Saint Kevin de Glendalough (vers 498-618)

Saint Kevin de Glendalough (vers 498-618), noble du Leinster devenu ermite, fonda dans une vallée sauvage d'Irlande le grand monastère de Glendalough. Sa légende la plus célèbre le montre priant, immobile, tandis qu'un merle niche dans sa main tendue.

Ignispedia

Saint Kevin de Glendalough (en irlandais Cóemgen, « bien engendré » ; vers 498 – 618) est l'un des grands fondateurs de l'Irlande monastique des origines, aux côtés de saint Patrick, saint Columba et saint Colomban. Né dans une famille noble du Leinster, il choisit très jeune la solitude d'une vallée sauvage du comté de Wicklow — la vallée aux deux lacs, Glenn Dá Locha — pour y vivre en ermite, avant d'y fonder, malgré lui, l'un des plus grands monastères d'Irlande, devenu une véritable cité dans le désert[1][2].

Sa vie, telle que la raconte sa Vita médiévale, mêle des faits que l'histoire peut vérifier — sa naissance dans la noblesse du Dál Messin Corb, sa formation auprès de moines gallois et irlandais, la fondation de Glendalough vers le milieu du VIe siècle — à un tissu de légendes d'une grande cohérence spirituelle : un merle qui fait son nid dans sa main tendue, une biche qui nourrit un enfant royal, un monstre du lac apaisé par sa prière, un rocher suspendu qui épargne miraculeusement sa vie. Ces récits, transmis pendant des siècles avant d'être fixés par écrit, ne prétendent pas à l'exactitude d'un procès-verbal : ils disent, dans le langage propre à l'hagiographie celtique, la sainteté d'un homme réconcilié avec la Création tout entière[3].

Jamais formellement canonisé selon la procédure romaine moderne — comme la plupart des saints antérieurs au XIIe siècle —, Kevin est vénéré depuis l'aube du christianisme irlandais ; son culte ancien fut confirmé par voie équipollente en 1902[4]. Il demeure aujourd'hui l'un des saints irlandais les plus populaires, patron de l'archidiocèse de Dublin et Glendalough, et le site qu'il a fondé — classé parmi les plus visités d'Irlande — continue d'attirer chaque année des centaines de milliers de pèlerins et de visiteurs dans la vallée de Glendalough.

Qui est saint Kevin de Glendalough ?

Un nom qui signifie « bien engendré »

Chronologie de saint Kevin : dates traditionnelles et repères de sa Vie. Infographie originale Ignispedia créée par IA, d’après O’Hanlon, vol. VI.

Le nom du saint s'écrit, selon les manuscrits, Coemgen, Coemgin, Caoimhghin, Koemgenus ou encore Keivinus — toutes ces graphies se prononçant de façon très proche, le C irlandais valant toujours K, et la diphtongue CE se réduisant au son simple É[5]. L'archevêque James Ussher, l'un des premiers érudits protestants à avoir étudié sérieusement les sources irlandaises anciennes, traduit ce nom en latin par Pulcher-genitus, « le beau-né » ou « le bien engendré »[6]. La tradition hagiographique rapporte que ce nom lui fut donné, dès sa naissance, par un ange qui bénit l'enfant en chemin vers son baptême — un motif que l'on retrouve, presque à l'identique, dans les Vies de nombreux autres grands saints irlandais du haut Moyen Âge, où la naissance d'un futur fondateur est presque toujours annoncée par un songe ou une apparition angélique adressée à l'un de ses parents[7].

Une source ancienne, tissée de légendes assumées

L'essentiel de ce que l'on sait de Kevin provient d'une Vie latine anonyme, la Vita Sancti Coemgeni, rédigée — selon l'estimation des Bollandistes eux-mêmes — au plus tard au XIIe siècle, sur la base d'une tradition orale et écrite plus ancienne encore : le texte suppose en effet Glendalough encore florissante, alors qu'au XIIIe siècle le siège épiscopal avait déjà décliné en un village insignifiant, ce qui impose de faire remonter sa rédaction d'au moins un siècle en amont[8]. Cette Vie, organisée en six chapitres et quarante-neuf paragraphes, fut publiée intégralement par les Bollandistes dans les Acta Sanctorum, avec un commentaire critique du P. Francis Baert[9].

Le P. Baert avait d'abord envisagé de retrancher les récits les plus merveilleux de cette Vie pour n'en garder qu'un résumé sobre ; il y renonça finalement, estimant que même les passages les plus légendaires renseignent sur l'état réel de Glendalough à l'époque de la rédaction, et que les traditions relatives aux miracles, sans toujours rapporter des faits exacts, témoignent au moins fidèlement de ce qui se racontait alors du saint[10]. Cette prudence critique — vieille de plus de trois siècles — reste le meilleur guide de lecture : l'historien y trouve des repères solides (généalogie, fondations, contemporains datables), le croyant y trouve le portrait spirituel d'un homme de Dieu, et les deux lectures, loin de s'exclure, s'éclairent mutuellement.

Origines et enfance dans le Leinster

Une famille de la noblesse du Dál Messin Corb

Le cadre géographique de la jeunesse de Kevin. Carte schématique, sans délimitation des territoires dynastiques. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Kevin naquit dans l'est de la province du Leinster, probablement dans les premières décennies du VIe siècle — la date traditionnelle de 498, retenue par Ussher, repose sur le seul calcul suivant : la tradition attribue au saint une vie de cent vingt ans, et sa mort étant fixée à 618, on en déduit sa naissance en 498[11]. Plusieurs indices chronologiques internes à la Vie — notamment les dates de son frère et de son neveu — rendent toutefois cette datation fragile, et il est très probable que sa naissance doive être reportée un peu plus tard dans le VIe siècle[12].

Son père, Coemlog (ou Coemlugus), et sa mère, Coemell, appartenaient à une famille de haut rang appelée dans les sources le Dál Messin Corb[13]. Cette dynastie, qui dominait autrefois une partie de la plaine du Liffey avant d'être refoulée vers les montagnes de Wicklow par la puissance montante des Uí Dúnlainge, se rattachait par sa généalogie à Laeghaire Lore, ancêtre légendaire dont serait issu l'ensemble des Leinstermen[14]. Selon la Vie de saint Kevin elle-même, son père, bien que de sang royal, avait volontairement renoncé à son héritage et à son rang « pour mener une vie plus pieuse », se contentant de vivre du travail de ses mains[15].

Un antiquaire sceptique du XVIIIe siècle, le révérend Edward Ledwich, avait cru pouvoir nier jusqu'à l'existence historique de Kevin, prétendant que son nom dérivait d'un simple toponyme gallois désignant une montagne. Le grand historien ecclésiastique John Lanigan lui répondit avec une ironie mordante, faisant observer que ce même Ledwich, quand cela l'arrangeait, vantait au contraire le haut degré de civilisation et d'écriture de l'Irlande dès le Ve siècle — mais le niait dès qu'il s'agissait de reconnaître l'authenticité d'une généalogie de saint[16]. Cet épisode érudit, vieux de deux siècles, illustre une règle qui garde toute sa valeur : la généalogie des saints irlandais, aussi étonnante qu'elle paraisse à un regard moderne, s'inscrit dans une culture où la transmission généalogique orale était un art savant et rigoureusement enseigné, non une fantaisie populaire[17].

