Les figures du Christ dans l'Ancien Testament

Adam, Abel, Noé, Melchisédech, Isaac, Moïse, l'agneau pascal, Jonas, David : les personnes et événements qui annoncent le Christ, leur accomplissement et les réponses aux objections.

Ignispedia

L'Ancien Testament est plein du Christ avant même sa venue : non seulement par des prophéties qui annoncent l'avenir en paroles, mais par des personnes et des événements qui le dessinent d'avance en actes. Adam, Abel, Noé, Melchisédech, Isaac, Joseph, Moïse, l'agneau pascal, le serpent d'airain, Jonas, David, le Serviteur souffrant : l'Église voit en eux des figures du Christ, c'est-à-dire des réalités voulues par Dieu pour préparer, annoncer et faire reconnaître son Fils quand il viendrait[1][2].

Le mot figure ne signifie pas ici une belle comparaison inventée après coup par des lecteurs ingénieux. Saint Paul emploie le mot grec typos, l'empreinte du sceau dans la cire : les événements anciens sont arrivés « comme des figures » et « ont été écrits pour notre instruction »[3]. Le Nouveau Testament lui-même donne la méthode : Jésus explique aux disciples d'Emmaüs « dans toutes les Écritures ce qui le concernait » en commençant « par Moïse et par tous les Prophètes »[4]. Philippe, devant l'eunuque qui lit Isaïe, « partant de ce passage de l'Écriture, lui annonce la Bonne Nouvelle de Jésus »[5].

Cet article présente d'abord ce qu'est une figure selon l'Écriture elle-même, puis la place de ces figures dans le canon de l'Ancien Testament reçu par l'Église, avec la datation et l'attribution traditionnelles des livres concernés. Il parcourt ensuite les grandes figures une à une, d'Adam au Serviteur souffrant, montre comment le Nouveau Testament les accomplit, ce qu'en disent les Pères, comment la liturgie les fait prier, et répond en fin d'article aux objections de l'exégèse moderne. La doctrine générale de la lecture croyante est exposée dans Le sens spirituel de l'Écriture, l'histoire des 46 livres dans Le canon de l'Ancien Testament, et l'art de lire la Bible en prière dans Comment lire la Bible catholiquement.

Ce que l'Église appelle une figure

Une figure (en grec typos, en latin figura ou typus) est une personne, un objet ou un événement réel de l'Ancien Testament par lequel Dieu annonce d'avance une réalité plus grande du Nouveau Testament, le plus souvent le Christ lui-même, son sacrifice, ses sacrements ou son Église. Trois traits la définissent, et la distinguent d'une simple image poétique[6].

D'abord, la figure est un fait réel, pas un symbole flottant. Adam a existé, Moïse a existé, Jonas a existé : le Christ lui-même traite Jonas comme un fait quand il en fait le signe de sa propre résurrection[7]. Si Jonas n'était qu'une fable édifiante, le signe n'en serait pas un. C'est pourquoi l'Église tient l'historicité substantielle des récits : la figure n'annonce que parce qu'elle est arrivée vraiment[8].

Ensuite, la figure est voulue par Dieu, pas plaquée par le lecteur. Ce n'est pas l'ingéniosité des Pères qui a vu le Christ dans l'agneau pascal : c'est l'apôtre Jean qui note qu'on ne brisa pas les jambes de Jésus « afin que l'Écriture s'accomplisse : Pas un de ses os ne sera brisé »[9], reprenant l'ordre donné pour l'agneau de la Pâque[10]. Ce n'est pas une trouvaille d'Origeène qui a vu le baptême dans la mer Rouge : c'est Paul qui écrit que les pères « ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer »[11].

Enfin, la figure est toujours dépassée par son accomplissement. Adam transmet la désobéissance et la mort ; le Christ, « dernier Adam », transmet l'obéissance et la vie, et « comme tous meurent en Adam, de même tous revivront dans le Christ »[12]. L'agneau pascal sauvait d'un esclavage terrestre ; l'Agneau de Dieu « enlève le péché du monde »[13]. La manne nourrissait pour un jour ; le Pain vivant descendu du ciel donne la vie éternelle[14]. La figure est l'ébauche, le Christ est le chef-d'œuvre : « la réalité, c'est le Christ », comme dit Paul des ombres de la Loi[15].

Typologie, allégorie, accommodation : ne pas tout mélanger

La typologie est donc un sens voulu par Dieu dans les faits eux-mêmes : Dieu conduit l'histoire de telle sorte que les faits anciens portent d'avance le Christ. L'allégorie, au sens où les Pères l'emploient parfois, cherche un sens spirituel au-delà de la lettre, avec plus ou moins de bonheur selon les cas. L'accommodation applique un verset à une situation nouvelle par simple ressemblance pieuse, sans affirmer que Dieu l'avait prévu ainsi. Seule la typologie fait autorité en théologie, parce que seule elle repose sur l'intention divine attestée par le Nouveau Testament[16]. Les distinctions précises et les exemples sont donnés dans Le sens spirituel de l'Écriture : on s'y reporte au lieu de redoubler ici la doctrine.

« Les événements de l'Ancien Testament sont des types, des préfigurations réelles voulues par Dieu, dont l'accomplissement est le Christ et ses sacrements. » — D'après saint Paul, Première lettre aux Corinthiens 10, 6-11[17]

La place des figures dans l'Ancien Testament

Les figures ne sont pas éparses au hasard : elles jalonnent tout l'Ancien Testament, de la Genèse à Daniel, dans les trois parties que la tradition reconnaît aux Écritures d'Israël : la Loi (les cinq livres de Moïse), les Prophètes (l'histoire du peuple et les prophètes proprement dits) et les Écrits (les Psaumes, la Sagesse et les autres livres)[18]. Jésus lui-même reprend ce découpage quand il dit qu'il fallait que s'accomplisse « tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes »[19]. Chaque partie porte ses figures : la Loi donne Adam, Abel, Noé, Melchisédech, Isaac, Joseph, Moïse et l'agneau ; les Prophètes donnent Josué, David, Salomon, Élie, Jonas ; les Écrits donnent les Psaumes du juste souffrant et Daniel avec le Fils de l'homme[20].

L'Église catholique reçoit 46 livres pour l'Ancien Testament, dont sept que la Réforme a écartés : l'histoire de cette liste, les témoins anciens qui l'attestent et le dossier des deutérocanoniques sont traités dans Le canon de l'Ancien Testament et dans Pourquoi les catholiques ont-ils sept livres de plus ?. On retient ici l'essentiel pour notre sujet : ces livres forment une Écriture inspirée sans erreur, qui a Dieu pour auteur, comme l'ont défini le concile de Trente et le concile Vatican I, et comme l'a rappelé Léon XIII contre toute restriction de l'inspiration à quelques passages[21][22][23].

