Saint Césaire d'Arles (470-542)

Saint Césaire d'Arles, moine de Lérins devenu archevêque d'Arles pendant quarante ans, fut l'un des plus grands évêques de la Gaule chrétienne. Accusé de trahison et exilé sous les rois barbares, innocenté par Théodoric, premier cas connu d'octroi du pallium à un évêque d'Occident (pape Symmaque), il vendit les vases sacrés pour racheter les captifs de guerre. Premier grand prédicateur populaire (près de 250 sermons), législateur monastique de la première règle d'Occident écrite pour des femmes, il présida le concile d'Orange (529) qui fixa, contre le semipélagianisme, la doctrine catholique de la grâce. Fête le 27 août.

Ignispedia

À l'aube du VIe siècle, tandis que l'Empire romain d'Occident s'est effondré et que la Gaule se partage entre royaumes barbares ariens, une figure tient debout la grande Église d'Arles : saint Césaire. Moine formé à la rude école de Lérins, évêque pendant quarante ans d'une cité disputée par les Wisigoths, les Ostrogoths et les Francs, il fut tour à tour accusé de trahison et exilé, innocenté par le roi Théodoric, honoré par le pape de Rome qui lui remit le pallium — premier cas connu d'un tel octroi à un évêque d'Occident. Mais sa grandeur ne tient pas à ces honneurs : elle tient à ce qu'il fit du siège d'Arles un foyer de charité, de prédication et de doctrine au cœur d'un monde qui s'écroulait.

Césaire est le premier grand prédicateur populaire dont les sermons nous soient parvenus — près de deux cent cinquante homélies brèves, claires, faites pour le peuple et diffusées dans toute la chrétienté latine. Il est aussi le législateur monastique qui écrivit, pour les moniales de sa sœur Césarie, la première règle d'Occident composée spécialement pour des femmes. Il est enfin le président du concile d'Orange de 529, qui régla pour des siècles la grande controverse sur la grâce en confirmant, contre le semipélagianisme, la doctrine de saint Augustin. Cet article retrace le saint lui-même : sa vie, ses combats, son œuvre, sa spiritualité et son culte.

Une enfance bourguignonne et l'appel de Lérins

Naissance à Chalon-sur-Saône

Césaire naît vers 470, à Chalon-sur-Saône (Cabillonum), au cœur de la Bourgogne alors gouvernée par les rois burgondes[1]. Sa famille est chrétienne, de souche gallo-romaine ; rien n'indique une grande noblesse, mais un milieu cultivé et pieux. Il grandit dans une Gaule en pleine mutation : l'autorité impériale n'est plus qu'un souvenir, les royaumes wisigoth, burgonde et franc se disputent les provinces, et l'arianisme, professé par plusieurs de ces dynasties, menace la foi nicéenne du peuple gallo-romain.

Le clerc de Chalon

Dès l'âge de dix-huit ans, vers 488, le jeune Césaire se présente à l'évêque de Chalon, Silvestre, et entre dans le clergé[2]. Mais le service ordinaire d'une Église de cité ne lui suffit pas : il aspire à une vie plus radicale, toute donnée à Dieu. Au bout de deux ans environ, il quitte Chalon pour gagner l'île qui était alors, en Occident, la plus haute école de la vie monastique : Lérins.

Lérins, l'école des ascètes

Fondé un siècle plus tôt par saint Honorat, le monastère de Lérins (au large de Cannes) était devenu une pépinière d'évêques et de docteurs : c'est de là qu'étaient sortis Hilaire d'Arles, Vincent de Lérins, Faust de Riez. Césaire y entre vers 490 et s'y livre à l'ascèse avec une telle ferveur qu'il y ruine sa santé[3]. La rigueur des jeûnes et des veilles le brise : épuisé, il doit quitter l'île pour se rétablir.

Cet échec apparent est une grâce. Il enseigne au futur évêque une mesure qu'il ne perdra plus : toute sa vie, il prêchera une sainteté possible au commun des fidèles, et sa Règle des vierges refusera les excès qui détruisent le corps. Lérins lui laisse aussi un trésor : l'amour de l'Écriture, la discipline communautaire, et le réseau d'amitiés spirituelles qui structurera l'épiscopat des Gaules.

Le prêtre et l'abbé d'Arles

De Lérins à Arles : l'élève de Julien Pomère

Césaire d'Arles dans la Gaule barbare : les lieux décisifs de son itinéraire, de Chalon à Rome, dans une Gaule partagée entre royaumes francs, burgondes, wisigoths et ostrogoths. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Envoyé à Arles pour reprendre des forces, Césaire y trouve bien plus qu'un climat clément. La cité, capitale administrative des Gaules sous l'Empire tardif, restait un grand foyer de culture. L'évêque Éonius, qui se découvre une parenté avec lui, le retient[4]. Pour parfaire sa formation, Césaire est confié au célèbre rhéteur africain Julien Pomère, maître de l'éloquence et auteur d'un traité sur La Vie contemplative[5]. Le moine, d'abord réticent à mêler la sagesse profane à la science des Écritures, finit par recevoir de lui l'art oratoire qui fera de lui le plus grand prédicateur de son temps.

