Les stigmates de Padre Pio (1918-1968)

Cinquante ans de plaies documentées : les rapports de Romanelli, Bignami et Festa, le protocole des huit jours, les décrets du Saint-Office et la disparition progressive des stigmates en 1968, à partir des rapports médicaux originaux.

Ignispedia

Le 20 septembre 1918, dans le chœur de l'église Notre-Dame-des-Grâces à San Giovanni Rotondo, le capucin Padre Pio de Pietrelcina (Francesco Forgione, 1887-1968) présente pour la première fois des plaies permanentes aux mains, aux pieds et au côté, semblables à celles de la Passion du Christ. Ces marques sont précédées de manifestations intermittentes depuis 1910. Le phénomène se prolonge pendant près de cinquante ans, avec une disparition progressive des lésions entre 1965 et la mort de Padre Pio, le 23 septembre 1968.[1][2][3]

Les stigmates de Padre Pio ont fait l’objet de plusieurs examens médicaux conservés : trois médecins l'examinent nommément entre 1919 et 1920 — Luigi Romanelli, chirurgien-chef de l’hôpital civil de Barletta,[4] Amico Bignami, pathologiste de l'université de Rome mandaté via la Curie capucine, et Giorgio Festa, chirurgien romain qui rédige trois rapports successifs jusqu'en 1925. Leurs conclusions divergent sur des points précis : profondeur des lésions, intégrité osseuse, nature de la plaie thoracique, cause possible. Les contrôles de 1954 complètent leurs observations par des radiographies et un bilan sanguin.

Les rapports, lettres et attestations ont été réunis par le capucin Gerardo Di Flumeri, postulateur de la cause de canonisation, dans Le cas Padre Pio. Témoignages et rapports médicaux. Son édition distingue les documents originaux de ses commentaires et reproduit aussi les conclusions défavorables à une origine surnaturelle.[5] L’essai historique d’Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, apporte notamment les controverses de presse, les témoignages recueillis après la mort et l’histoire des interventions du Saint-Office.

Deux questions dominent les expertises : comment expliquer la persistance de lésions qui saignent sans suivre une cicatrisation habituelle, et quelle est leur profondeur réelle ? Le contrôle de huit jours sans médicament, les examens successifs de Festa et les radiographies de Caserta apportent des réponses distinctes. La réalité des marques, leur interprétation médicale et le jugement religieux ne se confondent pas.[6][7][8]

Cinquante ans en deux périodes

Infographie originale IA. Signes intermittents, plaies permanentes et principaux examens. D’après Di Flumeri, p. 6 et chronologie.

Di Flumeri distingue lui-même deux périodes dans l'histoire des stigmates de Padre Pio :

« Dans la longue histoire de la stigmatisation de Padre Pio, il faut distinguer deux périodes : l'une de préparation au grand phénomène, et qui dura huit ans (septembre 1910 - septembre 1918), l'autre, celle de la stigmatisation permanente, qui se prolongea pendant cinquante ans (septembre 1918 - septembre 1968). »

Référence : Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio. Témoignages et rapports médicaux, trad. Philippe Cola, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 6.[9]

Les signes intermittents (1910-1918)

Notre-Dame-des-Grâces, photographie de 2009 ; l’ancienne église est à gauche. Principe88 — Wikimedia Commons, domaine public.

Ordonné prêtre le 10 août 1910, le jeune Padre Pio signale dès l'année suivante des phénomènes douloureux qu'il tient d'abord secrets. Dans une lettre du 8 septembre 1911 à son directeur spirituel, il décrit :

« Au milieu de la paume des mains, un peu de rougeur est apparue, quasi de la forme d'un centime, phénomène accompagné par une douleur forte et aiguë au milieu de cette tache rouge. […] Même sous les pieds, j'ai un peu mal. Ce phénomène se renouvelle depuis presque une année. »

Référence : Padre Pio, lettre du 8 septembre 1911, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 43-44.[10]

Le 10 octobre 1915, il précise que ces marques furent d'abord visibles, spécialement à une main, avant d'être extérieurement supprimées à sa demande, tandis que la douleur, elle, ne cessait pas :

« Ils furent visibles, surtout à une main […] Depuis lors ils n'ont plus apparu ; si toutefois les blessures disparurent, la douleur très aiguë […] elle, ne disparut point. »

Référence : Padre Pio, lettre du 10 octobre 1915, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 45.[11]

Cette période de huit ans établit un point que les rapports médicaux ultérieurs devront intégrer : les plaies n'apparaissent pas brutalement en 1918 sans antécédent — elles succèdent à des signes intermittents documentés par sa propre correspondance depuis 1910-1911.

La transverbération des 5–7 août 1918

Six semaines avant les plaies permanentes, Padre Pio décrit au père Benedetto une expérience de transverbération, c’est-à-dire une blessure intérieure vécue comme une pénétration douloureuse de l’âme. Dans sa lettre du 21 août 1918, il situe le début au soir du 5 août, alors qu’il confesse les élèves du petit séminaire. Un personnage céleste lui apparaît, tenant un instrument semblable à une longue lame dont la pointe laisse sortir du feu. Il rapporte une souffrance ininterrompue jusqu’au matin du 7 août.[12]

« Je ressens au plus profond de mon âme une blessure qui est toujours ouverte et qui me fait continuellement souffrir. »

— Padre Pio, lettre au père Benedetto, 21 août 1918.[13]

Le récit décrit une expérience spirituelle dans les termes de la blessure ; les marques corporelles permanentes seront rapportées séparément dans la lettre du 22 octobre. Cette succession, reprise par le Comité Mirabilis, situe les événements de septembre dans une histoire spirituelle antérieure aux premières expertises médicales.[14]

Le 20 septembre 1918

Le récit le plus proche de l'événement figure dans une lettre datée du 22 octobre 1918, un mois après les faits :

« C'était le matin du 20 du mois dernier, dans le chœur, après la célébration de la sainte Messe […] Le personnage disparut de ma vue, et je m'aperçus que mes mains, mes pieds et mon côté étaient transpercés et saignaient. »

Référence : Padre Pio, lettre du 22 octobre 1918, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 49-50.[15]

Cette lettre documente ce que Padre Pio affirme avoir vécu ; elle n'est en aucun cas une expertise médicale — les premiers examens cliniques n'interviennent que sept mois plus tard, en mai 1919.

Vue d'ensemble de la chronologie médicale

  1. Août-septembre 1910
    Premiers signes intermittents

    Manifestations douloureuses aux mains et aux pieds, sans plaie permanente, documentées par la correspondance ultérieure de Padre Pio.[16]

  2. 20 septembre 1918
    Apparition des plaies permanentes

    Padre Pio rapporte, dans le chœur de Notre-Dame-des-Grâces, l'apparition simultanée des plaies aux mains, aux pieds et au côté.[17]

  3. 15-16 mai 1919
    Premier examen médical — Luigi Romanelli

    Rapport rédigé au couvent : sensation palpatoire de vide aux mains, profondeur des lésions des pieds non vérifiée par ce geste, plaie thoracique de sept centimètres.[18]

  4. Juillet 1919
    Le protocole des huit jours

    Huit jours sans médicament, avec renouvellement quotidien des bandages et contrôle des scellés selon Paolino ; rapport sous serment de trois religieux.[19][20]

  5. 26 juillet 1919
    Rapport Amico Bignami

    Nécrose névrotique multiple de la peau et entretien chimique peut-être inconscient ; rejet explicite de la simulation.[21]

  6. 9-10 octobre 1919
    Premier examen de Giorgio Festa

    Examen les 9 et 10 octobre, puis trois jours supplémentaires d’observation ; deux linges trempés de sérosité sanguine en dix heures.[22]

  7. 15-16 juillet 1920
    Examen collégial Romanelli-Festa

    Confrontation organisée pour examiner leurs divergences ; contre-épreuve de Festa à l'alcool éthylique et au glycérolat d'amidon.[23]

  8. 31 mai 1923
    Premier décret du Saint-Office

    Non-constat de la supernaturalité des faits attribués à Padre Pio.[24]

  9. 24 juillet 1924
    Second décret du Saint-Office

    Invitation solennelle des fidèles à s'abstenir de tout rapport, même épistolaire, avec Padre Pio.[25]

  10. 7 avril 1925
    Troisième rapport de Festa

    Mémoire remis au Saint-Office ; Festa explique la présence d'acide phénique au couvent et répond à l'objection chimique.[26]

  11. 5 octobre 1925
    Réexamen à l'insu du patient

    Pendant une opération de hernie, Festa profite d'un évanouissement pour réexaminer les plaies, qu'il juge identiques à celles de 1920.[27]

  12. 13 septembre 1954
    Examen de Luigi Pancaro (rapport du 19 septembre)

    Bilan hématologique et hémostatique jugé essentiellement normal ; nette diminution des saignements signalée par le patient.[28]

  13. 14 octobre 1954
    Radiographies d'Alberto Caserta

    Clichés dorso-palmaires des mains et des pieds : aucune interruption osseuse constatée.[29]

  14. 1965-1967
    Disparition des lésions dorsales aux pieds

    Plusieurs témoins ne constatent déjà plus de plaies visibles au dos des pieds.[30]

  15. 22 septembre 1968
    Dernière messe publique

    La paume gauche saigne encore ; le dos de la main droite ne présente plus de lésion visible sur le film de Francesco Lotti.[31]

  16. 23 septembre 1968
    Mort et constat post mortem

    Padre Pio meurt à 2h30. Le médecin Giuseppe Sala et plusieurs religieux constatent l'absence de toute plaie ou cicatrice.[32]

Anatomie des plaies : ce que virent les médecins

Infographie originale IA. Trois lectures médicales divergentes. D’après leurs rapports reproduits par Di Flumeri, p. 153–155, 179–183 et 192–201.

Avant d'entrer dans le détail de chaque rapport, il faut fixer la description consensuelle des lésions, telle que la synthétise Di Flumeri à partir des trois examens de 1919-1920. Aux mains, la lésion palmaire droite se situe vers le troisième métacarpe :

« Il avait une forme circulaire d'un diamètre d'un peu plus de deux centimètres […] C'était une membrane luisante, pigmentée, d'un rouge visqueux, un peu bombée en son centre […] Ses contours étaient légèrement frangés. »

Référence : Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 7.[33]

Cette description de surface ne dit encore rien de la profondeur réelle des lésions — c'est précisément sur ce point que Romanelli, Bignami et Festa vont diverger de façon frontale, comme les sections suivantes le montrent en détail.

