écrit ce que Pierre avait prêché, dans l'ordre reçu des quatre évangiles[41].

  4. vers 200
    Clément et la demande des Romains
    l'Église de Rome se souvient

    Les auditeurs de Pierre pressent Marc d'écrire ; Pierre agrée l'ouvrage pour les lectures[42].

  5. vers 208 à 254
    Tertullien et Origène
    l'évangile affirmé comme étant de Pierre

    Le principe d'antériorité et l'ordre des quatre fixent la filiation[43].

  6. IVe siècle
    Eusèbe et Jérôme
    le dossier patristique au complet

    L'historien et le bibliste recueillent et confirment toute la tradition antérieure[44].

Justin : les mémoires de Pierre

Dès le milieu du IIe siècle, saint Justin, dans son Dialogue avec Tryphon, parle des mémoires composés par les apôtres et leurs compagnons, lus chaque dimanche à l'assemblée au même titre que les prophètes[45]. Et il précise ailleurs qu'il est écrit dans les mémoires de Pierre que Jésus donna aux fils de Zébédée le surnom de Boanergès, fils du tonnerre[46].

« Il est écrit dans ses mémoires qu'il changea aussi les noms d'autres, deux frères, les fils de Zébédée, en Boanergès, ce qui veut dire fils du tonnerre. » (Saint Justin, Dialogue avec Tryphon, 106, 3) [47]

Or ce surnom araméen expliqué en grec ne figure nulle part ailleurs dans le Nouveau Testament que chez Marc[48]. La Catholic Encyclopedia en tire la conclusion qui s'impose : quand Justin dit les mémoires de Pierre, il désigne l'évangile de Marc, tenu dès 160 pour l'œuvre de l'entourage de Pierre[49]. C'est, avec Papias, le second pilier indépendant du dossier.

Les indices internes : Rome se trahit

Le texte lui-même confirme ses témoins, par quatre marques convergentes. D'abord les détails de témoin oculaire, ces petits riens qu'on n'invente pas : le coussin sur lequel Jésus dort à l'arrière de la barque[50], l'herbe verte où s'assoient les cinq mille[51], les deux cents deniers chiffrés par Philippe[52], Bartimée nommé avec son père Timée[53], Simon de Cyrène désigné comme père d'Alexandre et de Rufus, des noms que les premiers lecteurs romains connaissaient, puisque Paul salue un Rufus à Rome[54]. Ensuite Pierre en relief : nommé plus que tout autre disciple, premier appelé avec son frère[55], porte-parole à Césarée[56], et peint sans fard dans son triple reniement, avec le coq qui chante deux fois, détail propre à Marc[57]. Puis l'araméen traduit : Boanergès, Talitha koumi, Abba, Éloï, chaque fois expliqué en grec, preuve d'un auteur sémitique écrivant pour des lecteurs qui ne comprennent pas l'hébreu[58]. Enfin les latinismes : centurion, denier, prétoire, recenseur, légion, et l'explication des usages juifs, les pharisiens et leurs ablutions, que des lecteurs de Judée n'auraient jamais eu besoin qu'on leur explique[59]. Grec d'Église teinté de latin, coutumes juives expliquées, noms romains connus : tout désigne Rome et des chrétiens venus de la gentilité.

La datation traditionnelle : un évangile romain très ancien

Au temps de Pierre à Rome

La tradition place la rédaction à Rome, pendant ou juste après la prédication de Pierre, donc dans les années 50 à 60, au plus tard dans les années qui suivent le martyre de 64 à 67. Clément, par Eusèbe, la situe du vivant de Pierre, puisque l'apôtre agrée l'ouvrage ; Irénée, avec son après leur départ, la tire vers les années qui suivent immédiatement[60]. Dans les deux cas, l'évangile appartient à la génération des témoins, rédigé quand Pierre, Paul, et beaucoup de ceux qui avaient vu le Seigneur vivaient encore, dans la capitale de l'Empire, pour des chrétiens dont plusieurs avaient connu l'apôtre.

Cette datation haute s'accorde avec la trajectoire de Marc lui-même : présent à Jérusalem dans les années 40, compagnon de Paul dans les années 50, réclamé par Paul à Rome dans les années 60, fils spirituel de Pierre qui écrit de Rome[61]. Le livre naît au croisement de ces deux fidélités, paulinienne et pétrinienne, dans la décennie où l'Église de Rome s'enracine.

Avant la ruine de Jérusalem : trois indices internes

Rien dans le texte ne suppose le Temple détruit, et tout y respire un monde encore debout. Trois indices portent la datation haute.

D'abord le silence sur la ruine comme fait accompli. Jésus annonce la destruction du Temple en termes précis, pas une pierre sur pierre[62], mais aucun passage ne dit : cela est arrivé comme il l'avait annoncé. Or un auteur écrivant après 70 aurait eu tout intérêt à souligner l'accomplissement, comme les Pères le feront ensuite sans se priver[63]. Ensuite la couleur romaine d'avant Néron : persécution annoncée mais Église encore libre d'écrire et de circuler, Rufus connu des lecteurs comme un vivant, nul écho de l'incendie de 64 ni du martyre des apôtres, ce qui serait inexplicable si le livre était né dans la Rome meurtrie des années 70[64]. Enfin l'arrêt des Actes des Apôtres avant la mort de Paul, vers 64, sans mentionner ni sa mort ni la ruine de Jérusalem, ce qui tire tout le corpus apostolique vers le haut, Marc compris[65].

Les tenants modernes d'une date haute

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Ils ne sont pas marginaux. John A. T. Robinson, après avoir suivi la datation tardive, conclut que tous les livres du Nouveau Testament furent écrits avant 70, Marc dans les années 50 à 60, parce qu'aucun ne parle de la ruine comme d'un fait accompli[66]. John W. Wenham place Marc dès les années 50, second après un Matthieu des années 40[67]. Martin Hengel, dans ses études sur Marc, défend Rome, Pierre et une date antérieure à 70, contre l'idée d'une communauté inconnue inventant un évangile tardif[68]. Robert Gundry, dans son grand commentaire, tient la notice de Papias pour une tradition pré-papienne digne de foi[69]. D. A. Carson et Douglas Moo jugent les années 50 à 60 défendables, le Temple encore debout[70]. La tradition n'est donc pas un souvenir pieux abandonné des savants : c'est une position argumentée, encore tenue aujourd'hui.