Éonius l'ordonne diacre, puis prêtre vers 499, et lui confie la charge d'abbé d'un monastère situé dans une île du Rhône, aux portes d'Arles[6]. Césaire y exerce déjà ce qui sera la marque de tout son gouvernement : unir la rigueur monastique à la douceur pastorale.

L'élection de 502

À la mort d'Éonius, le clergé et le peuple, suivant la volonté que le vieil évêque avait exprimée, élisent Césaire au siège d'Arles, en décembre 502 (ou au début de 503)[7]. Il a un peu plus de trente ans. Devenu archevêque d'Arles — l'un des grands sièges métropolitains du Midi gaulois —, il ne cesse pas pour autant de vivre en moine : il garde l'austérité, l'oraison et la pauvreté de Lérins jusque sur la chaire épiscopale.

Un évêque dans la tourmente des royaumes barbares

Arles entre Wisigoths, Ostrogoths et Francs

L'épiscopat de Césaire se déroule sur l'une des frontières les plus instables de l'Occident. Arles est d'abord wisigothe, sous le roi arien Alaric II ; après la défaite et la mort de celui-ci à Vouillé (507) face à Clovis, la ville est assiégée puis passe sous la protection des Ostrogoths de Théodoric le Grand, qui la tiendront jusqu'en 536 ; elle devient enfin franque[8]. Pendant quarante ans, Césaire est l'homme qui, au milieu de ces bouleversements, maintient l'unité catholique d'un peuple gallo-romain gouverné par des maîtres ariens et étrangers.

Accusé de trahison, exilé

Une telle position expose. Par deux fois, Césaire est victime de fausses dénonciations. Sous Alaric II, un secrétaire l'accuse de vouloir livrer Arles aux Burgondes ; l'évêque est arrêté et exilé à Bordeaux sans jugement, avant d'être innocenté et renvoyé dans sa ville — où le peuple lapide presque son calomniateur[9]. Plus tard, sous les Ostrogoths, durant le siège d'Arles (508), on l'accuse de nouveau de vouloir ouvrir les portes aux Francs et aux Burgondes : il est arraché à son Église et déporté[10]. Ces épreuves révèlent un trait de sa sainteté : il les traverse sans haine, et continue de servir indistinctement Romains, Goths et captifs des deux camps.

Devant Théodoric, puis Rome : le pallium (513)

En 513, Césaire est conduit à Ravenne, devant le roi Théodoric. Le souverain ostrogoth, d'abord prévenu contre lui, est si frappé par la dignité et la sainteté de l'évêque qu'il le disculpe entièrement et le comble d'honneurs[11]. De Ravenne, Césaire se rend à Rome auprès du pape Symmaque. Le pape lui accorde une faveur sans précédent : le pallium, le 6 novembre 513 — c'est, selon la Catholic Encyclopedia, le premier cas connu d'octroi de cet insigne à un évêque d'Occident[12]. L'année suivante, Symmaque le confirme métropolitain et lui renouvelle, le 11 juin 514, la dignité de vicaire apostolique pour la Gaule et l'Espagne : Césaire devient le représentant du Siège de Pierre pour tout le Midi[13].

Par ces lettres, Rome reconnaît à Césaire une primauté de coordination sur les Églises du Sud — les évêques de Gaule devant recourir au siège d'Arles — sans jamais le séparer de la communion romaine[14].

Le rachat des captifs

Racheter les captifs : Césaire comprend la charité comme une liturgie vivante, où l'or de l'autel sert le Christ présent dans les prisonniers et les pauvres. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le trait le plus célèbre de sa charité éclate dans les guerres qui ravagent la Provence. Les armées goth, burgonde et franque emmènent des foules de prisonniers. Césaire n'hésite pas : il vend les ornements de son Église, fait fondre les vases sacrés et l'argenterie pour payer leurs rançons, nourrir et vêtir les captifs entassés jusque dans les bâtiments de l'évêché[15]. À ceux qui s'en scandalisent, la tradition prête à Césaire une justification qui résume sa théologie de la charité : le Christ, qui a souffert pour les hommes, ne se plaindra pas que l'on rachète ses captifs avec les vases de son autel — mieux vaut sauver des âmes vivantes que garder des métaux[16].

Pour lui, l'or sacré n'a de prix que rendu au Christ vivant qu'est le pauvre et le prisonnier.

Le pasteur du peuple : la prédication

Le premier grand prédicateur populaire

La prédication de Césaire : sermons courts, langage populaire, diffusion écrite et formation des prêtres. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Césaire est, selon le mot des historiens, le premier grand prédicateur populaire (Volksprediger) dont l'œuvre nous soit conservée[17]. Là où beaucoup d'évêques réservaient l'éloquence aux lettrés, lui s'adresse d'abord au peuple : aux paysans, aux ouvriers, aux femmes, aux pauvres. Il veut être compris de tous, et il y parvient.

