Luisa Piccarreta (Corato, 23 avril 1865 — Corato, 4 mars 1947) est une mystique catholique italienne, Servante de Dieu dont la cause de béatification est officiellement ouverte depuis 1994 dans l'archidiocèse de Trani-Barletta-Bisceglie[1]. Alitée depuis 1888 jusqu'à sa mort — près de soixante ans —, elle ne se nourrit pratiquement que de l'Eucharistie : la nourriture qu'on lui apporte chaque jour est rejetée intacte et elle ne boit qu'un peu de sirop d'amande[2][3]. Elle reçoit, par obéissance à ses confesseurs successifs, la mission de mettre par écrit ses dialogues mystiques avec le Christ. De ce labeur naît le Livre du Ciel, corpus de trente-six volumes rédigés entre 1899 et 1938, qui constitue le cœur de sa contribution spirituelle : l'enseignement progressif sur le don de vivre dans la Divine Volonté, accomplissement plénier de la demande du Notre Père « que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ».
Faire la volonté de Dieu, c'est lui obéir avec sa propre volonté ; vivre dans la Divine Volonté, c'est tout autre chose : la volonté propre s'efface pour ne faire qu'une seule volonté avec celle de Dieu, et l'acte posé devient alors un acte divin, d'une valeur infinie — l'accomplissement sur la terre de la demande du Notre Père.
Son corpus comprend aussi Les Heures de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ (1914) et La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté (1932). Son directeur spirituel et censeur ecclésiastique attitré fut saint Hannibal Maria di Francia (1851-1927), fondateur des Rogationnistes, canonisé en 2004 par saint Jean-Paul II[4].
La trajectoire ecclésiale de l'œuvre suit un arc remarquable. Du vivant de Luisa, les écrits reçoivent quatre Nihil Obstat et cinq Imprimatur distincts entre 1926 et 1937, dont un de saint Hannibal di Francia et plusieurs de l'archevêque de Trani Mgr Giuseppe Maria Leo[5]. Le 13 juillet 1938, trois œuvres sont placées à l'*Index librorum prohibitorum* par le Saint-Office ; Luisa s'y soumet immédiatement et cesse d'écrire — geste de soumission qui manifestera l'héroïcité des vertus examinée en cause[6].
En bref : le Nihil Obstat (« rien ne s'y oppose ») autorise la publication après examen doctrinal, l'Imprimatur (« qu'il soit imprimé ») est la permission de l'évêque, le Non Obstare (« pas d'objection ») lève un obstacle romain à l'ouverture d'une cause, le Nulla Osta (« aucune objection ») constate ici l'absence d'erreur doctrinale ; l'Index listait les livres interdits aux catholiques, et le Dicastère pour la Doctrine de la Foi est l'organisme romain gardien de la doctrine. L'Index est aboli par saint Paul VI en 1966, et la cause de béatification est officiellement ouverte le 20 novembre 1994 par Mgr Carmelo Cassati, après le Non Obstare accordé par la Congrégation pour les Causes des Saints (lettre officielle du 24 février 1994, déclaration datée du 25 février 1994)[7].
Le 3 décembre 2024, le Dicastère pour la Doctrine de la Foi adresse une lettre officielle (Prot. N. 94/37 — 102675) à Mgr Benoît Bertrand, président de la Commission doctrinale de la Conférence des évêques de France, confirmant le Nulla Osta accordé en juin 2024 à la poursuite de la cause et constatant explicitement « aucune erreur doctrinale dans ses écrits de nature à en empêcher la divulgation »[8]. À cette date, l'œuvre cumule au moins onze sceaux officiels d'approbation ecclésiastique sur près d'un siècle[9].
Biographie
En quelques dates
- 23 avril 1865 — Naissance à Corato (Pouilles, Italie), dans une famille modeste de paysans. Quatrième de cinq filles[10].
- 23 avril 1874 — Première communion (et confirmation) à neuf ans : c'est à partir de ce moment qu'elle commence à entendre la voix de Jésus, spécialement après la communion[11].
- 1888 — Alitée à temps complet : jusqu'à sa mort en 1947 — près de soixante ans —, elle ne s'alimente pratiquement plus, rejette intacte toute nourriture solide et ne boit qu'un peu de sirop d'amande, l'Eucharistie restant sa seule nourriture[12][13][14].
- 8 mars 1898 — Le pape Léon XIII accorde par rescrit un indult pour la célébration de la Messe une fois par semaine au domicile de Luisa[15].
- 28 février 1899 — Sur ordre d'obéissance à son confesseur, Luisa commence à écrire son Journal (le futur Livre du Ciel, 36 volumes). Elle écrira jusqu'au 28 décembre 1938[16].
- 23 mai 1905 — Le pape saint Pie X étend pour sept années supplémentaires le rescrit de Léon XIII[17].
- 1908 — Mgr Francesco Paolo Carrano, archevêque de Trani, nomme saint Hannibal Maria di Francia réviseur extraordinaire des écrits de Luisa ; il devient son confesseur personnel et son éditeur pour dix-neuf ans, jusqu'en 1927[18].
- 25 juin 1914 — Première édition italienne des Heures de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ : Mgr Carrano y attache des indulgences pontificales[19].
- 6 août 1926 — Saint Hannibal Maria di Francia appose son Nihil Obstat sur les dix-neuf premiers volumes manuscrits du Journal[20].
- Septembre-octobre 1926 — Mgr Giuseppe Maria Leo, archevêque de Trani, donne l'Imprimatur sur ces mêmes dix-neuf volumes[21].
- 1er juin 1927 — Mort de saint Hannibal Maria di Francia[22].
- 13 juillet 1938 — Le Saint-Office place trois œuvres de Luisa à l'Index librorum prohibitorum. Dans un acte d'obéissance héroïque, Luisa remet immédiatement ses livres et adresse à son évêque un acte de soumission inconditionnelle au jugement de l'Église. Elle cesse toute activité d'écriture le 28 décembre 1938[23].
- 4 mars 1947 — Mort de Luisa à Corato, en odeur de sainteté[24].
- 24 février 1994 — La Congrégation pour les Causes des Saints accorde son Non Obstare à l'ouverture de la cause de béatification (déclaration officielle datée du 25 février 1994) ; le cardinal Angelo Felici, préfet de la Congrégation, le confirme à Mgr Cassati par lettre du 28 mars 1994[25].
- 20 novembre 1994 — Mgr Carmelo Cassati ouvre officiellement la cause de béatification[26].
- Juin 2024 — Le Dicastère pour la Doctrine de la Foi accorde un nouveau Nulla Osta à la poursuite de la cause, constatant l'absence d'erreur doctrinale dans les écrits[27].
- 3 décembre 2024 — Mgr Philippe Curbelié, Sous-Secrétaire du Dicastère, signe la lettre officielle (Prot. N. 94/37 — 102675) adressée à l'épiscopat français, confirmant publiquement le Nulla Osta[28].
L'enfance (1865-1874)
Luisa naît au matin du dimanche 23 avril 1865, dimanche in albis (dimanche après Pâques), à Corato, dans le diocèse de Trani, dans la région des Pouilles. Elle est baptisée le soir-même. Elle-même rapporte être née « à l'envers », et que sa mère n'a pas connu les souffrances habituelles de la grossesse — signes, dira-t-elle plus tard, que sa vie sera elle aussi « à l'envers par rapport à la vie des autres »[29].
Ses parents, Vito Nicola Piccarreta et Rosa Tarantino, appartiennent à des familles de paysans plutôt pauvres. Ils ont cinq filles — Maria, Rachela, Philomena, Luisa (la quatrième) et Angela — et travaillent pour une famille aisée, les Mastrorilli, propriétaires d'une maison sur la Via Murge à Corato et d'une ferme à une trentaine de kilomètres à l'ouest. Les Piccarreta vivent dans une construction sur le toit de la maison Via Murge ; c'est là que naît Luisa. Durant la belle saison, la famille quitte Corato pendant quelques mois pour travailler à la ferme. Luisa y passe de nombreuses heures dans sa cachette favorite, au creux d'un arbre[30].
Les parents de Luisa sont pieux : ils prient chaque jour le Rosaire et assistent à la messe aussi souvent qu'ils le peuvent. Luisa rapporte : « Maman et Papa étaient des anges de pureté et de modestie… Il n'y avait pas de place dans notre foyer pour les mensonges et la fausseté. »[31] Luisa et ses sœurs n'entendirent jamais un seul juron dans la maison ; les Piccarreta sont honnêtes, courtois, durs au travail. C'est dans ce climat saint que Luisa apprend les premiers enseignements de la foi.
De nature timide, Luisa se cache derrière un lit dès qu'un visiteur entre dans la maison. Cette peur vient surtout des cauchemars effrayants qu'elle fait chaque nuit dès l'âge de trois ans, racontés dans son Carnet de souvenirs d'enfance :
« Dès l'âge tendre de trois ou quatre ans et jusqu'à dix ans environ, j'étais facilement effrayée. J'avais parfois si peur que je ne pouvais rester seule ou sortir sans être accompagnée. […] Le diable me faisait tellement peur que je tremblais de frayeur. J'ai souvent rêvé qu'il essayait de m'empoigner et de m'emporter… Le lendemain d'un de mes cauchemars, son souvenir me hantait et j'avais peur du diable partout où j'allais. »[32]
Pour combattre ses peurs, Luisa se réfugie dans la prière — Notre Père, Je vous salue Marie, invocation des saints —, passant chaque jour de longues heures à supplier la Vierge et son ange gardien. Elle passe toute son enfance dans le cercle familial, à l'exception d'une année scolaire chez les Sœurs de l'Immaculée Conception où elle achève l'équivalent d'une seconde année de cours primaire[33]. Plus tard, Jésus lui révélera que cette timidité même faisait partie d'un plan providentiel :
« Ma fille, même la nature timide sous laquelle je t'ai tenue dans ton âge tendre était une de mes plus grandes jalousies d'amour envers toi. Je voulais que tu ne sois influencée par personne, ni par les gens ni par le monde ; je voulais te détacher de tout. »[34]
De manière symétrique, Jésus lui interprétera plus tard ses propres cauchemars enfantins :
« Ma fille, l'ennemi entrevoyait les plans de Ma Providence. Il sentait que tu Me rendrais une grande gloire et qu'il allait être écrasé par toi comme jamais auparavant. […] Espérant pouvoir te détruire, il t'observait soigneusement afin de découvrir mes plans. »[35]
Malgré sa timidité, Luisa cache une volonté forte et un goût vif de la nature, des jeux au grand air, des animaux. Un épisode de sa toute première enfance demeurera fameux : un cheval de la propriété Mastrorilli tombe gravement malade et son père s'apprête à faire venir le vétérinaire. Luisa supplie qu'on la laisse entrer dans l'écurie. Son père refuse, puis cède devant son insistance. Quelques minutes plus tard, lorsque le vétérinaire arrive, il découvre la petite fille caressant joyeusement un cheval en pleine santé[36]. Ce trait — timidité extrême par souci des âmes, mais audace surnaturelle dès qu'il s'agit du bien à faire — restera le sceau de toute sa vie.
L'appel du Christ (1874-1881)
Le 23 avril 1874, jour de ses neuf ans, Luisa reçoit sa première communion et sa confirmation. Le père Phillip Furio qui la prépare lui transmet des paroles inspirantes sur Jésus « emprisonné » dans le tabernacle — qui l'émeuvent jusqu'aux larmes. La grâce des sacrements ouvre un nouveau chapitre : c'est à partir de ce moment qu'elle commence à entendre la voix de Jésus, spécialement après la Sainte Communion[37].
À onze ans, Luisa entre dans la Société des Filles de Marie en prenant le nom de Madeleine. Elle reçoit alors la grâce de vaincre les peurs qui l'ont tourmentée pendant plus de sept ans : « Pourquoi as-tu peur ? Ton ange est à tes côtés. Jésus est dans ton cœur et ta Mère du ciel te garde sous son manteau », entend-elle au moment où elle voulait prier[38].
