Vigile pascale (nuit de Pâques)

La Vigile pascale est la grande veillée de la nuit de Pâques, « mère de toutes les saintes veillées » selon saint Augustin : feu nouveau et cierge pascal, lecture de l'histoire du salut, baptêmes et première messe de la Résurrection. Origines, déroulement et sens.

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La Vigile pascale est la veillée que l'Église catholique célèbre dans la nuit du Samedi saint au dimanche de Pâques, pour attendre dans la prière la résurrection du Christ et la célébrer dans les sacrements. Saint Augustin l'appelait déjà « la mère de toutes les saintes veillées »[1] ; les normes liturgiques en font le centre du Triduum pascal[2]. Ce n'est pas une messe du samedi soir : elle appartient tout entière à la nuit de Pâques, commence après la tombée de la nuit et s'achève avant l'aube du dimanche[3].

Elle se déroule en quatre temps : la liturgie de la lumière, avec le feu nouveau, le cierge pascal et le chant de l'Exsultet ; la liturgie de la Parole, qui parcourt en sept lectures de l'Ancien Testament toute l'histoire du salut ; la liturgie baptismale ; la liturgie eucharistique, première messe de Pâques[4]. Les chrétiens la célébraient dès le IIᵉ siècle en veillant « jusqu'au chant du coq »[5], et elle fut, dès l'origine, la grande nuit des baptêmes.

Au Moyen Âge, la célébration glissa du soir vers le samedi matin, « non sans détriment pour le symbolisme originel », constate le décret de 1951[6]. Pie XII la rendit à la nuit, d'abord à titre d'essai en 1951, avant de restaurer toute la Semaine sainte en 1955 ; le Missel de Paul VI lui a donné sa forme actuelle.

Elle reste aujourd'hui la nuit où l'Église enfante de nouveaux chrétiens : en France, 13 234 adultes ont été baptisés à Pâques 2026, trois fois plus qu'en 2016[7]. L'Exsultet dit en une phrase ce que toute la nuit annonce : « Voici la nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, s'est relevé, victorieux, du séjour des morts[8]. »

Qu'est-ce que la Vigile pascale ?

Les quatre parties de la célébration, d’après le Missel romain et Paschalis sollemnitatis, n. 81. — Schéma explicatif, illustration originale IA.

Le mot latin vigilia désigne la veille, le temps que l'on passe éveillé quand les autres dorment. La Vigile pascale n'est pourtant pas une simple veillée de prière avant une fête : c'est la célébration même de la Résurrection, faite au cœur de la nuit où elle s'est accomplie. Tout, dans son nom, son heure et ses rites, dit une attente qui devient une présence.

Une veillée qui appartient déjà au jour de Pâques

La lettre circulaire Paschalis sollemnitatis de la Congrégation pour le culte divin (1988) demande expressément de ne pas présenter la Vigile « comme le dernier moment du Samedi saint », mais de dire qu'elle est célébrée « dans la nuit de Pâques », et « comme un seul acte de culte »[9]. Saint Augustin l'expliquait déjà à ses fidèles d'Hippone : depuis le péché, les jours se comptent à partir de la nuit qui les précède, et la nuit où le Seigneur est ressuscité appartient donc au dimanche.

« Ainsi c'est le souvenir de cette nuit faisant la première partie du dimanche suivant, que nous solennisons en ce moment ; c'est durant la nuit où le Seigneur est ressuscité, que nous veillons. » — Saint Augustin, Sermon 221, pour la veillée de Pâques[10]

Conséquence pratique : la messe de la Vigile est déjà la messe de Pâques, et celui qui y participe satisfait au précepte dominical, puisque le Code de droit canonique tient pour valable la participation à la messe célébrée « le jour de fête lui-même ou le soir du jour précédent »[11].

La Vigile pascale occupe aussi une place unique dans le calendrier. La réforme de 1969 a supprimé l'ancienne notion médiévale de « vigile », qui désignait un jour de pénitence précédant une fête ; elle n'a gardé qu'une exception, la Vigile pascale, qui « doit être célébrée au cours de la nuit très sainte »[12]. Les autres « messes de la vigile » que prévoyait ce calendrier (Noël, Pentecôte, Nativité de saint Jean-Baptiste, saints Pierre et Paul, Assomption) sont des messes du soir, célébrées la veille de ces solennités.

« Mère de toutes les saintes veillées »

Saint Augustin, auteur de la formule « mère de toutes les saintes veillées ». Tableau de Philippe de Champaigne, XVIIᵉ siècle, LACMA — Philippe de Champaigne, Wikimedia Commons, domaine public.

La formule la plus célèbre sur cette nuit vient d'un sermon qu'Augustin prononça devant sa communauté d'Hippone, au début du Vᵉ siècle, pendant la veillée elle-même.

« Avec quel empressement ne devons-nous donc pas observer cette veillée, laquelle est comme la mère de toutes les autres, puisque le monde entier est sur pied ? » — Saint Augustin, Sermon 219, pour la veillée de Pâques[13]

L'Église a fait sienne cette expression. Le décret de 1951 qui rendit la Vigile à la nuit s'ouvre sur elle ; les Normes universelles de l'année liturgique (1969) et la lettre Paschalis sollemnitatis la reprennent pour définir la célébration[14][15].

« Depuis les temps les plus reculés, cette nuit est « une veille en l'honneur du Seigneur », et la veillée célébrée cette nuit, en commémorant la nuit sainte où le Seigneur est ressuscité, est tenue pour « la mère de toutes les saintes veillées ». Car dans cette nuit, l'Église veille dans l'attente de la résurrection du Seigneur et elle la célèbre par les sacrements de l'initiation chrétienne. » — Congrégation pour le culte divin, Paschalis sollemnitatis, n. 77, 16 janvier 1988[16]

Le pape Léon XIV, célébrant sa première Vigile pascale à Saint-Pierre le 4 avril 2026, l'a présentée comme « une veillée lumineuse, la plus ancienne de la tradition chrétienne appelée "mère de toutes les veillées" »[17].

Une règle stricte : toute la célébration se déroule de nuit

Les Normes universelles de 1969 fixent la règle en une phrase : toute la célébration de la Vigile « doit se dérouler de nuit, de sorte qu'elle commence après le début de la nuit et s'achève avant l'aube du dimanche »[18]. La lettre de 1988 la précise sans laisser de place à l'interprétation.

« La Veillée pascale se célèbre entièrement de nuit : elle ne peut commencer qu'après la tombée de la nuit ; elle doit être achevée avant l'aube du dimanche. Cette règle doit être interprétée strictement. Les abus contraires et les coutumes introduites ici ou là qui font célébrer la Veillée pascale aux heures où l'on célèbre d'habitude les messes dominicales anticipées, sont réprouvés. » — Congrégation pour le culte divin, Paschalis sollemnitatis, n. 78[19]

La même lettre ajoute que les raisons parfois avancées pour avancer l'heure, comme « l'insécurité publique », ne valent pas davantage que pour la nuit de Noël[20]. L'exigence n'est pas un caprice de rubriciste : la nuit fait partie du signe. On attend le Christ dans l'obscurité pour le voir se lever avec le jour, comme les femmes qui vinrent au tombeau « de grand matin », alors que « c'était encore les ténèbres » (Jn 20, 1)[21]. Les étapes qui ont conduit à cette règle, et les siècles où elle fut perdue, sont racontées plus bas.

La place de la Vigile dans le Triduum pascal

La Vigile est le sommet d'un ensemble de trois jours que la liturgie appelle le Triduum pascal. Selon les Normes universelles, ce Triduum « commence à la messe vespérale de la Cène du Seigneur, a son centre dans la Vigile pascale et s'achève avec les vêpres du dimanche de la Résurrection »[22]. Le jeûne pascal, obligatoire le Vendredi saint, se prolonge, « selon l'opportunité », « le Samedi saint jusqu'à la Vigile pascale »[23] ; la lettre de 1988 le conseille, « pour que l'Église parvienne avec un cœur élevé et ouvert aux joies du dimanche de la Résurrection »[24].

La vue d'ensemble de ces trois jours, avec le Jeudi saint et le Vendredi saint, est présentée dans l'article Le Triduum pascal ; le jour qui précède la Vigile, silencieux et sans messe, fait l'objet de l'article Samedi saint, et la solennité qu'elle inaugure, de l'article Pâques. Le présent article entre dans le détail de la seule nuit pascale.

Une nuit annoncée depuis l'Exode

La Vigile chrétienne ne naît pas de rien. Elle accomplit une nuit que le peuple d'Israël gardait depuis la sortie d'Égypte, et que la Tradition juive avait déjà méditée comme le point de rencontre de toute l'histoire du salut.

« Une nuit de veille pour le Seigneur »

Le livre de l'Exode, après le récit de la dixième plaie et du départ d'Égypte, donne à cette nuit un nom qui deviendra celui de la Vigile.

« Ce fut une nuit de veille pour le Seigneur, quand il fit sortir d'Égypte les fils d'Israël ; ce doit être pour eux, de génération en génération, une nuit de veille en l'honneur du Seigneur. » — Exode 12, 42 (traduction liturgique AELF)[25]

Cette nuit est un événement : Dieu a réellement tiré son peuple d'Égypte par la main de Moïse, et Israël a fait mémoire de cette délivrance d'année en année. La lettre de 1988 voit dans cette veillée la figure de la nôtre : la nuit que les Hébreux « passèrent en attendant toute la nuit le passage du Seigneur » a été reprise par eux comme un mémorial annuel, et « elle était la préfiguration de la vraie Pâque du Christ, de la nuit de la véritable libération »[26]. L'Exsultet le chante en toutes lettres : « Car voici la fête de la Pâque dans laquelle est mis à mort l'Agneau véritable dont le sang consacre les portes des croyants[27]. » Sur la Pâque d'Israël elle-même, voir L'Exode et Le judaïsme.

Le « Poème des quatre nuits »

Dans les synagogues de l'Antiquité, la lecture de la Torah hébraïque s'accompagnait d'une paraphrase en araméen, le Targum. Le Targum dit Neofiti commente Exode 12, 42 par un poème qui rassemble en une seule nuit toutes les interventions de Dieu dans l'histoire. Le bibliste spiritain Roger Le Déaut lui a consacré une étude devenue classique, La Nuit pascale (Rome, 1963)[28].

« Quatre nuits sont inscrites dans le Livre des Mémoires. La première nuit, quand le Seigneur se révéla sur le monde pour le créer […] et la Parole du Seigneur était la Lumière, et elle brillait. La deuxième nuit, quand le Seigneur se révéla à Abram […] ; et Isaac avait trente-sept ans lorsqu'il fut offert sur l'autel. La troisième nuit, quand le Seigneur se révéla contre les Égyptiens au milieu de la nuit […]. La quatrième nuit, quand le monde atteindra le temps fixé pour être racheté […]. C'est la nuit de la Pâque pour le nom du Seigneur : une nuit réservée et fixée pour la rédemption de tout Israël, au long de leurs générations. » — Targum Neofiti sur Exode 12, 42, traduction Ignispedia d'après M. McNamara[29]

Le poème des quatre nuits (Targum Neofiti, Ex 12, 42) et sa lecture chrétienne. — Schéma explicatif, illustration originale IA.

La correspondance avec la liturgie chrétienne saute aux yeux. La veillée pascale de Jérusalem, au début du Vᵉ siècle, ouvrait sa série de lectures par la création (Gn 1–3), le sacrifice d'Isaac (Gn 22) et la Pâque d'Égypte (Ex 12) : les trois premières nuits du poème, dans le même ordre[30]. Le Missel romain actuel commence encore par la création, le sacrifice d'Abraham et le passage de la mer Rouge[31]. Un dominicain français, prêchant la Vigile de 2014 sur ce poème, en tirait la conclusion que la liturgie chrétienne rend visible : « Ce soir, à la lumière de Jésus-Christ, ces quatre nuits n'en font qu'une seule, unique et incomparable[32]. »

La quatrième nuit : l'attente du Messie

La quatrième nuit du poème est celle de la rédemption finale, où le Messie doit paraître. Pour les chrétiens, elle a trouvé son centre dans la nuit où le Christ est ressorti vivant du tombeau, et elle garde une part d'attente : celle de son retour. Saint Jérôme, commentant la parabole des vierges qui veillent (Mt 25, 6), rapporte comment cette attente juive s'était prolongée dans l'usage de l'Église.

« C'est une tradition des Juifs que le Christ viendra au milieu de la nuit, à la ressemblance du temps de l'Égypte, quand fut célébrée la Pâque […]. D'où je pense que s'est maintenue aussi la tradition apostolique de ne pas renvoyer le peuple, le jour des vigiles de Pâques, avant le milieu de la nuit, dans l'attente de l'avènement du Christ ; et, une fois ce temps passé, tous, rassurés, célèbrent le jour de fête. » — Saint Jérôme, Commentaire sur Matthieu, IV, sur Mt 25, 6 (398)[33]

Un siècle plus tôt, le rhéteur Lactance écrivait déjà : « Voici la nuit que nous célébrons en veillant, à cause de l'avènement de notre Roi et Dieu »[34] — un témoignage sur la veillée que l'on retient seul, car le même livre décrit par ailleurs un règne terrestre et visible du Christ que l'Église a écarté sous le nom de millénarisme (CEC 676). La lettre de 1988 garde cette dimension sans rien lui ajouter : la Vigile « est en même temps une veillée d'attente de la venue du Seigneur »[35]. L'Église n'y fixe aucune date : elle garde la lampe allumée, comme les serviteurs de l'Évangile qui attendent leur maître (Lc 12, 35), sur le retour glorieux du Christ dont nul ne connaît le jour.

Les premiers siècles : la veillée des origines

Les témoins des IIᵉ–Vᵉ siècles étudiés dans cette section. Carte de repérage ; architectures évoquées librement. — Schéma explicatif, illustration originale IA.

Aucun texte du Nouveau Testament ne décrit la Vigile, mais les plus anciens témoignages chrétiens hors de l'Écriture attestent une veillée nocturne de jeûne, de lectures et de prière : l'Épître des Apôtres (Asie Mineure, vers 160), Tertullien (Carthage, début du IIIᵉ siècle), la Didascalie (Syrie, IIIᵉ siècle) et la Tradition apostolique (milieu romain, attribution et date discutées). Mais ces témoins ne disent pas tous la même chose : l'Épître des Apôtres décrit une veille « jusqu'au chant du coq » suivie de la mémoire eucharistique et de l'agapè, sans mention du baptême, et la Didascalie fait veiller jusqu'à la troisième heure de la nuit avant le repas de la Résurrection, sans décrire la séquence du baptême au chant du coq.

Veiller jusqu'au chant du coq (IIᵉ siècle)

Le plus ancien témoignage est un écrit apocryphe, l'Épître des Apôtres, composée selon son éditeur Carl Schmidt vers 160 en Asie Mineure[36]. Ce n'est pas un texte inspiré, mais un témoin précieux de la pratique : le Christ ressuscité y annonce aux apôtres qu'à la Pâque l'un d'eux sera en prison, et qu'un ange le délivrera pour qu'il puisse veiller avec les autres.