L'ange annonciateur et le baptême par Cronán

La Vie de saint Kevin s'ouvre, selon un schéma classique de l'hagiographie irlandaise, par l'annonce angélique de sa naissance. Un ange serait apparu en songe à Coemell, lui disant :

« Ô femme heureuse, tu enfanteras un fils, et tu l'appelleras Coemgen. Il sera cher à Dieu et aux hommes, et il sera père de nombreux moines. La grâce du Saint-Esprit abondera en son lieu ; mais, dès sa naissance, qu'il soit porté aussitôt au baptême. » — Vision rapportée dans la Vita Sancti Coemgeni[18]

Conformément à cette annonce, l'enfant fut porté au baptême ; en chemin, ceux qui le portaient rencontrèrent un jeune homme d'une grande beauté qui bénit l'enfant au nom de la Trinité avant de disparaître — un ange, comprirent-ils ensuite. Arrivés chez le prêtre Cronán, celui-ci refusa d'abord de baptiser à nouveau un enfant déjà béni par un être céleste, avant de s'écrier, saisi d'un esprit prophétique :

« Ô bel enfant de Dieu, que le Seigneur tout-puissant te bénisse ; je serai ton premier moine, et je te donne ma place avec tout ce que je possède. » — Cronán, selon la Vita Sancti Coemgeni[19]

Le commentateur Baert relève avec bon sens que ce récit pose une difficulté théologique — un simple souffle angélique ne saurait, sans eau, constituer un baptême valide — mais il y voit surtout la trace d'un motif topique de l'hagiographie irlandaise, où la naissance des grands saints est presque systématiquement annoncée et bénie par avance[20].

La vache blanche et l'enfance au pâturage

Durant son enfance, une vache blanche venait chaque matin et chaque soir nourrir l'enfant de son lait, sans que l'on sût jamais d'où elle venait ni où elle repartait — deux grands vases de lait étaient recueillis chaque jour[21]. Devenu enfant, Kevin gardait les moutons de ses parents avec d'autres bergers ; un jour, des pauvres vinrent lui demander l'aumône, et il leur donna quatre brebis du troupeau. Le soir venu, en comptant le troupeau, le nombre s'avéra complet — signe, pour ses biographes, que Dieu voulait dès son enfance récompenser sa générosité et le protéger de tout reproche[22].

La formation d'un moine

Auprès de saint Petrocus, de sept à douze ans

Vers l'âge de sept ans, ses parents le confièrent à un saint homme d'origine bretonne, Petrocus — le futur saint Pétroc de Cornouailles, qui avait quitté son royaume natal pour embrasser la vie monastique et vivait alors en ermite en Irlande[23]. Kevin demeura sous sa direction jusqu'à l'âge de douze ans environ, recevant de lui une formation à la fois littéraire et spirituelle[24]. C'est pendant cette période, selon la Vie, qu'eut lieu un premier miracle : envoyé chercher du feu, le jeune Kevin, ayant reçu l'ordre un peu hâtif de le porter « dans son sein », obéit littéralement — il plaça braises et torche contre sa poitrine sans que ni sa chair ni ses vêtements n'en fussent endommagés[25].

Les trois anciens : Eogoin, Lochan et Enna

La jeunesse de Kevin dans la Vie médiévale, distinguée de la légende romantique de Kathleen. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Ses parents le confièrent ensuite à trois anciens qui vivaient retirés dans une cellule : Eogoin, Lochan et Enna[26]. C'est sous leur conduite que se place l'épisode le plus célèbre de sa jeunesse. Remarqué pour sa beauté par une jeune femme du voisinage, Kevin fut l'objet d'avances répétées ; ayant fui dans les bois et s'étant caché parmi des orties, il en fit un faisceau pour repousser la jeune fille lorsqu'elle le retrouva, la piquant sévèrement jusqu'à ce qu'elle se repente et promette de consacrer sa virginité à Dieu[27]. C'est ce court épisode, transmis par la Vie la plus ancienne, qui a donné naissance — bien plus tard, dans le folklore et dans un poème célèbre de Thomas Moore — à la légende populaire d'une jeune fille nommée « Kathleen », précipitée par le saint dans les eaux du lac de Glendalough : un embellissement romantique du XIXe siècle qui n'a aucun fondement dans la Vie médiévale, laquelle ne mentionne à aucun moment de mort ni de lac dans cet épisode[28].

Un second épisode, survenu dans la même période, révèle la profondeur de son humilité. Envoyé chercher du feu par un homonyme plus âgé, Coemgen le senior, le jeune Kevin, ayant de nouveau porté des braises dans son sein sans dommage, s'entendit dire par son aîné stupéfait : « Ô saint jeune homme, je vois que tu es plein de l'Esprit-Saint, et que tu devrais commander à notre communauté. » Kevin, troublé et humilié à l'idée qu'on pût le préférer à des anciens, s'enfuit alors seul, à travers un pays désert, en quête d'une retraite plus profonde[29].

« Il doit paraître absurde que de vénérables vieillards servent sous la règle d'un jeune homme insensé ; mais ne raconte cela à personne. » — Réponse de saint Kevin à son aîné, selon la Vita Sancti Coemgeni[30]

Le désert de Glendalough : les années d'ermite

La fuite vers la vallée aux deux lacs

Les deux lacs de Glendalough. Photo Robertupeksa, Wikimedia Commons, CC0.

C'est au cours de cette fuite que Kevin découvrit, au cœur des montagnes du Wicklow, une vallée sauvage renfermant deux lacs distincts, reliés par un cours d'eau — la future Glendalough, de l'irlandais Gleann Dá Locha, « la vallée des deux lacs »[31]. Il s'installa près du lac supérieur, vivant dans le creux d'un arbre, se nourrissant d'herbes sauvages et d'un peu d'eau, dans un dénuement total[32].

L'arbre creux et la vache de By

La providence, selon le récit hagiographique, choisit de révéler cette retraite au monde extérieur par un moyen inattendu : une vache appartenant à un certain By, dont le berger menait le troupeau paître dans la vallée, se mit chaque jour à s'écarter du troupeau pour venir lécher les vêtements du saint caché dans son arbre, avant de rejoindre les autres bêtes au moment du retour[33]. Cette vache donnait un lait si abondant que le berger, intrigué, finit par la suivre et découvrit l'ermite. Le récit prend alors un tour presque comique et très humain : Kevin, contrarié d'être découvert, réprimanda vertement le rustre, dont le troupeau, en punition, sema la confusion la nuit suivante à l'étable — jusqu'à ce que le saint, apitoyé, bénît de l'eau pour apaiser les bêtes[34].

Retrouvé par ses anciens maîtres Eogoin, Lochan et Enna, Kevin fut ramené — contre son gré — à leur monastère[35]. C'est là que se place l'épisode du miracle des moissonneurs : chargé un jour de la cuisine, Kevin donna aux pèlerins de passage la nourriture destinée aux moissonneurs ; réprimandé, il pria dans la cuisine fermée, et l'eau se changea en vin tandis que des ossements se couvraient miraculeusement de viande — au point qu'il y eut de quoi nourrir tout le monde trois jours durant[36].