Le texte : grec de Rome, manuscrits, finale reçue

Le grec le plus vivant, teinté de latin

Le texte reçu est en grec de la koinè, le grec populaire de l'Empire, mais un grec rugueux, paratactique, scandé de et aussitôt, qui garde le rythme d'un récit oral[71]. On y compte une quarantaine d'euthus, aussitôt, qui donnent au livre son allure de course[72]. Les sémitismes abondent, tournures calquées de l'araméen, et les termes latins transcrits en grec trahissent le milieu romain : centurion, denier, prétoire, légion, recenseur[73]. Marc explique ce qu'un Juif n'expliquerait jamais, les ablutions des pharisiens, le jeûne, la pureté des coupes[74], et traduit chaque mot araméen, preuve d'un public de la gentilité. Certains ont voulu y voir un grec maladroit ; les meilleurs juges y reconnaissent la vigueur d'un interprète habitué à faire passer Pierre du sémitique au grec, devant un auditoire romain.

Les manuscrits : du papyrus aux grandes onciales

La transmission de Marc est riche et ancienne. Le papyrus 45, du codex Chester Beatty, vers 250, conserve déjà de larges portions des évangiles dont Marc[75]. Les deux grandes Bibles du IVe siècle, le Codex Vaticanus et le Codex Sinaiticus, donnent le texte de Marc jusqu'au verset 16, 8, sans la finale longue dont il sera question[76]. Le Codex Washingtonianus, vers 400, porte un texte mêlé et une insertion unique après 16, 14, le logion dit de Freer[77]. Au total, les papyrus et les onciales, relayés par la Vieille Latine dès le IIe siècle, la Peshitta syriaque, les versions coptes, puis la Vulgate de saint Jérôme, révisée vers 382 à 384 sur commande du pape Damase Ier, assurent au second évangile la même stabilité textuelle qu'au reste du Nouveau Testament[78]. Les quelque 5 800 manuscrits grecs et 10 000 latins du Nouveau Testament placent son texte à des décennies des autographes, contre des siècles pour les classiques[79].

La finale : 16, 9 à 20, reçue par l'Église

Il faut traiter honnêtement la question la plus discutée du dossier marcien. Les deux plus anciens témoins grecs complets, Vaticanus et Sinaiticus, s'arrêtent à 16, 8, sur la fuite des femmes, et Vaticanus laisse même une colonne blanche après ces mots, comme si le copiste connaissait une suite qu'il ne recopiait pas[80]. Eusèbe, répondant à Marinus vers 320, note que les exemplaires exacts s'achèvent à 16, 8[81]. En revanche saint Irénée, dès 180, cite la finale longue, l'ascension du verset 19, preuve qu'elle circulait déjà un siècle et demi avant nos deux grands codex[82]. Elle figure dans la quasi-totalité des manuscrits postérieurs, dans la Vieille Latine, la Vulgate et la Peshitta, et Jérôme cite même le logion de Freer au Ve siècle[83]. Surtout, la finale longue est attestée dès le IIe siècle : le Diatessaron de Tatien, harmonie des quatre évangiles composée vers 160 à 175, reprend déjà la matière de 16, 9 à 20, ce qui prouve que ces versets circulaient dans les exemplaires utilisés un siècle et demi avant nos deux grands codex[84].

Quelques manuscrits tardifs portent en outre, après 16, 8, une conclusion brève de deux phrases, où les femmes rapportent l'annonce à l'entourage de Pierre[85]. L'Église ne l'a jamais reçue comme Écriture : les Bibles catholiques la relèguent en note, et seule la finale longue est proclamée à la messe[86].

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Que tient l'Église ? Le canon reçu à Trente comprend Marc avec sa finale, et la liturgie la proclame, à l'Ascension de l'année B et à la fête de saint Marc[87]. Les exégètes discutent pour savoir si Marc lui-même s'interrompit à 16, 8, si la fin du rouleau se perdit, ou si la finale résume une tradition apostolique ajoutée très tôt : dans tous les cas, le texte que l'Église lit est celui-là, et la Résurrection ne repose pas sur ces douze versets, elle est attestée par le tombeau vide de 16, 1 à 8, par les trois autres évangiles et par Paul, qui transmet ce qu'il a reçu, que le Christ est ressuscité le troisième jour selon les Écritures[88].

Le plan du livre : de la Galilée au tombeau vide

Six actes, une montée

Le récit avance comme une marche, et chaque étape resserre l'espace jusqu'à la croix. Le tableau suivant en donne la charpente, avec les charnières que tous les commentateurs reconnaissent.

PartieChapitresContenu
Prologue1, 1 à 13Titre solennel, Baptiste, baptême, tentation au désert[89]
En Galilée1, 14 à 8, 26Prédication, miracles, choix des Douze, paraboles, deux multiplications[90]
La charnière8, 27 à 10, 52Confession de Césarée, Transfiguration, route vers Jérusalem[91]
À Jérusalem11 à 13Entrée messianique, Temple, controverses, discours sur la ruine[92]
La Passion14 à 15Cène, Gethsémani, procès, crucifixion, mise au tombeau[93]
Le tombeau vide16, 1 à 8, puis 9 à 20Les femmes, le jeune homme blanc, l'envoi reçu par l'Église[94]

Marc ne ralentit qu'une fois : à partir de l'entrée à Jérusalem, le récit passe au ralenti, heure par heure, jusqu'à la croix, puis s'achève en quelques versets fulgurants sur le matin de Pâques. Un tiers du livre pour une semaine : la proportion dit la théologie[95].

Césarée de Philippe : le milieu qui retourne tout

Au centre exact du livre, Jésus conduit ses disciples au nord, à Césarée de Philippe, et pose la question qui partage l'humanité en deux : pour vous, qui suis-je[96].

« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? Pierre, prenant la parole, lui dit : Tu es le Christ. » (Évangile selon saint Marc, 8, 29, AELF) [97]

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C'est la première confession claire du mystère, et Jésus répond aussitôt par la première annonce de la Passion : il fallait que le Fils de l'homme souffrît beaucoup[98]. Gloire et croix sont nouées ensemble, et tout ce qui suit, Transfiguration, route, aveugle de Jéricho qui recouvre la vue quand les disciples restent aveugles, découle de ce nœud[99]. Le lecteur qui comprend Césarée comprend Marc.

La théologie de Marc : le Fils de Dieu crucifié

Le titre liminaire et son sceau final

Le livre s'ouvre sur une proclamation, et se ferme sur la même, comme deux sceaux. Dès la première ligne, l'évangéliste nomme Jésus Christ et Fils de Dieu[100].