« Faites mémoire de ma mort. Lorsque viendra la Pâque, l'un de vous sera jeté en prison à cause de mon nom […]. Il viendra vers vous et veillera avec vous jusqu'au chant du coq. Et quand vous aurez accompli la mémoire que l'on fait de moi, et l'agapè, il sera de nouveau jeté en prison. » — Épître des Apôtres, ch. 15, traduction Ignispedia d'après M. R. James[37]

La structure de la Vigile est déjà là : une veille de nuit, puis, au chant du coq, la « mémoire » du Seigneur, c'est-à-dire l'eucharistie. Vers la même époque, l'évêque Méliton de Sardes consacrait à la fête une homélie restée célèbre, Sur la Pâque[38] (voir Méliton de Sardes).

Tertullien : la nuit qu'on passe hors de chez soi

À Carthage, au début du IIIᵉ siècle, Tertullien met en garde une chrétienne contre un mariage avec un païen. Parmi les difficultés qu'il énumère, il y a celle-ci : quel mari incroyant supportera que sa femme passe toute la nuit dehors, à l'église, pour la fête de Pâques ?

« Qui souffrirait qu'elle s'arrachât la nuit de ses côtés pour assister aux assemblées de la nuit, lorsque la nécessité l'exigera ? Qui la verra d'un œil tranquille découcher à la solennité paschale ? » — Tertullien, À sa femme, II, 4 (trad. E.-A. de Genoude)[39]

Le même Tertullien atteste que Pâques est déjà le jour privilégié du baptême : « Le jour solennel du baptême, c'est le jour de Pâque, lorsqu'est accomplie la passion du Sauveur dans lequel nous sommes baptisés. » Il ajoute aussitôt que la Pentecôte convient aussi, et qu'au fond « toutes les heures, tous les temps sont propres au baptême ; si la solennité importe, la grâce du sacrement ne diffère pas »[40]. La préparation elle-même se fait « par des prières fréquentes, par des jeûnes, par des génuflexions, par des veilles »[41].

La Didascalie : jeûner, veiller, lire les prophètes

En Syrie, au IIIᵉ siècle, la Didascalie des Apôtres règle minutieusement la semaine de Pâques. Le jeûne devient total le vendredi et le samedi, puis la communauté passe la nuit en prière jusqu'à l'annonce de la Résurrection.

« Réunissez-vous ensemble, ne dormez pas, veillez toute la nuit dans les prières, les supplications, la lecture des prophètes, de l'Évangile et des psaumes, dans la crainte, le tremblement et les supplications continuelles jusqu'à trois heures de la nuit qui suit le samedi, c'est alors que vous cesserez votre jeûne. » — Didascalie des Apôtres, ch. 21 (trad. F. Nau, 1902)[42]

La fin du passage donne la tonalité de la nuit : après la veille, « offrez alors vos présents, et ensuite mangez, soyez heureux, joyeux et contents, parce que le Messie, gage de votre résurrection, est ressuscité »[43].

La Tradition apostolique : le baptême au chant du coq

La Tradition apostolique, règlement liturgique attribué par la tradition à saint Hippolyte de Rome (attribution et date aujourd'hui discutées par les historiens), décrit la nuit des candidats au baptême[44]. Exorcisés chaque jour depuis leur admission, ils jeûnent le vendredi et le samedi, reçoivent de l'évêque un dernier exorcisme, puis veillent jusqu'au bain baptismal.

« Ils passeront la nuit à veiller, à lire les Écritures et à faire des instructions. […] Au chant du coq, les candidats s'approcheront des eaux, qui doivent être courantes et pures. » — Tradition apostolique, ch. 20-21 (trad. A. Hamman)[45]

Le traducteur anglais B. S. Easton précise en note que le dernier choix des candidats se faisait « le jeudi avant Pâques »[46]. Veille, lecture, baptême à l'aube, eucharistie : la trame de la Vigile est complète dès cette époque.

Jérusalem au IVᵉ siècle : Égérie et les douze lectures

Vers 381-384, une pèlerine venue d'Occident, Égérie, décrit la Semaine sainte de Jérusalem. Arrivée à la veillée pascale, elle note avec simplicité que tout se passe « comme chez nous », à une différence près : les nouveaux baptisés sont conduits au tombeau du Christ.

« Les vigiles pascales se font comme chez nous ; une seule chose s'ajoute ici : les enfants, quand ils ont été baptisés et revêtus, dès qu'ils sortent de la fontaine, sont d'abord conduits avec l'évêque à l'Anastasis. » — Égérie, Journal de voyage, 38, 1, traduction Ignispedia[47]

La coupole actuelle de l’Anastasis, au Saint-Sépulcre, photographiée en 2011 — Guillaume Paumier, Wikimedia Commons, CC BY 3.0.

Les « enfants » (infantes) sont ici les nouveaux baptisés, quel que soit leur âge. L'Anastasis, la rotonde bâtie sur le tombeau du Christ (voir basilique du Saint-Sépulcre), accueille d'abord ces néophytes ; puis l'évêque revient avec eux à la grande église où le peuple veille, et l'on célèbre l'eucharistie[48].

Quelques décennies plus tard, le lectionnaire arménien de Jérusalem, qui reflète la liturgie de la Ville sainte entre 417 et 439, décrit la veillée en détail : le samedi soir, on allume un flambeau dans l'Anastasis, l'évêque allume trois cierges, puis les diacres et toute l'assemblée ; on monte ensuite à la grande église pour les « vigiles de la sainte Pâque », avec douze lectures accompagnées de psaumes, de la création (Gn 1–3) jusqu'aux trois jeunes gens dans la fournaise (Dn 3)[49]. Au siècle précédent déjà, l'évêque de la ville, saint Cyrille de Jérusalem, préparait les catéchumènes à cette nuit-là.

« Puisse Dieu vous montrer enfin cette nuit, dont les ténèbres brillent comme le jour, et dont il est dit : Les ténèbres ne te seront pas cachées, et la nuit brillera comme le jour. Alors puisse s'ouvrir la porte du Paradis à chacun d'entre vous, hommes et femmes. » — Saint Cyrille de Jérusalem, Procatéchèse, 15, traduction Ignispedia[50]

Constantin : une nuit plus lumineuse que le jour

La paix de l'Église donna à la veillée un éclat public. L'historien Eusèbe de Césarée rapporte que l'empereur Constantin redoublait de ferveur pour la fête de Pâques.

« Il changea aussi la sainte veillée nocturne en une clarté semblable à celle du jour, en faisant allumer par toute la ville des cierges de cire d'une grande longueur ; des torches, en outre, répandaient partout leur lumière, si bien que cette veillée mystique brillait d'une splendeur plus éclatante que celle du jour. » — Eusèbe de Césarée, Vie de Constantin, IV, 22, traduction Ignispedia[51]

L’octogone du baptistère du Latran, dans son décor actuel — Sailko, Wikimedia Commons, CC BY 3.0.

Ces « colonnes de cire » annoncent le cierge pascal. Leur symbolisme propre, cire, mèche et flamme, est étudié dans l'article Le symbolisme des cierges.

Saint Augustin, prédicateur de la nuit sainte

Saint Augustin a abondamment prêché sur cette nuit sainte. Plusieurs de ses sermons, numérotés 219 à 223 dans l'édition bénédictine, ont été prononcés pendant la veillée elle-même, devant une assemblée qui venait d'entendre les lectures et attendait les baptêmes[52]. Il y explique d'abord pourquoi cette veillée l'emporte sur toutes les autres, puis ce qu'il faut y faire.

« Veillons donc et prions, afin de sanctifier cette nuit extérieurement et intérieurement. Que Dieu nous parle en nous faisant lire sa parole ; parlons à Dieu en lui adressant nos prières. Si nous entendons avec soumission sa parole, c'est qu'habite en nous Celui vers qui s'élèvent nos supplications. » — Saint Augustin, Sermon 219[53]

Dans le sermon suivant, il répond à une objection simple : pourquoi célébrer chaque année un événement arrivé une seule fois ? Sa réponse est la plus belle définition de la mémoire liturgique : « La réalité montre l'événement tel qu'il s'est fait ; la solennité, sans l'accomplir, mais en en renouvelant la mémoire, ne laisse point passer ce qui est passé[54]. » Et il achève un autre sermon sur une formule que l'Église n'a jamais oubliée.

« Jésus-Christ ne s'est-il pas endormi pour nous obtenir de veiller, comme il est mort pour nous obtenir de vivre ? » — Saint Augustin, Sermon 221[55]

Une nuit réservée au baptême

À la fin du IVᵉ siècle, la discipline romaine réserve le baptême solennel à la Pâque « avec sa Pentecôte ». Répondant en 385 à l'évêque Himère de Tarragone, le pape saint Sirice précise que ce sont, dans toute l'année, les seuls jours où l'on baptise ceux qui viennent à la foi, après au moins quarante jours de préparation par les exorcismes, la prière quotidienne et le jeûne ; il ordonne pourtant de baptiser sans délai les petits enfants et les personnes en danger, sans rien retirer au « respect sacré qui s'attache à Pâques »[56] (le contexte de cette lettre, qui visait les baptêmes donnés à l'Épiphanie, est présenté dans l'article Épiphanie). Huit siècles plus tard, saint Thomas d'Aquin en donne la raison.

« C'est pourquoi le baptême solennel est conféré dans l'Église durant la veillée pascale, quand on commémore l'ensevelissement du Seigneur et sa résurrection, et c'est pourquoi c'est après sa résurrection que le Seigneur a donné à ses disciples le précepte de baptiser. » — Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, III, q. 66, a. 10, ad 1[57]

Voici ces premiers témoins, du plus ancien au plus récent.

  1. vers 160
    L'Épître des Apôtres

    Un apocryphe d'Asie Mineure décrit la veille de Pâques « jusqu'au chant du coq », suivie de la mémoire eucharistique et de l'agapè.

  2. début du IIIᵉ siècle
    Tertullien à Carthage

    La nuit des « solennités pascales » éloigne les chrétiennes de chez elles ; Pâques est le jour le plus solennel du baptême.

  3. IIIᵉ siècle
    La Didascalie des Apôtres

    En Syrie, jeûne total le vendredi et le samedi, veille de toute la nuit avec la lecture des prophètes, de l'Évangile et des psaumes.

  4. 306-337
    Constantin illumine la nuit

    Selon Eusèbe, l'empereur fait allumer dans toute la ville des cierges et des torches : la veillée devient plus claire que le jour.

  5. vers 381-384
    Égérie à Jérusalem

    Les vigiles pascales se font « comme chez nous » ; les néophytes sont conduits avec l'évêque au tombeau du Christ.

  6. 385
    Le pape Sirice

    Lettre à Himère de Tarragone : la Pâque, « avec sa Pentecôte », est le seul temps du baptême solennel.

  7. début du Vᵉ siècle
    Les sermons d'Augustin

    À Hippone, Augustin prêche pendant la veillée la « mère de toutes les saintes veillées ».

  8. 417-439
    Le lectionnaire de Jérusalem

    Feu allumé à l'Anastasis, douze lectures de la création aux trois jeunes gens dans la fournaise, entrée des nouveaux baptisés au milieu de la nuit.

Du cierge à l'Exsultet : la formation du rite

Entre le IVᵉ et le XIIᵉ siècle, la veillée des origines se couvre des rites que nous connaissons : le cierge pascal et sa louange chantée, le feu nouveau, les grandes lectures. Chaque élément a une histoire propre, souvent née hors de Rome avant d'y être reçue.

La louange du cierge

Dès la fin du IVᵉ siècle, le diacre chantait en plusieurs Églises d'Occident une « louange du cierge » (laus cerei). En 384, un diacre de Plaisance, Praesidius, demanda à saint Jérôme d'en composer une ; l'authenticité de la réponse de Jérôme, contestée par Mgr Duchesne, a été défendue par Dom Germain Morin[58]. Saint Augustin, dans La Cité de Dieu (XV, 22), cite en passant les vers qu'il avait lui-même écrits « à la louange d'un cierge », et l'évêque Ennode de Pavie (473-521) a laissé deux bénédictions du cierge de la même famille que notre Exsultet[59]. L'érudit Giovanni Mercati a soutenu que le chant ambrosien de Milan remonte, pour l'essentiel, à saint Ambroise ou à ses hymnes[60].

À Rome, le Liber Pontificalis attribue au pape saint Zosime (417-418) la permission de bénir le cierge dans les paroisses ; la mention n'apparaît que dans la seconde édition du recueil, et les historiens discutent de sa portée[61]. En Espagne, le IVᵉ concile de Tolède (633, canon 9) met sur le même pied la bénédiction de la lampe et celle du cierge dans la veillée de Pâques[62]. Le détail des signes gravés sur le cierge et de l'éloge des abeilles est traité dans l'article Le symbolisme des cierges.

Rome, les trois lampes et le pape Zacharie

La Rome du VIIIᵉ siècle ignorait encore la cérémonie du feu nouveau. On le sait par une lettre du pape saint Zacharie répondant, le 4 novembre 751, aux questions de saint Boniface, l'apôtre de la Germanie.

« Au sujet du feu pascal : les anciens saints Pères prescrivent que le cinquième jour de la semaine pascale, pendant que l'on consacre l'huile sainte, trois grandes lampes, remplies de l'huile recueillie dans les divers luminaires de l'église, brûlent continuellement dans un endroit retiré de l'église, qui figure l'intérieur du tabernacle […]. Le Samedi saint, on prendra le feu à ces lampes pour la consécration de l'eau sainte du baptême, et le prêtre le renouvellera. Quant aux cristaux, nous n'avons, comme tu le dis, aucune tradition. » — Pape saint Zacharie, lettre à Boniface, 751, traduction Ignispedia d'après E. Emerton[63]

Le « cinquième jour de la semaine pascale » dont parle la lettre est le Jeudi saint, jour de la consécration de l'huile sainte mentionnée dans le passage[64] : le rite décrit prépare le feu que l'on prendra à ces lampes le Samedi saint.

Les « cristaux » dont parle Boniface sont des lentilles servant à allumer un feu neuf au soleil : un usage propre, selon Mgr Duchesne, aux chrétiens d'Irlande et de Bretagne insulaire, que Rome ne connaissait pas[65][66].

Le feu nouveau, d'Irlande à Rome

Les Irlandais allumaient dès le VIᵉ siècle de grands feux à la tombée de la nuit, la veille de Pâques[67]. L'épisode le plus célèbre est rapporté par Muirchú, qui écrivit à la fin du VIIᵉ siècle une Vie de saint Patrick : cette nuit-là, un édit du roi Lóegaire interdisait d'allumer le moindre feu avant celui du palais de Tara, mais Patrick, qui célébrait la Pâque aux « Tombes des hommes de Féc », sur la colline que la tradition identifie à Slane, face à Tara, alluma son feu pascal[68][69].

« Saint Patrick, célébrant la sainte fête pascale, alluma un feu divin, très brillant et béni, qui, resplendissant dans la nuit, fut vu par presque tous les habitants de la plaine. » — Muirchú, Vie de saint Patrick, ch. 15, traduction Ignispedia d'après N. J. D. White[70]

Repères commentés dans cette section : louange du cierge, feu nouveau et Exsultet. — Schéma explicatif, illustration originale IA.

Selon le même récit hagiographique, les mages du roi l'avertirent que ce feu, s'il n'était pas éteint cette nuit même, « ne s'éteindrait jamais »[71] (voir Saint Patrick). Porté sur le continent par les missionnaires anglo-saxons du VIIIᵉ siècle[72], le rite du feu nouveau finit par entrer dans l'usage romain, où l'on fait jaillir la flamme d'une pierre : le rite restauré de 1951 prescrit encore que « le feu est tiré de la pierre, hors de l'église »[73].

