Saint Pierre (Ier siècle-v. 64/67)

Le pêcheur de Galilée devenu chef des Apôtres, martyr à Rome et auteur sacré : son appel, sa confession de foi, son reniement pardonné, et les deux épîtres reçues par l'Église comme Écriture Sainte.

Ignispedia

Saint Pierre (Shimʿôn, en araméen Kêphâs, « le Roc »), né à Bethsaïde en Galilée et mort martyr à Rome vers 64-67, est le premier des Douze Apôtres et, avec saint Paul, l'une des deux colonnes de l'Église des origines. Pêcheur du lac de Galilée, frère de saint André, il est appelé par Jésus, reçoit un nom nouveau, confesse le premier la divinité du Christ, le renie par trois fois, puis, pardonné, devient le pasteur du troupeau et le témoin de la Résurrection jusqu'au martyre.[1][2]

Cet article relève de la série « Saints des origines et des Pères » : il traite la figure évangélique de Pierre, sa sainteté, sa spiritualité — et surtout son œuvre d'auteur sacré. Car Pierre n'est pas seulement un personnage des Écritures : il en est aussi l'un des auteurs. Deux épîtres canoniques portent son nom, et la tradition la plus ancienne voit derrière l'Évangile de Marc la prédication même de Pierre mise par écrit.[3][4] Le dossier proprement dogmatique de sa primauté et de la papauté, comme l'archéologie de son tombeau, sont développés dans les articles Pape saint Pierre et Basilique Saint-Pierre de Rome ; ils ne sont ici que rappelés.

« Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle. » — Jésus-Christ à Simon-Pierre, Évangile selon saint Matthieu 16, 18[5]

Pourquoi saint Pierre est-il une colonne de l'Église ?

Le pêcheur devenu roc

Le paradoxe de Pierre traverse tout l'Évangile : cet homme du lac, spontané, généreux et fragile, est celui que le Christ choisit pour fondement. Il marche sur les eaux puis s'enfonce ; il confesse le Fils de Dieu puis se fait traiter de « Satan » ; il jure de mourir avec son Maître puis le renie devant une servante.[6][7][8] Dans sa catéchèse sur l'apôtre, Benoît XVI souligne que la faiblesse même de Pierre, purifiée par le repentir, le prépare à devenir le pasteur de l'Église universelle : Dieu ne choisit pas Pierre malgré sa fragilité, il le fait pasteur à travers un pardon reçu.[9]

L'apôtre au premier rang

Dans les quatre listes des Douze que nous donne le Nouveau Testament, Simon-Pierre est toujours nommé le premier, comme Judas est toujours nommé le dernier ; Matthieu écrit même : « le premier, Simon, appelé Pierre ».[10][11] Il parle au nom des Apôtres, reçoit les paroles les plus solennelles du Christ, préside la première communauté de Jérusalem et ouvre le premier la porte de la foi aux païens. Cette place unique — que la tradition appelle la primauté — est ici seulement constatée ; son fondement dogmatique est traité dans Pape saint Pierre.

L'auteur sacré de deux épîtres

Les grandes étapes de saint Pierre : du pêcheur de Galilée au martyr de Rome. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Ce que le présent article met particulièrement en lumière, c'est que Pierre appartient au petit nombre des auteurs du Nouveau Testament. La Première et la Deuxième épître de Pierre sont reçues dans le canon comme Écriture inspirée ; elles nous livrent, non plus les gestes de Pierre racontés par d'autres, mais sa propre voix de pasteur et de témoin. À quoi s'ajoute, selon les Pères, l'Évangile de Marc, mémoire écrite de la catéchèse romaine de Pierre. Le pêcheur de Galilée est ainsi devenu un écrivain sacré, dont les mots sont lus à la Messe et médités depuis vingt siècles.[12][13]

Simon de Bethsaïde, pêcheur de Galilée

Une famille de pêcheurs du lac

Simon naît à Bethsaïde, sur la rive nord du lac de Galilée, dans une famille de pêcheurs.[14] En septembre 2026, l'équipe qui fouille depuis 2016 le site d'el-Araj, au bord du lac, a affirmé y reconnaître la Bethsaïde des Évangiles : village de pêcheurs juif devenu petite ville romaine, avec une église byzantine portant une inscription dédiée à Pierre.[15] Cette identification reste une hypothèse, le site voisin d'et-Tell étant défendu par une autre équipe ; elle ne change rien au témoignage des Évangiles, qui font de Pierre un Galiléen, né à Bethsaïde et pêcheur à Capharnaüm. Son père se nomme Jonas (ou Jean) — d'où le nom que lui donne Jésus, Simon Bar-Jona, « Simon fils de Jonas ».[16] Il exerce son métier à Capharnaüm, où il possède une maison, avec son frère André et en association avec Jacques et Jean, les fils de Zébédée.[17][18] Marié — l'Évangile mentionne la guérison de sa belle-mère —, il est un homme du peuple, sans culture rabbinique, que les autorités de Jérusalem tiendront pour un « homme sans instruction ».[19][20]

L'appel au bord du lac

C'est André, disciple de Jean-Baptiste, qui conduit Simon à Jésus : « Nous avons trouvé le Messie ».[21] Dès cette première rencontre, le Christ pose sur lui un regard qui décide de tout et lui annonce son nom nouveau. Puis vient l'appel décisif au bord du lac, après la pêche miraculeuse : Simon tombe aux genoux de Jésus — « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur » — et s'entend répondre :

