La Vulgate est la Bible latine traduite par saint Jérôme entre 382 et 405, à la demande du pape saint Damase Ier. Pendant plus de quinze siècles, elle a été la Bible de l'Occident chrétien : lue à la messe, méditée par les moines, commentée par les théologiens, apprise par les missionnaires qui l'ont portée jusqu'aux extrémités du monde.
Son nom signifie simplement l'édition répandue, celle que tout le monde utilise : la vulgata editio. Ce nom modeste dit l'essentiel. La Vulgate n'est pas la Bible d'une école ou d'un parti, c'est la Bible reçue par l'Église latine, éprouvée par un usage ininterrompu, puis solennellement reconnue par le concile de Trente en 1546 comme texte authentique pour la prédication, les disputes théologiques et la liturgie[1].
Aujourd'hui encore, sa fille directe, la Nova Vulgata promulguée en 1979, reste l'édition latine de référence du Saint-Siège et le point de comparaison obligé de toute traduction liturgique[2].
La Bible latine de l'Église catholique
Pour comprendre ce qu'est la Vulgate, il faut d'abord comprendre ce qu'elle n'est pas : ni un livre parmi d'autres, ni une simple traduction utilitaire. C'est la forme latine de l'Écriture Sainte que l'Église catholique a reçue, gardée et transmise.
Une traduction devenue Écriture reçue
Quand les chrétiens de Rome priaient en latin, au IIe et au IIIe siècle, ils avaient besoin des Écritures dans leur langue. Des traductions partielles circulaient, faites sur le grec : c'est ce qu'on appelle aujourd'hui la Vieille Latine (Vetus Latina). Saint Augustin, au début du Ve siècle, constate que ces versions sont nombreuses et inégales[3]. La Vulgate de Jérôme est née de ce besoin : donner à l'Église latine un texte stable, fidèle et complet.
Le résultat couvre l'ensemble du canon catholique : 73 livres, 46 pour l'Ancien Testament et 27 pour le Nouveau Testament. Les livres que les protestants appellent apocryphes et que les catholiques nomment deutérocanoniques (Tobie, Judith, Sagesse, Siracide, Baruch, Premier et Deuxième livres des Maccabées, compléments grecs d'Esther et de Daniel) y figurent à leur place, comme dans toutes les Bibles catholiques[4]. Pour le détail de cette question, voir Pourquoi les catholiques ont-ils sept livres de plus ?.
La place de la Vulgate parmi les grandes versions
L'Église n'a jamais connu une seule version de la Bible, et la Vulgate ne fait pas exception. Elle prend place dans une histoire de transmissions dont chaque étape éclaire la suivante.
| Version | Langue | Époque | Rôle |
|---|---|---|---|
| Texte hébreu et araméen | Hébreu, araméen | Avant le Christ | Texte source de l'Ancien Testament |
| La Septante | Grec | IIIe-Ier siècle avant le Christ | Bible des apôtres et des premiers Pères |
| Vetus Latina | Latin | IIe-IVe siècle | Premières traductions latines, partielles et variées |
| Vulgate | Latin | 382-405 | Bible latine unifiée de l'Occident chrétien |
| Nova Vulgata | Latin révisé | 1965-1986 | Édition typique actuelle du Saint-Siège |
La Vulgate ne remplace ni l'hébreu ni le grec : elle les transmet. Le pape Pie XII rappellera en 1943 que l'étude des langues originales reste le chemin royal de l'exégèse, sans retirer à la Vulgate son autorité reçue[5]. Un demi-siècle plus tôt, Léon XIII avait fixé le cadre doctrinal dans Providentissimus Deus (1893) : restreindre l'inspiration à certaines parties de l'Écriture, ou concéder que l'auteur sacré ait pu se tromper, est absolument interdit[6]. Pour la méthode catholique de lecture, voir Comment lire la Bible catholiquement et L'interprétation catholique de la Bible.
Saint Jérôme, le traducteur
On ne comprend la Vulgate sans connaître l'homme qui l'a faite : un savant fougueux, un moine ascétique, un polémiste redoutable, et un saint que l'Église compte parmi ses plus grands docteurs.
Une vie donnée à l'Écriture
Eusèbe Sophronius Hieronymus, que nous appelons saint Jérôme, naît à Stridon, en Dalmatie, vers 342-347 (la date traditionnelle de 347 reste la plus citée)[7]. Formé à Rome dans les lettres classiques, baptisé jeune homme, il découvre l'Orient, apprend le grec, puis s'attaque à l'hébreu avec une ténacité qui étonne ses contemporains : un Romain cultivé qui ânonne l'hébreu auprès de maîtres juifs, c'était une nouveauté[8].
Appelé à Rome par le pape saint Damase Ier, il devient son secrétaire et son conseiller pour les questions d'Écriture, de 382 à la mort du pape en 384[9]. Après un violent conflit avec une partie du clergé romain, il quitte Rome et s'installe à Bethléem en 386, avec la noble veuve Paula et sa fille Eustochium, qui fondent avec lui des monastères jumeaux d'hommes et de femmes[10].