Sous la direction de Jésus, Luisa entreprend un douloureux processus de détachement afin de pouvoir vivre complètement en union avec Lui. Il lui apprend à mortifier sa volonté propre :
« Nous ne nous préoccuperons plus maintenant de travailler à éliminer tes affections pour les créatures, mais ton affection pour toi-même. Je veux te faire mourir à toi-même pour que tu puisses vivre seulement pour Moi. Je veux imprimer en toi rien d'autre que ma Vie. »[39]
Sa voix intérieure l'avertit dès qu'elle est distraite par des bavardages, des décorations sacrées trop admirées, ou un instant de confort excessif (« Tu es trop confortable. Tu ne considères pas que ma Vie en fut une de souffrances continuelles ! »[40]). Pour qui n'aurait pas saisi l'enjeu, cette discipline pourrait paraître tyrannique. Mais elle est en réalité celle d'un maître de ballet exigeant la perfection d'une danseuse passionnée : Jésus prépare Luisa à une mission dont l'amplitude justifie la rigueur. C'est dans ce climat que ses premières extases commencent à se produire, parfois remarquées par ses proches — la jeune Maria Dora, qui s'occupe d'elle, dira plus tard qu'elle n'aimait pas la garder à cause de ces ravissements, et qu'elle l'avait même vue jouer avec « un petit garçon » qui pouvait bien être l'Enfant Jésus[41].
En 1878, à 13 ans, alors qu'elle travaille et médite sur la Passion, elle vit une vision saisissante depuis son balcon : « Je vis une foule immense de gens passant dans la rue. Ils conduisaient mon très gentil Jésus, Le poussant et Le tirant. Jésus portait Sa Croix sur son épaule. Il était exténué et suait le sang. Il leva les yeux vers moi pour me demander du secours. »[42] Bouleversée, Luisa s'embrase d'un « vif désir de souffrir avec Lui » qui ne s'éteindra jamais[43].
À 14 ans, Luisa veut entrer au couvent. Elle se présente d'abord chez les Sœurs de l'Immaculée Conception, puis chez les clarisses cloîtrées de Trani — elle est refusée des deux, sa mère ayant mis en garde les sœurs au sujet de ses maladies surnaturelles[44]. Plus tard, Jésus lui dira :
« Dans l'âme que j'ai appelée à être religieuse, je regarde l'esprit de la vie religieuse. Le cloître ne veut rien dire pour Moi. C'est pourquoi je te dis que tu es, et que tu seras toujours, la véritable petite religieuse de mon Cœur. »[45]
Entre 1878 et 1881, Jésus permet aux démons de livrer bataille à Luisa pour la purifier[46]. À 15-16 ans, elle est torturée physiquement et spirituellement : les démons la battent, l'étranglent, l'incitent au suicide, l'accusent de péchés contre la Miséricorde de Dieu. Jésus lui enseigne à les ignorer « comme s'ils étaient des fourmis », à se réfugier dans la méditation des Plaies sacrées et à offrir ses souffrances[47]. En 1881, un dernier assaut diabolique manque la tuer dans la campagne[48] ; c'est à ce moment-là qu'elle voit Jésus livré à des bourreaux[49] et que la Vierge Marie l'invite à s'offrir comme victime[50].
La vocation de victime (1881-1888)
C'est donc à 16 ans, en 1881, que Luisa accepte officiellement l'état d'âme victime[51]. Quelques jours plus tard, Jésus lui offre Sa couronne d'épines mystique en signe — qu'elle ressent au point de ne plus pouvoir prendre de nourriture pendant plusieurs jours[52].
À 17 ans, elle compose la Neuvaine de Noël en l'honneur des neuf mois pendant lesquels Jésus est resté dans le Sein virginal de Marie. C'est pendant cette neuvaine que Jésus lui confie ses « neuf excès d'amour »[53].
À 18 ans, elle entre dans le Tiers Ordre de Saint Dominique en gardant le nom de Madeleine — nom qu'elle portera jusqu'à sa mort. Elle récite désormais l'office divin chaque jour, et entretient une dévotion particulière pour saint Dominique, sainte Catherine de Sienne, et le rosaire[54].
À 22 ans (1887), elle reste dix-huit jours dans un état de léthargie dont seul un prêtre — par la bénédiction et l'ordre de la sainte obéissance — peut la sortir. C'est de cet événement que Luisa comprend que « le Pouvoir de Dieu est lié au sacerdoce de ses ministres » : sa libération quotidienne nécessitera désormais le concours d'un prêtre[55].
Lors d'une épidémie de choléra en 1887, son confesseur le père Cosimo Di Loiodice comprend pleinement sa vocation de victime — trois jours de souffrance offerte mettent fin au fléau[56]. Lui succède le père Michele De Benedictis, le confesseur de son enfance, à qui Luisa peut totalement ouvrir son cœur. Jésus lui demande de s'offrir comme victime perpétuelle « non seulement pour le bien des créatures qui vivent dans le péché, mais pour le bien de ceux qui vont venir après » — et le père De Benedictis donne sa permission[57].
À partir de 1888, Luisa est alitée à temps complet, vomit toute nourriture solide, et ne vit pratiquement que de l'Eucharistie[58]. Inquiet de ce jeûne permanent, le père De Benedictis demande à Luisa de mettre fin à son état de victime. Jésus donne alors à son confesseur un signe prophétique : la guerre entre l'Italie et l'Empire éthiopien cessera quand Luisa redeviendra victime. Le 2 mai 1889, un traité de paix perpétuelle est effectivement signé entre l'Italie et l'Éthiopie — le confesseur ne peut plus douter[59].
Le mariage mystique (1888-1900)
Le 21 octobre 1888 — troisième dimanche d'octobre, fête de la Pureté de la Vierge Marie —, soit presque un an après que Luisa a commencé à être alitée, Jésus vient à elle dans toute Sa majesté, accompagné de la Vierge Marie et de sainte Catherine de Sienne. Tandis que les anges chantent un hymne céleste, Jésus lui passe un anneau au doigt et l'embrasse : c'est le mariage mystique[60]. Auparavant déjà, plusieurs crucifixions mystiques sans stigmates extérieurs avaient préparé cette nuit-là : Jésus apparaissait crucifié, des clous de lumière sortaient de ses plaies pour pénétrer mains, pieds et cœur de Luisa, plongée dans une douleur si vive que seul un confesseur, par obéissance, pouvait l'en libérer[61]. Le jour de la fête de l'Exaltation de la Croix (année inconnue), saint Jean l'évangéliste descend dans une vision apporter la Croix, suivi de la Vierge et des anges : Jésus crucifie Luisa, et les âmes du Purgatoire pour lesquelles elle s'est offerte montent au Ciel autour d'elle en chantant — « un jour de souffrances inouïes et de joies ineffables »[62].
Jésus lui donne cinq nouvelles règles de vie, dont la plus radicale :
« Comme une épouse et un époux, qu'il n'y ait à l'avenir plus de "tu" et de "je", de "je ferai" et "tu feras". Ces paroles disparaîtront et seront remplacées par "nous ferons". Tout sera "nôtre". »[63]
Mais l'étape décisive arrive le 16 novembre 1900 : Jésus enferme le cœur de Luisa dans Son très Saint Cœur et lui demande de ne plus sortir de Sa Volonté, « même pour un seul instant »[64]. C'est à partir de ce moment que Luisa commence à être centrée dans la Divine Volonté et à la posséder entièrement — c'est le début de l'enseignement explicite sur le Vivre dans la Divine Volonté qui constituera le cœur de son charisme[65]. Le 8 mars 1898, le pape Léon XIII avait déjà accordé par rescrit un indult permettant la célébration de la Messe au domicile de Luisa une fois par semaine pendant sept ans, en raison de son immobilité ; le 23 mai 1905, saint Pie X étendra ce privilège pour sept années supplémentaires, et en 1908, à la demande de Mgr Francesco Paolo Carrano (nouvel archevêque de Trani), Pie X autorisera la célébration quotidienne dans la chambre devenue chapelle, ainsi que la communion pour deux membres de la famille et les servants de messe[66]. Une grande garde-robe ouverte chaque matin sert d'autel.
La vie quotidienne d'une mystique alitée
De 1888 à sa mort en 1947 — soit cinquante-neuf ans —, la vie quotidienne de Luisa suit un rythme inchangé.
Vers minuit ou une heure du matin, son corps se pétrifie, sa respiration cesse, et son âme se sépare du corps. Le corps reste « inébranlable, comme un énorme morceau de plomb » jusqu'à six heures du matin. Pendant ce temps, son âme parcourt le monde entier avec Jésus, visite le Ciel, l'Enfer et le Purgatoire, et assiste à des scènes de la vie de Jésus et de Marie. Souvent, Jésus lui montre des pécheurs qui ont besoin d'une conversion. Luisa accepte de s'offrir comme victime pour leur salut, et apprend plus tard la conversion des âmes pour lesquelles elle s'est offerte[67].
Vers 6 heures du matin, son confesseur vient la ranimer : il trace un signe de la croix sur le dos de sa main en lui ordonnant de revenir « en vertu de la sainte obéissance ». Le corps de Luisa se détend alors, et ses sœurs peuvent l'installer assise dans son lit[68].
Sa chambre est sobre : une statue de Jésus enfant décorée de fleurs sur la table de nuit ; un rideau blanc qui peut fermer son lit pour l'intimité de la prière ; un crucifix accroché face à elle ; une horloge, une peinture de la Sainte Famille et d'autres images de saints. Plus tard s'y ajouteront une image du Cœur Immaculé de Marie et du Sacré-Cœur de Jésus apportées par saint Hannibal di Francia[69].
Après la messe et le repos, Luisa commence son travail manuel quotidien : dentelle, tricot, fabrication de nappes d'autel, ornements et vêtements liturgiques. Elle reçoit également une cohorte de visiteurs grandissante, surtout après la Première Guerre mondiale, principalement des jeunes filles de Corato. Elle leur apprend à coudre et, en travaillant, à méditer heure par heure la Passion de Jésus. L'une d'elles, Francesca Capozza, est entrée pour la première fois dans sa chambre à sept ou huit ans pendant la Grande Guerre : Luisa lui apprend la dentelle ; un jour, voulant surprendre Luisa en extase, ses pieds restent cloués au sol ; à plusieurs reprises, elle voit les lèvres du Christ crucifié bouger sur le mur tandis que Luisa converse avec Lui. Francesca entrera plus tard chez les Filles du Divin Zèle fondées par saint Hannibal[70].
Vers deux ou trois heures de l'après-midi, on apporte à Luisa son repas — une petite quantité de nourriture qu'elle régurgite après quelques minutes avec un hoquet, dans un récipient qu'elle a toujours à portée de main. Elle ne mange qu'par stricte obéissance à son confesseur[71]. Sa servante quarante ans durant, Rosaria Bucci, confirmera plus tard : Luisa rejetait systématiquement tout ce qu'elle ingurgitait, ne buvait jamais d'eau mais seulement du sirop d'amande, et l'archevêque avait demandé que cela reste discret, « afin d'éviter les foules curieuses comme pour Thérèse Neumann »[72]. Elle consacre une autre heure à la méditation et au chapelet, puis reprend son travail jusqu'à 22h30-23h. C'est vers ces heures-là que Luisa écrit sur le papier ce que Jésus lui a dicté pendant la journée. Le lendemain matin, son confesseur lit le texte[73].
Luisa explique elle-même que Jésus lui parle de quatre manières distinctes[74] :
- En faisant sortir son âme de son corps, comme chaque nuit, pour les visions étendues.
- En apparaissant en personne à son âme — dans son corps cette fois —, sous la forme d'un Enfant, d'un jeune Homme ou du Crucifié ; ses paroles atteignent directement l'entendement.
- Par participation à Son Essence : pour faire comprendre une vérité — par exemple la pureté ou la beauté divine —, Jésus l'infuse dans son âme, qui en participe.
- De cœur à cœur : des paroles audibles seulement par le cœur, sans aucune image.
Lorsqu'elle tarde à écrire — par humilité quand le texte l'exalte trop, par crainte quand il s'agit de châtiments à venir, ou par épuisement physique —, Jésus assiste sa mémoire : « Mon souvenir lui est facilité, car Jésus a écrit lui-même tout ce qu'Il lui confie dans les profondeurs de son âme »[75].
