L'onction des malades

L'onction des malades est le sacrement par lequel l'Église confie au Christ le fidèle gravement malade pour le réconforter, l'unir à la Passion et, s'il le faut, le préparer au passage. Fondement, rite et effets.

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L'onction des malades est le sacrement par lequel l'Église confie au Christ souffrant et glorifié le fidèle gravement malade, pour le soulager, le fortifier et, s'il le faut, le préparer au passage vers Dieu[1]. Longtemps appelée « extrême-onction » — c'est-à-dire la dernière onction d'une vie chrétienne —, elle a retrouvé depuis le concile Vatican II son nom d'« onction des malades » et sa portée la plus large : elle n'est pas réservée aux agonisants, mais offerte à tout chrétien dont la vie est sérieusement menacée par la maladie ou la vieillesse[2].

Son fondement scripturaire est explicite. L'épître de saint Jacques décrit déjà un rite propre à l'Église apostolique : « Quelqu'un parmi vous est-il malade ? Qu'il appelle les presbytres de l'Église et qu'ils prient sur lui, après l'avoir oint d'huile au nom du Seigneur »[3]. Sur cette base, l'Église a toujours reconnu l'un des sept sacrements, institué par le Christ, signifié par l'huile et la prière, conféré par le prêtre[4].

Le geste est sobre : après l'imposition silencieuse des mains, le prêtre oint le front et les mains du malade avec l'huile bénite, en disant une prière qui invoque sur lui la grâce de l'Esprit Saint[5]. L'effet n'est pas magique. Le sacrement donne d'abord une grâce de réconfort, de paix et de courage, unit le malade à la Passion du Christ, remet les péchés, et peut rendre la santé du corps, si Dieu le veut pour le salut du malade[6].

Cet article présente le sacrement tel que l'Église le croit et le célèbre : son enracinement biblique, son témoignage dans la Tradition, sa définition dogmatique au concile de Trente, sa théologie, son rite réformé après Vatican II, ses destinataires, ses effets, et sa place dans l'ensemble des derniers sacrements aux côtés de la confession, de l'Eucharistie et du viatique.

Un sacrement encore mal compris

De l'usage devenu tardif au retour pastoral aux sources : le même sacrement, mieux compris. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

De tous les sacrements, l'onction des malades est sans doute celui que les catholiques eux-mêmes connaissent le plus mal. Beaucoup l'identifient encore à un rite funèbre, réservé à l'instant de l'agonie, qu'on n'ose appeler qu'au dernier souffle de peur d'« annoncer la mort » à un proche. Cette crainte est le fruit d'un long malentendu — un malentendu que l'Église a explicitement entrepris de corriger.

« Extrême-onction » : le poids d'un mot

Le nom d'« extrême-onction » n'est pas une erreur, mais il est devenu trompeur. Il vient du latin unctio extrema, « l'onction ultime », et désigne la dernière des onctions sacrées qui jalonnent la vie du chrétien : celle du baptême qui scelle la vie nouvelle, celle de la confirmation qui fortifie pour le combat, et enfin cette onction qui « munit la fin de notre vie terrestre comme d'un solide rempart en vue des dernières luttes avant l'entrée dans la Maison du Père »[7].

Le mot lui-même est tardif. Le Catéchisme de l'Église catholique le reconnaît : au cours des siècles, « l'Onction des malades a été conférée de plus en plus exclusivement à ceux qui étaient sur le point de mourir », et c'est pour cette raison qu'« elle avait reçu le nom d'Extrême-Onction »[8]. Le glissement de vocabulaire a fini par enfermer le sacrement dans une signification rétrécie : on n'y voyait plus le sacrement des malades, mais le sacrement des mourants.

Le tournant de Vatican II

Le concile Vatican II a délibérément renversé cette habitude. Dans la constitution sur la liturgie Sacrosanctum concilium (4 décembre 1963), les Pères conciliaires demandent que le nom même soit révisé :

« "L'extrême-onction", qu'on peut appeler aussi et mieux l'onction des malades, n'est pas seulement le sacrement de ceux qui se trouvent à la dernière extrémité. Aussi, le temps opportun pour le recevoir est déjà certainement arrivé lorsque le fidèle commence à être en danger de mort par suite d'affaiblissement physique ou de vieillesse. » — Concile Vatican II, Sacrosanctum concilium, n° 73, 4 décembre 1963[9]

Le déplacement est doctrinalement important. Le sacrement n'est pas lié à l'imminence de la mort, mais à la gravité de l'état : il s'adresse au malade dont la vie est réellement menacée, qu'il s'agisse d'une maladie sérieuse, d'une opération lourde ou de la fragilité de la grande vieillesse. Le tableau suivant résume le déplacement opéré.

Aspect« Extrême-onction » (usage devenu tardif)« Onction des malades » (depuis Vatican II)
Nom dominantExtrême-onction, sacramentum exeuntium (sacrement des partants)[10]Onction des malades, sacrement de guérison
DestinataireLe mourant, à l'article de la mortTout fidèle gravement malade ou très affaibli par l'âge
Moment opportunÀ l'agonie, quand la mort est crainte comme proche[11][12]Dès que la vie commence à être en danger
Accent théologiquePréparation immédiate au passage, purification ultimeRéconfort, force, union à la Passion, guérison possible
RéitérationRenouvelable après guérison (Trente, ch. 3[13]), mais devenue en pratique l'onction des seuls mourants[14]Renouvelable à chaque maladie grave ou aggravation

Il ne s'agit pas d'une rupture, mais d'un retour aux sources : Trente lui-même n'avait jamais réservé le sacrement aux seuls agonisants[15], et la liturgie « n'a jamais omis de prier le Seigneur afin que le malade recouvre sa santé si cela est convenable à son salut »[16]. Vatican II n'invente rien ; il rééquilibre.