C'est là, dans une grotte proche de celle de la Nativité selon la tradition, qu'il accomplit l'essentiel de son œuvre et qu'il meurt le 30 septembre 420[11]. L'Église le fête ce jour-là et l'honore comme docteur de l'Église, l'un des quatre grands docteurs latins avec Ambroise, Augustin et Grégoire le Grand[12].
- vers 347Naissance à Stridon
Naissance en Dalmatie, dans une famille chrétienne aisée. Formation classique à Rome auprès du grammairien Donat.
- 374-379L'Orient et l'hébreu
Séjour en Syrie, vie érémitique à Chalcis, apprentissage de l'hébreu. Ordination sacerdotale à Antioche en 379.
- 382-384Rome, auprès de Damase
Secrétaire du pape saint Damase Ier. Commande de la révision des Évangiles en 382. Début de la révision du psautier.
- 386-405Bethléem, la grande traduction
Installation à Bethléem. Traduction de l'Ancien Testament depuis l'hébreu, commentaires, polémiques, correspondance immense.
- 30 septembre 420Mort à Bethléem
Mort à Bethléem après plus de trente ans de travail scripturaire. Fête liturgique le 30 septembre.
Pourquoi Jérôme, et personne d'autre
Trois choses rendaient Jérôme irremplaçable. D'abord une science des langues rare : latin de naissance, grec acquis à la perfection, hébreu appris dans la peine, avec l'aide de maîtres juifs qu'il payait et consultait[13]. Ensuite une connaissance intime de la Palestine : il vivait sur les lieux mêmes de l'histoire sainte, vérifiait les noms de lieux, interrogeait la géographie[14]. Enfin une conviction théologique qui commandait tout le reste : l'Écriture est la parole de Dieu, elle mérite le meilleur du savant comme le meilleur du moine.
Benoît XV, pour le quinzième centenaire de sa mort, lui consacrera en 1920 l'encyclique Spiritus Paraclitus, qui propose Jérôme comme modèle de tous ceux qui étudient la Bible[15].
Pourquoi une nouvelle traduction
La Vulgate n'est pas née d'un caprice de savant. Elle répondait à une situation devenue intenable : l'Église latine priait sur des textes qui variaient d'une église à l'autre.
Le désordre de la Vieille Latine
La Vetus Latina n'était pas une version unique, mais une famille de traductions partielles faites sur le grec depuis le IIe siècle, copiées et recopiées, retouchées par chaque scribe, mélangées entre elles. Le résultat : pour un même passage, plusieurs leçons concurrentes circulaient, et personne ne savait laquelle tenait[16]. Les moines qui copiaient ajoutaient des gloses dans les marges, et le copiste suivant les intégrait parfois dans le texte. Chaque région avait ses habitudes : textes africains, textes européens, textes italiens.
Saint Augustin décrit la situation avec lucidité : parmi les traductions latines, il faut préférer celle qu'il appelle l'Itala, plus attachée aux mots tout en restant claire pour le sens[17].
« Parmi les traductions elles-mêmes, on préférera l'Itala aux autres, car elle s'attache davantage aux mots tout en gardant la clarté du sens. » (Saint Augustin, De la doctrine chrétienne, livre II, chapitre 15[18])
Augustin lui-même éprouva la difficulté de changer les habitudes : dans une lettre à Jérôme vers 403, il raconte qu'un évêque d'Oea provoqua un tumulte parmi ses fidèles en lisant la courge de la nouvelle traduction là où tous attendaient le lierre auquel ils étaient habitués, en Jonas 4, 6[19]. L'anecdote montre deux choses à la fois : la résistance bien humaine au changement, et la justesse de la méthode de Jérôme, qui préférait l'exactitude à la routine.
La commande du pape Damase
En 382, le pape saint Damase Ier demande à Jérôme de réviser le texte latin des Évangiles en usage dans l'Église romaine[20]. La lettre-préface de Jérôme au pape, placée en tête de son travail, est restée célèbre : elle dit à la fois sa crainte et sa méthode.
« Tu me contrains à faire du neuf avec du vieux, à siéger comme arbitre entre les exemplaires des Écritures dispersés dans le monde entier, et, puisqu'ils diffèrent entre eux, à décider lesquels s'accordent avec la vérité grecque. » (Saint Jérôme, préface aux quatre Évangiles, adressée au pape Damase[21])
Le programme est posé : comparer les manuscrits latins, trancher d'après le grec, et donner un texte unique. Jérôme commence par les Évangiles, à Rome, en 382-384. Le reste suivra à Bethléem, avec une ambition bien plus grande : remonter jusqu'à l'hébreu lui-même.
Comment Jérôme a traduit, de 382 à 405
Vingt-trois ans de travail, deux villes, trois langues sources, plusieurs méthodes successives : la Vulgate n'est pas sortie d'un seul jet. Suivre Jérôme pas à pas, c'est comprendre ce que contient vraiment le texte, et d'où vient chaque partie.
