Tobie (VIIIe-VIIe siècle av. J.-C.)

Tobie, fils de Tobit, est le jeune héros du livre biblique qui porte son nom : guidé par l'ange Raphaël sur les routes de l'exil assyrien, il rapporte à son père aveugle la guérison et épouse Sara, délivrée du démon.

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Tobie, fils de Tobit, est le jeune héros du livre biblique qui porte son nom : un Israélite de la tribu de Nephtali, déporté à Ninive après la chute du royaume du Nord, que son père aveugle envoie en Médie réclamer un dépôt d'argent. Sur la route, un compagnon inconnu se joint à lui. Ce compagnon, qui se fait appeler Azarias, est en réalité l'ange Raphaël, envoyé par Dieu pour guérir deux justes éprouvés et conduire le jeune homme jusqu'aux noces qui l'attendent à Ecbatane.[1][2]

Le livre de Tobie, en quatorze chapitres, est reçu par l'Église catholique comme Écriture inspirée. Classé parmi les livres deutérocanoniques, présent dans la Septante grecque, traduit en latin par saint Jérôme, cité par les Pères dès le IIe siècle et confirmé par les conciles jusqu'à Trente, il enseigne sous la forme d'un récit familial les vérités qui structurent la vie du peuple de Dieu : la Providence qui ne lâche jamais les siens, le ministère des anges, le prix de l'aumône, le devoir d'ensevelir les morts, la sainteté du mariage et la piété filiale.[3][4]

Un dossier distinct présente en détail le livre de Tobie chapitre par chapitre. Le présent article suit le personnage : qui est Tobie, ce que le livre inspiré raconte de sa vie, ce que les témoins anciens en ont retenu, ce que sa théologie donne à vivre, et pourquoi la lecture traditionnelle du livre reste défendable face aux hypothèses tardives de l'exégèse moderne.

Qui est Tobie ?

Le fils de Tobit, à Ninive

Tobie est le fils unique de Tobit et d'Anna. Tobit appartient à la tribu de Nephtali, en haute Galilée. Le livre le présente comme un Israélite resté fidèle au Seigneur après le schisme : quand ses frères se détournèrent pour suivre les veaux d'or de Jéroboam, lui montait seul à Jérusalem pour les fêtes, y portait les prémices, les dîmes et la laine des premiers-nés, selon la Loi.[5][6]

Après la chute de Samarie, Tobit est déporté avec sa tribu. Le livre situe la déportation sous Salmanasar, roi d'Assyrie, et installe la famille à Ninive, la capitale.[7] Tobit y mène la vie du juste en exil : il partage son pain avec les affamés, vêtit ceux qui sont nus et ensevelit en secret les Israélites assassinés dont les corps gisent hors des murs.[8][9] C'est dans cette maison, pauvre et fidèle, que grandit Tobie.

Un nom qui dit la bonté de Dieu

Le nom hébreu Tobiyyah signifie « le Seigneur est bon » ou « Yahvé est mon bien ». La Catholic Encyclopedia relève que plusieurs Israélites portent ce nom dans l'Ancien Testament : un lévite envoyé par Josaphat pour enseigner dans les villes de Juda, un membre du groupe revenu de Babylone au temps de Zorobabel, un chef de famille du retour d'exil, l'Ammonite adversaire de Néhémie et le père d'Hyrcan cité au deuxième livre des Maccabées.[10] Mais seul le fils de Tobit a donné son nom à un livre inspiré, et tout ce livre est une démonstration narrative de ce nom : au cœur de la cécité, de la pauvreté, du deuil et de l'humiliation, Dieu reste bon, et sa bonté finit par se manifester à ceux qui lui demeurent fidèles.

Tobit le père, Tobie le fils : lever l'ambiguïté

Une difficulté de vocabulaire mérite d'être levée d'emblée. Dans le texte grec, le père s'appelle Tôbit et le fils Tôbias. Mais dans la Vulgate latine de saint Jérôme, celle qui a façonné l'usage catholique francophone, le père et le fils portent le même nom de Tobias.[11] De là une ambiguïté fréquente : le « livre de Tobie » peut sembler désigner aussi bien le père que le fils.

Le présent article suit l'usage des traductions françaises modernes : Tobit désigne le père, Israélite pieux devenu aveugle à Ninive, et Tobie désigne le fils, qui entreprend le voyage en Médie sous la conduite de l'ange. Quand le récit les montre ensemble, c'est toujours la même leçon qui circule du père au fils : la fidélité se transmet, et Dieu la récompense en son temps.

Le livre qui raconte son histoire

Un livre deutérocanonique

Le livre de Tobie fait partie des sept livres dits deutérocanoniques de l'Ancien Testament, avec Judith, la Sagesse, le Siracide, Baruch et les deux livres des Maccabées. Le mot deutérocanonique (« du second canon ») ne signifie pas « de second rang » : il indique que ces livres, présents dans la Septante grecque mais absents de la Bible hébraïque des rabbins, ont été reçus dans le canon catholique après une histoire un peu plus longue que les livres dits protocanoniques.[12] Pour l'Église, ils sont pleinement inspirés et canoniques, au même rang que la Genèse ou les Psaumes. L'article Bible présente l'ensemble du canon ; l'article Judith (livre biblique) montre un cas voisin, celui d'un autre récit édifiant de la même famille.