« Commencement de l'Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. » (Évangile selon saint Marc, 1, 1, AELF) [101]

Le Catéchisme reprend ce premier verset pour dire que les évangiles furent écrits par des hommes qui comptaient parmi les premiers croyants et qui voulaient partager leur foi[102].

Au baptême, la voix du Père déclare ce titre du haut du ciel[103].

« Tu es mon Fils bien-aimé, en toi je trouve ma joie. » (Évangile selon saint Marc, 1, 11, AELF) [104]

À la Transfiguration, la voix le redit devant Pierre, Jacques et Jean[105]. Et au terme, c'est un païen, le centurion romain qui commandait l'exécution, qui confesse le premier parmi les hommes du récit, face au crucifié qui vient d'expirer.

« Vraiment, cet homme était Fils de Dieu ! » (Évangile selon saint Marc, 15, 39, AELF) [106]

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Les démons l'avaient crié avant lui[107], mais leurs cris apeurés ne comptent pas comme foi : la première confession humaine publique du Fils de Dieu sort de la bouche d'un soldat romain, au pied de la croix. Tout l'art de Marc est là : le titre est donné au début, voilé au milieu, révélé à la fin, et c'est la croix qui le révèle.

Le secret messianique : l'ordre de se taire

Jésus impose le silence aux démons[108], aux lépreux guéris[109], aux disciples après Césarée[110], et même à la fille de Jaïre rendue à la vie[111]. Pourquoi ce mutisme commandé ? Parce que le titre de Messie, dans les attentes du temps, signifiait un roi triomphant qui chasserait les Romains, et que Jésus refuse ce contresens jusqu'à ce que la croix en ait fixé le sens véritable[112]. Le secret n'est pas une hésitation, c'est une pédagogie : on ne dit qui il est qu'au moment où l'on peut dire ce qu'il vient faire, souffrir et donner sa vie. La finale du centurion prouve que la leçon porte.

Le Royaume en actes et en paraboles

Marc montre un Royaume qui arrive en actes avant les discours : près de vingt récits de guérisons et d'exorcismes, deux multiplications des pains, la tempête apaisée, la marche sur les eaux[113]. Les paraboles tiennent en un seul chapitre, le quatrième, semeur, lampe, semence qui pousse toute seule, grain de sénevé[114]. Le Catéchisme relève que cet enseignement en paraboles, dont Marc 4, 33 à 34 donne la méthode, est un trait typique de Jésus[115]. Ce Royaume grandit sans bruit et renverse tout : les derniers sont les premiers, et le Fils de l'homme, titre que Jésus se donne quatorze fois dans ce seul évangile, vient non pour être servi mais pour servir[116].

« Car le Fils de l'homme n'est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. » (Évangile selon saint Marc, 10, 45, AELF) [117]

Suivre jusqu'à la croix

Le discipulat marcien tient en une parole, la plus exigeante des quatre évangiles, prononcée juste après la première annonce de la Passion.

« Si quelqu'un veut marcher à ma suite, qu'il renonce à lui-même, qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. » (Évangile selon saint Marc, 8, 34, AELF) [118]

Et Marc montre aussitôt ce qu'il en coûte : les Douze ne comprennent pas[119], se disputent les premières places sur la route même où Jésus annonce sa mort[120], s'enfuient tous à Gethsémani[121], et Pierre renie trois fois en jurant qu'il ne connaît pas cet homme[122]. Aucun évangile ne peint les apôtres avec cette sévérité, et c'est précisément ce qui garantit le portrait : une communauté qui inventerait son fondateur ne prêterait pas à son chef, Pierre, une telle lâcheté, racontée par son propre interprète. La tradition y lit la marque de Pierre lui-même, qui voulut que sa chute fût écrite pour l'instruction des frères[123].

Les femmes, premiers témoins de Pâques

Quand les hommes ont fui, les femmes restent : au pied de la croix, au tombeau le soir, au tombeau le matin[124]. Ce sont elles qui voient où l'on dépose le corps, elles qui viennent l'embaumer, elles qui entendent la plus belle annonce jamais faite à des lèvres humaines.

« Ne soyez pas effrayées ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n'est pas ici. » (Évangile selon saint Marc, 16, 6, AELF) [125]

Dans un temps où le témoignage des femmes ne valait rien devant les tribunaux, confier l'annonce de la Résurrection à Marie de Magdala, Marie mère de Jacques et Salomé est un sceau d'authenticité : on n'invente pas des témoins que personne ne croira, on rapporte ceux que Dieu a choisis[126].

L'accomplissement des Écritures

Marc, le plus bref et le plus romain des évangiles, est tissé d'Ancien Testament. Dès la deuxième phrase, il cite ensemble Malachie et Isaïe sous le seul nom d'Isaïe, selon l'usage antique qui nomme le plus grand des deux prophètes[127].

« Voici que j'envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. » (Évangile selon saint Marc, 1, 2 à 3, AELF) [128]

Le tableau suivant rassemble les accomplissements majeurs que le livre exhibe.

L'Écriture annoncéeL'accomplissement chez Marc
Le messager devant le Seigneur, Malachie, et la voix dans le désert, Isaïe 40Jean Baptiste au Jourdain, 1, 2 à 8[129]
Le serviteur qui donne sa vie, Isaïe 53La rançon pour la multitude, 10, 45[130]
Frappez le berger, Zacharie 13, et les brebis seront disperséesTous seront scandalisés, 14, 27[131]
Le juste partagé et tiré au sort, Psaume 22Le partage des vêtements, 15, 24[132]
Le vin mêlé de fiel tendu au juste, Psaume 69On lui donna du vin parfumé de myrrhe, 15, 23[133]
Le troisième jour, Osée 6, et Jonas signeIl est ressuscité, 16, 6[134]

Parmi les quatre évangiles, Marc est celui qui cite le moins l'Ancien Testament à la lettre, une vingtaine de fois, mais celui dont toute la structure accomplit le dessein annoncé : le Christ pascal, rejeté, souffrant et relevé, exactement comme les prophètes l'avaient dessiné[135].

Marc dans la liturgie de l'Église

L'évangile de l'année B

Le lectionnaire dominical répartit les synoptiques sur trois ans : l'année B est l'année de Marc[136]. D'août en novembre, les dimanches suivent le second évangile presque pas à pas, de la multiplication des pains aux controverses de Jérusalem. Jean supplée pendant le Carême et le Temps pascal, et pendant cinq dimanches d'été où l'on déploie le discours du Pain de vie[137]. Les grandes lectures de l'année B sont donc marciennes : le baptême du Seigneur en 1, 7 à 11[138], la Transfiguration en 9, 2 à 10 au deuxième dimanche de Carême[139], la Passion selon Marc le dimanche des Rameaux[140], l'Ascension en 16, 15 à 20[141]. Des générations de fidèles ont appris le Christ d'abord par Marc, sans toujours le savoir.

