La liturgie orientale

La liturgie orientale rassemble les grandes traditions de culte des Églises catholiques d'Orient — Divine Liturgie byzantine, rites copte, syriaque, arménien et chaldéen. Célébrées en pleine communion avec Rome, elles sont d'égale dignité avec le rite latin.

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La liturgie orientale désigne l'ensemble des grandes traditions de culte des Églises chrétiennes d'Orient — et, pour ce qui regarde l'Église catholique, les liturgies des vingt-trois Églises orientales en pleine communion avec Rome. Là où l'Occident latin a connu, depuis le concile de Trente, une forte unification autour du rite romain, l'Orient chrétien a conservé une pluralité de familles liturgiques issues directement des grands foyers apostoliques : Jérusalem, Antioche, Alexandrie, Édesse, Constantinople, l'Arménie.

Ces liturgies ne sont pas des variantes décoratives d'une même messe : ce sont des formes apostoliques entières de l'unique mystère eucharistique du Christ. Le concile Vatican II a tenu à le rappeler solennellement : l'Église « considère comme égaux en droit et en dignité tous les rites légitimement reconnus », et veut « les conserver et les favoriser de toutes manières »[1]. Un fidèle melkite, ukrainien, copte ou chaldéen ne célèbre donc pas un « rite latin oriental » : il célèbre sa propre liturgie, aussi catholique et aussi ancienne que celle de Rome.

Pour l'essentiel, la liturgie orientale se distingue par quelques traits marquants : la centralité de l'épiclèse (la prière qui invoque l'Esprit Saint sur les dons), l'usage du pain levé (fermenté), la chrismation donnée avec le baptême même aux nourrissons, l'iconostase qui ferme et révèle le sanctuaire, le chant sans instruments (dans la tradition byzantine notamment), et une intense théologie du mystère : la liturgie y est vécue comme « le ciel sur la terre », anticipation de la liturgie céleste.

Cet article traite la liturgie elle-même — sa structure, sa théologie, son temps, son chant. Pour les Églises qui la célèbrent (leur histoire, leurs unions avec Rome, leur démographie), voir Les Églises catholiques orientales ; pour la vue d'ensemble de tous les rites catholiques, latins compris, voir Les rites liturgiques catholiques.

Qu'est-ce que la liturgie orientale ?

« Liturgie » : l'œuvre commune du peuple de Dieu

Le mot liturgie vient du grec leitourgia, composé de laos (le peuple) et ergon (l'œuvre) : il désignait, dans la cité grecque, un service public rendu au nom de tous. Le christianisme grec l'a retenu pour nommer le culte public de l'Église, et particulièrement la célébration eucharistique. C'est pourquoi, dans tout le monde byzantin, l'Eucharistie s'appelle simplement la Divine Liturgie (Theia Leitourgia), « le service divin » par excellence[2].

Le terme dit déjà une théologie : la liturgie n'est pas l'affaire privée du prêtre, mais l'action du Christ et de son Corps tout entier. L'Orient l'a toujours souligné avec une force particulière, en faisant de la célébration une œuvre chorale où le diacre, le chœur, le peuple et le célébrant tissent un dialogue ininterrompu.

Un même mystère, des traditions multiples

La diversité des liturgies n'est pas un accident regrettable, mais le fruit normal de la mission de l'Église. Le Catéchisme de l'Église catholique l'énonce en principe :

« La richesse insondable du mystère du Christ est telle qu'aucune tradition liturgique ne peut en épuiser l'expression. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1201[3]

Aux premiers siècles, chaque grande Église apostolique développa sa propre eucologie (ses prières), son calendrier et son lectionnaire, dans la fidélité substantielle à la foi reçue des Apôtres. Les anaphores — c'est-à-dire les prières eucharistiques au sens technique — se multiplièrent : anaphore de saint Jacques à Jérusalem, de saint Marc à Alexandrie, d'Addaï et Mari à Édesse, de saint Basile en Cappadoce, de saint Jean Chrysostome à Antioche puis Constantinople. C'est ce buisson de liturgies apostoliques que l'Orient a conservé, là où l'Occident latin n'en a gardé pour l'essentiel qu'une seule, le Canon romain — à l'exception de quelques rites latins propres conservés, comme l'ambrosien à Milan et le mozarabe à Tolède, en vertu de l'exception accordée en 1570 aux liturgies de plus de deux cents ans[4] —, jusqu'à la réforme de 1969[5].

Le droit propre de l'Orient catholique a donné de ce patrimoine une définition canonique précise. Le Code des canons des Églises orientales définit ainsi le mot « rite » — où l'on voit que la liturgie n'est jamais isolée d'une théologie et d'une spiritualité :

« Le rite est le patrimoine liturgique, théologique, spirituel et disciplinaire, distinct par la culture et les circonstances historiques des peuples, qui s'exprime dans la manière de vivre la foi propre à chaque Église de droit propre. » — Code des canons des Églises orientales, canon 28 § 1[6]

Orientale, pas « orthodoxe » : une précision nécessaire

Une confusion fréquente doit être levée d'emblée. Beaucoup de chrétiens orthodoxes (byzantins, coptes, syriaques, arméniens…) célèbrent ces mêmes liturgies orientales, mais hors de la pleine communion avec Rome depuis les ruptures du premier et du second millénaire. Les Églises catholiques orientales, elles, célèbrent les mêmes rites tout en étant pleinement catholiques, unies au pape. La liturgie orientale n'est donc pas le signe d'une appartenance « non romaine » : elle est, pour les catholiques orientaux, la forme catholique de leur tradition. Sur les ruptures historiques et le dialogue avec l'orthodoxie, voir Le grand schisme d'Orient, Le schisme de Photius et Que dit l'Église sur les orthodoxes ?.

Les cinq grandes traditions liturgiques de l'Orient

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L'Orient chrétien a fait croître ses liturgies à partir de cinq souches principales, héritées de cinq grands foyers ecclésiaux du premier millénaire. Le CCEO les nomme expressément : les traditions alexandrine, antiochienne, arménienne, chaldéenne et constantinopolitaine (byzantine)[7]. Toutes les Églises catholiques orientales se rattachent à l'une de ces cinq familles.

La tradition byzantine : la Divine Liturgie

C'est, de loin, la plus répandue : quatorze des vingt-trois Églises catholiques orientales en relèvent — ukrainienne, melkite, roumaine, ruthène, slovaque, hongroise, italo-albanaise, et d'autres[8]. Née du rite d'Antioche, perfectionnée à Constantinople par les Pères cappadociens, elle célèbre la Divine Liturgie sous trois formulaires : celui de saint Jean Chrysostome (le plus fréquent), celui de saint Basile le Grand (une dizaine de fois par an, aux grands jours), et la Liturgie des Présanctifiés (les jours de semaine du Grand Carême), traditionnellement attribuée à saint Grégoire le Dialogue[9] [10]. C'est la liturgie de l'iconostase, de l'encens abondant, des processions et du chant à plusieurs chœurs.