Bishop Lugid, l'ordination et les premiers miracles

Après un séjour chez l'ermite Beoan — où une louve affamée, qui avait dévoré le veau d'une vache, fut amenée par sa prière à en tenir lieu en fournissant le lait[37] —, Kevin rejoignit la communauté de l'évêque Lugid, qui l'ordonna prêtre[38]. C'est sous cette autorité que se multiplient, selon la Vie, les premiers grands miracles publics : un voleur parjure démasqué en jurant faussement son innocence sur des reliques[39], deux jeunes femmes décapitées par des assassins et miraculeusement rendues à la vie après que Kevin eut réuni leurs têtes à leurs corps en priant[40], ou encore un fugitif poursuivi par douze ennemis, rendu invisible à leurs yeux — au point qu'ils s'assirent, sans le savoir, sur son propre corps qu'ils prenaient pour une bûche[41]. Envoyé ensuite fonder une cellule à Cluainduach — un lieu que certains identifient à Glendalough même, d'autres à Luggela —, Kevin y rassembla une première petite communauté avant de reprendre la route vers son pays natal[42].

La fondation de la cité monastique de Glendalough

Le monstre du lac et le rocher suspendu

Le « lit de saint Kevin ». Photo Jan-Herm Janßen, Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0.

De retour à Glendalough, Kevin y reprit une vie d'ermite d'une extrême rigueur. Chaque nuit, durant une heure entière, il priait debout dans les eaux glacées du lac ; un monstre qui hantait le lac, selon la légende, se contentait de nager autour de lui sans jamais lui faire de mal. Après un long temps, un ange vint mettre fin à cette épreuve — pour trois raisons, précise le texte : soulager le saint de ses austérités volontaires, écarter le monstre, et réchauffer l'eau du lac chaque fois que l'ange venait se reposer sur sa poitrine[43].

C'est à cette période que se rattache le célèbre « Lit de saint Kevin » (St Kevin's Bed), une petite grotte creusée dans la roche à une trentaine de pieds au-dessus des eaux du lac supérieur, à laquelle on n'accède aujourd'hui encore que par un passage étroit et périlleux[44]. Pendant le Carême, un ange l'avertit par trois fois qu'un rocher suspendu au-dessus de cette grotte allait s'effondrer, et l'exhorta à en sortir sans délai. Kevin répondit qu'il souhaitait néanmoins y demeurer jusqu'à Pâques, s'il plaisait à Dieu ; l'ange promit alors que la main du Tout-Puissant soutiendrait le rocher jusqu'à son départ. Le soir de Pâques, l'ange revint le presser de sortir ; le rocher s'effondra sur la grotte l'instant même où Kevin, ayant suivi l'ange à travers le lac « à pied sec », venait d'en franchir le seuil[45].

« Ô serviteur du Christ, ce rocher suspendu au-dessus de ta demeure va bientôt s'effondrer sur elle : cherche donc promptement un autre lieu. » — « C'est un lieu étroit où j'habite, mais je souhaite y rester durant le temps du Carême, si cela plaît à Dieu. » — Dialogue entre l'Ange et saint Kevin, selon la Vita Sancti Coemgeni[46]

La vision de saint Patrick et le tanneur Cronán

Une nuit, comme Kevin chantait avec ses moines un hymne en l'honneur de saint Patrick, il tomba dans une extase silencieuse et fit chanter l'hymne trois fois de suite ; interrogé, il révéla que Patrick lui-même, appuyé sur son bâton, s'était tenu au milieu d'eux pour les bénir[47]. La nuit suivante, Kevin traversa le lac « à pied sec » pour se rendre au lieu où s'élèverait bientôt sa cité ; il crut n'avoir été vu de personne, mais un tanneur de sa communauté, Cronán, l'avait suivi de la même manière miraculeuse. Kevin lui annonça alors que ses ossements ne pourraient reposer au même endroit que les siens, mais qu'il partagerait néanmoins avec lui le repos du Ciel[48].

Le dialogue de l'ange et la fondation de la cité

Le dialogue fondateur dans la Vita Sancti Coemgeni, chapitre IV, § 25. Représentation symbolique. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Le récit le plus théologiquement dense de toute la Vie est le long dialogue entre Kevin et un ange venu lui désigner l'emplacement définitif de sa fondation, « à l'est du petit lac ». Kevin, d'abord réticent à quitter le lieu où il avait tant peiné pour le Christ, objecta la rudesse du site ; l'ange lui répondit par une promesse dont l'ampleur mérite d'être citée intégralement :

« Si tu vas, avec tes moines, en ce lieu que je t'indique, de nombreux fils de lumière y demeureront toujours ; ce lieu sera saint et vénérable ; les rois et les puissants d'Irlande l'honoreront d'une révérence religieuse à cause de toi. Il sera enrichi de terres, d'or et d'argent, de pierres précieuses et de vêtements de soie, de dons venus d'outre-mer, comme de trésors royaux, en abondance. Une grande cité s'y élèvera ; et le ministère de tes moines sera si parfait qu'aucun de ceux qui seront ensevelis sous ce sol ne connaîtra les peines de l'enfer. » — L'Ange, dans le dialogue de fondation rapporté par la Vita Sancti Coemgeni[49]

Kevin refusa cependant que les quatre montagnes encerclant la vallée fussent aplanies pour la rendre plus fertile, répondant à l'ange dans des mots où transparaît toute sa spiritualité :

« Je ne désire pas que les créatures de Dieu soient déplacées à cause de moi, car le Seigneur peut assister mon lieu autrement ; et d'ailleurs, tous les animaux de ces montagnes me sont doux et familiers, et ils en seraient attristés. » — Saint Kevin, répondant à l'Ange, selon la Vita Sancti Coemgeni[50]

Un homme noble du pays, Dymma, propriétaire de la vallée, fit don du terrain à Kevin avec ses huit fils — le neuvième, resté récalcitrant, périt peu après crucifié, selon une prophétie que le saint avait formulée à son sujet[51]. La fondation du monastère de Glendalough est traditionnellement rapportée vers l'an 549, bien que les historiens modernes penchent pour une date un peu plus tardive dans le VIe siècle[52]. Kevin y vécut d'abord dans un dénuement absolu — couché à même le sol, vêtu de peaux grossières, sans feu ni toit — avant que ses disciples ne le persuadent, par égard pour la communauté naissante, de tempérer quelque peu ces austérités[53].

Père spirituel d'une cité de moines

Le merle qui fit son nid dans sa main

Quatre récits animaliers associés à Kevin. Synthèse pédagogique des épisodes racontés dans l’article. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

C'est à cette période de la vie communautaire que se rattache la légende la plus célèbre de saint Kevin, popularisée bien plus tard par le poème de Seamus Heaney St Kevin and the Blackbird : alors qu'il priait, les bras tendus par la fenêtre de sa cellule, un merle vint se poser dans le creux de sa main ouverte, y bâtit son nid et y pondit ses œufs. Par respect pour la vie qui venait de s'y établir, Kevin serait resté immobile — bras tendu, sans un geste — jusqu'à ce que les oisillons eussent éclos et pris leur envol[54]. Ce récit, transmis par la Vie latine médiévale du saint, a fait de lui, dans la piété populaire, le patron des merles — et l'un des saints les plus cités quand la tradition chrétienne veut illustrer la patience portée jusqu'à l'héroïsme et l'harmonie du saint avec toute la Création[55].