La fête de saint Marc, le 25 avril

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Le 25 avril, l'Église célèbre l'évangéliste avec une messe propre : la première lecture est la finale de la lettre de Pierre, avec le salut de Marc mon fils, et l'évangile est l'envoi en mission de la finale longue, allez dans le monde entier, proclamez l'Évangile à toute la création[142]. Les Rogations et les processions printanières, dites litanies majeures, se rattachent à ce jour dans la tradition romaine[143]. Le lion ailé, symbole de Marc depuis le tétramorphe, veille sur Venise, sur les missels et sur les ambons d'où l'on proclame l'année B.

Les commentateurs : Victor, Bède et la Chaîne

Marc est le seul évangile sans commentaire latin continu de l'Antiquité tardive, mais les Grecs ne l'oublièrent pas : Victor d'Antioche, au Ve ou VIe siècle, compile la première chaîne exégétique sur Marc, cousant les explications des Pères verset par verset[144]. En Occident, saint Bède le Vénérable, au VIIIe siècle, donne l'Exposition sur Marc qui nourrira tout le Moyen Âge[145]. Saint Thomas d'Aquin, dans sa Chaîne d'or, coud à son tour les Pères sur chaque verset, et les prédicateurs y puisent encore[146]. L'Église n'a jamais cessé de lire Marc à la chaire, à l'école et au pupitre.

Le débat avec l'exégèse historico-critique moderne

Ce que propose une partie de l'exégèse contemporaine

Depuis le XIXe siècle, une partie de la critique propose de retourner le tableau reçu. L'hypothèse dominante à l'université, dite priorité de Marc, soutient que Marc aurait écrit le premier, vers 65 à 75, et que Matthieu et Luc l'auraient ensuite utilisé avec un recueil de paroles perdu, dit source Q[147]. La paternité en est attribuée à Wilke et à Weisse en 1838, puis à Holtzmann en 1863, et la forme classique à Streeter en 1925, avec ses quatre sources[148]. Dans ce cadre, la datation romaine haute deviendrait impossible, Papias serait un témoin crédule, et le secret messianique, analysé par Wrede en 1901, passerait pour un artifice théologique inventé après Pâques[149]. Saint Augustin lui-même, avec son idée que Marc abrège Matthieu, est parfois enrôlé comme ancêtre de ces reconstructions[150].

Il faut répondre point par point, sans caricaturer : beaucoup d'exégètes qui suivent la chronologie reçue n'en partagent pas la philosophie, et la critique vise d'abord une méthode héritée, non la foi.

La priorité de Marc ne prouve pas une date tardive

Même si l'on admettait que Marc fût utilisé par Matthieu et Luc, l'ordre littéraire ne dit rien de l'année de rédaction : un premier évangile peut être très ancien, et c'est même ce que soutiennent Wenham et d'autres tenants de la date haute[151]. Surtout, les manuscrits donnent unanimement l'ordre Matthieu, Marc, Luc, et aucun témoin ancien ne présente Marc comme une source exploitée par les deux autres[152]. Quant à la source Q, recueil de paroles sans récit de passion qui expliquerait les versets communs à Matthieu et Luc absents de Marc, elle ne possède aucun manuscrit, aucun catalogue, aucune citation patristique, et son contenu varie selon les reconstructions[153]. Opposer à des témoins nommés, Papias, Justin, Irénée, Clément, un document sans témoin relève de la pétition de principe, comme l'a montré Goodacre contre Q[154].

La datation vers 65 à 75 repose sur trois fragilités

La date tardive, popularisée par des manuels qui placent Marc vers 65 à 75[155], s'appuie sur le discours de la ruine du chapitre 13, lu comme un souvenir de 70, sur la dépendance supposée envers une source antérieure, et sur une Église déjà de deuxième génération. Trois fragilités les minent. D'abord le présupposé anti-prophétique : on date après 70 parce que Jésus n'aurait pas pu prévoir 70, ce qui n'est un argument que si l'on a d'avance exclu la prophétie[156]. Ensuite l'argument du silence inversé : on fait dire au chapitre 13 ce qu'il ne dit pas, une description après coup, alors que le texte annonce sans décrire, exactement comme une prophétie[157]. Enfin les datations circulaires : on date Marc tard parce qu'il serait premier et que Matthieu et Luc seraient tardifs, et l'on date ceux-ci tard parce que Marc le serait[158]. Davies et Allison eux-mêmes, pourtant partisans d'une date haute pour Matthieu, concèdent qu'il est difficile d'écarter le témoignage unanime des Pères[159].

Wrede et le secret : une hypothèse contre le texte

Wrede voyait dans les ordres de silence une invention de la communauté pour expliquer pourquoi Jésus n'avait pas été reconnu Messie de son vivant[160]. Mais le secret marcien s'explique de l'intérieur, par la pédagogie de la croix exposée plus haut, et la finale du centurion le dissout : le secret est levé dans le récit même, publiquement, devant des païens. Une communauté qui inventerait un secret pour masquer un échec n'inventerait pas sa levée éclatante par un soldat romain. De plus, les récits de silence existent aussi chez Matthieu et Luc, ce qui en fait un trait de la prédication de Jésus, non une marotte d'un rédacteur[161].

Pourquoi la tradition reste défendable

Rassemblons le dossier. Des témoins nommés, datés et indépendants, Papias et l'Ancien, Justin et Boanergès, Irénée, Clément, Tertullien, Origène, Jérôme, attestent la filiation pétrinienne et romaine sur deux siècles[162]. Des indices internes convergents, détails de témoin, Pierre en relief, araméen traduit, latinismes, coutumes expliquées, désignent Rome et la gentilité[163]. Le silence sur 70 comme fait accompli tire la rédaction vers le haut, comme pour tout le Nouveau Testament[164]. La transmission manuscrite, à des décennies des autographes, rend invraisemblable l'idée d'un texte recomposé sans témoin[165]. Et le magistère, de Dei Verbum sur l'origine apostolique des évangiles[166] à l'instruction de 1964 sur leur vérité historique[167], reçoit ce livre comme les trois autres. Benoît XVI, dans son Jésus de Nazareth, lit Marc avec la même confiance, en y cherchant la figure historique du Fils[168]. La datation et l'attribution traditionnelles ne sont pas un refuge pieux : ce sont la lecture la plus économique du dossier complet.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Marc second dans l'ordre canonique reçu de toutes les Bibles catholiques. Traduction œcuménique de la Bible (TOB), Cerf, 2010, introduction au Nouveau Testament.