Les fondements bibliques

L'onction des malades n'est pas une création tardive de l'Église : elle prolonge un geste que l'Évangile attribue déjà au Christ et à ses apôtres. Pour comprendre le sacrement, il faut le replacer dans toute l'« économie du salut » — la manière dont Dieu prend en charge la maladie humaine.

Jésus médecin et la maladie dans l'Ancien Testament

L'homme de la Bible vit la maladie devant Dieu. Il y déverse sa plainte, il en implore la guérison, il y reconnaît un mystérieux lien avec le péché et le mal[17]. Mais déjà le prophète entrevoit que la souffrance peut avoir « un sens rédempteur pour les péchés des autres »[18], et qu'un jour Dieu « pardonnera toute faute et guérira toute maladie »[19].

Cette promesse s'accomplit dans le Christ. Les guérisons de Jésus ne sont pas des prodiges isolés : elles sont « un signe éclatant de ce que Dieu a visité son peuple » et que le Royaume est proche[20]. Le Christ « est venu guérir l'homme tout entier, âme et corps »[21], et il pousse l'identification avec les souffrants jusqu'à dire : « J'ai été malade et vous m'avez visité »[22]. Surtout, par sa Croix, il donne à la souffrance un sens neuf : elle peut désormais « nous configurer à lui et nous unir à sa passion rédemptrice »[23].

Marc 6, 13 : les apôtres oignent d'huile les malades

Le premier indice d'un rite vient de l'envoi des Douze en mission. Saint Marc note un détail précis : « Ils s'en allèrent prêcher qu'on se repentît ; et ils chassaient beaucoup de démons et faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades et les guérissaient »[24]. L'huile apparaît ici comme le geste sensible que les apôtres associent à la guérison des corps et à l'appel à la conversion. Le concile de Trente y verra l'acte par lequel le sacrement fut « insinué » — annoncé, esquissé — avant d'être pleinement promulgué[25].

Jacques 5, 14-15 : la charte du sacrement

Le texte décisif est l'épître de saint Jacques. C'est lui que toute la Tradition cite comme la charte de l'onction des malades, parce qu'il en donne, en deux versets, tous les éléments : le destinataire, le ministre, le geste, la parole et l'effet.

Jacques 5, 14-15 : appeler les prêtres, prier sur le malade, oindre d'huile et recevoir du Seigneur relèvement et pardon. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

« Quelqu'un parmi vous est-il malade ? Qu'il appelle les presbytres de l'Église et qu'ils prient sur lui, après l'avoir oint d'huile au nom du Seigneur. La prière de la foi sauvera le patient, et le Seigneur le relèvera. S'il a commis des péchés, ils lui seront remis. » — Épître de saint Jacques, 5, 14-15[26]

Chaque mot porte. Le malade « appelle » : le sacrement se demande. Ce sont « les presbytres de l'Église » — non les anciens du village, mais les ministres ordonnés — qui sont convoqués. Le geste est double : on « prie sur » le malade et on l'« oint d'huile ». Et l'effet est triple : la prière de la foi sauve, le Seigneur relève, et les péchés sont remis. Trente résumera : par ces mots, l'Église a appris « quels sont la matière, la forme, le ministre propre et l'effet de ce sacrement salutaire »[27].

Le témoignage de la Tradition

Six jalons, de Jacques 5 au rite promulgué par Paul VI en 1972 : continuité du sacrement et rééquilibrage de sa discipline. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Si le sacrement reposait sur le seul texte de Jacques, on pourrait le croire fragile. En réalité, la pratique de l'onction des malades est attestée de façon continue, en Orient comme en Occident, « dès l'antiquité »[28]. Trois jalons suffisent à le montrer.

Innocent Ier et la lettre à Decentius (416)

Le plus ancien témoignage pontifical détaillé vient du pape Innocent Ier. En 416, l'évêque Decentius de Gubbio l'interroge sur le sens de Jacques 5. La réponse du pape, dans la lettre Si instituta ecclesiastica, est précieuse : elle confirme que le passage vise bien un rite ecclésial, et qu'on y emploie une huile bénie par l'évêque.

« Il n'y a pas de doute qu'il faille entendre [Jacques 5] des fidèles malades qui peuvent être oints de l'huile sainte du chrême, laquelle étant confectionnée par l'évêque, il est permis non seulement aux prêtres, mais aussi à tous les chrétiens d'en user pour faire l'onction, dans leurs nécessités personnelles ou celles des leurs. » — Pape Innocent Ier, lettre à Decentius de Gubbio, 19 mars 416[29]

Le texte montre une pratique encore souple : l'huile bénite par l'évêque pouvait être appliquée par des laïcs sur eux-mêmes ou leurs proches. Mais Innocent Ier précise déjà que l'onction sacramentelle relève de l'« ordre du sacrement » et ne peut être donnée aux pénitents publics — signe qu'on la distinguait nettement d'un simple usage dévotionnel de l'huile[30]. Le concile de Pavie, en 850, reprendra la même exigence : ce « mystère grand et très désirable » par lequel « le péché est remis et par suite aussi la santé corporelle rétablie » doit être annoncé aux peuples par la prédication[31].