La Septante grecque, Jérôme et la Vulgate

Le livre nous est parvenu en plusieurs formes anciennes. Le grec de la Septante existe en deux recensions principales, celle des grands codex Vaticanus et Alexandrinus d'un côté, celle du Sinaiticus de l'autre, plus des fragments sur papyrus qui attestent une troisième forme de texte grec en circulation dès les premiers siècles.[13] Avant la Vulgate, l'Église latine lisait le livre dans la Vieille Latine, dont il subsiste au moins trois recensions, dont celle qu'utilise saint Augustin dans son Speculum.[14]

Saint Jérôme traduisit Tobie à part, non depuis le grec mais depuis un texte araméen que lui lut un rabbin connaissant l'araméen et l'hébreu, et il acheva ce travail pressé en un seul jour, comme il le raconte lui-même dans sa préface.[15] Sa version, entrée dans la Vulgate, raconte toute l'histoire à la troisième personne, là où les autres témoins font parler Tobit à la première personne jusqu'au chapitre 3. Elle seule conserve certains détails devenus familiers : le chien qui remue la queue au retour (11, 9), la taie comparée à une membrane d'œuf, le fiel du poisson qui guérit les yeux.[16]

Qumrân confirme l'original sémitique

Pendant des siècles, l'existence d'un original sémitique de Tobie ne reposait que sur le témoignage de Jérôme et sur des versions araméennes et hébraïques médiévales : le texte araméen de la Bodléienne publié par Neubauer en 1878, et quatre versions hébraïques recensées par les orientalistes, dont celle que Münster imprima à Bâle en 1542.[17] Les découvertes de la mer Morte ont tranché : la grotte 4 de Qumrân a livré quatre manuscrits araméens du livre (cotes 4Q196 à 4Q199) et un manuscrit hébreu (4Q200), édités par J. Fitzmyer.[18] Le livre circulait donc en sémitique parmi les Juifs avant l'ère chrétienne, exactement comme la tradition latine l'avait toujours affirmé. C'est l'une des confirmations archéologiques les plus nettes apportées à la réception catholique du livre.

La réception : listes canoniques et conciles

La réception ecclésiale est continue. Les grandes listes canoniques anciennes contiennent toutes Tobie : le concile d'Hippone en 393, les conciles de Carthage en 397 et 419, la lettre du pape saint Innocent Ier en 405 et le canon augustinien de 397.[19] Les grands codex grecs du IVe et du Ve siècle, copiés pour l'usage des Églises, y font la même place au livre.[20] Pour les catholiques, la question fut tranchée infailliblement par le concile de Trente, session IV, le 8 avril 1546, qui reçut les livres « en entier avec toutes leurs parties », puis par le concile du Vatican, session III, chapitre 2, le 24 avril 1870.[21][22]

La vie de Tobie selon le livre inspiré

L'exil, la sépulture des morts et la cécité de Tobit

À Ninive, Tobit pratique la justice au péril de sa vie. Quand le roi Sennachérib, de retour de Judée en fureur contre les Juifs, fait tuer des Israélites et jeter leurs corps hors des murs, Tobit sort la nuit pour les ensevelir. Dénoncé, il doit fuir, ses biens sont confisqués, puis il rentre dans la pauvreté après la mort du persécuteur.[23] Un soir, après avoir enseveli un assassiné, il s'endort au pied du mur de sa cour, le visage découvert, et la fiente chaude de moineaux lui tombe dans les yeux : des taies se forment, il devient aveugle.[24]

L'épreuve révèle les cœurs. Anna, sa femme, doit travailler pour nourrir la maison ; un jour qu'on lui donne un chevreau en plus de son salaire, Tobit l'accuse de l'avoir volé, et la dispute tourne à l'amertume.[25] Le juste accablé prie alors pour mourir, demandant au Seigneur de reprendre son esprit en paix.[26]

Deux prières le même jour

Le même jour, à Ecbatane en Médie, une autre âme prie pour mourir. Sara, fille de Ragouël, a été donnée en mariage sept fois, et chaque fois un démon nommé Asmodée a tué l'époux avant les noces. Les servantes de son père l'insultent : « C'est toi qui étrangles tes maris. » Sara monte dans la chambre haute de la maison paternelle et supplie Dieu, les mains étendues, plutôt que de subir cet opprobre.[27]

« Béni sois-tu, Seigneur, Dieu miséricordieux, béni soit ton nom saint et glorieux dans tous les siècles. Que toutes tes œuvres te bénissent à jamais. »

  • Prière de Sara, Tb 3, 11, traduction liturgique[28]

Les deux prières sont exaucées au même instant : Dieu envoie Raphaël pour guérir Tobit de ses taies et pour lier Asmodée loin de Sara.[29] Le récit ne montre pas encore l'ange : il montre d'abord un père qui, se croyant près de mourir, appelle son fils pour lui transmettre ses dernières volontés.

