Le viatique

Le viatique est la Communion eucharistique donnée au chrétien en danger de mort, comme « provision pour la route » vers la Patrie : son sens, son fondement (Jn 6, 54), son histoire (Nicée 325, Trente), son rite propre et la discipline de l'Église. C'est l'Eucharistie, et non l'onction, qui est le vrai dernier sacrement du chrétien.

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Le viatique est la Communion eucharistique donnée au chrétien qui se trouve en danger de mort, pour le fortifier au moment de quitter ce monde. Le mot vient du latin viaticum — la « provision de voyage », ce qu'on emportait jadis pour soutenir le voyageur sur la route. Appliqué à l'Eucharistie, il désigne le pain du dernier voyage : la nourriture que l'Église met dans la main du mourant pour le passage de la mort à la vie. Ce n'est pas un huitième sacrement ni une dévotion facultative : c'est l'Eucharistie elle-même, reçue dans une situation singulière et selon un rite propre[1].

Une idée très répandue fait de l'Onction des malades le « dernier sacrement » du chrétien — l'ancienne « extrême-onction ». C'est inexact. Pour l'Église, le véritable dernier sacrement est l'Eucharistie reçue comme viatique : « En tant que sacrement de la Pâque du Christ, l'Eucharistie devrait toujours être le dernier sacrement de la pérégrination terrestre, le "viatique" pour le "passage" vers la vie éternelle »[2]. L'Onction prépare et fortifie ; le viatique accomplit le passage, en unissant le mourant au Christ mort et ressuscité.

Cet article expose ce qu'est le viatique, son fondement dans la foi eucharistique, son histoire — l'une des plus anciennes de l'Église, attestée dès le concile de Nicée —, son rite actuel, sa discipline (qui le reçoit, quand, par qui), et son sens spirituel. Il appartient à la même famille liturgique que l'adoration eucharistique, dont la réserve du Saint-Sacrement pour les malades est la racine ancienne. Pour le sacrement de l'onction lui-même, voir L'onction des malades ; pour la doctrine eucharistique générale, L'Eucharistie ; pour le sens chrétien d'une bonne mort, La mort du juste.

Qu'est-ce que le viatique ?

Une communion, pas un sacrement à part

Le viatique n'ajoute rien au nombre des sept sacrements. Ce que reçoit le mourant, c'est exactement le Corps et le Sang du Christ, le même sacrement que celui reçu à la messe du dimanche. Ce qui change, c'est la situation — le danger de mort — et le rite qui entoure cette Communion : une rénovation de la foi baptismale, une formule propre, des prières pour l'agonisant. Le Catéchisme le dit avec précision :

« À ceux qui vont quitter cette vie, l'Église offre, en plus de l'Onction des malades, l'Eucharistie comme viatique. Reçue à ce moment de passage vers le Père, la Communion au Corps et au Sang du Christ a une signification et une importance particulières. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1524[3]

Le mot « viatique » figure d'ailleurs, depuis l'Antiquité, parmi les noms mêmes de l'Eucharistie. Le Catéchisme, énumérant les appellations du sacrement — « pain des anges, pain du ciel, médicament d'immortalité » selon saint Ignace d'Antioche — y range aussi « viatique »[4]. L'Eucharistie est ainsi le « pain de notre pèlerinage […] jusqu'au moment de la mort, où il nous sera donné comme viatique »[5].

L'étymologie : « provision pour la route »

Ordre des sacrements — infographie originale IA. D’après le Catéchisme, §§ 1517 et 1525.

Le terme viaticum appartenait au latin profane bien avant le christianisme : il désignait l'argent, les vivres et l'équipement qu'on rassemblait pour un voyage. Les chrétiens des premiers siècles ont retourné le mot vers son sens le plus haut : le seul voyage qui compte vraiment est le passage de cette vie à l'autre, et la seule provision qui le soutienne est le Christ lui-même[6]. Le viatique est donc, littéralement, la nourriture du voyageur de l'éternité.

« Du latin viaticum : "provisions de voyage", via signifiant "route". […] La communion eucharistique apportée à un malade proche de la mort, pour le fortifier en vue du "passage" vers la Patrie. » — Liturgie & Sacrements, lexique liturgique (Conférence des évêques de France)[7]

Cette image de la route n'est pas décorative : elle traduit une vérité de foi. La vie chrétienne est une pérégrination, une marche vers Dieu ; la mort en est le dernier pas. L'Église ne laisse pas le chrétien franchir ce pas à mains vides — elle lui donne, pour la route, Celui qui est lui-même le Chemin (Jn 14, 6).