L'Exsultet, des livres gallicans au rite romain

Le chant qui ouvre aujourd'hui la Vigile, l'Exsultet ou « annonce de la Pâque », n'est pas d'abord attesté à Rome. La régularité de sa prose rythmée conduit à dater sa composition « peut-être dès le Vᵉ siècle, et pas plus tard que le VIIᵉ » ; ses plus anciens manuscrits conservés sont trois sacramentaires gallicans, le missel de Bobbio (VIIᵉ siècle), le Missale Gothicum et le Missale Gallicanum vetus (VIIIᵉ siècle), et il n'entra dans le sacramentaire romain que par le supplément ajouté à l'époque carolingienne[74].

Rouleau d’Exultet daté vers 1200 sur sa notice. Les images de ces rouleaux étaient tournées vers les fidèles pendant le chant — Lonewolf76, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

En Italie du Sud, le diacre chantait l'Exsultet sur de longs rouleaux de parchemin qu'il déroulait au fil du chant ; les plus beaux datent des Xᵉ et XIᵉ siècles[75]. Leurs enluminures sont peintes à l'envers par rapport au texte : quand le rouleau pendait par-dessus le pupitre de l'ambon, l'assemblée les voyait à l'endroit et suivait en images ce que le diacre chantait[76].

Du roseau à trois cierges au cierge pascal

Pendant des siècles, on n'apportait pas le feu nouveau directement au cierge pascal, mais par un intermédiaire : une chandelle, puis un roseau portant trois cierges. Ce « cierge triple » n'apparaît dans les ordres liturgiques romains que vers le XIIᵉ siècle ; il répondait d'abord à une nécessité pratique, éviter que la flamme ne s'éteigne en chemin, avant de recevoir un sens trinitaire[77]. Les usages variaient : Salisbury n'avait qu'une chandelle et chantait l'hymne Inventor rutili ; le rite mozarabe chantait l'antienne « Lumière véritable qui éclaire tout homme » ; à Milan, un sous-diacre apportait au milieu de l'Exsultet un cierge allumé au feu nouveau[78].

Les cinq grains d'encens fixés dans le cierge ont eux aussi une histoire curieuse : selon la Catholic Encyclopedia, l'usage de les poser aux mots incensi huius sacrificium est « probablement né d'une méprise sur le sens du texte », où incensum désignait le cierge allumé plutôt que l'encens[79]. Le rite actuel leur donne un sens explicite : en les fixant en forme de croix, le célébrant dit « Par ses saintes plaies glorieuses, que le Christ Seigneur nous protège et nous garde »[80].

Éclipse et restauration

Du VIIIᵉ au XXᵉ siècle, la Vigile a connu une éclipse, puis une restauration que Pie XII a menée en deux temps et que Paul VI a achevée.

L'anticipation : de la nuit au samedi matin

Le décret de 1951 résume en trois lignes huit siècles d'histoire.

« Cette vigile se célébrait aux heures nocturnes qui précèdent la Résurrection du Seigneur. Mais au cours des temps et pour diverses raisons, cette célébration fut avancée d'abord aux heures du soir, puis à celles de l'après-midi, enfin aux heures du matin du Samedi saint, en même temps que s'introduisaient divers changements, non sans détriment pour le symbolisme originel. » — Sacrée Congrégation des Rites, décret du 9 février 1951, traduction Ignispedia[81]

De l’anticipation médiévale aux décrets de 1951 et 1955, puis aux normes de 1969–1988. — Schéma explicatif, illustration originale IA.

Le décret de 1955 est plus sévère encore : « la liturgie solennelle de la vigile pascale surtout, arrachée à son siège nocturne, a perdu sa clarté native et le sens de ses paroles et de ses symboles », tandis que le Samedi saint, « envahi par une joie pascale prématurée », perdait son caractère de deuil[82]. On chantait ainsi « Voici la nuit » à la lumière du matin.

Deux faits ont durci cette situation. Les rubriques du Missel tridentin fixaient l'heure de la messe privée « de l'aurore jusqu'à midi »[83] ; et en 1642, le pape Urbain VIII dut retirer les jours du Triduum de la liste des fêtes chômées, de sorte que les rites du matin se célébraient désormais devant des églises « presque désertes »[84]. On attribue parfois à saint Pie V une interdiction de célébrer la Vigile de nuit ; sa constitution de 1566 révoquait des privilèges de messes du soir et interdisait en outre à ses destinataires de célébrer le soir, sans être pour autant à l'origine de l'anticipation, bien plus ancienne[85]. Jusqu'en 1951, la Vigile comportait douze lectures de l'Ancien Testament, appelées « prophéties »[86].

Le mouvement liturgique redécouvre la nuit

Au XIXᵉ et au XXᵉ siècle, le mouvement liturgique, né autour de Dom Prosper Guéranger et des abbayes bénédictines, remit en lumière les sources anciennes. Le décret de 1951 le reconnaît : « en notre temps, les recherches sur la liturgie ancienne se développant, un vif désir est né de voir surtout la vigile pascale rendue à sa splendeur primitive », à son « siège originel », les heures de la nuit qui précèdent le dimanche de la Résurrection[87]. Une raison pastorale s'y ajoutait : le Samedi saint n'étant plus chômé, la plupart des fidèles ne pouvaient plus assister aux rites du matin. De nombreux évêques, des groupes de fidèles et des religieux adressèrent des suppliques au Saint-Siège[88].

1951 : l'essai de Pie XII

Pie XII vers 1951, année de la restauration expérimentale de la Vigile nocturne — Michael Pitcairn, Wikimedia Commons, domaine public.

Le pape Pie XII confia la question à une commission d'experts, puis approuva, le 9 février 1951, des rubriques permettant de célébrer la Vigile de nuit, « facultativement pour cette année, au jugement prudent des Ordinaires des lieux, et à titre d'essai » ; les évêques qui en useraient devaient rendre compte de l'affluence des fidèles et du succès de l'expérience[89]. Le rite de 1951 prévoit une heure qui permette de commencer la messe « vers minuit » ; le feu est tiré de la pierre hors de l'église ; le diacre porte le cierge pascal lui-même et chante trois fois « Lumière du Christ » en élevant la voix à chaque station ; des douze prophéties, on n'en lit plus que quatre[90].

Surtout, le rite de 1951 introduit un geste nouveau appelé à un grand avenir : le renouvellement des promesses du baptême par toute l'assemblée, qui peut se faire dans la langue du pays là où le rituel le permet[91]. La monition qui l'introduit dit en une phrase le sens de la nuit.

« En cette nuit très sainte, frères très chers, notre sainte Mère l'Église, faisant mémoire de la mort et de la sépulture de notre Seigneur Jésus-Christ, veille en lui rendant amour pour amour ; et, dans l'attente de sa glorieuse résurrection, elle se réjouit dans l'allégresse. » — Rituel de la Vigile restaurée, 1951, traduction Ignispedia[92]

1952-1956 : de l'essai à la réforme de la Semaine sainte

L'expérience fut concluante. Le décret du 11 janvier 1952 constate que la Vigile restaurée a été célébrée « dans un très grand nombre de diocèses du monde entier, malgré la brièveté du délai, et avec le meilleur succès », et que les évêques ont signalé « des fruits spirituels abondants » ; la permission est prorogée pour trois ans, l'anticipation n'étant tolérée pour causes graves qu'à partir de vingt heures[93]. Le 16 novembre 1955, le décret général Maxima redemptionis nostrae mysteria rend toute la Semaine sainte à ses heures véritables, avec un nouvel ordo obligatoire à partir du dimanche des Rameaux, 25 mars 1956 ; la Vigile doit permettre de commencer la messe « vers minuit » et ne peut jamais commencer avant le crépuscule ; le jeûne du carême, qui cessait jusque-là à midi le Samedi saint, s'achève désormais à minuit[94]. L'instruction jointe au décret résume le but de la nuit.

« Le but et la fin de cette vigile sont de montrer et de rappeler, par l'action liturgique, comment de la mort du Seigneur ont jailli notre vie et la grâce. C'est pourquoi, sous le signe du cierge pascal, le Seigneur lui-même, « lumière du monde », est présenté, lui qui a dissipé par la grâce de sa lumière les ténèbres de nos péchés. » — Sacrée Congrégation des Rites, instruction du 16 novembre 1955, traduction Ignispedia[95]

1969-1988 : la forme actuelle

Le concile Vatican II a rappelé que l'Église n'a « jamais » omis « de se réunir pour célébrer le mystère pascal », d'où « tous les sacrements et sacramentaux tirent leur vertu »[96] ; la réforme qui a suivi a donné à la Vigile sa forme actuelle : les Normes universelles de l'année liturgique, promulguées par saint Paul VI le 14 février 1969, puis le Missel romain de 1970[97]. Benoît XVI a résumé le principal changement dans la liturgie de la Parole.

« Avant la réforme liturgique il y avait douze lectures de l'Ancien Testament et deux du Nouveau Testament. Celles du Nouveau Testament sont restées. Le nombre des lectures de l'Ancien Testament a été fixé à sept, mais, selon les situations locales, il peut aussi être réduit à trois lectures. » — Benoît XVI, homélie de la Vigile pascale, 23 avril 2011[98]

La lettre circulaire Paschalis sollemnitatis du 16 janvier 1988 a ensuite rassemblé les exigences pastorales de la nuit : horaire, qualité des signes, nombre des lectures, baptêmes, eucharistie[99]. Elle précise en tête qu'elle s'inscrit dans le prolongement de la restauration « par le Pape Pie XII en 1951 et en 1955 », qui « fut reçue généralement avec joie par toutes les Églises de rite romain »[100].

Le déroulement de la Vigile aujourd'hui

Le Missel romain présente la Vigile comme la veillée « qui est la plus grande et la plus noble de toutes les solennités », organisée pour que les fidèles, « tenant en main leurs flambeaux allumés », ressemblent aux serviteurs de l'Évangile qui attendent le retour de leur maître (Lc 12, 35)[101]. La lettre de 1988 en décrit l'ordonnance.

« La Veillée pascale comporte quatre parties. Après le Lucernaire et l'annonce de la Pâque (première partie), la sainte Église médite les merveilles que, depuis les origines, le Seigneur Dieu a réalisées pour son peuple (deuxième partie, liturgie de la Parole) ; jusqu'au moment où elle accueille les nouveaux membres qui lui sont nés par le baptême (troisième partie) ; avec eux, elle prend place à la table que le Seigneur lui a préparée et qui est le mémorial de sa mort et de sa résurrection jusqu'à ce qu'il vienne (quatrième partie). » — Congrégation pour le culte divin, Paschalis sollemnitatis, n. 81[102]

La même lettre ajoute : « Que personne ne change de son propre chef cette ordonnance de la liturgie pascale[103]. »

Première partie : la liturgie de la lumière

Le feu nouveau et le cierge pascal

La nuit commence dehors, dans l'obscurité. On prépare, « en dehors de l'église autant que possible, un bûcher pour la bénédiction du feu nouveau, dont la flamme soit capable de dissiper les ténèbres à l'entour et d'illuminer la nuit »[104]. À ce feu, le célébrant allume le cierge pascal, qui doit être « fait de cire, nouveau chaque année, unique, d'une grandeur suffisamment remarquable, et jamais un pseudo-cierge, pour qu'il puisse évoquer le Christ, lumière du monde »[105]. Il peut y graver la croix, l'alpha et l'oméga, les chiffres de l'année et y fixer cinq grains d'encens[106] ; à la Vigile papale du 4 avril 2026, célébrée à partir de 21 heures dans l'atrium de Saint-Pierre, Léon XIV a accompli lui-même tous ces gestes[107].

« Lumière du Christ » : la procession

L’assemblée éclairée par les cierges pendant l’Exsultet, à Ibaan (Philippines), le 30 mars 2024 — LMP 2001, Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Le peuple entre alors dans l'église obscure derrière le seul cierge pascal. La lettre de 1988 en donne le sens : « Comme les fils d'Israël étaient guidés de nuit par une colonne de feu, les chrétiens à leur tour suivent le Christ en sa résurrection[108]. » Trois fois, le diacre élève le cierge et chante « Lumière du Christ », l'assemblée répond « Nous rendons grâce à Dieu », et la flamme passe de proche en proche aux cierges des fidèles, « les lumières électriques demeurant encore éteintes »[109]. Léon XIV a commenté ce geste dans son homélie de 2026.

« À partir de ce cierge unique, nous avons tous allumé nos lumières et, chacun portant une flamme tirée du même feu, nous avons éclairé cette grande basilique. C'est le signe de la lumière pascale qui nous unit dans l'Église comme des lampes pour le monde. » — Léon XIV, homélie de la Vigile pascale, 4 avril 2026[110]

L'Exsultet, annonce de la Pâque

Le cierge dressé près de l'ambon, le diacre chante l'Exsultet, qui « développe dans un grand poème lyrique tout le mystère pascal en l'insérant dans l'ensemble de l'histoire du salut »[111]. En l'absence de diacre, le prêtre le chante[112] ; s'il faut le confier à un chantre laïc, celui-ci omet les paroles réservées aux ministres ordonnés[113]. L'assemblée l'écoute debout, cierge en main.

« Exultez dans le ciel, multitude des anges ! Exultez, célébrez les mystères divins ! Résonne, trompette du salut, pour la victoire d'un si grand Roi ! Que la terre, elle aussi, soit heureuse, irradiée de tant de feux : illuminée de la splendeur du Roi éternel, qu'elle voie s'en aller l'obscurité qui recouvrait le monde entier ! » — Exsultet, annonce de la Pâque, Missel romain (traduction de 2021)[114]

Le contenu et la théologie de ce chant sont présentés plus bas, dans la partie qui lui est consacrée.

Deuxième partie : la liturgie de la Parole

Sept lectures pour une seule histoire

Les lumières allumées, l'assemblée s'assoit pour écouter. La lettre de 1988 décrit cette partie comme « une grande fresque de l'histoire du salut, méditée calmement par les fidèles grâce au chant des psaumes et cantiques bibliques, au silence et aux prières du prêtre » : sept textes de l'Ancien Testament, tirés de la Loi et des Prophètes et « traditionnels pour la plupart tant en Orient qu'en Occident », puis une lecture de l'Apôtre et l'Évangile[115]. C'est ce qu'Augustin demandait déjà : « Que Dieu nous parle en nous faisant lire sa parole[116]. »

Chaque lecture est suivie d'un psaume et d'une oraison qui en dégage le sens chrétien, car « la signification typologique des textes de l'Ancien Testament, fondée sur le Nouveau, est manifestée par la prière du prêtre »[117]. Voici les lectures du Missel romain, avec les titres que leur donnait le livret de la Vigile papale de 2026.

