La mort de qui vit pour le Ciel n'est plus la mort désigne, dans la tradition catholique, le fait que la mort corporelle change radicalement de sens pour celui qui meurt dans la grâce du Christ. Ce qui est, pour le pécheur sans Dieu, « la pire chose qui puisse arriver » — perte de tout, angoisse, rupture définitive — devient pour le juste un passage : la fin des combats, la délivrance du danger de se perdre, et la porte qui ouvre sur la vision de Dieu.[1]
L'expression résume une intuition centrale de l'Écriture et de toute la tradition spirituelle : la mort, conséquence du péché[2] et « dernier ennemi » à vaincre,[3] est transformée par la mort et la résurrection du Christ.[4] Pour le baptisé qui a uni sa vie au Seigneur, mourir n'est plus subir un anéantissement : c'est consommer son union avec celui qui est déjà sa vie.[5]
Cette doctrine a un fondement biblique précis — le Psaume 116 affirme que « précieuse est aux yeux du Seigneur la mort de ses fidèles »[6] —, une formulation patristique célèbre — « la fin des peines, l'achèvement de la victoire, la porte de la vie » de saint Bernard[7] —, et une postérité spirituelle constante, de saint François d'Assise (« soeur notre mort corporelle »[8]) à sainte Thérèse de Lisieux (« Je ne meurs pas, j'entre dans la vie »[9]). L'article qui suit présente d'abord la doctrine catholique de la mort chrétienne, puis le contraste classique entre mort du pécheur et mort du juste, le témoignage des saints mourants, et enfin la pratique de la « bonne mort » que l'Église a constamment recommandée à ses fidèles.
La mort dans la révélation chrétienne
La mort, conséquence du péché
L'enseignement catholique, fidèle à la Genèse, à Paul et à la Sagesse, refuse de naturaliser la mort. « En un sens, la mort corporelle est naturelle, mais pour la foi elle est en fait "salaire du péché" », affirme le Catéchisme,[10] citant l'apôtre : « Le salaire du péché, c'est la mort » (Rm 6, 23).[11] Dieu, dans son dessein originel, destinait l'homme à ne pas mourir ; « la mort fut donc contraire aux desseins de Dieu Créateur, et elle entra dans le monde comme conséquence du péché ».[12] Le livre de la Sagesse l'avait formulé de façon dramatique : « Dieu n'a pas fait la mort, il ne se réjouit pas du malheur des vivants » (Sg 1, 13) ;[13] « c'est par l'envie du diable que la mort est entrée dans le monde » (Sg 2, 24).[14]
Cette doctrine, définie au concile de Trente,[15] interdit deux dérives symétriques. Elle empêche d'abord de regarder la mort comme une simple loi biologique neutre ; elle reste « le dernier ennemi » que le Christ doit vaincre (1 Co 15, 26).[16] Elle interdit, en sens inverse, d'en faire un destin tragique sans issue : depuis la croix, la mort n'a plus le dernier mot. Saint Paul peut s'écrier : « Ô mort, où est ta victoire ? Ô mort, où est ton aiguillon ? » (1 Co 15, 55).[17]
« La mort corporelle, à laquelle l'homme aurait été soustrait s'il n'avait pas péché » (GS 18), est ainsi « le dernier ennemi » de l'homme à devoir être vaincu. — Catéchisme de l'Église catholique, § 1008 (texte français vérifié sur vatican.va)[18]
La mort transformée par la croix du Christ
Cette défaite de la mort par la mort elle-même est l'objet du mystère pascal (la mort et la résurrection du Christ, célébrées à Pâques). « Jésus, le Fils de Dieu, a souffert lui aussi la mort, propre de la condition humaine. Mais, malgré son effroi face à elle, il l'assuma dans un acte de soumission totale et libre à la volonté de son Père. L'obéissance de Jésus a transformé la malédiction de la mort en bénédiction » (CEC § 1009).[19] Le Verbe incarné n'a pas évité la mort : il l'a traversée, la transformant pour ceux qui s'unissent à lui par le baptême et la grâce.
Le prophète Osée annonçait déjà ce retournement : « Ô Mort, je serai ta mort » (Os 13, 14),[20] verset repris par saint Paul : « Ô mort, où est ta victoire ? Ô mort, où est ton aiguillon ? » (1 Co 15, 55).[21] Saint Paul commente : « Pour moi, vivre, c'est le Christ, et mourir est un gain » (Ph 1, 21) ;[22] « j'ai le désir de m'en aller et d'être avec le Christ » (Ph 1, 23).[23] La mort n'est plus perte, mais rencontre.
C'est pourquoi le Catéchisme peut affirmer la nouveauté radicale qu'introduit le baptême : « Par le Baptême, le chrétien est déjà sacramentellement "mort avec le Christ", pour vivre d'une vie nouvelle ; et si nous mourons dans la grâce du Christ, la mort physique consomme ce "mourir avec le Christ" et achève ainsi notre incorporation à Lui dans son acte rédempteur » (CEC § 1010).[24] La mort du chrétien n'est plus un événement séparé : elle est la dernière étape sacramentelle d'une mort baptismale commencée dès la fontaine. En mots simples : par le baptême, le chrétien a déjà commencé à mourir au péché avec le Christ ; sa propre mort achève cette union et le fait entrer pleinement dans le salut que le Christ a accompli.
Le sens chrétien de la mort : la dernière Pâque
L'Église parle donc de la mort comme de la « dernière Pâque du chrétien ».[25] Le mot est exact : Pâque signifie passage. « Le sens chrétien de la mort est révélé dans la lumière du Mystère pascal de la mort et de la résurrection du Christ, en qui repose notre unique espérance » (CEC § 1681).[26]
Cette qualification fait éclater la peur. Saint Ignace d'Antioche, en route vers le martyre, écrit aux chrétiens de Rome cette parole qui sera reprise jusque dans le Catéchisme contemporain :
« Il est bon pour moi de mourir dans (eis) le Christ Jésus, plus que de régner sur les extrémités de la terre. C'est lui que je cherche, qui est mort pour nous ; lui que je veux, qui est ressuscité pour nous. » — Saint Ignace d'Antioche, Lettre aux Romains, 6, 1-2 (vers 107-110)[27]
La mort chrétienne se définit désormais par celui vers qui elle conduit, non par ce qu'elle arrache. Le Catéchisme met sous le nom de sainte Thérèse de Jésus une formule lapidaire qui résume ce désir : « Je veux voir Dieu, et pour le voir il faut mourir » (CEC § 1011, qui renvoie au Libro de la Vida, 1).[28] Sainte Thérèse de Lisieux, dans sa lettre du 9 juin 1897 à l'abbé Maurice Bellière, l'écrit à la porte de l'éternité : « je ne meurs pas, j'entre dans la vie ».[29]
« Précieuse est la mort de ses fidèles » : le fondement biblique
Le Psaume 116 [115] et la « mort des saints »
L'expression « mort précieuse » a son ancrage biblique dans un demi-verset du Psaume 116 (Ps 115 dans la numérotation grecque et latine). Le psalmiste, échappé de la mort, en tire une intuition qui surprend : aux yeux de Dieu, la mort de ses fidèles a un prix.
« Précieuse aux yeux du Seigneur est la mort de ses fidèles. » — Psaume 116, 15 (texte hébreu ; Ps 115, 6 dans la numérotation grecque et la Vulgate : Pretiosa in conspectu Domini mors sanctorum eius)[30]
L'hébreu yāqār (« précieux, de grand prix ») et le grec tímios de la Septante[31] portent l'idée d'une chose à la fois rare et coûteuse. Dieu n'est pas indifférent à la fin de ses serviteurs : il la traite comme une perle qui ne se brise pas, comme un dépôt qu'il garde. C'est ce demi-verset qui a fondé, dans toute la liturgie chrétienne, la fête des saints au jour de leur mort — leur dies natalis, leur « jour natal » au Ciel.
Le livre de la Sagesse développe la même intuition avec un éclat philosophique : « Les âmes des justes sont dans la main de Dieu, et le tourment de la mort ne les touchera pas. Aux yeux des insensés ils ont paru mourir, [...] et leur départ a paru un désastre [...] mais ils sont dans la paix » (Sg 3, 1-3).[32] Le contraste est volontaire : ce que les païens prennent pour une perte est, dans la lumière de Dieu, une mise à l'abri.
Saint Paul : « vivre, c'est le Christ, et mourir un gain »
Le Nouveau Testament fait éclater la mort comme problème en lui donnant un terme : le Christ ressuscité. Saint Paul, en prison, écrit aux Philippiens un raisonnement d'une netteté exemplaire.
« Pour moi, vivre, c'est le Christ, et mourir est un gain. Mais si la vie dans cette chair me permet encore un travail fécond, je ne sais que choisir. Je me sens pris entre les deux : j'ai le désir de m'en aller et d'être avec le Christ, car c'est bien préférable ; mais à cause de vous, demeurer dans cette chair est plus nécessaire. » — Saint Paul, Lettre aux Philippiens 1, 21-24[33]
La rhétorique est saisissante. Paul met les deux options sur la même balance — vivre, mourir — et chacune est un bien. Mourir est « un gain » : aller au Christ. Vivre est « un travail fécond » : annoncer le Christ. La mort cesse d'être pure perte, et la vie cesse d'être absolue. C'est ce double déplacement qui rend possible la phrase suivante du même Paul : « Je ne sais que choisir. » Aucun païen n'avait jamais hésité ainsi.
Le même Paul, dans la lettre aux Romains, ajoute le mot décisif : « Aucun de nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même : si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur ; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Dans notre vie comme dans notre mort, nous appartenons au Seigneur. C'est pour cela que le Christ est mort et qu'il a repris vie : pour être le Seigneur et des morts et des vivants » (Rm 14, 7-9).[34] Le chrétien n'est pas le maître de sa vie ; il n'est pas non plus le maître de sa mort. Les deux appartiennent au Christ, et c'est précisément pourquoi aucune ne peut le séparer de lui.