Les auteurs et la datation que tient la tradition

La tradition de l'Église, avec la tradition juive unanime avant elle, attribue le Pentateuque à Moïse, qui a reçu la Loi au Sinaï vers le XIIIe siècle avant Jésus-Christ ; le Christ lui-même dit « Moïse a écrit » à son sujet[24]. Elle attribue Isaïe à Isaïe, prophète à Jérusalem au VIIIe siècle, et Daniel à Daniel, au temps de l'exil à Babylone au VIe siècle ; le Christ cite Daniel comme « le prophète »[25]. La Commission biblique pontificale a confirmé ces attributions au début du XXe siècle : Moïse auteur substantiel du Pentateuque en 1906, un seul Isaïe en 1908[26][27]. Les Psaumes sont reçus comme le psautier de David, même si tous les psaumes ne sont pas de sa main ; les livres historiques racontent l'histoire du peuple depuis Josué jusqu'au retour de l'exil[28].

Ces datations et attributions seront discutées en fin d'article, avec les réponses, dans la section sur l'exégèse moderne. On les pose ici d'abord parce qu'elles sont la lecture de l'Église, confirmée par les témoins les plus anciens : le Siracide qui nomme déjà la triple division des Écritures, Josèphe qui compte 22 livres reçus, le Nouveau Testament lui-même et les Pères[29]. La Bible que lisaient les apôtres était la Septante, la version grecque née à Alexandrie, dont le Nouveau Testament suit le plus souvent la lettre[30].

Adam, le premier Adam et le dernier

La première figure du Christ est le premier homme. Dieu façonne Adam de la poussière du sol et lui insuffle une haleine de vie ; il le place dans le jardin, lui donne Ève tirée de son côté, et lui confie la création[31]. Adam désobéit, mange du fruit défendu, et par lui le péché et la mort entrent dans le monde : « par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le péché, la mort »[32]. L'Église tient qu'Adam et Ève sont deux personnes réelles, premiers parents de tout le genre humain, et que le péché originel est un événement, comme l'a rappelé Pie XII contre le polygénisme[33].

C'est saint Paul qui fait d'Adam une figure en toutes lettres : Adam est « la figure de celui qui devait venir »[34]. Le parallèle est rigoureux, en miroir inversé. D'un côté, un seul homme, une seule faute, et la condamnation pour tous ; de l'autre, un seul homme, un seul acte de justice, et la justification qui donne vie à tous : « si par la faute d'un seul la multitude a connu la mort, combien plus la grâce de Dieu s'est-elle répandue en abondance sur la multitude »[35]. Ailleurs Paul resserre encore : « le premier homme, Adam, devint un être vivant ; le dernier Adam est devenu un être spirituel qui donne la vie », et « comme tous meurent en Adam, de même tous revivront dans le Christ »[36].

Les correspondances de détail, relevées par les Pères, sont saisissantes. Adam est plongé dans un profond sommeil pour qu'Ève naisse de son côté ouvert ; le Christ s'endort du sommeil de la mort sur la croix pour que l'Église naisse de son côté ouvert, d'où coulent le sang et l'eau des sacrements[37][38]. Le premier jardin voit la chute ; le jardin de Gethsémani voit l'agonie obéissante, et le jardin du tombeau voit la résurrection[39]. L'arbre de la désobéissance est réparé par l'arbre de la croix, où le Christ se fait obéissant « jusqu'à la mort »[40]. Saint Irénée a donné à ce renversement son nom : la récapitulation, Dieu qui reprend en son Fils toute l'histoire gâchée pour la refaire[41].

Ève elle-même entre dans la typologie, en face de Marie. Ève la vivante écoute le serpent et apporte la mort ; Marie écoute l'ange et apporte la vie : « la mort par Ève, la vie par Marie », selon la formule que les Pères répètent de Justin à Irénée et que le concile Vatican II reprend quand il appelle Marie la nouvelle Ève[42][43].

Abel, Isaac, Joseph : le juste livré et sauvé

Trois jeunes figures ouvrent le livre de la Genèse : trois innocents livrés par les leurs, et relevés par Dieu. L'Église y lit le Christ innocent, rejeté, puis exalté.

Abel, le premier martyr

Abel offre à Dieu les premiers-nés de son troupeau, et Dieu regarde son offrande ; Caïn, jaloux, l'entraîne aux champs et le tue[44]. Jésus range Abel parmi les prophètes et les justes : le sang versé « depuis le sang d'Abel le juste jusqu'au sang de Zacharie » retombera sur la génération qui rejette les envoyés[45]. La lettre aux Hébreux ajoute que, par sa foi, Abel « parle encore » après sa mort, et que le sang de Jésus parle plus fort que celui d'Abel : non plus pour accuser comme celui de la victime, mais pour pardonner comme celui du Sauveur[46][47]. Le Canon romain lui-même nomme Abel en premier parmi les sacrifices agréés, avant Abraham et Melchisédech : « les dons de ton serviteur, Abel le juste »[48].

Isaac, le fils unique sur le bois

Dieu éprouve Abraham : « Prends ton fils, ton unique, que tu aimes, Isaac, et offre-le en holocauste » sur la montagne de Moriya[49]. Isaac porte lui-même le bois du sacrifice, gravit la montagne avec son père, se laisse lier et étendre sur l'autel ; au dernier instant, l'ange retient la main, et un bélier pris dans un buisson est offert à sa place[50]. La lettre aux Hébreux lit dans ce geste la foi en la résurrection : Abraham « pensait que Dieu est capable même de ressusciter les morts ; c'est pourquoi son fils lui fut rendu, et il y a là une préfiguration »[51].

Les rapprochements sont précis et anciens : le fils unique et bien-aimé, le bois porté sur l'épaule comme la croix, la montagne (Moriya, que la tradition identifie au mont du Temple, puis au lieu du Calvaire tout proche), trois jours de marche comme trois jours au tombeau, le bélier substitué comme l'Agneau substitué aux hommes[52]. Méliton de Sardes, vers 160-170, fait d'Isaac le modèle du sacrifice du Christ : Isaac porte le bois, est lié et ne souffre pas, quand le Christ souffre pour de bon ; le bélier égorgé à sa place rachète Isaac de la mort, comme le Seigneur égorgé nous rachète[53].

Joseph, vendu par ses frères puis sauveur des siens

Joseph, fils préféré de Jacob, est haï par ses frères, jeté dans une citerne, vendu pour vingt pièces d'argent aux marchands qui descendent en Égypte, puis jeté en prison sur une fausse accusation ; Dieu l'exalte, il devient le second du Pharaon et, en pleine famine, sauve de la mort ceux-là mêmes qui l'avaient vendu[54][55]. Devant ses frères terrifiés, il prononce la parole qui résume toute la typologie : « Vous aviez médité le mal contre moi, Dieu l'a tourné en bien, afin d'accomplir ce qui a lieu aujourd'hui : sauver la vie d'un grand peuple »[56].

Vendu, livré aux étrangers, compté parmi les coupables, puis élevé à la droite du maître et pardonnant à ses bourreaux : Joseph est l'une des figures les plus complètes du Christ, et les Pères ne s'y sont pas trompés, de Justin à Ambroise[57]. Le Nouveau Testament ne le cite pas nommément comme figure, mais Étienne, dans son discours, raconte longuement Joseph rejeté puis établi chef, juste avant de dénoncer ceux qui ont « trahi et assassiné le Juste » : le parallèle est transparent[58].