La tradition alexandrine : la liturgie de saint Marc

Issue de la liturgie de saint Marc à Alexandrie, elle est portée par trois Églises catholiques : copte, éthiopienne et érythréenne. La forme copte de saint Marc s'appelle aussi anaphore de saint Cyrille ; dans la pratique actuelle, c'est l'anaphore de saint Basile (forme copte) qui est la plus employée, complétée par celle de saint Grégoire — singulière car adressée au Christ lui-même et non au Père[11]. La branche éthiopienne, en langue guèze, est l'une des plus exubérantes de la chrétienté : longues célébrations, sistre, tambour et battement des mains rythment le chant. La tradition alexandrine est réputée pour son caractère hiératique et son extrême ancienneté.

La tradition antiochienne (syriaque occidentale)

Héritière de l'antique rite d'Antioche enrichi de l'apport de Jérusalem, elle a pour matrice la liturgie de saint Jacques, attribuée à Jacques, « frère du Seigneur » et premier évêque de Jérusalem[12]. Son Eucharistie se nomme Qurbono (« l'offrande », en syriaque, dialecte tardif de l'araméen — la langue parlée par le Christ). Trait frappant : aucun rite chrétien ne possède autant d'anaphores — on en connaît environ quatre-vingts, dont une douzaine en usage[13]. En relèvent l'Église syriaque catholique, l'Église syro-malankare (Inde) et l'Église maronite (Liban), la seule Église orientale sans contrepartie orthodoxe. Le rite maronite, fortement latinisé entre le XVIᵉ et le XXᵉ siècle, a connu une délatinisation méthodique à partir du nouveau Livre de l'Offrande (1992), qui a restauré son anaphore propre, dite Sharar ou « Troisième anaphore de saint Pierre »[14].

La tradition chaldéenne (syriaque orientale)

Née à l'est de l'Empire romain — à Édesse, en Mésopotamie et en Perse —, c'est la tradition de l'antique Église d'Orient, dont la légende fait remonter l'origine à saint Thomas et à ses disciples Addaï et Mari. Elle emploie trois anaphores : Addaï et Mari (la plus fréquente), Théodore de Mopsueste et Nestorius[15]. L'anaphore d'Addaï et Mari est l'une des plus anciennes anaphores chrétiennes conservées, et présente une singularité majeure que nous retrouverons plus bas : elle ne comporte pas de récit cohérent et littéral de l'institution. En relèvent l'Église chaldéenne (Irak) et l'Église syro-malabare (Inde), la plus nombreuse des Églises catholiques orientales, descendante directe des chrétiens de saint Thomas[16].

La tradition arménienne : la Patarag

L'Arménie fut, selon la tradition, le premier royaume à embrasser officiellement le christianisme, sous l'évangélisation de saint Grégoire l'Illuminateur (vers 301). Sa liturgie, la Patarag (« le sacrifice »), est célébrée en arménien classique (le grabar) et n'emploie, fait rare en Orient, qu'une seule anaphore régulière, attribuée à saint Athanase[17]. Elle présente deux particularités uniques parmi les grands rites orientaux, partagées avec le seul Occident latin : l'usage du vin pur, sans eau ajoutée au calice, et l'usage du pain azyme, sans levain. L'Église catholique arménienne, dont le patriarche réside à Beyrouth, en est l'héritière catholique.

Le tableau ci-dessous récapitule ces cinq familles. Les chiffres d'Églises sui iuris suivent le décompte de la Catholic Near East Welfare Association (CNEWA) et de l'Annuaire pontifical[18].

Tradition liturgiqueFoyer d'origineLiturgie eucharistique principaleLangues classiquesÉglises catholiques sui iuris
ByzantineAntioche → ConstantinopleDivine Liturgie (Chrysostome, Basile, Présanctifiés)grec, slavon, arabe, roumain…14 (ukrainienne, melkite, ruthène, roumaine…)
AlexandrineAlexandrie (saint Marc)Anaphores de Cyrille, Basile, Grégoirecopte, guèze, arabe3 (copte, éthiopienne, érythréenne)
Antiochienne (syr. occ.)Antioche + Jérusalem (saint Jacques)Qurbono (≈ 80 anaphores)syriaque, arabe, malayalam3 (maronite, syriaque, syro-malankare)
Chaldéenne (syr. or.)Édesse / Séleucie-CtésiphonQurbana (Addaï et Mari, Théodore, Nestorius)syriaque oriental, malayalam2 (chaldéenne, syro-malabare)
ArménienneRoyaume d'ArméniePatarag (anaphore de saint Athanase)arménien classique (grabar)1 (arménienne)

La Divine Liturgie byzantine, pas à pas

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Parce qu'elle est la plus célébrée et la mieux documentée, la Divine Liturgie byzantine de saint Jean Chrysostome sert ici de fil conducteur. Sa structure est remarquablement stable depuis plus d'un millénaire et déploie le mystère eucharistique en trois grands moments : la préparation des dons, la liturgie de la Parole et la liturgie du Sacrifice[19].

La proskomédie : préparer l'Agneau

Avant même que l'assemblée ne soit rassemblée, le prêtre célèbre à l'écart, sur la petite table de prothèse, la proskomédie (« l'offrande ») : la préparation des dons. Il découpe dans un pain levé, la prosphore — marquée du sceau IC XC NIKA (« Jésus-Christ vainc ») —, un cube central appelé l'Agneau (Amnos), qu'il transperce d'une petite lance liturgique en redisant les paroles de la Passion. Autour de l'Agneau, sur le disque (la patène), il dispose des particules en l'honneur de la Mère de Dieu, des saints, des vivants et des défunts[20]. Tout le mystère du salut est déjà là, en raccourci : la Nativité cachée, le sacrifice, l'Église rassemblée autour de son Seigneur.

La Liturgie des catéchumènes : la Parole proclamée

S'ouvre alors la liturgie de la Parole, dite « des catéchumènes » parce qu'autrefois ceux-ci pouvaient y assister avant d'être renvoyés.

La Petite Entrée et le Trisagion

Après la Grande Litanie (les demandes diaconales, ponctuées du Kyrie eleison par le chœur) et les antiennes, a lieu la Petite Entrée : une procession solennelle où l'on porte le livre des Évangiles, entouré de cierges. L'assemblée chante alors le Trisagion, l'« hymne trois fois sainte » :

« Saint Dieu, Saint Fort, Saint Immortel, aie pitié de nous. » — Trisagion, hymne de la Divine Liturgie byzantine[21]

Les lectures et l'homélie

Suivent la lecture de l'Apôtre (l'épître), chantée par un lecteur, puis celle de l'Évangile, proclamée par le diacre, et l'homélie. Là où la liturgie latine est sobre, la liturgie byzantine enveloppe la Parole d'encens, de chant et de gestes, pour signifier que le Christ lui-même vient parler à son peuple.

La Liturgie des fidèles : le sacrifice

Vient enfin le cœur de la célébration, la liturgie eucharistique proprement dite, réservée jadis aux seuls baptisés.

L'Hymne des Chérubins et la Grande Entrée

Le chœur entonne l'Hymne des Chérubins (Chérouvikon), introduit dans la liturgie sous l'empereur Justin II au VIᵉ siècle[22] :

« Nous qui, dans ce mystère, représentons les Chérubins et chantons l'hymne trois fois sainte à la Trinité qui donne la vie, déposons maintenant tous les soucis de ce monde, pour recevoir le Roi de toutes choses. » — Hymne des Chérubins, Divine Liturgie byzantine[23]

Pendant ce chant a lieu la Grande Entrée : la procession solennelle qui transfère les dons préparés de la prothèse à l'autel. Le peuple s'incline au passage de ce qui deviendra le Corps et le Sang du Seigneur.