À Rome : les Évangiles révisés sur le grec (382-384)
Premier chantier, le plus urgent : les quatre Évangiles lus à la messe romaine. Jérôme ne traduit pas depuis zéro, il révise la Vieille Latine en la confrontant aux manuscrits grecs[22]. Sa règle est conservatrice : ne corriger que ce qui s'écarte du sens, pour ne pas troubler les fidèles habitués à leur texte. Cette prudence explique pourquoi la Vulgate des Évangiles garde encore aujourd'hui des tournures de la Vieille Latine.
Le reste du Nouveau Testament (Actes, Épîtres, Apocalypse) n'a pas été retraduit par Jérôme depuis le grec : l'Église a conservé le texte latin reçu, légèrement retouché au fil des copies[23]. C'est un point que l'histoire a établi solidement, et qu'il faut dire honnêtement : quand on parle de la Vulgate du Nouveau Testament hors Évangiles, on parle du vieux fonds latin de l'Église, pas d'une traduction nouvelle de Jérôme.
À Bethléem : le retour à la vérité hébraïque (390-405)
Le grand tournant vient à Bethléem. Pour l'Ancien Testament, Jérôme prend une décision qui scandalise une partie de ses contemporains : au lieu de traduire le grec de la Septante, comme on l'avait toujours fait en latin, il traduit directement l'hébreu. Sa devise : hebraica veritas, la vérité hébraïque[24]. L'argument est simple : entre une traduction et sa source, c'est la source qui fait foi.
Pour les Psaumes, chantés chaque jour par les moines, il procède par étapes, ce qui explique qu'on parle de trois psautiers de Jérôme : le psautier romain, première révision faite à Rome ; le psautier gallican, révisé à Bethléem vers 387-392 d'après les Hexaples d'Origène, qui deviendra le psautier de tout l'Occident médiéval ; et le psautier iuxta Hebraeos, traduit directement de l'hébreu vers 390-392[25]. C'est le psautier gallican, et non la traduction sur l'hébreu, que la liturgie gardera pendant quinze siècles.
Puis, de 390 ou 391 jusqu'en 405 environ, Jérôme traduit depuis l'hébreu et l'araméen, livre après livre : Samuel et les Rois, Job, les Prophètes, les Psaumes iuxta Hebraeos, Esdras et Néhémie, les Chroniques, le Pentateuque, les livres sapientiaux[26]. Chaque livre est précédé d'une préface où Jérôme explique sa méthode, défend ses choix et répond à ses critiques : ces préfaces, réunies, forment un véritable traité de traduction biblique.
Sa règle de traducteur, exposée dans sa lettre 57 à Pammachius vers 395, est restée un classique :
« Je ne rends pas mot pour mot, mais sens pour sens. » (Saint Jérôme, lettre 57 à Pammachius[27])
Traduire, pour Jérôme, ce n'est pas calquer, c'est comprendre puis redire. Cette liberté contrôlée, mise au service d'un texte tenu pour parole de Dieu, fait une partie de la beauté durable de la Vulgate.
Tobie et Judith depuis l'araméen, le reste conservé
Deux livres font exception au principe de la traduction sur l'hébreu : Tobie et Judith, que Jérôme traduit depuis un texte araméen. Il le dit lui-même dans ses préfaces, en précisant même la rapidité du travail : Tobie dicté en une seule journée[28]. Ces deux livres appartiennent aux deutérocanoniques, dont l'original sémitique était perdu ou inaccessible pour les autres.
Pour les autres deutérocanoniques, Sagesse, Siracide, Baruch, Premier et Deuxième Maccabées, ainsi que les compléments grecs d'Esther et de Daniel, Jérôme ne retraduit pas : le texte de la Vieille Latine est conservé tel quel dans la Vulgate[29]. Le livre de Daniel fait l'objet d'un traitement mixte : traduit depuis l'hébreu et l'araméen, il garde ses compléments transmis en grec. Le tableau ci-dessous résume l'origine de chaque partie, pour que le lecteur sache exactement ce qu'il lit quand il ouvre sa Bible.
| Livres | Source utilisée par la Vulgate | Travail de Jérôme |
|---|---|---|
| Pentateuque, Prophètes, Psaumes iuxta Hebraeos, Job, livres historiques hébreux | Hébreu et araméen | Traduction nouvelle (390-405) |
| Évangiles | Grec, avec révision du vieux latin | Révision sur le grec (382-384) |
| Actes, Épîtres, Apocalypse | Tradition latine reçue | Texte conservé, retouches légères |
| Tobie, Judith | Araméen | Traduction nouvelle |
| Sagesse, Siracide, Baruch, 1-2 Maccabées, compléments d'Esther et de Daniel | Grec, via la Vieille Latine | Texte ancien conservé |
| Psaumes de la liturgie (psautier gallican) | Grec des Hexaples d'Origène | Révision (vers 387-392) |
Contenu et plan de la Vulgate
La Vulgate suit l'ordre des livres devenu classique en Occident : celui que les Bibles catholiques actuelles conservent encore. L'Ancien Testament s'ouvre sur le Pentateuque, se poursuit avec les livres historiques, les livres poétiques et sapientiaux, puis les Prophètes ; le Nouveau Testament va des Évangiles aux Actes, aux Épîtres et à l'Apocalypse[30].