Des sermons courts, clairs, concrets

Ses sermons sont brefs — un quart d'heure environ — pour ne pas lasser ; clairs, dans une langue simple et imagée empruntée à la vie quotidienne ; concrets, visant la conversion des mœurs plus que la spéculation[18]. Il y attaque sans relâche les superstitions païennes encore vivaces dans les campagnes, l'ivrognerie, l'injustice, la dureté envers les pauvres, et exhorte à l'aumône, à la chasteté, à la prière. La tradition manuscrite (édition de dom Germain Morin) lui attribue environ 250 sermons, dont il emprunte parfois la matière à Augustin ou à Faust de Riez, qu'il refond pour son auditoire[19].

Il répète ainsi que le nom de chrétien ne suffit pas, si la conduite ne suit pas[20].

Une parole diffusée dans toute la chrétienté latine

Césaire ne garde pas ses sermons pour sa seule cathédrale. Il en fait copier et distribuer des recueils aux prêtres et aux évêques de Gaule, d'Italie et d'Espagne, afin qu'ils les lisent à leur peuple[21]. Cette idée — fournir au clergé de campagne des homélies toutes prêtes et sûres — fait de lui un pionnier de la prédication ordinaire. Son influence fut telle que, durant des siècles, nombre de ses sermons circulèrent sous le nom d'Augustin, tant la matière en paraissait augustinienne[22].

Le législateur monastique

Le monastère Saint-Jean et sainte Césarie

Dès le début de son épiscopat, Césaire fonde à Arles un monastère de femmes, vers 512, d'abord établi aux Alyscamps (hors les murs), puis transféré à l'intérieur de la ville en 524 sous le vocable de Saint-Jean[23]. Il en confie la direction à sa propre sœur, sainte Césarie (Césarie l'Ancienne), qu'il rappelle d'un monastère de Marseille pour la mettre à la tête de la communauté. À la mort de l'évêque, le monastère compte près de deux cents moniales[24]. Le pape Hormisdas en approuva la fondation.

« Que les vierges du Christ, entre les psaumes et les jeûnes, les veilles aussi et les lectures, copient avec soin les livres divins. » — Saint Césaire, prescrivant à ses moniales le travail de copie des manuscrits sacrés[25]

La Règle des vierges (Regula virginum)

Pour ces moniales, Césaire compose sa Regula ad virgines : ce fut, dira la Vie de Césaire, l'œuvre de toute sa vie[26]. C'est la première règle monastique d'Occident écrite spécialement pour des femmes, et elle deviendra le modèle de toutes les autres[27]. Ses traits majeurs :

DispositionContenuPortée
Clôture stricteLes moniales ne sortent plus du monastère, et nul n'y entre librementProtéger la vie consacrée des troubles de la guerre et du monde
StabilitéProfession définitive ; on n'entre que pour toute la vieEmpêcher les départs et les retours dans le siècle
Travail et lectureFilage de la laine, confection des vêtements, copie des Écritures, oraisonUnir labeur manuel et nourriture de l'âme
MesureAscèse réglée, sans excès qui ruinent la santéFruit de sa propre expérience de Lérins
La Règle des vierges : première règle occidentale composée pour des femmes, organisée autour de la clôture, de la stabilité, du travail et de la lecture des livres saints. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Cette règle connut un succès immense : sainte Radegonde l'adopta pour son monastère de Poitiers, et elle inspira une grande partie de la vie religieuse féminine en Gaule[28].

La Règle des moines

Césaire écrivit aussi une Regula ad monachos, plus brève, dans la tradition de Lérins, à laquelle il ajouta la nouveauté décisive de la stabilité : l'engagement à demeurer dans la communauté[29]. Contemporaine, à quelques années près, de la naissance du monachisme bénédictin avec saint Benoît de Nursie, son œuvre législatrice témoigne du grand effort d'organisation de la vie consacrée au VIe siècle latin.

Le concile d'Orange (529) et la grâce

La querelle semipélagienne

Orange 529 : la grâce d'abord. La doctrine catholique affirme que même le commencement de la foi est un don de Dieu, sans supprimer la liberté guérie qui coopère. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Un siècle plus tôt, saint Augustin avait combattu Pélage, qui niait la nécessité de la grâce pour faire le bien et atteindre le salut. Après lui, certains moines du Midi gaulois — notamment à Lérins et autour de Jean Cassien et de Faust de Riez — refusèrent les conséquences les plus dures de l'augustinisme sur la prédestination, mais aboutirent à une position fragile : l'homme pourrait, par ses seules forces, faire le premier pas vers la foi (initium fidei), la grâce ne venant qu'ensuite[30]. Cette doctrine, qu'on appellera plus tard semipélagianisme, avait déjà été réfutée par saint Prosper d'Aquitaine, fidèle disciple d'Augustin. Césaire, lui-même formé à Lérins mais profondément augustinien, reprend le combat — non par esprit de système, mais pour défendre la gratuité du salut.