Le vrai « dernier sacrement » du chrétien

C'est ici que le viatique corrige une confusion tenace. Dans l'esprit de beaucoup, le « dernier sacrement » est l'onction donnée à l'agonisant — héritage du nom médiéval d'« extrême-onction », c'est-à-dire « onction donnée à l'extrémité de la vie ». Or l'ordre voulu par l'Église est différent. Lorsque les trois sacrements de la fin de vie sont reçus ensemble, l'Eucharistie vient en dernier :

« Si les circonstances y invitent, la célébration du sacrement [de l'Onction] peut être précédée du sacrement de Pénitence et suivie du sacrement de l'Eucharistie. En tant que sacrement de la Pâque du Christ, l'Eucharistie devrait toujours être le dernier sacrement de la pérégrination terrestre, le "viatique" pour le "passage" vers la vie éternelle. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1517[8]

Le viatique est donc le point d'arrivée de toute la vie sacramentelle : non pas une onction qui scelle, mais une rencontre qui consomme. Le chrétien meurt, autant que possible, le Christ en lui — uni substantiellement à Celui qu'il va voir face à face.

Viatique et « derniers sacrements » : le bon ordre

Pour situer le viatique, il faut comprendre l'ensemble dont il fait partie. De même que le Baptême, la Confirmation et l'Eucharistie forment les « sacrements de l'initiation chrétienne », le Catéchisme enseigne que trois sacrements achèvent la vie chrétienne :

« on peut dire que la Pénitence, la Sainte Onction et l'Eucharistie, en tant que viatique, constituent, quand la vie chrétienne touche à son terme, "les sacrements qui préparent à la Patrie" ou les sacrements qui achèvent la pérégrination. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1525[9]

L'ordre liturgique est précis et chargé de sens.

OrdreSacrementRôle à l'heure de la mortCe qu'il opère
1Pénitence (confession)Réconcilier, purifier l'âmeRemet les péchés, rend la grâce
2Onction des maladesFortifier, configurer à la PassionRéconfort, force, union à la Croix
3Eucharistie (viatique)Accomplir le passageUnit au Christ mort et ressuscité, « semence de résurrection »

D'abord la réconciliation, qui rend l'âme nette ; puis l'onction, qui la fortifie pour les dernières luttes ; enfin la Communion, qui la nourrit pour le départ. L'onction, rappelle le Catéchisme, « munit la fin de notre vie terrestre comme d'un solide rempart en vue des dernières luttes avant l'entrée dans la Maison du Père »[10] ; le viatique, lui, fait franchir le seuil de cette Maison. Le détail propre du sacrement de l'onction est traité dans l'article L'onction des malades ; le présent article reste centré sur l'Eucharistie-viatique.

Le fondement : l'Eucharistie, nourriture du passage

« Celui qui mange ma chair… je le ressusciterai » (Jn 6, 54)

Le sens du viatique — infographie originale IA. D’après Jn 6, 54 et le Catéchisme, § 1524.

Tout le sens du viatique tient dans une promesse du Christ. Au chapitre 6 de saint Jean, après la multiplication des pains, Jésus annonce le pain vivant descendu du ciel et lie explicitement l'Eucharistie à la résurrection des corps :

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le ressusciterai au dernier jour. » — Jésus-Christ, Évangile selon saint Jean 6, 54[11]

Recevoir l'Eucharistie à l'heure de la mort, ce n'est donc pas seulement un dernier réconfort : c'est poser dans le corps même du mourant le gage de sa résurrection. Le viatique relie le terme de la vie terrestre au matin du « dernier jour ». C'est pourquoi le Catéchisme appelle cette Communion « semence de vie éternelle et puissance de résurrection », en citant précisément ce verset[12].

Sacrement du passage de la mort à la vie

L'Eucharistie est le sacrement de la Pâque — c'est-à-dire, littéralement, du passage du Christ de la mort à la vie. Donnée au mourant, elle devient le sacrement de son passage :

« Sacrement du Christ mort et ressuscité, l'Eucharistie est ici sacrement du passage de la mort à la vie, de ce monde vers le Père. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1524 (cf. Jn 13, 1)[13]

Le chrétien ne traverse donc pas la mort seul, mais avec le Christ et dans le Christ : il meurt uni à Celui qui, le premier, a franchi ce passage et en est sorti vivant. C'est tout l'inverse d'un viatique magique ou d'un talisman : le viatique agit parce qu'il est une Personne, le Ressuscité présent dans son sacrement, qui prend le mourant par la main.