    1
  2. Seize chapitres, environ six cent soixante versets selon les éditions, le plus bref des quatre. Nestle-Aland, 28e édition, 2012.

    2
  3. Les chapitres 14 et 15, plus la montée de 8, 27 à 10, 52 : près du tiers du livre pour la dernière semaine. Commentaires, voir France, The Gospel of Mark, NIGTC, Eerdmans, 2002.

    3 95
  4. Catéchisme de l'Église catholique, § 125 : les Évangiles, cœur de toutes les Écritures. Édition Mame-Plon, Paris, 1992.

    4
  5. Concile Vatican II, constitution Dei Verbum, § 18, 18 novembre 1965 : l'origine apostolique des quatre Évangiles. Texte français sur vatican.va.

    5
  6. Saint Justin, Première Apologie, 67, vers 150 à 160 : les mémoires des apôtres lus le dimanche. Sources Chrétiennes n. 507, Cerf, 2006.

    6 45
  7. Saint Irénée, Contre les hérésies, III, 1, 1, vers 180 : Marc, disciple et interprète de Pierre. Sources Chrétiennes n. 211, Cerf, 1974.

    7
  8. Eusèbe, Histoire ecclésiastique, III, 25 : les quatre évangiles au nombre des écrits universellement reçus. Sources Chrétiennes n. 31, Cerf, 1952.

    8
  9. Saint Athanase, 39e lettre festale, Pâques 367 : les quatre évangiles selon Matthieu, Marc, Luc et Jean. Monergism.

    9
  10. Concile d'Hippone, 393, canon 36 : catalogue des Écritures. Schaff, History, vol. III.

    10
  11. IIIe concile de Carthage, 28 août 397, canon 47 : même catalogue. Schaff, History, vol. III.

    11
  12. Concile de Florence, bulle Cantate Domino, 4 février 1442 : liste des livres reçus. Denzinger.

    12
  13. Concile de Trente, session IV, 8 avril 1546, décret De canonicis Scripturis : définition solennelle avec anathème. Denzinger.

    13
  14. Eusèbe distingue livres reconnus, discutés et rejetés : les hésitations ne portent que sur sept brèves lettres. Histoire ecclésiastique, III, 25. Sources Chrétiennes n. 31.

    14
  15. Ac 12, 12 : la maison de Marie, mère de Jean surnommé Marc, lieu de prière de la communauté. AELF.

    15
  16. Même verset, traduction liturgique : il se rendit à la maison de Marie, mère de Jean surnommé Marc. AELF, aelf.org.

    16
  17. Col 4, 10 : Marc, le cousin de Barnabé, au sujet duquel vous avez reçu des instructions. AELF.

    17
  18. Ac 13, 13 : Jean les quitta pour retourner à Jérusalem, à Pergé. AELF.

    18
  19. Ac 15, 37 à 40 : Barnabé veut emmener Marc, Paul s'y refuse, et ils se séparent. AELF.

    19
  20. Col 4, 10 : accueillez-le s'il vient à vous. AELF.

    20
  21. Phm 24 : Marc parmi les compagnons d'œuvre de Paul. AELF.

    21
  22. 2 Tm 4, 11, traduction liturgique : il m'est très utile pour le ministère. AELF, aelf.org.

    22
  23. Babylone, nom codé de Rome dans la littérature apostolique, comme en Ap 17. Bible de Jérusalem, Cerf, 2000.

    23
  24. 1 P 5, 13, traduction liturgique : ainsi que Marc, mon fils. AELF, aelf.org.

    24
  25. Mc 14, 51 à 52 : le jeune homme au drap, saisi puis enfui nu. AELF.

    25
  26. Lecture proposée par de nombreux commentateurs, anciens et modernes : l'évangéliste glisse son souvenir personnel. France, The Gospel of Mark, NIGTC, Eerdmans, 2002.

    26
  27. Papias, évêque d'Hiérapolis, première moitié du IIe siècle, auditeur des presbytres apostoliques selon Irénée, Contre les hérésies, V, 33, 4. Sources Chrétiennes.

    27
  28. Eusèbe, Histoire ecclésiastique, III, 39, 15, citant Papias. Texte anglais : Mark, having become the interpreter of Peter, wrote down accurately whatsoever he remembered of the things said or done by Christ. For he neither heard the Lord nor followed him, but afterward, as I said, he followed Peter. New Advent, Fathers.

    28
  29. Même passage : il n'avait qu'un souci, ne rien omettre de ce qu'il avait entendu, ne rien falsifier. Eusèbe, Histoire ecclésiastique, III, 39, 15. Sources Chrétiennes n. 31.

    29
  30. Saint Irénée, Contre les hérésies, III, 1, 1 : Matthieu chez les Hébreux pendant que Pierre et Paul évangélisent Rome. Sources Chrétiennes n. 211.

    30
  31. Même passage. Texte anglais : After their departure, Mark, the disciple and interpreter of Peter, did also hand down to us in writing what had been preached by Peter. New Advent, Fathers.

    31
  32. Martyre de Pierre et de Paul à Rome sous Néron, vers 64 à 67. Eusèbe, Histoire ecclésiastique, II, 25. Sources Chrétiennes n. 31, Cerf, 1952.

    32
  33. Eusèbe, Histoire ecclésiastique, II, 15 : les auditeurs romains de Pierre pressent Marc d'écrire, et Pierre agrée l'ouvrage pour les lectures. Sources Chrétiennes n. 31.

    33
  34. Eusèbe, Histoire ecclésiastique, VI, 14, citant Clément, Hypotyposes : Pierre, l'apprenant, ne s'y opposa ni ne l'encouragea. Sources Chrétiennes.

    34
  35. Tertullien, Contre Marcion, livre IV, vers 208 : l'autorité appartient à ce qui est apostolique et ancien. Sources Chrétiennes.

    35
  36. Même ouvrage. Texte anglais : Though that which Mark published may be affirmed to be Peter's whose interpreter Mark was. New Advent, Fathers.

    36
  37. Origène, Commentaire sur Matthieu, livre I, cité par Eusèbe, Histoire ecclésiastique, VI, 25 : Marc écrivit comme Pierre le lui indiqua. Ante-Nicene Fathers, vol. IX.