Foelan, le prince confié à saint Kevin

Un tanist du Leinster, Colman, dont la première épouse répudiée avait fait mourir par magie tous les enfants nés de son remariage, confia son dernier fils, Foelan, à la protection de saint Kevin dès sa naissance[56]. N'ayant ni femme ni vache dans son monastère pour nourrir l'enfant, Kevin obtint par la prière qu'une biche vînt chaque jour se laisser traire pour le nourrir — jusqu'à ce qu'un corbeau, ayant renversé le vase de lait, s'attirât une malédiction restée proverbiale sur toute son espèce[57]. La sorcière, ayant appris où se cachait l'enfant, tenta de le tuer par ses sortilèges depuis le sommet d'une montagne voisine ; aveuglée par la puissance divine tandis que Kevin priait, elle finit par tomber du haut de la montagne et se briser sur les rochers en contrebas[58]. Foelan grandit sous la protection du saint, régna plus tard sur le royaume de son père et se distingua, selon les annales, à la bataille d'Áth Goan en 628, avant de mourir en 665[59].

Autres légendes animalières et miracles de charité

D'autres récits témoignent du même rapport de Kevin à la création : un ouvrier aveuglé par un éclat de pierre recouvre miraculeusement la vue sous sa main[60] ; un homme mort subitement en chemin est rendu à la vie par sa prière et devient moine sous sa règle[61] ; un soldat au cœur endurci et vaniteux de sa chevelure la perd entièrement après avoir lavé sa tête avec l'eau bénite par le saint, avant de se convertir[62]. Un moine du nom de Berchan, tenté en chemin par une jeune femme, entendit miraculeusement, à distance, Kevin lui-même tempérer la sévérité d'un autre saint qui l'exhortait à la châtier trop durement[63]. Ce sont là, selon les mots mêmes du texte médiéval, les « nombreux miracles semblables » qui accompagnèrent le gouvernement spirituel de Kevin sur sa communauté grandissante[64].

Rencontres avec les grands saints d'Irlande

Le voyage à Clonmacnoise et la mort de saint Ciarán

Kevin entretint des liens étroits avec les autres grands fondateurs monastiques de son temps. Se rendant un jour à Clonmacnoise, sur les rives du Shannon, pour visiter son ami saint Ciarán, il arriva trois jours après la mort de celui-ci. S'enfermant seul dans l'église où reposait le corps, Kevin passa la nuit en prière ; les moines, restés dehors, entendirent alors une conversation entre les deux saints — l'esprit de Ciarán étant, selon le récit, revenu un instant animer son corps pour s'entretenir avec son ami et échanger avec lui leurs vêtements en signe d'union éternelle entre leurs deux communautés[65]. Cet épisode est traditionnellement daté de l'année 549, ce qui en ferait l'un des repères chronologiques les plus anciens de la vie de Kevin[66].

L'assemblée d'Uisneach : Columba, Comgall et Cainnech

Les rencontres rapportées par la Vie de Kevin. Les liaisons schématiques ne reconstituent pas un itinéraire de voyage. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Apprenant que trois grands abbés — saint Columba, saint Comgall de Bangor et saint Cainnech — s'étaient réunis à Uisneach, au centre de l'Irlande, Kevin s'y rendit pour resserrer leur amitié. En chemin, il fut attaqué par des chiens féroces qu'il apaisa d'un signe de croix ; à son approche, Columba, bien qu'il fût déjà entouré d'une foule venue le voir, se leva pour l'honorer. Comme des rustres présents s'étonnaient de tant d'égards, Columba leur répondit :

« Pourquoi, insensés, ne nous lèverions-nous pas à l'arrivée de Kevin, serviteur de Dieu, quand à son approche les anges du Seigneur se lèvent dans le Ciel ? » — Saint Columba, à Uisneach, selon la Vita Sancti Coemgeni[67]

La vision de Fintan Munnu

Un autre épisode, plus tardif, rapporte qu'un démon vaincu par les prières de Kevin se serait plaint à un compagnon dans une conversation surprise par l'abbé Fintan Munnu (Mo-Chuemóc), qui lia le démon d'une chaîne de feu par la puissance du Christ avant d'avertir Kevin du projet de pèlerinage que ce même démon lui avait insufflé[68]. Le démon vaincu se serait exclamé, dans une plainte que la Vie rapporte comme un aveu de défaite :

« Comment ne serais-je pas triste ? Moi et mes confédérés avons longtemps combattu contre un seul homme, et nous avons été vaincus. Ce lieu qui était nôtre depuis le commencement du monde, nous ne pouvons plus le traverser sans être consumés par la flamme de sa prière. » — Un démon, dans la vision de saint Fintan Munnu rapportée par la Vita Sancti Coemgeni[69]

Le roi Brandubh et la protection du Leinster

Contemporain de Kevin, le roi Brandubh mac Echach, souverain du Leinster et vainqueur de la célèbre bataille de Dunbolg contre les hommes du Nord (vers 597), entretenait avec le saint une relation de vénération réciproque[70]. Un jour, un chasseur au service du roi, poursuivant un sanglier jusque dans l'oratoire du saint, vit ses chiens refuser d'y pénétrer et se coucher devant la porte, tandis que Kevin priait sous un arbre entouré d'oiseaux qui chantaient sur ses épaules[71]. Plus tard, lorsque les hommes du Nord envahirent le Leinster, le roi vint demander conseil au saint ; Kevin lui répondit selon les lois humaines du gouvernement — qu'un roi devait défendre le pays qui lui était confié — et Brandubh, fortifié par cette parole, remporta une victoire éclatante sur les envahisseurs[72].

Les derniers temps et la mort

Cent vingt ans d'une vie ordonnée à Dieu

Parvenu à un âge très avancé — la tradition, unanimement rapportée par les annalistes irlandais, lui attribue cent vingt années de vie —, Kevin souhaita quitter ce monde pour rejoindre le Christ[73]. Il réunit douze de ses moines les plus fervents et les envoya prier, au lieu même où saint Patrick lui était apparu autrefois, pour que Dieu exauçât une demande qu'il ne leur révéla pas. À leur retour, comprenant que sa prière avait été entendue, il leur confia qu'il avait demandé à être délivré de la prison de son corps, le Seigneur lui ayant promis autrefois qu'il ne quitterait cette vie qu'à sa propre demande. Il exhorta ses frères à observer fidèlement sa Règle et les Commandements de Dieu, puis il les bénit ainsi que le lieu qu'ils habitaient[74].

Le débat sur son statut épiscopal traverse toute la tradition : certains auteurs anciens lui donnent le titre d'évêque, mais rien dans sa Vie n'indique clairement qu'il ait reçu la consécration épiscopale ; l'opinion la plus communément reçue est qu'il demeura simple abbé, Glendalough ne devenant un siège épiscopal à part entière que peu après sa mort, avec son neveu Molibba pour premier évêque[75].

La communion donnée par saint Mocherog

Ses derniers instants furent adoucis par la réception du Corps et du Sang du Christ, des mains d'un saint homme nommé Mocherog, tandis que ses moines, en larmes, l'entouraient[76]. Il mourut le 3 juin, selon la tradition la plus répandue en l'an 618, bien que certaines chroniques donnent 617 et d'autres 622[77]. Les Annales des Quatre Maîtres enregistrent laconiquement l'événement :

« L'an du Christ 617 [...] : saint Coemgen, abbé de Gleann-dá-locha, mourut le 3 juin, ayant vécu jusque-là cent vingt années. » — Annales des Quatre Maîtres, trad. John O'Donovan[78]

Source ancienneAnnée de mort proposée
Annales des Quatre Maîtres, Annales d'Ulster617
Ussher, Britannicarum Ecclesiarum Antiquitates (Index Chronologicus)618
Annales de Tigernach622

Lecture du tableau : les trois grandes séries d'annales irlandaises anciennes ne s'accordent pas sur l'année exacte du décès de saint Kevin, à cinq ans d'écart près — un flottement fréquent pour les personnages antérieurs au VIIIe siècle, dont la chronologie précise reposait sur une transmission orale avant sa fixation par écrit[79].