« Sois sans crainte ; désormais ce sont des hommes que tu prendras. » — Jésus à Simon, Évangile selon saint Luc 5, 10[22]

Simon, André, Jacques et Jean laissent alors leurs barques et suivent le Christ.[23] Pierre résumera un jour cet abandon d'une phrase : « Voici que nous avons tout quitté et que nous t'avons suivi ».[24]

Simon, Céphas, Pierre

Le changement de nom est, dans la Bible, le signe d'une mission nouvelle. Jésus surnomme Simon Kêphâs, mot araméen qui signifie « rocher » ; le grec des évangiles le rend par Petros, le latin par Petrus, le français par Pierre.[25][26] Ce nom n'est pas un simple sobriquet : il désigne la fonction de fondement que le Christ confère à Simon.

« Et moi, je te dis : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église. » — Évangile selon saint Matthieu 16, 18[27]

Le sens de cette parole — Pierre lui-même roc de l'Église, et non seulement sa foi — est développé dans l'article Pape saint Pierre.

Pierre dans les évangiles

La confession de Césarée : « Tu es le Christ »

À Césarée de Philippe, Jésus interroge ses disciples sur son identité. C'est Pierre qui répond au nom de tous :

« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. » — Simon-Pierre, Évangile selon saint Matthieu 16, 16[28]

La Remise des clés à saint Pierre, fresque du Pérugin, chapelle Sixtine, 1481-1482. Wikimedia Commons, domaine public.

Jésus le proclame « heureux », car cette confession ne vient pas de la chair et du sang mais d'une révélation du Père ; et c'est aussitôt après qu'il lui promet les clés du Royaume et le pouvoir de lier et de délier.[29][30][31] Le Catéchisme voit dans cette confession le roc de la foi de l'Église.[32]

Témoin de la Transfiguration et de Gethsémani

Avec Jacques et Jean, Pierre forme le cercle des trois intimes que Jésus prend à part aux heures décisives : la résurrection de la fille de Jaïre, la Transfiguration sur la montagne, l'agonie de Gethsémani.[33][34][35] Sur le Thabor, ébloui par la gloire du Christ entre Moïse et Élie, Pierre s'écrie : « Seigneur, il est bon que nous soyons ici ; dressons trois tentes. »[36] Ce souvenir marquera l'apôtre pour toujours : il l'invoquera comme preuve oculaire dans sa Deuxième épître.[37]

Le reniement : la chute du pasteur

La nuit de la Passion, celui qui avait juré : « Quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai pas », cède à la peur devant une servante et renie trois fois son Maître.[38][39] Au chant du coq, le regard de Jésus le rejoint :

« Le Seigneur, se retournant, fixa son regard sur Pierre [...]. Et Pierre, étant sorti, pleura amèrement. » — Évangile selon saint Luc 22, 61-62[40]

Ces larmes de Pierre sont, dans toute la tradition spirituelle, le modèle de la contrition et de l'espérance du pécheur pardonné.

La restauration : « Pais mes brebis »

Le Ressuscité ne laisse pas Pierre dans sa chute. Au bord du lac de Tibériade, il l'interroge trois fois — autant que le triple reniement — : « Simon, fils de Jean, m'aimes-tu ? » Et à la triple réponse de Pierre, il confie trois fois son troupeau :

« Pais mes agneaux. [...] Sois le pasteur de mes brebis. [...] Pais mes brebis. » — Jésus ressuscité à Pierre, Évangile selon saint Jean 21, 15-17[41]

Puis il lui annonce le martyre : « un autre te ceindra et te mènera où tu ne voudrais pas » — mot que l'évangéliste interprète de la mort par laquelle Pierre devait glorifier Dieu.[42] La charge pastorale de Pierre naît ainsi d'un amour purifié par le pardon.

Pierre au cœur de l'Église naissante

Le discours de la Pentecôte

De Galilée à Rome : carte synthétique de l'itinéraire apostolique de Pierre. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Au matin de la Pentecôte, c'est Pierre qui se lève « avec les Onze » et adresse à Jérusalem le premier discours chrétien : il annonce Jésus crucifié et ressuscité, et trois mille personnes reçoivent le baptême ce jour-là.[43] Le pêcheur intimidé par une servante est devenu le héraut intrépide de la Résurrection.

« Que toute la maison d'Israël le sache donc avec certitude : Dieu l'a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifié. » — Saint Pierre, Actes des Apôtres 2, 36[44]

Le premier des signes et l'autorité d'initiative

Dans les premiers chapitres des Actes, Pierre agit constamment au premier rang : il guérit le boiteux de la Belle Porte, parle devant le Sanhédrin, préside l'élection de Matthias, tranche l'affaire d'Ananie et Saphire, confirme les baptisés de Samarie.[45][46][47][48] Luc le présente sans cesse comme celui qui parle et décide au nom de l'Église.

Corneille : l'ouverture aux nations

Un tournant décisif passe par Pierre : instruit par une vision à Joppé, il entre chez le centurion romain Corneille, à Césarée, et baptise le premier des païens sans lui imposer la Loi de Moïse.[49] C'est Pierre qui, le premier, ouvre à toutes les nations la porte de l'Évangile — ce que confirmera le concile.

« Dieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage en leur donnant l'Esprit Saint tout comme à nous. [...] C'est par la grâce du Seigneur Jésus que nous croyons être sauvés, exactement comme eux. » — Saint Pierre au concile, Actes des Apôtres 15, 8.11[50]

Le concile de Jérusalem et l'incident d'Antioche

Au concile de Jérusalem (vers 49-50), la parole de Pierre est décisive pour libérer les convertis venus du paganisme du joug de la circoncision.[51] Peu après, à Antioche, Paul lui reproche publiquement de s'être dérobé au repas commun avec les pagano-chrétiens par crainte des judaïsants.[52] Loin de ruiner l'autorité de Pierre, cet épisode montre son humilité : il accepte la correction fraternelle sans rien perdre de sa mission. L'analyse de cette scène figure dans Pape saint Pierre.

Les épîtres de Pierre, Écriture Sainte

1 Pierre et 2 Pierre : destinataires, ton, thèmes et versets-clés des deux lettres canoniques. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

C'est ici le cœur du présent article : Pierre auteur inspiré. Deux lettres portent son nom dans le Nouveau Testament ; l'Église les reçoit comme parole de Dieu et les proclame dans sa liturgie.

Deux lettres reçues dans le canon

La Première épître de Pierre appartient dès l'origine aux écrits universellement reçus (homologoumena) : Eusèbe de Césarée la range parmi les Écritures que personne n'a jamais contestées, et les Pères la citent très tôt.[53][54] La Deuxième épître connaît une réception plus discutée : Eusèbe la classe parmi les antilegomena, lettres « débattues mais lues et connues du plus grand nombre » ; elle est néanmoins reçue dans le canon définitif par l'Église, aux conciles d'Afrique de la fin du IVe siècle et au concile de Trente.[55][56] Toutes deux font partie des épîtres catholiques, ainsi nommées parce qu'elles s'adressent non à une Église locale mais à l'ensemble des fidèles.

ÉpîtreDestinatairesLieu d'écritureThème centralVerset emblématique
1 PierreChrétiens du Pont, de Galatie, de Cappadoce, d'Asie et de Bithynie, éprouvés par la persécution« Babylone », c.-à-d. RomeL'espérance et la sainteté dans l'épreuve« C'est pour cela que vous tressaillez de joie » (1 P 1, 6)
2 PierreTous les fidèles, menacés par de faux docteursRome (testament de l'apôtre)Fidélité à la foi reçue, retour du Christ« Nous avons été les témoins oculaires de sa grandeur » (2 P 1, 16)

Première épître de Pierre : structure et théologie

La Première épître est l'un des plus beaux textes du Nouveau Testament sur l'espérance au milieu de la souffrance. Écrite à des communautés d'Asie Mineure éprouvées par l'hostilité du monde païen, elle exhorte les baptisés à vivre en peuple sacerdotal, saint et joyeux, à l'image du Christ souffrant.[57] Son ouverture est une bénédiction jaillissante :

« Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a fait renaître pour une espérance vivante par la résurrection de Jésus-Christ d'entre les morts. » — Saint Pierre, Première épître 1, 3[58]

Elle applique aux chrétiens les grands titres d'Israël et fait du peuple baptisé un sacerdoce :

« Vous êtes une race choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple que Dieu s'est acquis. » — Saint Pierre, Première épître 2, 9[59]

Elle donne enfin l'une des plus douces paroles de confiance de toute l'Écriture, chère à la spiritualité de l'abandon :

« Déchargez-vous sur lui de tous vos soucis, puisqu'il prend soin de vous. » — Saint Pierre, Première épître 5, 7[60]

« Babylone » et Silvain : la lettre écrite de Rome

La finale de la lettre est un précieux indice historique. Pierre écrit « par Silvain, ce frère fidèle », et transmet le salut de « l'Église qui est à Babylone » et de « Marc, mon fils ».[61] Or Babylone est, dans le langage chiffré du christianisme primitif — on le retrouve dans l'Apocalypse —, un nom de code pour Rome.[62] La lettre confirme donc trois données de la tradition : Pierre est à Rome ; il s'y trouve avec Marc, dont les Pères font l'évangéliste ; et il s'est fait aider par Silvain (le Silas des Actes), ce qui éclaire la qualité de son grec.

Deuxième épître de Pierre : le testament de l'apôtre

La Deuxième épître se présente comme le testament de Pierre, écrit alors qu'il pressent sa mort prochaine — « sachant que je vais bientôt quitter cette tente, comme notre Seigneur Jésus-Christ me l'a fait connaître ».[63] Elle met en garde contre les faux docteurs qui nient le retour du Christ et défend la certitude des promesses divines.

« Ce n'est pas en suivant des fables habilement conçues que nous vous avons fait connaître la puissance et l'avènement de notre Seigneur Jésus-Christ, mais après avoir été les témoins oculaires de sa grandeur. » — Saint Pierre, Deuxième épître 1, 16[64]

Le témoin oculaire de la Transfiguration (2 P 1)

Le passage le plus personnel de la lettre est le rappel de la Transfiguration : Pierre invoque ce qu'il a vu et entendu sur « la sainte montagne » — la voix venue de la nuée : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ».[65][66] Cette signature autobiographique, où l'auteur se donne pour l'un des trois témoins du Thabor, est un argument interne majeur en faveur de l'origine pétrinienne de la lettre.