« Saisis le mystère du Seigneur : vois Abel pareillement tué, Isaac pareillement lié, Joseph pareillement vendu, Moïse pareillement exposé, David pareillement persécuté, les prophètes pareillement souffrant pour le Christ. » — Méliton de Sardes, Homélie sur la Pâque, vers 160-170[59]

Noé et l'arche : le Déluge et le baptême

Aux jours de Noé, la corruption remplit la terre ; Dieu décide le Déluge, mais Noé trouve grâce : il construit l'arche selon l'ordre reçu, y entre avec les siens et les animaux, et huit personnes sont sauvées à travers les eaux, tandis que le monde ancien périt[60]. L'Église tient que le Déluge a eu lieu : le Christ lui-même s'y réfère comme à un événement, « aux jours de Noé », pour annoncer son propre retour[61].

C'est saint Pierre qui donne la clé typologique, sans détour : les huit sauvés « à travers l'eau » sont la figure du baptême, « qui vous sauve à présent » : non pas le lavage d'une souillure extérieure, mais l'engagement envers Dieu d'une conscience droite, par la résurrection de Jésus Christ[62]. L'eau qui noyait devient l'eau qui sauve ; l'arche de bois qui portait les rescapés annonce le bois de la croix et l'Église, arche du salut où les baptisés traversent le jugement. La Vigile pascale fait chanter chaque année ce passage : la bénédiction de l'eau baptismale y rappelle le Déluge parmi les grandes eaux du salut[63].

Noé est aussi, comme Adam, un père de l'humanité recommencée : après les eaux, Dieu conclut avec lui une alliance, dont l'arc-en-ciel est le signe, et renouvelle le commandement de croître donné à la création[64]. Second Adam manqué, car le péché demeure et Noé lui-même chute : la figure attendait le véritable recommencement, celui du Christ ressuscité[65].

Melchisédech, prêtre à jamais

Un mystérieux personnage traverse un seul chapitre de la Genèse, et la lettre aux Hébreux en fait l'une des plus grandes figures du Christ. Après sa victoire, Abraham rencontre Melchisédech, roi de Salem, qui « apporte le pain et le vin » et bénit Abraham au nom du Dieu Très-Haut ; Abraham lui donne la dîme de tout[66]. On ne sait de lui ni père, ni mère, ni généalogie, ni commencement ni fin : « rendu semblable au Fils de Dieu, il demeure prêtre pour toujours »[67].

Le psaume 110, que Jésus s'applique à lui-même devant ses adversaires, scelle la prophétie : « Tu es prêtre à jamais selon l'ordre de Melchisédech »[68][69]. La lettre aux Hébreux déploie la figure en quatre points. Premièrement, un sacerdoce antérieur et supérieur à celui de Lévi : Abraham, et Lévi encore en lui, paie la dîme à Melchisédech et reçoit sa bénédiction, car « c'est l'inférieur qui est béni par le supérieur »[70]. Deuxièmement, un sacerdoce sans généalogie, non transmis par le sang, donc apte à figurer le sacerdoce éternel du Fils. Troisièmement, une offrande de pain et de vin, et non de sang animal : la figure la plus directe de l'Eucharistie dans tout l'Ancien Testament. Quatrièmement, un roi de Salem, c'est-à-dire de paix, et un roi de justice : « roi de justice d'abord, puis roi de Salem, c'est-à-dire roi de paix »[71].

Le Canon romain, au cœur de la messe, cite Melchisédech avec Abel et Abraham parmi les sacrifices agréés que Dieu a daigné accepter : « ce que t'a offert ton souverain prêtre Melchisédech »[72]. Chaque messe prononce donc le nom de la figure au moment où la réalité est sur l'autel.

Moïse et l'Exode : l'agneau, la mer, la manne, le rocher, le serpent

Moïse est la plus grande figure personnelle du Christ avant sa venue, et l'Exode le plus grand événement figuratif : une sortie d'esclavage, à travers l'eau et le désert, vers la terre promise, qui dessine d'avance la sortie du péché, à travers le baptême, vers le Royaume. Moïse lui-même l'annonce : « C'est un prophète comme moi que le Seigneur ton Dieu te suscitera : c'est lui que vous écouterez »[73]. Pierre, le jour de la Pentecôte, applique la promesse à Jésus : Moïse annonçait le Christ[74]. Comme Moïse enfant échappe au massacre ordonné par Pharaon, l'enfant Jésus échappe au massacre ordonné par Hérode ; comme Moïse jeûne quarante jours sur la montagne, Jésus jeûne quarante jours au désert ; comme Moïse donne la Loi sur le Sinaï, Jésus donne la loi nouvelle sur la montagne des Béatitudes[75][76][77].

L'agneau pascal

La nuit de la sortie d'Égypte, chaque famille immole un agneau sans défaut, marque de son sang les montants de la porte, et le mange en hâte, les reins ceints : l'ange exterminateur passe au-dessus des maisons marquées, et Israël sort libre[78]. L'ordre précise : « vous ne lui briserez aucun os »[79]. Jean-Baptiste désigne Jésus : « Voici l'Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde »[80]. Paul écrit : « notre Pâque, le Christ, a été immolée »[81]. Et Jean note qu'au Calvaire les soldats ne brisèrent pas les jambes de Jésus, déjà mort, « afin que l'Écriture s'accomplisse »[82]. L'Apocalypse couronne la figure : au centre du ciel, « un Agneau debout, comme égorgé », reçoit l'adoration de toute la création[83].

« Le mystère de l'agneau que Dieu ordonna d'immoler comme Pâque était un type du Christ : c'est de son sang que, par la foi en lui, les croyants marquent leurs maisons, c'est-à-dire eux-mêmes. » — Saint Justin, Dialogue avec Tryphon, vers 155-160[84]

La mer Rouge : le baptême

Poursuivis par Pharaon, les fils d'Israël passent la mer à pied sec entre deux murs d'eau, et la mer refermée engloutit l'armée[85]. Paul y voit le baptême : les pères « ont tous été baptisés en Moïse dans la nuée et dans la mer », et il ajoute aussitôt que « ces événements sont arrivés comme des figures »[86]. La Vigile pascale chante ce cantique de Moïse chaque année, et la liturgie du baptême y voit le passage de la mort à la vie : Pharaon noyé, c'est le péché noyé ; Israël délivré, c'est le baptisé relevé[87]. Satan dans la Bible rappelle que le dragon des eaux, dans les Psaumes, est aussi la figure du mal vaincu[88].

La manne et le rocher

Dans le désert, Dieu nourrit son peuple d'une manne descendue du ciel, et abreuve son peuple de l'eau d'un rocher frappé par Moïse[89][90]. Jésus, dans le discours du Pain de vie, revendique l'accomplissement : « vos pères ont mangé la manne dans le désert et ils sont morts ; voici le pain descendu du ciel : celui qui le mange ne mourra pas »[91]. Et Paul tranche : « ils buvaient à un rocher spirituel qui les suivait, et ce rocher, c'était le Christ »[92]. La manne quotidienne, qu'on ne peut stocker, figure le pain de chaque jour demandé au Père ; le rocher frappé dont l'eau jaillit figure le côté transpercé d'où jaillissent le sang et l'eau[93].