Pignus futurae gloriae : le gage de la gloire à venir

La tradition liturgique nomme l'Eucharistie le gage de la gloire future. L'antienne composée par saint Thomas d'Aquin pour la fête du Saint-Sacrement le chante :

« Ô banquet sacré où le Christ est notre aliment, où est ravivé le souvenir de sa passion, où la grâce emplit notre âme, où nous est donné le gage de la vie à venir. » — Antienne O sacrum convivium (… et futuræ gloriæ nobis pignus datur), citée par le Catéchisme, § 1402[14]

Cette dimension eschatologique éclaire le viatique. L'Eucharistie est déjà, dans le temps, l'anticipation du Ciel : elle est ce « remède d'immortalité, antidote pour ne pas mourir, mais pour vivre en Jésus-Christ pour toujours », selon la formule de saint Ignace d'Antioche que reprend le Catéchisme[15]. À l'heure de la mort, ce gage devient imminent : le mourant tient, sous l'humble apparence du pain, ce qu'il va recevoir en plénitude. Le viatique est donc le dernier acompte avant le paiement total — la dernière communion d'ici-bas qui débouche sur la communion sans fin.

Une pratique des origines

Repères historiques — infographie originale IA, scènes évocatrices. Sources : Justin, Première Apologie 65–67 ; Nicée, canon 13 ; Trente, session XIII, chapitre 6 ; rituel de 1972 ; CIC, canons 911 et 921–922.

Le viatique n'est pas une invention médiévale : c'est l'une des pratiques les plus anciennes de l'Église, attestée avant même le premier concile œcuménique. Sa logique est simple : si l'on conserve l'Eucharistie pour pouvoir la porter aux malades, alors l'Église a, dès les premiers siècles, le moyen de nourrir les mourants.

La réserve eucharistique pour les absents et les malades

Dès le milieu du IIe siècle, saint Justin décrit comment, à la fin de l'assemblée dominicale, les diacres portent l'Eucharistie « à ceux qui sont absents »[16] ; Tertullien, au début du IIIe, atteste que des fidèles conservaient chez eux des fragments consacrés pour communier en dehors des assemblées[17]. Cette réserve du Saint-Sacrement — d'abord destinée aux absents et aux malades — est la racine commune du viatique et, bien plus tard, de l'adoration eucharistique. Le concile de Trente le rappellera : la coutume de conserver l'Eucharistie « est si ancienne que le siècle du concile de Nicée la connaissait déjà »[18].

Le concile de Nicée (325) : « le dernier et plus nécessaire viatique »

Le premier concile œcuménique, réuni à Nicée en 325, consacre l'un de ses canons au viatique — preuve qu'il s'agissait déjà d'une discipline reçue, qu'il fallait seulement réaffirmer :

« Au sujet de ceux qui sont à l'article de la mort, on observera encore maintenant la loi ancienne et canonique : que celui qui est sur le point de mourir ne soit pas privé du dernier et plus nécessaire viatique. » — Premier concile de Nicée (325), canon 13[19]

Le canon précise même que cette communion ne peut être refusée à un pénitent agonisant : la miséricorde l'emporte à l'heure de la mort. Le mot « encore maintenant » et l'expression « loi ancienne et canonique » montrent que, dès 325, le viatique relevait d'une tradition déjà immémoriale. Le concile d'Orange (441) confirmera cette obligation, prescrivant qu'on accorde la communion aux pénitents mourants « selon la définition des Pères » de Nicée[20].

Les morts des Pères : Ambroise, Basile

Les récits de la mort des grands évêques anciens montrent combien le viatique était au cœur d'une mort chrétienne. Selon Paulin de Milan, son secrétaire, saint Ambroise (✝ 397) reçut l'Eucharistie peu avant d'expirer et rendit l'âme aussitôt après ; la tradition rapporte de même que saint Basile de Césarée (✝ 379) mourut le Corps du Christ encore sur les lèvres[21]. Ces récits ne sont pas de simples détails pieux : ils disent l'idéal d'une mort chrétienne — mourir en communiant, c'est-à-dire dans l'acte même de recevoir le Christ.

Le concile de Trente : une discipline confirmée

Face aux Réformateurs qui rejetaient la réserve eucharistique et son culte, le concile de Trente, en sa session XIII (1551), confirme solennellement la légitimité de conserver l'Eucharistie et de la porter aux malades :

« La coutume de conserver la sainte Eucharistie en un lieu sacré est si ancienne que le siècle du concile de Nicée la connaissait déjà. En outre, porter cette sainte Eucharistie aux malades et, pour ce faire, la conserver soigneusement dans les églises […] C'est pourquoi ce saint concile a statué qu'il fallait garder absolument cette coutume salutaire et nécessaire. » — Concile de Trente, session XIII (1551), chap. 6 ; Denzinger n° 1645[22]

La discipline du viatique se trouve ainsi reliée, de Nicée à Trente, en une chaîne ininterrompue. Le rite a évolué — la solennité du transport, les prières, la forme —, mais le geste est resté identique : porter le Christ au mourant.

