Saint Colomban (v. 540-615)

Saint Colomban (v. 540-615), moine irlandais formé à Bangor : la peregrinatio pro Christo vers 590, les fondations d'Annegray, Luxeuil et Bobbio, une Règle austère, le Pénitentiel et la confession privée, la querelle de Pâques, les lettres aux papes, le conflit avec Brunehaut et le titre de « saint de l'Europe ». D'après Jonas de Bobbio.

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Saint Colomban (vers 540 – 615) est, avec saint Benoît, l'une des deux grandes racines du monachisme occidental[1]. Moine irlandais formé à Bangor, il quitte vers 590 son île pour un exil volontaire — la peregrinatio pro Christo, le « pèlerinage pour le Christ » — et traverse, en une seule vie, la Gaule mérovingienne, la Rhénanie, la Suisse et l'Italie du Nord, semant derrière lui des monastères qui se compteront bientôt par dizaines. De ses mains et de celles de ses disciples sont sorties les abbayes de Luxeuil, de Saint-Gall et de Bobbio, foyers de prière, de pénitence et de culture qui rechristianisèrent une Europe en ruines après l'effondrement de Rome[2][3].

Sa vie nous est connue presque entièrement par un seul livre, la Vie de Colomban écrite vers 640 par le moine Jonas de Bobbio, à partir du témoignage de ceux qui avaient connu le saint[4]. Mais Colomban, plus prolixe que Benoît, nous a laissé ses propres écrits : une Règle, un Pénitentiel, des sermons (Instructiones) et des lettres — jusqu'à des lettres adressées aux papes, où il parle, le premier selon Benoît XVI, de l'Église « de toute l'Europe » (totius Europae)[5][6]. C'est un homme entier qui s'y révèle : âpre, libre, intransigeant sur la pureté de la vie monastique, brûlant d'amour pour le Christ et habité par une seule idée — n'être sur cette terre qu'un pèlerin en marche vers la patrie du Ciel.

Cet article présente le saint lui-même : ses origines irlandaises, sa formation, son départ, ses fondations, sa Règle et son Pénitentiel, ses conflits (la date de Pâques, la reine Brunehaut), son passage en Italie, sa mort à Bobbio, sa spiritualité de pèlerin et son culte jusqu'au titre, donné au XXᵉ siècle, de « saint de l'Europe ». Pour le détail de l'œuvre missionnaire et du réseau de monastères qu'il a engendrés sur le continent, voir Saint Colomban et les missions irlandaises.

Qui est saint Colomban ?

Le moine irlandais qui a marqué l'Europe

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Au VIᵉ siècle, tandis que le monachisme latin s'organisait en Italie autour de saint Benoît, une autre forme de vie monastique, née à part, atteignait une floraison extraordinaire : le monachisme irlandais. Coupée des grandes routes de l'Empire, évangélisée par saint Patrick et ses successeurs, l'Irlande s'était couverte de monastères qui étaient à la fois des écoles, des centres de copie et des forteresses de prière. C'est de cette « île des saints et des savants » que sort Colomban[7].

Sa particularité tient en un mot : le mouvement. Là où Benoît enracine ses moines par le vœu de stabilité, Colomban fait du déracinement un chemin de sainteté. L'idéal irlandais de la peregrinatio pro Christo — tout quitter, sa patrie, sa famille, sa langue, pour se faire étranger par amour de Dieu — trouve en lui son plus grand représentant. En traversant l'Europe, il n'a pas seulement fondé des abbayes : il a réinjecté dans une Gaule épuisée une exigence évangélique radicale, et préparé, monastère après monastère, le réveil chrétien du haut Moyen Âge.

Colomban et Columba : ne pas confondre

Le nom latin Columbanus (« petite colombe ») prête à confusion avec un autre grand saint irlandais quasi contemporain : Columba (ou Colum Cille, vers 521-597), fondateur du monastère d'Iona en Écosse, que la tradition française appelle parfois « saint Colomba » ou « saint Colombe ». Les deux hommes sont distincts : Columba évangélise les Pictes d'Écosse depuis Iona ; Colomban, plus jeune, porte la peregrinatio sur le continent. Ils partagent l'esprit du monachisme irlandais, mais non la même vie. Sur l'autre, voir saint Columba d'Iona.

Une vie connue par Jonas de Bobbio

Comme pour beaucoup de saints anciens, la connaissance historique de Colomban repose sur une source presque unique : la Vita Columbani, écrite par Jonas de Bobbio, moine entré à Bobbio vers 618, soit trois ans seulement après la mort du fondateur. Jonas compose son livre vers 639-642, à la demande des abbés successeurs, en interrogeant les moines qui avaient personnellement connu Colomban et ses premiers compagnons[8][9].