L'Apocalypse : « Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur »
La même promesse parcourt l'Apocalypse, livre des derniers temps mais aussi livre de la vie liturgique de l'Église. Au chapitre 14, une voix du ciel scelle ce que la tradition appellera la mort chrétienne :
« Heureux, dès à présent, les morts qui meurent dans le Seigneur. Oui, dit l'Esprit, qu'ils se reposent de leurs peines, car leurs œuvres les suivent ! » — Apocalypse 14, 13[35]
Trois éléments sont décisifs. « Dès à présent » : il ne s'agit pas d'une promesse future indéterminée, mais d'une réalité actuelle depuis Pâques. « Qu'ils se reposent de leurs peines » : la mort du juste est cessation des labeurs, non destruction. « Leurs œuvres les suivent » : ce qui a été aimé pour Dieu n'est pas perdu — la charité passe la mort.
L'image finale du livre achève la promesse : « Dieu essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur : ce qui était en premier s'en est allé » (Ap 21, 4).[36] La mort n'est pas seulement vaincue dans le juste qui meurt aujourd'hui : elle est promise à une abolition finale, lors de la résurrection des corps.
Pourquoi la mort du juste n'est plus la mort
La tradition spirituelle catholique a synthétisé en une formule classique les trois raisons pour lesquelles la mort, dans le juste, change de visage. Cette synthèse provient de saint Bernard de Clairvaux, dans le premier sermon prêché pour le passage de son ami saint Malachie (2 novembre 1148).
« La mort des saints est assurément précieuse, car elle est la fin de leurs peines, l'achèvement de leur victoire, la porte de la vie et l'entrée dans la parfaite sécurité. » — Saint Bernard de Clairvaux, Sermon I sur le passage de saint Malachie, § 4[37]
Saint Alphonse de Liguori, qui a repris la matière au XVIIIᵉ siècle dans sa Préparation à la mort (huitième considération), structure son enseignement sur ces trois points : la mort du juste est fin du combat, délivrance du péril de perdre Dieu, et porte de la vie qui ne finit pas.[38]
Fin des fatigues et des combats
La vie terrestre est, pour la foi chrétienne, un « pèlerinage » (CEC § 1013),[39] et un combat. « L'homme né de la femme, sa vie est brève et pleine de tourment », dit Job (Jb 14, 1).[40] Une pensée stoïcienne, que saint Alphonse résume librement d'après Sénèque, voit dans cette vie, à laquelle on tient tant, comme une prolongation du supplice.[41] Saint Augustin reprend : « Vivre longtemps, est-ce autre chose que longtemps souffrir ? »[42] Et saint Ambroise, scrutant les épreuves de la vie présente, conclut : « la mort ne semble plus un châtiment, mais plutôt une délivrance ».[43]
Saint Maxime de Turin (vers 380-465) prolonge l'intuition : si la vie présente n'est pas donnée « pour goûter les douceurs du repos, mais pour travailler » en vue de l'éternité,[44] alors la prolonger indéfiniment ne serait pas une faveur, mais une charge. Tertullien, au début du IIIᵉ siècle, en avait tiré une conséquence d'une rigueur saisissante :
« Quand Dieu abrège la vie de quelqu'un, il abrège d'autant son supplice. » — Tertullien, De patientia, ch. 9 (vers 200-203)[45]
Aux justes, la mort apporte donc d'abord le repos. Aux travaux succède la paix. « Heureux les morts qui meurent dans le Seigneur ! Oui, qu'ils se reposent de leurs peines » (Ap 14, 13).[46] L'Apocalypse n'invite pas à mépriser la vie reçue : elle dit seulement que cette vie n'est pas définitive, que la fatigue n'est pas le dernier mot, qu'il y a un Sabbat après tous les jours.
Délivrance du danger de pécher
Le second motif est moins évident, mais il est constant chez les Pères et chez les saints. Tant qu'on vit, on peut tomber. « Le juste tombera sept fois » (Pr 24, 16).[47] Saint Ambroise pose la question avec netteté : « Pourquoi tant désirer de vivre, quand le fardeau de nos péchés ne fait que s'accroître avec le nombre de nos années ? »[48] Et il ajoute : « Qu'est-ce que la mort, sinon le tombeau des vices ? »[49]
La mort du juste devient ainsi la mise en sécurité. « Il a été enlevé, dit la Sagesse, de peur que son esprit ne fût corrompu par la malice » (Sg 4, 11).[50] Tant qu'une âme est dans le corps, elle reste sous la menace des passions et des tentations ; au moment où elle quitte le monde en état de grâce, le risque s'éteint.
« Tant que nous sommes dans ce corps, nous voyageons loin du Seigneur. » — Saint Paul, 2 Corinthiens 5, 6[51]
Sainte Thérèse d'Avila, dont l'ascèse fut très rude, en tirait une joie qui surprenait ses sœurs et qu'elle a notée dans son Livre de la vie :
« Entendre la pendule me console. Il me semble que le moment de voir Dieu se rapproche, lorsque je vois que cette heure de ma vie est passée. » — Sainte Thérèse de Jésus, Libro de la Vida, ch. 40, n. 20[52]
Chaque heure écoulée était un combat de moins, donc un péril de moins ; chaque heure écoulée rapprochait le terme.
Saint Maxime de Turin a donné de cette logique une image marine devenue classique : la mort en état de grâce est le port atteint, et seul un navire au port est vraiment hors de danger.
« Félicitez l'heureux navigateur, mais seulement quand il est parvenu au port. » — Saint Maxime de Turin, Sermo 81, n. 2 (Vᵉ siècle)[53]
Un récit hagiographique célèbre, rapporté par la Vie de saint Jean l'Aumônier, en a tiré la morale paradoxale. Un homme riche, à qui le patriarche d'Alexandrie avait promis d'obtenir une longue vie pour son fils unique, vit cet enfant mourir peu après. Comme il se lamentait, un ange lui apparut et lui dit, de la part de Dieu : « Vous avez demandé une longue vie pour votre fils. Sachez donc qu'il vit déjà dans le ciel, et pour toujours. »[54] Ce qui paraissait un malheur — la brièveté de cette vie — était devenu la garantie de l'éternelle.
Cette logique paraît austère ; elle est en réalité libératrice. Elle dit que la vie chrétienne n'est pas une course infinie à la perfection : il y a une ligne d'arrivée, après laquelle la grâce est définitivement acquise et le combat fini.
Entrée dans la vision de Dieu
Le troisième aspect est le plus haut : la mort du juste est la porte de la vie. « Voici la porte du Seigneur ; par elle entreront les justes » (Ps 118, 20).[55] Saint Bruno d'Asti résume l'intuition d'une formule lapidaire.
« Il ne faut pas l'appeler la mort, mais le commencement de la vie, la vie elle-même. » — Saint Bruno d'Asti, Expositio in Job, ch. 11[56]
Saint Alphonse, dans sa Préparation à la mort, relaie une formule voisine, qu'il attribue à saint Athanase mais qui provient d'un traité De la virginité dont l'authenticité est contestée par la patristique moderne :[57]
« Pour les justes, ce n'est pas une mort, mais une translation, un passage à la vie éternelle. » — Formule transmise par saint Alphonse de Liguori, Préparation à la mort, huitième considération[58]
Le Catéchisme reprend cette intuition en la fondant explicitement sur la promesse de Paul :
« Le chrétien qui unit sa propre mort à celle de Jésus voit la mort comme une venue vers Lui et une entrée dans la vie éternelle. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1020[59]
La doctrine sous-jacente est celle de la vision béatifique. Le Catéchisme l'enseigne au § 1023 : « Ceux qui meurent dans la grâce et l'amitié de Dieu, et qui sont parfaitement purifiés, vivent pour toujours avec le Christ. Ils sont pour toujours semblables à Dieu, parce qu'ils Le voient "tel qu'il est", face à face. »[60] En mots simples : voir Dieu tel qu'il est, face à face, pour toujours. Saint Thomas d'Aquin a longuement analysé cette participation immédiate de l'âme à la lumière divine dans la Somme contre les Gentils, livre IV.[61] Sans cette doctrine, la mort du juste ne serait qu'un soulagement. Avec elle, elle est une rencontre.
La mort, sortie de la prison du corps
Saint Paul, dans la lettre aux Philippiens, qualifiait son corps de « demeure terrestre » (2 Co 5, 1)[62] et la mort, d'« être dissous » (Ph 1, 23 ; texte latin : cupio dissolvi et esse cum Christo).[63] La tradition spirituelle a repris l'image, plus radicale : tant que l'âme est unie au corps mortel, elle est captive ; la mort est l'ouverture des verrous. Le psalmiste l'avait déjà supplié : « Tire mon âme de cette prison, pour que je rende grâce à ton nom » (Ps 142, 8).[64] Et le vieillard Siméon, prenant l'enfant Jésus dans ses bras au Temple, ne sut demander qu'une seule chose : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix » (Lc 2, 29)[65] — le célèbre Nunc dimittis que l'Église chante chaque soir aux Complies. Saint Ambroise, commentant ce verset, notait : « Il demande qu'on le laisse partir, comme si on le retenait de force. »[66]
Saint Jean Chrysostome a illustré cette captivité par une image royale : si un roi avait préparé un appartement dans son palais pour l'un de ses sujets, et qu'en attendant il l'avait logé dans une étable, « avec quelle ardeur cet homme ne devrait-il pas soupirer après le jour où, quittant ce réduit, il franchirait le seuil du palais ? »[67] Le palais est le Ciel ; l'étable est cette vie ; la mort est le seuil.