Pierre et les lettres de Paul « comme les autres Écritures »

La Deuxième épître offre enfin un témoignage capital sur la formation du canon : Pierre y parle des lettres de Paul comme d'une autorité reconnue, tout en notant qu'elles renferment « des passages difficiles » que les ignorants tordent « comme aussi les autres Écritures ».[67] Dès le Ier siècle, un apôtre range donc les épîtres pauliniennes parmi les Écritures — précieuse fenêtre sur la conscience que l'Église naissante avait de ses propres livres saints.

Pierre derrière l'Évangile de Marc

Papias et « l'interprète de Pierre »

Pierre dans le canon : Évangiles, Actes, mémoire marcienne et lettres reçues par l'Église. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

La tradition la plus ancienne fait de l'Évangile de Marc la mise par écrit de la prédication de Pierre. Vers 130, Papias de Hiérapolis, cité par Eusèbe, rapporte le mot du « Presbytre » (Jean l'Ancien) :

« Marc, devenu l'interprète de Pierre, écrivit avec exactitude, mais sans ordre, tout ce dont il se souvenait des paroles et des actions du Seigneur. [...] Il n'avait qu'un seul but : ne rien omettre de ce qu'il avait entendu et ne rien y insérer de faux. » — Papias de Hiérapolis, cité par Eusèbe, Histoire ecclésiastique III, 39, 15[68]

La catéchèse romaine de Pierre mise par écrit

Le même lien est attesté par Irénée de Lyon, par Clément d'Alexandrie et par Origène : Marc, compagnon et « interprète » de Pierre à Rome, a consigné la catéchèse de l'apôtre.[69] L'affectueux « Marc, mon fils » de la Première épître confirme ce compagnonnage.[70] Ainsi, même l'Évangile qui ne porte pas son nom garde, selon les Pères, l'empreinte de la mémoire de Pierre — sa vivacité, ses détails concrets, et jusqu'à l'aveu sans fard de ses propres faiblesses.

Le martyre romain de Pierre

La Crucifixion de saint Pierre, Caravage, vers 1600, Santa Maria del Popolo, Rome. Wikimedia Commons, domaine public.

Le dossier archéologique du tombeau est traité dans Basilique Saint-Pierre de Rome ; on ne rappelle ici que les témoins littéraires anciens.

Les témoins anciens

Martyre de Pierre à Rome : témoins anciens et convergence de la tradition romaine. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

La mort de Pierre à Rome sous Néron (persécution de 64) est attestée par une chaîne de témoins remarquablement ancienne et convergente.[71]

TémoinDate approx.Ce qu'il atteste
Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens 5v. 95-96Pierre, « à cause d'une jalousie injuste », a enduré de multiples épreuves et « rendu témoignage » avant de rejoindre le lieu de gloire
Ignace d'Antioche, Aux Romains 4, 3v. 107Il n'ose pas commander aux Romains « comme Pierre et Paul », signe de l'autorité des deux apôtres sur Rome
Denys de Corinthe (via Eusèbe)v. 170Pierre et Paul ont planté l'Église de Rome et y ont subi le martyre « en même temps »
Gaius le presbytre (via Eusèbe)v. 200Il montre les « trophées » (tombeaux) de Pierre au Vatican et de Paul sur la voie d'Ostie
Tertullien, De praescriptione 36v. 200À Rome, Pierre « égale la Passion du Seigneur » par sa mort en croix
Origène (via Eusèbe, H.E. III, 1)v. 230Pierre, à sa demande, fut crucifié la tête en bas, s'estimant indigne de mourir comme son Maître

« Quo vadis ? » et la croix renversée

Une tradition ancienne, recueillie dans les Actes de Pierre, raconte que l'apôtre, fuyant la persécution, rencontre le Christ sur la voie Appienne. À sa question — « Seigneur, où vas-tu ? » (Domine, quo vadis ?) — Jésus répond qu'il va à Rome pour y être de nouveau crucifié ; Pierre, confus, retourne au martyre.[72] La tradition rapportée par Origène précise que Pierre, se jugeant indigne de mourir comme le Seigneur, demanda d'être crucifié la tête en bas.[73] C'est cette scène que Caravage a immortalisée.

La date et le tombeau

Les témoins situent la mort de Pierre entre 64 et 67, dans la persécution néronienne consécutive à l'incendie de Rome.[74] Sur la colline du Vatican, à l'emplacement de son « trophée », s'élèvera l'antique puis l'actuelle basilique. La découverte du tombeau annoncée par Pie XII (radiomessage de Noël du 23 décembre 1950) et l'identification des reliques déclarée par Paul VI le 26 juin 1968 sont exposées dans Basilique Saint-Pierre de Rome.

La spiritualité de saint Pierre

Le pécheur pardonné

Aucun apôtre n'a laissé un portrait aussi humain. Pierre est l'homme des élans et des chutes, mais surtout l'homme du pardon reçu. Sa sainteté ne naît pas d'une force sans faille : elle jaillit de ses larmes et de la miséricorde qui l'a relevé. C'est pourquoi il est, dans la tradition, le patron des pécheurs qui se convertissent.

« Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. » — Simon-Pierre, Évangile selon saint Luc 5, 8[75]

La foi qui confesse

La grande grâce de Pierre est la foi qui confesse : c'est lui qui, au nom des Douze, proclame « Tu es le Christ » à Césarée, et lui encore qui, au discours de Capharnaüm sur le Pain de vie, quand beaucoup abandonnent Jésus, répond :

« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » — Simon-Pierre, Évangile selon saint Jean 6, 68[76]

L'humilité du pasteur

Devenu chef de l'Église, Pierre n'écrit pas en maître dominateur mais en frère aîné. Dans sa Première épître, il exhorte les pasteurs à conduire le troupeau non par contrainte ni pour l'argent, mais en se faisant « les modèles du troupeau », et il enracine toute vie chrétienne dans l'humilité :

« Tous, revêtez-vous d'humilité dans vos rapports mutuels, car Dieu résiste aux orgueilleux, mais il donne sa grâce aux humbles. » — Saint Pierre, Première épître 5, 5[77]

Cette humilité, jointe à la confiance de « déchargez-vous sur lui de tous vos soucis », fait de la spiritualité pétrinienne une école d'abandon filial très proche de la voie enseignée par la Via Divina.

Le culte de saint Pierre

29 juin : les saints Pierre et Paul

Depuis le IVe siècle au moins, Rome célèbre le 29 juin la solennité conjointe des apôtres Pierre et Paul, les deux « princes des apôtres » et co-fondateurs de l'Église romaine.[78] Cette fête, l'une des plus anciennes du calendrier, honore ensemble le témoin de la foi et l'apôtre des nations.

22 février : la Chaire de saint Pierre

Statue de saint Pierre attribuée à Arnolfo di Cambio, basilique Saint-Pierre de Rome. Photo Wikimedia Commons, user:Luccaro, CC BY-SA 3.0.

Le 22 février, la liturgie fête la Chaire de saint Pierre (Cathedra Petri) : non un meuble, mais le ministère d'enseignement et d'unité confié à Pierre et à ses successeurs.[79][80] La grande Cathedra de bronze du Bernin, au fond de la basilique vaticane, en est le monument.

Les clés et l'iconographie

L'art chrétien reconnaît toujours Pierre à ses attributs : les deux clés (d'or pour le Ciel, d'argent pour la terre), en écho aux « clés du Royaume » ; le rouleau ou le livre de ses épîtres ; la croix renversée de son martyre ; et parfois le coq du reniement. On le figure en vieillard chauve à la barbe courte et frisée, robuste et grave.

Patronages

Pierre est le patron des pêcheurs, des marins et des cordonniers ; il est invoqué comme portier du Ciel, celui qui garde les clés à la porte du Royaume ; il est enfin, avec Paul, le patron de Rome et le protecteur de la papauté.

Ce que propose l'exégèse moderne, et ses limites

Attribution pétrinienne : le débat. Les objections modernes et les réponses catholiques principales. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'attribution des deux épîtres à Pierre — et donc la lecture traditionnelle qui précède — est aujourd'hui contestée par une partie de l'exégèse universitaire. Il faut exposer honnêtement ces objections, puis montrer pourquoi la position traditionnelle reste solidement défendable.

La thèse de la pseudonymie

Une partie de l'exégèse contemporaine tient les deux épîtres, surtout la seconde, pour pseudépigraphes : elles auraient été écrites après la mort de Pierre par un disciple plaçant son texte sous l'autorité du maître. On invoque la qualité du grec, jugée trop soignée pour un pêcheur galiléen ; des contacts supposés avec des écrits plus tardifs ; et l'idée que la pseudonymie était un procédé littéraire admis dans l'Antiquité.[81]

Ces arguments méritent examen, mais aucun n'est décisif. Le premier confond possibilité littéraire et preuve historique : qu'un texte ait pu être pseudonyme ne montre pas qu'il l'est. Le second repose souvent sur des datations circulaires. Le troisième est fragile : l'Église ancienne, loin de tolérer sereinement la pseudonymie sacrée, rejetait les écrits dont l'attribution apostolique était reconnue fausse — c'est précisément pourquoi elle a écarté quantité d'apocryphes.

1 Pierre : l'objection du grec trop soigné

Contre l'authenticité de la Première épître, on objecte son grec élégant, difficile chez un pêcheur araméophone. Mais la lettre elle-même désamorce l'objection : Pierre écrit « par Silvain ».[82] Le recours à un secrétaire (amanuensis) cultivé, usage courant dans l'Antiquité, explique naturellement la qualité de la langue sans mettre en cause l'autorité de l'apôtre, qui reste l'auteur responsable du contenu. La réception de 1 Pierre a d'ailleurs été universelle dès l'origine : Eusèbe la classe parmi les Écritures jamais contestées.[83]

2 Pierre : la lettre la plus contestée du canon

La Deuxième épître est le livre du Nouveau Testament dont l'attribution est la plus discutée, déjà dans l'Antiquité : Eusèbe la range parmi les antilegomena.[84] Mais « discutée » ne veut pas dire « rejetée » : l'Église l'a reçue dans le canon, en connaissance de cause, après un discernement plusieurs fois séculaire. Saint Jérôme, conscient de la différence de style avec 1 Pierre, l'explique par l'emploi d'interprètes différents selon les lettres — solution ancienne et cohérente avec la pratique du secrétaire.[85] Surtout, la lettre porte une signature autobiographique difficile à imiter : l'auteur se donne pour témoin oculaire de la Transfiguration et annonce sa mort prochaine.[86]