Les phénomènes mystiques discrets
Aux extases, à la léthargie nocturne, à l'inédie et à la dépendance sacerdotale s'ajoutent plusieurs phénomènes mystiques que Luisa s'efforça toute sa vie de cacher et que seules les personnes qui partageaient son quotidien purent vérifier. Le P. Bernardino Bucci OFMCap, neveu de Rosaria et capucin, a recueilli son témoignage le 15 octobre 1970 — texte intégral diffusé dans les Recueils de mémoires capucins[76].
| Phénomène | Témoin direct | Détail |
|---|---|---|
| Absence d'escarres | P. Domenico Franzé OFM (1931, médecin) | Plus de quarante-cinq ans clouée au lit, sans matelas adapté, jamais la moindre plaie de pression — inexplicable médicalement[77]. |
| Parfum mystique | Prêtres venus dire la messe ; Rosaria Bucci | Une odeur de parfum emplissait parfois la chambre. Rosaria, seule à y entrer, affirme n'en avoir jamais mis ; Luisa était toujours inerte[78]. |
| Stigmates invisibles | Rosaria Bucci | Plaies internes mais réelles : en tenant la main de Luisa face au soleil, le trou interne dans la paume était visible par transparence[79]. |
| Sueur de sang nocturne | Rosaria Bucci (2-3 fois par an) | Rosaria a parfois trouvé Luisa baignée de sang, tête et visage maculés « comme un crucifié » ; le temps de partir chercher des serviettes, tout avait disparu — sauf des taches sur les draps[80]. |
| Extases visibles | Maria Dora, Francesca Capozza | Ravissements répétés. La petite Francesca a vu plusieurs fois les lèvres du Christ crucifié remuer sur le mur tandis que Luisa Lui parlait[81]. |
| Guérisons obtenues | Plusieurs habitants de Corato | Gino Bartolomeo (pied infecté guéri en une nuit), une voisine sciatique guérie après l'application d'un « remède maison » à la camomille recommandé par Luisa[82]. |
Ces phénomènes sont rapportés non par les disciples lointains, mais par des témoins directs, et confirmés par l'enquête diocésaine instruite après 1994. Aucun n'est invoqué comme miracle officiel dans la cause : Luisa elle-même les minimisait — « S'ils viennent, je dirai une prière. S'ils ne viennent pas, j'en dirai deux ! »[83] —, et l'Église, prudente, attend la béatification pour les soumettre à l'examen canonique de rigueur.
L'inédie : vivre de la seule Eucharistie
Parmi tous les phénomènes attribués à Luisa, le plus vérifiable de l'extérieur — et le plus déroutant pour la médecine — est son inédie : l'incapacité prolongée de se nourrir autrement que de l'Eucharistie. Le mot vient du latin in-edia, littéralement « non-manger », et désigne dans la tradition mystique une privation de nourriture qui ne provoque ni la mort ni l'épuisement attendus. Concrètement, à partir de 1888, Luisa cesse d'assimiler toute nourriture solide : on lui apporte chaque jour un peu d'aliment, qu'elle régurgite après quelques minutes dans un récipient gardé en permanence à portée de main[84]. Sa servante quarante années durant, Rosaria Bucci, précisera qu'elle ne buvait jamais d'eau, mais seulement un peu de sirop d'amande[85].
Le trait le plus singulier n'est pourtant pas le jeûne lui-même, mais le renversement de l'obéissance qu'il révèle. Luisa ne mangeait ni par appétit ni pour subsister, mais uniquement parce que son confesseur le lui ordonnait. Dès sa nomination, Don Michele De Benedictis lui imposa de prendre au moins un repas par jour, précisément pour qu'elle ne puisse se prévaloir d'un jeûne total[86]. Son corps rejetait ce qu'elle avalait par soumission ; mais elle s'astreignait à avaler malgré tout, par soumission plus grande encore. Ce que la nature refusait, l'obéissance l'imposait — et c'est cette obéissance, et non le prodige du jeûne, que ses confesseurs retenaient comme signe.
À ce jeûne quasi total s'ajoutait une anomalie physiologique que le P. Domenico Franzé, chirurgien et médecin consultant de la Congrégation pour la Cause des saints, jugea en 1931 « tout simplement incroyable » : après plus de quarante-cinq ans d'alitement ininterrompu, aucune escarre, aucune plaie de pression, aucune détérioration de la peau[87]. L'archevêque de Trani avait d'ailleurs demandé que l'inédie de Luisa restât discrète, « afin d'éviter les foules curieuses comme pour Thérèse Neumann »[88] — preuve que, dès l'entre-deux-guerres, l'autorité ecclésiale connaissait le phénomène et le prenait au sérieux, tout en redoutant le sensationnalisme.
L'inédie dans la tradition catholique
Luisa n'est pas un cas isolé. L'histoire de la sainteté connaît plusieurs figures dont la subsistance par la seule Eucharistie fut observée, parfois cliniquement, puis examinée dans le cadre de leur procès. Le tableau suivant situe Luisa parmi les inédiates les mieux documentées de l'époque contemporaine, avec, pour chacune, la durée rapportée, le mode de vérification et le statut canonique reconnu par l'Église.
| Mystique | Inédie rapportée | Mode de vérification | Statut canonique |
|---|---|---|---|
| Saint Nicolas de Flüe (1417-1487) | Une vingtaine d'années à l'ermitage du Ranft | Tradition constante, attestée par les autorités bernoises contemporaines | Canonisé le 15 mai 1947 par Pie XII[89] |
| Thérèse Neumann (1898-1962) | Environ 36 ans, à partir de 1927 | Surveillance médicale continue de quinze jours ordonnée par l'évêque de Ratisbonne en 1927 | Servante de Dieu (cause ouverte en 2005)[90] |
| Marthe Robin (1902-1981) | Une cinquantaine d'années, à partir de 1928 | Témoignages constants des Foyers de Charité et des médecins consultés | Vénérable (décret du 7 novembre 2014)[91] |
| Bse Alexandrina da Costa (1904-1955) | 13 ans (1942-1955) | Observation clinique continue de 40 jours à l'hôpital de Foz do Douro, 1943 | Béatifiée le 25 avril 2004 par Jean-Paul II[92] |
| Luisa Piccarreta (1865-1947) | Près de 59 ans, à partir de 1888 | Témoins directs (Rosaria Bucci) et examen médico-théologique du P. Franzé, 1931 | Servante de Dieu (cause ouverte en 1994)[93] |
Ce tableau ne prouve rien à lui seul : l'Église n'a jamais fait de l'inédie une preuve de sainteté, et chaque cas demeure soumis à l'enquête canonique. Mais il situe Luisa dans une lignée reconnue, où le jeûne prolongé n'est jamais recherché ni exhibé — il est subi, caché, et toujours ordonné à l'Eucharistie.
Le sens d'un signe eucharistique
Car tel est le cœur du phénomène : non pas l'absence de nourriture, mais la substitution d'une nourriture à une autre. Pour ces mystiques, la parole du Christ — « Ma chair est vraiment une nourriture, et mon sang vraiment une boisson » (Jn 6, 55) — cesse d'être une métaphore. L'Eucharistie devient littéralement « source et sommet » de leur vie biologique autant que spirituelle. Luisa elle-même reliait sa subsistance non à un prodige spectaculaire, mais à sa vocation de victime : son corps ne vivait plus pour lui-même, mais pour les âmes qu'elle offrait. « L'homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Mt 4, 4) — en elle, la formule prenait corps.
L'Église, fidèle à sa prudence, n'invoque aucun de ces phénomènes comme miracle officiel dans la cause de Luisa. L'inédie, comme le parfum mystique, la sueur de sang ou l'absence d'escarres, relève des « faits » soumis au discernement, non des preuves canoniques requises pour une béatification. C'est un trait constant de la spiritualité luisienne : le prodige y est toujours second, subordonné à l'unique chose qui compte — vivre dans la Divine Volonté.
La mort des parents et la solitude familiale (1907)
Le 13 mars 1907, Jésus prévient Luisa que sa mère, Rosa Tarantino, va mourir très bientôt. Luisa implore alors le Seigneur d'épargner à sa mère le Purgatoire, « en échange de ses propres souffrances ». Six jours plus tard, le 19 mars 1907 — fête de saint Joseph —, Rosa s'éteint au matin[94]. Luisa reçoit une vision intérieure :
« À ce moment, il me sembla que je voyais maman à l'intérieur d'un immense espace. Dans cet espace, il y avait des joies et des délices correspondant à tous les mots, les pensées, les regards, les travaux, les souffrances, les battements de cœur, etc. de la très sainte Humanité de Jésus. […] Cela a été pour ma mère un privilège très singulier, réservé seulement à quelques-uns qui n'ont pas à expérimenter le purgatoire. »[95]
Pendant douze jours, Luisa souffre si vivement qu'elle se croit elle-même mourante, pour permettre à sa mère d'arriver plus vite au Ciel. Dix jours plus tard, son père Vito Nicola Piccarreta tombe gravement malade ; Luisa offre encore ses souffrances. Il meurt au seizième jour. Peu après, Luisa reçoit la vision d'une église pleine d'âmes du Purgatoire consolées par les messes ; elle voit alors « Jésus placer son père près du Tabernacle »[96].
Après la mort de ses parents, c'est sa sœur Angela — restée célibataire comme elle — qui prend soin d'elle ; les trois autres sœurs (Maria, Rachela et Filomena) sont mariées. Pour subvenir aux dépenses de la maison Via Nazario Sauro, Luisa accepte d'être rémunérée pour des dentelles et ornements liturgiques destinés à l'église ; elle refuse en revanche tout cadeau personnel et même tous les revenus issus de la vente de ses volumes[97].
Cette même année 1907, une enfant de neuf ans, Rosaria Bucci, entre au service de Luisa et y restera quarante ans, jusqu'à sa mort. C'est elle qui ouvrira sa chambre chaque matin pour préparer la messe, qui constatera son inédie, son sang et son parfum, et qui plus tard, fille spirituelle de saint Padre Pio, fera le pont entre les deux mystiques. Sans Rosaria, une grande partie du témoignage humain sur Luisa serait perdue.
Le don de prophétie et les châtiments du siècle
Bien que recluse, Luisa n'est nullement étrangère aux événements politiques et militaires du XXᵉ siècle. À plusieurs reprises, Jésus lui annonce des événements collectifs avant qu'ils ne surviennent — ce que la tradition appelle un don de prophétie, distinct de la révélation privée doctrinale.
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1887 — épidémie de choléra. Luisa s'offre comme victime à la demande de son confesseur, le P. Cosimo Di Loiodice : trois jours plus tard, le fléau s'éteint[98].
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2 mai 1889 — paix italo-éthiopienne. Le P. De Benedictis, inquiet de l'inédie de Luisa, lui ordonne de cesser son état de victime ; Jésus annonce alors que la guerre cessera quand Luisa redeviendra victime — ce qui survient le 2 mai 1889 par traité de paix perpétuelle[99].
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28 décembre 1908 — séisme de Messine. Selon le récit de Luisa rapporté par son biographe Hugh Owen, Jésus l'aurait prévenue, cinq heures avant la catastrophe, de tremblements de terre imminents en Sicile et en Calabre. À 5h20 du matin, un séisme suivi d'un tsunami détruit Messine et fait plus de 80 000 morts. C'est dans cette ville qu'œuvre alors un jeune prêtre, le P. Hannibal Maria Di Francia, dont les 150 orphelins, selon le même récit, furent épargnés ; il rencontrera Luisa pour la première fois deux ans plus tard[100].
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1923 — annonce de la Seconde Guerre mondiale, dans le tome 16 du Livre du Ciel. L'année même où Adolf Hitler rédige Mein Kampf, Jésus dit à Luisa :
« Hélas, les nations préparent la seconde tribulation générale. […] Plus elles forment des alliances, plus elles allument la discorde, la haine, l'injustice et, par là, forcent les opprimés à prendre les armes pour se défendre. […] Combien de pauvres gens vont périr ! La terre a besoin d'être purgée. »[101]
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1915-1918 et 1939-1945 — deux guerres mondiales. Luisa intensifie alors son intercession et offre ses souffrances « pour que prenne fin le massacre » ; la première édition des Heures de la Passion paraît en 1914, un an avant l'entrée en guerre de l'Italie (1915). Selon Hugh Owen, Jésus lui aurait promis à plusieurs reprises d'épargner Corato par égard pour elle ; la ville traverse de fait les deux conflits presque indemne — rapprochement que les biographes font avec San Giovanni Rotondo sous la protection de Padre Pio, sans que ce rapprochement constitue une preuve historique[102].