L'anaphore : du Sanctus à l'épiclèse

Après le Credo vient la grande prière eucharistique, l'anaphore. Elle se déploie selon un ordre que l'on retrouvera, mutatis mutandis, dans toutes les liturgies orientales : le dialogue d'ouverture (« Élevons nos cœurs »), la préface, le Sanctus, le récit de l'institution, l'anamnèse (le mémorial de la Passion, de la Résurrection et de l'Ascension), puis l'épiclèse — l'invocation de l'Esprit Saint sur les dons — et enfin les intercessions pour les vivants et les morts[24]. Cette place et ce poids de l'épiclèse sont si caractéristiques qu'ils méritent une section à part (voir plus bas).

La communion à la cuillère et l'antidoron

Après le Notre Père et l'élévation — « Les choses saintes aux saints ! », à quoi le chœur répond « Un seul est saint, un seul est Seigneur, Jésus-Christ »[25] — vient la communion. Dans le rite byzantin, les fidèles communient sous les deux espèces simultanément, au moyen d'une cuillère liturgique (labis) qui dépose dans la bouche une parcelle du Corps imbibée du Sang ; cet usage s'est généralisé vers le IXᵉ siècle[26]. À la fin, on distribue à tous, communiants ou non, l'antidoron : le pain bénit (le reste des prosphores), reçu comme un sacramental et signe de la communion fraternelle.

L'épiclèse : le cœur pneumatologique de la liturgie orientale

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S'il fallait nommer un trait qui résume le génie de la liturgie orientale, ce serait l'épiclèse (du grec epiklèsis, « invocation »). C'est la prière par laquelle le célébrant supplie le Père d'envoyer son Esprit Saint pour changer le pain et le vin au Corps et au Sang du Christ[27].

Invoquer l'Esprit sur les dons

Dans la liturgie de saint Jean Chrysostome, après le récit de l'institution et l'anamnèse, le prêtre s'incline et prie :

« Nous t'offrons encore ce culte spirituel et non sanglant, et nous t'invoquons, nous te prions et nous te supplions : envoie ton Esprit Saint sur nous et sur ces dons que voici […] et fais de ce pain le Corps précieux de ton Christ […] et de ce qui est dans cette coupe, le Sang précieux de ton Christ […] les changeant par ton Esprit Saint. » — Épiclèse de la Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome[28]

Toute la pneumatologie orientale est là : rien ne se fait dans l'Église sans l'Esprit Saint, et c'est lui qui, descendant sur les dons et sur l'assemblée, accomplit le mystère. La liturgie devient ainsi une nouvelle Pentecôte à chaque célébration.

Orient et Occident : deux accents, une même foi

On a parfois opposé l'Orient et l'Occident sur le « moment » de la consécration : pour la théologie latine classique, ce sont les paroles du Christ (« Ceci est mon corps… ») qui consacrent ; pour la tradition orientale, l'épiclèse est au moins essentielle à la consécration[29]. Mais l'Église catholique ne tranche pas cette question comme une opposition : elle reçoit les deux accents comme complémentaires. Le Catéchisme place ensemble l'anamnèse et l'épiclèse au cœur de toute célébration :

« Avec l'anamnèse, l'épiclèse est au cœur de chaque célébration sacramentelle, tout spécialement de l'Eucharistie. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1106[30]

Et il reconnaît expressément l'ordre oriental, en notant que « certaines traditions liturgiques placent l'épiclèse après l'anamnèse »[31]. Loin d'être une anomalie, l'épiclèse orientale rappelle à tout l'Occident une vérité que la prière eucharistique de Paul VI a d'ailleurs réintégrée : il n'y a pas d'Eucharistie sans l'Esprit.

L'anaphore d'Addaï et Mari et la décision de 2001

La place centrale de l'épiclèse éclaire un cas qui pourrait sembler déroutant : l'anaphore d'Addaï et Mari, propre à la tradition chaldéenne, ne contient pas de récit explicite et continu des paroles de l'institution. Comment alors peut-elle être valide ?

En 2001, après une longue étude, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi conclut (le 17 janvier, avec l'approbation de Jean-Paul II) que cette anaphore très ancienne peut être tenue pour valide. Les Orientations publiées le 20 juillet 2001 par le Conseil pontifical pour l'unité des chrétiens expliquent pourquoi :

« Les paroles de l'institution eucharistique sont bien présentes dans l'anaphore d'Addaï et Mari, non pas de manière narrative cohérente et ad litteram, mais de façon euchologique dispersée, c'est-à-dire intégrées dans les prières successives d'action de grâce, de louange et d'intercession. » — Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, Orientations du 20 juillet 2001[32]

La décision est lourde de sens : elle montre que l'Église juge la validité d'une liturgie sur l'intention et la substance de toute l'anaphore, et non sur la présence isolée d'une formule. C'est l'une des plus fortes reconnaissances magistérielles de la valeur propre des liturgies orientales.

Le pain levé, le vin, les azymes : signes et querelles

Le pain fermenté et sa symbolique

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À de rares exceptions près, les Églises d'Orient consacrent du pain levé (fermenté), là où l'Occident latin a fini par préférer le pain azyme (sans levain)[33]. Loin d'être un détail, ce choix porte une théologie. Pour les théologiens byzantins du Moyen Âge, le pain qui lève, vivant et chaud du ferment, signifie le Christ ressuscité, animé d'une âme humaine ; le pain azyme, « inerte comme une pierre », ne pourrait selon eux symboliser qu'un Christ sans âme[34]. L'argument est polémique et l'Église ne l'a jamais fait sien — mais il dit la densité symbolique que l'Orient attache à la matière même du sacrement.

Les exceptions : Arméniens et Maronites

Deux traditions orientales font exception et emploient, comme les Latins, le pain azyme : les Arméniens (qui ajoutent l'usage du vin pur, sans eau) et, historiquement, les Maronites[35] [36]. Ces variations rappellent qu'aucune famille liturgique n'est un bloc figé : chacune a sa cohérence propre, héritée de son histoire.

La querelle des azymes (1054) et le concile de Florence

La différence du pain a même joué un rôle dans les tensions entre Rome et Constantinople. En 1054, dans le contexte des affrontements qui aboutirent à l'excommunication mutuelle déposée sur l'autel de Sainte-Sophie le 16 juillet, le patriarche Michel Cérulaire reprocha aux Latins leur pain azyme[37]. Or l'Église catholique a tranché ce faux problème de la façon la plus claire au concile de Florence (1439), en déclarant que la matière vaut dans les deux usages :

« Le Corps du Christ est véritablement réalisé dans le pain de froment azyme aussi bien que levé ; et les prêtres doivent réaliser le Corps du Seigneur dans l'un ou l'autre. » — Concile de Florence, décret pour les Grecs, 1439[38]

La querelle des azymes est donc un cas d'école : ce qui fut prétexte à rupture est, pour la foi catholique, une légitime diversité de signes autour d'un même mystère. Sur ce concile d'union, voir Le concile de Florence.