  1. vers 150
    Saint Justin — réserve pour les absents

    Dans la Première Apologie, Justin décrit les diacres portant l'Eucharistie « à ceux qui sont absents ». Témoignage le plus ancien de la communion portée hors de l'assemblée — racine du viatique.

  2. 325
    Concile de Nicée — canon 13

    Le premier concile œcuménique réaffirme la « loi ancienne et canonique » : ne priver aucun mourant « du dernier et plus nécessaire viatique », même un pénitent.

  3. 397
    La mort de saint Ambroise

    Selon Paulin de Milan, Ambroise reçoit l'Eucharistie peu avant d'expirer — figure de la mort chrétienne « en communiant ».

  4. 441
    Concile d'Orange

    Le concile confirme qu'on doit donner la communion aux pénitents mourants « selon la définition des Pères » de Nicée.

  5. 11 octobre 1551
    Concile de Trente, session XIII

    Contre les Réformateurs, Trente confirme la légitimité de conserver l'Eucharistie et de la porter aux malades (chap. 6 ; DS 1645).

  6. 1972-1974
    Ordo Unctionis Infirmorum

    Après Vatican II, le nouveau rituel des malades restaure un ordo propre du viatique : rénovation des promesses du baptême, formule spéciale, célébration possible dans la messe.

  7. 1983
    Code de droit canonique

    Les canons 911, 921 et 922 codifient la discipline actuelle : obligation, réitération, non-retard, ministre du viatique.

Comment se donne le viatique aujourd'hui

Le rite hors de la messe — infographie originale IA, synthèse pédagogique du Rituel de la pastorale des malades présenté dans l’article ; déroulement adapté à l’état du malade.

Depuis la réforme liturgique qui a suivi le concile Vatican II, le viatique possède de nouveau un rite propre, distinct de la communion ordinaire des malades. Le Rituel de la pastorale des malades (issu de l'Ordo Unctionis Infirmorum de 1972) prévoit qu'il puisse être donné soit au cours de la messe célébrée près du malade, soit hors de la messe à partir du Saint-Sacrement réservé. Le déroulement met en valeur le caractère pascal de cette dernière Communion[23].

La rénovation des promesses du baptême

L'élément le plus caractéristique du rite est la rénovation de la profession de foi baptismale. Avant de recevoir le viatique, le mourant — s'il le peut encore — reprend les engagements de son baptême et professe le Credo[24]. Le sens est limpide : la vie chrétienne forme un arc qui va du baptême au viatique. Le baptême a fait entrer dans la vie du Christ ; le viatique en marque l'accomplissement. Le chrétien meurt en redisant le « oui » de ses commencements.

La formule propre du viatique

Au moment de donner la Communion, le ministre ne se contente pas de la formule habituelle « Le Corps du Christ ». Il ajoute une parole qui dit le sens du dernier voyage :

« Que le Seigneur Jésus-Christ te garde et te conduise à la vie éternelle. » — Formule du viatique, Rituel de la pastorale des malades[25]

La tradition latine disait de même : « Reçois, frère (sœur), le viatique du Corps du Christ : qu'il te garde et te conduise à la vie éternelle. Amen. »[26] Le mourant répond « Amen » — son dernier amen eucharistique. Tout est dit dans ce verbe : conduire. Le Christ reçu n'est pas un viatique inerte ; il est le compagnon de route qui mène jusqu'au terme.

La communion sous l'espèce du vin

Une disposition pastorale du rite mérite d'être notée : si le malade ne peut plus avaler de nourriture solide, il peut recevoir le viatique sous la seule espèce du vin[27]. La foi catholique enseigne en effet que le Christ est tout entier présent sous chacune des espèces — corps, sang, âme et divinité —, de sorte que communier au seul Précieux Sang, c'est recevoir le Christ tout entier. Cette souplesse manifeste l'urgence de charité du viatique : l'Église veut que le mourant puisse vraiment recevoir le Christ, et adapte la forme à sa faiblesse.

Le jeûne eucharistique levé

De même, le jeûne eucharistique — l'abstention de nourriture exigée avant la communion — ne s'impose pas au mourant qui reçoit le viatique[28]. Cette exception, déjà ancienne, témoigne de l'importance unique reconnue à cette Communion : rien ne doit empêcher le mourant de recevoir le Christ pour son passage. Là où la discipline ordinaire prépare et trie, le viatique ne connaît qu'une règle — donner le Christ, sans tarder.