Sépulture et incertitude sur la date exacte

Selon une tradition ancienne, Kevin fut enseveli dans l'église Notre-Dame de Glendalough (Our Lady's Church), au sein d'un petit oratoire d'une quinzaine de pieds de long ; le tombeau, disparu aujourd'hui, était encore visible, dit-on, jusqu'au milieu du XVIIIe siècle[80]. Pendant des siècles, la vallée de Glendalough demeura un lieu de pèlerinage majeur pour la fête de son saint patron, une dévotion qui persista, quoique discrètement, jusque durant les lois pénales anti-catholiques[81].

Le culte de saint Kevin

Un saint jamais formellement canonisé

Comme la quasi-totalité des saints irlandais antérieurs au XIIe siècle, Kevin n'a jamais fait l'objet d'une canonisation solennelle au sens où l'Église la pratique depuis le XIIe-XIIIe siècle : son culte est né spontanément de la vénération populaire, bien avant l'instauration de toute procédure romaine centralisée. Ce type de sainteté, dite « pré-congrégation », concerne l'écrasante majorité des grands fondateurs celtiques[82]. Le pape Léon XIII, usant de la procédure rare dite de canonisation équipollente — qui consiste à confirmer solennellement un culte immémorial sans instruire de procès en canonisation —, confirma le culte de saint Kevin le 19 juin 1902[83].

Le Félire Óengusso et les martyrologes anciens

Repères du culte de Kevin, d’après les sources citées dans l’article. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

La mémoire liturgique de Kevin est attestée par les plus anciens calendriers de l'Église d'Irlande. Le Félire Óengusso (Martyrologe métrique du moine Óengus le Culdée, fin du VIIIe – début du IXe siècle), l'un des plus vénérables documents de la piété irlandaise, célèbre le saint au 3 juin dans un quatrain :

« Un soldat du Christ dans la frontière d'Irlande, un nom illustre par-delà la vague de la mer : Coemgen, chaste et beau guerrier, dans le vallon des deux larges étangs. » — Félire Óengusso, éd. et trad. Whitley Stokes, Henry Bradshaw Society, 1905[84]

Le Martyrologe de Tallaght (VIIIe-IXe siècle), le Martyrologe de Christ Church de Dublin et le Martyrologe de Donegal (XVIIe siècle) enregistrent tous une fête en son honneur au même jour, sous les formes Coemgin, Caoimhghin ou Coemgen, abbé de Glenn Dá Locha[85]. En Écosse même, où le culte irlandais s'était largement diffusé, sa fête figure au calendrier de Drummond et dans le Menologium Scotorum de Thomas Dempster[86]. Une office liturgique en neuf leçons, aujourd'hui perdu, était encore récité en son honneur dans la cathédrale de Dublin au Moyen Âge tardif[87].

Patron de Dublin-Glendalough et des merles

Kevin est aujourd'hui vénéré comme l'un des patrons de l'archidiocèse de Dublin et Glendalough, les deux sièges ayant fusionné en 1214[88]. Sa légende du merle en a fait, dans la piété populaire anglophone contemporaine, le patron informel des oiseaux et des amoureux de la nature — une lecture spontanée mais fidèle à l'esprit du récit médiéval, qui voyait en cette immobilité volontaire une image de la charité poussée jusqu'au sacrifice du confort le plus élémentaire.

Spiritualité de saint Kevin : l'ascèse et la paix avec la création

La patience du merle, une leçon spirituelle

Patrimoine manuscrit irlandais : page 55 du Livre de Leinster, sans notice de Kevin identifiée sur cette page. Project Gutenberg / Wikimedia Commons, domaine public.

Au-delà de son pittoresque, l'épisode du merle porte une leçon spirituelle d'une grande profondeur, que la tradition chrétienne a toujours su reconnaître dans les gestes de patience héroïque des saints du désert. Refuser d'interrompre sa prière — donc, en un sens, refuser d'interrompre son dialogue avec Dieu — pour ne pas troubler la vie fragile qui venait de se confier à lui, c'est vivre concrètement ce que le Christ enseigne des passereaux : « Ne vend-on pas cinq passereaux pour deux sous ? Cependant, pas un seul d'entre eux n'est oublié devant Dieu » (Lc 12, 6). Le saint irlandais, en cela, rejoint une intuition constante de la spiritualité monastique la plus ancienne : la charité envers la création n'est pas une distraction de la vie contemplative, mais son fruit le plus naturel, puisque celui qui contemple longuement le Créateur en vient nécessairement à respecter jusqu'aux moindres de ses créatures.

L'union à Dieu par le silence et le dénuement

La Vie de Kevin insiste, chapitre après chapitre, sur un dénuement matériel extrême — sol nu, herbes sauvages, eau froide, absence de feu — que le saint n'accepte cependant de tempérer, à la demande de ses disciples, qu'au nom de la charité fraternelle et non par relâchement personnel[89]. Cette hiérarchie des valeurs — l'ascèse individuelle cède le pas dès qu'elle contrarie le bien commun de la communauté — est un trait caractéristique du monachisme irlandais primitif, qui reprend ici, sans le citer explicitement, un principe cher à la tradition monastique orientale et occidentale : la sainteté ne se mesure pas à la sévérité de la pénitence, mais à l'humble docilité avec laquelle le moine accepte, au besoin, de la modérer par obéissance.

Son refus de voir aplanir les montagnes qui rendaient Glendalough si rude, au nom de l'amitié qui le liait aux animaux sauvages du lieu, résume à lui seul toute sa théologie implicite de la Création : Dieu peut suffire à sa fondation sans que rien, dans l'œuvre divine, ait besoin d'être détruit pour cela. Peu de textes hagiographiques du haut Moyen Âge portent une conscience aussi explicite de la bonté propre du monde créé, indépendamment de son utilité immédiate pour l'homme.

Héritage et postérité

Une cité monastique devenue école

L’église Saint-Kevin, dite « cuisine de saint Kevin ». Photo Warrenfish, Wikimedia Commons, domaine public.

Du monastère fondé par Kevin naquit, dans les siècles suivants, l'une des grandes écoles monastiques d'Irlande, comparable pour l'est de l'île à ce que furent les îles d'Aran pour l'ouest — un centre d'étude sacrée où se formèrent des générations de moines et de clercs[90]. Parmi les figures les plus illustres qui s'y formèrent ou s'y retirèrent figure saint Laurent O'Toole, archevêque de Dublin au XIIe siècle, qui gardait l'habitude de se retirer chaque Carême dans le « Lit de saint Kevin » pour y prier dans une solitude comparable à celle du fondateur[91]. Le site monastique de Glendalough — avec sa tour ronde, ses églises en ruines et le lieu dit « la cuisine de saint Kevin » — demeure aujourd'hui l'un des ensembles monastiques les mieux conservés d'Irlande, et un traité attribué à Kevin, conservé dans le Livre de Leinster — que l'on appelait autrefois Livre de Glendalough —, atteste du rayonnement intellectuel de la communauté qu'il avait fondée[92].