Le prologue casqué et la question du canon
En tête de sa traduction de Samuel et des Rois, Jérôme place une préface restée célèbre sous le nom de Prologus Galeatus, le prologue casqué : casqué, parce qu'il arme le lecteur pour toute la Bible[31]. Il y énumère les livres reçus des Hébreux, au nombre de vingt-deux selon le décompte juif des lettres de l'alphabet, et exprime ses réserves personnelles sur les livres hors de cette liste.
Ce passage est souvent cité, parfois contre l'Église. Il faut le lire jusqu'au bout : Jérôme, qui se méfie des livres grecs, se soumet explicitement au jugement des Églises qui les lisent et les reçoivent[32]. Et de fait, sa propre Vulgate transmet Tobie, Judith, les Maccabées et les autres à leur place. Quand le concile de Trente fixera solennellement le canon en 1546, il ne fera que confirmer ce que la Vulgate portait déjà depuis onze siècles[33]. Voir Comment la Bible a-t-elle été formée ?.
L'appendice de l'édition clémentine
Les éditions imprimées de la Vulgate portent la trace de cette histoire : après l'Apocalypse, l'édition de 1592 ajoute un appendice avec la prière de Manassé et les troisième et quatrième livres d'Esdras, transmis par la tradition latine mais hors du canon défini[34]. Cet appendice dit la prudence de l'Église : garder ce qui a été transmis, sans confondre avec ce qui est canonique.
De Bethléem à tout l'Occident
Une traduction, même géniale, ne devient la Bible d'un monde que si des générations la copient, la prient et l'enseignent. C'est l'histoire de la Vulgate pendant mille ans.
Les grands témoins manuscrits
Des milliers de manuscrits latins de la Bible subsistent, aucun identique à un autre en tout point, et c'est normal : chaque copie manuscrite introduit ses variantes. Mais quelques témoins se détachent par leur ancienneté et leur complétude.
| Témoin | Date | Contenu | Conservation |
|---|---|---|---|
| Codex Fuldensis | 541-546 | Nouveau Testament complet, Évangiles en harmonie | Fulda (Allemagne) |
| Codex Amiatinus | Vers 700 (copié entre 692 et 716) | Bible complète en un volume | Florence, Bibliothèque Laurentienne |
| Palimpseste de León | VIIe siècle | Bible presque complète, effacée puis réécrite | León (Espagne) |
Le Codex Fuldensis, corrigé par Victor de Capoue au milieu du VIe siècle, est le plus ancien témoin complet du Nouveau Testament latin : ses Évangiles y sont présentés en harmonie continue, selon l'ordre du Diatessaron[35]. Le Codex Amiatinus, copié par les moines de Wearmouth-Jarrow en Angleterre vers 700 et offert au pape, est le plus ancien exemplaire conservé de la Bible latine complète en un seul volume : un livre de plus de trente kilos, qui traverse aujourd'hui encore les expositions du monde entier[36]. Pour l'univers des manuscrits bibliques, voir Les manuscrits de Qumrân et l'article sur les manuscrits de la Bible.
Moines, écoles et premières corrections
Dès le haut Moyen Âge, les grands centres de copie stabilisent le texte : Alcuin à Tours, vers 800, et Théodulfe à Orléans produisent chacun une recension soigneusement corrigée, diffusée dans tout l'empire carolingien[37]. Au XIIIe siècle, la Bible de Paris, copiée en série pour les étudiants et les prêcheurs mendiants, fixe l'ordre des livres et diffuse les chapitres attribués à Étienne Langton vers 1207[38]. Les numéros de versets viendront au XVIe siècle avec l'imprimeur parisien Robert Estienne[39].
En 1455 sort des presses de Mayence le premier grand livre imprimé d'Occident : la Bible de Gutenberg, une Vulgate latine[40]. Le texte de Jérôme entre dans l'ère de l'imprimerie avec le prestige du premier incunable.
Trente : la Vulgate déclarée authentique
Le 8 avril 1546, à sa quatrième session, le concile de Trente prend un décret sur l'édition et l'usage des livres saints. Au milieu des controverses de la Réforme sur le texte et le canon, les Pères déclarent que la vieille édition latine reçue par un usage de tant de siècles dans l'Église doit être tenue pour authentique dans les leçons publiques, les disputes, les prédications et les expositions[41].
« Le saint concile statue et déclare que cette même édition ancienne et vulgate, approuvée dans l'Église elle-même par l'usage de tant de siècles, sera tenue pour authentique dans les leçons publiques, les disputes, les prédications et les expositions. » (Concile de Trente, session IV, décret sur l'édition et l'usage des livres saints, 8 avril 1546[42])
Que signifie authentique ? Ni que chaque mot serait la meilleure leçon critique possible, ni que toute autre version serait interdite. Le sens, précisé par la tradition du concile, est juridique : ce texte fait foi pour l'enseignement public de l'Église, on peut s'y appuyer en toute sécurité pour la foi et les mœurs[43]. Le concile ordonne d'ailleurs du même souffle que la Vulgate soit imprimée le plus correctement possible : l'authenticité n'exclut pas la correction, elle l'appelle.