Le concile du 3 juillet 529

L'occasion en est donnée par la dédicace d'une basilique à Orange, financée par le préfet du prétoire Libère. Profitant de la présence de plusieurs évêques, Césaire réunit le 3 juillet 529 un concile régional[31]. Il y présente une série de canons tirés presque mot pour mot des écrits d'Augustin (par l'intermédiaire des florilèges de Prosper) et les fait souscrire par les évêques présents.

Ce que définit Orange

Le concile d'Orange promulgue vingt-cinq canons suivis d'une conclusion (definitio fidei). Il enseigne que :

  • le péché originel a blessé tout l'homme, corps et âme, et que la mort et le péché se transmettent à toute la descendance d'Adam ;
  • la grâce prévenante précède tout mérite : ce n'est pas l'homme qui commence, c'est Dieu qui, le premier, l'attire et l'incline au bien ;
  • même le commencement de la foi (initium fidei) et le désir de croire sont l'effet de la grâce, non de la seule nature ;
  • la grâce n'est jamais une récompense due, mais un don gratuit ;
  • l'Église condamne enfin toute idée d'une prédestination au mal : Dieu ne prédestine personne à pécher ni à se perdre[32].

Le canon 20 l'exprime en propres termes :

« Beaucoup de biens se font dans l'homme, que l'homme ne fait pas ; mais aucun bien l'homme ne fait, que Dieu ne lui donne de faire. » — concile d'Orange (529), canon 20[33]

Orange tient ainsi un équilibre admirable : il sauve à la fois la primauté absolue de la grâce (contre Pélage et les semipélagiens) et la réalité du libre arbitre coopérant (contre tout fatalisme), sans tomber dans la prédestination au mal.

La confirmation de Rome et la portée

Les actes du concile furent envoyés à Rome. Le pape Boniface II, par sa lettre Per filium nostrum du 25 janvier 531, confirma solennellement les décrets d'Orange[34]. Cette confirmation donna au concile une autorité quasi universelle : la doctrine catholique de la grâce y trouva sa formulation classique, qui sera reprise par le Magistère jusqu'au concile de Trente. C'est l'acte le plus durable de Césaire : par lui, l'évêque d'Arles fixa pour des siècles l'enseignement de l'Église sur le don gratuit du salut.

La spiritualité de saint Césaire

Le Verbe, lumière et nourriture de l'âme

La spiritualité de Césaire tient en trois accents : la Parole de Dieu comme nourriture de l'âme, le pauvre comme présence du Christ et la vie chrétienne comme pèlerinage vers la patrie céleste. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Toute la spiritualité de Césaire est nourrie de l'Écriture. Pour lui, la Parole de Dieu n'est pas un ornement de la prédication mais l'aliment même de la vie intérieure :

Pour lui, la Parole de Dieu est la lumière de l'âme et sa nourriture éternelle, sans laquelle l'âme ne peut vivre[35].

Il presse les laïcs eux-mêmes de lire ou d'écouter chaque jour l'Écriture, et de la méditer comme on rumine un pain.

La charité qui rachète

La seconde grande note de sa spiritualité est la charité envers le pauvre, comprise comme une rencontre du Christ lui-même. Le pauvre qui frappe à la porte, c'est le Christ qui passe :

Le pauvre qui s'approche de la maison, enseigne-t-il en substance, c'est le Christ lui-même qui vient : donner une pièce au Christ dont on attend le Royaume, un morceau de pain à celui dont on espère la vie[36].

L'aumône, pour Césaire, n'est pas un supplément facultatif : elle rachète les péchés, elle ouvre le Ciel, elle est la monnaie d'échange entre le temps et l'éternité. Sa vie entière — jusqu'à la fonte des vases sacrés — en fut la démonstration.

Étrangers et voyageurs

Césaire ne cesse enfin de rappeler que le chrétien n'est pas chez lui en ce monde : il est en route vers la patrie céleste.

Nous sommes, rappelle-t-il, des voyageurs et des étrangers en ce siècle, encore en route vers notre patrie[37].

Cette conscience du pèlerinage commande toute sa morale : si la vie est un voyage, il faut voyager léger, partager, ne pas s'attacher aux biens qui passent, et marcher droit vers Dieu.

Mort, reliques et culte

Le Testament et la mort

Sarcophage antique ayant servi de reliquaire de saint Césaire, conservé au Musée départemental de l'Arles antique. Photo : Finoskov / Wikimedia Commons (CC BY-SA 4.0).

Vers la fin de sa vie, Césaire rédige son Testament, dans les formes du droit romain — l'un des plus anciens conservés : il y commande ses moniales à son successeur, libère ses esclaves et lègue à sa sœur Césarie un simple manteau[38]. Il meurt à Arles le 27 août 542, la veille de la fête de la Décollation de saint Jean-Baptiste, après quarante ans d'épiscopat[39]. Ses disciples — Cyprien, futur évêque de Toulon, Firmin et Viventius — rédigent peu après une Vie de Césaire qui demeure l'une des plus belles hagiographies de l'époque mérovingienne[40].