Saint Jérôme, dans une lettre, parle directement à la mort comme à une sœur libératrice :
« Ouvre-moi, ô ma Sœur. » — Saint Jérôme, Lettre 60 à Héliodore (vers 396)[68]
Et saint Augustin, au sommet de son désir de Dieu, prononce ce paradoxe que la spiritualité postérieure n'oubliera plus :
« Ô mort, aimable mort, comment ne pas te désirer, toi, le terme de tous nos maux, la fin du travail et le commencement de l'éternel repos ? » — Saint Augustin d'Hippone, Sermon 84, ch. 1[69]
Que cette série d'images cesse de paraître morbide à un lecteur moderne : prison, exil, étable, navire en mer. Elle ne disqualifie pas la vie reçue ; elle dit seulement que ce monde, comparé au Royaume, est encore un passage. Toute la spiritualité catholique de la mort est suspendue à cette comparaison.
Le jour de la mort des saints, leur « jour natal »
C'est pour cette raison que, depuis les premiers siècles, l'Église célèbre ses saints non au jour de leur naissance biologique, mais au jour de leur mort. La fête de saint François d'Assise est le 4 octobre — il est mort le 3 octobre 1226 au soir ; celle de sainte Thérèse de Lisieux est le 1ᵉʳ octobre — elle est morte le 30 septembre 1897 ; celle de saint Alphonse le 1ᵉʳ août, jour de sa mort en 1787.[70] L'usage est ancien : Tertullien rapporte déjà, au début du IIIᵉ siècle, que les chrétiens « font des offrandes pour les défunts au jour de leur naissance »[71] — c'est-à-dire au jour de leur mort, naissance véritable à la vie de Dieu.
Cette logique liturgique exprime, sans aucun mot, toute la doctrine. La mort du juste est sa naissance. Le jour de sa mort n'est pas un échec, mais l'événement par lequel il commence à exister pleinement.
La mort du pécheur : trouble sur trouble
À la mort du juste, la tradition oppose, depuis l'Écriture, la mort du pécheur. Le contraste n'est pas un effet rhétorique : il décrit la réalité spirituelle de deux morts qui sont biologiquement identiques mais existentiellement inverses.
Le cri d'Ézéchiel : « ils chercheront la paix »
Saint Alphonse, dans la sixième considération de la Préparation à la mort, prend pour épigraphe une parole prophétique d'Ézéchiel : « Dans la suprême angoisse, ils chercheront la paix ; mais il n'y aura pas de paix, et il n'y aura que trouble sur trouble » (Ez 7, 25).[72]
« Pendant leur vie, les pécheurs écartent le souvenir et la pensée de la mort, et ils cherchent ainsi, sans jamais y parvenir, à goûter un peu de paix au milieu de leur vie déréglée. Mais quand ils se trouveront dans les angoisses de la mort et sur le point d'entrer dans l'éternité, ils ne pourront plus se dérober aux tourments de leur conscience coupable. » — Saint Alphonse de Liguori, Préparation à la mort, sixième considération, premier point[73]
Le diagnostic est moins moral que phénoménologique. Toute la vie, le pécheur a anesthésié sa conscience pour jouir sans entrave ; à l'heure de la mort, l'anesthésie cesse. Le surgissement n'est plus volontaire ; il est subi. C'est ce que la tradition pastorale a appelé le réveil de la conscience à l'agonie.
Les angoisses du moribond négligent
Saint Alphonse, dans la septième considération, énumère les épines qui blessent alors l'âme : « épines, la pensée des divertissements pris, des succès obtenus, du train de vie mené ; épines, les amis qui viennent visiter et les souvenirs que leur présence évoque ; épines, les prêtres qui viennent assister ; épines, les sacrements à recevoir [...] ; épines, le Crucifix lui-même que l'on place à ses côtés ; car il y voit combien il fut infidèle à l'amour d'un Dieu mort pour le sauver ».[74] La douleur ne vient pas du dehors. Elle vient de ce que tout, soudain, rappelle au pécheur ce qu'il a refusé d'aimer.
Saint Vincent Ferrier ajoute une donnée pastorale dérangeante : « Ce serait un plus grand miracle, dit-il, de bien finir après avoir mal vécu, que d'opérer la résurrection d'un mort. »[75] Et saint Césaire d'Arles (Sermon 225) : « Pénitence de malade, pénitence malade. »[76] Il ne s'agit pas de désespérer du pécheur agonisant — la miséricorde divine reste infinie jusqu'au dernier instant —, mais d'avertir le vivant : la conversion in extremis, si elle est possible, n'est jamais assurée, et compter dessus est une témérité.
« Que le pécheur craigne de mourir, lui, qui doit passer de la mort temporelle à la mort éternelle, on le conçoit. » — Saint Cyprien de Carthage, De mortalitate, n. 14[77]
Pourquoi attendre est une folie
La conséquence pastorale est limpide. Si la mort du juste est précieuse et la mort du pécheur est terrible, alors la seule question raisonnable est : où veux-tu mourir ? Et la réponse à cette question ne s'improvise pas. La vie présente, dit le Catéchisme, est le temps de grâce et de miséricorde que Dieu offre à l'homme pour réaliser sa vie terrestre selon le dessein divin et pour décider son destin ultime (CEC § 1013).[78] « Les hommes ne meurent qu'une fois » (He 9, 27),[79] et il n'y a pas de seconde chance par réincarnation.
L'Imitation de Jésus-Christ, ouvrage anonyme du XVᵉ siècle qui fut le plus lu après la Bible, en tire la règle :
« Dans toutes vos actions, dans toutes vos pensées, vous devriez être tel que vous seriez s'il vous fallait mourir aujourd'hui. Si vous aviez une bonne conscience, vous craindriez peu la mort. Il vaudrait mieux éviter le péché que fuir la mort. Si aujourd'hui vous n'êtes pas prêt, comment le serez-vous demain ? » — Imitation de Jésus-Christ, livre I, chapitre 23, n. 1[80]
Le témoignage des saints à l'heure de la mort
L'enseignement doctrinal sur la mort du juste n'est pas une pure théorie : il est documenté par une longue suite de témoignages de saints, dont les hagiographes ont noté avec soin les paroles dernières. Cette galerie de mourants joyeux est une des preuves spirituelles les plus accessibles de la foi chrétienne.
Les Pères du désert et les premiers martyrs
Dès les premiers siècles, le fait étonne. « Mais vous, demande un vieux moine de la Scythie à ses frères qui pleurent, pourquoi pleurez-vous en me voyant passer du combat au repos ? »[81] Le martyr saint Pionius, conduit au supplice à Smyrne en 250, répond aux gardes qui s'étonnent de sa joie : « Vous vous trompez : ce n'est pas à la mort que je vais, mais à la vie. »[82] Et la mère de saint Symphorien, à Autun, lance à son fils sur le point d'être décapité : « Mon enfant, on ne t'arrache pas la vie ; on te la change en une meilleure. »[83] La parole n'est pas une formule pieuse : elle dit ce que le martyr vit.
Saint François d'Assise : « Sœur notre mort corporelle »
Au XIIIᵉ siècle, saint François d'Assise (1181-1226), à la fin de son Cantique des créatures, ajoute pour ses derniers jours un couplet sur la mort qui surprend par sa familiarité.
« Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur notre mort corporelle, à qui nul homme vivant ne peut échapper. Malheur à ceux qui mourront dans les péchés mortels ; heureux ceux qu'elle trouvera dans tes très saintes volontés, car la seconde mort ne leur fera pas mal. » — Saint François d'Assise, Cantique des créatures, dernière strophe (1226)[84]
L'invention théologique est immense : faire de la mort une sœur. Frère soleil, sœur lune, frère vent, sœur eau, frère feu — et sœur mort. La mort cesse d'être l'ennemie : elle devient l'une des créatures, donc l'une des servantes de Dieu, donc une voie vers la louange. À l'heure de sa mort, le saint demanda qu'on chantât ce couplet à haute voix.[85]
Sainte Catherine de Sienne et la « terre de misères »
Sainte Catherine de Sienne (1347-1380), au moment de mourir, s'adresse à ses fils spirituels en larmes :
« Mes fils bien-aimés, vous ne devez pas vous affliger de ma mort ; il faut plutôt vous réjouir avec moi et me féliciter, parce que je quitte ce lieu de peines, et que je vais me reposer dans l'océan de paix, Dieu éternel. » — Sainte Catherine de Sienne, paroles rapportées par Raymond de Capoue, Vie de sainte Catherine de Sienne, IIIᵉ partie, ch. 4, n. 4[86]
Le mot « océan de paix, Dieu éternel » est typique de sa mystique : Dieu n'est pas seulement le port, il est la mer.
Sainte Thérèse d'Avila : « Je me meurs de ne point mourir »
Cette intuition trouve son expression poétique parfaite chez sainte Thérèse d'Avila (1515-1582), réformatrice du Carmel et docteur de l'Église. Dans son poème Vivo sin vivir en mí (« Je vis sans vivre en moi »), elle écrit :
« Je vis sans vivre en moi, / et de telle façon j'espère / que je meurs de ne point mourir. » — Sainte Thérèse de Jésus, Vivo sin vivir en mí, refrain (avant 1582)[87]
La paradoxale formule n'est pas un goût morbide : c'est l'aveu d'une âme qui ne supporte plus de vivre séparée du Bien-Aimé. C'est sous le nom de Thérèse que le Catéchisme, au § 1011, cite cette expression-type du désir chrétien de la mort : « Je veux voir Dieu, et pour le voir il faut mourir » (renvoi du Catéchisme : Vida, 1).[88][89]
Saint Jean de la Croix : la mort comme « rencontre d'amour »
Le compagnon de Thérèse, saint Jean de la Croix (1542-1591), ajoute une nuance proprement mystique. Pour lui, la mort des âmes qui ont aimé est « douce et savoureuse » parce qu'elle est une rencontre, non un arrachement.