Le serpent d'airain

Contre les morsures des serpents brûlants, Dieu ordonne à Moïse de façonner un serpent d'airain et de l'élever sur un étendard : « quiconque aura été mordu et le regardera restera en vie »[94]. Jésus lui-même donne la clé, dans la nuit à Nicodème : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle »[95]. Le remède ressemble au mal : un serpent guérit des serpents, un condamné à mort sauve des condamnés ; élevé sur le bois, exposé aux regards, il sauve quiconque lève les yeux vers lui. Les Pères y voient l'image exacte de la croix : le Christ, fait péché pour nous sans connaître le péché, élevé pour être regardé par la foi[96].

« De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l'homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. » — Jésus à Nicodème, Évangile selon saint Jean 3, 14-15[97]

Josué, David, Salomon : le conquérant, le roi, le temple

Après Moïse vient Josué, dont le nom est le même que celui de Jésus : Yehoshoua, « le Seigneur sauve ». Comme Moïse a fait passer la mer, Josué fait passer le Jourdain à pied sec ; comme Moïse a reçu la Loi, Josué reçoit la Terre ; il donne au peuple l'héritage promis, sans pouvoir lui donner le repos définitif, que seul Jésus donnera[98][99]. La lettre aux Hébreux le dit : « si Josué leur avait donné le repos, Dieu ne parlerait pas après cela d'un autre jour »[100]. Josué figure le Christ conquérant qui fait entrer son peuple non dans une terre, mais dans le Royaume.

David, le petit berger devenu roi, vainqueur de Goliath, auteur des Psaumes, pécheur pardonné, est la figure royale par excellence : Dieu lui promet une maison affermie pour toujours, « ton trône sera stable pour toujours »[101]. L'ange de l'Annonciation reprend la promesse pour Jésus : « le Seigneur Dieu lui donnera le trône de David son père, et il régnera pour toujours »[102]. Les foules acclament Jésus « Fils de David », titre messianique que Jésus assume en le dépassant : David l'appelle Seigneur dans le psaume, donc le Messie est plus que son fils[103][104]. Persécuté par Saül avant de régner, pleurant sur Jérusalem comme Jésus pleurera sur elle, David dessine le roi rejeté avant d'être exalté[105].

Salomon, fils de David, reçoit la sagesse et bâtit le Temple, la maison de Dieu au milieu de son peuple[106]. Jésus se déclare « plus grand que Salomon » et annonce un temple nouveau : « détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai », parlant du sanctuaire de son corps[107][108]. Le Temple de pierre, avec son voile déchiré à la mort du Christ, laisse place au Temple vivant : le corps ressuscité, puis l'Église, « temple saint dans le Seigneur »[109][110]. La sagesse de Salomon, admirée par la reine de Saba venue des extrémités de la terre, figure la sagesse du Christ devant qui les nations se rassemblent[111].

Jonas : trois jours dans l'abîme, signe de la Résurrection

L'histoire de Jonas est courte et vertigineuse : appelé à prêcher à Ninive, le prophète fuit vers Tarsis, la tempête se lève, il se fait jeter à la mer pour sauver l'équipage, un grand poisson l'avale, et il demeure trois jours et trois nuits dans son ventre avant d'être rejeté sur le rivage ; il prêche alors, et Ninive se convertit[112][113]. L'Église tient Jonas pour un fait historique, pour la raison décisive que le Christ le traite comme tel[114].

Car c'est Jésus lui-même qui fait de Jonas la figure de sa Résurrection. Aux scribes qui réclament un signe, il répond qu'il ne leur sera donné que « le signe de Jonas le prophète » : « De même, en effet, que Jonas est resté dans le ventre du monstre marin trois jours et trois nuits, de même le Fils de l'homme restera au cœur de la terre trois jours et trois nuits »[115]. Et il ajoute que les Ninivites, qui se sont convertis à la prédication de Jonas, « se lèveront lors du Jugement » avec une génération qui a eu « plus que Jonas » et n'a pas cru[116].

« De même que Jonas est resté dans le ventre du monstre marin trois jours et trois nuits, de même le Fils de l'homme restera au cœur de la terre trois jours et trois nuits. » — Jésus, Évangile selon saint Matthieu 12, 40[117]

Trois traits font de Jonas une figure unique. D'abord, c'est la seule que Jésus nomme lui-même comme signe de sa mort et de sa résurrection. Ensuite, elle embrasse les païens : Jonas est envoyé à Ninive, la capitale assyrienne ennemie, et les étrangers du navire prient déjà le vrai Dieu pendant que le prophète dort : l'universalité du salut y est dessinée[118]. Enfin, elle montre le prophète livré à la mort pour sauver les autres : jeté à la mer à sa demande, il apaise la tempête, comme le Christ apaisera par sa mort la colère et la tempête du péché[119].

Le Serviteur souffrant et le Fils de l'homme

Deux annonces prophétiques dominent la fin de l'Ancien Testament : l'une venue d'Isaïe, l'autre de Daniel. Elles ne sont plus seulement des événements qui préfigurent : ce sont des portraits du Messie tracés d'avance, que le Nouveau Testament reconnaît en Jésus.

Le Serviteur d'Isaïe : méprisé, transpercé, victorieux

Au cœur du livre d'Isaïe, quatre chants décrivent un Serviteur choisi, doux, qui n'écrase pas le roseau froissé, qui offre son dos aux coups, et qui porte les péchés des multitudes : « il était transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes ; le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures nous trouvons la guérison »[120]. Comme une brebis conduite à l'abattoir, il n'ouvre pas la bouche ; mis au tombeau avec les riches, il verra une postérité et prolongera ses jours[121].

Philippe, rejoint l'eunuque qui lit précisément ce passage, lui annonce Jésus « partant de ce passage » : la première catéchèse de l'Église est une lecture typologique d'Isaïe[122]. Pierre y voit le Christ qui « a porté nos péchés dans son corps sur le bois » ; Paul y voit celui qui « s'est fait obéissant jusqu'à la mort »[123][124]. La tradition reçoit Isaïe comme l'unique auteur du livre, prophète à Jérusalem au VIIIe siècle avant Jésus-Christ, et voit dans la précision du portrait la preuve même de l'inspiration : seul Dieu connaît l'avenir jusque dans le détail des souffrances[125].

« Il était transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes ; le châtiment qui nous rend la paix est sur lui, et dans ses blessures nous trouvons la guérison. » — Isaïe, chapitre 53, versets 5-7[126]

Le Fils de l'homme de Daniel : la royauté éternelle

Daniel, à Babylone, voit dans une vision nocturne « comme un Fils d'homme » venir sur les nuées du ciel jusqu'au Vieillard : il reçoit « domination, gloire et royauté », et « sa domination est une domination éternelle qui ne passera pas »[127]. Le Christ fait de ce titre son nom préféré dans les évangiles, l'employant des dizaines de fois, et le revendique solennellement devant le grand prêtre : « vous verrez le Fils de l'homme siéger à la droite du Tout-Puissant et venir sur les nuées du ciel », parole qui lui vaut la condamnation pour blasphème[128]. La tradition reçoit Daniel comme l'auteur du livre, au VIe siècle, et le Christ le cite comme « le prophète Daniel », ce qui scelle son autorité[129].