Les recommandations du père au fils

Tobit confie à Tobie le testament de sa vie en quelques sentences devenues des sommets de la sagesse biblique. Honorer sa mère jusqu'au bout, faire l'aumône selon ses moyens sans détourner son visage d'aucun pauvre, car l'aumône délivre de la mort et préserve de toute ténèbre. Ne faire à personne ce qu'on détesterait subir. Prendre conseil de tout homme sage. Bénir Dieu en tout temps.[30][31][32]

« Fais l'aumône de ton bien, et quand tu fais l'aumône, que ton œil soit sans regret. Ne détourne ton visage d'aucun pauvre, et la face de Dieu ne se détournera pas de toi. L'aumône délivre de la mort et préserve d'aller dans les ténèbres. »

  • Tobit à son fils, Tb 4, 7.10-11, traduction liturgique[33]

Puis Tobit révèle l'objet du voyage : il a déposé jadis dix talents d'argent chez Gabaël, à Rhagès en Médie, avec un billet signé. Tobie devra aller les réclamer.[34] Le jeune homme accepte, à une condition : trouver un guide qui connaisse la route.

Le voyage avec Azarias

Dieu y a pourvu. Tobie rencontre un jeune homme qui attend à la porte : c'est Raphaël, qui se présente comme Azarias, fils du grand Ananias, un parent qui connaît le chemin de la Médie.[35] Tobit vérifie la tribu et la famille du guide, lui confie son fils avec une drachme par jour et le même appoint pour son entretien, et laisse partir les deux voyageurs, suivis du chien de la maison.[36] Le chien de Tobie, qui remuera la queue au retour, est l'un des rares chiens compagnons de toute la Bible, et la Vulgate seule raconte ce détail.[37]

La route passe par le Tigre. Tobie descend s'y laver les pieds quand un grand poisson s'élance pour le dévorer. Sur l'ordre d'Azarias, il le saisit, le tire sur la rive et, toujours sur son conseil, en réserve le cœur, le foie et le fiel : le cœur et le foie, brûlés, chassent tout démon ; le fiel guérit les yeux couverts d'une taie.[38] Le lecteur comprend ce que Tobie ignore encore : le guide prépare déjà les deux guérisons, celle de Sara et celle de Tobit.

Les noces de Sara à Ecbatane

À Ecbatane, Azarias conduit Tobie chez Ragouël, son parent. À peine entrés, Tobie demande la main de Sara. Ragouël pleure de retrouver en lui le portrait de Tobit, fait rédiger l'acte de mariage, puis avoue sa peur : sept époux sont déjà morts.[39] Tobie, instruit par l'ange, ne recule pas. Le soir des noces, il fait ce que l'ange lui a prescrit : il place le cœur et le foie du poisson sur la braise des parfums, dont l'odeur fait fuir le démon jusqu'en Haute-Égypte, où Raphaël va le lier. Puis les deux époux prient ensemble avant de s'unir.[40]

« Tu sais, Seigneur, que si j'épouse Sara, ma parente, ce n'est pas pour le plaisir, mais dans un esprit de vérité. Daigne nous prendre en pitié, elle et moi, et nous faire parvenir ensemble à la vieillesse. »

  • Prière de Tobie, Tb 8, 7, traduction liturgique[41]

Ragouël, qui avait fait creuser une tombe en secret pendant la nuit, découvre au matin que le nouveau marié est vivant : il comble la fosse, ordonne deux semaines de festin et double la dot.[42] Pendant ce temps, Azarias court à Rhagès : il réclame à Gabaël l'argent déposé, le ramène avec son sceau, et invite Gabaël aux noces.[43]

Le retour, la guérison et le cantique

À Ninive, Tobit compte les jours et Anna guette la route, pleurant chaque soir l'enfant qu'elle croit perdu.[44] Le chien annonce le retour en courant devant, remuant la queue. Tobie applique le fiel du poisson sur les yeux de son père : la taie se détache comme une membrane, Tobit recouvre la vue et bénit Dieu.[45] Sara, Ragouël et toute la maison entrent dans la joie, et le festin des noces se prolonge sept jours.

Restait à payer le guide. Père et fils lui offrent la moitié des biens rapportés. Alors Azarias révèle qui il est : « Je suis Raphaël, l'un des sept anges qui se tiennent devant la gloire du Seigneur », chargé de présenter leurs prières et leurs aumônes.[46] Il leur ordonne d'écrire dans un livre tout ce qui s'est accompli, puis il est enlevé à leurs yeux.[47]

« Quand tu priais, toi et Sara, c'est moi qui présentais vos prières devant la gloire du Seigneur. Et quand tu enterrais les morts, j'étais là auprès de toi. Je suis Raphaël, l'un des sept anges qui se tiennent devant la gloire du Seigneur. »

  • Raphaël à Tobit et Tobie, Tb 12, 12-15, traduction liturgique[48]

Tobit entonne alors son grand cantique, qui occupe tout le chapitre 13 : bénédiction de Dieu qui châtie et qui guérit, appel à Jérusalem à se relever, vision des nations apportant leurs présents à la ville sainte.[49] Le livre s'achève sur la vieillesse des deux hommes : Tobit meurt à cent deux ans selon la Vulgate, après avoir annoncé la ruine prochaine de Ninive, et Tobie revoit Ecbatane avant de mourir à son tour dans la joie, entouré des siens.[50]

Les témoins anciens du livre

Le livre de Tobie n'a jamais été une pièce rapportée du canon : dès les temps apostoliques, les pasteurs de l'Église le citent comme Écriture.