Mains et pieds : perforation ou lésion superficielle ?

Aux pieds, Romanelli décrit en mai 1919 des zones circulaires de la taille d'une pièce de cinq centimes, rouges et luisantes ; Bignami, en juillet, n'y voit qu'une « petite escarre foncée, très superficielle, arrondie, intensément colorée par de la teinture d'iode »[34] ; Festa situe la lésion au milieu du deuxième métatarse et affirme que « le métatarse sous-jacent apparaissait intact dans toute son extension »[35]. Trois descriptions, trois médecins, trois interprétations de la profondeur — le désaccord porte moins sur ce qui est visible en surface que sur ce qu'il faut en déduire pour les tissus sous-jacents.

Le tableau suivant résume, poste par poste, ce que chacun des trois examinateurs de 1919-1920 a constaté et conclu :

Élément examinéLuigi Romanelli, mai 1919Amico Bignami, juillet 1919Giorgio Festa, octobre 1919 – juillet 1920
MainsSensation palpatoire de vide ; discontinuité affirmée[36]Os et tissus mous normaux ; escarres très superficielles[37]Métacarpe intact ; atteinte sous-cutanée possible[38]
Pieds« Pieds troués » allégué, sans manœuvre comparable à celle des mains[39]Escarre dorsale superficielle ; aucune lésion plantaire hors coloration iodée[40]Lésions dorsales et plantaires ; petite lésion centrale après chute des croûtes[41]
CôtéCoupure linéaire d'environ 7 cm, profondeur non sondée[42]Croix superficielle, derme non atteint, aucun saignement pendant l'examen[43]Croix renversée 7 x 4 cm, très superficielle, saignement sérosanguin observé[44]
Hypothèse retenueOrigine naturelle exclue ; surnaturel affirmé[45]Nécrose névrotique + entretien chimique peut-être inconscient[46]Agents externes, hystérie et hémophilie écartés ; origine inexpliquée par la médecine de 1919[47]

La plaie du côté : une forme qui change

La plaie thoracique est le point le plus instable du dossier. Le tableau suivant compare les cinq descriptions successives de la lésion thoracique par plusieurs observateurs, entre mai 1919 et juillet 1964 :

ObservateurDateDescription rapportée
Luigi RomanelliMai 1919Plaie linéaire d'environ 7 cm, sixième espace intercostal gauche, profondeur non sondée[48]
Amico BignamiJuillet 1919Croix oblique, cinquième à neuvième côte, derme non atteint, aucun saignement pendant l'examen[49]
Giorgio FestaOctobre 1919Croix renversée, branche longitudinale d'environ 7 cm et transversale d'environ 4 cm, très superficielle[50]
Romanelli et FestaJuillet 1920Croix aux branches inégales, superficielle en apparence mais fortement saignante[51]
Eusebio Notte5 juillet 1964Croix avec branche verticale de 6 à 7 cm, légèrement oblique, et branche transversale plus courte[52]

Di Flumeri lui-même reconnaît que ces variations de forme n'exigent pas une explication surnaturelle :

« Les causes de ces modifications ne doivent pas être recherchées nécessairement dans la sphère du surnaturel, des causes d'ordre purement naturel suffisent pour leur explication. »

Référence : Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 19.[53]

Cette reconnaissance, venant du postulateur même de la cause, encadre la lecture de tout le reste du dossier : la variabilité morphologique n'est pas un argument contre l'authenticité matérielle des lésions, mais elle interdit de présenter la plaie du côté comme une figure géométrique fixe et identique pendant cinquante ans.

Luigi Romanelli : le premier examen (mai 1919 – 1920)

Infographie originale IA. Schéma explicatif du geste, sans reconstitution des plaies. Romanelli, rapport de mai 1919 et lettre du 7 novembre 1920, dans Di Flumeri, p. 153 et 172.

Luigi Romanelli, chirurgien-chef de l’hôpital civil de Barletta,[54] est le premier praticien à examiner Padre Pio, les 15 et 16 mai 1919, puis à nouveau en juin et en juillet de la même année.[55] Son rapport, rédigé sur place, est le plus engagé des trois quant à ses conclusions.

La sensation palpatoire de « vide »

L'affirmation la plus spectaculaire de Romanelli repose sur la palpation des mains :

« En appliquant le pouce sur la paume et l'index sur le dos de la main pour couvrir les deux régions décrites, et en faisant un mouvement de pression qui s'avère très douloureux, on a l'exacte sensation d'un vide entre les deux doigts, qui semblent seulement séparés par les membranes et par du tissu souple et mou ; à la pression, cela donne l'idée du sable et on ne perçoit aucune résistance ni des os ni des tissus mous existant dans ces régions. »

Référence : Luigi Romanelli, rapport des 15-16 mai 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 152–153.[56]

Il en conclut : « Il y a discontinuité des tissus dans l'épaisseur de la main. »[57] Cette conclusion doit être immédiatement nuancée par deux limites que le dossier révèle lui-même. D'abord, Bignami et Festa palperont ensuite des métacarpes qu'ils décrivent comme normaux, et les radiographies de 1954 ne montreront aucune interruption osseuse.[58] Ensuite, Romanelli lui-même précisera plus tard qu'il n'a pas poussé la manœuvre jusqu’au contact de ses deux doigts, la douleur infligée au patient l'en ayant empêché.[59] Il s'agit donc d'une sensation palpatoire interprétée comme discontinuité, non de la visualisation directe d'un canal traversant.

Pour les pieds, Romanelli affirme une conclusion similaire — « il est manifeste qu'il existe un espace vide et que le pied est troué »[60] — mais reconnaîtra dans sa lettre du 7 novembre 1920 que l'épaisseur des pieds lui avait rendu impossible d'y reproduire la manœuvre de compression pratiquée sur les mains.[61] L'asymétrie probatoire entre mains et pieds doit donc être conservée : l'affirmation la plus forte concerne un organe sur lequel le geste de vérification n'a pas pu, de l'aveu même du médecin, être exécuté.

La plaie thoracique et le « sang artériel »

Sur le côté, Romanelli décrit :

« Dans l'hémithorax gauche […] presque au niveau du sixième espace intercostal gauche, on note une plaie ouverte, linéaire, suivant la direction des côtes, d'une longueur de sept centimètres environ, aux contours nets et légèrement rentrants, affectant les tissus mous. »

Référence : Luigi Romanelli, rapport des 15-16 mai 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 153.[62]

Il ajoute : « L'examen révèle que la blessure est dirigée de bas en haut, et plutôt de l'extérieur vers l'intérieur, avec perte de sang artériel. […] le sondage de la blessure ne peut s'effectuer, c'est pourquoi il est difficile de juger de sa profondeur. »[63] Ce point mérite d'être souligné : Romanelli ne sonde pas la plaie et reconnaît explicitement ne pouvoir en mesurer la profondeur. La qualification de « sang artériel » repose sur une observation visuelle, sans prélèvement ni dosage.

Romanelli conclut son rapport en excluant toute origine naturelle : l'agent doit, selon lui, « être cherché à coup sûr dans le surnaturel ».[64] Sa lettre du 19 mai 1919, où il parle déjà de « miracle vivant » et de « relique »,[65] exprime une interprétation religieuse explicite — ce qui n'invalide pas ses observations cliniques, mais impose de séparer soigneusement, dans la lecture de son rapport, ce qui relève de la donnée d'examen et ce qui relève de l'interprétation religieuse spontanée.

L'examen collégial de juillet 1920 : des divergences non effacées

En juillet 1920, Romanelli et Festa procèdent à un examen conjoint, organisé précisément parce que Festa avait d'abord jugé les lésions superficielles. Romanelli note alors des mains « plus élargies et complètement recouvertes de croûtes de sang, très douloureuses ».[66] La douleur empêche de reproduire la palpation de 1919 ; les deux médecins ne s'accordent que sur ce point :

« C'est pourquoi nous fûmes d'accord pour retenir que les croûtes épaisses et trop sensibles au toucher cachaient quelque chose d'impossible à voir actuellement, mais que j'avais pu bien voir et observer quand ces croûtes n'étaient pas là. »

Référence : Luigi Romanelli, lettre du 9 août 1920, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 167.[67]

Ce n'est donc pas une confirmation collégiale d'une perforation complète : c'est un accord sur l'impossibilité d'examiner sous les croûtes en 1920, auquel Romanelli ajoute son propre souvenir de 1919. Au pied droit, la chute d'une croûte permet cependant d'observer « un trou bien net » au dos et « un autre trou, semblable au premier et correspondant parfaitement et précisément avec celui du dessus » à la plante.[68] Ni Romanelli ni Festa ne rapportent pour autant le passage d'une sonde ou une preuve instrumentale de communication anatomique entre les deux orifices.

Sur le côté, Romanelli consigne lui-même l'évolution de forme entre ses trois observations :

« En mai, je n'avais vu qu'une seule branche, transversale et profonde. Le docteur Festa vit une croix aux branches égales, mais superficielles. Maintenant, nous avons constaté ensemble une croix avec une branche plus large et l'autre plus étroite. Elle paraît superficielle, mais elle saigne énormément, au point que nous lui ôtâmes un linge trempé de sang chaud. »

Référence : Luigi Romanelli, lettre du 9 août 1920, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 168.[69]

Romanelli ajoute honnêtement : « je ne sais ni ne peux expliquer » comment la lésion vue superficielle en octobre 1919 avait pu correspondre à celle, plus profonde, qu'il croyait avoir observée en mai.[70]

Amico Bignami : une hypothèse mixte, pas une accusation de fraude

Amico Bignami (1862–1929). Wellcome Collection, L0011971 — via Wikimedia Commons, CC BY 4.0.

Amico Bignami, professeur de pathologie générale à l’université de Rome, examine Padre Pio en juillet 1919, dans le cadre d’une mission liée à une demande du Saint-Office transmise via la Curie capucine.[71] Son rapport est daté du 26 juillet 1919. Il s’agit d’une mission unique, mais non nécessairement d’un examen unique : Paolino rapporte un séjour de deux jours pendant lequel le professeur l’examina plusieurs fois.[72] Romanelli et Festa, eux, reviendront à plusieurs mois d’intervalle.