Il faut lire ce texte pour ce qu'il est : une hagiographie, c'est-à-dire un portrait spirituel destiné à édifier, qui mêle aux faits des récits de miracles et de prodiges (l'ours qui cède sa grotte, le pain et la bière multipliés, les bêtes sauvages obéissantes). Mais le cadre est, lui, parfaitement vérifiable : les rois mérovingiens, les évêques, les conciles, la reine Brunehaut, le roi lombard Agilulf sont des personnages historiques attestés par ailleurs, et la géographie des fondations — Luxeuil, Bregenz, Bobbio — est intacte. Surtout, Colomban a laissé en outre ses propres écrits, qui confirment et éclairent le portrait de Jonas[10][11].

L'Irlande des saints et des moines

Naissance en Leinster

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Colomban naît vers 540 (certains érudits proposent 543) dans le royaume de Leinster, au sud-est de l'Irlande. Jonas rapporte qu'avant même sa naissance, sa mère eut une vision annonçant la grandeur de l'enfant. Doué et beau, le jeune homme reçoit une solide éducation dans les lettres latines et l'Écriture — l'Irlande monastique cultivait alors un latin et une science bibliques que le continent, ravagé par les invasions, avait en partie perdus[12][13].

La tentation et la décision

Selon Jonas, l'adolescent, troublé par les tentations de la chair et par la séduction des jeunes filles, va consulter une recluse consacrée à Dieu. Elle l'avertit sans détour : s'il veut garder sa pureté et son âme, il doit fuir. Le jeune homme prend alors la décision qui orientera toute sa vie : quitter le monde. Sa propre mère, éplorée, se jette en travers du seuil pour le retenir ; Colomban, dit l'hagiographe, enjambe le corps de sa mère et part, lui rappelant la parole du Christ : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas digne de moi » (Mt 10, 37)[14]. Le geste, dur, dit déjà l'homme : une volonté de fer, tendue vers Dieu seul.

Sinell, puis Bangor sous saint Comgall

Colomban se met d'abord à l'école du moine Sinell, abbé d'un monastère situé sur une île du Lough Erne, réputé pour sa science de l'Écriture ; c'est sans doute là que le jeune moine compose un commentaire des Psaumes, aujourd'hui perdu[15]. Puis il gagne le grand monastère de Bangor (Bennchor), dans l'actuel comté de Down, dirigé par saint Comgall. Bangor était l'une des plus rigoureuses et des plus rayonnantes abbayes d'Irlande, célèbre pour sa laus perennis (la louange perpétuelle) et pour sa discipline. Colomban y demeure de longues années, y est ordonné prêtre, et y mûrit la spiritualité exigeante qu'il portera plus tard sur le continent[16][17].

La peregrinatio pro Christo

Quitter sa patrie pour le Christ

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Vers la cinquantaine — l'âge où d'autres se fixent —, Colomban demande à Comgall la permission de partir en exil pour le Christ. Cette peregrinatio pro Christo n'est pas un voyage missionnaire planifié : c'est un renoncement spirituel, l'acceptation de devenir étranger partout pour n'avoir de patrie qu'au Ciel. Comgall, à regret, finit par bénir le départ. Vers 590-591, Colomban s'embarque avec douze compagnons — Jonas en donne plusieurs noms, dont Gall, le futur saint Gall —, à l'imitation des douze apôtres[18][19].

« Sur la route, vivons en voyageurs, en pèlerins, en hôtes du monde. [...] N'aimons pas la route plus que la patrie, de peur de perdre notre demeure éternelle ; car nous avons une patrie telle que nous devons l'aimer. » — Saint Colomban, Instruction VIII, Sur la vie de l'homme comme un chemin[20]

Cette parole de l'un de ses sermons dit le ressort intime du départ : pour Colomban, l'exil géographique n'est que le signe visible d'une vérité spirituelle — l'homme est sur terre un pèlerin (homo viator), et toute sa vie n'est qu'une route vers la maison du Père.

L'arrivée en Gaule (vers 590)

Après une traversée jusqu'aux côtes de Bretagne, la petite troupe gagne le royaume des Francs. La Gaule mérovingienne est alors chrétienne de nom, mais l'Église y est affaiblie : clergé relâché, vie monastique en déclin, campagnes à demi rechristianisées. L'arrivée de ces moines irlandais austères, vêtus pauvrement, brûlant de ferveur, y fait l'effet d'un choc salutaire. Le roi Childebert II d'Austrasie, puis son fils Thierry II (Théodoric) de Bourgogne, accueillent favorablement Colomban et lui offrent un lieu pour s'établir[21]. Sur le déploiement de cette mission et le réseau d'abbayes qui en naîtra, voir Saint Colomban et les missions irlandaises.