  1. Vers 117
    Polycarpe exhorte à l'aumône par Tobie

    Dans sa lettre aux Philippiens, saint Polycarpe, disciple de l'apôtre Jean, exhorte à l'aumône en citant le livre comme autorité : l'aumône délivre de la mort, selon Tb 4, 10 et 12, 9.[51]

  2. Vers 150-210
    Clément de Rome et Clément d'Alexandrie

    L'épître dite de Clément fait retentir les louanges de l'aumône qui sont l'écho de Tb 12, 8-9. Clément d'Alexandrie, dans ses Stromates, cite comme parole de la Sainte Écriture : « Le jeûne est bon avec la prière » (Tb 12, 9), et : « Ce que tu détestes, ne le fais à personne » (Tb 4, 16).[52]

  3. Vers 248
    Cyprien, le témoin qui ne lâche pas Tobie

    Saint Cyprien de Carthage renvoie à Tobie comme à une autorité divine, exactement comme aux autres livres saints : sur la mort, sur l'aumône, sur la patience, et dans ses Testimonia il aligne Tb 12, Tb 2, 2, Tb 4 et la virginité gardée de Tb 4, 12.[53]

  4. Vers 362-397
    Éphrem, Ambroise, Augustin et Jérôme

    En Orient, saint Éphrem et Archélaüs usent du livre dans leurs écrits. En Occident, saint Ambroise, vers 370, intitule tout un traité De Tobia et ouvre en appelant le livre « prophétique » et « Écriture ». Saint Augustin inscrit Tobie dans son canon de 397 et en retient une recension latine dans son Speculum. Saint Jérôme le traduit pour la Vulgate.[54][55]

  5. VIIIe siècle
    Bède le Vénérable commente Tobie

    Seuls deux anciens nous ont laissé un commentaire suivi du livre : Bède le Vénérable et Walafrid Strabon. Au Moyen Âge, Hugues de Saint-Victor, Nicolas de Lyre, Denis le Chartreux et Hugues de Saint-Cher l'interprètent dans leurs commentaires de toute l'Écriture.[56]

« L'aumône délivre de la mort, et c'est elle qui lave les péchés. Ceux qui pratiquent l'aumône et la justice auront la plénitude de la vie. »

  • Saint Cyprien citant Tobie, De opere et eleemosynis, d'après Tb 12, 9[57]

Plan du livre de Tobie

Une architecture en deux prières exaucées

Le livre tient en quatorze chapitres que tout ordonne autour d'un centre simple : deux justes prient pour mourir le même jour, Dieu envoie son ange, et tout ce qui suit n'est que le déploiement de cet exaucement. La première moitié prépare les instruments du salut (le voyage, le poisson, le guide), la seconde les accomplit (les noces, l'argent recouvré, la guérison, la révélation).

ChapitresContenuLieu
1Tobit, fidèle à Jérusalem puis déporté, ensevelit les morts à NiniveNinive
2Persécution, fuite, cécité ; dispute avec Anna ; prière de TobitNinive
3Prière de Sara à Ecbatane ; Dieu envoie RaphaëlNinive, Ecbatane
4Testament de Tobit à Tobie : aumône, mariage, dépôt chez GabaëlNinive
5Rencontre d'Azarias ; départ avec le chienNinive, la route
6Le poisson du Tigre : cœur, foie et fiel mis en réserveLe Tigre
7Accueil chez Ragouël ; acte de mariage avec SaraEcbatane
8Nuit des noces : le démon lié, la prière des époux, le festinEcbatane
9Azarias réclame l'argent à Gabaël et le ramèneRhagès
10L'attente angoissée de Tobit et d'AnnaNinive
11Retour, fiel sur les yeux, guérison, sept jours de fêteNinive
12Révélation de Raphaël, l'un des sept anges ; ordre d'écrireNinive
13Le grand cantique de Tobit sur JérusalemNinive
14Derniers conseils, mort de Tobit, fin de TobieNinive, Ecbatane

Les noms propres et leur sens

Chaque nom du récit est une leçon. Tobit et Tobie disent que le Seigneur est bon. Anna, la mère, porte le nom de la grâce. Sara, l'épouse, porte le nom de la princesse, comme Sara femme d'Abraham. Ragouël signifie « ami de Dieu », et Edna son épouse accompagne la bénédiction. Raphaël signifie « Dieu guérit », et l'ange porte bien son nom : il guérit les yeux, il guérit les noces, il guérit le deuil. Asmodée, le démon qui occupait Sara, reçoit dans le récit la punition de sa convoitise, lié au désert d'Égypte, au bout du monde connu.[58] Azarias, nom d'emprunt de l'ange, signifie « le Seigneur a secouru », et Ananias, son prétendu père, « le Seigneur a fait grâce » : même déguisé, le messager ne sait annoncer que le secours.

La théologie de Tobie

Dieu conduit sans se montrer

La marque du livre est la discrétion de Dieu. Aucune théophanie, aucun prodige public : Dieu agit par un voyageur rencontré à la porte, un poisson pêché au bon moment, un mariage arrangé entre parents, un remède appliqué par un fils. C'est la théologie de la Providence à l'état pur, celle que le livre résume dans la bouche de l'ange : tout ce qui arrive aux justes est conduit, même quand le conducteur reste invisible.[59] Le lecteur qui relit sa propre vie avec ces yeux apprend à chercher, derrière les coïncidences, la main qui dispose.