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Vision sur le divorce en Italie. Dans le Livre du Ciel, Luisa rapporte avoir vu l'élaboration d'une loi « inique contre les hommes eux-mêmes et contre leur propre bien-être social », et que Jésus lui aurait demandé d'offrir ses souffrances pour ceux qui la combattent[103]. Ses lecteurs rapprochent ce passage de la légalisation du divorce en Italie (loi Fortuna-Baslini, 1970) — rapprochement qui relève de leur lecture, non d'une preuve historique.
Ce don de prophétie n'a jamais été spectaculaire ni prêché : il transparaît dans le journal, en sourdine, comme un fil rouge de prière d'intercession agissante. C'est pour cela que les habitants de Corato, dès l'entre-deux-guerres, l'appellent simplement « la Santa ».
Les confesseurs successifs (1874-1947)
Pendant près de soixante ans d'alitement, Luisa fut totalement dépendante des prêtres : sans l'intervention quotidienne d'un confesseur — qui devait tracer un signe de la croix sur sa main « en vertu de la sainte obéissance » — son corps restait pétrifié et impossible à mobiliser. Jésus lui-même lui révéla que cette dépendance n'était pas un accident, mais une partie intégrante de sa mission : « plus grande est l'Œuvre que Je veux accomplir, plus il est nécessaire que la créature choisie soit traitée exceptionnellement »[104]. C'est ce qui rend la liste de ses confesseurs successifs si importante — chacun fut, à sa manière, un témoin privilégié de la mystique et un garant de l'obéissance ecclésiale dans laquelle Luisa a toujours voulu rester.
- 1874Père Phillip Furiopréparation à la première communion
Le père Furio prépare Luisa, âgée de 9 ans, à recevoir sa première communion le 23 avril 1874. Ses paroles inspirantes sur Jésus « emprisonné dans le tabernacle » émeuvent l'enfant aux larmes et orientent sa vie entière vers l'Eucharistie. Luisa retiendra de lui les premières fondations de sa vie spirituelle[105].
- 1882-1887Père Cosimo Di Loiodiceprêtre augustinien
Confesseur habituel pendant cinq ans. C'est lui qui libère fidèlement Luisa de ses états quotidiens de léthargie. Il comprend pleinement sa vocation de victime lors de l'épidémie de choléra de 1887 : pendant trois jours, Luisa accepte d'offrir ses souffrances pour que Dieu mette fin au fléau — et l'épidémie cesse. Affecté ensuite à un nouveau monastère, il laisse la direction à Don De Benedictis[106].
- 1887-1898Don Michele De Benedictisconfesseur de l'enfance, devenu confesseur régulier
Excellent prêtre que Luisa connaissait déjà enfant. À sa nomination comme confesseur officiel par Mgr Giuseppe Bianchi Dottula (archevêque de Trani, 1848-1892), il impose des limites à ses souffrances et lui ordonne de manger au moins une fois par jour. C'est lui qui autorise officiellement Luisa à garder le lit pour toujours en 1888 et reçoit le signe prophétique de la paix italo-éthiopienne (2 mai 1889) comme confirmation de sa vocation de victime[107].
- 1898 — 10 septembre 1922Don Gennaro Di Gennarovingt-quatre années — celui qui ordonne d'écrire
Nommé par Mgr Tommaso De Stefano (archevêque de Trani, 24 mars 1898 — 13 mai 1906). Percevant les merveilles que le Seigneur opérait dans l'âme de Luisa, il lui ordonne par obéissance, dès février 1899, de mettre par écrit tout ce qui se passe entre elle et Jésus. Malgré ses résistances — Luisa n'avait fréquenté que l'école primaire —, elle commence son journal le 28 février 1899. C'est sous sa direction que naissent les trente-six volumes du Livre du Ciel (10 000 pages, du 28 février 1899 au 28 décembre 1938). Il meurt à son service le 10 septembre 1922[108].
- 10 septembre 1922 — 30 janvier 1926Don Francesco De Benedictischanoine, quatre années de service
Chanoine qui succède à Don Gennaro Di Gennaro. Il accompagne Luisa pendant la décennie où saint Hannibal di Francia édite et publie les premiers volumes du Journal. Il meurt à son service le 30 janvier 1926[109].
- 1926 — 4 mars 1947Don Benedetto Calvivingt-et-un ans — celui qui sera là à sa mort
Délégué par Mgr Giuseppe Maria Leo (archevêque de Trani, 17 janvier 1920 — 20 janvier 1939). Jeune prêtre ordinaire au début, il accompagne Luisa pendant les vingt-et-une dernières années de sa vie — dont les neuf années d'épreuves majeures après le décret de l'Index de 1938 (interdiction d'écrire, perte de la messe quotidienne dans sa chambre, privation pendant un an de la permission même de la voir). C'est lui qui en 1926 demande à Luisa de rédiger le Carnet de souvenirs d'enfance pour compléter le tome 1 du Livre du Ciel. Présent à ses derniers instants le 4 mars 1947 à 5h du matin, il recueille ses dernières paroles et obtient l'inhumation de son corps dans la chapelle familiale Calvi au cimetière de Corato avant son transfert à Sainte-Marie-la-Grecque en 1962[110].
À ces six confesseurs réguliers s'ajoute saint Hannibal Maria di Francia (1851-1927), qui dès 1908 — nommé réviseur extraordinaire par Mgr Carrano — fut son confesseur personnel et son censeur ecclésiastique — dix-neuf ans, jusqu'à sa mort le 1er juin 1927 — c'est-à-dire celui qui examinait officiellement les écrits avant édition pour obtenir les Nihil Obstat et Imprimatur. Cette fonction est distincte du confesseur ordinaire (chargé de la direction spirituelle quotidienne et de la libération corporelle de Luisa) et sera détaillée dans la section suivante.
Le père Hannibal et Luisa (1910-1927)
Saint Hannibal Maria di Francia commence ses visites à Luisa en 1910. Il fait d'abord partie d'une association libre de prêtres qui partagent un désir de sainteté et une profonde admiration pour Luisa : on y trouve aussi le père Gennaro Braccale, le père Eustachio Montemuro (fondateur des Sœurs Missionnaires du Sacré-Cœur) et le père Ferdinando Cento, futur cardinal[111].
Le père Hannibal devient ensuite son confesseur extraordinaire, puis son censeur ecclésiastique attitré[112]. Bien que tout semblait les opposer — Hannibal vient d'une famille noble et riche, est un poète remarquable, un prédicateur réputé et un apôtre des vocations sacerdotales[113] ; Luisa est paysanne, sans instruction, alitée —, ils partagent l'essentiel : un grand amour de Dieu, de l'Eucharistie, et une totale soumission à la Volonté Divine. La devise du père Hannibal était « Tombez amoureux de Jésus Christ ». Lors de sa canonisation le 16 mai 2004, saint Jean-Paul II la reprit dans son homélie :
C'est cette même invitation que le Père Annibale Maria Di Francia adresse aux jeunes de notre temps, en la résumant dans sa célèbre exhortation : « Tombez amoureux de Jésus Christ ».[114]
Le père Hannibal consacre un soin méticuleux aux écrits de Luisa. Il publie quatre éditions des Heures de la Passion entre 1914 et 1925, avec Nihil Obstat et Imprimatur de l'archevêque de Trani. En 1926, il édite et publie les dix-neuf premiers volumes du Journal de Luisa, avec Nihil Obstat et Imprimatur de Mgr Joseph Leo[115]. Il exige de Luisa qu'elle ne retienne « rien » de ce qui se passe entre Jésus et elle, lui demandant d'écrire chaque jour, chaque nuit, avec une précision totale[116].
Plus le père Hannibal s'immerge dans les volumes, plus il bâtit sa propre vie spirituelle sur leurs doctrines. Il écrit à Luisa :
« Je vois en eux une Science sublime et Divine, bien que mon manque d'intelligence ne m'ait pas encore permis de les pénétrer parfaitement. Il est réellement nécessaire de faire connaître ces écrits au monde entier et je crois qu'ils feront beaucoup de bien. […] Selon moi, aucune intelligence humaine n'aurait pu les concevoir. »[117]
Au cours de ses dernières années, le P. Hannibal — épuisé, malade, en proie à une « désolation spirituelle intérieure » — décrit dans ses lettres à Luisa l'intensité du combat spirituel que le démon livre contre l'édition. Le 24 janvier 1927 : « Je vous choquerais en vous racontant comment l'ennemi infernal m'a piétiné pour me détruire alors que je faisais ce travail. Pour le moment, j'ai dû suspendre. Sans une aide particulière de Notre-Seigneur, je ne pourrai pas continuer »[118]. Le 14 février 1927 : « Je ressens en moi des abandons et des désolations intérieures, des préoccupations profondes — en somme, un état intérieur d'une telle angoisse et d'une telle souffrance que je n'ai jamais connu auparavant. […] Il me semble que les démons sont enragés parce qu'ils me voient impliqué dans cette publication ; et incapables d'agir sur moi extérieurement, parce que je ne marche pas sur ces chemins, ils agissent intérieurement pour me détruire »[119]. Le 24 mars 1927 : « L'ennemi me suggère : "Ne vois-tu pas que cette Publication te conduit au tombeau ? Pourquoi vous êtes-vous impliqué là-dedans ?" »[120]
Dans la même correspondance, le P. Hannibal exige par ailleurs de Luisa la fidélité absolue à la dictée : « Tout pour la Sainte Obéissance, grande Dame […]. Veillez à ne rien déformer ni cacher ! » (28 août 1926)[121]. Il insiste aussi sur la prudence éditoriale : « Il faut considérer combien de fois […] Notre-Seigneur vous répète d'être attentifs à écrire fidèlement ce qu'Il révèle, afin que le sens de ce qu'Il dit ne soit pas altéré ; et qu'un mot différent, une virgule de plus ou une de moins, ou déplacé, peut le modifier, même involontairement » (5 octobre 1926)[122].
Au-delà de l'édition, le P. Hannibal travaillait à fonder la « Pieuse Union universelle des Filles et Fils de la Divine Volonté », mouvement laïc et religieux dont le seul engagement aurait été de réciter cinq fois par jour « Que Ta Volonté soit faite sur la terre comme au Ciel »[123]. La mort l'empêchera de mener ce projet à son terme.
En février 1927, gravement malade au point de ne plus pouvoir célébrer la Messe, il déclare : « Je veux faire Sa Volonté. La Volonté du Seigneur surpasse tout, y compris la Messe. » Il meurt le 1er juin 1927, sans réaliser son grand désir de publier tous les volumes de Luisa[124].