Les fondations de Gaule

Annegray, Luxeuil, Fontaines

Colomban choisit la solitude des Vosges. Il s'installe d'abord dans un ancien fortin romain en ruine, Annegray, en pleine forêt sauvage, où les moines vivent d'une pauvreté extrême — Jonas raconte qu'au plus fort de la disette, ils se nourrirent d'écorces et d'herbes, jusqu'à ce que la Providence pourvût à leur faim[22]. La réputation de sainteté attire vite tant de disciples qu'un seul site ne suffit plus.

Vers 590, Colomban fonde alors, à quelques kilomètres, sur les ruines d'une station thermale romaine, le monastère qui deviendra le plus célèbre : Luxeuil (Luxovium). Une troisième maison, Fontaines, est créée peu après pour absorber l'afflux des vocations. Luxeuil devient en peu d'années une pépinière de saints et d'abbés : c'est de là que partiront, au VIIᵉ siècle, les fondateurs de dizaines de monastères à travers la Gaule franque[23][24][25].

La Règle de saint Colomban

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Pour gouverner ses communautés, Colomban rédige une Règle, en réalité deux textes complémentaires : la Regula monachorum (la « règle des moines », sur les vertus et l'esprit) et la Regula coenobialis (la « règle de vie commune », un code disciplinaire détaillé). Cette règle est d'une austérité redoutable : jeûnes prolongés, silence, obéissance absolue, mortifications, et un système de châtiments corporels précis pour chaque faute, même légère[26][27].

« Que le moine vive dans un monastère sous la discipline d'un seul père et en compagnie de plusieurs, afin d'apprendre de l'un l'humilité, de l'autre la patience. [...] Nu, qu'il suive le Christ nu. » — Saint Colomban, Regula monachorum[28]

Le contraste avec la « discrétion » mesurée de la Règle de saint Benoît est frappant. La règle colombanienne porte la marque du monachisme irlandais : héroïque, pénitentielle, taillée pour des athlètes de l'ascèse. C'est en partie cette rigueur extrême qui expliquera, après la mort du saint, le reflux progressif de sa règle au profit de la règle bénédictine, plus humaine et plus transmissible ; beaucoup de monastères adopteront longtemps une règle mixte, « bénédictine et colombanienne », avant que Benoît ne l'emporte[29].

Le Pénitentiel et la confession privée

Colomban apporte sur le continent une pratique typiquement irlandaise, appelée à un immense avenir : le Pénitentiel, c'est-à-dire un livre qui fixe, faute par faute, la pénitence correspondante, et qui suppose une confession privée et réitérable au prêtre. Là où l'Antiquité chrétienne ne connaissait guère qu'une pénitence publique, unique et redoutée, les moines irlandais — Colomban au premier rang — diffusent une confession personnelle, fréquente, secrète entre le pénitent et son confesseur[30][31].

C'est, dans ses grandes lignes, la forme de la confession que l'Église pratique encore aujourd'hui : Colomban est ainsi l'un des grands artisans, en Occident, du sacrement de pénitence tel que nous le connaissons. Sur ce développement, voir La confession.

Les conflits

La querelle de la date de Pâques

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Le premier grand heurt avec l'Église des Francs naît d'une question technique mais lourde de symboles : la date de Pâques. Les Irlandais suivaient un comput (un calcul du calendrier liturgique) archaïque, hérité d'un cycle ancien, qui les faisait parfois célébrer Pâques à une date différente du reste de l'Occident. Les évêques gallo-francs y voient une désobéissance ; Colomban, lui, défend fièrement la tradition reçue de ses pères irlandais et de saint Patrick[32][33].

Vers 602-603, un synode d'évêques se réunit pour le juger. Colomban n'y comparaît pas, mais leur écrit, avec une liberté de ton stupéfiante pour un étranger sans appui : il revendique le droit de vivre selon ses coutumes, demande qu'on le laisse en paix dans ses « déserts », et plaide pour la communion dans la diversité des usages.

Les lettres aux papes et l'« Europe »

Plutôt que de céder aux évêques locaux, Colomban en appelle directement à Rome. Il écrit au pape saint Grégoire le Grand — sans doute vers 600 —, puis, plus tard, au pape Boniface IV. Ces lettres, conservées, sont un monument : un moine irlandais, perdu dans les Vosges, s'adresse au pape avec un mélange unique de révérence filiale et de franchise hardie, l'appelant « le plus beau parmi tous les ornements d'une Église affaiblie » tout en le pressant de trancher les controverses[34][35].