Raphaël et le ministère des anges

Avec Gabriel et Michel, Raphaël est l'un des trois seuls anges nommés dans toute l'Écriture, et le seul dont un livre raconte la mission du début à la fin. Il guide, il renseigne, il protège, il lie le démon, il présente les prières devant Dieu, puis il révèle son nom et disparaît.[60] L'article anges et démons présente la doctrine complète ; Tobie en est l'illustration narrative la plus aimée. L'Église y a toujours vu la preuve que les anges ne sont pas un décor du ciel mais des serviteurs envoyés pour le salut des hommes, comme l'enseignera l'épître aux Hébreux.[61]

L'aumône qui délivre de la mort

Aucun livre de l'Ancien Testament ne parle de l'aumône avec autant d'insistance. Tobit la pratique au péril de sa vie, il la recommande à son fils comme un trésor, et l'ange la cite parmi les œuvres que Dieu n'oublie pas : « La prière est bonne avec le jeûne, et l'aumône avec la justice. »[62][63] C'est ce verset que Polycarpe, Clément et Cyprien citent aux premiers siècles pour fonder l'exhortation à la charité.[64][65] L'article grandir dans l'aumône prolonge cet enseignement pour aujourd'hui.

« Le jeûne est bon avec la prière, et l'aumône avec la justice. Mieux vaut peu avec justice que beaucoup avec iniquité. Mieux vaut faire l'aumône que d'amasser de l'or. »

  • Raphaël à Tobit, Tb 12, 8, traduction liturgique[66]

Ensevelir les morts

Au temps de Tobit, enterrer les morts est une œuvre de miséricorde qui peut coûter la vie : Sennachérib fait jeter les corps hors des murs, et Tobit sort les ensevelir de nuit.[67] L'ange le lui rappellera comme un titre de gloire : « Quand tu enterrais les morts, j'étais là auprès de toi. »[68] L'Église comptera l'ensevelissement des morts parmi les œuvres de miséricorde corporelle, et Tobit en restera à jamais le patron discret.

Le mariage chaste et priant

Les noces de Tobie et de Sara sont l'un des sommets bibliques sur le mariage. Tobie écarte d'emblée la convoitise : ce n'est pas le plaisir qu'il cherche, mais une union « dans un esprit de vérité », et les époux commencent par prier ensemble avant de s'unir.[69] Le démon, qui avait tué sept maris livrés à eux-mêmes, ne peut rien contre deux époux qui prient. L'Église lira toujours ce passage aux futurs mariés comme l'icône du mariage chrétien : la chasteté n'est pas l'ennemie de l'amour, elle en est la garde.

Honore ton père et ta mère

Tout le livre est traversé par la piété filiale. Tobie part sur un ordre de son père, revient pour guérir ses yeux, ferme les yeux de ses parents à leur mort selon la Vulgate.[70] Tobit, de son côté, commence son testament par le commandement : honore ta mère tous les jours de sa vie, et quand elle mourra, ensevelis-la auprès de moi.[71] Entre les deux générations circule sans se perdre le trésor de la fidélité, et c'est peut-être la leçon la plus simple du livre : la foi se transmet dans les maisons avant de se défendre dans les livres.

L'accomplissement chrétien

Le poisson, le fiel et le Christ médecin

Les Pères ont lu dans le poisson du Tigre une figure du Christ lui-même : comme le poisson fournit le remède qui rend la vue, le Christ donne aux aveugles la lumière, et les eaux où le poisson est pris annoncent celles du baptême où l'homme renaît éclairé. Le fiel amer qui brûle puis guérit dit la manière du Sauveur : il touche la plaie pour la fermer. Bède, dans son commentaire, suit pas à pas cette lecture : Tobit aveugle, c'est le peuple qui ne voit pas encore ; Tobie qui applique le remède, c'est l'apostolat qui porte la lumière aux nations.[72]

Tobie et Sara, icône des époux chrétiens

La nuit des noces d'Ecbatane est devenue dans la tradition l'icône de tout mariage chrétien. Deux baptisés qui prient avant de s'unir, qui écartent la convoitise comme une idole, qui demandent ensemble la miséricorde : l'Église n'a jamais cessé de montrer ces deux jeunes gens aux fiancés. La leçon vaut aussi pour les veuves et les éprouvés du mariage : Sara avait enterré sept espérances avant de trouver l'époux que Dieu lui gardait, et sa prière humiliée fut exaucée sans que sa pureté ait fléchi.[73][74]

Raphaël et les sept esprits devant Dieu

La révélation de Tb 12 éclaire tout le Nouveau Testament des anges : Raphaël se dit « l'un des sept anges qui se tiennent devant la gloire du Seigneur ».[75] L'Apocalypse montrera les sept esprits devant le trône, et l'Église honorera en Raphaël le modèle du bon ange gardien : celui qui marche avec l'enfant sur les routes dangereuses, détourne les bêtes, arrange les rencontres et ne demande pour salaire que la louange de Dieu.[76][77]

Tobie dans la liturgie et les arts

Les lectures de mariage

Le Rituel du mariage propose aux fiancés, parmi les lectures de l'Ancien Testament, la prière de Tobie et de Sara dans la nuit des noces (Tb 8, 4-8) : « Tu as fait Adam, et tu lui as fait une aide semblable à lui », puis la demande de miséricorde et de vieillesse commune.[78] Peu de pages bibliques conviennent aussi bien au jour des noces : elles disent que le mariage est une vocation reçue de Dieu, gardée par la prière, et que la première nuit des époux peut être une liturgie.