Reliques et vêtements liturgiques

Le reliquaire de saint Césaire à Saint-Trophime d'Arles. Photo : Marie-Lan Nguyen / Wikimedia Commons (CC BY 3.0).
Arles garde sa mémoire : reliques, vêtements liturgiques et culte local donnent encore une visibilité concrète au saint évêque. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Arles conserve de précieuses reliques de son évêque, et notamment ses vêtements liturgiques : deux pallia de laine, des sandales, des tuniques et une ceinture à boucle d'ivoire, considérés comme les plus anciens tissus liturgiques conservés en France, aujourd'hui présentés au Musée départemental de l'Arles antique[41]. Ces objets, miraculeusement préservés depuis le VIe siècle, donnent un visage concret à la figure du saint évêque.

Fête et héritage

Saint Césaire est vénéré comme l'un des Pères de l'Église latine ; sa fête est célébrée le 27 août (certains calendriers locaux retiennent le 26 août)[42]. Son héritage est triple. Comme prédicateur, il a légué à l'Occident le modèle du sermon populaire, simple et fort, qui nourrit le peuple sans le perdre. Comme législateur, il a donné à la vie monastique féminine sa première grande règle, modèle de toutes les autres. Comme docteur de la grâce, il a fixé, à Orange, l'enseignement catholique sur le don gratuit du salut. Peu d'évêques du haut Moyen Âge ont marqué aussi profondément, et aussi durablement, la foi et la prière de l'Église latine.

Pourquoi lire saint Césaire aujourd'hui ?

Trois héritages structurent la postérité de Césaire : les sermons, les règles monastiques et le concile d'Orange. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

À quinze siècles de distance, Césaire garde une étonnante actualité. Il enseigne d'abord que la sainteté tient bon dans le chaos : au milieu de royaumes qui s'effondrent, d'armées qui passent, d'accusations et d'exils, il n'a cessé de prêcher, de racheter, d'écrire et de prier. Il rappelle ensuite que la charité est la vraie liturgie : un évêque qui fond les vases sacrés pour libérer des captifs n'a pas profané l'autel, il l'a honoré. Il montre enfin que la vérité doctrinale sert le peuple : la grande définition d'Orange sur la grâce ne fut pas un jeu d'école, mais la défense de cette bonne nouvelle que le salut est don, gratuit, offert d'abord par Dieu.

Donner au pauvre, c'est donner au Christ : telle pourrait être, en une phrase, la leçon que saint Césaire laisse à tout chrétien — tout ce que nous donnons au pauvre, nous le donnons au Christ, et tout ce que nous recevons de bon, nous le recevons d'abord de la grâce de Dieu[43].

Pour aller plus loin

  • Saint Augustin d'Hippone — le docteur de la grâce dont Césaire reprit et fit triompher la doctrine au concile d'Orange contre le semipélagianisme.
  • Saint Prosper d'Aquitaine — le défenseur d'Augustin contre les moines de Provence, dont les florilèges nourrirent les canons d'Orange.
  • Saint Benoît de Nursie — le grand législateur du monachisme occidental, contemporain de Césaire, dont la règle prolongea l'effort d'organisation de la vie consacrée.
  • Saint Léon le Grand — le pape qui, peu avant Césaire, affermit l'autorité du Siège de Rome dont l'évêque d'Arles devint le vicaire pour les Gaules.
  • Sainte Geneviève — figure contemporaine de la Gaule chrétienne tenant bon dans la tourmente des invasions barbares.
  • Saint Germain d'Auxerre — autre grand évêque des Gaules du Ve siècle, défenseur de la foi et pasteur d'un peuple menacé.

Notes et références

  1. La Vie de Césaire (Vita sancti Caesarii), rédigée vers 542-549 par ses disciples Cyprien de Toulon, Firmin et Viventius, le fait naître à Chalon-sur-Saône (Cabillonum) de parents chrétiens gallo-romains, vers 470. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles » (newadvent.org/cathen/03135b.htm) : « Born at Châlons in Burgundy, 470-71 » ; Encyclopædia Universalis, « Césaire d'Arles » : « né vers 470/71 à Chalon-sur-Saône ».

    1
  2. À dix-huit ans, Césaire entre dans le clergé de Chalon-sur-Saône sous l'évêque Silvestre. Cf. notice OrthodoxWiki, « Césaire d'Arles » ; Encyclopædia Universalis, « Césaire d'Arles » : « clerc à dix-huit ans ».

    2
  3. Césaire entre au monastère de Lérins vers l'âge de vingt ans (~490) et s'y livre à une ascèse si rigoureuse qu'il y ruine sa santé, ce qui l'oblige à partir se rétablir à Arles. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles » : « entered the monastery of Lérins when young but was sent to Arles to recuperate due to health issues » ; Encyclopædia Universalis, « Césaire d'Arles ».