Le glissement vers le « sacrement des mourants »

Au haut Moyen Âge, l'onction se concentre peu à peu sur le seuil de la mort. Plusieurs facteurs jouent : la sévérité de la pénitence publique ancienne, qui repoussait souvent l'absolution en fin de vie ; l'association croissante de l'onction au viatique ; et une crainte populaire qui faisait de l'huile sainte une sorte de « point de non-retour ». De là vient l'usage du nom d'extrême-onction et le malentendu que Vatican II corrigera. Le déplacement est culturel et disciplinaire, non doctrinal : la foi de l'Église dans le sacrement, elle, n'a jamais varié.

Le concile de Florence (1439) : la forme médiévale aux sept onctions

Le concile de Florence, dans son décret d'union pour les Arméniens (22 novembre 1439), offre un instantané de la pratique latine médiévale. Il y décrit l'extrême-onction comme le cinquième sacrement, en énumère la matière, la forme et le ministre — et donne le détail concret des sept onctions alors en usage, organe par organe.

« Le cinquième sacrement est l'extrême-onction, dont la matière est l'huile d'olive bénite par l'évêque. Ce sacrement ne doit être donné qu'à un malade dont on craint la mort. Il doit être oint en ces endroits : sur les yeux à cause de la vue, sur les oreilles à cause de l'ouïe, sur les narines à cause de l'odorat, sur la bouche à cause du goût et de la parole, sur les mains à cause du tact, sur les pieds à cause de la marche, sur les reins à cause de la délectation qui y a sa vigueur. » — Concile de Florence, décret pour les Arméniens, 22 novembre 1439[32]

La forme employée était alors déprécative — une prière qui demande à Dieu de pardonner (« que le Seigneur te pardonne… »), plutôt qu'une parole qui donne elle-même le pardon : « Par cette onction et sa miséricorde pleine de pitié, que le Seigneur te pardonne toutes les fautes que tu as commises par la vue », et de même pour chaque sens[33]. On notera l'accent presque exclusivement pénitentiel : il s'agit d'effacer les fautes commises par chacun des organes des sens. La réforme de 1972 conservera l'huile et l'onction, mais simplifiera radicalement le geste et déplacera l'accent du pardon vers la grâce de l'Esprit Saint — on y reviendra.

Ce que l'Église définit : le concile de Trente (1551)

Face à la Réforme protestante, qui niait le caractère sacramentel de l'extrême-onction, le concile de Trente a fixé la doctrine catholique dans sa quatorzième session (25 novembre 1551), par une Doctrine en trois chapitres et quatre canons assortis d'anathèmes. C'est le texte dogmatique de référence.

Un sacrement véritable institué par le Christ

Le chapitre premier de la doctrine affirme l'essentiel : l'onction est un vrai sacrement de la Nouvelle Alliance, institué par le Christ, annoncé par Marc, promulgué par Jacques.

« Cette onction sainte des malades a été instituée par le Christ notre Seigneur comme étant véritablement un sacrement de la Nouvelle Alliance ; ce sacrement a été indiqué dans Marc, recommandé et promulgué par Jacques, apôtre et frère du Seigneur. » — Concile de Trente, session XIV, doctrine sur l'extrême-onction, ch. 1, 25 novembre 1551[34]

Trente prend soin de fonder cette affirmation sur la continuité de la Tradition : c'est « comme l'Église l'a appris, transmis de main en main par la tradition apostolique », qu'elle reconnaît dans Jacques 5 la matière (l'huile bénite), la forme (la prière d'onction), le ministre et l'effet du sacrement[35]. Le préambule de la doctrine donne en outre une note spirituelle saisissante sur le moment où le sacrement est reçu :

« Il n'est aucun temps où [notre adversaire] tende avec plus de violence toutes les cordes de sa ruse pour nous perdre totalement et, s'il le pouvait, nous détourner aussi de la confiance en la miséricorde divine, que lorsqu'il voit que s'approche pour nous la fin de la vie. » — Concile de Trente, session XIV, préambule, 25 novembre 1551[36]

C'est précisément contre cet assaut final que le Christ, dit Trente, « a fortifié la fin de leur vie comme d'une très solide protection »[37].

Les quatre canons contre les Réformateurs

À la doctrine, Trente joint quatre canons qui condamnent point par point les positions protestantes. Ils délimitent avec précision la foi catholique.

CanonErreur condamnéeVérité affirmée
1L'extrême-onction n'est qu'un rite des Pères ou une invention humaine, non un vrai sacrementC'est un sacrement véritable, institué par le Christ (Mc 6, 13) et promulgué par Jacques (Jc 5)
2L'onction ne confère pas la grâce et ne remet pas les péchés ; elle n'était qu'un charisme de guérison aujourd'hui éteintElle confère la grâce, remet les péchés et soulage le malade
3Le rite romain est contraire à Jacques et peut être méprisé sans péchéLe rite de l'Église romaine est conforme à Jacques ; le mépriser est un grave péché
4Les « presbytres » de Jacques sont les anciens de la communauté, non des prêtres ordonnésLe ministre propre est le prêtre seul, ordonné par l'évêque

La formulation des anathèmes est tranchante. Le premier canon vise directement Luther :

« Si quelqu'un dit que l'extrême-onction n'est pas vraiment et proprement un sacrement institué par le Christ notre Seigneur et promulgué par l'apôtre saint Jacques, mais seulement un rite reçu par les Pères ou une invention humaine : qu'il soit anathème. » — Concile de Trente, session XIV, canon 1, 25 novembre 1551[38]

Pourquoi les protestants l'ont rejeté

L'attaque des Réformateurs portait sur deux fronts. D'abord, le pouvoir d'instituer un sacrement. Luther, dans De la captivité babylonienne de l'Église (1520), dénie à Jacques le pouvoir d'instituer un sacrement : l'onction décrite n'est pour lui qu'un « conseil de Jacques » (dérivé de Mc 6, 13) que chacun est libre de suivre, non un signe efficace de la grâce[39]. Ce n'est que deux ans plus tard, dans sa préface au Nouveau Testament (1522), qu'il contestera frontalement l'apostolicité de l'épître elle-même, la qualifiant d'« épître de paille »[40]. Ensuite, la cessation des charismes. Jean Calvin, dans son Institution de la religion chrétienne (livre IV, ch. 19), soutient que l'onction de Jacques relevait du don temporaire de guérison de l'Église primitive : ce charisme ayant cessé, l'onction serait devenue une imitation vide du geste apostolique — un jeu hypocrite, sans raison ni effet[41].