« Et ainsi, la mort de telles âmes est toujours très suave et douce, plus que ne leur aura été toute la vie, car elles meurent en des élans et de savoureuses rencontres d'amour, comme le cygne qui chante plus doucement lorsqu'il veut mourir et qu'il se meurt. C'est pourquoi David dit que la mort des justes est précieuse, car les fleuves de l'amour de l'âme vont alors se jeter dans la mer. » — Saint Jean de la Croix, Vive Flamme d'amour, strophe I, n. 30 (1585-1586)[90]
L'image est l'une des plus belles de la littérature mystique : l'âme aimante qui meurt est le fleuve qui rejoint sa mer. Toute la course est tendue vers ce moment, et la mort n'est pas l'extinction du courant : elle est l'embouchure.
Sainte Thérèse de Lisieux : « Je ne meurs pas, j'entre dans la vie »
Au XIXᵉ siècle, sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus (1873-1897) reprend la même tradition dans un style limpide et enfantin. Le 1ᵉʳ mai 1897, quelques mois avant sa mort de la tuberculose à 24 ans, elle confie à sa sœur Pauline :
« Ce n'est pas "la mort" qui viendra me chercher, c'est le bon Dieu. La mort, ce n'est pas un fantôme, un spectre horrible, comme on la représente sur les images. Il est dit dans le catéchisme que la mort, c'est la séparation de l'âme et du corps : ce n'est que cela ! » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Derniers Entretiens, Carnet Jaune, 1ᵉʳ mai 1897, n. 1[91]
La même Thérèse, à propos de son entrée prochaine au Ciel, confiait : « Je ne désire pas plus mourir que vivre »[92] ; et au chanoine Youf, qui lui demandait si elle était résignée à mourir, elle répondit : « Pour mourir, c'est de la joie que j'éprouve. »[93] Et la phrase qui résume tout — écrite quelques mois avant sa mort, dans sa lettre du 9 juin 1897 à l'abbé Maurice Bellière (LT 244), et reprise par le Catéchisme § 1011 : « Je ne meurs pas, j'entre dans la vie. »[94]
Plus tôt, dans une lettre de jeunesse à sa cousine Marie Guérin (29 juillet 1890), elle avait écrit à propos d'un proche défunt cette phrase qui condense toute la doctrine spirituelle de la mort du juste :
« Quand on regarde la mort du juste, on ne peut s'empêcher d'envier son sort. Pour lui, le temps de l'Exil n'existe plus ; il n'y a plus que Dieu, rien que Dieu. » — Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Lettre 60 à Marie Guérin (29 juillet 1890)[95]
Autres témoins : Suarez, Fisher, Bellarmin, le solitaire lépreux
La galerie est inépuisable. Le théologien jésuite Francisco Suárez (1548-1617), à ses derniers instants, soupirait : « Non, je ne croyais pas qu'il fût si doux de mourir. »[96] Le cardinal Baronius (1538-1607), à qui son médecin recommandait de ne pas penser à la mort, répondit : « Pourquoi ? Pensez-vous donc que je la craigne ? Loin de la craindre, je l'aime ! »[97] Saint Jean Fisher, évêque de Rochester, conduit à l'échafaud en 1535 sous Henri VIII, mit ses plus beaux habits « parce que, disait-il, je vais aux noces », et lança en arrivant : « En avant mes pieds, nous ne sommes pas loin du Ciel. »[98]
Un solitaire lépreux, rencontré par un chasseur qui s'étonnait de l'entendre chanter alors que son corps tombait en ruines, lui donna cette réponse :
« Mon frère, entre Dieu et moi il n'y a que la muraille de mon corps ; je le vois maintenant tomber morceaux par morceaux ; c'est ma prison qui s'écroule et je vais voir mon Dieu. » — Solitaire lépreux, rapporté par le Magnum speculum exemplorum (recueil anonyme d'exempla, éd. Venise, 1605)[99]
Saint Augustin, scrutant cette différence entre les morts subies et les morts désirées, l'avait résumée d'une formule lapidaire :
« Il se résigne à vivre, mais il se réjouit de mourir. » — Saint Augustin d'Hippone, sur la disposition du juste face à la mort, Sermo 297, n. 2[100]
Le théologien et archevêque de Valence saint Thomas de Villeneuve (1488-1555), augustin et grand prédicateur de la Réforme catholique espagnole, a donné de la mort une image qui résume toute la tradition. Pour celui qui dort dans le péché, la mort tombe sur lui « comme un voleur ». Pour celui qui veille dans la grâce, elle vient au contraire le chercher comme une ambassadrice royale.
« Si la mort trouve l'homme endormi, elle se jette sur lui comme un voleur ; elle le dépouille, le tue et le précipite dans le puits de l'enfer. Mais si elle le trouve éveillé, elle vient, ambassadrice de Dieu, le saluer et lui dire : "Le Seigneur vous invite aux noces. Venez ; je vous conduirai dans ce bienheureux Royaume après lequel vous soupirez." » — Saint Thomas de Villeneuve, Conciones, sermon 4 In dominica I Adventus[101]
Cette série de témoignages, qu'on pourrait étendre presque indéfiniment, n'est pas du folklore édifiant. Elle est ce que la tradition catholique appelle un fait spirituel : ce qui était impossible aux yeux du monde — mourir avec joie — est devenu, dans le Christ, banal chez les saints.
La méditation de la mort : un exercice spirituel classique
Si la mort du juste est précieuse et la mort du pécheur est désastre, alors l'enjeu de la vie présente est de mourir dans la grâce. La tradition catholique, depuis les Pères du désert jusqu'à saint Alphonse, a inventé et transmis un exercice spirituel pour s'y préparer : la méditation de la mort, en latin meditatio mortis.
Memento mori : « Pense à la mort »
L'expression memento mori — « souviens-toi que tu vas mourir » — résume une pratique ancienne. Saint Charles Borromée (1538-1584), archevêque de Milan, gardait sur sa table de travail un crâne humain ; on raconte qu'apercevant un jour dans son palais un tableau où la Mort tenait une faux, il fit revenir le peintre et lui demanda de remplacer la faux par une clef d'or — la mort, pour le saint, n'est pas faucheuse, mais portière du Ciel.[102] Le cardinal Baronius, son contemporain, portait à l'annulaire un anneau gravé des mots Memento mori.[103] Et le vénérable Père Ancina, évêque de Saluces, avait posé sur son bureau une tête de mort où était écrite cette phrase qu'on retrouvera sur d'innombrables tombeaux : « J'ai été ce que tu es ; tu seras ce que je suis. »[104]
Ces objets ne sont pas une morbidité. Ils sont des aides-mémoire pour ne pas s'installer dans l'illusion d'une vie indéfinie. Saint Laurent Justinien (1381-1456), premier patriarche de Venise, l'avait formulé ainsi : « Que l'on fixe les yeux sur le terme de la vie, et l'on ne trouvera plus rien à aimer ici-bas. »[105]
L'Imitation de Jésus-Christ, livre I, chapitre 23
Au cœur de la tradition spirituelle latine, l'Imitation de Jésus-Christ, écrite au début du XVᵉ siècle (attribuée à Thomas a Kempis), consacre à la méditation de la mort le chapitre 23 du livre I. C'est l'un des textes les plus diffusés de toute la littérature chrétienne, lu et relu par des générations de saints et de fidèles.
« Le matin, pensez que vous n'atteindrez pas le soir ; le soir, n'osez pas vous promettre de voir le matin. Soyez donc toujours prêt, et vivez de telle sorte que la mort ne vous surprenne jamais. [...] Apprenez maintenant à mourir au monde afin de commencer alors à vivre avec Jésus-Christ. » — Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 23, n. 3, 6 (vers 1418-1427)[106]
Le ton n'est pas alarmiste : il est sapientiel. Vivre comme si la mort pouvait venir aujourd'hui n'est pas vivre dans l'angoisse — c'est vivre dans la vigilance évangélique, celle de Matthieu 25 et des dix vierges, celle de Luc 12 et du serviteur qui veille.[107]
Saint Alphonse de Liguori et la Préparation à la mort
Le grand classique catholique sur le sujet est l'œuvre du docteur de l'Église saint Alphonse-Marie de Liguori (1696-1787), fondateur des Rédemptoristes. Sa Préparation à la mort, ou Considérations sur les vérités éternelles[108] comporte 36 considérations, divisées chacune en trois points pour faciliter la méditation quotidienne pendant un mois et une semaine. Ce livre, traduit en toutes les langues catholiques, a nourri la prédication missionnaire et la dévotion populaire du XIXᵉ siècle entier.
La méthode d'Alphonse est précise. Il prend chaque vérité concernant les fins dernières — brièveté de la vie, certitude de la mort, mort du pécheur, mort du juste, paix du juste à la mort, prix du temps, vanité du monde — et la présente sous trois angles successifs : un point doctrinal sourcé à l'Écriture et aux Pères ; un point affectif et résolutif ; un point pratique de prière. L'objectif n'est pas l'effroi, mais la conversion : « il sait que l'homme pèche souvent parce qu'il vit comme si la mort devait toujours arriver aux autres, ou seulement très loin. »
L'exercice de la dernière heure
Une variante particulièrement efficace de cette méditation consiste à imaginer concrètement la dernière heure. La méthode est ancienne : elle apparaît déjà chez Robert Bellarmin (De arte bene moriendi, Rome, 1620),[109] elle est reprise par saint François de Sales (Introduction à la vie dévote, Iʳᵉ partie, chap. XIII, « Méditation V. De la mort »), et elle a été intégrée à de nombreuses retraites d'inspiration ignatienne — la VIᵉ Addition de la première semaine des Exercices invite déjà à se souvenir de « la mort et du jugement ».[110]
Concrètement, l'exercice invite à se représenter qu'on va mourir le soir même, à imaginer ce qu'on regretterait, ce qu'on aurait voulu faire différemment, ce qu'on aimerait avoir donné à Dieu. La fin de l'exercice n'est pas de pleurer mais de prendre une résolution actuelle : faire dès maintenant ce qu'on voudrait avoir fait à l'heure de la mort. La logique pédagogique est imparable — l'exercice donne, dans le temps présent, la lucidité qui, autrement, ne viendrait qu'à l'agonie, quand il est trop tard.