Examen général et signes neurovégétatifs

Bignami mesure un pouls au repos de 90 par minute, une respiration globalement normale, un foie et une rate sans anomalie. Sur le plan neurologique, il note :

« Il existe un dermographisme évident dans tout le thorax et même dans le dos. Les réflexes vaso-moteurs sont vifs. Les mouvements sont tout à fait normaux, de même les réflexes superficiels et tendineux. Padre Pio affirme ne jamais avoir souffert de maladies nerveuses : il n'a jamais eu d'évanouissements, de convulsions, de tremblements. »

Référence : Amico Bignami, rapport du 26 juillet 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 178.[73]

Il constate par ailleurs une hyperesthésie cutanée diffuse, plus marquée au thorax gauche et aux extrémités.[74] Ces observations doivent être retenues avec précision : Bignami ne décrit ni équilibre parfait ni trouble neurologique majeur, mais des signes neurovégétatifs réels — dermographisme (la peau rougit et se soulève au passage du doigt), réflexes vasomoteurs vifs (les petits vaisseaux de la peau réagissent fortement et vite), hyperesthésie (sensibilité exagérée de la peau au toucher) — sans évanouissement ni convulsion rapportés.

Mains, pieds et côté : le contraire de Romanelli

Sur les mains, Bignami écrit noir sur blanc le contraire de son prédécesseur :

« Lors d'une palpation minutieuse, on sent bien les os du métacarpe, parfaitement normaux quant à leur volume et à leur forme, et ce aussi bien à la main droite qu'à la main gauche : on peut dire la même chose pour les parties molles. »

Référence : Amico Bignami, rapport du 26 juillet 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 179.[75]

Pour le thorax, il est tout aussi net : « À aucun endroit la lésion ne s'approfondit ; le derme n'est pas du tout atteint. »[76] Cette contradiction avec Romanelli n'est pas une simple différence de vocabulaire : c'est un désaccord clinique frontal sur la profondeur des mêmes lésions, examinées à deux mois d'intervalle.

Le rejet explicite de la simulation

Le rapport Bignami envisage trois hypothèses — production artificielle volontaire, état morbide, ou combinaison d'un état morbide et d'un entretien artificiel — et rejette catégoriquement la première :

« Je ne peux pas du tout retenir la première hypothèse, et spécialement par manque de preuves directes. […] l'impression de sincérité que m'a donnée Padre Pio m'empêche de penser à une simulation pure et simple. »

Référence : Amico Bignami, rapport du 26 juillet 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 181.[77]

Ce point est capital et corrige une déformation récurrente du dossier, y compris chez des auteurs catholiques favorables au cas : dans son rapport, Bignami écarte la fraude consciente. Il ne mentionne pas non plus l'acide phénique dans sa conclusion — la formule qui circule encore aujourd'hui, associant Bignami au phénol, provient des souvenirs d'un religieux du couvent, pas du texte même de son rapport.[78]

La conclusion réelle : nécrose névrotique et entretien chimique possible

La formule exacte de Bignami mérite d'être citée intégralement, car c'est elle, et non un résumé, qui doit servir de référence :

« Nous pouvons en effet penser que les lésions décrites ont commencé comme produits pathologiques (nécrose névrotique multiple de la peau) et ont été, peut-être inconsciemment et par un phénomène de suggestion, complétées dans leur symétrie et maintenues artificiellement par un moyen chimique, par exemple avec de la teinture d'iode. »

Référence : Amico Bignami, rapport du 26 juillet 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 182.[79]

Bignami reconnaît lui-même que la symétrie parfaite et la permanence des lésions sont précisément ce que la nécrose névrotique seule n'explique pas — c'est pourquoi il ajoute l'hypothèse d'un entretien chimique, présenté comme possiblement inconscient, avec l'iode donné en exemple, non comme certitude. Sa conclusion générale reste néanmoins tranchée : « Dans les altérations de la peau décrites, il n'y a rien qui ne puisse être le produit d'un état morbide et de l'action d'agents chimiques connus. »[80]

Giorgio Festa : trois rapports sur six ans (1919-1925)

Infographie originale IA. Les visites et les rapports sont distingués. Di Flumeri, p. 35, rapports de 1919–1925 et témoignage p. 299–300.

Giorgio Festa, chirurgien romain, mène l'examen le plus prolongé : un examen les 9 et 10 octobre 1919, suivi de trois jours supplémentaires d’observation,[81] une visite collégiale en juillet 1920, un troisième rapport en avril 1925, puis un réexamen fortuit en octobre 1925.

Octobre 1919 : protocole et deux linges en dix heures

Festa arrive le 9 octobre 1919, examine Padre Pio le soir même, puis reste trois jours supplémentaires pour une étude psychologique.[82] Il relève un pouls à 64 par minute, des réflexes normaux, une intense hypersensibilité cutanée aux zones lésées, et conclut sur l'état mental :

« Dans les examens accomplis sur sa personne et dans l'interrogatoire auquel j'ai dû le soumettre pour recueillir ces données, on constate toujours un grand équilibre et une harmonie vraiment parfaite entre les fonctions de son système nerveux et les facultés de son esprit. »

Référence : Giorgio Festa, premier rapport du 28 octobre 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 190.[83]

Cette évaluation demeure une appréciation clinique de son temps, sans test psychométrique standardisé — un point à garder en tête plutôt que de la présenter comme une expertise psychiatrique au sens contemporain.

Sur les mains, Festa situe la lésion palmaire gauche au troisième métacarpe, mesure « un peu plus de deux centimètres » et note que Padre Pio ne peut fermer complètement le poing, mais précise aussitôt : « Le métacarpe situé en-dessous ne présente anatomiquement aucune discontinuité : il apparaît intègre et régulier sur toute sa longueur. »[84] Sur les pieds, il observe une perte « légère, mais continuelle » de sérosité sanguine, avec un métatarse qu'il juge intact.[85]

La donnée la plus précise du dossier concerne l'observation nocturne du côté :

« Lorsque j'ai examiné pour la première fois Padre Pio vers 9 heures du soir, j'ai retiré de cette plaie un linge de la grandeur d'un mouchoir ordinaire. Il était tout imprégné de sérosité sanguine. Je l'ai remplacé par un nouveau linge blanc […] vers 7 heures du matin […] je constatai que ce mouchoir — et un autre linge d'une égale grandeur, que Padre Pio avait ajouté durant la nuit —, étaient complètement trempés de cette même sécrétion sérosanguine. »

Référence : Giorgio Festa, premier rapport du 28 octobre 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 194.[86]

Cette observation documente deux linges trempés en dix heures — la seule mesure du dossier qui approche une quantification directe — mais Festa parle explicitement de sécrétion sérosanguine, non de sang pur, et ne convertit à aucun moment cette observation en volume.

La réponse de Festa à l'hypothèse chimique

Festa oppose à l'hypothèse d'un irritant appliqué la topographie même des lésions :

« Elles ne sont pas dues à l'application de substances chimiques, parce que l'action de ces dernières ne se limite jamais strictement à la zone lésée […] mais s'étend au-delà de ses limites […] avec une réaction dont l'indice est toujours donné par un degré de rougeur plus ou moins visible, par un œdème, par des infiltrations. »

Référence : Giorgio Festa, premier rapport du 28 octobre 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 195-196.[87]

Il ajoute que, selon les informations reçues, toute application de produit aurait cessé depuis plus de trois mois sans que les lésions ne disparaissent.[88] Il écarte ensuite le thermocautère par absence de réaction périphérique et de cicatrisation typique, la nécrose névrotique par absence de trouble psychique diagnostiqué, et l'hémophilie par absence d'antécédents hémorragiques.[89] Sa conclusion de 1919 comporte deux niveaux. Il constate d’abord la limite des explications médicales qu’il a examinées :

« En conclusion donc, les lésions que Padre Pio présente et les hémorragies auxquelles elles donnent lieu ont une origine que nos connaissances sont bien loin de pouvoir expliquer. »

Référence : Giorgio Festa, premier rapport du 28 octobre 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 201.[90]

Il poursuit immédiatement par une interprétation religieuse, fondée aussi sur la vie de prière et de dévouement de Padre Pio :

« Leur raison d’être est bien plus élevée que ne l’est la science humaine ! »

— Giorgio Festa, rapport du 28 octobre 1919.[91]

Festa voit dans ces marques les signes d’une prédilection divine et rattache leur emplacement aux souffrances du Christ. Sa conclusion ne se réduit donc pas à une ignorance clinique : elle associe l’exclusion des causes qu’il discute à une lecture croyante du phénomène. Ce premier rapport ne contient toutefois ni biopsie, ni culture bactériologique, ni numération plaquettaire ; son argumentation procède principalement de l’examen des lésions, de leur évolution et des antécédents du patient.

Juillet 1920 : contre-épreuve à l'alcool et au glycérolat d'amidon

Lors de l'examen collégial de juillet 1920, Festa vient équipé pour vérifier lui-même l'hypothèse d'un entretien à la teinture d'iode évoquée par Bignami un an plus tôt :

« Mais ni l'alcool éthylique ni le glycérolat d'amidon appliqués sur les lésions n'ont pu mettre en évidence la plus petite trace d'iode ni mettre à jour le moindre morceau de peau sous-jacente normale. »

Référence : Giorgio Festa, deuxième rapport du 31 août 1920, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 214.[92]

Après la chute des croûtes, il observe aux pieds une cicatrice rose avec, en son centre, une petite lésion irrégulière « de la grandeur d'une lentille » s'étendant en profondeur, reproduite dorsalement et plantairement.[93] Cette contre-expertise, menée un an après Bignami, ne démontre pas que ce dernier avait mal observé en 1919 — l'aspect des lésions a pu évoluer entre-temps — mais elle constitue le seul test chimique directement pratiqué sur les plaies dans tout le corpus.