Le diagnostic du P. Domenico Franzé (1931)
Trois ans après la mort du P. Hannibal, à la demande du Père Pantaleone Palma, un nouveau théologien examine en profondeur les écrits et la personne de Luisa : le P. Domenico Franzé OFM, profil rare puisqu'il cumule chirurgien, professeur de physiologie, missionnaire, membre honoraire de l'Académie pontificale des Missions de Rome et médecin consultant de la Congrégation pour la Cause des saints[125]. En 1931, alors âgé de soixante-cinq ans, il étudie à fond les volumes, sollicite l'avis d'autres théologiens compétents, puis se rend à Corato pour faire subir à Luisa une batterie de tests « d'ordre moral, physique et psychologique ». Sa lettre du 20 juillet 1931 au P. Palma livre quatre observations fondamentales :
« À titre de médecin, il est tout simplement incroyable de ne pas avoir constaté la moindre trace de plaies de lit sur la patiente, ni aucune détérioration de la peau chez une personne alitée et immobilisée durant tant d'années. »[126]
« À titre de consultant pour la Congrégation pour la Cause des saints, il est réconfortant d'avoir l'assurance qu'après tant d'années d'études exhaustives, les docteurs, confesseurs et archevêques du diocèse n'ont jamais découvert le moindre soupçon de tromperie ou de fraude. »[127]
« À titre de prêtre, je suis rempli de joie d'avoir trouvé dans la patiente non seulement toute la délicate intégrité des vertus chrétiennes, mais aussi une âme qui tend à la perfection, illuminée par une grâce spéciale. »[128]
« Seule une âme aussi continuellement mortifiée, seule une volonté humaine fusionnée avec la Volonté Divine, peut parvenir à des concepts aussi primordiaux et fondamentaux que ceux manifestés pour cette âme. Sans études approfondies et sans éducation, seule dans le lit de sa souffrance et de son martyre, avec une culture littéraire, théologique et ascétique des plus limitée, elle parle des questions les plus profondes avec une compétence véritable. »[129]
À cette lettre, le P. Franzé joint un témoignage parallèle du P. Consalvo Valls OFM, professeur de théologie dogmatique à l'Université pontificale Antonianum de Rome et examinateur délégué pour la révision des livres des Frères mineurs. Sa conclusion (18 juin 1931) :
« Je suis profondément convaincu que la personne en question est une âme de Dieu et que l'œuvre qui s'opère en elle est divine. »[130]
Ce double examen, médico-théologique, mené par des hommes du Saint-Siège, en plein milieu des années 1930 — quelques années à peine avant le décret de l'Index — pèse lourdement dans le dossier doctrinal. Il rend également d'autant plus intelligible le choix de Mgr Cassati, soixante ans plus tard, d'ouvrir la cause de béatification.
Le temps des persécutions (1928-1947)
En 1928, à la demande du père Hannibal (décédé un an plus tôt), Luisa est transférée au couvent des Filles du Divin Zèle à Corato, surnommé « Maison de la Divine Volonté » et ouvert le 7 octobre 1928 par le père Pantaleone Palma, supérieur général des Rogationnistes. Les sœurs accueillent Luisa chaleureusement. Entre 1926 et 1938, des dizaines de milliers de personnes prennent connaissance des écrits de Luisa[131].
Parallèlement, les ennemis de Luisa orchestrent sans bruit une campagne de discrédit auprès du Saint-Siège. Le 13 juillet 1938, le Saint-Office publie un décret condamnant trois ouvrages ; le pape Pie XI approuve la décision le lendemain[132].
Sous cette avalanche, Luisa écrit pour la seule fois de sa vie à Padre Pio, capucin stigmatisé de San Giovanni Rotondo (qui a lui-même subi une persécution similaire de 1931 à 1933, dépossédé de presque toutes ses facultés sacerdotales). Apprenant la condamnation, Padre Pio lance :
« Il y a ceux qui font les saints ; mais malheur à ceux-là qui les font ! »[133]
Le 7 octobre 1938, Luisa doit quitter la Maison de la Divine Volonté — où elle vivait depuis exactement dix ans — et emménage dans un appartement de la Via Maddalena, au centre de Corato. Le 28 décembre 1938, l'obligation d'écrire par obéissance lui est retirée — fin de son Journal au trente-sixième tome, sur une méditation sur la maternité de Marie. Elle ne quittera plus son corps jusqu'à sa mort, et ne verra plus Jésus physiquement, bien qu'Il continue de l'enseigner intérieurement. Elle perd même pendant un an la permission de voir son confesseur Don Calvi[134]. Luisa écrit à un ami :
« Néanmoins, personne ne peut me faire sortir de la Divine Volonté. C'est là que je trouve tout, même la Sainte Messe. »[135]
Durant la Seconde Guerre mondiale, Jésus aurait, selon le récit de Luisa rapporté par Owen, promis à plusieurs reprises d'épargner Corato par égard pour elle. La ville traverse de fait la guerre presque indemne — tout comme San Giovanni Rotondo, protégée selon ses habitants par Padre Pio[136]. De nombreux visiteurs viennent solliciter Luisa : l'archevêque de Pologne inquiet pour son pays, des familles cherchant des nouvelles de leurs proches au front, des malades qui obtiennent guérisons par ses prières (notamment Gino Bartolomeo, voisin de l'enfant blessé au pied). Les habitants de Corato l'appellent « la Santa » — mais Luisa décourage cette dévotion : « S'ils viennent, je dirai une prière. S'ils ne viennent pas, j'en dirai deux ! »[137]
La mort et les funérailles (1947)
En février 1947, à 81 ans, Luisa attrape une pneumonie — la première maladie réelle de sa vie en près de soixante années de claustration mystique. Pendant deux semaines, la maladie s'aggrave. Le 4 mars 1947 à 5 heures du matin, en présence de son confesseur Don Benedetto Calvi, Luisa prononce ses dernières paroles :
« Je meurs maintenant plus heureuse, car la Divine Volonté m'a consolée plus que d'habitude par votre présence dans ces derniers moments de ma vie. Je vois maintenant une longue, merveilleuse et spacieuse route illuminée d'infinis et resplendissants soleils… c'est la route préparée pour moi par la Divine Volonté. […] C'est la route que je réserverai pour les âmes qui désirent vivre dans la Divine Volonté. »[138]
Don Calvi décrit le corps :
« Son corps était resté inflexiblement droit, assis sur son lit, les membres totalement libres de rigidité cadavérique et que l'on pouvait mouvoir dans toutes les directions. Les yeux avaient conservé l'éclat de ses pupilles. Cela nous fit douter qu'elle fût vraiment morte, c'est pourquoi nous l'avons montrée à plusieurs experts médicaux. Elle est restée dans cet état, sans aucun signe de décomposition, durant quatre jours entiers. La ville entière et une multitude d'étrangers sont venus la voir et se sont émerveillés devant le corps avec grande dévotion, embrassant ses mains flexibles. »[139]
Sa position assise nécessite la construction d'un cercueil entièrement sur mesure, fermé sous verre pour que son corps reste visible. Ses funérailles, le 7 mars 1947 à l'église de l'Assomption à Corato, rassemblent une quarantaine de prêtres, le clergé local, de nombreuses religieuses, et la population entière de la ville. Don Calvi écrit :
« Les funérailles ? Un véritable triomphe. Personne n'est allé travailler ce jour-là. […] Ce fut une grande manifestation de tristesse, mais aussi de grande joie. Et de son cercueil, se montrant à tous, bien que ses paupières fussent fermées, elle semblait bénir la ville tout entière qui l'accompagnait à sa dernière demeure. »[140]
Don Calvi obtient que le corps de Luisa soit inhumé dans sa propre chapelle familiale au cimetière de Corato — afin de rester unis dans la vie de Divine Volonté et dans la mort. Le 12 mars 1947, huit jours seulement après le décès, il écrit à un correspondant :
« Luisa n'est plus parmi nous. Elle est au Ciel dans la Lumière immense de la Divine Volonté, glorieuse et triomphante dans la gloire des Saints. J'étais avec elle au dernier moment… elle est morte dans mes bras alors que je prononçais ma dernière et inutile absolution ! Elle est morte comme meurent les Saints, en accomplissant le dernier acte de sa vie dans la Divine Volonté. […] Une Sainte est morte. »[141]
Il décrira plus tard son lit comme « un siège merveilleux de sagesse et d'onction divine », depuis lequel « elle parlait et changeait intimement les âmes » ; pour les habitants de Corato, Luisa était « notre paratonnerre contre la Justice Divine, déjà si enflammée par la volonté humaine qui offense tellement Dieu »[142].
Presque aussitôt, les habitants de Corato et ceux qui connaissent ses écrits commencent à demander son intercession. Dès 1948, des cartes portant des prières pour sa béatification commencent à circuler, avec Nihil Obstat.
Le 3 juin 1962, à la demande de Don Calvi et du cardinal Ferdinando Cento (archevêque de Trani et ancien membre du cercle des prêtres saints autour de Luisa), le Saint-Siège autorise le transfert de son corps du cimetière à une place d'honneur dans l'église Sainte-Marie-la-Grecque à Corato, à la droite de la nef centrale, où il repose toujours aujourd'hui.
Le corpus
Le corpus de Luisa Piccarreta comprend trois œuvres majeures, toutes approuvées par l'autorité ecclésiastique de son vivant[143] :
- Le Livre du Ciel (Il Libro del Cielo) — trente-six volumes rédigés entre 1899 et 1938, contenant les dialogues intimes entre Jésus et Luisa, ses méditations sur la Passion, ses visions, et l'enseignement progressif sur le don de vivre dans la Divine Volonté.
- Les Heures de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ (L'Orologio della Passione) — vingt-quatre méditations couvrant les dernières heures terrestres du Christ. Cet ouvrage a été réimprimé quatre fois en italien du vivant de Luisa, signe de sa réception ecclésiale large.
- La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté (1932) — méditation en trente-et-un jours sur la vie de la Mère du Sauveur et son rôle de Reine du Royaume de la Divine Volonté[144].
Une œuvre authentique
Saint Hannibal Maria di Francia, son directeur spirituel canonisé
Saint Hannibal Maria di Francia (1851-1927), prêtre italien, fondateur des Rogationnistes du Cœur de Jésus, fut le directeur spirituel et le censor librorum attitré de Luisa pendant ses dernières années. C'est lui qui, par obéissance ecclésiale, lui ordonna en 1926 d'écrire son autobiographie. C'est lui qui édita et donna son Nihil Obstat aux dix-neuf premiers volumes manuscrits du Livre du Ciel[145].
Hannibal di Francia a été béatifié le 7 octobre 1990 par saint Jean-Paul II, puis canonisé le 16 mai 2004 par le même pape — qui le présente donc à l'Église universelle comme un modèle de sainteté[146]. Il serait théologiquement incohérent de suspecter d'hérésie une œuvre dont un saint canonisé fut le directeur spirituel attitré, l'éditeur officiel et le censeur ecclésiastique.
Saint Hannibal écrivait à Luisa, après avoir médité ses volumes :
« J'y vois une Science sublime et divine […] Ce sont des écrits qui doivent maintenant être portés à la connaissance du monde. »[147]
Les 11 sceaux d'approbation ecclésiastique
Selon la chronologie officielle publiée par la Libreria Editrice Vaticana (éditeur du Saint-Siège) dans l'ouvrage de référence The Sun of My Will — Luisa Piccarreta de Maria Rosaria Del Genio, les écrits de Luisa Piccarreta ont reçu, du vivant de Luisa et après, au moins onze sceaux officiels d'approbation ecclésiastique distincts, accordés par plusieurs archevêques, évêques et délégués ecclésiastiques[148]. Aucune autre mystique de son époque n'a probablement reçu une telle profusion d'approbations.
Liste exhaustive des 11 sceaux d'approbation, dans l'ordre chronologique[149] :
1. 6 août 1926 — Nihil Obstat de saint Hannibal Maria di Francia, confesseur et censor librorum désigné. Il appose personnellement son Nihil Obstat sur les 19 premiers volumes manuscrits du Journal de Luisa.
2. Septembre-octobre 1926 — Imprimatur de Mgr Giuseppe Maria Leo, archevêque de Trani, sur ces mêmes 19 volumes.
3. 1930 — Imprimatur de Mgr Giuseppe Maria Leo sur le livre In the Kingdom of the Divine Will.
4. 1932 — Imprimatur de Mgr Giuseppe Battignani, évêque de Montepulciano (Sienne), sur la 1ʳᵉ édition de La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté.
5. Octobre 1933 — Nihil Obstat du délégué archiépiscopal de Tarente sur la 2ᵉ édition de La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté (éditée par le P. Benedetto Calvi).
6. Octobre 1933 — Imprimatur du délégué archiépiscopal de Tarente sur la même 2ᵉ édition, publiée par la maison d'édition archidiocésaine S.T.A.T. de Tarente.
7. 1934 — Nihil Obstat du délégué archiépiscopal de Tarente sur la 5ᵉ édition des Heures de la Passion.
8. 24 novembre 1937 (fête du Christ-Roi) — Nihil Obstat du délégué archiépiscopal de Tarente sur la 3ᵉ édition de La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté.
9. 24 novembre 1937 — Imprimatur du délégué archiépiscopal de Tarente sur cette même 3ᵉ édition.