C'est dans l'une de ces lettres, écrite vers 600 à Grégoire le Grand, qu'apparaît l'expression « totius Europae » — « de toute l'Europe » —, à propos de l'Église présente sur le continent : Benoît XVI y a relevé la première mention connue de cette réalité spirituelle commune qu'on appellera plus tard l'Europe, et conclut que Colomban est, en un sens, le premier à l'avoir nommée[36].

« Nous, Irlandais, habitants des confins du monde, nous sommes les disciples de saint Pierre et de saint Paul [...] ; nous ne recevons rien en dehors de la doctrine évangélique et apostolique. » — Saint Colomban, Lettres sur la question pascale (vers 600)[37]

Le conflit avec Brunehaut et Thierry II

Le heurt décisif est moral. Le roi Thierry II de Bourgogne vivait dans le concubinage, repoussant un mariage légitime. Sa grand-mère, la puissante reine Brunehaut (Brunhilde), régente de fait, encourageait ce désordre pour garder le pouvoir : une reine épouse aurait éclipsé son influence. Colomban, fidèle à sa liberté de prophète, reproche publiquement au roi sa vie déréglée et refuse de cautionner le péché de la cour[38][39].

L'épisode le plus dramatique, raconté par Jonas, met en scène Brunehaut présentant au saint les fils illégitimes de Thierry pour qu'il les bénisse. Colomban refuse : « Ils ne tiendront jamais le sceptre royal, car ils sont issus du péché. » La reine, humiliée et furieuse, devient dès lors son ennemie acharnée. Elle dresse le clergé et la cour contre lui, fait interdire aux moines de sortir de leur enclos, puis obtient du roi l'ordre d'expulser l'Irlandais hors du royaume[40][41].

L'expulsion et le navire échoué

Basilique Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Luxeuil, état actuel. Photo : GO69, Wikimedia Commons — CC BY-SA 4.0 ; miniature sans recadrage.

Vers 610, Colomban est arraché à Luxeuil et conduit sous escorte, en captivité, jusqu'à Nantes, pour y être rembarqué de force vers l'Irlande. Mais, raconte Jonas, au moment où le navire chargé des moines tente de gagner le large, une tempête le rejette sur le rivage et l'échoue : le capitaine, effrayé, comprend qu'il ne doit pas emporter cet homme de Dieu contre sa volonté, et le laisse libre[42]. Colomban, septuagénaire, reprend alors la route — non vers l'Irlande, mais vers de nouveaux « déserts » à christianiser.

Vers l'Italie

Bregenz, le lac de Constance et saint Gall

Libre mais banni de Bourgogne, Colomban traverse la Neustrie (où le roi Clotaire II le reçoit avec honneur), remonte vers l'est, et s'arrête un temps à Bregenz, sur les rives du lac de Constance, parmi des populations encore en partie païennes (les Alamans). Les moines y prêchent, y détruisent des idoles, y plantent un monastère. C'est là que se produit la séparation d'avec son plus fidèle disciple, Gall : tombé malade, ou — selon une autre tradition — voulant demeurer pour évangéliser la région, Gall reste sur place quand Colomban repart. De son ermitage naîtra la grande abbaye de Saint-Gall, qui porte encore son nom et donna naissance à une ville et à un canton suisses[43][44].

Les Alpes, Milan, Agilulf et Théodelinde

Toujours en marche malgré son grand âge, Colomban franchit les Alpes et descend en Italie du Nord, alors gouvernée par les Lombards. À Milan, vers 612, il est reçu avec faveur par le roi Agilulf et la reine catholique Théodelinde. L'Italie lombarde est troublée par l'arianisme (l'hérésie qui nie la pleine divinité du Christ) et par le schisme des Trois Chapitres ; Colomban, fidèle à Rome, prend la plume contre l'arianisme et écrit même au pape Boniface IV une lettre vigoureuse sur les controverses italiennes, mêlant son indéfectible attachement au Siège de Pierre à de rudes exhortations[45][46].

La fondation de Bobbio (614)

Le roi Agilulf offre au vieux moine un site retiré dans les Apennins, dans la vallée de la Trebbia, entre Gênes et Plaisance : Bobbio (Bobium). Vers 614, Colomban y restaure une église en ruine dédiée à saint Pierre et y fonde sa dernière abbaye, qui deviendra l'un des plus grands foyers monastiques et culturels de l'Italie médiévale — sa bibliothèque sera, pendant des siècles, l'une des plus riches de l'Occident[47][48].