La réponse catholique est précisément l'objet du canon 2. L'objection de Calvin suppose que la promesse de Jacques se réduit à la guérison du corps ; or le texte dit aussi : « s'il a commis des péchés, ils lui seront remis » — une promesse de grâce spirituelle, non de simple convalescence. Le sacrement ne garantit pas la guérison physique ; il garantit la grâce intérieure, et accorde la santé du corps seulement « quand cela est utile au salut de l'âme »[42]. Quant à l'objection de Luther sur Jacques, elle se heurte à la réception universelle et constante de l'épître comme Écriture canonique, et à l'attestation continue du rite depuis Innocent Ier. Pour la réfutation d'ensemble des thèses protestantes sur les sacrements, on se reportera au dossier Réponses au protestantisme et à l'article Qu'est-ce qu'un sacrement ?.

La théologie du sacrement selon saint Thomas

Rogier van der Weyden, détail du volet droit du Retable des Sept Sacrements, milieu des années 1440, Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers — Wikimedia Commons, domaine public.

Avant Trente, saint Thomas d'Aquin avait donné de l'extrême-onction l'analyse théologique la plus pénétrante, dans le Supplément de la Somme théologique (questions 29 à 33). Deux intuitions y dominent.

La « consommation » de toute la vie chrétienne

Pour saint Thomas, l'onction occupe une place unique : elle est le dernier remède, celui qui dispose immédiatement l'âme à la gloire. Tous les autres sacrements guérissent l'homme en chemin ; celui-ci le prépare au terme.

« Les sacrements de l'Église remédient de façon suffisante aux défauts des hommes dans toutes les situations où ils se trouvent ; or il n'y a, pour ceux qui quittent cette vie, d'autre secours que l'extrême-onction : elle est donc un sacrement. » — Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, Supplément, q. 29, a. 1[43]

Trente reprendra exactement cette idée en appelant l'extrême-onction « la consommation non seulement du sacrement de la pénitence, mais aussi de toute la vie chrétienne, qui doit être une pénitence perpétuelle »[44]. Le sacrement n'est pas un appendice morbide : il est l'achèvement d'un itinéraire entier de grâce.

Le remède aux « séquelles du péché »

L'apport propre de l'onction, selon saint Thomas, n'est pas d'abord la rémission des fautes graves — c'est l'office de la pénitence — mais la guérison de ce qu'il appelle les reliquiae peccati, les « séquelles du péché » : la faiblesse, la langueur spirituelle, les traces que le péché laisse dans l'âme même après le pardon, et qui rendent l'homme moins disponible à la gloire. Filant la comparaison de la vie spirituelle avec les âges du corps, saint Thomas range l'onction parmi les remèdes qui rendent la vigueur :

« Il y a ce rétablissement de la vigueur première qu'on obtient par un régime et un exercice appropriés ; ce qui en tient lieu dans la vie spirituelle, c'est l'extrême-onction, qui enlève les séquelles du péché et rend l'homme prêt pour la gloire finale. » — Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIᵃ pars, q. 65, a. 1[45]

C'est pourquoi elle est par excellence le sacrement qui « achève de nous conformer à la mort et à la résurrection du Christ, comme le Baptême avait commencé de le faire »[46].

Saint Thomas explique aussi pourquoi l'onction médiévale multipliait les gestes : la guérison des blessures intérieures ne peut être signifiée « de façon adéquate que par l'application du remède aux divers principes d'où viennent les blessures »[47]. La réforme de 1972, en réduisant les onctions au front et aux mains, n'a pas contredit cette logique : elle a jugé qu'un signe unique et clair suffisait à la signifier.

Comment se célèbre l'onction des malades aujourd'hui

Matière, forme et ministre : l'huile des malades, la prière sacramentelle et le prêtre. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Après Vatican II, le pape Paul VI a promulgué un rite entièrement révisé par la constitution apostolique Sacram unctionem infirmorum du 30 novembre 1972[48]. Comme tout sacrement, l'onction des malades se compose d'une matière, d'une forme et d'un ministre, articulés dans une célébration liturgique.

La matière : l'huile des malades

La matière du sacrement est l'huile des malades (oleum infirmorum) — huile d'olive ou, à défaut, toute huile végétale —, normalement bénite par l'évêque lors de la messe chrismale, et conservée à l'église parmi les saintes huiles. En cas de nécessité, le prêtre qui administre le sacrement peut lui-même bénir l'huile, au cours même de la célébration[49]. L'huile n'est pas choisie au hasard : depuis l'antiquité, elle évoque à la fois le remède qui apaise les plaies et l'onction de l'Esprit Saint « dont l'âme du malade est ointe invisiblement »[50].