10. 24-25 février 1994 — Non Obstare de la Congrégation pour les Causes des Saints (cardinal Angelo Felici, préfet), accordé à Mgr Carmelo Cassati pour ouvrir l'enquête diocésaine (lettre officielle du 24 février 1994, déclaration datée du 25 février 1994) ; confirmé par lettre du cardinal Felici du 28 mars 1994.
11. Juin 2024 — Nulla Osta du Dicastère pour la Doctrine de la Foi pour la poursuite de la cause, constatant aucune erreur doctrinale dans les écrits. Confirmé par lettre du 3 décembre 2024 de Mgr Philippe Curbelié, Sous-Secrétaire du Dicastère, adressée à Mgr Benoît Bertrand, Président de la Commission doctrinale de la Conférence des Évêques de France.
Bilan : 6 Nihil Obstat (dont le Nulla Osta de 2024) + 5 Imprimatur, sans compter les indulgences pontificales de Léon XIII et de saint Pie X ni les rescrits pontificaux successifs.
La lettre du Dicastère pour la Doctrine de la Foi (3 décembre 2024)
Le 3 décembre 2024, Mgr Philippe Curbelié, archevêque titulaire d'Utique et Sous-Secrétaire du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, signe une lettre officielle (Prot. N. 94/37 — 102675) adressée à Mgr Benoît Bertrand, Président de la Commission doctrinale de la Conférence des Évêques de France. Le passage central énonce :
« Comme vous le savez, au mois de juin 2024, ce Dicastère a accordé son Nulla Osta pour la poursuite de la Cause de Béatification et de Canonisation de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta, ne constatant aucune erreur doctrinale dans ses écrits de nature à en empêcher la divulgation. »[150]
Le Dicastère met cependant en garde contre la « prolifération incontrôlée » des écrits de Luisa après sa mort, « souvent traduits et manipulés avec des interprétations hétérodoxes », et contre certains « mouvements, associations et Groupes de la Divine Volonté caractérisés parfois par une dévotion inconsidérée à la Servante de Dieu ». Le risque dénoncé ne porte donc pas sur les écrits de Luisa eux-mêmes (déclarés sans erreur doctrinale) mais sur leurs interprétations détournées par des tiers. Pour y remédier, le Dicastère a demandé au Postulateur de la Cause, en collaboration avec l'Archevêque de Trani-Barletta-Bisceglie, de veiller à l'édition officielle, typique et critique des écrits de Luisa Piccarreta, avec une introduction appropriée et des notes pédagogiques[151].
Continuité avec le Magistère
L'œuvre de Luisa s'inscrit en parfaite continuité avec le Magistère pontifical du XXᵉ siècle :
- Saint Jean XXIII, dans la constitution apostolique Humanae salutis du 25 décembre 1961, annonçait une « novum veluti Pentecostem » — une nouvelle Pentecôte —, expression que saint Jean-Paul II reprendra à plusieurs reprises (audience générale du 4 avril 1998, homélie de la Pentecôte du 3 juin 2001)[152]. Cette « nouvelle Pentecôte » fait écho au « Fiat de Sanctification » annoncé à Luisa.
- Vatican II (Lumen Gentium, chapitre V) proclame l'appel universel à la sainteté — convergent avec la spiritualité luisienne du Vivre dans la Divine Volonté[153].
- Au cœur de l'enseignement de Luisa se trouve la deuxième demande du Notre Père enseigné par le Christ lui-même : « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». Demander qu'on prie cela tout en refusant que cela puisse advenir serait contradictoire.
L'œuvre converge également avec celle d'autres mystiques approuvés par l'Église : sainte Faustine Kowalska (canonisée en 2000), saint Maximilien Kolbe, la bienheureuse Dina Bélanger, la vénérable Concepción Cabrera de Armida[154].
Soutiens académiques contemporains
La théologie sous-jacente aux écrits de Luisa a été soumise à un examen académique rigoureux :
- 22 novembre 2012 — Le P. Joseph Iannuzzi soutient à l'Université Pontificale Grégorienne de Rome une thèse doctorale intitulée Le Don du Vivre dans la Divine Volonté dans les écrits de Luisa Piccarreta, mention magnum cum laude. La thèse porte les sceaux officiels de l'université autorisée par le Saint-Siège[155].
- 2013 — Avec la permission de l'Université Pontificale, la thèse est publiée et envoyée aux Dicastères du Vatican (Doctrine de la Foi, Causes des Saints) ainsi qu'aux 494 évêques catholiques des États-Unis. La même année, plus de 45 évêques expriment par écrit leur estime pour la thèse, dont le cardinal Luis Antonio Tagle[156].
L'humilité et l'obéissance face à l'Index (1938)
Le 13 juillet 1938, le Saint-Office place trois éditions des écrits de Luisa à l'*Index librorum prohibitorum*PLACEHOLDER___P191_PLACEHOLDER__. Sa réaction immédiate constitue l'un des arguments les plus forts en faveur de la sainteté de son âme : dès qu'elle apprend la condamnation, Luisa écrit à son archevêque Mgr Joseph Leo une déclaration d'obéissance inconditionnelle, qu'elle le prie de transmettre au Saint-Office :
« Avec humilité, j'ai spontanément et promptement rempli mes devoirs d'âme chrétienne en offrant sans hésitation ma soumission absolue, pleine et inconditionnelle au jugement de la Sainte Église romaine. Sans aucune restriction, je désapprouve et condamne donc tout ce que la Suprême Sacrée Congrégation du Saint-Office désapprouve et condamne dans les dits livres, dans le même sens et avec la même intention que la Sacrée Congrégation. Je soumets en même temps cette déclaration à mon bien-aimé Archevêque Giuseppe M. Leo, en le priant dans sa paternelle charité de la remettre au Saint-Office. »[157]
Mgr Joseph Leo lui-même précisera que cette déclaration n'était pas même nécessaire : seules les trois éditions condamnées étaient visées par le décret, et les trente-quatre volumes du Journal de Luisa, eux, n'étaient pas condamnés. Ce chiffre s'explique par la date : le 11 mai 1938, sur l'ordre d'un envoyé du Saint-Office, Luisa avait remis les trente-quatre volumes alors achevés de son Journal — le volume 35 venait d'être terminé et fut caché, le volume 36 était commencé et ne sera achevé que le 28 décembre 1938[158]. Les « trente-quatre volumes » non condamnés de 1938 et les « trente-six volumes » de l'œuvre complète désignent donc la même œuvre à deux moments différents. Mais Luisa, par humilité héroïque, choisit de ne rien retenir : elle se soumet « sans aucune restriction », « dans le même sens et avec la même intention » que la Congrégation.
Pendant près de soixante ans — de 1888 jusqu'à sa mort en 1947 —, Luisa est restée soumise au discernement incessant des représentants de l'Église : sa paralysie nocturne ne pouvait être levée que par l'intervention d'un prêtre, sa vie d'écrivain dépendait de l'ordre de son confesseur. Jésus lui-même l'explique :
« Ma fille, plus grande est l'Œuvre que Je veux accomplir, plus il est nécessaire que la créature choisie soit traitée exceptionnellement. […] Il n'y a pas eu d'autres créatures avant toi et il n'y en aura pas après toi qui, par nécessité, aient été pourvues à ce point de l'assistance de mes ministres. […] En ce qui concerne mes ministres, ils doivent recevoir ces choses de toi, afin que le "Fiat Voluntas tua" sur la terre comme au Ciel soit réalisé dans mon Église. »[159]
Cette soumission totale à l'autorité ecclésiale, en plein cœur de la persécution la plus dure, manifestera l'héroïcité des vertus examinée en cause[160] — et constitue, indépendamment de l'analyse doctrinale des écrits, un témoignage écrasant en faveur de la sainteté personnelle de Luisa Piccarreta.
Le témoignage de saint Padre Pio
Saint Padre Pio de Pietrelcina (1887-1968), capucin stigmatisé de San Giovanni Rotondo et l'un des plus grands saints du XXᵉ siècle, connaissait Luisa Piccarreta et l'estimait profondément, bien qu'ils ne se soient jamais rencontrés (Luisa alitée à Corato, Padre Pio enclos dans son couvent). Le témoignage est rapporté par le P. Bernardino Bucci, capucin, neveu de Rosaria Bucci — une laïque de Corato qui fut l'amie intime de Luisa et la fille spirituelle de Padre Pio[161].
Padre Pio envoyait des fidèles à Luisa. Aux habitants de Corato qui venaient le visiter à San Giovanni Rotondo, il disait :
« Que venez-vous faire ici, vous avez Luisa, allez chez elle. »[162]
C'est par l'intermédiaire de Federico Abresch (converti devenu apôtre de la Divine Volonté) que Padre Pio a fait passer plusieurs messages à Luisa. Lors de la condamnation des trois éditions par le Saint-Office en 1938 — alors que Padre Pio traversait lui-même la pire période de sa persécution ecclésiastique —, il lui envoya ce message de fraternité :
« Chère Luisa, les saints servent pour le bien des âmes, mais leurs souffrances n'ont pas de limites. »[163]
Mais le témoignage le plus saisissant est celui que, selon le récit de Rosaria Bucci recueilli par le P. Bernardino Bucci, Padre Pio lui confiait. Lorsqu'il la voyait du vivant de Luisa, il lui demandait : « Rosa, comment va Luisa ? ». Et plus tard, l'encourageant à témoigner pour la cause, il aurait prononcé cette phrase en dialecte des Pouilles :
« Rosa, va nanz, va nanz ca Luisa iè gran e u munn sarà chin di Luisa. » (« Rosaria, vas-y, vas-y. Luisa est grande et le monde sera plein de notre Luisa. »)[164]
Plus explicitement encore, toujours selon ce témoignage rapporté, Padre Pio aurait déclaré à Rosaria Bucci — notamment en confession :
« Luisa n'est pas un fait humain, c'est une œuvre de Dieu. Lui-même la fera apparaître et sa grandeur stupéfiera la terre entière ; il nous faut attendre quelques années avant que cela ne se produise. Le nouveau millénaire verra la lumière de Luisa. »[165]
Cette parole, que Rosaria Bucci situe dans les années 1960, est lue par les proches de la cause comme éclairée par les étapes suivantes : l'ouverture de la cause en 1994 (après le Non Obstare de la Congrégation pour les Causes des Saints) et la lettre du Dicastère pour la Doctrine de la Foi du 3 décembre 2024 constatant « aucune erreur doctrinale ». Il s'agit là d'une lecture de témoins, non d'une preuve : ce témoignage reste de seconde main, transmis par Rosaria Bucci et le P. Bernardino Bucci, et ne peut être présenté comme une prophétie accomplie[166].
L'héritage de cette estime de Padre Pio pour Luisa serait aujourd'hui porté, selon le même recueil de témoignages, par Mademoiselle Adriana Pallotti (fille spirituelle du saint), qui a ouvert une Maison du Divin Vouloir à San Giovanni Rotondo pour répandre la spiritualité de Luisa Piccarreta dans le monde[167].
La cause de béatification
La cause de béatification de Luisa Piccarreta est instruite par l'archidiocèse de Trani-Barletta-Bisceglie (Italie). Elle a connu plusieurs étapes :
- 20 novembre 1994 — Ouverture officielle par Mgr Carmelo Cassati[168].
- Mars 1997 — À l'occasion du cinquantième anniversaire de la mort de Luisa, il est annoncé publiquement que le tribunal diocésain aurait constaté à l'unanimité l'héroïcité de ses vertus et l'authenticité de ses expériences mystiques[169].
- 29 octobre 2005 — Clôture sans encombre de la phase diocésaine ; la Positio super virtutibus (dossier complet sur la vie, les vertus et la renommée de sainteté) est transmise à la Congrégation pour les Causes des Saints à Rome[170].
- Novembre 2019 — Refus temporaire du nihil obstat doctrinal, en raison de questions soulevées par des théologiens — étape ponctuelle qui n'a pas fermé la cause[171].
- Juin 2024 — Nulla Osta nouveau du Dicastère pour la Doctrine de la Foi, constatant l'absence d'erreur doctrinale dans les écrits[172].