La mort (21 novembre 615)

Colomban ne profite guère de cette dernière fondation. Un an plus tard, le 21 novembre 615, il meurt à Bobbio, au terme d'une vie de marche et de combat. La tradition rapporte qu'avant de mourir, il envoya à Gall, son disciple resté en Suisse, son bâton de pèlerin (le cambutta) en signe de réconciliation et d'héritage. Il fut enseveli à Bobbio, où son tombeau, dans la crypte de la basilique, demeure jusqu'à aujourd'hui un lieu de pèlerinage[49][50]. Sa fête est célébrée le 23 novembre : Benoît XVI et l'Encyclopædia Britannica datent aussi sa mort de ce 23 novembre, tandis que la Catholic Encyclopedia retient le 21 novembre, jour où le Martyrologe romain nomme le saint[51][52][53].

  1. vers 540
    Naissance en Leinster
    Sud-est de l'Irlande

    Colomban naît dans une Irlande monastique évangélisée par saint Patrick ; éducation soignée dans les lettres et l'Écriture.[54]

  2. vers 560-585
    Sinell puis Bangor
    Sous saint Comgall

    Formé par le moine Sinell, puis moine et prêtre à la grande abbaye de Bangor, école de rigueur et de prière.[55]

  3. vers 590-591
    Départ d'Irlande
    Peregrinatio pro Christo

    Avec douze compagnons (dont saint Gall), il s'exile pour le Christ et gagne la Gaule des Francs.[56]

  4. vers 590-595
    Annegray, Luxeuil, Fontaines
    Les Vosges

    Trois monastères dans la forêt vosgienne ; Luxeuil devient une pépinière d'abbés et de saints.[57]

  5. vers 600-603
    Querelle de Pâques et lettres aux papes
    « totius Europae »

    Synode d'évêques contre ses usages irlandais ; il écrit à Grégoire le Grand — première mention relevée de l'« Europe ».[58]

  6. vers 610
    Conflit avec Brunehaut et expulsion
    Le navire échoué à Nantes

    Pour avoir blâmé la vie du roi Thierry II, il est banni ; la tempête empêche son rapatriement forcé.[59]

  7. vers 610-612
    Bregenz et saint Gall
    Lac de Constance

    Évangélisation des Alamans ; Gall reste en Suisse — future abbaye de Saint-Gall.[60]

  8. vers 612-614
    Milan puis Bobbio
    Italie lombarde

    Reçu par Agilulf et Théodelinde, il écrit contre l'arianisme et fonde l'abbaye de Bobbio.[61]

  9. 21 novembre 615
    Mort à Bobbio
    Au terme du pèlerinage

    Il meurt dans sa dernière fondation ; son tombeau y est encore vénéré.[62]

La spiritualité de saint Colomban

Le pèlerin de Dieu (homo viator)

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Le cœur de la spiritualité de Colomban tient dans une image : la vie comme un chemin. L'homme n'est sur terre ni un propriétaire ni un sédentaire, mais un voyageur dont la patrie est ailleurs. Cette conviction, qui a fait de lui un peregrinus arpentant l'Europe, est aussi le thème de son plus beau sermon, l'Instruction VIII, où il développe avec une force admirable l'idée que toute la vie n'est qu'une seule journée de route vers Dieu :

« Notre vie tout entière est comme le voyage d'un seul jour. [...] Désirons sans cesse, comme des pèlerins, notre patrie ; car la fin de la route est toujours l'objet de l'espérance et du désir des voyageurs. » — Saint Colomban, Instruction VIII[63]

De là vient son détachement absolu : ni pays, ni biens, ni repos ne doivent retenir l'âme. Le moine, dit sa Règle, doit suivre « nu le Christ nu »[64]. La peregrinatio n'est pas fuite du monde par dégoût, mais course vers Dieu par amour.

Rigueur et miséricorde

On retient souvent de Colomban son austérité — les jeûnes, les veilles, les châtiments de sa Règle. Mais cette dureté n'a de sens que par son envers : la miséricorde du Pénitentiel. S'il pèse les fautes avec précision, c'est pour offrir à chacun un chemin concret de guérison de l'âme. Colomban applique au péché une logique de médecin : à chaque mal son remède (contraria contrariis), à l'orgueil l'humilité, à l'avarice la générosité, à la colère la douceur. La sévérité de la pénitence est au service de la résurrection du pécheur, jamais de sa condamnation[65][66].