De cet ordre naîtront les grandes éditions romaines : la Sixtine de 1590, vite retirée, puis la Sixto-Clémentine de 1592, promulguée par Clément VIII avec une préface attribuée au cardinal Bellarmin, qui restera la Bible officielle de l'Église jusqu'en 1979[44].
La Vulgate dans la vie de l'Église
La Vulgate n'est pas un monument de musée : pendant quinze siècles, elle a été la langue dans laquelle l'Occident a prié Dieu, et elle le reste chaque fois que la liturgie retentit en latin.
La langue de la prière et de l'unité
Des psaumes de l'office aux lectures de la messe, des antiennes aux hymnes, la liturgie latine est tissée de Vulgate. Le moine qui chante matines, le prêtre qui prêche, l'enfant qui apprend son catéchisme : tous reçoivent les mêmes mots, de Lisbonne à Cracovie. Cette unité de langue a porté l'unité de foi : là où les Églises d'Orient se divisaient parfois sur des traductions concurrentes, l'Occident gardait un texte commun[45].
Saint Jérôme lui-même donnait à cette étude son motif le plus haut, dans le prologue de son commentaire d'Isaïe :
« L'ignorance des Écritures, c'est l'ignorance du Christ. » (Saint Jérôme, prologue du commentaire d'Isaïe[46])
La phrase a traversé les siècles : on la retrouve citée par les papes, les conciles et le Catéchisme, et elle résume à elle seule la théologie de la Vulgate. Traduire la Bible, la copier, la lire, ce n'est pas un travail d'érudit, c'est une rencontre avec le Christ, qui est le centre et l'accomplissement de toutes les Écritures[47]. Voir Le sens spirituel de l'Écriture.
De la Clémentine à la Nova Vulgata
Au XXe siècle, l'Église entreprend une révision d'ampleur. Saint Pie X confie aux bénédictins de l'abbaye Saint-Jérôme de Rome la révision critique du texte ; après le concile Vatican II, saint Paul VI fait mettre en chantier une édition renouvelée, préparée par une commission présidée par le cardinal Bea, pour donner à la liturgie réformée un texte latin sûr[48]. Le chantier aboutit à la Nova Vulgata : le psautier paraît en 1969, le Nouveau Testament en 1971, l'ensemble en 1979[49].
Le 25 avril 1979, saint Jean-Paul II la promulgue par la constitution Scripturarum thesaurus comme édition typique, à employer en particulier dans la liturgie[50]. Une seconde édition paraît en 1986. En 2001, l'instruction Liturgiam authenticam confirme la règle du jeu : les traductions liturgiques en langue vivante doivent être contrôlées d'après la Nova Vulgata, qui sert de point de référence commun à toutes les langues[51]. La Vulgate de Jérôme, révisée à la lumière des manuscrits hébreux et grecs mieux connus aujourd'hui, reste ainsi la mère des Bibles que les catholiques entendent chaque dimanche.
Ce que propose l'exégèse moderne, et ses limites
Comme tout grand texte ancien, la Vulgate est examinée par la critique moderne. Cette section expose loyalement les principales objections et hypothèses, puis montre pourquoi la position traditionnelle de l'Église reste défendable. Aucune difficulté n'est laissée sans réponse.
Objection 1 : Trente aurait imposé un texte fautif
Une partie de l'exégèse contemporaine propose que le décret de Trente aurait figé un texte imparfait et freiné la science biblique pour des siècles[52]. La réponse tient en trois points. D'abord, Trente n'a jamais prétendu trancher les questions de critique textuelle : le mot authentique y a un sens juridique, celui d'un texte qui fait foi pour l'enseignement public, non celui d'une édition critique parfaite. Ensuite, le concile lui-même a ordonné l'impression la plus correcte possible, et les papes ont fait réviser le texte à plusieurs reprises : Sixtine, Clémentine, puis Nova Vulgata. Enfin, Pie XII a explicitement encouragé en 1943 l'étude des textes originaux hébreux et grecs, preuve que l'autorité reconnue à la Vulgate n'a jamais fermé le chantier scientifique[53].
Objection 2 : Jérôme n'a pas traduit toute la Vulgate
C'est vrai, et l'article l'a dit avant ses critiques : hors Évangiles, le Nouveau Testament de la Vulgate vient du vieux fonds latin ; plusieurs deutérocanoniques viennent de la Vieille Latine ; le psautier liturgique vient des Hexaples[54]. Une partie de l'exégèse contemporaine propose d'y voir la preuve que la Vulgate serait une compilation sans unité[55]. Mais l'objection confond l'œuvre d'un homme et l'œuvre de l'Église. La Vulgate n'est pas le livre de Jérôme au sens d'une œuvre personnelle : c'est le texte que l'Église latine a reçu, éprouvé et gardé, dont Jérôme est l'artisan principal. Son unité n'est pas celle d'une plume, c'est celle d'une réception.