Pourquoi l'attribution traditionnelle reste défendable

Face à des reconstructions hypothétiques, la tradition aligne des données concrètes : la lettre se présente elle-même comme de Pierre ; elle a été reçue, discutée, puis canonisée par l'Église ; les Pères l'ont lue comme pétrinienne ; les objections de style trouvent une réponse simple dans l'usage des secrétaires ; et le présupposé selon lequel un pêcheur ne pouvait rien produire de tel sous-estime trente ans de prédication grecque à travers l'Empire. La science du passé raisonne ici par indices et probabilités : elle peut éclairer le débat, non trancher définitivement contre une réception juive, patristique et liturgique de vingt siècles. Le lecteur catholique peut donc tenir avec confiance que les deux épîtres portent, directement ou par secrétaire, la voix de l'apôtre Pierre.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Benoît XVI, catéchèse Pierre, le pêcheur, audience générale du 17 mai 2006 : origine galiléenne de Simon, son métier de pêcheur, l'appel « Suis-moi ! », l'itinéraire de conversion, de la confession de foi à l'acceptation d'un Messie souffrant. URL : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2006/documents/hf_ben-xvi_aud_20060517.html.

    1
  2. Catéchisme de l'Église catholique, n° 552 : Simon Pierre tient la première place dans le collège des Douze ; à sa confession, le Christ lui promet de bâtir son Église sur lui et lui remet « les clés ». Texte sur vatican.va.

    2 11 30
  3. Papias de Hiérapolis, Exégèse des paroles du Seigneur, cité par Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique III, 39, 15 : « Marc, devenu l'interprète (hermēneutēs) de Pierre, a mis par écrit avec exactitude, mais sans ordre, tout ce dont il se souvenait de ce que le Seigneur avait dit ou fait. » Texte (NPNF, Series II, vol. I) : https://en.wikisource.org/wiki/Nicene_and_Post-Nicene_Fathers:_Series_II/Volume_I/Church_History_of_Eusebius/Book_III/Chapter_39.

    3 68
  4. Benoît XVI, catéchèse Pierre, l'Apôtre, audience générale du 24 mai 2006 : Pierre porte-parole des Apôtres ; sa faiblesse puis son repentir le préparent à sa mission de pasteur de l'Église universelle après la Résurrection ; « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68). URL : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2006/documents/hf_ben-xvi_aud_20060524.html.

    4 9 12 54
  5. Évangile selon saint Matthieu 16, 13-19 : à Césarée de Philippe, confession de Pierre « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » ; « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » ; les clés du Royaume et le pouvoir de lier et délier ; « Simon, fils de Jonas ».

    5 7 16 27 28 29
  6. Évangile selon saint Matthieu 14, 28-31 : Pierre marche sur les eaux vers Jésus, puis, saisi de peur, commence à enfoncer ; « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté ? »

    6
  7. Évangile selon saint Luc 22, 31-34.54-62 : « Simon, Simon, Satan vous a réclamés [...] ; mais j'ai prié pour toi afin que ta foi ne défaille pas ; toi, quand tu seras revenu, affermis tes frères » ; annonce du reniement ; le regard de Jésus ; « Pierre pleura amèrement ».

    8 38 40
  8. Évangile selon saint Matthieu 10, 2-4 : liste des Douze ; « le premier, Simon, appelé Pierre ». Cf. Mc 3, 16-19 ; Lc 6, 14-16 ; Ac 1, 13 — Simon Pierre toujours nommé en tête.

    10
  9. Saint Pierre, Deuxième épître 3, 1-16 : la seconde lettre ; l'attente du jour du Seigneur ; les lettres de « notre bien-aimé frère Paul », où il est « des passages difficiles » que les ignorants tordent « comme aussi les autres Écritures ».

    13 67
  10. Évangile selon saint Jean 1, 40-42 : André, frère de Simon-Pierre, conduit son frère à Jésus ; « Nous avons trouvé le Messie » ; « Tu es Simon, fils de Jean ; tu t'appelleras Kêphâs, ce qui se traduit Pierre ».

    14 21 25
  11. R. Steven Notley, directeur académique des fouilles d'el-Araj (menées avec Mordechai Aviam depuis 2016), déclarations à Fox News Digital, 11 septembre 2026 : certitude affichée à « 100 % » que le site est la Bethsaïde des Évangiles, patrie de Pierre, André et Philippe ; indices avancés : milliers de poids de pêche en plomb, vaisselle de pierre juive, thermes romains, plus de 200 monnaies, et une basilique byzantine avec une inscription au « chef des apôtres ». URL : https://www.foxnews.com/travel/lost-city-where-jesus-performed-miracles-has-finally-been-identified-expert-says. L'identification reste contestée : le site voisin d'et-Tell est défendu par une autre équipe, et Notley lui-même reconnaît qu'on ne peut pas prouver qu'une maison précise serait celle de Pierre.

    15
  12. Évangile selon saint Marc 1, 16-31 : l'appel de Simon et André au bord du lac ; « Venez à ma suite » ; la maison de Simon à Capharnaüm et la guérison de sa belle-mère.