L'amour du Christ et la soif du Ciel

Sous le moine de fer brûle un mystique. Ses Instructiones reviennent sans cesse à l'amour de Dieu comme à la source et au terme de tout. Dans l'une d'elles, méditant sur le Cantique, il laisse échapper une prière d'une ferveur qui annonce les grands mystiques médiévaux :

« Ô Seigneur, accorde-moi cet amour qui ne tombe jamais, afin que ma lampe s'allume, qu'elle brûle au-dedans de moi et éclaire les autres. [...] que sans cesse il brûle et que rien ne puisse l'éteindre. » — Saint Colomban, Instruction sur l'amour de Dieu[67]

Pour lui, l'homme a été créé à l'image de Dieu et doit lui rendre intacts les dons reçus : « Si l'homme use correctement des facultés que Dieu a accordées à son âme, il sera rendu semblable à Dieu »[68]. Toute l'ascèse n'a pas d'autre but : restaurer en l'âme la ressemblance divine ternie par le péché, pour la conduire à la patrie.

Le poète : le chant de la barque

Colomban est aussi l'un des premiers poètes latins d'une Europe nouvelle. On lui attribue plusieurs pièces en vers, dont un célèbre Carmen navale (« chant de la barque » ou « chant des rameurs »), composé sur le Rhin pendant ses voyages, où la peine des rameurs devient image du combat spirituel — il faut ramer, tenir bon, car « l'ennemi accable les cœurs et, par la tentation, ébranle l'âme : tenez, ô hommes, et gardez-vous », tandis que revient le refrain : « Allons, mes hommes ! Que l'écho résonne de notre cri : allons ! »[69]. Ce mélange d'effort, de courage et d'espérance résume bien l'homme.

Culte et héritage

Le « saint de l'Europe »

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Treize siècles après sa mort, Colomban a connu une singulière actualité : on a redécouvert en lui un précurseur de l'unité européenne. En traversant les frontières des royaumes barbares pour y porter le même Évangile et la même vie monastique, il a tissé, le premier, un lien spirituel entre les peuples du continent — et c'est dans sa plume qu'apparaît, vers 600, le mot « Europe » appliqué à l'Église[70].

En juillet 1950, à Luxeuil, lors des fêtes du XIVᵉ centenaire de sa naissance, Robert Schuman — l'un des pères de la construction européenne — lui rendit un hommage resté célèbre :

« Saint Colomban, cet illustre Irlandais qui quitta son pays pour un exil volontaire, a voulu et réalisé une union spirituelle entre les principaux pays de l'Europe de son temps. Il est le saint patron de tous ceux qui cherchent aujourd'hui à construire une Europe unie. » — Robert Schuman, Luxeuil, juillet 1950[71]

Le pape Benoît XVI, dans sa catéchèse du 11 juin 2008, a repris et approfondi cette intuition : parce qu'il a travaillé « comme moine, missionnaire et écrivain dans divers pays de l'Europe occidentale », Colomban « peut à juste titre être appelé un saint "européen" »[72].

La postérité monastique colombanienne

L'héritage le plus concret de Colomban est un réseau de monastères. De Luxeuil sont sortis des dizaines de fondateurs ; au VIIᵉ siècle, on a compté plus de cent monastères se réclamant de son esprit ou de sa règle à travers la Gaule, la Germanie, la Suisse et l'Italie. Longtemps, ces maisons vécurent sous une règle mixte, mêlant la rigueur colombanienne et la mesure bénédictine, avant que la Règle de saint Benoît ne finisse par s'imposer partout. Mais l'élan initial, l'exigence pénitentielle et la pratique de la confession privée que Colomban avait apportées d'Irlande sont restés dans le sang de l'Église d'Occident[73].

Fête, reliques et patronages

Comme pour tous les saints des premiers siècles, il n'y a pas eu de « canonisation » au sens moderne — la procédure réservée au Siège apostolique ne se fixera que bien plus tard : Colomban est saint par la vénération immémoriale de l'Église, attestée par son tombeau toujours honoré à Bobbio[74] et par la liturgie qui célèbre sa fête le 23 novembre[75][76]. Son corps repose à Bobbio, dans la crypte de la basilique qui porte son nom, près des reliques de ses premiers disciples. Vénéré en Irlande comme l'un des plus grands fils de l'île, il l'est aussi en France (Luxeuil), en Suisse (Saint-Gall) et en Italie (Bobbio). La piété moderne en a fait, de façon inattendue, un patron des motards — clin d'œil au grand voyageur qu'il fut —, et, plus profondément, le patron de ceux qui travaillent à l'unité chrétienne de l'Europe.

Pourquoi lire saint Colomban aujourd'hui ?

À quatorze siècles de distance, Colomban garde une étrange puissance d'interpellation. Il rappelle d'abord que la foi n'est pas une assurance confortable, mais une marche. Là où l'on cherche la sécurité, l'enracinement, la possession, il oppose la figure du pèlerin qui n'a « pas de demeure permanente » parce que sa cité est dans les cieux. Sa vie tout entière est un commentaire de la parole : « nous n'avons pas ici-bas de cité permanente, mais nous cherchons celle qui est à venir » (Hébreux 13, 14).