Le rapport de Festa précise également que le protocole attribué à Bignami — retrait de l'iode, bandage prolongé — provient des témoignages des religieux et de ses propres souvenirs, non du texte du rapport Bignami lui-même, qui ne prescrit ni durée ni protocole précis.[94]

1925 : un mémoire, pas un nouvel examen clinique

Le troisième document de Festa, daté du 7 avril 1925 et remis au Saint-Office, n'est pas le compte rendu d'un nouvel examen. Festa l'explique lui-même :

« J'ai demandé à cette Autorité, en date du 15 décembre 1924, l'autorisation de le soumettre une fois encore à un nouvel examen clinique […] Pour des raisons que mon devoir m'interdit de chercher à connaître ou à discuter, cette autorisation m'a été refusée. »

Référence : Giorgio Festa, troisième rapport remis le 7 avril 1925, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 229-230.[95]

Ce mémoire est donc un texte rétrospectif, appuyé sur les examens de 1919-1920 et sur des informations indirectes. Il y répond à l'objection chimique en expliquant la présence réelle de phénol au couvent : le recteur préparait des solutions désinfectantes pour des injections contre le paludisme, et Padre Pio l'aidait à les diluer ; du phénol brut servait aussi à l'hygiène des latrines et parfois au sol de sa cellule.[96] Festa concède l'accès au produit, mais lui oppose l'évolution des plaies :

« En admettant même un instant que Padre Pio ait appliqué sur ses blessures […] de la teinture d'iode, de l'acide phénique ou une autre substance irritante […] »

Référence : Giorgio Festa, troisième rapport remis le 7 avril 1925, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 236.[97]

— avant d'objecter l'absence de cicatrisation ou de destruction progressive de la peau, incompatible selon lui avec une irritation chimique répétée pendant des années.

Sur Agostino Gemelli, franciscain, médecin et fondateur de l'Université catholique de Milan, dont l'avis critique circule dans les milieux romains, Festa est catégorique :

« Un excellent prêtre et médecin, le Père Gemelli […] se rendit à San Giovanni Rotondo […] dans le but d'examiner Padre Pio ; mais n'étant pas en possession d'une autorisation valable de ses Supérieurs, il ne fut pas autorisé à examiner ses plaies : il put seulement avoir avec lui une très brève conversation. »

Référence : Giorgio Festa, troisième rapport remis le 7 avril 1925, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 240-241.[98]

Ce point, confirmé indépendamment par Boniface,[99] est essentiel pour la suite du dossier : Gemelli n'a jamais examiné cliniquement les stigmates de Padre Pio. Son avis, souvent cité comme s'il s'agissait d'une expertise, est en réalité une opinion formée sans examen direct.

Le linge emporté à Rome et le parfum rapporté

Un détail distingue Festa des autres témoins du parfum associé à Padre Pio : il est privé d’odorat. Il l’indique expressément dans son rapport du 31 août 1920, puis le rappelle dans celui du 7 avril 1925. Il n’avait donc rien écrit sur ce sujet dans son premier rapport, faute de perception personnelle.[100] Joachim Bouflet reprend cette particularité dans son étude des phénomènes mystiques : l’anosmie du médecin doit rester attachée au récit du linge, dont elle détermine la portée testimoniale.[101]

Lors de la visite d’octobre 1919, Festa emporte un linge imbibé provenant de la plaie du côté pour l’examiner au microscope. Ses compagnons de voiture lui signalent une fragrance, malgré la ventilation du trajet. À Rome, il conserve le linge dans un meuble de son bureau ; des personnes venues le consulter l’interrogent spontanément sur le parfum qui remplit la pièce. Le médecin rapporte une odeur comparée à un mélange de violettes et de roses, également évoquée par Romanelli.[102]

« Étant personnellement totalement dépourvu d’odorat, et ne pouvant par conséquent porter sur ce sujet un jugement personnel, je n’en avais pas touché mot dans mon premier rapport […] »

— Giorgio Festa, rapport du 31 août 1920, extrait.[103]

Festa déduit de la persistance de l’odeur sur le tissu qu’elle serait liée au sang plutôt qu’à la seule présence du religieux. Il rapporte ainsi les perceptions d’autres personnes et propose une interprétation ; il ne livre ni identification chimique d’une substance odorante ni mesure instrumentale de son émission.

Le réexamen du 5 octobre 1925

Quelques mois plus tard, Festa opère Padre Pio d'une hernie selon la méthode de Bassini (technique classique de cure de la hernie inguinale, par reconstruction du canal inguinal). Lors d'un collapsus avec perte de connaissance, il en profite pour réexaminer les plaies à l'insu du patient :

« J'ai profité d'un de ces moments pour réexaminer, à son insu, les plaies que cinq ans auparavant j'avais eu l'occasion d'étudier, et que je retrouve maintenant avec les caractères identiques à ceux que j'avais décrits dans mes rapports précédents. »

Référence : Giorgio Festa, témoignage relatif à l'opération du 5 octobre 1925, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 299.[104]

Il ajoute que l'escarre du côté, tombée depuis son précédent examen, laisse apparaître une plaie « fraîche et vermeille, en forme de croix ».[105] Cette observation offre un contrôle longitudinal direct après cinq ans, mais elle soulève une réserve méthodologique et éthique qu'il faut nommer : Padre Pio avait expressément refusé un nouvel examen, et Festa agit ici sans son consentement.

Le protocole des huit jours

Infographie originale IA. Bandages et saignements : rapport des trois religieux, p. 63 ; contrôle des scellés : souvenirs de Paolino, p. 82–84, dans Di Flumeri. Les pictogrammes ne représentent pas des volumes mesurés.

Un rapport signé sous serment par trois religieux — Paolino de Casacalenda, Basilio de Mirabello Sannitico et Ludovico de San Marco in Lamis — décrit huit jours d’observation sans médicament. Le document ne porte pas de date ; Di Flumeri le situe en juillet 1919, au terme de l’expérience demandée par Bignami. Les signataires précisent qu’ils n’ont appliqué aucun produit sous les bandages et qu’ils ont retiré la bouteille de teinture d’iode de la chambre. Ils consignent deux résultats :

« L'état des plaies durant ces huit jours est resté le même, sauf le dernier jour où elles ont pris une couleur rouge vif. »

« Chaque jour, comme on peut le constater sur les linges que nous conservons, toutes les plaies saignent ; c'est le dernier jour que les saignements ont été les plus importants. »

Référence : rapport sous serment de Paolino de Casacalenda, Basilio de Mirabello Sannitico et Ludovico de San Marco in Lamis, juillet 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 63.[106]

Les détails des scellés figurent dans les souvenirs de Paolino : chaque matin, en présence de témoins, les bandages de la veille sont retirés après vérification des sceaux, puis remplacés. Il affirme que les scellés ont toujours été trouvés intacts. Il ne s’agit donc pas d’un pansement laissé fermé huit jours sans ouverture, mais d’un renouvellement quotidien surveillé.[107]

Selon Paolino, Bignami attendait de ce contrôle qu’il permît de constater une cicatrisation après le retrait des produits. L’expérience ne donne pas le résultat attendu : les lésions persistent et saignent encore au huitième jour. Elle répond ainsi à l’hypothèse d’un entretien quotidien par une application dissimulée ; elle ne constitue pas, à elle seule, une expérience sur toutes les causes possibles d’une lésion chronique. Boniface parle plus tard de « quelques semaines » de bandage ; le rapport des trois signataires donne expressément huit jours.[108][109]

Paolino rapporte par ailleurs que le huitième jour, pendant la messe, le sang coula « avec une telle abondance […] que nous fûmes obligés de lui faire porter des mouchoirs pour qu'il puisse s'essuyer ».[110] Cette scène, immédiatement postérieure au retrait des bandages scellés, est cohérente avec l'observation d'un « rouge vif » consignée par les trois témoins sous serment.

Combien de sang ? Ce que les sources permettent réellement de dire

Infographie originale IA. Aucun de ces résultats ne donne un volume quotidien mesuré. Di Flumeri, p. 125, 194 et 303.

Les descriptions de linges imbibés attestent des saignements, mais ne donnent pas directement leur volume. Une observation de sérosité mêlée de sang, un dosage d’hémoglobine sur du tissu et une estimation dans une cuvette sont trois données de nature différente.

Les données réellement documentées

Une lettre du provincial Pietro d'Ischitella, datée du 28 novembre 1919, affirme que « la peau de couleur rouge brun saigne pratiquement sans arrêt, au point de tremper plusieurs linges par jour ».[111] Le rapport sous serment de juillet 1919 confirme un saignement quotidien pendant les huit jours d'isolement, sans en chiffrer le volume.[112] Festa, en octobre 1919, documente deux linges de la taille d'un mouchoir trempés de sérosité sanguine en dix heures.[113] En 1954, un examen du linge porté par Padre Pio donnera un taux d'hémoglobine de 12 % selon la méthode Sahli (comparaison visuelle de la teinte du sang dilué à une échelle colorée étalon) — une mesure de concentration sur une portion de tissu lavé, non un volume ni un pourcentage du sang corporel, et l'examen microscopique complémentaire ne put être réalisé en raison de la détérioration des hématies.[114]

Les chiffres à ne pas retenir

Une estimation en litres apparaît dans le témoignage de Pellegrino Funicelli. Il s'agit du souvenir isolé d'un témoin, Pellegrino Funicelli, infirmier du couvent dans les dernières années :

« Je vis avec stupeur environ un demi-litre de sang à moitié coagulé dans la cuvette. »

Référence : Pellegrino Funicelli, témoignage, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 125.[115]

Ce demi-litre est une estimation visuelle d'un épisode isolé et non daté, sans mesure instrumentale, sans que Pellegrino assiste lui-même à l'écoulement : il en infère seulement la provenance depuis la plaie du côté. Ennemond Boniface, écrivant en 1971, va plus loin et parle, selon les passages, d'« une tasse de sang »[116] ou d'« un petit bol de sang »[117] perdus chaque jour — deux formulations différentes pour le même fait allégué, sans protocole, sans récipient standardisé, sans source clinique. Ces récipients ne sont pas étalonnés et aucun recueil de vingt-quatre heures n’est décrit : leurs noms ne permettent pas une conversion en millilitres ni le calcul d’une perte quotidienne moyenne.