    17 19 23
  13. Évangile selon saint Luc 5, 1-11 : la pêche miraculeuse ; « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur » ; « Désormais ce sont des hommes que tu prendras » ; ils laissent tout et suivent Jésus.

    18 22 75
  14. Actes des Apôtres 4, 13 : le Sanhédrin s'étonne de l'assurance de Pierre et de Jean, « hommes sans instruction et de condition ordinaire », et reconnaît qu'ils avaient été avec Jésus.

    20
  15. Évangile selon saint Marc 10, 28 : Pierre dit à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté et que nous t'avons suivi. »

    24
  16. Benoît XVI, catéchèse Pierre, le roc, audience générale du 7 juin 2006 : Jésus renomme Simon « Pierre » (Kêphâs) et le constitue fondement de l'Église avec une autorité propre — les clés du Royaume (Mt 16, 18-19). URL : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2006/documents/hf_ben-xvi_aud_20060607.html.

    26
  17. Catéchisme de l'Église catholique, n° 553 : le pouvoir des clés, d'« attacher et de délier », confié à Pierre et, avec lui, aux Apôtres unis à leur chef.

    31
  18. Catéchisme de l'Église catholique, n° 424 : mus par la grâce de l'Esprit et attirés par le Père, nous croyons et confessons avec Pierre : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » ; sur ce roc de la foi l'Église est bâtie.

    32
  19. Évangile selon saint Marc 5, 37 : Jésus ne laisse entrer chez Jaïre que Pierre, Jacques et Jean.

    33
  20. Évangile selon saint Marc 9, 2-8 : la Transfiguration ; Pierre, Jacques et Jean ; « il est bon que nous soyons ici » ; la voix de la nuée : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ».

    34 36 66
  21. Évangile selon saint Marc 14, 32-42.66-72 : Gethsémani (Pierre, Jacques, Jean) ; le triple reniement de Pierre dans la cour ; le chant du coq ; Pierre pleure.

    35 39
  22. Saint Pierre, Deuxième épître 1, 12-18 : Pierre sait qu'il va « bientôt quitter cette tente » ; « ce n'est pas en suivant des fables habilement conçues [...] mais après avoir été les témoins oculaires de sa grandeur » ; le rappel de la voix entendue sur « la sainte montagne » de la Transfiguration.

    37 63 64 65 86
  23. Évangile selon saint Jean 21, 15-19 : au bord du lac de Tibériade, triple question « m'aimes-tu ? » et triple charge « pais mes agneaux / mes brebis » ; annonce de la mort par laquelle Pierre glorifierait Dieu ; « Suis-moi ».

    41 42
  24. Actes des Apôtres 2, 14-41 : à la Pentecôte, Pierre « avec les Onze » proclame le premier kérygme ; « Dieu l'a fait Seigneur et Christ, ce Jésus que vous avez crucifié » ; environ trois mille baptisés.

    43 44
  25. Actes des Apôtres 1, 15-26 : Pierre se lève au milieu des frères et préside l'élection de Matthias pour remplacer Judas.

    45
  26. Actes des Apôtres 3, 1-10 : Pierre (avec Jean) guérit le boiteux à la Belle Porte du Temple : « Ce que j'ai, je te le donne : au nom de Jésus-Christ le Nazôréen, lève-toi et marche. »

    46
  27. Actes des Apôtres 5, 1-11 : l'affaire d'Ananie et Saphire ; Pierre dévoile leur mensonge à l'Esprit Saint.

    47
  28. Actes des Apôtres 8, 14-17 : Pierre et Jean sont envoyés en Samarie pour que les baptisés reçoivent l'Esprit Saint.

    48
  29. Actes des Apôtres 10, 1-48 : la vision de Joppé, la venue chez le centurion Corneille à Césarée, le don de l'Esprit aux païens et leur baptême ; « Dieu ne fait pas de différence entre les hommes ».

    49
  30. Actes des Apôtres 15, 6-11 : au concile de Jérusalem, Pierre témoigne que Dieu a donné l'Esprit aux païens comme aux Juifs ; « c'est par la grâce du Seigneur Jésus que nous croyons être sauvés, exactement comme eux ».

    50 51
  31. Saint Paul, Épître aux Galates 2, 7-14 : Pierre (Céphas) a reçu l'apostolat des circoncis ; l'incident d'Antioche, où Paul lui résiste « en face » à propos de la table commune avec les pagano-chrétiens.

    52
  32. Eusèbe de Césarée, Histoire ecclésiastique III, 3 et III, 25 : la Première épître de Pierre est reçue sans conteste (homologoumenon) ; la Deuxième est comptée parmi les écrits « débattus » (antilegomena), mais, « comme elle a paru utile à beaucoup, elle a été lue avec les autres Écritures » (III, 3). Voir aussi H.E. II, 25 (Pierre crucifié à Rome « sous Néron », et les « trophées » des apôtres au Vatican et sur la voie d'Ostie) et III, 1 (crucifixion « la tête en bas », à la demande de Pierre lui-même, d'après Origène). Textes (NPNF, Series II, vol. I) sur Wikisource : Book_III/Chapter_3, Chapter_25, Chapter_1 et Book_II/Chapter_25.