Tableau : les grandes figures et leur accomplissement

Figure de l'Ancien TestamentPassageAccomplissement dans le Christ
Adam, tête de l'humanitéGn 2-3 ; Rm 5, 14Le dernier Adam, tête de l'humanité sauvée (1 Co 15)
Abel, le juste tuéGn 4 ; Mt 23, 35Le Juste dont le sang pardonne (He 12, 24)
Noé et l'archeGn 6-9 ; 1 P 3, 20-21Le baptême qui sauve à travers l'eau
Melchisédech, pain et vinGn 14 ; Ps 110 ; He 7Le sacerdoce éternel et l'Eucharistie
Isaac, le fils uniqueGn 22 ; He 11, 17-19Le Fils bien-aimé offert sur le bois
Joseph, vendu puis exaltéGn 37-50Le rejeté devenu Sauveur des siens
Moïse, le prophèteDt 18, 15 ; Ac 3, 22Le Prophète annoncé, écouté
L'agneau pascalEx 12 ; 1 Co 5, 7L'Agneau de Dieu immolé (Jn 19, 36)
La mer RougeEx 14 ; 1 Co 10, 1-2Le baptême, passage de la mort à la vie
La manneEx 16 ; Jn 6, 49-51Le Pain vivant descendu du ciel
Le rocherEx 17 ; 1 Co 10, 4Le Christ, rocher spirituel
Le serpent d'airainNb 21 ; Jn 3, 14-15Le Fils de l'homme élevé sur la croix
Josué, qui fait entrerJos 3 ; He 4, 8Jésus, qui fait entrer dans le Royaume
David, le roi promis2 S 7 ; Lc 1, 32-33Le Fils de David, roi éternel
Salomon et le Temple1 R 6 ; Jn 2, 19-21Le Temple nouveau, son corps ressuscité
Jonas, trois joursJon 1-2 ; Mt 12, 40La Résurrection au troisième jour
Le ServiteurIs 52-53 ; Ac 8, 32-35Le Christ transpercé pour nos crimes
Le Fils de l'hommeDn 7 ; Mt 26, 64Le Christ en gloire sur les nuées

Comment le Nouveau Testament accomplit les figures

Le Nouveau Testament ne se contente pas de citer l'Ancien : il montre que l'Ancien conduisait à lui. Le soir de Pâques, Jésus ouvre l'intelligence des disciples « à la compréhension des Écritures » et leur montre que « le Christ devait souffrir et ressusciter » selon Moïse, les Prophètes et les Psaumes[130]. À Antioche de Pisidie, Paul annonce que Dieu « a accompli pour les enfants ce qu'il avait promis aux pères » en ressuscitant Jésus[131]. Aux Corinthiens, il résume la foi reçue : le Christ « est mort pour nos péchés conformément aux Écritures, il a été mis au tombeau, il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures »[132].

Le concile Vatican II enseigne que l'économie de l'Ancien Testament était ordonnée par avance à préparer la venue du Christ : les livres anciens, bien que contenant des choses imparfaites et temporaires, témoignent d'une pédagogie divine où Dieu se révèle peu à peu jusqu'à la plénitude[133]. Le Catéchisme ajoute que les chrétiens lisent l'Ancien Testament à la lumière du Christ mort et ressuscité, et que cette lecture typologique « montre l'inépuisable contenu » des Écritures[134][135].

« Le Nouveau Testament est caché dans l'Ancien, l'Ancien est dévoilé dans le Nouveau. » — Saint Augustin, Questions sur l'Heptateuque, II, 73[136]

Cette lecture n'invente rien : elle vérifie. Les apôtres contrôlent chaque figure à l'événement : l'agneau aux os intacts, le psaume du juste abandonné crié sur la croix, Jonas aux trois jours, le rocher frappé, le serpent élevé[137][138]. Et quand la figure annonce un sacrement, l'Église vérifie dans sa vie : la mer Rouge au baptistère, la manne à l'autel, Melchisédech au calice[139][140].

Les Pères, témoins de la lecture typologique

La lecture des figures n'est pas une invention du Moyen Âge : elle est la lecture des premiers chrétiens, face aux juifs et aux païens. Vers 155-160, saint Justin, dans son Dialogue avec Tryphon, montre dans la Loi une figure du Christ : l'agneau pascal, les deux boucs du jour des Expiations, le cantique de Moïse, tout annonce le Sauveur[141]. Vers 180, saint Irénée de Lyon, disciple de Polycarpe qui avait connu Jean, fait de la récapitulation la clé de l'histoire : le Christ reprend Adam, dénoue le nœud d'Ève par Marie, et accomplit en lui tout ce que les patriarches avaient ébauché[142][143].

Vers 160-170, Méliton de Sardes prêche son Homélie sur la Pâque entièrement bâtie sur les figures : Abel tué, Isaac lié, Joseph vendu, Moïse exposé, David persécuté, autant de visages du Christ souffrant[144]. Au IVe siècle, les catéchèses baptismales de Jérusalem et de Milan expliquent aux nouveaux baptisés qu'ils ont traversé la mer Rouge et mangé la manne en recevant le baptême et l'Eucharistie[145]. Saint Augustin ramasse la doctrine en une formule, saint Thomas d'Aquin la fixe en théologie : Dieu, auteur des choses autant que des mots, peut signifier le Christ par les faits eux-mêmes, et ce sens spirituel se fonde toujours sur la lettre[146][147].

Face aux hérétiques qui rejetaient l'Ancien Testament, comme Marcion au IIe siècle, l'Église a tenu ferme : le Dieu de l'Ancien est le Père du Christ, et ses Écritures sont sa parole. Le concile de Trente l'a scellé en recevant tous les livres « en entier avec toutes leurs parties »[148].

L'usage liturgique des figures

La liturgie de l'Église est le lieu où les figures sont priées, pas seulement expliquées. Chaque année, la Vigile pascale déploie sept lectures de l'Ancien Testament qui sont autant de figures de la Résurrection et du baptême : la création, le sacrifice d'Isaac, la mer Rouge, Isaïe, Baruch et Ézéchiel annonçant l'eau pure et l'esprit nouveau, puis l'épître aux Romains sur le baptême et l'évangile de la Résurrection[149]. Les catéchumènes descendent dans l'eau pendant que l'Église chante le cantique de Moïse : ils traversent leur mer Rouge.

Le Canon romain, au centre de la prière eucharistique, nomme trois figures avant d'offrir la victime sainte : « Daigne regarder d'un œil favorable et serein ces offrandes, et les accepter comme tu as daigné accepter les dons de ton serviteur Abel le juste, le sacrifice d'Abraham notre père dans la foi, et celui que t'offrit Melchisédech ton souverain prêtre »[150]. L'Exsultet, le chant de joie de la nuit pascale, ose le cri typologique le plus audacieux : « O bienheureuse faute, qui nous valut un tel Rédempteur », la chute d'Adam devenue occasion d'un plus grand don[151].

Tout le Temps pascal, le lectionnaire fait lire les Actes et l'Apocalypse à la lumière de l'Exode ; tout le Carême, il fait défiler la Genèse et l'Exode vers le baptême des catéchumènes ; les psaumes, priés chaque jour à l'office, chantent le juste souffrant, le roi promis et le temple nouveau[152]. Qui prie avec l'Église respire les figures sans même s'en apercevoir.