- 3 décembre 2024 — Lettre officielle de confirmation à l'épiscopat français[173].
La cause se poursuit aujourd'hui sous la responsabilité du Postulateur, en coordination avec l'Archevêque de Trani-Barletta-Bisceglie, dans le sens fixé par la lettre du Dicastère : édition critique des œuvres et transmission d'une interprétation fidèle de la figure historique et charismatique de la Servante de Dieu[174].
Pour aller plus loin
- Le don de la Divine Volonté
- Le Livre du Ciel
- Les 24 Heures de la Passion
- Saint Hannibal Maria di Francia
- Père Joseph Iannuzzi
- Nihil Obstat et Imprimatur
Notes et références
Cause de béatification et de canonisation de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta, ouverte officiellement le 20 novembre 1994 dans l'Archidiocèse de Trani-Barletta-Bisceglie par Mgr Carmelo Cassati.
1 24 26 160 168Maria Rosaria Del Genio, The Sun of My Will — Luisa Piccarreta, Libreria Editrice Vaticana, p. 111 à 113.
2 13 71 73 84Entretien du 15 octobre 1970 entre le P. Bernardino Bucci OFMCap et sa tante Rosaria Bucci, servante de Luisa pendant quarante ans. Rosaria atteste : régurgitation systématique des aliments, sirop d'amande comme unique boisson, parfum mystique dans la chambre, stigmates internes visibles à la transluminescence solaire et trois ou quatre épisodes annuels de sueur de sang nocturne. Texte intégral dans P. Bernardino Bucci OFMCap., Luisa Piccarreta, Recueil de mémoires, op. cit., chapitre II.
3 14 72 78 79 80 85 88Saint Hannibal Maria di Francia (1851-1927), fondateur des Rogationnistes du Cœur de Jésus, nommé réviseur extraordinaire des écrits de Luisa par Mgr Carrano en 1908, fut son confesseur personnel et son censor librorum attitré jusqu'à sa mort le 1er juin 1927. Béatifié par saint Jean-Paul II le 7 octobre 1990, canonisé par le même pape le 16 mai 2004.
4 18 22 145Maria Rosaria Del Genio, The Sun of My Will — Luisa Piccarreta, Libreria Editrice Vaticana (éditeur officiel du Saint-Siège). La chronologie officielle de la vie et des approbations ecclésiastiques de Luisa Piccarreta est rapportée pp. 233-238.
5 9 15 17 19 20 21 93 143 144 148 149Décret du Saint-Office du 13 juillet 1938 plaçant à l'Index librorum prohibitorum trois œuvres de Luisa : L'Horloge de la Passion, Dans le Royaume de la Divine Volonté et La Vierge Marie dans le Royaume de la Divine Volonté. L'Index librorum prohibitorum a été aboli par saint Paul VI en 1966 (Notification de la CDF du 14 juin 1966 : l'Index « n'a plus force de loi ecclésiastique avec les censures qui y sont attachées »).
6 23 132Congrégation pour les Causes des Saints, lettre officielle du 24 février 1994 déclarant, « de la part du Saint-Siège, le Non Obstare à l'ouverture de la cause de béatification de la Servante de Dieu Luisa Piccarreta » (déclaration officielle datée du 25 février 1994) ; le cardinal Angelo Felici, préfet de la Congrégation, le confirme à Mgr Carmelo Cassati par lettre du 28 mars 1994. Le cardinal Joseph Ratzinger, alors préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, n'est l'auteur d'aucune de ces pièces : son rôle attesté dans le dossier est la restitution des 34 volumes du Livre du Ciel à Mgr Cassati en janvier 1996, dans le cadre du protocole de la cause.
7 25Lettre du Dicastère pour la Doctrine de la Foi du 3 décembre 2024 — Prot. N. 94/37 — 102675, signée par Mgr Philippe Curbelié, archevêque titulaire d'Utique et Sous-Secrétaire du Dicastère, adressée à Mgr Benoît Bertrand, Président de la Commission doctrinale de la Conférence des Évêques de France.
8 27 28 150 151 171 172 173 174R.P. Joseph L. Iannuzzi, Le Don de la vie dans la Divine Volonté dans les écrits de Luisa Piccarreta, thèse doctorale, Université Pontificale Grégorienne, 2012, p. 11.
10 30L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 14.
11 37L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 63.
12 58P. Bernardino Bucci OFMCap., Luisa Piccarreta, Recueil de mémoires, éd. Frères Mineurs Capucins (Province des Pouilles), édition non commerciale, préface de P. Mariano Bubbico (Ministre Provincial). Le P. Bernardino Bucci est le neveu de Rosaria Bucci, laïque de Corato qui fut l'amie intime de Luisa Piccarreta et la fille spirituelle de saint Padre Pio — témoin privilégié des relations entre les deux saints. Texte intégral disponible sur temoins-amour-esperance.fr, chapitre III, section « Le Bienheureux Padre Pio, Luisa Piccarreta et Rosaria Bucci ».
16 76 86 104 107 108 109 161 162 163 164 165 166 167L. Piccarreta, Carnet de souvenirs d'enfance (entrées rédigées en 1926 sur ordre du père Benedetto Calvi, publié à la fin du tome 1 du Livre du Ciel, Éditions Résiac, [s. d.]), 15 juillet 1926, dicté par obéissance au père Benedetto Calvi pour compléter le tome 1 du Livre du Ciel.
29 34L. Piccarreta, Carnet de souvenirs d'enfance (entrées rédigées en 1926 sur ordre du père Benedetto Calvi, publié à la fin du tome 1 du Livre du Ciel, Éditions Résiac, [s. d.]), p. 11, cité dans Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, trad. fr. Jean-Claude Lemyze, éd. Association Franco-Canadienne Luisa Piccarreta (Québec), [s. d.] (édition française de Thy Kingdom Come! The Life and Mission of Luisa Piccarreta, 2007), p. 2.
31L. Piccarreta, Carnet de souvenirs d'enfance (entrées rédigées en 1926 sur ordre du père Benedetto Calvi, publié à la fin du tome 1 du Livre du Ciel, Éditions Résiac, [s. d.]), p. 9, cité dans Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, trad. fr. Jean-Claude Lemyze, éd. Association Franco-Canadienne Luisa Piccarreta (Québec), [s. d.] (édition française de Thy Kingdom Come! The Life and Mission of Luisa Piccarreta, 2007), p. 3.
32L. Piccarreta, Carnet de souvenirs d'enfance (entrées rédigées en 1926 sur ordre du père Benedetto Calvi, publié à la fin du tome 1 du Livre du Ciel, Éditions Résiac, [s. d.]), p. 10-11, cité dans Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, trad. fr. Jean-Claude Lemyze, éd. Association Franco-Canadienne Luisa Piccarreta (Québec), [s. d.] (édition française de Thy Kingdom Come! The Life and Mission of Luisa Piccarreta, 2007), p. 3.
33Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, trad. fr. Jean-Claude Lemyze, éd. Association Franco-Canadienne Luisa Piccarreta (Québec), [s. d.] (édition française de Thy Kingdom Come! The Life and Mission of Luisa Piccarreta, 2007), p. 3 — citation de Jésus à Luisa sur les cauchemars d'enfance, rapportée dans le Carnet de souvenirs d'enfance.
35Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, p. 4 — épisode du cheval malade des Mastrorilli, guéri par la simple présence de Luisa enfant, attesté par Vito Nicola Piccarreta et le vétérinaire.
36L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 15-16.
38L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 18.
39Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, p. 7 — paroles intérieures de Jésus rappelant Luisa à l'ordre dès qu'elle s'attarde à une beauté créée ou à un confort matériel. Le P. Joseph Iannuzzi commente la pédagogie de Jésus à l'égard de Luisa comme celle d'« un maître de ballet avec une ballerine passionnée » (cf. R.P. Joseph L. Iannuzzi, Le Don de la vie dans la Divine Volonté dans les écrits de Luisa Piccarreta, thèse doctorale, Université Pontificale Grégorienne, 2012, p. 15-17).
40Maria Rosaria Del Genio, The Sun of My Will — Luisa Piccarreta, Libreria Editrice Vaticana, p. 38 — extases répétées de Luisa enfant, témoignage de Maria Dora.
41L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 21.
42 105L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 22.
43L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 26.
44L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 28.
45L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 35.
46L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 38.
47 106L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 41.
48L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 44.
49L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 45.
50L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), passages rédigés à la fin du tome (chronologie de sa vocation de victime).
51Maria Rosaria Del Genio, The Sun of My Will — Luisa Piccarreta, Libreria Editrice Vaticana, p. 52.
52L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 48.
53L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 50.
54L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 53.
55L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 54-55.
56 98L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 60.
57L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 69 à 71.
59 99Maria Rosaria Del Genio, The Sun of My Will — Luisa Piccarreta, Libreria Editrice Vaticana, p. 60.
60Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, p. 13 — crucifixions mystiques préparatoires au mariage spirituel ; stigmates internes sans manifestation extérieure ; douleur réelle dont seul un confesseur peut libérer Luisa par l'obéissance.
61L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 1 (Éditions Résiac, 176 p., [s. d.]), p. 87.
62Maria Rosaria Del Genio, The Sun of My Will — Luisa Piccarreta, Libreria Editrice Vaticana, p. 61.
63L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 4, 16 novembre 1900.
64R.P. Joseph L. Iannuzzi, Le Don de la vie dans la Divine Volonté dans les écrits de Luisa Piccarreta, thèse doctorale, Université Pontificale Grégorienne, 2012, p. 20.
65Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, p. 17 — rescrit de Léon XIII du 8 mars 1898 (messe au domicile une fois par semaine pendant 7 ans), extension par saint Pie X le 23 mai 1905 pour 7 ans supplémentaires, puis en 1908 autorisation quotidienne obtenue par Mgr Francesco Paolo Carrano (archevêque de Trani 1907-1915) et communion étendue à deux personnes de la famille et aux servants.
66Maria Rosaria Del Genio, The Sun of My Will — Luisa Piccarreta, Libreria Editrice Vaticana, p. 101-102.
67Maria Rosaria Del Genio, The Sun of My Will — Luisa Piccarreta, Libreria Editrice Vaticana, p. 103.
68Maria Rosaria Del Genio, The Sun of My Will — Luisa Piccarreta, Libreria Editrice Vaticana, p. 105-106.
69Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, p. 52 — témoignage de Francesca Capozza, compagne de Luisa pendant la Première Guerre mondiale, plus tard religieuse chez les Filles du Divin Zèle. Récit des extases observées, des lèvres mouvantes du Crucifix, des pieds cloués au sol.
70 81L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 11, passages sur les quatre modes de communication de Jésus à l'âme : sortie de l'âme hors du corps, apparition à l'âme dans le corps, participation à l'Essence divine, communication de cœur à cœur. Synthèse pédagogique dans Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, op. cit., p. 54-55.
74Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, p. 55 — sur l'assistance de Jésus à la mémoire de Luisa, qui retrouve intégralement les dictées même plusieurs jours plus tard.
75Lettre du P. Domenico Franzé OFM, chirurgien, professeur de physiologie, missionnaire, membre honoraire de l'Académie pontificale des Missions de Rome et médecin consultant de la Congrégation pour la Cause des saints, au P. Pantaleone Palma, supérieur général des Rogationnistes, datée du 20 juillet 1931. Texte intégral dans Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, op. cit., p. 96-100, et reproduit dans Maria Rosaria Del Genio, The Sun of My Will — Luisa Piccarreta, Libreria Editrice Vaticana, p. 142-148.
77 87 125 126 127 128 129Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, p. 64 — guérisons obtenues par les prières de Luisa pendant la Seconde Guerre mondiale, notamment Gino Bartolomeo (pied infecté, opération annulée après imposition de la main de Luisa) et la guérison d'une sciatique aiguë par un « remède maison » à la camomille.
82Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, trad. fr. Jean-Claude Lemyze, éd. Association Franco-Canadienne Luisa Piccarreta (Québec), [s. d.] (édition française de Thy Kingdom Come! The Life and Mission of Luisa Piccarreta, 2007), p. 111.