« Le ciel sur la terre » : la théologie de la liturgie orientale

Plus encore que par ses rubriques, la liturgie orientale se reconnaît à une expérience : celle d'être déjà introduit, ici-bas, dans le culte du Ciel. C'est sa note théologique la plus profonde.

Une liturgie qui est déjà la liturgie céleste

La célèbre conversion de la Rus' de Kiev illustre cette force. Selon le Récit des temps passés, les émissaires du prince Vladimir, envoyés comparer les religions, revinrent bouleversés de la Divine Liturgie célébrée à Sainte-Sophie de Constantinople :

« Les Grecs nous conduisirent là où ils adorent leur Dieu, et nous ne savions plus si nous étions au ciel ou sur la terre ; car il n'existe pas sur la terre pareille splendeur ni pareille beauté […]. Nous savons seulement que là, Dieu demeure parmi les hommes […]. Nous ne pouvons oublier cette beauté. » — Récit des temps passés (Chronique de Nestor), récit des émissaires de Vladimir[39]

Cette intuition n'est pas une simple émotion esthétique : elle est doctrine. Saint Germain de Constantinople, au VIIIᵉ siècle, l'énonce dans sa célèbre mystagogie :

« L'église est un ciel terrestre, où habite et se meut le Dieu supracéleste. » — Saint Germain de Constantinople, Sur la Divine Liturgie[40]

Et saint Jean Chrysostome, décrivant la célébration des saints mystères, ose dire que les anges eux-mêmes entourent l'autel :

« [Il vit] soudain, autant qu'il lui était possible, une multitude d'anges, revêtus de robes éclatantes, entourant l'autel et s'inclinant, comme on verrait des soldats en présence de leur Roi. » — Saint Jean Chrysostome, Sur le sacerdoce, livre VI, 4[41]

Saint Jean-Paul II a recueilli toute cette tradition en une formule lapidaire : « la liturgie est le ciel sur la terre »[42].

L'iconostase : seuil du sanctuaire

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L'élément visuel le plus caractéristique de l'église byzantine est l'iconostase : la cloison d'icônes qui sépare le sanctuaire de la nef[43]. On la décrit souvent à tort comme un mur qui « cache » l'autel. En réalité, sa théologie est inverse : l'iconostase unit autant qu'elle distingue. Couverte d'icônes — fenêtres ouvertes sur le Royaume —, elle manifeste que le sanctuaire est le Ciel, et que la liturgie terrestre communique avec la liturgie des saints et des anges.

En son centre s'ouvrent les Portes royales, ainsi nommées parce qu'elles mènent à l'autel où est offert le Roi des rois ; deux portes diaconales les flanquent. La règle iconographique place toujours l'icône du Christ à droite des Portes royales et celle de la Théotokos (la Mère de Dieu) à gauche[44]. Historiquement, l'iconostase haute s'est développée à partir du bas templon byzantin, entre le VIᵉ et le XVᵉ siècle, atteignant en Russie ses formes monumentales à plusieurs registres (rangée de la Déisis, rangée des fêtes, etc.).

Le sens du mystère et l'apophatisme

La liturgie orientale baigne dans une conscience aiguë de la transcendance de Dieu — ce que la théologie appelle l'apophatisme : on sait que Dieu est, non *ce qu'*il est. Jean-Paul II l'a souligné dans Orientale Lumen :

« Le sens du mystère est saisi si fortement par tous les fidèles de l'Orient chrétien. » — Saint Jean-Paul II, Orientale Lumen, n° 6[45]

Cette conscience donne à la célébration sa gravité priante, sa lenteur assumée, ses répétitions, sa profusion d'encens et de lumière. Le même document décrit comment la beauté y devient une voie vers Dieu :

« La beauté, qui est l'un des termes privilégiés en Orient pour exprimer la divine harmonie et le modèle de l'humanité transfigurée, se révèle partout : dans les formes du sanctuaire, dans les sons, dans les couleurs, dans les lumières, dans les parfums. Le temps prolongé des célébrations, l'invocation répétée, tout exprime une identification progressive de la personne tout entière avec le mystère célébré. » — Saint Jean-Paul II, Orientale Lumen, n° 11[46]

À ce climat appartient aussi le silence, que Jean-Paul II présente comme une école d'adoration où le fidèle apprend « à faire battre son cœur au rythme de l'Esprit »[47].

La divinisation (théosis) comme fruit de la liturgie

Tout cela tend vers un terme : la divinisation de l'homme, la théosis. La liturgie n'est pas un spectacle sacré ; elle transforme ceux qui y communient, les faisant « participants de la nature divine » (2 P 1, 4). C'est l'axiome des Pères grecs, formulé avec audace par saint Athanase d'Alexandrie :

« Car il s'est fait homme afin que nous soyons faits Dieu. » — Saint Athanase, Sur l'Incarnation du Verbe, 54, 3[48]

Saint Irénée de Lyon disait déjà du Verbe qu'il « est devenu ce que nous sommes, pour faire de nous ce qu'il est lui-même »[49]. Le Catéchisme a fait sienne cette tradition orientale : « Le Fils de Dieu s'est fait homme pour nous faire Dieu »[50]. Toute la liturgie orientale est ordonnée à cette transfiguration : par la beauté, le mystère et la communion, elle veut faire entrer l'homme dans la vie même de la Trinité.

Le temps et le chant de la liturgie orientale

L'année liturgique byzantine : Pâques et les Douze Fêtes

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L'année liturgique orientale est tout entière orientée vers Pâques. La Résurrection (Pascha) n'est pas comptée parmi les grandes fêtes : elle les domine toutes, « Fête des fêtes et Solennité des solennités », selon le canon pascal de saint Jean Damascène[51]. Autour d'elle gravitent les Douze Grandes Fêtes (Dodekaorton) — huit du Seigneur, quatre de la Mère de Dieu : Nativité de la Théotokos, Exaltation de la Croix, Entrée de la Théotokos au Temple, Noël, Théophanie (Baptême du Christ), Présentation au Temple, Annonciation, Entrée à Jérusalem, Ascension, Pentecôte, Transfiguration et Dormition de la Théotokos[52].

Le Grand Carême oriental est d'une rigueur que l'Occident a en grande partie perdue : abstinence non seulement de viande, mais aussi de laitages, d'œufs, de poisson, d'huile et de vin la plupart des jours[53]. Certaines Églises suivent encore le calendrier julien, en décalage de treize jours sur le calendrier grégorien, ce qui explique que Noël y soit célébré le 7 janvier[54].

Les livres et les cycles liturgiques

La richesse du temps byzantin tient à l'entrelacement de plusieurs cycles, chacun avec son livre[55] :

  • le Triode : les offices de la période pré-pascale et du Grand Carême, jusqu'au Samedi saint ;
  • le Pentecostaire : de Pâques au dimanche de Tous les Saints, le « Triode fleuri » ;
  • l'Octoèque : le « Livre des huit tons », qui fait tourner sur huit semaines les hymnes des dimanches et des jours ordinaires ;
  • le Ménée : les fêtes à date fixe, mois par mois.