Le tableau ci-dessous synthétise ce que le corpus permet, ou ne permet pas, d'affirmer sur les pertes sanguines :

DonnéeNature de la sourceStatut probatoire
Saignement quotidien pendant huit jours sous bandage scelléRapport sous serment, juillet 1919[118]Confirmé, sans volume
Plusieurs linges trempés par jourLettre du provincial, 28 novembre 1919[119]Confirmé, sans volume
Deux linges de sérosité sanguine en dix heuresObservation directe de Festa, octobre 1919[120]Confirmé, mesure de linges, pas de volume
Taux d'hémoglobine 12 % Sahli sur un lingeAnalyse de Luigi Pancaro, 1954[121]Confirmé, mesure de concentration, non convertible en volume
« Environ un demi-litre » dans une cuvetteSouvenir isolé de Pellegrino, non daté[122]Estimation visuelle isolée, à ne pas généraliser
« Une tasse » ou « un petit bol » par jourBoniface, 1971, deux formulations différentes[123]Non mesuré, à écarter du dossier médical

Le bilan hémostatique de 1954

Le contrôle le plus rigoureux du dossier reste celui de Luigi Pancaro : examen du 13 septembre 1954, rapport rédigé à Foggia le 19 septembre.[124] Après une nuit d'oppression précordiale, Padre Pio « nous a dit, un peu embarrassé, qu'il a également noté une nette diminution des saignements aux blessures qu'il porte depuis des années ».[125] Pancaro fait pratiquer un hémogramme complet — 4 470 000 globules rouges par mm³, 10 750 globules blancs, hémoglobine au moins égale à 80 % — ainsi que des tests de coagulation : temps de coagulation 6 minutes, temps de saignement 2 minutes 16 secondes, rétraction du caillot en 2 heures 50.[126] L'examen hématologique et les temps de coagulation, de rétraction du caillot et de saignement sont qualifiés d'« essentiellement négatifs »[127] — c'est-à-dire sans signe d'un trouble hémorragique général. C'est la meilleure donnée biologique chiffrée dont dispose le dossier, trente-cinq ans après les premiers examens.

Le Saint-Office face au phénomène (1923-1931)

Le palais du Saint-Office, octobre 2013. Geobia — Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.

Le succès populaire de Padre Pio provoque une surveillance romaine précoce. Le 31 mai 1923, le Saint-Office publie un premier décret :

« La Suprême Congrégation du Saint-Office, préposée à la foi et à la défense de l'intégrité des mœurs, après une enquête sur les faits attribués à Padre Pio de Pietrelcina des Frères Mineurs Capucins, habitant le monastère de San Giovanni Rotondo, dans le diocèse de Foggia, déclare, après ladite enquête, que le caractère surnaturel de ces faits n'a pas été constaté et elle exhorte les fidèles à conformer leurs actes à la présente déclaration. »

Référence : décret du Saint-Office du 31 mai 1923, Acta Apostolicae Sedis 15 (1923), p. 356, cité dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 226-227, et dans Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 34.[128]

Le 24 juillet 1924, un second décret durcit la position :

« Ayant pris d'autres informations aux sources les plus sûres, cette Suprême Congrégation invite solennellement les fidèles à s'abstenir de tout rapport, même épistolaire, avec le Père susdit, par dévotion avec lui. »

Référence : décret du Saint-Office du 24 juillet 1924, Acta Apostolicae Sedis 16 (1924), p. 368, cité dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 226-227, et dans Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 34.[129]

Les actes suivants ne sont pas de simples répétitions : ils visent aussi la publication sans autorisation ecclésiastique de livres consacrés à Padre Pio. Le communiqué du 23 avril 1926 interdit le livret publié à Rome chez Giorgio Berlutti avec une préface de Giuseppe De Rossi. Celui du 11 juillet 1926 vise l’ouvrage de Giuseppe Cavaciocchi chez le même éditeur. La notification du 22 mai 1931 concerne A Padre Pio di Pietralcina, l’Araldo del Signore, d’Alberto Del Fante, publié à Bologne. Les trois actes rappellent également les dispositions de 1923 et 1924.[130][131][132]

DateDécisionPortée
31 mai 1923Non-constat de supernaturalité des faits attribués à Padre PioDéclaration prudentielle, sans jugement de fraude[133]
24 juillet 1924Invitation à s'abstenir de tout rapport, même épistolaireRestriction disciplinaire des contacts avec les fidèles[134]
23 avril 1926Interdiction du livret préfacé par Giuseppe De RossiPublication sans autorisation ; rappel des restrictions antérieures[135]
11 juillet 1926Interdiction du livre de Giuseppe CavaciocchiMême motif et rappel des dispositions antérieures[136]
22 mai 1931Interdiction de l’ouvrage d’Alberto Del FantePublication contraire aux prescriptions canoniques ; rappel des décisions de 1923–1926[137]

Ce que « non constat » signifie — et ne signifie pas

La déclaration de 1923 signifie que le caractère surnaturel des faits n’est pas établi. C'est un non-constat, catégorie juridique et prudentielle propre au droit canonique, pas une déclaration de fraude ni un diagnostic médical de simulation. Le médecin René Biot, dans la première édition de L'Énigme des stigmatisés, résume ainsi la position de l'autorité religieuse :

« Et le mot que nous écrivions en tête de cet essai : énigme ; est bien celui qui nous paraît convenir, puisque nous restons devant des problèmes sans les avoir tranchés. »

Référence : René Biot, L'Énigme des stigmatisés, 1ᵉ éd., pp. 177-178, cité dans Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 52.[138]

Les restrictions disciplinaires de 1923-1931 seront progressivement levées dans les décennies suivantes ; elles n'ont jamais été présentées par Rome comme la conclusion d'une enquête ayant établi une fraude. Un rapport local antérieur, transmis le 28 juin 1919 par le préfet de Foggia, Camillo de Frabitiis, au ministre de l'Intérieur, rapportait déjà avec prudence l'avis, au conditionnel, du médecin local Angelo Maria Merla, qui « n'excluait pas l'hypothèse qu'il puisse s'agir de taches faites artificiellement », sans pouvoir préciser leur nature exacte.[139] Ce document, de nature policière et non médicale, illustre le climat de soupçon dans lequel s'inscrivent les premiers décrets romains, sans en constituer la preuve.

Les objections médicales et leurs réponses

Infographie originale IA. Arguments et réponses des documents de l’époque. Rapports Bignami et Festa, et témoignage des huit jours, dans Di Flumeri.

Quatre grandes objections traversent la littérature critique sur Padre Pio depuis un siècle. Le dossier permet de les formuler honnêtement et d'y répondre avec les données réunies plus haut, sans les édulcorer.

Objection 1 — la fraude consciente par auto-lésion

L'objection la plus radicale affirme que Padre Pio se serait lui-même infligé les plaies. Boniface rapporte notamment que le visiteur apostolique Carlo Maccari les aurait qualifiés d’« auto-lésions » lors d’une conférence de presse privée, le 4 octobre 1960.[140] Elle a trouvé un relais dans la presse italienne de l'époque : L'Espresso du 16 octobre 1960 rapporte qu'« un prêtre de Bari, le Père Gagliardi, [aurait] découvert une bouteille d'acide nitrique dans la cellule du couvent, où les mains du moine saignaient chaque nuit ».[141] L'archevêque Pasquale Gagliardi aurait même affirmé sous serment, dans une réunion d'évêques à Rome, avoir vu de ses propres yeux une bouteille d'acide dans la cellule de Padre Pio.[142]

Réponse : aucun des trois médecins qui examinent Padre Pio en 1919-1920 ne retient cette hypothèse. Bignami l'écarte explicitement par manque de preuves directes et par l'impression de sincérité qu'il retire de l'entretien.[143] Le protocole des huit jours, avec bandages scellés et retrait de tous les produits, ne montre aucune amélioration progressive qui trahirait un arrêt d'auto-application ; au contraire, le saignement culmine le dernier jour.[144] Boniface reprend la déclaration attribuée à Gagliardi sans en reproduire la déposition originale : elle ne fournit donc pas un constat clinique comparable aux trois rapports nommés.

Objection 2 — l'agent chimique (iode, phénol, acide nitrique)

Trois substances différentes sont invoquées selon les auteurs et les époques : la teinture d'iode par Bignami en 1919, l'acide phénique par les souvenirs de Paolino puis par Festa lui-même en 1925,[145] et l'acide nitrique par la presse de 1960. Ces trois produits doivent être distingués pour attribuer à chaque auteur l’hypothèse qu’il a réellement formulée.

Produit alléguéSource de l'allégationStatut dans le dossier
Teinture d'iodeConclusion écrite de Bignami, 26 juillet 1919, comme exemple d'entretien possible[146]Testée et non confirmée par Festa en juillet 1920[147]
Acide phéniqueSouvenirs de Paolino ; expliqué et discuté par Festa en 1925[148]Présence réelle au couvent reconnue, usage sur les plaies non démontré[149]
Acide nitriquePresse italienne, L'Espresso, 16 octobre 1960[150]Absent des trois rapports médicaux de 1919-1920

Réponse : seule la teinture d'iode figure réellement dans la conclusion écrite de Bignami, et seulement comme exemple d'un entretien « peut-être inconscient », non comme diagnostic assuré.[151] Festa a testé directement cette hypothèse en 1920 avec de l'alcool éthylique et du glycérolat d'amidon, sans détecter la moindre trace d'iode.[152] Sur le phénol, Festa explique en 1925 sa présence réelle au couvent — désinfection, hygiène des latrines — tout en objectant que les lésions n'évoluent pas comme une lésion chimique répétée le ferait : pas d'extension périphérique, pas de disparition après l'arrêt supposé de l'application.[153] Quant à l'acide nitrique, aucune des trois expertises de 1919-1920 n'en fait mention ; Boniface cite à son propos un article de presse de 1960, sans produire de constat d’analyse du contenu de la bouteille.