La forme : « Par cette onction sainte… »

La forme — les paroles qui accompagnent l'onction — a été notablement renouvelée. Là où la forme médiévale était déprécative et centrée sur le pardon des fautes des sens, la forme actuelle est une prière unique qui invoque la grâce de l'Esprit Saint pour le salut et le relèvement du malade :

« Par cette onction sainte, que le Seigneur, en sa grande bonté vous réconforte par la grâce de l'Esprit Saint. Ainsi, vous ayant libéré de tous péchés, qu'Il vous sauve et vous relève. » — Forme du sacrement, Sacram unctionem infirmorum, 1972[51]

Le prêtre prononce cette formule une seule fois, en oignant successivement le front puis les mains. Le déplacement d'accent est manifeste : de la purification des fautes commises par les sens, on passe à la grâce de l'Esprit qui sauve, libère et relève — un vocabulaire de vie et de force, et non plus seulement de fin de vie.

Le ministre : le prêtre seul

Le ministre propre de l'onction des malades est le prêtre seul — évêque ou presbytre —, jamais le diacre ni le laïc[52]. Trente l'avait défini contre les Réformateurs, et le Code de droit canonique le redit : « Tout prêtre, et seul le prêtre, administre validement l'onction des malades » (can. 1003, § 1)[53]. La raison est inscrite dans le texte de Jacques : ce sont « les presbytres de l'Église » qui sont appelés. Le prêtre agit ici in persona Christi, au nom du Christ médecin et au nom de toute l'Église qui prie sur le malade.

Le rite : imposition des mains, onction, prière

La célébration comporte trois gestes principaux, hérités directement de Jacques 5. D'abord, les prêtres « imposent — en silence — les mains aux malades ». Ensuite, ils « prient sur les malades dans la foi de l'Église » : c'est l'épiclèse propre du sacrement, l'appel de l'Esprit Saint. Enfin, ils « donnent l'onction avec l'huile bénite »[54]. Le sacrement peut être précédé de la confession et suivi de la communion ; il est très convenable qu'il soit célébré « au sein de l'Eucharistie, mémorial de la Pâque du Seigneur »[55].

À qui s'adresse le sacrement ?

Maladie grave, opération importante, fragilité du grand âge, aggravation ou rechute : il ne faut pas attendre l'agonie. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

La question de savoir qui peut recevoir l'onction, et quand, est précisément celle que Vatican II a voulu clarifier. Le Code de droit canonique de 1983 en fixe les règles.

En cas de maladie grave, pas seulement à l'agonie

Le critère n'est pas l'imminence de la mort, mais le danger sérieux. Le canon 1004 est net :

« L'onction des malades peut être administrée au fidèle qui, parvenu à l'usage de la raison, commence à se trouver en danger pour cause de maladie ou de vieillesse. » — Code de droit canonique, can. 1004, § 1[56]

Le Catéchisme précise les situations concrètes : il est « approprié de recevoir l'Onction des malades au seuil d'une opération importante », et il en va de même « pour les personnes âgées dont la fragilité s'accentue »[57]. On peut donc, et on doit, recevoir le sacrement bien avant l'agonie — c'est même le moment où le malade, encore conscient et capable de prier, en tire le plus de fruit.

La réitération

Contrairement au baptême, à la confirmation et à l'ordre, qui ne se reçoivent qu'une fois, l'onction des malades peut être renouvelée. Le canon 1004 §2 le précise : « Ce sacrement peut être réitéré si le malade, après guérison, tombe de nouveau gravement malade, ou si, au cours de la même maladie, le danger s'aggrave »[58]. Trente l'enseignait déjà : si les malades retrouvent la santé après cette onction, ils pourront de nouveau être aidés par ce sacrement[59].

Les cas douteux et les inconscients

La pastorale du sacrement est marquée par une grande largeur. En cas de doute, l'Église penche vers la générosité :

« S'il y a doute que le malade soit parvenu à l'usage de la raison, ou que sa maladie soit dangereuse, ou qu'il soit décédé, le sacrement sera administré. » — Code de droit canonique, can. 1005[60]

Et pour ceux qui ont perdu connaissance, le canon 1006 dispose que « le sacrement sera donné aux malades qui, lorsqu'ils étaient conscients, l'ont demandé au moins implicitement »[61] — ce qui couvre tout fidèle qui, vivant dans la foi, aurait voulu recevoir les secours de l'Église. C'est pourquoi un prêtre appelé auprès d'un mourant inconscient, voire récemment décédé sans certitude médicale, administre le sacrement sous condition plutôt que de le refuser.

À qui on ne le donne pas

La seule restriction concerne l'obstination dans le mal : « L'onction des malades ne sera pas donnée à ceux qui persévèrent avec obstination dans un péché grave manifeste »[62]. Cette règle prolonge l'enseignement ancien — déjà Innocent Ier et le concile de Pavie réservaient l'onction à ceux qui n'étaient pas exclus des autres sacrements[63]. Le sacrement n'est pas un automatisme magique : il suppose, au moins implicitement, l'ouverture du cœur à la grâce.

Les effets de l'onction des malades

Les cinq effets récapitulés par le CEC § 1532 : réconfort, union à la Passion, pardon, guérison éventuelle et préparation au passage. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

Que produit, au juste, le sacrement ? L'Église en énumère cinq effets, que le Catéchisme récapitule[64]. Aucun n'est la guérison physique garantie — et c'est l'objection sceptique la plus fréquente. La réponse catholique est constante : le sacrement opère d'abord dans l'âme ; il touche le corps seulement si Dieu le veut pour le salut du malade[65].