Raphaël au calendrier

L'Église honore l'ange du livre avec les archanges Michel et Gabriel le 29 septembre, à la fête commune des saints archanges : c'est là que les fidèles entendent chaque année le nom de celui qui guida Tobie.[79] Avant la réforme du calendrier, Raphaël avait sa fête propre au 24 octobre, avec des lectures tirées du livre. Les exorcismes et les bénédictions des voyageurs invoquent encore souvent le compagnon de Tobie comme patron des routes.

Le cantique de Tobit

Le chapitre 13, grand hymne sur Jérusalem châtiée puis relevée, est entré dans la prière de l'Église : « Jérusalem, cité sainte, Dieu te châtiera pour les œuvres de tes enfants, mais il prendra de nouveau pitié des fils des justes. »[80] Les psaumes de la captivité et du retour y trouvent un écho familial, et les prédicateurs y puisent depuis Bède l'annonce que nulle ruine, ni Ninive ni aucune autre, n'a le dernier mot sur les desseins de Dieu.

Tobie peint et sculpté

Peu d'histoires bibliques ont autant inspiré les peintres. Le chef-d'œuvre le plus célèbre est le Tobie et l'Ange d'Andrea del Verrocchio (vers 1470-1475, atelier où travaillait le jeune Léonard), qui montre le garçon tenant le poisson, conduit par un Raphaël d'une douceur inégalée.[81] Rembrandt a peint Anne et Tobit aveugle vers 1630, dans la pénombre d'une maison pauvre qui est déjà tout l'exil.[82] Les retables, les vitraux et les livres d'heures du Moyen Âge racontent le voyage, le poisson et les noces en images que les illettrés lisaient comme un catéchisme.

Ce que propose l'exégèse moderne, et ses limites

L'auteur et la datation reçus par l'Église

Le livre se présente lui-même comme le mémorial des deux héros : Tobit parle à la première personne jusqu'au chapitre 3 dans le grec, puis le récit continue jusqu'à la mort des protagonistes, et l'ange ordonne expressément aux deux hommes d'écrire dans un livre tout ce qui s'est accompli.[83] La lecture reçue en conclut naturellement que le fond du récit remonte aux exilés eux-mêmes : rédigé pour l'essentiel pendant l'exil, au VIIe siècle av. J.-C., achevé par la génération suivante, dans la langue sémitique des déportés.[84] C'est cette datation haute que la langue araméenne des fragments de Qumrân rend à tout le moins possible, et c'est elle qui rend compte de la couleur assyrienne exacte du décor : Ninive capitale, Ecbatane et Rhagès étapes réelles des routes de Médie, dix talents confiés à un dépositaire de Rhagès.[85]

L'hypothèse d'une composition tardive

Une partie de l'exégèse contemporaine propose une tout autre chronologie : le livre aurait été composé au IIIe ou au début du IIe siècle av. J.-C., par un Juif de la diaspora écrivant un conte édifiant sous des noms d'emprunt, à la manière de Judith ou d'Esther datées de même par la même école.[86] Les indices invoqués sont le genre littéraire du récit (roman de sagesse plutôt que chronique), la parenté avec l'histoire profane d'Ahikar le scribe, et quelques anachronismes apparents dans les noms de rois.[87] L'hypothèse est présentée dans beaucoup de manuels comme acquise ; elle reste une reconstruction interprétative, qui suppose ce qu'elle prétend prouver : que le merveilleux (un ange qui voyage incognito, un démon lié au désert) ne peut pas appartenir à un témoignage ancien, donc le témoignage est tardif.

Les objections classiques et leurs réponses

Trois objections reviennent sans cesse, et chacune a reçu sa réponse dans la tradition savante catholique.

Ahikar le scribe. Le récit grec fait d'un certain Ahikar le neveu de Tobit, échanson du roi, qui sauve deux fois la famille. On y voit la reprise d'une légende orientale profane, preuve d'une composition romanesque. Réponse : la Vulgate ignore entièrement cet épisode, et Jérôme, qui connaissait le grec, a suivi son texte araméen en l'écartant, probablement comme une interpolation étrangère à l'auteur inspiré. Même à le garder, rien ne prouve que le livre ait pillé la légende plutôt que de nommer un vrai parent resté célèbre à la cour.[88]

Asmodée et le démon persan. Le nom du démon ressemblerait au persan Aeshma daeva, et le chien compagnon rappellerait les croyances perses : le livre serait donc une légende iranienne judaïsée, postérieure à l'exil. Réponse : le nom s'explique aussi bien en sémitique, par l'araméen ashmeday apparenté à l'hébreu signifiant destruction, et quoi de plus naturel qu'un nom de consonance médiane pour un démon séjournant en Médie ? La démonologie du livre (un démon chassé par un remède, lié au désert) est d'ailleurs homogène à celle du Nouveau Testament, qui lie Satan au désert et pour mille ans.[89]