Communion ordinaireViatique
SituationVie courante, état de grâceDanger de mort
RiteCommunion dans la messeRite propre : rénovation du baptême, prières pour le mourant
Formule« Le Corps du Christ »+ « Que le Seigneur… te conduise à la vie éternelle »
Jeûne eucharistiqueRequis (1 h)Levé
Fréquence le même jourEn principe deux fois maximumPossible même si l'on a déjà communié (can. 921 §2)

Qui reçoit le viatique, et quand ?

Tout fidèle en danger de mort

Le moment du viatique — infographie originale IA. D’après le Code de droit canonique, canons 921–922.

Le droit de l'Église est large et insistant. Le viatique n'est pas réservé à une élite spirituelle : il est dû à tout fidèle parvenu au danger de mort, « quelle qu'en soit la cause » — maladie, accident, vieillesse, exécution même :

« Les fidèles qui se trouvent en danger de mort, quelle qu'en soit la cause, seront nourris de la sainte communion sous forme du Viatique. » — Code de droit canonique (1983), canon 921 § 1[29]

Le mot « seront nourris » n'est pas une recommandation : c'est une obligation pour les pasteurs et un droit pour le fidèle. Comme pour l'onction, le danger de mort peut résulter d'une maladie, mais aussi d'une opération risquée ou de l'extrême vieillesse.

« Ne pas différer » : la grande consigne pastorale

La consigne la plus répétée par l'Église, à propos du viatique comme de l'onction, est de ne pas attendre le dernier moment. Le Code est lapidaire :

« Que le saint Viatique destiné aux malades ne soit pas trop différé ; ceux qui ont charge d'âmes veilleront avec soin à ce que les malades en soient réconfortés alors qu'ils ont encore toute leur connaissance. » — Code de droit canonique (1983), canon 922[30]

La raison est pastorale et spirituelle : reçu trop tard, lorsque le malade est déjà inconscient, le viatique conserve sa valeur, mais le mourant ne peut plus s'y disposer, prier, renouveler sa foi, dire son amen. Reçu au bon moment — quand il a « encore toute sa connaissance » —, il déploie toute sa grâce de paix et d'espérance. Demander le viatique n'est pas un aveu de défaite : c'est l'acte de foi suprême du chrétien qui veut mourir avec le Christ en lui.

Le viatique réitéré

Contrairement à l'onction, qui ne se redonne qu'en cas d'aggravation nouvelle, la Communion peut accompagner le mourant plusieurs jours de suite. Le Code encourage cette présence eucharistique répétée :

« Même s'ils ont déjà reçu la sainte communion le jour même, il est hautement conseillé que ceux qui se trouvent en danger de mort communient à nouveau. Tant que dure le danger de mort, il est conseillé que la sainte communion soit donnée plusieurs fois, à des jours différents. » — Code de droit canonique (1983), canon 921 §§ 2-3[31]

Ainsi le viatique n'est pas nécessairement un geste unique et solennel : il peut devenir un accompagnement quotidien, l'Eucharistie soutenant jour après jour celui qui s'achemine vers Dieu.

Confession, indulgence plénière in articulo mortis

Le viatique s'inscrit normalement dans un accompagnement plus large. Il est précédé, si nécessaire, du sacrement de Pénitence, pour que le mourant communie en état de grâce. À cette occasion, le prêtre peut aussi accorder, après l'acte pénitentiel ou la confession, l'indulgence plénière à l'article de la mort (in articulo mortis), avec la bénédiction apostolique[32]. L'Église entoure ainsi le mourant de toute sa sollicitude : pardon des péchés, remise des peines, force de l'onction, et — comme couronnement — le Christ lui-même reçu pour la route. Le détail du sacrement de réconciliation est traité dans La confession.

Qui porte le viatique ? Le ministre

Ministre ordinaire et cas de nécessité

Qui porte le viatique ? — infographie originale IA. D’après le Code de droit canonique, canon 911, §§ 1–2.

Le droit désigne avec soin qui a la charge de porter le viatique. La responsabilité première en revient aux pasteurs attachés au lieu où vit le malade :

« Le devoir et le droit de porter la très sainte Eucharistie en Viatique aux malades appartient au curé et aux vicaires paroissiaux, aux chapelains ainsi qu'au Supérieur de la communauté dans les instituts religieux cléricaux […]. En cas de nécessité, ou avec l'autorisation au moins présumée du curé […], tout prêtre ou tout autre ministre de la sainte communion doit le faire. » — Code de droit canonique (1983), canon 911 §§ 1-2[33]

En cas d'urgence, donc, tout prêtre — et même tout ministre de la communion — non seulement peut, mais doit porter le viatique. L'urgence du salut prime sur les questions de territoire : devant un mourant, il n'y a plus de paroisse étrangère.