« Heureux celui à qui l'heure de sa mort est toujours présente, et qui se prépare chaque jour à mourir ! » — Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 23, n. 2[111]
La « bonne mort » dans la pratique catholique
À la spiritualité du memento mori correspondent, dans la pratique de l'Église, des moyens objectifs pour mourir dans la grâce. Ces moyens ne sont pas optionnels : ils constituent ce que la tradition appelle la bonne mort.
Les derniers sacrements
L'Église offre à ses fidèles, à l'heure de leur passage, ce que le Catéchisme appelle « les sacrements qui préparent à la patrie » : la confession, l'onction des malades, et le viatique (eucharistie pour le voyage).[112] Le Catéchisme commente : « Ainsi, comme les sacrements du Baptême, de la Confirmation et de l'Eucharistie constituent une unité appelée "les sacrements de l'initiation chrétienne", on peut dire que la Pénitence, la Sainte Onction et l'Eucharistie, en tant que viatique, constituent, quand la vie chrétienne touche à son terme, "les sacrements qui préparent à la Patrie" ou les sacrements qui achèvent la pérégrination. »[113]
Le concile de Trente avait déjà solennellement défini que l'extrême-onction « efface, s'il en reste, les péchés à expier, et les restes du péché ; soulage et fortifie l'âme du malade ».[114] Le rite actuel, réformé après Vatican II, insiste sur le caractère paschal du passage : on n'attend plus pour le donner que l'agonie soit imminente ; il est offert dès qu'une maladie sérieuse menace la vie.
L'Église, dans son rite des recommandations de l'âme, parle au mourant avec une « douce assurance » — c'est l'expression du Catéchisme § 1020 : « Quitte ce monde, âme chrétienne, au nom du Père Tout-Puissant qui t'a créé, au nom de Jésus-Christ, le Fils du Dieu vivant, qui a souffert pour toi, au nom du Saint-Esprit qui a été répandu en toi. Prends ta place aujourd'hui dans la paix, et fixe ta demeure avec Dieu dans la sainte Sion, avec la Vierge Marie, la Mère de Dieu, avec saint Joseph, les anges et tous les saints de Dieu. »[115]
Saint Joseph, patron de la bonne mort
L'Église a, depuis le XVᵉ siècle, désigné saint Joseph comme patron de la bonne mort. La raison tient à la tradition selon laquelle Joseph serait mort à Nazareth, « entouré de Jésus et de Marie », donc dans les conditions parfaites d'une mort chrétienne. La pratique a été codifiée par Léon XIII dans l'encyclique Quamquam Pluries (15 août 1889).[116] Le Catéchisme reprend cette dévotion au § 1014 : « L'Église nous encourage à nous préparer pour l'heure de notre mort [...] à demander à la Mère de Dieu d'intercéder pour nous "à l'heure de notre mort" (prière Ave Maria), et à nous confier à saint Joseph, patron de la bonne mort. »[117]
Le rôle de la Vierge Marie : « à l'heure de notre mort »
La seconde moitié de l'Ave Maria — « Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour nous pauvres pécheurs, maintenant, et à l'heure de notre mort » — n'est ni de l'Écriture ni des Pères : elle a été ajoutée à la prière médiévale au cours du XVᵉ siècle (probablement par les franciscains, sous une forme proche de la version actuelle dès le bréviaire trinitaire de 1514), et confirmée par le bréviaire romain de saint Pie V en 1568.[118] Sa diffusion universelle exprime une conviction de l'Église : l'heure la plus dangereuse est l'heure de la mort, et le secours le plus puissant après celui du Christ est l'intercession de sa Mère. Sainte Bernadette Soubirous, sur son lit de mort à Nevers le 16 avril 1879, ne cessait plus de répéter, en serrant son chapelet, la seconde moitié de l'Ave Maria — la prière qui demande à Marie son secours à l'heure de la mort :
« Sainte Marie, Mère de Dieu, priez pour moi, pauvre pécheresse. » — Sainte Bernadette Soubirous, dernières paroles, Nevers, 16 avril 1879[119]
Les funérailles chrétiennes
Enfin, le rite des funérailles catholiques exprime liturgiquement toute la doctrine. Le Catéchisme § 1012 cite la Préface des défunts du Missel romain :
« Pour tous ceux qui croient en toi, Seigneur, la vie n'est pas détruite, elle est transformée ; et lorsque prend fin leur séjour sur la terre, ils ont déjà une demeure éternelle dans les cieux. » — Missel romain, Préface des défunts, citée au CEC § 1012[120]
Le mot « transformée » est exact. La doctrine catholique ne dit pas que la vie continue identique de l'autre côté ; elle ne dit pas non plus qu'elle s'arrête. Elle dit qu'elle est transformée — comme le grain qui meurt en terre pour devenir l'épi, image de Jean 12, 24[121] et de 1 Corinthiens 15, 36-38.[122] La mort est passage, et le passage ne perd rien d'essentiel : il transfigure.
Cette même intuition fonde, dans la pastorale chrétienne, un usage du consoler qui semble parfois sévère mais qui est exact. Saint Jean Chrysostome, prêchant dans l'Antioche du IVᵉ siècle où l'on pleurait les défunts avec un faste presque païen, retournait l'argument avec une netteté désarmante :
« Quoi ? N'est-ce pas absurde d'avouer que le Ciel est bien supérieur à la terre, et de pleurer ceux qui, de cette terre, sont passés au Ciel ? » — Saint Jean Chrysostome, Homélies sur l'évangile de saint Jean, homélie 62, n. 4 (vers 391)[123]
L'Église ne demande pas qu'on cesse d'aimer ses morts. Elle demande seulement que les larmes du deuil chrétien ne soient pas les mêmes que celles du deuil sans espérance — selon le mot de saint Paul aux Thessaloniciens : « Nous ne voulons pas, frères, vous laisser dans l'ignorance au sujet de ceux qui sont morts, afin que vous ne soyez pas tristes comme les autres qui n'ont pas d'espérance » (1 Th 4, 13).[124]
Une question pratique : faut-il avoir peur de la mort ?
Au terme de tout ce que la tradition catholique enseigne, demeure une question pastorale concrète : un chrétien doit-il avoir peur de la mort ? La réponse n'est pas symétrique. Elle distingue une peur naturelle, légitime, et une terreur sans espérance qui n'est plus chrétienne.
La peur naturelle de la mort n'est pas une faute
L'Église n'a jamais imposé une joie immédiate. Éprouver de l'angoisse devant la mort n'est pas une faute. Le Christ lui-même, à Gethsémani, « entra en agonie et il priait plus instamment » (Lc 22, 44) ;[125] « il fut saisi de frayeur et d'angoisse » (Mc 14, 33).[126] La lettre aux Hébreux note qu'il offrit « avec un grand cri et dans les larmes » sa prière à celui qui pouvait le sauver de la mort (He 5, 7).[127] Le chrétien qui éprouve à l'approche de sa mort une peur naturelle n'est pas en faute : il est, à ce moment, simplement humain.
Cette légitimité naturelle de la crainte est une donnée constante de la pastorale catholique. La crainte n'est pas l'inverse de la foi : elle est l'épaisseur de la chair par laquelle la foi doit passer pour devenir don. Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus elle-même, qui n'avait pourtant cessé de désirer le Ciel, traversa pendant les dix-huit derniers mois de sa vie une « épreuve de la foi » qu'elle a longuement décrite au manuscrit C : un mur de ténèbres s'élevait pour elle jusqu'au Ciel et lui en cachait l'étoile.[128] La nuit de la foi à l'approche de la mort n'est pas l'absence de l'espérance — elle en est la forme la plus haute, parce qu'elle est l'espérance dépouillée de toute consolation sensible.
L'espérance qui éclaire la peur
L'Église enseigne qu'au-delà de cette peur naturelle, l'espérance peut faire son œuvre. Le Catéchisme conclut : « Dans la mort, Dieu appelle l'homme vers Lui. C'est pourquoi le chrétien peut éprouver envers la mort un désir semblable à celui de S. Paul : "J'ai le désir de m'en aller et d'être avec le Christ" » (CEC § 1011).[129] Ce désir ne tue pas la peur ; il l'éclaire. Il transforme une terreur en une attente.
« Je désire d'être dissous et être avec le Christ. » — Saint Paul, Lettre aux Philippiens 1, 23[130]
Le théologien jésuite Karl Rahner († 1984), commentant la mort chrétienne, y voyait l'acte d'un oui libre à Dieu, consenti dans la lutte et non sans elle.[131] Le chrétien ne fait pas semblant de ne pas avoir peur ; il offre la peur elle-même au Christ qui l'a portée le premier. C'est probablement ce qui rend les morts des saints à la fois humaines (ils ont peur, ils pleurent, ils souffrent) et différentes (ils espèrent, ils chantent, ils sourient).
Mourir dès aujourd'hui — la conséquence pratique
La conséquence existentielle de toute cette doctrine est, paradoxalement, une intensification de la vie présente. Si la mort est un passage et non une destruction, si elle ferme un temps de grâce et ouvre une éternité, alors aujourd'hui est le moment décisif. Saint Paul écrit : « Voici maintenant le moment favorable, voici maintenant le jour du salut » (2 Co 6, 2).[132] Et l'Imitation : « Maintenant le temps est d'un grand prix. »[133]
Le chrétien qui regarde la mort avec espérance ne vit pas moins ; il vit plus. Il ne remet pas à demain la conversion, l'aumône, la prière, la paix avec son frère, la communion. Il sait que rien de ce qui est aimé pour Dieu ne sera perdu — « leurs œuvres les suivent » (Ap 14, 13)[134] — et que rien de ce qui n'a pas été aimé ne sera retrouvé. La méditation de la mort, qui pouvait sembler funèbre, est en réalité ce qui libère pour aimer davantage maintenant.