Salmanasar et la prise de Ninive. Le texte latin fait déporter Nephtali par Salmanasar, alors que les Rois attribuent cette déportation à Téglath-Phalasar ; et un manuscrit grec fait prendre Ninive par des rois improbables. Réponse : le grec des grands codex porte ici Enemessar, lecture qui correspond à la transcription hébraïque de l'assyrien et désigne Salmanasar sous un autre de ses noms royaux, douze ans après le début de la déportation, quand ses éclaireurs achevèrent l'œuvre. Quant à la prise de Ninive, la faute de copiste est identifiée : le grec du Sinaiticus nomme le roi mède Cyaxare, allié du père de Nabuchodonosor, que le copiste a remplacé par le nom plus connu du fils.[90]

Les présupposés et les limites de la reconstruction

Au-delà des détails, c'est la méthode qu'il faut peser. La redatation tardive repose sur trois ressorts fragiles : le présupposé qu'un récit avec ange et démon ne peut pas être un témoignage mais seulement un conte (on exclut le surnaturel avant d'examiner les preuves) ; la datation circulaire (on date Tobie par Judith et Esther, datées par les mêmes principes) ; l'argument du silence (l'absence du livre dans tel catalogue rabbinique prouverait sa nouveauté, alors que les rabbins ont aussi discuté d'autres livres reçus). Pendant ce temps, les faits positifs s'accumulent du côté de la réception ancienne : un original sémitique confirmé par Qumrân, une citation dès Polycarpe, un usage liturgique latin dès le IIe siècle, un canon stable d'Hippone à Trente.[91][92][93] Un catholique reste donc parfaitement fondé à tenir la lecture traditionnelle : un récit enraciné dans l'exil assyrien, transmis dans la langue des exilés, reçu sans interruption comme parole de Dieu.

Pour aller plus loin

Le livre de Tobie se lit d'abord dans la Bible elle-même, chapitres 1 à 14, dans la TOB ou la Bible de Jérusalem, en comparant les notes sur la Vulgate et la Septante quand l'édition le permet. On lira ensuite la notice Tobias de la Catholic Encyclopedia (1912), qui reste la synthèse anglaise la plus complète sur les versions, la canonicité et les objections, puis le traité De Tobia de saint Ambroise, bref et vigoureux, et le commentaire de Bède le Vénérable, le plus ancien suivi conservé. Parmi les travaux modernes, le commentaire de Carey Moore dans l'Anchor Bible expose loyalement les deux positions sur la datation. Enfin, les fiancés liront la prière de Tb 8 dans le Rituel du mariage, là où elle attend depuis des siècles ceux qui se marient « dans un esprit de vérité ».

Notes et références

  1. Tb 5, 4-9 : rencontre d'Azarias, fils du grand Ananias, qui connaît la route de Médie.

    1 35
  2. Tb 12, 11-22 : révélation de Raphaël, l'un des sept anges, présentation des prières et des aumônes.

    2 46 48 59 60 68 75 76
  3. Catholic Encyclopedia, article Tobias, section Canonicity : deutérocanonique, Septante, révérence des Juifs de Palestine, usage chrétien continu.

    3 12 20
  4. Concile de Trente, session IV, 8 avril 1546 : réception des livres en entier avec toutes leurs parties (DS 1501-1505).

    4 21
  5. Tb 1, 1-2 : Tobit, de la tribu et de la ville de Nephtali, en haute Galilée. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    5
  6. Tb 1, 4-8 : seul contre le schisme, Tobit monte à Jérusalem pour les fêtes avec prémices, dîmes et premiers-nés.

    6
  7. Tb 1, 2 : déportation sous Salmanasar ; lecture Enemessar dans les codex grecs, voir la section sur la chronologie.

    7
  8. Tb 1, 3 : Tobit partage son pain avec les affamés et vêtit ceux qui sont nus.

    8
  9. Tb 1, 16-18 : Tobit ensevelit en secret les Israélites tués et jetés hors des murs de Ninive.

    9 67
  10. Catholic Encyclopedia, article Tobias, section Persons : les six porteurs du nom, hébreu tobyyahu, sur newadvent.org.

    10 11
  11. Catholic Encyclopedia, article Tobias, sections Name et Versions : recensions grecques, Vieille Latine, traduction de Jérôme en un jour depuis l'araméen, particularités de la Vulgate.

    13 14 15 16 17 37 70
  12. Fragments araméens 4Q196 à 4Q199 et fragment hébreu 4Q200, grotte 4 de Qumrân, édités par J. Fitzmyer en 1995.

    18 85 91
  13. Concile d'Hippone (393), conciles de Carthage (397 et 419), lettre d'Innocent Ier (405), canon augustinien (397), d'après la Catholic Encyclopedia, article Tobias.

    19 55 93
  14. Concile du Vatican, session III, chapitre 2, 24 avril 1870 : les livres saints ont Dieu pour auteur (DS 3006).

    22
  15. Tb 1, 18-22 : persécution de Sennachérib, fuite de Tobit, confiscation de ses biens, retour après la mort du roi.