Une grâce de réconfort et de force

L'effet premier n'est pas la suppression de la maladie, mais la transfiguration de son épreuve. Le Catéchisme parle d'« une grâce de réconfort, de paix et de courage pour vaincre les difficultés propres à l'état de maladie grave ou à la fragilité de la vieillesse »[66]. Cette grâce « renouvelle la confiance et la foi en Dieu et fortifie contre les tentations du malin, tentation de découragement et d'angoisse de la mort »[67]. C'est exactement le combat que Trente décrivait : armer le malade contre l'assaut suprême du tentateur.

L'union à la Passion du Christ

L'effet le plus profond est une consécration. Par le sacrement, le malade reçoit « la force et le don de s'unir plus intimement à la Passion du Christ » : sa souffrance, « séquelle du péché originel, reçoit un sens nouveau : elle devient participation à l'œuvre salvifique de Jésus »[68]. Saint Jean-Paul II, dans sa lettre apostolique Salvifici doloris (11 février 1984), a développé tout ce mystère de la souffrance rédemptrice : unie à celle du Christ, la souffrance du croyant devient féconde pour l'Église et le monde[69]. Le malade n'est plus seulement objet de compassion : il devient, par grâce, acteur du salut.

Le pardon des péchés

Conformément à la promesse de Jacques — « s'il a commis des péchés, ils lui seront remis » —, l'onction remet les péchés que le malade ne peut plus confesser, par exemple s'il a perdu l'usage de la parole ou la conscience[70]. Elle ne remplace pas la confession pour qui peut encore s'y présenter ; mais lorsque celle-ci est devenue impossible, l'onction obtient le pardon dans la mesure où le malade est intérieurement contrit. Trente le confirme : la grâce de l'Esprit Saint « nettoie les fautes, si certaines sont encore à expier, et les séquelles du péché »[71].

La guérison du corps « si elle convient au salut »

Le sacrement peut aussi rendre la santé corporelle — mais conditionnellement. Florence parlait déjà de la guérison « pour autant que cela est utile à l'âme »[72], et Trente précise que le malade « parfois enfin obtient la santé du corps, quand cela est utile au salut de l'âme »[73]. La guérison n'est donc ni promise ni exclue : elle est remise à la sagesse de Dieu, qui connaît mieux que nous ce qui sert vraiment au salut. C'est ce qui distingue le sacrement d'une recette thaumaturgique : il ne force pas la main de Dieu, il livre le malade à sa miséricorde.

Une grâce ecclésiale

Enfin, l'onction a une dimension communautaire. Le malade qui la reçoit ne se sauve pas seul : « en s'associant librement à la Passion et à la mort du Christ », il apporte « sa part pour le bien du peuple de Dieu »[74]. Toute l'Église prie sur lui ; et lui, par sa souffrance offerte, « contribue à la sanctification de l'Église ». La maladie cesse d'être un temps stérile : elle devient un service rendu au Corps mystique.

Onction, viatique et « derniers sacrements »

Réconciliation, fortification et nourriture pour le passage : trois dons distincts, dont le viatique est le vrai dernier sacrement. Infographie originale Ignispedia créée par IA.

L'onction des malades est souvent confondue avec ce que la tradition appelle les « derniers sacrements ». En réalité, elle n'en est qu'une partie. À l'heure de la mort, l'Église offre au chrétien un ensemble : la confession, l'onction, et surtout l'Eucharistie reçue comme viatique.

Les trois sacrements qui préparent à la Patrie

De même que le baptême, la confirmation et l'Eucharistie forment les « sacrements de l'initiation chrétienne », le Catéchisme enseigne que « la Pénitence, la Sainte Onction et l'Eucharistie, en tant que viatique, constituent, quand la vie chrétienne touche à son terme, les sacrements qui préparent à la Patrie »[75]. L'ordre liturgique est précis : d'abord la réconciliation par la confession, puis l'onction qui fortifie, enfin la communion comme nourriture du voyage. Le tout forme l'accompagnement complet du mourant.

Le viatique, vrai dernier sacrement

Leonardo Alenza, Le Viatique, XIXe siècle — Wikimedia Commons, domaine public.

Le mot viatique vient du latin viaticum, « provision pour la route ». C'est l'Eucharistie reçue à l'approche de la mort, « semence de vie éternelle et puissance de résurrection »[76]. Contrairement à une idée répandue, ce n'est donc pas l'onction, mais l'Eucharistie, qui est le véritable dernier sacrement du chrétien : « En tant que sacrement de la Pâque du Christ, l'Eucharistie devrait toujours être le dernier sacrement de la pérégrination terrestre, le viatique pour le passage vers la vie éternelle »[77]. L'onction prépare et fortifie ; le viatique accomplit le passage, en unissant le mourant au Christ mort et ressuscité.

Ne pas attendre le dernier moment

De tout ce qui précède découle une conséquence pastorale majeure, que l'Église ne cesse de rappeler : il ne faut pas attendre l'agonie pour appeler le prêtre. Reçue trop tard, lorsque le malade est déjà inconscient ou à l'extrême limite, l'onction conserve sa valeur sacramentelle, mais le malade ne peut plus s'y disposer activement, prier, communier, vivre son union au Christ. Reçue au bon moment — dès le danger sérieux —, elle déploie au contraire toute sa grâce de force et de paix. « C'est le devoir des pasteurs d'instruire les fidèles des bienfaits de ce sacrement », conclut le Catéchisme, et celui des proches d'« encourager les malades à faire appel au prêtre »[78]. Demander l'onction n'est pas un aveu de désespoir : c'est un acte de foi en Celui qui « relève » le malade.