    53 55 73 74 83 84
  33. Saint Jérôme, De viris illustribus 1 (Migne, PL 23, col. 637-639 ; la phrase sur les deux épîtres, col. 638) : « Scripsit duas Epistolas, quae Catholicae nominantur : quarum secunda a plerisque ejus esse negatur, propter styli cum priore dissonantiam » (« il écrivit deux épîtres, dites catholiques, dont la seconde est tenue par beaucoup comme n'étant pas de lui, à cause de la différence de son style d'avec la première » ; trad. angl. NPNF : https://www.newadvent.org/fathers/2708.htm). L'explication par des secrétaires (interprètes) différents ne figure pas dans ce chapitre : elle se trouve dans sa Lettre 120 à Hédibia, 11e question, sur 2 Co 2, 12-17 (Migne, PL 22, col. 1001-1004 ; le passage, col. 1002) : « Denique et duae Epistolae quae feruntur Petri, stylo inter se et charactere discrepant, structuraque verborum. Ex quo intelligimus, pro necessitate rerum, diversis eum usum interpretibus » (« les deux épîtres qu'on attribue à saint Pierre sont d'un style et d'un tour bien différent ; ce qui fait juger qu'il a été obligé quelquefois de se servir de différents interprètes », trad. Bareille). Jérôme rapporte le doute sans s'y rallier et traite les deux lettres comme étant de Pierre.

    56 81 85
  34. Saint Pierre, Première épître 2, 4-10 : le Christ pierre vivante ; les baptisés, pierres vivantes d'un temple spirituel et sacerdoce saint ; « Vous êtes une race choisie, un sacerdoce royal, une nation sainte ».

    57 59
  35. Saint Pierre, Première épître 1, 1-9 : adresse aux élus dispersés du Pont, de Galatie, de Cappadoce, d'Asie et de Bithynie ; « Béni soit Dieu [...] qui nous a fait renaître pour une espérance vivante » ; la joie dans les épreuves.

    58
  36. Saint Pierre, Première épître 5, 1-14 : exhortation aux anciens à paître le troupeau « non par contrainte » et à être « les modèles du troupeau » ; « revêtez-vous d'humilité [...] Dieu résiste aux orgueilleux » ; « déchargez-vous sur lui de tous vos soucis » ; salut « par Silvain », de l'Église « qui est à Babylone » et de « Marc, mon fils ».

    60 61 62 70 77 82
  37. Irénée de Lyon, Contre les hérésies, livre III, 1, 1, éd. A. Rousseau et L. Doutreleau, Sources chrétiennes 211, t. II (texte et traduction), Paris, Cerf, 1974. Texte latin (identique dans Migne, PG 7, col. 845-846) : « Post vero horum excessum, Marcus discipulus et interpres Petri, et ipse quae a Petro annuntiata erant, per scripta nobis tradidit » (« après leur départ, Marc, disciple et interprète de Pierre, nous a transmis par écrit ce que Pierre avait annoncé » ; trad. angl. ANF : https://www.newadvent.org/fathers/0103301.htm). Cf. Clément d'Alexandrie (via Eusèbe, H.E. VI, 14) : Marc, interprète de Pierre, a mis par écrit sa prédication romaine.

    69
  38. Témoins anciens du martyre romain de Pierre : Clément de Rome, Lettre aux Corinthiens (1 Clément) 5 (v. 95-96) : Pierre, « victime d'une jalousie injuste, endura de nombreuses épreuves et, ayant rendu témoignage, s'en alla au lieu de gloire qui lui était dû » ; Ignace d'Antioche, Aux Romains 4, 3 (v. 107) : « Je ne vous donne pas d'ordres comme Pierre et Paul » ; Denys de Corinthe, cité par Eusèbe, H.E. II, 25, 8 : Pierre et Paul « ont enseigné ensemble en Italie et ont subi le martyre au même moment » ; Gaius le presbytre, cité par Eusèbe, H.E. II, 25, 7 : les « trophées » des apôtres au Vatican et sur la voie d'Ostie ; Tertullien, De praescriptione 36 (Pierre « égale la Passion du Seigneur ») et Scorpiace 15 (« Pierre est ceint par un autre quand il est fixé à la croix »). Cf. earlychristianwritings.com et tertullian.org.

    71
  39. Tradition du « Domine, quo vadis ? », recueillie dans les Actes de Pierre apocryphes (IIe siècle) et fixée par la piété romaine à l'église du Quo Vadis, via Appienne : Pierre fuyant Rome rencontre le Christ et retourne au martyre. Récit pieux, non canonique, mais très ancien.

    72
  40. Évangile selon saint Jean 6, 66-69 : beaucoup de disciples se retirent ; Pierre : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle ; nous avons cru et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu. »

    76
  41. Calendrier romain général : Solennité des saints Pierre et Paul, apôtres le 29 juin ; fête de la Chaire de saint Pierre, apôtre le 22 février. Cf. liturgie.catholique.fr, « Saints Pierre et Paul (29 juin) », et le sanctoral du 22 février.

    78 79
  42. Benoît XVI, catéchèse La Chaire de saint Pierre, don du Christ à son Église, audience générale du 22 février 2006 : la Cathedra Petri comme signe du ministère d'enseignement et d'unité confié à Pierre et à ses successeurs. URL : https://www.vatican.va/content/benedict-xvi/fr/audiences/2006/documents/hf_ben-xvi_aud_20060222.html.

    80