Porter le Christ aux mourants : un devoir grave

Henryk Siemiradzki, Avec le viatique (1889), Musée national de Varsovie, MP 4577. Wikimedia Commons · domaine public.

Cette insistance du droit traduit une conviction ancienne : laisser un chrétien mourir sans le viatique, quand on pouvait le lui porter, est une faute grave de charité pastorale. C'est pourquoi, dans la chrétienté traditionnelle, le transport du viatique se faisait avec solennité — clochette, cierge, dais —, les passants s'agenouillant au passage du Saint-Sacrement allant vers un mourant. Là où il est encore pratiqué, ce transport en procession dit publiquement ce qu'est le viatique : le Christ qui se met en route vers celui qui se meurt[34].

Le viatique dans la vie spirituelle

Mourir uni au Christ mort et ressuscité

L’espérance chrétienne — infographie originale IA. D’après le Catéchisme, §§ 1392, 1402 et 1524.

Le viatique résume, en un seul geste, toute l'espérance chrétienne. Le chrétien ne meurt pas en stoïcien, serrant les dents devant l'inéluctable ; il ne meurt pas non plus dans l'illusion d'une survie naturelle de l'âme seule. Il meurt en communiant au Ressuscité, c'est-à-dire en posant dans sa propre chair mortelle la semence d'une chair glorieuse. La mort cesse d'être une fin pour devenir un passage — une Pâque. C'est pourquoi le viatique est inséparable du sens chrétien de la mort, développé dans La mort de qui vit pour le Ciel n'est plus la mort : non l'engloutissement, mais la rencontre.

Demeurer en Dieu jusqu'au dernier souffle

Le viatique rejoint enfin le cœur de la spiritualité de la Divine Volonté : faire de toute sa vie, jusqu'au bout, une union au don total que le Christ fait de lui-même. La Servante de Dieu Luisa Piccarreta (1865-1947), alitée durant des décennies et ne se nourrissant pratiquement que de l'Eucharistie quotidienne, offre de cette union une figure saisissante : sa vie cachée fut une communion ininterrompue, l'âme demeurant fixée en Dieu comme l'hostie demeure sur l'autel[35]. Mourir muni du viatique, c'est entrer dans cette logique : ne pas attendre la dernière heure pour s'unir à Dieu, mais laisser cette dernière Communion couronner une vie déjà tout entière tournée vers Lui.

« Le Corps du Christ que nous recevons dans la communion est "livré pour nous" […]. Chaque fois que nous le recevons, nous annonçons la mort du Seigneur. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1393, citant saint Ambroise[36]

Reçu pour la dernière fois, ce « mémorial de sa passion » devient, pour le mourant, l'annonce de sa propre Pâque. Le viatique est ainsi le plus beau résumé de la foi : Celui qui est mort et ressuscité se donne en nourriture à celui qui meurt, afin qu'il ressuscite avec Lui.

Pour aller plus loin

Notes et références

  1. Catéchisme de l'Église catholique, § 1524 (Mame/Plon, édition typique latine de 1997) : « À ceux qui vont quitter cette vie, l'Église offre, en plus de l'Onction des malades, l'Eucharistie comme viatique. […] Elle est semence de vie éternelle et puissance de résurrection […]. Sacrement du Christ mort et ressuscité, l'Eucharistie est ici sacrement du passage de la mort à la vie, de ce monde vers le Père (cf. Jn 13, 1). »

    1 3 12 13
  2. Catéchisme de l'Église catholique, § 1517 : « En tant que sacrement de la Pâque du Christ, l'Eucharistie devrait toujours être le dernier sacrement de la pérégrination terrestre, le "viatique" pour le "passage" vers la vie éternelle. »

    2 8
  3. Catéchisme de l'Église catholique, § 1331, sur les noms de l'Eucharistie : « pain des anges, pain du ciel, médicament d'immortalité (S. Ignace d'Antioche, Eph. 20, 2), viatique… »

    4
  4. Catéchisme de l'Église catholique, § 1392 : la communion eucharistique est le « pain de notre pèlerinage, jusqu'au moment de la mort, où il nous sera donné comme viatique ».