Objection 3 : les prétendues erreurs de Jérôme
On cite parfois des choix de traduction célèbres : Lucifer pour l'astre du matin en Isaïe 14, 12, gratia plena (pleine de grâce) en Luc 1, 28, ou poenitentiam agite (faites pénitence) en Matthieu 3, 2[56]. Une partie de l'exégèse contemporaine propose d'y voir des contresens que la critique moderne aurait redressés. Chaque cas mérite examen, et chacun a reçu des défenses sérieuses : Lucifer, porteur de lumière, rend exactement l'image latine de l'astre du matin ; gratia plena exprime la plénitude de grâce que la tradition a toujours lue dans la salutation de l'ange ; poenitentiam agite porte la dimension de conversion concrète que le grec lui-même implique[57]. Surtout, ces formules ont nourri quinze siècles de prière et de théologie : une traduction qui porte de tels fruits ne se juge pas sur un dictionnaire seul.
Objection 4 : la critique textuelle aurait dépassé la Vulgate
Depuis le XIXe siècle, les éditions critiques du Nouveau Testament grec et de la Bible hébraïque ont progressé, et l'édition de Stuttgart (Weber, 1969, révisée par Gryson) donne aux savants un texte latin scientifiquement établi[58]. Faut-il en conclure que la Vulgate reçue est périmée ? Non, pour deux raisons. D'abord, la science du passé travaille sur des indices incomplets : chaque édition critique est une reconstruction hypothétique, révisée à chaque génération de manuscrits découverts, comme l'a montré l'apport des manuscrits de la mer Morte pour l'Ancien Testament[59]. Ensuite, l'Église ne demande pas à sa Bible liturgique d'être une hypothèse de laboratoire : elle lui demande de transmettre fidèlement la parole reçue. C'est pourquoi la Nova Vulgata a intégré les acquis solides de la critique sans rompre avec le texte reçu : continuité, non rupture.
Pourquoi la position traditionnelle reste défendable
Au terme du parcours, trois raisons portent la confiance de l'Église. La première est historique : aucun autre texte latin ne peut se prévaloir d'une réception aussi longue, aussi large et aussi féconde. La deuxième est théologique : l'Esprit Saint assiste l'Église dans la transmission des Écritures, et quinze siècles d'usage unanime ne sont pas un accident. La troisième est pratique : c'est sur la Vulgate que se sont formés les saints, les docteurs et les missionnaires de l'Occident, d'Augustin à Thomas d'Aquin, de Benoît à Thérèse[60]. Une Bible qui a fait tant de saints a fait ses preuves.
Pour aller plus loin
- La Bible : l'article central sur l'Écriture Sainte reçue par l'Église
- Comment la Bible a-t-elle été formée ? : la formation du canon, Ancien et Nouveau Testament
- La Septante : la Bible grecque des apôtres, source et aînée de la Vulgate
- Pourquoi les catholiques ont-ils sept livres de plus ? : les deutérocanoniques dans la Vulgate
- Comment lire la Bible catholiquement ? : la méthode de lecture de l'Église
- L'interprétation catholique de la Bible : les principes de l'exégèse catholique
- Le sens spirituel de l'Écriture : au-delà de la lettre, le Christ annoncé
- Quelle Bible acheter ? : choisir une Bible catholique pour prier et étudier
Notes et références
Concile de Trente, session IV, décret sur l'édition et l'usage des livres saints, 8 avril 1546. Texte latin et traduction anglaise dans Canons and Decrees of the Council of Trent, trad. Schroeder, Herder, 1941 ; texte accessible dans Documenta Catholica Omnia, recueil des décrets de Trente.
1Saint Jean-Paul II, constitution apostolique Scripturarum thesaurus, 25 avril 1979, promulguant la Nova Vulgata comme édition typique, texte sur vatican.va. Relais : Nova Vulgata, notice encyclopédique, qui rappelle la promulgation et la seconde édition de 1986.
2Saint Augustin constate la multitude des traductions latines et la nécessité d'en juger, De la doctrine chrétienne, livre II, chapitre 11, Éditions Augustiniennes, Œuvres de saint Augustin t. 11, Paris, 1949.
3Concile de Trente, session IV, décret sur les Écritures canoniques, 8 avril 1546 : liste des 73 livres reçus en entier avec toutes leurs parties.
4Pie XII, encyclique Divino Afflante Spiritu, 30 septembre 1943, sur l'étude des textes originaux, texte sur vatican.va.
5Léon XIII, encyclique Providentissimus Deus, 18 novembre 1893 : « But it is absolutely wrong and forbidden, either to narrow inspiration to certain parts only of Holy Scripture, or to admit that the sacred writer has erred. » Texte anglais sur vatican.va ; référence Denzinger DS 3291.
6Datation courante vers 342-347, Stridon de Dalmatie, date traditionnelle 347 la plus citée ; voir la notice Jerome, St, Oxford Reference, et B. Metzger, The Early Versions of the New Testament, Oxford University Press, Oxford, 1977, p. 352-362.
7Jérôme apprend l'hébreu en Orient auprès de maîtres juifs, épisode raconté dans ses lettres et préfaces ; voir P. Jay, Saint Jérôme, dans Dictionnaire de spiritualité, Beauchesne, Paris, 1974, t. 8, col. 901-908.
8Pape saint Damase Ier (366-384) ; commande de la révision des Évangiles en 382, attestée par la préface de Jérôme au pape Damase, Patrologia Latina t. 29, col. 557.