Les objections et le débat historico-critique

Reste la question que tout lecteur rencontre : que vaut cette lecture face à l'exégèse moderne, qui date autrement les livres, découpe leurs auteurs et traite les récits comme des légendes ? La question est sérieuse et mérite mieux qu'un haussement d'épaules. L'Église elle-même a ouvert l'étude des genres littéraires et des langues orientales avec Pie XII, et la Commission biblique pontificale juge les méthodes historico-critiques indispensables, tout en rappelant qu'elles restent insuffisantes sans la Tradition vivante[153][154]. Benoît XVI a ajouté que le Jésus de l'histoire et le Christ de la foi sont inséparables, et que l'exégèse doit se faire dans la foi de l'Église[155].

Le présupposé qui décide avant d'examiner

La première chose à voir est que la plupart des redatations modernes reposent sur un présupposé philosophique, non sur une découverte : une prophétie précise étant tenue pour impossible, tout texte qui prédit avec précision est déclaré postérieur à l'événement. Daniel annonce avec exactitude la succession des empires jusqu'à l'époque des Maccabées : il est donc daté du IIe siècle, non du VIe[156]. Isaïe nomme Cyrus deux siècles d'avance : le passage est donc attribué à un second auteur exilique[157]. Ce raisonnement n'est pas une conclusion de la recherche : c'en est la prémisse. Dès l'Antiquité, le philosophe païen Porphyre datait Daniel après les faits pour la même raison, et saint Jérôme lui répondait, vers 407, en défendant le prophète dans son Commentaire sur Daniel[158]. Le débat n'a pas changé de nature en seize siècles : il porte sur la possibilité même que Dieu annonce l'avenir.

Moïse, Isaïe, Daniel : ce que répond la tradition

Sur Moïse, la reconstruction va de Richard Simon en 1678 aux Conjectures d'Astruc en 1753, puis aux Beiträge de de Wette en 1806-1807 et à l'hypothèse documentaire de Wellhausen vers 1878 : le Pentateuque serait un assemblage tardif de quatre sources rédigées entre le Xe et le Ve siècle[159][160]. Mais cette construction reste hypothétique : aucun manuscrit ne montre ces sources séparées, les critères de découpage (noms divins, doublets, styles) se contredisent souvent entre eux, et l'archéologie du Proche-Orient ancien a confirmé à plusieurs reprises des usages juridiques et des coutumes que la théorie jugeait impossibles à l'époque de Moïse. Surtout, elle ne peut rendre compte du témoignage unanime : tradition juive, Nouveau Testament, Pères, liturgie, tous reçoivent Moïse comme l'auteur substantiel de la Loi[161].

Sur Isaïe, la division en deux ou trois auteurs, proposée notamment par Bernhard Duhm dans son commentaire de 1892, fait du chapitre 40 et suivants l'œuvre d'un exilé anonyme consolant les déportés[162]. Mais le grand rouleau d'Isaïe découvert à Qumrân en 1947, copié plus d'un siècle avant Jésus-Christ, présente le livre d'un seul tenant, sans aucune coupure entre les deux parties : le contrôle des grottes n'a montré ni soudure ni auteur double[163]. Et le Nouveau Testament cite indifféremment les deux parties sous le seul nom d'Isaïe[164].

Sur Daniel, la datation au temps des Maccabées se heurte au même contrôle : des fragments de Daniel figurent parmi les manuscrits de Qumrân, et la tradition entière, juive puis chrétienne, reçoit le livre comme prophétique ; le Christ le cite comme prophète, ce qui tranche pour le croyant[165].

Les fragilités de méthode

Au-delà des cas particuliers, la méthode porte des fragilités reconnues. Les datations sont souvent circulaires : on date un texte par une théorie de l'évolution religieuse d'Israël, théorie elle-même construite en datant les textes. L'argument du silence fait preuve de l'absence de preuve : tel roi n'est pas attesté hors la Bible, donc il n'existe pas, jusqu'au jour où une stèle le nomme et où l'objection s'évapore. Les extrapolations bâtissent des siècles d'histoire rédactionnelle sur des fragments de versets. Et la confusion entre possibilité littéraire et preuve historique fait passer une hypothèse ingénieuse pour un résultat acquis. C'est pourquoi l'article ne dit jamais « la recherche a démontré » quand il s'agit d'une reconstruction : il dit « une partie de l'exégèse contemporaine propose », puis il répond.

Le dossier dit du concile de Jamnia, censé avoir fixé le canon juif vers 90 après Jésus-Christ en rejetant les sept livres, relève du même examen : les travaux sur les listes anciennes montrent qu'il n'y a jamais eu de tel concile, et le dossier complet est traité dans Le canon de l'Ancien Testament.

La voie catholique : critique des textes, oui ; dissolution, non

La position catholique tient les deux bouts. D'un côté, l'Église encourage la critique textuelle : établir les manuscrits, comparer les versions, étudier les genres littéraires, éclairer les coutumes. Les manuscrits de la Bible et les manuscrits de Qumrân montrent que ce travail confirme plus souvent le texte reçu qu'il ne l'ébranle[166]. De l'autre, elle refuse la dissolution : quand une méthode conclut nécessairement que Moïse n'a pas écrit, qu'Isaïe est triple, que Daniel est un faux et que Jonas est une fable, ce n'est plus le texte qui parle, c'est le présupposé. Providentissimus Deus l'avait dit en 1893 : il est interdit de restreindre l'inspiration à certaines parties ou de concéder que l'auteur sacré s'est trompé[167]. Vatican II a ouvert les méthodes sans jamais toucher à l'inerrance[168]. Un catholique reste donc parfaitement libre de tenir les datations et attributions traditionnelles : elles sont défendables historiquement, reçues unanimement par la Tradition, et seules cohérentes avec la lecture que le Christ lui-même fait des Écritures[169].

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Première lettre de saint Paul aux Corinthiens, 10, 1-11 : le baptême en Moïse, le rocher qui était le Christ, et les événements arrivés comme des figures. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    1 3 11 17 86 92
  2. Catéchisme de l'Église catholique, § 130 : la typologie discerne dans les œuvres de Dieu de l'Ancien Testament ce qu'il a accompli dans le Christ. Mame-Plon, 1992.

    2 6 135
  3. Évangile selon saint Luc, 24, 13-49 : les disciples d'Emmaüs, Moïse et les Prophètes expliqués, l'intelligence ouverte aux Écritures. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    4 19 20 130
  4. Actes des Apôtres, 8, 26-40 : Philippe et l'eunuque lisant Isaïe, l'annonce de Jésus partant de ce passage. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    5 122
  5. Évangile selon saint Matthieu, 12, 38-42 : le signe de Jonas, trois jours et trois nuits ; plus que Jonas, plus que Salomon. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    7 107 111 115 116 117
  6. Concile Vatican II, constitution dogmatique Dei Verbum, 18 novembre 1965, § 11 : l'inspiration et l'inerrance des Écritures. Texte sur vatican.va.