L'office divin et la place des psaumes

À côté de la Divine Liturgie, l'Orient célèbre un riche office divin : Vêpres, Complies, Office de minuit, Matines (Orthros) et les Petites Heures. Le Psautier y est divisé en vingt sections (les kathismata) et chanté en entier chaque semaine — deux fois par semaine durant le Grand Carême[56]. Pour la doctrine catholique de la prière des Heures, commune à l'Orient et à l'Occident, voir La liturgie des heures.

Un chant sans instruments : les huit tons

La tradition byzantine chante a cappella : la voix humaine est tenue pour le seul instrument digne d'adorer Dieu « en esprit et en vérité ». La Catholic Encyclopedia le note sans ambiguïté :

« Le chant, dans le rite byzantin, est toujours sans accompagnement. Aucun instrument de musique, de quelque sorte que ce soit, ne peut être utilisé dans leurs églises. » — Catholic Encyclopedia, art. « The Rite of Constantinople »[57]

Ce chant obéit au système des huit tons (l'octoèque), qui donne à chaque semaine sa couleur mélodique propre. Les traditions slaves ont développé leurs propres répertoires, tels le chant znamenny russe, noté par des signes neumatiques appelés znamëna (« signes »)[58].

Les langues vénérables de l'Orient chrétien

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Chaque tradition a ses langues liturgiques sacrées : le grec et le slavon d'Église pour le monde byzantin, le syriaque (forme d'araméen) pour les Églises syriaques et chaldéennes, le copte et le guèze pour l'Alexandrie copte et éthiopienne, l'arménien classique pour l'Arménie, l'arabe pour les melkites et de nombreuses communautés du Proche-Orient[59]. À la différence de l'Occident, qui a longtemps maintenu le latin de façon rigide, l'Orient a plus volontiers admis l'usage de la langue du peuple à côté des langues vénérables — un principe que Vatican II a confirmé pour les Orientaux[60].

Les Mystères (sacrements) dans le rite oriental

L'Orient n'appelle pas les sacrements « sacrements », mais mystères (mystèria). Au-delà de l'Eucharistie, c'est toute l'économie sacramentelle qui prend en Orient une forme propre, dont le trait le plus visible est l'unité de l'initiation chrétienne.

L'initiation unifiée : baptême, chrismation, eucharistie

Là où l'Occident échelonne baptême (petite enfance), confirmation et première communion (âge de raison), l'Orient les maintient unis, même pour les nourrissons. Le Catéchisme le décrit :

« Dans les rites orientaux, l'initiation chrétienne des petits enfants commence par le baptême, suivi immédiatement de la confirmation et de l'Eucharistie. » — Catéchisme de l'Église catholique, § 1233[61]

La chrismation (la confirmation) y est administrée par le prêtre lui-même, au moyen du saint myron consacré par l'évêque[62] ; le baptême se fait par triple immersion[63] ; et la sainte communion est donnée dès le baptême, y compris aux tout-petits[64]. L'Orient garde ainsi « une vive conscience de l'unité de l'initiation chrétienne »[65]. Pour la doctrine commune des sacrements, voir Qu'est-ce qu'un sacrement ?, La validité des sacrements et La matière et la forme des sacrements.

Le tableau ci-dessous résume quelques contrastes liturgiques entre l'Orient et l'Occident latin. Ils ne touchent pas la foi, qui est une, mais la manière de la célébrer : ce sont précisément les diversités que le magistère déclare « égales en droit et en dignité »[66].

Point liturgiqueTradition orientale (byzantine)Rite romain (latin)
Pain eucharistiquelevé (fermenté), sauf Arméniens et Maronitesazyme (sans levain)
Accent de la consécrationl'épiclèse (invocation de l'Esprit) au moins essentielleles paroles du Christ (« Ceci est mon corps »)
Initiation chrétiennebaptême + chrismation + Eucharistie unis, même aux nourrissonsbaptême, puis confirmation et communion échelonnées
Ministre de la confirmationle prêtre, avec le myron consacré par l'évêquel'évêque (ou un prêtre délégué)
Communion des fidèlessous les deux espèces, à la cuillère (labis)le plus souvent sous l'espèce du pain
Chanta cappella (voix seule), huit tons (tradition byzantine)chant grégorien, orgue et instruments admis

La liturgie orientale, trésor pour toute l'Église

Loin d'être une curiosité réservée à quelques communautés, la liturgie orientale appartient au patrimoine de toute l'Église catholique, et le magistère a multiplié les actes pour la protéger et la valoriser.

« Respirer avec ses deux poumons »

L'image la plus connue est celle de saint Jean-Paul II, qui en a fait une véritable charte de l'unité catholique :

« C'est dans cette perspective que prend son sens le plus profond une expression que j'ai plusieurs fois employée : l'Église doit respirer avec ses deux poumons ! » — Saint Jean-Paul II, Ut Unum Sint, n° 54[67]

L'Église, dit-il, ne respire pleinement qu'avec ses deux poumons : la tradition occidentale (latine) et la tradition orientale. Privée de l'un, elle étouffe. La liturgie orientale n'est donc pas un folklore toléré : elle est une part vitale de la catholicité.

Conserver, et ne pas latiniser

Dès 1894, Léon XIII, par la constitution Orientalium Dignitas, défendait vigoureusement les rites orientaux contre la tentation de la latinisation, allant jusqu'à frapper de sanctions canoniques les clercs latins qui détourneraient des Orientaux de leur rite[68]. Le concile Vatican II a repris et amplifié cette doctrine dans le décret Orientalium Ecclesiarum (1964), qui pose que les Églises d'Orient « ont le droit et le devoir de se régir selon leurs disciplines propres » et leur demande de revenir à leurs traditions ancestrales là où elles s'en seraient indûment écartées[69]. C'est en vertu de ces textes que les Églises maronite, syro-malabare ou chaldéenne ont entrepris, au XXᵉ siècle, de délatiniser leur liturgie.

Ce que l'Occident peut recevoir de l'Orient

L'enjeu n'est pas seulement de protéger une minorité, mais de recevoir ce que l'Orient garde en plénitude : le sens du mystère, la centralité de l'Esprit Saint, la théologie de l'icône, la pratique de la divinisation, la beauté comme chemin vers Dieu. Sacrosanctum Concilium l'avait posé en principe — l'Église « veut conserver et favoriser de toutes manières » tous les rites légitimes[70] — et Orientale Lumen en a fait un appel pressant adressé à tout l'Occident. La liturgie orientale est, en ce sens, un don fait à l'Église entière : la mémoire vivante de ce que la prière chrétienne peut être quand elle se laisse saisir tout entière par la splendeur de Dieu.

Pour aller plus loin

Cet article fait partie d'un ensemble Ignispedia consacré à la liturgie, aux sacrements et à l'unité catholique :

Notes et références

  1. Concile œcuménique Vatican II, constitution Sacrosanctum Concilium sur la sainte liturgie, § 4, 4 décembre 1963, texte officiel français sur vatican.va. Texte intégral du § 4 : « Enfin, obéissant fidèlement à la Tradition, le saint Concile déclare que la sainte Mère l'Église considère comme égaux en droit et en dignité tous les rites légitimement reconnus, et qu'elle veut, à l'avenir, les conserver et les favoriser de toutes manières. » Repris au CEC § 1203.