Pour aller plus loin
- Notre vie sur terre est brève et passera — la brièveté de la vie terrestre dans l'Écriture et chez les saints.
- De notre vie sur terre dépend toute notre éternité — le poids définitif des choix terrestres.
- La vie du Ciel surpasse tout — pourquoi le bonheur céleste dépasse tous les biens créés.
- Celui qui vit pour le Ciel est bien plus heureux ici-bas — le bonheur déjà donné à ceux qui vivent pour Dieu.
- 5 raisons de ne vivre que pour le Ciel — la grande synthèse spirituelle du module.
- Le purgatoire — la purification qui suit la mort pour les âmes encore imparfaitement détachées.
- L'enfer — la possibilité tragique d'une mort hors de la grâce.
- Les âmes du purgatoire — la communion entre l'Église militante et l'Église souffrante.
- Maria Simma — la mystique autrichienne († 2004) et ses témoignages sur le purgatoire (révélation privée : ni approbation ni condamnation de l'Église).
- Les expériences de mort imminente — les témoignages contemporains (dossier scientifique et repères de discernement catholique, sans portée doctrinale propre).
Notes et références
Catéchisme de l'Église catholique, § 1010 (édition typique latine 1997, traduction française 1998) : « Grâce au Christ, la mort chrétienne a un sens positif. » (texte français vérifié sur vatican.va).
1 24Catéchisme de l'Église catholique, § 1008 (texte français vérifié sur vatican.va), citant la constitution Gaudium et Spes 18 du concile Vatican II (1965) — GS désigne cette constitution, « la Joie et l'Espoir » — et le n. 1511 du recueil Denzinger des textes du magistère — DS désigne ce recueil — (concile de Trente, Vᵉ session, décret sur le péché originel, 17 juin 1546).
2 12 181 Corinthiens 15, 26, traduction liturgique française AELF : « Et le dernier ennemi qui sera détruit, c'est la mort. »
3 16Catéchisme de l'Église catholique, § 1009, sur la mort transformée par le Christ (texte français vérifié sur vatican.va).
4 19Philippiens 1, 21, AELF : « Pour moi, vivre, c'est le Christ, et mourir est un gain. »
5 22Psaume 116, 15 (hébreu) = Psaume 115, 6 (grec et Vulgate), AELF : « Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens. » — texte hébreu : « Précieuse aux yeux du Seigneur est la mort de ses fidèles » (forme retenue par la liturgie latine et la tradition spirituelle) ; Vulgate : « Pretiosa in conspectu Domini mors sanctorum eius » (Ps 115, 6).
6 30Saint Bernard de Clairvaux, Sermones in transitu S. Malachiae (De transitu S. Malachiae), Sermon I, § 4 — prêché à Clairvaux le 2 novembre 1148, jour même de la mort de saint Malachie : « Precious clearly, for it is the end of labours, the consummation of victory, the gate of life, and the entrance to perfect safety » (trad. angl. J. Eales, Life of St. Malachy of Armagh, Londres, S.P.C.K., 1920 ; passage contrôlé dans cette édition) ; formule reprise par saint Alphonse, Préparation à la mort, 8ᵉ considération, 1ᵉʳ point. La formulation française citée dans le corps de l'article (« la fin de leurs peines, l'achèvement de leur victoire, la porte de la vie ») est une traduction de l'article, non vérifiée sur une édition française publiée.
7 37Saint François d'Assise, Cantique des créatures (Laudes Creaturarum), dernière strophe, dictée à La Verna en 1226 ; éd. critique K. Esser, Die Opuscula des hl. Franziskus von Assisi, Grottaferrata, 1976, n. 263 ; trad. fr. Saint François d'Assise. Documents, éd. T. Desbonnets et D. Vorreux, Paris, Éd. Franciscaines, 1968, p. 14.
8 84Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Lettre 244 à l'abbé Maurice Bellière, 9 juin 1897 (éd. critique Œuvres complètes, Cerf-DDB, 1992 ; texte en ligne aux Archives du Carmel de Lisieux) : « ... je ne meurs pas, j'entre dans la vie... » ; formule reprise par le Catéchisme § 1011 sous la forme « Je ne meurs pas, j'entre dans la vie » (verba).
9 29 94Catéchisme de l'Église catholique, § 1006, citant Gaudium et Spes 18 et Romains 6, 23 (texte français vérifié sur vatican.va).
10Romains 6, 23, AELF : « Car le salaire du péché, c'est la mort ; mais le don gratuit de Dieu, c'est la vie éternelle dans le Christ Jésus notre Seigneur. »
11Sagesse 1, 13, AELF : « Dieu n'a pas fait la mort, il ne se réjouit pas du malheur des vivants. »
13Sagesse 2, 24, AELF : « C'est par l'envie du diable que la mort est entrée dans le monde. »
14Concile de Trente, V. session, décret sur le péché originel, can. 1, 17 juin 1546 : H. Denzinger, Enchiridion Symbolorum, éd. P. Hünermann, n. 1511 (38ᵉ éd., Fribourg-en-Brisgau, 2014).
151 Corinthiens 15, 55, AELF : « Ô Mort, où est ta victoire ? Ô Mort, où est ton aiguillon ? »
17 21Osée 13, 14, traduction Vulgate : « Ero mors tua, o mors » (« Je serai ta mort, ô mort »). La traduction AELF donne : « Je vais payer le prix de leur rachat à la Mort, et les délivrer du séjour des morts. » Saint Paul reprend ce verset en 1 Co 15, 55.
20Philippiens 1, 23, AELF : « Je suis pris entre les deux : j'ai le désir de m'en aller pour être avec le Christ, ce qui serait, et de beaucoup, le meilleur. »
23Catéchisme de l'Église catholique, § 1681 : « Le sens chrétien de la mort est révélé dans la lumière du Mystère pascal de la mort et de la résurrection du Christ. » (texte français vérifié sur vatican.va).
25 26Saint Ignace d'Antioche, Lettre aux Romains, 6, 1-2, vers 107-110 ; éd. SC 10 bis, trad. P.-Th. Camelot, Paris, Cerf, 1969, p. 134 ; formulation française reprise du Catéchisme § 1010, qui cite Rom. 6, 1-2 (texte vérifié sur vatican.va ; eis est la préposition grecque « en », conservée telle quelle par le Catéchisme).
27Catéchisme de l'Église catholique, § 1011 : « Je veux voir Dieu, et pour le voir il faut mourir (Ste. Thérèse de Jésus, vida 1) » (texte français vérifié sur vatican.va). La phrase est ici reprise dans la formulation exacte du Catéchisme ; le renvoi (Vida, 1) est celui du Catéchisme lui-même, le passage n'ayant pas été localisé à l'identique dans le texte de Thérèse.
28Septante, Psaume 115, 6 (numérotation grecque) : « Tímios enantíon Kyríou ho thánatos tôn hosíôn autoû. » La Vulgate latine traduit : « Pretiosa in conspectu Domini mors sanctorum eius » (Ps 115, 6 Vulgate).
31Sagesse 3, 1-3, AELF : « La vie des justes est dans la main de Dieu, aucun tourment n'a de prise sur eux. [...] Mais ils sont dans la paix. »
32Philippiens 1, 21-24, AELF.
33Romains 14, 7-9, AELF : « Aucun de nous ne vit pour soi-même, et aucun ne meurt pour soi-même. »
34Apocalypse 14, 13, AELF : « Heureux, dès maintenant, les morts qui meurent dans le Seigneur ! Oui, dit l'Esprit, qu'ils se reposent de leurs peines, car leurs œuvres les suivent ! »
35 46Apocalypse 21, 4, AELF : « Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur : ce qui était en premier s'en est allé. »
36Saint Alphonse-Marie de Liguori, Apparecchio alla morte, cioè considerazioni sulle massime eterne, Naples, 1758 ; édition française classique : Préparation à la mort, considérations sur les vérités éternelles, traduction des Œuvres complètes du saint, éd. Vivès, Paris, 1841 (et rééditions Casterman et Roger & Chernoviz au XIXᵉ siècle). Huitième considération, « La mort des justes », premier et deuxième points.
38Catéchisme de l'Église catholique, § 1013 (texte français vérifié sur vatican.va), citant Lumen Gentium 48 : « La mort est la fin du pèlerinage terrestre de l'homme, du temps de grâce et de miséricorde que Dieu lui offre pour réaliser sa vie terrestre selon le dessein divin et pour décider son destin ultime. » — repris dans l'article en paraphrase fidèle (l'homme pour lui).
39 78Job 14, 1-2, AELF : « L'homme né de la femme, qui vit peu de temps, est rassasié d'agitations ; il sort comme une fleur, et il est coupé ; il fuit comme l'ombre, sans s'arrêter. »
40Formule de saint Alphonse-Marie de Liguori, Préparation à la mort, 8ᵉ considération, résumant librement une idée stoïcienne attribuée à Sénèque ; elle n'est pas citée ici comme un texte littéral des Lettres à Lucilius.
41Saint Augustin d'Hippone, Sermon 84, ch. 1, n. 2, PL 38, col. 519 ; trad. fr. Œuvres, éd. Vivès, t. 16, Paris, 1872, p. 603.
42Saint Ambroise de Milan, De Cain et Abel, livre II, ch. 35, PL 14, col. 358.