LectureRéférenceTitre donné par le livret papal de 2026 (traduction)Ce que l'Église y reconnaît
1Genèse 1, 1 – 2, 2« Dieu vit tout ce qu'il avait fait ; et voici, c'était très bon »La création, que la Résurrection renouvelle
2Genèse 22, 1-18« Le sacrifice d'Abraham, notre père dans la foi »Le Père qui livre son Fils, et le Fils rendu vivant
3Exode 14, 15 – 15, 1« Les fils d'Israël marchèrent à pied sec au milieu de la mer »Le passage de la mort à la vie, figure du baptême
4Isaïe 54, 5-14« Dans un amour éternel, le Seigneur, ton rédempteur, a eu pitié de toi »L'Église, épouse rachetée
5Isaïe 55, 1-11« Venez à moi, et vous vivrez »Les eaux vives offertes à tous
6Baruch 3, 9-15.32 – 4, 4« Marche à la splendeur de la lumière du Seigneur »La Sagesse de Dieu, donnée dans sa Parole
7Ézéchiel 36, 16-17a.18-28« Je répandrai sur vous une eau pure et je vous donnerai un cœur nouveau »L'eau baptismale et le don de l'Esprit
ÉpîtreRomains 6, 3-11« Le Christ ressuscité d'entre les morts ne meurt plus »La Pâque du Christ devient la nôtre
ÉvangileMt 28, 1-10 (A) · Mc 16, 1-7 (B) · Lc 24, 1-12 (C)« Il est ressuscité et il vous précède en Galilée » (Mt, année A)Le sommet de toute la liturgie de la Parole

Le tableau se lit de haut en bas comme un seul récit : de la première lumière de la création au tombeau vide. Les titres cités sont ceux du livret officiel de la Vigile papale du 4 avril 2026, où chacune des sept lectures fut proclamée dans une langue différente[118][119].

La création, première lecture de la nuit

Les lectures de la Vigile, selon le Missel romain. — Schéma explicatif, illustration originale IA.

La Vigile commence par la création parce que la Résurrection est une création nouvelle. Benoît XVI l'a dit avec netteté.

« Pâques est la fête de la nouvelle création. […] Pâques est le jour d'une nouvelle création, c'est la raison pour laquelle en ce jour l'Église commence la liturgie par l'ancienne création, afin que nous apprenions à bien comprendre la nouvelle. » — Benoît XVI, homélie de la Vigile pascale, 7 avril 2012[120]

Un an plus tôt, il répondait à ceux qui voudraient abréger la nuit en sautant ce récit : « Omettre la création signifierait se méprendre sur l'histoire même de Dieu avec les hommes, la réduire, ne plus voir son véritable ordre de grandeur[121]. » L'oraison qui suit la lecture chante la même logique : « Ô Dieu, qui nous as créés de façon admirable à ton image, et de façon plus admirable encore nous as renouvelés et rachetés, donne-nous de résister par la force de l'Esprit aux séductions du péché, pour parvenir à la joie éternelle[122]. »

La mer Rouge, la lecture qu'on n'omet jamais

Si la nécessité pastorale oblige à réduire le nombre des lectures, il faut en garder au moins trois de l'Ancien Testament, et « jamais on n'omettra la lecture du chapitre 14 de l'Exode avec son cantique »[123]. Le passage de la mer Rouge est le cœur de la nuit : c'est « surtout la traversée de la Mer Rouge, véritable libération d'Israël de l'esclavage d'Égypte, qui annonce la libération opérée par le Baptême », dit le Catéchisme[124]. L'Exsultet avait déjà chanté : « Voici la nuit où tu as tiré d'Égypte les enfants d'Israël, nos pères, et leur as fait passer la mer Rouge à pied sec[125]. »

Douze, quatre, sept : les lectures à travers les siècles

Le nombre des lectures a beaucoup varié, mais leur tête de série n'a guère changé : presque partout, la nuit commence par la création. Le tableau suivant compare les lectionnaires dont le texte a pu être vérifié.

TraditionÉpoqueLectures de l'Ancien TestamentPremières et principales lectures
Jérusalem (lectionnaire arménien)417-43912Gn 1–3 ; Gn 22 ; Ex 12 ; Jonas ; Ex 14–15 ; Is 60 ; Jb 38 ; 2 R 2 ; Jr 31 ; Jos 1 ; Ez 37 ; Dn 3
Rome (Missel tridentin)jusqu'en 1951-195512 « prophéties »Gn 1 ; Gn 5–8 ; Gn 22 ; Ex 14 ; Is 54–55 ; Ba 3 ; Ez 37 ; Is 4 ; Ex 12 ; Jon 3 ; Dt 31 ; Dn 3
Rite restauré par Pie XII19514Gn 1 ; Ex 14 ; Is 4 ; Dt 31
Rome (Missel de Paul VI)depuis 19707 (au moins 3, dont Ex 14)Gn 1 ; Gn 22 ; Ex 14 ; Is 54 ; Is 55 ; Ba 3 ; Ez 36
Rite byzantin (Samedi saint)aujourd'hui15Genèse, Exode, Isaïe, Ézéchiel, Jérémie, Daniel, Sophonie, Jonas, Josué, Rois

Les sources de chaque ligne sont indiquées en note[126][127][128][129][130]. La constance est frappante : la création, le sacrifice d'Isaac et la sortie d'Égypte traversent les siècles et les rites, comme les trois premières nuits du poème juif.

Le Gloria, les cloches et l'Alléluia retrouvé

Après la dernière lecture de l'Ancien Testament, les cierges de l'autel s'allument et l'on chante le Gloria, « tandis que sonnent les cloches selon les coutumes locales »[131] : elles s'étaient tues depuis le Gloria de la messe du Jeudi saint[132]. On lit alors l'épître aux Romains, qui fait comprendre en quelques lignes ce que la nuit va accomplir dans les baptêmes.

« Ne le savez-vous pas ? Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c'est à sa mort que nous avons été unis par le baptême. Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c'est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d'entre les morts. » — Saint Paul, Romains 6, 3-4 (AELF)[133]

Puis tous se lèvent : le prêtre entonne trois fois l'Alléluia, que l'on n'avait plus chanté depuis le début du carême, « en élevant le ton à chaque fois », et le peuple le reprend entre les versets du psaume 117 ; l'Évangile de la Résurrection est « comme le sommet de toute la liturgie de la Parole », et l'homélie ne peut être omise[134].

Troisième partie : la liturgie baptismale

La litanie des saints et la bénédiction de l'eau

La troisième partie commence par la litanie des saints : l'Église de la terre appelle à l'aide l'Église du ciel au moment d'engendrer de nouveaux enfants (voir La communion des saints et l'intercession). Vient ensuite la bénédiction de l'eau baptismale, une longue prière qui récapitule toutes les eaux de l'Écriture. Le Catéchisme en cite les principales strophes pour expliquer le baptême[135].

« Par ta puissance, Seigneur, tu accomplis des merveilles dans tes sacrements, et au cours de l'histoire du salut tu t'es servi de l'eau, ta créature, pour nous faire connaître la grâce du Baptême. […] Dès le commencement du monde, c'est ton Esprit qui planait sur les eaux pour qu'elles reçoivent en germe la force qui sanctifie. […] Par les flots du déluge, tu annonçais le Baptême qui fait revivre. […] Aux enfants d'Abraham, tu as fait passer la mer Rouge à pied sec pour que la race libérée de la servitude préfigure le peuple des baptisés. » — Missel romain, Vigile pascale, bénédiction de l'eau baptismale, cité par le Catéchisme de l'Église catholique, § 1217-1221[136]

Les figures bibliques de la prière de bénédiction de l’eau ; composition symbolique. — Schéma explicatif, illustration originale IA.

Même là où il n'y a pas de baptême, on doit bénir l'eau baptismale dans les églises paroissiales et la conserver au baptistère pendant tout le temps pascal[137]. L'usage de cette eau au long de l'année est présenté dans l'article L'eau bénite.

Baptêmes et confirmations des adultes

Le Code de droit canonique recommande de célébrer le baptême « habituellement le dimanche ou, si cela est possible, au cours de la veillée pascale »[138]. Pour les adultes, la Vigile est le sommet du catéchuménat : l'adulte baptisé est confirmé « immédiatement après le baptême » et participe à l'eucharistie en y recevant la communion[139]. C'est pourquoi le prêtre qui, en vertu de son office ou par mandat de l'évêque diocésain, baptise un adulte a de plein droit la faculté de le confirmer[140]. À Saint-Pierre, la nuit du 4 avril 2026, Léon XIV a ainsi baptisé et confirmé dix catéchumènes, six hommes et quatre femmes venus de Rome, de Corée, de Grande-Bretagne et du Portugal, avant qu'ils ne communient pour la première fois[141].

Les rites qui suivent le bain baptismal disent ce qui vient d'arriver : « Le vêtement blanc symbolise que le baptisé a "revêtu le Christ" : est ressuscité avec le Christ. Le cierge, allumé au cierge pascal, signifie que le Christ a illuminé le néophyte[142]. » Les nouveaux baptisés, appelés néophytes, vivent ensuite tout le temps pascal comme un temps de « mystagogie », d'entrée plus profonde dans les sacrements qu'ils ont reçus[143]. La doctrine du sacrement est exposée dans les articles Le baptême et La confirmation.

Le renouvellement des promesses du baptême

Toute l'assemblée renouvelle ensuite la profession de foi baptismale : les fidèles, debout, « tenant en main leur cierge allumé, répondent aux interrogations, puis reçoivent l'aspersion d'eau », pendant que l'on chante « J'ai vu l'eau vive » (Vidi aquam)[144]. Le Catéchisme en donne la raison : la foi « doit croître après le Baptême. C'est pour cela que l'Église célèbre chaque année, dans la nuit pascale, le renouvellement des promesses du Baptême[145]. » Ce geste a été introduit par le rite restauré de 1951[146].

Quatrième partie : la liturgie eucharistique

La nuit culmine dans la première messe de Pâques. Après le jeûne du Vendredi et le silence du Samedi, l'Église se rassemble enfin autour de l'autel du Ressuscité.

« La célébration de l'Eucharistie est la quatrième partie de la Veillée et son point culminant, car elle est par excellence le sacrement pascal, mémorial du sacrifice de la Croix et présence du Ressuscité, terme de l'initiation chrétienne, anticipation de la Pâque éternelle. » — Congrégation pour le culte divin, Paschalis sollemnitatis, n. 90[147]

Les nouveaux baptisés y exercent « pour la première fois » leur sacerdoce royal dans la prière universelle, participent à la procession des offrandes et reçoivent la communion ; on chante alors le psaume 117 avec l'antienne « Le Christ, notre Agneau pascal »[148]. Le renvoi final est doublé d'une acclamation que l'on n'entend qu'au temps pascal : Ite, missa est, alleluia, alleluia[149]. Sur le sacrement lui-même, voir L'Eucharistie.

L'Exsultet, poème de la nuit

L'Exsultet est le chant propre de cette nuit et l'un des textes les plus célèbres de la liturgie latine. Le diacre y fait trois choses : il invite le ciel, la terre et l'Église à se réjouir ; il rend grâce, dans la forme solennelle d'une préface, pour la nuit de la Pâque ; il offre enfin le cierge à Dieu comme un sacrifice du soir, en priant pour qu'il brûle jusqu'au lever de l'astre du matin.

« Voici la nuit »

Le cœur du chant est une litanie de nuits, où l'Exode et la Résurrection se répondent comme dans le poème juif des quatre nuits.

« Voici la nuit où tu as tiré d'Égypte les enfants d'Israël, nos pères, et leur as fait passer la mer Rouge à pied sec. Voici la nuit où le feu d'une colonne lumineuse a dissipé les ténèbres du péché. Voici la nuit qui arrache au monde corrompu, aveuglé par le mal, ceux qui, aujourd'hui et dans tout l'univers, ont mis leur foi dans le Christ : nuit qui les rend à la grâce et leur ouvre la communion des saints. Voici la nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, s'est relevé, victorieux, du séjour des morts. » — Exsultet, Missel romain (traduction de 2021)[150]

La progression de l’annonce de la Pâque, d’après l’Exsultet du Missel romain. — Schéma explicatif, illustration originale IA.

La répétition de « Voici la nuit » (Haec nox est) fait de la nuit liturgique la même nuit que celle de l'Exode et que celle du tombeau : ce n'est pas un souvenir, c'est un présent. Le chant cite enfin le psaume : « Voici la nuit dont il est écrit : "La nuit resplendira comme le jour ; la nuit même est lumière pour ma joie"[151]. » Augustin appliquait déjà ce verset à la veillée, où l'on voit s'accomplir « cette antique prédiction : Et la nuit sera éclairée à l'égal du jour »[152].

« Ô bienheureuse faute » : la plus audacieuse des formules

Au milieu de sa préface, l'Exsultet ose une formule d'une rare audace.

« À quoi nous servirait-il de naître sans le bonheur d'être sauvés ? Ô merveilleuse condescendance de ta tendresse envers nous ! inestimable choix de ton amour : pour racheter l'esclave, tu as livré le Fils ! Il fallait le péché d'Adam que la mort du Christ abolit. Ô bienheureuse faute qui nous valut pareil Rédempteur ! » — Exsultet, Missel romain (traduction de 2021)[153]

La formule ne loue pas le péché : elle loue la réponse de Dieu, qui l'a infiniment dépassé. Saint Thomas d'Aquin s'en sert pour expliquer que l'Incarnation n'a rien perdu à venir après la chute.

« Rien n'empêche que la nature humaine ait été élevée à un niveau supérieur après le péché ; car Dieu permet le mal pour en tirer un plus grand bien. Comme dit S. Paul : "Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé." Et l'on chante dans la bénédiction du cierge pascal : "Heureuse faute, qui nous valut d'avoir un si grand Rédempteur !" » — Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, III, q. 1, a. 3, ad 3[154]

Le Catéchisme reprend cette réponse, avec celle de saint Léon le Grand : « La grâce ineffable du Christ nous a donné des biens meilleurs que ceux que l'envie du démon nous avait ôtés[155]. » La hardiesse du texte a pourtant inquiété certains au Moyen Âge : saint Hugues de Cluny fit effacer ces mots de son missel, et plusieurs manuscrits anciens les omettent ou les raturent ; en les conservant dans le Missel romain, note le liturgiste Herbert Thurston, l'Église a jugé qu'ils avaient un sens parfaitement légitime[156]. Le péché originel qu'ils supposent est un événement réel des origines, et non un symbole[157] (voir Pourquoi l'Église parle-t-elle de péché originel ?).

« Toi seule as pu connaître le moment »

Une autre strophe s'adresse directement à la nuit : « Ô nuit de vrai bonheur, qui seule mérita de connaître le temps et l'heure où le Christ a surgi du séjour des morts[158] ! » Le Catéchisme cite ce passage pour rappeler que personne n'a vu l'instant même de la Résurrection, et qu'elle est pourtant un fait.

« "O nuit, chante l'Exsultet de Pâques, toi seule as pu connaître le moment où le Christ est sorti vivant du séjour des morts." En effet, personne n'a été le témoin oculaire de l'événement même de la Résurrection et aucun évangéliste ne le décrit. […] Événement historique constatable par le signe du tombeau vide et par la réalité des rencontres des apôtres avec le Christ ressuscité, la Résurrection n'en demeure pas moins, en ce qu'elle transcende et dépasse l'histoire, au cœur du mystère de la foi. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 647[159]

Augustin tirait déjà cette conclusion de l'Évangile : puisque les amis du Sauveur, arrivés au tombeau « au point du jour », ne trouvèrent pas son corps, la résurrection « eut lieu durant cette même nuit »[160]. Les preuves historiques de la Résurrection sont examinées dans l'article La résurrection de Jésus.

L'étoile du matin qui ne connaît pas de couchant

Le chant s'achève sur une supplication : que la flamme du cierge tienne jusqu'à l'aube, et que l'astre du matin la trouve encore allumée.