Il rappelle ensuite la liberté évangélique. Sans appui, sans patrie, sans pouvoir, ce moine étranger a osé reprendre des rois et écrire aux papes avec une franchise filiale, parce qu'il ne craignait que Dieu. Sa hardiesse n'était pas insolence, mais le fruit d'un cœur entièrement libre, qui n'attendait rien du monde.

« N'aimons pas la route plus que la patrie. » — Cette parole, posée par Colomban au milieu de ses voyages, résume toute sa vie : un homme qui n'a cessé de marcher précisément parce qu'il ne s'attachait à aucune étape, et qui, d'Irlande jusqu'aux Apennins, n'a cherché qu'une seule chose — la patrie du Ciel.

Pour aller plus loin

  • Saint Colomban et les missions irlandaises — le détail de l'œuvre missionnaire et du réseau d'abbayes colombaniennes sur le continent.
  • Saint Benoît de Nursie — l'autre racine du monachisme occidental, dont la Règle finit par l'emporter sur celle de Colomban.
  • Saint Patrick — l'apôtre de l'Irlande, à l'origine de l'« île des saints » d'où sort Colomban.
  • Saint Columba d'Iona — le grand contemporain irlandais, fondateur d'Iona, à ne pas confondre avec Colomban.
  • Saint Grégoire le Grand — le pape auquel Colomban écrivit, premier témoin de l'expression « toute l'Europe ».
  • La confession — le sacrement de pénitence privée et réitérable que les moines irlandais, dont Colomban, ont diffusé en Occident.

Notes et références

  1. Encyclopædia Britannica, article « St. Columban » (Columbanus, abbé irlandais) : moine et abbé irlandais, l'une des grandes figures du monachisme insulaire ; fondateur des abbayes de Luxeuil (Gaule) et de Bobbio (Italie) ; auteur d'une règle monastique austère et d'un pénitentiel ; mort à Bobbio le 23 novembre 615 selon Britannica — qui fait du 23 novembre à la fois le jour du décès et celui de la fête — contre le 21 novembre retenu par la Catholic Encyclopedia ; fête le 23 novembre. Source de confirmation pour les données biographiques générales, avec cette divergence de date signalée.

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  2. Catholic Encyclopedia, article « St. Columbanus », newadvent.org/cathen/04137a.htm : naissance en Leinster (Irlande) vers 543 ; premier maître Sinell, abbé de Cluaninis (Lough Erne) ; formation et sacerdoce à Bangor sous saint Comgall ; départ avec douze compagnons (Attala, Gall, etc.) ; fondations d'Annegray, Luxeuil (590) et Fontaines ; Regula et Pénitentiel ; controverse pascale et lettres à Grégoire le Grand et Boniface IV ; conflit avec Brunehaut et Thierry II ; expulsion via Nantes ; Bregenz et saint Gall ; passage en Italie, Milan, Agilulf et Théodelinde ; fondation de Bobbio ; mort le 21 novembre 615 (le Martyrologe romain le nomme le 21 novembre, sa fête étant célébrée le 23) ; biographie par Jonas de Bobbio (vers 643) ; règle approuvée au concile de Mâcon (627) ; plus de cent monastères issus de son mouvement.

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  3. Benoît XVI, catéchèse sur saint Colomban, audience générale du 11 juin 2008, vatican.va : Colomban né vers 543 en Leinster ; études bibliques sous l'abbé Sinell, puis Bangor sous Comgall ; départ vers 50 ans avec douze compagnons par peregrinatio pro Christo ; fondations d'Annegray, Luxeuil, Fontaines ; vingt ans à Luxeuil ; conflits sur la date de Pâques et la pénitence ; reproche au roi Thierry ; expulsion (610) ; navire échoué ; Gall reste près du lac de Constance ; passage des Alpes, fondation de Bobbio (612-613) ; mort le 23 novembre 615. Benoît XVI souligne que l'expression « totius Europae » (« de toute l'Europe ») apparaît pour la première fois dans une lettre de Colomban à Grégoire le Grand (vers 600), et conclut que Colomban « peut à juste titre être appelé un saint "européen" ». Citation des Instructiones : « Si l'homme use correctement des facultés que Dieu a accordées à son âme, il sera rendu semblable à Dieu. »

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  4. Jonas de Bobbio, Vita Columbani abbatis discipulorumque eius (Vie de Colomban et de ses disciples), composée vers 639-642 à Bobbio. Jonas, entré à Bobbio vers 618, écrit d'après le témoignage des moines ayant connu Colomban ; c'est l'unique vie ancienne du saint. Y figurent : la vision de sa mère, sa consultation d'une recluse, le départ par-dessus le seuil maternel, la disette d'Annegray, le conflit avec Brunehaut (refus de bénir les fils illégitimes de Thierry II), l'expulsion et le navire échoué à Nantes, les épisodes de Bregenz et le tombeau de Bobbio. Édition de référence : éd. B. Krusch, MGH, Scriptores rerum Germanicarum, 1905 ; trad. anglaise A. O'Hara & I. Wood, Liverpool University Press, 2017.