    1 66 70
  2. Catholic Encyclopedia (1913), art. « The Rite of Constantinople (Byzantine Rite) », sur newadvent.org/cathen/04312d.htm : étymologie de leitourgia ; structure de la Divine Liturgie (proskomédie, Petite Entrée, Trisagion, Hymne des Chérubins, Grande Entrée, anaphore, élévation, communion) ; chant a cappella ; office divin.

    2 9 19 21 23 24 25
  3. Catéchisme de l'Église catholique, § 1200-1209 (« Diversité liturgique et unité du mystère »), notamment § 1201 (« La richesse insondable du mystère du Christ… ») et § 1202 (« Les diverses traditions liturgiques sont nées en raison même de la mission de l'Église »). Texte officiel sur vatican.va.

    3 5
  4. Sur l'exception de 1570 : saint Pie V, bulle Quo primum (1570), n'imposa le Missel romain qu'en exemptant les rites et usages d'une antiquité supérieure à 200 ans ; subsistèrent ainsi notamment le rite ambrosien à Milan et le rite mozarabe à Tolède. Cf. Catholic Encyclopedia (1913), art. « Canon of the Mass », sur newadvent.org/cathen/03255c.htm (« Except for three small exceptions, the Ambrosian Rite at Milan, the Mozarabic Rite at Toledo, and the Byzantine Rite among the Italo-Greeks… »).

    4
  5. Code des canons des Églises orientales (CCEO), canon 28 § 1, promulgué par saint Jean-Paul II via la constitution apostolique Sacri Canones le 18 octobre 1990 (entré en vigueur le 1ᵉʳ octobre 1991). Texte latin : « Ritus est patrimonium liturgicum, theologicum, spirituale et disciplinare cultura ac rerum adiunctis historiae populorum distinctum, quod modo fidei vivendae uniuscuiusque Ecclesiae sui iuris proprio exprimitur. » Le canon 28 § 2 énumère les traditions alexandrine, antiochienne, arménienne, chaldéenne et constantinopolitaine. Texte sur droitcanonique.fr.

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  6. Catholic Near East Welfare Association (CNEWA), dossier « The Eastern Catholic Churches » (cnewa.org), croisé avec l'Annuaire pontifical et Wikipedia, « Eastern Catholic Churches » : 23 Églises catholiques orientales sui iuris (24 Églises autonomes au total avec l'Église latine), réparties en cinq familles — byzantine (14), alexandrine (3), antiochienne (3), chaldéenne (2), arménienne (1). La dernière érigée est l'Église catholique érythréenne (métropolie sui iuris, 19 janvier 2015).

    8 18
  7. Sur la fréquence de la liturgie de saint Basile (environ dix fois par an : les cinq dimanches du Grand Carême, le Jeudi et le Samedi saints, les veilles de Noël et de la Théophanie, et la fête de saint Basile le 1ᵉʳ janvier), voir Catholic Encyclopedia, art. « The Rite of Constantinople » (newadvent.org/cathen/04312d.htm) et l'archéparchie byzantine de Pittsburgh, archpitt.org. La Liturgie des Présanctifiés (communion aux dons préalablement consacrés, sans anaphore, les jours de semaine du Grand Carême) est traditionnellement attribuée à saint Grégoire le Dialogue, attribution tardive et historiquement discutée : cf. Wikipedia, « Liturgy of the Presanctified Gifts ».

    10
  8. Catholic Encyclopedia (1913), art. « The Alexandrine Liturgy », sur newadvent.org/cathen/01303b.htm. Sur l'anaphore de saint Grégoire adressée au Christ, et l'usage pratique de l'anaphore copte de saint Basile, voir aussi les notices « Liturgy of Saint Cyril » et « Anaphora of Saint Gregory » (Wikipedia). Sur la branche éthiopienne (guèze, sistre, tambour), voir Encyclopedia.com, « Ethiopian (Ge'ez) Liturgy ».

    11
  9. Catholic Encyclopedia (1913), art. « West Syrian Rite », sur newadvent.org/cathen/14417a.htm : ascendance antiochienne et apport de Jérusalem (l'anaphore de saint Jacques prie « pour la sainte Sion, mère de toutes les églises ») ; langue syriaque ; usage catholique restreint (sept anaphores). Sur l'admission de la langue vernaculaire en Orient, cf. le décret Orientalium Ecclesiarum § 23.

    12 60
  10. Sur le nombre d'anaphores ouest-syriaques : Catholic Encyclopedia, art. « West Syrian Rite » (newadvent.org/cathen/14417a.htm) recense au moins 64 liturgies par leur nom (Brightman) et 39 publiées (Renaudot) ; le liturgiste syriaque B. Varghese évalue à « environ quatre-vingts » les anaphores connues, dont une douzaine en usage. Le chiffre exact varie selon les sources : on retient l'ordre de grandeur (« environ quatre-vingts »).

    13
  11. Encyclopedia.com / New Catholic Encyclopedia, art. « Maronite Liturgy » : rite ouest-syriaque héritant d'Antioche et d'Édesse ; latinisation par les missels de 1592-1594 et 1716 (introduction des paroles d'institution romaines, suppression de l'anaphore de Sharar) ; délatinisation et restauration de l'anaphore de Sharar (dite « Troisième anaphore de saint Pierre ») avec le nouveau Livre de l'Offrande (1992). L'Église maronite est l'unique Église orientale sans contrepartie orthodoxe.

    14
  12. Catholic Encyclopedia (1913), art. « East Syrian Rite », sur newadvent.org/cathen/14413a.htm : les trois anaphores (Addaï et Mari ; Théodore de Mopsueste, de l'Avent aux Rameaux ; Nestorius, à l'Épiphanie et certains jours) ; nom Qurbana (« l'offrande ») ; langue syriaque orientale. L'origine précise du rite est ancienne et incertaine ; sa forme actuelle remonte au patriarche Ishoʿyahb III (VIIᵉ siècle).

    15
  13. Wikipedia, « Syro-Malabar Church » : usage indien du rite est-syriaque, issu des chrétiens de saint Thomas (tradition d'un débarquement à Kodungalloor en 52 ap. J.-C.) ; plus grande des Églises catholiques orientales (environ 4,5 à 5 millions de fidèles) ; forte latinisation après l'arrivée portugaise (XVIᵉ siècle, synode de Diamper, 1599).

    16
  14. Catholic Encyclopedia (1913), art. « Rites » (newadvent.org/cathen/13078a.htm) et Encyclopedia.com / New Catholic Encyclopedia, art. « Armenian Liturgy » : la Patarag en arménien classique (grabar) ; anaphore unique attribuée à saint Athanase (en usage depuis au moins le Xᵉ siècle) ; usage du pain azyme et du vin pur sans eau, particularité partagée avec le seul rite latin (pour l'azyme). Sur l'évangélisation par saint Grégoire l'Illuminateur (vers 301), voir CNEWA, « The Armenian Apostolic Church ».

    17 36
  15. OrthodoxWiki, art. « Proskomedia », et Wikipedia, « Liturgy of Preparation » : la prosphore (pain rond, levé, à deux couches symbolisant les deux natures du Christ), le sceau « IC XC NIKA », la sainte lance, l'Agneau (Amnos) placé sur le disque/diskos, les particules pour la Mère de Dieu, les saints, les vivants et les morts ; vin mêlé d'eau dans le calice.