« Qu'il brûle encore quand se lèvera l'astre du matin, cet astre sans pareil qui ne connaît pas de couchant, le Christ, ton Fils, revenu du séjour des morts, qui répand sur le genre humain sa lumière et sa paix, lui qui vit et règne pour les siècles des siècles. » — Exsultet, Missel romain (traduction de 2021)[161]

Le latin dit lucifer matutinus, « l'astre porteur de lumière du matin » : l'étoile du matin qui annonce le jour est le Christ lui-même, que Benoît XVI appelait dans cette même nuit « véritable étoile du matin, qui ne se couche pas éternellement »[162].

Pourquoi la nuit ? Le sens de la Vigile

La Vigile pourrait être une belle cérémonie du soir. L'Église tient pourtant à ce que toute la célébration se déroule de nuit, parce que la nuit dit quelque chose que le jour ne dit pas.

Passer des ténèbres à la lumière

Pour Augustin, l'ordre même des jours en porte la trace. Dans la Genèse, chaque jour commence par la lumière ; mais depuis que l'homme est tombé dans les ténèbres du péché, dont la grâce du Christ vient le tirer, les jours se comptent à partir de la nuit.

« Nous comptons les jours à dater de la nuit. Ce n'est pas en effet pour passer de la lumière aux ténèbres, mais pour passer des ténèbres à la lumière que nous faisons tant d'efforts où nous espérons réussir par le secours du Seigneur. » — Saint Augustin, Sermon 221[163]

Quatre dimensions de la nuit pascale, d’après Jn 20, 1 ; Lc 12, 35 ; Rm 6, 4. — Schéma explicatif, illustration originale IA.

Benoît XVI a donné à cette intuition sa forme moderne : « À Pâques, au matin du premier jour de la semaine, Dieu a dit de nouveau : "Que la lumière soit !" » ; la nuit du Mont des Oliviers, l'éclipse de la Passion et la nuit du sépulcre sont derrière nous, et « la création recommence entièrement nouvelle »[164]. Le psaume que l'Exsultet cite le disait déjà : « Même la ténèbre pour toi n'est pas ténèbre, et la nuit comme le jour est lumière » (Ps 138, 12)[165].

Veiller comme on attend l'Époux

Veiller, c'est attendre quelqu'un. La Vigile garde la posture des serviteurs de l'Évangile qui attendent leur maître la lampe à la main (Lc 12, 35), et que le Missel propose explicitement aux fidèles[166]. L'Église des premiers siècles, on l'a vu avec saint Jérôme, ne renvoyait pas le peuple avant minuit, « dans l'attente de l'avènement du Christ »[167]. Cette attente n'est pas une angoisse : c'est une joie qui s'impatiente. Elle ne calcule aucune date, puisque le jour et l'heure ne sont connus que du Père (Mt 24, 36) ; elle demande seulement d'être prêt, cierge allumé.

La Pâque du Christ devient la Pâque du baptisé

La nuit de la Résurrection est aussi celle où des hommes et des femmes passent eux-mêmes de la mort à la vie. Saint Cyrille de Jérusalem décrivait aux catéchumènes ce qui les attendait au terme de la nuit.

« Grand est le baptême qui vous attend : rançon des captifs, rémission des fautes, mort du péché, nouvelle naissance de l'âme, vêtement de lumière, sceau saint et indissoluble, char vers le ciel, délices du Paradis, entrée dans le Royaume, don de l'adoption ! » — Saint Cyrille de Jérusalem, Procatéchèse, 16, traduction Ignispedia[168]

Benoît XVI reliait ce baptême à la première parole de la création : « Dans le Baptême, le Seigneur dit à celui qui le reçoit : Fiat lux, que la lumière soit » ; c'est pourquoi l'Église primitive appelait le baptême photismos, « illumination »[169]. Les cierges allumés au cierge pascal, dans la main de chaque fidèle, rappellent à tous les baptisés le jour où ils ont reçu cette lumière.

Une nuit où le ciel s'unit à la terre

L'Exsultet donne encore un nom à cette nuit : « Ô nuit de vrai bonheur, nuit où le ciel s'unit à la terre, où l'homme rencontre Dieu[170]. » Le pouvoir de cette nuit, poursuit le chant, « chasse les crimes et lave les fautes, rend l'innocence aux coupables et l'allégresse aux affligés, dissipe la haine, dispose à la concorde et soumet toute puissance »[171]. Léon XIV a repris ces mots dans son homélie de 2026 : l'amour de Dieu, « plus fort que n'importe quelle force du mal », est « capable de “dissiper la haine” et de “soumettre toute puissance” »[172]. Le ciel et la terre réunis, c'est ce que le Christ nous a appris à demander dans le Notre Père : que la volonté du Père soit faite « sur la terre comme au ciel » (Mt 6, 10). Dans les écrits de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta, cette demande n'est pas un simple souhait mais un gage : son accomplissement est lié au don de vivre dans la Divine Volonté, où la volonté de Dieu vit et agit dans l'homme comme au ciel[173].

Augustin disait de la solennité pascale qu'elle « ne laisse point passer ce qui est passé »[174]. Chaque Vigile ne rejoue pas la Résurrection : elle y fait entrer ceux qui la célèbrent.

La nuit pascale dans les Églises d'Orient

Les Églises d'Orient célèbrent la même nuit avec d'autres rites. Le rite byzantin, suivi par les Églises orthodoxes et par les Églises catholiques orientales de tradition byzantine, a connu une évolution comparable à celle de Rome : l'ancienne veillée baptismale a glissé vers le Samedi saint, et une nouvelle célébration de minuit a pris la relève (voir La liturgie orientale).

Le Samedi saint byzantin : l'ancienne veillée devenue liturgie du jour

Le Samedi saint, on célèbre les vêpres unies à la Divine Liturgie de saint Basile, office qui, selon le théologien orthodoxe Thomas Hopko, « appartient déjà au dimanche de la Pâque »[175]. Quinze lectures de l'Ancien Testament y sont proclamées, de la création à Jonas et aux trois jeunes gens dans la fournaise ; au lieu du trisagion, on chante le verset baptismal « Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ, vous avez revêtu le Christ, alléluia » (Ga 3, 27), puis on lit Romains 6, 3-11, comme à Rome[176]. Pendant le chant du psaume « Lève-toi, ô Dieu, juge la terre », prêtres et servants quittent les vêtements sombres de la Passion pour les vêtements lumineux de la victoire du Christ. Hopko rappelle que cette liturgie était « à l'origine la liturgie baptismale de Pâques des chrétiens »[177].

Minuit : « Le Christ est ressuscité ! »

L’Anastasis de Saint-Sauveur-in-Chora, à Istanbul : le Christ relève Adam et Ève. Photographie de 2004 — Gunnar Bach Pedersen, Wikimedia Commons, domaine public.

Peu avant minuit, l'office nocturne s'achève ; le prêtre retire du tombeau symbolique le linceul brodé de l'image du Christ (l'épitaphios) et le porte sur l'autel, où il restera jusqu'à l'Ascension. À minuit, la procession sort de l'église et en fait le tour : elle « rappelle la procession baptismale des origines, qui menait des ténèbres et de la mort de ce monde à la lumière et à la vie du Royaume de Dieu »[178]. Devant les portes fermées, on annonce la Résurrection et l'on chante pour la première fois le tropaire pascal.

« Le Christ est ressuscité des morts, par la mort il a vaincu la mort, et à ceux qui sont dans les tombeaux il a donné la vie. » — Tropaire de Pâques du rite byzantin, traduction Ignispedia d'après Th. Hopko[179]

Suivent les matines de Pâques, dont le canon, attribué à saint Jean Damascène, s'ouvre par une acclamation : « C'est le jour de la Résurrection ! Soyons illuminés pour la fête ! Pâque ! la Pâque du Seigneur ! De la mort à la vie, et de la terre au ciel, le Christ notre Dieu nous a fait passer[180]. » Toute la nuit résonne de l'échange « Le Christ est ressuscité ! — Il est vraiment ressuscité ! », et l'on lit l'homélie pascale attribuée à saint Jean Chrysostome. Matines et Divine Liturgie sont célébrées « dans les premières heures obscures » du premier jour de la semaine[181].

Jérusalem et la lumière du Saint-Sépulcre

À Jérusalem, la lumière allumée le samedi soir dans l'Anastasis, décrite par le lectionnaire du Vᵉ siècle, est selon ses éditeurs de 1919 « la forme primitive » de la cérémonie du feu nouveau que l'Église grecque de Jérusalem célèbre encore[182]. Cette cérémonie est propre à la Ville sainte et n'appartient pas au rite byzantin ordinaire[183] ; son déroulement actuel est décrit dans l'article Basilique du Saint-Sépulcre.

Le tableau suivant met en regard les deux grandes manières de veiller la nuit de Pâques.

ÉlémentRite romainRite byzantin
MomentUne seule célébration, entièrement de nuitLiturgie de saint Basile le Samedi saint, puis office de minuit, matines et liturgie dans la nuit
LumièreFeu nouveau, cierge pascal, « Lumière du Christ », ExsultetProcession de minuit autour de l'église, église illuminée à l'annonce de la Résurrection
LecturesSept de l'Ancien Testament, Romains 6, évangile de la RésurrectionQuinze de l'Ancien Testament le samedi, Romains 6, Matthieu 28
BaptêmeLiturgie baptismale au cœur de la nuit, renouvellement des promessesChant baptismal « Vous tous qui avez été baptisés », mémoire de l'ancienne veillée baptismale
Chant de la nuit« Voici la nuit… Ô bienheureuse faute »« Le Christ est ressuscité des morts… »

Les deux traditions disent la même chose avec des mots différents : la nuit de Pâques est la nuit du passage, et ce passage se fait dans l'eau du baptême[184][185].

Vivre la Vigile pascale aujourd'hui

La nuit des catéchumènes : un printemps inattendu

Depuis quelques années, la Vigile pascale est redevenue en France ce qu'elle était dans l'Antiquité : la grande nuit des baptêmes d'adultes. Les enquêtes annuelles de la Conférence des évêques de France mesurent une progression spectaculaire.

AnnéeAdultes baptisés à Pâques (France)Évolution indiquée par la CEF
20164 124point de départ de la série décennale
20247 135près de 31 % de plus qu'en 2023
202510 38445 % de plus qu'en 2024
202613 23428 % de plus qu'en 2025

Les chiffres sont ceux des dossiers de presse publiés chaque printemps par la Conférence des évêques de France[186][187][188]. S'y ajoutent les adolescents : 8 152 en 2026, contre 7 404 en 2025, soit 21 386 baptêmes à Pâques 2026 pour les adultes et les jeunes réunis[189]. En dix ans, le nombre d'adultes baptisés a plus que triplé.

Quatre années repères des enquêtes de la Conférence des évêques de France. Les 8 152 adolescents de 2026 sont comptés séparément. — Schéma explicatif, illustration originale IA.

L'archevêque de Lyon, Mgr Olivier de Germay, évêque référent pour le catéchuménat, voit dans cette « soif de Dieu » un signe pour toute l'Église : « Car voilà bien le signe qui nous est donné aujourd'hui : les chemins de l'être humain et de Dieu sont faits pour se rencontrer[190]. » Chacun de ces baptêmes est célébré, autant que possible, dans la nuit de Pâques, par l'évêque ou par le curé de la paroisse.

Ce que les papes disent de cette nuit

Les homélies de la Vigile pascale forment, d'un pape à l'autre, une méditation continue sur la lumière et l'espérance. Benoît XVI voyait dans le cierge lui-même un résumé de Pâques : « C'est une lumière qui vit en vertu du sacrifice. Le cierge illumine en se consumant lui-même. Il donne la lumière en se donnant lui-même[191]. » Le pape François, en 2013, tirait de cette nuit une certitude pour chacun : « il n'y a pas de situations que Dieu ne puisse changer, il n'y a aucun péché qu'il ne puisse pardonner si nous nous ouvrons à Lui[192]. » En 2020, dans une basilique vide à cause de l'épidémie, il ajoutait : « Cette nuit nous conquerrons un droit fondamental, qui ne nous sera pas enlevé : le droit à l'espérance[193]. »

« L'homme peut tuer le corps, mais la vie du Dieu d'amour est une vie éternelle, qui va au-delà de la mort et qu'aucun tombeau ne peut emprisonner. » — Léon XIV, homélie de la Vigile pascale, 4 avril 2026[194]

Participer à la Vigile

L'Église demande peu de chose au fidèle, mais elle le demande avec insistance : venir, et participer à la Veillée tout entière. Les pasteurs sont exhortés à enseigner « qu'il faut participer à la Veillée pascale tout entière » ; là où une petite communauté ne peut assurer la dignité de la célébration, la lettre de 1988 recommande de se regrouper dans une même église, et elle invite les vacanciers à participer à la Vigile du lieu où ils se trouvent[195]. Le jeûne du Samedi saint, conseillé jusqu'à la Vigile, prépare le corps à la joie[196]. La Vigile satisfait au précepte de participer à la messe du dimanche de Pâques[197] ; le cierge pascal, lui, restera allumé à toutes les célébrations solennelles jusqu'à la Pentecôte, puis près des fonts baptismaux, et il sera placé près du cercueil aux funérailles, pour dire que « la mort du chrétien est sa propre Pâque »[198].

Au terme de la nuit, ce que la Vigile laisse au fidèle n'est pas une leçon, mais une certitude : le Christ est ressuscité, et sa lumière, passée de main en main, n'a rien perdu de sa clarté. L'Exsultet le chante du cierge : « quand on en transmet la flamme, sa clarté ne diminue pas[199]. »

Pour aller plus loin

Sources principales

  • Missel romain, 3ᵉ édition typique, traduction française officielle de 2021 (Desclée-Mame) : Vigile pascale et Exsultet ; Missale Romanum, éd. typique 1920 (Samedi saint, Rubricae generales XV).
  • Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier (Paul VI, Mysterii paschalis, 14 février 1969), n. 19-21, dans Calendarium Romanum, Cité du Vatican, 1969.
  • Congrégation pour le culte divin, lettre circulaire Paschalis sollemnitatis, 16 janvier 1988, n. 77-102.
  • Sacrée Congrégation des Rites, décrets du 9 février 1951 (AAS 43, 1951, p. 128-137), du 11 janvier 1952 (AAS 44, 1952, p. 48-50) et du 16 novembre 1955 (AAS 47, 1955, p. 838-847).
  • Catéchisme de l'Église catholique, § 390, 412, 647, 1217-1222, 1243, 1254 ; Code de droit canonique (1983), can. 856, 866, 883, 1248.
  • Saint Augustin, Sermons 219-221, trad. Raulx, Œuvres complètes, t. VII, Bar-le-Duc, 1868 ; Tertullien, trad. E.-A. de Genoude, 1852 ; Égérie, Itinerarium ; saint Jérôme, Commentaire sur Matthieu (PL 26).
  • Herbert Thurston, Lent and Holy Week, Londres, 1904 ; The Catholic Encyclopedia, art. « Exultet » (1909), « Paschal Candle » (1911), « Lumen Christi », « Liturgical Use of Fire ».
  • Louis Duchesne, Christian Worship: Its Origin and Evolution, 5ᵉ éd., Londres, SPCK, 1919 ; concile Vatican II, Sacrosanctum Concilium, 4 décembre 1963, n. 6 et 61.
  • Roger Le Déaut, La Nuit pascale, Rome, Institut biblique pontifical, 1963 ; Martin McNamara, Targum Neofiti 1: Exodus, Collegeville, 1994.
  • Sebastià Janeras, « Les lectionnaires de l'ancienne liturgie de Jérusalem », Collectanea Christiana Orientalia 2, 2005.
  • Thomas Hopko, The Orthodox Faith, vol. II, Orthodox Church in America (« Holy Saturday », « Easter Sunday: The Holy Pascha »).
  • Homélies de la Vigile pascale de Benoît XVI (2011, 2012), François (2013, 2020) et Léon XIV (2026), vatican.va ; dossiers de presse « catéchuménat » de la Conférence des évêques de France (2024, 2025, 2026).