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  5. Saint Colomban, Epistula I (au pape Grégoire le Grand, vers 600) et Epistula aux évêques francs réunis en synode : ton de révérence filiale et de franchise ; revendication de la tradition pascale irlandaise reçue de Patrick ; affirmation de fidélité à Pierre et Paul et au Siège romain. C'est dans l'Epistula I qu'apparaît l'expression « totius Europae ». Éd. Walker, Sancti Columbani Opera, p. 2-13.

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  6. Alexander O'Hara & Ian Wood (trad. et comm.), Jonas of Bobbio: Life of Columbanus, Life of John of Réomé, and Life of Vedast, Translated Texts for Historians, Liverpool University Press, 2017 : traduction anglaise annotée et étude critique de la Vita Columbani, datant sa composition vers 639-642 et analysant la valeur historique des épisodes (conflit avec Brunehaut, expulsion, navire échoué). Complète l'édition latine de B. Krusch (MGH, 1905).

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  7. G. S. M. Walker (éd.), Sancti Columbani Opera, Scriptores Latini Hiberniae, vol. II, Dublin Institute for Advanced Studies, 1957 : édition critique de référence des œuvres de Colomban — Regula monachorum, Regula coenobialis, Paenitentiale, Epistulae (lettres), Instructiones (sermons) et poèmes. Source des textes latins cités.

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  8. Saint Colomban, Instructio VIII, De la vie de l'homme comme un chemin : « In via sic vivamus quasi viatores, quasi peregrini, quasi hospites mundi [...] Non amemus viam pro patria, ne perdamus aeternam mansionem ; talem enim patriam habemus, ut eam amare debeamus. » — « Sur la route, vivons en voyageurs, en pèlerins, en hôtes du monde ; [...] n'aimons pas la route plus que la patrie, de peur de perdre notre demeure éternelle. » Et : « tota vita nostra unius diei iter est » (« notre vie tout entière est le voyage d'un seul jour »). Trad. fr. d'après l'éd. et la trad. angl. de G. S. M. Walker, Sancti Columbani Opera, 1957.

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  9. Saint Colomban, Regula monachorum : la vie du moine sous un seul père et parmi plusieurs frères, pour apprendre humilité et patience ; idéal de la pauvreté absolue — « nudum Christum nudus sequere » (« nu, suis le Christ nu »). Éd. Walker, Sancti Columbani Opera. La Regula coenobialis y ajoute le détail des pénitences disciplinaires.

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  10. Saint Colomban, Instructio sur l'amour de Dieu (méditation inspirée du Cantique des cantiques) : prière pour l'amour « qui ne tombe jamais » et pour la lampe intérieure qui brûle et éclaire les autres — « ut ardeat semper in tabernaculo meo, accendatur ab eo, luceat in luce ». Cette instruction, lue à l'office des lectures de la fête de saint Colomban (23 novembre) dans la Liturgie des Heures, est l'un des sommets mystiques de son œuvre. Éd. Walker, Sancti Columbani Opera.

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  11. Saint Colomban (attribué), Carmen navale (« chant de la barque » / Rowing Song), poème latin composé pendant ses voyages fluviaux : la peine des rameurs comme image du combat spirituel, avec le refrain « Heia viri ! nostrum reboans echo sonet heia ! » (« Allons, mes hommes ! que l'écho résonne de notre "allons" ! ») et l'exhortation à tenir bon contre les assauts de l'ennemi. L'attribution à Colomban est traditionnelle et largement reçue, quoique discutée par une partie de la critique. Éd. Walker, Sancti Columbani Opera.

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  12. Robert Schuman, allocution prononcée à Luxeuil en juillet 1950, lors du congrès tenu pour le XIVᵉ centenaire de sa naissance (année conventionnelle du centenaire) : « Saint Colomban, cet illustre Irlandais qui quitta son pays pour un exil volontaire, a voulu et réalisé une union spirituelle entre les principaux pays de l'Europe de son temps ; il est le saint patron de tous ceux qui cherchent aujourd'hui à construire une Europe unie. » Propos rapporté et largement cité dans les études sur Colomban « saint de l'Europe » (cf. Irish Times, Irish Catholic, Sisters of Mercy, Année colombanienne 2015).

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