    5
  5. Étymologie : latin viaticum (« provision de voyage, frais de route »), dérivé de via (« la route, le chemin »). Le terme classique, profane (cf. Cicéron), désignait l'argent et les vivres rassemblés pour un voyage ; les chrétiens l'ont appliqué à l'Eucharistie reçue pour le voyage vers l'éternité. Cf. Dictionnaire de théologie catholique, art. « Viatique ».

    6
  6. Conférence des évêques de France, Liturgie & Sacrements (Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle), lexique liturgique, art. « Viatique » (https://liturgie.catholique.fr/lexique/viatique/) : « Du latin viaticum : "provisions de voyage", via signifiant "route". […] La communion eucharistique apportée à un malade proche de la mort, pour le fortifier en vue du "passage" vers la Patrie. » La même entrée précise qu'après l'acte pénitentiel ou le sacrement de la pénitence, le prêtre peut donner l'indulgence plénière in articulo mortis, et que la communion peut être donnée sous la seule espèce du vin si le malade ne supporte plus de nourriture solide. L'entrée s'appuie sur Dom Robert Le Gall, Dictionnaire de Liturgie (Éd. CLD).

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  7. Catéchisme de l'Église catholique, § 1525 : « on peut dire que la Pénitence, la Sainte Onction et l'Eucharistie, en tant que viatique, constituent, quand la vie chrétienne touche à son terme, "les sacrements qui préparent à la Patrie" ou les sacrements qui achèvent la pérégrination. »

    9
  8. Catéchisme de l'Église catholique, § 1523, sur l'onction comme « préparation au dernier passage » : « Cette dernière onction munit la fin de notre vie terrestre comme d'un solide rempart en vue des dernières luttes avant l'entrée dans la Maison du Père » (cf. Cc. Trente : DS 1694).

    10
  9. Évangile selon saint Jean 6, 54 (discours sur le pain de vie à Capharnaüm). Texte cité par le Catéchisme, § 1524, comme fondement scripturaire du viatique. Cf. aussi Jn 6, 51 : « Le pain que je donnerai, c'est ma chair, pour la vie du monde. »

    11
  10. Catéchisme de l'Église catholique, § 1402, citant l'antienne O sacrum convivium attribuée à saint Thomas d'Aquin : « O sacrum convivium in quo Christus sumitur […] et futuræ gloriæ nobis pignus datur » — « le gage de la gloire future nous est donné ».

    14
  11. Catéchisme de l'Église catholique, § 1405, citant saint Ignace d'Antioche, Lettre aux Éphésiens, 20, 2 : l'Eucharistie est « remède d'immortalité, antidote pour ne pas mourir, mais pour vivre en Jésus-Christ pour toujours ».

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  12. Saint Justin, Première Apologie, chap. 65-67 (vers 150) : à la fin de la synaxe dominicale, les diacres portent l'Eucharistie « à ceux qui sont absents ». Témoignage le plus ancien de la réserve eucharistique pour les absents et les malades.

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  13. Tertullien, Ad uxorem, II, 5 ; De oratione, 19 (début du IIIe siècle) : atteste que des fidèles conservaient chez eux l'Eucharistie pour communier en dehors des assemblées, usage lié à la communion des malades et au viatique.

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  14. Concile de Trente, session XIII (11 octobre 1551), Décret sur le très saint sacrement de l'Eucharistie, chap. 6 (« La conservation du sacrement de la sainte Eucharistie et le fait de le porter aux malades ») ; H. Denzinger, Enchiridion Symbolorum, n° 1645 : « La coutume de conserver la sainte Eucharistie en un lieu sacré est si ancienne que le siècle du concile de Nicée la connaissait déjà. En outre, porter cette sainte Eucharistie aux malades et, pour ce faire, la conserver soigneusement dans les églises […] C'est pourquoi ce saint concile a statué qu'il fallait garder absolument cette coutume salutaire et nécessaire. » Le canon 6 (DS 1656) frappe d'anathème ceux qui nient que le Christ doive être porté solennellement en procession selon le rite de la sainte Église ; le canon 7 (DS 1657) frappe d'anathème ceux qui nient qu'il soit permis de conserver l'Eucharistie au tabernacle et de la porter aux malades.