Objection 3 — l'hystérie ou l'auto-suggestion

L'hypothèse d'un mécanisme hystérique ou d'auto-suggestion, très présente dans la littérature médicale du début du XXe siècle sur les stigmatisés en général, a été appliquée à Padre Pio, notamment par une opinion attribuée à Gemelli.[154] Le neurologue Joseph Babinski, dans ses Principaux Travaux, avait mené sur ce terrain une expérience restée célèbre :

« L'ayant plongée dans le sommeil hypnotique, je me suis efforcé de lui suggérer qu'elle avait été brûlée au bras […] J'ai eu soin d'emprisonner le membre dans un appareil silicaté […] Eh bien, quarante-huit heures après, ayant défait l'appareil, je n'ai constaté sur la région en expérience ni le moindre soulèvement épidermique, ni même la moindre rougeur. »

Référence : Joseph Babinski, Principaux Travaux, Masson, Paris, 1934, cité dans Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 279.[155]

Babinski distingue par ailleurs les vraies fraudes cutanées des lésions organiques : « La fraude consiste en ce que les sujets atteints de ces troubles prétendent qu'ils se sont développés spontanément, tandis qu'ils résultent de l'application d'une substance irritante, de l'introduction sous les téguments d'un corps étranger, de la constriction d'un membre par un lien ou de quelque autre artifice. »[156]

Réponse : l'expérience de Babinski, menée sur une patiente hystérique et non sur Padre Pio, n’a produit aucune rougeur cutanée en quarante-huit heures. Ce résultat ne fournit donc pas de reproduction expérimentale des lésions de Padre Pio ; une expérience isolée ne permet toutefois pas d’exclure à elle seule tout mécanisme psychophysiologique. Bignami note chez Padre Pio des signes neurovégétatifs réels (dermographisme, hyperesthésie, réflexes vasomoteurs vifs), sans évanouissement, convulsion ni tremblement rapportés,[157] mais ne démontre pas expérimentalement un mécanisme produisant les cinq lésions à partir de ces signes. En 1936, le neurologue Jean Lhermitte faisait le même constat de prudence :

« Contrairement à tous ceux qui, sous le couvert de la science expérimentale et des faits soi-disant positifs, soutiennent que nous pouvons appréhender dans une de ses parties le processus du stigmatisme mystique, […] nous sommes aussi éloignés de l'explication des stigmates qu'au temps des Charcot, des Bourneville, des Bernheim et des Virchow. »

Référence : Jean Lhermitte, « Le problème médical de la stigmatisation », Études Carmélitaines, octobre 1936, p. 71, cité dans Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 283.[158]

Il ajoute : « il n'existe aucun processus physiologique qui, de près ou de loin, se rapproche de la stigmatisation ».[159] Cette formulation de 1936, rigoureuse et sans conclusion apologétique automatique, illustre les limites explicatives de la médecine de son temps face au dossier — sans que cela équivaille à une preuve du surnaturel, ce que Lhermitte lui-même ne prétend pas.

Objection 4 — la nécrose névrotique ou une dermatose non identifiée

L'hypothèse dermatologique proprement dite est celle de Bignami : une nécrose névrotique multiple de la peau, entretenue et symétrisée par un agent chimique possiblement inconscient.[160]

Réponse : En 1919, Bignami cherche à expliquer la symétrie et la persistance déjà observées des lésions en ajoutant à l’hypothèse dermatologique celle d’un entretien chimique. Son rapport ne peut évidemment pas porter sur leur évolution au cours des décennies suivantes.[161] Festa écarte pour sa part cette hypothèse en 1919 par l'absence de trouble psychique diagnostiqué et par la variabilité typique que présentent les nécroses névrotiques décrites dans la littérature, incompatible selon lui avec la stabilité relative observée chez Padre Pio.[162] Aucun des trois médecins ne dispose d'un examen histologique ou d'une biopsie pour trancher définitivement cette hypothèse par des moyens de laboratoire .

Contrôles tardifs : radiographies et hémogramme de 1954

Infographie originale IA. Dessin pédagogique, non reproduction des radiographies originales. Radiographies de Caserta du 14 octobre selon la présentation de Di Flumeri, p. 8–10 ; rapport de Pancaro, p. 301–303.

Trente-cinq ans après les premiers examens, deux contrôles apportent des données d'un ordre différent : instrumental pour l'un, biologique pour l'autre.

Les radiographies d'Alberto Caserta

Di Flumeri situe au 14 octobre 1954 les radiographies des mains et des pieds effectuées par Alberto Caserta. Dans sa présentation des documents, il en résume le résultat :

« L'examen exécuté en projection dorso-palmaire, tant aux mains qu'aux pieds, ne révèle aucune interruption osseuse. »

Référence : Gerardo Di Flumeri, synthèse des radiographies d’Alberto Caserta, datées du 14 octobre 1954, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 8-10.[163]

La « projection dorso-palmaire » désigne une radiographie dont les rayons traversent la main du dos vers la paume.

Cette conclusion règle un point d'anatomie osseuse en 1954, sans pouvoir trancher rétroactivement la sensation palpatoire décrite par Romanelli en 1919 : les tissus mous et l'apparence des plaies avaient eu trente-cinq ans pour évoluer entre les deux observations. Le rapport rétrospectif de Francesco Lotti, en 1968, précise qu'il n'a pas lui-même examiné les clichés, mais rapporte la réponse du radiologue à sa question sur un éventuel signe anormal au niveau des métacarpes et métatarses : « on n'avait absolument rien constaté de particulier ».[164] Lotti situe la séance au 13 octobre, tandis que Di Flumeri donne le 14 — date que portent aussi les légendes des planches 17 à 21 et la chronologie biographique.[165] Le résultat osseux rapporté concorde ; aucun compte rendu signé du radiologue n'étant reproduit dans le corpus, le passage de Di Flumeri (pp. 8-10) reste une synthèse éditoriale. La date retenue est donc le 14 octobre 1954, portée par le dossier le plus proche du radiologue, le 13 octobre n'étant que le souvenir tardif et isolé de Lotti.

Le contrôle de Pancaro et la crédibilité du bilan de 1954

Le bilan hémostatique de Luigi Pancaro, déjà détaillé plus haut, complète les radiographies : hémogramme jugé essentiellement normal par Pancaro, temps de coagulation et de saignement essentiellement négatifs, sans signe d'un trouble hémorragique systémique.[166] En 1955, Pancaro examine à nouveau, mais seulement la main gauche, à l'occasion d'un épisode fébrile, « pour m'assurer de l'hémostase et de l'absence de processus inflammatoires qui auraient pu donner naissance à une réaction fébrile ».[167] Ce second contrôle, limité, ne fournit ni dimension ni aspect chiffré des lésions, et ne détaille pas le résultat de la recherche d’inflammation : la phrase citée indique l’objectif de l’examen, sans en donner une conclusion négative explicite.

Ces deux contrôles de 1954-1955 constituent, dans l'ensemble du dossier, la période où la donnée instrumentale et biologique est la plus solide — bien plus que les seules descriptions cliniques de 1919-1920, fondées sur l'observation directe et la palpation.

La disparition progressive (1965-1968)

Infographie originale IA. Schémas de repérage, non reconstitutions photographiques. Témoignages, film de Lotti et attestation de Sala dans Di Flumeri, p. 134–147, 309–310 et 315–316.

La fin du phénomène n'est pas un effacement simultané des cinq plaies. Les sources convergent au contraire vers une disparition progressive et différenciée, qu'il faut restituer dans son détail exact.

Les pieds, plusieurs mois à plusieurs années avant la mort

Entre 1965 et 1967, plusieurs témoins ne constatent déjà plus de lésion visible aux pieds. Le témoin Marcellino rapporte : « La chaussette retirée, le dos du pied m'apparut, sans aucun signe de plaie : pour le pied droit comme pour le pied gauche. Je ne vis pas la plante de ses pieds. »[168] L'attestation du médecin Giuseppe Sala, rédigée après la mort, confirme cette antériorité : « Quelques mois avant sa mort, les pieds cessèrent de saigner et on ne sentait plus les reliefs dont on a parlé. »[169]

Les mains : le dos disparaît la veille, la paume résiste

Sala poursuit sa description avec une précision remarquable :

« Les mains conservèrent leurs caractéristiques visibles jusqu'à la veille de sa mort ; ce jour-là […] les plaies au dos des mains disparurent. Durant sa très brève agonie, la face de la paume gauche présentait encore un relief croûteux, resté et recueilli après sa mort. »

Référence : Giuseppe Sala, attestation du 7 juillet 1969, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 315.[170]

Francesco Lotti, qui filme à environ trois mètres la dernière messe publique du 22 septembre 1968, décrit une asymétrie nette entre les deux mains :

« À présent, ni lésions, ni caillots hématiques ni même une trace quelconque de cicatrisation n'altéraient la surface du dos de la main droite qui apparaissait sur les photogrammes. La paume de la main gauche présentait au contraire la persistance du stigmate […] avec son aspect habituel et caractéristique de tache rouge brun arrondie, d'une dimension approximative de 2-3 cm de diamètre. »

Référence : Francesco Lotti, déclaration postérieure au 8 octobre 1968, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 309-310.[171]

Cette persistance est corroborée par le témoignage médical de Rina Giordanelli, présente les 20 et 22 septembre : le 22, « nous avons clairement vu saigner la main gauche de Padre Pio […] le sang […] était plus abondant et la paume de la main était en bonne partie tachée ».[172] Le confrère Pellegrino Funicelli confirme dans deux interviews de presse données peu après la mort : « Les stigmates n'ont pas disparu des mains du Padre Pio […] si, aujourd'hui, quelqu'un affirme que les stigmates ont complètement disparu des mains du Padre Pio, la veille de sa mort, il est dans l'erreur. »[173] Il précise dans une seconde interview : « pendant les quatre derniers mois, les mains du Padre Pio ne saignaient plus. Rarement, il en sortait quelques gouttes de sang. »[174]

23 septembre 1968 : le constat post mortem et ses limites

Padre Pio meurt à San Giovanni Rotondo dans la nuit du 22 au 23 septembre 1968. Sala rédige le constat le plus détaillé du corpus :

« La peau, à ces endroits précis, était semblable à celle du reste du corps, douce, élastique, mobile et la pression des doigts ne montrait aucun affaissement du derme ou des tissus sous-cutanés ni même un déplacement des os ou un affaissement de ces derniers. »

Référence : Giuseppe Sala, attestation du 7 juillet 1969, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 315-316.[175]

Les photographies post mortem sont prises environ dix minutes après la mort par Giacomo Piccirillo, en présence de plusieurs religieux nommés — Carmelo de San Giovanni in Galdo, Raffaele et Pellegrino de S. Elia a Pianisi, Mariano de S. Croce di Magliano.[176] Elles documentent l'absence de lésion visible aux mains et aux pieds. Deux limites doivent cependant être formulées sans détour. D'abord, il n'existe aucune autopsie ni acte de médecine légale : Boniface le résume ainsi — « Il n'y a donc eu aucun acte de médecine légale, aucun procès-verbal, aucune autopsie, aucune reconnaissance officielle de l'état du corps. »[177] Ensuite, pour la plaie du côté spécifiquement, Di Flumeri précise que les deux photographies conservées « ne prennent pas le point exact où la blessure était située » et « n'ont donc pas valeur de document pour la disparition du stigmate du côté ».[178] Le constat post mortem est donc probant pour les mains et les pieds, nettement moins pour la plaie thoracique.