    3
  4. À Arles, l'évêque Éonius (Aeonius), qui se découvre une parenté avec Césaire, le retient près de lui. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles » (« ordained deacon and priest by Bishop Æonus ») ; notice OrthodoxWiki, « Césaire d'Arles ».

    4
  5. Julien Pomère (Julianus Pomerius), rhéteur d'origine africaine établi à Arles, auteur du De vita contemplativa, fut le maître d'éloquence de Césaire. Cf. Encyclopædia Universalis, « Césaire d'Arles » ; notice OrthodoxWiki, « Césaire d'Arles » : « il est l'élève de Julien Pomère ».

    5
  6. Ordonné prêtre vers 499 par Éonius, Césaire fut placé à la tête d'un monastère situé dans une île du Rhône, aux portes d'Arles. Cf. Encyclopædia Universalis, « Césaire d'Arles » ; Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles ».

    6
  7. À la mort d'Éonius, Césaire est élu évêque d'Arles, probablement en décembre 502 (ou au début de 503), et règne sur le siège pendant quarante ans. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles » (« Became Bishop of Arles around 502-503 and ruled the See for forty years ») ; Encyclopædia Universalis, « Césaire d'Arles ».

    7
  8. Arles passa successivement sous l'autorité des Wisigoths ariens (Alaric II, jusqu'à sa défaite à Vouillé en 507 face à Clovis), puis, après le siège de 508, sous la protection des Ostrogoths de Théodoric le Grand (jusqu'en 536), enfin sous les Francs. Césaire fut évêque catholique d'un peuple gallo-romain gouverné par des maîtres ariens et étrangers. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles » (« His tenure spanned turbulent political periods under Arian Visigoth and Ostrogoth rulers ») ; Encyclopædia Universalis, « Césaire d'Arles ».

    8
  9. Sous Alaric II, Césaire fut accusé par un de ses secrétaires de vouloir livrer Arles aux Burgondes ; il fut exilé à Bordeaux sans jugement, puis innocenté et renvoyé à Arles. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles » : « accused of treasonable intent to deliver Arles to the Burgundians and exiled to Bordeaux without trial; soon released to convoke the Council of Agde (506) ».

    9
  10. Après le siège d'Arles (508), les Ostrogoths victorieux soupçonnèrent Césaire de vouloir livrer la ville aux Francs et aux Burgondes assiégeants, et le firent temporairement déporter. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles » : « Again in 508, after the siege of Arles, the victorious Ostrogoths suspected Caesarius […] and caused him to be temporarily deported ». Césaire ne comparut devant Théodoric à Ravenne qu'en 513 (cf. note suivante).

    10
  11. Convoqué devant le roi Théodoric à Ravenne en 513, Césaire l'impressionna si profondément que le roi le disculpa et le traita avec de grands honneurs. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles » : « Summoned before King Theodoric in 513, who was profoundly impressed by Caesarius, exculpated him, and treated the holy bishop with much distinction. »

    11
  12. Le pape Symmaque conféra à Césaire le pallium le 6 novembre 513 : « said to be the first occasion on which it was granted to any Western bishop » — premier cas connu d'octroi du pallium à un évêque d'Occident. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles » ; Wikisource, Catholic Encyclopedia (1913)/St. Caesarius of Arles.

    12
  13. Le 11 juin 514, Symmaque confirma Césaire comme métropolitain et lui renouvela la dignité de vicaire apostolique pour la Gaule et l'Espagne, faisant de lui le représentant du Siège de Pierre pour le Midi. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles » : « renewed for him personally (11 June, 514) the dignity of Vicar of Apostolic See in Gaul, more or less regularly held by his predecessors » — il s'agit donc d'un renouvellement, non d'une création ; Encyclopædia Universalis, « Césaire d'Arles » (« vicaire pontifical pour la Gaule ») ; New Catholic Encyclopedia (« named Caesarius his vicar for Gaul and Spain on June 11, 514 ») ; New Catholic Dictionary (1910) (« made Apostolic Vicar of Gaul and Spain »). Le corps de l'article ne cite pas littéralement les lettres de Symmaque : le passage est un résumé de leur teneur (recours des évêques au siège d'Arles, dans la communion romaine).

    13 14
  14. Pour racheter, nourrir et vêtir les captifs des guerres goth, burgonde et franque, Césaire vendit les ornements de son Église et fit fondre les vases sacrés et l'argenterie. Le fait est rapporté par la Vie de Césaire (Vita sancti Caesarii) et constant dans la tradition. Cf. Encyclopædia Universalis, « Césaire d'Arles » ; notice diocésaine d'Aix-Arles, « Saint Césaire d'Arles ».