43Saint Maxime de Turin († vers 465), Sermo 18, De labore et requie, PL 57, col. 569 ; éd. CCSL 23, A. Mutzenbecher, Turnhout, 1962 : « Vita ista non ad otium, sed ad laborem data est. »
44Tertullien, De patientia, ch. 9, n. 4, vers 200-203 ; PL 1, col. 1273-1275 ; éd. critique CCSL 1, J. Borleffs, Turnhout, 1954, p. 309 ; trad. fr. SC 310, J.-C. Fredouille, Paris, Cerf, 1984, p. 88 : « Cum vitam cito praecidit, statim et de penitudine illius decedet. »
45Proverbes 24, 16, AELF : « Sept fois le juste tombera, mais il se relèvera. »
47Saint Ambroise de Milan, De bono mortis, ch. 2, n. 6, PL 14, col. 542.
48Saint Ambroise de Milan, De bono mortis, ch. 4, n. 15, PL 14, col. 547 : « Quid est enim mors nisi sepultura vitiorum ? »
49Sagesse 4, 11, AELF : « Il fut enlevé, de peur que le mal n'altère son intelligence, et que la tromperie ne séduise son âme. »
502 Corinthiens 5, 6, AELF : « Aussi longtemps que nous habitons dans ce corps, nous sommes en exil loin du Seigneur. »
51Sainte Thérèse de Jésus, Libro de la Vida, ch. 40, n. 20 ; trad. fr. Œuvres complètes, Cerf, 1995, p. 386.
52Léonce de Néapolis, Vie de saint Jean l'Aumônier (patriarche d'Alexandrie, † 619), ch. 23, vers 640 ; PG 93, col. 1644-1645 ; éd. critique H. Gelzer, Leontios' von Neapolis Leben des heiligen Iohannes des Barmherzigen, Freiburg-i.-B., 1893 ; trad. fr. Vie de Syméon le fou et Vie de Jean de Chypre, éd. A.-J. Festugière, Paris, Geuthner, 1974, p. 386. Le récit est repris par saint Alphonse, Préparation à la mort, 8ᵉ considération.
54Psaume 118 (hébreu) / 117 (grec), v. 20, AELF : « C'est ici la porte du Seigneur : qu'ils entrent, les justes ! »
55Saint Bruno d'Asti (évêque de Segni, † 1123), Expositio in Job, ch. 11, PL 164, col. 593.
56De virginitate sive de ascesi, n. 18, PG 28, col. 274 — traité attribué à saint Athanase d'Alexandrie dans la tradition manuscrite mais d'authenticité contestée par la patristique moderne. La formule est relayée par saint Alphonse-Marie de Liguori, Préparation à la mort, huitième considération (« La mort des justes »), qui l'attribue à saint Athanase ; elle est reprise ici comme formule alphonsienne, non comme témoignage patristique.
57 58Catéchisme de l'Église catholique, § 1020 (texte français vérifié sur vatican.va).
59Catéchisme de l'Église catholique, § 1023 (texte français vérifié sur vatican.va), sur la vision béatifique, citant la constitution Benedictus Deus de Benoît XII (29 janvier 1336, Denzinger 1000).
60Saint Thomas d'Aquin, Somme contre les Gentils, livre IV, ch. 86 (sur la vision béatifique comme accomplissement de l'âme séparée) ; et Compendium theologiae, ch. 165 ; trad. fr. Contre les Gentils, livre IV, éd. Cerf-Garnier-Flammarion, Paris, 1999.
612 Corinthiens 5, 1, AELF : « Nous le savons en effet : si la maison de notre demeure terrestre est détruite, nous avons un édifice qui est l'œuvre de Dieu, une demeure éternelle qui n'est pas faite de main d'homme, dans les cieux. »
62Philippiens 1, 23, traduction Vulgate : « Cupio dissolvi et esse cum Christo. » La forme « dissolvi » (être délié/dissous) reprise par la tradition spirituelle latine met l'accent sur la mort comme libération des liens du corps mortel, non comme néant.
63Psaume 141 (hébreu 142), v. 8, AELF : « Tire mon âme de la prison, que je rende grâce à ton nom. » Cité par saint Alphonse, Préparation à la mort, 8ᵉ considération, 3ᵉ point.
64Luc 2, 29-32, AELF : « Maintenant, ô Maître souverain, tu peux laisser ton serviteur s'en aller en paix, selon ta parole. » Le Nunc dimittis (cantique de Siméon au Temple, lors de la Présentation de Jésus) est chanté chaque soir aux Complies dans la liturgie romaine.
65Saint Ambroise de Milan, Expositio evangelii secundum Lucam, livre II, n. 59-60, PL 15, col. 1576 ; éd. CCSL 14, M. Adriaen, Turnhout, 1957 ; trad. fr. SC 45 bis, G. Tissot, Paris, Cerf, 1971, p. 109. Commentaire sur le Nunc dimittis de Lc 2, 29.
66Saint Jean Chrysostome, Homélies sur l'épître aux Hébreux, homélie 4, n. 5 (sur He 2, 9), vers 403 ; PG 63, col. 43 ; trad. fr. Œuvres complètes, éd. abbé Jeannin, t. XI, Bar-le-Duc, 1865, p. 433. Image royale reprise par saint Alphonse, Préparation à la mort, 8ᵉ considération.
67Saint Jérôme, Lettre 60 à Héliodore (Epitaphium Nepotiani), n. 14, écrite vers 396 ; PL 22, col. 599 ; éd. Saint Jérôme. Lettres, t. III, éd. J. Labourt, Paris, Les Belles Lettres (CUF), 1953, p. 110 : « Aperi mihi, soror mea. » Reprise par saint Alphonse, Préparation à la mort, 8ᵉ considération.
68Saint Augustin d'Hippone, Sermo 84, ch. 1, n. 1, PL 38, col. 519 ; trad. fr. Œuvres complètes, éd. Vivès, t. 16, Paris, 1872, p. 602-603. La formule « O mors amabilis » est devenue topique dans la spiritualité latine et est reprise par saint Alphonse, Préparation à la mort, 8ᵉ considération, 3ᵉ point.
69Saint François d'Assise est mort à la Portioncule le soir du 3 octobre 1226 (fête au 4 octobre) ; sainte Thérèse de Lisieux est morte au Carmel de Lisieux le 30 septembre 1897 (fête au 1ᵉʳ octobre) ; saint Alphonse-Marie de Liguori est mort à Nocera le 1ᵉʳ août 1787 (fête au 1ᵉʳ août).
70Tertullien, De corona militis, 3, vers 211 ; PL 2, col. 79 : « Oblationes pro defunctis, pro natalitiis, annua die facimus » — premier témoignage explicite de la commémoration annuelle des défunts au jour de leur mort.
71Ézéchiel 7, 25, traduction de la Vulgate retenue par la Préparation à la mort : « Angustia superveniente, requirent pacem, et non erit. » La traduction AELF correspondante : « L'angoisse vient ; ils chercheront la paix, et il n'y en aura pas. »
72Saint Alphonse-Marie de Liguori, Préparation à la mort, sixième considération (« Mort du pécheur »), premier point.
73Saint Alphonse-Marie de Liguori, Préparation à la mort, septième considération (« Sentiments d'un moribond qui a vécu dans la négligence de son salut »), premier point.
74Saint Vincent Ferrier, Sermones de Sanctis, sermon 1 de Nativitate B. M. V., éd. Cologne, 1675, p. 459 ; cité par Alphonse, Préparation à la mort, 6ᵉ cons., 3ᵉ point.
75Sermon 225, PL 39, col. 2217 : attribué traditionnellement à saint Augustin, mais désormais reconnu (Glorieux, Pour revaloriser Migne, n. 39) comme étant de saint Césaire d'Arles († 542). La formule « Paenitentia infirmi, infirma paenitentia » est devenue proverbiale dans la pastorale médiévale.
76Saint Cyprien de Carthage, De mortalitate, n. 14, PL 4, col. 592 ; éd. SC 440, trad. M. Poirier, Paris, Cerf, 1999.
77Hébreux 9, 27, AELF : « Et puisque les hommes ne meurent qu'une fois, après quoi vient le jugement [...]. »
79Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 23 (« De la méditation de la mort »), n. 1 ; texte latin établi par L. M. Puyol (1886) ; traduction française de Félicité de Lamennais (1824).
80Vies des Pères du désert, Apophtegmes alphabétiques, livre V, n. 52 ; PL 73, col. 940 ; trad. fr. Les Apophtegmes des Pères. Collection systématique, éd. SC 387, 474, 498, trad. J.-C. Guy, Paris, Cerf, 1993-2005.
81Bollandistes, Acta Sanctorum, t. 4 (1ᵉʳ février), Paris, 1863, p. 46 — actes du martyre de saint Pionius, prêtre de Smyrne, brûlé vif le 12 mars 250.
82Bollandistes, Acta Sanctorum, t. 38 (22 août), Paris, 1867, p. 497 — passion de saint Symphorien d'Autun, martyr du IIᵉ siècle.
83Marc de Lisbonne, Chroniques de l'Ordre des Frères Mineurs, livre 2, ch. 65, t. 1, Venise, 1582, p. 258 — récit de la dernière strophe du Cantique ajoutée par saint François pour sa mort.
85Raymond de Capoue, Vita Sanctae Catharinae Senensis, IIIᵉ partie, ch. 4, n. 4 ; éd. Acta Sanctorum, avril, t. 3 ; trad. fr. E. Cartier, Vie de sainte Catherine de Sienne, t. 2, Paris, Poussielgue, 1877, p. 35.
86Sainte Thérèse de Jésus, Vivo sin vivir en mí (Poésies, I), composée probablement entre 1571 et 1581 ; éd. Obras completas, BAC, Madrid, 1962, t. 1, p. 1267 ; trad. fr. Œuvres complètes, Cerf, 1995, p. 1235.