Un témoignage tardif à traiter avec prudence

Une déclaration d'Andrea Cardone, datée du 9 novembre 1968, affirme avoir observé, depuis 1910, des trous traversants de 1,5 centimètre laissant filtrer la lumière. L'éditeur du corpus, Di Flumeri, exprime lui-même une réserve immédiate : « la déclaration laisse quelque peu perplexe ».[179] Il cite ensuite un commentaire du père Cruchon : « ce médecin, alors plus que nonagénaire, ne précise pas quand il a vu ainsi les stigmates pour la première fois et il peut être soupçonné d'avoir exagéré, sans le vouloir, le phénomène. »[180] Cette déclaration, dont la datation (« depuis 1910 ») entre en tension avec la chronologie des plaies permanentes établie à partir de 1918, doit être traitée comme un exemple de source tardive fragile, non comme une confirmation indépendante des observations palpatoires de Romanelli.

Hiérarchie des sources et méthode de lecture

Les archives capucines et leurs pièces

Boniface décrit aux archives de la Curie générale des Capucins un ensemble qui comprend les rapports des médecins Romanelli et Festa, les procès-verbaux de l’enquête ordonnée par Pie XII, ainsi que des documents relatifs aux contrôles du sang. Il mentionne aussi des pièces matérielles conservées : linges, sous-vêtements, chaussettes et bandages portant les traces des plaies. Cet inventaire montre que la documentation ne se limite pas à des récits imprimés : elle associe écrits d’expertise, pièces d’enquête et objets témoins du saignement.[181]

Di Flumeri précise pour son édition avoir consulté les originaux ou leurs photocopies, puis les avoir transcrits fidèlement.[182] Une transcription de rapport, un souvenir recueilli après les faits et une présentation éditoriale ne donnent cependant pas le même accès à l’observation initiale.

Lire ensemble rapports, témoignages et photographies

Type de pièceExemplesCe qu’elle documente
Rapport signé d’un examinateurRomanelli, mai 1919 ; Bignami, 26 juillet 1919 ; Festa, 28 octobre 1919 et 31 août 1920Observations à une date donnée, gestes pratiqués et interprétation du médecin
Attestation de témoinsRapport des huit jours ; attestation de Sala du 7 juillet 1969Faits observés par les signataires, avec une rédaction parfois postérieure à l’événement
Acte institutionnelSaint-Office, 1923–1931Décision de l’autorité, objet et portée des restrictions
Photographie ou filmPhotogrammes de Lotti, 22 septembre 1968 ; photographies après la mortAspect visible d’une région effectivement cadrée, sans mesure de profondeur
Souvenirs et synthèsesPaolino ; présentation de Di Flumeri ; essai de BonifaceContexte et rapprochement des pièces, à distinguer de la parole directe d’un médecin

Le contrôle des huit jours illustre cette complémentarité : les trois signataires décrivent l’état des plaies et le retrait de l’iode ; Paolino détaille plus tard la vérification quotidienne des scellés. De même, les photographies des mains après la mort complètent le constat de Sala, tandis que celles du thorax ne cadrent pas exactement l’emplacement antérieur de la plaie du côté.[183][184][185]

Ce que le dossier établit, et ce qu'il ne prouve pas

Infographie originale IA. Synthèse des pièces discutées dans l’article, d’après les rapports et attestations réunis par Di Flumeri.

À l'issue de ce parcours à travers cinquante ans de rapports médicaux, quatre constats peuvent être formulés avec assurance, parce qu'ils reposent sur des pièces datées et signées, et non sur des synthèses tardives.

Le dossier établit d'abord une chronologie clinique exceptionnellement longue et documentée : signes intermittents dès 1910-1911, plaies permanentes le 20 septembre 1918, examens nommés en 1919, 1920, 1925, 1954-1955, film et constat en septembre 1968.[186] Il établit ensuite trois lectures médicales contemporaines réellement divergentes — Romanelli perçoit une perforation et conclut au surnaturel ; Bignami décrit des lésions surtout superficielles et propose une nécrose névrotique doublée d'un entretien chimique possible ; Festa observe des lésions sous-cutanées avec métacarpes intacts, écarte les principales alternatives naturelles qu'il teste, puis associe une origine médicalement inexpliquée à une interprétation religieuse explicite.[187] Cette divergence documentée est une force du dossier plutôt qu'une faiblesse, à condition d'être exposée sans être aplatie en « unanimité » — ce que plusieurs synthèses tardives, y compris favorables au cas, ont pourtant fait.[188]

Le dossier établit, troisièmement, un protocole de huit jours sous surveillance : huit jours de bandages renouvelés sous contrôle des scellés, retrait de tout médicament, saignement quotidien maintenu jusqu'à un maximum le dernier jour — une réponse directe à l’hypothèse d’un irritant appliqué quotidiennement.[189][190] Il établit enfin une disparition terminale progressive et différenciée, non un effacement simultané des cinq plaies : les pieds plusieurs mois avant la mort, le dos des mains la veille, la paume gauche encore marquée pendant l'agonie, puis une peau décrite sans lésion après la mort.[191]

Ce que le dossier ne permet pas d'affirmer avec la même certitude doit être dit avec la même clarté. Aucune mesure fiable du volume sanguin perdu quotidiennement n'existe dans ce corpus — les seules données chiffrées concernent des linges et une concentration d'hémoglobine, jamais un volume converti. La perforation anatomique complète des mains, affirmée par Romanelli sur la seule base d'une sensation palpatoire, est contredite par les observations directes de Bignami et de Festa, et n'est confirmée par aucune imagerie contemporaine des faits — les radiographies de 1954, trente-cinq ans plus tard, montrent une intégrité osseuse sans pouvoir se prononcer sur l'état des tissus en 1919. La plaie du côté n’a jamais fait l’objet d’un sondage. Son absence après la mort est rapportée par Sala ; les photographies ne constituent toutefois pas une confirmation indépendante, puisque Di Flumeri reconnaît qu’elles ne cadrent pas l’emplacement exact de la lésion.[192] Lors du décès, aucune autopsie n’est pratiquée ; les constatations reposent sur l’examen externe, les attestations et les photographies.[193]

Conclusion

Les stigmates de Padre Pio constituent un phénomène suivi pendant près de cinquante ans, documenté par des examens nommés et contradictoires. Romanelli, Bignami et Festa s’accordent sur l’existence des lésions, mais divergent sur leur profondeur et leur origine. Aucun de leurs rapports de 1919–1920 ne retient une fraude consciente. Le contrôle sans médicament, les contre-épreuves de Festa, le bilan de Pancaro et les radiographies de Caserta portent chacun sur une question précise ; ils ne forment pas une expertise unique qui aurait mesuré continûment toutes les plaies durant un demi-siècle.

La disparition des marques appartient elle aussi à cette histoire clinique : elle est progressive, inégale selon les régions du corps, et suivie d’un constat de peau sans plaie ni cicatrice après la mort. L’ampleur quotidienne des pertes sanguines demeure sans mesure volumétrique, tandis que leur réalité est attestée par les examens et les linges. Les décisions du Saint-Office distinguent enfin l’absence de constat de supernaturalité des accusations de simulation.

Pour Padre Pio, ces souffrances s’inscrivent dans l’union au Christ crucifié dont témoigne sa correspondance. Lors de sa canonisation, le 16 juin 2002, saint Jean-Paul II place la Croix au centre de sa vie sacerdotale et de son service des âmes :

« Sans cette référence constante à la Croix on ne peut pas comprendre sa sainteté. »

— Saint Jean-Paul II, homélie de canonisation de Padre Pio, 16 juin 2002, § 2.[194]

L’homélie éclaire le sens chrétien de cette vie de prière, de confession et de charité. Elle ne substitue pas un nouveau diagnostic aux examens historiques : la sainteté reconnue par l’Église et l’étude médicale des plaies répondent à des questions différentes.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 6.

    1
  2. Témoignage de Marcellino, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 136.

    2 30 168
  3. Giuseppe Sala, attestation du 7 juillet 1969, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 315.

    3 32 169
  4. Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 151, note 1 (PDF p. 153) : Romanelli est identifié comme chirurgien-chef de l’hôpital civil de Barletta (Bari).

    4 54
  5. Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio. Témoignages et rapports médicaux, trad. Philippe Cola, Médiaspaul, Paris, 1994 (notice BnF, ISBN 2-7122-0442-5), p. 5 — méthode éditoriale : « Les documents, présentés par ordre chronologique, selon une numérotation unique et progressive […] sont rigoureusement authentiques. Nous avons eu sous les yeux tous les originaux, ou des photocopies de ceux-ci ; nous les avons retranscrits fidèlement. »

    5 182
  6. Rapport sous serment de Paolino de Casacalenda, Basilio de Mirabello Sannitico et Ludovico de San Marco in Lamis, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 63. Document non daté, situé en juillet 1919 par l’éditeur (note 1), au terme de l’expérimentation demandée par Bignami.

    6 19 106 109 118 144 183 189
  7. Giorgio Festa, deuxième rapport du 31 août 1920, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 214.

    7 92 147 152
  8. Gerardo Di Flumeri, présentation des radiographies d’Alberto Caserta, datées du 14 octobre 1954, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 8-10.

    8 29 58
  9. Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 6.

    9
  10. Padre Pio, lettre du 8 septembre 1911, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 43-44.

    10
  11. Padre Pio, lettre du 10 octobre 1915, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 45.

    11
  12. Padre Pio, lettre au père Benedetto du 21 août 1918, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 46–47 ; référence de l’éditeur : Epistolario, I, p. 1065.

    12 13
  13. Comité Mirabilis, La Bilocation chez les mystiques, Claire Lumière, 2023, pp. 11–12 (PDF pp. 13–14), présentation de la transverbération et de la stigmatisation ; pour le récit original daté, voir la lettre du 21 août 1918 reproduite par Di Flumeri, pp. 46–47.

    14
  14. Padre Pio, lettre du 22 octobre 1918, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 49-50.

    15 17
  15. Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 33 — manifestations intermittentes d'août-septembre 1910 ; p. 6 pour la synthèse des deux périodes.

    16 186
  16. Luigi Romanelli, rapport des 15–16 mai 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 152–153.

    18 36 48 56
  17. Paolino de Casacalenda, souvenirs du contrôle demandé par Bignami en juillet 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 82–84 : renouvellement quotidien des bandages, contrôle et intégrité des scellés.

    20 107 184 190
  18. Amico Bignami, rapport du 26 juillet 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 182.