    37
  38. Saint Jérôme, Des hommes illustres, 8, en 393 : Marc, disciple et interprète de Pierre, évangile bref écrit à Rome, approuvé par Pierre. New Advent, Fathers.

    38
  39. Eusèbe, Histoire ecclésiastique, III, 39, 15. Sources Chrétiennes n. 31.

    39
  40. Saint Justin, Dialogue avec Tryphon, 106, vers 160. New Advent, Fathers.

    40
  41. Irénée, Contre les hérésies, III, 1, 1 ; Eusèbe, Histoire ecclésiastique, V, 10. Sources Chrétiennes.

    41
  42. Eusèbe, Histoire ecclésiastique, II, 15 et VI, 14. Sources Chrétiennes n. 31.

    42
  43. Tertullien, Contre Marcion, livre IV ; Origène cité par Eusèbe, VI, 25. Sources Chrétiennes.

    43
  44. Eusèbe, Histoire ecclésiastique, II, 15 ; III, 25 ; III, 39 ; Jérôme, Des hommes illustres, 8. Sources Chrétiennes.

    44
  45. Saint Justin, Dialogue avec Tryphon, 106, 3, vers 160 : le surnom dans les mémoires de Pierre. New Advent, Fathers.

    46
  46. Même passage. Texte anglais : It is written in his memoirs that He changed the names of other two brothers, the sons of Zebedee, to Boanerges, which means sons of thunder. New Advent, Fathers.

    47
  47. Mc 3, 17 : Boanergès, c'est-à-dire fils du tonnerre, unique dans le Nouveau Testament. AELF.

    48
  48. Catholic Encyclopedia, entrée Saint Marc, 1913, citant le Dialogue 106 : les mémoires de Pierre désignent l'évangile de Marc. New Advent.

    49
  49. Mc 4, 38 : Jésus dormait à l'arrière sur le coussin. AELF.

    50
  50. Mc 6, 39 : on les fit asseoir par groupes sur l'herbe verte. AELF.

    51
  51. Mc 6, 37 : faut-il aller acheter pour deux cents deniers de pain. AELF.

    52
  52. Mc 10, 46 : Bartimée, fils de Timée, mendiant au bord du chemin. AELF.

    53
  53. Mc 15, 21 : Simon de Cyrène, père d'Alexandre et de Rufus ; Paul salue un Rufus à Rome en Rm 16, 13. Rapprochement proposé par de nombreux commentateurs. AELF.

    54
  54. Mc 1, 16 à 20 : l'appel de Simon et André, puis de Jacques et Jean. AELF.

    55
  55. Mc 8, 29 : Pierre porte-parole, Tu es le Christ. AELF.

    56
  56. Mc 14, 30 et 72 : le coq chantera deux fois, détail propre à Marc. AELF.

    57 122
  57. Mc 3, 17 ; 5, 41 ; 7, 34 ; 14, 36 ; 15, 34 : chaque aramaïsme est traduit en grec. AELF.

    58
  58. Mc 7, 3 à 4 : les usages juifs expliqués ; centurion, denier, prétoire, légion. France, The Gospel of Mark, NIGTC, Eerdmans, 2002.

    59
  59. Irénée, Contre les hérésies, III, 1, 1, et Eusèbe, Histoire ecclésiastique, II, 15 : rédaction à Rome au temps de Pierre ou juste après. Sources Chrétiennes.

    60
  60. Ac 12, 12 ; 13, 5 ; 2 Tm 4, 11 ; 1 P 5, 13 : Jérusalem, missions pauliniennes, Rome, Pierre. AELF.

    61
  61. Mc 13, 2 : il ne restera pas ici pierre sur pierre. AELF.

    62
  62. Aucun écrit du Nouveau Testament ne mentionne la ruine de 70 comme accomplie. Robinson, Redating the New Testament, SCM Press, 1976.

    63 157
  63. Rufus connu comme un vivant, nul écho de 64 ni de 70 : cadre d'avant Néron. Mc 15, 21 ; Rm 16, 13. Robinson, 1976.

    64
  64. Ac s'achève sur Paul à Rome, sans mentionner sa mort ni la ruine de Jérusalem. Robinson, Redating the New Testament, SCM Press, 1976.

    65
  65. John A. T. Robinson, Redating the New Testament, Londres, SCM Press, 1976 : Marc dans les années 50 à 60.

    66
  66. John W. Wenham, Redating Matthew, Mark and Luke, Londres, Hodder and Stoughton, 1991, 319 p. : Marc second, dès les années 50.

    67
  67. Martin Hengel, Studies in the Gospel of Mark, Philadelphie, Fortress, 1985 : Rome, Pierre, avant 70.

    68
  68. Robert H. Gundry, Mark : A Commentary on His Apology for the Cross, Grand Rapids, Eerdmans, 1993 : la notice de Papias, tradition pré-papienne digne de foi.

    69
  69. D. A. Carson et Douglas J. Moo, An Introduction to the New Testament, Grand Rapids, Zondervan, 1992, 2e éd. 2005 : années 50 à 60 défendables, Temple encore debout.

    70
  70. Grec paratactique, sémitismes, rythme oral conservé. France, The Gospel of Mark, NIGTC, Eerdmans, 2002.

    71
  71. Euthus, aussitôt, environ quarante occurrences, signature stylistique du livre. Concordances Nestle-Aland.

    72
  72. Kenturiôn, dênarion, praitôrion, legiôn, kênsos : latin transcrit en grec. Blass-Debrunner-Funk, A Greek Grammar of the New Testament, Chicago, 1961.

    73
  73. Mc 7, 3 à 4 : tous les Juifs se lavent les mains selon la tradition des anciens. AELF.

    74
  74. Papyrus 45, codex Chester Beatty, vers 250, évangiles dont Marc. Nestle-Aland, 28e édition, 2012, Verzeichnis.

    75
  75. Codex Vaticanus, IVe siècle, Bibliothèque vaticane ; Codex Sinaiticus, IVe siècle, British Library. Tous deux donnent Marc jusqu'en 16, 8, sans la finale longue 16, 9 à 20, traitée à la section suivante.

    76
  76. Codex Washingtonianus, vers 400, Freer Gallery, Washington : texte mêlé et logion de Freer après 16, 14. Metzger, The Text of the New Testament, Oxford, 1964, 4e éd. 2005.

    77
  77. Vieille Latine dès le IIe siècle, Peshitta syriaque, versions coptes. Metzger, The Early Versions of the New Testament, Oxford, 1977.