9Installation à Bethléem en 386 avec Paula et Eustochium, fondation des monastères ; voir F. Cavallera, Saint Jérôme, sa vie et son œuvre, Champion, Paris, 1922, t. 1.
10Mort à Bethléem le 30 septembre 420, fête liturgique à cette date au calendrier romain.
11Saint Jérôme compte parmi les quatre grands docteurs latins avec Ambroise, Augustin et Grégoire le Grand, titre confirmé par la tradition liturgique de l'Église.
12Jérôme consulte des maîtres juifs pour l'hébreu, fait qu'il mentionne dans ses préfaces et lettres.
13Jérôme vérifie sur place les noms de lieux dans son Livre des lieux (De situ et nominibus locorum Hebraicorum), vers 390.
14Benoît XV, encyclique Spiritus Paraclitus, 15 septembre 1920, pour le quinzième centenaire de la mort de saint Jérôme.
15Variété des textes vieux-latins selon les régions (africains, européens, italiens) avant l'unification ; voir B. Metzger, The Early Versions of the New Testament, Oxford University Press, Oxford, 1977, p. 285-330.
16Saint Augustin, De la doctrine chrétienne, livre II, chapitres 11-15, sur le choix entre les traductions latines.
17Saint Augustin, De la doctrine chrétienne, II, 15 : « In ipsis autem interpretationibus, Itala ceteris praeferatur ; nam est verborum tenacior cum perspicuitate sententiae. » Traduit dans le corps.
18Saint Augustin, lettre 71 à Jérôme (ancienne numérotation 104), vers 403 : un évêque d'Oea provoque un tumulte en lisant la courge de Jérôme là où les fidèles attendaient le lierre de Jonas 4, 6. Épisode qui montre à la fois la résistance au changement et la nécessité de la révision.
19Préface de Jérôme au pape Damase en tête des Évangiles, 382, Patrologia Latina t. 29, col. 557-562.
20Saint Jérôme, préface aux quatre Évangiles : « Novum opus facere me cogis ex veteri, ut post exemplaria Scripturarum toto orbe dispersa quasi quidam arbiter sedeam... » (Patrologia Latina t. 29, col. 557). Traduction française dans le corps. Relais : J. Wordsworth et H. White, Novum Testamentum Domini Nostri Iesu Christi Latine, Oxford University Press, Oxford, 1889-1954, introduction.
21Révision des Évangiles à Rome en 382-384 sur le grec, avec conservation prudente du texte reçu ; voir B. Metzger, The Early Versions of the New Testament, Oxford University Press, Oxford, 1977, p. 352-358.
22Le reste du Nouveau Testament latin n'est pas une retraduction de Jérôme mais le fonds reçu retouché ; voir B. Metzger, The Early Versions of the New Testament, Oxford University Press, Oxford, 1977, p. 358-362.
23Formule de Jérôme pour désigner le texte hébreu comme norme de la traduction de l'Ancien Testament, récurrente dans ses préfaces, Patrologia Latina t. 28-29.
24Psautier romain (Rome), psautier gallican (Bethléem, vers 387-392, d'après les Hexaples) et psautier iuxta Hebraeos (vers 390-392) ; voir R. Weber et R. Gryson (éd.), Biblia Sacra Vulgata, Deutsche Bibelgesellschaft, Stuttgart, 5e éd. 2007, préface.
25Chronologie de la traduction de l'Ancien Testament sur l'hébreu, de 390 ou 391 à 405 environ, livre par livre ; voir F. Cavallera, Saint Jérôme, Champion, Paris, 1922, et B. Metzger, The Early Versions, p. 340-351.
26Saint Jérôme, lettre 57 à Pammachius, sur la meilleure manière de traduire, vers 395 : « non verbum e verbo, sed sensum exprimere de sensu », Patrologia Latina t. 22, col. 568-579. Traduction française dans le corps.
27Préfaces de Jérôme à Tobie et à Judith, traductions depuis l'araméen, Tobie dicté en une journée selon sa préface, Patrologia Latina t. 29, col. 39-46.
28Sagesse, Siracide, Baruch, 1-2 Maccabées et compléments grecs conservés du vieux texte latin ; voir R. Weber et R. Gryson (éd.), Biblia Sacra Vulgata, Deutsche Bibelgesellschaft, Stuttgart, 5e éd. 2007, préface, et la notice Vulgate, Encyclopedia.com (d'après la New Catholic Encyclopedia).
29Ordre des livres de la Vulgate, fixé par la Bible de Paris au XIIIe siècle et conservé par les éditions imprimées ; voir la notice Vulgate, Encyclopedia.com.
30Prologus Galeatus, préface à Samuel et aux Rois, Patrologia Latina t. 28, col. 547-558.
31Jérôme soumet son jugement personnel au jugement et à l'usage des Églises, position constante de ses préfaces ; voir ses préfaces aux livres de Salomon, Patrologia Latina t. 28.
32Concile de Trente, session IV, 8 avril 1546, canon des 73 livres reçus en entier avec toutes leurs parties.
33Appendice de l'édition sixto-clémentine (1592) : prière de Manassé, troisième et quatrième livres d'Esdras, hors canon ; voir la notice Sixto-Clementine Vulgate, qui rappelle l'appendice et la promulgation par Clément VIII.