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  15. Premier concile de Nicée (325), canon 13 : « Au sujet de ceux qui sont à l'article de la mort, on observera encore maintenant la loi ancienne et canonique : que celui qui est sur le point de mourir ne soit pas privé du dernier et plus nécessaire viatique. » Le canon ajoute que cette communion ne doit pas être refusée même à un pénitent agonisant, et qu'elle peut être donnée à tout mourant qui la demande après examen de l'évêque. Texte latin : « De his qui ad exitum veniunt, etiam nunc lex antiqua regularisque servabitur, ita ut, si quis egrediatur e corpore, ultimo et maxime necessario viatico minime privetur. »

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  16. Concile d'Orange (441), canon 3 : prescription de donner la communion (le viatique) aux pénitents en danger de mort, « selon la définition des Pères » du concile de Nicée. Témoigne de la continuité de la discipline du viatique en Gaule au Ve siècle.

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  17. Sur la mort de saint Ambroise (✝ 4 avril 397), reçu le viatique peu avant d'expirer : Paulin de Milan, Vita Ambrosii, 47. Sur saint Basile de Césarée (✝ 1er janvier 379), mourant l'Eucharistie aux lèvres : tradition rapportée dans les vies anciennes du saint. Ces récits illustrent l'idéal patristique de la mort « en communiant ».

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  18. Rituel de la pastorale des malades, issu de l'Ordo Unctionis Infirmorum eorumque pastoralis curae promulgué par Paul VI (constitution apostolique Sacram unctionem infirmorum, 30 novembre 1972 ; édition typique 1972, en vigueur depuis 1974). Le rituel prévoit un ordo propre du viatique, dans la messe ou hors de la messe, comprenant notamment la rénovation de la profession de foi baptismale, la prière pour le mourant, le Notre Père, la communion avec la formule propre, la prière finale et la bénédiction.

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  19. Formule propre du viatique, Rituel de la pastorale des malades : après « Le Corps du Christ » et la réponse « Amen », le ministre ajoute, en donnant la communion au mourant : « Que le Seigneur Jésus-Christ te garde et te conduise à la vie éternelle. »

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  20. Forme latine de l'Ordo : « Accipe, frater (soror), Viaticum Corporis Christi: ipse te custodiat et perducat ad vitam aeternam. Amen. » — « Reçois, frère (sœur), le viatique du Corps du Christ : qu'il te garde et te conduise à la vie éternelle. Amen. » La forme tridentine antérieure portait : « Accipe, frater, Viaticum Corporis Domini nostri Iesu Christi, qui te custodiat ab hoste maligno et perducat in vitam aeternam. Amen. »

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  21. Le jeûne eucharistique (Code de droit canonique, can. 919 § 1 : une heure avant la communion) ne lie pas le malade en danger de mort recevant le viatique ; cette exception, déjà présente dans la discipline ancienne, marque le caractère prioritaire de cette dernière Communion.

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  22. Code de droit canonique (1983), canon 921 § 1 : « Les fidèles qui se trouvent en danger de mort, quelle qu'en soit la cause, seront nourris de la sainte communion sous forme du Viatique » ; § 2 : « Même s'ils ont déjà reçu la sainte communion le jour même, il est hautement conseillé que ceux qui se trouvent en danger de mort communient à nouveau » ; § 3 : « Tant que dure le danger de mort, il est conseillé que la sainte communion soit donnée plusieurs fois, à des jours différents. »

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  23. Code de droit canonique (1983), canon 922 : « Que le saint Viatique destiné aux malades ne soit pas trop différé ; ceux qui ont charge d'âmes veilleront avec soin à ce que les malades en soient réconfortés alors qu'ils ont encore toute leur connaissance. »

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  24. Code de droit canonique (1983), canon 911 § 1 : « Le devoir et le droit de porter la très sainte Eucharistie en Viatique aux malades appartient au curé et aux vicaires paroissiaux, aux chapelains ainsi qu'au Supérieur de la communauté dans les instituts religieux cléricaux ou les sociétés de vie apostolique cléricales pour tous ceux qui se trouvent dans leur maison » ; § 2 : « En cas de nécessité, ou avec l'autorisation au moins présumée du curé, du chapelain ou du Supérieur qu'il doit informer ensuite, tout prêtre ou tout autre ministre de la sainte communion doit le faire. »

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  25. Luisa Piccarreta (1865-1947), Servante de Dieu, « la petite fille de la Divine Volonté », alitée durant des décennies et ne se nourrissant pratiquement que de l'Eucharistie quotidienne. Données biographiques : Maria Rosaria Del Genio, The Sun of My Will — Luisa Piccarreta, Libreria Editrice Vaticana ; Centro Studi Piccarreta (Corato).

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  26. Catéchisme de l'Église catholique, § 1393, citant saint Ambroise, De sacramentis, 4, 28 (PL 16, 446A) : « Le Corps du Christ que nous recevons dans la communion est "livré pour nous" […]. Chaque fois que nous le recevons, nous annonçons la mort du Seigneur. »

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