    78
  78. Environ 5 800 manuscrits grecs, 10 000 latins, plus de 24 000 témoins en toutes langues. Aland, inventaires de Münster ; Metzger, The Text of the New Testament, Oxford, 1964, 4e éd. 2005.

    79
  79. Vaticanus s'arrête à 16, 8 avec une colonne blanche et la souscription selon Marc. Metzger, A Textual Commentary on the Greek New Testament, 1971.

    80
  80. Eusèbe, Questions à Marinus, vers 320 : presque tous les exemplaires s'achèvent à 16, 8. Patrologie grecque, vol. 22.

    81
  81. Saint Irénée, Contre les hérésies, III, 10, vers 180 : citation de l'ascension selon Mc 16, 19. Sources Chrétiennes.

    82
  82. Saint Jérôme, Dialogue contre les Pélagiens, II, 15, au Ve siècle : citation du logion de Freer. Patrologie latine, vol. 23.

    83
  83. Tatien, Diatessaron, vers 160 à 175 : l'harmonie reprend la matière de Mc 16, 9 à 20. Irénée, vers 175, et le Diatessaron fournissent les plus anciens témoignages patristiques de la finale longue. Verbum et Ecclesia, article sur la finale de Marc, 2020.

    84
  84. Conclusion brève après 16, 8 dans quelques manuscrits tardifs : les femmes rapportent brièvement l'annonce à Pierre et à son entourage. Metzger, A Textual Commentary on the Greek New Testament, 1971.

    85
  85. La Traduction œcuménique de la Bible donne cette fin brève en note sur Mc 16, 8, sans la recevoir dans le texte lu. TOB, Cerf, 2010.

    86
  86. Mc 16, 15 à 20 proclamé à l'Ascension de l'année B et le 25 avril, fête de saint Marc. Lectionnaire romain.

    87
  87. 1 Co 15, 3 à 5 : je vous ai transmis ce que j'ai reçu, le Christ est ressuscité le troisième jour selon les Écritures. AELF.

    88
  88. Mc 1, 1 à 13 : titre, Baptiste, baptême, tentation. AELF.

    89
  89. Mc 1, 14 à 8, 26 : prédication, Douze, paraboles, les deux multiplications en 6, 30 à 44 et 8, 1 à 10. AELF.

    90
  90. Mc 8, 27 à 10, 52 : Césarée, Transfiguration, route, aveugle de Jéricho. AELF.

    91
  91. Mc 11 à 13 : entrée, figuier, Temple, controverses, discours eschatologique. AELF.

    92
  92. Mc 14 à 15 : Cène, Gethsémani, procès juif et romain, croix. AELF.

    93
  93. Mc 16, 1 à 20 : tombeau vide, jeune homme blanc, finale reçue. AELF.

    94
  94. Mc 8, 27 : pour vous, qui suis-je. AELF.

    96
  95. Même passage, traduction liturgique : Tu es le Christ. AELF, aelf.org.

    97
  96. Mc 8, 31 : première annonce, souffrir beaucoup, être rejeté, ressusciter. AELF.

    98
  97. Transfiguration en 9, 2 à 8, seconde et troisième annonces en 9, 31 et 10, 33 à 34, guérison de Bartimée en 10, 46 à 52. AELF.

    99
  98. Mc 1, 1 : Commencement de l'Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu, porté par la plupart des témoins. AELF.

    100
  99. Même verset, traduction liturgique : Commencement de l'Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. AELF, aelf.org.

    101
  100. Catéchisme de l'Église catholique, § 515 : les Évangiles sont écrits par des hommes qui ont été parmi les premiers à avoir la foi, cf. Mc 1, 1 et Jn 21, 24. Édition Mame-Plon, Paris, 1992. Texte français sur vatican.va.

    102
  101. Mc 1, 11 : la voix venue des cieux au baptême. AELF.

    103
  102. Même verset, traduction liturgique : Tu es mon Fils bien-aimé. AELF, aelf.org.

    104
  103. Mc 9, 7 : la nuée et la voix à la Transfiguration, Celui-ci est mon Fils bien-aimé. AELF.

    105
  104. Mc 15, 39, traduction liturgique : Vraiment, cet homme était Fils de Dieu. AELF, aelf.org.

    106
  105. Mc 3, 11 et 5, 7 : les esprits impurs crient le titre, Jésus les réduit au silence. AELF.

    107
  106. Mc 1, 34 : il ne laissait pas les démons parler. AELF.

    108
  107. Mc 1, 44 : garde-toi de rien dire à personne. AELF.

    109
  108. Mc 8, 30 : il leur défendit de rien dire à son sujet. AELF.

    110
  109. Mc 5, 43 : il leur recommanda de ne le faire savoir à personne, pour la fille de Jaïre. AELF.

    111
  110. Le Messie royal attendu contre le Messie souffrant annoncé : Mc 8, 31 à 33, Pierre réprimandé. France, The Gospel of Mark, NIGTC, Eerdmans, 2002.

    112
  111. Guérisons, exorcismes, tempête apaisée en 4, 35 à 41, marche sur les eaux en 6, 45 à 52. AELF.

    113
  112. Mc 4 : semeur, lampe, semence, sénevé. AELF.

    114
  113. Catéchisme de l'Église catholique, § 546 : Jésus appelle à entrer dans le Royaume à travers les paraboles, trait typique de son enseignement, cf. Mc 4, 33 à 34. Édition Mame-Plon, Paris, 1992. Texte français sur vatican.va.

    115
  114. Quatorze occurrences du Fils de l'homme dans Marc, dont 2, 10 ; 8, 31 ; 10, 45 ; 14, 62. Concordances Nestle-Aland.

    116
  115. Mc 10, 45, traduction liturgique : donner sa vie en rançon pour la multitude. AELF, aelf.org.

    117
  116. Mc 8, 34, traduction liturgique : qu'il prenne sa croix et qu'il me suive. AELF, aelf.org.

    118
  117. Mc 9, 32 : ils ne comprenaient pas la parole et craignaient de l'interroger. AELF.

    119
  118. Mc 10, 37 : accorde-nous de siéger à ta droite et à ta gauche. AELF.

    120
  119. Mc 14, 50 : tous l'abandonnèrent et s'enfuirent. AELF.

    121
  120. Mc 14, 66 à 72, raconté par l'interprète de Pierre : la chute du chef conservée pour l'instruction. Gundry, Mark, Eerdmans, 1993.

    123
  121. Mc 15, 40 à 41 et 47 : les femmes au pied de la croix et au tombeau. AELF.