Notes et références

  1. Saint Augustin, Sermon 219 (In vigiliis Paschae, I), § 1, PL 38, 1088 ; trad. française dans Œuvres complètes de saint Augustin, traduites sous la direction de M. Raulx, t. VII, Bar-le-Duc, L. Guérin, 1868, p. 234-235 (texte en ligne : livres-mystiques.com). Texte original : « Quanto ergo alacrius in hac vigilia, velut matre omnium sanctarum vigiliarum, vigilare debemus, in qua totus vigilat mundus? » Le même sermon applique à la nuit pascale le Ps 138, 12 : « Et nox tamquam dies illuminabitur ». La colonne PL 38, 1088 est celle que citent le décret de 1951 et la version anglaise officielle de Paschalis sollemnitatis.

    1 13 52 152
  2. Normes universelles de l'année liturgique et du calendrier, promulguées par Paul VI (motu proprio Mysterii paschalis, 14 février 1969), dans Calendarium Romanum, Typis Polyglottis Vaticanis, 1969. Traductions Ignispedia. N. 19 : « Triduum paschale Passionis et Resurrectionis Domini incipit a Missa vespertina in Cena Domini, habet suum centrum in Vigilia paschali, et clauditur Vesperis dominicae Resurrectionis. » N. 20 : jeûne pascal le Vendredi saint « et, iuxta opportunitatem, etiam Sabbato sancto usque ad Vigiliam paschalem ». N. 21 : « Vigilia paschalis, nocte sancta qua Dominus resurrexit, habetur ut « mater omnium sanctarum Vigiliarum », in qua Ecclesia Christi resurrectionem vigilando exspectat, eamque in sacramentis celebrat. Ergo tota huius sacrae Vigiliae celebratio nocte peragi debet, ita ut incipiatur post initium noctis et finiatur ante diei dominicae diluculum. »

    2 14 18 22 23 97
  3. Paschalis sollemnitatis, n. 78 (texte français officiel), avec renvoi au Missel romain, Veillée pascale, n. 3, et à l'instruction Eucharisticum mysterium (25 mai 1967), n. 28 : AAS 59 (1967), 556-557. Suite du paragraphe : « Les raisons alléguées par certains pour anticiper la Veillée pascale, par exemple l'insécurité publique ne valent pas plus dans le cas de la nuit de Noël ou pour d'autres réunions du même genre. »

    3 19 20
  4. Paschalis sollemnitatis, n. 81 (texte français officiel), avec renvoi au Missel romain, Veillée pascale, n. 7.

    4 102 103
  5. Épître des Apôtres (Epistula Apostolorum), ch. 15, traduction Ignispedia établie sur la version anglaise de M. R. James, The Apocryphal New Testament, Oxford, Clarendon Press, 1924, p. 485-503 (earlychristianwritings.com). James rapporte le jugement de l'éditeur Carl Schmidt (1919) : l'écrit aurait été composé « in Asia Minor about A.D. 160 by an orthodox Catholic ». Texte anglais : « Now when the Passover (Easter, pascha) cometh, one of you shall be cast into prison for my name's sake […] And he shall come forth and come unto you and keep the night-watch with you until the cock crow. And when ye have accomplished the memorial which is made of me, and the Agape (love-feast), he shall again be cast into prison. » Écrit apocryphe : témoin de la pratique, non Écriture.

    5 36 37
  6. Sacrée Congrégation des Rites, décret De solemni vigilia paschali instauranda, 9 février 1951, signé par le cardinal C. Micara, pro-préfet : AAS 43 (1951), 128-129, traduction Ignispedia. Texte original : « Dominicae Resurrectionis vigiliam, quam « matrem omnium sanctarum vigiliarum » S. Augustinus appellat (sermo 219, PL. 38,1088), maxima solemnitate, inde ab antiquissimis temporibus, celebrare consuevit Ecclesia. Huius vigiliae celebratio horis peragebatur nocturnis, quae Domini praecedunt Resurrectionem. Temporum vero decursu variisque de causis, eadem celebratio ad horas primum vespertinas, dein postmeridianas, denique ad matutinas sabbati sancti horas anteposita est, diversis simul inductis mutationibus, non sine originalis symbolismi detrimento. Nostra autem aetate, succrescentibus de antiqua liturgia investigationibus, vivum obortum est desiderium, ut paschalis praesertim vigilia ad primitivum splendorem revocaretur » ; approbation « pro nocturna vigiliae paschalis celebratione, facultative pro hoc anno de locorum Ordinariorum prudenti iudicio instauranda, et ad experimentum ».

    6 81 87 88 89
  7. Conférence des évêques de France, Service national de la catéchèse et du catéchuménat, dossier de presse « Enquête catéchuménat 2026 sur les baptisés de Pâques », 25 mars 2026 (catechese.catholique.fr) : « Plus de 13 000 adultes seront baptisés en France cette année dans la nuit de Pâques. L'augmentation du nombre baptêmes d'adultes se poursuit avec une hausse de 28% par rapport à 2025. En dix ans, le nombre de baptêmes a donc plus que triplé passant de 4 124 en 2016 à 13 234 en 2026 » ; adolescents : 8 152 en 2026 (7 404 en 2025) ; total : 21 386 baptêmes à Pâques ; éditorial de Mgr Olivier de Germay, archevêque de Lyon.

    7 188 189 190
  8. Exsultet (annonce de la Pâque), Missel romain, traduction française officielle de 2021, texte reproduit par le Service national de pastorale liturgique et sacramentelle (liturgie.catholique.fr, « L'Exultet, chanter l'événement pascal »), forme longue ; la même page précise que le chantre laïc omet les paroles réservées aux ministres ordonnés. Texte latin (Missale Romanum, 2002 ; livret de la Vigile papale du 19 avril 2025, vatican.va) : « Haec nox est, in qua primum patres nostros, filios Israel eductos de Aegypto, Mare Rubrum sicco vestigio transire fecisti. […] Haec nox est, in qua, destructis vinculis mortis, Christus ab inferis victor ascendit. […] O certe necessarium Adae peccatum, quod Christi morte deletum est! O felix culpa, quae talem ac tantum meruit habere Redemptorem! O vere beata nox, quae sola meruit scire tempus et horam, in qua Christus ab inferis resurrexit! […] O vere beata nox, in qua terrenis caelestia, humanis divina iunguntur! […] Flammas eius lucifer matutinus inveniat: ille, inquam, lucifer, qui nescit occasum: Christus Filius tuus, qui, regressus ab inferis, humano generi serenus illuxit. »

    8 27 113 114 125 150 151 153 158 161 170 171 199
  9. Paschalis sollemnitatis, n. 94-95 (texte français officiel) : regroupement éventuel de communautés, participation des fidèles en vacances à la Veillée du lieu où ils se trouvent ; « En annonçant la Veillée pascale, on évitera de la présenter comme le dernier moment du Samedi saint. Que l'on dise plutôt que la Veillée pascale est célébrée "dans la nuit de Pâques", et encore comme un seul acte de culte. Les pasteurs sont exhortés à enseigner activement aux fidèles dans la catéchèse qu'il faut participer à la Veillée pascale tout entière. »

    9 195
  10. Saint Augustin, Sermon 221 (In vigiliis Paschae, III), § 4, trad. Raulx, t. VII, 1868, p. 236-237. Textes originaux (augustinus.it) : « factum est ut nunc dies a noctibus computemus; quia non a luce ad tenebras, sed a tenebris ad lucem venire conamur » ; « Illius itaque noctis ad initium diei Dominici pertinentis nunc ista sollemnitate memoriam celebramus. Illam noctem agimus vigilando, qua Dominus resurrexit » ; « manifestum est quod ea nocte resurrexerit, cuius extremitas illud diluculum fuit » ; « quia ille dormivit ut vigilaremus, qui est mortuus ut viveremus ». Ce passage est cité par Paschalis sollemnitatis, n. 80, note 86 (Sermo Guelferbytanus 5, 4 : PLS 2, 552).

    10 55 160 163
  11. Code de droit canonique (1983), can. 1248 § 1 (texte français, vatican.va) : « Satisfait au précepte de participer à la Messe, qui assiste à la Messe célébrée selon le rite catholique le jour de fête lui-même ou le soir du jour précédent. »

    11 197
  12. Calendarium Romanum, Cité du Vatican, 1969, commentaire officiel du calendrier (sur les vigiles). Texte original : « notio medioevalis vigiliae, idest diei paenitentialis ante festum, in instauratione liturgica omnino abolita est. Si excipitur Vigilia paschalis, quae celebrari debet decursu sanctissimae noctis, nomine Missa in vigilia venit exinde Missa quae celebrari potest horis vespertinis, modo festivo, sive ante sive post primas Vesperas alicuius sollemnitatis. » Le même passage énumère les solennités qui ont encore une messe de la vigile : Pentecôte, Nativité du Seigneur, Nativité de saint Jean-Baptiste, saints Pierre et Paul, Assomption.

    12
  13. Paschalis sollemnitatis, n. 77 (texte français officiel). Les notes du document renvoient à Ex 12, 42, à saint Augustin, Sermon 219 (PL 38, 1088) et au Cérémonial des évêques, n. 332.

    15 16 99
  14. Léon XIV, homélie de la Vigile pascale, basilique Saint-Pierre, samedi 4 avril 2026 (vatican.va, texte français). Le pape y cite l'annonce de la Pâque : « Le pouvoir sanctifiant de cette nuit […] dissipe la haine, dispose à l'amitié et soumet toute puissance » (traduction de la version vaticane de l'homélie) ; il le commente plus loin : « la puissance de l'amour de Dieu, plus fort que n'importe quelle force du mal, capable de “dissiper la haine” et de “soumettre toute puissance” ».

    17 110 172 194
  15. Jean 20, 1 (AELF) : « Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c'était encore les ténèbres. »

    21
  16. Paschalis sollemnitatis, n. 39 (texte français officiel) : « Le Vendredi saint, on doit observer partout le jeûne avec l'abstinence, et il est conseillé de le prolonger aussi le Samedi saint, pour que l'Église parvienne avec un cœur élevé et ouvert aux joies du dimanche de la Résurrection. »

    24 196
  17. Exode 12, 42, traduction liturgique officielle (AELF).

    25
  18. Paschalis sollemnitatis, n. 79 (texte français officiel), qui cite l'annonce de la Pâque : « la nuit où le Christ, brisant les liens de la mort, est relevé, victorieux, des enfers ».

    26
  19. Roger Le Déaut, C.S.Sp., La Nuit pascale. Essai sur la signification de la Pâque juive à partir du Targum d'Exode XII, 42, Rome, Institut biblique pontifical, 1963 (Analecta Biblica 22), 423 p. ; compte rendu de Nicolas Séd, Revue des études juives, t. 123, 1964, p. 529-533 (Persée).

    28
  20. Targum Neofiti 1 sur Exode 12, 42, traduction Ignispedia établie sur Martin McNamara, Targum Neofiti 1: Exodus, The Aramaic Bible 2, Collegeville, The Liturgical Press, 1994, p. 51-53. Texte anglais : « Truly, four nights are those that are written in the Book of Memorials. The first night: when the Lord was revealed over the world to create it. […] and the Memra of the Lord was the Light, and it shone […] The second night: when the Lord was revealed to Abram […] And Isaac was thirty-seven years when he was offered upon the altar. […] The third night: when the Lord was revealed against the Egyptians at midnight […] The fourth night: when the world reaches its appointed time to be redeemed […] This is the night of the Passover to the name of the Lord: it is a night reserved and set aside for the redemption of all Israel, throughout their generations. » Une autre traduction française, qui transcrit le Nom divin, a été publiée par le Service national de la catéchèse et du catéchuménat (catechese.catholique.fr, « Le Poème des quatre nuits et la tradition juive de la Pâque »). Le Targum est une paraphrase juive, non un texte inspiré.

    29
  21. Lectionnaire arménien de Jérusalem, cité dans la traduction de M. L. McClure et C. L. Feltoe, The Pilgrimage of Etheria, Londres, SPCK, 1919, note au chapitre 38 (d'après F. C. Conybeare) : « At eventide, on the Sabbath day, they light a torch in the holy Anastasis. First the bishop repeats Ps. cxiii. And then the bishop lights three candles; and after him the deacons, and then the whole congregation », puis douze lectures : Gn 1, 1 – 3, 24 ; Gn 22, 1-18 ; Ex 12, 1-24 ; Jon 1, 1 – 4, 11 ; Ex 14, 24 – 15, 21 ; Is 60, 1-13 ; Jb 38, 1-28 ; 2 R 2, 1-22 ; Jr 31, 31-34 ; Jos 1, 1-9 ; Ez 37, 1-14 ; Dn 3, 1-90 ; les éditeurs y voient « evidently the primitive form of the ceremony of the New Fire in the ritual of the Greek Church at Jerusalem ». Datation : S. Janeras, « Les lectionnaires de l'ancienne liturgie de Jérusalem », Collectanea Christiana Orientalia 2 (2005), p. 71-92, ici p. 73-74 : « l'état de la liturgie de Jérusalem du début du Ve siècle, et plus précisément entre les années 417 et 439 » (édition de référence : A. Renoux, Patrologia Orientalis 35-36, 1969-1971).

    30 49 126 182
  22. Office des célébrations liturgiques du Souverain Pontife, livret de la Veglia pasquale nella notte santa, 4 avril 2026 : lectures Gn 1, 1.26-31 ; Gn 22, 1-2.9a.10-13.15-18 ; Ex 14, 15 – 15, 1 ; Is 54, 5-14 ; Is 55, 1-11 ; Ba 3, 9-15.32 – 4, 4 ; Ez 36, 16-17a.18-28 ; Rm 6, 3-11 ; Mt 28, 1-10 (formes brèves pour les deux premières, les formes longues du lectionnaire étant Gn 1, 1 – 2, 2 et Gn 22, 1-18) ; titres italiens des lectures et oraison après la première lecture : « O Dio, che in modo mirabile ci hai creati a tua immagine e in modo più mirabile ci hai rinnovati e redenti, fa' che resistiamo con la forza dello Spirito alle seduzioni del peccato, per giungere alla gioia eterna » (traduction Ignispedia). Rite du cierge (rubriques du livret) : le pape grave « una croce, la prima e l'ultima lettera dell'alfabeto greco, Alfa e Omega, e le cifre dell'anno corrente », puis fixe « in forma di croce, cinque grani di incenso » en disant : « Per mezzo delle sue sante piaghe gloriose ci protegga e ci custodisca Cristo Signore. Amen. »

    31 80 106 118 122
  23. Frère Rémy Valléjo, dominicain, prédication pour la Vigile pascale du 19 avril 2014 au monastère des dominicaines de Saint-Mathieu-de-Tréviers, publiée par le Service national de la catéchèse et du catéchuménat, « Les Quatre nuits, la Vigile pascale et la Parole d'un Dieu veilleur et créateur », catechese.catholique.fr.