Une figure toujours vivante

La légende du merle a connu, au XXe siècle, une résonance inattendue grâce au grand poète irlandais Seamus Heaney, qui en fit le sujet du poème St Kevin and the Blackbird, publié dans son recueil The Spirit Level (1996) — une méditation moderne sur l'abnégation et la présence totale à l'instant, qui a fait redécouvrir le saint médiéval à un très large public contemporain, bien au-delà des cercles catholiques[93]. De la vallée silencieuse où un jeune noble fugitif s'était caché dans le creux d'un arbre est ainsi né, quatorze siècles plus tard, l'un des sites de pèlerinage et l'une des figures spirituelles les plus aimées de toute l'Irlande chrétienne.

Pour aller plus loin

  • Saint Patrick — l'apôtre de l'Irlande, dont l'hymne fut chanté par Kevin lors de sa vision à Glendalough.
  • Saint Columba — abbé d'Iona, qui se leva pour honorer Kevin à l'assemblée d'Uisneach.
  • Saint Colomban — autre grand fondateur monastique irlandais du même siècle, actif sur le continent.
  • Saint Bède le Vénérable — historien de l'Église celtique et de sa diffusion en Grande-Bretagne.
  • Sainte Hilda de Whitby — figure de l'Église celtique des origines, contemporaine de l'âge d'or monastique irlandais.
  • Saint Aidan de Lindisfarne — moine d'Iona, héritier direct de la tradition monastique celtique dans laquelle s'inscrit Kevin.

Notes et références

  1. Catholic Encyclopedia, art. « St. Kevin (Coemgen) », newadvent.org/cathen/04092c.htm : Kevin, abbé de Glendalough, né vers 498, mort le 3 juin 618, fils de Coemlog et Coemell ; appartient au second ordre des saints d'Irlande et ne fut probablement jamais évêque.

    1 55
  2. John O'Hanlon, Lives of the Irish Saints, vol. VI, 3 juin, Dublin, James Duffy, [1875], p. 28 (exorde du chapitre consacré à saint Kevin) ; voir aussi Catholic Encyclopedia, art. « School of Glendalough », newadvent.org/cathen/06582b.htm, qui compare Glendalough aux îles d'Aran comme grand centre d'étude sacrée de l'Irlande médiévale.

    2
  3. O'Hanlon, op. cit., p. 28 : réflexion introductive de l'auteur sur la valeur édifiante de la vie des saints, « leurs vies et leurs mœurs étaient édifiantes et exemplaires ; leurs labeurs et leurs épreuves étaient incessants ».

    3
  4. Base de données gcatholic.org, « Canonisations in the Pontificate of Pope Leo XIII », entrée « Kevin of Glendalough (Coemgen) », abbé (?–618) : confirmation équipollente du culte (aequipollens) le 19 juin 1902.

    4 83
  5. O'Hanlon, op. cit., p. 33, note 51-52 : formes attestées Caoimhghen, Coemgen, Keevin, Keevinus, Koemgenus ; règles de prononciation du C et du G aspiré en irlandais ancien, d'après Vallancey, Irish Grammar.

    5
  6. James Ussher, Britannicarum Ecclesiarum Antiquitates, cap. xvii, p. 494, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 33, note 50 : Coemgen, or Coemghen, signifies Pulcher-genitus or Fair begotten.

    6
  7. O'Hanlon, op. cit., p. 33, note 44 : « c'est un trait caractéristique des récits hagiologiques irlandais qu'il n'est presque aucun de nos saints les plus célèbres dont la naissance n'ait été révélée d'avance à l'un de ses parents, ou aux deux, par un ange ».

    7
  8. O'Hanlon, op. cit., p. 29 : les Bollandistes datent la Vita d'avant ou pendant le XIIe siècle, la ville de Glendalough y étant décrite florissante alors qu'elle avait déjà décliné en village au XIIIe siècle après l'union du siège à celui de Dublin en 1214.

    8
  9. Acta Sanctorum (Bollandistes), Junii, tomus I, « De S. Coemgino sive Keivino, Abbate Glindelacensi in Hibernia », Anvers, 1695, pp. 310-322 ; commentarius praevius du P. Francis Baert ; texte en six chapitres et quarante-neuf paragraphes, d'après un manuscrit ayant appartenu à Hugh Ward. Cité par O'Hanlon, op. cit., pp. 29-30.

    9
  10. O'Hanlon, op. cit., p. 29-30, rapportant le raisonnement du P. Baert : celui-ci renonça à retrancher les passages fabuleux de la Vie, jugeant que même les récits de miracles renseignent fidèlement sur ce qui se racontait du saint à l'époque de la rédaction.

    10
  11. O'Hanlon, op. cit., p. 31, note 25, citant Ussher, Britannicarum Ecclesiarum Antiquitates, cap. xvii, p. 494 et Index Chronologicus, p. 524 : naissance placée en 498 sur la seule base d'une vie de cent vingt ans et d'une mort en 618.

    11
  12. O'Hanlon, op. cit., pp. 31-32 : la date de 498 s'accorde mal avec la chronologie connue du frère et du neveu de Kevin (saint Dagan, mort en 639, difficilement neveu d'un homme déjà âgé de 67 ans à sa naissance).

    12
  13. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. i, num. 1, p. 312, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 31 : parents nommés Coemlogha (Coemlugus) et Coenhella (Caemell), vivant parmi le peuple du « Dalmasincoirb ».

    13
  14. O'Hanlon, op. cit., p. 32 : généalogie de Kevin rattachée à Laeghaire Lore, ancêtre légendaire commun des rois du Leinster, la famille du Dál Messin Corb ayant été refoulée des plaines du Liffey vers les montagnes de Wicklow par la dynastie montante des Uí Dúnlainge.

    14
  15. O'Hanlon, op. cit., p. 32, note 42, citant Acta Sanctorum, Vita S. Coemgeni, cap. i, num. 1, p. 312 : le père de Kevin, de sang royal, aurait quitté ses amis et son héritage pour mener une vie plus pieuse, se soutenant du travail de ses mains.

    15
  16. O'Hanlon, op. cit., pp. 32-33, notes 34-36, citant le révérend Edward Ledwich, Antiquities of Ireland, p. 174, et la réplique de John Lanigan, Ecclesiastical History of Ireland, vol. II, chap. x, sect. x, n. 148, pp. 47-48.

    16
  17. O'Hanlon, op. cit., p. 32-33, note 36, résumant Lanigan : la transmission généalogique était, chez les Irlandais comme chez les grandes nations orientales anciennes, un art savant et cultivé, non une invention populaire.

    17
  18. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. i, num. 1, p. 312, traduit et cité par O'Hanlon, op. cit., p. 33.

    18
  19. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. i, num. 1-3 et n. (a), pp. 312, 317, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 33.

    19
  20. O'Hanlon, op. cit., p. 33, note 47, rapportant l'objection théologique du P. Baert : un souffle angélique seul, sans eau, ne pourrait constituer un baptême valide selon la doctrine de l'Église.

    20
  21. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. i, num. 3-4, p. 312, cité par O'Hanlon, op. cit., pp. 33-34.

    21
  22. O'Hanlon, op. cit., p. 34, résumant Vita S. Coemgeni, cap. i : Kevin, gardien des moutons de ses parents, donne quatre brebis à des pauvres ; le troupeau se retrouve complet le soir venu.

    22
  23. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. i, p. 313, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 34 : Petrocus, Breton de naissance, ermite en Irlande, instruit Kevin de sept à douze ans.