    15
  15. Le fait du rachat (vente et fonte des objets sacrés) est rapporté par la Vita sancti Caesarii (cf. note précédente) ; la justification donnée dans le corps de l'article en est une paraphrase, dans l'esprit de la Vita et de la doctrine césairienne de la charité — non une citation littérale d'un passage déterminé d'un manuscrit. Aucun guillemet n'est donc employé.

    16
  16. Césaire est décrit comme « the first great Volksprediger of the Christians whose sermons have come down to us » — le premier grand prédicateur populaire dont les sermons nous soient parvenus. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles ».

    17
  17. Ses sermons étaient brefs (« usually fifteen minutes »), clairs et simples, tirant leurs images de la vie quotidienne. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles » : « His sermons were brief (usually fifteen minutes), clear, simple, and drew from daily life imagery. »

    18
  18. L'édition critique de référence est celle de dom Germain Morin (Sancti Caesarii Arelatensis Sermones, CCSL 103-104), qui attribue environ 238-250 sermons à Césaire ; trad. française de M.-J. Delage, Sermons au peuple (Sources Chrétiennes 175, 243, 330, Paris, 1971-1986). Césaire emprunte parfois sa matière à Augustin et à Faust de Riez, qu'il refond pour son auditoire. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles » ; FAMA / Sources Chrétiennes.

    19
  19. Exhortation constante des Sermons de Césaire — joindre la conduite au nom de chrétien (éd. G. Morin, CCSL 103-104 ; trad. M.-J. Delage, Sermons au peuple, Sources Chrétiennes 175, 243, 330). La formulation du corps de l'article est une paraphrase : le lieu exact (numéro de sermon, volume, page) n'ayant pu être établi, aucun guillemet n'est employé.

    20
  20. Césaire fit copier et diffuser des recueils de ses sermons auprès du clergé de Gaule, d'Italie et d'Espagne, pour qu'ils les lisent à leur peuple — pratique pionnière de mise à disposition d'homélies sûres pour la prédication ordinaire. Cf. Encyclopædia Universalis, « Césaire d'Arles » (« distribuait des copies de sermons au clergé ») ; Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles ».

    21
  21. En raison de leur matière augustinienne et de leur large diffusion, nombre de sermons de Césaire circulèrent durant des siècles sous le nom de saint Augustin. Cf. Encyclopædia Universalis, « Césaire d'Arles » : son influence s'exerça surtout auprès du clergé, « qui attribua souvent son œuvre à Augustin ».

    22
  22. Césaire fonda vers 512 un monastère de femmes, d'abord établi aux Alyscamps (hors les murs d'Arles), transféré à l'intérieur de la cité en 524 sous le vocable de Saint-Jean. Cf. Encyclopædia Universalis, « Césaire d'Arles » ; Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles » (« Founded the first women's monastery in 513, later called Saint-Jean d'Arles »). Le pape Hormisdas en approuva la fondation.

    23
  23. À la tête du monastère, Césaire plaça sa sœur sainte Césarie (Césarie l'Ancienne) ; à la mort de l'évêque, la communauté comptait environ deux cents moniales. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles » : « At his death, it housed two hundred nuns. »

    24
  24. Saint Césaire, prescription monastique citée par la Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles » : « inter psalmos et jejunia, vigilias quoque ac lectiones libros divinos pulchre scriptitent virgines Christi » (« Que, entre les psaumes et les jeûnes, les veilles aussi et les lectures, les vierges du Christ copient avec soin les livres divins »). Les moniales filaient la laine, confectionnaient leurs vêtements et copiaient les Écritures.

    25
  25. La Vie de Césaire présente la Règle des vierges (Regula ad virgines) comme « the work of his whole life » — l'œuvre de toute sa vie. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles ».

    26
  26. La Regula virginum de Césaire est la première règle monastique d'Occident composée spécifiquement pour des femmes et devint « the model of all such » règles féminines en communauté. Édition : Sources Chrétiennes 345 (Œuvres monastiques, t. I). Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles ».

    27
  27. La Regula ad virgines fut adoptée par sainte Radegonde pour son monastère de Sainte-Croix à Poitiers, signe de son rayonnement. Cf. Encyclopædia Universalis, « Césaire d'Arles » : « adoptée par sainte Radegonde pour son monastère de Poitiers ».

    28
  28. Césaire composa également une Regula ad monachos, fondée sur la tradition de Lérins transmise oralement, en y ajoutant l'élément important de la stabilité de la profession. Édition : Sources Chrétiennes 398. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles » : « one for monks (Ad Monachos) based on the Lérins tradition, emphasizing stability of profession ».

    29
  29. Le semipélagianisme — terme postérieur — désigne la position de moines du Midi gaulois (autour de Jean Cassien et de Faust de Riez) qui, tout en rejetant Pélage, refusaient l'augustinisme intégral et soutenaient que le commencement de la foi (initium fidei) pouvait venir des seules forces de l'homme, la grâce ne suivant qu'ensuite. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles » et « Council of Orange » ; Wikipédia, « Concile d'Orange (529) ».