Repères chronologiques

  1. Ier siècle
    L'épître de saint Jacques

    Saint Jacques décrit le rite : appeler les presbytres, prier sur le malade, l'oindre d'huile « au nom du Seigneur » (Jc 5, 14-15). Marc avait déjà noté que les apôtres « faisaient des onctions d'huile à de nombreux malades » (Mc 6, 13).

  2. 19 mars 416
    Innocent Ier à Decentius

    Le pape confirme que Jacques 5 vise un rite ecclésial avec l'huile bénite par l'évêque, et le distingue d'un simple usage dévotionnel : c'est « de l'ordre du sacrement ».

  3. 850
    Concile de Pavie

    L'onction est désignée comme « mystère grand et très désirable » par lequel le péché est remis et la santé parfois rétablie ; sa prédication aux peuples est recommandée.

  4. 22 novembre 1439
    Concile de Florence

    Le décret pour les Arméniens fixe matière, forme et ministre, et décrit la pratique médiévale des sept onctions (les cinq sens, les pieds et les reins), avec une forme déprécative.

  5. 25 novembre 1551
    Concile de Trente, session XIV

    Définition dogmatique : l'extrême-onction est un vrai sacrement institué par le Christ ; quatre canons condamnent les thèses de Luther et Calvin.

  6. 4 décembre 1963
    Vatican II — Sacrosanctum concilium

    Le concile rend au sacrement son nom d'« onction des malades » et rappelle qu'il n'est pas réservé aux agonisants (SC 73-75).

  7. 30 novembre 1972
    Paul VI — Sacram unctionem infirmorum

    Nouveau rite : imposition des mains, onction du front et des mains, forme unique invoquant la grâce de l'Esprit Saint (constitution du 30 novembre 1972).

  8. 1983
    Code de droit canonique

    Les canons 998-1007 codifient la discipline actuelle : destinataire, réitération, cas douteux, ministre, restrictions.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Concile Vatican II, constitution dogmatique Lumen gentium, n° 11 (21 novembre 1964), cité en ouverture par le Catéchisme de l'Église catholique, § 1499 (Mame/Plon, édition typique latine de 1997).

    1
  2. Concile Vatican II, constitution sur la sainte liturgie Sacrosanctum concilium, n° 73 (4 décembre 1963) ; cf. CEC § 1514.

    2 9
  3. Épître de saint Jacques, 5, 14 (traduction citée par le CEC § 1510).

    3
  4. Catéchisme de l'Église catholique, § 1511 (Mame/Plon, édition typique latine de 1997).

    4
  5. Catéchisme de l'Église catholique, § 1513.

    5
  6. Catéchisme de l'Église catholique, § 1520.

    6 65
  7. Catéchisme de l'Église catholique, § 1523 : l'expression sacramentum exeuntium y figure avec renvoi au concile de Trente, ch. 3 (DS 1698) ; le même paragraphe cite DS 1694 pour l'onction « solide rempart ».

    7 10
  8. Catéchisme de l'Église catholique, § 1512.

    8 12 14
  9. Concile de Florence, décret d'union pour les Arméniens (bulle Exsultate Deo), 22 novembre 1439 — DS 1324.

    11 32
  10. Concile de Trente, session XIV (25 novembre 1551), doctrine, ch. 3 — DS 1698.

    13 15 59
  11. Catéchisme de l'Église catholique, § 1512 (citant le concile de Trente, DS 1696).

    16
  12. Catéchisme de l'Église catholique, § 1502 (le malade devant Dieu dans l'Ancien Testament).

    17
  13. Livre d'Isaïe, 53, 11 ; cf. CEC § 1502 (le sens rédempteur de la souffrance).

    18
  14. Livre d'Isaïe, 33, 24 ; cf. CEC § 1502.

    19
  15. Catéchisme de l'Église catholique, § 1503 (citant Lc 7, 16 ; Mt 4, 24).

    20
  16. Catéchisme de l'Église catholique, § 1503 (citant Mc 2, 17 : le Christ médecin de l'homme tout entier).

    21
  17. Évangile selon saint Matthieu, 25, 36 ; cité par le CEC § 1503.

    22
  18. Catéchisme de l'Église catholique, § 1505 (sens nouveau donné à la souffrance par la Croix ; cf. Is 53, 4-6).

    23
  19. Évangile selon saint Marc, 6, 12-13 ; cité par le CEC § 1506.

    24
  20. Concile de Trente, session XIV (25 novembre 1551), doctrine sur le sacrement de l'extrême-onction, ch. 1 — DS 1695.

    25
  21. Épître de saint Jacques, 5, 14-15 (traduction citée par le CEC § 1510 et § 1526).

    26
  22. Concile de Trente, session XIV (25 novembre 1551), doctrine, ch. 1 — DS 1695 (l'Église y a appris la matière, la forme, le ministre et l'effet du sacrement).

    27
  23. Catéchisme de l'Église catholique, § 1512 (attestations d'onctions de malades dès l'antiquité, en Orient et en Occident).

    28
  24. Pape Innocent Ier, lettre Si instituta ecclesiastica à Decentius de Gubbio, 19 mars 416, ch. 8 — DS 216.

    29
  25. Pape Innocent Ier, lettre à Decentius de Gubbio, 416 — DS 216 (l'onction « est de l'ordre du sacrement » ; elle ne peut être faite sur les pénitents publics).

    30
  26. Concile de Pavie (850), can. 8 — DS 620.

    31
  27. Concile de Florence, décret pour les Arméniens, 22 novembre 1439 — DS 1324 (forme déprécative et onction de chacun des sens).

    33
  28. Concile de Trente, session XIV (25 novembre 1551), doctrine, ch. 1 — DS 1695.