    8 168
  7. Évangile selon saint Jean, 19, 31-37 : les jambes non brisées afin que l'Écriture s'accomplisse ; le sang et l'eau du côté ouvert. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    9 38 39 82 93 137
  8. Livre de l'Exode, 12, 1-46 : l'agneau sans défaut, le sang sur les portes, aucun os brisé. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    10 78 79
  9. Première lettre de saint Paul aux Corinthiens, 15, 21-22 et 15, 45 : le premier Adam être vivant, le dernier Adam esprit qui donne vie ; la résurrection conformément aux Écritures. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    12 36 132
  10. Évangile selon saint Jean, 1, 29 : voici l'Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    13 80
  11. Évangile selon saint Jean, 6, 32-51 : la manne des pères et le Pain vivant descendu du ciel. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    14 91
  12. Lettre de saint Paul aux Colossiens, 2, 16-17 : l'ombre des choses à venir, la réalité c'est le Christ. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    15
  13. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, I, q. 1, a. 10 : tous les sens de l'Écriture se fondent sur le littéral, Dieu auteur des choses autant que des mots. Édition Léonine.

    16 147
  14. Catéchisme de l'Église catholique, § 120 : la liste des 46 livres de l'Ancien et des 27 du Nouveau Testament. Mame-Plon, 1992.

    18 28
  15. Concile de Trente, session IV, 8 avril 1546, Décret sur les Écritures canoniques : tous les livres reçus en entier avec toutes leurs parties. DS 1501-1505.

    21 148
  16. Concile Vatican I, constitution Dei Filius, 24 avril 1870, ch. 2 : les livres saints écrits sous l'inspiration ont Dieu pour auteur. DS 3006.

    22
  17. Léon XIII, encyclique Providentissimus Deus, 18 novembre 1893 : interdit de restreindre l'inspiration ou de concéder que l'auteur sacré s'est trompé. DS 3291.

    23 167
  18. Évangile selon saint Jean, 5, 45-47 : Moïse a écrit à mon sujet, dit Jésus. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    24
  19. Évangile selon saint Matthieu, 24, 15 : l'abomination de la désolation annoncée par le prophète Daniel. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    25 61 129 165
  20. Commission biblique pontificale, réponse du 27 juin 1906 : Moïse auteur substantiel du Pentateuque. Texte sur vatican.va.

    26 161
  21. Commission biblique pontificale, réponse du 28 juin 1908 : l'unité du livre d'Isaïe contre la division des auteurs. Texte sur vatican.va.

    27 125
  22. Le Siracide (prologue) nomme la Loi, les Prophètes et les autres écrits ; Flavius Josèphe, Contre Apion, I, 8, compte 22 livres reçus. Le dossier complet figure dans l'article jumeau sur le canon.

    29
  23. La Septante, version grecque née à Alexandrie au IIIe-IIe siècle avant Jésus-Christ, Bible des apôtres dont le Nouveau Testament suit le plus souvent la lettre. Voir l'article dédié.

    30
  24. Livre de la Genèse, 2, 7-25 : la formation d'Adam, le jardin, le sommeil et Ève tirée du côté. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    31 37
  25. Lettre de saint Paul aux Romains, 5, 12-21 : par un seul homme le péché et la mort, par un seul la grâce ; Adam figure de celui qui devait venir. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    32 34 35
  26. Pie XII, encyclique Humani Generis, 12 août 1950 : Adam et Ève premiers parents de tout le genre humain, le polygénisme inconciliable avec le péché originel. Texte sur vatican.va.

    33
  27. Lettre de saint Paul aux Philippiens, 2, 6-11 : obéissant jusqu'à la mort, exalté au-dessus de tout. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    40 124
  28. Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, livre III, vers 180 : la récapitulation de toutes choses dans le Christ. Traduction : Sources Chrétiennes, Cerf.

    41 142
  29. Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies, livre III, ch. 22 : Ève vierge désobéissante dénouée par Marie vierge obéissante. Traduction : Sources Chrétiennes, Cerf.

    42 143
  30. Concile Vatican II, constitution Lumen Gentium, 21 novembre 1964, § 56 : Marie la nouvelle Ève, dont l'obéissance dénoue le nœud de la désobéissance. Texte sur vatican.va.

    43
  31. Livre de la Genèse, 4, 1-16 : l'offrande d'Abel regardée par Dieu, le meurtre par Caïn. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    44
  32. Évangile selon saint Matthieu, 23, 35 : depuis le sang d'Abel le juste jusqu'au sang de Zacharie. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    45
  33. Lettre aux Hébreux, 11, 4 et 11, 17-19 : la foi d'Abel qui parle encore, Abraham prêt à offrir Isaac et la préfiguration. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    46 51
  34. Lettre aux Hébreux, 12, 24 : le sang de Jésus qui parle plus fort que celui d'Abel. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    47
  35. Missel romain, Prière eucharistique I (Canon romain), Supra quae : les dons d'Abel le juste, le sacrifice d'Abraham, l'offrande de Melchisédech. Editio typica, 2002.

    48 72 140 150
  36. Livre de la Genèse, 22, 1-19 : le sacrifice d'Isaac sur Moriya, le bois porté, le bélier substitué. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    49 50 52
  37. Méliton de Sardes, Homélie sur la Pâque, vers 160-170 : Abel tué, Isaac lié, Joseph vendu, Moïse exposé, figures du Seigneur. Traduction : Sources Chrétiennes, Cerf.

    53 59 144
  38. Livre de la Genèse, 37, 12-36 : Joseph jeté dans la citerne et vendu pour vingt pièces d'argent. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    54
  39. Livre de la Genèse, 50, 15-21 : le mal médité tourné en bien pour sauver la vie d'un grand peuple. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    55 56 57
  40. Actes des Apôtres, 7, 9-16 : Étienne raconte Joseph rejeté puis établi chef par Dieu. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    58
  41. Livre de la Genèse, 6, 5-22 : la corruption de la terre, Noé trouve grâce, l'ordre de l'arche. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    60
  42. Première lettre de saint Pierre, 3, 18-22 : les huit sauvés à travers l'eau, figure du baptême qui sauve. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    62
  43. Missel romain, Vigile pascale : les sept lectures de l'Ancien Testament et la bénédiction de l'eau baptismale rappelant le Déluge et la mer Rouge. Editio typica, 2002.

    63 87 139 149
  44. Livre de la Genèse, 9, 1-17 : l'alliance avec Noé, l'arc-en-ciel, le commandement renouvelé. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    64 65
  45. Livre de la Genèse, 14, 18-20 : Melchisédech roi de Salem apportant le pain et le vin, la dîme d'Abraham. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    66
  46. Lettre aux Hébreux, 7, 1-28 : Melchisédech sans père ni mère, la dîme de Lévi en Abraham, le sacerdoce éternel. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    67 70 71
  47. Psaume 110, 1-4 : le Seigneur à la droite, prêtre à jamais selon l'ordre de Melchisédech. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    68
  48. Évangile selon saint Matthieu, 22, 41-45 : le Messie fils et Seigneur de David, d'après le psaume 110. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    69 104
  49. Livre du Deutéronome, 18, 15-19 : le prophète comme Moïse que le Seigneur suscitera. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    73
  50. Actes des Apôtres, 3, 22-26 : Pierre applique à Jésus la promesse du prophète comme Moïse. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    74
  51. Livre de l'Exode, 2, 1-10 : l'enfant Moïse sauvé des eaux et échappant à l'ordre de Pharaon. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    75
  52. Évangile selon saint Matthieu, 2, 13-18 : la fuite en Égypte et le massacre des innocents. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    76
  53. Évangile selon saint Matthieu, 5, 1-12 : le discours sur la montagne, la loi nouvelle. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    77
  54. Première lettre de saint Paul aux Corinthiens, 5, 7 : notre Pâque, le Christ, a été immolée. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    81
  55. Livre de l'Apocalypse, 5, 6-14 : l'Agneau debout comme égorgé, adoré par toute la création. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    83
  56. Saint Justin, Dialogue avec Tryphon, vers 155-160 : le mystère de l'agneau pascal comme type du Christ. Traduction : Sources Chrétiennes, Cerf.