    30
  30. Le concile se réunit à Orange le 3 juillet 529, à l'occasion de la dédicace d'une basilique financée par le préfet du prétoire Libère, sous la présidence de Césaire. Cf. Wikipédia, « Concile d'Orange (529) » ; croirepublications.com, « 3 juillet 529. Concile d'Orange ».

    31
  31. Le concile d'Orange promulgua vingt-cinq canons suivis d'une definitio fidei, tirés presque mot pour mot de saint Augustin (par les florilèges de Prosper) : transmission du péché originel à toute la descendance d'Adam, primauté de la grâce prévenante, origine gracieuse du initium fidei, gratuité de la grâce, condamnation de toute prédestination au mal. Cf. Denzinger 370-397 ; Wikipédia, « Concile d'Orange (529) » ; Catholic Encyclopedia, « Council of Orange ».

    32
  32. Canon 20 du concile d'Orange (Denzinger 370-397) : « Multa in homine bona fiunt, quae non facit homo ; nulla vero bona facit homo, quae non Deus praestet, ut faciat homo » — « Beaucoup de biens se font dans l'homme, que l'homme ne fait pas ; mais aucun bien l'homme ne fait, que Dieu ne lui donne de faire » (traduction de l'article). Intitulé du canon : « Que l'homme ne peut rien de bon sans Dieu » (That a man can do no good without God).

    33
  33. Le pape Boniface II, par la lettre Per filium nostrum du 25 janvier 531, confirma les décrets doctrinaux du concile d'Orange, leur donnant une autorité quasi universelle. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles » : « Pope Boniface II confirmed the council's doctrinal decrees on January 25, 531 » ; Denzinger 398-400.

    34
  34. Doctrine constante des Sermons de Césaire sur l'Écriture, nourriture de l'âme (éd. G. Morin, CCSL 103-104 ; trad. M.-J. Delage, Sermons au peuple, Sources Chrétiennes 175, 243, 330). La formulation du corps de l'article est une paraphrase : le lieu exact (numéro de sermon, volume, page) n'ayant pu être établi, aucun guillemet n'est employé.

    35
  35. Doctrine constante des Sermons de Césaire sur l'aumône — le pauvre comme présence du Christ (éd. G. Morin, CCSL 103-104 ; trad. M.-J. Delage, Sermons au peuple, Sources Chrétiennes 175, 243, 330). La formulation du corps de l'article est une paraphrase : le lieu exact (numéro de sermon, volume, page) n'ayant pu être établi, aucun guillemet n'est employé et nulle attribution à un Sermon XXV déterminé n'est maintenue.

    36 43
  36. Thème constant des Sermons de Césaire — la vie chrétienne comme pèlerinage vers la patrie céleste (éd. G. Morin, CCSL 103-104 ; trad. M.-J. Delage, Sermons au peuple, Sources Chrétiennes 175, 243, 330). La formulation du corps de l'article est une paraphrase : le lieu exact (numéro de sermon, volume, page) n'ayant pu être établi, aucun guillemet n'est employé.

    37
  37. Le Testamentum sancti Caesarii, rédigé dans les formes du droit romain, est l'un des plus anciens testaments d'évêque conservés : Césaire y confie ses moniales à son successeur, affranchit ses esclaves et lègue à sa sœur Césarie un manteau (« mantum majorem quem de cannabe fecit »). Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles ».

    38
  38. Césaire mourut à Arles le 27 août 542 (certaines sources retiennent 543, d'après Malnory), après quarante ans d'épiscopat. Cf. Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles » ; Encyclopædia Universalis, « Césaire d'Arles » (« mort le 27 août 542 »).

    39
  39. La Vita sancti Caesarii (Vie de Césaire), rédigée peu après sa mort (vers 542-549) par ses disciples Cyprien de Toulon, Firmin et Viventius, est l'une des grandes hagiographies de l'époque mérovingienne et la principale source de sa biographie. Cf. Vita Caesarii Arelatensis (éd. B. Krusch, MGH SRM III) ; études récentes sur la Vita Caesarii.

    40
  40. Les vêtements liturgiques attribués à Césaire — deux pallia de laine, des sandales, des tuniques et une ceinture à boucle d'ivoire — sont conservés au Musée départemental de l'Arles antique et constituent « the oldest liturgical fabrics preserved in France » (les plus anciens tissus liturgiques conservés en France). Cf. Encyclopædia Universalis / Catholic Encyclopedia, « St. Caesarius of Arles ».

    41
  41. Saint Césaire, mort à Arles le 27 août 542 (cf. [^mort]), est inscrit au Martyrologe romain au 27 août ; certains calendriers et notices locales retiennent le 26 août (ex. reflexionchretienne.fr, « Saint Césaire d'Arles » : « Fête le 26 août »). Il est vénéré comme l'un des Pères de l'Église latine : ses Sermons sont édités et traduits dans les grandes collections patristiques — Sources Chrétiennes 175, 243, 330 (M.-J. Delage, Sermons au peuple) et Fathers of the Church (Catholic University of America Press).

    42