    124
  122. Mc 16, 6, traduction liturgique : Il est ressuscité, il n'est pas ici. AELF, aelf.org.

    125
  123. Marie de Magdala, Marie mère de Jacques, Salomé en 16, 1 : témoins invérifiables selon les critères du temps. Bauckham, Jesus and the Eyewitnesses, Eerdmans, 2006.

    126
  124. Mc 1, 2 à 3 : Mal 3, 1 et Is 40, 3 sous le nom d'Isaïe, usage antique duddit principal. Bible de Jérusalem, Cerf, 2000.

    127
  125. Même passage, traduction liturgique : Préparez le chemin du Seigneur. AELF, aelf.org.

    128
  126. Ml 3, 1 ; Is 40, 3 ; Mc 1, 2 à 8 : le Baptiste au Jourdain. AELF.

    129
  127. Is 53, 10 à 12 ; Mc 10, 45 : la rançon pour la multitude. AELF.

    130
  128. Za 13, 7 ; Mc 14, 27 : frappez le berger, les brebis seront dispersées. AELF.

    131
  129. Ps 22, 19 ; Mc 15, 24 : ils partagent ses vêtements en tirant au sort. AELF.

    132
  130. Ps 69, 22 ; Mc 15, 23 : du vin parfumé de myrrhe. AELF.

    133
  131. Os 6, 2 ; Jon 2, 1 ; Mc 16, 6 : le troisième jour. AELF et Mt 12, 40.

    134
  132. Une vingtaine de citations directes chez Marc, contre une soixantaine chez Matthieu, mais une structure pascale continue. Encyclopedia.com, Gospel According to Mark.

    135
  133. Lectionnaire dominical : année A Matthieu, année B Marc, année C Luc. Présentations du lectionnaire.

    136
  134. Jean au Carême, au Temps pascal et cinq dimanches d'été pour le discours du Pain de vie. Lectionnaire romain.

    137
  135. Fête du Baptême du Seigneur, année B : Mc 1, 7 à 11. Lectionnaire romain.

    138
  136. Deuxième dimanche de Carême, année B : Mc 9, 2 à 10. Lectionnaire romain.

    139
  137. Dimanche des Rameaux, année B : la Passion selon Marc, 14, 1 à 15, 47. Lectionnaire romain.

    140
  138. Ascension, année B : Mc 16, 15 à 20. Lectionnaire romain.

    141
  139. Missel romain, 25 avril, saint Marc : 1 P 5, 5 à 14 et Mc 16, 15 à 20. AELF.

    142
  140. Litanies majeures du 25 avril, procession romaine printanière liée à la Saint-Marc. Catholic Encyclopedia, entrée Rogation Days, 1913.

    143
  141. Victor d'Antioche, Ve ou VIe siècle : commentaire en chaîne sur Marc, le premier conservé en grec. Patrologie grecque, vol. 125.

    144
  142. Saint Bède le Vénérable, Exposition sur Marc, VIIIe siècle. Patrologie latine, vol. 92.

    145
  143. Saint Thomas d'Aquin, Chaîne d'or sur Marc, vers 1263, compilation demandée par Urbain IV. Éditions Marietti.

    146
  144. Wilke, Der Urevangelist, 1838 ; Weisse, Die evangelische Geschichte, 1838 ; Holtzmann, Die synoptischen Evangelien, 1863. Notices encyclopédiques.

    147
  145. B. H. Streeter, The Four Gospels : A Study of Origins, Macmillan, Londres, 1925 : quatre sources, Marc, Q, M, L.

    148
  146. William Wrede, Das Messiasgeheimnis in den Evangelien, Göttingen, Vandenhoeck, 1901 : le secret comme artifice communautaire.

    149
  147. Saint Augustin, De l'accord des évangélistes, I, 2, vers 400 : Marc comme suivant et abréviateur de Matthieu. Bibliothèque augustinienne.

    150
  148. Wenham, Redating Matthew, Mark and Luke, Hodder and Stoughton, 1991 : premier ne veut pas dire tardif.

    151
  149. Les manuscrits donnent unanimement l'ordre Matthieu, Marc, Luc. Nestle-Aland, 28e édition, 2012.

    152
  150. Q sans manuscrit, sans catalogue, sans citation patristique, contenu variable selon les reconstructions. Goodacre, The Case Against Q, Trinity Press, 2002.

    153
  151. Mark Goodacre, The Case Against Q, Trinity Press, 2002 : les accords mineurs montrent que Luc connaît Matthieu.

    154
  152. Raymond E. Brown, An Introduction to the New Testament, Doubleday, 1997 : Marc vers 65 à 75.

    155
  153. Leighton Pullan, The Books of the New Testament : l'argument repose sur la supposition que le Seigneur n'a pas pu prévoir l'événement prédit. SermonIndex.

    156
  154. Présupposé anti-prophétique, argument du silence, datations circulaires : les trois fragilités récurrentes. Goodacre, p. 165 à 168, exemple de pétition de principe.

    158
  155. Davies et Allison, vol. 1, p. 12 : difficile d'écarter le témoignage unanime des Pères pour un Matthieu sémitique premier. Sim, ACU.

    159
  156. Wrede, Das Messiasgeheimnis, 1901 : le secret comme invention communautaire. Réponse : pédagogie de la croix et levée publique par le centurion.

    160
  157. Ordres de silence aussi en Mt 8, 4 ; 9, 30 ; Lc 5, 14 ; 8, 56 : trait de la prédication, non marotte d'un rédacteur. AELF.

    161
  158. Papias, Justin, Irénée, Clément, Tertullien, Origène, Jérôme : deux siècles de témoignages nommés. Eusèbe ; Sources Chrétiennes.

    162
  159. Détails de témoin, Pierre en relief, araméen traduit, latinismes, coutumes expliquées. France, NIGTC, Eerdmans, 2002.

    163
  160. Robinson, Redating the New Testament, SCM Press, 1976 : le silence sur 70 comme fait accompli, inexplicable après coup.

    164
  161. 5 800 manuscrits grecs, intervalles en décennies : un texte recomposé sans témoin est invraisemblable. Aland ; Metzger.

    165
  162. Dei Verbum, § 18 : Toujours et partout l'Église a tenu et tient l'origine apostolique des quatre Évangiles. Texte français sur vatican.va.

    166
  163. Commission biblique pontificale, instruction sur la vérité historique des évangiles, 21 avril 1964. MDPI ; Catholic Herald.

    167
  164. Benoît XVI, Jésus de Nazareth, 3 volumes, 2007, 2011, 2012. Flammarion pour le français.

    168