    23
  16. Tb 2, 9-10 : la fiente de moineaux dans les yeux endormis, les taies, la cécité.

    24
  17. Tb 2, 11-14 : le travail d'Anna, le chevreau ajouté au salaire, la dispute avec Tobit.

    25
  18. Tb 3, 1-6 : prière de Tobit demandant au Seigneur de reprendre son esprit en paix.

    26
  19. Tb 3, 7-11 : les sept maris de Sara tués par Asmodée, l'insulte des servantes, la prière dans la chambre haute.

    27 28 73
  20. Tb 3, 16-17 : les deux prières exaucées au même instant, Raphaël envoyé pour guérir et pour lier.

    29
  21. Tb 4, 7-11 : recommandations sur l'aumône, l'aumône délivre de la mort.

    30 33 63
  22. Tb 4, 15 (Vulgate 4, 16) : ne fais à personne ce que tu détesterais subir.

    31
  23. Tb 4, 3-6.12-19 : honorer sa mère, prendre conseil des sages, bénir Dieu en tout temps.

    32 71
  24. Tb 4, 20-21 (Vulgate) et 5, 1-3 : les dix talents déposés chez Gabaël à Rhagès avec un billet.

    34
  25. Tb 5, 16-22 : le salaire du guide, le départ, les adieux et les larmes.

    36
  26. Tb 6, 2-9 : le poisson du Tigre, le cœur, le foie et le fiel mis en réserve sur l'ordre de l'ange.

    38
  27. Tb 7, 1-12 : accueil chez Ragouël, ressemblance avec Tobit, acte de mariage, aveu des sept morts.

    39
  28. Tb 8, 1-8 : la fumigation qui chasse le démon, la prière des époux avant l'union.

    40 41 69 74
  29. Tb 8, 9-21 : la tombe comblée, deux semaines de festin, la dot doublée.

    42
  30. Tb 9, 1-6 : Azarias court à Rhagès, réclame l'argent à Gabaël et l'amène aux noces.

    43
  31. Tb 10, 1-7 : Tobit compte les jours, Anna guette la route et pleure chaque soir.

    44
  32. Tb 11, 7-15 : le fiel appliqué, la taie qui se détache, Tobit recouvre la vue.

    45
  33. Tb 12, 20 : ordre d'écrire dans un livre tout ce qui s'est accompli.

    47 83
  34. Tb 13 : le cantique de Tobit, bénédiction de Dieu, appel à Jérusalem, vision des nations.

    49 80
  35. Tb 14 : derniers conseils, annonce de la ruine de Ninive, mort de Tobit puis de Tobie dans la joie.

    50
  36. Saint Polycarpe, Lettre aux Philippiens, 10 : exhortation à l'aumône d'après Tb 4, 10 et 12, 9.

    51 64 92
  37. Saint Clément d'Alexandrie, Stromates VI, 12 et I, 21 : citations de Tb 12, 9 et Tb 4, 16 comme Sainte Écriture.

    52
  38. Saint Cyprien, De mortalitate 10, De opere et eleemosynis 5 et 20, De patientia 18, Testimonia : Tobie cité comme autorité divine.

    53 57 65
  39. Saint Ambroise, De Tobia, vers 370 : le livre appelé livre prophétique et Écriture dès l'ouverture.

    54
  40. Bède le Vénérable et Walafrid Strabon : seuls commentaires suivis anciens ; Moyen Âge, Hugues de Saint-Victor, Nicolas de Lyre, Denis le Chartreux.

    56 72
  41. Catholic Encyclopedia, article Tobias, réponse aux objections : Asmodée explicable en sémitique, démon lié au désert comme Satan pour mille ans.

    58 89
  42. He 1, 14 : les anges, esprits chargés d'un ministère, envoyés pour le salut des hommes.

    61 77
  43. Tb 12, 8-9 : prière avec jeûne, aumône avec justice, l'aumône délivre de la mort.

    62 66
  44. Rituel du mariage, lectures de l'Ancien Testament : la prière des époux, Tb 8, 4b-8.

    78
  45. Fête des saints archanges Michel, Gabriel et Raphaël, 29 septembre, calendrier romain général.

    79
  46. Andrea del Verrocchio et atelier, Tobie et l'Ange, vers 1470-1475, National Gallery de Londres.

    81
  47. Rembrandt, Anne et Tobit aveugle, vers 1630, National Gallery de Londres.

    82
  48. Catholic Encyclopedia, article Tobias, section Author and date : Tobit auteur de la partie à la première personne, rédaction pendant l'exil au VIIe siècle, achèvement par la génération suivante.

    84
  49. Hypothèse d'une composition au IIIe ou au début du IIe siècle av. J.-C., exposée puis discutée d'après la Catholic Encyclopedia, article Tobias.

    86
  50. Catholic Encyclopedia, article Tobias, section des objections : folklore des morts reconnaissants, légende iranienne, positions d'Ewald et des critiques protestants.

    87
  51. Catholic Encyclopedia, article Tobias, réponse aux objections : épisode d'Ahikar absent de la Vulgate, écarté comme interpolation possible.

    88
  52. Catholic Encyclopedia, article Tobias, réponse aux objections : Enemessar des codex grecs, Cyaxare du Sinaiticus pour la prise de Ninive.

    90