83 102 136 137Saint Nicolas de Flüe (1417-1487), ermite du Ranft et patron de la Suisse. La tradition, confirmée par les chroniques contemporaines et les autorités bernoises de l'époque, rapporte qu'il vécut une vingtaine d'années sans autre nourriture que la sainte communion. Canonisé le 15 mai 1947 par le pape Pie XII.
89Thérèse Neumann (1898-1962), mystique stigmatisée de Konnersreuth (Bavière). À partir de 1927, elle aurait vécu sans autre aliment que l'hostie quotidienne. En juillet 1927, l'évêque de Ratisbonne fit procéder à une surveillance médicale continue de quinze jours, assurée par des religieuses infirmières sous contrôle médical, pour vérifier l'inédie. Sa cause de béatification a été ouverte en 2005.
90Marthe Robin (1902-1981), mystique et stigmatisée française, fondatrice des Foyers de Charité. Selon les témoignages constants de son entourage, elle ne se nourrit, pendant une cinquantaine d'années, que de l'Eucharistie hebdomadaire. Déclarée vénérable par le pape François (décret sur l'héroïcité des vertus du 7 novembre 2014).
91Bienheureuse Alexandrina Maria da Costa (1904-1955), mystique portugaise de Balasar. De 1942 à sa mort en 1955, elle ne se nourrit que de l'Eucharistie. En 1943, elle fut soumise à une observation clinique continue de quarante jours à l'hôpital de Foz do Douro (Porto), sous la direction du Dr Henrique Gomes de Araújo ; au terme de l'examen, les médecins certifièrent qu'elle n'avait ni mangé ni bu durant toute cette période. Béatifiée le 25 avril 2004 par saint Jean-Paul II.
92Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, p. 41 — prédiction par Jésus à Luisa de la mort imminente de sa mère Rosa Tarantino ; mort effective le 19 mars 1907, fête de saint Joseph.
94L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, entrées de mars 1907 — vision de la mère de Luisa dans « le paradis intermédiaire » de la sainte Humanité de Jésus, sans expérience du Purgatoire.
95Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, p. 42 — maladie et mort de Vito Nicola Piccarreta, dix jours après celle de sa femme ; vision intérieure de Luisa du père placé par Jésus « près du Tabernacle ».
96Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, p. 43 — après la mort des parents, Angela Piccarreta (sœur cadette restée célibataire) prend soin de Luisa ; Luisa accepte d'être rétribuée pour la confection d'ornements et de dentelles destinés à l'église, mais refuse tout cadeau personnel et tous les revenus tirés de la vente de ses volumes.
97Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, p. 46-48 — séisme de Messine du 28 décembre 1908 à 5h20 ; prédiction reçue par Luisa cinq heures plus tôt ; orphelinats du P. Hannibal Maria di Francia épargnés (les 150 orphelins indemnes, une fillette de cinq ans retrouvée intacte dans son lit), conséquence du patronage de saint Antoine de Padoue.
100L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 16, entrées de 1923 — annonce de la Seconde Guerre mondiale et de la « seconde tribulation générale » avant la rédaction même de Mein Kampf par Adolf Hitler (1924-1925).
101L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, entrées sur le projet de loi sur le divorce en Italie : « loi inique contre les hommes eux-mêmes et contre leur propre bien-être social » ; Jésus demande à Luisa d'offrir ses souffrances pour ceux qui la combattent.
103Dernières paroles de Luisa Piccarreta le 4 mars 1947, recueillies par Don Benedetto Calvi, citées dans Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, trad. fr. Jean-Claude Lemyze, éd. Association Franco-Canadienne Luisa Piccarreta (Québec), [s. d.] (édition française de Thy Kingdom Come! The Life and Mission of Luisa Piccarreta, 2007), p. 116.
110 138Maria Rosaria Del Genio, The Sun of My Will — Luisa Piccarreta, Libreria Editrice Vaticana, p. 82-83.
111Maria Rosaria Del Genio, The Sun of My Will — Luisa Piccarreta, Libreria Editrice Vaticana, p. 84.
112Saint Annibale Maria di Francia, fiche biographique, site du Cénacle de la Divine Volonté (sites.google.com/site/cenacledeladivinevolonte/st-annibale-di-francia).
113Saint Jean-Paul II, homélie de la messe de canonisation de six bienheureux, VIe dimanche de Pâques, 16 mai 2004, §3 consacré à Annibale Maria di Francia (vatican.va).
114Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, trad. fr. Jean-Claude Lemyze, éd. Association Franco-Canadienne Luisa Piccarreta (Québec), [s. d.] (édition française de Thy Kingdom Come! The Life and Mission of Luisa Piccarreta, 2007), p. 84.
115 131L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 19, 18 août 1926.
116Lettre non datée de saint Hannibal Maria di Francia à Luisa Piccarreta, citée dans Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, trad. fr. Jean-Claude Lemyze, éd. Association Franco-Canadienne Luisa Piccarreta (Québec), [s. d.] (édition française de Thy Kingdom Come! The Life and Mission of Luisa Piccarreta, 2007), p. 83.
117Lettres du P. Hannibal Maria di Francia à Luisa Piccarreta des 24 janvier, 14 février et 24 mars 1927 — combat spirituel intense livré par le démon contre le travail d'édition des volumes du Livre du Ciel. Citées dans Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, op. cit., p. 87-89.
118 119 120Lettre de saint Hannibal Maria di Francia à Luisa Piccarreta du 28 août 1926, depuis Trani — exigence de fidélité totale à la dictée divine.
121Lettre de saint Hannibal Maria di Francia à Luisa Piccarreta du 5 octobre 1926, depuis Altamura — « qu'un mot différent, une virgule de plus ou une de moins, ou déplacée, peut le modifier, même involontairement ». Pédagogie de la prudence éditoriale face aux révélations privées.
122Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, p. 90 — projet de « Pieuse Union universelle des Filles et Fils de la Divine Volonté » du P. Hannibal Maria di Francia : mouvement de prière laïc et religieux dont le seul engagement consistait à réciter cinq fois par jour la deuxième demande du Notre Père. Inachevé à la mort du fondateur (1er juin 1927).
123Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, trad. fr. Jean-Claude Lemyze, éd. Association Franco-Canadienne Luisa Piccarreta (Québec), [s. d.] (édition française de Thy Kingdom Come! The Life and Mission of Luisa Piccarreta, 2007), p. 91.
124Lettre du P. Consalvo Valls OFM, professeur de théologie dogmatique à l'Université pontificale Antonianum de Rome et examinateur délégué des livres pour l'Ordre des Frères mineurs, datée du 18 juin 1931. Citée dans Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, op. cit., p. 100.
130Rev. Pablo Martin Sanguiao, La Piccola Figlia della Divina Volonta, Udine, 1992, p. 77.
133Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, trad. fr. Jean-Claude Lemyze, éd. Association Franco-Canadienne Luisa Piccarreta (Québec), [s. d.] (édition française de Thy Kingdom Come! The Life and Mission of Luisa Piccarreta, 2007), p. 106-107.
134L. Piccarreta, Lettres inédites, citée dans Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, trad. fr. Jean-Claude Lemyze, éd. Association Franco-Canadienne Luisa Piccarreta (Québec), [s. d.] (édition française de Thy Kingdom Come! The Life and Mission of Luisa Piccarreta, 2007), p. 107.
135Témoignage de Don Benedetto Calvi sur l'état du corps de Luisa après son décès, cité dans Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, trad. fr. Jean-Claude Lemyze, éd. Association Franco-Canadienne Luisa Piccarreta (Québec), [s. d.] (édition française de Thy Kingdom Come! The Life and Mission of Luisa Piccarreta, 2007), p. 118.
139Témoignage de Don Benedetto Calvi sur les funérailles de Luisa, cité dans Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, trad. fr. Jean-Claude Lemyze, éd. Association Franco-Canadienne Luisa Piccarreta (Québec), [s. d.] (édition française de Thy Kingdom Come! The Life and Mission of Luisa Piccarreta, 2007), p. 120.
140Lettre de Don Benedetto Calvi datée du 12 mars 1947, huit jours après le décès de Luisa Piccarreta. Citée dans Hugh Owen, La Vie et la Mission de Luisa Piccarreta, op. cit., p. 121-122 ; reprise par Maria Rosaria Del Genio, The Sun of My Will — Luisa Piccarreta, Libreria Editrice Vaticana, p. 230-232.
141 142Saint Hannibal Maria di Francia — béatifié par saint Jean-Paul II le 7 octobre 1990 ; canonisé par le même pape le 16 mai 2004.
146Saint Hannibal Maria di Francia, 2ᵉ lettre à Luisa Piccarreta, Messina, 20 juin 1924 (recueil St. Annibale and Luisa, Benedictines of the Divine Will) : « I see a sublime and Divine Science […] These are writings that must now be made known to the world » ; dès la 1ʳᵉ lettre, Messina, 20 mai 1924 : « The revelations about the Divine Will are sublime! […] the doctrine seems sublime and divine to me! » (textes originaux italiens, cités d'après la traduction anglaise du recueil).
147Saint Jean XXIII, Humanae salutis, n. 54 (25 décembre 1961) — « novum veluti Pentecostem ». Saint Jean-Paul II, audience générale du 4 avril 1998 et homélie de la Messe de la Pentecôte du 3 juin 2001. Concile Vatican II, Lumen Gentium, chapitre V, sur l'appel universel à la sainteté.
152 153Sainte Faustine Kowalska (1905-1938), canonisée par saint Jean-Paul II le 30 avril 2000. Saint Maximilien Marie Kolbe (1894-1941), canonisé par saint Jean-Paul II le 10 octobre 1982. Bienheureuse Dina Bélanger (1897-1929). Vénérable Concepción Cabrera de Armida (1862-1937).
154P. Joseph L. Iannuzzi, Le Don du Vivre dans la Divine Volonté dans les écrits de Luisa Piccarreta, thèse doctorale soutenue à l'Université Pontificale Grégorienne de Rome le 22 novembre 2012 (mention magnum cum laude). Publiée en 2013 avec la permission de l'Université, envoyée aux Dicastères du Vatican (CDF, CCS) et aux 494 évêques catholiques des États-Unis. La même année 2013, plus de 45 évêques ont exprimé par écrit leur estime pour la thèse, dont le cardinal Luis Antonio Tagle.
155 156Lettre de Luisa Piccarreta à Mgr Giuseppe Maria Leo, archevêque de Trani, juillet 1938 — soumission au décret du Saint-Office du 13 juillet 1938 (Acta Apostolicae Sedis XXX (1938), p. 318). Citée dans Rev. Pablo Martin, Luisa Piccarreta : « La Piccola Figlia della Divina Volonta », Udine, 1992, p. 76.
157Histoire des volumes rapportée par le P. Bernardino Bucci : le 11 mai 1938, un prêtre envoyé du Saint-Office ordonne à Luisa de remettre les 34 volumes de ses cahiers ; à cette date, elle venait d'achever le volume 35 et commençait le volume 36 — sa tante Rosaria Bucci remit les 34 volumes demandés mais cacha le volume 35. Dernier chapitre du volume 36 écrit le 28 décembre 1938 (biographie de Luisa par le P. Bucci : « She wrote the last chapter of Volume 36 on December 28, 1938 »).
158L. Piccarreta, Le Livre du Ciel, tome 15, 11 juillet 1923.
159Annonce publique de mars 1997, rapportée dans la synthèse documentaire du procès (The Process of Beatification for Luisa Piccarreta) : « it was announced publicly that the Tribunal Responsible for Luisa's Cause had determined unanimously that her life was one of heroic virtue and that her mystical experiences were authentic ». L'acte du tribunal n'étant pas accessible publiquement, l'événement est présenté ici à son vrai degré — une annonce rapportée, non un jugement canonique définitif, lequel appartient à Rome. Jalons certains : clôture de la phase diocésaine en 2005 et transmission de la Positio super virtutibus[^positio-2005].
169Clôture officielle de la phase diocésaine de la cause de béatification le 29 octobre 2005, sans qu'aucun obstacle ne soit constaté. Transmission de la Positio super virtutibus à la Congrégation pour les Causes des Saints à Rome. Source : Archidiocèse de Trani-Barletta-Bisceglie, Acta causae (consultable en italien sur le site officiel de l'Archidiocèse).
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