    21 46 79 146 151 160 161
  19. Giorgio Festa, premier rapport du 28 octobre 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 194.

    22 44 86 120
  20. Luigi Romanelli, lettre du 9 août 1920, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 167.

    23 67
  21. Texte primaire : Acta Apostolicae Sedis XV (1923), p. 356. Décret du Saint-Office du 31 mai 1923, Acta Apostolicae Sedis 15 (1923), p. 356, cité dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 226-227, et dans Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 34. Libellé latin intégral vérifié sur le PDF : declarat ex praefata inquisitione non constare de eorumdem factorum supernaturalitate (donné à Rome, 31 mai 1923).

    24 128 133
  22. Texte original : Acta Apostolicae Sedis 16 (1924), p. 368. Monitum du Saint-Office du 24 juillet 1924, Acta Apostolicae Sedis 16 (1924), p. 368, cité dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 226-227, et dans Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 34. Libellé latin intégral vérifié sur le PDF : rappel du décret de 1923 (AAS XV, p. 356), puis …ut a praedicto Patre, devotionis causa, invisendo et a quavis cum eo, etiam epistolari, relatione fovenda prorsus abstineant (donné à Rome, 24 juillet 1924).

    25 129 134
  23. Giorgio Festa, troisième rapport remis le 7 avril 1925, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 236.

    26 97
  24. Giorgio Festa, témoignage relatif à l'opération du 5 octobre 1925, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 299.

    27 104
  25. Luigi Pancaro, rapport du 19 septembre 1954, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 301.

    28 124 125
  26. Francesco Lotti, déclaration postérieure au 8 octobre 1968, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 309-310.

    31 171
  27. Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 7.

    33
  28. Amico Bignami, rapport du 26 juillet 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 179.

    34 40
  29. Giorgio Festa, premier rapport du 28 octobre 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 192.

    35 85
  30. Amico Bignami, rapport du 26 juillet 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 179.

    37 75
  31. Giorgio Festa, premier rapport du 28 octobre 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 192.

    38 84
  32. Luigi Romanelli, rapport des 15-16 mai 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 153.

    39 60
  33. Giorgio Festa, deuxième rapport du 31 août 1920, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 215-216.

    41 93
  34. Luigi Romanelli, rapport des 15-16 mai 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 153.

    42 62
  35. Amico Bignami, rapport du 26 juillet 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 180.

    43 49 76
  36. Luigi Romanelli, rapport des 15-16 mai 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 155.

    45 64
  37. Giorgio Festa, premier rapport du 28 octobre 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 201.

    47 90 91 187
  38. Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 11–12, présentation des descriptions de la plaie thoracique ; Giorgio Festa, rapport du 28 octobre 1919, p. 194.

    50
  39. Luigi Romanelli, lettre du 9 août 1920, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 168.

    51 69
  40. Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 13 ; témoignage d'Eusebio Notte, 5 juillet 1964.

    52
  41. Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 19.

    53
  42. Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 34.

    55
  43. Luigi Romanelli, rapport des 15-16 mai 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 153.

    57
  44. Luigi Romanelli, lettre du 7 novembre 1920, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 172.

    59 61
  45. Luigi Romanelli, rapport des 15-16 mai 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 154.

    63
  46. Luigi Romanelli, lettre du 19 mai 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 156-158.

    65
  47. Luigi Romanelli, lettre du 9 août 1920, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 166.

    66
  48. Luigi Romanelli, lettre du 9 août 1920, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 167.

    68
  49. Luigi Romanelli, lettre du 9 août 1920, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 168.

    70
  50. Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 34-35.

    71
  51. Paolino de Casacalenda, témoignage, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 81 — attribution à Bignami rapportée par un tiers, non le texte du rapport lui-même.

    72 78 145 148
  52. Amico Bignami, rapport du 26 juillet 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 178.

    73 157
  53. Amico Bignami, rapport du 26 juillet 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 178.

    74
  54. Amico Bignami, rapport du 26 juillet 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 181.

    77 143
  55. Amico Bignami, rapport du 26 juillet 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 183.

    80
  56. Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 35 (PDF p. 37) : première visite de Festa les 9–10 octobre 1919, suivie de trois jours supplémentaires au couvent.

    81
  57. Giorgio Festa, premier rapport du 28 octobre 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 190.

    82
  58. Giorgio Festa, premier rapport du 28 octobre 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 190.

    83
  59. Giorgio Festa, premier rapport du 28 octobre 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 195-196.

    87 153
  60. Giorgio Festa, premier rapport du 28 octobre 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 196-197.

    88
  61. Giorgio Festa, premier rapport du 28 octobre 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 198-200.

    89 162
  62. Giorgio Festa, deuxième rapport du 31 août 1920, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 215.

    94
  63. Giorgio Festa, troisième rapport remis le 7 avril 1925, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 229-230.

    95
  64. Giorgio Festa, troisième rapport remis le 7 avril 1925, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 234-236.

    96 149
  65. Giorgio Festa, troisième rapport remis le 7 avril 1925, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 240-241.

    98
  66. Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 128.

    99 154
  67. Giorgio Festa, deuxième rapport du 31 août 1920, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 208–209 ; troisième rapport du 7 avril 1925, pp. 230–232 : absence personnelle d’odorat, linge transporté à Rome et perceptions rapportées par les voyageurs et les personnes venues consulter.

    100 102 103
  68. Joachim Bouflet, Encyclopédie des phénomènes extraordinaires dans la vie mystique, t. I, Le Jardin des Livres, pp. 131–132 (PDF p. 134), récit du linge emporté par Festa et précision de son anosmie.

    101
  69. Giorgio Festa, témoignage relatif à l'opération du 5 octobre 1925, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 299-300.

    105
  70. Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 276.

    108
  71. Paolino de Casacalenda, témoignage, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 83.

    110
  72. Pietro d'Ischitella, lettre du 28 novembre 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 60.

    111 119
  73. Rapport sous serment des trois religieux, situé en juillet 1919 par Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 63 et note 1.

    112
  74. Giorgio Festa, premier rapport du 28 octobre 1919, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 194.

    113
  75. Luigi Pancaro, rapport du 19 septembre 1954, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 303.

    114 121
  76. Pellegrino Funicelli, témoignage, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 125.

    115 122
  77. Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 177.

    116 123
  78. Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 195.

    117
  79. Luigi Pancaro, rapport du 19 septembre 1954, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 302.

    126 166
  80. Luigi Pancaro, rapport du 19 septembre 1954, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 302.

    127
  81. Saint-Office, communiqué du 23 avril 1926, Acta Apostolicae Sedis 18 (1926), p. 186 : interdiction du livret publié avec une préface de Giuseppe De Rossi ; référence aux canons 1399, 5°, et 1398, § 1, du Code de 1917.

    130 135
  82. Saint-Office, communiqué du 11 juillet 1926, Acta Apostolicae Sedis 18 (1926), p. 308 : ouvrage de Giuseppe Cavaciocchi, publié chez Giorgio Berlutti à Rome en 1926.

    131 136
  83. Saint-Office, notification du 22 mai 1931, Acta Apostolicae Sedis 23 (1931), p. 233 : ouvrage d’Alberto Del Fante, A Padre Pio di Pietralcina, l’Araldo del Signore, Bologne, 1931, 513 pages ; rappel des décisions antérieures.

    132 137
  84. René Biot, L'Énigme des stigmatisés, 1ᵉ éd., pp. 177-178, cité dans Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 52.

    138
  85. Rapport du préfet de Foggia Camillo de Frabitiis au ministre de l'Intérieur, 28 juin 1919, citant l'avis du docteur Angelo Maria Merla, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 70.

    139
  86. Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, pp. 67-68 — conférence de presse privée de Carlo Maccari, 4 octobre 1960.

    140
  87. L'Espresso, 16 octobre 1960, cité dans Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 90.

    141 150
  88. Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 128 — déclaration attribuée à Pasquale Gagliardi, sans date ni pièce originale reproduite.

    142
  89. Joseph Babinski, Principaux Travaux, Masson, Paris, 1934, cité dans Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 279.

    155
  90. Joseph Babinski, Principaux Travaux, Masson, Paris, 1934, cité dans Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 281.

    156
  91. Jean Lhermitte, « Le problème médical de la stigmatisation », Études Carmélitaines, octobre 1936, p. 71, cité dans Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 283.

    158
  92. Jean Lhermitte, « Le problème médical de la stigmatisation », Études Carmélitaines, octobre 1936, p. 72, cité dans Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 283.

    159
  93. Gerardo Di Flumeri, présentation des radiographies d’Alberto Caserta, datées du 14 octobre 1954, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 8-10.

    163
  94. Francesco Lotti, rapport du 8 octobre 1968, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 306.

    164
  95. Gerardo Di Flumeri, « Données biographiques », année 1954, dans Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 39 : « 14 octobre : Le docteur Alberto Caserta prend quelques radiographies du vénéré Padre. » Les légendes des planches 17 à 21 portent la même date du 14 octobre 1954.

    165
  96. Luigi Pancaro, seconde visite, août-septembre 1955, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 304.

    167
  97. Giuseppe Sala, attestation du 7 juillet 1969, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 315.

    170 191
  98. Rina Giordanelli, témoignage, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 145-147.

    172
  99. Pellegrino Funicelli, interview, Corriere della Sera, 29 septembre 1968, cité dans Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 278.

    173
  100. Pellegrino Funicelli, interview, Oggi, 10 octobre 1968, cité dans Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 278.

    174
  101. Giuseppe Sala, attestation du 7 juillet 1969, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, pp. 315-316.

    175
  102. Gerardo Di Flumeri, notes 2–4 à l’attestation de Giuseppe Sala du 7 juillet 1969, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 315 : noms des photographes et des religieux présents.

    176
  103. Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 190.

    177 193
  104. Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 134.

    178 185 192
  105. Déclaration d'Andrea Cardone, 9 novembre 1968, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 313.

    179
  106. Note éditoriale citant le père Cruchon, dans Gerardo Di Flumeri, Le cas Padre Pio, Médiaspaul, Paris, 1994, p. 313, note 1.

    180
  107. Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié. Essai historique, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 79 (PDF p. 81), inventaire des pièces conservées à la Curie générale des Capucins.

    181
  108. Ennemond Boniface, Padre Pio le crucifié. Essai historique, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1971, p. 127.

    188
  109. Saint Jean-Paul II, homélie pour la canonisation de Padre Pio de Pietrelcina, 16 juin 2002, § 2 ; texte français officiel.

    194