    20
  16. Catholic Encyclopedia (1913), art. « The Rite of Constantinople » (newadvent.org/cathen/04312d.htm), et Wikipedia, « Cherubikon » : l'Hymne des Chérubins fut introduit dans la Divine Liturgie sous l'empereur Justin II (565-578).

    22
  17. Catholic Encyclopedia (1913), art. « The Rite of Constantinople » (newadvent.org/cathen/04312d.htm), et Wikipedia, « Spoon (liturgy) » : communion sous les deux espèces au moyen de la cuillère liturgique (labis, gr. kochliarion), usage généralisé vers le IXᵉ siècle ; distribution de l'antidoron (pain bénit) à la fin de la célébration.

    26
  18. Catholic Encyclopedia (1913), art. « Epiklesis », sur newadvent.org/cathen/05502a.htm : définition de l'épiclèse (prière demandant à Dieu d'envoyer l'Esprit Saint pour changer le pain et le vin) ; les théologiens orientaux la tiennent pour au moins essentielle à la consécration, là où la théologie latine met l'accent sur les paroles de l'institution.

    27 29
  19. Assemblée des évêques orthodoxes de France (AEOF), La Divine Liturgie de saint Jean Chrysostome, édition bilingue grec-français, texte officiel de l'épiclèse : « Nous t'offrons encore ce culte spirituel et non sanglant, et nous t'invoquons, nous te prions et nous te supplions : Envoie ton Esprit Saint sur nous et sur ces Dons que voici […] Et fais de ce Pain le Corps précieux de ton Christ […] Et de ce qui est dans cette coupe le Sang précieux de ton Christ […] Opérant leur changement par ton Esprit Saint. » Le texte de l'épiclèse est identique dans l'usage catholique melkite et orthodoxe byzantin.

    28
  20. Catéchisme de l'Église catholique, § 1105 (l'épiclèse, « intercession par laquelle le prêtre supplie le Père d'envoyer l'Esprit sanctificateur… »), § 1106 (« Avec l'anamnèse, l'épiclèse est au cœur de chaque célébration sacramentelle, tout spécialement de l'Eucharistie ») et § 1353 (« certaines traditions liturgiques placent l'épiclèse après l'anamnèse »). Texte officiel sur vatican.va.

    30 31
  21. Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens, Orientations pour l'admission à l'Eucharistie entre l'Église chaldéenne et l'Église assyrienne d'Orient, 20 juillet 2001 (en accord avec la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, dont la décision doctrinale du 17 janvier 2001 fut approuvée par Jean-Paul II). Texte officiel sur christianunity.va. Citation (trad. fr. de l'original anglais) : « the words of the Eucharistic Institution are indeed present in the Anaphora of Addai and Mari, not in a coherent narrative way and ad litteram, but rather in a dispersed euchological way. »

    32
  22. Catholic Encyclopedia (1913), art. « Azymites » (newadvent.org/cathen/02172a.htm) et « Leavened and Unleavened Bread / Liturgical Use of Bread » (newadvent.org/cathen/02749a.htm) : usage du pain levé en Orient et de l'azyme en Occident ; argument byzantin médiéval sur la symbolique du ferment (le levain « élevé, réchauffé » signifie le Christ vivant ; l'azyme « inerte comme une pierre » symboliserait un Christ sans âme). Exceptions orientales à l'azyme : Arméniens et, historiquement, Maronites.

    33 34 35
  23. Catholic Encyclopedia (1913), art. « Michael Caerularius », sur newadvent.org/cathen/10273a.htm : la querelle des azymes dans le contexte de 1054 ; la bulle d'excommunication déposée par le cardinal Humbert sur l'autel de Sainte-Sophie le 16 juillet 1054. Sur la rupture de 1054, voir l'article Ignispedia Le grand schisme d'Orient.

    37
  24. Concile œcuménique de Florence, décret d'union pour les Grecs Laetentur Caeli, 6 juillet 1439 : « in azymo sive fermentato pane triticeo corpus Christi veraciter confici, sacerdotesque in altero ipsum Domini corpus conficere debere. » (« Le Corps du Christ est véritablement réalisé dans le pain de froment azyme aussi bien que levé ; et les prêtres doivent réaliser le Corps du Seigneur dans l'un ou l'autre. ») Texte dans Denzinger ; cf. EWTN, « Ecumenical Council of Florence ». Voir l'article Ignispedia Le concile de Florence.

    38
  25. Récit des temps passés (Chronique de Nestor / Russian Primary Chronicle), récit de l'ambassade envoyée par le prince Vladimir de Kiev (vers 987), trad. anglaise de référence S. H. Cross et O. P. Sherbowitz-Wetzor, The Russian Primary Chronicle: Laurentian Text, Cambridge (Mass.), 1953. Traduction française d'après le texte anglais : « …and we knew not whether we were in heaven or on earth. For on earth there is no such splendour or such beauty… We know only that God dwells there among men… For we cannot forget that beauty. »

    39
  26. Saint Germain de Constantinople (patriarche, † vers 730), Sur la Divine Liturgie (Historia ecclesiastica), § 1, trad. anglaise de référence P. Meyendorff, St Germanus of Constantinople on the Divine Liturgy, St Vladimir's Seminary Press, 1984 : « The church is an earthly heaven in which the super-celestial God dwells and walks about » (« L'église est un ciel terrestre où habite et se meut le Dieu supracéleste »).

    40
  27. Saint Jean Chrysostome, Sur le sacerdoce (De Sacerdotio), livre VI, ch. 4, trad. d'après l'édition anglaise NPNF, 1ʳᵉ série, vol. 9 (newadvent.org/fathers/19226.htm) : « …saw, on a sudden, so far as was possible for him, a multitude of angels, clothed in shining robes, and encircling the altar, and bending down, as one might see soldiers in the presence of their King. »

    41
  28. Saint Jean-Paul II, lettre apostolique Orientale Lumen, n° 11, 2 mai 1995, texte officiel français sur vatican.va : la liturgie comme « ciel sur la terre » ; la beauté révélée « dans les formes du sanctuaire, dans les sons, dans les couleurs, dans les lumières, dans les parfums » ; « le temps prolongé des célébrations, l'invocation répétée, tout exprime une identification progressive de la personne tout entière avec le mystère célébré ».

    42 46
  29. Catholic Encyclopedia (1913), art. « Iconostasis » (newadvent.org/cathen/07626a.htm), et Wikipedia, « Iconostasis » : cloison d'icônes séparant le sanctuaire de la nef ; les Portes royales centrales (« qui mènent à l'autel où est sacrifié le Roi des rois ») flanquées de deux portes diaconales ; icône du Christ à droite, de la Théotokos à gauche ; développement à partir du bas templon byzantin entre le VIᵉ et le XVᵉ siècle, jusqu'aux formes hautes à plusieurs registres (Déisis, fêtes). L'iconostase est comprise théologiquement comme unissant la nef et le sanctuaire autant qu'elle les distingue.

    43 44
  30. Saint Jean-Paul II, lettre apostolique Orientale Lumen, n° 6, 2 mai 1995, vatican.va : les Pères d'Orient affirment qu'il est impossible de savoir ce qu'est Dieu, mais seulement qu'il est (apophatisme) ; « le sens du mystère est saisi si fortement par tous les fidèles de l'Orient chrétien ».