    34
  29. Concile de Trente, session XIV (25 novembre 1551), doctrine, ch. 1 — DS 1695 (matière, forme, ministre et effet « transmis de main en main par la tradition apostolique »).

    35
  30. Concile de Trente, session XIV (25 novembre 1551), doctrine sur l'extrême-onction, préambule — DS 1694.

    36
  31. Concile de Trente, session XIV (25 novembre 1551), préambule — DS 1694 (le Christ « a fortifié la fin de leur vie comme d'une très solide protection »).

    37
  32. Concile de Trente, session XIV (25 novembre 1551), canon 1 sur l'extrême-onction — DS 1716.

    38
  33. Martin Luther, De la captivité babylonienne de l'Église (De captivitate Babylonica ecclesiae praeludium), 1520 — l'extrême-onction n'est pas un sacrement mais un « conseil de Jacques » que chacun peut librement suivre, dérivé de Mc 6, 13.

    39
  34. Martin Luther, préface au Nouveau Testament (édition de septembre 1522) — l'épître de Jacques y est qualifiée d'« épître de paille » (eine recht stroherne Epistel), parue deux ans après De la captivité babylonienne.

    40
  35. Jean Calvin, Institution de la religion chrétienne, livre IV, ch. 19 (« Des cinq autres cérémonies faussement nommées sacrements »), éd. de 1560 — l'onction de Jacques relèverait du charisme temporaire de guérison de l'Église primitive, aujourd'hui éteint.

    41
  36. Concile de Trente, session XIV (25 novembre 1551), doctrine, ch. 2 — DS 1696 (la santé du corps obtenue « quand cela est utile au salut de l'âme »).

    42
  37. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, Supplément, q. 29, a. 1 (Sed contra).

    43
  38. Concile de Trente, session XIV (25 novembre 1551), préambule — DS 1694.

    44
  39. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, IIIᵃ pars, q. 65, a. 1 : l'extrême-onction « enlève les séquelles du péché et rend l'homme prêt pour la gloire finale » (cf. Supplément, q. 30, a. 1).

    45
  40. Catéchisme de l'Église catholique, § 1523.

    46
  41. Saint Thomas d'Aquin, Somme théologique, Supplément, q. 29, a. 2 (conclusion) : la guérison des blessures intérieures se signifie par l'application du remède aux divers principes d'où viennent les blessures.

    47
  42. Paul VI, constitution apostolique Sacram unctionem infirmorum, 30 novembre 1972 (nouveau rite de l'onction des malades ; entrée en vigueur en 1974) — texte intégral sur vatican.va.

    48
  43. Catéchisme de l'Église catholique, § 1530 ; cf. CIC, can. 999.

    49
  44. Concile de Trente, session XIV (25 novembre 1551), doctrine, ch. 1 — DS 1695 (« l'onction représente très adéquatement la grâce de l'Esprit Saint »).

    50
  45. Catéchisme de l'Église catholique, § 1513, citant la forme de Sacram unctionem infirmorum (1972) ; cf. CIC, can. 847, § 1.

    51
  46. Catéchisme de l'Église catholique, § 1516 (citant le concile de Trente, DS 1697 et 1719 ; CIC, can. 1003).

    52
  47. Code de droit canonique (1983), can. 1003, § 1.

    53
  48. Catéchisme de l'Église catholique, § 1519 (imposition des mains, prière dans la foi de l'Église, onction).

    54
  49. Catéchisme de l'Église catholique, § 1517.

    55
  50. Code de droit canonique (1983), can. 1004, § 1 ; cf. Sacrosanctum concilium, n° 73.

    56
  51. Catéchisme de l'Église catholique, § 1515.

    57
  52. Code de droit canonique (1983), can. 1004, § 2.

    58
  53. Code de droit canonique (1983), can. 1005.

    60
  54. Code de droit canonique (1983), can. 1006.

    61
  55. Code de droit canonique (1983), can. 1007.

    62
  56. Concile de Pavie (850), can. 8 — DS 620 (l'onction refusée à celui à qui les autres sacrements sont interdits) ; cf. Innocent Ier, DS 216.

    63
  57. Catéchisme de l'Église catholique, § 1532 (récapitulatif des cinq effets du sacrement).

    64
  58. Catéchisme de l'Église catholique, § 1520.

    66
  59. Catéchisme de l'Église catholique, § 1520 (citant He 2, 15).

    67
  60. Catéchisme de l'Église catholique, § 1521.

    68
  61. Saint Jean-Paul II, lettre apostolique Salvifici doloris sur le sens chrétien de la souffrance humaine, 11 février 1984 — texte intégral sur vatican.va.

    69
  62. Catéchisme de l'Église catholique, § 1520 (citant Jc 5, 15 et le concile de Trente, DS 1717).

    70
  63. Concile de Trente, session XIV (25 novembre 1551), doctrine, ch. 2 — DS 1696.

    71
  64. Concile de Florence, décret pour les Arméniens, 22 novembre 1439 — DS 1325 (effet : guérison de l'esprit et, « pour autant que cela est utile à l'âme », celle du corps).

    72
  65. Concile de Trente, session XIV (25 novembre 1551), doctrine, ch. 2 — DS 1696.

    73
  66. Catéchisme de l'Église catholique, § 1522 (citant Lumen gentium, n° 11).

    74
  67. Catéchisme de l'Église catholique, § 1525.

    75
  68. Catéchisme de l'Église catholique, § 1524 (citant Jn 6, 54).

    76
  69. Catéchisme de l'Église catholique, § 1517.

    77
  70. Catéchisme de l'Église catholique, § 1516.

    78