87Catéchisme de l'Église catholique, § 1011 : « Je veux voir Dieu, et pour le voir il faut mourir (Ste. Thérèse de Jésus, vida 1) » (texte français vérifié sur vatican.va). Même remarque que [^avila-vida] : formulation et renvoi du Catéchisme, repris ici à l'identique.
88Catéchisme de l'Église catholique, § 1011 (texte français vérifié sur vatican.va) : « Dans la mort, Dieu appelle l'homme vers Lui. C'est pourquoi le chrétien peut éprouver envers la mort un désir semblable à celui de S. Paul. »
89 129Saint Jean de la Croix, Llama de amor viva (Vive Flamme d'amour), strophe I, n. 30 ; rédigée à Grenade entre 1585 et 1586 ; trad. fr. Œuvres complètes, éd. Cerf, 1990, p. 1146-1147.
90Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Derniers Entretiens, Carnet Jaune de Mère Agnès, 1ᵉʳ mai 1897, n. 1 ; éd. critique Œuvres complètes, Cerf-DDB, 1992, p. 1015.
91Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Derniers Entretiens, Carnet Jaune, 27 mai 1897 (fête de l'Ascension), n. 4 ; éd. critique Œuvres complètes, Cerf-DDB, 1992.
92Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Derniers Entretiens, Carnet Jaune, 6 juin 1897, n. 2 : réponse au chanoine Youf, qui lui demandait : « Êtes-vous résignée à mourir ? » ; éd. critique Œuvres complètes, Cerf-DDB, 1992.
93Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Lettre 60 à Marie Guérin, datée du 29 juillet 1890 ; éd. critique Œuvres complètes, Cerf-DDB, 1992, Correspondance générale, p. 555.
95G. Patrignani, Menologio di pie memorie d'alcuni religiosi della Compagnia di Gesù, t. 3, Venise, 1730 — propos rapportés des derniers instants du P. Francisco Suárez († Lisbonne, 25 septembre 1617). Référence secondaire ancienne : page non contrôlée, fait à vérifier.
96H. Barnabeus (Barnabei), Vita Caesaris Baronii, livre II, ch. 9, Rome, 1651, p. 112 — propos du cardinal C. Baronius à son médecin, fin juin 1607. Référence secondaire ancienne : page non contrôlée, fait à vérifier.
97Nicholas Sanders, De origine ac progressu schismatis anglicani, t. 1, Rome, 1586 — récit de la marche de saint Jean Fisher vers l'échafaud, le 22 juin 1535 à Tyburn Hill. Référence secondaire ancienne : page non contrôlée, fait à vérifier.
98Magnum speculum exemplorum, recueil anonyme d'exempla (compilé vers 1480 ; éd. Venise, 1605), distinction IX — récit du solitaire lépreux, largement repris par les prédicateurs. Référence secondaire ancienne : page non contrôlée, fait à vérifier.
99Saint Augustin d'Hippone, Sermo 297, n. 2, PL 38, col. 1359 ; et In Iohannis evangelium tractatus, 49, n. 10, PL 35, col. 1751-1752 ; trad. fr. Œuvres complètes, éd. Vivès, t. 18, Paris, 1873, p. 412. L'idée est reprise par saint Alphonse, Préparation à la mort, 8ᵉ considération : « Patitur vitam, gaudet de morte. »
100Saint Thomas de Villeneuve (archevêque de Valence, augustin, † 1555), Conciones sacrae, sermon 4 In Dominica I Adventus, n. 11 ; éd. Opera omnia, t. I, Manille, 1881, p. 47 ; cité par saint Alphonse, Préparation à la mort, 8ᵉ considération. Référence secondaire ancienne : page non contrôlée, fait à vérifier.
101G. Mansi (Giuseppe Mansi), Locupletissima Bibliotheca moralis praedicabilis, t. 3, Venise, 1703 — anecdote rapportée au sujet de saint Charles Borromée, archevêque de Milan († 3 novembre 1584). Référence secondaire ancienne : page non contrôlée, fait à vérifier.
102H. Barnabeus, Vita Caesaris Baronii, livre 3, ch. 1, Rome, 1651, p. 127. Référence secondaire ancienne : page non contrôlée, fait à vérifier.
103G. Ricci, Notizia della vita del Venerabile Giovenale Ancina, Macerata, 1671, p. 28 — sur le bienheureux Juvénal Ancina, évêque de Saluces († 1604). Référence secondaire ancienne : page non contrôlée, fait à vérifier.
104Saint Laurent Justinien (premier patriarche de Venise, † 1456), Lignum vitae, traité 12, ch. 4 ; éd. Opera, Venise, 1721, p. 54.
105Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 23, n. 3 et n. 6 — texte latin probablement rédigé par Thomas a Kempis (Thomas Hemerken de Kempen, † 1471) entre 1418 et 1427 ; traduction française de Félicité de Lamennais, Paris, 1824, rééd. multiples.
106Luc 12, 35-40, AELF : « Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces. »
107Saint Alphonse-Marie de Liguori, Apparecchio alla morte, préface de la 1ʳᵉ édition italienne (Naples, 1758) — sur la méthode des trois points : doctrinal, affectif, pratique.
108Saint Robert Bellarmin (cardinal), De arte bene moriendi, en 2 livres, Rome, 1620 ; trad. fr. partielle dans L'art de bien mourir, éd. Saint-Paul, Paris, 2000.
109Saint Ignace de Loyola, Exercitia spiritualia, Première semaine, VIᵉ Addition : pour s'affliger de ses péchés, se souvenir de « la mort et du jugement » (« bringing to memory rather Death and Judgment », trad. Elder Mullan, 1914, texte en ligne). Il n'existe pas, dans les Exercices, de « méditation de la mort » numérotée ; la méditation des deux étendards appartient à la deuxième semaine et ne porte pas sur la mort.
110Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 23, n. 2.
111Catéchisme de l'Église catholique, § 1525 (texte français vérifié sur vatican.va ; la pérégrination désigne l'ultime marche du chrétien vers sa patrie du Ciel).
112 113Concile de Trente, XIV. session, Doctrina de sacramento extremae unctionis, ch. 2, 25 novembre 1551 ; Denzinger n. 1696.
114Catéchisme de l'Église catholique, § 1020 (texte français vérifié sur vatican.va), citant le rituel des Recommandations de l'âme (Commendatio animæ) du Rituel romain réformé après Vatican II (Ordo unctionis infirmorum eorumque pastoralis curae, Cité du Vatican, 1972).
115Léon XIII, encyclique Quamquam Pluries, 15 août 1889, sur la dévotion à saint Joseph et son patronage de l'Église ; ASS 22 (1889-1890), p. 65-69.
116Catéchisme de l'Église catholique, § 1014 (texte français vérifié sur vatican.va), sur la préparation à la mort, l'invocation de Marie « à l'heure de notre mort » et le patronage de saint Joseph.
117A.-G. Martimort (dir.), L'Église en prière, t. III : Les sacrements, Paris, Desclée, 1984, p. 226 ; et H. Leclercq, Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgie, art. « Ave Maria », t. I, col. 3290-3293 — sur l'évolution médiévale de la prière et son extension par saint Pie V (bréviaire romain de 1568).
118René Laurentin, Vie de Bernadette, Paris, Desclée de Brouwer, 1978 — derniers mots de sainte Bernadette Soubirous, Nevers, 16 avril 1879.
119Catéchisme de l'Église catholique, § 1012 (texte français vérifié sur vatican.va), citant le Missale Romanum, Préface des défunts I : « Tuis enim fidelibus, Domine, vita mutatur, non tollitur. »
120Jean 12, 24, AELF : « Amen, amen, je vous le dis : si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s'il meurt, il porte beaucoup de fruit. »
1211 Corinthiens 15, 36-38, AELF : « Insensé ! ce que tu sèmes ne prend vie qu'à condition de mourir. »
122Saint Jean Chrysostome, Homélies sur l'évangile de saint Jean, homélie 62, n. 4 (sur Jn 11, 33), vers 391 ; PG 59, col. 348 ; trad. fr. Œuvres complètes, éd. abbé Jeannin, t. VIII, Bar-le-Duc, 1864, p. 416. Cf. aussi Homélies sur Matthieu, homélie 31, n. 3 (PG 57, col. 374).
1231 Thessaloniciens 4, 13, AELF : « Frères, nous ne voulons pas vous laisser dans l'ignorance au sujet de ceux qui se sont endormis ; il ne faut pas que vous soyez abattus comme les autres, qui n'ont pas d'espérance. »
124Luc 22, 44, AELF : « Entré en agonie, il priait plus instamment, et sa sueur devint comme des gouttes de sang qui tombaient sur la terre. »
125Marc 14, 33, AELF : « Il commença à ressentir frayeur et angoisse. »
126Hébreux 5, 7, AELF : « Durant les jours de sa vie dans la chair, il offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu, qui pouvait le sauver de la mort. »
127Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, Manuscrits autobiographiques, Manuscrit C, fo. 5v-7r (rédigé juin 1897, durant la dernière maladie) ; éd. critique Œuvres complètes, Cerf-DDB, 1992, p. 241-244. L'image du « mur qui s'élève jusqu'aux cieux » est de fo. 5v.
128Philippiens 1, 23, AELF : « J'ai le désir de m'en aller pour être avec le Christ. »
130Karl Rahner, Zur Theologie des Todes, Freiburg im Breisgau, Herder, 1958 ; trad. fr. Le chrétien et la mort (avec H.U. von Balthasar), Mame, 1966.
1312 Corinthiens 6, 2, AELF, citant Isaïe 49, 8 : « Voici maintenant le moment favorable, voici maintenant le jour du salut. »
132Imitation de Jésus-Christ, livre I, ch. 23, n. 5.
133Apocalypse 14, 13, AELF.
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