    45
  31. Saint Jean-Paul II, lettre apostolique Orientale Lumen, n° 12, 2 mai 1995, vatican.va : le silence priant comme école d'adoration, « où le cœur apprend à battre en harmonie avec le rythme de l'Esprit ».

    47
  32. Saint Athanase d'Alexandrie, Sur l'Incarnation du Verbe (De Incarnatione), 54, 3, trad. d'après l'édition anglaise NPNF (newadvent.org/fathers/2802.htm) : « For He was made man that we might be made God » (« Car il s'est fait homme afin que nous soyons faits Dieu »).

    48
  33. Saint Irénée de Lyon, Contre les hérésies (Adversus Haereses), livre V, préface, trad. d'après l'édition anglaise ANF (newadvent.org/fathers/0103500.htm) : le Verbe « est devenu ce que nous sommes, pour faire de nous ce qu'il est lui-même ».

    49
  34. Catéchisme de l'Église catholique, § 460, citant saint Irénée, saint Athanase et saint Thomas d'Aquin : « Le Verbe s'est fait chair pour nous rendre "participants de la nature divine" (2 P 1, 4)… "Le Fils de Dieu s'est fait homme pour nous faire Dieu." » Texte officiel sur vatican.va.

    50
  35. Saint Jean Damascène (attribué), canon pascal (ode 8), désignant Pâques comme « la Reine et Souveraine, la Fête des fêtes et la Solennité des solennités ». Cf. OrthodoxWiki, « Great Feasts » : Pascha n'est pas comptée parmi les Douze Grandes Fêtes, étant au-dessus d'elles.

    51
  36. OrthodoxWiki, « Great Feasts », et Wikipedia, « Great feasts in the Eastern Orthodox Church » : les Douze Grandes Fêtes (Dodekaorton) — huit du Seigneur, quatre de la Théotokos —, distinctes de Pâques. Trois d'entre elles sont mobiles (Entrée à Jérusalem, Ascension, Pentecôte).

    52
  37. OrthodoxWiki, « Great Lent » : discipline traditionnelle du Grand Jeûne byzantin (abstinence de viande, laitages, œufs, poisson, vin et huile la plupart des jours ; vin et huile permis le samedi et le dimanche ; poisson à l'Annonciation). La pratique des fidèles catholiques orientaux est souvent allégée par rapport à cette norme monastique.

    53
  38. Sur le calendrier julien (en décalage de treize jours sur le grégorien aux XXᵉ-XXIᵉ siècles) et le calendrier julien révisé adopté en 1923 par certaines Églises, voir GOARCH, « The Calendar of the Orthodox Church », et OrthodoxWiki, « Revised Julian Calendar ». Plusieurs Églises continuent de calculer Pâques selon le comput julien.

    54
  39. Metropolitan Cantor Institute, archéparchie byzantine catholique de Pittsburgh, « Liturgical Books » (mci.archpitt.org) : le Triodion (période pré-pascale et Grand Carême), le Pentecostarion (de Pâques à Tous les Saints), l'Octoèque (livre des huit tons sur un cycle de huit semaines) et le Ménée (fêtes à date fixe, mois par mois).

    55
  40. Metropolitan Cantor Institute (mci.archpitt.org) et Catholic Encyclopedia, art. « The Rite of Constantinople » : le cycle quotidien des Heures (Vêpres, Complies, Office de minuit, Matines/Orthros, Petites Heures) ; le Psautier divisé en vingt kathismata, chanté en entier chaque semaine et deux fois par semaine durant le Grand Carême.

    56
  41. Catholic Encyclopedia (1913), art. « The Rite of Constantinople » (newadvent.org/cathen/04312d.htm) : « The singing in the Byzantine Rite is always unaccompanied. No musical instrument of any kind may be used in their churches. » Sur la théologie de la voix humaine comme seul instrument digne du culte, voir Orthodox Church in America (OCA), « Sacred Music: Its Nature and Function ».

    57
  42. Wikipedia, « Znamenny chant », et OrthodoxWiki, « Znamenny Chant » : chant monophonique de la tradition russe, noté par des signes neumatiques (znamëna, « signes », d'où le nom ; aussi kryuki, « crochets »), développé en Rus' de Kiev comme raffinement de la notation neumatique byzantine.

    58
  43. Encyclopedia.com, « Liturgical Languages », et Wikipedia, « Eastern Catholic Churches » : grec et slavon d'Église (byzantin), syriaque (Églises syriaques et chaldéennes), copte et guèze (alexandrin), arménien classique (grabar), arabe (melkites et Proche-Orient). En Orient, le principe de rétention de la langue sacrée a été appliqué moins rigidement qu'en Occident, l'usage du vernaculaire y étant plus largement admis.

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  44. Catéchisme de l'Église catholique, § 1233 (« Dans les rites orientaux, l'initiation chrétienne des petits enfants commence par le baptême, suivi immédiatement de la confirmation et de l'Eucharistie ») et § 1292 (« La pratique des Églises d'Orient met davantage en relief l'unité de l'initiation chrétienne »). Texte officiel sur vatican.va.

    61 65
  45. Catéchisme de l'Église catholique, § 1290 : en Orient, la confirmation est conférée par le prêtre qui baptise, avec le myron (saint chrême) consacré par l'évêque. Texte officiel sur vatican.va. Cf. CCEO can. 695 § 1.

    62
  46. Catholic Encyclopedia (1913), art. « Baptism » (newadvent.org/cathen/02258b.htm) et « The Rite of Constantinople » (newadvent.org/cathen/04312d.htm) : le baptême oriental se fait par triple immersion (pratique aussi de l'Église arménienne).

    63
  47. Catéchisme de l'Église catholique, § 1244 : les Églises d'Orient donnent la sainte communion à tous les nouveaux baptisés et confirmés, même aux petits enfants, là où l'Église latine réserve l'admission à la communion à l'âge de raison. Texte officiel sur vatican.va. Cf. CCEO can. 710.

    64
  48. Saint Jean-Paul II, lettre encyclique Ut Unum Sint sur l'engagement œcuménique, n° 54, 25 mai 1995, texte officiel français sur vatican.va : « C'est dans cette perspective que prend son sens le plus profond une expression que j'ai plusieurs fois employée : l'Église doit respirer avec ses deux poumons ! » L'image des « deux poumons » figure dans Ut Unum Sint (et non, comme on le croit souvent, dans Orientale Lumen).

    67
  49. Léon XIII, lettre apostolique Orientalium Dignitas, 30 novembre 1894 : texte fondateur de la politique romaine moderne de protection des rites orientaux contre la latinisation, assortie de sanctions canoniques (suspense a divinis encourue ipso facto) pour les clercs latins qui détourneraient des Orientaux de leur rite propre. Original italien sur vatican.va.

    68
  50. Concile œcuménique Vatican II, décret Orientalium Ecclesiarum sur les Églises orientales catholiques, 21 novembre 1964, texte officiel français sur vatican.va : les Églises d'Orient ont « le droit et le devoir de se régir selon leurs disciplines propres » (§ 5) ; obligation de garder leurs rites légitimes et appel à revenir aux traditions ancestrales là où l'on s'en est indûment écarté (§ 6) ; admission de la langue vernaculaire (§ 23).

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