    32
  24. Saint Jérôme, Commentaire sur Matthieu, livre IV, sur Mt 25, 6, PL 26, 192 (éd. Vallarsi, t. VII, p. 203), traduction Ignispedia. Texte original : « Traditio Iudaeorum est Christum media nocte venturum in similitudinem Aegypti temporis, quando pascha celebratum est et exterminator venit et Dominus super tabernacula transiit et sanguine agni postes nostrarum frontium consecrati sunt. Unde reor et traditionem apostolicam permansisse, ut die vigiliarum paschae ante noctis dimidium populos dimittere non liceat exspectantes adventum Christi et postquam illud tempus transierit, securitate praesumpta, festum cuncti agunt diem. » Texte recoupé sur l'OCR de la Patrologie latine et chez D. Böhler SJ, « Kar- und Osterliturgie der Kirche – Mysterienfeier und Pilgerschaft » (publikationen.uni-tuebingen.de).

    33 167
  25. Lactance, Institutions divines, VII, 19, 3, éd. S. Brandt, CSEL 19, Vienne, 1890, p. 645, traduction Ignispedia. Texte original : « haec est nox quae a nobis propter aduentum regis ac dei nostri peruigilio celebratur ». Le livre VII décrit un règne terrestre et visible du Christ que l'Église a écarté sous le nom de millénarisme (Catéchisme de l'Église catholique, § 676) ; seule l'attestation de la veillée est retenue ici.

    34
  26. Paschalis sollemnitatis, n. 80 : « Dès ses origines, l'Église a célébré la Pâque annuelle, la solennité des solennités, essentiellement par une veillée nocturne. […] Cette Veillée est en même temps une veillée d'attente de la venue du Seigneur. »

    35
  27. Méliton de Sardes, Sur la Pâque et fragments, introduction, texte critique, traduction et notes par O. Perler, Sources chrétiennes 123, Paris, Cerf, 1966.

    38
  28. Tertullien, À sa femme (Ad uxorem), II, 4, 2, trad. E.-A. de Genoude, Œuvres de Tertullien, 2ᵉ éd., Paris, Louis Vivès, 1852, t. III, p. 350. Texte original : « Quis nocturnis conuocationibus, si ita oportuerit, a latere suo adimi libenter feret? Quis denique sollemnibus Paschae abnoctantem securus sustinebit? »

    39
  29. Tertullien, Du baptême (De baptismo), 19, 1-3 et 20, 1, trad. Genoude, 1852, t. III, p. 259-260. Texte original : « Diem baptismo sollemniorem pascha praestat, cum et passio domini in qua tinguimur adimpleta est. […] ceterum omnis dies domini est: omnis hora, omne tempus habile baptismo. si de sollemnitate interest, de gratia nihil refert. » ; 20, 1 : « Ingressuros baptismum orationibus crebris, ieiuniis et geniculationibus et pervigiliis orare oportet ».

    40 41
  30. Didascalie des Apôtres, ch. 21, trad. F. Nau, La Didascalie, c'est-à-dire l'enseignement catholique des douze apôtres et des saints disciples de Notre Sauveur, traduite du syriaque, Paris, P. Lethielleux, 1902, p. 120-121. Version anglaise de R. H. Connolly (1929) : « You shall come together and watch and keep vigil all the night with prayers and intercessions, and with reading of the Prophets, and with the Gospel and with Psalms […] until the third hour in the night after the Sabbath. »

    42 43
  31. Tradition apostolique, ch. 20-21, trad. française d'A. Hamman, L'Initiation chrétienne, coll. Les Pères dans la foi, Desclée de Brouwer, 1980, p. 24-25 ; trad. anglaise de B. S. Easton, The Apostolic Tradition of Hippolytus, Cambridge, 1934, ch. 20 : « hands shall be laid upon them daily in exorcism » ; note d'Easton : « The final selection and instruction took place on the Thursday before Easter ». Édition critique : B. Botte, La Tradition apostolique de saint Hippolyte, Sources chrétiennes 11, Paris, 1946. Attribution et date discutées : P. F. Bradshaw, M. E. Johnson, L. E. Phillips, The Apostolic Tradition: A Commentary, Hermeneia, Minneapolis, Fortress Press, 2002.

    44 45 46
  32. Égérie, Itinerarium (Journal de voyage), 38, 1-2, texte latin (thelatinlibrary.com), traduction Ignispedia ; trad. anglaise de M. L. McClure et C. L. Feltoe, The Pilgrimage of Etheria, Londres, SPCK, 1919. Texte original : « Uigiliae autem paschales sic fiunt, quemadmodum ad nos; hoc solum hic amplius fit, quod infantes, cum baptidiati fuerint et uestiti, quemadmodum exient de fonte, simul cum episcopo primum ad Anastase ducuntur. Intrat episcopus intro cancellos Anastasis, dicutur unus ymnus, et sic facit orationem episcopus pro eis, et sic uenit ad ecclesiam maiorem cum eis, ubi iuxta consuetudinem omnis populus uigilat. Aguntur ibi, quae consuetudinis est etiam et aput nos, et facta oblatione fit missa. » Édition critique : P. Maraval, Sources chrétiennes 296.

    47 48
  33. Saint Cyrille de Jérusalem, Procatéchèse, 15-16, traduction Ignispedia établie sur la version anglaise d'E. H. Gifford, Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 7, 1894 (newadvent.org) : « May God sometime show you that night, the darkness which shines like the day, concerning which it is said, The darkness shall not be hidden from you, and the night shall shine as the day. Then may the gate of Paradise be opened to every man and every woman among you » ; § 16 : « Great is the Baptism that lies before you: a ransom to captives; a remission of offenses; a death of sin; a new-birth of the soul; a garment of light; a holy indissoluble seal; a chariot to heaven; the delight of Paradise; a welcome into the kingdom; the gift of adoption! »

    50 168
  34. Eusèbe de Césarée, Vie de Constantin, IV, 22, traduction Ignispedia établie sur la version anglaise d'E. C. Richardson, Nicene and Post-Nicene Fathers, 2ᵉ série, vol. 1, 1890 (newadvent.org) : « He changed, too, the holy night vigil into a brightness like that of day, by causing waxen tapers of great length to be lighted throughout the city: besides which, torches everywhere diffused their light, so as to impart to this mystic vigil a brilliant splendor beyond that of day. »

    51
  35. Saint Augustin, Sermon 219, fin, trad. Raulx, t. VII, 1868, p. 235. Texte original (augustinus.it) : « Vigilemus ergo, et oremus; ut et forinsecus et intrinsecus hanc vigiliam celebremus. Deus nobis loquatur in lectionibus suis; Deo loquamur in precibus nostris. Si eloquia eius obedienter audiamus, in nobis habitat quem rogamus. »

    53 116
  36. Saint Augustin, Sermon 220 (In vigiliis Paschae, II), § 1, trad. Raulx, t. VII, 1868, p. 235-236. Texte original : « Et tamen solemnitas tamquam saepius fiat, revolutis temporibus iterat, quod veritas semel factum tot Scripturarum vocibus clamat. […] Veritas quae facta sunt, sicut facta sunt aperit: solemnitas autem non ea faciendo, sed celebrando, nec praeterita praeterire permittit. »

    54 174
  37. Pape saint Sirice, lettre Directa ad decessorem à Himère, évêque de Tarragone, 10 février 385, ch. 2, § 3 : Denzinger-Hünermann 184 (traduction française du Denzinger) : « Sans vouloir cependant amoindrir le respect sacré qui s'attache à Pâques, Nous prescrivons d'administrer sans délai le baptême aux enfants qui, du fait de leur âge, ne peuvent pas encore parler, ou aux personnes qui se trouvent dans une nécessité quelconque de recevoir le saint baptême […] ». Texte latin du passage qui précède (PL 13, 1134-1135, la.wikisource.org), traduction Ignispedia : « cum hoc sibi privilegium et apud nos, et apud omnes ecclesias, dominicum specialiter cum Pentecoste sua Pascha defendat; quibus solis per annum diebus, ad fidem confluentibus generalia baptismatis tradi convenit sacramenta, his dumtaxat electis, qui ante quadraginta vel eo amplius dies nomen dederint, et exorcismis, quotidianisque orationibus atque ieiuniis fuerint expiati »

    56
  38. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, III, q. 66, a. 10, ad 1, édition du Cerf, 1984 (édition numérique docteurangelique.free.fr). La suite ajoute la vigile de la Pentecôte, « quand commencent les solennités du Saint-Esprit ».

    57
  39. Herbert Thurston, « Paschal Candle », The Catholic Encyclopedia, vol. 11, New York, Robert Appleton, 1911 (newadvent.org/cathen/11515b.htm) : lettre de saint Jérôme au diacre Praesidius de Plaisance (PL 30, 188) et défense de son authenticité par Dom Germain Morin (Revue Bénédictine, 1891 et 1892) contre Mgr Duchesne ; laus cerei d'Augustin (La Cité de Dieu, XV, 22) ; formules d'Ennode (Opusc. 14 et 81) ; thèse de G. Mercati sur le Praeconium ambrosien (Studi e Testi XII, 1904, p. 37-38) ; concession du cierge par Zosime, mentionnée seulement dans la seconde édition du Liber Pontificalis ; IVᵉ concile de Tolède (633), canon 9, bénédiction de la lucerna et du cereus.

    58 59 60 61 62
  40. Pape saint Zacharie, lettre à saint Boniface du 4 novembre 751 (éd. Tangl, n° 87), traduction Ignispedia établie sur E. Emerton, The Letters of Saint Boniface, New York, Columbia University Press, 1940, lettre LXXI [87] : « In regard to the Easter fire: the ancient holy fathers prescribe that […] on the fifth day of Easter week, while the sacred oil is being consecrated, three large lamps with oil collected from the various receptacles of the church shall be burned continuously in a remote chamber of the church, symbolizing the inner part of the tabernacle, and carefully tended so that the oil shall suffice for three days. On Holy Saturday fire shall be taken from these lamps for the consecration of the sacred baptismal water and shall be renewed by the priest. In regard to crystals we have, as you say, no tradition. »

    63 64
  41. « Liturgical Use of Fire », The Catholic Encyclopedia (newadvent.org/cathen/06079a.htm) : « In the West we see the Irish, as early as the sixth century, lighting large fires at nightfall on the Eve of Easter. The correspondence of St. Boniface with Pope Zachary furnishes a curious detail on this subject. These fires were kindled, not with brands from other fires, but with lenses; they were therefore new fires » ; la cérémonie du feu à Jérusalem « is peculiar to the Holy City and does not figure in the ordinary Byzantine ritual ».

    65 67 183
  42. Louis Duchesne, Christian Worship: Its Origin and Evolution, trad. anglaise de M. L. McClure des Origines du culte chrétien, 5ᵉ éd., Londres, SPCK, 1919, p. 250-251, traduction Ignispedia. Texte anglais : « This custom appears to have been peculiar to the British or Irish, and to have been conveyed, through the Anglo-Saxons, to the Continent by missionaries of the eighth century. There is no trace of it in the ancient Merovingian books. It was not known, moreover, at Rome. »

    66 72
  43. Muirchú, Vie de saint Patrick (fin du VIIᵉ siècle), ch. 15, traduction Ignispedia établie sur N. J. D. White, St. Patrick: His Writings and Life, Londres, 1920 : « Accordingly Saint Patrick, in his celebration of the holy Paschal feast, kindled a divine fire, very bright and blessed, which as it shone forth at night, was seen by almost all the dwellers in the plain » ; paroles des mages : « unless it be put out on this night on which it has been lighted up, it will not be put out forever ». Récit hagiographique, reçu comme tradition.

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  44. P. F. Moran, « St. Patrick », The Catholic Encyclopedia, vol. 11, New York, Robert Appleton, 1911 (newadvent.org/cathen/11554a.htm) : « St. Patrick arrived at the hill of Slane, at the opposite extremity of the valley from Tara, on Easter Eve […] and on the summit of the hill kindled the Paschal fire. »

    69
  45. Rubricae Sabbato Sancto servandae si vigilia paschalis instaurata peragatur, AAS 43 (1951), 130-137 : heure « quae permittat incipere missam solemnem vigiliae paschalis circa mediam noctem » ; « excutitur ignis de lapide extra ecclesiam » ; triple Lumen Christi chanté par le diacre portant le cierge pascal, chaque fois plus haut (n. 11) ; n. 17 : « Ex duodecim lectionibus, in missali romano propositis, leguntur prima cum sua oratione, quarta, octava et undecima » ; chap. VII, n. 24-26, De renovatione promissionum baptismatis, monition : « Hac sacratissima nocte, Fratres carissimi, sancta Mater Ecclesia, recolens Domini nostri Jesu Christi mortem et sepulturam, eum redamando vigilat ; et exspectans eiusdem gloriosam resurrectionem, laetabunda gaudet » ; n. 26 : récitation possible en langue vivante là où le rituel approuvé le permet pour le baptême.

    73 90 91 92 128 146
  46. Charlton Walker, « Exultet », The Catholic Encyclopedia, vol. 5, New York, Robert Appleton, 1909 (newadvent.org/cathen/05730b.htm) : « The regularity of the metrical cursus of the "Exultet" would lead us to place the date of its composition perhaps as early as the fifth century, and not later than the seventh. The earliest manuscript in which it appears are those of the three Gallican Sacramentaries: — the Bobbio Missal (seventh century), the Missale Gothicum and the Missale Gallicanum Vetus (both of the eighth century) » ; « The affixing of five grains of incense at the words incensi hujus sacrificium has probably arisen from a misconception of the meaning of the text » ; « In Italy the Praeconium was sung from long strips of parchment, gradually unrolled as the deacon proceeded. […] The best examples date from the tenth and eleventh centuries. »

    74 75 79
  47. Herbert Thurston SJ, Lent and Holy Week, Londres, Longmans, Green and Co., 1904, p. 420 : sur les rouleaux d'Exultet, « all the illuminations in these rolls are drawn up side down with respect to the text which they illustrate. The pictures are so painted that when the roll is hanging over the rail of the pulpit the illustrations may be seen the right way up by the congregation below » ; sur O felix culpa : « St. Hugh of Cluny ordered the words to be effaced in his Missal, and in many early MSS. of the Exsultet, we find that they have either been omitted or crossed through. The Church, by retaining them in the Roman Missal, has tacitly pronounced that they may bear a perfectly legitimate acceptation. »

    76 156
  48. « Lumen Christi », The Catholic Encyclopedia (newadvent.org/cathen/09430a.htm), d'après H. Thurston, Lent and Holy Week, 1904, p. 414-417 : « The triple candle was at first no doubt, merely a precaution against the light blowing out on the way. […] The triple candle appears first in the twelfth and fourteenth Roman Ordines (P.L., LXXVIII, 1076, 1218), about the twelfth century » ; usages de Salisbury (hymne Inventor rutili), du rite mozarabe (antienne Lumen verum illuminans omnem hominem) et de Milan.