    23
  24. James Ussher, Britannicarum Ecclesiarum Antiquitates, cap. xiv, p. 292 et Addenda, p. 506, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 34, note 61 : a septimo usque ad duodecimum aetatis annum (« du septième au douzième an d'âge »).

    24
  25. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. i, n. (h), p. 313, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 34 : selon les « Acta Breviora », ce miracle se place sous la tutelle de Petrocus.

    25
  26. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. i, p. 313, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 34 : les trois anciens Eogoin, Lochan et Enna, désignés comme précepteurs de Kevin après son retour de chez Petrocus.

    26
  27. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. i, num. 5, p. 312, cité par O'Hanlon, op. cit., pp. 34-35 : épisode de la jeune fille éconduite au moyen d'un faisceau d'orties.

    27
  28. O'Hanlon, op. cit., p. 35, notes 73-74 : l'auteur relève lui-même que le poème de Thomas Moore, Irish Melodies (« By that Lake, whose gloomy shore »), popularisa la légende de « Kathleen » précipitée dans le lac, mais qu'« il y a en réalité très peu de similitude entre les circonstances principales rapportées dans la Vie en prose de saint Kevin et celles de la légende poétique » ; c'est néanmoins le seul épisode des Actes publiés qui puisse expliquer l'origine de cette tradition populaire liée au « Lit de saint Kevin ».

    28
  29. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. i, n. (h), p. 313, cité par O'Hanlon, op. cit., pp. 35-36 : miracle du feu porté sans dommage devant Coemgen senior, fuite du jeune Kevin par humilité.

    29 30
  30. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. ii, num. 6, p. 313, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 38 : découverte de la vallée de Glendalough, ses deux lacs séparés par un cours d'eau.

    31
  31. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. ii, num. 7, p. 313, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 39 : vie dans le creux d'un arbre, près du lac supérieur, nourriture d'herbes sauvages et d'eau.

    32
  32. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. ii, n. 8, pp. 313-314, cité par O'Hanlon, op. cit., pp. 39-40 : la vache du dénommé By, qui révèle la retraite du saint.

    33
  33. O'Hanlon, op. cit., p. 40, résumant Vita S. Coemgeni, cap. ii : réprimande du berger, agitation du troupeau, bénédiction de l'eau pour apaiser les bêtes.

    34
  34. O'Hanlon, op. cit., p. 40 : Eogoin, Lochan et Enna, informés du lieu de retraite de leur ancien élève, le ramènent contre son gré à leur monastère.

    35
  35. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. ii, num. 9-11 (?), pp. 313-314, cité par O'Hanlon, op. cit., pp. 40-41 : eau changée en vin et ossements couverts de chair pour nourrir moissonneurs, pèlerins et moines.

    36
  36. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. ii, num. 9, note (9), p. 314, cité par O'Hanlon, op. cit., pp. 41-42 : séjour chez l'ermite Beoan : une louve ayant dévoré un veau, le saint lui ordonne d'en tenir lieu en fournissant le lait.

    37
  37. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. ii, note (d), p. 315, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 42 : entrée dans la communauté de l'évêque Lugid, qui ordonne Kevin prêtre.

    38
  38. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. ii, num. 11, p. 314, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 42 : voleur démasqué par un miracle après avoir juré faussement sur des reliques sacrées.

    39
  39. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. ii, num. 12, p. 314, cité par O'Hanlon, op. cit., pp. 42-43 : deux femmes décapitées retrouvées et rendues à la vie après que Kevin eut réuni leurs têtes à leurs corps en prière.

    40
  40. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. ii, num. 14, pp. 314-315, cité par O'Hanlon, op. cit., pp. 43-44 : fugitif rendu invisible à ses douze poursuivants, qui s'assoient sans le savoir sur son corps qu'ils prennent pour une bûche.

    41
  41. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. ii, num. 13, p. 314, cité par O'Hanlon, op. cit., pp. 42, 44 : fondation d'une cellule à Cluainduach, lieu que Hanmer identifie à Glendalough même, mais que d'autres tiennent pour distinct — peut-être Luggela.

    42
  42. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. iii, pp. 315-316, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 48 : prière nocturne dans les eaux du lac, monstre apaisé, ange venu réchauffer l'eau et écarter la créature.

    43
  43. O'Hanlon, op. cit., pp. 49-50, avec description topographique de la grotte dite « St Kevin's Bed », à environ trente pieds au-dessus du lac supérieur, identifiée au Disert Caoimhghin voisin de l'église Reafert et de Teampul-na-Skellig.

    44
  44. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. iii, num. 19-20, p. 316, cité par O'Hanlon, op. cit., pp. 50-51 : avertissement angélique répété trois nuits durant le Carême, effondrement du rocher après le départ du saint à Pâques.

    45 46
  45. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. iii, num. 21, p. 316, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 51 : hymne chanté trois fois de suite, vision de saint Patrick bénissant les moines.

    47
  46. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. iii, num. 23-24, pp. 316-317, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 52 : traversée du lac « à pied sec », le tanneur Cronán suit le saint de la même manière.

    48
  47. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. iv, num. 25, p. 317, cité par O'Hanlon, op. cit., pp. 52-53 : long dialogue de fondation entre l'Ange et saint Kevin, promesse d'une grande cité honorée par les rois d'Irlande.

    49 50
  48. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. iv, num. 26-27, pp. 317-318, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 54 : don de la vallée par Dymma et ses huit fils ; prophétie sur le neuvième fils, Moelguby, crucifié peu après.

    51
  49. O'Hanlon, op. cit., p. 54, notant que la fondation du monastère de Glendalough a été traditionnellement rapportée à l'année 549, tout en estimant lui-même cette date « probablement trop précoce » dans le VIe siècle.

    52
  50. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. iv, p. 317, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 54 : dénuement absolu du saint aux débuts de la fondation, tempéré à la demande de ses disciples.

    53 89
  51. Vita Sancti Coemgeni, version latine (Xe-XIIe siècle), transmise notamment par les archives du couvent franciscain de Dublin et éditée par Charles Plummer, Vitae Sanctorum Hiberniae, vol. I, Oxford, Clarendon Press, 1910, pp. 234-257 : Kevin, en prière les bras tendus, laisse un merle nicher dans sa main jusqu'à l'envol des oisillons — épisode popularisé au XXe siècle par Seamus Heaney, The Spirit Level, Faber and Faber, 1996, « St Kevin and the Blackbird ».

    54
  52. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. iv, num. 28, p. 318, cité par O'Hanlon, op. cit., pp. 57-58 : Colman, tanist du Leinster, confie son fils Foelan à Kevin après que sa première épouse, magicienne, eut fait mourir par sortilège tous ses autres enfants.

    56
  53. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. v, num. 33 et n. (a), pp. 319-320, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 58 : la biche nourricière et la malédiction du corbeau, rappelée par Giraldus Cambrensis, Topographia Hibernica, Dist. ii, cap. xxviii, comme « jeûne des corbeaux » encore observé à Glendalough au XIIe siècle.

    57
  54. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. v, p. 320, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 58 : chute mortelle de la sorcière depuis le mont Eanach, dans la vallée dite Cassain (Gleann Dassain).

    58
  55. O'Hanlon, op. cit., p. 57, note 9, citant John O'Donovan, Annals of the Four Masters, vol. I, pp. 214-215, 246-251, 278-279 : Foelan, victorieux à la bataille d'Áth Goan en 628, mort en 665.