34Codex Fuldensis, 541-546, corrigé par Victor de Capoue, Nouveau Testament complet avec Évangiles harmonisés selon l'ordre du Diatessaron, conservé à Fulda ; voir la notice Bible Manuscripts, Encyclopedia (d'après la Catholic Encyclopedia), et B. Metzger, The Early Versions, p. 335.
35Codex Amiatinus, Wearmouth-Jarrow, copié entre 692 et 716, plus ancien pandecte latin complet conservé, Bibliothèque Laurentienne de Florence ; voir la notice Codex Amiatinus, qui rappelle la datation, le lieu et l'offrande au pape.
36Recensions d'Alcuin à Tours et de Théodulfe à Orléans, vers 800, diffusées dans l'empire carolingien ; voir la notice Vulgate, Encyclopedia.com.
37Bible de Paris au XIIIe siècle, diffusion des chapitres attribués à Étienne Langton vers 1207 ; voir la notice Vulgate, Encyclopedia.com.
38Numéros de versets introduits au XVIe siècle par l'imprimeur parisien Robert Estienne pour sa Bible latine.
39Bible de Gutenberg, Mayence, 1455, Vulgate latine, premier grand livre imprimé d'Occident.
40Concile de Trente, session IV, 8 avril 1546, décret sur l'édition et l'usage des livres saints.
41« Statuit et declarat, ut haec ipsa vetus et vulgata editio, quae longo tot saeculorum usu in ipsa Ecclesia probata est, in publicis lectionibus, disputationibus, praedicationibus et expositionibus pro authentica habeatur. » Texte du décret de la session IV, 8 avril 1546. Traduction française dans le corps.
42Sens juridique d'authentica : texte qui fait foi pour l'enseignement public, sans exclure ni les originaux ni la critique ; voir la notice Vulgate, International Standard Bible Encyclopedia (via studylight.org), qui cite le décret et son interprétation.
43Édition sixtine (1590, retirée) puis sixto-clémentine (1592) promulguée par Clément VIII, Bible officielle jusqu'en 1979 ; voir la notice Sixto-Clementine Vulgate, qui rappelle les deux éditions et la préface attribuée à Bellarmin.
44Sur le latin comme langue commune de l'Occident chrétien et facteur d'unité, voir la constitution Veterum sapientia de saint Jean XXIII, 22 février 1962.
45Saint Jérôme, prologue du commentaire d'Isaïe : « Ignoratio enim Scripturarum, ignoratio Christi est. » Traduction française dans le corps.
46Le Christ comme centre et accomplissement des Écritures, Catéchisme de l'Église catholique, paragraphes 101-104, et concile Vatican II, constitution Dei Verbum, 18 novembre 1965, n. 2-4.
47Commission pontificale pour la Nova Vulgata, mise en chantier après Vatican II sous saint Paul VI, présidée par le cardinal Bea ; voir la notice Nova Vulgata, qui rappelle la commission, le psautier de 1969 et l'achèvement de 1979.
48Nova Vulgata : psautier 1969, Nouveau Testament 1971, édition complète 1979, seconde édition 1986 ; voir la notice Nova Vulgata.
49Saint Jean-Paul II, constitution apostolique Scripturarum thesaurus, 25 avril 1979, promulguant la Nova Vulgata comme édition typique, texte sur vatican.va.
50Congrégation pour le Culte divin, instruction Liturgiam authenticam, 28 mars 2001, sur les traductions liturgiques contrôlées d'après la Nova Vulgata.
51Position critiquée : le décret de Trente aurait figé la science biblique ; voir la notice Vulgate, International Standard Bible Encyclopedia, qui discute la portée historique du décret.
52Pie XII, Divino Afflante Spiritu, 30 septembre 1943 : encouragement à l'étude des langues originales et des genres littéraires, sans retirer à la Vulgate son autorité reçue.
53Voir plus haut le tableau des sources : Nouveau Testament hors Évangiles, deutérocanoniques conservés, psautier gallican.
54Position critiquée : la Vulgate comme simple compilation sans unité d'auteur ; réponse par la notion de réception ecclésiale.
55Exemples débattus : Lucifer en Isaïe 14, 12, gratia plena en Luc 1, 28, poenitentiam agite en Matthieu 3, 2.
56Défenses classiques : Lucifer rend l'image de l'astre du matin ; gratia plena exprime la plénitude de grâce ; poenitentiam agite porte la conversion concrète ; formules confirmées par quinze siècles de prière et de théologie.
57R. Weber (éd.), Biblia Sacra Vulgata, Württembergische Bibelanstalt, Stuttgart, 1969 ; édition révisée par R. Gryson, Deutsche Bibelgesellschaft, Stuttgart, 5e éd. 2007.
58Sur le caractère révisable des reconstructions critiques et l'apport des manuscrits de la mer Morte, voir Les manuscrits de Qumrân.
59D'Augustin à Thomas d'Aquin, de Benoît à Thérèse, les saints de l'Occident se sont formés sur le texte de la Vulgate, reçue dans la liturgie et la prédication.
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