    77 78
  49. Sacrée Congrégation des Rites, décret général Maxima redemptionis nostrae mysteria, 16 novembre 1955, signé par le cardinal G. Cicognani, préfet : AAS 47 (1955), 838-847, traduction Ignispedia. Textes originaux : « Solemnis praesertim paschalis vigiliae liturgia, a propria nocturna sede avulsa, nativam perspicuitatem ac verborum et symbolorum sensum amisit. Praeterea sabbati sancti dies, praecoci paschali gaudio invasus, propriam indolem perdidit luctuosam memoriae dominicae sepulturae » (p. 838) ; constitution Universa per orbem d'Urbain VIII, 13 septembre 1642, et églises « quasi desertis » (p. 839) ; nouvel ordo obligatoire « a die 25 Martii, dominica II Passionis seu in palmis, anni 1956 » ; n. 9 : vigile « quae permittat Missam solemnem eiusdem vigiliae incipere circa mediam noctem », et en cas d'anticipation « non inchoetur ante diei crepusculum, aut certe non ante solis occasum » ; n. 10 : le jeûne du carême, qui cessait à midi le Samedi saint (can. 1252 § 4 du Code de 1917), cessera désormais à minuit (p. 840-841).

    82 84 94
  50. Missale Romanum, éd. typique vaticane de 1920, Samedi saint : douze prophéties (Gn 1, 1 – 2, 2 ; Gn 5-8 ; Gn 22, 1-19 ; Ex 14, 24 – 15, 1 ; Is 54, 17 – 55, 11 ; Ba 3, 9-38 ; Ez 37, 1-14 ; Is 4, 1-6 ; Ex 12, 1-11 ; Jon 3, 1-10 ; Dt 31, 22-30 ; Dn 3, 1-24) ; Rubricae generales Missalis, XV, 1 : « Missa privata saltem post Matutinum et Laudes quacumque hora ab aurora usque ad meridiem dici potest. »

    83 86 127
  51. Saint Pie V, constitution Sanctissimus (« Revocatio privilegii, quibuscumque concessi, celebrandi missas vespertino tempore »), publiée à Rome le 29 mars 1566, Bullarium Romanum, éd. de Turin, t. VII, 1862 : elle révoque les permissions de célébrer le soir les messes de la nuit et de l'aurore de Noël et du matin de la Résurrection ; son § 2 (ibid., p. 434) ajoute une interdiction explicite de célébrer le soir, adressée à ses destinataires. Sur la lecture erronée qui en fait l'origine de la Vigile du matin : Gregory DiPippo, « Did St Pius V Mandate That All Masses Be Celebrated in the Morning? », New Liturgical Movement, 16 décembre 2025 (newliturgicalmovement.org).

    85
  52. Sacrée Congrégation des Rites, décret du 11 janvier 1952, De facultativa celebratione instauratae vigiliae paschalis ad triennium prorogata : AAS 44 (1952), 48-50. Texte original : « in quamplurimis totius orbis dioecesibus, angustia temporis non obstante, celebrata fuit, et optimo quidem cum successu » ; rapports « de copiosis fructibus spiritualibus » ; ordinations n. 3-4 : messe « circa mediam noctem », anticipation pour causes graves « non autem ante horam octavam post meridiem ».

    93
  53. Sacrée Congrégation des Rites, instruction De ordine hebdomadae sanctae instaurato rite peragendo, 16 novembre 1955 : AAS 47 (1955), 843-844, traduction Ignispedia. Texte original : « Huius vero vigiliae propositum et finis in eo est, ut liturgica actione demonstretur et recolatur, quomodo ex morte Domini nostra promanaverit vita et gratia. Itaque sub cerei paschalis signo ipse Dominus « lux mundi » proponitur, qui peccatorum nostrorum tenebras, gratia suae lucis, profligavit ».

    95
  54. Concile Vatican II, constitution Sacrosanctum Concilium sur la sainte liturgie, 4 décembre 1963, n. 6 et 61 (texte français, vatican.va) : « Jamais, dans la suite, l'Église n'omit de se réunir pour célébrer le mystère pascal » ; « la grâce divine qui découle du mystère pascal de la passion, de la mort et de la résurrection du Christ ; car c'est de lui que tous les sacrements et sacramentaux tirent leur vertu ».

    96
  55. Benoît XVI, homélie de la Vigile pascale, basilique Saint-Pierre, 23 avril 2011 (vatican.va, texte français) : « Deux grands signes caractérisent la célébration liturgique de la Veillée Pascale. Il y a d'abord le feu qui devient lumière. La lumière du cierge pascal […] nous parle du Christ comme véritable étoile du matin, qui ne se couche pas éternellement ».

    98 121 162
  56. Congrégation pour le culte divin, lettre circulaire Paschalis sollemnitatis sur la préparation et la célébration des fêtes pascales, Rome, 16 janvier 1988, card. Paul Augustin Mayer, préfet, n. 1 (traduction française de la Congrégation, publiée par le Service national de pastorale liturgique et sacramentelle, liturgie.catholique.fr). La note 1 du document renvoie au décret Dominicae Resurrectionis (9 février 1951), AAS 43 (1951), 128-137, et au décret Maxima redemptionis nostrae mysteria (16 novembre 1955), AAS 47 (1955), 838-847.

    100
  57. Missel romain, troisième édition typique, traduction française de 2021, Desclée-Mame, p. 206, présentation de la Vigile pascale, citée par le Service national de pastorale liturgique et sacramentelle, « L'Exultet, chanter l'événement pascal », liturgie.catholique.fr : la veillée « qui est la plus grande et la plus noble de toutes les solennités » ; les fidèles, « tenant en main leurs flambeaux allumés », semblables à ceux qui attendent leur maître (Lc 12, 35).

    101 166
  58. Paschalis sollemnitatis, n. 82 (texte français officiel).

    104 105
  59. L'Osservatore Romano, « Quella luce che illumina l'oscurità », avril 2026 (osservatoreromano.va) : célébration commencée à 21 heures dans l'atrium ; le pape grave l'année, l'alpha et l'oméga et fixe cinq grains d'encens ; sept lectures en sept langues (français, portugais, italien, espagnol, allemand, polonais, anglais) ; « Leone XIV ha battezzato dieci catecumeni (sei uomini e quattro donne) […] Cinque provenivano dalla diocesi di Roma, una dalla Corea, due dalla Gran Bretagna e due dal Portogallo », qui reçoivent aussi la confirmation et communient pour la première fois.

    107 119 141
  60. Paschalis sollemnitatis, n. 83 (texte français officiel) : la procession est guidée par la seule lumière du cierge pascal ; la lumière se répand aux cierges des fidèles, « les lumières électriques demeurant encore éteintes ». Le triple chant « Lumière du Christ » en élevant la voix figure déjà dans les rubriques de 1951 (voir la note sur le rite de 1951).

    108 109
  61. Paschalis sollemnitatis, n. 84 : « En cas de nécessité, à défaut de diacre, et si le prêtre célébrant lui-même n'est pas en mesure de l'exécuter, on confiera l'Annonce de la Pâque à un chantre. »

    111 112
  62. Paschalis sollemnitatis, n. 85 (texte français officiel) : « L'Ordo restauré de la Veillée pascale comprend sept textes de l'Ancien Testament et deux du Nouveau. […] là où des circonstances pastorales demanderaient de diminuer ce nombre de lectures, on en maintiendra au moins trois de l'Ancien Testament, tirées de la Loi et des Prophètes ; et jamais on n'omettra la lecture du chapitre 14 de l'Exode avec son cantique. »

    115 123 129
  63. Paschalis sollemnitatis, n. 86 (texte français officiel), qui demande aussi de ne pas remplacer les psaumes par de petits cantiques populaires.

    117
  64. Benoît XVI, homélie de la Vigile pascale, basilique Saint-Pierre, 7 avril 2012 (vatican.va, texte français).

    120 164 169 191
  65. Catéchisme de l'Église catholique, § 1217-1222 (texte français, vatican.va), qui cite la bénédiction de l'eau baptismale du Missel romain, Vigile pascale, n. 42 ; § 1221 : « C'est surtout la traversée de la Mer Rouge, véritable libération d'Israël de l'esclavage d'Égypte, qui annonce la libération opérée par le Baptême ».

    124 135 136
  66. Thomas Hopko, The Orthodox Faith, vol. II, « Worship — The Church Year — Holy Saturday », Orthodox Church in America (oca.org), traduction Ignispedia : « This service already belongs to the Passover Sunday » ; « fifteen readings from the Old Testament scriptures are read […] Besides the readings in Genesis about creation, and the passover-exodus of the Israelites […] there are selections from the prophecies of Isaiah, Ezekiel, Jeremiah, Daniel, Zephaniah, and Jonah as well as from Joshua and the Books of Kings » ; « As many as have been baptized into Christ have put on Christ. Alleluia (Gal 3.27) » ; Rm 6, 3-11 ; changement des vêtements pendant le chant du psaume 82 ; « Originally this Liturgy was the Easter baptismal liturgy of Christians. »

    130 175 176 177 185
  67. Paschalis sollemnitatis, n. 87 (texte français officiel), avec renvoi au Cérémonial des évêques, n. 352, pour le triple Alléluia.

    131 134
  68. Paschalis sollemnitatis, n. 50 (texte français officiel) : « Pendant le chant du Gloria, les cloches sonnent, selon les coutumes locales ; elles se taisent ensuite jusqu'au Gloria de la Veillée pascale, à moins que la Conférence des évêques ou l'Ordinaire du lieu n'en décide autrement, selon l'opportunité. »

    132
  69. Romains 6, 3-4 (AELF). Rm 6, 3-11 est l'épître de la Vigile pascale dans le rite romain comme dans le rite byzantin.

    133
  70. Paschalis sollemnitatis, n. 88 : « La troisième partie de la Veillée est la liturgie baptismale. Le lien entre la Pâque du Christ et la nôtre est alors manifesté dans le sacrement. […] Même s'il n'y a pas de baptêmes à célébrer, on doit, dans les églises paroissiales, bénir l'eau baptismale. »

    137 184
  71. Code de droit canonique, can. 856 : « Bien que le baptême puisse être célébré n'importe quel jour, il est néanmoins recommandé de le célébrer habituellement le dimanche ou, si cela est possible, au cours de la veillée pascale. »

    138
  72. Code de droit canonique, can. 866 : « À moins d'un grave empêchement, l'adulte qui est baptisé sera confirmé immédiatement après le baptême et participera à la célébration eucharistique, en y recevant aussi la communion. »

    139
  73. Code de droit canonique, can. 883 : « Ont de plein droit la faculté d'administrer la confirmation », 2°, « le prêtre qui, en vertu de son office ou par mandat de l'Évêque diocésain, baptise quelqu'un sorti de l'enfance ou admet à la pleine communion de l'Église catholique quelqu'un déjà baptisé ».

    140
  74. Catéchisme de l'Église catholique, § 1243 : « Le vêtement blanc symbolise que le baptisé a "revêtu le Christ" (Ga 3, 27) : est ressuscité avec le Christ. Le cierge, allumé au cierge pascal, signifie que le Christ a illuminé le néophyte. Dans le Christ, les baptisés sont "la lumière du monde" (Mt 5, 14). »

    142
  75. Paschalis sollemnitatis, n. 102, qui renvoie au Rituel de l'initiation chrétienne des adultes, n. 37-40 et 235-239.

    143
  76. Paschalis sollemnitatis, n. 89 (texte français officiel).

    144
  77. Catéchisme de l'Église catholique, § 1254 : « Chez tous les baptisés, enfants ou adultes, la foi doit croître après le Baptême. C'est pour cela que l'Église célèbre chaque année, dans la nuit pascale, le renouvellement des promesses du Baptême. »

    145
  78. Paschalis sollemnitatis, n. 90 (texte français officiel).

    147
  79. Paschalis sollemnitatis, n. 91 (texte français officiel) : prière universelle où les néophytes exercent pour la première fois le sacerdoce royal, procession des offrandes, prière eucharistique chantée de préférence, chant de communion (psaume 117 avec l'antienne « Le Christ, notre Agneau pascal », ou psaume 33).

    148
  80. Office des célébrations liturgiques du Souverain Pontife, livrets de la Vigile pascale du 30 mars 2024 (évangile de l'année B, Mc 16, 1-7) et du 19 avril 2025 (évangile de l'année C, Lc 24, 1-12 ; renvoi Ite, missa est, alleluia, alleluia), vatican.va.

    149
  81. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, III, q. 1, a. 3, ad 3, édition du Cerf, 1984. Le texte est repris par le Catéchisme de l'Église catholique, § 412.

    154
  82. Catéchisme de l'Église catholique, § 412 (texte français, vatican.va), citant saint Léon le Grand, Sermon 73, 4 (PL 54, 396), et saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, III, q. 1, a. 3, ad 3 : « Et le chant de l'"Exultet" : "O heureuse faute qui a mérité un tel et un si grand Rédempteur" ».

    155
  83. Catéchisme de l'Église catholique, § 390 (texte français, vatican.va) : « Le récit de la chute (Gn 3) utilise un langage imagé, mais il affirme un événement primordial, un fait qui a eu lieu au commencement de l'histoire de l'homme […]. La Révélation nous donne la certitude de foi que toute l'histoire humaine est marquée par la faute originelle librement commise par nos premiers parents. »

    157
  84. Catéchisme de l'Église catholique, § 647 (texte français, vatican.va).

    159
  85. Psaume 138, 12 (AELF). L'Exsultet en cite une forme ancienne : « Et nox sicut dies illuminabitur : et nox illuminatio mea in deliciis meis ».

    165
  86. R. P. Joseph L. Iannuzzi, Le don de la vie dans la Divine Volonté dans les écrits de Luisa Piccarreta. Enquête dans les premiers conciles œcuméniques et la théologie patristique, scolastique et contemporaine, thèse de doctorat, Université pontificale grégorienne, 2012, conclusion, p. 529 : « Le chapitre IV a examiné le « Fiat de Sanctification » à la lumière de la prière du Notre Père où Jésus demandait que la Volonté du Père « soit faite sur la terre comme au ciel », comme gage de sa réalisation sur la terre. Ce chapitre illustrait l'argument de Luisa montrant que l'accomplissement de cette promesse est lié à l'attribution du don de « Vie dans la Divine Volonté » ».

    173
  87. Thomas Hopko, The Orthodox Faith, vol. II, « Easter Sunday: The Holy Pascha », Orthodox Church in America (oca.org), traductions Ignispedia : « This procession of the Christians on Easter night recalls the original baptismal procession from the darkness and death of this world to the light and the life of the Kingdom of God » ; tropaire : « Christ is risen from the dead, trampling down death by death, and upon those in the tombs bestowing life » ; canon : « It is the day of resurrection! Let us be illumined for the feast! Pascha! The Pascha of the Lord! From death unto life, and from earth unto heaven has Christ our God led us! » ; matines et liturgie célébrées « in the first dark hours of the first day of the week ».

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  88. Conférence des évêques de France, dossier de presse « Enquête catéchuménat 2024 » (eglise.catholique.fr) : « 7135 adultes baptisés cette année à Pâques », hausse de « près de 31 % par rapport à 2023 ».

    186
  89. Conférence des évêques de France, dossier de presse « Catéchumènes 2025 » (eglise.catholique.fr) : « Plus de 10 000 adultes seront baptisés dans la nuit ou le jour de Pâques soit une augmentation de 45 % par rapport à l'année 2024 » ; les catéchumènes sont passés « de 3 900 (en 2015) à 10 384 (en 2025) ».

    187
  90. Pape François, homélie de la Vigile pascale, basilique vaticane, 30 mars 2013 (vatican.va, texte français).

    192
  91. Pape François, homélie de la Vigile pascale, basilique vaticane, 11 avril 2020 (vatican.va, texte français).

    193
  92. Paschalis sollemnitatis, n. 99 (texte français officiel).

    198