    59
  56. O'Hanlon, op. cit., p. 43, résumant Vita S. Coemgeni, cap. ii : ouvrier blessé à l'œil par un éclat de pierre, guéri par l'imposition des mains du saint.

    60
  57. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. ii, num. 15-16, p. 315, cité par O'Hanlon, op. cit., pp. 43-44 : homme trouvé mort en chemin, ressuscité par la prière du saint, devenu moine.

    61
  58. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. iv, num. 38 et nn. (e-g), pp. 320-321, cité par O'Hanlon, op. cit., pp. 59-60 : le soldat Rotan, vaniteux de sa chevelure, la perd puis la retrouve après pénitence.

    62
  59. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. v, num. 36-37, p. 320, cité par O'Hanlon, op. cit., pp. 60-61 : le moine Berchan, tenté en chemin, entendu à distance par Kevin et par le tanneur Cronán.

    63
  60. O'Hanlon, op. cit., p. 44, formule reprise du texte de la Vita S. Coemgeni : « après ces miracles et bien d'autres semblables » (post haec et similia signa).

    64
  61. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. ii, num. (30-31), pp. 315-316, cité par O'Hanlon, op. cit., pp. 44-45 : visite à saint Ciarán de Clonmacnoise, mort trois jours avant l'arrivée de Kevin, échange des vêtements en signe de fraternité entre les deux communautés.

    65
  62. O'Hanlon, op. cit., p. 45, note 32 : visite traditionnellement datée de l'année 549, sur la foi de la date de fondation du monastère de Glendalough alors supposée acquise.

    66
  63. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. iv, num. 29, p. 318, cité par O'Hanlon, op. cit., pp. 56-57 : rencontre à Uisneach avec Columba, Comgall et Cainnech, datée après 555 (Comgall n'étant devenu abbé qu'à cette date).

    67
  64. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. iii, num. 21-22, p. 316, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 51 : vision de saint Fintan Munnu (Mo-Chuemóc), qui lie un démon d'une chaîne de feu et avertit Kevin d'un projet de pèlerinage suggéré par la tentation.

    68 69
  65. O'Hanlon, op. cit., p. 48, note 4, citant Ussher, Britannicarum Ecclesiarum Antiquitates, cap. xvii, pp. 490, 500 : Brandubh, roi du Leinster de 572 à sa mort — placée en 597 par Ussher, en 605 par les Annales de Tigernach —, vainqueur des hommes du Nord à la bataille de Dunbolg (vers 597).

    70
  66. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. iii, num. 19-20, p. 316, cité par O'Hanlon, op. cit., pp. 48-49 : chasseur du roi Brandubh, sanglier réfugié dans l'oratoire du saint, chiens arrêtés à la porte, oiseaux chantant sur les épaules de Kevin.

    71
  67. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. v, num. 39-40, p. 320, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 61 : conseil donné au roi menacé d'invasion, victoire attribuée à la bataille de Dunbolg (597) selon les Annales de Tigernach.

    72
  68. O'Hanlon, op. cit., p. 68, citant le Calendrier des O'Clery et les Annales des Quatre Maîtres : durée de vie traditionnelle de cent vingt ans.

    73
  69. Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. vi, p. 322, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 68 : envoi de douze moines en prière, révélation de la demande faite à Dieu d'être délivré du corps, dernière exhortation à la Règle et bénédiction finale.

    74
  70. O'Hanlon, op. cit., pp. 68-69, avec référence à Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. vi, num. 49, p. 322 : débat sur le titre épiscopal de Kevin, opinion dominante qu'il ne fut qu'abbé, Glendalough devenant siège épiscopal avec son neveu Molibba (Colgan, Acta Sanctorum Hiberniae, 8 janvier, p. 43).

    75
  71. O'Hanlon, op. cit., p. 69, note 42, citant Acta Sanctorum, Junii, tomus I, Vita S. Coemgeni, cap. vi, n. (i), p. 322 : dernière communion reçue des mains de saint Mocherog.

    76
  72. O'Hanlon, op. cit., p. 71 : mort assignée diversement aux années 617 (Annales des Quatre Maîtres, Annales d'Ulster), 618 (Ussher, Index Chronologicus, p. 537) et 622 (Annales de Tigernach).

    77
  73. John O'Donovan (éd. et trad.), Annals of the Four Masters, vol. I, Dublin, 1848-1851, pp. 240-241, cité par O'Hanlon, op. cit., p. 71.

    78
  74. O'Hanlon, op. cit., p. 71, comparant Annales des Quatre Maîtres, Annales d'Ulster, Ussher (Britannicarum Ecclesiarum Antiquitates, cap. xvii, p. 495) et Annales de Tigernach.

    79
  75. O'Hanlon, op. cit., p. 71, note 51-54, citant William F. Wakeman et Mrs A. O'Byrne, Saints of Ireland, p. 103 : sépulture supposée à l'église Notre-Dame de Glendalough, tombeau visible jusqu'au milieu du XVIIIe siècle selon la tradition locale.

    80
  76. O'Hanlon, op. cit., pp. 71-72 : pèlerinages séculaires à Glendalough pour la fête du saint patron, dévotions maintenues durant les lois pénales malgré leur découragement ultérieur par le clergé local.

    81
  77. gcatholic.org, op. cit. ; sur la catégorie des saints « pré-congrégation » et la procédure de canonisation équipollente, voir également Catholic Encyclopedia, art. « Canonization ».

    82
  78. Whitley Stokes (éd. et trad.), Félire Óengusso Céli Dé — The Martyrology of Oengus the Culdee, Henry Bradshaw Society, vol. 29, Londres, Harrison, 1905, 3 juin ; texte irlandais et traduction également donnés par O'Hanlon, op. cit., p. 72, note 58, d'après la copie du Leabhar Breac. Texte original : « Óic Crist icrích nErenn ard ainm dar tuinn trethan; Coemgen caid cath caithres a nglinn dá lind lechan. »

    84
  79. O'Hanlon, op. cit., p. 72, notes 59-66 : Martyrologe de Tallaght, Martyrologe de Christ Church (Dublin), Martyrologe de Donegal, catalogue d'O'Sullevan Beare, liste du P. Henry Fitzsimon, calendrier de Duald Mac Firbis — tous au 3 juin.

    85
  80. O'Hanlon, op. cit., p. 72, notes 67-68 : Kalendar of Drummond et Thomas Dempster, Menologium Scotorum, attestant la fête de Kevin en Écosse au 3 juin.

    86
  81. O'Hanlon, op. cit., p. 72, note 69 : office en neuf leçons pour saint Kevin, autrefois lu dans la cathédrale de Dublin.

    87
  82. Catholic Encyclopedia, art. « School of Glendalough », newadvent.org/cathen/06582b.htm : union des sièges de Glendalough et de Dublin en 1214 ; saint Laurent O'Toole, archevêque de Dublin, se retirant chaque Carême au « Lit de saint Kevin ».

    88 90 91
  83. O'Hanlon, op. cit., p. 59, note 33 : traité attribué à Kevin conservé dans le « Livre de Leinster, autrefois appelé Livre de Glendalough », éd. Robert Atkinson, manuscrit de Trinity College, Dublin.

    92
  84. Seamus Heaney, The Spirit Level, Londres, Faber and Faber, 1996, « St Kevin and the Blackbird ».

    93