    84 141
  57. Livre de l'Exode, 14, 15-31 : le passage de la mer à pied sec et l'armée engloutie. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    85
  58. Psaume 74, 12-17 : Dieu brisant les têtes du dragon sur les eaux. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    88
  59. Livre de l'Exode, 16, 1-36 : la manne descendue du ciel pour nourrir Israël. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    89
  60. Livre de l'Exode, 17, 1-7 : Moïse frappe le rocher et l'eau en jaillit. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    90
  61. Livre des Nombres, 21, 4-9 : le serpent d'airain élevé, quiconque le regarde reste en vie. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    94
  62. Évangile selon saint Jean, 3, 14-16 : le serpent élevé par Moïse et le Fils de l'homme élevé. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    95 96 97
  63. Livre de Josué, 3, 14-17 : le passage du Jourdain à pied sec comme la mer. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    98
  64. Lettre aux Hébreux, 4, 1-11 : Josué n'ayant pas donné le repos, un autre jour demeure. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    99 100
  65. Deuxième livre de Samuel, 7, 8-16 : la maison de David affermie pour toujours. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    101
  66. Évangile selon saint Luc, 1, 32-33 : le trône de David donné pour un règne sans fin. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    102
  67. Évangile selon saint Matthieu, 21, 9 : Hosanna au Fils de David. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    103
  68. Deuxième livre de Samuel, 15, 13-30 : David fuyant devant Absalom et pleurant sur la montagne. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    105
  69. Premier livre des Rois, 6, 1-38 : Salomon bâtit le Temple, maison de Dieu. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    106
  70. Évangile selon saint Jean, 2, 19-22 : détruisez ce sanctuaire, le sanctuaire de son corps. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    108
  71. Évangile selon saint Matthieu, 27, 50-54 : le voile du Temple déchiré, le centurion et la confession. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    109 138
  72. Lettre de saint Paul aux Éphésiens, 2, 19-22 : l'Église temple saint dans le Seigneur. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    110
  73. Livre de Jonas, 1, 1-16 : la fuite, la tempête, Jonas jeté à la mer pour sauver l'équipage. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    112 118 119
  74. Livre de Jonas, 2, 1-11 : trois jours et trois nuits dans le poisson, la prière de l'abîme. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    113
  75. Le Christ fait du signe de Jonas le signe de sa résurrection (Mt 12, 40) : l'Église y tient le fait historique, car le signe suppose le fait.

    114
  76. Livre d'Isaïe, 52, 13 à 53, 12 : le Serviteur transpercé pour nos crimes, la brebis à l'abattoir, le tombeau avec les riches. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    120 121 126
  77. Première lettre de saint Pierre, 2, 21-25 : le Christ portant nos péchés sur le bois, par ses blessures guéris. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    123
  78. Livre de Daniel, 7, 9-14 : le Fils d'homme venant sur les nuées, la royauté éternelle. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    127 156
  79. Évangile selon saint Matthieu, 26, 64 : le Fils de l'homme siégeant à la droite du Tout-Puissant. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    128
  80. Actes des Apôtres, 13, 16-41 : Paul à Antioche de Pisidie, la promesse faite aux pères accomplie pour les enfants. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    131
  81. Concile Vatican II, constitution dogmatique Dei Verbum, 18 novembre 1965, § 14-16 : l'économie de l'Ancien Testament ordonnée à préparer la venue du Christ. Texte sur vatican.va.

    133
  82. Catéchisme de l'Église catholique, § 128-130 : l'unité des deux Testaments, le Nouveau caché dans l'Ancien, et la typologie qui en montre l'inépuisable contenu. Mame-Plon, 1992.

    134
  83. Saint Augustin, Questions sur l'Heptateuque, II, 73 : le Nouveau caché dans l'Ancien, l'Ancien dévoilé dans le Nouveau. Traduction : Sources Chrétiennes, Cerf.

    136 146
  84. Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèses mystagogiques, et saint Ambroise, Des sacrements, IVe siècle : la mer Rouge et la manne expliquées aux nouveaux baptisés. Traductions : Sources Chrétiennes, Cerf.

    145
  85. Missel romain, Vigile pascale, annonce pascale (Exsultet) : O bienheureuse faute qui nous valut un tel Rédempteur. Editio typica, 2002.

    151
  86. Liturgie des Heures, 1971-1972 : le psautier réparti sur quatre semaines, les psaumes du juste souffrant et du roi promis priés dans le Christ. Typis Polyglottis Vaticanis.

    152
  87. Pie XII, encyclique Divino Afflante Spiritu, 30 septembre 1943 : l'étude des genres littéraires et des langues orientales au service de l'exégèse. Texte sur vatican.va.

    153
  88. Commission biblique pontificale, L'interprétation de la Bible dans l'Église, 1993 : les méthodes historico-critiques indispensables mais insuffisantes sans la Tradition vivante. Texte sur vatican.va.

    154 166
  89. Benoît XVI, exhortation apostolique Verbum Domini, 30 septembre 2010 : l'exégèse dans la foi de l'Église, le Jésus de l'histoire et le Christ de la foi inséparables. Texte sur vatican.va.

    155 169
  90. Livre d'Isaïe, 45, 1-7 : Cyrus nommé par son nom, l'oint du Seigneur. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    157
  91. Saint Jérôme, Commentaire sur Daniel, prologue et livre I, vers 407 : réponse à Porphyre, défense du prophète contre la datation tardive. Texte latin : Sources Chrétiennes, Cerf.

    158
  92. Julius Wellhausen, Prolegomena zur Geschichte Israels, 1878 : l'hypothèse documentaire des quatre sources du Pentateuque. Ouvrage princeps.

    159
  93. Wilhelm de Wette, Beiträge zur Einleitung in das Alte Testament, 1806-1807 : le Deutéronome identifié au livre retrouvé sous Josias. Ouvrage princeps.

    160
  94. Bernhard Duhm, commentaire Das Buch Jesaia, Göttingen, 1892 : la division du livre entre plusieurs auteurs exiliques. Ouvrage princeps.

    162
  95. Le grand rouleau d'Isaïe (1QIs-a), découvert à Qumrân en 1947, copié plus d'un siècle avant Jésus-Christ : le livre d'un seul tenant, sans coupure. Voir l'article sur les manuscrits de Qumrân.

    163
  96. Évangile selon saint Jean, 12, 37-41 : citation d'Isaïe 53 et 6 sous le seul nom d'Isaïe. Traduction liturgique de l'AELF, sur aelf.org.

    164